- Speaker #0
Bienvenue dans ce nouvel épisode de Tea Time NGLA, le podcast de NextGen Legal Advisory. Ici, nous donnons la parole à celles et ceux qui font vivre et transforment les métiers du droit. Aujourd'hui, j'ai le grand plaisir de vous présenter et d'accueillir à ce micro Marie-Agnès Audi, une femme pour laquelle j'ai énormément de gratitude et qui m'a toujours beaucoup guidée et inspirée.
- Speaker #1
Il faut de toute façon en entreprise avoir cette transversalité. Ne sois pas dans le détail. Allez à l'essentiel, allez leur donner la réponse. Pas de soucis de remarques négatives. Souvent sentir autodidacte dans bien des situations où c'était à construire avec les moyens limités ou dans des univers masculins. Je peux faire confiance aux jeunes. Les plus beaux souvenirs sont ceux du futur, donc construisant le futur avec ceux du futur. On ne cesse jamais d'attendre.
- Speaker #0
Bonjour Marie-Agnès.
- Speaker #1
Bonjour Cassandra.
- Speaker #0
Je suis ravie de t'accueillir à ce micro aujourd'hui et j'ai hâte de pouvoir échanger un peu plus avec toi, que tu nous livres un peu ton expertise, ton expérience et tes secrets.
- Speaker #1
Mes secrets, bien sûr, on ne les dit jamais. Merci de m'accueillir, évidemment.
- Speaker #0
Pour commencer, est-ce que tu... peux nous raconter les étapes clés de ton parcours et ce qui t'a guidée dans tout ce chemin ?
- Speaker #1
Alors, je ne vais pas essayer de faire très très long parce que moi, mon parcours a déjà démarré il y a quelques années. Je ne sais pas combien, mais je suis née en Périgord. J'ai fait mes études à Bordeaux, en droit des affaires. Et j'arrive à Paris où je choisis de signer avec le ministère de l'enseignement supérieur. J'ai des enfants en bas âge, un mari qui... commence aussi une carrière et en 2000 en pleine période de ce qu'on appelle la première bulle interne elle d'ailleurs froid avoir déjà entendu parler d'une bulle estivalente pour via aujourd'hui je saisis l'opportunité qui m'est offerte d'entrer dans une start up financière consorts france qui est devenu cortal consorts via l'intégration groupe bnp paribas donc pendant trois années j'occupe le poste de directrice juridique. auquel s'ajoutera un an avant la fusion avec Cortal, celui de directrice des ressources humaines. Donc j'ai la chance de vivre le développement de cette nouvelle économie Internet, de me former au sujet IT qui n'existait pas, je ne vais toujours pas dire à combien de temps, mais qui n'existait pas lors de ma formation universitaire, et de contribuer à la réussite de cette fusion avec BNP Cortal. dans ces deux domaines, juridique et RH. Donc c'est une expérience évidemment formatrice à de multiples titres et qui me met dans une position favorable dans le choix de mon poste au sein du groupe BNP Paribas. Et du coup, je m'intéresse en arrivant dans ce groupe aux opportunités de poste que mon profil juridique pouvait occuper et je choisis d'intégrer une start-up là aussi. finalement, ça me se crame à moucle les BNP Paribas, la fonction achat du groupe qui est en cours de lancement par une équipe majoritairement issue des équipes de la Banque d'affaires Paribas qui venait d'intégrer BNP Paribas quelques mois auparavant. Et compte tenu de mon profil très transversal, puisque j'étais passée par ce ministère et j'avais effectivement pu toucher à pas mal de sujets et Même s'il n'était pas directement juridique, le directeur des achats me donne le choix entre un poste d'acheteur ou celui de juriste de la fonction en procréation. Il fallait que je crée un département juridique pour les achats. Donc tout est à construire. Je deviens la responsable juridique de la fonction achat toute naissante dans le groupe. Et la tâche est très excitante et je n'ai pas été déçue. J'avais compris la modernité du modèle économique à construire, la vision business et les ambitions de cette direction. Et elle devait se construire vite pour prouver sa légitimité et sa performance au sein d'un groupe puissant. Et le défi était le time. Donc au bout de sept années, j'avais construit un service, une équipe, l'ensemble des contrats câbles, les structures en groupe, les process, fluide. Avec les acheteurs et les clients internes du groupe, il a fallu bien sûr aller rencontrer et convaincre le juriste que j'étais, mais avec le nom, que j'étais capable d'être business. Et du coup, les processus mis en place ont permis à l'équipe juridique que j'ai constituée d'être systématiquement incluse dans les projets et négociations stratégiques, comme d'apporter son soutien au quotidien sur des effets multimédia. J'avais surtout compris l'importance stratégique de l'IT en entreprise, et notamment dans une banque. J'ai donc développé et créé au sein du groupe la compétence et la maîtrise des risques juridiques liés aux contrats informatiques, logiciels, services de maintenance, et au grand projet d'externalisation de l'hébergement des données, un sujet qui est énergique déjà, de problématiques des données, et de la maintenance des systèmes.
