Speaker #0Aujourd'hui, un sujet très important. Beaucoup de femmes écrivent sur ce sujet-là et quand elles l'écrivent, c'est presque toujours avec de la honte et la boule au ventre. Trois phrases du type « Je le sais avec ma tête. Je sais que l'autre ne me déteste pas. Pourtant, mon cerveau se ferme et je n'arrive plus à accéder à ma logique. Ou alors, un message sans réponse peut me faire vérifier 100 fois mon téléphone pendant des heures et des heures. Et j'imagine toujours le pire. En me demandant qu'est-ce que j'ai encore fait de mal. » La dernière, celle qui résume beaucoup de choses, c'est « Pourquoi je sais ? » que rationnellement c'est peut-être rien, je le sais dans ma tête, mais mon corps lui va agir comme si j'étais en danger. Alors aujourd'hui on va essayer de comprendre ce qui se passe réellement. Vous écoutez TDAH au féminin, le cocon, le podcast de TDAH Focus, un espace pour les femmes, les femmes qui en ont assez de faire semblant. On y dépose, on comprend, on vient pour s'y transformer, pas en quelqu'un d'autre, mais en vous-même, en vous, enfin sans le costume. Derrière ce micro, une professionnelle de la santé du TDAH au féminin. Aujourd'hui, on nomme... On explique et je finis par deux leviers extrêmement importants. Avant de commencer, vous avez peut-être déjà entendu un sigle en anglais pour décrire ce phénomène-là. Je ne vais pas l'employer maintenant, par contre, je vais expliquer pourquoi je ne l'utilise pas un peu plus tard dans l'audio. D'abord, le moment exact. Ce n'est pas la dispute en elle-même, mais c'est les secondes qui vont précéder cette dispute. Un ton qui change, un long silence, une phrase qui commence par « bon » et alors c'est parti. Votre cerveau ne fait qu'un tour. Chez tout le monde, il existe ce frein émotionnel. Une émotion qui monte, quelque chose qui normalement devrait la ralentir, normalement quelque chose qui devrait la ralentir et redescendre. Chez beaucoup de personnes qui ont un profil TDAH, ce frein n'est pas vraiment absent, mais il est extrêmement lent. L'émotion, elle monte vite, le frein arrive en retard et dans cet intervalle, vous avez déjà répondu ou vous avez déjà peut-être pleuré ou alors quitté la pièce en claquant la porte. Ce mécanisme, il a un nom. On parle de la dysrégulation émotionnelle. Ce n'est pas ressentir les émotions de manière anormale, non. C'est que le système qui va les amortir normalement, il prend un temps de retard. Maintenant, regardons ce qui se passe entre la remarque et la douleur. Parce qu'il y a bien quelque chose qui se passe. Il y a un fait et il y a l'histoire. C'est deux choses différentes. Le fait, c'est quoi ? Le fait, c'est qu'une caméra aurait filmé. Un message non lu, par exemple, ou un « ah bon » , un regard. L'histoire, c'est ce que ça veut vraiment dire. Elle en a assez de moi. Je suis trop. Ils vont se lasser et entre les deux, il y a l'interprétation. Donc, il y a vraiment un grand écart. Un grand écart entre le fait, ce qui se passe réellement, et l'histoire. L'histoire, c'est vraiment ce qu'on se raconte. Alors, l'histoire, elle n'est pas inventée. C'est vraiment ce que vous avez vécu. C'est votre histoire. C'est ce que votre cerveau comprend. Il va anticiper. Il va surinterpréter. Et donc, le problème, c'est vraiment l'écart entre les deux. Et cet écart-là, il est souvent invisible et il est instantané. Et pourtant, cet écart-là, c'est le seul endroit où vous avez possibilité d'agir. Une précision importante. Quand on s'attend au rejet, on le repère très vite, y compris même quand il n'existe pas, qu'il n'est pas là. C'est comme si notre cerveau cherchait, dans notre environnement, quelque chose pour comparer. Vous connaissez ce phénomène. Quand on veut acheter une voiture d'une certaine marque, on a l'impression de l'avoir partout. Quand on est enceinte ou qu'on veut un bébé, on a l'impression que le monde entier est enceinte. Ce n'est pas de