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#011 - Mathieu Girard - Cocorico Paris « Le design, c’est une stratégie avant d’être un style » cover
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The Design Talk

#011 - Mathieu Girard - Cocorico Paris « Le design, c’est une stratégie avant d’être un style »

#011 - Mathieu Girard - Cocorico Paris « Le design, c’est une stratégie avant d’être un style »

1h27 |25/07/2025
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#011 - Mathieu Girard - Cocorico Paris « Le design, c’est une stratégie avant d’être un style »

#011 - Mathieu Girard - Cocorico Paris « Le design, c’est une stratégie avant d’être un style »

1h27 |25/07/2025
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Description

Designer, architecte d’intérieur, cofondateur de Cocorico Paris, Mathieu Girard est de ceux pour qui un lieu ne se conçoit jamais en surface. Avec son associé Gauthier Pouillart, il développe depuis plus de dix ans une approche transversale du design — mêlant narration, stratégie, architecture, mobilier, image, son, expérience client.


Dans cet épisode, il revient sur son parcours, ses années à l’École Bleue, son installation entre La Rochelle et Paris, et surtout sur la philosophie qui guide ses projets : commencer par la question “pourquoi ?”, construire un récit, puis le traduire dans chaque détail, qu’il s’agisse d’un hall d’accueil, d’une poignée de porte, ou d’un parfum d’ambiance.


Mathieu nous parle avec précision et sincérité de sa méthode :

– un travail de fond sur l’usage, le contexte, l’implantation locale ;

– une traduction cohérente à travers l’espace, l’image, le son, la lumière et les mots ;

– une volonté de concevoir des lieux sincères, utiles, lisibles, mais aussi rentables et pérennes.


Parmi les projets qu’il évoque :

Wellio (Marseille, Paris…), un espace de coworking où l’identité sonore, les textures, les rythmes narratifs sont pensés comme partie intégrante de l’expérience ;

Point Pixel, dans le 5e arrondissement de Paris, dont l’esthétique mêle pixel et tissage, avec une tapisserie numérique animée ;

Appart’Beauté, où l’on entre dans un univers médical discret, presque domestique, tout en élégance.


Il parle aussi de sa manière d’aborder le design produit (avec La Chance ou Haymann Editions), des KPIs intégrés dans la phase de conception, de stratégie de marque, de formation d’équipes pluridisciplinaires, et de son attachement au bon sens, à la nuance, au “fond” plus qu’à l’effet.


C’est une conversation vivante, dense, et généreuse, avec un designer qui trace un chemin singulier dans le paysage français, à la croisée du fonctionnel, du sensoriel et du narratif.


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The Design Talk est produit par Franck Mallez. Fondateur de Yourse.co et de tcrewagency.com , ancien journaliste, et entrepreneur des industries créatives.
https://www.linkedin.com/in/franckmallez/
https://www.instagram.com/franckmallez/
https://www.instagram.com/thedesigntalk.podcast



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    designers, architectes, entrepreneurs, artisans, tous ont en commun une vision, un parcours, une approche du design qui résonne avec notre époque. Alors ici, on parle d'inspiration, de matière, d'innovation, de process, mais aussi de défis, d'échecs et de réussites, tout ce qui façonne finalement chaque projet. The Design Talks est une plongée dans l'univers de ceux qui imaginent, transforment et réinventent notre quotidien. Alors installez-vous, ouvrez grand les oreilles, l'épisode du jour commence maintenant.

  • Speaker #1

    En tout cas, c'est une belle entreprise.

  • Speaker #0

    C'est sympa. Allez, c'est parti. C'est bon, ça enregistre. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans The Design Talk. Aujourd'hui, je reçois un invité qui, avec son agence, explore le design dans toute sa transversalité, des idées aux formes, des usages aux lieux. Il revendique d'ailleurs une approche globale, contextuelle et sensible des projets qu'il traite. Chez lui, on parle autant de stratégie que de matière, autant de récits que de volumes, de couleurs, d'identité. Bonjour Mathieu Girard.

  • Speaker #1

    Bonjour Franck. Merci.

  • Speaker #0

    Bienvenue dans ce Design Talk. On est ensemble pour une bonne heure et quart. On va explorer ton métier, ton métier de design global qui, moi, m'intrigue beaucoup. J'aimerais bien. Je pense qu'on est nombreux à vouloir comprendre ce que c'est que le design global. Donc, tu vas nous l'expliquer. Et puis, tu vas nous expliquer ton parcours. Et puis, on aura le droit de faire plein de digressions. Donc, ça va être sympa. Alors déjà, j'ai peut-être quelques petites questions un peu légères d'entrée pour briser la glace. s'il y a une chose qui t'a inspiré ce matin La première chose qui t'a inspiré ce matin, ce serait quoi ?

  • Speaker #1

    Le rayon du soleil qui traversait la fenêtre de la salle de bain de chez ma belle-sœur. Je me suis revu dans mes années à Parisienne, puisque là je ne suis plus à Paris maintenant. Et ça m'a inspiré vraiment de dingue, parce que je me suis revu à avoir le plaisir de vivre à Paris. Ce que je n'ai plus aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est vraiment sur des moments très éphémères et très intenses pour le coup. mais c'est vrai que c'était... C'était plaisant, il y avait ces rayons qui tapaient sur l'eau, les rayons diffractés, c'était magnifique. Tu vis où d'ailleurs ? La Rochelle maintenant.

  • Speaker #0

    Ah ouais, donc il y a peut-être un peu plus de soleil quoique ?

  • Speaker #1

    Plus de soleil, plus de mer aussi.

  • Speaker #0

    Plus de mer, plus de nature.

  • Speaker #1

    Plus de nature, plus de détente aussi par la location. Le rythme n'est pas le même, ce qui fait que quand je viens ici, je retrouve la pression positive, toute la dynamique parisienne et quand je rentre, c'est un petit peu plus détendu, qui me laisse aussi l'occasion de voguer dans mes pensées.

  • Speaker #0

    Et de voguer tout court aussi. Parle bien dans le micro pour être bien sûr qu'on nous entende bien. Est-ce que tu te souviens d'un espace ou d'un lieu, d'un espace ou d'un objet peut-être qui t'a marqué dans ton enfance ou dans ta jeune vie d'adulte en particulier ?

  • Speaker #1

    Oui, alors ça va être... Je te réponds du tacotage comme ça. c'est le L'objet, c'est la montre. Et en fait, quand j'étais petit, mes parents m'ont offert une notamment pour apprendre à lire l'heure, bien évidemment. Mais en fait, je me suis amusé, moi, à la démonter. Je me suis dit, mais je veux savoir comment ça fonctionne, comment ces petites aiguilles réussissent à tourner dans un si petit objet. Donc, je l'avais démontée. Et pour le coup, ma mère l'a retrouvée.

  • Speaker #0

    Quelques années après, en pièce.

  • Speaker #1

    Elle m'a expliqué qu'en fait ce n'était pas l'objectif de m'avoir offert. une montre donc elle m'a appris à lire à l'heure pour le coup après et puis je m'en suis voulu puisque j'avais pu le petit objet qui m'avait été offert et tu te souviens de la montre en question c'est un des c'était je sais pas une brasse ça devait être une flic flac ou une swatch quelque chose comme ça mais

  • Speaker #0

    oui j'ai le souvenir des flics flac soit de force ça devait être ça ouais d'accord plutôt de toute façon à aiguille et à quartz ou mécanique c'était à quartz web et maintenant je Je suis plus pour la partie automatique.

  • Speaker #1

    Oui. qui m'intéresse beaucoup plus, toujours pour l'aspect mécanique, et puis après, pour le calcul de la durée, tu tombes bien évidemment.

  • Speaker #0

    Attention à tes mains, juste sur le socle. Mais elle est plutôt là, comme ça, pas trop sur le socle.

  • Speaker #1

    Tu me l'avais dit tout à l'heure, et là tu vois, je me suis fait attrapé.

  • Speaker #0

    Alors, si on devait décrire ton métier, on va rentrer dans le détail, mais ton métier de manière très synthétique, si tu devais le décrire à un enfant de 6-7 ans, tu lui expliquerais ça comment ?

  • Speaker #1

    Bah écoute, pour le coup, mon enfant... mon fils a 7 ans et je suis en plein dedans. J'ai commencé par lui dire ce qui paraît être le plus banal et aussi le plus original, c'est que je dessine des maisons, des bureaux, des hôtels, enfin voilà, toutes ces choses-là. Donc comme ça, il y avait quelque chose d'assez, pour lui, assez facile à s'approprier. Bien évidemment aussi, comme je fais du design, il y avait les objets, donc la table, la chaise, et tout de suite. mais ce qui m'intéresse m'intéresse le plus en fait et j'ai développé ça là et je le développe de plus en plus en fait c'est surtout de lui dire que je trouve des solutions en fait je suis un trouveur de solutions alors c'est mal dit bien évidemment mais je essaye de me mettre à son niveau et de surtout un peu caricaturer la chose pardon et j'aime beaucoup en fait cette approche parce qu'elle se détache même de mon métier architecte d'intérieur, designer ou même graphiste, on cherche des solutions mais ça se déploie en fait sur tout type de choses.

  • Speaker #0

    Oui mais très transversal.

  • Speaker #1

    Exactement, et ça c'est ce que j'aime.

  • Speaker #0

    Oui mais c'est très clair et alors justement ça permet déjà d'aborder la question du design global en fait. Ça peut être quoi la problématique type qu'un client va te poser, il va venir te voir en disant voilà le problème auquel vous trouviez la solution, ça va être quoi qu'il va t'exprimer ? mais je veux faire rentrer plus de gens dans cet espace. Ça va être quoi un cas de typique, un cas d'usage typique ?

  • Speaker #1

    Un cas d'usage typique, c'est un secteur d'activité. On va prendre par exemple de l'hôtellerie. On a un hôtel, on va avoir tant de chambres, on va avoir tant de surfaces pour des espaces communs. Et on aimerait mettre dans ces espaces communs autant d'activités que celles qu'il va nous décrire. Ça va être son cahier des charges, bien évidemment. Donc à partir de là, on va vite se rendre compte s'il y a trop de choses à rentrer dans un espace qui serait trop petit. Voilà, exactement. Donc à partir de là, c'est comment on réussit à fusionner certaines activités et à les faire vivre ensemble. Ou alors tout simplement aussi apprendre à dire non, à dire que ce n'est pas possible. Bien évidemment, ce n'est pas trop l'objectif, mais ça va être de trouver toutes ces solutions. Alors ça, c'est en plus, ça fait partie de la stratégie, où on suit beaucoup nos clients sur la stratégie en amont. avant même de développer. l'idée du concept, l'idée de la représentation qui sera donnée au projet. Et ça nous permet d'avoir une démarche qui, ça aussi, est très importante pour nous. C'est la partie apporte. On apporte des solutions économiques dans le business.

  • Speaker #0

    Il faut que ça soit inscrit dans une stratégie globale, mais aussi une prévision. chiffrée, financière, et une rentabilité du projet, si c'est un hôtel, évidemment.

  • Speaker #1

    Exactement. Et en fait, dans les solutions qui vont être apportées sur ce cahier des charges, on va essayer d'apporter, fusionner, comme je l'ai dit tout à l'heure, et ajouter parfois, tout simplement, des choses auxquelles ils n'ont pas pensé ou des choses qui, par la force des discussions qu'on a, apparaissent. On aime beaucoup ne pas simplement prendre un brief tel qu'il est. mais essayer de le challenger et puis y apporter... L'idée révoluée. Oui. Ça c'est... On en parlera plutôt long, je pense, parce que tu parlais de transversalité. Ce qui est intéressant dans cette démarche de transversalité, ce sont les ponts qu'on est capable de faire. Et quelquefois, en fait, on est sur un sujet qui n'a rien à voir et on va être capable d'aller tirer une idée, tirer une solution et la ramener en fait dans une problématique en fait qui...

  • Speaker #0

    qui est exprimé de manière peut-être un peu simple au départ, mais en fait, vous tirez un fil et vous allez créer une cohérence globale. Mais on va rentrer dans le détail un peu plus tard avec des exemples très concrets. Sur ton métier, on a pas encore cité le nom de ton agence, mais tu as plein d'activités. Mais ton activité principale, c'est celle de Cocoréco Paris. Donc, tu es cofondateur. Donc tu as la forme entrepreneur, designer, architecte d'intérieur, directeur de création et directeur artistique dans Coco-Réco Paris. Et aussi tu as une activité de designer produit, donc de mobilier, notamment peut-être de luminaire aussi, je ne sais pas, pour des éditeurs, comme ça a été le cas longtemps pour Cider.

  • Speaker #1

    LA Chance, Haymann Editions

  • Speaker #0

    Haymann qu'on a reçue ici, David.

  • Speaker #1

    Exactement, et puis d'autres projets qui sont en cours de développement, qui devraient sortir au courant de l'année prochaine pour d'autres éditeurs.

  • Speaker #0

    Ok, génial, on va explorer tout ça. Est-ce qu'il y a un objet ou un espace qu'au contraire tu détestais quand tu étais enfant ?

  • Speaker #1

    C'était le placard qui était proche de mon lit parce que j'avais peur.

  • Speaker #0

    Des monstres qui étaient cachés dedans ?

  • Speaker #1

    Après, de manière générale, chaque espace m'intriguait parce que je pouvais y trouver. Au-delà même de leur fonction, il y avait des choses à voir. Et ça, c'est ce que je faisais avec mon frère. On se faufilait partout pour découvrir chaque trésor qui se cachait dans chaque pièce des maisons dans lesquelles on pouvait aller. Alors ça pouvait paraître être un peu bizarre parce qu'on se demandait pourquoi on se retrouvait là. Mais c'est vrai qu'on avait cette curiosité d'y trouver tout un tas de choses et de comprendre surtout. quelle était l'histoire en fait qu'il y avait en amont. Et ça, ça nous faisait bien marrer.

  • Speaker #0

    Alors ça m'a mis une question que j'avais pas prévu mais moi, souvent en tant qu'enfant effectivement on va fouiner dans les greniers, dans les maisons, où on a l'impression que rien n'a bougé depuis des... parfois même quand ça a bougé d'ailleurs ça peut être intéressant c'est quoi ton rapport au désordre et souvent les archis d'intérieur sont sont parfois un peu un peu paradoxaux parce que parce que ils vivent dans des endroits qui sont parfois très différents de ceux qu'ils fabriquent pour les autres.

  • Speaker #1

    Tout à fait, ma réponse va aller dans ton sens, dans le sens de ce que tu dis, puisque chez moi c'est rangé, j'ai tendance à demander à mon épouse, mon enfant, à ce que les choses soient rangées, bien que le désordre ne me déplaise pas, puisque c'est souvent le moment où on va avoir un acte de création, ou en tout cas aussi de libération. donc ça je laisse par exemple la salle de jeu dérangée tant qu'il ya en fait un projet qui est en cours. Quand le projet est terminé, j'aime bien que ce soit rangé. Et puis de manière générale, j'aime bien quand les choses sont assez bien ordonnées. Par contre, le désordre que je trouve chez les autres me plaît particulièrement. J'adore aller dans des endroits où pour le coup, il n'y a pas cette nécessité d'ordre. Parce que ça me détend et ça m'offre en fait une... Je ne vais pas dire des vacances, mais une respiration. C'est le moment pour moi justement d'assouvir cette envie en fait de... de plonger dans tout ce bordel, si je puis utiliser le terme, où je vais aller toucher, prendre, raconter, raconter vraiment les... Enfin, me raconter en fait une histoire sur tout ce que je trouve.

  • Speaker #0

    Oui, c'est vrai que ça raconte souvent quelqu'un de la personne qui habite le désordre. Et moi, j'adore cette notion de désordre, parce que pour certains, ça veut dire le chaos. Pour d'autres, ça va être non, non, tout est super structuré. même si ça vous paraît désordonné ça l'est au contraire beaucoup mais bon c'est assez marrant.

  • Speaker #1

    Oui, on est tous pris par l'un ou l'autre en fait, il n'y a pas vraiment de juste milieu. Le désordre à cette richesse en fait de laisser voir tout quand on va chez moi, tout est bien rangé donc finalement je cache beaucoup de choses d'une certaine façon puisqu'elles vont être rangées. Dans le désordre il y a tout qui est mis sur, c'est comme une feuille blanche sur laquelle on s'amuserait à dessiner avec toutes les couleurs et tout. là où j'aurais tendance à prendre le feutre qui va bien, la bonne couleur et laisser le reste dans sa pochette

  • Speaker #0

    Alors tu viens de Nancy tu me le disais juste avant qu'on démarre Nancy qui est une ville qui t'a peut-être d'ailleurs pour un de ses illustres je ne sais pas si on peut dire designer parce que lui ne se définissait pas comme designer mais Jean Prouvé créateur, ingénieur comment t'est venue raconte-nous un peu dans quel univers t'as grandi quelle étude tu as fait et comment tu es arrivé à faire ton métier ?

  • Speaker #1

    Un peu par la force des choses, je me suis fait accompagner par une maman qui avait une bienveillance à tout égard, enfin à toute épreuve pardon. Puis tout petit en fait, j'ai cette vocation à aller chercher partout, être curieux, aller me faufiler comme je disais dans toute pièce pour trouver une chose qui allait me surprendre. ou me raconter une histoire. J'avais aussi une appétence, on va dire, pour le dessin. J'adorais dessiner. J'adorais projeter des choses de la façon la plus simple possible. Ma mère me disait souvent, l'avantage avec toi, c'est que tu vas toujours à l'essentiel. Et en fait, les études ont été chaotiques et elles me cherchaient absolument une porte de sortie ou une raison d'être, peut-être. et le match Il m'a dit un jour, écoute, j'ai trouvé une école, c'était une mise à niveau d'art appliqué, mais avec une option qui était celle du design. Il m'a dit, est-ce que ça t'intéresse ? Je te mettrai bien dedans. Enfin, je t'inscrirai bien là-bas. Donc, je me suis laissé porter parce que moi, de toute façon, j'avais tellement de mal à l'école que...

  • Speaker #0

    C'est-à-dire que tu ne savais pas du tout, tu savais que tu étais plutôt un créatif ? Oui,

  • Speaker #1

    créatif, mais il y avait aussi cette notion, j'aime bien le côté ingénieux des choses. On trouvait la montre. J'aime beaucoup savoir pourquoi les choses sont faites et comment elles fonctionnent. Ça m'intéresse. À partir de là, j'ai ouvert la porte. C'est vrai que ça réunissait pas mal de choses qui m'intéressaient, qui me donnaient envie tout du moins. Et donc j'y suis allé. C'était à Strasbourg, c'était l'ISA à Strasbourg, mis à niveau. Et à partir de là, j'ai découvert un monde qui me semblait vraiment... bien pour mon futur, c'est-à-dire que je me voyais enfin avoir une possible carrière dans ce domaine. Alors ce n'était pas en plus fermé, c'est-à-dire qu'on faisait mise à niveau d'art appliqué, il y avait du dessin, du graphisme, il y avait cette option d'isole. il y avait aussi un peu d'archi intérieur. Mes parents pour le coup me disaient tu seras architecte parce qu'ils me disaient qu'il y avait un côté artiste alors que je n'aimais pas du tout. Mais voilà, donc ça réunissait tout et puis j'ai trouvé après une école. pendant la mise à niveau à Paris, l'école bleue.

  • Speaker #0

    L'école bleue, oui, dans le 14e, je crois.

  • Speaker #1

    Alors maintenant qu'il s'est déplacé, exactement, qui était dans le 11e, et qui avait cette particularité de fournir triple diplôme, architecte d'intérieur, designer et également graphiste. Et ça, c'était parfait parce que moi, j'y voyais...

  • Speaker #0

    La combinaison.

  • Speaker #1

    La combinaison de plein de choses. Et surtout, ce n'était pas le... On pourra en parler, mais c'est vrai qu'on a très... facile. dernières années, on a pu voir même un saucissonnage. C'est-à-dire que les métiers, il fallait créer des casques. Et ça, c'était dommage. Alors que quand on regarde les architectes d'avant, ils allaient de la petite cuillère jusqu'à faire de l'urbanisme. Il n'y avait vraiment pas de frontières. Au contraire, c'était un processus intellectuel qui était mis en avant. Et ça, je trouvais ça génial. Parce qu'en fait, mon esprit, quand il part, il n'a pas envie d'avoir de loisirs. Oui, bien sûr. bien me spécialiser quand je suis concentré sur quelque chose, ça nécessite à ce que mon cerveau soit concentré, focus sur une activité, mais une fois que je m'en extrais, j'ai envie d'ouvrir en fait les portes et me balader partout. Et c'est là où justement après ce que je disais c'est faire les ponts. Ce que j'ai appris dans ce domaine là, est-ce que je peux m'en servir comme d'autres et ainsi de suite. Et tisser une toile en fait.

  • Speaker #0

    Oui je vois très bien.

  • Speaker #1

    On balade un peu comme comme toutes ces pièces. pièces que je vais visiter petit.

  • Speaker #0

    Oui c'est ça tu vas et tu vas relier les... Et alors justement alors on va prendre un exemple on y reviendra après sur d'autres exemples sur vraiment des cas d'usages différents que vous enfin des solutions que vous trouvez chez Cocorico ça va être vous allez couvrir quoi donc l'archi d'intérieur c'est assez clair le design produit c'est ce qui va venir dans la boîte donc le mobilier etc mais c'est quoi les autres domaines dans lesquels vous vous êtes allez pouvoir intervenir. On entend parler de plateforme de marque. Il y a plein de gens qui ne savent pas ce que c'est qu'une plateforme de marque. C'est un sujet sur lequel vous intervenez aussi, par exemple ?

  • Speaker #1

    On intervient, c'est-à-dire est-ce qu'on se pose la question à date, au moment où le sujet nous est donné, est-ce que la marque nécessite d'avoir un petit vis-à-jour dans son approche identitaire ou même dans la philosophie qu'elle a, ce qu'elle cherche. à transmettre en termes de vision et également après ça se dessine sur justement la partie identité graphique. Est-ce qu'on va parajeunir un peu les choses une fois qu'on a revu en fait la philosophie ? Est-ce que voilà il y a plein de possibilités.

  • Speaker #0

    Donc ça pourrait aller jusqu'à donc revoir un logo, une charte graphique globale, une identité globale d'une marque d'un point de vue élément graphique enfin c'est ça exactement Ok. Est-ce que ça peut aller jusqu'à l'identité olfactive dans un hôtel ?

  • Speaker #1

    Oui. Alors justement, l'école Bleu nous a appris à faire du concept. L'idée, c'était de se concentrer sur la partie, l'intellectualisation des propos qui amènent au dessin. C'est le dessin du dessin. Le dessin E-I-N à la fin et le dessin I-N. c'est vraiment on prend le temps de savoir pourquoi pourquoi on fait les choses et pourquoi on va les rendre ensuite esthétiques, narratives, à travers le dessin. Et donc, l'archi-intérieur, le design, le graphisme, on se rendait vite compte que c'était déjà fermé par rapport à tout ce qu'on vit comme expérience, en fait, dans un lieu. Quand je vais dans un hôtel, il y a l'univers sonore aussi, qui est très important. Il y a l'univers culinaire. Si je vais dans un restaurant, quelle odeur je vais avoir ? Quels sont les plats que je vais pouvoir trouver sur ma carte ? On peut aller jusqu'à l'univers sur la vidéo. Est-ce qu'on a une expérience immersive à travers le numérique, la vidéo ?

  • Speaker #0

    Les expériences qu'une marque ou qu'un lieu peut proposer, avec tous les points de contact, ça peut être même digital, j'imagine. digital, donc le site d'un hôtel, la bande sonore, l'identité olfactive, le lieu lui-même, la carte du restaurant.

  • Speaker #1

    Ah oui,

  • Speaker #0

    vous pouvez travailler même sur la...

  • Speaker #1

    Ah oui, on travaille vraiment sur tout en fait. En fait aucune limite sur la manière dont on va représenter, matérialiser en fait le concept. Pour expliquer plus précisément, on part, alors déjà mon associé qui est Gauthier Pouillard. Oui,

  • Speaker #0

    Gauthier Pouillard.

  • Speaker #1

    Donc, fondateur avec moi, on s'est rencontrés à l'école. À l'école Bleu ? À l'école Bleu, exactement. Et on a la demande. La demande, donc, définit un cahier des charges. souvent liés au secteur et ensuite à tout un tas d'éléments qui vont finalement, je vais dire, pas nous servir à ce moment. Puisque l'idée, c'est de générer, d'écouter notre client, de comprendre ce que lui cherche. Souvent, bien évidemment, à travers le secteur dans lequel il est, il y a une performance économique qu'il va chercher. Donc nous, on va l'accompagner dedans et on va lui transmettre des solutions. lié à l'utilisateur. Ça, c'est ce qu'on appelle, en fait, notre boucle. C'est le B2B2C. C'est ce qu'on fait. Et à partir de là, on va aller s'inspirer, en fait, de ce que notre client, de son ADN, s'inspirer de ce que le client du client, en fait, attend. On fait notre mixture, c'est-à-dire à travers aussi nos petits cerveaux, nos sensibilités, des choses là. On crée ce qu'on va appeler le concept, qui va même... pouvoir s'inspirer aussi on pourrait ajouter une autre donnée c'est la localité l'histoire tout le contexte en fait qui va y avoir et ensuite on se lance dans ok on matérialise tout ça donc le cahier des charges on fait en sorte qu'il soit respecté par rapport aux différents secteurs donc l'archi, le design, l'identité avec l'identité visuelle, l'identité fonctionnelle mais aussi tout l'univers qui se trouve en fait au sein du lieu donc des tableaux l'eau. Nous, on se charge de ça. Et on ajoute tout autre élément. Effectivement, tu l'as dit, l'olfactif, le sonore, plein de choses. J'ai des exemples où on a créé... C'est tellement important, il faudrait qu'on prenne un exemple. On va rentrer dans les exemples. C'est vrai que ça paraît un peu...

  • Speaker #0

    Un peu abstrait.

  • Speaker #1

    Dans le sens où tu te dis, ils font tout.

  • Speaker #0

    parce que l'une des questions ça va être de et qu'on peut se poser, c'est de savoir comment ils peuvent être bons sur toutes ces domaines-là.

  • Speaker #1

    C'est une très bonne question. C'est super parce que tu la poses. On est experts nous, chez Cocorico Paris, on est experts dans le service, parce qu'on est une métier de service, et on est experts dans l'architecture intérieure, le design, le graphisme. Ça, c'est nos domaines de compétence.

  • Speaker #0

    Vous vous maîtrisez en interne.

  • Speaker #1

    On est diplômés, on a eu ce qu'il fallait. Et après, la seule chose qu'on a en plus dans l'expertise, c'est la la projection, la capacité en fait à écrire et à se projeter sur une histoire. Une histoire que l'on a définie par rapport à notre client, le client du client et le contexte. Donc ça c'est notre domaine. Et ensuite, et c'est d'ailleurs comme ça qu'est formée et composée en fait la société, il y a Gauthier et moi, on a en interne des gens qui sont des chefs de projet. Et ensuite... Ensuite, on a un éventail d'experts qui viennent et dont on fait appel. C'est un avantage pour notre client. C'est que, comme je disais tout à l'heure, je parlais de saucissonnage. Il y a eu un phénomène aussi qui s'est vu. quand on a commencé la boîte, c'est qu'on faisait appel à un archi-intérieur, on faisait appel à des graphistes, on faisait appel à des designers ou à des boîtes qui... Qui maîtrisaient tout ça. ... qui maîtrisaient tout ça. Et en fait, on avait plein d'interlocuteurs qui, chacun avait aussi ses sensibilités, ses envies, et donc ça crée un peu une cacophonie, très difficile, en fait, de réussir à contenter tout le monde et à créer une symphonie, en fait, qui...

  • Speaker #0

    Oui, qui est harmonieuse.

  • Speaker #1

    et harmonieuse. Donc là, à partir de ça, on s'est dit, on a des gens autour de nous qui ont des compétences dingues. En plus, ce sont des gens qu'on connaît et qui on s'entend bien. Et donc, si je maîtrise mon histoire, mon concept, que je maîtrise mes trois domaines qu'on a évoqués avant.

  • Speaker #0

    Donc graphisme, archi d'intérieur,

  • Speaker #1

    design.

  • Speaker #0

    Et le cœur du concept, il repose là-dessus.

  • Speaker #1

    et ensuite vous allez en fait il repose dessus mais Il repose sur plein de choses. Parce que d'un coup, je vais me dire, bah tiens... Là on est dans un projet, un projet améroménile, on a un projet de club, notamment, c'est Wellio, c'est une société qui fait du pro-working, et donc ils ont une communauté de pro-working. c'est quoi le coworker ? c'est comme du coworking mais de façon plus professionnelle donc ça va être des sociétés enfin il y a probablement un côté un peu plus haut de gamme que le coworking donc c'est une approche ok

  • Speaker #0

    C'est les clients, le si de ce Velio. C'est des sociétés qui louent des espaces ponctuellement pour leurs collaborateurs, pour y travailler, mais aussi pour faire des séminaires, j'imagine.

  • Speaker #1

    Voilà, ça peut être ça. Et une société qui va installer ses bureaux chez Velio. On a eu la particularité sur un projet où on était sur un site qui devait accueillir plusieurs types de... type d'entreprise et finalement il y en a un qui est venu, il a dit moi ce votre concept j'adore, votre bâtiment je prends tout ça ça a été assez génial pour nous parce que pour notre client bien évidemment puisque là on revient sur la performance, nous on a essayé d'apporter une performance économique, lui il était ravi puisqu'il avait réussi en un coup à tout faire et nous évidemment on était content puisque l'histoire qu'on essayait de transmettre pour le client était finalement adoptée à l'unanimité Merci. Donc c'était parfait, en fait on arrivait à faire notre petite boucle et c'était très bien.

  • Speaker #0

    Alors raconte-nous un peu justement ce cas-là, Velio, quel était le brief et qu'est-ce que vous avez proposé et développé comme histoire ?

  • Speaker #1

    Alors, parce que surtout là je reviens juste sur ce qu'on disait par rapport au sonore, donc on a le Velio comme ça, et en fait en parlant avec mon client je lui avais dit mais il faut absolument qu'on fasse des radios une radio les on a appelé et en fait c'est comme ça qu'on s'est retrouvé à faire une radio ouélionde chaque site en fait qui a sa propre personnalité en fait avait ses propres petites interludes ses propres sons et en fait on crée avec spotify en utilisant spotify notamment fait on crée une synergie entre les différents wélio ok on les fédère à travers la musique on peut écouter la musique de Marseille à Paris ainsi de suite et d'ailleurs ça se répond assez bien on envoie des petits des petits pics et un côté un peu décalé ok pour vraiment être dans l'aspect communautaire ou elio gobelin alors attends je reviens là dessus mais c'est intéressant typiquement sur ce dossier sur un cas comme ça donc le besoin il n'était pas forcément exprimé par le client oui

  • Speaker #0

    dire tout à fait voilà donc là typiquement votre valeur ajoutée ça va être de dire dans notre concept global on pense que ça ça a sa place il faudrait le faire donc voilà comment et là vous allez chercher donc le je sais pas le programmateur le dix traiteurs de chute

  • Speaker #1

    l'ingénieur son, on connaît déjà un ingénieur son, donc on se dit, super, on va faire appel à lui. J'ai aussi dans mes contacts, en fait, quelqu'un qui travaille dans la publicité, qui a une verve assez intéressante, avec qui j'aime bien discuter, parce qu'on se marre, il a un très bon répondant. Donc je me dis, on va réussir à créer, vous savez, les petites interludes qu'il y avait sur Nova. On se souvient tous, mais quelle heure est-il ? Merci. ça nous rentrait dans la tête une voix très particulière et en plus on finit par en parler tu te souviens quelle heure est-il et puis on se refait et ça devient un petit gimmick on est entre amis ou choses dans le genre

  • Speaker #0

    J'ai dit à mon client, on va se faire un truc dans le genre, puisque comme vous avez Wellio, et qu'il faut savoir qu'une personne qui loue chez Wellio Paris peut aller à Marseille et aura accès à des bureaux. Donc il y a quand même aussi ce côté communautaire, poil d'araignée. Le réseau, le côté étoile d'araignée, tu verras, c'est quelque chose qu'on met pas mal en avant. et donc On a fait appel à ces deux experts, on a travaillé sur la rédaction de toutes nos petites interludes, on a fait l'enregistrement de tout ça, on a fait appel à des gens qui avaient des voix mieux que les nôtres, pour pouvoir écrire sur des gens qui étaient mieux nés, quelqu'un qui écrit, donc j'écris avec lui, on se renvoie la balle, on les peaufine, ensuite notre ingénieur son va travailler aussi pour... que ces petites interludes soient dynamiques, des petites mélodies qui les accompagnent. Et bien sûr le « Bienvenue sur les Wellyondes » , enfin il y a le « Bonjour » , un peu comme à l'époque il y avait un film, c'était un peu mon inspiration au moment où on avait fait ça, c'était « Bonjour Vietnam » . Ah oui oui oui, « Good morning Vietnam » . L'idée c'était de faire quelque chose le matin. Le matin, quand les gens arrivent sur le site, il y a Good Morning New York.

  • Speaker #1

    Donc c'est dans le lieu et c'est en plus une playlist Spotify que tu peux écouter.

  • Speaker #0

    Oui, exactement. On a fait toute une sélection liée. Il y avait des sites où c'était une inspiration new-yorkaise. Le nôtre, c'était plutôt ça tournait autour. En fait, la synergie et surtout le point pixel, qui avait un côté numérique et aussi un peu traditionnel, enfin historique. On choisissait aussi des musiques à travers ça. On décidait que le matin en entrée, ça allait être très dynamique, qu'après, sur les périodes de travail, on redescendait pour que ce soit focus. Et ensuite, on remonte le midi. L'après-midi, on revient, mais on garde un peu plus de dynamique parce que souvent, on pique un peu du nez. Et le soir, c'était bon, le vendredi c'était l'apéro. Il y avait toutes ces petites interludes pour le vendredi après-midi, notamment à Marseille. Oui,

  • Speaker #1

    on sait bien, ils vont tous à la plage pour l'après-midi. Exactement.

  • Speaker #0

    Mais c'est vrai que c'était rare, donc on a mis tout ça. Et puis ça a permis de faire une offre qui était concrète, qui était le plus professionnel possible. Et on a mis ça en place et le client a pu diffuser ça sur tous ses sites. Et comme je disais tout à l'heure, tout le monde peut écouter les vidéos.

  • Speaker #1

    Et ça d'ailleurs, d'un point de vue business pour toi, pour l'agence, c'est un truc sur lequel vous revenez régulièrement pour la remettre à jour, pour la changer un petit peu tous les six mois ou je ne sais pas. Oui,

  • Speaker #0

    c'est ce qu'on propose en fait. Et puis après, c'est le client qui lui décide si une boîte fonctionne. En fait, il... poussera d'autant l'artiste à jour ou des choses comme ça, mais on propose toujours. En fait, ça c'est juste ce que tu dis, parce que nous ce qu'on aime dire c'est, on va vous travailler tout votre concept et on va faire en fait quelque chose qui va être le plus cohérent possible de A à Z. Sous plusieurs niveaux de stratification, enfin quand je dis niveau de stratification, c'est niveau de lecture, on essaie d'être le plus concret possible. Et par exemple, quand tu arrives notamment dans l'hôtellerie, toute la période de Noël ou de Pâques, où on voit arriver des sapins de Noël qui n'ont rien à voir, enfin une décoration qui pique un peu, nous ce qu'on dit c'est faites-nous appel, faites appel à nous, on poursuit en fait notre prestation de façon ponctuelle, mais on va vous faire en fait vivre Noël à la sauce de notre complète.

  • Speaker #1

    Pour rester cohérent dans tous les moments d'actu de l'année, que les marronniers soient traités de manière cohérente avec le concept. Oui, c'est évident. Malheureusement, c'est toujours compliqué, j'imagine, de faire rentrer ça dans la tête d'un client qui ne l'a jamais vécu.

  • Speaker #0

    Oui, effectivement, parce que dans ce que tu dis, il y a plus de ratés dans le sens où le client ne le perçoit pas.

  • Speaker #1

    ne perçoit pas le bénéfice que ça peut avoir quand le client le perçoit on voit bien que ça fonctionne et que ça fonctionne bien c'est vrai que la déco de noël dans un hôtel super léché boutique vachement bien et tout là tu te trouves avec des guirlandes des années 75 c'est compliqué c'est très compliqué et

  • Speaker #0

    en plus on peut pas demander à un staff d'un hôtel ou peu importe le secteur en fait d'avoir la connaissance du concept le goût aussi de ça et qu'ils le suivent.

  • Speaker #1

    On va revenir un petit peu en arrière sur votre manière de travailler. J'ai lu que tu disais qu'il faut, ça paraît un peu évident, mais j'aimerais bien que tu me l'expliques concrètement. Penser le fond avant la forme, donc penser le concept, c'est ce que tu viens de décrire. Mais qu'est-ce que ça veut dire concrètement dans ton processus de création, dans votre manière de travailler ? Dans quel espace-temps ça s'inscrit entre le client qui vient vous voir en disant... Voilà, je viens de racheter un hôtel de 30 chambres qui était un trois étoiles en région, un peu poussiéreux. Et je veux en faire un truc qui va attirer une génération de trentenaires qui vient en vacances à La Rochelle. C'est quoi en gros les grosses étapes pour penser le fond avant de travailler sur la forme ?

  • Speaker #0

    Eh bien, ça peut aller très vite comme ça peut prendre beaucoup de temps, de toute façon, comme tout type de réflexion. Mais ce qui est sûr, c'est que ça aboutit en fait à un document qui est la genèse. En fait, il n'y a pas de plan, il n'y a rien. On ne parle pas du projet en tant que tel. On ne parle que de l'histoire qui va accompagner tout le projet. On part du principe que si en plus le client qui nous mandate se prend au jeu, en fait, il va apporter énormément de choses aussi à notre récit. Nous ce qu'on dit c'est que nos histoires enrichissent les vôtres. C'est simplement qu'on va apporter quelque chose pour le client et donc à lui de nous donner des feedbacks à travers ça. Et on crée un château fort. L'objectif c'est de créer un socle le plus stable possible pour ensuite monter le château fort le plus robuste pour que ça soit plus cohérent, légitime. Donc ça part de la réflexion, observer l'environnement, observer la localité, l'histoire, l'aspect culturel qui entoure le projet, au-delà même de sa fonction propre quelquefois. On s'en détache pour vraiment essayer d'insuffler quelque chose qui va permettre, quand un client sera dans le lieu pour lequel on a travaillé, de dire « mais attendez... » Là, la petite chose qui a été faite à cet endroit-là, c'est vrai, ça tient debout. Oui, oui, monsieur, vous ne saviez pas. Et puis on va pouvoir raconter tout ça. D'accord.

  • Speaker #1

    Et le récit, j'aime bien ce récit.

  • Speaker #0

    Oui, c'est vraiment du récit. Je te disais tout à l'heure qu'il y a une question de stratification. Dans notre récit, il y aura les choses que tu verras qui seront frontales. Là, on appelle un chat un chat, il n'y a pas de problème.

  • Speaker #1

    Donc c'est le... le look du lieu, le mobilier, les couleurs, etc.

  • Speaker #0

    Voilà, l'intention première. Et en fait, on rentre ensuite dans un niveau de proposition, on va dire, qui est de plus en plus subtil. Tout le monde ne le verra pas. Il y en a des clients qui vont rentrer, qui vont se dire, « Oui, bon, ok, c'est terminé. » Ça ne les intéresse pas, et pourquoi pas. Par contre, ceux qui sont plus curieux, ceux qui sont prêts un peu à gratter... ou juste à mettre l'œil au bon endroit, en fait, ils vont découvrir des choses plus subtiles, plus profondes, qui vont être de l'ordre... Enfin, on va aller plus loin dans l'histoire.

  • Speaker #1

    C'est marrant, ça me fait penser à... Je ne sais pas si tu as écouté cet épisode, j'ai reçu il n'y a pas très longtemps Patrick Elouargui, qui est un hôtelier, qui a travaillé sur plein de lieux toute sa vie. Il a commencé par un lieu que tu connais peut-être de nom, il n'existe plus aujourd'hui, mais qui s'appelait le E-Hotel. à Nice et il a travaillé sur tous ses projets avec Mattel et Crasset et avec vraiment cette notion de design global mais sans, je ne vais pas dire que c'était comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, mais presque, c'est-à-dire qu'ils ont réellement réfléchi à leur concept, mais de manière globale, jusqu'à l'expérience effectivement digitale, mais on est dans les années 90. Ensuite, ils ont fait ça en Tunisie, ils ont fait ça à Paris. Ils ont ouvert un... Ça me fait vraiment penser... Écoutez cet épisode si vous ne l'avez pas encore écouté. C'est une illustration très juste de ce que peut être le design global. Je voudrais faire une parenthèse. On revenait en arrière. On était à l'école Bleu. Tu rencontres ton futur associé. Là on est en quelle année ? Fin des années 2000 ?

  • Speaker #0

    2010.

  • Speaker #1

    Ouais, 2010. 2010, vous décidez de créer une boîte, vous saviez ce que vous vouliez faire, c'était clair pour vous ?

  • Speaker #0

    Ouais, alors l'histoire elle est... parce qu'on est deux aujourd'hui, on a été quatre au départ. En fait, quand on était à l'école avec Gauthier, on se connaissait pas forcément, on se croisait. on n'était pas forcément amis Simplement, on se croisait. Mais j'avais deux bons amis, pour le coup, qui étaient dans sa promo. Et avec eux, j'avais un an de plus. J'étais dans la promo au-dessus d'eux. C'est pour ça qu'on n'était pas ensemble. Et j'ai eu mon diplôme. Je suis parti faire quelques expériences, notamment à New York. J'ai travaillé même avec mon épouse pendant un an. et quand ils... Ils ont eu leur diplôme, je les ai aidés pour leur diplôme. Quand ils ont eu leur diplôme, on s'est dit, bon allez hop, c'est parti, on y va. C'est vrai que moi je viens d'une famille, mon père est entrepreneur.

  • Speaker #1

    Ah oui d'accord,

  • Speaker #0

    j'allais te poser,

  • Speaker #1

    parce que je lançais, c'est...

  • Speaker #0

    Parmi eux, il y avait aussi ça, donc on avait cette fibre. Mon père est entrepreneur, ma maman est très créative, elle bricole beaucoup, il y a un côté très...

  • Speaker #1

    Géotrouvetout, non ?

  • Speaker #0

    Oui, et puis elle fait de la couture, enfin c'est... si Elle fait tellement de choses, c'est incroyable. Mon père, forcément, j'ai irrité un peu des deux. C'est ce que je leur dis. C'est qu'il y a cette envie, cette audace d'aller monter un projet entrepreneurial, des projets entrepreneurial. Et puis, le côté un peu foufou. Et je vous trouve tout, tu disais, pour la partie du domaine de l'activité, de la création.

  • Speaker #1

    Et donc, avec les quatre, vous étiez quatre compères.

  • Speaker #0

    Quatre compères. donc Gauthier arrive après, c'est-à-dire qu'on monte, on se réunit tous les trois, et Gauthier arrive, et c'est un peu comme une évidence, déjà parce que mes deux amis me disent, tu verras, il est bien. Moi je savais déjà qu'il était bien, parce que j'avais l'œil, et même si on ne s'était pas jamais trop parlé, il y avait un ressenti qui était très bon, et une personne qui semble aussi très bienveillante, et assez extraordinaire, donc j'ai dit banco, et puis bon, par la force des choses, les deux qui ne sont plus là aujourd'hui ont dû arrêter.

  • Speaker #1

    Ok.

  • Speaker #0

    Ils ont changé de domaine ou ils sont dans ce domaine dans des boîtes qui peuvent être concurrentes à la nôtre. Et donc avec Gauthier, on s'est...

  • Speaker #1

    En fait, c'est parce que votre duo était tellement évident que...

  • Speaker #0

    C'est devenu quand on s'est retrouvés tous les deux. Ok. En fait, quand on est partis tous les quatre, au départ, c'était... On va tous faire pareil. On est des créateurs, on est des entrepreneurs, on va faire la crétinette, on a tous les mêmes compétences et c'est super. Quand on s'est retrouvé avec Gauthier, on s'est dit bon attends ça fonctionne pas du tout. C'est vrai que toi t'as des appétences dans ces... ces domaines-là, qui sont derrière, et puis moins, moins, et puis pareil dans l'autre sens. Donc on s'est dit, autant se mettre là où chacun sera le mieux, il sera le plus à même à apporter pour la société, et depuis, en fait... Ça n'empêche pas des échanges, au contraire. Parce que ça dépend. Il y a des décisions stratégiques.

  • Speaker #1

    Donc vous répartissez comment ? C'est plutôt la création, lui c'est les opérations, c'est ça ?

