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Et si la plus belle des rencontres était celle avec soi même?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Et si la plus belle des rencontres était celle avec soi même?
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Avez-vous déjà réfléchi à la destination du voyage de vos rêves ? Moi, j'y ai déjà pensé. Et, en pré-réflexion, j'en suis arrivée à la conclusion que le plus beau des voyages que je puisse m'offrir, c'est celui qui me fera plonger au plus profond de moi-même, qui me rapprochera de la personne que je suis réellement, de mon étincelle, Vous êtes de plus en plus nombreux à partager ce voyage avec moi et je vous en remercie infiniment. Bienvenue dans le podcast Tendre une main pour soi Vous êtes avec Alice Boy, embarquement immédiat, porte numéro 24. Jamais dans toute son histoire, la langue française n'aura connu une invasion. aussi massif de mots étrangers. L'adoption de mots anglais, sans modification, témoigne de l'ascendant pris par la civilisation anglo-saxonne à travers la langue. L'ancien français a vécu son apogée au XIIe et XIIIe siècles et a atteint une beauté linguistique dont il n'a fait que déchoir depuis. A cette époque, le français est, dans une certaine mesure, une langue internationale. Alors le monde s'y prend de la langue française. L'Allemagne, l'Italie, la Russie, l'Angleterre, l'Espagne, les pays scandinaves apprennent à parler le français. Comment notre langue, tant par son génie propre que par l'autorité de sa littérature et de sa civilisation, a-t-elle perdu peu à peu sa place ? L'Académie française, fondée en 1635, avait pour principale fonction de travailler avec tout le soin et toute la diligence possible à donner les règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences. Le dramaturge Molière contribua à donner du prestige à la langue française au-delà des siècles avec ses œuvres Les Précieuses Ridicules, L'École des Femmes, Donjouan, Le Misanthrope. Les fourberies de Scapin, les femmes savantes, le malade imaginaire, le succès fut tel que depuis la langue française fut qualifié de langue de Molière. En 1882, la loi Jules Ferry instaura l'école primaire gratuite et laïque pour tous. L'usage des langues régionales fut interdit à l'école, même pendant les récréations, et l'enfant surpris à part les patois recevait une punition. C'était le temps de l'interdit de parler breton et de cracher par terre. Cette déculpitude des langues régionales a fragilisé l'unité de nos republiques locales. Même si la langue de Molière était encore protégée, les gouvernements ont laissé les anglicismes se répandre dans notre quotidien comme chien lit au printemps. Aujourd'hui, nous ne pouvons que constater les lacunes grandissantes des jeunes français dans l'appréhension. de la langue française. De 1997 à 2017, la proportion d'enfants en difficulté de lecture à l'entrée de la classe de 6e est passée de 14 à 19%. Dégradation constatée surtout dans le domaine du vocabulaire et de l'orthographe. La République, en délaissant l'apprentissage de la langue française pour lui préférer la langue anglaise, s'élève contre l'un des plus grands piliers de notre nation, son socle linguistique. Or, n'oublions pas que la langue maternelle donne du sens au monde. Aujourd'hui, certaines catégories de métiers préfèrent adopter un franglais, et ainsi, quelques mots anglais ont trouvé une nouvelle place dans le dictionnaire français. En 2013, c'est le mot low cost qui a fait son apparition dans le petit Robert. J'ai beaucoup de sympathie pour les Québécois qui défendent contre vents et marées le français contre le tout anglais imposé au Canada. Ils appliquent de façon drastique une loi faisant du français la langue officielle du Québec. Une loi datant du 26 août 1777. Même les titres des films américains sont traduits en français au Québec. Ils utilisent la forme fin de semaine plutôt que week-end. Ce qui est rarement le cas chez nous. Il n'est pas dérangeant d'utiliser quelques mots anglais dans notre langage quotidien, comme shopping, club, flyer, flipper, mais ces mots doivent rester minoritaires. De plus en plus d'émissions à la télévision, Françaises arborent un titre en anglais, comme The Voice, Secret Story, The Bachelor, 50 Minutes Inside. Nous ne savons plus nous servir de notre langue et à force d'apprendre celle des autres peuples, Nous avons laissé la nôtre vieillir et se décevier. On nous retorquera que l'anglais est plus facile à maîtriser que le français. C'est vrai, dit pour cause. La langue française est plus riche que la langue anglaise, expliquant ainsi sa complexité. En anglais, le mot you est aussi bien employé pour parler à la reine d'Angleterre qu'à un chien. Mais nous, les français, nous avons la richesse du vouvoiement, permettant de faire respectueusement la distinction avec le tutoiement. en fonction de notre interlocuteur. D'ailleurs, ce vouvoiement spécifique à notre langue tente à disparaître un peu plus chaque jour, car étrangement associé à une forme de relation froide et distante, alors qu'il s'agit d'un respect et d'une considération envers son prochain. Sur ce sujet, je me souviens d'avoir été très heurtée à l'occasion d'une visite auprès de ma grand-mère qui était alors résidente en maison de retraite. Le personnel, certainement bien attentionné et voulant me démontrer qu'il entretenait un lien chaleureux et de proximité avec elle, l'a tutoyé et l'a appelé par son prénom Yvonne. Toute sa vie durant, ma grand-mère s'était faite appeler Madame Boy et avait suscité un profond respect. Ce tutoiement m'avait paru déplacée et m'avait inspiré de la peine pour ma grand-mère, qui se trouvait ainsi traitée de manière infantile. Alors que dans mes yeux, elle était toujours