- Speaker #0
Bienvenue sur Tea Time NGLA, le podcast de NextGenLegalAdvisory.
- Speaker #1
Ce qui compte, c'est d'être consumer-centric. Une très belle consultation, c'est super, mais ce qui intéresse ton client, c'est la réponse à sa question. On n'est pas des vendeurs de techniques, en tant qu'avocat, qu'au juriste, on vend de la confiance. où ça te pousse naturellement à sortir de ton cadre, sortir de tout cadre d'ailleurs. Il faut que tu saches parler à des CEOs, à des CFO, à des directeurs de production, des ingénieurs, des marketing, d'accom, tout le monde, des entrepreneurs, des gros patrons, des gens qui ont des problèmes, des gens qui vont bien. Volonté permanente d'utiliser le juridique pour créer de la valeur, avoir un impact, le droit à créer des passerelles entre tous. et quand tu utilises bien le droit, pour moi, c'est un outil extraordinaire, une puissance dingue. Personne n'est Superman. Il faut savoir rester humble et en fait, savoir aussi demander de l'aide. Je pense qu'il faut savoir s'entourer dès le départ, transformer mon expertise en une force de mouvement, un outil de mouvement.
- Speaker #0
Bonjour à tous. J'ai le plaisir de recevoir aujourd'hui dans Tea Time NGLA, Ludovic. Del Pondevaux, avocat, juriste et dirigeant au parcours en mouvement permanent, cabinet d'affaires, direction juridique internationale, Dubaï est désormais entrepreneur entre MNE et TEC au service de la décarbonation. On va parler de droits comme passerelle, de confiance, d'IA, de vulnérabilité aussi et de ce que cela change concrètement pour les juristes d'aujourd'hui. Bonjour Ludovic, je suis ravie de t'accueillir aujourd'hui sur notre podcast.
- Speaker #1
Écoute Castan, ça me fait extrêmement plaisir que tu aies pensé à moi. Depuis le temps qu'on se connaît, ça fait extrêmement plaisir de te retrouver également.
- Speaker #0
Et alors là, il y a un petit décalage parce qu'on a la chance de t'avoir alors que tu es à distance. L'enregistrement se fait entre Paris et Dubaï. C'est super, tu nous fais voyager.
- Speaker #1
Exactement. Je suis désolé pour la technique, mais normalement ça devrait bien passer. Mais oui, là, je suis à Dubaï. Je partage mon temps entre Dubaï et un peu de France dans ce moment.
- Speaker #0
Bon, très bien. J'ai hâte d'en savoir plus, car j'ai l'impression que tu sais te réinventer en permanence sans jamais perdre ton cap. Commençons par une première question. Qu'est-ce qui, selon toi, a fait la différence dans ton parcours ?
- Speaker #1
Je pense que tu as exactement cerné l'idée. Je dirais qu'avec le recul... C'est exactement ça. Je ne m'étais jamais mis à un cadre très précis. Je n'ai pas eu un plan de carrière très précis écrit quelque part ou quoi que ce soit. Je pense qu'il y a un fil rouge, clairement. Mais grosso modo, j'ai toujours su un peu saisir les opportunités ou rester ouvert aux opportunités. Mais pour expliquer grosso modo, nous, on s'est connus avant-hier. J'ai débuté, moi, en tout cas, ma carrière chez Skadden Arps. Et déjà à l'époque, en fait, mon arrivée chez Skadden, c'était un peu un hasard. J'avais fait une prépa, une école de commerce. Je me suis destiné plutôt à faire du marketing. Et puis, c'est un jour, en rentrant d'école, je trouve dans le RER une revue de l'école de concurrente et qui vante les opportunités pour les doubles formations droit et école de commerce. Et c'est comme ça que j'ai fini en cabinet à faire du droit. D'abord à faire du droit, puis en cabinet. en gros j'ai eu de la chance c'était un peu l'époque où les cabinets s'intéressaient fortement au double profil et donc je suis tout de suite arrivé dans la Rolls des cabinets Skadden d'équipe M&A un peu star du début des années 2000 milieu des années 2000 on va dire, allez, on n'est pas si vieux que ça et en gros j'ai eu la chance en plus de tomber sur une super équipe donc il y avait toi et toute l'équipe qui se retrouve ce soir d'ailleurs en fait il a bien fallu ça parce que c'était quand même 5-6 ans extrêmement intenses Super intéressant techniquement et humainement, mais grosse charge de travail. Mais Skadden, ce que je retiens, c'est que