- Speaker #0
Bienvenue chez The Patron, le podcast qui démystifie la réussite. Ici, le syndrome de l'imposteur se transforme en courage et la chance se provoque. Je suis Elvire, coach en leadership, je suis ravie de t'avoir parmi nous. N'hésite pas à liker et partager et enjoy. Aujourd'hui, j'accueille Zoé Leboucher. Zoé, tu as créé Admis Paris, une marque de vêtements de mode. Et on va dire la première marque de vêtements qui a réinventé le vestiaire pro. professionnel féminin.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Bienvenue sur The Patron.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Zoé, tu as un parcours atypique parce que déjà, la mode, c'était pas du tout pour toi à la base. Tu devais être avocate. Raconte-nous ce changement de parcours très anticipé.
- Speaker #1
Alors, la mode a toujours été ma passion depuis que je suis toute petite. Mes grands-parents m'ont ressorti des dessins que je faisais de look. Si tu veux, ça, c'était quelque chose que j'avais en moi. Et au moment, après le bac, quand il a fallu faire des études, j'aurais rêvé d'intégrer une école de mode, mais ce n'était pas du goût de mes parents, qui eux-mêmes étaient avocats, et qui considéraient qu'une école de mode, ça n'amenait pas forcément un métier. Et donc, je me suis dit, que faire ? J'étais un peu perdue. Et donc, je me suis naturellement inscrite à la fac de droit. Et là, j'étais dans un environnement assez familier. Du coup, j'ai passé les années jusqu'à mon master 2 sans grande passion, mais j'ai un peu subi mes études de droit. Et en même temps, j'ai appris des choses et c'est vrai que ça structure pas mal l'esprit, mais j'avais toujours cette passion pour la mode. Je me suis rendue compte que dans tout ce que je faisais, c'était finalement la tenue qui m'intéressait. Et c'est revenu dans mes études de droit, où là, je me suis aperçue que finalement... Je ne comprenais pas pourquoi les tenues dans le monde des affaires pour les femmes étaient si pas modernes, tellement vieillottes. Il n'y en avait pas. L'offre était très limitée. C'est comme ça que je me suis dit qu'il y avait quelque chose à faire pour aider toutes ces femmes.
- Speaker #0
J'avoue que moi, j'aurais vraiment apprécié. Je suis retombée il n'y a pas très longtemps sur les photos de moi qui passait les concours d'entrée aux écoles de commerce. Mais la catastrophe ! Vraiment ! déjà des formes qui correspondaient pas trop à ma morpho un style où on a vraiment l'impression d'être déguisé et en même temps on avait pas le choix et c'était ça,
- Speaker #1
moi je trouve que je me rappelle de marques comme Cinequanon de pantalons qui te grossissent tu sais sans poche, sans rien, c'était tout moulé ou la coupe elle est faite pour faire ressortir tout ce que tu veux pas montrer quoi et c'est vrai on avait pas le choix donc on était obligé d'acheter un truc qui était Et... pas très jolie, mais qui à peu près rentrait dans les cases. Et moi, qui ai toujours adoré la mode, m'habiller au lycée, je me faisais le matin, la veille, je pensais à mon look. Ça m'obsédait du lendemain matin, tous les jours de ma vie, tu vois. Et bah, d'un coup, me retrouver en stage, donc c'est vraiment en stage que je l'ai ressenti le plus en banque privée, après avoir eu mon Master 2, où là, quotidiennement, je devais vraiment aller m'habiller pour aller travailler, où j'avais honte de mes tenues, je ne savais plus m'habiller. J'étais paumée. Un truc qui était pour moi naturel était devenu bizarre. Enfin, j'étais perdue. Et donc, je me mettais un peu n'importe quoi et je rentrais chez moi. À la fin du stage, à 18h, j'allais me changer pour ressortir, boire des coups, dîner avec mes copains. Alors même que parfois, on se retrouvait à Opéra juste à côté. Mais je préférais, je me changeais.
- Speaker #0
Pour te sentir bien dans ta tenue.
- Speaker #1
Oui, parce que je n'avais pas envie d'être déguisée.
- Speaker #0
Ce qui est intéressant, c'est que la tenue peut... selon moi, être comme un super pouvoir. Ce que l'on met peut nous aider à avoir plus d'assurance. Et à l'inverse, peut aussi nous déstabiliser et nous desservir. Toi, tu le ressentais très, très violemment à l'époque.
- Speaker #1
Ah oui, moi, c'était vraiment important pour moi. Déjà, c'était ce qui me donnait confiance en moi. Parce que j'avais des grosses zones de manque de confiance. Et à travers la tenue, et c'est vrai que j'ai du coup, peut-être beaucoup pas parié sur mon physique, mais c'était la zone où au moins je... C'était une des seules zones où au moins je me disais, bon, là, je ne m'en sors pas trop mal. Et du coup, de devoir... Je perdais ça, je n'avais plus rien. J'étais habillée. Je m'effondrais. Donc, je me suis dit, ce n'est pas possible qu'on ne puisse pas être pro et bien habillée.
- Speaker #0
Est-ce que toi, ton objectif, c'était d'être lookée, d'être pointue ou juste... bien confortable. C'était quoi l'objectif de ta recherche de look ?
- Speaker #1
Je croyais que c'était de me regarder dans le miroir avant de sortir et de me sentir à l'aise. Ça me donnait confiance. Vraiment, je sortais. Si j'avais une tenue qui collait parfaitement, j'allais... mon resto, enfin, retrouver des gens avec confiance en moi. Ça me donnait confiance en moi, vraiment.
- Speaker #0
Est-ce que sans ça, tu ressentais vraiment qu'on manquait de confiance ?
- Speaker #1
Sans ça, si j'étais mal habillée, si physiquement j'étais pas confiante, tout s'effondrait, quoi. Donc j'avais sans doute capitalisé là-dessus, inconsciemment. Je le disais, j'ai même pas jamais vraiment réfléchi comme ça. Oui,
- Speaker #0
mais en tout cas, c'était un outil sur lequel tu t'es dit, ok, j'ai... Je ne suis pas forcément celle qui est peut-être la plus extravertie, qui va le plus s'affirmer en soirée parmi les copains. Mais au moins, quand je me sens bien dans mes vêtements,
- Speaker #1
je trouvais ma place là où j'étais. Parce que c'est sûr que moi, je ne suis pas la... Enfin, moi, j'arrive à une soirée, je ne parle à personne. Enfin, tu vois, j'ai eu du mal à... Oui, je n'étais pas la personne la plus sociable de l'histoire. mais maintenant ça va beaucoup mieux à 20 ans à 20 ans c'est dur il y a quelqu'un qui venait me parler et là du coup je m'ouvrais à une personne plutôt introvertie jamais je trouve ce truc introvertie, extravertie je sais pas si on peut vraiment le définir comme tel parce qu'aujourd'hui je dirais pas que je suis l'un ou l'autre je sais pas si c'est vraiment un peu catégorisé
- Speaker #0
En tout cas, il y a une définition que j'aime bien de l'introversion contre l'extraversion, c'est où est-ce que tu récupères ton énergie ? Est-ce que le fait d'être en groupe va te donner plus d'énergie ou plutôt ça va t'en prendre beaucoup ? Et à ce moment-là, toi, est-ce que tu as besoin de t'isoler, d'être plus chez toi, dans le calme, pour retrouver ton énergie ?
- Speaker #1
Mais est-ce que tu penses qu'on peut changer dans une vie ? Oui,
- Speaker #0
et je pense aussi qu'il y a des contextes qui font que ça va nous... prendre plus ou moins d'énergie.
- Speaker #1
Parce que je te dirais que j'étais très introvertie et je suis extravertie. Maintenant, je me ressource en groupe, en vacances, avec des amis. Je ne suis pas du tout épuisée parce que je sais me gérer. Je sais gérer mes émotions dans le groupe, me placer au bon endroit. Alors qu'avant, ça me coûtait tellement. Après, il fallait qu'en effet, j'aille me cacher dans ma chambre. Donc, j'ai changé. On peut le changer.
- Speaker #0
T'as changé.
- Speaker #1
Je ne sais pas.
- Speaker #0
T'as appris à te connaître. Je me suis stabilisée intérieurement. Je suis curieuse. Est-ce que t'as fait quelque chose de... particulier pour développer cette conscience de soi et cette assurance ?
- Speaker #1
Oui, beaucoup de choses. Déjà, l'entrepreneuriat, ça te pousse à faire des choses, à aller au-delà de ta zone de confort parce que tu te retrouves à devoir gérer des trucs que tu n'avais pas prévus et tu n'as pas le choix. Ça ne repose que sur tes épaules. Donc ça, ça a été le début. Et donc des trucs que je n'assumais pas, que je n'arrivais pas à gérer, petit à petit, ça m'est revenu un peu en pleine tête. Ça ne tient plus, mon truc. Et donc, j'ai fait, entre autres, une psychanalyse de dizaines d'années qui m'a permis de tout mettre à plat. Et à côté de ça, comme ça m'a passionnée très vite, j'ai ajouté des petits moments. J'ai fait des trucs un peu dingues. J'ai fait aussi de l'EMDR à un moment, par exemple. Ça, c'est pas dingue, mais très puissant. À un moment particulier où ça buguait encore, alors que j'avais la psychanalyse depuis très longtemps. Il y avait un point où... Je ne sais pas, ça avait touché un endroit où ça buguait. Là, j'en ai fait pendant peut-être cinq mois. Mais avec une personne incroyable, qui est une des personnes à l'origine de l'EMDR. J'ai vraiment eu beaucoup de chance d'avoir accès à cette personne. Ça, ça m'a fait des déclics. Et j'avais fait aussi bien avant. Mais ça, c'est parce que mes parents, je pense, ils sont avocats, on était dans un rapport très scolaire, les bonnes notes. intellectuelle. Mes parents faisaient du golf. Mais on ne faisait pas trop de sport. Moi, personnellement, je faisais de l'art, de la poterie, de la peinture, du dessin. C'est mental, en fait. Je n'ai pas fait beaucoup de sport. Je ne comprenais pas que le corps et le cerveau étaient connectés. Non,
- Speaker #0
ils travaillaient ensemble. Tu étais juste une tête au-dessus.