  • Speaker #0

    Oui,

  • Speaker #1

    tout à fait. C'est le duo gagnant. On se complète bien et qu'on ne se marche pas dessus.

  • Speaker #0

    On est bien d'accord.

  • Speaker #1

    Et qu'on se fait confiance.

  • Speaker #0

    Ça c'est très important, la confiance aveugle. de toute façon. Et on ajoute à ça, en fait, cette... maniaquerie j'ai envie de dire, où on a envie de bien faire on a envie de bien faire on a envie de de pas se moquer en fait de la personne qui est prête à nous faire confiance en fait on veut rendre la confiance qu'on nous donne donc on se donne corps et âme comme on dit souvent aux clients, vous inquiétez pas, on ne comptera pas nos heures et on n'a jamais fait ça donc ils sont...

  • Speaker #1

    Alors tu me tournes une perche parce que c'était une question que j'avais c'était de comprendre votre modèle économique parce qu'une agence d'art d'intérieur elle a des zones horaires et puis en général peut-être un pourcentage sur les travaux et puis voilà c'est assez clair on sait comment ça marche une agence de design global vous touchez tellement de sujets donc depuis la création du concept jusqu'à l'exécution de ce concept dans

  • Speaker #0

    des domaines très variés comme élaborer une carte de restaurant ou etc comment vous vendez votre temps et votre prestation ça passe par un premier jet qui est la transmission en fait d'un devis sur sur ce que le client nous demande. Donc, on répond à sa demande de façon brutale. Donc, on cadre. Ça, c'est très segment. Enfin, voilà. En gros, c'est la première donnée. Et on lui explique que nous, on va être en capacité de lui apporter, en fait, beaucoup plus, beaucoup plus, beaucoup plus. Donc, on lui dit une première fois. Quelquefois, il ne le perçoit pas. Et puis, très rapidement, quand il reçoit le concept, la fameuse Bible, en fait c'est vraiment le socle qui installe le concept. Tant des perches en lui disant, ben voilà, on a pensé à ça, on pourrait aller là. Et donc là, certaines fois, ça amène tout de suite à une revalorisation, en fait, parce que ça lui plaît. Il nous dit, ah oui, oui, il faut aller vers ça. Ou alors, quelquefois, il attend d'en avoir un peu plus, mais on y viendra. Et parfois, après, pendant le projet, en fait, on agrémente. On a des aménements, mais à chaque fois, on le fait. Même d'ailleurs, quelques fois, la petite doute que tu as, c'est qu'effectivement, on va prendre du temps pour lui mettre en avant un potentiel et qu'il ne sera pas choisi.

  • Speaker #1

    Oui, oui,

  • Speaker #0

    peut-être. Ça arrive quelques fois, mais le plaisir est tellement... Juste de l'avoir matérialisé et d'avoir rendu possible cette éventualité, c'est super satisfaisant. Ça nous fait vivre, ça nourrit, en fait, nous. le processus qu'on a en fait en interne où en fait voilà c'est toujours être un peu en mouvement toujours être avoir une capacité à enrichir mais vous devez être super triste quand les projets sont terminés parce que ça va ça peut aller tellement loin si jamais vraiment terminé en fait sont jamais vraiment terminé si on a la possibilité d'avoir un suivi comme on le disait tout à l'heure dans le service tant mieux parce que ça nous permet de mieux d'agrémenter quelquefois on essaie aussi d'obtenir des chiffres, des statistiques après coup, un an ou deux ans, c'est ce qu'il y a de mieux. Quand on a commencé, on avait énormément de frustration de se rendre compte qu'on donnait un projet qu'on a fait, on le donne, il ne se passe plus rien et on n'a aucune capacité à se remettre en question à part nous, le doute qu'on a.

  • Speaker #1

    Oui, c'est-à-dire sans avoir de retour du marché,

  • Speaker #0

    du client final, etc. Dans notre métier, l'idéal, c'est d'avoir le retour. En fait, qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que ça plaît ? Est-ce que ça ne plaît pas ?

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que ça a changé par rapport à avant ?

  • Speaker #0

    Est-ce que l'expérience qu'on espère tirer de ça, est-ce que ça a fonctionné ? Alors, on a été chercher ensuite des réponses, notamment aussi sur les chiffres, puisqu'on voit très vite si au niveau commercial, ça fonctionne. Et après, d'obtenir ce qui a permis, d'un point de vue économique, le projet. se développe. Et ça, ça nous a aidé parce que ça nous a permis de mettre le doigt sur des choses qui n'étaient peut-être pas aussi cool qu'on le pensait. Et par contre, à contrario, de mettre en avant des choses qui l'ont bien compris, qui l'ont bien pensé, ça ne se verra pas, ça va être très subtil en fait, qui se voit et qui plaît.

  • Speaker #1

    Tu as des exemples à me donner ?

  • Speaker #0

    Oui, alors notamment, qu'est-ce que je pourrais te donner comme exemple ? Si on reste sur Wellio, On a le Wellio, on avait fait, alors c'est un concept qu'on a mis en place, donc c'est dans le cinquième arrondissement de Paris. Et en fait, c'est donc du pro-working, le pro-working. Là, je suis obligé de te refaire un peu l'histoire. Oui, vas-y, vas-y. C'est du pro-working, donc en gros, une entité, donc plusieurs personnes qui travaillent dans une société, enfin une entité qui se regroupe avec d'autres entités qui forment un réseau. Oui. Et en fait, l'idée de ProWorking, telle que nous on se l'était dit, c'était la synergie. On crée de la synergie entre les entreprises parce qu'elles vont pouvoir finalement se rencontrer, se rendre compte qu'elles ont des points communs, même peut-être des nécessités les unes entre elles. Donc, elles peuvent peut-être travailler ensemble, s'aider, enfin, un truc cool. Et en fait, je m'aperçois que dans l'arrondissement du 5, on a l'école des gobelins, l'école du numérique. et la manufacture des gobelins qui si on prend l'univers numérique c'est un pixel si je l'associe à d'autres pixels j'ai une image ok très clair et pareil pour la manufacture des gobelins j'ai un point de tissage

  • Speaker #1

    C'est de la tapisserie, du tissage.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça.

  • Speaker #1

    Initialement.

  • Speaker #0

    Oui, qui sont utilisés notamment dans l'administration française. Oui,

  • Speaker #1

    parce que c'est lié au lycée national.

  • Speaker #0

    Ils ont un savoir-faire qui est incroyable, qui est très ancien, historique pour le coup. Donc, on avait en plus de ça une institution qui était historique et une institution beaucoup plus moderne. Donc on avait aussi cet ambivalent, ce contraste qui était intéressant. Et donc on faisait directement l'analogie d'une entité. Deux pro-workers, une société ou même un individu. Le pixel. Le pixel ou le point de tissage qui ensuite serait... Et donc ça a été développé, ça a été point pixel en fait. On a travaillé sur ça, ça a été le concept, le point de départ. Et après on a tout mis en place au niveau des intérieurs et tout le reste selon ce principe. Mais notamment il y avait... il y a eu des petites idées. On a demandé à l'école des Gobelins de participer s'ils pouvaient. Et également à la manufacture. Mais pour l'école des Gobelins, ça a été de se dire, on va se faire déjà une entrée immersive. C'est un couloir de vidéos où c'est des élèves de l'école qui font le contenu. En plus, c'est intéressant parce qu'ils sont en deuxième ou troisième année et c'est vraiment pour eux une première démarche. L'idée, c'était d'immerger les gens. Dès l'entrée, hop, il rentre. Et parmi ces... Il y avait une deuxième... D'ailleurs, ils avaient trois lieux dans lesquels ils ont travaillé. Mais il y en avait un, c'était le détail qui tue. Et en fait, c'était dans un espace qui pouvait être loué. Donc, généralement, on vient manger. Enfin, une fois de plus, la fusion des espaces. On se rendait compte que, difficile, étant donné les surfaces qu'il y avait, de pouvoir mettre tout le monde à l'heure du déjeuner. Dans un lieu, on en a offert un deuxième. Et ce deuxième, on pouvait le louer et le privatiser. Et on a créé un écran qui lui pouvait devenir fonctionnel puisqu'on pouvait prendre le contrôle et faire une salle de réunion. Mais sinon, ça faisait partie d'une tapisserie de la manufacture qu'on a récupérée. Et on avait caché un écran dans la tapisserie. On l'avait segmenté et il y avait ce qu'on appelait le détail qui tue. Donc en fait, c'est comme si...

  • Speaker #1

    et ça devait créer et bah en fait les gens allaient voir en disant mais attendez c'est incroyable c'est super vous avez fait ce truc là vous l'avez fait de manière très subtile on en tient on rajoute ça mais vous n'avez aucune idée de l'impact que ça pouvait avoir et en fait donc les clients le voyaient en disant mais c'est super et donc ça permettait limite

  • Speaker #0

    le tunnel ils ne le voyaient pas oui alors que c'était bon ok super c'est impressionnant et tout mais c'était plus immersif pour eux que de voir en fait parce que Merci. J'avais demandé à ce que ce soit toutes les 5 ou 10 minutes, en fait il y a une petite chose qui bouge dans l'écran. C'était le buste d'une personne, et en fait on l'a fait, la première version, on l'a fait comme si c'était un droïde. Donc en fait il y avait un petit boulon qui sautait à un moment donné, de la jambe ou quelque chose, ou alors la mécanique s'enrayait, donc il y avait un peu de fumée qui se dégageait d'une partie. Et la deuxième fois, la deuxième mise à jour qu'on a fait, c'était des petits insectes qui se baladent.

  • Speaker #1

    Ok, c'est génial. Donc ça rend le truc vivant et invisible.

  • Speaker #0

    On a appelé ça le détail qui tue pour se dire, c'est comme quand on travaille, il y a une fenêtre qui donne sur la rue et dès qu'il y a quelqu'un qui passe,

  • Speaker #1

    tu lèves les yeux.

  • Speaker #0

    On s'était dit, voyons voir si ça génère du... En fait, ça a pris parce que ça a amené justement à ce que les gens aussi s'approprient l'histoire en même temps de ce concept. et donc il... qui se rendent compte que l'école des gobelins participait, que c'était des élèves, que c'était des élèves de deuxième, troisième année, que Bouelio, la société qui nous embauchait, Covivio pour le coup, en fait, ils donnaient des bourses. Enfin, voilà, il y a une vraie démarche qu'on a mise en place, autant dans l'éducatif que dans l'expérience que ça a apporté aux élèves, que l'expérience que ça a apporté en fait à l'utilisateur, au client qui a en fait aidé l'école à développer. le cursus d'élève, enfin il y avait un truc.

  • Speaker #1

    Oui, un truc très vertueux. Je voudrais parler un peu de tes activités de designer, de mobilier. Je ne sais pas si on peut dire en dehors de Cocorico Paris, mais tu dessines aussi des meubles qu'on te demande de dessiner. Est-ce que ça part d'un projet, puis finalement après tu les édites ? Ou est-ce que c'est une maison d'édition comme Cannes, La Chance ou Cider ? qui vient de voir en disant on a besoin d'un banc plutôt en bois ou je sais pas comment comment ça marche ?

  • Speaker #0

    ça a commencé en fait comme tout designer qui n'est pas connu qui démarre exactement ça a commencé comme ça avec La première c'est Emanédition, là ce qui est marrant c'est qu'on travaillait en fait pour Corian, la société...

  • Speaker #1

    Projet d'Epad, c'est ça ? Exactement,

  • Speaker #0

    ça qui s'est jamais fait je crois. Qui s'est jamais fait, mais en fait... Pour les raisons qu'on connaît, parce que Dorian on a bien vu malheureusement...

  • Speaker #1

    Très mauvaise actu.

  • Speaker #0

    Très mauvaise actu, et nous on a arrêté de travailler justement avant cette mauvaise actu. Enfin je me souviens, c'était tout simplement parce que sujet ô combien important, quand même de fin de vie. Donc respect. déjà à avoir pour ça, éthique. Et on avait développé un projet justement qui devait apporter à Corian des intérieurs où on favorisait la fin de vie. Et l'idée c'était de se dire, on partait du quartier en se disant mais qu'est-ce qui rattache les gens ? Le quartier, la vie de quartier. Donc on créait en fait des petits quartiers avec des petites boutiques avec le coiffeur, tout ça. Pour qu'il y ait une vie sociale. Que ce ne soit pas l'hôpital. Les couloirs et escaliers. de service, ça devenait des parcours de santé. Donc on mettait des éléments. On leur avait fait tout un projet et notamment, j'avais dessiné une chaise qui avait pour vocation à permettre aux gens de se lever plus facilement.

  • Speaker #1

    C'est-à-dire que les accoudoirs, je me souviens de cette chaise, c'est une chaise à l'œil nu, elle est absolument très belle. On ne voit pas ce qu'elle a de différent, mais les accoudoirs sont un peu plus longs. Ils se prolongent. Et on peut se lever avec l'aide de ses bras.

  • Speaker #0

    Et ça donne une dynamique. Alors la chaise n'était pas tout à fait comme celle qu'elle est aujourd'hui chez Eman. Mais parce qu'on pouvait retirer aussi les accoudoirs, le dossier. Faciliter la mise des personnes âgées sur leur chaise roue ou au lit. Il y avait une version qui était en roulette aussi.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Et donc quand on... David, en fait, on s'est rencontré par le biais d'une société de... de design, enfin qui revend du design comme Sylvéra, alors j'ai plus de nom là et il vient me voir un jour en me disant écoute moi j'ai fait un proto de ça j'ai entendu parler de ce projet incroyable, on a une présentation chez Corian dans pas longtemps on emmène ton proto, ok on emmène le proto, et puis on y va, et puis après comme dit ça s'est pas fait parce qu'ils ont préféré faire du marketing avec notre concept que réellement mettre en place les choses ok Et puis avec David, ça s'est poursuivi.

  • Speaker #1

    Donc vous avez finalement édité le produit.

  • Speaker #0

    Édité le produit, on a apporté plusieurs typologies et tout. Et ça, ça a été donc la première façon dont je me suis fait éditer les projets. Et ensuite, ça a été du démarchage. Ah oui d'accord. Tu vois, tu as le produit, tu te dis « Ah tiens, celui-là, j'y crois. Tiens, cette société, je l'aime bien. En plus, je pense que ça colle. » Il faut aussi essayer de faire ça, il faut que ça colle à l'ADN et tout. Et puis ça a fonctionné. Et depuis, il y a eu... En fait, j'ai rencontré d'autres éditeurs qui m'ont dit, ah bah tiens,

  • Speaker #1

    on aime bien ta manière de faire.

  • Speaker #0

    On travaille, donc fais-nous une table.

  • Speaker #1

    Ok. Sider, on peut en parler un petit peu. Tu as pas mal travaillé avec Sider, en étant même jusqu'à la direction artistique, si je ne me trompe pas. Et tu as dessiné, donc ça a commencé comment ? comment tu as démarré cette collaboration avec Sider. Sider donc éditeur fabricant de mobilier français qui fabrique beaucoup pour un usage hôtelier et tertiaire, je ne me trompe pas, et c'est très beau.

  • Speaker #0

    Oui ils font de l'hospitality, beaucoup de bureaux. En fait j'ai rencontré Robert Hakoury lors d'un vernissage pour Emanédition, à la collection. Et Robert on s'est très bien entendu tout de suite en fait On avait un peu les mêmes grosses personnalités, même dynamique. Il m'a dit écoute on se rencontre bientôt, est-ce que ça te tente ? Oui, je lui ai dit oui avec plaisir et je lui ai montré mes projets. Comme c'est un amoureux du design, à priori il ne trouvait pas trop mal ce que j'avais fait. Donc il m'a tout de suite dit tiens je prends ça, je prends ça. Donc tu lui as montré ton book ? J'avais des projets en fait... J'ai toujours dessiné de toute façon comme ça. J'avais des choses qui me semblaient pas trop mal. Je les ai réunies dans un petit dossier en me disant, en ayant regardé bien évidemment avant, ce que CDR faisait. Une fois que je lui ai montré, j'ai vu que ça lui donnait envie. On a développé une relation, tous les deux, qui était très respectueuse. Et surtout, deux personnes qui aiment leur métier. Oui. Il est un gros passionné du travail et aussi du monde du mobilier. Il a travaillé aussi dans la mode. Et en fait ça va avec la création, il adore ça en fait. Je crois que c'est vraiment quelque chose qui...

  • Speaker #1

    Mais d'ailleurs ils ont développé une autre marque, la Manufacture si je ne me trompe pas.

  • Speaker #0

    Oui la Manufacture,

  • Speaker #1

    tout à fait. Où ça va beaucoup plus loin que le mobilier, ils vont jusqu'à de l'objet.

  • Speaker #0

    De la mode. De la mode, oui. C'était pour lui le moyen de boucler la boucle, en fait, sur ses passions. Réunir tout en un seul et même lieu, et une seule et même marque. Donc ça, c'est ce qui était très cool. Enfin, j'ai pu l'accompagner. Alors, je n'ai pas participé à la manufacture, mais en tout cas, j'étais à ses côtés quand il a fait ça. Et c'est vrai que pour lui, c'était juste génial. Et en fait, dans notre relation, ça nous a amené à un moment donné où il me dit « Oh, mais attends, est-ce que ça ne te tenterait pas d'être directeur artistique de CIDER ? » Moi, je ne connaissais pas. Je me suis dit « Il faut connaître » . Donc, je suis allé et puis c'était très rigolo. Donc,

  • Speaker #1

    tu as fait ça en plus de Cocorico, en indépendant.

  • Speaker #0

    Cocorico, oui. Alors, il fallait justement pouvoir le faire en dehors.

  • Speaker #1

    Comment tu serais artisté justement ?

  • Speaker #0

    Ça a été des années où énormément de travail le week-end, le soir.

  • Speaker #1

    Direction artistique de Cydor, c'est toi la caution artistique de tout ce qui sort ?

  • Speaker #0

    Moi je n'étais pas sur le mobilier. On s'était mis d'accord là-dessus. Robert aime bien cette partie-là et je n'avais pas envie de m'imposer ou quoi que ce soit. Ce qu'il aimait c'était la manière dont je réfléchis. et il voulait revoir un peu la philosophie et l'approche de Sider aussi vis-à-vis de ses clients. Ça a été une refonte de l'identité graphique, de la philosophie, de la diffusion de la boîte. Donc,

  • Speaker #1

    tu as fait une mission de design global pour Sider, quasiment, de réflexion à décor.

  • Speaker #0

    Oui. C'était très sympa. J'ai rencontré des gens, pour le coup, très intéressants que je ne connaissais pas, des domaines que je ne connaissais pas vraiment. Et ça m'a beaucoup apporté, justement, aussi pour Cocorico. Ils ont déménagé.

  • Speaker #1

    Ils avaient un forum super vers la Madeleine. Square Edouard 7

  • Speaker #0

    Edouard 7,

  • Speaker #1

    tout à fait et effectivement je dois aller voir le showroom je crois qu'ils se sont déplacés vers la défense si je ne me trompe pas il n'y a pas très longtemps mais ça me donne envie d'appeler Robert à courir et de le recevoir ici on rentrera dans ce détail là génial très bien, on va poursuivre sur d'autres projets, j'aimerais bien que tu me racontes parce que j'ai vu que vous aviez travaillé par exemple pour... pour AXA, si je ne me trompe pas, AXA IM, c'est possible, je me trompe ? Non, j'ai mal, non, alors attends, je me gourre. Alors, un hôtel, tiens, prends-moi, je ne sais pas si vous avez travaillé en hôtellerie ou des cas très différents, je voudrais que tu nous donnes 2, 3, 4 usages, pas forcément des énormes projets, mais des trucs où vous intervenez, voilà, typiques, cette année en 2025 ou fin 2024, quels sont les projets dont tu peux me parler ?

  • Speaker #0

    Alors il y a un appart beauté. appartements en fait de médecine, médecine esthétique. Donc on accompagne en fait la marque, on lui refait une mise à jour justement de toute son identité, la philosophie. Ça s'appelle Appart'Beauté. Pour le coup ce sont des appartements parisiens et l'idée c'est vraiment de rentrer dans le pourquoi appartement parisien. Enfin il y a un univers qui est tellement fort d'un point de vue culturel, d'un point de vue...

  • Speaker #1

    Le concept de ton client c'est quoi ? C'est des les appartements dans lesquels il reçoit...

  • Speaker #0

    Il fait de la médecine esthétique. Et ils ont pris le parti d'être dans des appartements. Donc là, on pousse le sujet le plus loin possible. Où on en sera à la fin, je ne sais pas. Mais en tout cas, le potentiel est assez énorme. Et le sujet est très intéressant. C'est le Paris chic, élégant. On est dans l'esthétique. mais mais ce n'est pas dans le matuvu. L'idée, c'est justement de positionner la marque sur quelque chose qui veut être dans la pudeur. On ne cherche pas à montrer la beauté.

  • Speaker #1

    Oui, on est vraiment dans l'intime.

  • Speaker #0

    Oui, dans l'intimité, exactement. Donc ça, c'est très sympa. On le débute. Hotellerie, on va débuter un projet, mais là, c'est sur une marque dite de chaîne. Donc, ça veut dire qu'il y a déjà plus ou moins un concept de fait, mais là, on nous demande d'apporter de l'originalité donc ce concept. Ça va être aussi assez intéressant. Par contre, il y a...

  • Speaker #1

    Tu peux citer l'enseigne ou pas ?

  • Speaker #0

    Du groupe Accor. Là, je ne vais pas rentrer dans le nom, mais du groupe Accor. En gros, ils ont un concept qui est lié à la démarche, on va dire, environnementale. Un peu de DIY, le fait de ne pas utiliser, de ne pas toujours reproduire, produire, produire, en fait, pour faire les choses. On peut récupérer, de la récupération. C'est intéressant ça. Oui, c'est très sympa.

  • Speaker #1

    J'avais été sollicité par... Le groupe Accor, il y a 2-3 ans, en sortie de Covid, enfin on était même peut-être encore dans le Covid, où ils viennent nous voir, moi dans le cadre de mes activités Yours, où on essaye de proposer des démarches circulaires. d'utilisation du mobilier en disant finalement un hôtelier tous les sept ans il rénover son lieu c'est quand même dommage de jeter alors que c'est plein de choses qui peuvent être encore utilisés et nous il nous disait ce moment là un on en est On a un énorme problème, c'est que pendant le Covid, évidemment, tous les hôtels étaient vides. Alors qu'il y avait des gens qui cherchaient des espaces pour travailler sans se réunir. Donc, on aurait pu changer la destination des chambres et les rendre, les transformer en bureaux de passage, par exemple, dans les régions. Il y avait ça. Et puis, il y avait une... Alors, peut-être que tu vas me dire si c'est un peu la réflexion que vous menez avec cette enseigne. C'était tout ce qui est agencement et accroché au mur qui, par nature, est à usage unique. c'est-à-dire que quand on rénove le... l'hôtel, on est obligé d'arracher les têtes de lit, etc. Et donc, ils voulaient des choses beaucoup plus versatiles, mobiles,

  • Speaker #0

    et... Oui, oui.

  • Speaker #1

    Les récupérer, les bouger, les changer d'une chambre à l'autre, etc.

  • Speaker #0

    Exactement. C'est un peu comme si... On allait récupérer des têtes de lit chez quelqu'un d'autre, on les remet au goujou et on les met dans cet hôtel. Donc l'idée, c'est de pouvoir avoir une démarche la plus décarbonée possible.

  • Speaker #1

    C'est ça.

  • Speaker #0

    Par le biais de l'originalité. Alors l'originalité, c'est juste être malin. et justement il y a beaucoup de choses à faire donc là on projette un projet qui va être assez sympa on va essayer d'être assez audacieux après il faut le vendre aux hôteliers c'est à dire que si je ne me trompe pas dans ce groupe là

  • Speaker #1

    Il y a des hôtels qui sont propriétaires du groupe, mais il y en a plein qui sont franchis.

  • Speaker #0

    On a travaillé avec le groupe Accor directement. Maintenant, on travaille beaucoup avec des fonds d'investissement ou des clients. Oui, c'est ça. Des franchissants directs.

  • Speaker #1

    Des investisseurs qui ont 2-3 hôtels, etc.

  • Speaker #0

    Je me permets juste de revenir sur la partie design, où justement, dans la démarche du design des objets, La Chance ou Cannes ou Eman Il y a aussi cette... C'est marrant parce que où est-ce que je me situe dans le design que je fais ? On retrouve beaucoup aussi cette démarche d'installer un fond. Pourquoi le produit ? Ça ne veut pas dire qu'il se voit. Parce que tous les produits que je fais, pour beaucoup, on ne voit pas forcément la subtilité. Elle est plutôt cachée. Et elle va avoir cette démarche justement de de... revenir sur quelque chose qui a un impact le plus faible possible.

  • Speaker #1

    Pour l'environnement,

  • Speaker #0

    oui. Mais en partant sur des solutions qui sont assez bénignes, sur le transport, le montage, le fait aussi qu'un produit peut être retransmis d'une génération à l'autre. J'aime beaucoup cette notion. C'est pour ça que je reviens là-dessus. C'est sur le fait de pouvoir avoir des idées qui sont atemporelles.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Oui, parce que le piège du design, c'est de tomber dans un produit qui est dessiné en collant aux tendances du moment et du coup, qui le rend vachement temporel et donc très peu transmissible ou circulaire.

  • Speaker #0

    Exactement.

  • Speaker #1

    Ok, intéressant.

  • Speaker #0

    Et tu vois, quand on disait tout à l'heure, je disais que je me baladais dans toutes ces pièces, finalement aussi, c'était de voir tous ces objets qui ont pu passer de la grand-mère jusqu'à la grand-mère, jusqu'à la maman, et peut-être chez moi ou des choses comme ça. J'aime bien cette dimension parce qu'on a finalement gravé sur ces produits la mémoire en fait des gens, donc des souvenirs, et donc ce qui finalement rend chaleureux et vivant. Oui,

  • Speaker #1

    et rend vivant et sensible à un objet et donc un lieu, bien sûr. j'aimerais bien qu'on rentre sur la partie un peu l'esthétique ou le style cocorico il y en a un c'est quoi ?

  • Speaker #0

    c'est justement un peu ce qu'on vient de dire sur la partie design c'est à dire on ne trouve pas un style de dessin c'est à dire qu'il y a des archis femmes ou hommes qui ont des signatures évidentes on ne peut pas se tromper on reconnait

  • Speaker #1

    ça c'est quelque chose que l'on peut abuser etc.

  • Speaker #0

    et plein d'autres c'est pas du tout quelque chose qu'on recherche au contraire chaque projet est unique Il a sa propre ADN, sa propre représentation. Par contre, ce qu'on va retrouver dans la signature, c'est justement cette dimension assez profonde dans l'interprétation des choses. C'est une idée un peu originale qui va être ensuite travaillée dans tous les sens.

  • Speaker #1

    Donc le fil rouge, ça va être plutôt votre méthodologie.

  • Speaker #0

    C'est ça.

  • Speaker #1

    C'est les quatre étapes, le récit, le concept. la proposition de valeur, l'exécution et puis le suivi.

  • Speaker #0

    Essayer de fédérer, ça, on essaye beaucoup de créer une communauté, dans le fait de stimuler les gens par l'intérieur, alors que ce soit le décorum ou la fonctionnalité des pièces ou des objets, mais il y a une volonté à les titiller se poser des questions.

  • Speaker #1

    En fait, proposer une expérience.

  • Speaker #0

    Oui,

  • Speaker #1

    parce que c'est vrai que spontanément, on se dit, mais travailler sur des EHPAD, parcours de fin de vie, moment compliqué pour évidemment les utilisateurs de l'EHPAD comme pour les visiteurs, qui sont les familles, etc. Ou travailler sur un endroit comme Moelio ou un hôtel, on peut imaginer que c'est évidemment pas du tout, enfin c'est vrai, je pense que c'est pas du tout la même chose. Mais en revanche, ça part quand même à chaque fois de « Ok, qu'est-ce que je peux faire pour rendre l'expérience moins douloureuse pour les pads, ou plus ludique, ou plus je ne sais pas quoi ? » Et donc c'est ça qui est impressionnant. Et ça repose sur ton cerveau ? Parce que tu es seul à bosser sur ces concepts ou tu vas les chercher ?

  • Speaker #0

    Après c'est de la discussion. je suis seul jusque dans le soir dans mon lit ma douche où c'est les Il y a eu un moment que je préfère pour, entre guillemets, me démerger et pondre les concepts. Après, c'est beaucoup de discussion. C'est aller vérifier que je ne raconte pas trop de bêtises, voire même faire en sorte que mes interlocuteurs enrichissent aussi mes propos. L'idée, c'est de... En fait, ce qu'on insuffle dans nos projets, dans cet aspect expérientiel, fédérer le groupe et tout, on essaye de le faire, nous, en interne. quand on parlait tout à l'heure au téléphone quand on s'est rencontrés au téléphone je te disais si je sais le faire pour moi je saurais le faire pour les autres ah oui d'abord tiens,

  • Speaker #1

    le temps la perche parce que tu me disais quand on préparait cet enregistrement que vous étiez en train de travailler sur votre propre lieu qui accueille l'agence, c'est ça ? vous allez déménager, vous êtes en train et alors comment vous abordez un brief comme celui-là ? puisque t'es à la fois là, c'est un peu schizophrène Merci.

  • Speaker #0

    Non ça ne l'est pas. Mais déjà il y a quelques années on a acheté nos bureaux et on s'est dit on est Argin'Intérieur, designer, c'est notre formation. On s'est créé de la valeur à travers ça. Donc on a pris un lieu qui était friche, en tout cas qui était délabré pour le remettre vraiment en état.

  • Speaker #1

    C'était quoi un lieu industriel ?

  • Speaker #0

    Non, non, pas du tout. C'est pas très loin de là où on est actuellement. On est rue Soden actuellement et donc on a fait vraiment le projet tel que nous on l'envisageait à l'instant T c'est à dire que en 2018-2019 qu'est ce qu'on projetait en fait comme espace de développement pour les équipes pour nous donc on s'est fait un grand appartement en fait on est parti sur un appart c'était une sorte de loft en fait qui serait notre notre espace de travail donc Donc, il y a effectivement. une grande table où l'équipe peut aller travailler, mais il y a surtout un grand salon pour faire la fête, pour discuter justement, échanger, et ça passe par faire la fête, le soir où on peut échanger plus librement sur les projets, certains qui travaillent sur un projet n'ont pas connaissance du reste, donc c'est l'occasion aussi d'aller les challenger pour essayer de voir ce qu'ils peuvent... Déjà, la façon dont ils... Ils prennent le projet. Ensuite, ce qu'ils peuvent nous apporter. Il y a une espèce de cuisine, une salle à manger. Mais aussi pour...

  • Speaker #1

    Fausse forêt.

  • Speaker #0

    On sait qu'en France, on aime manger. C'est un moment privilégié pour échanger. On a fait un grand appartement et ça nous contenait très bien comme ça. On a une petite salle de jeu en sous-sol. C'est aussi la matériothèque. Quand on dit salle de jeu, c'est qu'on l'a travaillé aussi un peu comme ça, à savoir une télé qui peut servir pour des réunions, mais aussi il y a une console. L'idée c'était de se faire un lieu où on y serait le mieux possible. Ça allait aussi par rapport, quand on a commencé la boîte, il y avait cette notion de domestication. Donc on s'est fait notre petite maison à nous. Et là aujourd'hui, c'est vrai qu'on a vocation à poursuivre la démarche, à acquérir de nouveaux locaux. Et là, c'est aujourd'hui de quoi on a envie.

  • Speaker #1

    Donc les besoins ont évolué ?

  • Speaker #0

    Les besoins vont être celui d'être dans l'expérientiel aussi, d'offrir un nouveau lieu de stimulation. Donc on va le travailler comme ça.

  • Speaker #1

    C'est dans quel quartier ?

  • Speaker #0

    On reste dans le même quartier. On aime bien Bastille.

  • Speaker #1

    Moi, j'ai envie d'aller voir. Vous aurez fini quand, ça ?

  • Speaker #0

    C'est en cours. Quand je dis que c'est en cours, on est dans la démarche d'acquisition.

  • Speaker #1

    Dans six mois, vous allez...

  • Speaker #0

    Oui, on peut l'espérer. C'est vrai qu'en tout cas, l'objectif, c'est de pouvoir se dire qu'on connaît le process et donc on peut apporter justement aussi à une certaine expérience à nos clients. clients du fait d'avoir vécu à petite échelle parce qu'on ne sera jamais à l'échelle de nos clients qui ont beaucoup de bâtiments ou des ampleurs bien plus importantes mais en tout cas voilà on touche un peu du doigt ce genre de choses et ça nous permet selon nous d'être aussi plus précis et plus légitime.

  • Speaker #1

    C'est combien de personnes l'agence aujourd'hui ?

  • Speaker #0

    Et bien ça varie en fait.

  • Speaker #1

    Alors en permanence une petite équipe assez serrée.

  • Speaker #0

    Ah ouais exactement et mais c'est un hub en fait on a mis en place un système de hub avec tout le carnet d'adresses d'experts qui viennent que l'on peut faire sur les missions, donc on peut faire travailler 3 à 4 experts par mission, ça dépend, on peut faire venir aussi plus des exécutions, des dessinateurs-projeteurs, où là on les fait rentrer aussi, et c'est selon la taille du projet, donc en fait ça fait que gonfler, c'est un système plus... pulmonaire, qui gonfle qui se réduit mais on est tout petit au départ, mais par contre sur certains projets, quand on travaille sur 10 000 ou 15 000 m² forcément l'équipe est un peu costaune

  • Speaker #1

    J'ai une question sur ton approche du design ou celle de Cocorico en général, est-ce que tu penses qu'il y a une identité française ou un style, je ne sais pas, on ne peut pas parler d'un style mais une une spécificité française à l'approche du design global ? Ou est-ce que la manière dont tu travailles, finalement, tu le ferais... Il y a des spécificités culturelles, mais tu le ferais finalement de manière assez proche aux Etats-Unis ou au Japon ?

  • Speaker #0

    C'est une bonne question. C'est une bonne question à laquelle je ne saurais absolument pas te répondre.

  • Speaker #1

    En gros, est-ce que tes clients, les grosses foncières, sont plutôt françaises ? Oui,

  • Speaker #0

    elles sont françaises et puis après, elles se déploient à l'échelle européenne. Après, ils ont des partenaires qui sont à l'international, mais on n'a jamais été jusque-là.

  • Speaker #1

    Tu n'avais pas de projet hors de France pour l'instant ?

  • Speaker #0

    Non, on a eu, mais c'était à la frontière. Non, non, non, c'est vrai qu'on a un côté très... Alors ça veut pas dire qu'on le fera pas, au contraire. On a simplement notre anglais à améliorer.

  • Speaker #1

    Bon, aussi, y'a plus que ça, ça va.

  • Speaker #0

    Oui, c'est clair, mais oui, non, on n'a pas encore eu...

  • Speaker #1

    De projet significatif.

  • Speaker #0

    De projet, on travaille sur toute la France, sur Paris, après voilà, ça dépend. C'est plus hors de Paris, et puis, enfin oui, c'est vraiment variable. Et toi,

  • Speaker #1

    tu te partages d'ailleurs entre La Rochelle et Paris. Tu viens quand même bosser au bureau ?

  • Speaker #0

    Oui, il faut quand même avoir un lien avec le lieu, parce que c'est un peu la maison. Et puis les équipes pour le coup. Et puis ça fait du bien ce que je disais tout à l'heure, le fait d'avoir changé aussi le lieu de vie. Mon associé l'a fait également, il est parti à Bordeaux. Ça nous permet aussi de répondre à un besoin de confort familial. On est provinciaux à l'origine, on est venus à Paris pour chercher... Pour faire l'école déjà. Faire l'école, chercher en fait l'adrénaline que Paris amène. Et c'est très bien, on l'a pris. On a bien profité de tout ça. Mais à partir du moment où on a eu nos familles et l'âge avançant, on s'est dit tiens, on aimerait bien leur offrir en fait le confort qu'on avait. Donc nous on revient assez souvent. Et en se disant que... Enfin, je parle de... Nos enfants, ils auront probablement aussi l'envie. Mais on les poussera. D'ailleurs, mon fils, quand je lui dis que je vais à Paris, souvent, il me dit, je serais bien.

  • Speaker #1

    Je vais revenir avec toi.

  • Speaker #0

    Il garde de très bons souvenirs.

  • Speaker #1

    Oui, je comprends.

  • Speaker #0

    Il ne regrette pas du tout. Mais c'est vrai qu'il a des souvenirs.

  • Speaker #1

    C'est génial de pouvoir faire les deux. Génial, Mathieu. On arrive presque à la fin de notre conversation. J'ai quelques questions rituelles que je pose à peu près à chaque fois. Si tu avais un objet, un meuble, un truc fétiche que tu garderais, si tu n'en gardais qu'un, ça serait quoi ?

  • Speaker #0

    Ce serait probablement celui que mes parents me transmettraient, dans le sens de ce que je disais tout à l'heure. J'aime bien cette notion de transmission. L'objet en soi m'importe peu, mais le sens pourrait me ramener.

  • Speaker #1

    Donc tu n'en as pas un ?

  • Speaker #0

    Non, non, non. J'adore les...

  • Speaker #1

    Le squelette de montres.

  • Speaker #0

    Oui, j'allais dire, j'adore les montres, ça c'est clair. Là, j'ai des fauteuils où justement, on s'est fait plaisir en ayant changé de ville. Je voulais un Paulin, un Tom Keen depuis toujours. Voilà. On a l'Aunt Sher de IMSS aussi, des choses comme ça. Il y en a d'autres en tête, on a parlé de Prouvé très peu d'ailleurs. Oui, c'est vrai, on en a parlé beaucoup. C'est vrai que c'est quelqu'un que j'aime beaucoup. pour le design, mais c'est vrai que surtout pour la démarche, l'ingénierie qu'il avait et ce qu'il était comme personne. Donc un jour, soit il y aura une pièce de design ou alors même peut-être autre chose. Mais quelque chose qui viendra de lui.

  • Speaker #1

    Ok. Est-ce qu'il y a un projet dont tu rêves ? C'est-à-dire un truc où tu te dis, si un jour, ce client pouvait m'appeler pour faire ce truc ?

  • Speaker #0

    Bon, allez, on y va. Là, tu l'auras compris, on aime tellement la diversité, en fait, tout type de projet qu'on n'a pas encore fait. Mais là, je vais un peu loin et j'adorerais bosser pour le spatial.

  • Speaker #1

    Ah oui, voilà. Tu vois, j'allais te dire parce que j'ai changé avec Joseph Dirand, qui est archi d'intérieur. Et qui, alors, ça y est, lui, il est parti sur des trucs hyper, hyper, enfin, comme vous, très, très divers. Mais un jour, il me disait, bah ouais, j'aimerais bien bosser sur le spatial. Et là, ça y est, il est en train de bosser sur une capsule, un truc de dingo. Les bateaux, il y a des univers de fou.

  • Speaker #0

    Il n'y a pas de limite,

  • Speaker #1

    en fait.

  • Speaker #0

    C'est clair. Et puis, le monde spatial, il y a quand même quelque chose qui passe les frontières de notre univers terrestre. Oui,

  • Speaker #1

    bien sûr. Est-ce qu'il y a justement un designer ou un architecte qui, t'as parlé de Jean Prouvé, alors vivant ou pas, qui est pour toi une référence absolue,

  • Speaker #0

    qui te bluffe dans ce qu'il fait tous les jours s'il n'est pas encore vivant ? il me plaît, pourquoi ? parce qu'il a une diversité d'interprétations il a été dans tous les domaines et en fait c'est ça qui me plaît le plus et me stimule le plus parce qu'il aura fait de la peinture de l'ingénierie il a été partout. Et en fait, j'aime beaucoup cette liberté qu'on peut avoir dans le process intellectuel, à savoir, en fait, il n'y a pas de limite.

  • Speaker #1

    Alors, c'est vrai que c'est le premier designer global, lui.

  • Speaker #0

    Oui, voilà, exactement. C'est ce qui est génial. Typiquement, je pense que si on a un processus d'interprétation des choses, en fait, qui est cohérent, tu parlais de désordonner ou pas, ou d'ordonner, en fait, si tu arrives à être bien à l'aise avec cette façon, tu peux aller partout. Tu peux aller partout et une fois de plus, j'ai fait ce métier parce qu'on m'a dit tiens, regarde si ce n'est pas intéressant. C'est intéressant, mais comme je te disais, il y a tellement de choses d'autres qui sont intéressantes. J'aimerais pouvoir ne pas me limiter. Alors ça ramène tout de suite la question de oui, mais est-ce que tu serais expert dans ton domaine ? Mais en fait, je ne cherche pas forcément à être un expert. Je cherche juste à me dire que la façon dont je réfléchis peut m'amener à ne pas être trop bête Donc, dans tout un tas de types de domaines. Et surtout, je pourrais me reposer sur des gens qui sont eux experts et qui aiment cette façon de penser. Et en fait, on va travailler en relation, en collaboration. C'est là où on va pouvoir faire des choses. Moi, je vais leur rapporter, en fait, des informations qui viennent de l'extérieur, les challenger sur tout un tas de trucs avec des connaissances que j'ai. Et eux, ils vont me ramener sur Terre ou alors se dire...

  • Speaker #1

    Il y a une contrainte technique là, mais... Il y a du rapport de solution.

  • Speaker #0

    des porteurs de solutions donc ça ouais mais après bien évidemment je t'ai dit j'en prouvais parce que j'en prouvais il est ancien et que ça m'était facile plus jeune de dire ça quand on me demandait parce que je suis très mauvais mais alors vraiment d'un point de vue culturel je ne retiens pas les noms des gens c'est pas par manque de respect en aucun cas, ce qui m'intéresse c'est le process, c'est ce qu'ils ont vu oui finalement le nom qui est derrière mais c'est vrai que quelques fois ça peut ça peut sembler un peu dommageable. Mais j'aime bien retenir ce que les gens ont mis dans leur démarche, dans le projet qu'ils ont pu sortir. Et ça, ça me plaît beaucoup.

  • Speaker #1

    Ok. Si tu devais inviter trois personnes à dîner dans l'un des décors que vous avez faits, j'imagine qu'il y aurait peut-être Jean Prouvé et Léonard Plancy. Ou pas d'ailleurs. Qui est-ce que tu aimerais réunir autour d'une table ? Robert Akoury, Léonard de Vinci, et Jean-Roubaix.

  • Speaker #0

    Il y en a tellement, justement. En fait ça dépendrait du lieu.

  • Speaker #1

    Ouais.

  • Speaker #0

    Et à ce moment là, je trouverais les trois bonnes personnes. Mais trois ça fait pas beaucoup.

  • Speaker #1

    C'est clairement pas grave.

  • Speaker #0

    D'un côté ça fait pas beaucoup.

  • Speaker #1

    Ouais,

  • Speaker #0

    une bonne bande ouais. Non, c'est vraiment ce que je te disais. je n'ai pas à proprement dit de modèle en fait suivant ce que ce à quoi je vais m'intéresser en fait je vais me dire ah bah tiens lui est génial je retiendrai pas le nom mais ils auront tous fait des choses qui ne m'auront plus... Je ne me serais pas dit, c'est beau ce qu'ils font. Leur démarche, j'aime beaucoup.

  • Speaker #1

    Compris. Merci beaucoup Mathieu. Où est-ce qu'on te contacte ? C'est le site de Cocorico, cocorico-paris.fr si je ne me trompe pas, c'est ça ?

  • Speaker #0

    Oui, c'est Cocorico Paris sur Internet.

  • Speaker #1

    LinkedIn, Instagram peut-être ?

  • Speaker #0

    Instagram, alors... Si, via Instagram, LinkedIn aussi. Ça, c'est une autre démarche. qu'on n'a pas vraiment mis en place, on est nuls en communication. Ça souvent avec mon associé, on se dit qu'on est vraiment catastrophique. On a la chance d'avoir Marine Thévenot.

  • Speaker #1

    Oui, comme attachée de presse.

  • Speaker #0

    Comme attachée de presse et qui nous aide beaucoup. Je pense à Élise aussi, qui nous a beaucoup aidé là-dessus et qui nous disait tout le temps, mais en fait, parlez de ce que vous faites. Parce que c'est quand même dommage, vous ne dites rien. Vous faites tout le temps, vous vous cachez dans votre petite grotte. Donc c'est pour ça que je te remercie de nous avoir invités. Avec plaisir. De nous avoir invités en tant que Cocorico. Parce que c'est la première fois que je peux...

  • Speaker #1

    Exprimer.

  • Speaker #0

    Pour Cocorico et que je peux parler de ce qu'on fait. Et encore, tu vois, j'ai le sentiment qu'on a commencé il y a cinq minutes. Il y aura encore beaucoup d'autres choses à dire.