c'est un peu le genre de cabinet où la rigueur, c'est un peu une identité. L'excellence, le wording parfait, c'est très important. Mais au-delà de ça, je me rappelle très bien des nombreuses discussions avec les deux managing partners de l'époque, Donc là, Chris Baker et Pierre Sévanchébert. Et qui disaient des jours, en gros... Pour employer un terme de marketing, pour le coup, ce qui compte, c'est d'être consumer-centric. Une très belle consultation, c'est super, mais ce qui intéresse ton client, c'est... la réponse à sa question. Et même au-delà de ça, c'est éventuellement de l'aider à mieux cerner son problème, pour lui apporter encore des meilleures réponses. Et ça, ça a vraiment été un fil rouge après, le long de ma carrière. Habilité à utiliser le droit comme un élément pour répondre aux problèmes et élargir le champ des possibles. J'ai passé 5 ans et demi comme ça, chez Skadden. C'était super, hyper intense, mais super. Puis un jour, un chasseur m'appelle, pareil, Bon moment, bon lieu. Quinze jours plus tard, je commençais chez Pernod Ricard. Équipé ménage du siège. Et puis ensuite, je suis passé en direction juridique à Marseille pour la France. Et puis ensuite, je suis parti pour Hong Kong. Sept ans, direction juridique de l'Asie. Et bon, pour finir court sur le parcours, de Hong Kong, on est passé à Dubaï pour Pernod Ricard. Rien de très anticipé encore. Mais là, au gros modo, j'ai quitté Pernod Ricard. Je suis aujourd'hui associé dans un cabinet d'avocats, une boutique française spécialisée en M&A. Et en parallèle, je lance avec un désormais copain une boîte de tech. La blockchain appliquée à la décarbonation. Répondre aux problèmes et élargir le champ des potes.
- Speaker #0
Merci beaucoup Ludovic. Quand j'écoute ton parcours, ce que je retiens, c'est finalement ces paroles des Managing Partners qui t'ont guidé et l'application après la recherche que tu en as faite, la recherche d'excellence et d'humain tout au long de ces dernières années.
- Speaker #1
Oui, absolument. Grâce à l'expérience que j'ai pu accumuler, j'ai assez vite compris malgré tout que le... Le droit, au-delà d'être un outil, ce que les gens perçoivent souvent, un droit un peu rigide, technique, rigoureux, pour moi c'est surtout un, j'ai envie de le dire de manière politique, mais c'est un peu un langage qui lit tout. Le droit c'est partout, ça relie tout, ça permet de tout comprendre. Et pour moi, le corollaire de ça, c'est qu'on n'est pas des vendeurs de technique, en tant qu'avocat, que juriste, on vend de la confiance. Les gens viennent nous voir, ils ont un projet, ils ont un problème, ils ont des questions et ils cherchent une réponse. Et c'est quand même une posture extraordinaire de se retrouver dans les chaussures de celui qui peut donner une réponse, apporter cette réponse, apporter la confiance. Et le fait qu'on puisse avancer et développer ses arguments, ça te pousse naturellement à sortir de ton cadre, sortir de tout cadre d'ailleurs. Il faut que tu saches parler à des CEOs, à des CFO, à des directeurs de production, des ingénieurs, des marketing, de la com, tout le monde. Des entrepreneurs, des gros patrons, des gens qui ont des problèmes, des gens qui vont bien. Et en fait, tu dois d'abord, pour bien répondre à leurs problématiques, comprendre d'où ils viennent. Quels sont leurs problèmes, quelle est leur réalité, quel est leur quotidien, pas seulement leurs risques. et pour moi c'est... cet alignement du juridique et des enjeux business divers, c'est un peu ce que vous faites d'ailleurs, j'ai cru comprendre dans ta nouvelle structure chez NextGen, mais quand tu regardes mon parcours, je trouve que il y a cette volonté permanente d'utiliser le juridique pour créer de la valeur, avoir un impact, relier des projets qui sont dans des mondes... À première vue, ne communiquez pas forcément. Il n'y a pas forcément de lien. Ce n'est pas évident, en tout cas, quand tu le regardes de l'extérieur. Mais en fait, le droit lit tout. Le droit crée des passerelles entre tout. Et quand tu utilises bien le droit, pour moi, c'est un outil extraordinaire, avec une puissance dingue.