- Speaker #0
Merci beaucoup Marie-Agnès pour le partage de ton parcours. que j'aime beaucoup pour sa dimension très pionnière en fait, puisque tu as toujours su faire preuve de beaucoup d'ouverture d'esprit, de curiosité, mais aussi de courage, pour toujours relever des défis tant techniques que technologiques, mais aussi humains. Entrer dans une ère et définir un environnement de contrat et de maîtrise de risques alors inconnus, nouveaux, tout du moins. Est-ce que... Est-ce qu'il y a eu un déclic particulier ou un moment de ton parcours qui t'a plus particulièrement marqué ?
- Speaker #1
Alors, c'est sûr que de se confronter à des startups et à cette nouvelle économie, ça te booste et ça t'oblige à avancer et à trouver des solutions et être créatif. Mais vraiment, le déclic a été que j'étais beaucoup dans l'opérationnel dans ces époques-là. Bien sûr, en banque directe, avec les directions compte tenu de la taille de structure, et c'était passionnant. très dynamisant, mais le Diclic s'est vraiment produit quand j'ai rencontré le nouveau directeur juridique du groupe qui venait d'arriver au bout de quelques années à cette direction achat du groupe. Et il me reçoit et il me demande d'intégrer la fonction juridique du groupe pour créer un nouveau département qui inclut les connaissances et les pratiques que j'ai développées Ausha en matière d'IT, d'IP. de grands contrats d'externalisation, de partenariats stratégiques avec d'autres domaines du droit existants. Mais il voulait que j'intègre non seulement ses connaissances, mais aussi d'autres domaines du droit qui existaient déjà dans cette fonction juridique, mais qui n'étaient pas structurés en fait à ce moment-là. Donc il a ajouté à mes équipes, déjà fort d'une dizaine de personnes, des équipes juridiques. de domaines aussi variés que la communication avec les trois docteurs et les directeurs virtuels, donc ils rencontraient un petit peu déjà les domaines que je connaissais. La protection des données avec toute l'émergence évidemment de la réglementation européenne qui allait se mettre en place et déjà tous ces data, ce big data dont on commençait à parler, vous voyez bien qu'il y avait là un sujet de protection et de risque assez grand pour les groupes. Et il m'a aussi ajouté le droit de l'immobilier, des droits qui n'étaient pas forcément très proches de mes domaines. Donc le challenge était de taille, au sein d'un groupe aussi vaste, et ce challenge était au moins double, intégrer des équipes qui ne sont pas forcément disposées à me rejoindre, et à rejoindre cette équipe que j'avais créée. et de créer un modèle de management plus moderne, plus fluide que ce qui existait alors à la direction juridique. Donc, nouveau directeur juridique de la fonction qui voulait lui aussi imprimer quelque chose de plus personnel pour lui. Donc, ça a été vraiment une collaboration très étroite avec lui et avec l'ensemble des autres départements du droit dans la fonction juridique. Mon sujet, c'était quand même de fédérer ces équipes, de les motiver, de créer des process transverses avec des juristes plutôt habitués à travailler seuls, d'inclure, de s'inclure dans les circuits de la conformité, de la sécurité informatique groupe, de construire la relation avec tous les clients internes concernés par les sujets juridiques ouverts. Donc, c'est des démarches que j'avais déjà faites, mais en plus petite dimension, si ce n'est que les achats déjà couvrés quand même. l'ensemble des fichiers ADPNP par là. Aujourd'hui, c'est devenu une fonction internationale très importante, mais là, au sein de la fonction juridique, c'était quand même un peu nouveau. Il fallait bouger un petit peu quand même les lignes. Et puis il fallait aussi faire reconnaître cette maîtrise du risque juridique IT, IP, protection des données, comme un secteur juridique majeur auprès de ces juristes d'autres domaines, au sein d'une banque et auprès des directions de la banque, qui n'avaient pas forcément encore conscience de tous les dangers de voir disparaître ces données. des sujets de piratage, des choses comme ça. Donc du coup, là, ça a été vraiment des challenges importants où il m'a fallu beaucoup de persévérance pour faire comprendre comment la banque est en risque majeur, si les systèmes informatiques tombent, où peut nos données se perdre, s'envoler. Et puis, il vaut mieux avoir le bon professionnel du risque sur ces sujets. Donc, je mets en place des formations, des circuits. communication avec notamment les directions informatiques du groupe bien sûr, des filiales et crée et dirige assez vite une practice IT-IP protection des données à l'international qui intègre l'ensemble des juristes IT-IP du groupe en France et à l'international que l'on avait commencé à recruter et à dynamiser.
