Speaker #0Sexualité et TDAH, un sujet brûlant sur les réseaux sociaux et dans les divers forums. Peu de gens osent en parler à leur thérapeute. Alors, qu'est-ce qu'on entend ? Deux sons de cloche différents, des personnes profil TDAH qui parlent d'une sexualité débordante, impulsive, difficile à contrôler, et de l'autre, des personnes qui parlent d'absence de désir, qui se renferment sur elles-mêmes, qui n'arrivent plus à être présentes. Si vous êtes une femme au profil TDAH et que vous en avez marre de culpabiliser, TDAH au féminin, le cocon, est fait pour vous. Je suis Nora, professionnelle de la santé depuis plus de 17 ans et spécialisée dans le TDAH au féminin. Donc aujourd'hui, la sexualité et le TDAH, un sujet dont on parle peu et dont on parle mal. Je vais le traiter exactement comme je traiterais le sujet du sommeil ou du sport. avec des sources, des niveaux de preuves, sans gêne et sans entrer dans l'intimité de personne. Parce que finalement, le tabou n'a jamais protégé personne. Il fait juste que les femmes ne se posent jamais la question et ne posent jamais la question à leur médecin et qu'elles restent bloquées pendant des années et parfois souvent malheureuses. Alors, il y a deux discours qui circulent quand on s'adresse un petit peu au sujet et même le discours qui peut alterner. dans la vie d'une femme. Alors, le premier discours, généralement, c'est, on parle de périodes très intenses, de sexualité, de décider peut-être trop vite, de se retrouver dans des situations qu'on n'aurait pas souhaitées, des choix qu'on n'aurait pas faits à froid, et parfois, après, de l'incompréhension, pourquoi j'ai fait ça, pourquoi je me comporte ainsi, parfois de la honte et de la culpabilité. Et puis, vous avez le deuxième tableau, Là, on voit des gens qui parlent de diminution de libido, de personnes qui n'initient plus l'action, qui ont du mal à faire le premier pas ou qui ont simplement la tête ailleurs. La sexualité devient un vrai fardeau. L'image de soi peut se mêler à tout ça et on peut se trouver moins désirable. Parfois, des situations d'évitement qui peuvent mener à des difficultés de couple. Et comme je vous ai dit, parfois les deux tableaux... peuvent s'alterner dans la vie d'une personne. Et les personnes se posent la question, est-ce que ça a un lien finalement avec ce profil TDAH ? Est-ce que j'ai un problème ? Est-ce que c'est autre chose ? Toutes ces questions se mélangent et créent de l'incompréhension, de la frustration, parfois même de l'anxiété, et des problèmes de couple et des problèmes de confiance en soi. Donc, ce qui nous intéresse, c'est scientifiquement... Est-ce que tout ça est logique et comment ça se passe finalement ? Si on y regarde de plus près, sous l'œil de la science, je pourrais nous décrire ça un petit peu comme une espèce de voiture à deux pédales. Donc l'accélérateur et le frein, on en parle beaucoup quand on parle de profil TDAH. Chez certaines femmes, l'accélérateur ne répond plus ou ne répond pas. Donc le désir peut être là, mais finalement rien ne se met en route. Finalement comme devant un dossier qu'on n'arrive plus à ouvrir. Sans compter ici, dans cet épisode-ci, je ne parle même pas des hormones et du chamboulement hormonal à différentes périodes de la vie, où on sait que la libido peut être différente à l'adolescence, à l'âge adulte ou après la ménopause ou en périménopause. Ça, c'est encore une autre histoire qui peut se greffer sur celle-ci et vous voyez la complexité de la chose. En tout cas ici, si on parle simplement du TDAH et de ce fameux accélérateur effraint, on se rend bien compte que chez certaines personnes, il y a un problème. Donc, chez d'autres personnes, le frein, lui, aura du mal à répondre. Donc, l'élan part très vite, trop vite, avant même que la réflexion ait eu le temps d'arriver. Et là, ça peut compliquer des choses et donner des comportements, je dirais, à risque. Finalement, ce n'est pas deux problèmes différents, c'est le même problème, c'est la même commande. Démarrer et s'arrêter, finalement, c'est les deux faces d'une même fonction, c'est le contrôle exécutif, ce fameux contrôle exécutif. C'est celui-là même qui vous pose problème quand vous voulez lancer une machine à laver ou que vous n'arrivez pas à envoyer votre mail. C'est les mêmes fonctions finalement. On pourrait dire finalement que ce n'est pas une question de désir, ça peut l'être parfois, mais dans ce cas-ci, le désir n'est pas... tout à fait la cause. C'est ce qui se passe finalement entre le désir et l'acte. Alors, ce qui est très important aussi, c'est d'aller voir un petit peu au niveau des études. Quand on parle d'études, c'est important de voir les niveaux de preuves. les revues systématiques. C'est un peu le haut du panier. C'est juste en