Description
Et si la plus belle des rencontres était celle avec soi même?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Et si la plus belle des rencontres était celle avec soi même?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Avez-vous déjà réfléchi à la destination du voyage de vos rêves ? Moi, j'y ai déjà pensé. Et après réflexion, j'en suis arrivée à la conclusion que le plus beau des voyages que je puisse m'offrir C'est celui qui me fera plonger au plus profond de moi-même, qui me rapprochera de la personne que je suis réellement, de mon étincelle. Vous êtes de plus en plus nombreux à partager ce voyage avec moi et je vous en remercie du fond du cœur. Bienvenue dans le podcast Tendre une main pour soi vous êtes avec Alice Boy, embarquement immédiat, porte numéro 21. Alain Delon est décédé à l'âge de 88 ans dans sa maison de douchy, légende du cinéma. Il laisse derrière lui une carrière exceptionnelle, mais aussi une vie extrêmement romanesque. L'une des carrières les plus flamboyantes du cinéma français s'est éteinte. Il a été le héros d'une douzaine de chefs-d'œuvre et de films cultes. Bien plus qu'un acteur, Alain Delon était un mythe, une icône, un héros français dont le visage et le nom ont fait le tour du monde. Une beauté du diable, comme si depuis, aucun visage n'avait égalé cette perfection, cette grâce féline et mystérieuse. Comme beaucoup, j'ai le souvenir du film La Piscine. tourné dans une somptueuse villa sur les hauteurs de Saint-Tropez, qui met en scène un torride triangle amoureux entre Delon, Romy Schneider et Maurice René, l'un des plus beaux films de sa carrière, duel de mal et de rivalité toxique. Cette période m'évoque le souvenir de la France que mes parents aimaient tant, la France des années 60, véritable pays de cocagne. La France terriblement élégante, la France qui fourmille d'intellectuels, d'artistes, celle des voitures sans ceinture avec lesquelles on meurt par milliers chaque année, celle des gauloises, des gitanes qui saturent les poumons, celle des années yéyées pleines de vitalité. C'est la liste réjouissante et paradoxale qui me vient à l'esprit, à l'évocation de cette époque où, si tout n'était pas permis, beaucoup de choses étaient encore possibles. À cette époque, dans les entreprises, les commerciaux pouvaient recevoir les clients tout en fumant une cigarette ou amener leur animal de compagnie sur leur lieu de travail. Aujourd'hui, la clientèle est reçue à travers un plexiglas et les animaux domestiques attendent patiemment leur maître au domicile. C'était les dessinés des Trente Glorieuses. Le marché de l'emploi battait alors son plein, pendant que les conditions socio-économiques de la population s'amélioraient petit à petit. Les mœurs se décorsetaient un peu à peu, les nerfs de liberté se levaient. La culture française rayonnait à l'international, pendant qu'Alain Delon et Brigitte Bardot crevaient les écrans du monde entier. Ces décennies pleines de promesses d'amélioration des conditions de vie, de fierté pour le génie français, de joie de vivre, contraste fortement avec l'époque actuelle. Alors que depuis ma naissance, la télévision déverse constamment de mauvaises nouvelles, prédit des crises successives, je rêve d'un journal télévisé qui annoncerait enfin des perspectives réjouissantes. Plein emploi, suppression des impôts et taxes diverses et variées, disparition des pesticides et des perturbateurs endocriniens, découverte d'un remède universel, accès à une énergie libre et gratuite, relation de coopération entre les États, respect du monde animal et de l'environnement. Pour revenir au pays de cocagne des années 60, c'est l'époque durant laquelle le bouleversement des codes et la libération vestimentaire de la femme ont été enclenchés. En effet, les jupes raccourcissent. Les imprimés, poids et rayures éclatent, les pantalons pâte d'œufs s'imposent et marquent un tournant dans l'histoire de la mode. La mini-jupe devient l'emblème de la libération de la femme. Dans le même esprit, Yves Saint Laurent popularise la mode color block avec la robe Mondrian, un modèle devenu emblématique. Alors que la taille était jusqu'à présent marquée pour créer une silhouette ultra féminine, la robe droite débarque dans les années 60 et remet les compteurs à zéro. La taille est dissimulée au profit des jambes qui sont entièrement dévoilées. Côté accessoires, les bouts se blanchent. se portent avec une mini-jupe ou une robe droite et font partie des indispensables modes. A cette époque, ma grand-mère maternelle était couturière et plus précisément, Petite Main, chez Balmain, une prestigieuse maison de couture. La haute couture est l'emblème absolu du raffinement et de la beauté de l'artisanat. Chaque création est unique et ce caractère exclusif participe de sa magie. Enfant, j'avais plaisir à observer les tenues que portaient les femmes de ma famille, mère, cousine, grand-mère et tante. Leur conception de l'élégance reposait sur la sobriété des silhouettes, la noblesse des matières et un raffinement extrême dans le choix des détails. Les noms de Christian Courrèges, Pierre Cardin, Yves Saint-Laurent, Christian Caron, Pierre Balmain, Saint-Victor, régulièrement dans les conversations. Dans l'appartement parisien de ma grand-mère, j'ai le souvenir d'une pièce encombrée sans fenêtre à l'atmosphère tréfetrée. Cet espace était entièrement dédié aux vêtements taillés sur mesure qu'elle avait confectionnés. Le plancher craqué, un mannequin de couture sur lequel ma grand-mère donnait vie à ses créations vestimentaires et ses croquis prônaient. au milieu de la pièce. Une machine à coudre singère me signifiait que je pénétrais dans un véritable sanctuaire. Enfin, ce temple silencieux, dédié à la conception artistique et à la passion pour la haute couture, me troublait et m'inspirait un profond respect. Ce lieu abrêtait des pièces uniques, ce qui suscitait mon émerveillement. J'avais plaisir à scruter chaque détail. paillettes, perles, incrustations en cuir, touches de velours. Je plongeais mon visage dans les matières fourrure, soie, dentelle, astracan, renard, drap de laine, gaz de coton, pour parfaire mon