- Speaker #0
On est absolument alignés, je crois. Cet ADN commun ne ment pas. Et je te retrouve tout à fait sur le droit qui est un levier absolument fabuleux. Et donc, notre responsabilité aussi, en tant que juriste, en tant qu'avocat, d'arriver à utiliser cette matière pour accélérer la performance, les résultats, l'ambition de toutes les personnes que l'on rencontre.
- Speaker #1
Absolument, et dans plein de domaines différents.
- Speaker #0
Est-ce que tu as connu des périodes de doute ? Et si oui, comment les as-tu traversées ?
- Speaker #1
Je vais dire oui, beaucoup. C'est aussi l'inconvénient de ne pas avoir de cadre.
- Speaker #0
Mais toi qui es tellement positif en plus, c'est vrai qu'on ne peut pas l'imaginer.
- Speaker #1
non exactement non non mais oui non objectivement énormément et je crois que c'est important de le dire parce que quand tu racontes une trajectoire après coup ça a toujours l'air logique et de dérouler la vérité sur le moment en fait ça l'est jamais À Hong Kong, par exemple, avec ma femme, on avait un petit bébé, on repart, on a trois enfants. À peine arrivé à Dubaï, en gros, le groupe se réorganise, propose un job en France. À l'époque, ça ne colle pas à ce que j'ai envie de faire. Je quitte. Et, évidemment, quitter Père-Nicard n'a pas été simple parce que moi, j'avais passé 13 ans, du coup. Et c'était un peu comme une seconde maison. J'avais plein d'amis, je connaissais tout le monde. Enfin, c'était une boîte, une super boîte. C'était une période un peu particulière. Tu quittes un cadre extrêmement confortable. tu te sens un petit peu entre deux eaux, entre deux mondes. Une carrière qu'on connaît et qui était confortable et qui tournait quand t'es expat et tout ça. Et après ça, qui n'existe pas encore. Et je savais même pas ce que j'allais faire. J'ai quitté, je savais même pas encore ce que j'allais faire. Et puis là, par hasard, on en parlait. Une rencontre, un jour, un petit déj, une rencontre qui dure le temps d'un café. Un Français qui a créé sa structure ici et qui me propose, au bout du café, de m'associer. et une aventure un peu entrepreneuriale, une approche extrêmement entrepreneuriale où en gros, il fallait que je développe toute ma clientèle, mon business comme ça sur sa plateforme. Et puis, je me suis dit, bah ça, en fait, oui, ce n'était pas réfléchi, mais évidemment, c'est le bon moment, je vais essayer, je vais créer, je veux construire autre chose. Bon, pareil, il ne faut pas se mentir, tu passes du corporate au monde des comités avocats, les clients ne tombent pas tout de suite. Le business ne tourne pas, tu as une période un petit peu difficile.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a quelque chose qui t'a aidé, justement, à ce moment-là ?