  • Speaker #1

    Ah ouais, non, mais c'est un format qui est très piégeux parce qu'on a l'impression que ça passe très vite. Mais tant mieux. C'est qu'on s'est dit des choses passionnantes. Allez voir Cocorico Paris sur leur site internet, sur leur LinkedIn. Et vous allez voir que ce n'est pas si nul que ça, leur manière de communiquer. Loin de là. Merci beaucoup. Et surtout, allez voir les projets, ceux qui sont accessibles à tous. Merci beaucoup de ton temps. Merci de cette expérience. Merci à toi. Et à très bientôt pour un nouvel épisode de Design Talk. À bientôt.

  • Speaker #0

    Merci.

Description

Designer, architecte d’intérieur, cofondateur de Cocorico Paris, Mathieu Girard est de ceux pour qui un lieu ne se conçoit jamais en surface. Avec son associé Gauthier Pouillart, il développe depuis plus de dix ans une approche transversale du design — mêlant narration, stratégie, architecture, mobilier, image, son, expérience client.


Dans cet épisode, il revient sur son parcours, ses années à l’École Bleue, son installation entre La Rochelle et Paris, et surtout sur la philosophie qui guide ses projets : commencer par la question “pourquoi ?”, construire un récit, puis le traduire dans chaque détail, qu’il s’agisse d’un hall d’accueil, d’une poignée de porte, ou d’un parfum d’ambiance.


Mathieu nous parle avec précision et sincérité de sa méthode :

– un travail de fond sur l’usage, le contexte, l’implantation locale ;

– une traduction cohérente à travers l’espace, l’image, le son, la lumière et les mots ;

– une volonté de concevoir des lieux sincères, utiles, lisibles, mais aussi rentables et pérennes.


Parmi les projets qu’il évoque :

Wellio (Marseille, Paris…), un espace de coworking où l’identité sonore, les textures, les rythmes narratifs sont pensés comme partie intégrante de l’expérience ;

Point Pixel, dans le 5e arrondissement de Paris, dont l’esthétique mêle pixel et tissage, avec une tapisserie numérique animée ;

Appart’Beauté, où l’on entre dans un univers médical discret, presque domestique, tout en élégance.


Il parle aussi de sa manière d’aborder le design produit (avec La Chance ou Haymann Editions), des KPIs intégrés dans la phase de conception, de stratégie de marque, de formation d’équipes pluridisciplinaires, et de son attachement au bon sens, à la nuance, au “fond” plus qu’à l’effet.


C’est une conversation vivante, dense, et généreuse, avec un designer qui trace un chemin singulier dans le paysage français, à la croisée du fonctionnel, du sensoriel et du narratif.


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The Design Talk est produit par Franck Mallez. Fondateur de Yourse.co et de tcrewagency.com , ancien journaliste, et entrepreneur des industries créatives.
https://www.linkedin.com/in/franckmallez/
https://www.instagram.com/franckmallez/
https://www.instagram.com/thedesigntalk.podcast



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    designers, architectes, entrepreneurs, artisans, tous ont en commun une vision, un parcours, une approche du design qui résonne avec notre époque. Alors ici, on parle d'inspiration, de matière, d'innovation, de process, mais aussi de défis, d'échecs et de réussites, tout ce qui façonne finalement chaque projet. The Design Talks est une plongée dans l'univers de ceux qui imaginent, transforment et réinventent notre quotidien. Alors installez-vous, ouvrez grand les oreilles, l'épisode du jour commence maintenant.

  • Speaker #1

    En tout cas, c'est une belle entreprise.

  • Speaker #0

    C'est sympa. Allez, c'est parti. C'est bon, ça enregistre. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans The Design Talk. Aujourd'hui, je reçois un invité qui, avec son agence, explore le design dans toute sa transversalité, des idées aux formes, des usages aux lieux. Il revendique d'ailleurs une approche globale, contextuelle et sensible des projets qu'il traite. Chez lui, on parle autant de stratégie que de matière, autant de récits que de volumes, de couleurs, d'identité. Bonjour Mathieu Girard.

  • Speaker #1

    Bonjour Franck. Merci.

  • Speaker #0

    Bienvenue dans ce Design Talk. On est ensemble pour une bonne heure et quart. On va explorer ton métier, ton métier de design global qui, moi, m'intrigue beaucoup. J'aimerais bien. Je pense qu'on est nombreux à vouloir comprendre ce que c'est que le design global. Donc, tu vas nous l'expliquer. Et puis, tu vas nous expliquer ton parcours. Et puis, on aura le droit de faire plein de digressions. Donc, ça va être sympa. Alors déjà, j'ai peut-être quelques petites questions un peu légères d'entrée pour briser la glace. s'il y a une chose qui t'a inspiré ce matin La première chose qui t'a inspiré ce matin, ce serait quoi ?

  • Speaker #1

    Le rayon du soleil qui traversait la fenêtre de la salle de bain de chez ma belle-sœur. Je me suis revu dans mes années à Parisienne, puisque là je ne suis plus à Paris maintenant. Et ça m'a inspiré vraiment de dingue, parce que je me suis revu à avoir le plaisir de vivre à Paris. Ce que je n'ai plus aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est vraiment sur des moments très éphémères et très intenses pour le coup. mais c'est vrai que c'était... C'était plaisant, il y avait ces rayons qui tapaient sur l'eau, les rayons diffractés, c'était magnifique. Tu vis où d'ailleurs ? La Rochelle maintenant.

  • Speaker #0

    Ah ouais, donc il y a peut-être un peu plus de soleil quoique ?

  • Speaker #1

    Plus de soleil, plus de mer aussi.

  • Speaker #0

    Plus de mer, plus de nature.

  • Speaker #1

    Plus de nature, plus de détente aussi par la location. Le rythme n'est pas le même, ce qui fait que quand je viens ici, je retrouve la pression positive, toute la dynamique parisienne et quand je rentre, c'est un petit peu plus détendu, qui me laisse aussi l'occasion de voguer dans mes pensées.

  • Speaker #0

    Et de voguer tout court aussi. Parle bien dans le micro pour être bien sûr qu'on nous entende bien. Est-ce que tu te souviens d'un espace ou d'un lieu, d'un espace ou d'un objet peut-être qui t'a marqué dans ton enfance ou dans ta jeune vie d'adulte en particulier ?

  • Speaker #1

    Oui, alors ça va être... Je te réponds du tacotage comme ça. c'est le L'objet, c'est la montre. Et en fait, quand j'étais petit, mes parents m'ont offert une notamment pour apprendre à lire l'heure, bien évidemment. Mais en fait, je me suis amusé, moi, à la démonter. Je me suis dit, mais je veux savoir comment ça fonctionne, comment ces petites aiguilles réussissent à tourner dans un si petit objet. Donc, je l'avais démontée. Et pour le coup, ma mère l'a retrouvée.

  • Speaker #0

    Quelques années après, en pièce.

  • Speaker #1

    Elle m'a expliqué qu'en fait ce n'était pas l'objectif de m'avoir offert. une montre donc elle m'a appris à lire à l'heure pour le coup après et puis je m'en suis voulu puisque j'avais pu le petit objet qui m'avait été offert et tu te souviens de la montre en question c'est un des c'était je sais pas une brasse ça devait être une flic flac ou une swatch quelque chose comme ça mais

  • Speaker #0

    oui j'ai le souvenir des flics flac soit de force ça devait être ça ouais d'accord plutôt de toute façon à aiguille et à quartz ou mécanique c'était à quartz web et maintenant je Je suis plus pour la partie automatique.

  • Speaker #1

    Oui. qui m'intéresse beaucoup plus, toujours pour l'aspect mécanique, et puis après, pour le calcul de la durée, tu tombes bien évidemment.

  • Speaker #0

    Attention à tes mains, juste sur le socle. Mais elle est plutôt là, comme ça, pas trop sur le socle.

  • Speaker #1

    Tu me l'avais dit tout à l'heure, et là tu vois, je me suis fait attrapé.

  • Speaker #0

    Alors, si on devait décrire ton métier, on va rentrer dans le détail, mais ton métier de manière très synthétique, si tu devais le décrire à un enfant de 6-7 ans, tu lui expliquerais ça comment ?

  • Speaker #1

    Bah écoute, pour le coup, mon enfant... mon fils a 7 ans et je suis en plein dedans. J'ai commencé par lui dire ce qui paraît être le plus banal et aussi le plus original, c'est que je dessine des maisons, des bureaux, des hôtels, enfin voilà, toutes ces choses-là. Donc comme ça, il y avait quelque chose d'assez, pour lui, assez facile à s'approprier. Bien évidemment aussi, comme je fais du design, il y avait les objets, donc la table, la chaise, et tout de suite. mais ce qui m'intéresse m'intéresse le plus en fait et j'ai développé ça là et je le développe de plus en plus en fait c'est surtout de lui dire que je trouve des solutions en fait je suis un trouveur de solutions alors c'est mal dit bien évidemment mais je essaye de me mettre à son niveau et de surtout un peu caricaturer la chose pardon et j'aime beaucoup en fait cette approche parce qu'elle se détache même de mon métier architecte d'intérieur, designer ou même graphiste, on cherche des solutions mais ça se déploie en fait sur tout type de choses.

  • Speaker #0

    Oui mais très transversal.

  • Speaker #1

    Exactement, et ça c'est ce que j'aime.

  • Speaker #0

    Oui mais c'est très clair et alors justement ça permet déjà d'aborder la question du design global en fait. Ça peut être quoi la problématique type qu'un client va te poser, il va venir te voir en disant voilà le problème auquel vous trouviez la solution, ça va être quoi qu'il va t'exprimer ? mais je veux faire rentrer plus de gens dans cet espace. Ça va être quoi un cas de typique, un cas d'usage typique ?

  • Speaker #1

    Un cas d'usage typique, c'est un secteur d'activité. On va prendre par exemple de l'hôtellerie. On a un hôtel, on va avoir tant de chambres, on va avoir tant de surfaces pour des espaces communs. Et on aimerait mettre dans ces espaces communs autant d'activités que celles qu'il va nous décrire. Ça va être son cahier des charges, bien évidemment. Donc à partir de là, on va vite se rendre compte s'il y a trop de choses à rentrer dans un espace qui serait trop petit. Voilà, exactement. Donc à partir de là, c'est comment on réussit à fusionner certaines activités et à les faire vivre ensemble. Ou alors tout simplement aussi apprendre à dire non, à dire que ce n'est pas possible. Bien évidemment, ce n'est pas trop l'objectif, mais ça va être de trouver toutes ces solutions. Alors ça, c'est en plus, ça fait partie de la stratégie, où on suit beaucoup nos clients sur la stratégie en amont. avant même de développer. l'idée du concept, l'idée de la représentation qui sera donnée au projet. Et ça nous permet d'avoir une démarche qui, ça aussi, est très importante pour nous. C'est la partie apporte. On apporte des solutions économiques dans le business.

  • Speaker #0

    Il faut que ça soit inscrit dans une stratégie globale, mais aussi une prévision. chiffrée, financière, et une rentabilité du projet, si c'est un hôtel, évidemment.

  • Speaker #1

    Exactement. Et en fait, dans les solutions qui vont être apportées sur ce cahier des charges, on va essayer d'apporter, fusionner, comme je l'ai dit tout à l'heure, et ajouter parfois, tout simplement, des choses auxquelles ils n'ont pas pensé ou des choses qui, par la force des discussions qu'on a, apparaissent. On aime beaucoup ne pas simplement prendre un brief tel qu'il est. mais essayer de le challenger et puis y apporter... L'idée révoluée. Oui. Ça c'est... On en parlera plutôt long, je pense, parce que tu parlais de transversalité. Ce qui est intéressant dans cette démarche de transversalité, ce sont les ponts qu'on est capable de faire. Et quelquefois, en fait, on est sur un sujet qui n'a rien à voir et on va être capable d'aller tirer une idée, tirer une solution et la ramener en fait dans une problématique en fait qui...

  • Speaker #0

    qui est exprimé de manière peut-être un peu simple au départ, mais en fait, vous tirez un fil et vous allez créer une cohérence globale. Mais on va rentrer dans le détail un peu plus tard avec des exemples très concrets. Sur ton métier, on a pas encore cité le nom de ton agence, mais tu as plein d'activités. Mais ton activité principale, c'est celle de Cocoréco Paris. Donc, tu es cofondateur. Donc tu as la forme entrepreneur, designer, architecte d'intérieur, directeur de création et directeur artistique dans Coco-Réco Paris. Et aussi tu as une activité de designer produit, donc de mobilier, notamment peut-être de luminaire aussi, je ne sais pas, pour des éditeurs, comme ça a été le cas longtemps pour Cider.

  • Speaker #1

    LA Chance, Haymann Editions

  • Speaker #0

    Haymann qu'on a reçue ici, David.

  • Speaker #1

    Exactement, et puis d'autres projets qui sont en cours de développement, qui devraient sortir au courant de l'année prochaine pour d'autres éditeurs.

  • Speaker #0

    Ok, génial, on va explorer tout ça. Est-ce qu'il y a un objet ou un espace qu'au contraire tu détestais quand tu étais enfant ?

  • Speaker #1

    C'était le placard qui était proche de mon lit parce que j'avais peur.

  • Speaker #0

    Des monstres qui étaient cachés dedans ?

  • Speaker #1

    Après, de manière générale, chaque espace m'intriguait parce que je pouvais y trouver. Au-delà même de leur fonction, il y avait des choses à voir. Et ça, c'est ce que je faisais avec mon frère. On se faufilait partout pour découvrir chaque trésor qui se cachait dans chaque pièce des maisons dans lesquelles on pouvait aller. Alors ça pouvait paraître être un peu bizarre parce qu'on se demandait pourquoi on se retrouvait là. Mais c'est vrai qu'on avait cette curiosité d'y trouver tout un tas de choses et de comprendre surtout. quelle était l'histoire en fait qu'il y avait en amont. Et ça, ça nous faisait bien marrer.

  • Speaker #0

    Alors ça m'a mis une question que j'avais pas prévu mais moi, souvent en tant qu'enfant effectivement on va fouiner dans les greniers, dans les maisons, où on a l'impression que rien n'a bougé depuis des... parfois même quand ça a bougé d'ailleurs ça peut être intéressant c'est quoi ton rapport au désordre et souvent les archis d'intérieur sont sont parfois un peu un peu paradoxaux parce que parce que ils vivent dans des endroits qui sont parfois très différents de ceux qu'ils fabriquent pour les autres.

  • Speaker #1

    Tout à fait, ma réponse va aller dans ton sens, dans le sens de ce que tu dis, puisque chez moi c'est rangé, j'ai tendance à demander à mon épouse, mon enfant, à ce que les choses soient rangées, bien que le désordre ne me déplaise pas, puisque c'est souvent le moment où on va avoir un acte de création, ou en tout cas aussi de libération. donc ça je laisse par exemple la salle de jeu dérangée tant qu'il ya en fait un projet qui est en cours. Quand le projet est terminé, j'aime bien que ce soit rangé. Et puis de manière générale, j'aime bien quand les choses sont assez bien ordonnées. Par contre, le désordre que je trouve chez les autres me plaît particulièrement. J'adore aller dans des endroits où pour le coup, il n'y a pas cette nécessité d'ordre. Parce que ça me détend et ça m'offre en fait une... Je ne vais pas dire des vacances, mais une respiration. C'est le moment pour moi justement d'assouvir cette envie en fait de... de plonger dans tout ce bordel, si je puis utiliser le terme, où je vais aller toucher, prendre, raconter, raconter vraiment les... Enfin, me raconter en fait une histoire sur tout ce que je trouve.

  • Speaker #0

    Oui, c'est vrai que ça raconte souvent quelqu'un de la personne qui habite le désordre. Et moi, j'adore cette notion de désordre, parce que pour certains, ça veut dire le chaos. Pour d'autres, ça va être non, non, tout est super structuré. même si ça vous paraît désordonné ça l'est au contraire beaucoup mais bon c'est assez marrant.

  • Speaker #1

    Oui, on est tous pris par l'un ou l'autre en fait, il n'y a pas vraiment de juste milieu. Le désordre à cette richesse en fait de laisser voir tout quand on va chez moi, tout est bien rangé donc finalement je cache beaucoup de choses d'une certaine façon puisqu'elles vont être rangées. Dans le désordre il y a tout qui est mis sur, c'est comme une feuille blanche sur laquelle on s'amuserait à dessiner avec toutes les couleurs et tout. là où j'aurais tendance à prendre le feutre qui va bien, la bonne couleur et laisser le reste dans sa pochette

  • Speaker #0

    Alors tu viens de Nancy tu me le disais juste avant qu'on démarre Nancy qui est une ville qui t'a peut-être d'ailleurs pour un de ses illustres je ne sais pas si on peut dire designer parce que lui ne se définissait pas comme designer mais Jean Prouvé créateur, ingénieur comment t'est venue raconte-nous un peu dans quel univers t'as grandi quelle étude tu as fait et comment tu es arrivé à faire ton métier ?

  • Speaker #1

    Un peu par la force des choses, je me suis fait accompagner par une maman qui avait une bienveillance à tout égard, enfin à toute épreuve pardon. Puis tout petit en fait, j'ai cette vocation à aller chercher partout, être curieux, aller me faufiler comme je disais dans toute pièce pour trouver une chose qui allait me surprendre. ou me raconter une histoire. J'avais aussi une appétence, on va dire, pour le dessin. J'adorais dessiner. J'adorais projeter des choses de la façon la plus simple possible. Ma mère me disait souvent, l'avantage avec toi, c'est que tu vas toujours à l'essentiel. Et en fait, les études ont été chaotiques et elles me cherchaient absolument une porte de sortie ou une raison d'être, peut-être. et le match Il m'a dit un jour, écoute, j'ai trouvé une école, c'était une mise à niveau d'art appliqué, mais avec une option qui était celle du design. Il m'a dit, est-ce que ça t'intéresse ? Je te mettrai bien dedans. Enfin, je t'inscrirai bien là-bas. Donc, je me suis laissé porter parce que moi, de toute façon, j'avais tellement de mal à l'école que...

  • Speaker #0

    C'est-à-dire que tu ne savais pas du tout, tu savais que tu étais plutôt un créatif ? Oui,

  • Speaker #1

    créatif, mais il y avait aussi cette notion, j'aime bien le côté ingénieux des choses. On trouvait la montre. J'aime beaucoup savoir pourquoi les choses sont faites et comment elles fonctionnent. Ça m'intéresse. À partir de là, j'ai ouvert la porte. C'est vrai que ça réunissait pas mal de choses qui m'intéressaient, qui me donnaient envie tout du moins. Et donc j'y suis allé. C'était à Strasbourg, c'était l'ISA à Strasbourg, mis à niveau. Et à partir de là, j'ai découvert un monde qui me semblait vraiment... bien pour mon futur, c'est-à-dire que je me voyais enfin avoir une possible carrière dans ce domaine. Alors ce n'était pas en plus fermé, c'est-à-dire qu'on faisait mise à niveau d'art appliqué, il y avait du dessin, du graphisme, il y avait cette option d'isole. il y avait aussi un peu d'archi intérieur. Mes parents pour le coup me disaient tu seras architecte parce qu'ils me disaient qu'il y avait un côté artiste alors que je n'aimais pas du tout. Mais voilà, donc ça réunissait tout et puis j'ai trouvé après une école. pendant la mise à niveau à Paris, l'école bleue.

  • Speaker #0

    L'école bleue, oui, dans le 14e, je crois.

  • Speaker #1

    Alors maintenant qu'il s'est déplacé, exactement, qui était dans le 11e, et qui avait cette particularité de fournir triple diplôme, architecte d'intérieur, designer et également graphiste. Et ça, c'était parfait parce que moi, j'y voyais...

  • Speaker #0

    La combinaison.

  • Speaker #1

    La combinaison de plein de choses. Et surtout, ce n'était pas le... On pourra en parler, mais c'est vrai qu'on a très... facile. dernières années, on a pu voir même un saucissonnage. C'est-à-dire que les métiers, il fallait créer des casques. Et ça, c'était dommage. Alors que quand on regarde les architectes d'avant, ils allaient de la petite cuillère jusqu'à faire de l'urbanisme. Il n'y avait vraiment pas de frontières. Au contraire, c'était un processus intellectuel qui était mis en avant. Et ça, je trouvais ça génial. Parce qu'en fait, mon esprit, quand il part, il n'a pas envie d'avoir de loisirs. Oui, bien sûr. bien me spécialiser quand je suis concentré sur quelque chose, ça nécessite à ce que mon cerveau soit concentré, focus sur une activité, mais une fois que je m'en extrais, j'ai envie d'ouvrir en fait les portes et me balader partout. Et c'est là où justement après ce que je disais c'est faire les ponts. Ce que j'ai appris dans ce domaine là, est-ce que je peux m'en servir comme d'autres et ainsi de suite. Et tisser une toile en fait.

  • Speaker #0

    Oui je vois très bien.

  • Speaker #1

    On balade un peu comme comme toutes ces pièces. pièces que je vais visiter petit.

  • Speaker #0

    Oui c'est ça tu vas et tu vas relier les... Et alors justement alors on va prendre un exemple on y reviendra après sur d'autres exemples sur vraiment des cas d'usages différents que vous enfin des solutions que vous trouvez chez Cocorico ça va être vous allez couvrir quoi donc l'archi d'intérieur c'est assez clair le design produit c'est ce qui va venir dans la boîte donc le mobilier etc mais c'est quoi les autres domaines dans lesquels vous vous êtes allez pouvoir intervenir. On entend parler de plateforme de marque. Il y a plein de gens qui ne savent pas ce que c'est qu'une plateforme de marque. C'est un sujet sur lequel vous intervenez aussi, par exemple ?

  • Speaker #1

    On intervient, c'est-à-dire est-ce qu'on se pose la question à date, au moment où le sujet nous est donné, est-ce que la marque nécessite d'avoir un petit vis-à-jour dans son approche identitaire ou même dans la philosophie qu'elle a, ce qu'elle cherche. à transmettre en termes de vision et également après ça se dessine sur justement la partie identité graphique. Est-ce qu'on va parajeunir un peu les choses une fois qu'on a revu en fait la philosophie ? Est-ce que voilà il y a plein de possibilités.

  • Speaker #0

    Donc ça pourrait aller jusqu'à donc revoir un logo, une charte graphique globale, une identité globale d'une marque d'un point de vue élément graphique enfin c'est ça exactement Ok. Est-ce que ça peut aller jusqu'à l'identité olfactive dans un hôtel ?

  • Speaker #1

    Oui. Alors justement, l'école Bleu nous a appris à faire du concept. L'idée, c'était de se concentrer sur la partie, l'intellectualisation des propos qui amènent au dessin. C'est le dessin du dessin. Le dessin E-I-N à la fin et le dessin I-N. c'est vraiment on prend le temps de savoir pourquoi pourquoi on fait les choses et pourquoi on va les rendre ensuite esthétiques, narratives, à travers le dessin. Et donc, l'archi-intérieur, le design, le graphisme, on se rendait vite compte que c'était déjà fermé par rapport à tout ce qu'on vit comme expérience, en fait, dans un lieu. Quand je vais dans un hôtel, il y a l'univers sonore aussi, qui est très important. Il y a l'univers culinaire. Si je vais dans un restaurant, quelle odeur je vais avoir ? Quels sont les plats que je vais pouvoir trouver sur ma carte ? On peut aller jusqu'à l'univers sur la vidéo. Est-ce qu'on a une expérience immersive à travers le numérique, la vidéo ?

  • Speaker #0

    Les expériences qu'une marque ou qu'un lieu peut proposer, avec tous les points de contact, ça peut être même digital, j'imagine. digital, donc le site d'un hôtel, la bande sonore, l'identité olfactive, le lieu lui-même, la carte du restaurant.

  • Speaker #1

    Ah oui,

  • Speaker #0

    vous pouvez travailler même sur la...

  • Speaker #1

    Ah oui, on travaille vraiment sur tout en fait. En fait aucune limite sur la manière dont on va représenter, matérialiser en fait le concept. Pour expliquer plus précisément, on part, alors déjà mon associé qui est Gauthier Pouillard. Oui,

  • Speaker #0

    Gauthier Pouillard.

  • Speaker #1

    Donc, fondateur avec moi, on s'est rencontrés à l'école. À l'école Bleu ? À l'école Bleu, exactement. Et on a la demande. La demande, donc, définit un cahier des charges. souvent liés au secteur et ensuite à tout un tas d'éléments qui vont finalement, je vais dire, pas nous servir à ce moment. Puisque l'idée, c'est de générer, d'écouter notre client, de comprendre ce que lui cherche. Souvent, bien évidemment, à travers le secteur dans lequel il est, il y a une performance économique qu'il va chercher. Donc nous, on va l'accompagner dedans et on va lui transmettre des solutions. lié à l'utilisateur. Ça, c'est ce qu'on appelle, en fait, notre boucle. C'est le B2B2C. C'est ce qu'on fait. Et à partir de là, on va aller s'inspirer, en fait, de ce que notre client, de son ADN, s'inspirer de ce que le client du client, en fait, attend. On fait notre mixture, c'est-à-dire à travers aussi nos petits cerveaux, nos sensibilités, des choses là. On crée ce qu'on va appeler le concept, qui va même... pouvoir s'inspirer aussi on pourrait ajouter une autre donnée c'est la localité l'histoire tout le contexte en fait qui va y avoir et ensuite on se lance dans ok on matérialise tout ça donc le cahier des charges on fait en sorte qu'il soit respecté par rapport aux différents secteurs donc l'archi, le design, l'identité avec l'identité visuelle, l'identité fonctionnelle mais aussi tout l'univers qui se trouve en fait au sein du lieu donc des tableaux l'eau. Nous, on se charge de ça. Et on ajoute tout autre élément. Effectivement, tu l'as dit, l'olfactif, le sonore, plein de choses. J'ai des exemples où on a créé... C'est tellement important, il faudrait qu'on prenne un exemple. On va rentrer dans les exemples. C'est vrai que ça paraît un peu...

  • Speaker #0

    Un peu abstrait.

  • Speaker #1

    Dans le sens où tu te dis, ils font tout.

  • Speaker #0

    parce que l'une des questions ça va être de et qu'on peut se poser, c'est de savoir comment ils peuvent être bons sur toutes ces domaines-là.

  • Speaker #1

    C'est une très bonne question. C'est super parce que tu la poses. On est experts nous, chez Cocorico Paris, on est experts dans le service, parce qu'on est une métier de service, et on est experts dans l'architecture intérieure, le design, le graphisme. Ça, c'est nos domaines de compétence.

  • Speaker #0

    Vous vous maîtrisez en interne.

  • Speaker #1

    On est diplômés, on a eu ce qu'il fallait. Et après, la seule chose qu'on a en plus dans l'expertise, c'est la la projection, la capacité en fait à écrire et à se projeter sur une histoire. Une histoire que l'on a définie par rapport à notre client, le client du client et le contexte. Donc ça c'est notre domaine. Et ensuite, et c'est d'ailleurs comme ça qu'est formée et composée en fait la société, il y a Gauthier et moi, on a en interne des gens qui sont des chefs de projet. Et ensuite... Ensuite, on a un éventail d'experts qui viennent et dont on fait appel. C'est un avantage pour notre client. C'est que, comme je disais tout à l'heure, je parlais de saucissonnage. Il y a eu un phénomène aussi qui s'est vu. quand on a commencé la boîte, c'est qu'on faisait appel à un archi-intérieur, on faisait appel à des graphistes, on faisait appel à des designers ou à des boîtes qui... Qui maîtrisaient tout ça. ... qui maîtrisaient tout ça. Et en fait, on avait plein d'interlocuteurs qui, chacun avait aussi ses sensibilités, ses envies, et donc ça crée un peu une cacophonie, très difficile, en fait, de réussir à contenter tout le monde et à créer une symphonie, en fait, qui...

  • Speaker #0

    Oui, qui est harmonieuse.

  • Speaker #1

    et harmonieuse. Donc là, à partir de ça, on s'est dit, on a des gens autour de nous qui ont des compétences dingues. En plus, ce sont des gens qu'on connaît et qui on s'entend bien. Et donc, si je maîtrise mon histoire, mon concept, que je maîtrise mes trois domaines qu'on a évoqués avant.

  • Speaker #0

    Donc graphisme, archi d'intérieur,

  • Speaker #1

    design.

  • Speaker #0

    Et le cœur du concept, il repose là-dessus.

  • Speaker #1

    et ensuite vous allez en fait il repose dessus mais Il repose sur plein de choses. Parce que d'un coup, je vais me dire, bah tiens... Là on est dans un projet, un projet améroménile, on a un projet de club, notamment, c'est Wellio, c'est une société qui fait du pro-working, et donc ils ont une communauté de pro-working. c'est quoi le coworker ? c'est comme du coworking mais de façon plus professionnelle donc ça va être des sociétés enfin il y a probablement un côté un peu plus haut de gamme que le coworking donc c'est une approche ok

  • Speaker #0

    C'est les clients, le si de ce Velio. C'est des sociétés qui louent des espaces ponctuellement pour leurs collaborateurs, pour y travailler, mais aussi pour faire des séminaires, j'imagine.

  • Speaker #1

    Voilà, ça peut être ça. Et une société qui va installer ses bureaux chez Velio. On a eu la particularité sur un projet où on était sur un site qui devait accueillir plusieurs types de... type d'entreprise et finalement il y en a un qui est venu, il a dit moi ce votre concept j'adore, votre bâtiment je prends tout ça ça a été assez génial pour nous parce que pour notre client bien évidemment puisque là on revient sur la performance, nous on a essayé d'apporter une performance économique, lui il était ravi puisqu'il avait réussi en un coup à tout faire et nous évidemment on était content puisque l'histoire qu'on essayait de transmettre pour le client était finalement adoptée à l'unanimité Merci. Donc c'était parfait, en fait on arrivait à faire notre petite boucle et c'était très bien.

  • Speaker #0

    Alors raconte-nous un peu justement ce cas-là, Velio, quel était le brief et qu'est-ce que vous avez proposé et développé comme histoire ?

  • Speaker #1

    Alors, parce que surtout là je reviens juste sur ce qu'on disait par rapport au sonore, donc on a le Velio comme ça, et en fait en parlant avec mon client je lui avais dit mais il faut absolument qu'on fasse des radios une radio les on a appelé et en fait c'est comme ça qu'on s'est retrouvé à faire une radio ouélionde chaque site en fait qui a sa propre personnalité en fait avait ses propres petites interludes ses propres sons et en fait on crée avec spotify en utilisant spotify notamment fait on crée une synergie entre les différents wélio ok on les fédère à travers la musique on peut écouter la musique de Marseille à Paris ainsi de suite et d'ailleurs ça se répond assez bien on envoie des petits des petits pics et un côté un peu décalé ok pour vraiment être dans l'aspect communautaire ou elio gobelin alors attends je reviens là dessus mais c'est intéressant typiquement sur ce dossier sur un cas comme ça donc le besoin il n'était pas forcément exprimé par le client oui

  • Speaker #0

    dire tout à fait voilà donc là typiquement votre valeur ajoutée ça va être de dire dans notre concept global on pense que ça ça a sa place il faudrait le faire donc voilà comment et là vous allez chercher donc le je sais pas le programmateur le dix traiteurs de chute

  • Speaker #1

    l'ingénieur son, on connaît déjà un ingénieur son, donc on se dit, super, on va faire appel à lui. J'ai aussi dans mes contacts, en fait, quelqu'un qui travaille dans la publicité, qui a une verve assez intéressante, avec qui j'aime bien discuter, parce qu'on se marre, il a un très bon répondant. Donc je me dis, on va réussir à créer, vous savez, les petites interludes qu'il y avait sur Nova. On se souvient tous, mais quelle heure est-il ? Merci. ça nous rentrait dans la tête une voix très particulière et en plus on finit par en parler tu te souviens quelle heure est-il et puis on se refait et ça devient un petit gimmick on est entre amis ou choses dans le genre

  • Speaker #0

    J'ai dit à mon client, on va se faire un truc dans le genre, puisque comme vous avez Wellio, et qu'il faut savoir qu'une personne qui loue chez Wellio Paris peut aller à Marseille et aura accès à des bureaux. Donc il y a quand même aussi ce côté communautaire, poil d'araignée. Le réseau, le côté étoile d'araignée, tu verras, c'est quelque chose qu'on met pas mal en avant. et donc On a fait appel à ces deux experts, on a travaillé sur la rédaction de toutes nos petites interludes, on a fait l'enregistrement de tout ça, on a fait appel à des gens qui avaient des voix mieux que les nôtres, pour pouvoir écrire sur des gens qui étaient mieux nés, quelqu'un qui écrit, donc j'écris avec lui, on se renvoie la balle, on les peaufine, ensuite notre ingénieur son va travailler aussi pour... que ces petites interludes soient dynamiques, des petites mélodies qui les accompagnent. Et bien sûr le « Bienvenue sur les Wellyondes » , enfin il y a le « Bonjour » , un peu comme à l'époque il y avait un film, c'était un peu mon inspiration au moment où on avait fait ça, c'était « Bonjour Vietnam » . Ah oui oui oui, « Good morning Vietnam » . L'idée c'était de faire quelque chose le matin. Le matin, quand les gens arrivent sur le site, il y a Good Morning New York.

  • Speaker #1

    Donc c'est dans le lieu et c'est en plus une playlist Spotify que tu peux écouter.

  • Speaker #0

    Oui, exactement. On a fait toute une sélection liée. Il y avait des sites où c'était une inspiration new-yorkaise. Le nôtre, c'était plutôt ça tournait autour. En fait, la synergie et surtout le point pixel, qui avait un côté numérique et aussi un peu traditionnel, enfin historique. On choisissait aussi des musiques à travers ça. On décidait que le matin en entrée, ça allait être très dynamique, qu'après, sur les périodes de travail, on redescendait pour que ce soit focus. Et ensuite, on remonte le midi. L'après-midi, on revient, mais on garde un peu plus de dynamique parce que souvent, on pique un peu du nez. Et le soir, c'était bon, le vendredi c'était l'apéro. Il y avait toutes ces petites interludes pour le vendredi après-midi, notamment à Marseille. Oui,

  • Speaker #1

    on sait bien, ils vont tous à la plage pour l'après-midi. Exactement.

  • Speaker #0

    Mais c'est vrai que c'était rare, donc on a mis tout ça. Et puis ça a permis de faire une offre qui était concrète, qui était le plus professionnel possible. Et on a mis ça en place et le client a pu diffuser ça sur tous ses sites. Et comme je disais tout à l'heure, tout le monde peut écouter les vidéos.

  • Speaker #1

    Et ça d'ailleurs, d'un point de vue business pour toi, pour l'agence, c'est un truc sur lequel vous revenez régulièrement pour la remettre à jour, pour la changer un petit peu tous les six mois ou je ne sais pas. Oui,

  • Speaker #0

    c'est ce qu'on propose en fait. Et puis après, c'est le client qui lui décide si une boîte fonctionne. En fait, il... poussera d'autant l'artiste à jour ou des choses comme ça, mais on propose toujours. En fait, ça c'est juste ce que tu dis, parce que nous ce qu'on aime dire c'est, on va vous travailler tout votre concept et on va faire en fait quelque chose qui va être le plus cohérent possible de A à Z. Sous plusieurs niveaux de stratification, enfin quand je dis niveau de stratification, c'est niveau de lecture, on essaie d'être le plus concret possible. Et par exemple, quand tu arrives notamment dans l'hôtellerie, toute la période de Noël ou de Pâques, où on voit arriver des sapins de Noël qui n'ont rien à voir, enfin une décoration qui pique un peu, nous ce qu'on dit c'est faites-nous appel, faites appel à nous, on poursuit en fait notre prestation de façon ponctuelle, mais on va vous faire en fait vivre Noël à la sauce de notre complète.

  • Speaker #1

    Pour rester cohérent dans tous les moments d'actu de l'année, que les marronniers soient traités de manière cohérente avec le concept. Oui, c'est évident. Malheureusement, c'est toujours compliqué, j'imagine, de faire rentrer ça dans la tête d'un client qui ne l'a jamais vécu.

  • Speaker #0

    Oui, effectivement, parce que dans ce que tu dis, il y a plus de ratés dans le sens où le client ne le perçoit pas.

  • Speaker #1

    ne perçoit pas le bénéfice que ça peut avoir quand le client le perçoit on voit bien que ça fonctionne et que ça fonctionne bien c'est vrai que la déco de noël dans un hôtel super léché boutique vachement bien et tout là tu te trouves avec des guirlandes des années 75 c'est compliqué c'est très compliqué et

  • Speaker #0

    en plus on peut pas demander à un staff d'un hôtel ou peu importe le secteur en fait d'avoir la connaissance du concept le goût aussi de ça et qu'ils le suivent.

  • Speaker #1

    On va revenir un petit peu en arrière sur votre manière de travailler. J'ai lu que tu disais qu'il faut, ça paraît un peu évident, mais j'aimerais bien que tu me l'expliques concrètement. Penser le fond avant la forme, donc penser le concept, c'est ce que tu viens de décrire. Mais qu'est-ce que ça veut dire concrètement dans ton processus de création, dans votre manière de travailler ? Dans quel espace-temps ça s'inscrit entre le client qui vient vous voir en disant... Voilà, je viens de racheter un hôtel de 30 chambres qui était un trois étoiles en région, un peu poussiéreux. Et je veux en faire un truc qui va attirer une génération de trentenaires qui vient en vacances à La Rochelle. C'est quoi en gros les grosses étapes pour penser le fond avant de travailler sur la forme ?

  • Speaker #0

    Eh bien, ça peut aller très vite comme ça peut prendre beaucoup de temps, de toute façon, comme tout type de réflexion. Mais ce qui est sûr, c'est que ça aboutit en fait à un document qui est la genèse. En fait, il n'y a pas de plan, il n'y a rien. On ne parle pas du projet en tant que tel. On ne parle que de l'histoire qui va accompagner tout le projet. On part du principe que si en plus le client qui nous mandate se prend au jeu, en fait, il va apporter énormément de choses aussi à notre récit. Nous ce qu'on dit c'est que nos histoires enrichissent les vôtres. C'est simplement qu'on va apporter quelque chose pour le client et donc à lui de nous donner des feedbacks à travers ça. Et on crée un château fort. L'objectif c'est de créer un socle le plus stable possible pour ensuite monter le château fort le plus robuste pour que ça soit plus cohérent, légitime. Donc ça part de la réflexion, observer l'environnement, observer la localité, l'histoire, l'aspect culturel qui entoure le projet, au-delà même de sa fonction propre quelquefois. On s'en détache pour vraiment essayer d'insuffler quelque chose qui va permettre, quand un client sera dans le lieu pour lequel on a travaillé, de dire « mais attendez... » Là, la petite chose qui a été faite à cet endroit-là, c'est vrai, ça tient debout. Oui, oui, monsieur, vous ne saviez pas. Et puis on va pouvoir raconter tout ça. D'accord.

  • Speaker #1

    Et le récit, j'aime bien ce récit.

  • Speaker #0

    Oui, c'est vraiment du récit. Je te disais tout à l'heure qu'il y a une question de stratification. Dans notre récit, il y aura les choses que tu verras qui seront frontales. Là, on appelle un chat un chat, il n'y a pas de problème.

  • Speaker #1

    Donc c'est le... le look du lieu, le mobilier, les couleurs, etc.

  • Speaker #0

    Voilà, l'intention première. Et en fait, on rentre ensuite dans un niveau de proposition, on va dire, qui est de plus en plus subtil. Tout le monde ne le verra pas. Il y en a des clients qui vont rentrer, qui vont se dire, « Oui, bon, ok, c'est terminé. » Ça ne les intéresse pas, et pourquoi pas. Par contre, ceux qui sont plus curieux, ceux qui sont prêts un peu à gratter... ou juste à mettre l'œil au bon endroit, en fait, ils vont découvrir des choses plus subtiles, plus profondes, qui vont être de l'ordre... Enfin, on va aller plus loin dans l'histoire.

  • Speaker #1

    C'est marrant, ça me fait penser à... Je ne sais pas si tu as écouté cet épisode, j'ai reçu il n'y a pas très longtemps Patrick Elouargui, qui est un hôtelier, qui a travaillé sur plein de lieux toute sa vie. Il a commencé par un lieu que tu connais peut-être de nom, il n'existe plus aujourd'hui, mais qui s'appelait le E-Hotel. à Nice et il a travaillé sur tous ses projets avec Mattel et Crasset et avec vraiment cette notion de design global mais sans, je ne vais pas dire que c'était comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, mais presque, c'est-à-dire qu'ils ont réellement réfléchi à leur concept, mais de manière globale, jusqu'à l'expérience effectivement digitale, mais on est dans les années 90. Ensuite, ils ont fait ça en Tunisie, ils ont fait ça à Paris. Ils ont ouvert un... Ça me fait vraiment penser... Écoutez cet épisode si vous ne l'avez pas encore écouté. C'est une illustration très juste de ce que peut être le design global. Je voudrais faire une parenthèse. On revenait en arrière. On était à l'école Bleu. Tu rencontres ton futur associé. Là on est en quelle année ? Fin des années 2000 ?

  • Speaker #0

    2010.

  • Speaker #1

    Ouais, 2010. 2010, vous décidez de créer une boîte, vous saviez ce que vous vouliez faire, c'était clair pour vous ?

  • Speaker #0

    Ouais, alors l'histoire elle est... parce qu'on est deux aujourd'hui, on a été quatre au départ. En fait, quand on était à l'école avec Gauthier, on se connaissait pas forcément, on se croisait. on n'était pas forcément amis Simplement, on se croisait. Mais j'avais deux bons amis, pour le coup, qui étaient dans sa promo. Et avec eux, j'avais un an de plus. J'étais dans la promo au-dessus d'eux. C'est pour ça qu'on n'était pas ensemble. Et j'ai eu mon diplôme. Je suis parti faire quelques expériences, notamment à New York. J'ai travaillé même avec mon épouse pendant un an. et quand ils... Ils ont eu leur diplôme, je les ai aidés pour leur diplôme. Quand ils ont eu leur diplôme, on s'est dit, bon allez hop, c'est parti, on y va. C'est vrai que moi je viens d'une famille, mon père est entrepreneur.

  • Speaker #1

    Ah oui d'accord,

  • Speaker #0

    j'allais te poser,

  • Speaker #1

    parce que je lançais, c'est...

  • Speaker #0

    Parmi eux, il y avait aussi ça, donc on avait cette fibre. Mon père est entrepreneur, ma maman est très créative, elle bricole beaucoup, il y a un côté très...

  • Speaker #1

    Géotrouvetout, non ?

  • Speaker #0

    Oui, et puis elle fait de la couture, enfin c'est... si Elle fait tellement de choses, c'est incroyable. Mon père, forcément, j'ai irrité un peu des deux. C'est ce que je leur dis. C'est qu'il y a cette envie, cette audace d'aller monter un projet entrepreneurial, des projets entrepreneurial. Et puis, le côté un peu foufou. Et je vous trouve tout, tu disais, pour la partie du domaine de l'activité, de la création.

  • Speaker #1

    Et donc, avec les quatre, vous étiez quatre compères.

  • Speaker #0

    Quatre compères. donc Gauthier arrive après, c'est-à-dire qu'on monte, on se réunit tous les trois, et Gauthier arrive, et c'est un peu comme une évidence, déjà parce que mes deux amis me disent, tu verras, il est bien. Moi je savais déjà qu'il était bien, parce que j'avais l'œil, et même si on ne s'était pas jamais trop parlé, il y avait un ressenti qui était très bon, et une personne qui semble aussi très bienveillante, et assez extraordinaire, donc j'ai dit banco, et puis bon, par la force des choses, les deux qui ne sont plus là aujourd'hui ont dû arrêter.

  • Speaker #1

    Ok.

  • Speaker #0

    Ils ont changé de domaine ou ils sont dans ce domaine dans des boîtes qui peuvent être concurrentes à la nôtre. Et donc avec Gauthier, on s'est...

  • Speaker #1

    En fait, c'est parce que votre duo était tellement évident que...

  • Speaker #0

    C'est devenu quand on s'est retrouvés tous les deux. Ok. En fait, quand on est partis tous les quatre, au départ, c'était... On va tous faire pareil. On est des créateurs, on est des entrepreneurs, on va faire la crétinette, on a tous les mêmes compétences et c'est super. Quand on s'est retrouvé avec Gauthier, on s'est dit bon attends ça fonctionne pas du tout. C'est vrai que toi t'as des appétences dans ces... ces domaines-là, qui sont derrière, et puis moins, moins, et puis pareil dans l'autre sens. Donc on s'est dit, autant se mettre là où chacun sera le mieux, il sera le plus à même à apporter pour la société, et depuis, en fait... Ça n'empêche pas des échanges, au contraire. Parce que ça dépend. Il y a des décisions stratégiques.

  • Speaker #1

    Donc vous répartissez comment ? C'est plutôt la création, lui c'est les opérations, c'est ça ?

  • Speaker #0

    Oui,

  • Speaker #1

    tout à fait. C'est le duo gagnant. On se complète bien et qu'on ne se marche pas dessus.

  • Speaker #0

    On est bien d'accord.