exploration. Aucune description ne peut rendre compte de l'émotion que je ressentais alors. Chaque vêtement, chaque pièce unique, osu sur mesure, était soigneusement conservé sous housse, chaque paire de chaussures avait trouvé sa boîte de rangement, et une odeur mêlant encaustique et antimite planée. L'accès des enfants à cette antre se faisait avec l'accompagnement exclusif d'un adulte. Il était hors de question d'y entrer avec les mains collantes et d'y mettre le bazar. Ma grand-mère a tout naturellement confectionné la robe de mariée de sa fille unique, s'est mariée au mois de novembre. Ma mère portait une robe en soie sauvage dont le corsage moiré était accessoirisé d'un manchon blanc en fourrir de zibeline avec poignée de manche et colle assortie. Un diadème mettait en valeur son chignon inspiré du style Brigitte Bardot et un voile discret complétait sa tenue. Ma mère était divine dans sa robe de mariée, pièce unique de haute couture Une œuvre d'artisanat, emblème du talent des femmes de la famille. Les femmes couturières dans ma famille évitaient tout ce qui pouvait être clinquant et tape-à-l'œil. Selon elles, l'élégance et le côté sexy étaient difficilement compatibles. Le regard masculin est de toute façon suffisamment exercé pour tout deviner. Au contraire, tout l'art de la grâce réside dans la suggestion des formes La subtilité des matières. Ainsi, une robe moulante en tissu synthétique brillante, un jean déchiré, un crop top laissant voir le nombril, un imprimé juvénile de style Disney, un étalage de marque de la tête aux pieds n'auraient certainement pas remporté un franc succès auprès d'elle. Au contraire, la véritable élégance, la French touch, se trouve dans le creux, le lacis-mort, le moins c'est mieux, il convient de garder l'essentiel et enlever le superflu. Les formes épurées dans le choix de sa garde-robe, l'utilisation restreinte de la couleur, l'absence de fioritures, la simplicité ne signifient pas l'austérité et l'absence de chaleur de son vestiaire. Pour ma part, je privilégie les matériaux naturels à la texture douce, tels que le pur coton, la laine, le cachemire, la soie ou tissu synthétique. Le choix d'un simple accessoire comme un foulard. en soi toujours, un sautoir discret, une paire de chaussures minutieusement choisies pour son coloris, son style, ou un sac de bonne facture se suffisent à eux-mêmes pour mettre en valeur une tenue vestimentaire minimaliste. Loin de moi l'idée de me revendiquer comme une élégante, car je suis plus souvent enfourée en short et tennis, mais je demeure sensible à ce que m'ont transmis et inculqué les femmes de ma famille. La véritable élégance consiste à ne pas se faire remarquer. Elle est aujourd'hui, avec la multiplicité des enseignes, à la portée de tous. Ma grand-mère, plus tard établie en tant que couturière à domicile, a dû adapter son activité à l'émergence d'un nouveau mode de consommation. Avec l'avènement du prêt-à-porter et la production en série de vêtements qui est devenue la norme, la couture sous mesure. a laissé place à des vêtements aux tailles standardisées offrant des prix attractifs. Ainsi, le prêt-à-porter a fait entrer la mode dans une nouvelle ère de la démocratisation du vêtement, devenue une pièce accessible, pratique et réplicable à l'envie. La France qui a rayenné à l'international grâce à l'excellence de la haute couture a dû s'adapter à ce nouveau contexte. Auparavant, les gens respectaient des codes sociaux et s'habillaient différemment en fonction des occasions de la vie. Ainsi, le prolétaire s'endimanchait pour être correct et aujourd'hui, certains se clochardisent pour être cool. On accorde moins d'importance à l'art d'accorder ses vêtements aux occasions de la vie. C'est l'américanisation de notre culture avec l'arrivée de Nike, Reebok, McDo comme As You Are qui glorifie le confort. au détriment de la beauté, d'un sens esthétique de la bienséance. La véritable élégance est un tout. Elle ne réside pas seulement dans le choix d'une tenue vestimentaire, mais surtout dans la posture, dans les propos et l'attitude. Le style, c'est la projection extérieure de notre respect pour les autres. L'élégance n'est pas une frivolité, mais une hygiène. On s'habille par fidélité et convention. Par respect pour soi et les autres, et un peu par goût. À une heure où la vulgarité s'exprime plus que jamais dans la rue ou sur les plateaux télé, je déplore ce manque de goût et de sensibilité pour les belles choses. Des gens bien habillés qui se comportent comme des goujats n'ont de mon point de vue aucune élégance. À l'inverse, je reste sensible à des gens habillés simplement ou même négligemment. Ils font preuve de gentillesse et dont les gestes parlent beaucoup plus que la tenue ou l'apparence. La manière dont on s'habille dit déjà beaucoup de nous, mais en plus, si on a le comportement qui va avec, c'est une manière de dire qu'on prend aussi soin des autres. Je sais que le respect des manières, la gentillesse, la considération pour autrui peuvent sembler pour certains des valeurs désuètes. Or pour moi... Elles font partie de l'élégance et participent de ce qui nous rend beaux. Aujourd'hui, le tact est tenu pour une faiblesse, l'érudition passe pour de la prétention, l'effacement de soi pour une infirmité, le savoir vivre pour une entrave à jouir. Je vous laisse sur les paroles d'une chanson d'Aznavour qui s'est imposée à moi. Si tu voulais faire un effort, Tout pourrait reprendre sa place, pour maigrir, fais un peu de sport, arrange-toi devant ta glace, accroche un sourire à ta face, maquille ton cœur et ton corps, au lieu de penser que je te déteste et de me fuir comme la peste, essaie de te montrer gentille et redeviens la petite fille qui m'a donné tant de bonheur. Et parfois, comme par le passé, j'aimerais que tout contre mon cœur, tu te laisses aller, tu te laisses aller. Je vous remercie de vérifier que vous êtes bien abonné afin d'être sûr. de ne pas rater notre prochain rendez-vous. Vous savez que vous pouvez me retrouver sur Facebook à Tendre une main pour soi Alice Boy. Je vous remercie pour tous vos likes, tous vos partages. Et je vous dis à la semaine prochaine.