- Speaker #0
Je comprends que finalement le courage pour reprendre ces sujets technique, éminemment technique et innovant est venu de quelque chose de profondément humain et que c'est un peu ça qui t'a guidé, qui t'a nourri dans toutes ces étapes.
- Speaker #1
De toute façon c'est une aventure humaine, au début j'étais quand même très seule mais j'ai recruté des personnes dont les profils m'ont permis aussi de grandir, de délimiter énormément. Et puis créer un département avec des personnes maîtrisantes, des postures un peu négatives, il faut des capacités d'empathie, des calories, des plus de réunions, il faut quand même beaucoup de compréhension des mécanismes de peur par rapport aux transformations et en même temps suffisamment de leadership. d'énergie pour le transmettre, mais aussi pour bousculer quand même. On ne peut pas juste être dans l'embrassé. Il faut à un moment donné dire, ok, maintenant, ceux qui veulent monter dans le train montent, ceux qui ne veulent pas, vous restez à la gare et vous prendrez le prochain train. Je ne sais pas lequel, mais en tout cas, les lieux sont à la maintenance.
- Speaker #0
Et ce directeur dont tu parles avait la vision, t'as donné les clés du camion, comme tu dis, je crois. est-ce que Tu as eu besoin de son soutien aussi ? Ou après c'est quelque chose finalement où tu as dû te débrouiller toute seule ? Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Alors se débrouiller toute seule dans un grand groupe, heureusement non, on nous met quand même à disposition des moyens. Il faut toujours se battre pour obtenir des moyens, faire entendre évidemment sa vision, sa voix. Mais il y a eu une grande confiance. J'avais bâti effectivement déjà des départements juridiques. J'avais montré ma capacité à entraîner les personnes, à créer. Ce côté pionnier, j'avais peut-être l'impression que... tout à l'heure de me faire valoir, mais en fait, oui, autour de moi, même les fournisseurs, les grands fournisseurs avec qui nous travaillons, me disaient, nous, on n'a pas ça, on va prendre des contrats, on va les appliquer chez nous. Et il fallait contrer aussi toutes ces grandes entreprises de l'IT, des logiciels qui arrivaient en disant, nous, c'est comme ça. Nous, la banque était quand même un domaine très réglementé. Donc non, ce n'est pas comme ça. On a des obligations, on doit rendre des comptes. Et en plus, on veut être sûr de ce que vous faites et on veut voir ce que vous faites, parce que sinon vous prenez tous nos savoir-faire et nous, il nous reste quoi ? Donc non, on veut la maîtrise aussi, même si on vous délègue, même si on externalise, on veut la maîtrise. Donc il y avait quand même beaucoup de confiance dans ce que j'avais montré de moi-même, comme tu dis, il y a de l'humain, c'est-à-dire dans ma posture, mon savoir-être, mon dialogue et ma capacité d'entraîner. Donc je crois qu'il y avait quand même beaucoup ça. Et ensuite, dans les directions, on avait de toute façon un comex interne à la fonction juridique où on pouvait échanger sur un sujet. Et moi, ce qui me régalait, c'était l'interaction. Parce qu'elle est toute seule dans mon département à travailler sur un sujet, ce n'était pas le but. Le but, c'était de souffler justement et d'interagir avec tous les autres départements sur des sujets stratégiques. Oui,
- Speaker #0
ce que je comprends, c'est qu'il y a une grande expertise. technique, alliée après avec un grand savoir-être et finalement des interactions qui font que la confiance est tant sur le fond que sur la forme et ça vous a permis d'avancer tous ensemble pour réaliser.
- Speaker #1
Clairement, comme je te le disais. Je n'ai pas touché à l'IT quand j'étais en formation universitaire. Il n'y a pas vraiment de droit de l'IT et des réseaux, comme on le dit. En fait, il se construit avec les droits existants qu'on a tous appris. Donc c'est beaucoup de bon sens, beaucoup d'ouverture à la connaissance. Se former en start-up, c'était formidable parce que ça bougeait tellement tous les jours. Il fallait trouver des géniales et personne ne l'avait. Et moi, j'étais la seule juriste, donc j'étais la légitime pour trouver les solutions. Et quand on venait me voir, on me souvient très bien, on était souvent des stabilisants, on me disait « mais qu'est-ce qu'ils m'apprends ? » Et donc, m'obliger à la recherche et à trouver quelque chose assez vite, parce que c'est un monde qui va vite, d'être face à l'ANF, qu'on appelait la com à l'époque, dans un contentieux, pré-contentieux avec un client, c'était un peu trop excité sur son bouton internet pour passer ses ordres en bourse, et donc comprendre comment fonctionnait. le passage d'or en bourse avec les informaticiens, entendre ce qu'ils disaient, on n'a pas le même langage. Donc se mettre dans leur langage, essayer d'avoir un langage que d'autres comprennent, c'est plus que formateur, c'est essentiel. Et donc tu l'as, tu ne l'as pas. Mais même si tu ne l'as pas, tu peux essayer quand même d'aller vers quelque chose. Donc mon rôle aussi est d'emmener des personnes qui n'avaient pas forcément ce langage. d'aller vers les autres dans ce mode de fonctionnement. Moi, c'était un régal humain, c'est clair. Fabuleux, merci.