- Speaker #1
Écoute, oui. Alors, je pense qu'il y a deux choses. Il y a... On va dire, c'est important de ne pas se voiler la face. On va dire, dans cette période-là, moi, j'ai beaucoup parlé avec des gens. Je me suis beaucoup ouvert, je me suis beaucoup changé. Comme tu disais, à l'instant, je suis quelqu'un de très optimiste. Donc, j'avais cette tendance un peu à foncer. à tout faire, rien n'est impossible, j'ai pas de limites, je peux bosser, voyager, tout ça, gérer une famille. Il y a un moment, personne n'est Superman, il faut savoir rester humble et savoir aussi demander de l'aide. Moi, j'ai ma femme, on a eu des périodes difficiles, mais elle est toujours là, je m'en félicite beaucoup, mais je lui dois beaucoup. Mais pareil, des rencontres, des mentors. J'ai eu une super coach à un moment, mais des gens qui peuvent t'aider.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a d'autres personnes qui ont été clés ? Est-ce que tu conseilles aussi peut-être d'entretenir ou de développer des relations dans ce sens ?
- Speaker #1
Oui, à Postalery, oui. Moi, encore une fois, j'avais ce côté très optimiste qui faisait que j'avais l'impression de pouvoir tout prendre sur mes épaules. À Postalery, c'était clairement une erreur. Je pense qu'il faut savoir s'entourer dès le départ. Moi, j'aime bien évoluer en dehors de tout cadre et prendre des risques. Encore une fois, tester plein de choses et tout à la fois. C'est bien d'avoir des gens qui te font un peu réatterrir, qui te font réfléchir, qui te challengent sur les points importants, qui te permettent de développer un plan. Je ne veux pas nécessairement viser ton activité aujourd'hui, mais des gens comme ça, quand tu entreprends une transformation. ou un gros changement comme ça, c'est bien d'avoir des gens qui t'accompagnent, qui te challengent, qui t'ancrent, qui t'ont une nouvelle perspective. Et quand je regarde ce que tu fais, je trouve que pas pour t'envoyer des fleurs, mais ça me paraît extrêmement utile, la mission, la valeur de ce que tu proposes est assez évidente pour moi, mais sur la simple base de mon expérience, je sais, moi, encore une fois, interactivement, Se lancer tout seul dans un grand projet de transformation qui implique des changements, qui implique des déménagements, qui implique de revoir en profondeur un peu ton quotidien, tu ne le fais pas tout seul. Et je conseillerais fortement même de le préparer. Ce n'est pas tout ce que je fais habituellement, mais maintenant, c'est ce que je fais beaucoup plus. Moi, ce qui m'a sauvé, c'est aussi cette, je disais au début, cette ouverture d'esprit. Je ne me suis jamais enfermé dans un cadre. Et à un moment, heureusement, j'ai eu les bonnes discussions qui m'ont permis aussi d'accepter un peu de... Je peux me planter, je peux hésiter, c'est normal. Il n'y a pas de problème avec ça. Et du coup, de m'ouvrir beaucoup plus là-dessus. Et donc, du coup, de trouver l'aide. Parce qu'en fait, une fois que tu demandes de l'aide, quand tu cherches de l'aide, ce n'est pas si compliqué que ça à trouver, en fait. Et puis, ça ne te rend pas forcément une image négative. Et ce n'est pas le signe d'un échec ou quoi que ce soit. et au contraire ça t'aide à beaucoup mieux rebondir ou à mieux...
- Speaker #0
Oui, c'est quelque chose qu'on comprend avec la maturité, je crois, et qui touche beaucoup, le fait de se sentir faire partie d'une... D'un groupe plus large que soi. Même si j'ai l'impression que tu es sur un chemin qui est encore en mouvement, alors ma question peut sembler un peu décalée, mais est-ce que quelle est la chose dont tu es déjà, enfin je vois qu'il y a beaucoup de choses encore en mouvement, mais quelque chose dont tu es déjà très fier en fait, et que tu pourrais partager avec nous aujourd'hui, justement avec tout ce que tu as traversé ces dernières années ?