C'est moi qui veux râler autour de tes rêves et te garder avec tes rêves comme un sable.
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Avez-vous déjà réfléchi à la destination du voyage de vos rêves ? Moi, j'y ai déjà pensé. Et après réflexion, j'en suis arrivée à la conclusion que le plus beau des voyages que je puisse m'offrir C'est celui qui me fera plonger au plus profond de moi-même, qui me rapprochera de la personne que je suis réellement, de mon étincelle. Vous êtes de plus en plus nombreux à partager ce voyage avec moi et je vous en remercie du fond du cœur. Bienvenue dans le podcast Tendre une main pour soi vous êtes avec Alice Boy, embarquement immédiat, porte numéro 21. Alain Delon est décédé à l'âge de 88 ans dans sa maison de douchy, légende du cinéma. Il laisse derrière lui une carrière exceptionnelle, mais aussi une vie extrêmement romanesque. L'une des carrières les plus flamboyantes du cinéma français s'est éteinte. Il a été le héros d'une douzaine de chefs-d'œuvre et de films cultes. Bien plus qu'un acteur, Alain Delon était un mythe, une icône, un héros français dont le visage et le nom ont fait le tour du monde. Une beauté du diable, comme si depuis, aucun visage n'avait égalé cette perfection, cette grâce féline et mystérieuse. Comme beaucoup, j'ai le souvenir du film La Piscine. tourné dans une somptueuse villa sur les hauteurs de Saint-Tropez, qui met en scène un torride triangle amoureux entre Delon, Romy Schneider et Maurice René, l'un des plus beaux films de sa carrière, duel de mal et de rivalité toxique. Cette période m'évoque le souvenir de la France que mes parents aimaient tant, la France des années 60, véritable pays de cocagne. La France terriblement élégante, la France qui fourmille d'intellectuels, d'artistes, celle des voitures sans ceinture avec lesquelles on meurt par milliers chaque année, celle des gauloises, des gitanes qui saturent les poumons, celle des années yéyées pleines de vitalité. C'est la liste réjouissante et paradoxale qui me vient à l'esprit, à l'évocation de cette époque où, si tout n'était pas permis, beaucoup de choses étaient encore possibles. À cette époque, dans les entreprises, les commerciaux pouvaient recevoir les clients tout en fumant une cigarette ou amener leur animal de compagnie sur leur lieu de travail. Aujourd'hui, la clientèle est reçue à travers un plexiglas et les animaux domestiques attendent patiemment leur maître au domicile. C'était les dessinés des Trente Glorieuses. Le marché de l'emploi battait alors son plein, pendant que les conditions socio-économiques de la population s'amélioraient petit à petit. Les mœurs se décorsetaient un peu à peu, les nerfs de liberté se levaient. La culture française rayonnait à l'international, pendant qu'Alain Delon et Brigitte Bardot crevaient les écrans du monde entier. Ces décennies pleines de promesses d'amélioration des conditions de vie, de fierté pour le génie français, de joie de vivre, contraste fortement avec l'époque actuelle. Alors que depuis ma naissance, la télévision déverse constamment de mauvaises nouvelles, prédit des crises successives, je rêve d'un journal télévisé qui annoncerait enfin des perspectives réjouissantes. Plein emploi, suppression des impôts et taxes diverses et variées, disparition des pesticides et des perturbateurs endocriniens, découverte d'un remède universel, accès à une énergie libre et gratuite, relation de coopération entre les États, respect du monde animal et de l'environnement. Pour revenir au pays de cocagne des années 60, c'est l'époque durant laquelle le bouleversement des codes et la libération vestimentaire de la femme ont été enclenchés. En effet, les jupes raccourcissent. Les imprimés, poids et rayures éclatent, les pantalons pâte d'œufs s'imposent et marquent un tournant dans l'histoire de la mode. La mini-jupe devient l'emblème de la libération de la femme. Dans le même esprit, Yves Saint Laurent popularise la mode color block avec la robe Mondrian, un modèle devenu emblématique. Alors que la taille était jusqu'à présent marquée pour créer une silhouette ultra féminine, la robe droite débarque dans les années 60 et remet les compteurs à zéro. La taille est dissimulée au profit des jambes qui sont entièrement dévoilées. Côté accessoires, les bouts se blanchent. se portent avec une mini-jupe ou une robe droite et font partie des indispensables modes. A cette époque, ma grand-mère maternelle était couturière et plus précisément, Petite Main, chez Balmain, une prestigieuse maison de couture. La haute couture est l'emblème absolu du raffinement et de la beauté de l'artisanat. Chaque création est unique et ce caractère exclusif participe de sa magie. Enfant, j'avais plaisir à observer les tenues que portaient les femmes de ma famille, mère, cousine, grand-mère et tante. Leur conception de l'élégance reposait sur la sobriété des silhouettes, la noblesse des matières et un raffinement extrême dans le choix des détails. Les noms de Christian Courrèges, Pierre Cardin, Yves Saint-Laurent, Christian Caron, Pierre Balmain, Saint-Victor, régulièrement dans les conversations. Dans l'appartement parisien de ma grand-mère, j'ai le souvenir d'une pièce encombrée sans fenêtre à l'atmosphère tréfetrée. Cet espace était entièrement dédié aux vêtements taillés sur mesure qu'elle avait confectionnés. Le plancher craqué, un mannequin de couture sur lequel ma grand-mère donnait vie à ses créations vestimentaires et ses croquis prônaient. au milieu de la pièce. Une machine à coudre singère me signifiait que je pénétrais dans un véritable sanctuaire. Enfin, ce temple silencieux, dédié à la conception artistique et à la passion pour la haute couture, me troublait et m'inspirait un profond respect. Ce lieu abrêtait des pièces uniques, ce qui suscitait mon émerveillement. J'avais plaisir à scruter chaque détail. paillettes, perles, incrustations en cuir, touches de velours. Je plongeais mon visage dans les matières fourrure, soie, dentelle, astracan, renard, drap de laine, gaz de coton, pour parfaire mon exploration. Aucune description ne peut rendre compte de l'émotion que je ressentais alors. Chaque