- Speaker #0
Si on passe un peu aujourd'hui, finalement, tous ces rôles sont encore particulièrement d'actualité, parce que le changement ne cesse d'arriver, on est en transformation permanente, ça ne fait que s'accélérer. Si aujourd'hui... Tu devais définir les attentes d'une direction juridique ou d'un juriste d'entreprise. Que mettrais-tu en avant ?
- Speaker #1
Je trouve que les attentes sur les projets de création et le développement qui m'ont été confiées restent les mêmes aujourd'hui. Faciliter le business, révéler la visibilité et la valeur ajoutée d'un service juridique auprès des directions du client interne. la rendre agile pour répondre aux besoins d'accompagnement stratégique et de transformation, dans un monde qui change vite. D'ailleurs, c'était le slogan de BNP Paribas, la banque d'un monde qui change. Donc je crois que c'est des aménagements, tu vois, start-up, la banque d'un monde qui change. Je pense que le vocabulaire influe quand même aussi quelque part sur cette dynamique que tu te sens obligé de mettre en place. Donc il faut de toute façon toujours organiser, définir des objectifs clairs, atteignables pour l'ensemble des équipes, sinon tu vas dans le mur. Les motiver, les aider à offrir le meilleur de leurs compétences. Voilà, les attentes sont donc à la fois politiques, managériales, et aujourd'hui plus encore qu'avant, peut-être une excellente connaissance et surtout vision en terme de géopolitique. Là c'est vraiment indispensable dans le sens d'ailleurs. Pas mal d'écoles de commerce et je pense que l'université de droit ont sûrement suivi, c'est de déclarer davantage sur cet aspect-là et intégrer dans les réflexions de chaque manager cette dimension géopolitique pour accompagner une entreprise dans cette évolution permanente des règles nationales, européennes, internationales qui impactent les business. On le voit avec les droits de douane imposés par les US. besoin d'encadrer le développement de l'IA, en fait, c'est de toute façon devenu international, on ne peut pas s'en passer. Donc pour moi, ça reste toujours les mêmes attentes.
- Speaker #0
Et finalement, le fait d'assumer un rôle cœur business, de donner une direction, une vision, de la mettre en œuvre, tout ça avec une conscience certaine de l'environnement dans lequel il évolue. Est-ce que... Tu peux nous l'illustrer peut-être avec un projet réussi,
- Speaker #1
quelque chose que tu conseillerais pour faire la différence ? Écoute, tu l'as compris, pour moi, au sein de D&T Paribas, il y a eu plusieurs projets de création, de transformation. On se fait dire avoir le sentiment, même l'assurance d'ailleurs, que j'ai eue par mon supérieur, d'avoir réussi. L'état de start-up, bien sûr. où tout était à construire, à développer pour couvrir l'ensemble de l'activité, le logic du site, la situation juridique des processus de passage d'ordre en ligne, comme je vous en parlais tout à l'heure. la mise en conformité des informations financières, de tous les produits qui étaient proposés sur le site. On parlait à l'époque de jouer en bourse, mais évidemment on était là pour veiller sur le fait qu'on ne jouait pas et qu'on encadrait quand même tout ça. Il fallait valider les campagnes juridiques, le marketing, les sujets RH aussi. Il fallait élaborer les constats structurants pour le business. Donc j'ai évolué dans un secteur réglementé qui était observé à la loupe. par les autorités financières. L'état de création aussi de la fonction achat dans son département juridique, ça a été un enjeu majeur. Et la vraie transformation à mener, ça a été celle, comme je l'ai dit, de la fonction juridique avec la construction de ce nouveau département. Alors ce qui peut faire la différence, ce qui fait la différence sûrement à mon sens, c'est d'avoir une vision, un esprit conceptuel qui est capable d'expliquer aux équipes pour les embarquer. Moi, je me souviens avoir passé une 3-4 réunions avec un des managers de mon équipe, qui était quand même quelqu'un d'important dans la banque, qui était là depuis très longtemps, et je voyais bien sa posture négative. Et puis, au jour de la troisième réunion, il commence à ouvrir la porte de mon bureau, le silencieux, et il se tourne vers moi et me dit « Ah, ça va être bien ! »
- Speaker #0
Ça y est, c'est vrai que c'était une victoire ! Le début d'une aventure !