- Speaker #1
Vraiment. Et le jour où, et pareil, ça a bugué à un moment. Il y a eu un truc où je n'arrivais pas à habiter mon corps. Aussi, dans ce truc de manque de confiance, au-delà d'être bien habillée. Tu sais, physiquement, tu n'es pas là. Et donc, quand j'ai commencé à comprendre ça, j'ai fait tout un... Aussi, avec une coach en tantra. Mais alors, ça, c'était assez particulier. Mais c'était...
- Speaker #0
En tantra, excuse-moi, pour moi, c'est très...
- Speaker #1
En fait, dans l'idée, oui. Mais en réalité, non. C'est très méditatif.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
c'est très habiter son corps on a fait des méditations où il y avait aussi toute une phase de danse tu vois, elle m'a fait faire chez toi, elle m'a fait danser seule face à mon miroir plein de trucs, qui aujourd'hui j'en ai rien à foutre, je pourrais me mettre à danser si tu veux au milieu du... et en même temps c'est pas si facile que ça attention nous allons maintenant danser danser toute seule devant mon miroir Pour moi, ce n'était pas facile du tout. C'était trop bizarre. Parce que danser toute seule, à la limite, avec de la musique, oui, mais devant mon miroir.
- Speaker #0
Se regarder.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
se regarder, ça peut être très dur. C'est ça qui était difficile.
- Speaker #1
Et plein de trucs comme ça. Alors oui, il y a un... Mais t'as les chakras, machin. Donc oui, c'est un peu... C'est sur les sens. Tu vois, sur le côté sexuel, elle va t'expliquer que c'est les sens. Donc c'est une vision de la sexualité qui est très très loin des films pornos ou de comment on s'en est éduqués, malheureusement.
- Speaker #0
Beaucoup trop de personnes.
- Speaker #1
Voilà. Et ça t'apprend qu'en fait, c'est le toucher, c'est l'odeur. C'est les cinq sens qui doivent être mis en action. Mais il n'y a rien de sexuel concrètement dans la formation.
- Speaker #0
C'est juste la connexion à soi.
- Speaker #1
Voilà. Mais ça, ça m'a vachement donné confiance en mon corps. Ça a connecté mon corps. Toutes ces choses, petit à petit. Et après, j'ai beaucoup lu. J'ai lu beaucoup de livres.
- Speaker #0
Quel est le livre qui t'a le plus ouvert les yeux ?
- Speaker #1
J'en ai lu... tellement, si tu veux. C'est que moi, là, comme ça, je ne pourrais pas te donner un. Alors si, ma référence de base, ça, c'est avant même de commencer la psychanalyse. C'est très basique. Mais pour quelqu'un qui serait vraiment très loin de lui, qui ne se connaît pas, c'est les 5 blessures de l'âme.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu connais ?
- Speaker #0
Ça me dit quelque chose, je ne l'ai jamais lu.
- Speaker #1
La première fois que je l'ai lu, vraiment, j'ai pris confiance aussi parce que mes parents, ils ne sont pas non plus très axés sur la psychologie et tout aussi, cette génération, tu sais.
- Speaker #0
Cette génération qui ne se posait pas de questions.
- Speaker #1
Tu sais que la psychanalyse, parce que j'ai lu aussi un bouquin qui explique. C'est une BD, mais un pavé sur l'histoire de la psychologie. C'est hyper intéressant parce que c'est assez récent. Finalement, le MDR, c'est génial. Il est trop bien. Mais les trucs de dingue. Ils ne comprenaient rien. Ce que je vois, c'est que le MDR, c'est dans les années 70. Mon père est né en 50. Si tu veux, ça n'existait pas, donc le pauvre, il ne peut pas inventer un truc. À l'époque, on ne valorisait pas du tout ça. Nous, notre génération, pour nous, c'est normal.
- Speaker #0
Et ce qui est drôle, parenthèse, petite défense pour ma profession, c'est qu'il y a les mêmes critiques aujourd'hui sur le coaching qu'il y avait il y a 30-40 ans sur la psychologie. En fait, c'est ces nouvelles disciplines qui arrivent. Et le temps que... Ça se démocratise un petit peu. Il y a toujours ce temps.
- Speaker #1
Et donc, c'est 5 blessures de l'âme. En tout cas, c'est vraiment une entrée sur comprendre un tout petit peu la psychologie. C'est une toute petite base où tu lis et tu dis, ah ouais, ok. Et sinon, il y a un autre bouquin que j'ai lu. Après, il m'a un peu énervée parce que je le trouvais un peu gourou. Du coup, je ne sais pas trop. Et ça, c'est pareil, c'était un de mes investisseurs. qui m'avait dit, tiens, lis ce bouquin, c'est Le pouvoir du moment présent, écartole.
- Speaker #0
Tu l'as lu ? Non, je ne l'ai pas lu.
- Speaker #1
J'étais allée l'acheter, ça remonte.
- Speaker #0
Je ne l'ai jamais lu. Je ne lui ai pas dit,
- Speaker #1
je n'ai rien compris. J'ai posé le bouquin, j'ai continué ma psychanalyse, ma vie, mon truc. Un jour, je l'ai ressorti parce que j'en re-entends parler. Un an après,
- Speaker #0
tu vois. C'est le meilleur moment.
- Speaker #1
Je l'ai lu. je l'ai tout compris, je l'ai dévoré et j'ai compris pourquoi en avant je comprenais rien, j'étais tellement loin mon cerveau, mon corps ne s'était pas encore connecté donc c'était prête c'est juste la notion du moment présent de ne pas anticiper, de ne pas te projeter gros challenge d'être dans le présent et j'ai lu des critiques de ça qui disent qu'en fait ne pas se projeter c'est rien prévoir c'est pas forcément être que dans l'instant présent C'est ne pas vouloir voir aussi ce qui va mal avant et les problèmes d'après. C'est une critique qui est faite de ça. Mais moi, je trouve que ça fait du bien d'être dans l'instant présent.
- Speaker #0
Je pense que de toute façon, la réponse est toujours dans le oui et. C'est que bien sûr qu'imaginer le futur, visualiser ce qu'on a envie de faire, c'est ce qui va être un petit peu le tir-fesse qui va nous aider à avancer, qui va nous donner de l'énergie. Et aussi, regarder le passé, c'est ce qui nous permet d'apprendre de nos erreurs. Donc, on ne peut pas vivre dans un monde où on n'oublie le présent. On n'est que dans le présent. En revanche, avoir l'intention d'être connecté dans une conversation,
- Speaker #1
de ne pas être dans l'anticipation permanente.
- Speaker #0
Exactement. C'est ce qui fait qu'on se sent bien. En fait, le cerveau, il a deux modes opératoires. Il a le mode exécutif qui vient utiliser le cortex préfrontal. Et là, c'est vraiment quand tu es concentré sur une tâche. Tu es en train de faire quelque chose. Et ça fonctionne un peu comme un effet balançoire. Quand tu es dans l'un, tu n'es pas dans l'autre. Dès que tu n'es plus dans le mode exécutif, tu bascules dans le mode par défaut. Et le mode par défaut, il voyage dans le temps. Il va dans le passé, il se projette dans le futur, il se connecte au monde et il imagine énormément de connexions. Donc le mode par défaut, il permet de trouver des solutions à un problème qui n'a pas encore de réponse. Et si tu interroges les personnes pour savoir où est-ce qu'elles se sentent le mieux, c'est dans le moment présent. C'est quand tu ressens plus. Parce qu'il n'y a que là où tu ressens la satisfaction. Même si tu es dans une tâche très simple. Donc, un livre à lire. Je verrai si je le comprends. Je te dirai sinon.
- Speaker #1
Je pense que tu vas le comprendre.
- Speaker #0
C'est bon ? Un an de plus ? Donc, gros travail sur toi.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Énorme parcours avec notamment cette aventure entrepreneuriale que tu vas faire très, très vite parce que tu es donc... diplômée d'un M2 de droit, mais ça ne te plaît pas. Tu rejoins le SCP pour faire un autre master qui va te permettre de faire le pont vers l'entreprise. Et très vite, tu te dis ce n'est pas un CD que je veux, c'est créer ma boîte.
- Speaker #1
Après le SCP, je pars à New York. J'ai l'opportunité de faire un stage chez Cartier.
- Speaker #0
Pas mal.
- Speaker #1
Et là, ça prend un peu que je vais loin de chez moi, New York, voilà. Et je me dis, bon, là, je vais être dans une entreprise plus proche de ce que j'aime, d'image, de luxe et tout. Et donc, peut-être que je vais m'arrêter là. J'avais déjà mon idée de tailleur parce que j'avais déjà fait mon droit avant.
- Speaker #0
Oui, tu avais déjà remarqué à quel point le pays, il était identifié.