  • Speaker #1

    Et qu'on se fait confiance.

  • Speaker #0

    Ça c'est très important, la confiance aveugle. de toute façon. Et on ajoute à ça, en fait, cette... maniaquerie j'ai envie de dire, où on a envie de bien faire on a envie de bien faire on a envie de de pas se moquer en fait de la personne qui est prête à nous faire confiance en fait on veut rendre la confiance qu'on nous donne donc on se donne corps et âme comme on dit souvent aux clients, vous inquiétez pas, on ne comptera pas nos heures et on n'a jamais fait ça donc ils sont...

  • Speaker #1

    Alors tu me tournes une perche parce que c'était une question que j'avais c'était de comprendre votre modèle économique parce qu'une agence d'art d'intérieur elle a des zones horaires et puis en général peut-être un pourcentage sur les travaux et puis voilà c'est assez clair on sait comment ça marche une agence de design global vous touchez tellement de sujets donc depuis la création du concept jusqu'à l'exécution de ce concept dans

  • Speaker #0

    des domaines très variés comme élaborer une carte de restaurant ou etc comment vous vendez votre temps et votre prestation ça passe par un premier jet qui est la transmission en fait d'un devis sur sur ce que le client nous demande. Donc, on répond à sa demande de façon brutale. Donc, on cadre. Ça, c'est très segment. Enfin, voilà. En gros, c'est la première donnée. Et on lui explique que nous, on va être en capacité de lui apporter, en fait, beaucoup plus, beaucoup plus, beaucoup plus. Donc, on lui dit une première fois. Quelquefois, il ne le perçoit pas. Et puis, très rapidement, quand il reçoit le concept, la fameuse Bible, en fait c'est vraiment le socle qui installe le concept. Tant des perches en lui disant, ben voilà, on a pensé à ça, on pourrait aller là. Et donc là, certaines fois, ça amène tout de suite à une revalorisation, en fait, parce que ça lui plaît. Il nous dit, ah oui, oui, il faut aller vers ça. Ou alors, quelquefois, il attend d'en avoir un peu plus, mais on y viendra. Et parfois, après, pendant le projet, en fait, on agrémente. On a des aménements, mais à chaque fois, on le fait. Même d'ailleurs, quelques fois, la petite doute que tu as, c'est qu'effectivement, on va prendre du temps pour lui mettre en avant un potentiel et qu'il ne sera pas choisi.

  • Speaker #1

    Oui, oui,

  • Speaker #0

    peut-être. Ça arrive quelques fois, mais le plaisir est tellement... Juste de l'avoir matérialisé et d'avoir rendu possible cette éventualité, c'est super satisfaisant. Ça nous fait vivre, ça nourrit, en fait, nous. le processus qu'on a en fait en interne où en fait voilà c'est toujours être un peu en mouvement toujours être avoir une capacité à enrichir mais vous devez être super triste quand les projets sont terminés parce que ça va ça peut aller tellement loin si jamais vraiment terminé en fait sont jamais vraiment terminé si on a la possibilité d'avoir un suivi comme on le disait tout à l'heure dans le service tant mieux parce que ça nous permet de mieux d'agrémenter quelquefois on essaie aussi d'obtenir des chiffres, des statistiques après coup, un an ou deux ans, c'est ce qu'il y a de mieux. Quand on a commencé, on avait énormément de frustration de se rendre compte qu'on donnait un projet qu'on a fait, on le donne, il ne se passe plus rien et on n'a aucune capacité à se remettre en question à part nous, le doute qu'on a.

  • Speaker #1

    Oui, c'est-à-dire sans avoir de retour du marché,

  • Speaker #0

    du client final, etc. Dans notre métier, l'idéal, c'est d'avoir le retour. En fait, qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que ça plaît ? Est-ce que ça ne plaît pas ?

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que ça a changé par rapport à avant ?

  • Speaker #0

    Est-ce que l'expérience qu'on espère tirer de ça, est-ce que ça a fonctionné ? Alors, on a été chercher ensuite des réponses, notamment aussi sur les chiffres, puisqu'on voit très vite si au niveau commercial, ça fonctionne. Et après, d'obtenir ce qui a permis, d'un point de vue économique, le projet. se développe. Et ça, ça nous a aidé parce que ça nous a permis de mettre le doigt sur des choses qui n'étaient peut-être pas aussi cool qu'on le pensait. Et par contre, à contrario, de mettre en avant des choses qui l'ont bien compris, qui l'ont bien pensé, ça ne se verra pas, ça va être très subtil en fait, qui se voit et qui plaît.

  • Speaker #1

    Tu as des exemples à me donner ?

  • Speaker #0

    Oui, alors notamment, qu'est-ce que je pourrais te donner comme exemple ? Si on reste sur Wellio, On a le Wellio, on avait fait, alors c'est un concept qu'on a mis en place, donc c'est dans le cinquième arrondissement de Paris. Et en fait, c'est donc du pro-working, le pro-working. Là, je suis obligé de te refaire un peu l'histoire. Oui, vas-y, vas-y. C'est du pro-working, donc en gros, une entité, donc plusieurs personnes qui travaillent dans une société, enfin une entité qui se regroupe avec d'autres entités qui forment un réseau. Oui. Et en fait, l'idée de ProWorking, telle que nous on se l'était dit, c'était la synergie. On crée de la synergie entre les entreprises parce qu'elles vont pouvoir finalement se rencontrer, se rendre compte qu'elles ont des points communs, même peut-être des nécessités les unes entre elles. Donc, elles peuvent peut-être travailler ensemble, s'aider, enfin, un truc cool. Et en fait, je m'aperçois que dans l'arrondissement du 5, on a l'école des gobelins, l'école du numérique. et la manufacture des gobelins qui si on prend l'univers numérique c'est un pixel si je l'associe à d'autres pixels j'ai une image ok très clair et pareil pour la manufacture des gobelins j'ai un point de tissage

  • Speaker #1

    C'est de la tapisserie, du tissage.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça.

  • Speaker #1

    Initialement.

  • Speaker #0

    Oui, qui sont utilisés notamment dans l'administration française. Oui,

  • Speaker #1

    parce que c'est lié au lycée national.

  • Speaker #0

    Ils ont un savoir-faire qui est incroyable, qui est très ancien, historique pour le coup. Donc, on avait en plus de ça une institution qui était historique et une institution beaucoup plus moderne. Donc on avait aussi cet ambivalent, ce contraste qui était intéressant. Et donc on faisait directement l'analogie d'une entité. Deux pro-workers, une société ou même un individu. Le pixel. Le pixel ou le point de tissage qui ensuite serait... Et donc ça a été développé, ça a été point pixel en fait. On a travaillé sur ça, ça a été le concept, le point de départ. Et après on a tout mis en place au niveau des intérieurs et tout le reste selon ce principe. Mais notamment il y avait... il y a eu des petites idées. On a demandé à l'école des Gobelins de participer s'ils pouvaient. Et également à la manufacture. Mais pour l'école des Gobelins, ça a été de se dire, on va se faire déjà une entrée immersive. C'est un couloir de vidéos où c'est des élèves de l'école qui font le contenu. En plus, c'est intéressant parce qu'ils sont en deuxième ou troisième année et c'est vraiment pour eux une première démarche. L'idée, c'était d'immerger les gens. Dès l'entrée, hop, il rentre. Et parmi ces... Il y avait une deuxième... D'ailleurs, ils avaient trois lieux dans lesquels ils ont travaillé. Mais il y en avait un, c'était le détail qui tue. Et en fait, c'était dans un espace qui pouvait être loué. Donc, généralement, on vient manger. Enfin, une fois de plus, la fusion des espaces. On se rendait compte que, difficile, étant donné les surfaces qu'il y avait, de pouvoir mettre tout le monde à l'heure du déjeuner. Dans un lieu, on en a offert un deuxième. Et ce deuxième, on pouvait le louer et le privatiser. Et on a créé un écran qui lui pouvait devenir fonctionnel puisqu'on pouvait prendre le contrôle et faire une salle de réunion. Mais sinon, ça faisait partie d'une tapisserie de la manufacture qu'on a récupérée. Et on avait caché un écran dans la tapisserie. On l'avait segmenté et il y avait ce qu'on appelait le détail qui tue. Donc en fait, c'est comme si...

  • Speaker #1

    et ça devait créer et bah en fait les gens allaient voir en disant mais attendez c'est incroyable c'est super vous avez fait ce truc là vous l'avez fait de manière très subtile on en tient on rajoute ça mais vous n'avez aucune idée de l'impact que ça pouvait avoir et en fait donc les clients le voyaient en disant mais c'est super et donc ça permettait limite

  • Speaker #0

    le tunnel ils ne le voyaient pas oui alors que c'était bon ok super c'est impressionnant et tout mais c'était plus immersif pour eux que de voir en fait parce que Merci. J'avais demandé à ce que ce soit toutes les 5 ou 10 minutes, en fait il y a une petite chose qui bouge dans l'écran. C'était le buste d'une personne, et en fait on l'a fait, la première version, on l'a fait comme si c'était un droïde. Donc en fait il y avait un petit boulon qui sautait à un moment donné, de la jambe ou quelque chose, ou alors la mécanique s'enrayait, donc il y avait un peu de fumée qui se dégageait d'une partie. Et la deuxième fois, la deuxième mise à jour qu'on a fait, c'était des petits insectes qui se baladent.

  • Speaker #1

    Ok, c'est génial. Donc ça rend le truc vivant et invisible.

  • Speaker #0

    On a appelé ça le détail qui tue pour se dire, c'est comme quand on travaille, il y a une fenêtre qui donne sur la rue et dès qu'il y a quelqu'un qui passe,

  • Speaker #1

    tu lèves les yeux.

  • Speaker #0

    On s'était dit, voyons voir si ça génère du... En fait, ça a pris parce que ça a amené justement à ce que les gens aussi s'approprient l'histoire en même temps de ce concept. et donc il... qui se rendent compte que l'école des gobelins participait, que c'était des élèves, que c'était des élèves de deuxième, troisième année, que Bouelio, la société qui nous embauchait, Covivio pour le coup, en fait, ils donnaient des bourses. Enfin, voilà, il y a une vraie démarche qu'on a mise en place, autant dans l'éducatif que dans l'expérience que ça a apporté aux élèves, que l'expérience que ça a apporté en fait à l'utilisateur, au client qui a en fait aidé l'école à développer. le cursus d'élève, enfin il y avait un truc.

  • Speaker #1

    Oui, un truc très vertueux. Je voudrais parler un peu de tes activités de designer, de mobilier. Je ne sais pas si on peut dire en dehors de Cocorico Paris, mais tu dessines aussi des meubles qu'on te demande de dessiner. Est-ce que ça part d'un projet, puis finalement après tu les édites ? Ou est-ce que c'est une maison d'édition comme Cannes, La Chance ou Cider ? qui vient de voir en disant on a besoin d'un banc plutôt en bois ou je sais pas comment comment ça marche ?

  • Speaker #0

    ça a commencé en fait comme tout designer qui n'est pas connu qui démarre exactement ça a commencé comme ça avec La première c'est Emanédition, là ce qui est marrant c'est qu'on travaillait en fait pour Corian, la société...

  • Speaker #1

    Projet d'Epad, c'est ça ? Exactement,

  • Speaker #0

    ça qui s'est jamais fait je crois. Qui s'est jamais fait, mais en fait... Pour les raisons qu'on connaît, parce que Dorian on a bien vu malheureusement...

  • Speaker #1

    Très mauvaise actu.

  • Speaker #0

    Très mauvaise actu, et nous on a arrêté de travailler justement avant cette mauvaise actu. Enfin je me souviens, c'était tout simplement parce que sujet ô combien important, quand même de fin de vie. Donc respect. déjà à avoir pour ça, éthique. Et on avait développé un projet justement qui devait apporter à Corian des intérieurs où on favorisait la fin de vie. Et l'idée c'était de se dire, on partait du quartier en se disant mais qu'est-ce qui rattache les gens ? Le quartier, la vie de quartier. Donc on créait en fait des petits quartiers avec des petites boutiques avec le coiffeur, tout ça. Pour qu'il y ait une vie sociale. Que ce ne soit pas l'hôpital. Les couloirs et escaliers. de service, ça devenait des parcours de santé. Donc on mettait des éléments. On leur avait fait tout un projet et notamment, j'avais dessiné une chaise qui avait pour vocation à permettre aux gens de se lever plus facilement.

  • Speaker #1

    C'est-à-dire que les accoudoirs, je me souviens de cette chaise, c'est une chaise à l'œil nu, elle est absolument très belle. On ne voit pas ce qu'elle a de différent, mais les accoudoirs sont un peu plus longs. Ils se prolongent. Et on peut se lever avec l'aide de ses bras.

  • Speaker #0

    Et ça donne une dynamique. Alors la chaise n'était pas tout à fait comme celle qu'elle est aujourd'hui chez Eman. Mais parce qu'on pouvait retirer aussi les accoudoirs, le dossier. Faciliter la mise des personnes âgées sur leur chaise roue ou au lit. Il y avait une version qui était en roulette aussi.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Et donc quand on... David, en fait, on s'est rencontré par le biais d'une société de... de design, enfin qui revend du design comme Sylvéra, alors j'ai plus de nom là et il vient me voir un jour en me disant écoute moi j'ai fait un proto de ça j'ai entendu parler de ce projet incroyable, on a une présentation chez Corian dans pas longtemps on emmène ton proto, ok on emmène le proto, et puis on y va, et puis après comme dit ça s'est pas fait parce qu'ils ont préféré faire du marketing avec notre concept que réellement mettre en place les choses ok Et puis avec David, ça s'est poursuivi.

  • Speaker #1

    Donc vous avez finalement édité le produit.

  • Speaker #0

    Édité le produit, on a apporté plusieurs typologies et tout. Et ça, ça a été donc la première façon dont je me suis fait éditer les projets. Et ensuite, ça a été du démarchage. Ah oui d'accord. Tu vois, tu as le produit, tu te dis « Ah tiens, celui-là, j'y crois. Tiens, cette société, je l'aime bien. En plus, je pense que ça colle. » Il faut aussi essayer de faire ça, il faut que ça colle à l'ADN et tout. Et puis ça a fonctionné. Et depuis, il y a eu... En fait, j'ai rencontré d'autres éditeurs qui m'ont dit, ah bah tiens,

  • Speaker #1

    on aime bien ta manière de faire.

  • Speaker #0

    On travaille, donc fais-nous une table.

  • Speaker #1

    Ok. Sider, on peut en parler un petit peu. Tu as pas mal travaillé avec Sider, en étant même jusqu'à la direction artistique, si je ne me trompe pas. Et tu as dessiné, donc ça a commencé comment ? comment tu as démarré cette collaboration avec Sider. Sider donc éditeur fabricant de mobilier français qui fabrique beaucoup pour un usage hôtelier et tertiaire, je ne me trompe pas, et c'est très beau.

  • Speaker #0

    Oui ils font de l'hospitality, beaucoup de bureaux. En fait j'ai rencontré Robert Hakoury lors d'un vernissage pour Emanédition, à la collection. Et Robert on s'est très bien entendu tout de suite en fait On avait un peu les mêmes grosses personnalités, même dynamique. Il m'a dit écoute on se rencontre bientôt, est-ce que ça te tente ? Oui, je lui ai dit oui avec plaisir et je lui ai montré mes projets. Comme c'est un amoureux du design, à priori il ne trouvait pas trop mal ce que j'avais fait. Donc il m'a tout de suite dit tiens je prends ça, je prends ça. Donc tu lui as montré ton book ? J'avais des projets en fait... J'ai toujours dessiné de toute façon comme ça. J'avais des choses qui me semblaient pas trop mal. Je les ai réunies dans un petit dossier en me disant, en ayant regardé bien évidemment avant, ce que CDR faisait. Une fois que je lui ai montré, j'ai vu que ça lui donnait envie. On a développé une relation, tous les deux, qui était très respectueuse. Et surtout, deux personnes qui aiment leur métier. Oui. Il est un gros passionné du travail et aussi du monde du mobilier. Il a travaillé aussi dans la mode. Et en fait ça va avec la création, il adore ça en fait. Je crois que c'est vraiment quelque chose qui...

  • Speaker #1

    Mais d'ailleurs ils ont développé une autre marque, la Manufacture si je ne me trompe pas.

  • Speaker #0

    Oui la Manufacture,

  • Speaker #1

    tout à fait. Où ça va beaucoup plus loin que le mobilier, ils vont jusqu'à de l'objet.

  • Speaker #0

    De la mode. De la mode, oui. C'était pour lui le moyen de boucler la boucle, en fait, sur ses passions. Réunir tout en un seul et même lieu, et une seule et même marque. Donc ça, c'est ce qui était très cool. Enfin, j'ai pu l'accompagner. Alors, je n'ai pas participé à la manufacture, mais en tout cas, j'étais à ses côtés quand il a fait ça. Et c'est vrai que pour lui, c'était juste génial. Et en fait, dans notre relation, ça nous a amené à un moment donné où il me dit « Oh, mais attends, est-ce que ça ne te tenterait pas d'être directeur artistique de CIDER ? » Moi, je ne connaissais pas. Je me suis dit « Il faut connaître » . Donc, je suis allé et puis c'était très rigolo. Donc,

  • Speaker #1

    tu as fait ça en plus de Cocorico, en indépendant.

  • Speaker #0

    Cocorico, oui. Alors, il fallait justement pouvoir le faire en dehors.

  • Speaker #1

    Comment tu serais artisté justement ?

  • Speaker #0

    Ça a été des années où énormément de travail le week-end, le soir.

  • Speaker #1

    Direction artistique de Cydor, c'est toi la caution artistique de tout ce qui sort ?

  • Speaker #0

    Moi je n'étais pas sur le mobilier. On s'était mis d'accord là-dessus. Robert aime bien cette partie-là et je n'avais pas envie de m'imposer ou quoi que ce soit. Ce qu'il aimait c'était la manière dont je réfléchis. et il voulait revoir un peu la philosophie et l'approche de Sider aussi vis-à-vis de ses clients. Ça a été une refonte de l'identité graphique, de la philosophie, de la diffusion de la boîte. Donc,

  • Speaker #1

    tu as fait une mission de design global pour Sider, quasiment, de réflexion à décor.

  • Speaker #0

    Oui. C'était très sympa. J'ai rencontré des gens, pour le coup, très intéressants que je ne connaissais pas, des domaines que je ne connaissais pas vraiment. Et ça m'a beaucoup apporté, justement, aussi pour Cocorico. Ils ont déménagé.

  • Speaker #1

    Ils avaient un forum super vers la Madeleine. Square Edouard 7

  • Speaker #0

    Edouard 7,

  • Speaker #1

    tout à fait et effectivement je dois aller voir le showroom je crois qu'ils se sont déplacés vers la défense si je ne me trompe pas il n'y a pas très longtemps mais ça me donne envie d'appeler Robert à courir et de le recevoir ici on rentrera dans ce détail là génial très bien, on va poursuivre sur d'autres projets, j'aimerais bien que tu me racontes parce que j'ai vu que vous aviez travaillé par exemple pour... pour AXA, si je ne me trompe pas, AXA IM, c'est possible, je me trompe ? Non, j'ai mal, non, alors attends, je me gourre. Alors, un hôtel, tiens, prends-moi, je ne sais pas si vous avez travaillé en hôtellerie ou des cas très différents, je voudrais que tu nous donnes 2, 3, 4 usages, pas forcément des énormes projets, mais des trucs où vous intervenez, voilà, typiques, cette année en 2025 ou fin 2024, quels sont les projets dont tu peux me parler ?

  • Speaker #0

    Alors il y a un appart beauté. appartements en fait de médecine, médecine esthétique. Donc on accompagne en fait la marque, on lui refait une mise à jour justement de toute son identité, la philosophie. Ça s'appelle Appart'Beauté. Pour le coup ce sont des appartements parisiens et l'idée c'est vraiment de rentrer dans le pourquoi appartement parisien. Enfin il y a un univers qui est tellement fort d'un point de vue culturel, d'un point de vue...

  • Speaker #1

    Le concept de ton client c'est quoi ? C'est des les appartements dans lesquels il reçoit...

  • Speaker #0

    Il fait de la médecine esthétique. Et ils ont pris le parti d'être dans des appartements. Donc là, on pousse le sujet le plus loin possible. Où on en sera à la fin, je ne sais pas. Mais en tout cas, le potentiel est assez énorme. Et le sujet est très intéressant. C'est le Paris chic, élégant. On est dans l'esthétique. mais mais ce n'est pas dans le matuvu. L'idée, c'est justement de positionner la marque sur quelque chose qui veut être dans la pudeur. On ne cherche pas à montrer la beauté.

  • Speaker #1

    Oui, on est vraiment dans l'intime.

  • Speaker #0

    Oui, dans l'intimité, exactement. Donc ça, c'est très sympa. On le débute. Hotellerie, on va débuter un projet, mais là, c'est sur une marque dite de chaîne. Donc, ça veut dire qu'il y a déjà plus ou moins un concept de fait, mais là, on nous demande d'apporter de l'originalité donc ce concept. Ça va être aussi assez intéressant. Par contre, il y a...

  • Speaker #1

    Tu peux citer l'enseigne ou pas ?

  • Speaker #0

    Du groupe Accor. Là, je ne vais pas rentrer dans le nom, mais du groupe Accor. En gros, ils ont un concept qui est lié à la démarche, on va dire, environnementale. Un peu de DIY, le fait de ne pas utiliser, de ne pas toujours reproduire, produire, produire, en fait, pour faire les choses. On peut récupérer, de la récupération. C'est intéressant ça. Oui, c'est très sympa.

  • Speaker #1

    J'avais été sollicité par... Le groupe Accor, il y a 2-3 ans, en sortie de Covid, enfin on était même peut-être encore dans le Covid, où ils viennent nous voir, moi dans le cadre de mes activités Yours, où on essaye de proposer des démarches circulaires. d'utilisation du mobilier en disant finalement un hôtelier tous les sept ans il rénover son lieu c'est quand même dommage de jeter alors que c'est plein de choses qui peuvent être encore utilisés et nous il nous disait ce moment là un on en est On a un énorme problème, c'est que pendant le Covid, évidemment, tous les hôtels étaient vides. Alors qu'il y avait des gens qui cherchaient des espaces pour travailler sans se réunir. Donc, on aurait pu changer la destination des chambres et les rendre, les transformer en bureaux de passage, par exemple, dans les régions. Il y avait ça. Et puis, il y avait une... Alors, peut-être que tu vas me dire si c'est un peu la réflexion que vous menez avec cette enseigne. C'était tout ce qui est agencement et accroché au mur qui, par nature, est à usage unique. c'est-à-dire que quand on rénove le... l'hôtel, on est obligé d'arracher les têtes de lit, etc. Et donc, ils voulaient des choses beaucoup plus versatiles, mobiles,

  • Speaker #0

    et... Oui, oui.

  • Speaker #1

    Les récupérer, les bouger, les changer d'une chambre à l'autre, etc.

  • Speaker #0

    Exactement. C'est un peu comme si... On allait récupérer des têtes de lit chez quelqu'un d'autre, on les remet au goujou et on les met dans cet hôtel. Donc l'idée, c'est de pouvoir avoir une démarche la plus décarbonée possible.

  • Speaker #1

    C'est ça.

  • Speaker #0

    Par le biais de l'originalité. Alors l'originalité, c'est juste être malin. et justement il y a beaucoup de choses à faire donc là on projette un projet qui va être assez sympa on va essayer d'être assez audacieux après il faut le vendre aux hôteliers c'est à dire que si je ne me trompe pas dans ce groupe là

  • Speaker #1

    Il y a des hôtels qui sont propriétaires du groupe, mais il y en a plein qui sont franchis.

  • Speaker #0

    On a travaillé avec le groupe Accor directement. Maintenant, on travaille beaucoup avec des fonds d'investissement ou des clients. Oui, c'est ça. Des franchissants directs.

  • Speaker #1

    Des investisseurs qui ont 2-3 hôtels, etc.

  • Speaker #0

    Je me permets juste de revenir sur la partie design, où justement, dans la démarche du design des objets, La Chance ou Cannes ou Eman Il y a aussi cette... C'est marrant parce que où est-ce que je me situe dans le design que je fais ? On retrouve beaucoup aussi cette démarche d'installer un fond. Pourquoi le produit ? Ça ne veut pas dire qu'il se voit. Parce que tous les produits que je fais, pour beaucoup, on ne voit pas forcément la subtilité. Elle est plutôt cachée. Et elle va avoir cette démarche justement de de... revenir sur quelque chose qui a un impact le plus faible possible.

  • Speaker #1

    Pour l'environnement,

  • Speaker #0

    oui. Mais en partant sur des solutions qui sont assez bénignes, sur le transport, le montage, le fait aussi qu'un produit peut être retransmis d'une génération à l'autre. J'aime beaucoup cette notion. C'est pour ça que je reviens là-dessus. C'est sur le fait de pouvoir avoir des idées qui sont atemporelles.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Oui, parce que le piège du design, c'est de tomber dans un produit qui est dessiné en collant aux tendances du moment et du coup, qui le rend vachement temporel et donc très peu transmissible ou circulaire.

  • Speaker #0

    Exactement.

  • Speaker #1

    Ok, intéressant.

  • Speaker #0

    Et tu vois, quand on disait tout à l'heure, je disais que je me baladais dans toutes ces pièces, finalement aussi, c'était de voir tous ces objets qui ont pu passer de la grand-mère jusqu'à la grand-mère, jusqu'à la maman, et peut-être chez moi ou des choses comme ça. J'aime bien cette dimension parce qu'on a finalement gravé sur ces produits la mémoire en fait des gens, donc des souvenirs, et donc ce qui finalement rend chaleureux et vivant. Oui,

  • Speaker #1

    et rend vivant et sensible à un objet et donc un lieu, bien sûr. j'aimerais bien qu'on rentre sur la partie un peu l'esthétique ou le style cocorico il y en a un c'est quoi ?

  • Speaker #0

    c'est justement un peu ce qu'on vient de dire sur la partie design c'est à dire on ne trouve pas un style de dessin c'est à dire qu'il y a des archis femmes ou hommes qui ont des signatures évidentes on ne peut pas se tromper on reconnait

  • Speaker #1

    ça c'est quelque chose que l'on peut abuser etc.

  • Speaker #0

    et plein d'autres c'est pas du tout quelque chose qu'on recherche au contraire chaque projet est unique Il a sa propre ADN, sa propre représentation. Par contre, ce qu'on va retrouver dans la signature, c'est justement cette dimension assez profonde dans l'interprétation des choses. C'est une idée un peu originale qui va être ensuite travaillée dans tous les sens.

  • Speaker #1

    Donc le fil rouge, ça va être plutôt votre méthodologie.

  • Speaker #0

    C'est ça.

  • Speaker #1

    C'est les quatre étapes, le récit, le concept. la proposition de valeur, l'exécution et puis le suivi.

  • Speaker #0

    Essayer de fédérer, ça, on essaye beaucoup de créer une communauté, dans le fait de stimuler les gens par l'intérieur, alors que ce soit le décorum ou la fonctionnalité des pièces ou des objets, mais il y a une volonté à les titiller se poser des questions.

  • Speaker #1

    En fait, proposer une expérience.

  • Speaker #0

    Oui,

  • Speaker #1

    parce que c'est vrai que spontanément, on se dit, mais travailler sur des EHPAD, parcours de fin de vie, moment compliqué pour évidemment les utilisateurs de l'EHPAD comme pour les visiteurs, qui sont les familles, etc. Ou travailler sur un endroit comme Moelio ou un hôtel, on peut imaginer que c'est évidemment pas du tout, enfin c'est vrai, je pense que c'est pas du tout la même chose. Mais en revanche, ça part quand même à chaque fois de « Ok, qu'est-ce que je peux faire pour rendre l'expérience moins douloureuse pour les pads, ou plus ludique, ou plus je ne sais pas quoi ? » Et donc c'est ça qui est impressionnant. Et ça repose sur ton cerveau ? Parce que tu es seul à bosser sur ces concepts ou tu vas les chercher ?

  • Speaker #0

    Après c'est de la discussion. je suis seul jusque dans le soir dans mon lit ma douche où c'est les Il y a eu un moment que je préfère pour, entre guillemets, me démerger et pondre les concepts. Après, c'est beaucoup de discussion. C'est aller vérifier que je ne raconte pas trop de bêtises, voire même faire en sorte que mes interlocuteurs enrichissent aussi mes propos. L'idée, c'est de... En fait, ce qu'on insuffle dans nos projets, dans cet aspect expérientiel, fédérer le groupe et tout, on essaye de le faire, nous, en interne. quand on parlait tout à l'heure au téléphone quand on s'est rencontrés au téléphone je te disais si je sais le faire pour moi je saurais le faire pour les autres ah oui d'abord tiens,

  • Speaker #1

    le temps la perche parce que tu me disais quand on préparait cet enregistrement que vous étiez en train de travailler sur votre propre lieu qui accueille l'agence, c'est ça ? vous allez déménager, vous êtes en train et alors comment vous abordez un brief comme celui-là ? puisque t'es à la fois là, c'est un peu schizophrène Merci.

  • Speaker #0

    Non ça ne l'est pas. Mais déjà il y a quelques années on a acheté nos bureaux et on s'est dit on est Argin'Intérieur, designer, c'est notre formation. On s'est créé de la valeur à travers ça. Donc on a pris un lieu qui était friche, en tout cas qui était délabré pour le remettre vraiment en état.

  • Speaker #1

    C'était quoi un lieu industriel ?

  • Speaker #0

    Non, non, pas du tout. C'est pas très loin de là où on est actuellement. On est rue Soden actuellement et donc on a fait vraiment le projet tel que nous on l'envisageait à l'instant T c'est à dire que en 2018-2019 qu'est ce qu'on projetait en fait comme espace de développement pour les équipes pour nous donc on s'est fait un grand appartement en fait on est parti sur un appart c'était une sorte de loft en fait qui serait notre notre espace de travail donc Donc, il y a effectivement. une grande table où l'équipe peut aller travailler, mais il y a surtout un grand salon pour faire la fête, pour discuter justement, échanger, et ça passe par faire la fête, le soir où on peut échanger plus librement sur les projets, certains qui travaillent sur un projet n'ont pas connaissance du reste, donc c'est l'occasion aussi d'aller les challenger pour essayer de voir ce qu'ils peuvent... Déjà, la façon dont ils... Ils prennent le projet. Ensuite, ce qu'ils peuvent nous apporter. Il y a une espèce de cuisine, une salle à manger. Mais aussi pour...

  • Speaker #1

    Fausse forêt.

  • Speaker #0

    On sait qu'en France, on aime manger. C'est un moment privilégié pour échanger. On a fait un grand appartement et ça nous contenait très bien comme ça. On a une petite salle de jeu en sous-sol. C'est aussi la matériothèque. Quand on dit salle de jeu, c'est qu'on l'a travaillé aussi un peu comme ça, à savoir une télé qui peut servir pour des réunions, mais aussi il y a une console. L'idée c'était de se faire un lieu où on y serait le mieux possible. Ça allait aussi par rapport, quand on a commencé la boîte, il y avait cette notion de domestication. Donc on s'est fait notre petite maison à nous. Et là aujourd'hui, c'est vrai qu'on a vocation à poursuivre la démarche, à acquérir de nouveaux locaux. Et là, c'est aujourd'hui de quoi on a envie.

  • Speaker #1

    Donc les besoins ont évolué ?

  • Speaker #0

    Les besoins vont être celui d'être dans l'expérientiel aussi, d'offrir un nouveau lieu de stimulation. Donc on va le travailler comme ça.

  • Speaker #1

    C'est dans quel quartier ?

  • Speaker #0

    On reste dans le même quartier. On aime bien Bastille.

  • Speaker #1

    Moi, j'ai envie d'aller voir. Vous aurez fini quand, ça ?

  • Speaker #0

    C'est en cours. Quand je dis que c'est en cours, on est dans la démarche d'acquisition.

  • Speaker #1

    Dans six mois, vous allez...

  • Speaker #0

    Oui, on peut l'espérer. C'est vrai qu'en tout cas, l'objectif, c'est de pouvoir se dire qu'on connaît le process et donc on peut apporter justement aussi à une certaine expérience à nos clients. clients du fait d'avoir vécu à petite échelle parce qu'on ne sera jamais à l'échelle de nos clients qui ont beaucoup de bâtiments ou des ampleurs bien plus importantes mais en tout cas voilà on touche un peu du doigt ce genre de choses et ça nous permet selon nous d'être aussi plus précis et plus légitime.

  • Speaker #1

    C'est combien de personnes l'agence aujourd'hui ?

  • Speaker #0

    Et bien ça varie en fait.

  • Speaker #1

    Alors en permanence une petite équipe assez serrée.

  • Speaker #0

    Ah ouais exactement et mais c'est un hub en fait on a mis en place un système de hub avec tout le carnet d'adresses d'experts qui viennent que l'on peut faire sur les missions, donc on peut faire travailler 3 à 4 experts par mission, ça dépend, on peut faire venir aussi plus des exécutions, des dessinateurs-projeteurs, où là on les fait rentrer aussi, et c'est selon la taille du projet, donc en fait ça fait que gonfler, c'est un système plus... pulmonaire, qui gonfle qui se réduit mais on est tout petit au départ, mais par contre sur certains projets, quand on travaille sur 10 000 ou 15 000 m² forcément l'équipe est un peu costaune

  • Speaker #1

    J'ai une question sur ton approche du design ou celle de Cocorico en général, est-ce que tu penses qu'il y a une identité française ou un style, je ne sais pas, on ne peut pas parler d'un style mais une une spécificité française à l'approche du design global ? Ou est-ce que la manière dont tu travailles, finalement, tu le ferais... Il y a des spécificités culturelles, mais tu le ferais finalement de manière assez proche aux Etats-Unis ou au Japon ?

  • Speaker #0

    C'est une bonne question. C'est une bonne question à laquelle je ne saurais absolument pas te répondre.

  • Speaker #1

    En gros, est-ce que tes clients, les grosses foncières, sont plutôt françaises ? Oui,

  • Speaker #0

    elles sont françaises et puis après, elles se déploient à l'échelle européenne. Après, ils ont des partenaires qui sont à l'international, mais on n'a jamais été jusque-là.

  • Speaker #1

    Tu n'avais pas de projet hors de France pour l'instant ?

  • Speaker #0

    Non, on a eu, mais c'était à la frontière. Non, non, non, c'est vrai qu'on a un côté très... Alors ça veut pas dire qu'on le fera pas, au contraire. On a simplement notre anglais à améliorer.

  • Speaker #1

    Bon, aussi, y'a plus que ça, ça va.

  • Speaker #0

    Oui, c'est clair, mais oui, non, on n'a pas encore eu...

  • Speaker #1

    De projet significatif.

  • Speaker #0

    De projet, on travaille sur toute la France, sur Paris, après voilà, ça dépend. C'est plus hors de Paris, et puis, enfin oui, c'est vraiment variable. Et toi,

  • Speaker #1

    tu te partages d'ailleurs entre La Rochelle et Paris. Tu viens quand même bosser au bureau ?

  • Speaker #0

    Oui, il faut quand même avoir un lien avec le lieu, parce que c'est un peu la maison. Et puis les équipes pour le coup. Et puis ça fait du bien ce que je disais tout à l'heure, le fait d'avoir changé aussi le lieu de vie. Mon associé l'a fait également, il est parti à Bordeaux. Ça nous permet aussi de répondre à un besoin de confort familial. On est provinciaux à l'origine, on est venus à Paris pour chercher... Pour faire l'école déjà. Faire l'école, chercher en fait l'adrénaline que Paris amène. Et c'est très bien, on l'a pris. On a bien profité de tout ça. Mais à partir du moment où on a eu nos familles et l'âge avançant, on s'est dit tiens, on aimerait bien leur offrir en fait le confort qu'on avait. Donc nous on revient assez souvent. Et en se disant que... Enfin, je parle de... Nos enfants, ils auront probablement aussi l'envie. Mais on les poussera. D'ailleurs, mon fils, quand je lui dis que je vais à Paris, souvent, il me dit, je serais bien.

  • Speaker #1

    Je vais revenir avec toi.

  • Speaker #0

    Il garde de très bons souvenirs.

  • Speaker #1

    Oui, je comprends.

  • Speaker #0

    Il ne regrette pas du tout. Mais c'est vrai qu'il a des souvenirs.

  • Speaker #1

    C'est génial de pouvoir faire les deux. Génial, Mathieu. On arrive presque à la fin de notre conversation. J'ai quelques questions rituelles que je pose à peu près à chaque fois. Si tu avais un objet, un meuble, un truc fétiche que tu garderais, si tu n'en gardais qu'un, ça serait quoi ?

  • Speaker #0

    Ce serait probablement celui que mes parents me transmettraient, dans le sens de ce que je disais tout à l'heure. J'aime bien cette notion de transmission. L'objet en soi m'importe peu, mais le sens pourrait me ramener.

  • Speaker #1

    Donc tu n'en as pas un ?

  • Speaker #0

    Non, non, non. J'adore les...

  • Speaker #1

    Le squelette de montres.

  • Speaker #0

    Oui, j'allais dire, j'adore les montres, ça c'est clair. Là, j'ai des fauteuils où justement, on s'est fait plaisir en ayant changé de ville. Je voulais un Paulin, un Tom Keen depuis toujours. Voilà. On a l'Aunt Sher de IMSS aussi, des choses comme ça. Il y en a d'autres en tête, on a parlé de Prouvé très peu d'ailleurs. Oui, c'est vrai, on en a parlé beaucoup. C'est vrai que c'est quelqu'un que j'aime beaucoup. pour le design, mais c'est vrai que surtout pour la démarche, l'ingénierie qu'il avait et ce qu'il était comme personne. Donc un jour, soit il y aura une pièce de design ou alors même peut-être autre chose. Mais quelque chose qui viendra de lui.

  • Speaker #1

    Ok. Est-ce qu'il y a un projet dont tu rêves ? C'est-à-dire un truc où tu te dis, si un jour, ce client pouvait m'appeler pour faire ce truc ?

  • Speaker #0

    Bon, allez, on y va. Là, tu l'auras compris, on aime tellement la diversité, en fait, tout type de projet qu'on n'a pas encore fait. Mais là, je vais un peu loin et j'adorerais bosser pour le spatial.

  • Speaker #1

    Ah oui, voilà. Tu vois, j'allais te dire parce que j'ai changé avec Joseph Dirand, qui est archi d'intérieur. Et qui, alors, ça y est, lui, il est parti sur des trucs hyper, hyper, enfin, comme vous, très, très divers. Mais un jour, il me disait, bah ouais, j'aimerais bien bosser sur le spatial. Et là, ça y est, il est en train de bosser sur une capsule, un truc de dingo. Les bateaux, il y a des univers de fou.

  • Speaker #0

    Il n'y a pas de limite,

  • Speaker #1

    en fait.

  • Speaker #0

    C'est clair. Et puis, le monde spatial, il y a quand même quelque chose qui passe les frontières de notre univers terrestre. Oui,

  • Speaker #1

    bien sûr. Est-ce qu'il y a justement un designer ou un architecte qui, t'as parlé de Jean Prouvé, alors vivant ou pas, qui est pour toi une référence absolue,

  • Speaker #0

    qui te bluffe dans ce qu'il fait tous les jours s'il n'est pas encore vivant ? il me plaît, pourquoi ? parce qu'il a une diversité d'interprétations il a été dans tous les domaines et en fait c'est ça qui me plaît le plus et me stimule le plus parce qu'il aura fait de la peinture de l'ingénierie il a été partout. Et en fait, j'aime beaucoup cette liberté qu'on peut avoir dans le process intellectuel, à savoir, en fait, il n'y a pas de limite.

  • Speaker #1

    Alors, c'est vrai que c'est le premier designer global, lui.

  • Speaker #0

    Oui, voilà, exactement. C'est ce qui est génial. Typiquement, je pense que si on a un processus d'interprétation des choses, en fait, qui est cohérent, tu parlais de désordonner ou pas, ou d'ordonner, en fait, si tu arrives à être bien à l'aise avec cette façon, tu peux aller partout. Tu peux aller partout et une fois de plus, j'ai fait ce métier parce qu'on m'a dit tiens, regarde si ce n'est pas intéressant. C'est intéressant, mais comme je te disais, il y a tellement de choses d'autres qui sont intéressantes. J'aimerais pouvoir ne pas me limiter. Alors ça ramène tout de suite la question de oui, mais est-ce que tu serais expert dans ton domaine ? Mais en fait, je ne cherche pas forcément à être un expert. Je cherche juste à me dire que la façon dont je réfléchis peut m'amener à ne pas être trop bête Donc, dans tout un tas de types de domaines. Et surtout, je pourrais me reposer sur des gens qui sont eux experts et qui aiment cette façon de penser. Et en fait, on va travailler en relation, en collaboration. C'est là où on va pouvoir faire des choses. Moi, je vais leur rapporter, en fait, des informations qui viennent de l'extérieur, les challenger sur tout un tas de trucs avec des connaissances que j'ai. Et eux, ils vont me ramener sur Terre ou alors se dire...

  • Speaker #1

    Il y a une contrainte technique là, mais... Il y a du rapport de solution.

  • Speaker #0

    des porteurs de solutions donc ça ouais mais après bien évidemment je t'ai dit j'en prouvais parce que j'en prouvais il est ancien et que ça m'était facile plus jeune de dire ça quand on me demandait parce que je suis très mauvais mais alors vraiment d'un point de vue culturel je ne retiens pas les noms des gens c'est pas par manque de respect en aucun cas, ce qui m'intéresse c'est le process, c'est ce qu'ils ont vu oui finalement le nom qui est derrière mais c'est vrai que quelques fois ça peut ça peut sembler un peu dommageable. Mais j'aime bien retenir ce que les gens ont mis dans leur démarche, dans le projet qu'ils ont pu sortir. Et ça, ça me plaît beaucoup.

  • Speaker #1

    Ok. Si tu devais inviter trois personnes à dîner dans l'un des décors que vous avez faits, j'imagine qu'il y aurait peut-être Jean Prouvé et Léonard Plancy. Ou pas d'ailleurs. Qui est-ce que tu aimerais réunir autour d'une table ? Robert Akoury, Léonard de Vinci, et Jean-Roubaix.

  • Speaker #0

    Il y en a tellement, justement. En fait ça dépendrait du lieu.

  • Speaker #1

    Ouais.

  • Speaker #0

    Et à ce moment là, je trouverais les trois bonnes personnes. Mais trois ça fait pas beaucoup.

  • Speaker #1

    C'est clairement pas grave.

  • Speaker #0

    D'un côté ça fait pas beaucoup.

  • Speaker #1

    Ouais,

  • Speaker #0

    une bonne bande ouais. Non, c'est vraiment ce que je te disais. je n'ai pas à proprement dit de modèle en fait suivant ce que ce à quoi je vais m'intéresser en fait je vais me dire ah bah tiens lui est génial je retiendrai pas le nom mais ils auront tous fait des choses qui ne m'auront plus... Je ne me serais pas dit, c'est beau ce qu'ils font. Leur démarche, j'aime beaucoup.

  • Speaker #1

    Compris. Merci beaucoup Mathieu. Où est-ce qu'on te contacte ? C'est le site de Cocorico, cocorico-paris.fr si je ne me trompe pas, c'est ça ?

  • Speaker #0

    Oui, c'est Cocorico Paris sur Internet.

  • Speaker #1

    LinkedIn, Instagram peut-être ?

  • Speaker #0

    Instagram, alors... Si, via Instagram, LinkedIn aussi. Ça, c'est une autre démarche. qu'on n'a pas vraiment mis en place, on est nuls en communication. Ça souvent avec mon associé, on se dit qu'on est vraiment catastrophique. On a la chance d'avoir Marine Thévenot.

  • Speaker #1

    Oui, comme attachée de presse.

  • Speaker #0

    Comme attachée de presse et qui nous aide beaucoup. Je pense à Élise aussi, qui nous a beaucoup aidé là-dessus et qui nous disait tout le temps, mais en fait, parlez de ce que vous faites. Parce que c'est quand même dommage, vous ne dites rien. Vous faites tout le temps, vous vous cachez dans votre petite grotte. Donc c'est pour ça que je te remercie de nous avoir invités. Avec plaisir. De nous avoir invités en tant que Cocorico. Parce que c'est la première fois que je peux...

  • Speaker #1

    Exprimer.

  • Speaker #0

    Pour Cocorico et que je peux parler de ce qu'on fait. Et encore, tu vois, j'ai le sentiment qu'on a commencé il y a cinq minutes. Il y aura encore beaucoup d'autres choses à dire.

  • Speaker #1

    Ah ouais, non, mais c'est un format qui est très piégeux parce qu'on a l'impression que ça passe très vite. Mais tant mieux. C'est qu'on s'est dit des choses passionnantes. Allez voir Cocorico Paris sur leur site internet, sur leur LinkedIn. Et vous allez voir que ce n'est pas si nul que ça, leur manière de communiquer. Loin de là. Merci beaucoup. Et surtout, allez voir les projets, ceux qui sont accessibles à tous. Merci beaucoup de ton temps. Merci de cette expérience. Merci à toi. Et à très bientôt pour un nouvel épisode de Design Talk. À bientôt.