- Speaker #1
Écoute, je vais te dire... Tu as employé un mot que j'aime bien. Pour moi, je pense que côté pro, ce dont je suis assez content, c'est d'avoir transformé mon expertise en une force de mouvement, un outil de mouvement. Le droit, ce n'est pas un carcan. J'évangélise le droit comme un outil de mouvement qui peut débloquer des solutions, qui peut non seulement résoudre les problèmes, mais créer des opportunités. Et donc, tu vois, après, le droit, ça m'a permis... J'ai fait du M&A, j'ai pu finalement diriger des équipes hyper variées, dans des pays différents, des cultures différentes, des métiers différents. Tout ça grâce au droit, parce que ça me donnait ce cap dont on parlait, qui toujours me permettait aussi de communiquer avec tout le monde. Une fois que tu as un cap, tu te rends compte quand même que c'est essentiel pour communiquer avec les gens au sein d'une structure, d'une organisation. Arriver au quotidien, à transformer le... Le droit en un outil d'ouverture et de mouvement, ça c'est quelque chose dont je suis assez fier.
- Speaker #0
Tu as déjà un peu commencé à répondre sur un mythe que tu aimerais déconstruire sur le métier, c'est ce côté carcan tu disais.
- Speaker #1
Notamment pour, soit des gens qui se posent la question un peu sur la suite de leur carrière ou des jeunes qui débutent, mais on a trop souvent l'idée qu'un avocat est limité par son droit national ou voire même l'intitulé de son diplôme de fac. Tu as fait un master en pays, tu as fait un master en pays en France toute ta vie. Ça, ça me paraît totalement absurde aujourd'hui. Moi, j'ai été à la fac, j'ai fait un master en droits des affaires en France. Je suis avocat français et tu vois, j'ai travaillé dans littéralement des dizaines de juridictions sur des problématiques extrêmement différentes de la pays. mais aussi du contentieux, du M&A, de la compliance, du droit du travail, you name it. Mais tout ça, c'est sur la base de mon simple diplôme. Le droit, c'est quand même un peu le même partout. Alors oui, il faut une expertise fine sur certains points de mise en œuvre et d'application, mais au-delà de ça, l'esprit, c'est le même partout. Common law, civil law, quelle que soit la matière, c'est toujours le même état d'esprit. Ce cap, tu vois, le droit, quand tu l'affroches comme ça, c'est un outil qui n'a pas de limite.
- Speaker #0
Et il faut bien en avoir conscience, tu as raison.
- Speaker #1
Il faut bien en avoir confiance, absolument. Et pour moi, allez, croyez, trois défis, je pense que pour un juriste, et pour conserver sa pertinence et développer sa pertinence, il faut savoir créer de la valeur déjà. Ne pas se contenter de dire non ou c'est pas possible ou oui, non, blanc, noir, un peu ce que j'évoquais tout à l'heure, mais montrer comment on peut dire oui, aider son interlocuteur à mieux cerner les questions qu'il se pose et même à lui ouvrir des possibilités qu'il n'envisageait même pas. Ça, c'est la création de valeur. Le jury, pour moi, est encore une fois un vrai outil de création de valeur dans une structure, une organisation. Après, deuxième défi, il faut vraiment maîtriser la technologie. Je pense que c'est incontournable aujourd'hui. sinon tu perds la moitié de ton terrain de jeu tu peux plus arriver dans le monde du travail en étant un juriste ou un avocat et ne pas maîtriser les outils d'IA les outils qui te balayent des recherches où on passait des heures en bibliothèque avant se font en quelques secondes il faut savoir utiliser ça et maximiser derrière la valeur que tu crées pour revenir sur le premier point et puis le dernier on en a beaucoup parlé mais C'est sur les relations, devenir des partenaires, se positionner comme des partenaires. Moi, c'est ce que j'expliquais beaucoup à mes boss. Moi, j'étais donc General Counsel. Je pense que c'est un super titre. On est des conseils. Parce que le jury, ce n'est pas forcément son rôle de prendre des décisions. Mais il peut conseiller sur tout, sur tous les sujets. Et donc, c'est se positionner comme quelqu'un de touche-à-tout, mais fiable.
- Speaker #0
Ok. Donc, si je résume... Ce que tu nous dis, pour un juriste aujourd'hui, le triptyque pour rester pertinent, c'est 1. créer de la valeur, 2. maîtriser vraiment la technologie, y compris l'IA, et 3. se positionner comme un partenaire et pas seulement comme un expert technique. Quels seraient maintenant tes conseils pour relever les défis dans ce nouveau monde ?