- Speaker #1
J'avais déjà un stage, un endroit privé et tout. Mais là, d'un coup, je me dis, bon, parce que ça fait peur de se lancer. J'avais peur, donc j'espérais trouver ailleurs un truc moins effrayant, une source de satisfaction. Sauf que ce stage, je n'ai pas du tout trouvé la source de satisfaction parce que moi qui suis très créative, je trouvais que ça manquait beaucoup de créativité d'une grosse entreprise tout quartier qu'elle est. En fait, tu as de la créativité si tu es à la DA et que tu es le directeur artistique, mais il n'y a pas tant de produits ni en plus. C'est pas non plus, ok, si t'es à la DA de Dior, je veux bien. Mais...
- Speaker #0
Cartier aussi plus classique.
- Speaker #1
Enfin bref. Voilà, et l'entreprise à ce moment-là, comme je n'étais pas encore connectée toujours, j'étais pas très à l'aise, comme je te dis, à cette époque où j'étais introvertie, on va dire. En groupe, en entreprise, j'étais complètement la meuf associable, quoi. Donc je me suis dit, waouh, ce truc-là, je peux prendre effort. Pourquoi ? Ça me coûtait. J'avais juste envie là d'être toute seule à ma pause d'échec, toute seule. En grand sens, j'ai postulé un peu à droite à gauche. Mon CV était reçu, on me proposait les entretiens. À chaque entretien, je merdais tout parce que je ne devais pas avoir très envie d'y aller. Et là, je me suis dit, bon, ton CV est bon. Apparemment, tu peux être reçu en entretien. Tu n'as rien à perdre. Tu as 23 ans. Essaye de créer ta boîte. Et puis, dans un an, si ça ne marche pas,
- Speaker #0
tu reviendras.
- Speaker #1
Tu remontes ton CV.
- Speaker #0
Ce qui est assez culotté, sachant que tu ne viens pas du tout d'une famille d'entrepreneurs, que ça doit... pas du tout être valorisés par papa et maman qui ont ton déjà poussé et en même temps à ce moment là ils te soutiennent ou ? Ils ont compris que t'avais fait des efforts et que c'était toujours pas eux qui le trouvaient.
- Speaker #1
Mon grand-père il était tailleur donc il était entrepreneur quelque part, enfin il était entre ouvriers, je sais pas comment on peut dire mais il avait...
- Speaker #0
Indépendant.
- Speaker #1
Indépendant, voilà. Il était tailleur donc il faisait des vêtements donc ma mère elle connaissait quand même cet univers. Moi, j'avais été dans les ateliers de mon grand-père, mais il a pris sa retraite, je devais avoir 9 ans. Donc, c'est des souvenirs un peu vagues, mais quand même, j'ai des souvenirs dans l'atelier. Je jouais avec les crêpes, en cire et tout. Donc, ce n'était pas si loin de notre histoire familiale. Donc, pour ma mère, qui adore la mode et les vêtements, qui m'a aussi donné cette passion, elle a vu le problème du tailleur. Elle a vu le problème parce que ma sœur, qui avait Sciences Po, pleurait dans les cabines d'essayage au moment de ses euros. Elle m'a vue en difficulté. Je lui disais, regarde, toutes mes copines. Donc, quand je lui ai dit, il y a un truc à faire, elle a dit oui. Et mon père, par contre, il a moins compris.
- Speaker #0
Bizarrement. Bizarrement, il ne voyait pas le problème.
- Speaker #1
Lui, il était là, bon, j'aurais préféré que tu reprennes mon cabinet. C'est clair. OK, quoi. Donc là, ma mère m'a soutenue.
- Speaker #0
Peut-être que deux filles ?
- Speaker #1
De mes parents, oui, mais sinon, on est quatre.
- Speaker #0
OK, d'accord. De mon père.
- Speaker #1
Deux filles, trois filles et un garçon.
- Speaker #0
Il n'y a personne qui a repris l'affaire familiale ?
- Speaker #1
Avocats, non personne ne dit quoi. On est des métiers assez justement entrepreneurs. Bizarrement, je ne sais pas, il y a dû y avoir un bug dans la... Au contraire, on a dû...
- Speaker #0
Que c'était eux l'anomalie !
- Speaker #1
On s'était tous dit, oh là là, le droit avocat, c'est trop sérieux ! Il faut qu'on fasse autre chose.
- Speaker #0
La rhum ne te suffisait pas, donc il fallait aller vers les tailleurs. Donc ta maman te soutient, papa y suit.
- Speaker #1
Oui. Il s'aligne.
- Speaker #0
Il s'aligne.
- Speaker #1
Et là, c'est parti. Là, si tu veux, c'est vrai qu'il y a dix ans maintenant, donc le démarrage me paraît un peu loin, même si évidemment, je me souviens.
- Speaker #0
Mais avec quoi tu démarres ?
- Speaker #1
Alors au début, je me dis vraiment... Ce que j'identifie, c'est qu'il y a des costumes pour hommes, mais pas de tailleurs pour femmes. Et pour moi, c'était comme les hommes portaient des costumes, les femmes devaient porter des tailleurs. C'était normal, mais ils n'étaient pas bien. Donc je me dis, je vais faire une marque de tailleurs, ça n'existe pas. Comme ça, toutes les filles qui passent les entretiens, qui travaillent dans les milieux des affaires, n'ont plus qu'à aller chez moi trouver la tenue.
- Speaker #0
Donc toutes les jeunes femmes admises.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Quel beau nom. savent vers qui se tourner pour justement avoir une tenue qui ne les fasse pas pleurer dans la cabine d'essayer.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Au contraire, qu'elles sortent de la cabine fières d'elles.
- Speaker #0
Trop bien.
- Speaker #1
Elles, elles avaient l'assurance en parlant.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Donc du coup, grâce à moi, elles avaient aussi l'assurance en sortant physiquement.
- Speaker #0
Trop bien.
- Speaker #1
Donc c'est comme ça que je me dis je vais faire des tailleurs. Donc je pars sur vraiment que des tailleurs. Au début, j'ai commencé Donc... Ce que j'ai fait, c'est que j'ai pensé à des coupes de pantalon que j'aimais, des coupes de veste que j'aimais, mais qui ne matchaient jamais. Et je me suis dit, je vais les mettre dans le même tissu. Et ça fera du coup un tailleur. C'est comme ça que j'ai un peu modernisé, si tu veux, le sujet. N'ayant pas fait d'école de mode, je n'étais pas formée sur le tailleur, c'est comme ça. Donc tu n'as plus gassé les codes ? Complètement. Et pour les tissus... À l'époque, je ne pouvais pas acheter les quantités minimums des fournisseurs. Donc, j'allais acheter les fins de série dans le sentier. On peut acheter des rouleaux de 20 mètres, 30 mètres. Et donc, j'en achetais plusieurs. Ça me permettait d'avoir des tissus originaux. Et au début, j'ai fait des trucs. Par exemple, il y a un tissu, j'avais eu un coup de cœur. En fait, c'était un tissu d'ameublement. Mais ça a fait une veste. C'était un peu épais, mais pas trop. Très original, tu vois.
- Speaker #0
Et j'en ai vu. Plein de depuis, je pense que c'était... Tu as été un peu précurseuse.
- Speaker #1
Sans m'en rendre compte, j'aimais juste le tissu, je n'ai pas réfléchi si ça se faisait ou ça ne se faisait pas. Donc j'ai fait des tailleurs. Vraiment, je me suis focus tailleur pendant... La société, c'est 2016, donc tu vois, jusqu'à 2019. Je ne faisais que des tailleurs. J'ai introduit quelques chemises, quelques hauts, mais c'était vraiment le tailleur. Focus tailleur. Focus tailleur. C'est ce qui me fait connaître aussi parce que j'avais aussi appris dans cette école de commerce qu'il fallait mieux être une niche au début et devenir leader de quelque chose qui n'existait pas et après se diversifier en gros. C'est ce que j'ai fait avec le tailleur en me disant je vais être la référence du tailleur et puis après je vais pouvoir ouvrir ma collection.
- Speaker #0
Et comment tu t'es fait connaître à tes débuts ?
- Speaker #1
Au début, j'ai commencé à sortir ma collection. J'ai fait beaucoup comme méthode. À l'époque, je n'étais pas du tout digitale. Mais pas du tout. Et j'étais persuadée que le tailleur, il fallait l'essayer pour l'acheter. Et puis les gens achetaient beaucoup moins en ligne, qu'on se le dise.
- Speaker #0
Oui, il y a 10 ans, c'était encore moins.
- Speaker #1
Et donc, je faisais des pop-up stores. C'était le début des pop-up stores, c'était la grande mode. Et donc, je m'inscrivais à plein de pop-up stores partout en France, à Paris et partout en France. Et j'arrivais, j'installais mon stand et je vendais mes tailleurs à qui passait par là.
- Speaker #0
La version cool du marché en fait
- Speaker #1
De la mode En fait c'était des marchés de créateurs
- Speaker #0
Du coup tu lançais des petites collections
- Speaker #1
J'avais mon stock Je vendais Ça me refaisait de l'argent Et je rachetais Et je refaisais des tailleurs Et ça ça a très bien fonctionné Parce que déjà ça m'a fait connaître Plein d'autres filles Qui faisaient des marques Ça m'a mis dans un écosystème
- Speaker #0
Tu veux dire des autres marques qui faisaient ces pop-up stores, ces salons ?
- Speaker #1
Parce que tu es très seule quand même. Là, pendant ces week-ends, j'ai été moins seule. Aussi, ça m'a confrontée au marché. Mais je voyais bien que j'arrivais à vendre mes tailleurs qui étaient à un certain prix dans un contexte d'un marché sur une cabine un peu bancale. Je voyais que je vendais. Ça m'a donné confiance. Il y avait de la pétance. Et après... Au bout d'un moment, j'en ai eu marre parce que c'est fatigant d'installer ton stand, de ranger. Puis les tailleurs, ce n'est pas des cartes postales que tu installes. C'est lourd, les valises. Ceux qui faisaient des bijoux, ils installaient leur stand en trois minutes. J'exagère. Mais voilà, moi, c'était compliqué. Donc, j'en ai eu marre au bout d'un moment. Et là, j'ai eu la chance d'avoir un ami qui avait un... Un local, en gros, qui n'était pas occupé, qui m'a proposé de m'y installer pendant... Il m'a prêté une boutique. Routurenne. Routurenne.