- Speaker #1
Il faut beaucoup de réunion, beaucoup de créativité pour pouvoir arbitrer entre les attentes de la direction, les freins des équipes, de la diplomatie, de l'empathie pour ceux qui doivent accepter les changements, mais comme je disais tout à l'heure, aussi de la fermeté quand tu sens des réticences qui relèvent de postures ou d'histoires d'ego. Tu ne peux pas rester là-dedans et t'enfermer là-dedans. Donc il faut former, encourager, savoir être reconnaissant, savoir recruter des personnes qui connaissent mieux que vous les sujets ou de façon complémentaire sont des clés nécessaires pour avancer avec vous et savoir déléguer en confiance à des personnes que vous avez su rassurer sur leur capacité, qu'il y a un certain nombre que vous les orientez, les réorienter quand nécessaire. Donc il faut montrer son leadership. Il faut maîtriser les sujets, c'est ce que tu disais tout à l'heure. Avoir cette connaissance opérationnelle à la base, elle est quand même indispensable pour pouvoir ensuite prendre un peu de hauteur et devenir beaucoup plus politique. Il faut mettre en place des outils qui font gagner le temps. Merci, là, on va y arriver encore mieux, parce que moi, j'ai toujours rêvé d'un outil qui disait, bon, voilà le cas général, on voudrait autre informatique. Oui, mais un contrat informatique dans les services de maintenance, ou alors des services de maintenance, mais sur quel territoire ? Et qui t'amène au bon contrat, en fait. Donc, ces technologies, aujourd'hui, elles évoluent à un tel rythme de développement que nous, on est beaucoup plus artisanaux dans nos façons de les construire. Et puis, il faut des ressources efficaces qui ont compris le gain pour elles aussi. À partir du moment où elles ont compris Comme le disait mon collègue, ah ouais ça va être bien, ben là je te dis, bon voilà, la transformation de l'enseignement actuel, je suis capable de leur expliquer, et du coup ils adhèrent. Et là, voilà, c'est tout gagné pour moi, c'est vraiment ce qui fait la différence, c'est cet esprit conceptuel, évidemment, avoir une approche évidemment politique, stratégique, c'est l'essentiel, il faut comprendre le politique et la stratégie en développant dans le groupe, ou dans une entreprise, pour se caler sur la dynamique attendue. identifier et s'appuyer sur les décideurs et acteurs majeurs qui vont devenir des agne sur ton projet, ça c'est ce qu'on disait tout à l'heure. Il faut approcher les interlocuteurs principaux pour être sûr de s'intégrer dans des process de l'entreprise parce que tu n'es pas là pour bousculer le reste de l'entreprise, tu es là pour bousculer un peu un monde juridique qui a besoin d'être mieux reconnu et de s'intégrer et donc voilà. Pourquoi une telle reconnaissance ? Qui a fait la différence ? Pour moi, l'essentiel, c'est d'être chez le bon endroit aussi au bon moment, avec la bonne posture, le bon langage. Donc, pas besoin de trouver sa performance tous les jours. Il convient d'être à la hauteur et disponible sur un ou deux grands sujets structurants qui vont faire la différence. Et là, à partir de là, on fait confiance. Parce que les responsables, les directeurs, ils n'ont qu'une envie, c'est avoir la pluie. Donc, si tu les rassures... sur un ou deux sujets. Après, ils se disent, c'est la bonne personne, elle est au bon endroit. Moi, je n'ai plus de sujet, je peux dormir. Voilà, le fameux...
- Speaker #0
Ils leur permettent de dormir tranquille, de passer de bonnes nuits. Et j'entends aussi ton point dans l'approche stratégique et politique de commencer par comprendre, identifier le plan et puis après le mettre en œuvre, mais de manière partagée,
- Speaker #1
pour créer de la décision. Dans le spade, c'est la boussole dans le mur. C'est essentiel, les équipes sont fondamentales, donc il faut vraiment créer quelque chose. C'est pas une famille, ça reste très professionnel, mais il faut quand même les encadrer, les encourager.
- Speaker #0
Partager une vision.
- Speaker #1
Voilà, et savoir dire, ben non, là, vous faites fausse route, c'est pas comme ça qu'il faut faire. Et donc, du coup, il l'accepte d'autant mieux que tu as construit quelque chose de confiance avec lui.