  • Speaker #0

    Merci.

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Description

Designer, architecte d’intérieur, cofondateur de Cocorico Paris, Mathieu Girard est de ceux pour qui un lieu ne se conçoit jamais en surface. Avec son associé Gauthier Pouillart, il développe depuis plus de dix ans une approche transversale du design — mêlant narration, stratégie, architecture, mobilier, image, son, expérience client.


Dans cet épisode, il revient sur son parcours, ses années à l’École Bleue, son installation entre La Rochelle et Paris, et surtout sur la philosophie qui guide ses projets : commencer par la question “pourquoi ?”, construire un récit, puis le traduire dans chaque détail, qu’il s’agisse d’un hall d’accueil, d’une poignée de porte, ou d’un parfum d’ambiance.


Mathieu nous parle avec précision et sincérité de sa méthode :

– un travail de fond sur l’usage, le contexte, l’implantation locale ;

– une traduction cohérente à travers l’espace, l’image, le son, la lumière et les mots ;

– une volonté de concevoir des lieux sincères, utiles, lisibles, mais aussi rentables et pérennes.


Parmi les projets qu’il évoque :

Wellio (Marseille, Paris…), un espace de coworking où l’identité sonore, les textures, les rythmes narratifs sont pensés comme partie intégrante de l’expérience ;

Point Pixel, dans le 5e arrondissement de Paris, dont l’esthétique mêle pixel et tissage, avec une tapisserie numérique animée ;

Appart’Beauté, où l’on entre dans un univers médical discret, presque domestique, tout en élégance.


Il parle aussi de sa manière d’aborder le design produit (avec La Chance ou Haymann Editions), des KPIs intégrés dans la phase de conception, de stratégie de marque, de formation d’équipes pluridisciplinaires, et de son attachement au bon sens, à la nuance, au “fond” plus qu’à l’effet.


C’est une conversation vivante, dense, et généreuse, avec un designer qui trace un chemin singulier dans le paysage français, à la croisée du fonctionnel, du sensoriel et du narratif.


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The Design Talk est produit par Franck Mallez. Fondateur de Yourse.co et de tcrewagency.com , ancien journaliste, et entrepreneur des industries créatives.
https://www.linkedin.com/in/franckmallez/
https://www.instagram.com/franckmallez/
https://www.instagram.com/thedesigntalk.podcast



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    designers, architectes, entrepreneurs, artisans, tous ont en commun une vision, un parcours, une approche du design qui résonne avec notre époque. Alors ici, on parle d'inspiration, de matière, d'innovation, de process, mais aussi de défis, d'échecs et de réussites, tout ce qui façonne finalement chaque projet. The Design Talks est une plongée dans l'univers de ceux qui imaginent, transforment et réinventent notre quotidien. Alors installez-vous, ouvrez grand les oreilles, l'épisode du jour commence maintenant.

  • Speaker #1

    En tout cas, c'est une belle entreprise.

  • Speaker #0

    C'est sympa. Allez, c'est parti. C'est bon, ça enregistre. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans The Design Talk. Aujourd'hui, je reçois un invité qui, avec son agence, explore le design dans toute sa transversalité, des idées aux formes, des usages aux lieux. Il revendique d'ailleurs une approche globale, contextuelle et sensible des projets qu'il traite. Chez lui, on parle autant de stratégie que de matière, autant de récits que de volumes, de couleurs, d'identité. Bonjour Mathieu Girard.

  • Speaker #1

    Bonjour Franck. Merci.

  • Speaker #0

    Bienvenue dans ce Design Talk. On est ensemble pour une bonne heure et quart. On va explorer ton métier, ton métier de design global qui, moi, m'intrigue beaucoup. J'aimerais bien. Je pense qu'on est nombreux à vouloir comprendre ce que c'est que le design global. Donc, tu vas nous l'expliquer. Et puis, tu vas nous expliquer ton parcours. Et puis, on aura le droit de faire plein de digressions. Donc, ça va être sympa. Alors déjà, j'ai peut-être quelques petites questions un peu légères d'entrée pour briser la glace. s'il y a une chose qui t'a inspiré ce matin La première chose qui t'a inspiré ce matin, ce serait quoi ?

  • Speaker #1

    Le rayon du soleil qui traversait la fenêtre de la salle de bain de chez ma belle-sœur. Je me suis revu dans mes années à Parisienne, puisque là je ne suis plus à Paris maintenant. Et ça m'a inspiré vraiment de dingue, parce que je me suis revu à avoir le plaisir de vivre à Paris. Ce que je n'ai plus aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est vraiment sur des moments très éphémères et très intenses pour le coup. mais c'est vrai que c'était... C'était plaisant, il y avait ces rayons qui tapaient sur l'eau, les rayons diffractés, c'était magnifique. Tu vis où d'ailleurs ? La Rochelle maintenant.

  • Speaker #0

    Ah ouais, donc il y a peut-être un peu plus de soleil quoique ?

  • Speaker #1

    Plus de soleil, plus de mer aussi.

  • Speaker #0

    Plus de mer, plus de nature.

  • Speaker #1

    Plus de nature, plus de détente aussi par la location. Le rythme n'est pas le même, ce qui fait que quand je viens ici, je retrouve la pression positive, toute la dynamique parisienne et quand je rentre, c'est un petit peu plus détendu, qui me laisse aussi l'occasion de voguer dans mes pensées.

  • Speaker #0

    Et de voguer tout court aussi. Parle bien dans le micro pour être bien sûr qu'on nous entende bien. Est-ce que tu te souviens d'un espace ou d'un lieu, d'un espace ou d'un objet peut-être qui t'a marqué dans ton enfance ou dans ta jeune vie d'adulte en particulier ?

  • Speaker #1

    Oui, alors ça va être... Je te réponds du tacotage comme ça. c'est le L'objet, c'est la montre. Et en fait, quand j'étais petit, mes parents m'ont offert une notamment pour apprendre à lire l'heure, bien évidemment. Mais en fait, je me suis amusé, moi, à la démonter. Je me suis dit, mais je veux savoir comment ça fonctionne, comment ces petites aiguilles réussissent à tourner dans un si petit objet. Donc, je l'avais démontée. Et pour le coup, ma mère l'a retrouvée.

  • Speaker #0

    Quelques années après, en pièce.

  • Speaker #1

    Elle m'a expliqué qu'en fait ce n'était pas l'objectif de m'avoir offert. une montre donc elle m'a appris à lire à l'heure pour le coup après et puis je m'en suis voulu puisque j'avais pu le petit objet qui m'avait été offert et tu te souviens de la montre en question c'est un des c'était je sais pas une brasse ça devait être une flic flac ou une swatch quelque chose comme ça mais

  • Speaker #0

    oui j'ai le souvenir des flics flac soit de force ça devait être ça ouais d'accord plutôt de toute façon à aiguille et à quartz ou mécanique c'était à quartz web et maintenant je Je suis plus pour la partie automatique.

  • Speaker #1

    Oui. qui m'intéresse beaucoup plus, toujours pour l'aspect mécanique, et puis après, pour le calcul de la durée, tu tombes bien évidemment.

  • Speaker #0

    Attention à tes mains, juste sur le socle. Mais elle est plutôt là, comme ça, pas trop sur le socle.

  • Speaker #1

    Tu me l'avais dit tout à l'heure, et là tu vois, je me suis fait attrapé.

  • Speaker #0

    Alors, si on devait décrire ton métier, on va rentrer dans le détail, mais ton métier de manière très synthétique, si tu devais le décrire à un enfant de 6-7 ans, tu lui expliquerais ça comment ?

  • Speaker #1

    Bah écoute, pour le coup, mon enfant... mon fils a 7 ans et je suis en plein dedans. J'ai commencé par lui dire ce qui paraît être le plus banal et aussi le plus original, c'est que je dessine des maisons, des bureaux, des hôtels, enfin voilà, toutes ces choses-là. Donc comme ça, il y avait quelque chose d'assez, pour lui, assez facile à s'approprier. Bien évidemment aussi, comme je fais du design, il y avait les objets, donc la table, la chaise, et tout de suite. mais ce qui m'intéresse m'intéresse le plus en fait et j'ai développé ça là et je le développe de plus en plus en fait c'est surtout de lui dire que je trouve des solutions en fait je suis un trouveur de solutions alors c'est mal dit bien évidemment mais je essaye de me mettre à son niveau et de surtout un peu caricaturer la chose pardon et j'aime beaucoup en fait cette approche parce qu'elle se détache même de mon métier architecte d'intérieur, designer ou même graphiste, on cherche des solutions mais ça se déploie en fait sur tout type de choses.

  • Speaker #0

    Oui mais très transversal.

  • Speaker #1

    Exactement, et ça c'est ce que j'aime.

  • Speaker #0

    Oui mais c'est très clair et alors justement ça permet déjà d'aborder la question du design global en fait. Ça peut être quoi la problématique type qu'un client va te poser, il va venir te voir en disant voilà le problème auquel vous trouviez la solution, ça va être quoi qu'il va t'exprimer ? mais je veux faire rentrer plus de gens dans cet espace. Ça va être quoi un cas de typique, un cas d'usage typique ?

  • Speaker #1

    Un cas d'usage typique, c'est un secteur d'activité. On va prendre par exemple de l'hôtellerie. On a un hôtel, on va avoir tant de chambres, on va avoir tant de surfaces pour des espaces communs. Et on aimerait mettre dans ces espaces communs autant d'activités que celles qu'il va nous décrire. Ça va être son cahier des charges, bien évidemment. Donc à partir de là, on va vite se rendre compte s'il y a trop de choses à rentrer dans un espace qui serait trop petit. Voilà, exactement. Donc à partir de là, c'est comment on réussit à fusionner certaines activités et à les faire vivre ensemble. Ou alors tout simplement aussi apprendre à dire non, à dire que ce n'est pas possible. Bien évidemment, ce n'est pas trop l'objectif, mais ça va être de trouver toutes ces solutions. Alors ça, c'est en plus, ça fait partie de la stratégie, où on suit beaucoup nos clients sur la stratégie en amont. avant même de développer. l'idée du concept, l'idée de la représentation qui sera donnée au projet. Et ça nous permet d'avoir une démarche qui, ça aussi, est très importante pour nous. C'est la partie apporte. On apporte des solutions économiques dans le business.

  • Speaker #0

    Il faut que ça soit inscrit dans une stratégie globale, mais aussi une prévision. chiffrée, financière, et une rentabilité du projet, si c'est un hôtel, évidemment.

  • Speaker #1

    Exactement. Et en fait, dans les solutions qui vont être apportées sur ce cahier des charges, on va essayer d'apporter, fusionner, comme je l'ai dit tout à l'heure, et ajouter parfois, tout simplement, des choses auxquelles ils n'ont pas pensé ou des choses qui, par la force des discussions qu'on a, apparaissent. On aime beaucoup ne pas simplement prendre un brief tel qu'il est. mais essayer de le challenger et puis y apporter... L'idée révoluée. Oui. Ça c'est... On en parlera plutôt long, je pense, parce que tu parlais de transversalité. Ce qui est intéressant dans cette démarche de transversalité, ce sont les ponts qu'on est capable de faire. Et quelquefois, en fait, on est sur un sujet qui n'a rien à voir et on va être capable d'aller tirer une idée, tirer une solution et la ramener en fait dans une problématique en fait qui...

  • Speaker #0

    qui est exprimé de manière peut-être un peu simple au départ, mais en fait, vous tirez un fil et vous allez créer une cohérence globale. Mais on va rentrer dans le détail un peu plus tard avec des exemples très concrets. Sur ton métier, on a pas encore cité le nom de ton agence, mais tu as plein d'activités. Mais ton activité principale, c'est celle de Cocoréco Paris. Donc, tu es cofondateur. Donc tu as la forme entrepreneur, designer, architecte d'intérieur, directeur de création et directeur artistique dans Coco-Réco Paris. Et aussi tu as une activité de designer produit, donc de mobilier, notamment peut-être de luminaire aussi, je ne sais pas, pour des éditeurs, comme ça a été le cas longtemps pour Cider.

  • Speaker #1

    LA Chance, Haymann Editions

  • Speaker #0

    Haymann qu'on a reçue ici, David.

  • Speaker #1

    Exactement, et puis d'autres projets qui sont en cours de développement, qui devraient sortir au courant de l'année prochaine pour d'autres éditeurs.

  • Speaker #0

    Ok, génial, on va explorer tout ça. Est-ce qu'il y a un objet ou un espace qu'au contraire tu détestais quand tu étais enfant ?

  • Speaker #1

    C'était le placard qui était proche de mon lit parce que j'avais peur.

  • Speaker #0

    Des monstres qui étaient cachés dedans ?

  • Speaker #1

    Après, de manière générale, chaque espace m'intriguait parce que je pouvais y trouver. Au-delà même de leur fonction, il y avait des choses à voir. Et ça, c'est ce que je faisais avec mon frère. On se faufilait partout pour découvrir chaque trésor qui se cachait dans chaque pièce des maisons dans lesquelles on pouvait aller. Alors ça pouvait paraître être un peu bizarre parce qu'on se demandait pourquoi on se retrouvait là. Mais c'est vrai qu'on avait cette curiosité d'y trouver tout un tas de choses et de comprendre surtout. quelle était l'histoire en fait qu'il y avait en amont. Et ça, ça nous faisait bien marrer.

  • Speaker #0

    Alors ça m'a mis une question que j'avais pas prévu mais moi, souvent en tant qu'enfant effectivement on va fouiner dans les greniers, dans les maisons, où on a l'impression que rien n'a bougé depuis des... parfois même quand ça a bougé d'ailleurs ça peut être intéressant c'est quoi ton rapport au désordre et souvent les archis d'intérieur sont sont parfois un peu un peu paradoxaux parce que parce que ils vivent dans des endroits qui sont parfois très différents de ceux qu'ils fabriquent pour les autres.

  • Speaker #1

    Tout à fait, ma réponse va aller dans ton sens, dans le sens de ce que tu dis, puisque chez moi c'est rangé, j'ai tendance à demander à mon épouse, mon enfant, à ce que les choses soient rangées, bien que le désordre ne me déplaise pas, puisque c'est souvent le moment où on va avoir un acte de création, ou en tout cas aussi de libération. donc ça je laisse par exemple la salle de jeu dérangée tant qu'il ya en fait un projet qui est en cours. Quand le projet est terminé, j'aime bien que ce soit rangé. Et puis de manière générale, j'aime bien quand les choses sont assez bien ordonnées. Par contre, le désordre que je trouve chez les autres me plaît particulièrement. J'adore aller dans des endroits où pour le coup, il n'y a pas cette nécessité d'ordre. Parce que ça me détend et ça m'offre en fait une... Je ne vais pas dire des vacances, mais une respiration. C'est le moment pour moi justement d'assouvir cette envie en fait de... de plonger dans tout ce bordel, si je puis utiliser le terme, où je vais aller toucher, prendre, raconter, raconter vraiment les... Enfin, me raconter en fait une histoire sur tout ce que je trouve.

  • Speaker #0

    Oui, c'est vrai que ça raconte souvent quelqu'un de la personne qui habite le désordre. Et moi, j'adore cette notion de désordre, parce que pour certains, ça veut dire le chaos. Pour d'autres, ça va être non, non, tout est super structuré. même si ça vous paraît désordonné ça l'est au contraire beaucoup mais bon c'est assez marrant.

  • Speaker #1

    Oui, on est tous pris par l'un ou l'autre en fait, il n'y a pas vraiment de juste milieu. Le désordre à cette richesse en fait de laisser voir tout quand on va chez moi, tout est bien rangé donc finalement je cache beaucoup de choses d'une certaine façon puisqu'elles vont être rangées. Dans le désordre il y a tout qui est mis sur, c'est comme une feuille blanche sur laquelle on s'amuserait à dessiner avec toutes les couleurs et tout. là où j'aurais tendance à prendre le feutre qui va bien, la bonne couleur et laisser le reste dans sa pochette

  • Speaker #0

    Alors tu viens de Nancy tu me le disais juste avant qu'on démarre Nancy qui est une ville qui t'a peut-être d'ailleurs pour un de ses illustres je ne sais pas si on peut dire designer parce que lui ne se définissait pas comme designer mais Jean Prouvé créateur, ingénieur comment t'est venue raconte-nous un peu dans quel univers t'as grandi quelle étude tu as fait et comment tu es arrivé à faire ton métier ?

  • Speaker #1

    Un peu par la force des choses, je me suis fait accompagner par une maman qui avait une bienveillance à tout égard, enfin à toute épreuve pardon. Puis tout petit en fait, j'ai cette vocation à aller chercher partout, être curieux, aller me faufiler comme je disais dans toute pièce pour trouver une chose qui allait me surprendre. ou me raconter une histoire. J'avais aussi une appétence, on va dire, pour le dessin. J'adorais dessiner. J'adorais projeter des choses de la façon la plus simple possible. Ma mère me disait souvent, l'avantage avec toi, c'est que tu vas toujours à l'essentiel. Et en fait, les études ont été chaotiques et elles me cherchaient absolument une porte de sortie ou une raison d'être, peut-être. et le match Il m'a dit un jour, écoute, j'ai trouvé une école, c'était une mise à niveau d'art appliqué, mais avec une option qui était celle du design. Il m'a dit, est-ce que ça t'intéresse ? Je te mettrai bien dedans. Enfin, je t'inscrirai bien là-bas. Donc, je me suis laissé porter parce que moi, de toute façon, j'avais tellement de mal à l'école que...

  • Speaker #0

    C'est-à-dire que tu ne savais pas du tout, tu savais que tu étais plutôt un créatif ? Oui,

  • Speaker #1

    créatif, mais il y avait aussi cette notion, j'aime bien le côté ingénieux des choses. On trouvait la montre. J'aime beaucoup savoir pourquoi les choses sont faites et comment elles fonctionnent. Ça m'intéresse. À partir de là, j'ai ouvert la porte. C'est vrai que ça réunissait pas mal de choses qui m'intéressaient, qui me donnaient envie tout du moins. Et donc j'y suis allé. C'était à Strasbourg, c'était l'ISA à Strasbourg, mis à niveau. Et à partir de là, j'ai découvert un monde qui me semblait vraiment... bien pour mon futur, c'est-à-dire que je me voyais enfin avoir une possible carrière dans ce domaine. Alors ce n'était pas en plus fermé, c'est-à-dire qu'on faisait mise à niveau d'art appliqué, il y avait du dessin, du graphisme, il y avait cette option d'isole. il y avait aussi un peu d'archi intérieur. Mes parents pour le coup me disaient tu seras architecte parce qu'ils me disaient qu'il y avait un côté artiste alors que je n'aimais pas du tout. Mais voilà, donc ça réunissait tout et puis j'ai trouvé après une école. pendant la mise à niveau à Paris, l'école bleue.

  • Speaker #0

    L'école bleue, oui, dans le 14e, je crois.

  • Speaker #1

    Alors maintenant qu'il s'est déplacé, exactement, qui était dans le 11e, et qui avait cette particularité de fournir triple diplôme, architecte d'intérieur, designer et également graphiste. Et ça, c'était parfait parce que moi, j'y voyais...

  • Speaker #0

    La combinaison.

  • Speaker #1

    La combinaison de plein de choses. Et surtout, ce n'était pas le... On pourra en parler, mais c'est vrai qu'on a très... facile. dernières années, on a pu voir même un saucissonnage. C'est-à-dire que les métiers, il fallait créer des casques. Et ça, c'était dommage. Alors que quand on regarde les architectes d'avant, ils allaient de la petite cuillère jusqu'à faire de l'urbanisme. Il n'y avait vraiment pas de frontières. Au contraire, c'était un processus intellectuel qui était mis en avant. Et ça, je trouvais ça génial. Parce qu'en fait, mon esprit, quand il part, il n'a pas envie d'avoir de loisirs. Oui, bien sûr. bien me spécialiser quand je suis concentré sur quelque chose, ça nécessite à ce que mon cerveau soit concentré, focus sur une activité, mais une fois que je m'en extrais, j'ai envie d'ouvrir en fait les portes et me balader partout. Et c'est là où justement après ce que je disais c'est faire les ponts. Ce que j'ai appris dans ce domaine là, est-ce que je peux m'en servir comme d'autres et ainsi de suite. Et tisser une toile en fait.

  • Speaker #0

    Oui je vois très bien.

  • Speaker #1

    On balade un peu comme comme toutes ces pièces. pièces que je vais visiter petit.

  • Speaker #0

    Oui c'est ça tu vas et tu vas relier les... Et alors justement alors on va prendre un exemple on y reviendra après sur d'autres exemples sur vraiment des cas d'usages différents que vous enfin des solutions que vous trouvez chez Cocorico ça va être vous allez couvrir quoi donc l'archi d'intérieur c'est assez clair le design produit c'est ce qui va venir dans la boîte donc le mobilier etc mais c'est quoi les autres domaines dans lesquels vous vous êtes allez pouvoir intervenir. On entend parler de plateforme de marque. Il y a plein de gens qui ne savent pas ce que c'est qu'une plateforme de marque. C'est un sujet sur lequel vous intervenez aussi, par exemple ?

  • Speaker #1

    On intervient, c'est-à-dire est-ce qu'on se pose la question à date, au moment où le sujet nous est donné, est-ce que la marque nécessite d'avoir un petit vis-à-jour dans son approche identitaire ou même dans la philosophie qu'elle a, ce qu'elle cherche. à transmettre en termes de vision et également après ça se dessine sur justement la partie identité graphique. Est-ce qu'on va parajeunir un peu les choses une fois qu'on a revu en fait la philosophie ? Est-ce que voilà il y a plein de possibilités.

  • Speaker #0

    Donc ça pourrait aller jusqu'à donc revoir un logo, une charte graphique globale, une identité globale d'une marque d'un point de vue élément graphique enfin c'est ça exactement Ok. Est-ce que ça peut aller jusqu'à l'identité olfactive dans un hôtel ?

  • Speaker #1

    Oui. Alors justement, l'école Bleu nous a appris à faire du concept. L'idée, c'était de se concentrer sur la partie, l'intellectualisation des propos qui amènent au dessin. C'est le dessin du dessin. Le dessin E-I-N à la fin et le dessin I-N. c'est vraiment on prend le temps de savoir pourquoi pourquoi on fait les choses et pourquoi on va les rendre ensuite esthétiques, narratives, à travers le dessin. Et donc, l'archi-intérieur, le design, le graphisme, on se rendait vite compte que c'était déjà fermé par rapport à tout ce qu'on vit comme expérience, en fait, dans un lieu. Quand je vais dans un hôtel, il y a l'univers sonore aussi, qui est très important. Il y a l'univers culinaire. Si je vais dans un restaurant, quelle odeur je vais avoir ? Quels sont les plats que je vais pouvoir trouver sur ma carte ? On peut aller jusqu'à l'univers sur la vidéo. Est-ce qu'on a une expérience immersive à travers le numérique, la vidéo ?

  • Speaker #0

    Les expériences qu'une marque ou qu'un lieu peut proposer, avec tous les points de contact, ça peut être même digital, j'imagine. digital, donc le site d'un hôtel, la bande sonore, l'identité olfactive, le lieu lui-même, la carte du restaurant.

  • Speaker #1

    Ah oui,

  • Speaker #0

    vous pouvez travailler même sur la...

  • Speaker #1

    Ah oui, on travaille vraiment sur tout en fait. En fait aucune limite sur la manière dont on va représenter, matérialiser en fait le concept. Pour expliquer plus précisément, on part, alors déjà mon associé qui est Gauthier Pouillard. Oui,

  • Speaker #0

    Gauthier Pouillard.

  • Speaker #1

    Donc, fondateur avec moi, on s'est rencontrés à l'école. À l'école Bleu ? À l'école Bleu, exactement. Et on a la demande. La demande, donc, définit un cahier des charges. souvent liés au secteur et ensuite à tout un tas d'éléments qui vont finalement, je vais dire, pas nous servir à ce moment. Puisque l'idée, c'est de générer, d'écouter notre client, de comprendre ce que lui cherche. Souvent, bien évidemment, à travers le secteur dans lequel il est, il y a une performance économique qu'il va chercher. Donc nous, on va l'accompagner dedans et on va lui transmettre des solutions. lié à l'utilisateur. Ça, c'est ce qu'on appelle, en fait, notre boucle. C'est le B2B2C. C'est ce qu'on fait. Et à partir de là, on va aller s'inspirer, en fait, de ce que notre client, de son ADN, s'inspirer de ce que le client du client, en fait, attend. On fait notre mixture, c'est-à-dire à travers aussi nos petits cerveaux, nos sensibilités, des choses là. On crée ce qu'on va appeler le concept, qui va même... pouvoir s'inspirer aussi on pourrait ajouter une autre donnée c'est la localité l'histoire tout le contexte en fait qui va y avoir et ensuite on se lance dans ok on matérialise tout ça donc le cahier des charges on fait en sorte qu'il soit respecté par rapport aux différents secteurs donc l'archi, le design, l'identité avec l'identité visuelle, l'identité fonctionnelle mais aussi tout l'univers qui se trouve en fait au sein du lieu donc des tableaux l'eau. Nous, on se charge de ça. Et on ajoute tout autre élément. Effectivement, tu l'as dit, l'olfactif, le sonore, plein de choses. J'ai des exemples où on a créé... C'est tellement important, il faudrait qu'on prenne un exemple. On va rentrer dans les exemples. C'est vrai que ça paraît un peu...

  • Speaker #0

    Un peu abstrait.

  • Speaker #1

    Dans le sens où tu te dis, ils font tout.

  • Speaker #0

    parce que l'une des questions ça va être de et qu'on peut se poser, c'est de savoir comment ils peuvent être bons sur toutes ces domaines-là.

  • Speaker #1

    C'est une très bonne question. C'est super parce que tu la poses. On est experts nous, chez Cocorico Paris, on est experts dans le service, parce qu'on est une métier de service, et on est experts dans l'architecture intérieure, le design, le graphisme. Ça, c'est nos domaines de compétence.

  • Speaker #0

    Vous vous maîtrisez en interne.

  • Speaker #1

    On est diplômés, on a eu ce qu'il fallait. Et après, la seule chose qu'on a en plus dans l'expertise, c'est la la projection, la capacité en fait à écrire et à se projeter sur une histoire. Une histoire que l'on a définie par rapport à notre client, le client du client et le contexte. Donc ça c'est notre domaine. Et ensuite, et c'est d'ailleurs comme ça qu'est formée et composée en fait la société, il y a Gauthier et moi, on a en interne des gens qui sont des chefs de projet. Et ensuite... Ensuite, on a un éventail d'experts qui viennent et dont on fait appel. C'est un avantage pour notre client. C'est que, comme je disais tout à l'heure, je parlais de saucissonnage. Il y a eu un phénomène aussi qui s'est vu. quand on a commencé la boîte, c'est qu'on faisait appel à un archi-intérieur, on faisait appel à des graphistes, on faisait appel à des designers ou à des boîtes qui... Qui maîtrisaient tout ça. ... qui maîtrisaient tout ça. Et en fait, on avait plein d'interlocuteurs qui, chacun avait aussi ses sensibilités, ses envies, et donc ça crée un peu une cacophonie, très difficile, en fait, de réussir à contenter tout le monde et à créer une symphonie, en fait, qui...

  • Speaker #0

    Oui, qui est harmonieuse.

  • Speaker #1

    et harmonieuse. Donc là, à partir de ça, on s'est dit, on a des gens autour de nous qui ont des compétences dingues. En plus, ce sont des gens qu'on connaît et qui on s'entend bien. Et donc, si je maîtrise mon histoire, mon concept, que je maîtrise mes trois domaines qu'on a évoqués avant.

  • Speaker #0

    Donc graphisme, archi d'intérieur,

  • Speaker #1

    design.

  • Speaker #0

    Et le cœur du concept, il repose là-dessus.

  • Speaker #1

    et ensuite vous allez en fait il repose dessus mais Il repose sur plein de choses. Parce que d'un coup, je vais me dire, bah tiens... Là on est dans un projet, un projet améroménile, on a un projet de club, notamment, c'est Wellio, c'est une société qui fait du pro-working, et donc ils ont une communauté de pro-working. c'est quoi le coworker ? c'est comme du coworking mais de façon plus professionnelle donc ça va être des sociétés enfin il y a probablement un côté un peu plus haut de gamme que le coworking donc c'est une approche ok

  • Speaker #0

    C'est les clients, le si de ce Velio. C'est des sociétés qui louent des espaces ponctuellement pour leurs collaborateurs, pour y travailler, mais aussi pour faire des séminaires, j'imagine.

  • Speaker #1

    Voilà, ça peut être ça. Et une société qui va installer ses bureaux chez Velio. On a eu la particularité sur un projet où on était sur un site qui devait accueillir plusieurs types de... type d'entreprise et finalement il y en a un qui est venu, il a dit moi ce votre concept j'adore, votre bâtiment je prends tout ça ça a été assez génial pour nous parce que pour notre client bien évidemment puisque là on revient sur la performance, nous on a essayé d'apporter une performance économique, lui il était ravi puisqu'il avait réussi en un coup à tout faire et nous évidemment on était content puisque l'histoire qu'on essayait de transmettre pour le client était finalement adoptée à l'unanimité Merci. Donc c'était parfait, en fait on arrivait à faire notre petite boucle et c'était très bien.

  • Speaker #0

    Alors raconte-nous un peu justement ce cas-là, Velio, quel était le brief et qu'est-ce que vous avez proposé et développé comme histoire ?

  • Speaker #1

    Alors, parce que surtout là je reviens juste sur ce qu'on disait par rapport au sonore, donc on a le Velio comme ça, et en fait en parlant avec mon client je lui avais dit mais il faut absolument qu'on fasse des radios une radio les on a appelé et en fait c'est comme ça qu'on s'est retrouvé à faire une radio ouélionde chaque site en fait qui a sa propre personnalité en fait avait ses propres petites interludes ses propres sons et en fait on crée avec spotify en utilisant spotify notamment fait on crée une synergie entre les différents wélio ok on les fédère à travers la musique on peut écouter la musique de Marseille à Paris ainsi de suite et d'ailleurs ça se répond assez bien on envoie des petits des petits pics et un côté un peu décalé ok pour vraiment être dans l'aspect communautaire ou elio gobelin alors attends je reviens là dessus mais c'est intéressant typiquement sur ce dossier sur un cas comme ça donc le besoin il n'était pas forcément exprimé par le client oui

  • Speaker #0

    dire tout à fait voilà donc là typiquement votre valeur ajoutée ça va être de dire dans notre concept global on pense que ça ça a sa place il faudrait le faire donc voilà comment et là vous allez chercher donc le je sais pas le programmateur le dix traiteurs de chute

  • Speaker #1

    l'ingénieur son, on connaît déjà un ingénieur son, donc on se dit, super, on va faire appel à lui. J'ai aussi dans mes contacts, en fait, quelqu'un qui travaille dans la publicité, qui a une verve assez intéressante, avec qui j'aime bien discuter, parce qu'on se marre, il a un très bon répondant. Donc je me dis, on va réussir à créer, vous savez, les petites interludes qu'il y avait sur Nova. On se souvient tous, mais quelle heure est-il ? Merci. ça nous rentrait dans la tête une voix très particulière et en plus on finit par en parler tu te souviens quelle heure est-il et puis on se refait et ça devient un petit gimmick on est entre amis ou choses dans le genre

  • Speaker #0

    J'ai dit à mon client, on va se faire un truc dans le genre, puisque comme vous avez Wellio, et qu'il faut savoir qu'une personne qui loue chez Wellio Paris peut aller à Marseille et aura accès à des bureaux. Donc il y a quand même aussi ce côté communautaire, poil d'araignée. Le réseau, le côté étoile d'araignée, tu verras, c'est quelque chose qu'on met pas mal en avant. et donc On a fait appel à ces deux experts, on a travaillé sur la rédaction de toutes nos petites interludes, on a fait l'enregistrement de tout ça, on a fait appel à des gens qui avaient des voix mieux que les nôtres, pour pouvoir écrire sur des gens qui étaient mieux nés, quelqu'un qui écrit, donc j'écris avec lui, on se renvoie la balle, on les peaufine, ensuite notre ingénieur son va travailler aussi pour... que ces petites interludes soient dynamiques, des petites mélodies qui les accompagnent. Et bien sûr le « Bienvenue sur les Wellyondes » , enfin il y a le « Bonjour » , un peu comme à l'époque il y avait un film, c'était un peu mon inspiration au moment où on avait fait ça, c'était « Bonjour Vietnam » . Ah oui oui oui, « Good morning Vietnam » . L'idée c'était de faire quelque chose le matin. Le matin, quand les gens arrivent sur le site, il y a Good Morning New York.

  • Speaker #1

    Donc c'est dans le lieu et c'est en plus une playlist Spotify que tu peux écouter.

  • Speaker #0

    Oui, exactement. On a fait toute une sélection liée. Il y avait des sites où c'était une inspiration new-yorkaise. Le nôtre, c'était plutôt ça tournait autour. En fait, la synergie et surtout le point pixel, qui avait un côté numérique et aussi un peu traditionnel, enfin historique. On choisissait aussi des musiques à travers ça. On décidait que le matin en entrée, ça allait être très dynamique, qu'après, sur les périodes de travail, on redescendait pour que ce soit focus. Et ensuite, on remonte le midi. L'après-midi, on revient, mais on garde un peu plus de dynamique parce que souvent, on pique un peu du nez. Et le soir, c'était bon, le vendredi c'était l'apéro. Il y avait toutes ces petites interludes pour le vendredi après-midi, notamment à Marseille. Oui,

  • Speaker #1

    on sait bien, ils vont tous à la plage pour l'après-midi. Exactement.

  • Speaker #0

    Mais c'est vrai que c'était rare, donc on a mis tout ça. Et puis ça a permis de faire une offre qui était concrète, qui était le plus professionnel possible. Et on a mis ça en place et le client a pu diffuser ça sur tous ses sites. Et comme je disais tout à l'heure, tout le monde peut écouter les vidéos.

  • Speaker #1

    Et ça d'ailleurs, d'un point de vue business pour toi, pour l'agence, c'est un truc sur lequel vous revenez régulièrement pour la remettre à jour, pour la changer un petit peu tous les six mois ou je ne sais pas. Oui,

  • Speaker #0

    c'est ce qu'on propose en fait. Et puis après, c'est le client qui lui décide si une boîte fonctionne. En fait, il... poussera d'autant l'artiste à jour ou des choses comme ça, mais on propose toujours. En fait, ça c'est juste ce que tu dis, parce que nous ce qu'on aime dire c'est, on va vous travailler tout votre concept et on va faire en fait quelque chose qui va être le plus cohérent possible de A à Z. Sous plusieurs niveaux de stratification, enfin quand je dis niveau de stratification, c'est niveau de lecture, on essaie d'être le plus concret possible. Et par exemple, quand tu arrives notamment dans l'hôtellerie, toute la période de Noël ou de Pâques, où on voit arriver des sapins de Noël qui n'ont rien à voir, enfin une décoration qui pique un peu, nous ce qu'on dit c'est faites-nous appel, faites appel à nous, on poursuit en fait notre prestation de façon ponctuelle, mais on va vous faire en fait vivre Noël à la sauce de notre complète.

  • Speaker #1

    Pour rester cohérent dans tous les moments d'actu de l'année, que les marronniers soient traités de manière cohérente avec le concept. Oui, c'est évident. Malheureusement, c'est toujours compliqué, j'imagine, de faire rentrer ça dans la tête d'un client qui ne l'a jamais vécu.

  • Speaker #0

    Oui, effectivement, parce que dans ce que tu dis, il y a plus de ratés dans le sens où le client ne le perçoit pas.

  • Speaker #1

    ne perçoit pas le bénéfice que ça peut avoir quand le client le perçoit on voit bien que ça fonctionne et que ça fonctionne bien c'est vrai que la déco de noël dans un hôtel super léché boutique vachement bien et tout là tu te trouves avec des guirlandes des années 75 c'est compliqué c'est très compliqué et

  • Speaker #0

    en plus on peut pas demander à un staff d'un hôtel ou peu importe le secteur en fait d'avoir la connaissance du concept le goût aussi de ça et qu'ils le suivent.

  • Speaker #1

    On va revenir un petit peu en arrière sur votre manière de travailler. J'ai lu que tu disais qu'il faut, ça paraît un peu évident, mais j'aimerais bien que tu me l'expliques concrètement. Penser le fond avant la forme, donc penser le concept, c'est ce que tu viens de décrire. Mais qu'est-ce que ça veut dire concrètement dans ton processus de création, dans votre manière de travailler ? Dans quel espace-temps ça s'inscrit entre le client qui vient vous voir en disant... Voilà, je viens de racheter un hôtel de 30 chambres qui était un trois étoiles en région, un peu poussiéreux. Et je veux en faire un truc qui va attirer une génération de trentenaires qui vient en vacances à La Rochelle. C'est quoi en gros les grosses étapes pour penser le fond avant de travailler sur la forme ?

  • Speaker #0

    Eh bien, ça peut aller très vite comme ça peut prendre beaucoup de temps, de toute façon, comme tout type de réflexion. Mais ce qui est sûr, c'est que ça aboutit en fait à un document qui est la genèse. En fait, il n'y a pas de plan, il n'y a rien. On ne parle pas du projet en tant que tel. On ne parle que de l'histoire qui va accompagner tout le projet. On part du principe que si en plus le client qui nous mandate se prend au jeu, en fait, il va apporter énormément de choses aussi à notre récit. Nous ce qu'on dit c'est que nos histoires enrichissent les vôtres. C'est simplement qu'on va apporter quelque chose pour le client et donc à lui de nous donner des feedbacks à travers ça. Et on crée un château fort. L'objectif c'est de créer un socle le plus stable possible pour ensuite monter le château fort le plus robuste pour que ça soit plus cohérent, légitime. Donc ça part de la réflexion, observer l'environnement, observer la localité, l'histoire, l'aspect culturel qui entoure le projet, au-delà même de sa fonction propre quelquefois. On s'en détache pour vraiment essayer d'insuffler quelque chose qui va permettre, quand un client sera dans le lieu pour lequel on a travaillé, de dire « mais attendez... » Là, la petite chose qui a été faite à cet endroit-là, c'est vrai, ça tient debout. Oui, oui, monsieur, vous ne saviez pas. Et puis on va pouvoir raconter tout ça. D'accord.

  • Speaker #1

    Et le récit, j'aime bien ce récit.

  • Speaker #0

    Oui, c'est vraiment du récit. Je te disais tout à l'heure qu'il y a une question de stratification. Dans notre récit, il y aura les choses que tu verras qui seront frontales. Là, on appelle un chat un chat, il n'y a pas de problème.

  • Speaker #1

    Donc c'est le... le look du lieu, le mobilier, les couleurs, etc.

  • Speaker #0

    Voilà, l'intention première. Et en fait, on rentre ensuite dans un niveau de proposition, on va dire, qui est de plus en plus subtil. Tout le monde ne le verra pas. Il y en a des clients qui vont rentrer, qui vont se dire, « Oui, bon, ok, c'est terminé. » Ça ne les intéresse pas, et pourquoi pas. Par contre, ceux qui sont plus curieux, ceux qui sont prêts un peu à gratter... ou juste à mettre l'œil au bon endroit, en fait, ils vont découvrir des choses plus subtiles, plus profondes, qui vont être de l'ordre... Enfin, on va aller plus loin dans l'histoire.

  • Speaker #1

    C'est marrant, ça me fait penser à... Je ne sais pas si tu as écouté cet épisode, j'ai reçu il n'y a pas très longtemps Patrick Elouargui, qui est un hôtelier, qui a travaillé sur plein de lieux toute sa vie. Il a commencé par un lieu que tu connais peut-être de nom, il n'existe plus aujourd'hui, mais qui s'appelait le E-Hotel. à Nice et il a travaillé sur tous ses projets avec Mattel et Crasset et avec vraiment cette notion de design global mais sans, je ne vais pas dire que c'était comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, mais presque, c'est-à-dire qu'ils ont réellement réfléchi à leur concept, mais de manière globale, jusqu'à l'expérience effectivement digitale, mais on est dans les années 90. Ensuite, ils ont fait ça en Tunisie, ils ont fait ça à Paris. Ils ont ouvert un... Ça me fait vraiment penser... Écoutez cet épisode si vous ne l'avez pas encore écouté. C'est une illustration très juste de ce que peut être le design global. Je voudrais faire une parenthèse. On revenait en arrière. On était à l'école Bleu. Tu rencontres ton futur associé. Là on est en quelle année ? Fin des années 2000 ?

  • Speaker #0

    2010.

  • Speaker #1

    Ouais, 2010. 2010, vous décidez de créer une boîte, vous saviez ce que vous vouliez faire, c'était clair pour vous ?

  • Speaker #0

    Ouais, alors l'histoire elle est... parce qu'on est deux aujourd'hui, on a été quatre au départ. En fait, quand on était à l'école avec Gauthier, on se connaissait pas forcément, on se croisait. on n'était pas forcément amis Simplement, on se croisait. Mais j'avais deux bons amis, pour le coup, qui étaient dans sa promo. Et avec eux, j'avais un an de plus. J'étais dans la promo au-dessus d'eux. C'est pour ça qu'on n'était pas ensemble. Et j'ai eu mon diplôme. Je suis parti faire quelques expériences, notamment à New York. J'ai travaillé même avec mon épouse pendant un an. et quand ils... Ils ont eu leur diplôme, je les ai aidés pour leur diplôme. Quand ils ont eu leur diplôme, on s'est dit, bon allez hop, c'est parti, on y va. C'est vrai que moi je viens d'une famille, mon père est entrepreneur.

  • Speaker #1

    Ah oui d'accord,

  • Speaker #0

    j'allais te poser,

  • Speaker #1

    parce que je lançais, c'est...

  • Speaker #0

    Parmi eux, il y avait aussi ça, donc on avait cette fibre. Mon père est entrepreneur, ma maman est très créative, elle bricole beaucoup, il y a un côté très...

  • Speaker #1

    Géotrouvetout, non ?

  • Speaker #0

    Oui, et puis elle fait de la couture, enfin c'est... si Elle fait tellement de choses, c'est incroyable. Mon père, forcément, j'ai irrité un peu des deux. C'est ce que je leur dis. C'est qu'il y a cette envie, cette audace d'aller monter un projet entrepreneurial, des projets entrepreneurial. Et puis, le côté un peu foufou. Et je vous trouve tout, tu disais, pour la partie du domaine de l'activité, de la création.

  • Speaker #1

    Et donc, avec les quatre, vous étiez quatre compères.

  • Speaker #0

    Quatre compères. donc Gauthier arrive après, c'est-à-dire qu'on monte, on se réunit tous les trois, et Gauthier arrive, et c'est un peu comme une évidence, déjà parce que mes deux amis me disent, tu verras, il est bien. Moi je savais déjà qu'il était bien, parce que j'avais l'œil, et même si on ne s'était pas jamais trop parlé, il y avait un ressenti qui était très bon, et une personne qui semble aussi très bienveillante, et assez extraordinaire, donc j'ai dit banco, et puis bon, par la force des choses, les deux qui ne sont plus là aujourd'hui ont dû arrêter.

  • Speaker #1

    Ok.

  • Speaker #0

    Ils ont changé de domaine ou ils sont dans ce domaine dans des boîtes qui peuvent être concurrentes à la nôtre. Et donc avec Gauthier, on s'est...

  • Speaker #1

    En fait, c'est parce que votre duo était tellement évident que...

  • Speaker #0

    C'est devenu quand on s'est retrouvés tous les deux. Ok. En fait, quand on est partis tous les quatre, au départ, c'était... On va tous faire pareil. On est des créateurs, on est des entrepreneurs, on va faire la crétinette, on a tous les mêmes compétences et c'est super. Quand on s'est retrouvé avec Gauthier, on s'est dit bon attends ça fonctionne pas du tout. C'est vrai que toi t'as des appétences dans ces... ces domaines-là, qui sont derrière, et puis moins, moins, et puis pareil dans l'autre sens. Donc on s'est dit, autant se mettre là où chacun sera le mieux, il sera le plus à même à apporter pour la société, et depuis, en fait... Ça n'empêche pas des échanges, au contraire. Parce que ça dépend. Il y a des décisions stratégiques.

  • Speaker #1

    Donc vous répartissez comment ? C'est plutôt la création, lui c'est les opérations, c'est ça ?

  • Speaker #0

    Oui,

  • Speaker #1

    tout à fait. C'est le duo gagnant. On se complète bien et qu'on ne se marche pas dessus.

  • Speaker #0

    On est bien d'accord.

  • Speaker #1

    Et qu'on se fait confiance.

