Speaker #0Vous est-il déjà arrivé de quitter votre boulot du jour au lendemain, de couper court à une amitié après un conflit ou encore de rompre avec quelqu'un sur un coup de tête ? Puis quelques heures après ou quelques jours plus tard, vous vous demandez « mais qu'est-ce qu'il m'a pris ? » « Pourquoi je réagis si fort ? Est-ce que je suis instable ? » On vous l'a peut-être dit ailleurs, autrement. En vous disant tu exagères, tu traumatises comme d'habitude, t'es vraiment impossible à suivre. Non, vous n'êtes pas instable. Ce qui se passe, c'est cette fameuse alarme dont on a parlé dans le premier épisode de la série. Chez vous, elle se déclenche trop vite et trop fort et ça mène à des situations très compliquées. Et aujourd'hui, on va essayer de voir d'un peu plus près ce qui se passe à l'intérieur de votre cerveau et pourquoi cette alarme est si brutale. Si vous êtes une femme au profil TDAH et que vous en avez marre de culpabiliser, TDAH au féminin, le cocon est fait pour vous. Je suis Nora, professionnelle de la santé depuis plus de 17 ans et spécialisée dans le TDAH au féminin. Bienvenue dans ce deuxième épisode de votre série sur la sensibilité au rejet chez les femmes au profil TDAH. Dans le premier épisode, on a posé les bases. Cette fameuse sensibilité au rejet, pourquoi elle peut prendre toute la place finalement parfois dans votre vie et surtout pourquoi je ne suis pas juste trop susceptible ou trop sensible. Aujourd'hui on va plonger dans quelque chose de plus concret, on va reprendre des scènes de la vie du quotidien avec pas mal de témoignages et se demander ce qui se passe vraiment dans le cerveau à ce moment-là quand l'alarme se déclenche. Deuxièmement, comment ça va impacter votre vie au travail, votre vie de couple et vos amitiés ? Et troisièmement, pourquoi finalement avec du recul, vous avez parfois l'impression de tout gâcher alors que vous étiez simplement en mode survie ? L'objectif de cet épisode, ce n'est pas de vous juger ni de vous dire quoi faire, c'est de mettre des mots sur ce que vous vivez déjà pour que vous puissiez vous dire peut-être, je comprends enfin ce qui m'arrive, ce n'est pas de ma faute, je n'ai pas à motoflageulé comme d'habitude. Et je peux faire quelque chose avec ça, je peux avancer. À la fin de l'épisode, on parlera déjà de trois pistes super intéressantes. Puis je consacrerai un troisième et dernier épisode où on parlera concrètement d'un stratagème pour « apprivoiser » cette fameuse alarme. Pas pour vous changer, pas pour être quelqu'un d'autre, pas pour changer votre personnalité et votre caractère, mais plutôt pour essayer d'être aligné avec vous-même, de ne pas avoir de regrets et d'être sûr de vos décisions finalement quand vous les prenez, sans mettre ça sur le compte d'un profil TDAH ou de l'impulsivité. Donc on va faire tout ça avec empathie et on y va. Pour commencer, on parlera de quelques scènes au boulot. C'est vraiment ce qui revient très souvent quand on parle de cette impulsivité. Exemple, un lundi matin, votre chef vous écrit « tiens, est-ce que tu peux venir me voir vers 10-11h ? » Pas de contexte, pas de smiley. Et là, pendant trois heures, littéralement, vous ne travaillez plus, vous n'arrivez plus à vous concentrer. Vous préparez déjà dans votre mental, votre défense, votre plan d'attaque. Vous vérifiez déjà votre solde congé. Peut-être que vous calculez déjà combien de temps vous pouvez tenir sans salaire. Merci. Et à 11h, vous rentrez dans son bureau et là, vous avez déjà les larmes intérieurement. Donc imaginez-vous tout le mal que vous vous faites, même avant de vivre l'événement. Et c'est ça qui est finalement tragique, c'est qu'on se fait du mal. Le corps ne fait pas la différence entre ce qu'il imagine et ce que vous vivez vraiment. Et là, biologiquement, vous avez des pics de cortisol et vous avez tout un chamboulement biologique et hormonal. Ce qui aura des effets. concret sur votre santé, votre