- Speaker #0
Bienvenue chez The Patronne, le podcast qui démystifie la réussite. Ici, le syndrome de l'imposteur se transforme en courage et la chance se provoque.
- Speaker #1
Je suis Elvire, coach en leadership, je suis ravie de t'avoir parmi nous. N'hésite pas à liker et partager et enjoy.
- Speaker #0
Aujourd'hui, j'accueille Céline Daugenet. Céline, tu es la cofondatrice de Simon Media. Tu en es aussi la showrunner, showrunneuse. Et Head of Social chez Prisma, puisque Simone Média appartient au groupe Prisma, qui a notamment Femmes Actuelles.
- Speaker #1
C'est ça, Géo, Télé Loisirs.
- Speaker #0
Voilà, super. Bienvenue sur The Patronne.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Alors Céline, tu as un parcours très atypique, et notamment pour The Patronne, puisque un parcours dans les médias, j'en ai pas eu beaucoup. En tout cas, j'ai pas eu beaucoup d'invités avec un parcours dans les médias. Tu as démarré en tant que journaliste.
- Speaker #1
Je suis toujours journaliste, oui. Tu es toujours ma carte de presse.
- Speaker #0
Toujours ta carte de presse. Alors, raconte-nous, quels ont été les différents... Si tu pouvais nous faire un petit résumé des différentes étapes, des maisons, des chaînes. Je sais que tu as eu un grand passage chez Canal. Comment c'est... Si tu pouvais résumer ton parcours pro.
- Speaker #1
Comment résumer mon parcours pro ? En fait, j'ai commencé par un stage sur LCI, sur une émission culturelle qui était présentée par Stéphane Blakowski à l'époque. Et là, j'ai rencontré un rédacteur en chef qu'ensuite j'ai suivi, qui s'appelle Fabrice Pierrot, que j'ai suivi pendant des années, à la fois chez Canal, à l'édition spéciale, l'émission du midi, puis après à C'est à vous, puis après au Grand Journal. Et ensuite, on a chacun fait des chemins différents. Donc j'ai une quinzaine d'années en parcours télé, beaucoup pour des émissions quotidiennes d'infotainment. Donc, type, c'est à vous, le grand journal. J'ai aussi travaillé dans des émissions, plus de divertissement, avec Camille Comballe, notamment. J'ai eu plusieurs vies de journaliste.
- Speaker #0
Et justement, avec Camille Comballe, tu étais éditrice en chef ?
- Speaker #1
Oui, j'étais rédactrice en chef. Rédactrice en chef,
- Speaker #0
pardon. Et qu'est-ce que ça veut dire d'être rédacteur en chef d'une émission à la télé ?
- Speaker #1
Rédacteur en chef, c'est un peu le chef d'orchestre de l'émission. donc c'est la personne qui est la plus qui a la responsabilité aussi de ce qui se dit, notamment quand c'est en direct, mais aussi quand c'est dû différer. On ne travaille jamais tout seul, on est entouré souvent d'une rédaction avec des journalistes, on échange avec eux et on tranche sur les sujets qu'on va choisir. Donc c'était le cas pour quand j'étais rédactrice en chef adjointe du Grand Journal, c'était aussi le cas pour Camille. Et souvent ce sont les rédacteurs en chef ou les producteurs éditoriaux qui sont dans les oreillettes des animateurs qu'on voit à la télé, donc ils soufflent. Qui soufflent, qui sont un peu les maîtres du temps aussi, qui doivent gérer ce qu'on ne voit pas, mais aussi parfois des problématiques techniques en régie où on n'a pas les images qu'on devrait avoir et l'animateur compte dessus, donc il faut réagir vite. Souvent en régie, on n'a qu'une équipe qui est une dizaine de personnes. Tout ça, c'est du stress, mais c'est du bon stress. Une fois qu'on a fait ça... On peut faire plein d'autres choses.