dessous des méta-analyses. Sans rentrer dans le jargon médical, quand on lit les études, vous savez bien si on lit une étude et que ça a été mené sur dix personnes pendant quelques semaines, ça n'équivaut pas plusieurs études qui ont été compilées sur plusieurs années. Évidemment, dans tous les sujets qu'on présente, on n'a pas toujours des études très solides et on a du mal à tirer des conclusions. Parfois, on peut... On peut tirer juste des tendances. Et encore une fois, ce n'est pas une vérité universelle, mais c'est plutôt une tendance. Donc ici, je citerai un premier niveau de preuve. C'est une revue systématique. Comme je vous ai dit, elle est assez importante. Elle a été publiée en 2026 dans une revue française qu'on appelle l'Encéphale, par une équipe de psychiatres universitaires à Marseille. Le protocole était enregistré à l'avance, très études retenues. Des groupes allant jusqu'à 70 ou 70 personnes, jusqu'à une centaine de personnes. Et les résultats, qu'est-ce qu'ils disent finalement ? Ils répondent en partie à des questions qu'on se pose. Donc les auteurs n'ont pas pu additionner tous les résultats, parce que les études ne trouvent pas la même chose finalement. Certaines vont rapporter beaucoup de difficultés sexuelles, et d'autres finalement ne vont trouver... aucune différence qu'on appelle significative. Ce n'est pas que c'est un échec au niveau de la recherche, c'est simplement un résultat qu'on obtient souvent en science. Donc on n'arrive pas à tirer une conclusion claire, une règle générale. Donc il n'existe pas un profil sexuel au niveau du TDAH, mais il existe une variabilité très grande. Donc les deux tableaux dont on parlait tout à l'heure sont tous les deux réels et aucun finalement n'est la norme. Et comme je vous ai dit, ça peut alterner. Deuxième source, le niveau de preuve, c'est une revue systématique également. Elle a été publiée en 2023. Là, vous avez 19 études sur le TDAH. Elle, elle décrit en moyenne un fonctionnement sexuel, je dirais, moins satisfaisant que chez les personnes sans profil TDAH. Et elle ajoute deux choses qui comptent finalement. La première, c'est plus marqué chez les femmes. Ça, c'est intéressant. Et la deuxième chose, elle documente aussi une vulnérabilité finalement plus grande aux expériences sexuelles subies. Et ça, c'est important de le souligner. Vous avez une troisième source, et ça, c'est une étude qualitative. Elle est utile pour comprendre un vécu et elle est, on va le dire, inutile pour donner un chiffre exact. Elle a été publiée en 2026, quand même intéressant de la citer, dans les archives de Sexual Behaviour, auprès de... d'un peu moins de 100 personnes, dont 70 femmes. Là, qu'est-ce qu'on voit ? Les participants vont décrire trois choses qui reviennent. C'est souvent un besoin de nouveauté, une difficulté à rester concentrée et un besoin de réassurance. Et le résultat central, c'est que les difficultés apparaissent surtout quand rien n'est aménagé autour du fonctionnement de la personne, ce qui est finalement logique. Donc ici, on ne peut pas donner un pourcentage, les chiffres sont sans valeur, et finalement on ne peut pas surinterpréter. C'est important de le dire. Encore une fois, il n'y a aucune vérité universelle qu'on peut déduire de tout ceci. On peut déduire une tendance, mais pas une vérité universelle. Alors, quels sont les mécanismes, si on doit résumer par rapport à ces recherches-là ? Donc les études et les synthétiseurs. synthèse, mettent en avant des pistes qui convergent. Alors, la première serait la recherche de stimulation et d'ennui. Donc, vous savez que le TDAH, il est lié à différents, comme on l'a dit, circuits de la récompense, de la dopamine, ce qui peut pousser à chercher des expériences plus intenses et plus nouvelles. Deuxièmement, l'impulsivité et la régulation émotionnelle. Donc, l'impulsivité, des décisions prises très vite, trop vite, sans évaluer finalement le risque. Et la difficulté à réguler l'angoisse, la tristesse et même la solitude. Finalement, la sexualité peut devenir un espèce de moyen pour se calmer et se rassurer. Et le troisième point, dans l'inattention, inattention je dirais déconnexion, donc l'inattention c'est vraiment la difficulté à rester présente au moment, au moment de l'intimité, à se concentrer sur ses sensations et sur les sensations de l'autre. Ce qui peut finalement mener à une diminution de plaisir et se sentir un petit peu déconnecté. On peut rajouter aussi l'estime de soi finalement, et le rejet, et même sa propre histoire. Donc les adultes qui rapportent davantage d'expériences de rejet et de relations instables, d'échecs, tout ça, ça mène à une image de soi qui est beaucoup plus compliquée à gérer et à des capacités à poser des limites parfois ou