  • Speaker #0

    Ça c'est très important, la confiance aveugle. de toute façon. Et on ajoute à ça, en fait, cette... maniaquerie j'ai envie de dire, où on a envie de bien faire on a envie de bien faire on a envie de de pas se moquer en fait de la personne qui est prête à nous faire confiance en fait on veut rendre la confiance qu'on nous donne donc on se donne corps et âme comme on dit souvent aux clients, vous inquiétez pas, on ne comptera pas nos heures et on n'a jamais fait ça donc ils sont...

  • Speaker #1

    Alors tu me tournes une perche parce que c'était une question que j'avais c'était de comprendre votre modèle économique parce qu'une agence d'art d'intérieur elle a des zones horaires et puis en général peut-être un pourcentage sur les travaux et puis voilà c'est assez clair on sait comment ça marche une agence de design global vous touchez tellement de sujets donc depuis la création du concept jusqu'à l'exécution de ce concept dans

  • Speaker #0

    des domaines très variés comme élaborer une carte de restaurant ou etc comment vous vendez votre temps et votre prestation ça passe par un premier jet qui est la transmission en fait d'un devis sur sur ce que le client nous demande. Donc, on répond à sa demande de façon brutale. Donc, on cadre. Ça, c'est très segment. Enfin, voilà. En gros, c'est la première donnée. Et on lui explique que nous, on va être en capacité de lui apporter, en fait, beaucoup plus, beaucoup plus, beaucoup plus. Donc, on lui dit une première fois. Quelquefois, il ne le perçoit pas. Et puis, très rapidement, quand il reçoit le concept, la fameuse Bible, en fait c'est vraiment le socle qui installe le concept. Tant des perches en lui disant, ben voilà, on a pensé à ça, on pourrait aller là. Et donc là, certaines fois, ça amène tout de suite à une revalorisation, en fait, parce que ça lui plaît. Il nous dit, ah oui, oui, il faut aller vers ça. Ou alors, quelquefois, il attend d'en avoir un peu plus, mais on y viendra. Et parfois, après, pendant le projet, en fait, on agrémente. On a des aménements, mais à chaque fois, on le fait. Même d'ailleurs, quelques fois, la petite doute que tu as, c'est qu'effectivement, on va prendre du temps pour lui mettre en avant un potentiel et qu'il ne sera pas choisi.

  • Speaker #1

    Oui, oui,

  • Speaker #0

    peut-être. Ça arrive quelques fois, mais le plaisir est tellement... Juste de l'avoir matérialisé et d'avoir rendu possible cette éventualité, c'est super satisfaisant. Ça nous fait vivre, ça nourrit, en fait, nous. le processus qu'on a en fait en interne où en fait voilà c'est toujours être un peu en mouvement toujours être avoir une capacité à enrichir mais vous devez être super triste quand les projets sont terminés parce que ça va ça peut aller tellement loin si jamais vraiment terminé en fait sont jamais vraiment terminé si on a la possibilité d'avoir un suivi comme on le disait tout à l'heure dans le service tant mieux parce que ça nous permet de mieux d'agrémenter quelquefois on essaie aussi d'obtenir des chiffres, des statistiques après coup, un an ou deux ans, c'est ce qu'il y a de mieux. Quand on a commencé, on avait énormément de frustration de se rendre compte qu'on donnait un projet qu'on a fait, on le donne, il ne se passe plus rien et on n'a aucune capacité à se remettre en question à part nous, le doute qu'on a.

  • Speaker #1

    Oui, c'est-à-dire sans avoir de retour du marché,

  • Speaker #0

    du client final, etc. Dans notre métier, l'idéal, c'est d'avoir le retour. En fait, qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que ça plaît ? Est-ce que ça ne plaît pas ?

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que ça a changé par rapport à avant ?

  • Speaker #0

    Est-ce que l'expérience qu'on espère tirer de ça, est-ce que ça a fonctionné ? Alors, on a été chercher ensuite des réponses, notamment aussi sur les chiffres, puisqu'on voit très vite si au niveau commercial, ça fonctionne. Et après, d'obtenir ce qui a permis, d'un point de vue économique, le projet. se développe. Et ça, ça nous a aidé parce que ça nous a permis de mettre le doigt sur des choses qui n'étaient peut-être pas aussi cool qu'on le pensait. Et par contre, à contrario, de mettre en avant des choses qui l'ont bien compris, qui l'ont bien pensé, ça ne se verra pas, ça va être très subtil en fait, qui se voit et qui plaît.

  • Speaker #1

    Tu as des exemples à me donner ?

  • Speaker #0

    Oui, alors notamment, qu'est-ce que je pourrais te donner comme exemple ? Si on reste sur Wellio, On a le Wellio, on avait fait, alors c'est un concept qu'on a mis en place, donc c'est dans le cinquième arrondissement de Paris. Et en fait, c'est donc du pro-working, le pro-working. Là, je suis obligé de te refaire un peu l'histoire. Oui, vas-y, vas-y. C'est du pro-working, donc en gros, une entité, donc plusieurs personnes qui travaillent dans une société, enfin une entité qui se regroupe avec d'autres entités qui forment un réseau. Oui. Et en fait, l'idée de ProWorking, telle que nous on se l'était dit, c'était la synergie. On crée de la synergie entre les entreprises parce qu'elles vont pouvoir finalement se rencontrer, se rendre compte qu'elles ont des points communs, même peut-être des nécessités les unes entre elles. Donc, elles peuvent peut-être travailler ensemble, s'aider, enfin, un truc cool. Et en fait, je m'aperçois que dans l'arrondissement du 5, on a l'école des gobelins, l'école du numérique. et la manufacture des gobelins qui si on prend l'univers numérique c'est un pixel si je l'associe à d'autres pixels j'ai une image ok très clair et pareil pour la manufacture des gobelins j'ai un point de tissage

  • Speaker #1

    C'est de la tapisserie, du tissage.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça.

  • Speaker #1

    Initialement.

  • Speaker #0

    Oui, qui sont utilisés notamment dans l'administration française. Oui,

  • Speaker #1

    parce que c'est lié au lycée national.

  • Speaker #0

    Ils ont un savoir-faire qui est incroyable, qui est très ancien, historique pour le coup. Donc, on avait en plus de ça une institution qui était historique et une institution beaucoup plus moderne. Donc on avait aussi cet ambivalent, ce contraste qui était intéressant. Et donc on faisait directement l'analogie d'une entité. Deux pro-workers, une société ou même un individu. Le pixel. Le pixel ou le point de tissage qui ensuite serait... Et donc ça a été développé, ça a été point pixel en fait. On a travaillé sur ça, ça a été le concept, le point de départ. Et après on a tout mis en place au niveau des intérieurs et tout le reste selon ce principe. Mais notamment il y avait... il y a eu des petites idées. On a demandé à l'école des Gobelins de participer s'ils pouvaient. Et également à la manufacture. Mais pour l'école des Gobelins, ça a été de se dire, on va se faire déjà une entrée immersive. C'est un couloir de vidéos où c'est des élèves de l'école qui font le contenu. En plus, c'est intéressant parce qu'ils sont en deuxième ou troisième année et c'est vraiment pour eux une première démarche. L'idée, c'était d'immerger les gens. Dès l'entrée, hop, il rentre. Et parmi ces... Il y avait une deuxième... D'ailleurs, ils avaient trois lieux dans lesquels ils ont travaillé. Mais il y en avait un, c'était le détail qui tue. Et en fait, c'était dans un espace qui pouvait être loué. Donc, généralement, on vient manger. Enfin, une fois de plus, la fusion des espaces. On se rendait compte que, difficile, étant donné les surfaces qu'il y avait, de pouvoir mettre tout le monde à l'heure du déjeuner. Dans un lieu, on en a offert un deuxième. Et ce deuxième, on pouvait le louer et le privatiser. Et on a créé un écran qui lui pouvait devenir fonctionnel puisqu'on pouvait prendre le contrôle et faire une salle de réunion. Mais sinon, ça faisait partie d'une tapisserie de la manufacture qu'on a récupérée. Et on avait caché un écran dans la tapisserie. On l'avait segmenté et il y avait ce qu'on appelait le détail qui tue. Donc en fait, c'est comme si...

  • Speaker #1

    et ça devait créer et bah en fait les gens allaient voir en disant mais attendez c'est incroyable c'est super vous avez fait ce truc là vous l'avez fait de manière très subtile on en tient on rajoute ça mais vous n'avez aucune idée de l'impact que ça pouvait avoir et en fait donc les clients le voyaient en disant mais c'est super et donc ça permettait limite

  • Speaker #0

    le tunnel ils ne le voyaient pas oui alors que c'était bon ok super c'est impressionnant et tout mais c'était plus immersif pour eux que de voir en fait parce que Merci. J'avais demandé à ce que ce soit toutes les 5 ou 10 minutes, en fait il y a une petite chose qui bouge dans l'écran. C'était le buste d'une personne, et en fait on l'a fait, la première version, on l'a fait comme si c'était un droïde. Donc en fait il y avait un petit boulon qui sautait à un moment donné, de la jambe ou quelque chose, ou alors la mécanique s'enrayait, donc il y avait un peu de fumée qui se dégageait d'une partie. Et la deuxième fois, la deuxième mise à jour qu'on a fait, c'était des petits insectes qui se baladent.

  • Speaker #1

    Ok, c'est génial. Donc ça rend le truc vivant et invisible.

  • Speaker #0

    On a appelé ça le détail qui tue pour se dire, c'est comme quand on travaille, il y a une fenêtre qui donne sur la rue et dès qu'il y a quelqu'un qui passe,

  • Speaker #1

    tu lèves les yeux.

  • Speaker #0

    On s'était dit, voyons voir si ça génère du... En fait, ça a pris parce que ça a amené justement à ce que les gens aussi s'approprient l'histoire en même temps de ce concept. et donc il... qui se rendent compte que l'école des gobelins participait, que c'était des élèves, que c'était des élèves de deuxième, troisième année, que Bouelio, la société qui nous embauchait, Covivio pour le coup, en fait, ils donnaient des bourses. Enfin, voilà, il y a une vraie démarche qu'on a mise en place, autant dans l'éducatif que dans l'expérience que ça a apporté aux élèves, que l'expérience que ça a apporté en fait à l'utilisateur, au client qui a en fait aidé l'école à développer. le cursus d'élève, enfin il y avait un truc.

  • Speaker #1

    Oui, un truc très vertueux. Je voudrais parler un peu de tes activités de designer, de mobilier. Je ne sais pas si on peut dire en dehors de Cocorico Paris, mais tu dessines aussi des meubles qu'on te demande de dessiner. Est-ce que ça part d'un projet, puis finalement après tu les édites ? Ou est-ce que c'est une maison d'édition comme Cannes, La Chance ou Cider ? qui vient de voir en disant on a besoin d'un banc plutôt en bois ou je sais pas comment comment ça marche ?

  • Speaker #0

    ça a commencé en fait comme tout designer qui n'est pas connu qui démarre exactement ça a commencé comme ça avec La première c'est Emanédition, là ce qui est marrant c'est qu'on travaillait en fait pour Corian, la société...

  • Speaker #1

    Projet d'Epad, c'est ça ? Exactement,

  • Speaker #0

    ça qui s'est jamais fait je crois. Qui s'est jamais fait, mais en fait... Pour les raisons qu'on connaît, parce que Dorian on a bien vu malheureusement...

  • Speaker #1

    Très mauvaise actu.

  • Speaker #0

    Très mauvaise actu, et nous on a arrêté de travailler justement avant cette mauvaise actu. Enfin je me souviens, c'était tout simplement parce que sujet ô combien important, quand même de fin de vie. Donc respect. déjà à avoir pour ça, éthique. Et on avait développé un projet justement qui devait apporter à Corian des intérieurs où on favorisait la fin de vie. Et l'idée c'était de se dire, on partait du quartier en se disant mais qu'est-ce qui rattache les gens ? Le quartier, la vie de quartier. Donc on créait en fait des petits quartiers avec des petites boutiques avec le coiffeur, tout ça. Pour qu'il y ait une vie sociale. Que ce ne soit pas l'hôpital. Les couloirs et escaliers. de service, ça devenait des parcours de santé. Donc on mettait des éléments. On leur avait fait tout un projet et notamment, j'avais dessiné une chaise qui avait pour vocation à permettre aux gens de se lever plus facilement.

  • Speaker #1

    C'est-à-dire que les accoudoirs, je me souviens de cette chaise, c'est une chaise à l'œil nu, elle est absolument très belle. On ne voit pas ce qu'elle a de différent, mais les accoudoirs sont un peu plus longs. Ils se prolongent. Et on peut se lever avec l'aide de ses bras.

  • Speaker #0

    Et ça donne une dynamique. Alors la chaise n'était pas tout à fait comme celle qu'elle est aujourd'hui chez Eman. Mais parce qu'on pouvait retirer aussi les accoudoirs, le dossier. Faciliter la mise des personnes âgées sur leur chaise roue ou au lit. Il y avait une version qui était en roulette aussi.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Et donc quand on... David, en fait, on s'est rencontré par le biais d'une société de... de design, enfin qui revend du design comme Sylvéra, alors j'ai plus de nom là et il vient me voir un jour en me disant écoute moi j'ai fait un proto de ça j'ai entendu parler de ce projet incroyable, on a une présentation chez Corian dans pas longtemps on emmène ton proto, ok on emmène le proto, et puis on y va, et puis après comme dit ça s'est pas fait parce qu'ils ont préféré faire du marketing avec notre concept que réellement mettre en place les choses ok Et puis avec David, ça s'est poursuivi.

  • Speaker #1

    Donc vous avez finalement édité le produit.

  • Speaker #0

    Édité le produit, on a apporté plusieurs typologies et tout. Et ça, ça a été donc la première façon dont je me suis fait éditer les projets. Et ensuite, ça a été du démarchage. Ah oui d'accord. Tu vois, tu as le produit, tu te dis « Ah tiens, celui-là, j'y crois. Tiens, cette société, je l'aime bien. En plus, je pense que ça colle. » Il faut aussi essayer de faire ça, il faut que ça colle à l'ADN et tout. Et puis ça a fonctionné. Et depuis, il y a eu... En fait, j'ai rencontré d'autres éditeurs qui m'ont dit, ah bah tiens,

  • Speaker #1

    on aime bien ta manière de faire.

  • Speaker #0

    On travaille, donc fais-nous une table.

  • Speaker #1

    Ok. Sider, on peut en parler un petit peu. Tu as pas mal travaillé avec Sider, en étant même jusqu'à la direction artistique, si je ne me trompe pas. Et tu as dessiné, donc ça a commencé comment ? comment tu as démarré cette collaboration avec Sider. Sider donc éditeur fabricant de mobilier français qui fabrique beaucoup pour un usage hôtelier et tertiaire, je ne me trompe pas, et c'est très beau.

  • Speaker #0

    Oui ils font de l'hospitality, beaucoup de bureaux. En fait j'ai rencontré Robert Hakoury lors d'un vernissage pour Emanédition, à la collection. Et Robert on s'est très bien entendu tout de suite en fait On avait un peu les mêmes grosses personnalités, même dynamique. Il m'a dit écoute on se rencontre bientôt, est-ce que ça te tente ? Oui, je lui ai dit oui avec plaisir et je lui ai montré mes projets. Comme c'est un amoureux du design, à priori il ne trouvait pas trop mal ce que j'avais fait. Donc il m'a tout de suite dit tiens je prends ça, je prends ça. Donc tu lui as montré ton book ? J'avais des projets en fait... J'ai toujours dessiné de toute façon comme ça. J'avais des choses qui me semblaient pas trop mal. Je les ai réunies dans un petit dossier en me disant, en ayant regardé bien évidemment avant, ce que CDR faisait. Une fois que je lui ai montré, j'ai vu que ça lui donnait envie. On a développé une relation, tous les deux, qui était très respectueuse. Et surtout, deux personnes qui aiment leur métier. Oui. Il est un gros passionné du travail et aussi du monde du mobilier. Il a travaillé aussi dans la mode. Et en fait ça va avec la création, il adore ça en fait. Je crois que c'est vraiment quelque chose qui...

  • Speaker #1

    Mais d'ailleurs ils ont développé une autre marque, la Manufacture si je ne me trompe pas.

  • Speaker #0

    Oui la Manufacture,

  • Speaker #1

    tout à fait. Où ça va beaucoup plus loin que le mobilier, ils vont jusqu'à de l'objet.

  • Speaker #0

    De la mode. De la mode, oui. C'était pour lui le moyen de boucler la boucle, en fait, sur ses passions. Réunir tout en un seul et même lieu, et une seule et même marque. Donc ça, c'est ce qui était très cool. Enfin, j'ai pu l'accompagner. Alors, je n'ai pas participé à la manufacture, mais en tout cas, j'étais à ses côtés quand il a fait ça. Et c'est vrai que pour lui, c'était juste génial. Et en fait, dans notre relation, ça nous a amené à un moment donné où il me dit « Oh, mais attends, est-ce que ça ne te tenterait pas d'être directeur artistique de CIDER ? » Moi, je ne connaissais pas. Je me suis dit « Il faut connaître » . Donc, je suis allé et puis c'était très rigolo. Donc,

  • Speaker #1

    tu as fait ça en plus de Cocorico, en indépendant.

  • Speaker #0

    Cocorico, oui. Alors, il fallait justement pouvoir le faire en dehors.

  • Speaker #1

    Comment tu serais artisté justement ?

  • Speaker #0

    Ça a été des années où énormément de travail le week-end, le soir.

  • Speaker #1

    Direction artistique de Cydor, c'est toi la caution artistique de tout ce qui sort ?

  • Speaker #0

    Moi je n'étais pas sur le mobilier. On s'était mis d'accord là-dessus. Robert aime bien cette partie-là et je n'avais pas envie de m'imposer ou quoi que ce soit. Ce qu'il aimait c'était la manière dont je réfléchis. et il voulait revoir un peu la philosophie et l'approche de Sider aussi vis-à-vis de ses clients. Ça a été une refonte de l'identité graphique, de la philosophie, de la diffusion de la boîte. Donc,

  • Speaker #1

    tu as fait une mission de design global pour Sider, quasiment, de réflexion à décor.

  • Speaker #0

    Oui. C'était très sympa. J'ai rencontré des gens, pour le coup, très intéressants que je ne connaissais pas, des domaines que je ne connaissais pas vraiment. Et ça m'a beaucoup apporté, justement, aussi pour Cocorico. Ils ont déménagé.

  • Speaker #1

    Ils avaient un forum super vers la Madeleine. Square Edouard 7

  • Speaker #0

    Edouard 7,

  • Speaker #1

    tout à fait et effectivement je dois aller voir le showroom je crois qu'ils se sont déplacés vers la défense si je ne me trompe pas il n'y a pas très longtemps mais ça me donne envie d'appeler Robert à courir et de le recevoir ici on rentrera dans ce détail là génial très bien, on va poursuivre sur d'autres projets, j'aimerais bien que tu me racontes parce que j'ai vu que vous aviez travaillé par exemple pour... pour AXA, si je ne me trompe pas, AXA IM, c'est possible, je me trompe ? Non, j'ai mal, non, alors attends, je me gourre. Alors, un hôtel, tiens, prends-moi, je ne sais pas si vous avez travaillé en hôtellerie ou des cas très différents, je voudrais que tu nous donnes 2, 3, 4 usages, pas forcément des énormes projets, mais des trucs où vous intervenez, voilà, typiques, cette année en 2025 ou fin 2024, quels sont les projets dont tu peux me parler ?

  • Speaker #0

    Alors il y a un appart beauté. appartements en fait de médecine, médecine esthétique. Donc on accompagne en fait la marque, on lui refait une mise à jour justement de toute son identité, la philosophie. Ça s'appelle Appart'Beauté. Pour le coup ce sont des appartements parisiens et l'idée c'est vraiment de rentrer dans le pourquoi appartement parisien. Enfin il y a un univers qui est tellement fort d'un point de vue culturel, d'un point de vue...

  • Speaker #1

    Le concept de ton client c'est quoi ? C'est des les appartements dans lesquels il reçoit...

  • Speaker #0

    Il fait de la médecine esthétique. Et ils ont pris le parti d'être dans des appartements. Donc là, on pousse le sujet le plus loin possible. Où on en sera à la fin, je ne sais pas. Mais en tout cas, le potentiel est assez énorme. Et le sujet est très intéressant. C'est le Paris chic, élégant. On est dans l'esthétique. mais mais ce n'est pas dans le matuvu. L'idée, c'est justement de positionner la marque sur quelque chose qui veut être dans la pudeur. On ne cherche pas à montrer la beauté.

  • Speaker #1

    Oui, on est vraiment dans l'intime.

  • Speaker #0

    Oui, dans l'intimité, exactement. Donc ça, c'est très sympa. On le débute. Hotellerie, on va débuter un projet, mais là, c'est sur une marque dite de chaîne. Donc, ça veut dire qu'il y a déjà plus ou moins un concept de fait, mais là, on nous demande d'apporter de l'originalité donc ce concept. Ça va être aussi assez intéressant. Par contre, il y a...

  • Speaker #1

    Tu peux citer l'enseigne ou pas ?

  • Speaker #0

    Du groupe Accor. Là, je ne vais pas rentrer dans le nom, mais du groupe Accor. En gros, ils ont un concept qui est lié à la démarche, on va dire, environnementale. Un peu de DIY, le fait de ne pas utiliser, de ne pas toujours reproduire, produire, produire, en fait, pour faire les choses. On peut récupérer, de la récupération. C'est intéressant ça. Oui, c'est très sympa.

  • Speaker #1

    J'avais été sollicité par... Le groupe Accor, il y a 2-3 ans, en sortie de Covid, enfin on était même peut-être encore dans le Covid, où ils viennent nous voir, moi dans le cadre de mes activités Yours, où on essaye de proposer des démarches circulaires. d'utilisation du mobilier en disant finalement un hôtelier tous les sept ans il rénover son lieu c'est quand même dommage de jeter alors que c'est plein de choses qui peuvent être encore utilisés et nous il nous disait ce moment là un on en est On a un énorme problème, c'est que pendant le Covid, évidemment, tous les hôtels étaient vides. Alors qu'il y avait des gens qui cherchaient des espaces pour travailler sans se réunir. Donc, on aurait pu changer la destination des chambres et les rendre, les transformer en bureaux de passage, par exemple, dans les régions. Il y avait ça. Et puis, il y avait une... Alors, peut-être que tu vas me dire si c'est un peu la réflexion que vous menez avec cette enseigne. C'était tout ce qui est agencement et accroché au mur qui, par nature, est à usage unique. c'est-à-dire que quand on rénove le... l'hôtel, on est obligé d'arracher les têtes de lit, etc. Et donc, ils voulaient des choses beaucoup plus versatiles, mobiles,

  • Speaker #0

    et... Oui, oui.

  • Speaker #1

    Les récupérer, les bouger, les changer d'une chambre à l'autre, etc.

  • Speaker #0

    Exactement. C'est un peu comme si... On allait récupérer des têtes de lit chez quelqu'un d'autre, on les remet au goujou et on les met dans cet hôtel. Donc l'idée, c'est de pouvoir avoir une démarche la plus décarbonée possible.

  • Speaker #1

    C'est ça.

  • Speaker #0

    Par le biais de l'originalité. Alors l'originalité, c'est juste être malin. et justement il y a beaucoup de choses à faire donc là on projette un projet qui va être assez sympa on va essayer d'être assez audacieux après il faut le vendre aux hôteliers c'est à dire que si je ne me trompe pas dans ce groupe là

  • Speaker #1

    Il y a des hôtels qui sont propriétaires du groupe, mais il y en a plein qui sont franchis.

  • Speaker #0

    On a travaillé avec le groupe Accor directement. Maintenant, on travaille beaucoup avec des fonds d'investissement ou des clients. Oui, c'est ça. Des franchissants directs.

  • Speaker #1

    Des investisseurs qui ont 2-3 hôtels, etc.

  • Speaker #0

    Je me permets juste de revenir sur la partie design, où justement, dans la démarche du design des objets, La Chance ou Cannes ou Eman Il y a aussi cette... C'est marrant parce que où est-ce que je me situe dans le design que je fais ? On retrouve beaucoup aussi cette démarche d'installer un fond. Pourquoi le produit ? Ça ne veut pas dire qu'il se voit. Parce que tous les produits que je fais, pour beaucoup, on ne voit pas forcément la subtilité. Elle est plutôt cachée. Et elle va avoir cette démarche justement de de... revenir sur quelque chose qui a un impact le plus faible possible.

  • Speaker #1

    Pour l'environnement,

  • Speaker #0

    oui. Mais en partant sur des solutions qui sont assez bénignes, sur le transport, le montage, le fait aussi qu'un produit peut être retransmis d'une génération à l'autre. J'aime beaucoup cette notion. C'est pour ça que je reviens là-dessus. C'est sur le fait de pouvoir avoir des idées qui sont atemporelles.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Oui, parce que le piège du design, c'est de tomber dans un produit qui est dessiné en collant aux tendances du moment et du coup, qui le rend vachement temporel et donc très peu transmissible ou circulaire.

  • Speaker #0

    Exactement.

  • Speaker #1

    Ok, intéressant.

  • Speaker #0

    Et tu vois, quand on disait tout à l'heure, je disais que je me baladais dans toutes ces pièces, finalement aussi, c'était de voir tous ces objets qui ont pu passer de la grand-mère jusqu'à la grand-mère, jusqu'à la maman, et peut-être chez moi ou des choses comme ça. J'aime bien cette dimension parce qu'on a finalement gravé sur ces produits la mémoire en fait des gens, donc des souvenirs, et donc ce qui finalement rend chaleureux et vivant. Oui,

  • Speaker #1

    et rend vivant et sensible à un objet et donc un lieu, bien sûr. j'aimerais bien qu'on rentre sur la partie un peu l'esthétique ou le style cocorico il y en a un c'est quoi ?

  • Speaker #0

    c'est justement un peu ce qu'on vient de dire sur la partie design c'est à dire on ne trouve pas un style de dessin c'est à dire qu'il y a des archis femmes ou hommes qui ont des signatures évidentes on ne peut pas se tromper on reconnait

  • Speaker #1

    ça c'est quelque chose que l'on peut abuser etc.

  • Speaker #0

    et plein d'autres c'est pas du tout quelque chose qu'on recherche au contraire chaque projet est unique Il a sa propre ADN, sa propre représentation. Par contre, ce qu'on va retrouver dans la signature, c'est justement cette dimension assez profonde dans l'interprétation des choses. C'est une idée un peu originale qui va être ensuite travaillée dans tous les sens.

  • Speaker #1

    Donc le fil rouge, ça va être plutôt votre méthodologie.

  • Speaker #0

    C'est ça.

  • Speaker #1

    C'est les quatre étapes, le récit, le concept. la proposition de valeur, l'exécution et puis le suivi.

  • Speaker #0

    Essayer de fédérer, ça, on essaye beaucoup de créer une communauté, dans le fait de stimuler les gens par l'intérieur, alors que ce soit le décorum ou la fonctionnalité des pièces ou des objets, mais il y a une volonté à les titiller se poser des questions.

  • Speaker #1

    En fait, proposer une expérience.

  • Speaker #0

    Oui,

  • Speaker #1

    parce que c'est vrai que spontanément, on se dit, mais travailler sur des EHPAD, parcours de fin de vie, moment compliqué pour évidemment les utilisateurs de l'EHPAD comme pour les visiteurs, qui sont les familles, etc. Ou travailler sur un endroit comme Moelio ou un hôtel, on peut imaginer que c'est évidemment pas du tout, enfin c'est vrai, je pense que c'est pas du tout la même chose. Mais en revanche, ça part quand même à chaque fois de « Ok, qu'est-ce que je peux faire pour rendre l'expérience moins douloureuse pour les pads, ou plus ludique, ou plus je ne sais pas quoi ? » Et donc c'est ça qui est impressionnant. Et ça repose sur ton cerveau ? Parce que tu es seul à bosser sur ces concepts ou tu vas les chercher ?

  • Speaker #0

    Après c'est de la discussion. je suis seul jusque dans le soir dans mon lit ma douche où c'est les Il y a eu un moment que je préfère pour, entre guillemets, me démerger et pondre les concepts. Après, c'est beaucoup de discussion. C'est aller vérifier que je ne raconte pas trop de bêtises, voire même faire en sorte que mes interlocuteurs enrichissent aussi mes propos. L'idée, c'est de... En fait, ce qu'on insuffle dans nos projets, dans cet aspect expérientiel, fédérer le groupe et tout, on essaye de le faire, nous, en interne. quand on parlait tout à l'heure au téléphone quand on s'est rencontrés au téléphone je te disais si je sais le faire pour moi je saurais le faire pour les autres ah oui d'abord tiens,

  • Speaker #1

    le temps la perche parce que tu me disais quand on préparait cet enregistrement que vous étiez en train de travailler sur votre propre lieu qui accueille l'agence, c'est ça ? vous allez déménager, vous êtes en train et alors comment vous abordez un brief comme celui-là ? puisque t'es à la fois là, c'est un peu schizophrène Merci.

  • Speaker #0

    Non ça ne l'est pas. Mais déjà il y a quelques années on a acheté nos bureaux et on s'est dit on est Argin'Intérieur, designer, c'est notre formation. On s'est créé de la valeur à travers ça. Donc on a pris un lieu qui était friche, en tout cas qui était délabré pour le remettre vraiment en état.

  • Speaker #1

    C'était quoi un lieu industriel ?

  • Speaker #0

    Non, non, pas du tout. C'est pas très loin de là où on est actuellement. On est rue Soden actuellement et donc on a fait vraiment le projet tel que nous on l'envisageait à l'instant T c'est à dire que en 2018-2019 qu'est ce qu'on projetait en fait comme espace de développement pour les équipes pour nous donc on s'est fait un grand appartement en fait on est parti sur un appart c'était une sorte de loft en fait qui serait notre notre espace de travail donc Donc, il y a effectivement. une grande table où l'équipe peut aller travailler, mais il y a surtout un grand salon pour faire la fête, pour discuter justement, échanger, et ça passe par faire la fête, le soir où on peut échanger plus librement sur les projets, certains qui travaillent sur un projet n'ont pas connaissance du reste, donc c'est l'occasion aussi d'aller les challenger pour essayer de voir ce qu'ils peuvent... Déjà, la façon dont ils... Ils prennent le projet. Ensuite, ce qu'ils peuvent nous apporter. Il y a une espèce de cuisine, une salle à manger. Mais aussi pour...

  • Speaker #1

    Fausse forêt.

  • Speaker #0

    On sait qu'en France, on aime manger. C'est un moment privilégié pour échanger. On a fait un grand appartement et ça nous contenait très bien comme ça. On a une petite salle de jeu en sous-sol. C'est aussi la matériothèque. Quand on dit salle de jeu, c'est qu'on l'a travaillé aussi un peu comme ça, à savoir une télé qui peut servir pour des réunions, mais aussi il y a une console. L'idée c'était de se faire un lieu où on y serait le mieux possible. Ça allait aussi par rapport, quand on a commencé la boîte, il y avait cette notion de domestication. Donc on s'est fait notre petite maison à nous. Et là aujourd'hui, c'est vrai qu'on a vocation à poursuivre la démarche, à acquérir de nouveaux locaux. Et là, c'est aujourd'hui de quoi on a envie.

  • Speaker #1

    Donc les besoins ont évolué ?

  • Speaker #0

    Les besoins vont être celui d'être dans l'expérientiel aussi, d'offrir un nouveau lieu de stimulation. Donc on va le travailler comme ça.

  • Speaker #1

    C'est dans quel quartier ?

  • Speaker #0

    On reste dans le même quartier. On aime bien Bastille.

  • Speaker #1

    Moi, j'ai envie d'aller voir. Vous aurez fini quand, ça ?

  • Speaker #0

    C'est en cours. Quand je dis que c'est en cours, on est dans la démarche d'acquisition.

  • Speaker #1

    Dans six mois, vous allez...

  • Speaker #0

    Oui, on peut l'espérer. C'est vrai qu'en tout cas, l'objectif, c'est de pouvoir se dire qu'on connaît le process et donc on peut apporter justement aussi à une certaine expérience à nos clients. clients du fait d'avoir vécu à petite échelle parce qu'on ne sera jamais à l'échelle de nos clients qui ont beaucoup de bâtiments ou des ampleurs bien plus importantes mais en tout cas voilà on touche un peu du doigt ce genre de choses et ça nous permet selon nous d'être aussi plus précis et plus légitime.

  • Speaker #1

    C'est combien de personnes l'agence aujourd'hui ?

  • Speaker #0

    Et bien ça varie en fait.

  • Speaker #1

    Alors en permanence une petite équipe assez serrée.

  • Speaker #0

    Ah ouais exactement et mais c'est un hub en fait on a mis en place un système de hub avec tout le carnet d'adresses d'experts qui viennent que l'on peut faire sur les missions, donc on peut faire travailler 3 à 4 experts par mission, ça dépend, on peut faire venir aussi plus des exécutions, des dessinateurs-projeteurs, où là on les fait rentrer aussi, et c'est selon la taille du projet, donc en fait ça fait que gonfler, c'est un système plus... pulmonaire, qui gonfle qui se réduit mais on est tout petit au départ, mais par contre sur certains projets, quand on travaille sur 10 000 ou 15 000 m² forcément l'équipe est un peu costaune

  • Speaker #1

    J'ai une question sur ton approche du design ou celle de Cocorico en général, est-ce que tu penses qu'il y a une identité française ou un style, je ne sais pas, on ne peut pas parler d'un style mais une une spécificité française à l'approche du design global ? Ou est-ce que la manière dont tu travailles, finalement, tu le ferais... Il y a des spécificités culturelles, mais tu le ferais finalement de manière assez proche aux Etats-Unis ou au Japon ?

  • Speaker #0

    C'est une bonne question. C'est une bonne question à laquelle je ne saurais absolument pas te répondre.

  • Speaker #1

    En gros, est-ce que tes clients, les grosses foncières, sont plutôt françaises ? Oui,

  • Speaker #0

    elles sont françaises et puis après, elles se déploient à l'échelle européenne. Après, ils ont des partenaires qui sont à l'international, mais on n'a jamais été jusque-là.

  • Speaker #1

    Tu n'avais pas de projet hors de France pour l'instant ?

  • Speaker #0

    Non, on a eu, mais c'était à la frontière. Non, non, non, c'est vrai qu'on a un côté très... Alors ça veut pas dire qu'on le fera pas, au contraire. On a simplement notre anglais à améliorer.

  • Speaker #1

    Bon, aussi, y'a plus que ça, ça va.

  • Speaker #0

    Oui, c'est clair, mais oui, non, on n'a pas encore eu...

  • Speaker #1

    De projet significatif.

  • Speaker #0

    De projet, on travaille sur toute la France, sur Paris, après voilà, ça dépend. C'est plus hors de Paris, et puis, enfin oui, c'est vraiment variable. Et toi,

  • Speaker #1

    tu te partages d'ailleurs entre La Rochelle et Paris. Tu viens quand même bosser au bureau ?

  • Speaker #0

    Oui, il faut quand même avoir un lien avec le lieu, parce que c'est un peu la maison. Et puis les équipes pour le coup. Et puis ça fait du bien ce que je disais tout à l'heure, le fait d'avoir changé aussi le lieu de vie. Mon associé l'a fait également, il est parti à Bordeaux. Ça nous permet aussi de répondre à un besoin de confort familial. On est provinciaux à l'origine, on est venus à Paris pour chercher... Pour faire l'école déjà. Faire l'école, chercher en fait l'adrénaline que Paris amène. Et c'est très bien, on l'a pris. On a bien profité de tout ça. Mais à partir du moment où on a eu nos familles et l'âge avançant, on s'est dit tiens, on aimerait bien leur offrir en fait le confort qu'on avait. Donc nous on revient assez souvent. Et en se disant que... Enfin, je parle de... Nos enfants, ils auront probablement aussi l'envie. Mais on les poussera. D'ailleurs, mon fils, quand je lui dis que je vais à Paris, souvent, il me dit, je serais bien.

  • Speaker #1

    Je vais revenir avec toi.

  • Speaker #0

    Il garde de très bons souvenirs.

  • Speaker #1

    Oui, je comprends.

  • Speaker #0

    Il ne regrette pas du tout. Mais c'est vrai qu'il a des souvenirs.

  • Speaker #1

    C'est génial de pouvoir faire les deux. Génial, Mathieu. On arrive presque à la fin de notre conversation. J'ai quelques questions rituelles que je pose à peu près à chaque fois. Si tu avais un objet, un meuble, un truc fétiche que tu garderais, si tu n'en gardais qu'un, ça serait quoi ?

  • Speaker #0

    Ce serait probablement celui que mes parents me transmettraient, dans le sens de ce que je disais tout à l'heure. J'aime bien cette notion de transmission. L'objet en soi m'importe peu, mais le sens pourrait me ramener.

  • Speaker #1

    Donc tu n'en as pas un ?

  • Speaker #0

    Non, non, non. J'adore les...

  • Speaker #1

    Le squelette de montres.

  • Speaker #0

    Oui, j'allais dire, j'adore les montres, ça c'est clair. Là, j'ai des fauteuils où justement, on s'est fait plaisir en ayant changé de ville. Je voulais un Paulin, un Tom Keen depuis toujours. Voilà. On a l'Aunt Sher de IMSS aussi, des choses comme ça. Il y en a d'autres en tête, on a parlé de Prouvé très peu d'ailleurs. Oui, c'est vrai, on en a parlé beaucoup. C'est vrai que c'est quelqu'un que j'aime beaucoup. pour le design, mais c'est vrai que surtout pour la démarche, l'ingénierie qu'il avait et ce qu'il était comme personne. Donc un jour, soit il y aura une pièce de design ou alors même peut-être autre chose. Mais quelque chose qui viendra de lui.

  • Speaker #1

    Ok. Est-ce qu'il y a un projet dont tu rêves ? C'est-à-dire un truc où tu te dis, si un jour, ce client pouvait m'appeler pour faire ce truc ?

  • Speaker #0

    Bon, allez, on y va. Là, tu l'auras compris, on aime tellement la diversité, en fait, tout type de projet qu'on n'a pas encore fait. Mais là, je vais un peu loin et j'adorerais bosser pour le spatial.

  • Speaker #1

    Ah oui, voilà. Tu vois, j'allais te dire parce que j'ai changé avec Joseph Dirand, qui est archi d'intérieur. Et qui, alors, ça y est, lui, il est parti sur des trucs hyper, hyper, enfin, comme vous, très, très divers. Mais un jour, il me disait, bah ouais, j'aimerais bien bosser sur le spatial. Et là, ça y est, il est en train de bosser sur une capsule, un truc de dingo. Les bateaux, il y a des univers de fou.

  • Speaker #0

    Il n'y a pas de limite,

  • Speaker #1

    en fait.

  • Speaker #0

    C'est clair. Et puis, le monde spatial, il y a quand même quelque chose qui passe les frontières de notre univers terrestre. Oui,

  • Speaker #1

    bien sûr. Est-ce qu'il y a justement un designer ou un architecte qui, t'as parlé de Jean Prouvé, alors vivant ou pas, qui est pour toi une référence absolue,

  • Speaker #0

    qui te bluffe dans ce qu'il fait tous les jours s'il n'est pas encore vivant ? il me plaît, pourquoi ? parce qu'il a une diversité d'interprétations il a été dans tous les domaines et en fait c'est ça qui me plaît le plus et me stimule le plus parce qu'il aura fait de la peinture de l'ingénierie il a été partout. Et en fait, j'aime beaucoup cette liberté qu'on peut avoir dans le process intellectuel, à savoir, en fait, il n'y a pas de limite.

  • Speaker #1

    Alors, c'est vrai que c'est le premier designer global, lui.

  • Speaker #0

    Oui, voilà, exactement. C'est ce qui est génial. Typiquement, je pense que si on a un processus d'interprétation des choses, en fait, qui est cohérent, tu parlais de désordonner ou pas, ou d'ordonner, en fait, si tu arrives à être bien à l'aise avec cette façon, tu peux aller partout. Tu peux aller partout et une fois de plus, j'ai fait ce métier parce qu'on m'a dit tiens, regarde si ce n'est pas intéressant. C'est intéressant, mais comme je te disais, il y a tellement de choses d'autres qui sont intéressantes. J'aimerais pouvoir ne pas me limiter. Alors ça ramène tout de suite la question de oui, mais est-ce que tu serais expert dans ton domaine ? Mais en fait, je ne cherche pas forcément à être un expert. Je cherche juste à me dire que la façon dont je réfléchis peut m'amener à ne pas être trop bête Donc, dans tout un tas de types de domaines. Et surtout, je pourrais me reposer sur des gens qui sont eux experts et qui aiment cette façon de penser. Et en fait, on va travailler en relation, en collaboration. C'est là où on va pouvoir faire des choses. Moi, je vais leur rapporter, en fait, des informations qui viennent de l'extérieur, les challenger sur tout un tas de trucs avec des connaissances que j'ai. Et eux, ils vont me ramener sur Terre ou alors se dire...

  • Speaker #1

    Il y a une contrainte technique là, mais... Il y a du rapport de solution.

  • Speaker #0

    des porteurs de solutions donc ça ouais mais après bien évidemment je t'ai dit j'en prouvais parce que j'en prouvais il est ancien et que ça m'était facile plus jeune de dire ça quand on me demandait parce que je suis très mauvais mais alors vraiment d'un point de vue culturel je ne retiens pas les noms des gens c'est pas par manque de respect en aucun cas, ce qui m'intéresse c'est le process, c'est ce qu'ils ont vu oui finalement le nom qui est derrière mais c'est vrai que quelques fois ça peut ça peut sembler un peu dommageable. Mais j'aime bien retenir ce que les gens ont mis dans leur démarche, dans le projet qu'ils ont pu sortir. Et ça, ça me plaît beaucoup.

  • Speaker #1

    Ok. Si tu devais inviter trois personnes à dîner dans l'un des décors que vous avez faits, j'imagine qu'il y aurait peut-être Jean Prouvé et Léonard Plancy. Ou pas d'ailleurs. Qui est-ce que tu aimerais réunir autour d'une table ? Robert Akoury, Léonard de Vinci, et Jean-Roubaix.

  • Speaker #0

    Il y en a tellement, justement. En fait ça dépendrait du lieu.

  • Speaker #1

    Ouais.

  • Speaker #0

    Et à ce moment là, je trouverais les trois bonnes personnes. Mais trois ça fait pas beaucoup.

  • Speaker #1

    C'est clairement pas grave.

  • Speaker #0

    D'un côté ça fait pas beaucoup.

  • Speaker #1

    Ouais,

  • Speaker #0

    une bonne bande ouais. Non, c'est vraiment ce que je te disais. je n'ai pas à proprement dit de modèle en fait suivant ce que ce à quoi je vais m'intéresser en fait je vais me dire ah bah tiens lui est génial je retiendrai pas le nom mais ils auront tous fait des choses qui ne m'auront plus... Je ne me serais pas dit, c'est beau ce qu'ils font. Leur démarche, j'aime beaucoup.

  • Speaker #1

    Compris. Merci beaucoup Mathieu. Où est-ce qu'on te contacte ? C'est le site de Cocorico, cocorico-paris.fr si je ne me trompe pas, c'est ça ?

  • Speaker #0

    Oui, c'est Cocorico Paris sur Internet.

  • Speaker #1

    LinkedIn, Instagram peut-être ?

  • Speaker #0

    Instagram, alors... Si, via Instagram, LinkedIn aussi. Ça, c'est une autre démarche. qu'on n'a pas vraiment mis en place, on est nuls en communication. Ça souvent avec mon associé, on se dit qu'on est vraiment catastrophique. On a la chance d'avoir Marine Thévenot.

  • Speaker #1

    Oui, comme attachée de presse.

  • Speaker #0

    Comme attachée de presse et qui nous aide beaucoup. Je pense à Élise aussi, qui nous a beaucoup aidé là-dessus et qui nous disait tout le temps, mais en fait, parlez de ce que vous faites. Parce que c'est quand même dommage, vous ne dites rien. Vous faites tout le temps, vous vous cachez dans votre petite grotte. Donc c'est pour ça que je te remercie de nous avoir invités. Avec plaisir. De nous avoir invités en tant que Cocorico. Parce que c'est la première fois que je peux...

  • Speaker #1

    Exprimer.

  • Speaker #0

    Pour Cocorico et que je peux parler de ce qu'on fait. Et encore, tu vois, j'ai le sentiment qu'on a commencé il y a cinq minutes. Il y aura encore beaucoup d'autres choses à dire.

  • Speaker #1

    Ah ouais, non, mais c'est un format qui est très piégeux parce qu'on a l'impression que ça passe très vite. Mais tant mieux. C'est qu'on s'est dit des choses passionnantes. Allez voir Cocorico Paris sur leur site internet, sur leur LinkedIn. Et vous allez voir que ce n'est pas si nul que ça, leur manière de communiquer. Loin de là. Merci beaucoup. Et surtout, allez voir les projets, ceux qui sont accessibles à tous. Merci beaucoup de ton temps. Merci de cette expérience. Merci à toi. Et à très bientôt pour un nouvel épisode de Design Talk. À bientôt.