- Speaker #1
Encore une fois, cette garantie de l'expertise et de ce cap qui permet d'apporter de la fiabilité, de la confiance. Mais du coup, on est des humains avant tout. Ce qui nous différencie beaucoup des simples outils d'IA qui vont apporter des réponses toutes faites à des questions qui ne sont pas forcément les bonnes. D'apporter une perspective long terme. On réfléchit un coup, deux coups, trois coups. Et pour moi, dans toutes les organisations, dans tous les projets que j'ai pu voir, que ce soit du M&A ou des entreprises qui développent leur business au fil des années, c'est un contrepoids indispensable à un peu la dictature du court terme dans les boîtes. Ces trois défis, on va dire, la création de valeur, la maîtrise de la technologie et se positionner comme partenaire, c'est particulièrement prégnant pour les jeunes qui se lancent aujourd'hui dans le métier. Parce que nous, Nous, à l'époque, on s'est formés, on a fait des heures épanouissantes dans des bibliothèques et faire du data crunching sur des data rooms et tout ça. Aujourd'hui, les cabinets ne vont pas forcément recruter des jeunes pour faire ça, au moins, parce qu'il y a des outils pour le faire. Et donc, du coup, les jeunes aujourd'hui vont être amenés à faire preuve de maturité beaucoup plus tôt. Et je pense que c'est d'autant plus intéressant pour des jeunes aujourd'hui... de se poser des bonnes questions et de rencontrer les bonnes personnes et de s'ouvrir et de se challenger et de chercher un peu plus d'authenticité et de vulnérabilité parce que c'est pas sur leur diplôme et leurs compétences techniques qu'on va les recruter c'est sur leur capacité à se positionner comme un partenaire à l'écoute qui peut enfin qui a cette volonté permanente de résoudre les problèmes d'écouter d'aller plus loin de probe de chercher de challenger le client ... Pas juste s'arrêter à une réponse synthétique à une question qui n'est pas forcément la bonne, encore une fois.
- Speaker #0
Pas te chercher pour les mêmes raisons.
- Speaker #1
Ce n'est pas les mêmes raisons. Le travail reste, c'est exigeant, mais très différemment.
- Speaker #0
Merci beaucoup pour ton témoignage, parce que c'est justement ce type, je pense, de partage qui permet aussi de transmettre aux personnes qui nous écoutent, des expériences précieuses pour avancer dans la réflexion, j'espère. Est-ce que d'ailleurs tu as plus particulièrement un outil ou une pratique à recommander ou un projet, une initiative que tu as identifié, que tu trouves inspirante dans le secteur et sur laquelle tu voudrais attirer notre attention ?
- Speaker #1
Il faut toujours commencer par la question, c'est où mon interlocuteur veut aller et d'où il part ? Et tu vois, c'est... C'est assez dur dans les organisations et c'est beaucoup plus compliqué à mettre en œuvre que ça n'en a l'air. Mais en gros, c'est de prendre le temps, ce que les interlocuteurs ont rarement. On arrive, c'est généralement une équipe marketing qui doit rendre un projet pour la veille, un commercial qui a des objectifs pour la fin de la semaine, il n'a pas le temps. Toi, tu lui demandes de prendre le temps parce que tu veux comprendre quel est son problème, où est-ce qu'il est son vrai objectif, est-ce que le problème qu'il t'a présenté au départ est vraiment le problème qu'il a. et du coup l'amener sur une bien meilleure solution. Et pour moi, c'est aider, c'est comme ça que tu aides vraiment les gens à gérer et à atteindre leurs objectifs et vraiment à créer cette valeur dont je parlais juste avant. C'est forcer les gens à prendre du temps avec toi. Et du coup, si tu fais ça et que tu leur apportes des réponses constructives, les gens vont venir beaucoup plus naturellement gérer toi. Tu vas devenir ce partenaire. Et ça, pour moi, c'est vraiment clé. Tu sais démontrer que tu crées de la valeur, tu maîtrises les outils pour répondre rapidement parce que malgré tout le temps est court, tu deviens un partenaire. C'est comme ça que les gens vont venir te voir. Et après, pour moi, il y a aussi le juriste, ce n'est pas un email, c'est quelqu'un qui est au téléphone, c'est quelqu'un qui prend un café, c'est quelqu'un qui te parle en face à face. Donc pour moi, je dirais, il faut se poser ces questions, il faut prendre le temps, mais prendre le temps avec, pas le temps en face, pas le temps derrière l'ordinateur. C'est appeler, voir les gens. Ça débloque tellement de choses. Les gens te parlent beaucoup plus facilement et tu as besoin de comprendre ce qu'ils veulent faire. Donc, ce n'est pas un email, ce n'est pas un WhatsApp ou une messagerie interne qui va te permettre de comprendre ça.