- Speaker #0
C'est mal.
- Speaker #1
En fait, ça m'a fait de la poste, tu vois. Pendant un an, je dirais pendant un an. Et donc là, j'ai pu installer vraiment mes tailleurs. J'étais toujours pas digitale. Après...
- Speaker #0
Quand tu dis pas digitale, c'est que t'avais même pas de site internet ? Oui,
- Speaker #1
vaguement.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Vaguement. Non, c'était assez artisanal,
- Speaker #0
mon histoire. Il faut bien démarrer quelque part.
- Speaker #1
Je l'ai commencé à 23 ans.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Et j'étais complètement, je ne sais pas, dans ma tête. Ce n'était pas du tout... C'est l'inverse d'un mec qui sortirait d'HEC avec une stratégie marketing.
- Speaker #0
Le business plan à 3 ans, puis 5 ans.
- Speaker #1
L'inverse. C'était spontané. C'était genre, on a besoin d'un beau tailleur. Voilà, un beau tailleur.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
petit à petit j'ai construit autour mais ce que j'entends c'est que tu te faisais kiffer en le faisant ouais et j'étais très insouciante de la retraite de la mutuelle tu
- Speaker #0
vivais dans le moment présent quelque part oui sur ça oui
- Speaker #1
et après j'ai dû lui rendre sa boutique et là je me suis dit qu'il fallait que je prenne ma boutique et donc j'ai pris ma boutique qui était dans le 11ème à Aubert-Camp et là ça c'est en 2018 je prends cette boutique, je m'installe et là je commence à faire un Shopify un site e-commerce donc il était là, il était propre mais il n'était pas très développé et là j'ouvre une seconde boutique dans le 17ème au Batignolles. Of course. Voilà, que c'est deux zones parfaites pour ma clientèle. Là, tu cadreries bien. Aubercance, Batignolles, tu vois, c'est cool, mais c'est... C'est commerçant. Voilà,
- Speaker #0
mais il y a des revenus.
- Speaker #1
Mais ça reste quand même un peu en marge. Tu vois, t'es pas en plein marge. T'es à Obercance, tu vois. 2019, donc deuxième boutique. Et 2020, Covid. Et là... tout change.
- Speaker #0
Et là c'est la crise.
- Speaker #1
Les deux boutiques fermées, les loyers, les salariés, les trucs. Et là je me dis qu'est-ce qu'on fait ? Et donc je mets en place une stratégie digitale.
- Speaker #0
En fait c'est un moment où non seulement c'est la crise partout pour le retail, donc pour les magasins puisque les personnes ne peuvent pas être dans les magasins.
- Speaker #1
Je venais d'entrer au bon marché d'ailleurs à ce moment-là. Tu vois ? Il avait acheté du ferme mais il y avait une part qui était dépendante. des ventes et qui te renvoyaient après solde. Le bon marché fermé. Merci.
- Speaker #0
Et toi, t'avais lancé les prods.
- Speaker #1
Moi, j'avais livré le bon marché vu que le confinement, c'est en mars. Donc,
- Speaker #0
ils avaient tout reçu.
- Speaker #1
C'était installé. Mais on n'a pas eu la saison.
- Speaker #0
Retail en crise et de manière générale, les personnes ne s'habillent plus. Tout le monde est en leggings et peut-être un petit top, une petite maille en haut. Plus personne, c'est l'énorme crise pour le prêt-à-porter et le maquillage. Donc toi, tu es en plein dedans.
- Speaker #1
Voilà, moi, c'est la totale. C'est-à-dire que, un, je ne suis pas organisée pour Internet. Tu vois, c'était le moment des DNVB, moi. Maintenant, on m'appelle DNVB.
- Speaker #0
DNVB ?
- Speaker #1
Oui, tu sais, c'est Digital Native.
- Speaker #0
Ah, Digital Native, oui. Oui, bien sûr, toi, tu n'es pas ça.
- Speaker #1
Je n'étais pas du tout ça. Maintenant, on parle d'admiss, tu vois, comme une DNVB. C'est faux. C'est complètement faux. Je me suis ramenée dans le truc pour ne pas déchanter. Je ne suis ni digitale ni le produit qu'on veut acheter. C'est très compliqué. Je me digitalise pendant le Covid avec mon équipe. On se fait des calls le matin, on réfléchit. On refait un packaging pour les envois Internet. On en était là. Notre packaging était à peine existant. On fait toute cette stratégie des NVB. Ce qui était hyper... positif quelque part. Différentes communications aussi sur les réseaux parce que pousser des produits à vendre vraiment direct, etc. Je vois certaines marques qui, elles, étaient des NVB qui explosent parce qu'eux, ils avaient tout.
- Speaker #0
Ils étaient prêts.
- Speaker #1
Eux, c'était une chance.
- Speaker #0
Toi, tu ressens quoi à ce moment-là ?
- Speaker #1
Je n'ai pas conscience de tout. Il y a le PGE, le faux ami.
- Speaker #0
Les aides de l'État.
- Speaker #1
On dit, les banquiers, tout de suite, prenez le PGE, prenez le max. C'était ça qu'ils disaient.
- Speaker #0
Prends de l'argent.
- Speaker #1
Ils disaient, prenez le max. Et vous verrez après.
- Speaker #0
Tu verras si tu peux repousser.
- Speaker #1
En 2026, je regarde la caméra à droite. Non mais en 2026, c'est pourquoi toutes les entreprises, entre autres, sont en difficulté. On a pris le max et derrière, personne ne le rembourse. Tu vois, on prenait le max. Bref, on avait quand même tous eu de l'argent.
- Speaker #0
Donc tu as ce message un peu du banquier qui est là, ça va aller.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Tu ne te prends pas compte à quel point le creux va être profond.
- Speaker #1
On ne tient pas compte combien de temps ça va durer. Donc je ne sais pas à quel point, surtout les habitudes au travail vont changer. Je me dis bon, pendant un mois, ils ne vont pas travailler, on y retourne demain. Je ne pensais pas que pendant deux ans, on allait être à moitié reconfinés, déconfinés, reconfinés. Que les gens ne veulent plus aller au bureau parce qu'en fait, ça les fait chier et qu'ils ont mieux dans leur salon. que du coup, ils peuvent être en pyjama en bas et puis il faut trop... Entre en haut, comme tu dis, un truc. Un petit pull. Voilà, ça ne se voit pas très bien dans la caméra. En réalité, ça ne ressort pas forcément.
- Speaker #0
Et puis, tout le monde perd un peu le goût de l'habiter. Oui,
- Speaker #1
totalement. Donc, ce qui se passe, c'est que j'ai la chance de réagir vite. Et donc, je me dis, il faut que je me sépare de ma boutique des Batignolles. À peine fermée. J'avais fait des travaux et tout. Donc,
- Speaker #0
plein d'enquêteurs t'accusent de la perte.
- Speaker #1
J'arrive à revendre le bail quand même. Ça rembourse plus ou moins mes travaux. C'est une opération à peu près neutre.
- Speaker #0
Ok. Ça sort bien.
- Speaker #1
Pas mal. Je repars. J'ouvre mon autre boutique. Mais on la referme, on l'ouvre, on la referme. Si tu veux, pour te dire, j'ai été contactée par la mairie de Paris. Je pense que cette campagne date de 2021. C'était une campagne autour de retourner dans les commerces, en gros. Et ils avaient demandé à différentes marques. Tout, ça pouvait être des légumes. Mais moi, ils étaient venus filmer pour cette pub à la boutique. Pour te dire que quand même, pour que la mairie de Paris finance une campagne.
- Speaker #0
Oui, il y avait plein de jeux.
- Speaker #1
Pour faire que les gens retournent dans les commerces et que ça n'allait pas bien. Et là, la boutique, elle est quand même repartie avec le temps et tout. Mais surtout, je me suis mise à vendre énormément en ligne.
- Speaker #0
Donc progressivement, ton mix a évolué jusqu'à ce que tu décides de fermer. Et là,
- Speaker #1
j'ai fermé en septembre. Mais ce n'est pas tant que la boutique marchait ou ne marchait pas. C'est juste que moi, j'ai déménagé à Lyon il y a deux ans, deux ans et demi.
- Speaker #0
Encore un impact du Covid.
- Speaker #1
Voilà. Et que je n'arrivais plus à... Comme cette boutique était un peu mon centre, c'était un peu le centre. J'étais trop loin de mon centre. Donc je n'arrivais plus à être... alignée avec ce que je faisais. Et c'est pour ça, surtout que j'ai fermé la boutique, c'était pour recentraliser à Lyon les choses et repartir sur des bonnes bases. Quand j'étais à Paris, la boutique, elle marchait moins qu'avant, mais quand même, elle marchait. Elle marchait quand même, cette boutique. Je l'aime beaucoup, la boutique. C'est juste que je ne peux pas me diviser en deux. C'est pas une assez grande boîte pour ça.
- Speaker #0
Est-ce que ça te manque ? J'ai pu avoir justement le flagship, ce côté reconnaissance du pas de porte.
- Speaker #1
Non, parce que pour moi, je me suis rendue compte que c'est beaucoup de galère de gérer, surtout avec tes vendeuses, etc. En fait, une boutique physique, tu ne peux jamais être pas là.