  • Speaker #0

    Merci.

Description

Designer, architecte d’intérieur, cofondateur de Cocorico Paris, Mathieu Girard est de ceux pour qui un lieu ne se conçoit jamais en surface. Avec son associé Gauthier Pouillart, il développe depuis plus de dix ans une approche transversale du design — mêlant narration, stratégie, architecture, mobilier, image, son, expérience client.


Dans cet épisode, il revient sur son parcours, ses années à l’École Bleue, son installation entre La Rochelle et Paris, et surtout sur la philosophie qui guide ses projets : commencer par la question “pourquoi ?”, construire un récit, puis le traduire dans chaque détail, qu’il s’agisse d’un hall d’accueil, d’une poignée de porte, ou d’un parfum d’ambiance.


Mathieu nous parle avec précision et sincérité de sa méthode :

– un travail de fond sur l’usage, le contexte, l’implantation locale ;

– une traduction cohérente à travers l’espace, l’image, le son, la lumière et les mots ;

– une volonté de concevoir des lieux sincères, utiles, lisibles, mais aussi rentables et pérennes.


Parmi les projets qu’il évoque :

Wellio (Marseille, Paris…), un espace de coworking où l’identité sonore, les textures, les rythmes narratifs sont pensés comme partie intégrante de l’expérience ;

Point Pixel, dans le 5e arrondissement de Paris, dont l’esthétique mêle pixel et tissage, avec une tapisserie numérique animée ;

Appart’Beauté, où l’on entre dans un univers médical discret, presque domestique, tout en élégance.


Il parle aussi de sa manière d’aborder le design produit (avec La Chance ou Haymann Editions), des KPIs intégrés dans la phase de conception, de stratégie de marque, de formation d’équipes pluridisciplinaires, et de son attachement au bon sens, à la nuance, au “fond” plus qu’à l’effet.


C’est une conversation vivante, dense, et généreuse, avec un designer qui trace un chemin singulier dans le paysage français, à la croisée du fonctionnel, du sensoriel et du narratif.


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The Design Talk est produit par Franck Mallez. Fondateur de Yourse.co et de tcrewagency.com , ancien journaliste, et entrepreneur des industries créatives.
https://www.linkedin.com/in/franckmallez/
https://www.instagram.com/franckmallez/
https://www.instagram.com/thedesigntalk.podcast



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    designers, architectes, entrepreneurs, artisans, tous ont en commun une vision, un parcours, une approche du design qui résonne avec notre époque. Alors ici, on parle d'inspiration, de matière, d'innovation, de process, mais aussi de défis, d'échecs et de réussites, tout ce qui façonne finalement chaque projet. The Design Talks est une plongée dans l'univers de ceux qui imaginent, transforment et réinventent notre quotidien. Alors installez-vous, ouvrez grand les oreilles, l'épisode du jour commence maintenant.

  • Speaker #1

    En tout cas, c'est une belle entreprise.

  • Speaker #0

    C'est sympa. Allez, c'est parti. C'est bon, ça enregistre. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans The Design Talk. Aujourd'hui, je reçois un invité qui, avec son agence, explore le design dans toute sa transversalité, des idées aux formes, des usages aux lieux. Il revendique d'ailleurs une approche globale, contextuelle et sensible des projets qu'il traite. Chez lui, on parle autant de stratégie que de matière, autant de récits que de volumes, de couleurs, d'identité. Bonjour Mathieu Girard.

  • Speaker #1

    Bonjour Franck. Merci.

  • Speaker #0

    Bienvenue dans ce Design Talk. On est ensemble pour une bonne heure et quart. On va explorer ton métier, ton métier de design global qui, moi, m'intrigue beaucoup. J'aimerais bien. Je pense qu'on est nombreux à vouloir comprendre ce que c'est que le design global. Donc, tu vas nous l'expliquer. Et puis, tu vas nous expliquer ton parcours. Et puis, on aura le droit de faire plein de digressions. Donc, ça va être sympa. Alors déjà, j'ai peut-être quelques petites questions un peu légères d'entrée pour briser la glace. s'il y a une chose qui t'a inspiré ce matin La première chose qui t'a inspiré ce matin, ce serait quoi ?

  • Speaker #1

    Le rayon du soleil qui traversait la fenêtre de la salle de bain de chez ma belle-sœur. Je me suis revu dans mes années à Parisienne, puisque là je ne suis plus à Paris maintenant. Et ça m'a inspiré vraiment de dingue, parce que je me suis revu à avoir le plaisir de vivre à Paris. Ce que je n'ai plus aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est vraiment sur des moments très éphémères et très intenses pour le coup. mais c'est vrai que c'était... C'était plaisant, il y avait ces rayons qui tapaient sur l'eau, les rayons diffractés, c'était magnifique. Tu vis où d'ailleurs ? La Rochelle maintenant.

  • Speaker #0

    Ah ouais, donc il y a peut-être un peu plus de soleil quoique ?

  • Speaker #1

    Plus de soleil, plus de mer aussi.

  • Speaker #0

    Plus de mer, plus de nature.

  • Speaker #1

    Plus de nature, plus de détente aussi par la location. Le rythme n'est pas le même, ce qui fait que quand je viens ici, je retrouve la pression positive, toute la dynamique parisienne et quand je rentre, c'est un petit peu plus détendu, qui me laisse aussi l'occasion de voguer dans mes pensées.

  • Speaker #0

    Et de voguer tout court aussi. Parle bien dans le micro pour être bien sûr qu'on nous entende bien. Est-ce que tu te souviens d'un espace ou d'un lieu, d'un espace ou d'un objet peut-être qui t'a marqué dans ton enfance ou dans ta jeune vie d'adulte en particulier ?

  • Speaker #1

    Oui, alors ça va être... Je te réponds du tacotage comme ça. c'est le L'objet, c'est la montre. Et en fait, quand j'étais petit, mes parents m'ont offert une notamment pour apprendre à lire l'heure, bien évidemment. Mais en fait, je me suis amusé, moi, à la démonter. Je me suis dit, mais je veux savoir comment ça fonctionne, comment ces petites aiguilles réussissent à tourner dans un si petit objet. Donc, je l'avais démontée. Et pour le coup, ma mère l'a retrouvée.

  • Speaker #0

    Quelques années après, en pièce.

  • Speaker #1

    Elle m'a expliqué qu'en fait ce n'était pas l'objectif de m'avoir offert. une montre donc elle m'a appris à lire à l'heure pour le coup après et puis je m'en suis voulu puisque j'avais pu le petit objet qui m'avait été offert et tu te souviens de la montre en question c'est un des c'était je sais pas une brasse ça devait être une flic flac ou une swatch quelque chose comme ça mais

  • Speaker #0

    oui j'ai le souvenir des flics flac soit de force ça devait être ça ouais d'accord plutôt de toute façon à aiguille et à quartz ou mécanique c'était à quartz web et maintenant je Je suis plus pour la partie automatique.

  • Speaker #1

    Oui. qui m'intéresse beaucoup plus, toujours pour l'aspect mécanique, et puis après, pour le calcul de la durée, tu tombes bien évidemment.

  • Speaker #0

    Attention à tes mains, juste sur le socle. Mais elle est plutôt là, comme ça, pas trop sur le socle.

  • Speaker #1

    Tu me l'avais dit tout à l'heure, et là tu vois, je me suis fait attrapé.

  • Speaker #0

    Alors, si on devait décrire ton métier, on va rentrer dans le détail, mais ton métier de manière très synthétique, si tu devais le décrire à un enfant de 6-7 ans, tu lui expliquerais ça comment ?

  • Speaker #1

    Bah écoute, pour le coup, mon enfant... mon fils a 7 ans et je suis en plein dedans. J'ai commencé par lui dire ce qui paraît être le plus banal et aussi le plus original, c'est que je dessine des maisons, des bureaux, des hôtels, enfin voilà, toutes ces choses-là. Donc comme ça, il y avait quelque chose d'assez, pour lui, assez facile à s'approprier. Bien évidemment aussi, comme je fais du design, il y avait les objets, donc la table, la chaise, et tout de suite. mais ce qui m'intéresse m'intéresse le plus en fait et j'ai développé ça là et je le développe de plus en plus en fait c'est surtout de lui dire que je trouve des solutions en fait je suis un trouveur de solutions alors c'est mal dit bien évidemment mais je essaye de me mettre à son niveau et de surtout un peu caricaturer la chose pardon et j'aime beaucoup en fait cette approche parce qu'elle se détache même de mon métier architecte d'intérieur, designer ou même graphiste, on cherche des solutions mais ça se déploie en fait sur tout type de choses.

  • Speaker #0

    Oui mais très transversal.

  • Speaker #1

    Exactement, et ça c'est ce que j'aime.

  • Speaker #0

    Oui mais c'est très clair et alors justement ça permet déjà d'aborder la question du design global en fait. Ça peut être quoi la problématique type qu'un client va te poser, il va venir te voir en disant voilà le problème auquel vous trouviez la solution, ça va être quoi qu'il va t'exprimer ? mais je veux faire rentrer plus de gens dans cet espace. Ça va être quoi un cas de typique, un cas d'usage typique ?

  • Speaker #1

    Un cas d'usage typique, c'est un secteur d'activité. On va prendre par exemple de l'hôtellerie. On a un hôtel, on va avoir tant de chambres, on va avoir tant de surfaces pour des espaces communs. Et on aimerait mettre dans ces espaces communs autant d'activités que celles qu'il va nous décrire. Ça va être son cahier des charges, bien évidemment. Donc à partir de là, on va vite se rendre compte s'il y a trop de choses à rentrer dans un espace qui serait trop petit. Voilà, exactement. Donc à partir de là, c'est comment on réussit à fusionner certaines activités et à les faire vivre ensemble. Ou alors tout simplement aussi apprendre à dire non, à dire que ce n'est pas possible. Bien évidemment, ce n'est pas trop l'objectif, mais ça va être de trouver toutes ces solutions. Alors ça, c'est en plus, ça fait partie de la stratégie, où on suit beaucoup nos clients sur la stratégie en amont. avant même de développer. l'idée du concept, l'idée de la représentation qui sera donnée au projet. Et ça nous permet d'avoir une démarche qui, ça aussi, est très importante pour nous. C'est la partie apporte. On apporte des solutions économiques dans le business.

  • Speaker #0

    Il faut que ça soit inscrit dans une stratégie globale, mais aussi une prévision. chiffrée, financière, et une rentabilité du projet, si c'est un hôtel, évidemment.

  • Speaker #1

    Exactement. Et en fait, dans les solutions qui vont être apportées sur ce cahier des charges, on va essayer d'apporter, fusionner, comme je l'ai dit tout à l'heure, et ajouter parfois, tout simplement, des choses auxquelles ils n'ont pas pensé ou des choses qui, par la force des discussions qu'on a, apparaissent. On aime beaucoup ne pas simplement prendre un brief tel qu'il est. mais essayer de le challenger et puis y apporter... L'idée révoluée. Oui. Ça c'est... On en parlera plutôt long, je pense, parce que tu parlais de transversalité. Ce qui est intéressant dans cette démarche de transversalité, ce sont les ponts qu'on est capable de faire. Et quelquefois, en fait, on est sur un sujet qui n'a rien à voir et on va être capable d'aller tirer une idée, tirer une solution et la ramener en fait dans une problématique en fait qui...

  • Speaker #0

    qui est exprimé de manière peut-être un peu simple au départ, mais en fait, vous tirez un fil et vous allez créer une cohérence globale. Mais on va rentrer dans le détail un peu plus tard avec des exemples très concrets. Sur ton métier, on a pas encore cité le nom de ton agence, mais tu as plein d'activités. Mais ton activité principale, c'est celle de Cocoréco Paris. Donc, tu es cofondateur. Donc tu as la forme entrepreneur, designer, architecte d'intérieur, directeur de création et directeur artistique dans Coco-Réco Paris. Et aussi tu as une activité de designer produit, donc de mobilier, notamment peut-être de luminaire aussi, je ne sais pas, pour des éditeurs, comme ça a été le cas longtemps pour Cider.

  • Speaker #1

    LA Chance, Haymann Editions

  • Speaker #0

    Haymann qu'on a reçue ici, David.

  • Speaker #1

    Exactement, et puis d'autres projets qui sont en cours de développement, qui devraient sortir au courant de l'année prochaine pour d'autres éditeurs.

  • Speaker #0

    Ok, génial, on va explorer tout ça. Est-ce qu'il y a un objet ou un espace qu'au contraire tu détestais quand tu étais enfant ?

  • Speaker #1

    C'était le placard qui était proche de mon lit parce que j'avais peur.

  • Speaker #0

    Des monstres qui étaient cachés dedans ?

  • Speaker #1

    Après, de manière générale, chaque espace m'intriguait parce que je pouvais y trouver. Au-delà même de leur fonction, il y avait des choses à voir. Et ça, c'est ce que je faisais avec mon frère. On se faufilait partout pour découvrir chaque trésor qui se cachait dans chaque pièce des maisons dans lesquelles on pouvait aller. Alors ça pouvait paraître être un peu bizarre parce qu'on se demandait pourquoi on se retrouvait là. Mais c'est vrai qu'on avait cette curiosité d'y trouver tout un tas de choses et de comprendre surtout. quelle était l'histoire en fait qu'il y avait en amont. Et ça, ça nous faisait bien marrer.

  • Speaker #0

    Alors ça m'a mis une question que j'avais pas prévu mais moi, souvent en tant qu'enfant effectivement on va fouiner dans les greniers, dans les maisons, où on a l'impression que rien n'a bougé depuis des... parfois même quand ça a bougé d'ailleurs ça peut être intéressant c'est quoi ton rapport au désordre et souvent les archis d'intérieur sont sont parfois un peu un peu paradoxaux parce que parce que ils vivent dans des endroits qui sont parfois très différents de ceux qu'ils fabriquent pour les autres.

  • Speaker #1

    Tout à fait, ma réponse va aller dans ton sens, dans le sens de ce que tu dis, puisque chez moi c'est rangé, j'ai tendance à demander à mon épouse, mon enfant, à ce que les choses soient rangées, bien que le désordre ne me déplaise pas, puisque c'est souvent le moment où on va avoir un acte de création, ou en tout cas aussi de libération. donc ça je laisse par exemple la salle de jeu dérangée tant qu'il ya en fait un projet qui est en cours. Quand le projet est terminé, j'aime bien que ce soit rangé. Et puis de manière générale, j'aime bien quand les choses sont assez bien ordonnées. Par contre, le désordre que je trouve chez les autres me plaît particulièrement. J'adore aller dans des endroits où pour le coup, il n'y a pas cette nécessité d'ordre. Parce que ça me détend et ça m'offre en fait une... Je ne vais pas dire des vacances, mais une respiration. C'est le moment pour moi justement d'assouvir cette envie en fait de... de plonger dans tout ce bordel, si je puis utiliser le terme, où je vais aller toucher, prendre, raconter, raconter vraiment les... Enfin, me raconter en fait une histoire sur tout ce que je trouve.

  • Speaker #0

    Oui, c'est vrai que ça raconte souvent quelqu'un de la personne qui habite le désordre. Et moi, j'adore cette notion de désordre, parce que pour certains, ça veut dire le chaos. Pour d'autres, ça va être non, non, tout est super structuré. même si ça vous paraît désordonné ça l'est au contraire beaucoup mais bon c'est assez marrant.

  • Speaker #1

    Oui, on est tous pris par l'un ou l'autre en fait, il n'y a pas vraiment de juste milieu. Le désordre à cette richesse en fait de laisser voir tout quand on va chez moi, tout est bien rangé donc finalement je cache beaucoup de choses d'une certaine façon puisqu'elles vont être rangées. Dans le désordre il y a tout qui est mis sur, c'est comme une feuille blanche sur laquelle on s'amuserait à dessiner avec toutes les couleurs et tout. là où j'aurais tendance à prendre le feutre qui va bien, la bonne couleur et laisser le reste dans sa pochette

  • Speaker #0

    Alors tu viens de Nancy tu me le disais juste avant qu'on démarre Nancy qui est une ville qui t'a peut-être d'ailleurs pour un de ses illustres je ne sais pas si on peut dire designer parce que lui ne se définissait pas comme designer mais Jean Prouvé créateur, ingénieur comment t'est venue raconte-nous un peu dans quel univers t'as grandi quelle étude tu as fait et comment tu es arrivé à faire ton métier ?

  • Speaker #1

    Un peu par la force des choses, je me suis fait accompagner par une maman qui avait une bienveillance à tout égard, enfin à toute épreuve pardon. Puis tout petit en fait, j'ai cette vocation à aller chercher partout, être curieux, aller me faufiler comme je disais dans toute pièce pour trouver une chose qui allait me surprendre. ou me raconter une histoire. J'avais aussi une appétence, on va dire, pour le dessin. J'adorais dessiner. J'adorais projeter des choses de la façon la plus simple possible. Ma mère me disait souvent, l'avantage avec toi, c'est que tu vas toujours à l'essentiel. Et en fait, les études ont été chaotiques et elles me cherchaient absolument une porte de sortie ou une raison d'être, peut-être. et le match Il m'a dit un jour, écoute, j'ai trouvé une école, c'était une mise à niveau d'art appliqué, mais avec une option qui était celle du design. Il m'a dit, est-ce que ça t'intéresse ? Je te mettrai bien dedans. Enfin, je t'inscrirai bien là-bas. Donc, je me suis laissé porter parce que moi, de toute façon, j'avais tellement de mal à l'école que...

  • Speaker #0

    C'est-à-dire que tu ne savais pas du tout, tu savais que tu étais plutôt un créatif ? Oui,

  • Speaker #1

    créatif, mais il y avait aussi cette notion, j'aime bien le côté ingénieux des choses. On trouvait la montre. J'aime beaucoup savoir pourquoi les choses sont faites et comment elles fonctionnent. Ça m'intéresse. À partir de là, j'ai ouvert la porte. C'est vrai que ça réunissait pas mal de choses qui m'intéressaient, qui me donnaient envie tout du moins. Et donc j'y suis allé. C'était à Strasbourg, c'était l'ISA à Strasbourg, mis à niveau. Et à partir de là, j'ai découvert un monde qui me semblait vraiment... bien pour mon futur, c'est-à-dire que je me voyais enfin avoir une possible carrière dans ce domaine. Alors ce n'était pas en plus fermé, c'est-à-dire qu'on faisait mise à niveau d'art appliqué, il y avait du dessin, du graphisme, il y avait cette option d'isole. il y avait aussi un peu d'archi intérieur. Mes parents pour le coup me disaient tu seras architecte parce qu'ils me disaient qu'il y avait un côté artiste alors que je n'aimais pas du tout. Mais voilà, donc ça réunissait tout et puis j'ai trouvé après une école. pendant la mise à niveau à Paris, l'école bleue.

  • Speaker #0

    L'école bleue, oui, dans le 14e, je crois.

  • Speaker #1

    Alors maintenant qu'il s'est déplacé, exactement, qui était dans le 11e, et qui avait cette particularité de fournir triple diplôme, architecte d'intérieur, designer et également graphiste. Et ça, c'était parfait parce que moi, j'y voyais...

  • Speaker #0

    La combinaison.

  • Speaker #1

    La combinaison de plein de choses. Et surtout, ce n'était pas le... On pourra en parler, mais c'est vrai qu'on a très... facile. dernières années, on a pu voir même un saucissonnage. C'est-à-dire que les métiers, il fallait créer des casques. Et ça, c'était dommage. Alors que quand on regarde les architectes d'avant, ils allaient de la petite cuillère jusqu'à faire de l'urbanisme. Il n'y avait vraiment pas de frontières. Au contraire, c'était un processus intellectuel qui était mis en avant. Et ça, je trouvais ça génial. Parce qu'en fait, mon esprit, quand il part, il n'a pas envie d'avoir de loisirs. Oui, bien sûr. bien me spécialiser quand je suis concentré sur quelque chose, ça nécessite à ce que mon cerveau soit concentré, focus sur une activité, mais une fois que je m'en extrais, j'ai envie d'ouvrir en fait les portes et me balader partout. Et c'est là où justement après ce que je disais c'est faire les ponts. Ce que j'ai appris dans ce domaine là, est-ce que je peux m'en servir comme d'autres et ainsi de suite. Et tisser une toile en fait.

  • Speaker #0

    Oui je vois très bien.

  • Speaker #1

    On balade un peu comme comme toutes ces pièces. pièces que je vais visiter petit.

  • Speaker #0

    Oui c'est ça tu vas et tu vas relier les... Et alors justement alors on va prendre un exemple on y reviendra après sur d'autres exemples sur vraiment des cas d'usages différents que vous enfin des solutions que vous trouvez chez Cocorico ça va être vous allez couvrir quoi donc l'archi d'intérieur c'est assez clair le design produit c'est ce qui va venir dans la boîte donc le mobilier etc mais c'est quoi les autres domaines dans lesquels vous vous êtes allez pouvoir intervenir. On entend parler de plateforme de marque. Il y a plein de gens qui ne savent pas ce que c'est qu'une plateforme de marque. C'est un sujet sur lequel vous intervenez aussi, par exemple ?

  • Speaker #1

    On intervient, c'est-à-dire est-ce qu'on se pose la question à date, au moment où le sujet nous est donné, est-ce que la marque nécessite d'avoir un petit vis-à-jour dans son approche identitaire ou même dans la philosophie qu'elle a, ce qu'elle cherche. à transmettre en termes de vision et également après ça se dessine sur justement la partie identité graphique. Est-ce qu'on va parajeunir un peu les choses une fois qu'on a revu en fait la philosophie ? Est-ce que voilà il y a plein de possibilités.

  • Speaker #0

    Donc ça pourrait aller jusqu'à donc revoir un logo, une charte graphique globale, une identité globale d'une marque d'un point de vue élément graphique enfin c'est ça exactement Ok. Est-ce que ça peut aller jusqu'à l'identité olfactive dans un hôtel ?

  • Speaker #1

    Oui. Alors justement, l'école Bleu nous a appris à faire du concept. L'idée, c'était de se concentrer sur la partie, l'intellectualisation des propos qui amènent au dessin. C'est le dessin du dessin. Le dessin E-I-N à la fin et le dessin I-N. c'est vraiment on prend le temps de savoir pourquoi pourquoi on fait les choses et pourquoi on va les rendre ensuite esthétiques, narratives, à travers le dessin. Et donc, l'archi-intérieur, le design, le graphisme, on se rendait vite compte que c'était déjà fermé par rapport à tout ce qu'on vit comme expérience, en fait, dans un lieu. Quand je vais dans un hôtel, il y a l'univers sonore aussi, qui est très important. Il y a l'univers culinaire. Si je vais dans un restaurant, quelle odeur je vais avoir ? Quels sont les plats que je vais pouvoir trouver sur ma carte ? On peut aller jusqu'à l'univers sur la vidéo. Est-ce qu'on a une expérience immersive à travers le numérique, la vidéo ?

  • Speaker #0

    Les expériences qu'une marque ou qu'un lieu peut proposer, avec tous les points de contact, ça peut être même digital, j'imagine. digital, donc le site d'un hôtel, la bande sonore, l'identité olfactive, le lieu lui-même, la carte du restaurant.

  • Speaker #1

    Ah oui,

  • Speaker #0

    vous pouvez travailler même sur la...

  • Speaker #1

    Ah oui, on travaille vraiment sur tout en fait. En fait aucune limite sur la manière dont on va représenter, matérialiser en fait le concept. Pour expliquer plus précisément, on part, alors déjà mon associé qui est Gauthier Pouillard. Oui,

  • Speaker #0

    Gauthier Pouillard.

  • Speaker #1

    Donc, fondateur avec moi, on s'est rencontrés à l'école. À l'école Bleu ? À l'école Bleu, exactement. Et on a la demande. La demande, donc, définit un cahier des charges. souvent liés au secteur et ensuite à tout un tas d'éléments qui vont finalement, je vais dire, pas nous servir à ce moment. Puisque l'idée, c'est de générer, d'écouter notre client, de comprendre ce que lui cherche. Souvent, bien évidemment, à travers le secteur dans lequel il est, il y a une performance économique qu'il va chercher. Donc nous, on va l'accompagner dedans et on va lui transmettre des solutions. lié à l'utilisateur. Ça, c'est ce qu'on appelle, en fait, notre boucle. C'est le B2B2C. C'est ce qu'on fait. Et à partir de là, on va aller s'inspirer, en fait, de ce que notre client, de son ADN, s'inspirer de ce que le client du client, en fait, attend. On fait notre mixture, c'est-à-dire à travers aussi nos petits cerveaux, nos sensibilités, des choses là. On crée ce qu'on va appeler le concept, qui va même... pouvoir s'inspirer aussi on pourrait ajouter une autre donnée c'est la localité l'histoire tout le contexte en fait qui va y avoir et ensuite on se lance dans ok on matérialise tout ça donc le cahier des charges on fait en sorte qu'il soit respecté par rapport aux différents secteurs donc l'archi, le design, l'identité avec l'identité visuelle, l'identité fonctionnelle mais aussi tout l'univers qui se trouve en fait au sein du lieu donc des tableaux l'eau. Nous, on se charge de ça. Et on ajoute tout autre élément. Effectivement, tu l'as dit, l'olfactif, le sonore, plein de choses. J'ai des exemples où on a créé... C'est tellement important, il faudrait qu'on prenne un exemple. On va rentrer dans les exemples. C'est vrai que ça paraît un peu...

  • Speaker #0

    Un peu abstrait.

  • Speaker #1

    Dans le sens où tu te dis, ils font tout.

  • Speaker #0

    parce que l'une des questions ça va être de et qu'on peut se poser, c'est de savoir comment ils peuvent être bons sur toutes ces domaines-là.

  • Speaker #1

    C'est une très bonne question. C'est super parce que tu la poses. On est experts nous, chez Cocorico Paris, on est experts dans le service, parce qu'on est une métier de service, et on est experts dans l'architecture intérieure, le design, le graphisme. Ça, c'est nos domaines de compétence.

  • Speaker #0

    Vous vous maîtrisez en interne.

  • Speaker #1

    On est diplômés, on a eu ce qu'il fallait. Et après, la seule chose qu'on a en plus dans l'expertise, c'est la la projection, la capacité en fait à écrire et à se projeter sur une histoire. Une histoire que l'on a définie par rapport à notre client, le client du client et le contexte. Donc ça c'est notre domaine. Et ensuite, et c'est d'ailleurs comme ça qu'est formée et composée en fait la société, il y a Gauthier et moi, on a en interne des gens qui sont des chefs de projet. Et ensuite... Ensuite, on a un éventail d'experts qui viennent et dont on fait appel. C'est un avantage pour notre client. C'est que, comme je disais tout à l'heure, je parlais de saucissonnage. Il y a eu un phénomène aussi qui s'est vu. quand on a commencé la boîte, c'est qu'on faisait appel à un archi-intérieur, on faisait appel à des graphistes, on faisait appel à des designers ou à des boîtes qui... Qui maîtrisaient tout ça. ... qui maîtrisaient tout ça. Et en fait, on avait plein d'interlocuteurs qui, chacun avait aussi ses sensibilités, ses envies, et donc ça crée un peu une cacophonie, très difficile, en fait, de réussir à contenter tout le monde et à créer une symphonie, en fait, qui...

  • Speaker #0

    Oui, qui est harmonieuse.

  • Speaker #1

    et harmonieuse. Donc là, à partir de ça, on s'est dit, on a des gens autour de nous qui ont des compétences dingues. En plus, ce sont des gens qu'on connaît et qui on s'entend bien. Et donc, si je maîtrise mon histoire, mon concept, que je maîtrise mes trois domaines qu'on a évoqués avant.

  • Speaker #0

    Donc graphisme, archi d'intérieur,

  • Speaker #1

    design.

  • Speaker #0

    Et le cœur du concept, il repose là-dessus.

  • Speaker #1

    et ensuite vous allez en fait il repose dessus mais Il repose sur plein de choses. Parce que d'un coup, je vais me dire, bah tiens... Là on est dans un projet, un projet améroménile, on a un projet de club, notamment, c'est Wellio, c'est une société qui fait du pro-working, et donc ils ont une communauté de pro-working. c'est quoi le coworker ? c'est comme du coworking mais de façon plus professionnelle donc ça va être des sociétés enfin il y a probablement un côté un peu plus haut de gamme que le coworking donc c'est une approche ok

  • Speaker #0

    C'est les clients, le si de ce Velio. C'est des sociétés qui louent des espaces ponctuellement pour leurs collaborateurs, pour y travailler, mais aussi pour faire des séminaires, j'imagine.

  • Speaker #1

    Voilà, ça peut être ça. Et une société qui va installer ses bureaux chez Velio. On a eu la particularité sur un projet où on était sur un site qui devait accueillir plusieurs types de... type d'entreprise et finalement il y en a un qui est venu, il a dit moi ce votre concept j'adore, votre bâtiment je prends tout ça ça a été assez génial pour nous parce que pour notre client bien évidemment puisque là on revient sur la performance, nous on a essayé d'apporter une performance économique, lui il était ravi puisqu'il avait réussi en un coup à tout faire et nous évidemment on était content puisque l'histoire qu'on essayait de transmettre pour le client était finalement adoptée à l'unanimité Merci. Donc c'était parfait, en fait on arrivait à faire notre petite boucle et c'était très bien.

  • Speaker #0

    Alors raconte-nous un peu justement ce cas-là, Velio, quel était le brief et qu'est-ce que vous avez proposé et développé comme histoire ?

  • Speaker #1

    Alors, parce que surtout là je reviens juste sur ce qu'on disait par rapport au sonore, donc on a le Velio comme ça, et en fait en parlant avec mon client je lui avais dit mais il faut absolument qu'on fasse des radios une radio les on a appelé et en fait c'est comme ça qu'on s'est retrouvé à faire une radio ouélionde chaque site en fait qui a sa propre personnalité en fait avait ses propres petites interludes ses propres sons et en fait on crée avec spotify en utilisant spotify notamment fait on crée une synergie entre les différents wélio ok on les fédère à travers la musique on peut écouter la musique de Marseille à Paris ainsi de suite et d'ailleurs ça se répond assez bien on envoie des petits des petits pics et un côté un peu décalé ok pour vraiment être dans l'aspect communautaire ou elio gobelin alors attends je reviens là dessus mais c'est intéressant typiquement sur ce dossier sur un cas comme ça donc le besoin il n'était pas forcément exprimé par le client oui

  • Speaker #0

    dire tout à fait voilà donc là typiquement votre valeur ajoutée ça va être de dire dans notre concept global on pense que ça ça a sa place il faudrait le faire donc voilà comment et là vous allez chercher donc le je sais pas le programmateur le dix traiteurs de chute

  • Speaker #1

    l'ingénieur son, on connaît déjà un ingénieur son, donc on se dit, super, on va faire appel à lui. J'ai aussi dans mes contacts, en fait, quelqu'un qui travaille dans la publicité, qui a une verve assez intéressante, avec qui j'aime bien discuter, parce qu'on se marre, il a un très bon répondant. Donc je me dis, on va réussir à créer, vous savez, les petites interludes qu'il y avait sur Nova. On se souvient tous, mais quelle heure est-il ? Merci. ça nous rentrait dans la tête une voix très particulière et en plus on finit par en parler tu te souviens quelle heure est-il et puis on se refait et ça devient un petit gimmick on est entre amis ou choses dans le genre

  • Speaker #0

    J'ai dit à mon client, on va se faire un truc dans le genre, puisque comme vous avez Wellio, et qu'il faut savoir qu'une personne qui loue chez Wellio Paris peut aller à Marseille et aura accès à des bureaux. Donc il y a quand même aussi ce côté communautaire, poil d'araignée. Le réseau, le côté étoile d'araignée, tu verras, c'est quelque chose qu'on met pas mal en avant. et donc On a fait appel à ces deux experts, on a travaillé sur la rédaction de toutes nos petites interludes, on a fait l'enregistrement de tout ça, on a fait appel à des gens qui avaient des voix mieux que les nôtres, pour pouvoir écrire sur des gens qui étaient mieux nés, quelqu'un qui écrit, donc j'écris avec lui, on se renvoie la balle, on les peaufine, ensuite notre ingénieur son va travailler aussi pour... que ces petites interludes soient dynamiques, des petites mélodies qui les accompagnent. Et bien sûr le « Bienvenue sur les Wellyondes » , enfin il y a le « Bonjour » , un peu comme à l'époque il y avait un film, c'était un peu mon inspiration au moment où on avait fait ça, c'était « Bonjour Vietnam » . Ah oui oui oui, « Good morning Vietnam » . L'idée c'était de faire quelque chose le matin. Le matin, quand les gens arrivent sur le site, il y a Good Morning New York.

  • Speaker #1

    Donc c'est dans le lieu et c'est en plus une playlist Spotify que tu peux écouter.

  • Speaker #0

    Oui, exactement. On a fait toute une sélection liée. Il y avait des sites où c'était une inspiration new-yorkaise. Le nôtre, c'était plutôt ça tournait autour. En fait, la synergie et surtout le point pixel, qui avait un côté numérique et aussi un peu traditionnel, enfin historique. On choisissait aussi des musiques à travers ça. On décidait que le matin en entrée, ça allait être très dynamique, qu'après, sur les périodes de travail, on redescendait pour que ce soit focus. Et ensuite, on remonte le midi. L'après-midi, on revient, mais on garde un peu plus de dynamique parce que souvent, on pique un peu du nez. Et le soir, c'était bon, le vendredi c'était l'apéro. Il y avait toutes ces petites interludes pour le vendredi après-midi, notamment à Marseille. Oui,

  • Speaker #1

    on sait bien, ils vont tous à la plage pour l'après-midi. Exactement.

  • Speaker #0

    Mais c'est vrai que c'était rare, donc on a mis tout ça. Et puis ça a permis de faire une offre qui était concrète, qui était le plus professionnel possible. Et on a mis ça en place et le client a pu diffuser ça sur tous ses sites. Et comme je disais tout à l'heure, tout le monde peut écouter les vidéos.

  • Speaker #1

    Et ça d'ailleurs, d'un point de vue business pour toi, pour l'agence, c'est un truc sur lequel vous revenez régulièrement pour la remettre à jour, pour la changer un petit peu tous les six mois ou je ne sais pas. Oui,

  • Speaker #0

    c'est ce qu'on propose en fait. Et puis après, c'est le client qui lui décide si une boîte fonctionne. En fait, il... poussera d'autant l'artiste à jour ou des choses comme ça, mais on propose toujours. En fait, ça c'est juste ce que tu dis, parce que nous ce qu'on aime dire c'est, on va vous travailler tout votre concept et on va faire en fait quelque chose qui va être le plus cohérent possible de A à Z. Sous plusieurs niveaux de stratification, enfin quand je dis niveau de stratification, c'est niveau de lecture, on essaie d'être le plus concret possible. Et par exemple, quand tu arrives notamment dans l'hôtellerie, toute la période de Noël ou de Pâques, où on voit arriver des sapins de Noël qui n'ont rien à voir, enfin une décoration qui pique un peu, nous ce qu'on dit c'est faites-nous appel, faites appel à nous, on poursuit en fait notre prestation de façon ponctuelle, mais on va vous faire en fait vivre Noël à la sauce de notre complète.

  • Speaker #1

    Pour rester cohérent dans tous les moments d'actu de l'année, que les marronniers soient traités de manière cohérente avec le concept. Oui, c'est évident. Malheureusement, c'est toujours compliqué, j'imagine, de faire rentrer ça dans la tête d'un client qui ne l'a jamais vécu.

  • Speaker #0

    Oui, effectivement, parce que dans ce que tu dis, il y a plus de ratés dans le sens où le client ne le perçoit pas.

  • Speaker #1

    ne perçoit pas le bénéfice que ça peut avoir quand le client le perçoit on voit bien que ça fonctionne et que ça fonctionne bien c'est vrai que la déco de noël dans un hôtel super léché boutique vachement bien et tout là tu te trouves avec des guirlandes des années 75 c'est compliqué c'est très compliqué et

  • Speaker #0

    en plus on peut pas demander à un staff d'un hôtel ou peu importe le secteur en fait d'avoir la connaissance du concept le goût aussi de ça et qu'ils le suivent.

  • Speaker #1

    On va revenir un petit peu en arrière sur votre manière de travailler. J'ai lu que tu disais qu'il faut, ça paraît un peu évident, mais j'aimerais bien que tu me l'expliques concrètement. Penser le fond avant la forme, donc penser le concept, c'est ce que tu viens de décrire. Mais qu'est-ce que ça veut dire concrètement dans ton processus de création, dans votre manière de travailler ? Dans quel espace-temps ça s'inscrit entre le client qui vient vous voir en disant... Voilà, je viens de racheter un hôtel de 30 chambres qui était un trois étoiles en région, un peu poussiéreux. Et je veux en faire un truc qui va attirer une génération de trentenaires qui vient en vacances à La Rochelle. C'est quoi en gros les grosses étapes pour penser le fond avant de travailler sur la forme ?

  • Speaker #0

    Eh bien, ça peut aller très vite comme ça peut prendre beaucoup de temps, de toute façon, comme tout type de réflexion. Mais ce qui est sûr, c'est que ça aboutit en fait à un document qui est la genèse. En fait, il n'y a pas de plan, il n'y a rien. On ne parle pas du projet en tant que tel. On ne parle que de l'histoire qui va accompagner tout le projet. On part du principe que si en plus le client qui nous mandate se prend au jeu, en fait, il va apporter énormément de choses aussi à notre récit. Nous ce qu'on dit c'est que nos histoires enrichissent les vôtres. C'est simplement qu'on va apporter quelque chose pour le client et donc à lui de nous donner des feedbacks à travers ça. Et on crée un château fort. L'objectif c'est de créer un socle le plus stable possible pour ensuite monter le château fort le plus robuste pour que ça soit plus cohérent, légitime. Donc ça part de la réflexion, observer l'environnement, observer la localité, l'histoire, l'aspect culturel qui entoure le projet, au-delà même de sa fonction propre quelquefois. On s'en détache pour vraiment essayer d'insuffler quelque chose qui va permettre, quand un client sera dans le lieu pour lequel on a travaillé, de dire « mais attendez... » Là, la petite chose qui a été faite à cet endroit-là, c'est vrai, ça tient debout. Oui, oui, monsieur, vous ne saviez pas. Et puis on va pouvoir raconter tout ça. D'accord.

  • Speaker #1

    Et le récit, j'aime bien ce récit.

  • Speaker #0

    Oui, c'est vraiment du récit. Je te disais tout à l'heure qu'il y a une question de stratification. Dans notre récit, il y aura les choses que tu verras qui seront frontales. Là, on appelle un chat un chat, il n'y a pas de problème.

  • Speaker #1

    Donc c'est le... le look du lieu, le mobilier, les couleurs, etc.

  • Speaker #0

    Voilà, l'intention première. Et en fait, on rentre ensuite dans un niveau de proposition, on va dire, qui est de plus en plus subtil. Tout le monde ne le verra pas. Il y en a des clients qui vont rentrer, qui vont se dire, « Oui, bon, ok, c'est terminé. » Ça ne les intéresse pas, et pourquoi pas. Par contre, ceux qui sont plus curieux, ceux qui sont prêts un peu à gratter... ou juste à mettre l'œil au bon endroit, en fait, ils vont découvrir des choses plus subtiles, plus profondes, qui vont être de l'ordre... Enfin, on va aller plus loin dans l'histoire.

  • Speaker #1

    C'est marrant, ça me fait penser à... Je ne sais pas si tu as écouté cet épisode, j'ai reçu il n'y a pas très longtemps Patrick Elouargui, qui est un hôtelier, qui a travaillé sur plein de lieux toute sa vie. Il a commencé par un lieu que tu connais peut-être de nom, il n'existe plus aujourd'hui, mais qui s'appelait le E-Hotel. à Nice et il a travaillé sur tous ses projets avec Mattel et Crasset et avec vraiment cette notion de design global mais sans, je ne vais pas dire que c'était comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, mais presque, c'est-à-dire qu'ils ont réellement réfléchi à leur concept, mais de manière globale, jusqu'à l'expérience effectivement digitale, mais on est dans les années 90. Ensuite, ils ont fait ça en Tunisie, ils ont fait ça à Paris. Ils ont ouvert un... Ça me fait vraiment penser... Écoutez cet épisode si vous ne l'avez pas encore écouté. C'est une illustration très juste de ce que peut être le design global. Je voudrais faire une parenthèse. On revenait en arrière. On était à l'école Bleu. Tu rencontres ton futur associé. Là on est en quelle année ? Fin des années 2000 ?

  • Speaker #0

    2010.

  • Speaker #1

    Ouais, 2010. 2010, vous décidez de créer une boîte, vous saviez ce que vous vouliez faire, c'était clair pour vous ?

  • Speaker #0

    Ouais, alors l'histoire elle est... parce qu'on est deux aujourd'hui, on a été quatre au départ. En fait, quand on était à l'école avec Gauthier, on se connaissait pas forcément, on se croisait. on n'était pas forcément amis Simplement, on se croisait. Mais j'avais deux bons amis, pour le coup, qui étaient dans sa promo. Et avec eux, j'avais un an de plus. J'étais dans la promo au-dessus d'eux. C'est pour ça qu'on n'était pas ensemble. Et j'ai eu mon diplôme. Je suis parti faire quelques expériences, notamment à New York. J'ai travaillé même avec mon épouse pendant un an. et quand ils... Ils ont eu leur diplôme, je les ai aidés pour leur diplôme. Quand ils ont eu leur diplôme, on s'est dit, bon allez hop, c'est parti, on y va. C'est vrai que moi je viens d'une famille, mon père est entrepreneur.

  • Speaker #1

    Ah oui d'accord,

  • Speaker #0

    j'allais te poser,

  • Speaker #1

    parce que je lançais, c'est...

  • Speaker #0

    Parmi eux, il y avait aussi ça, donc on avait cette fibre. Mon père est entrepreneur, ma maman est très créative, elle bricole beaucoup, il y a un côté très...

  • Speaker #1

    Géotrouvetout, non ?

  • Speaker #0

    Oui, et puis elle fait de la couture, enfin c'est... si Elle fait tellement de choses, c'est incroyable. Mon père, forcément, j'ai irrité un peu des deux. C'est ce que je leur dis. C'est qu'il y a cette envie, cette audace d'aller monter un projet entrepreneurial, des projets entrepreneurial. Et puis, le côté un peu foufou. Et je vous trouve tout, tu disais, pour la partie du domaine de l'activité, de la création.

  • Speaker #1

    Et donc, avec les quatre, vous étiez quatre compères.

  • Speaker #0

    Quatre compères. donc Gauthier arrive après, c'est-à-dire qu'on monte, on se réunit tous les trois, et Gauthier arrive, et c'est un peu comme une évidence, déjà parce que mes deux amis me disent, tu verras, il est bien. Moi je savais déjà qu'il était bien, parce que j'avais l'œil, et même si on ne s'était pas jamais trop parlé, il y avait un ressenti qui était très bon, et une personne qui semble aussi très bienveillante, et assez extraordinaire, donc j'ai dit banco, et puis bon, par la force des choses, les deux qui ne sont plus là aujourd'hui ont dû arrêter.

  • Speaker #1

    Ok.

  • Speaker #0

    Ils ont changé de domaine ou ils sont dans ce domaine dans des boîtes qui peuvent être concurrentes à la nôtre. Et donc avec Gauthier, on s'est...

  • Speaker #1

    En fait, c'est parce que votre duo était tellement évident que...

  • Speaker #0

    C'est devenu quand on s'est retrouvés tous les deux. Ok. En fait, quand on est partis tous les quatre, au départ, c'était... On va tous faire pareil. On est des créateurs, on est des entrepreneurs, on va faire la crétinette, on a tous les mêmes compétences et c'est super. Quand on s'est retrouvé avec Gauthier, on s'est dit bon attends ça fonctionne pas du tout. C'est vrai que toi t'as des appétences dans ces... ces domaines-là, qui sont derrière, et puis moins, moins, et puis pareil dans l'autre sens. Donc on s'est dit, autant se mettre là où chacun sera le mieux, il sera le plus à même à apporter pour la société, et depuis, en fait... Ça n'empêche pas des échanges, au contraire. Parce que ça dépend. Il y a des décisions stratégiques.

  • Speaker #1

    Donc vous répartissez comment ? C'est plutôt la création, lui c'est les opérations, c'est ça ?

  • Speaker #0

    Oui,

  • Speaker #1

    tout à fait. C'est le duo gagnant. On se complète bien et qu'on ne se marche pas dessus.

  • Speaker #0

    On est bien d'accord.

  • Speaker #1

    Et qu'on se fait confiance.

  • Speaker #0

    Ça c'est très important, la confiance aveugle. de toute façon. Et on ajoute à ça, en fait, cette... maniaquerie j'ai envie de dire, où on a envie de bien faire on a envie de bien faire on a envie de de pas se moquer en fait de la personne qui est prête à nous faire confiance en fait on veut rendre la confiance qu'on nous donne donc on se donne corps et âme comme on dit souvent aux clients, vous inquiétez pas, on ne comptera pas nos heures et on n'a jamais fait ça donc ils sont...