sommeil, votre moral. Donc c'est là qu'est le drame, c'est que vous vivez les choses avant qu'elles arrivent parce que votre cerveau, encore une fois, très créatif, démarre au quart de tour et les freins internes ont du mal à fonctionner. Tout ça, c'est aussi une histoire de biologie, de noradrénaline et de tous les neurotransmetteurs dont on a déjà parlé. Donc il y a vraiment un phénomène biologique. Et là, simplement, si je reprends un petit peu la scène, souvent votre patron ou votre patronne vous dit, tiens, est-ce que tu veux former un nouveau stagiaire ? Des choses vraiment très banales finalement. Et puis là, vous avez l'espèce de ouf, mais comme je vous ai dit, le mal est déjà fait intérieurement. Deuxième cas de figure, aussi des témoignages qu'on m'a rapportés et que j'ai pu vivre aussi moi-même. Pendant une réunion, vous présentez par exemple un projet à un collègue ou un collaborateur. Il vous dit, écoute, intéressant, mais j'ai quand même des petites questions à te poser. Et là, instantanément, dans votre cerveau, ça se traduit en mon projet est complètement nul. Je suis nul, je suis sûr qu'il y a une faute d'orthographe quelque part. Je suis sûr que j'ai mal formulé ci, ça. Et alors, ça tourne en boucle. Mais tout ça pendant une fraction de seconde, assez pour vous rendre malade intérieurement. Donc, vous avez l'impression que tout le monde voit vos failles, qu'on vous voit à nu. C'est aussi les douleurs passées, toutes les critiques qu'on a pu avoir avec ce profil-là, pendant la petite enfance, pendant votre scolarité. Tout ça remonte d'un coup à la surface. Vous vous mettez à bafouiller, à perdre votre confiance en soi, ce qui est terrible. Et vous pouvez même prendre... des mauvaises décisions et finalement perdre vos arguments et vous emmêler les pinceaux. Pas à cause de votre présentation initiale, mais à cause de tout ce stress, tout ce cortisol qui remonte. Et vous êtes persuadé, vous êtes persuadé que ça va mal. Et puis le lendemain, vous évitez vos collègues, vous vous sentez mal, vous commencez à éviter les réunions et vous vous mettez dans un mood très, très, très négatif. Et on sait comment ça se passe quand on est négatif. On attire souvent pas mal de négatifs. Et puis, on enchaîne les péripéties. Et finalement, votre collègue n'avait aucune, peut-être, mauvaise attention à la base. C'était juste pour peaufiner les choses, pour aller plus loin. C'est encore une fois, on a l'impression qu'on doit être parfaite pour être validée. Et en cas de faille, on a l'impression qu'on est complètement nul. Et que finalement, tout ce qu'on nous a dit avant est... peut-être vraie. C'est comme si on cherchait la confirmation de nos failles dans les yeux des autres, parce qu'on n'a pas encore cette confiance en soi et finalement, en y croyant vraiment, en croyant vraiment qu'on a ses failles et qu'on finira par être démasqué, que finalement on est nul, qu'on ne fait que tenir un rôle, on a l'impression que chaque remarque, c'est comme si on nous avait démasqué et qu'on était le vilain petit canard. Donc vous voyez, c'est quelque chose de vraiment très profond, c'est pour ça que généralement c'est un travail de fond, se faire accompagner, faire un travail vraiment avec un psy ou quelqu'un de très compétent pour pouvoir vraiment aller décortiquer toutes ces scènes-là et comprendre finalement, comme on l'a dit un peu dans le premier épisode, entre ce que vous vous voyez, la réalité, il y a un fossé géant. Mais il faut pouvoir faire ce travail mental de décortiquer les choses. Et au fur et à mesure, votre cerveau va apprendre à le faire. Mais au début, c'est assez douloureux, c'est assez lourd, c'est assez pénible. Mais c'est comme ça que vous allez vous transformer, entre guillemets. Vous n'allez pas changer intérieurement votre vraie personnalité, mais vous allez juste vous délester de ces poids que vous portez vous-même depuis très longtemps. Dans les pires