- Speaker #0
Oui, il faut toujours être présent.
- Speaker #1
Et maintenant, ça me fait rire. Je suis passée récemment à Lyon, il y avait un petit panneau fermé exceptionnellement aujourd'hui sur la boutique. Et ça m'a fait un soulagement à moi-même pour les fois où on a dû mettre ce petit panneau. Tu culpabilises de ne pas être là tout le temps parce que ta vendeuse, elle est malade. Toi, tu n'es pas dispo et tu n'as pas trouvé quelqu'un là en urgence parce qu'il y a du droit du travail. Bien sûr. Donc en fait, non, tu ne demandes pas à n'importe qui de tenir ta boutique.
- Speaker #0
Tu peux pas.
- Speaker #1
Et bah moi, ce petit panneau sur la porte où tu reçois un message Instagram, je suis passée aujourd'hui, la boutique était fermée et tu t'es engueulée, vraiment. Et toi t'es là, mais en fait je suis qu'un humain, je suis désolée. Ça c'est un soulagement quoi.
- Speaker #0
Ce qui est vicieux avec ça, c'est que les boutiques qui ne sont pas ouvertes avec des grandes amplitudes horaires fonctionnent moins bien. Ah oui ? Parce que même si les boutiques ne sont ouvertes qu'au moment où t'as 95% du trafic, les 5% de... Autres vont être frustrés et ça va générer un...
- Speaker #1
Un bad buzz.
- Speaker #0
Un vraiment bad buzz, oui. Donc oui, c'est énormément de pression. Tu te sens plus légère, plus alignée. Tu t'es recentrée à Lyon. Et comment tu gères ? Comment est-ce que ton business a évolué dernièrement ? Et qu'est-ce que tu as remarqué sur les dernières tendances ?
- Speaker #1
Sur le Covid, comme je te dis, il n'y avait plus de demandes pour moi sur le tailleur. Donc là, j'ai diversifié énormément mes produits pour survivre. sans me rendre compte exactement de ce que je faisais donc je me suis éloignée de mon sens de pourquoi je faisais admise je suis allée jusqu'à fabriquer et vendre mes maillots de bain j'adore la manière dont tu le fais j'ai
- Speaker #0
fait du maillot de bain.
- Speaker #1
Non mais quand même.
- Speaker #0
En vrai, ce qui est chaud avec le maillot de bain, c'est que c'est un business très à part, c'est des matières très à part, c'est des friseurs.
- Speaker #1
Mon atelier faisait des maillots de bain pour une marque d'une fille qui était une influenceuse. Je me disais, on sait faire des maillots de bain. Je me dis, de toute façon, comme les gens ne veulent plus de tailleur, faisons des maillots de bain. Mais bon, je me suis complètement perdue. Parce que...
- Speaker #0
C'est vrai que tout de suite, ça marche moins bien avec le discours de te sentir bien pendant tes entretiens d'embauche ou dans la vie pro.
- Speaker #1
Je n'avais plus de discours. Je ne savais plus ce que je faisais. Mais ça, c'est venu pareil. C'est assez insidieux. En fait, tu ne te rends pas compte, tu ouvres un petit bon, là, je vais faire un sweatshirt. Oui, un sweatshirt avec un pantalon tailleur, ça peut aller. Et puis, à la fin, tu regardes ta collection et tu es là, bon, bonne vacances. Et donc là, j'ai mis pause, je me suis dit, OK, attention, admise, ce n'est pas ça. Donc, j'ai fait tout un travail sur la plateforme de marque pour me recentrer, me redemander quel était mon message, qui était la femme admise, à qui j'avais envie de parler. Et là, j'ai compris et j'ai fait plusieurs choses. Ça m'a pris du temps, mais tu vois, la marque continue à tourner. J'ai une clientèle depuis dix ans qui est fidèle, qui aime le produit et tout. Donc, ça, j'ai pu le faire à côté, enfin, en parallèle. Je me suis rendue compte que je ne connaissais plus trop ma cliente. Tu vois, je m'étais un peu... Pour mille raisons, mais entre autres parce qu'au démarrage, j'ai fait beaucoup d'influence, beaucoup de presse, beaucoup du monde du cinéma, beaucoup de tout ça. finalement, ce n'était pas ma cliente, ce n'était pas la femme admise, mais ça faisait de la visibilité.
- Speaker #0
Qui te permettait, du coup, de te faire connaître auprès de ta cible.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
mais c'est sûr que quand tes tailleurs sont sur 10% pour la magnifique Camille Cotin, c'est pas mal.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Ça fait plaisir, en plus.
- Speaker #1
Exactement. Là, il s'avère que le rôle, en plus, de Camille Cotin, si ça, ce n'est pas exactement la femme admise, une vraie femme d'affaires qui n'a pas froid aux yeux, clairement, c'était parfait. Donc là, à la limite, en plus, tu vois, je trouve que le message, il parle vraiment à ma cliente, mais... Tu vois, habillée, une actrice pour un tapis rouge, etc. Oui, ça fait rêver, mais je me suis rendue compte que j'étais partie un peu aussi dans... Ah, tu fais la Une de Vogue, t'as un article dans L'EL, un peu les paillettes, mais je me suis éloignée de ma cliente. Je savais plus trop... J'étais plus cette fille du droit, j'étais devenue cette fille de la mode. Tu vois ?
- Speaker #0
Et qui, du coup, paraissait peut-être un peu trop hors-sol par rapport à ta cliente.
- Speaker #1
Je pense pas que la cliente... Mes clientes m'ont trouvé hors sol, mais moi, j'étais vraiment hors sol. Vraiment. Donc, je ne pouvais plus comprendre ma cliente. Je la connaissais moins, vu que ce n'était plus complètement moi. Donc, j'ai voulu me réintéresser à ma cliente. Après que le Covid m'ait mis aussi des petites claques.
- Speaker #0
Ce n'est pas facile. Tu vois, il faut être indulgente avec toi-même parce que tu évolues dans le milieu de la mode, qui est quand même un milieu qui se veut segmentant.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et donc, tu as envie, toi, d'être dans les dernières tendances. Donc, ça t'oblige finalement d'aller chercher, d'être un peu sur ce bord qui tire vers le haut ta clientèle parce que tu ne veux pas être quelconque en fait.
- Speaker #1
J'ai cherché longtemps. Pour moi, mettre le tailleur sur une mannequin dans un bureau, ce n'était pas faire rêver ma clientèle. Parce que moi, je me disais, ok, si elle a un métier très sérieux que je connais très bien, le droit, etc. Je voyais ma mère, avocate en droit du travail, quand j'entrais dans son bureau, un peu sans prévenir, elle n'était vraiment pas disponible. C'était une métisse sérieuse, on n'est pas là pour... Et je me disais, ok, moi je veux lui faire... Quand elle met les vêtements admis, c'est sa part de rêve, c'est sa part de fantaisie dans sa journée. Quel est ça ? Mais du coup, si je lui mets le tailleur là, dans un bureau, c'est trop premier degré, ça la renvoie à ce... ce qu'elle est. Enfin, c'est pas ce qu'elle est, c'est pas bien, mais c'est pas fun, quoi. Sauf que si je mets le tailleur sur une plage, sans nu, t'es complètement à côté de la plaque.
- Speaker #0
Ça fait très pub Prada, mais ça marche moins bien.
- Speaker #1
Une pub Hermès, là, avec le cheval et la pomme, tu vois. Donc, comment trouver cet équilibre entre faire rêver et être sur un... secteur de la mode très sérieux. Ça, c'est très difficile.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en plus, ce sont des... Tu parles beaucoup du milieu des avocats. Moi, je pense aussi à la banque, à l'assurance, à un audit, conseil, où c'est des milieux qui sont très difficiles pour les femmes, parce que même si ça s'ouvre un petit peu, c'est le mâle blanc de son content qui décide.
- Speaker #1
Et j'habille aussi beaucoup de femmes dans les fonctions publiques. De la politique, des métiers où les femmes doivent s'imposer pour exister, parce qu'on ne leur ouvre pas les grandes portes.
- Speaker #0
S'imposer sans faire trop de bruit, parce que sinon elles vont être tout de suite cliquées. Tu me parlais de ce livre que tu es en train de lire.
- Speaker #1
Sur les tenues des femmes de pouvoir en politique et sur la difficulté qu'elles ont eu à ne pas être... En fait, elles sont commentées sur leurs tenues. systématiquement, encore aujourd'hui, par la presse, ce qui n'est pas le cas des hommes, jamais. Et ça, c'est un truc qui est complètement dingue. Il y a l'exemple de Roselyne Bachelot qui, un jour, a mis un tailleur rose et maintenant, elle est caricaturée en permanence en rose.
- Speaker #0
C'est presque devenu sa marque de fabrique, mais ce n'était pas partie d'une bonne intention.
- Speaker #1
Et Elisabeth Guigou, qui, à l'époque, était... C'est une très belle femme. Elle, elle était commentée sur ses jambes, ses collants, ses chaussures, son physique, avec des insinuations, etc.
- Speaker #0
Toujours, toujours. Et en même temps, c'est vrai que ça fait partie de ce sur quoi les personnes vont nous juger. Donc, c'est triste que pour les femmes, ce soit d'abord ça. de manière très flagrante. Et en même temps, ça fait partie des leviers sur lesquels on peut jouer pour avancer dans nos carrières. Toi, tu disais que tu as appris à connaître.