une grande dame. J'ai pleinement conscience que cette anecdote cristallise la croisée entre des générations, à l'éducation et aux codes différents. Du côté du vouvoiement, la langue française offre un éventail subtil de temps de conjugaison. Le passé simple, le plus que parfait, le passé composé, le futur antérieur, du conditionnel, de l'indicatif. du subjonctif, en passant par l'impératif. Voilà la richesse des formes verbales que nous offre le français. Le français est aujourd'hui la cinquième langue la plus parlée au monde, avec 300 millions de locuteurs. Le français est la deuxième langue étrangère apprise après l'anglais. Le français est la troisième langue des affaires dans le monde. Malgré cela, nous subissons à ce jour l'équivalent d'une politique d'invasion qu'un pays conquis subirait de la part d'un envahisseur. Et lorsqu'un pays envahit un autre pays pour le soumettre, une des premières choses qu'il impose est forcément sa langue. Il ne faut pas fermer les yeux sur cette américanisation que nous subissons. Elle est d'autant plus réelle qu'elle ne touche pas seulement notre langue, puisque les films, les séries télé, les musiques et les chansons sont en grande majorité américains. De plus, le McDo, le Coca ont envahi notre quotidien. Dans notre pays pourtant réputé pour sa bonne bouffe, la francophonie n'est pas seulement une langue et une pensée, c'est également des paysages et des jardins, c'est aussi un peuple, une histoire, un art de vivre, une façon d'être, un comportement ancré dans les origines. C'est aussi une tradition courtoise, sortie d'un rude passé guerrier, domestiquée par un profond respect des femmes, une spécificité sculptée, immodelé par la civilisation chrétienne. J'ai le souvenir d'avoir appris le français avec de grands auteurs classiques que mes professeurs m'ont fait découvrir. Grâce à cette initiation, j'ai dévoré seul de nombreux ouvrages, Émile Zola, Honoré de Balzac, Gustave Saubert, Jean de La Fontaine. Je ressentais une forme de chèvre. Ma curiosité était insatiable en découvrant ce monde sans limite et je devais du mal à refermer mon livre à des heures déjà très tardives. Ces lectures ont contribué à agrandir ma vision du monde et m'ont donné le goût des mots, me forgeant à une admiration sans borne pour notre langue. Les professeurs de l'époque ont su me transmettre un véritable trésor, un cadeau pour traverser la vie. En parallèle de cet enseignement exigeant, ma sœur aînée Laurence... qui avaient des capacités scolaires très limitées, ne pouvaient pas suivre un cursus classique et avaient été réorientés dans une classe spécialisée pour les élèves en échec scolaire. Vous vous souvenez peut-être des sigles PS ou CCPN. Les élèves de ces classes spécialisées dont Laurence faisait partie côtoyaient l'ensemble des autres élèves durant les temps de récréation. Ces adolescents étaient parfois moqués, mais les professeurs restaient en vigilance auprès d'eux durant ce temps d'immersion. Ainsi, ces élèves, à la fois un peu différents des autres et très différents entre eux, restaient à proximité de leur salle de cours qui était pour eux toujours la même. J'allais... de temps à autre rejoindre Laurence pendant des temps de récréation pour m'assurer que tout allait bien pour elle. Je la retrouvais souvent en larmes, elle se sentait incomprise et isolée, se plaignait de la méchanceté des autres élèves. Je tentais de la consoler rapidement en lui disant que la journée était bientôt terminée avant de rejoindre mes amis. L'école a toujours été source de souffrance pour Laurence. Les classes spécialisées de l'époque vivaient à pratiquer une... pédagogie différenciée, mais n'était pas la panacée, et une pratique hautement complexe. Aujourd'hui, les classes spécialisées sont remplacées par des classes qui incluent l'inclusion scolaire et pavées de bonnes intentions, mais les bonnes intentions ne suffisent pas, et une inclusion au rabais peut parfois se transformer en enfer pour les enseignants et les élèves, et un nivellement par le bas du niveau scolaire de nos jeunes. Or, nos enfants ont besoin d'être nourris avec ce qu'il y a de plus haut. Ils méritent le meilleur, l'excellence, la grande littérature. Amputer, rogner les ailes des enfants et ne pas les mettre en contact avec la plus haute qualité est un véritable gâchis. La littérature, c'est l'art le plus délicat à la mesure de nos enfants. Leurs cerveaux sont des buvards que les mots doivent façonner. Soyons fiers de la richesse de notre langue. Défendons-la et développons-la sans complexe. La langue française est notre trésor. Tâchons la préserver et ainsi renouer avec la France éternelle. L'Asie, l'Afrique, l'Inde réclament un rayonnement oublié de la France, les vers de Rabelais, les satires de La Fontaine, l'esprit de Madame de Sévigné, Porneille, Rimbaud, Verlaine. Le salut viendra peut-être de l'étranger. Ouvrons tous pour la gloire de notre patrimoine linguistique et faisons nôtre les paroles d'Anatole France. La langue française est une femme et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, page. On l'aime de toute son âme et qu'on n'ait jamais tenté de lui être infidèle. Je vous laisse, comme d'habitude, sur les paroles d'une chanson de Jacques Brel. Rosa, Rosa, Rosam, Rosaé, Rosaé, Rosa, c'est le plus vieux tango du monde, celui que les têtes blondes anonnent comme une ronde en apprenant leur latin. C'est le tango du collège. qui prend les élèves au piège et dont il est sacrilège de ne pas sortir malin. C'est le tango des bons pères qui surveille l'œil sévère, les jules et les prospères qui seront la France de demain. Vous êtes certainement abonné, mais vous pouvez toujours vérifier au cas où. Vous pouvez également me retrouver sur Facebook à Tendre une main pour soi à Lisbois. Je vous remercie pour tout. tous vos commentaires et vos partages et je vous dis à la semaine prochaine