vêtement, chaque pièce unique, osu sur mesure, était soigneusement conservé sous housse, chaque paire de chaussures avait trouvé sa boîte de rangement, et une odeur mêlant encaustique et antimite planée. L'accès des enfants à cette antre se faisait avec l'accompagnement exclusif d'un adulte. Il était hors de question d'y entrer avec les mains collantes et d'y mettre le bazar. Ma grand-mère a tout naturellement confectionné la robe de mariée de sa fille unique, s'est mariée au mois de novembre. Ma mère portait une robe en soie sauvage dont le corsage moiré était accessoirisé d'un manchon blanc en fourrir de zibeline avec poignée de manche et colle assortie. Un diadème mettait en valeur son chignon inspiré du style Brigitte Bardot et un voile discret complétait sa tenue. Ma mère était divine dans sa robe de mariée, pièce unique de haute couture Une œuvre d'artisanat, emblème du talent des femmes de la famille. Les femmes couturières dans ma famille évitaient tout ce qui pouvait être clinquant et tape-à-l'œil. Selon elles, l'élégance et le côté sexy étaient difficilement compatibles. Le regard masculin est de toute façon suffisamment exercé pour tout deviner. Au contraire, tout l'art de la grâce réside dans la suggestion des formes La subtilité des matières. Ainsi, une robe moulante en tissu synthétique brillante, un jean déchiré, un crop top laissant voir le nombril, un imprimé juvénile de style Disney, un étalage de marque de la tête aux pieds n'auraient certainement pas remporté un franc succès auprès d'elle. Au contraire, la véritable élégance, la French touch, se trouve dans le creux, le lacis-mort, le moins c'est mieux, il convient de garder l'essentiel et enlever le superflu. Les formes épurées dans le choix de sa garde-robe, l'utilisation restreinte de la couleur, l'absence de fioritures, la simplicité ne signifient pas l'austérité et l'absence de chaleur de son vestiaire. Pour ma part, je privilégie les matériaux naturels à la texture douce, tels que le pur coton, la laine, le cachemire, la soie ou tissu synthétique. Le choix d'un simple accessoire comme un foulard. en soi toujours, un sautoir discret, une paire de chaussures minutieusement choisies pour son coloris, son style, ou un sac de bonne facture se suffisent à eux-mêmes pour mettre en valeur une tenue vestimentaire minimaliste. Loin de moi l'idée de me revendiquer comme une élégante, car je suis plus souvent enfourée en short et tennis, mais je demeure sensible à ce que m'ont transmis et inculqué les femmes de ma famille. La véritable élégance consiste à ne pas se faire remarquer. Elle est aujourd'hui, avec la multiplicité des enseignes, à la portée de tous. Ma grand-mère, plus tard établie en tant que couturière à domicile, a dû adapter son activité à l'émergence d'un nouveau mode de consommation. Avec l'avènement du prêt-à-porter et la production en série de vêtements qui est devenue la norme, la couture sous mesure. a laissé place à des vêtements aux tailles standardisées offrant des prix attractifs. Ainsi, le prêt-à-porter a fait entrer la mode dans une nouvelle ère de la démocratisation du vêtement, devenue une pièce accessible, pratique et réplicable à l'envie. La France qui a rayenné à l'international grâce à l'excellence de la haute couture a dû s'adapter à ce nouveau contexte. Auparavant, les gens respectaient des codes sociaux et s'habillaient différemment en fonction des occasions de la vie. Ainsi, le prolétaire s'endimanchait pour être correct et aujourd'hui, certains se clochardisent pour être cool. On accorde moins d'importance à l'art d'accorder ses vêtements aux occasions de la vie. C'est l'américanisation de notre culture avec l'arrivée de Nike, Reebok, McDo comme As You Are qui glorifie le confort. au détriment de la beauté, d'un sens esthétique de la bienséance. La véritable élégance est un tout. Elle ne réside pas seulement dans le choix d'une tenue vestimentaire, mais surtout dans la posture, dans les propos et l'attitude. Le style, c'est la projection extérieure de notre respect pour les autres. L'élégance n'est pas une frivolité, mais une hygiène. On s'habille par fidélité et convention. Par respect pour soi et les autres, et un peu par goût. À une heure où la vulgarité s'exprime plus que jamais dans la rue ou sur les plateaux télé, je déplore ce manque de goût et de sensibilité pour les belles choses. Des gens bien habillés qui se comportent comme des goujats n'ont de mon point de vue aucune élégance. À l'inverse, je reste sensible à des gens habillés simplement ou même négligemment. Ils font preuve de gentillesse et dont les gestes parlent beaucoup plus que la tenue ou l'apparence. La manière dont on s'habille dit déjà beaucoup de nous, mais en plus, si on a le comportement qui va avec, c'est une manière de dire qu'on prend aussi soin des autres. Je sais que le respect des manières, la gentillesse, la considération pour autrui peuvent sembler pour certains des valeurs désuètes. Or pour moi... Elles font partie de l'élégance et participent de ce qui nous rend beaux. Aujourd'hui, le tact est tenu pour une faiblesse, l'érudition passe pour de la prétention, l'effacement de soi pour une infirmité, le savoir vivre pour une entrave à jouir. Je vous laisse sur les paroles d'une chanson d'Aznavour qui s'est imposée à moi. Si tu voulais faire un effort, Tout pourrait reprendre sa place, pour maigrir, fais un peu de sport, arrange-toi devant ta glace, accroche un sourire à ta face, maquille ton cœur et ton corps, au lieu de penser que je te déteste et de me fuir comme la peste, essaie de te montrer gentille et redeviens la petite fille qui m'a donné tant de bonheur. Et parfois, comme par le passé, j'aimerais que tout contre mon cœur, tu te laisses aller, tu te laisses aller. Je vous remercie de vérifier que vous êtes bien abonné afin d'être sûr. de ne pas rater notre prochain rendez-vous. Vous savez que vous pouvez me retrouver sur Facebook à Tendre une main pour soi Alice Boy. Je vous remercie pour tous vos likes, tous vos partages. Et je vous dis à la semaine prochaine.
C'est moi qui veux râler autour de tes rêves et te garder avec tes rêves comme un sable.