situations, ce genre de scène peut même nous pousser... à démissionner sur un coup de tête. Parce que finalement, on n'en peut plus. Et il y a pas mal de femmes TDAH, beaucoup de témoignages, qui ont commencé à suivre ce parcours, à zigzaguer entre leurs différents jobs et à passer tous les deux ans un nouveau job. On peut le dire quand même, la routine... Pour un TDAH, c'est quand même assez terrible et donc on a besoin de renouvellement, de créativité. Ça, c'est un sujet à part, on en reparlera. Mais certaines femmes rapportent qu'elles « zigzaguent » dans leur parcours, qu'elles changent, pas parce qu'elles n'aimaient pas leur travail, mais elles avaient l'impression que la pression était trop grande, que la pression de la part des managers, que ce qu'on leur imposait était trop gros pour leurs épaules. Mais finalement, c'était elles qui se mettaient la pression. C'était l'image qu'elles avaient d'elles-mêmes qui coinçait et pas ce qu'on attendait d'elles. Je ne dis pas que la société aujourd'hui met énormément de pression, que les managers ne font pas toujours bien leur job, mais dans ce cas du profil TDAH, on est notre pire manager. Donc le fait de changer de job tout le temps, c'est vraiment pas par manque de compétences, mais c'est qu'à chaque conflit finalement et à chaque feedback un peu rude, on le prend vraiment mal. L'alarme commence à hurler trop fort, ça devient insupportable et on change. Et donc ça c'est vraiment un phénomène qu'on peut constater chez une femme profil TDAH. Si on parle un petit peu du couple, prenons une scène, vous êtes un samedi soir ou un dimanche soir, votre partenaire vous dit « tu as encore laissé les lumières allumées » , phrase qui est complètement neutre mais qui peut déclencher chez vous « ah ben c'est pas la lumière, c'est plus que ça, il me dit que je suis bordélique, irresponsable et qu'il est fatigué de moi » . Vous claquez la porte, vous vous énervez, vous pleurez, il n'y comprend strictement rien. Encore une fois, c'est cette fameuse alarme et l'interprétation que vous avez des choses entre ce que vous pensez, vos douleurs, ce que vous avez vécu, ce qui est complètement légitime. Je le comprends parfaitement, je suis passé par là et je passe encore par là. Et de déconstruire un petit peu tout ça pour finalement prendre les choses pour ce qu'elles sont vraiment, c'est-à-dire quelque chose de complètement neutre. Ou alors même au niveau un peu plus intime, si vous... Votre partenaire vous dit ce soir je suis fatigué, la plupart des gens vont dire pas ce soir, c'est qu'il est simplement crevé. Mais chez nous, ça peut se traduire en il n'est plus attiré, il va peut-être me quitter, il y a peut-être quelque chose. Vous vous repliez, vous arrêtez toute initiative et vous pouvez même aller encore plus loin, être désagréable, même peut-être dans la provocation ou l'impulsivité. Ça peut durer des semaines et ça peut mener à un échec. dans le couple. Cette distance va se créer entre vous et finalement, c'est cette fameuse alarme qui est là pour vous protéger, qui a peur du rejet et qui va vous faire faire des choses dont finalement, vous n'êtes pas en accord. Au point de vue des amitiés, c'est aussi pas mal le nombre de témoignages qu'on peut avoir et les expériences. Comme par exemple, si vous écrivez à votre meilleur ami un très long message, vous êtes... pas bien, elle le voit, elle ne répond pas directement, comme dit les jeunes, elle vous lâche un vu ou elle vous répond six heures plus tard ou le lendemain, pendant ces six heures, vous faites déjà une lettre de rupture dans votre tête amicale, vous vous dites qu'elle n'a jamais été là pour vous, que si, que ça, et vous, carrément, vous pouvez même effacer son contact ou la bloquer sur les réseaux sociaux. Et puis, finalement, elle vous répond un jour après, elle vous dit désolé, j'étais en réunion, j'étais complètement vidée, Et vous, vous avez fait tout un scénario, vous