C'est l'année,
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Avez-vous déjà réfléchi à la destination du voyage de vos rêves ? Moi, j'y ai déjà pensé. Et, en pré-réflexion, j'en suis arrivée à la conclusion que le plus beau des voyages que je puisse m'offrir, c'est celui qui me fera plonger au plus profond de moi-même, qui me rapprochera de la personne que je suis réellement, de mon étincelle, Vous êtes de plus en plus nombreux à partager ce voyage avec moi et je vous en remercie infiniment. Bienvenue dans le podcast Tendre une main pour soi Vous êtes avec Alice Boy, embarquement immédiat, porte numéro 24. Jamais dans toute son histoire, la langue française n'aura connu une invasion. aussi massif de mots étrangers. L'adoption de mots anglais, sans modification, témoigne de l'ascendant pris par la civilisation anglo-saxonne à travers la langue. L'ancien français a vécu son apogée au XIIe et XIIIe siècles et a atteint une beauté linguistique dont il n'a fait que déchoir depuis. A cette époque, le français est, dans une certaine mesure, une langue internationale. Alors le monde s'y prend de la langue française. L'Allemagne, l'Italie, la Russie, l'Angleterre, l'Espagne, les pays scandinaves apprennent à parler le français. Comment notre langue, tant par son génie propre que par l'autorité de sa littérature et de sa civilisation, a-t-elle perdu peu à peu sa place ? L'Académie française, fondée en 1635, avait pour principale fonction de travailler avec tout le soin et toute la diligence possible à donner les règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences. Le dramaturge Molière contribua à donner du prestige à la langue française au-delà des siècles avec ses œuvres Les Précieuses Ridicules, L'École des Femmes, Donjouan, Le Misanthrope. Les fourberies de Scapin, les femmes savantes, le malade imaginaire, le succès fut tel que depuis la langue française fut qualifié de langue de Molière. En 1882, la loi Jules Ferry instaura l'école primaire gratuite et laïque pour tous. L'usage des langues régionales fut interdit à l'école, même pendant les récréations, et l'enfant surpris à part les patois recevait une punition. C'était le temps de l'interdit de parler breton et de cracher par terre. Cette déculpitude des langues régionales a fragilisé l'unité de nos republiques locales. Même si la langue de Molière était encore protégée, les gouvernements ont laissé les anglicismes se répandre dans notre quotidien comme chien lit au printemps. Aujourd'hui, nous ne pouvons que constater les lacunes grandissantes des jeunes français dans l'appréhension. de la langue française. De 1997 à 2017, la proportion d'enfants en difficulté de lecture à l'entrée de la classe de 6e est passée de 14 à 19%. Dégradation constatée surtout dans le domaine du vocabulaire et de l'orthographe. La République, en délaissant l'apprentissage de la langue française pour lui préférer la langue anglaise, s'élève contre l'un des plus grands piliers de notre nation, son socle linguistique. Or, n'oublions pas que la langue maternelle donne du sens au monde. Aujourd'hui, certaines catégories de métiers préfèrent adopter un franglais, et ainsi, quelques mots anglais ont trouvé une nouvelle place dans le dictionnaire français. En 2013, c'est le mot low cost qui a fait son apparition dans le petit Robert. J'ai beaucoup de sympathie pour les Québécois qui défendent contre vents et marées le français contre le tout anglais imposé au Canada. Ils appliquent de façon drastique une loi faisant du français la langue officielle du Québec. Une loi datant du 26 août 1777. Même les titres des films américains sont traduits en français au Québec. Ils utilisent la forme fin de semaine plutôt que week-end. Ce qui est rarement le cas chez nous. Il n'est pas dérangeant d'utiliser quelques mots anglais dans notre langage quotidien, comme shopping, club, flyer, flipper, mais ces mots doivent rester minoritaires. De plus en plus d'émissions à la télévision, Françaises arborent un titre en anglais, comme The Voice, Secret Story, The Bachelor, 50 Minutes Inside. Nous ne savons plus nous servir de notre langue et à force d'apprendre celle des autres peuples, Nous avons laissé la nôtre vieillir et se décevier. On nous retorquera que l'anglais est plus facile à maîtriser que le français. C'est vrai, dit pour cause. La langue française est plus riche que la langue anglaise, expliquant ainsi sa complexité. En anglais, le mot you est aussi bien employé pour parler à la reine d'Angleterre qu'à un chien. Mais nous, les français, nous avons la richesse du vouvoiement, permettant de faire respectueusement la distinction avec le tutoiement. en fonction de notre interlocuteur. D'ailleurs, ce vouvoiement spécifique à notre langue tente à disparaître un peu plus chaque jour, car étrangement associé à une forme de relation froide et distante, alors qu'il s'agit d'un respect et d'une considération envers son prochain. Sur ce sujet, je me souviens d'avoir été très heurtée à l'occasion d'une visite auprès de ma grand-mère qui était alors résidente en maison de retraite. Le personnel, certainement bien attentionné et voulant me démontrer qu'il entretenait un lien chaleureux et de proximité avec elle, l'a tutoyé et l'a appelé par son prénom Yvonne. Toute sa vie durant, ma grand-mère s'était faite appeler Madame Boy et avait suscité un profond respect. Ce tutoiement m'avait paru déplacée et m'avait inspiré de la peine pour ma grand-mère, qui se trouvait ainsi traitée de manière infantile. Alors que dans mes yeux, elle était toujours une grande dame. J'ai pleinement conscience que cette anecdote cristallise la croisée entre