la paranoïa. C'est vraiment une lecture qui penche toujours, toujours du même côté, le côté qui a été entraîné, entraîné et entraîné. Donc vous trouverez toujours dans votre environnement, dans votre entourage, des choses qui vont confirmer vos croyances profondes. Et vous allez les repérer extrêmement vite. Il y a une chose que presque personne ne dit, la pensée n'arrive pas toujours en premier. Avant le « qu'est-ce que j'ai encore fait ? » , il y a cette fameuse boule au ventre, cette gorge qui est serrée. Une chaleur qui monte, vos mains qui sont moites, votre cœur qui s'emballe, le corps qui commence à se paralyser. Là, vous comprenez que votre corps agit avant votre tête. Finalement, c'est une bonne nouvelle parce que ça veut dire qu'il existe vraiment un signal, un signal que vous pouvez repérer juste avant d'avoir ce fameux choix. Quand je dis choix, il faut faire attention. Ce n'est pas un choix délibéré, mais c'est un choix qu'on va devoir opérer. Et c'est une bonne nouvelle. Parce que ça veut dire qu'il existe un signal, un signal repérable, avant le moment où vous n'avez plus le choix, où vous réagissez. On peut se demander, mais qu'est-ce que les autres voient ? Soit une réaction extrêmement forte, qui paraît, on va dire, disproportionnée par rapport à la phrase prononcée, soit rien du tout. Vous cachez, vous souriez, ou alors vous allez vous effondrer, mais plus tard, toute seule, quand personne ne voit. Cette deuxième stratégie, elle a aussi un nom. On parle souvent de la suppression. Le problème n'est pas qu'elle soit mauvaise, mais c'est qu'elle va quand même vous coûter cher. Et en plus, personne ne voit la facture que vous payez. En tout cas, dans les deux cas... L'entourage a tendance à conclure à la même chose. Elle est hypersensible, elle est trop sensible. Et ces mots-là ferment la discussion au lieu de l'ouvrir. Ça bloque, ça vous bloque, ça met un point finalement au débat. Et là, on est dans quelque chose de négatif. On vous a mis dans une case, on vous a encore collé une étiquette. Et ça peut générer en vous soit de la lassitude, soit de la... J'aimerais vous parler de deux études avec le niveau de preuve annoncé avant le résultat. La première étude, le niveau de preuve, c'est une méta-analyse. Chez l'adulte diagnostiqué, il y a 13 études, plus de 1000 personnes. Elle va mesurer la régularité des émotions. Le résultat est le suivant. L'écart est l'un des plus importants de toute la littérature sur le TDAH adulte. Autrement dit, ce n'est pas un trait de personnalité qui viendrait en plus. du TDAH, c'est au cœur du tableau. La limite, elle est honnête. Ses travaux reposent sur des questionnaires. Ils décrivent plutôt une intensité et pas vraiment une chronologie. Deuxième étude, le niveau de preuve, encore une méta-analyse, 100 neuf études, plus de 100 000 enfants. C'est la plus grande synthèse du domaine, en fait. Elle recherche où le TDAH pèse le plus dans la vie de cet enfant. Les notes, la famille, le comportement, les copains. Le résultat, c'est le domaine le plus touché, c'est le fonctionnement avec, on va dire, ses pères. C'est-à-dire, pas l'école, mais plutôt les autres enfants. Donc, ça permet de nous éclairer, mais il faut aussi être prudent sur le lien. Beaucoup de femmes ont passé une enfance à être mises de côté sans jamais comprendre le pourquoi du comment. Il y a un système d'alerte qui s'entraîne pendant 10, 20... 