- Speaker #0
Tu vois, encore une fois, cet esprit toujours très positif, tu le fais toujours transparaître parce que c'est ce que tu es dans un monde où l'IA peut faire peur. Tu nous rappelles que c'est l'humain qui est fondamental, que c'est cette relation et que c'est le fait de... De faire l'effort de faire le premier pas aussi, parce que c'est toi qui t'adaptes. Je trouve que ta générosité dans la démarche transpharaît. Et tu disais un peu plus tôt que ce qui t'avait aidé, c'était le fait de demander de l'aide. Mais je vois que dans ton parcours, en tout cas, tu as commencé par en donner aussi. Donc, il est bien naturel. qu'aujourd'hui, on t'aide aussi, que ce soit un échange, finalement, c'est un cercle vertueux, je peux le dire comme ça.
- Speaker #1
Oui, absolument. Effectivement, ça paraît très naturel quand tu le dis comme ça, et je partage tout à fait ce que tu viens de résumer, mais c'est vrai que, pour le coup, moi, ça m'a demandé un peu de temps d'accepter le fait de ne pas être l'omniscient, l'omnisachant, l'expert. On est beaucoup plus que des experts. Et d'être beaucoup plus qu'un expert, ça requiert d'être ouvert et vulnérable.
- Speaker #0
Et que même si tu peux être excellent et peut-être le meilleur, mais à dos, on va plus loin, je pense. Et alors avec une équipe, tu deviens inarrêtable.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Eh bien, c'est maintenant le moment de rentrer dans notre instance signature, si tu le veux bien.
- Speaker #1
Eh oui.
- Speaker #0
Tu avais une baguette magique. Que changerais-tu dans le monde du droit ?
- Speaker #1
Je simplifierais. On vit dans un monde où il y a ce qui est saturé de complexité, de process, de normes, de règles, de textes qui modifient, des exceptions, des machins. La complexité, pour moi, ça crée de la peur, ça crée de l'incertitude. Alors que le droit, c'est un outil de confiance. Ça devrait être un état uniquement de confiance. Et là même, j'ai une pensée pour nos législateurs qui débattent sur des sujets très importants aujourd'hui, mais simplifier, aller au plus simple, qu'ils relisent Boileau, qu'ils relisent le Code civil, c'est d'origine. C'est les principes simples, la certitude, la confiance, la simplicité. On est des vecteurs de confiance et le droit ne doit pas... ne pas complexifier.
- Speaker #0
C'est très clair. Merci. Une source d'inspiration qui t'accompagne, une personne, un livre, une citation ?
- Speaker #1
Je vais rester sur le droit, mais évidemment. Je ne crois pas que ce soit une phase à noter, mais j'avais vu une phrase comme ça, j'aime bien l'antinomique. Le droit est une architecture qui crée de la stabilité. pour rendre possible le mouvement. Pour moi, le droit, c'est évidemment un cadre qui, comme on vient de le dire, moi, dans l'idéal, doit rester simple, mais surtout, il ancre. Ce n'est pas quelque chose qu'on peut discuter, ce n'est pas un objectif qu'on peut revoir à la hausse ou à la baisse. Le droit, c'est malgré tout, au bout du compte, la loi te le permet ou ne te le permet pas. Elle peut te le permettre d'une certaine manière, mais c'est oui ou non et d'une certaine manière.