des générations, à l'éducation et aux codes différents. Du côté du vouvoiement, la langue française offre un éventail subtil de temps de conjugaison. Le passé simple, le plus que parfait, le passé composé, le futur antérieur, du conditionnel, de l'indicatif. du subjonctif, en passant par l'impératif. Voilà la richesse des formes verbales que nous offre le français. Le français est aujourd'hui la cinquième langue la plus parlée au monde, avec 300 millions de locuteurs. Le français est la deuxième langue étrangère apprise après l'anglais. Le français est la troisième langue des affaires dans le monde. Malgré cela, nous subissons à ce jour l'équivalent d'une politique d'invasion qu'un pays conquis subirait de la part d'un envahisseur. Et lorsqu'un pays envahit un autre pays pour le soumettre, une des premières choses qu'il impose est forcément sa langue. Il ne faut pas fermer les yeux sur cette américanisation que nous subissons. Elle est d'autant plus réelle qu'elle ne touche pas seulement notre langue, puisque les films, les séries télé, les musiques et les chansons sont en grande majorité américains. De plus, le McDo, le Coca ont envahi notre quotidien. Dans notre pays pourtant réputé pour sa bonne bouffe, la francophonie n'est pas seulement une langue et une pensée, c'est également des paysages et des jardins, c'est aussi un peuple, une histoire, un art de vivre, une façon d'être, un comportement ancré dans les origines. C'est aussi une tradition courtoise, sortie d'un rude passé guerrier, domestiquée par un profond respect des femmes, une spécificité sculptée, immodelé par la civilisation chrétienne. J'ai le souvenir d'avoir appris le français avec de grands auteurs classiques que mes professeurs m'ont fait découvrir. Grâce à cette initiation, j'ai dévoré seul de nombreux ouvrages, Émile Zola, Honoré de Balzac, Gustave Saubert, Jean de La Fontaine. Je ressentais une forme de chèvre. Ma curiosité était insatiable en découvrant ce monde sans limite et je devais du mal à refermer mon livre à des heures déjà très tardives. Ces lectures ont contribué à agrandir ma vision du monde et m'ont donné le goût des mots, me forgeant à une admiration sans borne pour notre langue. Les professeurs de l'époque ont su me transmettre un véritable trésor, un cadeau pour traverser la vie. En parallèle de cet enseignement exigeant, ma sœur aînée Laurence... qui avaient des capacités scolaires très limitées, ne pouvaient pas suivre un cursus classique et avaient été réorientés dans une classe spécialisée pour les élèves en échec scolaire. Vous vous souvenez peut-être des sigles PS ou CCPN. Les élèves de ces classes spécialisées dont Laurence faisait partie côtoyaient l'ensemble des autres élèves durant les temps de récréation. Ces adolescents étaient parfois moqués, mais les professeurs restaient en vigilance auprès d'eux durant ce temps d'immersion. Ainsi, ces élèves, à la fois un peu différents des autres et très différents entre eux, restaient à proximité de leur salle de cours qui était pour eux toujours la même. J'allais... de temps à autre rejoindre Laurence pendant des temps de récréation pour m'assurer que tout allait bien pour elle. Je la retrouvais souvent en larmes, elle se sentait incomprise et isolée, se plaignait de la méchanceté des autres élèves. Je tentais de la consoler rapidement en lui disant que la journée était bientôt terminée avant de rejoindre mes amis. L'école a toujours été source de souffrance pour Laurence. Les classes spécialisées de l'époque vivaient à pratiquer une... pédagogie différenciée, mais n'était pas la panacée, et une pratique hautement complexe. Aujourd'hui, les classes spécialisées sont remplacées par des classes qui incluent l'inclusion scolaire et pavées de bonnes intentions, mais les bonnes intentions ne suffisent pas, et une inclusion au rabais peut parfois se transformer en enfer pour les enseignants et les élèves, et un nivellement par le bas du niveau scolaire de nos jeunes. Or, nos enfants ont besoin d'être nourris avec ce qu'il y a de plus haut. Ils méritent le meilleur, l'excellence, la grande littérature. Amputer, rogner les ailes des enfants et ne pas les mettre en contact avec la plus haute qualité est un véritable gâchis. La littérature, c'est l'art le plus délicat à la mesure de nos enfants. Leurs cerveaux sont des buvards que les mots doivent façonner. Soyons fiers de la richesse de notre langue. Défendons-la et développons-la sans complexe. La langue française est notre trésor. Tâchons la préserver et ainsi renouer avec la France éternelle. L'Asie, l'Afrique, l'Inde réclament un rayonnement oublié de la France, les vers de Rabelais, les satires de La Fontaine, l'esprit de Madame de Sévigné, Porneille, Rimbaud, Verlaine. Le salut viendra peut-être de l'étranger. Ouvrons tous pour la gloire de notre patrimoine linguistique et faisons nôtre les paroles d'Anatole France. La langue française est une femme et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, page. On l'aime de toute son âme et qu'on n'ait jamais tenté de lui être infidèle. Je vous laisse, comme d'habitude, sur les paroles d'une chanson de Jacques Brel. Rosa, Rosa, Rosam, Rosaé, Rosaé, Rosa, c'est le plus vieux tango du monde, celui que les têtes blondes anonnent comme une ronde en apprenant leur latin. C'est le tango du collège. qui prend les élèves au piège et dont il est sacrilège de ne pas sortir malin. C'est le tango des bons pères qui surveille l'œil sévère, les jules et les prospères qui seront la France de demain. Vous êtes certainement abonné, mais vous pouvez toujours vérifier au cas où. Vous pouvez également me retrouver sur Facebook à Tendre une main pour soi à Lisbois. Je vous remercie pour tout. tous vos commentaires et vos partages et je vous dis à la semaine prochaine