30 ans et qui ne s'éteint pas du jour au lendemain, on est d'accord. Donc les limites dans ces études-là, elles portent sur les enfants, on est bien d'accord. Le lien entre la sensibilité au rejet à l'âge adulte, lui, il est documenté par d'autres travaux, mais des travaux qui sont plus fragiles. Et les auteurs, ils disent eux-mêmes que c'est trop peu nombreux pour en tirer une conclusion. Mais quand même, ça nous apprend énormément. Ça nous apprend des choses qui peuvent paraître évidentes, mais qui sont fortifiées. par les études scientifiques. Et ça peut être rassurant. Parce que finalement, on ne fantasme pas, on ne rêve pas. Il y a bien une cause à tout ça. Donc, ce n'est pas un défaut de fabrication, comme j'aime à le dire, mais c'est plutôt un apprentissage. Et ce n'est vraiment pas la même histoire. Vous avez appris à. Parce qu'il y a eu telle ou telle chose. Donc, vous n'êtes pas comme ça. C'est vraiment un apprentissage. Je dirais même un... conditionnement. Pour terminer, je vous dois l'explication qui était promise au début. Vous avez peut-être croisé un sigle en anglais en trois lettres qui signifie sensibilité au rejet. Malheureusement, il ne figure pas ce RSD, il ne figure pas dans les classifications des troubles, ni dans aucun instrument de mesure qui a été validé par la science et la médecine. Le chiffre, il est spectaculaire et on l'associe souvent à une estimation clinique, mais pas vraiment à une donnée scientifique. Encore une fois, ici, on vous vend des chiffres, on vous parle de pourcentages extraordinaires en vous parlant de ce RSD, mais il faut vraiment rester prudent quand on l'utilise. C'est souvent une estimation clinique, mais ce n'est pas une donnée scientifique et ça ne figure pas dans les manuels psychiatriques. Il faut bien faire la différence entre les réseaux sociaux. Entre ce qu'on peut dire, évidemment, on peut utiliser ce terme-là parce que la plupart des gens commencent à le connaître. Et donc, c'est plus facile pour expliquer certaines choses. On peut l'utiliser, mais il faut rester prudent sur son origine. Et surtout, encore une fois, de ne pas essayer de mettre tout le monde dans la même case en vous disant, ben voilà, j'ai un profil TDA, je suis une femme, je souffre du RSD. Donc, je souffre du rejet. C'est parfois complètement faux. On peut même voir aussi des profils TDAH qui ont tendance à rejeter, qui ont tendance à rejeter par impulsivité, par difficulté dans l'attente, par toutes les caractéristiques qui peuvent être liées au profil TDAH. Donc parfois, même dans certains couples ou certaines amitiés, la personne qui rejette peut être le profil TDAH. Donc ici, on parle de plusieurs choses différentes, vous comprenez. Ce que j'essaie de vous faire comprendre, de souligner, c'est que ce sentiment de rejet, il est inhérent. à notre histoire, souvent une histoire qui est plus compliquée, que vous avez été diagnostiqué ou pas. Et à l'âge adulte, on essaye de rejouer la même chose parce qu'on a développé telle ou telle croyance. Alors dans l'environnement, on essaye de trouver tel ou tel indice. Et surtout quand on a cette impulsivité et ce manque de frein qui est inhérent au profil TDAH, on a tendance à vite cogiter, à vite se faire des idées, des idées fausses, se raconter une histoire. Parfois oui, le rejet est bien réel, je ne dis pas. Ici on ne peut pas faire une généralité. Mais on a tendance parfois à assez rapidement se mettre dans la tête que l'un ou l'autre signe un message sans réponse, un mail un peu sec. On commence directement à se faire un cinéma dans notre tête. Pas dire un cinéma, c'est le mauvais mot, mais plutôt commencer à avoir des idées qui ne sont pas toujours très agréables. Donc, le but ici, c'est d'essayer de récupérer à un certain moment ce choix. C'est-à-dire que quand vous arrivez à comprendre ce mécanisme-là, vous commencez à avoir un choix parce que vous commencez à détecter, à voir un petit peu ce schéma. Et à partir du moment où vous voyez... Déjà une première réaction dans votre corps, cette gorge qui se serre, cette réaction physique, vous reconnaissez ce moment-là et vous savez qu'il y a quelque chose qui se passe à l'intérieur physiquement et que vous pensez comment ça s'emballer. Si ce moment-là, vous arrivez à le repérer, ça vous donne un espèce d'espace pour comprendre et activer vous-même un petit peu de manière artificielle vos freins internes et vous dire