- Speaker #0
Justement, si on parle, tu parlais du rôle dans le recrutement, le fait de bien s'entourer, d'avoir une bonne équipe, quelques Quelles compétences ou qualités te paraissent indispensables pour les juristes aujourd'hui, pour les juristes de demain, si on se projette un petit peu ?
- Speaker #1
C'est vrai que les juristes, on les voit toujours comme des grands caractéristiques, très rationnels. Et moi, je suis persuadée qu'il faut de toute façon en entreprise avoir cette transversalité dont je parlais au début. Et si tu as, il te faut un esprit conceptuel. c'est-à-dire que si on peut en résumer, c'est des capacités de réflexion qui permettent de... saisir des idées complexes et de trouver des réponses à ces situations difficiles. Toi, tu les visionnes, tu les vois bien dans l'avenir, donc il faut que tu puisses être capable, par ce langage que tu vas mettre en place, de les expliquer. Une personne qui a des compétences conceptuelles, elle sait facilement exprimer son point de vue, expliquer les difficultés rencontrées, proposer des solutions viables, simples à comprendre. Donc voilà, pour moi ça c'est essentiel. Évidemment derrière il y a la créativité. Le juriste doit être créatif. Voilà, ça nous permet de trouver de nouveaux concepts et des idées hors des sentiers battus. Tous les angles d'un problème doivent être examinés pour amortir une solution unique et personnalisée. L'identité, ça garantit de ne pas se limiter à des réponses habituelles ou génériques face à un problème. Et ça, c'est très apprécié. Tu me dis qu'est-ce qui fait la différence ? Ça, ça fait la différence. La communication, évidemment, c'est essentiel pour partager des réponses à un problème avec les autres. Elle permet d'échanger des idées, de résoudre des sujets entre membres d'une équipe en sachant s'exprimer, en les soutenant activement. Et trouver le bon langage et élaborer une communication fluide et franche, ça permet de mieux travailler avec les directions et avec l'équipe interne. Évidemment, le leadership, on en a parlé aussi, ça fait beaucoup de qualité, mais si tu veux te transformer, il faut tout ça. Parce que le leadership, ça inspire les autres, ça met les choses en mouvement, ça convient d'adopter des solutions lorsque des problèmes structurels ont été détectés dans une entreprise, et de trouver les solutions les plus innovantes et ingénieuses possibles, c'est particulièrement apprécié. Donc, sans de solide capacité à diriger, ton impact se fait à loin de tri. Le leadership vient compléter tout ça.
- Speaker #0
Donc, un esprit conceptuel, la créativité, la communication, le leadership, toutes ces qualités. Si tu avais un conseil à donner à un étudiant ou à un jeune juriste pour se préparer à ces évolutions, pour se préparer à... à embrasser toutes ces qualités et à continuer à les développer.
- Speaker #1
Écoute, moi, j'ai un directeur de la fonction achat qui m'a dit un jour, ne sois pas dans le détail. Il m'a juste dit ça. Et je te jure, ça a déclenché tout le reste de ma carrière. Dans le sens où, ne vous noyez pas dans les détails. Ça ne sert à rien en entreprise. C'est votre cuisine. Vous la faites dans votre cuisine chez vous. Mais par rapport à tout ce que vous... montrer à vos directions, à vos équipes, ne soyez pas dans les détails. Bien sûr, d'autres, tu ne doutes, je ne vais pas m'arrêter là, j'ai plein d'autres choses à dire. Déjà, de ne pas être trop dans les détails, c'est un gros problème des fonctions supports, comme les nôtres, c'est qu'on a l'impression qu'il faut toujours être dans les détails pour que les autres comprennent.
- Speaker #0
On n'a pas besoin de se justifier.
- Speaker #1
Existing,
- Speaker #0
une raison d'être. Oui, une fonction.
- Speaker #1
Et aller à l'essentiel, aller leur donner la réponse. Ils attendent une réponse. Ta cuisine, c'est très technique et très opérationnel. Mais il y a quelque chose qui a beaucoup, beaucoup aidé. Au site, quand tu es en transformation, c'est de ne pas te soucier de rallier aux moquettes. Et ne pas te soucier de remarques négatives. Tu trouveras toujours des personnes qui ne croient pas en toi. et surtout qui souhaitent ton échec. Mais ça, je l'ai entendu, les équipes mondiales, d'origine.
- Speaker #0
Peu importe les ouin ouin autour, nous on va droit, on regarde devant soi et on y va. Donc ne pas te soucier, là tu embarques les équipes avec enthousiasme, et tes convictions et la confiance que tu es capable de partager avec eux, ça fait presque. Pas de détails et ne pas te laisser envahir par des ambiances négatives ou des personnes qui de toute façon ne souhaitent qu'une chose, c'est que tu échoues.
