Speaker #0Le fameux « quand tu veux, tu peux » . Vous la connaissez cette phrase, celle qui vous suit depuis l'enfance à l'école, à table, chez les parents, les grands-parents, et parfois même encore aujourd'hui ? Et bien dans cet épisode, on va simplement la démonter cette phrase. Et vous allez repartir avec une phrase pour y répondre la prochaine fois qu'on vous la sort. Bienvenue dans le cocon, TDAH au féminin, c'est le podcast de TDAH Focus animé par des pros de la santé pour des femmes qui vivent au quotidien avec... le profil TDAH. Alors, commençons tout de suite par une scène. Le fameux courrier qui arrive, le courrier super important. Vous le déposez sur la table basse, à l'entrée, sur votre bureau, et vous le voyez tous les jours. Vous passez devant, vous l'avez en tête. C'est un peu comme dans un ordinateur, vous savez, quand vous avez tous les onglets ouverts qui clignotent en même temps, et l'ordinateur qui ralentit. Eh bien, ce courrier-là, c'est un onglet supplémentaire. Vous faites ça x10, x20, x100, et vous voyez les... état de votre cerveau. Mais vu de l'extérieur, qu'est-ce qu'on voit ? On voit un courrier qui n'est pas ouvert. Point. On ne va pas plus loin. Donc la famille, les gens ne se demandent pas le pourquoi du comment. Ce qu'on voit, c'est simplement ce fameux courrier qui n'a pas bougé. Par contre, ce qu'on ne voit pas, c'est tout le reste. Les dix fois où vous avez voulu et vous ne l'avez pas fait. La culpabilité qui va avec. La fatigue d'y penser. Rappelez-vous ces petits onglets ouverts. Finalement, ça ralentit la machine, donc ça fatigue, ça fatigue, ça fatigue énormément. Et le problème, il est là, c'est que votre famille, elle, elle voit le résultat. Elle ne voit pas l'effort qui a été fourni. Et quand on ne voit pas un effort, qu'est-ce qu'on conclut ? On conclut que la personne n'a pas fait assez d'efforts. La deuxième affirmation, « quand tu veux, tu peux » , elle, elle est à moitié vraie. Pourquoi à moitié vraie ? Cette phrase, elle est un peu piégeante. Parce qu'elle est justement à moitié vraie. Oui, il y a des jours où on peut, il y a des jours où vous pouvez. Mais quand c'est urgent, quand c'est nouveau, quand ça vous passionne, là, évidemment, vous êtes capable de tout faire, même en une seule nuit, l'hyperfocus. Mais avec un TDAH, le problème, c'est que ce n'est pas la volonté qui manque, c'est l'accès à cette volonté-là. C'est vraiment le bouton starter, le démarrage. Parce que démarrer une tâche ennuyante, elle coûte extrêmement cher à quelqu'un qui a un profil TDAH. Elle demande énormément d'énergie au niveau cognitif. Donc finalement, ce n'est presque pas un choix. C'est vraiment la façon dont votre cerveau gère les démarrages. Et ça, c'est vraiment biologique. Alors, la vraie phrase serait plutôt « quand c'est urgent ou quand ça te passionne, là tu peux le faire. Le reste du temps, ça te coûte énormément. » Et cette phrase, elle sonne plus vraie. Mais vous comprenez qu'on l'entend moins souvent. Et pourtant, elle pourrait tout changer. La troisième chose, c'est l'étiquette. Ce que l'étiquette vous fait à vous. Vous savez, le plus grave, ce n'est pas ce que pense vraiment votre famille, mais c'est ce que vous, vous allez vraiment finalement penser de vous-même. À force d'entendre « paresseuse » , « nonchalante » , etc., finalement, on y croit. Le subconscient y croit. Alors, on commence à compenser. On en fait deux fois plus que les autres pour essayer de cacher. Et à force, on essaye, on tient tout, on tient tout et on sourit, on compense, on compense et un jour on craque. Soit on s'épuise dans le meilleur des cas ou alors on craque complètement. Et là, la famille ne comprend pas ce fameux craquage. Ils ne comprennent pas pourquoi vous êtes tout le temps épuisé, pourquoi vous vous plaignez tout le temps. Et là, c'est extrêmement difficile. Le pire, c'est que parfois, vous vous dites le soir, ils ont peut-être raison finalement. Je suis peut-être... être paresseuse, je ne sais pas m'organiser, je devrais trouver encore une énième méthode pour m'organiser ou faire du développement personnel ou faire ci ou faire ça. Des solutions, des solutions pour que la vie soit plus facile et pour arrêter d'avoir ces vagues de critiques et de jugements. Alors la bonne nouvelle, c'est que non, vous n'êtes pas paresseuse et oui, vous êtes fatigué, vous êtes fatigué de compenser. Le quatrième point et le dernier point, c'est qu'est-ce que vous pouvez concrètement faire cette semaine ? Je peux vous proposer deux choses qui sont relativement simples. La première, c'est une phrase à garder sous la main. La prochaine fois qu'on vous dit « quand tu veux, tu peux » , vous répondez calmement, vraiment calmement. Ce n'est pas que je ne veux pas, c'est que démarrer va me coûter plus cher qu'à toi. Alors là, il y a peut-être des personnes qui ne vont pas comprendre, mais en tout cas, vous, vous l'avez compris. Et n'oubliez pas, ça ne demande pas un débat, ça ne demande pas de justification. Juste ça. La phrase à votre sauce, évidemment. La deuxième chose, chaque soir, un autre petit exercice, essayez de noter trois efforts invisibles dans votre journée. Trois choses que les autres n'ont pas vues. Par exemple, j'ai appelé le dentiste alors que ça me stressait, alors que je remettais ça depuis très longtemps. J'ai enfin fini ce mail. Voilà, deux, trois exemples. C'est tout. Le fait de l'écrire dans votre journal ou de l'écrire sur un post-it ou un bout de papier, c'est une espèce de preuve écrite finalement que vous n'êtes pas paresseuse. Évidemment, vous n'êtes pas obligé de le faire, mais c'est un petit exercice qui vous permettra vraiment de voir noir sur blanc que vous êtes tout sauf paresseuse. Ce n'est pas pour le reprouver à eux, mais c'est peut-être pour le prouver à vous-même. N'oubliez pas, à force de vous répéter que vous êtes paresseuse, vous pouvez commencer réellement à y croire. C'est du conditionnement, tout simplement. Surtout si ça a commencé depuis très longtemps, depuis toute petite. Si cet épisode vous a parlé, j'ai envie de vous parler du cocon. Le cocon, c'est un parcours en ligne pour les femmes profil TDAH. Pour arrêter de vous épuiser à faire semblant que tout va bien. C'est réparti sur 12 semaines pour ne pas vous submerger. C'est fait pour un cerveau TDAH. C'est une étape par semaine. Ce sont des vidéos courtes. Des fiches pratiques, un atelier en direct chaque mois, un atelier que vous choisissez vous-même. On y travaille l'image de soi, le masque qu'on porte, l'énergie, les relations, la maison, plein plein plein de choses. Finalement, tout ce qui vous fatigue en silence. Si vous voulez en savoir plus, le lien est dans la description de l'épisode. La semaine prochaine, on va continuer avec le thème de la famille, mais cette fois, on parlera de la famille quand elle ne croit pas à votre diagnostic. Et ça, c'est très... intéressant. Prenez soin de vous et je vous dis à très vite dans le cocon.