- Speaker #1
J'ai redécouvert ma cliente. Je suis redescendue de ce monde de pro-glam. J'ai dit que ça ne me plaisait même pas. Je me suis perdue. Je suis revenue. et là j'ai pris ma base de clientes et je suis allée taper un à un le nom des 300 dernières commandes sur LinkedIn pour voir qui était ma cliente. Et là, j'étais fière. C'était que des postes de direction, des femmes incroyables. J'étais là, wow, c'est ça. En fait, ma cliente, elle est trop stylée.
- Speaker #0
C'est que des patronnes.
- Speaker #1
Oui, c'est que des patronnes. Et je les admire pas plus qu'une actrice. C'est pas le sujet, mais je les admire autant. Et vraiment, j'étais... Trop contente. Et là, vraiment, je me suis dit, mais déjà, tu as une... En fait, ma base de newsletter est genre dingue. Les femmes que je ne connais pas, mais que je connais.
- Speaker #0
Qui te suivent. Qui écoutent, qui suivent tes avances. Voilà.
- Speaker #1
Et donc, c'était que des posts de dingue. Elles sont toutes sur LinkedIn, tu vois. Mes clientes, en fait. Et moi, je ne parlais pas sur LinkedIn. Je me suis mis à parler il y a un an sur LinkedIn. Et ça explose, mon LinkedIn. Parce qu'en fait, elles étaient là, mes clientes, mais moi, j'étais sur Instagram. Je n'étais pas au bon endroit. Et donc, de tout ça, en leur parlant, entre autres à travers LinkedIn, beaucoup, j'ai échangé avec plein de personnes, plein de femmes qui m'ont expliqué leurs vraies problématiques au quotidien. Et là, j'ai compris que le tailleur n'était pas forcément le sujet, mais c'était plus d'être habillée bien pour aller travailler. Mais que le total look tailleur était trop complexe en réalité, au quotidien. Même si c'est d'ailleurs devenu un produit à la mode. Il n'y a pas un défilé sans des tailleurs.
- Speaker #0
C'est presque la tenue de soirée. La tenue de cocktail chic maintenant, je trouve. Surtout quand c'est des tailleurs de couleurs. Moi, je trouve ça magnifique. Oui,
- Speaker #1
pour les cérémonies. Et qu'en fait, elles étaient vraiment... Par contre, j'ai vraiment vu qu'elles sont assez perdues pour s'habiller, pour aller travailler. C'est vrai, c'est le cas. Malgré l'offre de prêt-à-porter qui est délirante, elles n'arrivent pas encore à trouver la bonne tenue pour aller travailler. Et c'est là où j'ai réinventé mon concept en me disant la difficulté que rencontrent les femmes, ce n'est pas tant d'avoir un goût, d'aimer des pièces, c'est de savoir les assortir, de savoir faire des looks qui fonctionnent. qui leur vont bien et qui sont adaptées à leur milieu professionnel.
- Speaker #0
Le mix and match est stratégique.
- Speaker #1
Voilà. Et donc, je propose tous les jours un look. Mon look pour aller travailler. Tous les matins, je mets mon look pour aller travailler. sur Instagram et je me suis lancée sur TikTok. Voilà. Et non, en parallèle, je fais une newsletter tous les vendredis, où là, je remonte les 5 looks de la semaine, donc lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, et l'accès, donc du lundi au vendredi, tous les matins, je poste mon look pour aller travailler. Et le vendredi, elles ont accès à toutes les pièces des looks de la semaine.
- Speaker #0
Le drop.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Le mot technique.
- Speaker #1
Exactement. Et ça, je l'ai aussi fait parce que c'est ce qui fonctionne. Moi, je ne peux pas me permettre de sortir 120 pièces par semaine.
- Speaker #0
Non, tu n'es pas un Zara.
- Speaker #1
Voilà, mais j'ai envie d'être dans le game. Aussi parce que c'est ce que veulent les clientes. Donc, j'ai trouvé cette manière aussi d'être là en faisant un look. Donc, c'est quand même vivant et de les proposer tous les vendredis. Mais en restant sur des quantités en réalité assez minimes.
- Speaker #0
On appelle ça confidentiel. Voilà. C'est les quantités confidentielles.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
A la fois, c'est génial parce que tu te donnes.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu n'es pas juste dans le design et le sourcing de belles matières pour faire des jolies tenues. Tu offres un service pour ta clientèle de bien assortir les pièces. Et moi, je trouve ça hyper précieux parce que je suis bien dans ta cible, je pense, un peu perdue sur comment s'habiller. Et je trouve ça très difficile quand je voyais des jolies pièces sur Internet. Moi, j'allais l'acheter et genre la chemise, ça n'allait pas. Alors peut-être que c'est parce que ce n'était pas assorti avec le bon pantalon, avec la bonne coupe ou parce que je ne l'avais pas accessoirisé comme il fallait. Mais ce que tu proposes avec ta newsletter, c'est précieux. Mais quel boulot !
- Speaker #1
Mais alors tu vois, parce que je me suis demandé comment je faisais mes looks. C'est tellement, je ne sais pas si inné le mot.
- Speaker #0
C'est agaçant, je ne veux pas dire. Parce que pour quelqu'un comme moi qui galère, je trouve ça très agaçant.
- Speaker #1
Ça fait depuis que j'ai 10 ans que je fais ça tous les jours de ma vie.
- Speaker #0
Donc, ce n'est pas inné. Non. C'est que ça fait 23 ans que tu le travailles.
- Speaker #1
Voilà. Et ça, en fait, j'ai une expérience énorme.
- Speaker #0
Comment tu as développé cet œil, justement ? Elle, c'est quoi ?
- Speaker #1
J'ai eu les magazines de mode à la maison. En effet, tous les magazines de mode sur la table basse que j'ai feuilletés depuis toujours.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
J'avais ma mère qui mettait à l'époque la minute défilée à la télé au JT.
- Speaker #0
Ok. Tu vois,
- Speaker #1
c'était le moment où tout le monde se terre dans la maison.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et surtout, j'ai... Donc ça, c'était vraiment ma base. Et j'ai vers, je pense que je devais avoir 14 ans, quand on avait les ordi fixes à la maison, qui se connectaient en faisant tout un bouclon. Ouais. C'était le début des blogs. Et là, j'ai découvert... Tu sais, tu passais sur Skyblog, d'une page à l'autre, t'avais des recommandations en bas. Moi, j'ai découvert des filles dans des pays nordiques qui se mettaient leur look. Et ça a été une révélation. C'était les premières influenceuses, si tu veux. C'était une passion. Et tu sais, sans fin, tu passais d'un profil à l'autre. Et j'ai découvert leur look à elles, qui sont hyper stylées, tu vois, les pays scandinaves. Et donc, j'avais plein d'idées de look comme ça qui me venaient. Et c'est comme ça que j'ai continué. Et puis après, ça a continué.
- Speaker #0
Toujours plus.
- Speaker #1
Donc, j'ai Pinterest. Enfin, je n'ai jamais arrêté, en fait, de parfaire mon œil. Et donc, maintenant, mais même moi, tu vois, j'ai les pièces. Et je ne me dis pas tout de suite, genre, OK, là, comment je m'habille ? Tu vois, je vais me dire, j'ai envie de mettre ce pantalon aujourd'hui. Je vais réfléchir deux minutes. Je vais me dire, je vais regarder tous mes hauts. Je vais me dire, tiens, celui-là, il peut marcher. J'essaye. Maintenant, je sais à peu près, ça va assez vite. Je peux peut-être changer deux fois de haut. Mais il y a 14 ans, ma sœur, elle me disait, tu changes à 100 fois.
- Speaker #0
Tu vois ? Un peu perfectionniste. Le temps, voilà, exactement.
- Speaker #1
Et parfois, tu vois, pareil, les chaussures, je vais me dire, tiens, dans ma tête, je sais déjà tout ce qui va aller. Mais j'essaye, je me dis, non, j'en change aussi, tu vois. C'est pas non plus...
- Speaker #0
Pendant que tu parles, je fais que regarder ta tenue et tous les détails. Voilà,
- Speaker #1
j'ai fait un truc très simple. Parce que j'habite à Lyon et je suis à Paris, j'avais pas envie de me balader.
- Speaker #0
D'avoir toute la valise.
- Speaker #1
Voilà. Et puis je cours partout, j'en profite pour faire plein de choses. Donc il faut que je sois hyper compétente.
- Speaker #0
Mathieu est très chic. Franchement, la tenue, elle est irréprochable.
- Speaker #1
Oui, mais elle est simple, tu vois.
- Speaker #0
Elle est simple et en même temps, c'est... Je n'ai pas envie de dire sexy parce qu'il n'y a rien de sexy, mais c'est ultra. Enfin, il n'y a rien de sexy. tu es une très belle femme mais je veux dire il n'y a pas un décolleté il n'y a pas une jupe courte enfin c'est un pantalon un t-shirt col rond et une veste mais c'est ultra féminin ça te met super bien en valeur enfin c'est bah quand j'ai refait ma plateforme de marque
- Speaker #1
Dans mes mots, dans mes... Vraiment les mots, les quatre mots que je voulais absolument garder, il y avait féminin. Tu vois, c'était hyper important pour moi parce que de ce passé où je trouvais que les tailleurs n'étaient pas féminins, je voulais garder cette identité de femme. Je veux garder cette identité de femme dans les looks que je propose. J'ai rien contre les looks androgynes, mais je vois pas pourquoi une femme devrait se déguiser en homme pour réussir. Et donc, c'est très important pour moi de garder ça.
- Speaker #0
Ni se déguiser, ni parler, ni se comporter, d'ailleurs.