  • Speaker #1

    Alors tu me tournes une perche parce que c'était une question que j'avais c'était de comprendre votre modèle économique parce qu'une agence d'art d'intérieur elle a des zones horaires et puis en général peut-être un pourcentage sur les travaux et puis voilà c'est assez clair on sait comment ça marche une agence de design global vous touchez tellement de sujets donc depuis la création du concept jusqu'à l'exécution de ce concept dans

  • Speaker #0

    des domaines très variés comme élaborer une carte de restaurant ou etc comment vous vendez votre temps et votre prestation ça passe par un premier jet qui est la transmission en fait d'un devis sur sur ce que le client nous demande. Donc, on répond à sa demande de façon brutale. Donc, on cadre. Ça, c'est très segment. Enfin, voilà. En gros, c'est la première donnée. Et on lui explique que nous, on va être en capacité de lui apporter, en fait, beaucoup plus, beaucoup plus, beaucoup plus. Donc, on lui dit une première fois. Quelquefois, il ne le perçoit pas. Et puis, très rapidement, quand il reçoit le concept, la fameuse Bible, en fait c'est vraiment le socle qui installe le concept. Tant des perches en lui disant, ben voilà, on a pensé à ça, on pourrait aller là. Et donc là, certaines fois, ça amène tout de suite à une revalorisation, en fait, parce que ça lui plaît. Il nous dit, ah oui, oui, il faut aller vers ça. Ou alors, quelquefois, il attend d'en avoir un peu plus, mais on y viendra. Et parfois, après, pendant le projet, en fait, on agrémente. On a des aménements, mais à chaque fois, on le fait. Même d'ailleurs, quelques fois, la petite doute que tu as, c'est qu'effectivement, on va prendre du temps pour lui mettre en avant un potentiel et qu'il ne sera pas choisi.

  • Speaker #1

    Oui, oui,

  • Speaker #0

    peut-être. Ça arrive quelques fois, mais le plaisir est tellement... Juste de l'avoir matérialisé et d'avoir rendu possible cette éventualité, c'est super satisfaisant. Ça nous fait vivre, ça nourrit, en fait, nous. le processus qu'on a en fait en interne où en fait voilà c'est toujours être un peu en mouvement toujours être avoir une capacité à enrichir mais vous devez être super triste quand les projets sont terminés parce que ça va ça peut aller tellement loin si jamais vraiment terminé en fait sont jamais vraiment terminé si on a la possibilité d'avoir un suivi comme on le disait tout à l'heure dans le service tant mieux parce que ça nous permet de mieux d'agrémenter quelquefois on essaie aussi d'obtenir des chiffres, des statistiques après coup, un an ou deux ans, c'est ce qu'il y a de mieux. Quand on a commencé, on avait énormément de frustration de se rendre compte qu'on donnait un projet qu'on a fait, on le donne, il ne se passe plus rien et on n'a aucune capacité à se remettre en question à part nous, le doute qu'on a.

  • Speaker #1

    Oui, c'est-à-dire sans avoir de retour du marché,

  • Speaker #0

    du client final, etc. Dans notre métier, l'idéal, c'est d'avoir le retour. En fait, qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que ça plaît ? Est-ce que ça ne plaît pas ?

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que ça a changé par rapport à avant ?

  • Speaker #0

    Est-ce que l'expérience qu'on espère tirer de ça, est-ce que ça a fonctionné ? Alors, on a été chercher ensuite des réponses, notamment aussi sur les chiffres, puisqu'on voit très vite si au niveau commercial, ça fonctionne. Et après, d'obtenir ce qui a permis, d'un point de vue économique, le projet. se développe. Et ça, ça nous a aidé parce que ça nous a permis de mettre le doigt sur des choses qui n'étaient peut-être pas aussi cool qu'on le pensait. Et par contre, à contrario, de mettre en avant des choses qui l'ont bien compris, qui l'ont bien pensé, ça ne se verra pas, ça va être très subtil en fait, qui se voit et qui plaît.

  • Speaker #1

    Tu as des exemples à me donner ?

  • Speaker #0

    Oui, alors notamment, qu'est-ce que je pourrais te donner comme exemple ? Si on reste sur Wellio, On a le Wellio, on avait fait, alors c'est un concept qu'on a mis en place, donc c'est dans le cinquième arrondissement de Paris. Et en fait, c'est donc du pro-working, le pro-working. Là, je suis obligé de te refaire un peu l'histoire. Oui, vas-y, vas-y. C'est du pro-working, donc en gros, une entité, donc plusieurs personnes qui travaillent dans une société, enfin une entité qui se regroupe avec d'autres entités qui forment un réseau. Oui. Et en fait, l'idée de ProWorking, telle que nous on se l'était dit, c'était la synergie. On crée de la synergie entre les entreprises parce qu'elles vont pouvoir finalement se rencontrer, se rendre compte qu'elles ont des points communs, même peut-être des nécessités les unes entre elles. Donc, elles peuvent peut-être travailler ensemble, s'aider, enfin, un truc cool. Et en fait, je m'aperçois que dans l'arrondissement du 5, on a l'école des gobelins, l'école du numérique. et la manufacture des gobelins qui si on prend l'univers numérique c'est un pixel si je l'associe à d'autres pixels j'ai une image ok très clair et pareil pour la manufacture des gobelins j'ai un point de tissage

  • Speaker #1

    C'est de la tapisserie, du tissage.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça.

  • Speaker #1

    Initialement.

  • Speaker #0

    Oui, qui sont utilisés notamment dans l'administration française. Oui,

  • Speaker #1

    parce que c'est lié au lycée national.

  • Speaker #0

    Ils ont un savoir-faire qui est incroyable, qui est très ancien, historique pour le coup. Donc, on avait en plus de ça une institution qui était historique et une institution beaucoup plus moderne. Donc on avait aussi cet ambivalent, ce contraste qui était intéressant. Et donc on faisait directement l'analogie d'une entité. Deux pro-workers, une société ou même un individu. Le pixel. Le pixel ou le point de tissage qui ensuite serait... Et donc ça a été développé, ça a été point pixel en fait. On a travaillé sur ça, ça a été le concept, le point de départ. Et après on a tout mis en place au niveau des intérieurs et tout le reste selon ce principe. Mais notamment il y avait... il y a eu des petites idées. On a demandé à l'école des Gobelins de participer s'ils pouvaient. Et également à la manufacture. Mais pour l'école des Gobelins, ça a été de se dire, on va se faire déjà une entrée immersive. C'est un couloir de vidéos où c'est des élèves de l'école qui font le contenu. En plus, c'est intéressant parce qu'ils sont en deuxième ou troisième année et c'est vraiment pour eux une première démarche. L'idée, c'était d'immerger les gens. Dès l'entrée, hop, il rentre. Et parmi ces... Il y avait une deuxième... D'ailleurs, ils avaient trois lieux dans lesquels ils ont travaillé. Mais il y en avait un, c'était le détail qui tue. Et en fait, c'était dans un espace qui pouvait être loué. Donc, généralement, on vient manger. Enfin, une fois de plus, la fusion des espaces. On se rendait compte que, difficile, étant donné les surfaces qu'il y avait, de pouvoir mettre tout le monde à l'heure du déjeuner. Dans un lieu, on en a offert un deuxième. Et ce deuxième, on pouvait le louer et le privatiser. Et on a créé un écran qui lui pouvait devenir fonctionnel puisqu'on pouvait prendre le contrôle et faire une salle de réunion. Mais sinon, ça faisait partie d'une tapisserie de la manufacture qu'on a récupérée. Et on avait caché un écran dans la tapisserie. On l'avait segmenté et il y avait ce qu'on appelait le détail qui tue. Donc en fait, c'est comme si...

  • Speaker #1

    et ça devait créer et bah en fait les gens allaient voir en disant mais attendez c'est incroyable c'est super vous avez fait ce truc là vous l'avez fait de manière très subtile on en tient on rajoute ça mais vous n'avez aucune idée de l'impact que ça pouvait avoir et en fait donc les clients le voyaient en disant mais c'est super et donc ça permettait limite

  • Speaker #0

    le tunnel ils ne le voyaient pas oui alors que c'était bon ok super c'est impressionnant et tout mais c'était plus immersif pour eux que de voir en fait parce que Merci. J'avais demandé à ce que ce soit toutes les 5 ou 10 minutes, en fait il y a une petite chose qui bouge dans l'écran. C'était le buste d'une personne, et en fait on l'a fait, la première version, on l'a fait comme si c'était un droïde. Donc en fait il y avait un petit boulon qui sautait à un moment donné, de la jambe ou quelque chose, ou alors la mécanique s'enrayait, donc il y avait un peu de fumée qui se dégageait d'une partie. Et la deuxième fois, la deuxième mise à jour qu'on a fait, c'était des petits insectes qui se baladent.

  • Speaker #1

    Ok, c'est génial. Donc ça rend le truc vivant et invisible.

  • Speaker #0

    On a appelé ça le détail qui tue pour se dire, c'est comme quand on travaille, il y a une fenêtre qui donne sur la rue et dès qu'il y a quelqu'un qui passe,

  • Speaker #1

    tu lèves les yeux.

  • Speaker #0

    On s'était dit, voyons voir si ça génère du... En fait, ça a pris parce que ça a amené justement à ce que les gens aussi s'approprient l'histoire en même temps de ce concept. et donc il... qui se rendent compte que l'école des gobelins participait, que c'était des élèves, que c'était des élèves de deuxième, troisième année, que Bouelio, la société qui nous embauchait, Covivio pour le coup, en fait, ils donnaient des bourses. Enfin, voilà, il y a une vraie démarche qu'on a mise en place, autant dans l'éducatif que dans l'expérience que ça a apporté aux élèves, que l'expérience que ça a apporté en fait à l'utilisateur, au client qui a en fait aidé l'école à développer. le cursus d'élève, enfin il y avait un truc.

  • Speaker #1

    Oui, un truc très vertueux. Je voudrais parler un peu de tes activités de designer, de mobilier. Je ne sais pas si on peut dire en dehors de Cocorico Paris, mais tu dessines aussi des meubles qu'on te demande de dessiner. Est-ce que ça part d'un projet, puis finalement après tu les édites ? Ou est-ce que c'est une maison d'édition comme Cannes, La Chance ou Cider ? qui vient de voir en disant on a besoin d'un banc plutôt en bois ou je sais pas comment comment ça marche ?

  • Speaker #0

    ça a commencé en fait comme tout designer qui n'est pas connu qui démarre exactement ça a commencé comme ça avec La première c'est Emanédition, là ce qui est marrant c'est qu'on travaillait en fait pour Corian, la société...

  • Speaker #1

    Projet d'Epad, c'est ça ? Exactement,

  • Speaker #0

    ça qui s'est jamais fait je crois. Qui s'est jamais fait, mais en fait... Pour les raisons qu'on connaît, parce que Dorian on a bien vu malheureusement...

  • Speaker #1

    Très mauvaise actu.

  • Speaker #0

    Très mauvaise actu, et nous on a arrêté de travailler justement avant cette mauvaise actu. Enfin je me souviens, c'était tout simplement parce que sujet ô combien important, quand même de fin de vie. Donc respect. déjà à avoir pour ça, éthique. Et on avait développé un projet justement qui devait apporter à Corian des intérieurs où on favorisait la fin de vie. Et l'idée c'était de se dire, on partait du quartier en se disant mais qu'est-ce qui rattache les gens ? Le quartier, la vie de quartier. Donc on créait en fait des petits quartiers avec des petites boutiques avec le coiffeur, tout ça. Pour qu'il y ait une vie sociale. Que ce ne soit pas l'hôpital. Les couloirs et escaliers. de service, ça devenait des parcours de santé. Donc on mettait des éléments. On leur avait fait tout un projet et notamment, j'avais dessiné une chaise qui avait pour vocation à permettre aux gens de se lever plus facilement.

  • Speaker #1

    C'est-à-dire que les accoudoirs, je me souviens de cette chaise, c'est une chaise à l'œil nu, elle est absolument très belle. On ne voit pas ce qu'elle a de différent, mais les accoudoirs sont un peu plus longs. Ils se prolongent. Et on peut se lever avec l'aide de ses bras.

  • Speaker #0

    Et ça donne une dynamique. Alors la chaise n'était pas tout à fait comme celle qu'elle est aujourd'hui chez Eman. Mais parce qu'on pouvait retirer aussi les accoudoirs, le dossier. Faciliter la mise des personnes âgées sur leur chaise roue ou au lit. Il y avait une version qui était en roulette aussi.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Et donc quand on... David, en fait, on s'est rencontré par le biais d'une société de... de design, enfin qui revend du design comme Sylvéra, alors j'ai plus de nom là et il vient me voir un jour en me disant écoute moi j'ai fait un proto de ça j'ai entendu parler de ce projet incroyable, on a une présentation chez Corian dans pas longtemps on emmène ton proto, ok on emmène le proto, et puis on y va, et puis après comme dit ça s'est pas fait parce qu'ils ont préféré faire du marketing avec notre concept que réellement mettre en place les choses ok Et puis avec David, ça s'est poursuivi.

  • Speaker #1

    Donc vous avez finalement édité le produit.

  • Speaker #0

    Édité le produit, on a apporté plusieurs typologies et tout. Et ça, ça a été donc la première façon dont je me suis fait éditer les projets. Et ensuite, ça a été du démarchage. Ah oui d'accord. Tu vois, tu as le produit, tu te dis « Ah tiens, celui-là, j'y crois. Tiens, cette société, je l'aime bien. En plus, je pense que ça colle. » Il faut aussi essayer de faire ça, il faut que ça colle à l'ADN et tout. Et puis ça a fonctionné. Et depuis, il y a eu... En fait, j'ai rencontré d'autres éditeurs qui m'ont dit, ah bah tiens,

  • Speaker #1

    on aime bien ta manière de faire.

  • Speaker #0

    On travaille, donc fais-nous une table.

  • Speaker #1

    Ok. Sider, on peut en parler un petit peu. Tu as pas mal travaillé avec Sider, en étant même jusqu'à la direction artistique, si je ne me trompe pas. Et tu as dessiné, donc ça a commencé comment ? comment tu as démarré cette collaboration avec Sider. Sider donc éditeur fabricant de mobilier français qui fabrique beaucoup pour un usage hôtelier et tertiaire, je ne me trompe pas, et c'est très beau.

  • Speaker #0

    Oui ils font de l'hospitality, beaucoup de bureaux. En fait j'ai rencontré Robert Hakoury lors d'un vernissage pour Emanédition, à la collection. Et Robert on s'est très bien entendu tout de suite en fait On avait un peu les mêmes grosses personnalités, même dynamique. Il m'a dit écoute on se rencontre bientôt, est-ce que ça te tente ? Oui, je lui ai dit oui avec plaisir et je lui ai montré mes projets. Comme c'est un amoureux du design, à priori il ne trouvait pas trop mal ce que j'avais fait. Donc il m'a tout de suite dit tiens je prends ça, je prends ça. Donc tu lui as montré ton book ? J'avais des projets en fait... J'ai toujours dessiné de toute façon comme ça. J'avais des choses qui me semblaient pas trop mal. Je les ai réunies dans un petit dossier en me disant, en ayant regardé bien évidemment avant, ce que CDR faisait. Une fois que je lui ai montré, j'ai vu que ça lui donnait envie. On a développé une relation, tous les deux, qui était très respectueuse. Et surtout, deux personnes qui aiment leur métier. Oui. Il est un gros passionné du travail et aussi du monde du mobilier. Il a travaillé aussi dans la mode. Et en fait ça va avec la création, il adore ça en fait. Je crois que c'est vraiment quelque chose qui...

  • Speaker #1

    Mais d'ailleurs ils ont développé une autre marque, la Manufacture si je ne me trompe pas.

  • Speaker #0

    Oui la Manufacture,

  • Speaker #1

    tout à fait. Où ça va beaucoup plus loin que le mobilier, ils vont jusqu'à de l'objet.

  • Speaker #0

    De la mode. De la mode, oui. C'était pour lui le moyen de boucler la boucle, en fait, sur ses passions. Réunir tout en un seul et même lieu, et une seule et même marque. Donc ça, c'est ce qui était très cool. Enfin, j'ai pu l'accompagner. Alors, je n'ai pas participé à la manufacture, mais en tout cas, j'étais à ses côtés quand il a fait ça. Et c'est vrai que pour lui, c'était juste génial. Et en fait, dans notre relation, ça nous a amené à un moment donné où il me dit « Oh, mais attends, est-ce que ça ne te tenterait pas d'être directeur artistique de CIDER ? » Moi, je ne connaissais pas. Je me suis dit « Il faut connaître » . Donc, je suis allé et puis c'était très rigolo. Donc,

  • Speaker #1

    tu as fait ça en plus de Cocorico, en indépendant.

  • Speaker #0

    Cocorico, oui. Alors, il fallait justement pouvoir le faire en dehors.

  • Speaker #1

    Comment tu serais artisté justement ?

  • Speaker #0

    Ça a été des années où énormément de travail le week-end, le soir.

  • Speaker #1

    Direction artistique de Cydor, c'est toi la caution artistique de tout ce qui sort ?

  • Speaker #0

    Moi je n'étais pas sur le mobilier. On s'était mis d'accord là-dessus. Robert aime bien cette partie-là et je n'avais pas envie de m'imposer ou quoi que ce soit. Ce qu'il aimait c'était la manière dont je réfléchis. et il voulait revoir un peu la philosophie et l'approche de Sider aussi vis-à-vis de ses clients. Ça a été une refonte de l'identité graphique, de la philosophie, de la diffusion de la boîte. Donc,

  • Speaker #1

    tu as fait une mission de design global pour Sider, quasiment, de réflexion à décor.

  • Speaker #0

    Oui. C'était très sympa. J'ai rencontré des gens, pour le coup, très intéressants que je ne connaissais pas, des domaines que je ne connaissais pas vraiment. Et ça m'a beaucoup apporté, justement, aussi pour Cocorico. Ils ont déménagé.

  • Speaker #1

    Ils avaient un forum super vers la Madeleine. Square Edouard 7

  • Speaker #0

    Edouard 7,

  • Speaker #1

    tout à fait et effectivement je dois aller voir le showroom je crois qu'ils se sont déplacés vers la défense si je ne me trompe pas il n'y a pas très longtemps mais ça me donne envie d'appeler Robert à courir et de le recevoir ici on rentrera dans ce détail là génial très bien, on va poursuivre sur d'autres projets, j'aimerais bien que tu me racontes parce que j'ai vu que vous aviez travaillé par exemple pour... pour AXA, si je ne me trompe pas, AXA IM, c'est possible, je me trompe ? Non, j'ai mal, non, alors attends, je me gourre. Alors, un hôtel, tiens, prends-moi, je ne sais pas si vous avez travaillé en hôtellerie ou des cas très différents, je voudrais que tu nous donnes 2, 3, 4 usages, pas forcément des énormes projets, mais des trucs où vous intervenez, voilà, typiques, cette année en 2025 ou fin 2024, quels sont les projets dont tu peux me parler ?

  • Speaker #0

    Alors il y a un appart beauté. appartements en fait de médecine, médecine esthétique. Donc on accompagne en fait la marque, on lui refait une mise à jour justement de toute son identité, la philosophie. Ça s'appelle Appart'Beauté. Pour le coup ce sont des appartements parisiens et l'idée c'est vraiment de rentrer dans le pourquoi appartement parisien. Enfin il y a un univers qui est tellement fort d'un point de vue culturel, d'un point de vue...

  • Speaker #1

    Le concept de ton client c'est quoi ? C'est des les appartements dans lesquels il reçoit...

  • Speaker #0

    Il fait de la médecine esthétique. Et ils ont pris le parti d'être dans des appartements. Donc là, on pousse le sujet le plus loin possible. Où on en sera à la fin, je ne sais pas. Mais en tout cas, le potentiel est assez énorme. Et le sujet est très intéressant. C'est le Paris chic, élégant. On est dans l'esthétique. mais mais ce n'est pas dans le matuvu. L'idée, c'est justement de positionner la marque sur quelque chose qui veut être dans la pudeur. On ne cherche pas à montrer la beauté.

  • Speaker #1

    Oui, on est vraiment dans l'intime.

  • Speaker #0

    Oui, dans l'intimité, exactement. Donc ça, c'est très sympa. On le débute. Hotellerie, on va débuter un projet, mais là, c'est sur une marque dite de chaîne. Donc, ça veut dire qu'il y a déjà plus ou moins un concept de fait, mais là, on nous demande d'apporter de l'originalité donc ce concept. Ça va être aussi assez intéressant. Par contre, il y a...

  • Speaker #1

    Tu peux citer l'enseigne ou pas ?

  • Speaker #0

    Du groupe Accor. Là, je ne vais pas rentrer dans le nom, mais du groupe Accor. En gros, ils ont un concept qui est lié à la démarche, on va dire, environnementale. Un peu de DIY, le fait de ne pas utiliser, de ne pas toujours reproduire, produire, produire, en fait, pour faire les choses. On peut récupérer, de la récupération. C'est intéressant ça. Oui, c'est très sympa.

  • Speaker #1

    J'avais été sollicité par... Le groupe Accor, il y a 2-3 ans, en sortie de Covid, enfin on était même peut-être encore dans le Covid, où ils viennent nous voir, moi dans le cadre de mes activités Yours, où on essaye de proposer des démarches circulaires. d'utilisation du mobilier en disant finalement un hôtelier tous les sept ans il rénover son lieu c'est quand même dommage de jeter alors que c'est plein de choses qui peuvent être encore utilisés et nous il nous disait ce moment là un on en est On a un énorme problème, c'est que pendant le Covid, évidemment, tous les hôtels étaient vides. Alors qu'il y avait des gens qui cherchaient des espaces pour travailler sans se réunir. Donc, on aurait pu changer la destination des chambres et les rendre, les transformer en bureaux de passage, par exemple, dans les régions. Il y avait ça. Et puis, il y avait une... Alors, peut-être que tu vas me dire si c'est un peu la réflexion que vous menez avec cette enseigne. C'était tout ce qui est agencement et accroché au mur qui, par nature, est à usage unique. c'est-à-dire que quand on rénove le... l'hôtel, on est obligé d'arracher les têtes de lit, etc. Et donc, ils voulaient des choses beaucoup plus versatiles, mobiles,

  • Speaker #0

    et... Oui, oui.

  • Speaker #1

    Les récupérer, les bouger, les changer d'une chambre à l'autre, etc.

  • Speaker #0

    Exactement. C'est un peu comme si... On allait récupérer des têtes de lit chez quelqu'un d'autre, on les remet au goujou et on les met dans cet hôtel. Donc l'idée, c'est de pouvoir avoir une démarche la plus décarbonée possible.

  • Speaker #1

    C'est ça.

  • Speaker #0

    Par le biais de l'originalité. Alors l'originalité, c'est juste être malin. et justement il y a beaucoup de choses à faire donc là on projette un projet qui va être assez sympa on va essayer d'être assez audacieux après il faut le vendre aux hôteliers c'est à dire que si je ne me trompe pas dans ce groupe là

  • Speaker #1

    Il y a des hôtels qui sont propriétaires du groupe, mais il y en a plein qui sont franchis.

  • Speaker #0

    On a travaillé avec le groupe Accor directement. Maintenant, on travaille beaucoup avec des fonds d'investissement ou des clients. Oui, c'est ça. Des franchissants directs.

  • Speaker #1

    Des investisseurs qui ont 2-3 hôtels, etc.

  • Speaker #0

    Je me permets juste de revenir sur la partie design, où justement, dans la démarche du design des objets, La Chance ou Cannes ou Eman Il y a aussi cette... C'est marrant parce que où est-ce que je me situe dans le design que je fais ? On retrouve beaucoup aussi cette démarche d'installer un fond. Pourquoi le produit ? Ça ne veut pas dire qu'il se voit. Parce que tous les produits que je fais, pour beaucoup, on ne voit pas forcément la subtilité. Elle est plutôt cachée. Et elle va avoir cette démarche justement de de... revenir sur quelque chose qui a un impact le plus faible possible.

  • Speaker #1

    Pour l'environnement,

  • Speaker #0

    oui. Mais en partant sur des solutions qui sont assez bénignes, sur le transport, le montage, le fait aussi qu'un produit peut être retransmis d'une génération à l'autre. J'aime beaucoup cette notion. C'est pour ça que je reviens là-dessus. C'est sur le fait de pouvoir avoir des idées qui sont atemporelles.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Oui, parce que le piège du design, c'est de tomber dans un produit qui est dessiné en collant aux tendances du moment et du coup, qui le rend vachement temporel et donc très peu transmissible ou circulaire.

  • Speaker #0

    Exactement.

  • Speaker #1

    Ok, intéressant.

  • Speaker #0

    Et tu vois, quand on disait tout à l'heure, je disais que je me baladais dans toutes ces pièces, finalement aussi, c'était de voir tous ces objets qui ont pu passer de la grand-mère jusqu'à la grand-mère, jusqu'à la maman, et peut-être chez moi ou des choses comme ça. J'aime bien cette dimension parce qu'on a finalement gravé sur ces produits la mémoire en fait des gens, donc des souvenirs, et donc ce qui finalement rend chaleureux et vivant. Oui,

  • Speaker #1

    et rend vivant et sensible à un objet et donc un lieu, bien sûr. j'aimerais bien qu'on rentre sur la partie un peu l'esthétique ou le style cocorico il y en a un c'est quoi ?

  • Speaker #0

    c'est justement un peu ce qu'on vient de dire sur la partie design c'est à dire on ne trouve pas un style de dessin c'est à dire qu'il y a des archis femmes ou hommes qui ont des signatures évidentes on ne peut pas se tromper on reconnait

  • Speaker #1

    ça c'est quelque chose que l'on peut abuser etc.

  • Speaker #0

    et plein d'autres c'est pas du tout quelque chose qu'on recherche au contraire chaque projet est unique Il a sa propre ADN, sa propre représentation. Par contre, ce qu'on va retrouver dans la signature, c'est justement cette dimension assez profonde dans l'interprétation des choses. C'est une idée un peu originale qui va être ensuite travaillée dans tous les sens.

  • Speaker #1

    Donc le fil rouge, ça va être plutôt votre méthodologie.

  • Speaker #0

    C'est ça.

  • Speaker #1

    C'est les quatre étapes, le récit, le concept. la proposition de valeur, l'exécution et puis le suivi.

  • Speaker #0

    Essayer de fédérer, ça, on essaye beaucoup de créer une communauté, dans le fait de stimuler les gens par l'intérieur, alors que ce soit le décorum ou la fonctionnalité des pièces ou des objets, mais il y a une volonté à les titiller se poser des questions.

  • Speaker #1

    En fait, proposer une expérience.

  • Speaker #0

    Oui,

  • Speaker #1

    parce que c'est vrai que spontanément, on se dit, mais travailler sur des EHPAD, parcours de fin de vie, moment compliqué pour évidemment les utilisateurs de l'EHPAD comme pour les visiteurs, qui sont les familles, etc. Ou travailler sur un endroit comme Moelio ou un hôtel, on peut imaginer que c'est évidemment pas du tout, enfin c'est vrai, je pense que c'est pas du tout la même chose. Mais en revanche, ça part quand même à chaque fois de « Ok, qu'est-ce que je peux faire pour rendre l'expérience moins douloureuse pour les pads, ou plus ludique, ou plus je ne sais pas quoi ? » Et donc c'est ça qui est impressionnant. Et ça repose sur ton cerveau ? Parce que tu es seul à bosser sur ces concepts ou tu vas les chercher ?

  • Speaker #0

    Après c'est de la discussion. je suis seul jusque dans le soir dans mon lit ma douche où c'est les Il y a eu un moment que je préfère pour, entre guillemets, me démerger et pondre les concepts. Après, c'est beaucoup de discussion. C'est aller vérifier que je ne raconte pas trop de bêtises, voire même faire en sorte que mes interlocuteurs enrichissent aussi mes propos. L'idée, c'est de... En fait, ce qu'on insuffle dans nos projets, dans cet aspect expérientiel, fédérer le groupe et tout, on essaye de le faire, nous, en interne. quand on parlait tout à l'heure au téléphone quand on s'est rencontrés au téléphone je te disais si je sais le faire pour moi je saurais le faire pour les autres ah oui d'abord tiens,

  • Speaker #1

    le temps la perche parce que tu me disais quand on préparait cet enregistrement que vous étiez en train de travailler sur votre propre lieu qui accueille l'agence, c'est ça ? vous allez déménager, vous êtes en train et alors comment vous abordez un brief comme celui-là ? puisque t'es à la fois là, c'est un peu schizophrène Merci.

  • Speaker #0

    Non ça ne l'est pas. Mais déjà il y a quelques années on a acheté nos bureaux et on s'est dit on est Argin'Intérieur, designer, c'est notre formation. On s'est créé de la valeur à travers ça. Donc on a pris un lieu qui était friche, en tout cas qui était délabré pour le remettre vraiment en état.

  • Speaker #1

    C'était quoi un lieu industriel ?

  • Speaker #0

    Non, non, pas du tout. C'est pas très loin de là où on est actuellement. On est rue Soden actuellement et donc on a fait vraiment le projet tel que nous on l'envisageait à l'instant T c'est à dire que en 2018-2019 qu'est ce qu'on projetait en fait comme espace de développement pour les équipes pour nous donc on s'est fait un grand appartement en fait on est parti sur un appart c'était une sorte de loft en fait qui serait notre notre espace de travail donc Donc, il y a effectivement. une grande table où l'équipe peut aller travailler, mais il y a surtout un grand salon pour faire la fête, pour discuter justement, échanger, et ça passe par faire la fête, le soir où on peut échanger plus librement sur les projets, certains qui travaillent sur un projet n'ont pas connaissance du reste, donc c'est l'occasion aussi d'aller les challenger pour essayer de voir ce qu'ils peuvent... Déjà, la façon dont ils... Ils prennent le projet. Ensuite, ce qu'ils peuvent nous apporter. Il y a une espèce de cuisine, une salle à manger. Mais aussi pour...

  • Speaker #1

    Fausse forêt.

  • Speaker #0

    On sait qu'en France, on aime manger. C'est un moment privilégié pour échanger. On a fait un grand appartement et ça nous contenait très bien comme ça. On a une petite salle de jeu en sous-sol. C'est aussi la matériothèque. Quand on dit salle de jeu, c'est qu'on l'a travaillé aussi un peu comme ça, à savoir une télé qui peut servir pour des réunions, mais aussi il y a une console. L'idée c'était de se faire un lieu où on y serait le mieux possible. Ça allait aussi par rapport, quand on a commencé la boîte, il y avait cette notion de domestication. Donc on s'est fait notre petite maison à nous. Et là aujourd'hui, c'est vrai qu'on a vocation à poursuivre la démarche, à acquérir de nouveaux locaux. Et là, c'est aujourd'hui de quoi on a envie.

  • Speaker #1

    Donc les besoins ont évolué ?

  • Speaker #0

    Les besoins vont être celui d'être dans l'expérientiel aussi, d'offrir un nouveau lieu de stimulation. Donc on va le travailler comme ça.

  • Speaker #1

    C'est dans quel quartier ?

  • Speaker #0

    On reste dans le même quartier. On aime bien Bastille.

  • Speaker #1

    Moi, j'ai envie d'aller voir. Vous aurez fini quand, ça ?

  • Speaker #0

    C'est en cours. Quand je dis que c'est en cours, on est dans la démarche d'acquisition.

  • Speaker #1

    Dans six mois, vous allez...

  • Speaker #0

    Oui, on peut l'espérer. C'est vrai qu'en tout cas, l'objectif, c'est de pouvoir se dire qu'on connaît le process et donc on peut apporter justement aussi à une certaine expérience à nos clients. clients du fait d'avoir vécu à petite échelle parce qu'on ne sera jamais à l'échelle de nos clients qui ont beaucoup de bâtiments ou des ampleurs bien plus importantes mais en tout cas voilà on touche un peu du doigt ce genre de choses et ça nous permet selon nous d'être aussi plus précis et plus légitime.

  • Speaker #1

    C'est combien de personnes l'agence aujourd'hui ?

  • Speaker #0

    Et bien ça varie en fait.

  • Speaker #1

    Alors en permanence une petite équipe assez serrée.

  • Speaker #0

    Ah ouais exactement et mais c'est un hub en fait on a mis en place un système de hub avec tout le carnet d'adresses d'experts qui viennent que l'on peut faire sur les missions, donc on peut faire travailler 3 à 4 experts par mission, ça dépend, on peut faire venir aussi plus des exécutions, des dessinateurs-projeteurs, où là on les fait rentrer aussi, et c'est selon la taille du projet, donc en fait ça fait que gonfler, c'est un système plus... pulmonaire, qui gonfle qui se réduit mais on est tout petit au départ, mais par contre sur certains projets, quand on travaille sur 10 000 ou 15 000 m² forcément l'équipe est un peu costaune

  • Speaker #1

    J'ai une question sur ton approche du design ou celle de Cocorico en général, est-ce que tu penses qu'il y a une identité française ou un style, je ne sais pas, on ne peut pas parler d'un style mais une une spécificité française à l'approche du design global ? Ou est-ce que la manière dont tu travailles, finalement, tu le ferais... Il y a des spécificités culturelles, mais tu le ferais finalement de manière assez proche aux Etats-Unis ou au Japon ?

  • Speaker #0

    C'est une bonne question. C'est une bonne question à laquelle je ne saurais absolument pas te répondre.

  • Speaker #1

    En gros, est-ce que tes clients, les grosses foncières, sont plutôt françaises ? Oui,

  • Speaker #0

    elles sont françaises et puis après, elles se déploient à l'échelle européenne. Après, ils ont des partenaires qui sont à l'international, mais on n'a jamais été jusque-là.

  • Speaker #1

    Tu n'avais pas de projet hors de France pour l'instant ?

  • Speaker #0

    Non, on a eu, mais c'était à la frontière. Non, non, non, c'est vrai qu'on a un côté très... Alors ça veut pas dire qu'on le fera pas, au contraire. On a simplement notre anglais à améliorer.

  • Speaker #1

    Bon, aussi, y'a plus que ça, ça va.

  • Speaker #0

    Oui, c'est clair, mais oui, non, on n'a pas encore eu...

  • Speaker #1

    De projet significatif.

  • Speaker #0

    De projet, on travaille sur toute la France, sur Paris, après voilà, ça dépend. C'est plus hors de Paris, et puis, enfin oui, c'est vraiment variable. Et toi,

  • Speaker #1

    tu te partages d'ailleurs entre La Rochelle et Paris. Tu viens quand même bosser au bureau ?

  • Speaker #0

    Oui, il faut quand même avoir un lien avec le lieu, parce que c'est un peu la maison. Et puis les équipes pour le coup. Et puis ça fait du bien ce que je disais tout à l'heure, le fait d'avoir changé aussi le lieu de vie. Mon associé l'a fait également, il est parti à Bordeaux. Ça nous permet aussi de répondre à un besoin de confort familial. On est provinciaux à l'origine, on est venus à Paris pour chercher... Pour faire l'école déjà. Faire l'école, chercher en fait l'adrénaline que Paris amène. Et c'est très bien, on l'a pris. On a bien profité de tout ça. Mais à partir du moment où on a eu nos familles et l'âge avançant, on s'est dit tiens, on aimerait bien leur offrir en fait le confort qu'on avait. Donc nous on revient assez souvent. Et en se disant que... Enfin, je parle de... Nos enfants, ils auront probablement aussi l'envie. Mais on les poussera. D'ailleurs, mon fils, quand je lui dis que je vais à Paris, souvent, il me dit, je serais bien.

  • Speaker #1

    Je vais revenir avec toi.

  • Speaker #0

    Il garde de très bons souvenirs.

  • Speaker #1

    Oui, je comprends.

  • Speaker #0

    Il ne regrette pas du tout. Mais c'est vrai qu'il a des souvenirs.

  • Speaker #1

    C'est génial de pouvoir faire les deux. Génial, Mathieu. On arrive presque à la fin de notre conversation. J'ai quelques questions rituelles que je pose à peu près à chaque fois. Si tu avais un objet, un meuble, un truc fétiche que tu garderais, si tu n'en gardais qu'un, ça serait quoi ?

  • Speaker #0

    Ce serait probablement celui que mes parents me transmettraient, dans le sens de ce que je disais tout à l'heure. J'aime bien cette notion de transmission. L'objet en soi m'importe peu, mais le sens pourrait me ramener.

  • Speaker #1

    Donc tu n'en as pas un ?

  • Speaker #0

    Non, non, non. J'adore les...

  • Speaker #1

    Le squelette de montres.

  • Speaker #0

    Oui, j'allais dire, j'adore les montres, ça c'est clair. Là, j'ai des fauteuils où justement, on s'est fait plaisir en ayant changé de ville. Je voulais un Paulin, un Tom Keen depuis toujours. Voilà. On a l'Aunt Sher de IMSS aussi, des choses comme ça. Il y en a d'autres en tête, on a parlé de Prouvé très peu d'ailleurs. Oui, c'est vrai, on en a parlé beaucoup. C'est vrai que c'est quelqu'un que j'aime beaucoup. pour le design, mais c'est vrai que surtout pour la démarche, l'ingénierie qu'il avait et ce qu'il était comme personne. Donc un jour, soit il y aura une pièce de design ou alors même peut-être autre chose. Mais quelque chose qui viendra de lui.

  • Speaker #1

    Ok. Est-ce qu'il y a un projet dont tu rêves ? C'est-à-dire un truc où tu te dis, si un jour, ce client pouvait m'appeler pour faire ce truc ?

  • Speaker #0

    Bon, allez, on y va. Là, tu l'auras compris, on aime tellement la diversité, en fait, tout type de projet qu'on n'a pas encore fait. Mais là, je vais un peu loin et j'adorerais bosser pour le spatial.

  • Speaker #1

    Ah oui, voilà. Tu vois, j'allais te dire parce que j'ai changé avec Joseph Dirand, qui est archi d'intérieur. Et qui, alors, ça y est, lui, il est parti sur des trucs hyper, hyper, enfin, comme vous, très, très divers. Mais un jour, il me disait, bah ouais, j'aimerais bien bosser sur le spatial. Et là, ça y est, il est en train de bosser sur une capsule, un truc de dingo. Les bateaux, il y a des univers de fou.

  • Speaker #0

    Il n'y a pas de limite,

  • Speaker #1

    en fait.

  • Speaker #0

    C'est clair. Et puis, le monde spatial, il y a quand même quelque chose qui passe les frontières de notre univers terrestre. Oui,

  • Speaker #1

    bien sûr. Est-ce qu'il y a justement un designer ou un architecte qui, t'as parlé de Jean Prouvé, alors vivant ou pas, qui est pour toi une référence absolue,

  • Speaker #0

    qui te bluffe dans ce qu'il fait tous les jours s'il n'est pas encore vivant ? il me plaît, pourquoi ? parce qu'il a une diversité d'interprétations il a été dans tous les domaines et en fait c'est ça qui me plaît le plus et me stimule le plus parce qu'il aura fait de la peinture de l'ingénierie il a été partout. Et en fait, j'aime beaucoup cette liberté qu'on peut avoir dans le process intellectuel, à savoir, en fait, il n'y a pas de limite.

  • Speaker #1

    Alors, c'est vrai que c'est le premier designer global, lui.

  • Speaker #0

    Oui, voilà, exactement. C'est ce qui est génial. Typiquement, je pense que si on a un processus d'interprétation des choses, en fait, qui est cohérent, tu parlais de désordonner ou pas, ou d'ordonner, en fait, si tu arrives à être bien à l'aise avec cette façon, tu peux aller partout. Tu peux aller partout et une fois de plus, j'ai fait ce métier parce qu'on m'a dit tiens, regarde si ce n'est pas intéressant. C'est intéressant, mais comme je te disais, il y a tellement de choses d'autres qui sont intéressantes. J'aimerais pouvoir ne pas me limiter. Alors ça ramène tout de suite la question de oui, mais est-ce que tu serais expert dans ton domaine ? Mais en fait, je ne cherche pas forcément à être un expert. Je cherche juste à me dire que la façon dont je réfléchis peut m'amener à ne pas être trop bête Donc, dans tout un tas de types de domaines. Et surtout, je pourrais me reposer sur des gens qui sont eux experts et qui aiment cette façon de penser. Et en fait, on va travailler en relation, en collaboration. C'est là où on va pouvoir faire des choses. Moi, je vais leur rapporter, en fait, des informations qui viennent de l'extérieur, les challenger sur tout un tas de trucs avec des connaissances que j'ai. Et eux, ils vont me ramener sur Terre ou alors se dire...

  • Speaker #1

    Il y a une contrainte technique là, mais... Il y a du rapport de solution.

  • Speaker #0

    des porteurs de solutions donc ça ouais mais après bien évidemment je t'ai dit j'en prouvais parce que j'en prouvais il est ancien et que ça m'était facile plus jeune de dire ça quand on me demandait parce que je suis très mauvais mais alors vraiment d'un point de vue culturel je ne retiens pas les noms des gens c'est pas par manque de respect en aucun cas, ce qui m'intéresse c'est le process, c'est ce qu'ils ont vu oui finalement le nom qui est derrière mais c'est vrai que quelques fois ça peut ça peut sembler un peu dommageable. Mais j'aime bien retenir ce que les gens ont mis dans leur démarche, dans le projet qu'ils ont pu sortir. Et ça, ça me plaît beaucoup.

  • Speaker #1

    Ok. Si tu devais inviter trois personnes à dîner dans l'un des décors que vous avez faits, j'imagine qu'il y aurait peut-être Jean Prouvé et Léonard Plancy. Ou pas d'ailleurs. Qui est-ce que tu aimerais réunir autour d'une table ? Robert Akoury, Léonard de Vinci, et Jean-Roubaix.

  • Speaker #0

    Il y en a tellement, justement. En fait ça dépendrait du lieu.

  • Speaker #1

    Ouais.

  • Speaker #0

    Et à ce moment là, je trouverais les trois bonnes personnes. Mais trois ça fait pas beaucoup.

  • Speaker #1

    C'est clairement pas grave.

  • Speaker #0

    D'un côté ça fait pas beaucoup.

  • Speaker #1

    Ouais,

  • Speaker #0

    une bonne bande ouais. Non, c'est vraiment ce que je te disais. je n'ai pas à proprement dit de modèle en fait suivant ce que ce à quoi je vais m'intéresser en fait je vais me dire ah bah tiens lui est génial je retiendrai pas le nom mais ils auront tous fait des choses qui ne m'auront plus... Je ne me serais pas dit, c'est beau ce qu'ils font. Leur démarche, j'aime beaucoup.

  • Speaker #1

    Compris. Merci beaucoup Mathieu. Où est-ce qu'on te contacte ? C'est le site de Cocorico, cocorico-paris.fr si je ne me trompe pas, c'est ça ?

  • Speaker #0

    Oui, c'est Cocorico Paris sur Internet.

  • Speaker #1

    LinkedIn, Instagram peut-être ?

  • Speaker #0

    Instagram, alors... Si, via Instagram, LinkedIn aussi. Ça, c'est une autre démarche. qu'on n'a pas vraiment mis en place, on est nuls en communication. Ça souvent avec mon associé, on se dit qu'on est vraiment catastrophique. On a la chance d'avoir Marine Thévenot.

  • Speaker #1

    Oui, comme attachée de presse.

  • Speaker #0

    Comme attachée de presse et qui nous aide beaucoup. Je pense à Élise aussi, qui nous a beaucoup aidé là-dessus et qui nous disait tout le temps, mais en fait, parlez de ce que vous faites. Parce que c'est quand même dommage, vous ne dites rien. Vous faites tout le temps, vous vous cachez dans votre petite grotte. Donc c'est pour ça que je te remercie de nous avoir invités. Avec plaisir. De nous avoir invités en tant que Cocorico. Parce que c'est la première fois que je peux...

  • Speaker #1

    Exprimer.

  • Speaker #0

    Pour Cocorico et que je peux parler de ce qu'on fait. Et encore, tu vois, j'ai le sentiment qu'on a commencé il y a cinq minutes. Il y aura encore beaucoup d'autres choses à dire.

  • Speaker #1

    Ah ouais, non, mais c'est un format qui est très piégeux parce qu'on a l'impression que ça passe très vite. Mais tant mieux. C'est qu'on s'est dit des choses passionnantes. Allez voir Cocorico Paris sur leur site internet, sur leur LinkedIn. Et vous allez voir que ce n'est pas si nul que ça, leur manière de communiquer. Loin de là. Merci beaucoup. Et surtout, allez voir les projets, ceux qui sont accessibles à tous. Merci beaucoup de ton temps. Merci de cette expérience. Merci à toi. Et à très bientôt pour un nouvel épisode de Design Talk. À bientôt.

  • Speaker #0

    Merci.

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