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Avez-vous déjà réfléchi à la destination du voyage de vos rêves ? Moi, j'y ai déjà pensé. Et après réflexion, j'en suis arrivée à la conclusion que le plus beau des voyages que je puisse m'offrir C'est celui qui me fera plonger au plus profond de moi-même, qui me rapprochera de la personne que je suis réellement, de mon étincelle. Vous êtes de plus en plus nombreux à partager ce voyage avec moi et je vous en remercie du fond du cœur. Bienvenue dans le podcast Tendre une main pour soi vous êtes avec Alice Boy, embarquement immédiat, porte numéro 21. Alain Delon est décédé à l'âge de 88 ans dans sa maison de douchy, légende du cinéma. Il laisse derrière lui une carrière exceptionnelle, mais aussi une vie extrêmement romanesque. L'une des carrières les plus flamboyantes du cinéma français s'est éteinte. Il a été le héros d'une douzaine de chefs-d'œuvre et de films cultes. Bien plus qu'un acteur, Alain Delon était un mythe, une icône, un héros français dont le visage et le nom ont fait le tour du monde. Une beauté du diable, comme si depuis, aucun visage n'avait égalé cette perfection, cette grâce féline et mystérieuse. Comme beaucoup, j'ai le souvenir du film La Piscine. tourné dans une somptueuse villa sur les hauteurs de Saint-Tropez, qui met en scène un torride triangle amoureux entre Delon, Romy Schneider et Maurice René, l'un des plus beaux films de sa carrière, duel de mal et de rivalité toxique. Cette période m'évoque le souvenir de la France que mes parents aimaient tant, la France des années 60, véritable pays de cocagne. La France terriblement élégante, la France qui fourmille d'intellectuels, d'artistes, celle des voitures sans ceinture avec lesquelles on meurt par milliers chaque année, celle des gauloises, des gitanes qui saturent les poumons, celle des années yéyées pleines de vitalité. C'est la liste réjouissante et paradoxale qui me vient à l'esprit, à l'évocation de cette époque où, si tout n'était pas permis, beaucoup de choses étaient encore possibles. À cette époque, dans les entreprises, les commerciaux pouvaient recevoir les clients tout en fumant une cigarette ou amener leur animal de compagnie sur leur lieu de travail. Aujourd'hui, la clientèle est reçue à travers un plexiglas et les animaux domestiques attendent patiemment leur maître au domicile. C'était les dessinés des Trente Glorieuses. Le marché de l'emploi battait alors son plein, pendant que les conditions socio-économiques de la population s'amélioraient petit à petit. Les mœurs se décorsetaient un peu à peu, les nerfs de liberté se levaient. La culture française rayonnait à l'international, pendant qu'Alain Delon et Brigitte Bardot crevaient les écrans du monde entier. Ces décennies pleines de promesses d'amélioration des conditions de vie, de fierté pour le génie français, de joie de vivre, contraste fortement avec l'époque actuelle. Alors que depuis ma naissance, la télévision déverse constamment de mauvaises nouvelles, prédit des crises successives, je rêve d'un journal télévisé qui annoncerait enfin des perspectives réjouissantes. Plein emploi, suppression des impôts et taxes diverses et variées, disparition des pesticides et des perturbateurs endocriniens, découverte d'un remède universel, accès à une énergie libre et gratuite, relation de coopération entre les États, respect du monde animal et de l'environnement. Pour revenir au pays de cocagne des années 60, c'est l'époque durant laquelle le bouleversement des codes et la libération vestimentaire de la femme ont été enclenchés. En effet, les jupes raccourcissent. Les imprimés, poids et rayures éclatent, les pantalons pâte d'œufs s'imposent et marquent un tournant dans l'histoire de la mode. La mini-jupe devient l'emblème de la libération de la femme. Dans le même esprit, Yves Saint Laurent popularise la mode color block avec la robe Mondrian, un modèle devenu emblématique. Alors que la taille était jusqu'à présent marquée pour créer une silhouette ultra féminine, la robe droite débarque dans les années 60 et remet les compteurs à zéro. La taille est dissimulée au profit des jambes qui sont entièrement dévoilées. Côté accessoires, les bouts se blanchent. se portent avec une mini-jupe ou une robe droite et font partie des indispensables modes. A cette époque, ma grand-mère maternelle était couturière et plus précisément, Petite Main, chez Balmain, une prestigieuse maison de couture. La haute couture est l'emblème absolu du raffinement et de la beauté de l'artisanat. Chaque création est unique et ce caractère exclusif participe de sa magie. Enfant, j'avais plaisir à observer les tenues que portaient les femmes de ma famille, mère, cousine, grand-mère et tante. Leur conception de l'élégance reposait sur la sobriété des silhouettes, la noblesse des matières et un raffinement extrême dans le choix des détails. Les noms de Christian Courrèges, Pierre Cardin, Yves Saint-Laurent, Christian Caron, Pierre Balmain, Saint-Victor, régulièrement dans les conversations. Dans l'appartement parisien de ma grand-mère, j'ai le souvenir d'une pièce encombrée sans fenêtre à l'atmosphère tréfetrée. Cet espace était entièrement dédié aux vêtements taillés sur mesure qu'elle avait confectionnés. Le plancher craqué, un mannequin de couture sur lequel ma grand-mère donnait vie à ses créations vestimentaires et ses croquis prônaient. au milieu de la pièce. Une machine à coudre singère me signifiait que je pénétrais dans un véritable sanctuaire. Enfin, ce temple silencieux, dédié à la conception artistique et à la passion pour la haute couture, me troublait et m'inspirait un profond respect. Ce lieu abrêtait des pièces uniques, ce qui suscitait mon émerveillement. J'avais plaisir à scruter chaque détail. paillettes, perles, incrustations en cuir, touches de velours. Je plongeais mon visage dans les matières fourrure, soie, dentelle, astracan, renard, drap de laine, gaz de coton, pour parfaire mon exploration. Aucune description ne peut rendre compte de l'émotion que je ressentais alors. Chaque vêtement, chaque pièce unique, osu sur