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Avez-vous déjà réfléchi à la destination du voyage de vos rêves ? Moi, j'y ai déjà pensé. Et, en pré-réflexion, j'en suis arrivée à la conclusion que le plus beau des voyages que je puisse m'offrir, c'est celui qui me fera plonger au plus profond de moi-même, qui me rapprochera de la personne que je suis réellement, de mon étincelle, Vous êtes de plus en plus nombreux à partager ce voyage avec moi et je vous en remercie infiniment. Bienvenue dans le podcast Tendre une main pour soi Vous êtes avec Alice Boy, embarquement immédiat, porte numéro 24. Jamais dans toute son histoire, la langue française n'aura connu une invasion. aussi massif de mots étrangers. L'adoption de mots anglais, sans modification, témoigne de l'ascendant pris par la civilisation anglo-saxonne à travers la langue. L'ancien français a vécu son apogée au XIIe et XIIIe siècles et a atteint une beauté linguistique dont il n'a fait que déchoir depuis. A cette époque, le français est, dans une certaine mesure, une langue internationale. Alors le monde s'y prend de la langue française. L'Allemagne, l'Italie, la Russie, l'Angleterre, l'Espagne, les pays scandinaves apprennent à parler le français. Comment notre langue, tant par son génie propre que par l'autorité de sa littérature et de sa civilisation, a-t-elle perdu peu à peu sa place ? L'Académie française, fondée en 1635, avait pour principale fonction de travailler avec tout le soin et toute la diligence possible à donner les règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences. Le dramaturge Molière contribua à donner du prestige à la langue française au-delà des siècles avec ses œuvres Les Précieuses Ridicules, L'École des Femmes, Donjouan, Le Misanthrope. Les fourberies de Scapin, les femmes savantes, le malade imaginaire, le succès fut tel que depuis la langue française fut qualifié de langue de Molière. En 1882, la loi Jules Ferry instaura l'école primaire gratuite et laïque pour tous. L'usage des langues régionales fut interdit à l'école, même pendant les récréations, et l'enfant surpris à part les patois recevait une punition. C'était le temps de l'interdit de parler breton et de cracher par terre. Cette déculpitude des langues régionales a fragilisé l'unité de nos republiques locales. Même si la langue de Molière était encore protégée, les gouvernements ont laissé les anglicismes se répandre dans notre quotidien comme chien lit au printemps. Aujourd'hui, nous ne pouvons que constater les lacunes grandissantes des jeunes français dans l'appréhension. de la langue française. De 1997 à 2017, la proportion d'enfants en difficulté de lecture à l'entrée de la classe de 6e est passée de 14 à 19%. Dégradation constatée surtout dans le domaine du vocabulaire et de l'orthographe. La République, en délaissant l'apprentissage de la langue française pour lui préférer la langue anglaise, s'élève contre l'un des plus grands piliers de notre nation, son socle linguistique. Or, n'oublions pas que la langue maternelle donne du sens au monde. Aujourd'hui, certaines catégories de métiers préfèrent adopter un franglais, et ainsi, quelques mots anglais ont trouvé une nouvelle place dans le dictionnaire français. En 2013, c'est le mot low cost qui a fait son apparition dans le petit Robert. J'ai beaucoup de sympathie pour les Québécois qui défendent contre vents et marées le français contre le tout anglais imposé au Canada. Ils appliquent de façon drastique une loi faisant du français la langue officielle du Québec. Une loi datant du 26 août 1777. Même les titres des films américains sont traduits en français au Québec. Ils utilisent la forme fin de semaine plutôt que week-end. Ce qui est rarement le cas chez nous. Il n'est pas dérangeant d'utiliser quelques mots anglais dans notre langage quotidien, comme shopping, club, flyer, flipper, mais ces mots doivent rester minoritaires. De plus en plus d'émissions à la télévision, Françaises arborent un titre en anglais, comme The Voice, Secret Story, The Bachelor, 50 Minutes Inside. Nous ne savons plus nous servir de notre langue et à force d'apprendre celle des autres peuples, Nous avons laissé la nôtre vieillir et se décevier. On nous retorquera que l'anglais est plus facile à maîtriser que le français. C'est vrai, dit pour cause. La langue française est plus riche que la langue anglaise, expliquant ainsi sa complexité. En anglais, le mot you est aussi bien employé pour parler à la reine d'Angleterre qu'à un chien. Mais nous, les français, nous avons la richesse du vouvoiement, permettant de faire respectueusement la distinction avec le tutoiement. en fonction de notre interlocuteur. D'ailleurs, ce vouvoiement spécifique à notre langue tente à disparaître un peu plus chaque jour, car étrangement associé à une forme de relation froide et distante, alors qu'il s'agit d'un respect et d'une considération envers son prochain. Sur ce sujet, je me souviens d'avoir été très heurtée à l'occasion d'une visite auprès de ma grand-mère qui était alors résidente en maison de retraite. Le personnel, certainement bien attentionné et voulant me démontrer qu'il entretenait un lien chaleureux et de proximité avec elle, l'a tutoyé et l'a appelé par son prénom Yvonne. Toute sa vie durant, ma grand-mère s'était faite appeler Madame Boy et avait suscité un profond respect. Ce tutoiement m'avait paru déplacée et m'avait inspiré de la peine pour ma grand-mère, qui se trouvait ainsi traitée de manière infantile. Alors que dans mes yeux, elle était toujours une grande dame. J'ai pleinement conscience que cette anecdote cristallise la croisée entre des générations, à l'éducation et aux codes différents. Du côté du vouvoiement, la langue française offre un