- Speaker #1
Et après, j'aime beaucoup les looks monochrome, tu vois, par exemple. Je trouve que si tu as envie d'être élégante et que tu n'as pas le temps de réfléchir, c'est un truc qui fonctionne vachement bien. Tu te mets un pantalon, en ce moment, c'est vraiment la tendance du chocolat. Voilà, ma veste. Tu mets un pantalon marron avec un haut marron, tu vois, quelques bijoux. Ça fait très élégant, c'est simple, mais ça marche et tu ne réfléchis pas. Si tu n'as vraiment pas envie de réfléchir, tout en est cru l'été, tu vois. Ça marche super bien.
- Speaker #0
En fait, ce qui est chouette, c'est qu'avec ta newsletter, tes clientes, elles peuvent faire leur œil comme toi, tu l'as fait. Petit à petit, elles apprennent. Et puis, ce que j'aime bien aussi dans cette philosophie du vestiaire, c'est que tu ne mets pas juste... une veste une fois, c'est que finalement, ce mix and match te permet de recycler tes vêtements très régulièrement et de toujours se sentir un petit peu habillée différemment.
- Speaker #1
C'est ça. Moi, je n'ai pas tant d'affaires, en fait. Mon conjoint, il m'a dit, mais toi, tu n'es pas... On pourrait croire que, mais le placard, il ne déborde pas du tout. Je n'achète pas. Bon, après, c'est normal, je n'achète pas parce que j'ai... J'ai mes vêtements, donc c'est un peu la triche.
- Speaker #0
Je te le dis. Non, mais je n'achète pas beaucoup, finalement. C'est une béconnaissance. Il est juste une usine à moi. Je n'ai pas un placard, j'ai une usine. Une petite alliée avec un atelier. Et moi, ce que je trouve quand même, c'est que ta admise, c'est assez parisien. C'est un chic à la parisienne. Donc, il y a beaucoup de sobriété, pas mal de douceur. Est-ce que... Je dis ça parce que moi, j'ai grandi en Australie et la définition du chic n'est pas la même du tout. Est-ce que toi, tu te laisses influencer par la mode américaine, anglaise, où tu disais scandinave ? Ou est-ce que tu trouves qu'il y a des tendances qui peuvent bien plaire pour... Non,
- Speaker #1
mais c'est hyper difficile. Pareil, j'ai vachement progressé parce qu'avant, je pense que j'étais un peu snob. Parce que très parisienne, née à Paris. Je ne l'ai pas choisi. Je suis née dans le 14e. Ça existe de naître à Paris, de faire toute sa scolarité dans Paris. Ce n'est pas de ma faute. Il y a des gens. Ils sont nés à Paris. C'est comme ça.
- Speaker #0
Mais on les aime bien aussi quand même. Voilà.
- Speaker #1
Et je pense que j'ai eu la chance de... Voilà, ma mère qui m'a amenée à beaucoup d'expos. J'ai été... J'ai grandi aussi dans l'atelier de mon grand-père. En fait, mon grand-père était bien habillé. Ils n'avaient pas beaucoup d'argent, mais ils étaient bien habillés. Ma grand-mère était toujours bien habillée. Et du coup, pour moi, c'était... J'ai eu du mal à accep... Le bien habillé, pour moi, il était dans ma définition. Et mon conjoint aussi me disait, mais en fait, c'est tes goûts. J'avais du mal à déconstruire ça. Tu vois, la définition du beau. Pour moi, j'aime les beaux, tout, dans tout. J'aime les choses belles, mais dans ma définition, en effet. Donc, je n'arrive pas à savoir si ma définition du beau est universelle ou non. Je n'ai pas raison, en fait. Mais pour moi, ça se voit. Il y a des choses, c'est quand... toute sa ligne, tu vois. C'est ça que je trouve beau. Mais dans de la danse, il y a des trucs, c'est évident, t'arrives, t'es là, dans des mobiliers, t'es des lignes où, tu vois, je sais pas, la personne, elle avait, elle a tout aligné, tout est parfait, quoi. Mais c'est mon goût. Alors, je sais pas, parce que d'autres verraient pas tout ça, donc... Donc, non,
- Speaker #0
les Etats-Unis, bah, à New York, c'est particulier. Il y a des filles ultra stylées et tout. Ah, mais Sex and the City, c'est pas tout à fait admissible, tu vois.
- Speaker #1
Non mais bon quand je vois Émilie in Paris les louis c'est drôle c'est rien à voir ça m'amuse moi mais je ne sais pas enfin si parce que le look de Sylvie Gratteau la directrice d'agence de Philippine le roi je trouve que c'est j'aime bien son style ah oui c'est plus parisien effectivement qu'Émilie voilà
- Speaker #0
Donc oui, toi, tu restes quand même très...
- Speaker #1
Aux Etats-Unis, je trouvais que les marques de vêtements, les boutiques m'ont beaucoup déçue. Alors qu'à New York, tu vois, je trouvais les filles stylées, mais elles ne s'habillent pas forcément dans des marques américaines. J'étais déçue par l'offre qu'on est meilleure en France.
- Speaker #0
Tu as des projets d'extension internationale ?
- Speaker #1
Pas tout de suite. Là, je voudrais me réinventer sur le retail, dans le sens où je voudrais faire des événements. sur des week-ends dans des villes de France, type Lyon, Bordeaux, Paris. Parce que, par exemple, je faisais un événement à la boutique qui s'appelle...
- Speaker #0
Tu n'as pas cité l'image, je ne comprends pas. Non,
- Speaker #1
je l'ai noté. Qui s'appelle Portrait Pro. C'est que je faisais venir un photographe à la boutique et on avait 20 clientes qui mettaient une tenue admise et on leur faisait leur portrait photo. pour leur LinkedIn, leur CV, etc. Et c'était un portrait stylé où on faisait la DA. Et ça, ça marchait super bien à la boutique. Je ne peux plus le faire vu que j'ai rendu la boutique. Mais mon idée, c'est de refaire des pop-up stores autour aussi de portraits pros. Faire l'événement photo, par exemple, pour lancer le pop-up le vendredi. Et puis, samedi dimanche, rester sur la boutique pour rencontrer les clientes de Taux de Vie. Ça, j'ai vraiment hâte de reprendre. Mais aussi parce que j'ai eu un petit bébé.
- Speaker #0
Mais oui !
- Speaker #1
Du coup, ça m'a un peu coupée dans mes déplacements. C'est aussi pour ça qu'être à Lyon, c'est important. Parce que moi, j'avais des parents qui travaillaient beaucoup. Beaucoup, beaucoup. Et je pense que je n'ai pas envie que ma fille, elle ne me voit pas trop.
- Speaker #0
Donc, petit rééquilibrage. Il y a de l'émotion dans tes yeux quand on parle. Je cherche. Ce n'est pas facile de trouver cet équilibre.
- Speaker #1
Ça, il paraît. Je ne comprenais pas quand on disait vie perso, vie proche. Moi, vie perso, elle va très bien. Ma vie pro, elle va bien. C'est avant que les sales gosses arrivent.
- Speaker #0
C'est ça, l'équilibre vie pro-vie perso. C'est pas que j'ai géré ton mec.
- Speaker #1
C'est ne pas abandonner tes enfants.
- Speaker #0
Ne pas avoir cette culpabilité. T'en veux ?
- Speaker #1
J'ai beaucoup de trucs sur LinkedIn. Sur la maternité, le travail, c'est compliqué.
- Speaker #0
C'est compliqué. Je dis toujours, le plus compliqué, c'est pas le congé mat. C'est le retour de congé mat. Et ça, dans la vie d'une femme, c'est d'une violence, je trouve.
- Speaker #1
En entreprise, je sais même pas, j'entends tellement de trucs dingues. Dont une amie qui m'a récemment témoigné justement en finance, de réflexion, de boomer, de l'enfer. Et j'ai la chance de ne pas être en entreprise, à mon retour de congé mat, d'être ma propre patronne. Moi, personne ne vient m'expliquer la vie. Mais ça a l'air compliqué.
- Speaker #0
Oui, mais tu as aussi tes clients, tu as la pression que tu te mets aussi. Ce n'est pas plus détendu, mais c'est vrai que...
- Speaker #1
Moi, je n'ai pas des réflexions fortes, désagréables et méprisantes à côté de la plaque. Et tu n'as rien le droit de dire, parce qu'en plus, sinon, tu te fais mettre au placard.
- Speaker #0
Oui, puis de toute façon, après, tu es agressive. Je suis forcément agressive. Moi, je me rappellerai toujours du directeur de site qui m'avait réaccueilli. Alors moi, ma fille... ne dormait pas quand j'ai repris le travail. D'ailleurs, il ne dormait toujours pas quand son petit frère est né. Moi,
- Speaker #1
elle ne dort pas beaucoup là. Je n'osais pas dire si ça se voit. Non,
- Speaker #0
ça ne se voit pas.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Non, tout est magnifique.
- Speaker #1
Elle a eu moi et...
- Speaker #0
C'est la pure.
- Speaker #1
Elle n'a pas décidé de dormir la nuit parce que c'est trop bien de...
- Speaker #0
De réveiller maman. De vivre. Moi, j'avais une théorie quand même qui était que comme je bossais beaucoup, ma fille se vengeait la nuit et voulait me voir la nuit. Et du coup, c'est pour ça que j'avais droit à plusieurs réveils. mais en tout cas elle me rappelle toujours de ce premier jour où j'avais pas dormi de la nuit où vraiment c'était je suis arrivée comme un zombie et le directeur de site me dit c'était bien tes vacances ? je dis mais quelles vacances ?