vous êtes rendu littéralement malade. Donc il y a encore plein de scènes comme ça qu'on peut évoquer. Finalement même encore avec les amitiés, vous pouvez être celle dans le groupe de copines qui passe un peu pour la pénible, celle qui gâche tout, celle qui fait des dramas. Et finalement vous avez une espèce d'étiquette, que ce soit... familiale, que ce soit au travail ou en amitié, c'est la personne vous êtes la personne peut-être un peu susceptible celle qui démarre au quart de tour celle qui doit prendre des cours de zen celle qui doit faire du yoga, de la méditation mais finalement c'est plus loin, le problème est plus profond que ça. Donc tout ça ça engendre énormément de douleurs des dégâts, de la douleur physique mentale et tout ça c'est... invisible, ça se passe à l'intérieur. Et c'est ça qui est terrible. Donc, que se passe-t-il vraiment dans votre cerveau ? La première étape pour pouvoir sortir de ça, c'est de comprendre ce qui se passe dans votre cerveau. Pourquoi ça déraille ? Pourquoi il y a un incendie, cette hypersensibilité ? On a vu déjà pas mal de choses dans le premier épisode. On vous a parlé de cette fameuse alarme, comment elle fonctionne. Aujourd'hui, on va voir un petit peu sous le capot brièvement. La première chose, c'est que votre cerveau a un problème de freinage émotionnel. On appelle ça la dysrégulation émotionnelle. Les cliniciens considèrent ça aujourd'hui un peu comme une dimension centrale dans le profil TDA chez l'adulte. Concrètement, une émotion qui démarre chez vous, elle va monter très vite, elle va monter très haut, et elle va redescendre très lentement. Et donc, une personne sans ce profil-là, peut-être agacé à quelques secondes, quelques minutes. Et dans votre cas, vous, ça va prendre énormément de temps. Ça va monter trop vite et prendre trop de temps à redescendre. Et encore une fois, c'est un phénomène biochimique aussi. Le deuxième point, c'est les circuits qui gèrent la récompense et la menace dans un cerveau et câblées pour chercher une interne. une intensité de connexion et de validation. Il est formaté pour chercher du lien. Donc, quand ce lien semble menacé, même quand c'est vraiment... tout petit, votre système d'alarme s'active à fond. C'est comme si on coupait votre oxygène d'un seul coup. Cette intensité est vraiment documentée de manière qualitative, de manière factuelle. Les chercheurs parlent plutôt d'une expérience de menace massive. On peut vraiment le voir au niveau des imageries du cerveau. Le troisième point, le passif, qu'est-ce que c'est ? Si vous avez grandi souvent, encore une fois, en étant critiqué, souvent reprise, comparé aux frères ou sœurs qui sont plus calmes, votre cerveau a appris un truc particulier, il a appris que les autres allaient finir par voir que vous étiez trop, trop bavard, trop intense, trop d'oubli, trop de ci, trop de ça. Et à l'âge adulte, ça reste, votre cerveau, il scanne. Comme je le disais, il scanne en permanence et il essaye de chercher un lien. Donc il cherche la prochaine épreuve, la prochaine preuve plutôt finalement, pour confirmer ce biais-là. Donc à la moindre ambiguïté, elle sera vraiment interprétée comme une confirmation. Il y a un quatrième point et on n'en parle pas énormément je trouve, c'est les hormones. On en a parlé lors des premiers épisodes du podcast. Je vous invite à aller voir TDAH au féminin, le cocon vous tape. Hormones, ou oestrogènes, hormones, ménopause, etc. Je disais que vos oestrogènes, hormones féminines, vont influencer directement votre dopamine. La dopamine, elle influence directement la régulation des hormones. Concrètement, quand vous êtes en phase prémenstruelle, quand les hormones vont chuter, votre alarme va devenir hypersensible, et là, c'est là que les drames se font souvent. Donc, on pleure pour rien, on veut quitter son copain, on veut changer de vie, on veut changer de boulot, et les autres ont l'impression que vous êtes un petit peu