éventail subtil de temps de conjugaison. Le passé simple, le plus que parfait, le passé composé, le futur antérieur, du conditionnel, de l'indicatif. du subjonctif, en passant par l'impératif. Voilà la richesse des formes verbales que nous offre le français. Le français est aujourd'hui la cinquième langue la plus parlée au monde, avec 300 millions de locuteurs. Le français est la deuxième langue étrangère apprise après l'anglais. Le français est la troisième langue des affaires dans le monde. Malgré cela, nous subissons à ce jour l'équivalent d'une politique d'invasion qu'un pays conquis subirait de la part d'un envahisseur. Et lorsqu'un pays envahit un autre pays pour le soumettre, une des premières choses qu'il impose est forcément sa langue. Il ne faut pas fermer les yeux sur cette américanisation que nous subissons. Elle est d'autant plus réelle qu'elle ne touche pas seulement notre langue, puisque les films, les séries télé, les musiques et les chansons sont en grande majorité américains. De plus, le McDo, le Coca ont envahi notre quotidien. Dans notre pays pourtant réputé pour sa bonne bouffe, la francophonie n'est pas seulement une langue et une pensée, c'est également des paysages et des jardins, c'est aussi un peuple, une histoire, un art de vivre, une façon d'être, un comportement ancré dans les origines. C'est aussi une tradition courtoise, sortie d'un rude passé guerrier, domestiquée par un profond respect des femmes, une spécificité sculptée, immodelé par la civilisation chrétienne. J'ai le souvenir d'avoir appris le français avec de grands auteurs classiques que mes professeurs m'ont fait découvrir. Grâce à cette initiation, j'ai dévoré seul de nombreux ouvrages, Émile Zola, Honoré de Balzac, Gustave Saubert, Jean de La Fontaine. Je ressentais une forme de chèvre. Ma curiosité était insatiable en découvrant ce monde sans limite et je devais du mal à refermer mon livre à des heures déjà très tardives. Ces lectures ont contribué à agrandir ma vision du monde et m'ont donné le goût des mots, me forgeant à une admiration sans borne pour notre langue. Les professeurs de l'époque ont su me transmettre un véritable trésor, un cadeau pour traverser la vie. En parallèle de cet enseignement exigeant, ma sœur aînée Laurence... qui avaient des capacités scolaires très limitées, ne pouvaient pas suivre un cursus classique et avaient été réorientés dans une classe spécialisée pour les élèves en échec scolaire. Vous vous souvenez peut-être des sigles PS ou CCPN. Les élèves de ces classes spécialisées dont Laurence faisait partie côtoyaient l'ensemble des autres élèves durant les temps de récréation. Ces adolescents étaient parfois moqués, mais les professeurs restaient en vigilance auprès d'eux durant ce temps d'immersion. Ainsi, ces élèves, à la fois un peu différents des autres et très différents entre eux, restaient à proximité de leur salle de cours qui était pour eux toujours la même. J'allais... de temps à autre rejoindre Laurence pendant des temps de récréation pour m'assurer que tout allait bien pour elle. Je la retrouvais souvent en larmes, elle se sentait incomprise et isolée, se plaignait de la méchanceté des autres élèves. Je tentais de la consoler rapidement en lui disant que la journée était bientôt terminée avant de rejoindre mes amis. L'école a toujours été source de souffrance pour Laurence. Les classes spécialisées de l'époque vivaient à pratiquer une... pédagogie différenciée, mais n'était pas la panacée, et une pratique hautement complexe. Aujourd'hui, les classes spécialisées sont remplacées par des classes qui incluent l'inclusion scolaire et pavées de bonnes intentions, mais les bonnes intentions ne suffisent pas, et une inclusion au rabais peut parfois se transformer en enfer pour les enseignants et les élèves, et un nivellement par le bas du niveau scolaire de nos jeunes. Or, nos enfants ont besoin d'être nourris avec ce qu'il y a de plus haut. Ils méritent le meilleur, l'excellence, la grande littérature. Amputer, rogner les ailes des enfants et ne pas les mettre en contact avec la plus haute qualité est un véritable gâchis. La littérature, c'est l'art le plus délicat à la mesure de nos enfants. Leurs cerveaux sont des buvards que les mots doivent façonner. Soyons fiers de la richesse de notre langue. Défendons-la et développons-la sans complexe. La langue française est notre trésor. Tâchons la préserver et ainsi renouer avec la France éternelle. L'Asie, l'Afrique, l'Inde réclament un rayonnement oublié de la France, les vers de Rabelais, les satires de La Fontaine, l'esprit de Madame de Sévigné, Porneille, Rimbaud, Verlaine. Le salut viendra peut-être de l'étranger. Ouvrons tous pour la gloire de notre patrimoine linguistique et faisons nôtre les paroles d'Anatole France. La langue française est une femme et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, page. On l'aime de toute son âme et qu'on n'ait jamais tenté de lui être infidèle. Je vous laisse, comme d'habitude, sur les paroles d'une chanson de Jacques Brel. Rosa, Rosa, Rosam, Rosaé, Rosaé, Rosa, c'est le plus vieux tango du monde, celui que les têtes blondes anonnent comme une ronde en apprenant leur latin. C'est le tango du collège. qui prend les élèves au piège et dont il est sacrilège de ne pas sortir malin. C'est le tango des bons pères qui surveille l'œil sévère, les jules et les prospères qui seront la France de demain. Vous êtes certainement abonné, mais vous pouvez toujours vérifier au cas où. Vous pouvez également me retrouver sur Facebook à Tendre une main pour soi à Lisbois. Je vous remercie pour tout. tous vos commentaires et vos partages et je vous dis à la semaine prochaine
C'est l'année,
Description
Et si la plus belle des rencontres était celle avec soi même?