- Speaker #1
Merci Marie-Agnès pour ces conseils qui t'ont toi guidée et qui j'espère guideront nos auditeurs. Maintenant, si tu le veux bien, passons à l'instant signature. Si tu avais une baguette magique et si tu pouvais transformer une pratique ou une croyance dans le monde du droit pour le rendre plus performant et plus humain,
- Speaker #0
Que ferais-tu ? On m'a dit très souvent, Rabel, tu es la gardienne du temple. Déjà, quand on me dit ça, moi j'ai l'impression, effectivement, du temps égyptien où tu avais toutes ces statues très figées, pour tourner la tête à un autre choix de droite, mais tout ça était très figé. Donc non, ni gardienne du temple, ni empêcheur de tourner en rond. Si déjà on pouvait enlever cette image de la tête de beaucoup de personnes, Ça t'évitera de multiplier l'énergie que tu es obligé de déployer pour montrer que tu es dans le business et que tu es capable de comprendre le business, le monde qui t'entoure. Et justement, dans ce langage que tu dois adopter, ne rentre pas dans les jarons juridiques. Pas de jarons juridiques, pas d'engueuchemps tournés en rond, pas de gardien du temps, de la modernité, de l'ouverture. C'est vraiment... La baguette magique, ce serait... C'est pas le monde est beau et tout va bien. Un jour, il y a un acheteur qui m'a dit mais on n'est pas dans le monde de Bambi et des petits lapins bleus. Je lui avais ramené un lapin bleu, il m'avait ramené un Bambi. Et on s'était compris. On s'était compris, voilà. C'est ni ça, ni ce longe joyeux de Bambi, ni le garde du temps. Il doit être la réalité. Voilà la réalité.
- Speaker #1
Une personne, un livre ou une organisation en dehors du droit qui t'inspire ?
- Speaker #0
Surtout des femmes. Moi, je me suis quand même identifiée en tant que femme dans les années 80-90 où il y avait encore pas mal de choses à éclairer, et dans un monde de la banque où il se monte de toute façon d'un côté. cas elle était très marquée par les hommes. Donc il y a des personnes qui m'ont... au moins deux peut-être, mais surtout Françoise Giroux. Françoise Giroux c'est une personnalité majeure de la presse écrite et de la politique à une époque justement où les hommes laissaient peu de place et peu de chance aux femmes. Elle a su s'imposer par sa volonté, son travail, sa personnalité. C'est une femme de passion déterminée, dont l'histoire c'est... au moment de vous dire. Donc, qui fait l'engagement, le drame à surmonter. Elle est autodidacte pour moi. Et moi, je me sens très autodidacte, justement. Et elle a su saisir les opportunités comme j'ai pu les saisir. Aller du ministère d'enseignement supérieur en start-up direct, c'était pas une dent. Il fallait oser. Voilà. J'ai eu l'opportunité et j'ai toujours voulu aller dans cette... nourrir l'économie au moment des années 90, j'ai une opportunité, j'y vais. Je ne sais pas ce que c'est, je ne sais pas quel est ce monde, ça ne fait rien, j'y vais, je me lance. Et donc ça donne une audace incroyable, beaucoup de peur et de doute, mais peu importe, c'est très enthousiasmant. Donc elle aussi, elle a su saisir des opportunités, s'engager dans des causes fortes, de la résistance à la condition des femmes. et qu'elle défendra concrètement, notamment lorsqu'elle va accéder à un poste de ministère, de ministère en gouvernement. Et c'est une fondatrice aussi. Donc dans le parcours que j'ai eu, moi j'aime construire, je crois que c'est l'essentiel de ma base, c'est de construire. Et puis quand j'ai construit, je passe à autre chose, parce que je sais que j'ai formé derrière, je peux passer le flambeau. Donc c'est une fondatrice qui construit, qui se bat pour ses idées. Voilà, la valeur fondamentale qu'elle a transmise sur moi, c'est d'être capable d'avoir une vue d'ensemble, de connaître les détails d'une problématique, comme on a le devoir, très opérationnel, de s'en extraire et de revenir à l'essentiel. Je me suis beaucoup inspirée de ce mode de management et je me suis souvent sentie autodidacte dans bien des situations où tout était à construire avec les moyens limités, dans des univers masculins. Pour moi, c'est le meilleur challenge et c'est très, très formateur. Je disais le DEL2 parce qu'elle est énorme à quitter, mais c'est le DEL2 sur le deuxième set. Je disais que j'étais là depuis longtemps, mais là, elle impose tellement son autorité aussi. au seigneur qu'elle lui verme dans son bûcher, son élégance, son érudition à la cour de France ou d'Angleterre, puisqu'elle a été de foirelles, elle est femme des arts, femme de tête, et elle a vécu plus de 80 ans à une époque où on mourait très jeune quand même. Elle aime la comédie, elle veut s'en mêler, elle part en croisade, elle se met en danger sans reculer. Elle a cette éloquence, cette force, il faut souvent savoir jouer le sable pour avancer dans le monde des affaires aussi.