- Speaker #0
Merci, c'est très inspirant. La stabilité qui permet le mouvement, j'aime beaucoup.
- Speaker #1
Absolument. L'architecture qui crée la stabilité pour rendre possible le mouvement. C'est une phrase que je n'ai pas du tout inventée et je suis tombé dessus assez tard. Mais quand je réfléchis à la carrière ou quand je parle à des plus jeunes, j'ai beaucoup accroché avec cette phrase. Je pense qu'elle résume exactement la philosophie qu'il faudrait qu'on ait en tant qu'avocat. Les juristes.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a un conseil que tu aurais aimé recevoir plus tôt dans ton parcours ?
- Speaker #1
Oui, on en a plein. Mais est-ce qu'il y en a un pour rester sur l'idée qu'on évoquait un peu ? Mais je pense qu'il ne faut pas chercher à être indispensable. Donc, il ne faut pas se positionner comme l'expert. Il faut être utile. On est là pour créer de la valeur. On est là pour être un partenaire. Et on devient indispensable parce qu'on ne cherche pas précisément à l'être.
- Speaker #0
Il s'agit finalement de comprendre son rôle et de le jouer pour apporter le plus de valeur ajoutée, si j'ai bien compris. C'est la transition parfaite. Parce que justement, maintenant, je vais te demander de te mettre à ma place et de me dire quelles questions tu te poserais si justement tu t'interviewais.
- Speaker #1
Alors, il y a une question que je me pose souvent, mais je n'ai pas réponse. Et heureusement d'ailleurs, parfois. Mais c'est, où tu vas comme ça ? Et alors moi, je suis très à l'aise dans tout ce qui est l'incertitude, l'inconnu, donc ça va très bien. Alors, il faut parfois que j'arrive à répondre un peu à cette question, parce que ma femme demande, elle, un peu plus de visibilité et de certitude. Elle me force à créer cette architecture et un peu plus de stabilité. Moi, je suis beaucoup dans le mouvement, on va dire, si je reprends ma phrase. Mais il est bien tentant d'avoir aussi un peu ce crèche de stabilité. Donc oui, c'est bien tentant de se poser la question pour moi, mais où est-ce que je vais ?
- Speaker #0
se clarifier le cap ou dégager un peu le cap, le rendre plus visible.
- Speaker #1
Exactement. Et on nous le répète depuis que nous sommes tout petits, rien ne sert de courir, il faut partir à point. J'aime beaucoup aussi ton image d'architecture que je vais retenir,
- Speaker #0
car avant de construire une maison, il faut bien commencer par en dessiner les plans.
- Speaker #1
Et maintenant, Ludovic. Il me reste à te remercier pour la générosité et la lucidité de ton témoignage. En t'écoutant, on comprend à quel point le droit, pour toi, n'est pas un carcan, mais une architecture de stabilité qui rend possible le mouvement. Il t'a permis de passer de Scadone à Pernod Ricard, de Marseille à Hong Kong, puis Dubaï, et aujourd'hui jusqu'à la tech et la décarbonation, sans jamais perdre le cap, près de la valeur et de la confiance. Pour celles et ceux qui nous écoutent, juristes, avocats, jeunes professionnels, je retiens trois choses essentielles dans ce que tu nous as dit. Nous ne demandons pas de technique, nous créons de la confiance. L'expertise ne suffit plus. Il faut apprendre à maîtriser la technologie et l'IA pour élargir notre terrain de jeu. Et enfin, on ne traverse pas les transformations seul. S'entourer, demander de l'aide, accepter sa vulnérabilité est une force, pas une faiblesse. Et j'aime cette conclusion, à l'ère de l'IA, que l'humain reprenne le dessus. Ce sont précisément ces trois étoiles qui m'animent également. Merci Ludovic, encore une fois, pour cette conversation, pour ta confiance. Et à vous qui nous écoutez, si cet épisode vous a inspiré, n'hésitez pas à le partager avec quelqu'un pour qui ces questions de cap, de mouvement et de confiance résonnent également. A très bientôt. Pour un prochain épisode, de Tea Time NGL.