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Transcription
Avez-vous déjà réfléchi à la destination du voyage de vos rêves ? Moi, j'y ai déjà pensé. Et, en pré-réflexion, j'en suis arrivée à la conclusion que le plus beau des voyages que je puisse m'offrir, c'est celui qui me fera plonger au plus profond de moi-même, qui me rapprochera de la personne que je suis réellement, de mon étincelle, Vous êtes de plus en plus nombreux à partager ce voyage avec moi et je vous en remercie infiniment. Bienvenue dans le podcast Tendre une main pour soi Vous êtes avec Alice Boy, embarquement immédiat, porte numéro 24. Jamais dans toute son histoire, la langue française n'aura connu une invasion. aussi massif de mots étrangers. L'adoption de mots anglais, sans modification, témoigne de l'ascendant pris par la civilisation anglo-saxonne à travers la langue. L'ancien français a vécu son apogée au XIIe et XIIIe siècles et a atteint une beauté linguistique dont il n'a fait que déchoir depuis. A cette époque, le français est, dans une certaine mesure, une langue internationale. Alors le monde s'y prend de la langue française. L'Allemagne, l'Italie, la Russie, l'Angleterre, l'Espagne, les pays scandinaves apprennent à parler le français. Comment notre langue, tant par son génie propre que par l'autorité de sa littérature et de sa civilisation, a-t-elle perdu peu à peu sa place ? L'Académie française, fondée en 1635, avait pour principale fonction de travailler avec tout le soin et toute la diligence possible à donner les règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences. Le dramaturge Molière contribua à donner du prestige à la langue française au-delà des siècles avec ses œuvres Les Précieuses Ridicules, L'École des Femmes, Donjouan, Le Misanthrope. Les fourberies de Scapin, les femmes savantes, le malade imaginaire, le succès fut tel que depuis la langue française fut qualifié de langue de Molière. En 1882, la loi Jules Ferry instaura l'école primaire gratuite et laïque pour tous. L'usage des langues régionales fut interdit à l'école, même pendant les récréations, et l'enfant surpris à part les patois recevait une punition. C'était le temps de l'interdit de parler breton et de cracher par terre. Cette déculpitude des langues régionales a fragilisé l'unité de nos republiques locales. Même si la langue de Molière était encore protégée, les gouvernements ont laissé les anglicismes se répandre dans notre quotidien comme chien lit au printemps. Aujourd'hui, nous ne pouvons que constater les lacunes grandissantes des jeunes français dans l'appréhension. de la langue française. De 1997 à 2017, la proportion d'enfants en difficulté de lecture à l'entrée de la classe de 6e est passée de 14 à 19%. Dégradation constatée surtout dans le domaine du vocabulaire et de l'orthographe. La République, en délaissant l'apprentissage de la langue française pour lui préférer la langue anglaise, s'élève contre l'un des plus grands piliers de notre nation, son socle linguistique. Or, n'oublions pas que la langue maternelle donne du sens au monde. Aujourd'hui, certaines catégories de métiers préfèrent adopter un franglais, et ainsi, quelques mots anglais ont trouvé une nouvelle place dans le dictionnaire français. En 2013, c'est le mot low cost qui a fait son apparition dans le petit Robert. J'ai beaucoup de sympathie pour les Québécois qui défendent contre vents et marées le français contre le tout anglais imposé au Canada. Ils appliquent de façon drastique une loi faisant du français la langue officielle du Québec. Une loi datant du 26 août 1777. Même les titres des films américains sont traduits en français au Québec. Ils utilisent la forme fin de semaine plutôt que week-end. Ce qui est rarement le cas chez nous. Il n'est pas dérangeant d'utiliser quelques mots anglais dans notre langage quotidien, comme shopping, club, flyer, flipper, mais ces mots doivent rester minoritaires. De plus en plus d'émissions à la télévision, Françaises arborent un titre en anglais, comme The Voice, Secret Story, The Bachelor, 50 Minutes Inside. Nous ne savons plus nous servir de notre langue et à force d'apprendre celle des autres peuples, Nous avons laissé la nôtre vieillir et se décevier. On nous retorquera que l'anglais est plus facile à maîtriser que le français. C'est vrai, dit pour cause. La langue française est plus riche que la langue anglaise, expliquant ainsi sa complexité. En anglais, le mot you est aussi bien employé pour parler à la reine d'Angleterre qu'à un chien. Mais nous, les français, nous avons la richesse du vouvoiement, permettant de faire respectueusement la distinction avec le tutoiement. en fonction de notre interlocuteur. D'ailleurs, ce vouvoiement spécifique à notre langue tente à disparaître un peu plus chaque jour, car étrangement associé à une forme de relation froide et distante, alors qu'il s'agit d'un respect et d'une considération envers son prochain. Sur ce sujet, je me souviens d'avoir été très heurtée à l'occasion d'une visite auprès de ma grand-mère qui était alors résidente en maison de retraite. Le personnel, certainement bien attentionné et voulant me démontrer qu'il entretenait un lien chaleureux et de proximité avec elle, l'a tutoyé et l'a appelé par son prénom Yvonne. Toute sa vie durant, ma grand-mère s'était faite appeler Madame Boy et avait suscité un profond respect. Ce tutoiement m'avait paru déplacée et m'avait inspiré de la peine pour ma grand-mère, qui se trouvait ainsi traitée de manière infantile. Alors que dans mes yeux, elle était toujours une grande dame. J'ai pleinement conscience que cette anecdote cristallise la croisée entre des générations, à l'éducation et aux codes différents. Du côté du vouvoiement, la langue française offre