- Speaker #1
non mais ton congé mat bah non et bah non c'est plus ou moins la même réflexion qu'elle s'est prise mon amie tu vois mais toujours mais tu vois je suis très contente que les hommes aient de plus en plus de congés paternité moi j'ai cette chance c'est que mon conjoint il s'occupe à 50-50 même plus parfois, enfin il n'y a pas de règles mais je ne suis pas du tout je n'ai pas de charge mentale enfin je ne suis pas plus que lui pas moins, on a une charge partagée Par contre, ce qu'il n'a pas, c'est l'accouchement. Tu te remets, ton corps. Ça, c'est lourd. Moi, personnellement, j'ai eu des points de suture. C'était quand même difficile. Ton corps, il doit cicatriser. Il y a un camion qui t'est passé dessus. Physiquement, je suis sportive.
- Speaker #0
Et les hormones qui te font...
- Speaker #1
Ça, il n'y a que nous.
- Speaker #0
En tout cas, plein de belles choses à imaginer pour Anne-Mise. Des événements. des capsules qui sortent régulièrement avec des idées de looks. Donc, abonnez-vous à la newsletter Admise. Je finis toujours l'épisode par trois questions rituelles. La première, c'est je t'offre un panneau d'affichage dans la ville de ton choix. Qu'est-ce que tu y affiches ? C'est ton message au monde. Alors, ce n'est pas faire une pub Admise.
- Speaker #1
Ah non, pas du tout.
- Speaker #0
Ce n'est pas ça que je veux dire. Non, je crois qu'il y a un message que j'ai... Lui, il n'y a pas si longtemps, et que j'aurais aimé lire plus tôt, donc je le donne au monde,
- Speaker #1
c'est « La réussite est en toi » . Et en fait, j'entends par la réussite, ce n'est pas ta réussite professionnelle forcément, c'est la réussite de ta vie, de ton bonheur, de ta réussite. Et « est en toi » , c'est que si tu n'arrives pas à atteindre des choses, tu as la solution en toi, ton bonheur est en toi. Et que finalement, si...
- Speaker #0
tu ne l'attends pas, ou si tu ne l'attends pas comme tu voudrais, tu as les clés en toi pour atteindre ce bonheur ou cette réussite. Évidemment, je parle en période hors guerre. Bien sûr. Je te parle d'une période sereine où il n'y a pas des choses indépendantes de ta volonté. Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Quand tout va bien par ailleurs.
- Speaker #0
Voilà, attention à ce que je dis. Mais ce que je pense sincèrement, et tu vois...
- Speaker #1
On a les ressorts, finalement.
- Speaker #0
Ça relie le début de l'épisode où, tu vois, passer dix ans en psychanalyse, faire du tantra, faire l'EMDR, faire tout ça. C'est des cadeaux à moi-même pour être quelqu'un, aujourd'hui, de bien dans mes baskets, etc. Et ça, tu vois, je pense que j'aurais pu passer une vie à côté de moi-même. Alors que ma réussite, elle était en moi. Il fallait aller la chercher, ma réussite, tu vois.
- Speaker #1
C'est beau ce que tu dis. Non, mais c'est émouvant, en fait. Quand je t'entends dire ça, c'est un parcours que l'on doit tous faire avec plus ou moins de facilité, plus ou moins d'obstacles, plus ou moins de trous sur la route. Et je suis ravie d'entendre que pour toi...
- Speaker #0
Non, mais en tout cas, ça demande du courage de faire ce parcours. Donc, ce que je dis au monde, c'est quand je dis ça, c'est... OK, ça fait peut-être peur, mais une fois qu'on est lancé, ça soulage.
- Speaker #1
Et ce que tu avais dit était très chouette aussi sur le fait qu'en tant qu'entrepreneur... tu étais obligée quotidiennement à aller au-delà de ta zone de confort et à aller chercher les limites te pousser c'est ça aussi, la confiance en fait c'est pas une fée qui nous la met sur notre berceau alors pour certaines personnes c'est plus ou moins facile et en même temps c'est plus plus tu vas justement faire des choses un peu difficiles, plus tu développes ta confiance.
- Speaker #0
Et j'ai cherché le courage en effet à plein de moments j'ai dû me dire courage, vas-y Parce que ça me faisait trop peur, mais je n'avais pas le choix.
- Speaker #1
En fait, c'était ça, ou s'ennuyer terriblement dans une carrière qui ne te plaisait pas.
- Speaker #0
Ça, je ne saurais pas. Ou si, je suis jeune, je peux encore changer de carrière. Parce qu'on ne fait plus la même chose toute sa vie, je crois. Moi, qu'avant. Mais à l'époque, oui.
- Speaker #1
Tu as eu le courage de la traiter, moi, je trouve.
- Speaker #0
Oui, mais je crois qu'aujourd'hui, je suis plus adaptée au monde de l'entreprise. Je serais plus adaptée maintenant parce que je suis devenue quelqu'un de normale. Je me suis réalignée.
- Speaker #1
En tout cas, tu es devenue Zoé. Si justement, tu revoyais dans le temps et que tu te retrouvais face à Zoé dix ans, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #0
Le truc, c'est que cette question, je me dis, est-ce que Zoé... Je sais ce que j'aimerais lui dire, mais est-ce qu'elle le comprendrait dans son environnement de l'époque ? Non. C'est ça le problème. Mais je peux lui dire. Mais elle ne comprendrait pas.
- Speaker #1
Et tu as envie qu'elle sache quoi ?
- Speaker #0
Je lui dirais, tu as le droit d'être heureuse. Mais je ne sais pas si elle le comprend.
- Speaker #1
Ok. Dernière question. J'ai l'impression que tu as le droit d'être heureuse. Il faut qu'on se le répète même encore très régulièrement. Dernière question, si tu n'avais pas peur d'échouer, qu'est-ce que tu lancerais demain ?
- Speaker #0
Attends, déjà ? Moi, je suis très sensible. J'ai un problème de sensibilité. Non, c'est vrai, c'est juste qu'il faut encore que je me répète ta raison. Alors, attends, c'est intéressant. Comme une phase. Je suis très proche. Mais je suis en train d'arriver vraiment à ça. Et c'est la maternité aussi qui m'a vachement donné le droit d'être heureuse. Mais du coup, tu vois, c'est vraiment en effet un dernier petit alignement. Bientôt, je te le dirai sans émotion.
- Speaker #1
Belle cette émotion, franchement.
- Speaker #0
Répète.
- Speaker #1
C'est juste.
- Speaker #0
On n'est plus dans le pot.
- Speaker #1
T'es dans le dur. T'es dans le dur. Là, t'es encore dans le dur. C'est mieux qu'il y a six mois.
- Speaker #0
Mais t'es encore dans le dur. Ça me paraît beaucoup mieux.
- Speaker #1
C'est les années les plus dures. Et c'est aussi des années qui te font complètement... qui nous transforment.
- Speaker #0
De ouf ! C'est incroyable. Malgré mes dix ans de psychanalyse, ma grossesse... Je suis toujours avec la même depuis dix ans. Comme tu dis perfectionniste.
- Speaker #1
Mais ça fait du bien d'avoir ce sens.
- Speaker #0
Et enceinte, j'ai eu des prises de conscience dingues. J'ai accéléré mon processus. C'est fou. C'est incroyable. Mais il y a un truc qui s'appelle, j'ai lu, c'est la matricence. C'est comme l'adolescence. Quand tu es enceinte, ça débloque vraiment des trucs psychologiques de ouf. La question, c'est... Est-ce que... Si je pouvais faire ce que je voulais ?
- Speaker #1
Si tu n'avais pas peur d'échouer, quel projet tu lancerais demain ? Mais si tu n'en as pas...
- Speaker #0
Paraitre.
- Speaker #1
Elle est en train de participer à un projet pro. Ou berceux. Est-ce que pour toi, je pose une dernière autre question ?
- Speaker #0
Là, comme ça, si...
- Speaker #1
S'il n'y a rien qui te va...
- Speaker #0
Mais c'est pas que j'ai pas peur d'échouer en plus.
- Speaker #1
Oui, je pense. C'est peut-être pour ça que ça ne résonne pas.
- Speaker #0
Parce que j'ai pas peur d'échouer ?
- Speaker #1
Non, mais de toute façon, t'es dans le test-and-learn tout le temps, toi.
- Speaker #0
Je suis...
- Speaker #1
J'ai plus peur d'échouer. Je suis vraiment gourou.
- Speaker #0
Je suis vraiment que j'ai plus peur de l'échec. J'ai déjà tout... Je vais te répondre. Repose la question, je vais te répondre.
- Speaker #1
Dernière question. Si tu n'avais pas peur d'échouer, quel projet tu lancerais demain ?
- Speaker #0
Écoute, j'ai tellement échoué et réussi dans ma vie. J'ai tout. J'ai échoué, réussi, réussi, échoué. Je n'ai plus peur d'échouer. Donc, j'ai peur de rien. Donc, je n'ai pas peur. Donc, là, je ne sais pas. Mais il y a plein de choses que je peux tenter. Voilà.
- Speaker #1
Suivre tes aventures sur LinkedIn, sur Insta. Exactement.
- Speaker #0
Je tenterai ce que j'ai envie de faire au moment. Et peut-être que j'échouerai. Et peut-être que je réussirai. Et je ferai autre chose, du coup. Etc. T'es un kangourou.
- Speaker #1
Je valide. Bravo. Merci Zoé d'être venue sur le podcast. C'est un vrai plaisir. Retrouvez Zoé sur LinkedIn, sur Instagram, avec le compte Admise Paris. Inscrivez-vous à la newsletter. Merci beaucoup d'avoir suivi cet épisode. Vous pouvez laisser une évaluation 5 étoiles si cet épisode vous a plu. Et n'oubliez pas de le partager à vos amis qui ont besoin d'une petite dose d'inspiration. Merci et à très vite.