non, voilà, c'est un mécanisme que j'ai. Je sais que je fais souvent ça, mais dans la réalité, quels sont les faits ? Qu'est-ce que la personne a dit ? Ce message qui n'a pas été répondu ? Est-ce que la personne veut absolument me dire que je l'embête, que j'ai fait quelque chose de mal ? Est-ce que c'est factuel ? Est-ce que j'ai la preuve ? Non, je n'ai pas la preuve. À ce moment-là, j'essaye de rationaliser les choses. C'est un sujet qui est très intéressant et qui demande du temps, évidemment. pour apprendre, comprendre. Mais si on doit résumer, le premier levier serait, il se poserait au moment, comme je vous ai dit, où ça monte. Et pas après. Ce n'est pas ne pas répondre, ce n'est pas ne rien faire, ce n'est pas se bloquer, mais c'est plutôt une espèce de remplacement. Donc, vous envoyez un message d'attente à la place de répondre à chaud. Comme par exemple, je te réponds demain. Par exemple, vous avez un mail qui n'est pas agréable ou un message qui n'est pas agréable. Au lieu de foncer dedans ou de vous faire des idées ou de disparaître, vous allez plutôt avoir un message tampon. Je te réponds demain, j'ai besoin d'une pause. Ou plus tard, s'il te plaît, c'est pas le moment. Peu importe votre phrase. C'est une phrase qui vous permet de vous donner l'espace d'activer vos freins et de ne pas répondre à chaud. Le but, c'est d'apprendre à ne pas répondre à chaud. C'est comme un muscle, ça s'entraîne. C'est pas du jour au lendemain, mais plus vous allez le faire et plus ça va fonctionner, croyez-moi. C'est des neurones qui fonctionnent ensemble, c'est des nouveaux circuits neuronaux que vous fabriquez. Ça ne fonctionne pas du premier coup, mais vous allez voir que c'est assez efficace. Un deuxième levier, peut-être plus petit, c'est, comme je vous ai dit au tout début, enfin il y a quelques secondes, repérer le signal corporel avant qu'arrive la pensée. C'est ce que je vous ai dit il y a quelques secondes. Par exemple, la boule au ventre, la gorge serrée, la chaleur dans la nuque. Le fait de le dire même à voix haute ou de le repérer que votre cerveau se... concentre sur ces manifestations physiques va faire que votre système parasympathique, celui qui calme, va prendre le relais. Le fait de vous concentrer sur cette boule dans votre ventre va vous permettre d'instaurer des espèces de freins naturels. Je ne vous demande pas d'analyser, mais juste de vous concentrer sur la manifestation physique. Ça fonctionne extrêmement bien. Voilà, ça c'est deux freins qui peuvent être réellement efficaces. Évidemment, L'émotion, elle restera toujours là. Ça vous donne juste l'espace, juste l'entraînement pour ne plus réagir ou surréagir et prendre le temps de comprendre ce qui se passe et d'éviter des choses que vous pourriez éventuellement regretter. Voilà, il y a plein d'autres leviers. J'en parle de manière plus approfondie dans le cocon, l'espace dédié, le cocon, le TDAH au féminin. Vous retrouverez ça sur le site tdhfocus.com. Vous cliquez sur le cocon, là vous avez donc le programme Le Cocon qui vous accompagne sur plus de trois mois en parlant des différentes difficultés, des différentes étapes dans ce parcours du TDAH au féminin, dont le rejet, le fameux RSD ou la gestion des émotions, comment gérer nos émotions, comment agir, réagir, interagir avec les amis, la famille, en couple. Toutes ces relations qui peuvent soit nous pomper de l'énergie ou nous donner justement de l'énergie sans encore une fois se transformer. ou jouer le rôle de quelqu'un d'autre en étant nous, mais parfois en adaptant telle ou telle chose. Donc je vous invite à venir découvrir notre programme. Vous ne serez pas déçus, il est assez complet, intéressant et vous avez toute une communauté derrière pour ne pas faire ce parcours seul parce qu'évidemment, on a besoin de motivation, de soutien au quotidien. Donc voilà, je vous laisse sur ces mots-là et je vous dis donc à très bientôt.