mesure, était soigneusement conservé sous housse, chaque paire de chaussures avait trouvé sa boîte de rangement, et une odeur mêlant encaustique et antimite planée. L'accès des enfants à cette antre se faisait avec l'accompagnement exclusif d'un adulte. Il était hors de question d'y entrer avec les mains collantes et d'y mettre le bazar. Ma grand-mère a tout naturellement confectionné la robe de mariée de sa fille unique, s'est mariée au mois de novembre. Ma mère portait une robe en soie sauvage dont le corsage moiré était accessoirisé d'un manchon blanc en fourrir de zibeline avec poignée de manche et colle assortie. Un diadème mettait en valeur son chignon inspiré du style Brigitte Bardot et un voile discret complétait sa tenue. Ma mère était divine dans sa robe de mariée, pièce unique de haute couture Une œuvre d'artisanat, emblème du talent des femmes de la famille. Les femmes couturières dans ma famille évitaient tout ce qui pouvait être clinquant et tape-à-l'œil. Selon elles, l'élégance et le côté sexy étaient difficilement compatibles. Le regard masculin est de toute façon suffisamment exercé pour tout deviner. Au contraire, tout l'art de la grâce réside dans la suggestion des formes La subtilité des matières. Ainsi, une robe moulante en tissu synthétique brillante, un jean déchiré, un crop top laissant voir le nombril, un imprimé juvénile de style Disney, un étalage de marque de la tête aux pieds n'auraient certainement pas remporté un franc succès auprès d'elle. Au contraire, la véritable élégance, la French touch, se trouve dans le creux, le lacis-mort, le moins c'est mieux, il convient de garder l'essentiel et enlever le superflu. Les formes épurées dans le choix de sa garde-robe, l'utilisation restreinte de la couleur, l'absence de fioritures, la simplicité ne signifient pas l'austérité et l'absence de chaleur de son vestiaire. Pour ma part, je privilégie les matériaux naturels à la texture douce, tels que le pur coton, la laine, le cachemire, la soie ou tissu synthétique. Le choix d'un simple accessoire comme un foulard. en soi toujours, un sautoir discret, une paire de chaussures minutieusement choisies pour son coloris, son style, ou un sac de bonne facture se suffisent à eux-mêmes pour mettre en valeur une tenue vestimentaire minimaliste. Loin de moi l'idée de me revendiquer comme une élégante, car je suis plus souvent enfourée en short et tennis, mais je demeure sensible à ce que m'ont transmis et inculqué les femmes de ma famille. La véritable élégance consiste à ne pas se faire remarquer. Elle est aujourd'hui, avec la multiplicité des enseignes, à la portée de tous. Ma grand-mère, plus tard établie en tant que couturière à domicile, a dû adapter son activité à l'émergence d'un nouveau mode de consommation. Avec l'avènement du prêt-à-porter et la production en série de vêtements qui est devenue la norme, la couture sous mesure. a laissé place à des vêtements aux tailles standardisées offrant des prix attractifs. Ainsi, le prêt-à-porter a fait entrer la mode dans une nouvelle ère de la démocratisation du vêtement, devenue une pièce accessible, pratique et réplicable à l'envie. La France qui a rayenné à l'international grâce à l'excellence de la haute couture a dû s'adapter à ce nouveau contexte. Auparavant, les gens respectaient des codes sociaux et s'habillaient différemment en fonction des occasions de la vie. Ainsi, le prolétaire s'endimanchait pour être correct et aujourd'hui, certains se clochardisent pour être cool. On accorde moins d'importance à l'art d'accorder ses vêtements aux occasions de la vie. C'est l'américanisation de notre culture avec l'arrivée de Nike, Reebok, McDo comme As You Are qui glorifie le confort. au détriment de la beauté, d'un sens esthétique de la bienséance. La véritable élégance est un tout. Elle ne réside pas seulement dans le choix d'une tenue vestimentaire, mais surtout dans la posture, dans les propos et l'attitude. Le style, c'est la projection extérieure de notre respect pour les autres. L'élégance n'est pas une frivolité, mais une hygiène. On s'habille par fidélité et convention. Par respect pour soi et les autres, et un peu par goût. À une heure où la vulgarité s'exprime plus que jamais dans la rue ou sur les plateaux télé, je déplore ce manque de goût et de sensibilité pour les belles choses. Des gens bien habillés qui se comportent comme des goujats n'ont de mon point de vue aucune élégance. À l'inverse, je reste sensible à des gens habillés simplement ou même négligemment. Ils font preuve de gentillesse et dont les gestes parlent beaucoup plus que la tenue ou l'apparence. La manière dont on s'habille dit déjà beaucoup de nous, mais en plus, si on a le comportement qui va avec, c'est une manière de dire qu'on prend aussi soin des autres. Je sais que le respect des manières, la gentillesse, la considération pour autrui peuvent sembler pour certains des valeurs désuètes. Or pour moi... Elles font partie de l'élégance et participent de ce qui nous rend beaux. Aujourd'hui, le tact est tenu pour une faiblesse, l'érudition passe pour de la prétention, l'effacement de soi pour une infirmité, le savoir vivre pour une entrave à jouir. Je vous laisse sur les paroles d'une chanson d'Aznavour qui s'est imposée à moi. Si tu voulais faire un effort, Tout pourrait reprendre sa place, pour maigrir, fais un peu de sport, arrange-toi devant ta glace, accroche un sourire à ta face, maquille ton cœur et ton corps, au lieu de penser que je te déteste et de me fuir comme la peste, essaie de te montrer gentille et redeviens la petite fille qui m'a donné tant de bonheur. Et parfois, comme par le passé, j'aimerais que tout contre mon cœur, tu te laisses aller, tu te laisses aller. Je vous remercie de vérifier que vous êtes bien abonné afin d'être sûr. de ne pas rater notre prochain rendez-vous. Vous savez que vous pouvez me retrouver sur Facebook à Tendre une main pour soi Alice Boy. Je vous remercie pour tous vos likes, tous vos partages. Et je vous dis à la semaine prochaine.
C'est moi qui veux râler autour de tes rêves et te garder avec tes rêves comme un sable.