fofolles. Donc, ce n'est pas vous, c'est une combinaison du profil TDAH et de la chute hormonale. Et donc, c'est aussi documenté. Un dernier point, c'est la double sociabilisation. Qu'est-ce que c'est ? On vous a appris à être agréable, d'accord ? À ne pas faire de vagues dans la société, à sourire. même quand ça ne va pas, du coup, il y a deux choses qui vont se passer. La première chose, c'est que vous avez l'habitude, on nous demande de masquer notre douleur jusqu'à un point de non-retour. Et ensuite, on essaye d'interpréter chaque signal d'inconfort de l'autre comme une faute de notre part. Donc, en fait, cette charge mentale relationnelle, elle va se cumuler. Et elle va vous épuiser jusqu'au moment où vous allez craquer. Donc, je récapitule. La première chose, c'est qu'on vous a appris à ne pas faire de vagues, à prendre sur vous. Et donc, vous essayez, malgré votre profil, vous essayez d'encaisser, vous encaissez, vous encaissez. C'est comme une cocotte minute où vous allez laisser sur le feu, sans possibilité d'évacuation. Deuxième chose, on vous a appris aussi à interpréter l'attitude des autres. Vous interprétez, vous scannez et la combinaison des deux, parce que vous êtes sensible aussi à scanner le visage des autres, l'attitude des autres. Même votre profil TDAH vous rend plus affûté par rapport à ce qui est parfois interprétation émotionnelle. Et donc la combinaison des deux est explosif. Ça nous rend encore plus susceptibles, finalement. Quelques nuances pour terminer. La sensibilité, elle n'est pas exclusive au TDAH, comme je vous l'ai dit. Elle est aussi présente dans des troubles comme l'anxiété sociale, dans certaines formes de dépression, dans certains profils autistiques. Donc, ce n'est pas propre au profil TDAH. Mais c'est une chose qu'on peut retrouver dans le profil TDAH et énormément de témoignages. C'est pour ça qu'on en parle aujourd'hui. Donc, on ne va pas tout mettre sur le dos du profil TDAH. et aussi... le caractère, la personnalité, la manière dont vous avez été élevé. Il y a plein de choses qui vont faire que ce phénomène-là peut être amplifié. En tout cas, si votre douleur est trop massive, c'est vraiment le moment d'aller consulter, d'en parler, de faire le tri un petit peu entre cette anxiété, votre profil TDAH, votre profil hormonal, où vous en êtes dans votre vie tout simplement, pour pouvoir recadrer tout ça, faire la part des choses. et suivi médical si besoin. Donc c'est compliqué de... C'est pas noir ou blanc, vous le comprenez bien. Il y a vraiment des nuances. Et toutes les femmes... Les profils TDAH ne vivent pas le RSD au même degré. Certaines sont plus dans l'explosion, d'autres beaucoup plus dans le retrait. Donc il y a différentes manières aussi de réagir. Et d'autres vont alterner. Parfois elles sont extrêmement calmes et parfois explosives. Donc il n'y a pas non plus un seul profil, d'où la difficulté. Donc encore une fois, on n'est pas là pour cocher des cases. Bien au contraire, vous êtes chacune unique. exceptionnel, extraordinaire. Vous n'êtes pas comme tout le monde et c'est une véritable force. Et donc, il n'y a pas une checklist, il n'y a pas un mode d'emploi, une recette magique. C'est beaucoup plus compliqué que ça. Mais on peut quand même parler de quelques pistes, comme je vous l'ai dit, et on en parlera dans l'épisode prochain plus en détail. Mais si je dois vous donner trois grosses pistes, la première, celle qui fonctionne le mieux, c'est la règle des 24 heures, si on y arrive, ou ne seraient-ce que des... une heure, c'est-à-dire qu'avant toute décision explosive, on se donne 24 heures. Ok, l'alarme hurle, mais on envoie avant d'envoyer un message de rage, avant de claquer une porte ou de démissionner, je sais que c'est facile à dire, mais ça s'apprend. La première fois, ça va échouer et au fur et à mesure, vous allez arriver à vous donner cette bulle d'oxygène avant de passer à l'action. Donc, par