- Speaker #1
Le message que je retiens, c'est surtout oser en fait.
- Speaker #0
Oser et ne pas se sentir bridée parce que tu es une femme déjà et parce que tu as des choses à exprimer. Et puis tu peux te tromper et les hommes aussi se trompent et c'est pas grave. Et puis surtout demander et y aller.
- Speaker #1
Passer à l'action. Un conseil actionnable justement, on parle de passer à l'action. Est-ce que... quel est le conseil le plus concret que tu donnerais aujourd'hui à un directeur juridique qui veut lancer une transformation ?
- Speaker #0
Oui, de faire confiance aux jeunes, aux jeunes générations qui arrivent et qui, eux, ils se transforment tous les jours, parce qu'en fait, ils sont nés avec les technologies, donc il faut utiliser leur capacité, leur connaissance, leur capacité d'innovation, leur envie de changer le monde. Ils sont nés avec ces technologies, ils ont eu lieu avec elles, alors... leur conseil, écouter leur expérience aussi. Ils sont jeunes, mais ils ont une grande expérience dans ces technologies qui vont vraiment considérablement aider la transformation de nos métiers, donc de l'écoute, de la délégation, de la confiance, qui sont essentielles en transformation, comme on disait tout à l'heure. Mais est-ce qu'on peut d'ailleurs parler de transformation ? C'est une interrogation qu'on avait ensemble. Cassandre parce qu'à la vitesse où nous évoluons, moi je crois qu'il faut surtout s'adapter et c'est plus âgé de faire souvent cet effort de s'adapter et comme le disait Dali d'ailleurs, j'ai visité le musée Dali récemment à Montmartre et les plus beaux souvenirs sont ceux du futur. Donc construisons le futur avec ceux du futur, ça c'est très important pour moi. Merci, très opérationnel mais c'est quand même si... Oui,
- Speaker #1
mais ça rejoint tout à fait la vision et le fait d'avoir une destination et d'y aller ensemble. Et enfin, peut-être justement, si on a cette ouverture vers l'avenir, vers les prochaines générations, vers la relève, quel conseil, compétence, attitude fera pour toi la différence pour cette nouvelle génération ?
- Speaker #0
Malgré ce que je viens de dire, je suis l'heure d'être quand même au-dessus de vos managers. Merci, je suis bien fière que ce soit aux managers d'observer les jeunes, je crois que c'est réciproque. Il faut qu'ils observent leurs managers, qu'ils s'inspirent de leurs procédés, qu'ils n'hésitent pas à les solliciter. Parce que oui, ils arrivent avec un atout sur les technologies, mais ils sont loin de tout connaître, et notamment de s'imprégner dans le monde des affaires, dans le monde de l'entreprise, c'est important pour eux de les observer, de les solliciter, et puis de se soumettre à des défis. Ils peuvent repenser aux défis passés qu'ils ont eus, même s'il y a peu d'expérience, comment ils ont surmonté ces défis-là, qu'est-ce qui a fonctionné ou non. Je pense qu'il faut qu'ils regardent ça sans forcément aller toujours solliciter le manager, qui continue d'apprendre, il sort de l'université mais il continue d'apprendre, ce sont les lectures, les discussions entre collègues, les conférences, les workshops, les cours en ligne, voilà, c'est jamais d'apprendre. Tenez-vous à jour des évolutions de votre entreprise, observez également vos concurrents, et plus vous engrangez de connaissances, plus votre esprit s'ouvre à d'autres matières et à d'autres manières de faire et de penser. Et puis, restez dans le moment présent, concentrez-vous uniquement sur vos objectifs, voyez cette vie d'ensemble sur les choses, mais ça ne signifie pas que vous allez vous éparpiller. C'est au contraire, elle est capable de les ramener à l'instant présent pour en dégager une synthèse,
- Speaker #1
pour justement embrasser l'avenir avec le plus de positivité possible.
- Speaker #0
Et bon sens et se faire confiance.
- Speaker #1
Et voilà, on parlait du bon sens finalement. On en revient toujours à l'essentiel. Merci beaucoup Marie-Agnès pour ce témoignage. J'espère que nos auditeurs, tout comme moi, en tiendront. Des retours d'expériences éclairants et des idées de conseils à mettre en œuvre. Merci à tous pour votre écoute, et rendez-vous très prochainement, pour un nouvel épisode, de notre podcast,
- Speaker #0
Tea Time, NGLA.