un éventail subtil de temps de conjugaison. Le passé simple, le plus que parfait, le passé composé, le futur antérieur, du conditionnel, de l'indicatif. du subjonctif, en passant par l'impératif. Voilà la richesse des formes verbales que nous offre le français. Le français est aujourd'hui la cinquième langue la plus parlée au monde, avec 300 millions de locuteurs. Le français est la deuxième langue étrangère apprise après l'anglais. Le français est la troisième langue des affaires dans le monde. Malgré cela, nous subissons à ce jour l'équivalent d'une politique d'invasion qu'un pays conquis subirait de la part d'un envahisseur. Et lorsqu'un pays envahit un autre pays pour le soumettre, une des premières choses qu'il impose est forcément sa langue. Il ne faut pas fermer les yeux sur cette américanisation que nous subissons. Elle est d'autant plus réelle qu'elle ne touche pas seulement notre langue, puisque les films, les séries télé, les musiques et les chansons sont en grande majorité américains. De plus, le McDo, le Coca ont envahi notre quotidien. Dans notre pays pourtant réputé pour sa bonne bouffe, la francophonie n'est pas seulement une langue et une pensée, c'est également des paysages et des jardins, c'est aussi un peuple, une histoire, un art de vivre, une façon d'être, un comportement ancré dans les origines. C'est aussi une tradition courtoise, sortie d'un rude passé guerrier, domestiquée par un profond respect des femmes, une spécificité sculptée, immodelé par la civilisation chrétienne. J'ai le souvenir d'avoir appris le français avec de grands auteurs classiques que mes professeurs m'ont fait découvrir. Grâce à cette initiation, j'ai dévoré seul de nombreux ouvrages, Émile Zola, Honoré de Balzac, Gustave Saubert, Jean de La Fontaine. Je ressentais une forme de chèvre. Ma curiosité était insatiable en découvrant ce monde sans limite et je devais du mal à refermer mon livre à des heures déjà très tardives. Ces lectures ont contribué à agrandir ma vision du monde et m'ont donné le goût des mots, me forgeant à une admiration sans borne pour notre langue. Les professeurs de l'époque ont su me transmettre un véritable trésor, un cadeau pour traverser la vie. En parallèle de cet enseignement exigeant, ma sœur aînée Laurence... qui avaient des capacités scolaires très limitées, ne pouvaient pas suivre un cursus classique et avaient été réorientés dans une classe spécialisée pour les élèves en échec scolaire. Vous vous souvenez peut-être des sigles PS ou CCPN. Les élèves de ces classes spécialisées dont Laurence faisait partie côtoyaient l'ensemble des autres élèves durant les temps de récréation. Ces adolescents étaient parfois moqués, mais les professeurs restaient en vigilance auprès d'eux durant ce temps d'immersion. Ainsi, ces élèves, à la fois un peu différents des autres et très différents entre eux, restaient à proximité de leur salle de cours qui était pour eux toujours la même. J'allais... de temps à autre rejoindre Laurence pendant des temps de récréation pour m'assurer que tout allait bien pour elle. Je la retrouvais souvent en larmes, elle se sentait incomprise et isolée, se plaignait de la méchanceté des autres élèves. Je tentais de la consoler rapidement en lui disant que la journée était bientôt terminée avant de rejoindre mes amis. L'école a toujours été source de souffrance pour Laurence. Les classes spécialisées de l'époque vivaient à pratiquer une... pédagogie différenciée, mais n'était pas la panacée, et une pratique hautement complexe. Aujourd'hui, les classes spécialisées sont remplacées par des classes qui incluent l'inclusion scolaire et pavées de bonnes intentions, mais les bonnes intentions ne suffisent pas, et une inclusion au rabais peut parfois se transformer en enfer pour les enseignants et les élèves, et un nivellement par le bas du niveau scolaire de nos jeunes. Or, nos enfants ont besoin d'être nourris avec ce qu'il y a de plus haut. Ils méritent le meilleur, l'excellence, la grande littérature. Amputer, rogner les ailes des enfants et ne pas les mettre en contact avec la plus haute qualité est un véritable gâchis. La littérature, c'est l'art le plus délicat à la mesure de nos enfants. Leurs cerveaux sont des buvards que les mots doivent façonner. Soyons fiers de la richesse de notre langue. Défendons-la et développons-la sans complexe. La langue française est notre trésor. Tâchons la préserver et ainsi renouer avec la France éternelle. L'Asie, l'Afrique, l'Inde réclament un rayonnement oublié de la France, les vers de Rabelais, les satires de La Fontaine, l'esprit de Madame de Sévigné, Porneille, Rimbaud, Verlaine. Le salut viendra peut-être de l'étranger. Ouvrons tous pour la gloire de notre patrimoine linguistique et faisons nôtre les paroles d'Anatole France. La langue française est une femme et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, page. On l'aime de toute son âme et qu'on n'ait jamais tenté de lui être infidèle. Je vous laisse, comme d'habitude, sur les paroles d'une chanson de Jacques Brel. Rosa, Rosa, Rosam, Rosaé, Rosaé, Rosa, c'est le plus vieux tango du monde, celui que les têtes blondes anonnent comme une ronde en apprenant leur latin. C'est le tango du collège. qui prend les élèves au piège et dont il est sacrilège de ne pas sortir malin. C'est le tango des bons pères qui surveille l'œil sévère, les jules et les prospères qui seront la France de demain. Vous êtes certainement abonné, mais vous pouvez toujours vérifier au cas où. Vous pouvez également me retrouver sur Facebook à Tendre une main pour soi à Lisbois. Je vous remercie pour tout. tous vos commentaires et vos partages et je vous dis à la semaine prochaine
C'est l'année,
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