Description
Et si la plus belle des rencontres était celle avec soi même?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Avez-vous déjà réfléchi à la destination du voyage de vos rêves ? Moi, j'y ai déjà pensé. Et après réflexion, j'en suis arrivée à la conclusion que le plus beau des voyages que je puisse m'offrir C'est celui qui me fera plonger au plus profond de moi-même, qui me rapprochera de la personne que je suis réellement, de mon étincelle. Vous êtes de plus en plus nombreux à partager ce voyage avec moi et je vous en remercie du fond du cœur. Bienvenue dans le podcast Tendre une main pour soi vous êtes avec Alice Boy, embarquement immédiat, porte numéro 21. Alain Delon est décédé à l'âge de 88 ans dans sa maison de douchy, légende du cinéma. Il laisse derrière lui une carrière exceptionnelle, mais aussi une vie extrêmement romanesque. L'une des carrières les plus flamboyantes du cinéma français s'est éteinte. Il a été le héros d'une douzaine de chefs-d'œuvre et de films cultes. Bien plus qu'un acteur, Alain Delon était un mythe, une icône, un héros français dont le visage et le nom ont fait le tour du monde. Une beauté du diable, comme si depuis, aucun visage n'avait égalé cette perfection, cette grâce féline et mystérieuse. Comme beaucoup, j'ai le souvenir du film La Piscine. tourné dans une somptueuse villa sur les hauteurs de Saint-Tropez, qui met en scène un torride triangle amoureux entre Delon, Romy Schneider et Maurice René, l'un des plus beaux films de sa carrière, duel de mal et de rivalité toxique. Cette période m'évoque le souvenir de la France que mes parents aimaient tant, la France des années 60, véritable pays de cocagne. La France terriblement élégante, la France qui fourmille d'intellectuels, d'artistes, celle des voitures sans ceinture avec lesquelles on meurt par milliers chaque année, celle des gauloises, des gitanes qui saturent les poumons, celle des années yéyées pleines de vitalité. C'est la liste réjouissante et paradoxale qui me vient à l'esprit, à l'évocation de cette époque où, si tout n'était pas permis, beaucoup de choses étaient encore possibles. À cette époque, dans les entreprises, les commerciaux pouvaient recevoir les clients tout en fumant une cigarette ou amener leur animal de compagnie sur leur lieu de travail. Aujourd'hui, la clientèle est reçue à travers un plexiglas et les animaux domestiques attendent patiemment leur maître au domicile. C'était les dessinés des Trente Glorieuses. Le marché de l'emploi battait alors son plein, pendant que les conditions socio-économiques de la population s'amélioraient petit à petit. Les mœurs se décorsetaient un peu à peu, les nerfs de liberté se levaient. La culture française rayonnait à l'international, pendant qu'Alain Delon et Brigitte Bardot crevaient les écrans du monde entier. Ces décennies pleines de promesses d'amélioration des conditions de vie, de fierté pour le génie français, de joie de vivre, contraste fortement avec l'époque actuelle. Alors que depuis ma naissance, la télévision déverse constamment de mauvaises nouvelles, prédit des crises successives, je rêve d'un journal télévisé qui annoncerait enfin des perspectives réjouissantes. Plein emploi, suppression des impôts et taxes diverses et variées, disparition des pesticides et des perturbateurs endocriniens, découverte d'un remède universel, accès à une énergie libre et gratuite, relation de coopération entre les États, respect du monde animal et de l'environnement. Pour revenir au pays de cocagne des années 60, c'est l'époque durant laquelle le bouleversement des codes et la libération vestimentaire de la femme ont été enclenchés. En effet, les jupes raccourcissent. Les imprimés, poids et rayures éclatent, les pantalons pâte d'œufs s'imposent et marquent un tournant dans l'histoire de la mode. La mini-jupe devient l'emblème de la libération de la femme. Dans le même esprit, Yves Saint Laurent popularise la mode color block avec la robe Mondrian, un modèle devenu emblématique. Alors que la taille était jusqu'à présent marquée pour créer une silhouette ultra féminine, la robe droite débarque dans les années 60 et remet les compteurs à zéro. La taille est dissimulée au profit des jambes qui sont entièrement dévoilées. Côté accessoires, les bouts se blanchent. se portent avec une mini-jupe ou une robe droite et font partie des indispensables modes. A cette époque, ma grand-mère maternelle était couturière et plus précisément, Petite Main, chez Balmain, une prestigieuse maison de couture. La haute couture est l'emblème absolu du raffinement et de la beauté de l'artisanat. Chaque création est unique et ce caractère exclusif participe de sa magie. Enfant, j'avais plaisir à observer les tenues que portaient les femmes de ma famille, mère, cousine, grand-mère et tante. Leur conception de l'élégance reposait sur la sobriété des silhouettes, la noblesse des matières et un raffinement extrême dans le choix des détails. Les noms de Christian Courrèges, Pierre Cardin, Yves Saint-Laurent, Christian Caron, Pierre Balmain, Saint-Victor, régulièrement dans les conversations. Dans l'appartement parisien de ma grand-mère, j'ai le souvenir d'une pièce encombrée sans fenêtre à l'atmosphère tréfetrée. Cet espace était entièrement dédié aux vêtements taillés sur mesure qu'elle avait confectionnés. Le plancher craqué, un mannequin de couture sur lequel ma grand-mère donnait vie à ses créations vestimentaires et ses croquis prônaient. au milieu de la pièce. Une machine à coudre singère me signifiait que je pénétrais dans un véritable sanctuaire. Enfin, ce temple silencieux, dédié à la conception artistique et à la passion pour la haute couture, me troublait et m'inspirait un profond respect. Ce lieu abrêtait des pièces uniques, ce qui suscitait mon émerveillement. J'avais plaisir à scruter chaque détail. paillettes, perles, incrustations en cuir, touches de velours. Je plongeais mon visage dans les matières fourrure, soie, dentelle, astracan, renard, drap de laine, gaz de coton, pour parfaire mon exploration. Aucune description ne peut rendre compte de l'émotion que je ressentais alors. Chaque vêtement, chaque pièce unique, osu