d'exprimer tout simplement ses besoins. Donc voilà, il faut rester vraiment prudent sur la conclusion, encore une fois. Les chercheurs, en général, pensent qu'au-delà des hormones sexuelles, le TDAH peut poser un problème, mais plutôt comme un ensemble de facteurs. C'est-à-dire la recherche de stimulation, l'impulsivité, les difficultés émotionnelles, l'histoire, comme on a dit, qui peut être chaotique. Tout ça peut pousser certains vers plus de sexualité ou d'autres vers une fermeture. Donc c'est vraiment encore une fois un ensemble de mécanismes et un ensemble de facteurs qui va dessiner une tendance. Donc encore une fois, on ne peut pas lier un profil TDAH à de l'hypersexualisation ni à de l'hyposexualisation. Ça va être du cas par cas et ça sera un petit peu la conclusion de plusieurs facteurs. Alors, qu'est-ce qu'on peut dire finalement ? Peur. mettre en place des stratégies d'aide qui sont, je dirais, reconnues. Donc, quand les scientifiques et les cliniciens travaillent sur le TDAH et la sexualité, il y a quelques axes qui ressortent, comme prendre en charge finalement le TDAH et les comorbidités qui vont avec. Donc, stabiliser le TDAH, soit par un traitement médicamenteux ou surtout, et une TTC adaptée, pour finalement réduire les comportements à risque. qu'ils soient de l'impulsivité, de l'auto-médication par le sexe ou encore les difficultés à être présent et à communiquer avec son partenaire. Aussi traiter l'anxiété, la dépression et les traumatismes qui ont finalement un impact très important sur la sexualité et indépendamment du TDAH. Le deuxième axe, ce serait recourir à une sexothérapie ou une thérapie de couple où le thérapeute est informé du TDAH parce que c'est important. Et là, les recommandations cliniques, elles suggèrent clairement de consulter des spécialistes comme les sexologues ou les thérapeutes de couple qui connaissent évidemment le trouble, le TDAH, pour travailler sur la communication, les besoins et les limites du partenaire. Aussi analyser les schémas, donc la validation via le sexe, l'évitement, l'autopunition, etc. Et là-dedans aussi reconstruire finalement la confiance dans la relation. Donc ça, c'est un travail à faire. Donc, le troisième point, après avoir recours à une sexothérapie, on peut appliquer les principes de TTC. Donc, clairement, c'est clarifier les besoins avec son partenaire, déjà dans un premier temps. Deuxièmement, c'est ralentir ses prises de décision. Quand on est dans un moment d'impulsivité, même si c'est plus facile à dire, Donc se mettre un espèce de délai avant d'accepter un rapport non protégé ou une situation inconfortable. On peut aussi travailler sur ses pensées automatiques. Pourquoi je dis toujours oui ? Est-ce que je ne mérite pas mieux ? Quels sont mes schémas ? Pourquoi j'ai tel ou tel comportement ? Essayer vraiment de travailler sur les schémas répétitifs et nos pensées. Tout ça, ça se travaille avec des spécialistes évidemment et ça prend du temps. mais c'est un temps nécessaire à prendre pour l'épanouissement d'un tout à chacun, évidemment. Et n'oubliez pas que toute sexualité non consentie, forcée ou violente, ne relève pas du tout d'un TDAH, mais de la violence. Et le TDAH n'est pas une excuse ni une cause de comportement abusif. Il faut bien le réexpliquer dans cet épisode-ci. Et autre chose, il ne faut pas non plus pathologiser. la sexualité et de se dire tiens, si on a un TDAH, notre vie sexuelle va nous faire souffrir. Non plus de dire c'est dans la tête et qu'il n'existe pas des professionnels pouvant intervenir. Donc voilà, je pense qu'on a fait déjà un premier tour de ces questions-là et on a pu répondre à certaines questions. On essaiera dans des prochains épisodes d'aborder chaque sous-thématique. Ce qu'il faut bien retenir, c'est que que ce n'est ni une pathologie, ni un défaut de caractère, mais que les mécanismes du TDAH peuvent être liés à certaines situations, à certains mécanismes. certains excès et que ça se travaille, qu'en travaillant le TDAH en lui-même, ça aura des répercussions directes sur ce type de problématiques et que seul un spécialiste, une prise en charge globale, peuvent vraiment donner des résultats et que tout excès et tout abus doit être pris en charge. très sérieusement. Voilà, je vous remercie d'avoir écouté cet épisode un peu particulier. N'hésitez pas à vous abonner, à nous laisser une note ou à liker, ça nous ferait très plaisir. N'hésitez pas dans les commentaires de nous suggérer aussi des thématiques, des choses qui peuvent être intéressantes à aborder. Et vous avez toutes les informations sur le site tdhfocus.com, notamment dans le cocon, l'espace réservé aux femmes, et aussi dans le blog, vous avez plus de 200 articles. mises à jour en ligne. Je vous dis à très bientôt !