exemple, avant de bloquer quelqu'un, se poser poser la règle des 24 heures. Si dans 24 heures, vous avez toujours envie de la bloquer, vous avez toujours envie de démissionner, vous avez toujours envie d'écrire ce message, pourquoi pas ? Mais avant, si vous voulez écrire un message, vous le mettez dans vos brouillons et le lendemain, si vous voulez, vous relisez au calme et vous allez voir que 9 fois sur 10, vous allez le supprimer. C'est un petit peu la règle, j'appelle la règle du disjoncteur. La deuxième piste, c'est préparer des phrases par choc. C'est des phrases, moi j'en ai dans mon téléphone, pense bête dans votre agenda. Donc, avoir un feedback, avoir une réunion, avoir une discussion qui peut être piquante, avoir deux, trois phrases qui sont prêtes, vous préparer mentalement. Par exemple, merci pour ton retour, j'ai besoin d'un peu de temps pour digérer, je préfère y réfléchir avant d'y répondre. Voilà, c'est vraiment une espèce de phrase, c'est comme si ce sont des sasses. des protections. Elles vous évitent en fait de dire tout et n'importe quoi à ce moment-là. C'est des phrases passe-partout qui vous donnent un délai d'attente, un délai de réflexion avant de pouvoir vous exprimer à cœur ouvert. Donc concrètement, vous l'écrivez dans les notes de votre téléphone, vous les relisez avant chaque situation à risque ou vous l'écrivez dans votre agenda et je vous assure que ça peut sauver pas mal de situations. La troisième piste, c'est... tester l'interprétation alternative. Qu'est-ce que ça veut dire ? Quand l'alarme dit « il me déteste » , forcez-vous à inventer trois autres explications. Par exemple, « c'est pas qu'il me déteste, c'est qu'il est crevé. C'est pas qu'il me déteste, c'est qu'il a des soucis lui aussi au boulot. C'est qu'il a la pression. » Ou par exemple, « elle ne me répond pas, son téléphone est peut-être cassé. Elle a eu un problème. » Donc le fait de déjà vous donner à vous-même une explication, Ça permet de vous calmer, de diminuer votre système nerveux sympathique et de reprendre quelque chose, votre système nerveux parasympathique qui permet de vous calmer. Donc vous rappelez vraiment à votre cerveau qu'il n'y a pas un scénario, mais qu'il y a des scénarios. Et c'est vraiment un super exercice au niveau de la psychologie cognitive. On l'appelle la reconstruction cognitive, oui c'est ça. Alors, ça ne marche pas du premier coup. Ça met des semaines, des mois, des années, mais je vous assure qu'avec la répétition, il y a une plasticité cérébrale. Et au fur et à mesure, c'est comme ça que vous allez, j'aime pas le mot changer, mais vous améliorer, vous réaligner doucement, mais sûrement. Et ça permet vraiment d'assouplir, entre guillemets, cette alarme. Donc voilà, on arrive à la fin de l'épisode. On parlera dans l'épisode prochain d'un espèce de stratagème, un espèce de... guide, si on peut appeler ça comme ça, pour clôturer le sujet. Donc rappelez-vous bien, cet épisode vous confirme que votre alarme n'est pas complètement folle, qu'il y a des raisons pour lesquelles elle hurle, la dysrégulation émotionnelle, vos circuits de connexion, votre cerveau, votre histoire, vos hormones, la société. Donc plusieurs couches, plusieurs raisons, pas un hasard. Et donc dans le prochain épisode de la série, comme je vous disais, on va essayer de mettre en place un plan plan d'action, entre guillemets, un espèce de protocole en cinq étapes, du moment où l'alarme hurle jusqu'au moment où on va essayer d'en tirer quelque chose de vraiment positif, sans vous trahir, sans vous changer, sans subir. Voilà, j'espère que vous avez aimé cet épisode. Pensez-vous à vous abonner, à liker. à partager et surtout à quelqu'un qui en a besoin. Et je vous dis à très vite dans le cocon. N'oubliez pas que vous avez toutes les ressources en description sur le site tdhfocus.com. Dans la partie cocon, vous avez un espace dédié aux femmes profil TDAH. Je vous embrasse fort et à bientôt.