sur mesure, était soigneusement conservé sous housse, chaque paire de chaussures avait trouvé sa boîte de rangement, et une odeur mêlant encaustique et antimite planée. L'accès des enfants à cette antre se faisait avec l'accompagnement exclusif d'un adulte. Il était hors de question d'y entrer avec les mains collantes et d'y mettre le bazar. Ma grand-mère a tout naturellement confectionné la robe de mariée de sa fille unique, s'est mariée au mois de novembre. Ma mère portait une robe en soie sauvage dont le corsage moiré était accessoirisé d'un manchon blanc en fourrir de zibeline avec poignée de manche et colle assortie. Un diadème mettait en valeur son chignon inspiré du style Brigitte Bardot et un voile discret complétait sa tenue. Ma mère était divine dans sa robe de mariée, pièce unique de haute couture Une œuvre d'artisanat, emblème du talent des femmes de la famille. Les femmes couturières dans ma famille évitaient tout ce qui pouvait être clinquant et tape-à-l'œil. Selon elles, l'élégance et le côté sexy étaient difficilement compatibles. Le regard masculin est de toute façon suffisamment exercé pour tout deviner. Au contraire, tout l'art de la grâce réside dans la suggestion des formes La subtilité des matières. Ainsi, une robe moulante en tissu synthétique brillante, un jean déchiré, un crop top laissant voir le nombril, un imprimé juvénile de style Disney, un étalage de marque de la tête aux pieds n'auraient certainement pas remporté un franc succès auprès d'elle. Au contraire, la véritable élégance, la French touch, se trouve dans le creux, le lacis-mort, le moins c'est mieux, il convient de garder l'essentiel et enlever le superflu. Les formes épurées dans le choix de sa garde-robe, l'utilisation restreinte de la couleur, l'absence de fioritures, la simplicité ne signifient pas l'austérité et l'absence de chaleur de son vestiaire. Pour ma part, je privilégie les matériaux naturels à la texture douce, tels que le pur coton, la laine, le cachemire, la soie ou tissu synthétique. Le choix d'un simple accessoire comme un foulard. en soi toujours, un sautoir discret, une paire de chaussures minutieusement choisies pour son coloris, son style, ou un sac de bonne facture se suffisent à eux-mêmes pour mettre en valeur une tenue vestimentaire minimaliste. Loin de moi l'idée de me revendiquer comme une élégante, car je suis plus souvent enfourée en short et tennis, mais je demeure sensible à ce que m'ont transmis et inculqué les femmes de ma famille. La véritable élégance consiste à ne pas se faire remarquer. Elle est aujourd'hui, avec la multiplicité des enseignes, à la portée de tous. Ma grand-mère, plus tard établie en tant que couturière à domicile, a dû adapter son activité à l'émergence d'un nouveau mode de consommation. Avec l'avènement du prêt-à-porter et la production en série de vêtements qui est devenue la norme, la couture sous mesure. a laissé place à des vêtements aux tailles standardisées offrant des prix attractifs. Ainsi, le prêt-à-porter a fait entrer la mode dans une nouvelle ère de la démocratisation du vêtement, devenue une pièce accessible, pratique et réplicable à l'envie. La France qui a rayenné à l'international grâce à l'excellence de la haute couture a dû s'adapter à ce nouveau contexte. Auparavant, les gens respectaient des codes sociaux et s'habillaient différemment en fonction des occasions de la vie. Ainsi, le prolétaire s'endimanchait pour être correct et aujourd'hui, certains se clochardisent pour être cool. On accorde moins d'importance à l'art d'accorder ses vêtements aux occasions de la vie. C'est l'américanisation de notre culture avec l'arrivée de Nike, Reebok, McDo comme As You Are qui glorifie le confort. au détriment de la beauté, d'un sens esthétique de la bienséance. La véritable élégance est un tout. Elle ne réside pas seulement dans le choix d'une tenue vestimentaire, mais surtout dans la posture, dans les propos et l'attitude. Le style, c'est la projection extérieure de notre respect pour les autres. L'élégance n'est pas une frivolité, mais une hygiène. On s'habille par fidélité et convention. Par respect pour soi et les autres, et un peu par goût. À une heure où la vulgarité s'exprime plus que jamais dans la rue ou sur les plateaux télé, je déplore ce manque de goût et de sensibilité pour les belles choses. Des gens bien habillés qui se comportent comme des goujats n'ont de mon point de vue aucune élégance. À l'inverse, je reste sensible à des gens habillés simplement ou même négligemment. Ils font preuve de gentillesse et dont les gestes parlent beaucoup plus que la tenue ou l'apparence. La manière dont on s'habille dit déjà beaucoup de nous, mais en plus, si on a le comportement qui va avec, c'est une manière de dire qu'on prend aussi soin des autres. Je sais que le respect des manières, la gentillesse, la considération pour autrui peuvent sembler pour certains des valeurs désuètes. Or pour moi... Elles font partie de l'élégance et participent de ce qui nous rend beaux. Aujourd'hui, le tact est tenu pour une faiblesse, l'érudition passe pour de la prétention, l'effacement de soi pour une infirmité, le savoir vivre pour une entrave à jouir. Je vous laisse sur les paroles d'une chanson d'Aznavour qui s'est imposée à moi. Si tu voulais faire un effort, Tout pourrait reprendre sa place, pour maigrir, fais un peu de sport, arrange-toi devant ta glace, accroche un sourire à ta face, maquille ton cœur et ton corps, au lieu de penser que je te déteste et de me fuir comme la peste, essaie de te montrer gentille et redeviens la petite fille qui m'a donné tant de bonheur. Et parfois, comme par le passé, j'aimerais que tout contre mon cœur, tu te laisses aller, tu te laisses aller. Je vous remercie de vérifier que vous êtes bien abonné afin d'être sûr. de ne pas rater notre prochain rendez-vous. Vous savez que vous pouvez me retrouver sur Facebook à Tendre une main pour soi Alice Boy. Je vous remercie pour tous vos likes, tous vos partages. Et je vous dis à la semaine prochaine.
C'est moi qui veux râler autour de tes rêves et te garder avec tes rêves comme un sable.
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