- Speaker #0
Ce qui est intéressant dans la description de cette émission, c'est qu'il y a ce côté stratégie, vision, ligne éditoriale, qu'est-ce qu'on veut raconter, comment ça vient s'intégrer dans le fil rouge de l'émission, et aussi tout ce que tu viens de décrire qui est très dans l'opérationnel, gestion de l'urgence, s'adapter. C'est une gymnastique intellectuelle assez dingue.
- Speaker #1
Sur les émissions quotidiennes, souvent on a... Conférence de rédaction tous les matins où on vient valider ou choisir les sujets qu'on va traiter dans la journée. On fabrique l'émission toute la journée et le soir ou le midi, ça dépend de l'horaire de l'émission, on est dans l'opérationnel et une fois que c'est terminé, on recommence. Et tous les jours, c'est assez intense comme rythme. C'est assez chouette parce qu'en fait, on se remet en question tous les jours. Donc si on a fait une mauvaise émission, ce n'est pas grave, il y en a une autre qui arrive le lendemain.
- Speaker #0
Il peut se rattraper.
- Speaker #1
Il peut se rattraper. Maintenant où je travaille sur les réseaux sociaux, on a un peu cette logique-là de quotidienne. C'est-à-dire qu'en fait, tous les jours, on publie des contenus et tous les jours, on fait une conférence de rédaction. Voilà, on a un peu le même... J'ai un peu utilisé ce que j'avais fait avant. Et maintenant, dans mon nouveau travail sur les réseaux, on travaille un peu de la même façon.
- Speaker #0
Oui, parce que justement, tu as créé ce média, Simone. Oui. Comment est arrivée cette idée ? D'où s'est sorti ce beau bébé ?
- Speaker #1
C'est sorti... Je travaillais en télé, j'avais un peu l'impression d'avoir fait le tour des émissions dans lesquelles j'avais travaillé. Et je faisais le constat qu'il y avait un peu toujours les mêmes invités dans ces émissions, et souvent une sous-représentation des femmes. Et je me rendais compte aussi que moi, et autour de moi, les gens désertaient un peu les médias traditionnels, commençaient à... à être beaucoup sur les réseaux sociaux et je me suis dit pourquoi pas créer quelque chose, un média qui soit à destination des femmes, qu'on voit. pas ailleurs et qui s'adresse aussi à une cible peut-être assez jeune et c'est comme ça qu'est né Simone. Et il y avait un troisième constat c'est que moi je me retrouvais pas dans les médias féminins qui existaient et qui existent toujours d'ailleurs.
- Speaker #0
Tu te retrouvais pas dans Femmes Actuelles ?
- Speaker #1
Alors je travaille aussi pour Femmes Actuelles donc c'est compliqué de... Par parenthèse,
- Speaker #0
moi, Femme Actuelle, ça a été le magazine que j'ai regardé toute mon enfance. C'est le seul qu'on recevait.
- Speaker #1
Et ça reste aujourd'hui le premier magazine féminin en termes de distribution. Mais moi, je ne me reconnaissais pas dans les rôles modèles qu'on voyait, par exemple, dans les magazines féminins. Je trouvais que c'était très culpabilisant. Il n'y avait pas d'identification pour moi. Je ne me retrouvais pas dans ces magazines-là. Et je me suis dit, tiens... Il y a plein de femmes super intéressantes à qui on ne donne jamais la parole. Et c'est un peu comme ça que Simone est née. L'idée, c'était de donner la parole aux femmes qu'on ne voit pas ailleurs.
- Speaker #0
Il y a cette idée de média féministe alors que ça n'était pas tant que ça à la base. Comment est-ce que cette étiquette féministe, comment elle est arrivée et comment tu la vis ?
- Speaker #1
En tout cas, moi, je n'ai pas conscientisé. Je ne me suis pas dit que je vais créer un média féministe. Il se trouve que je me suis découverte. C'est une étiquette qu'on nous a collée et que j'assume maintenant totalement aujourd'hui. Je crois que Simone s'est née juste après MeToo. Donc, en fait, il y avait aussi une question. Et puis, en fait, on a très vite parlé de l'égalité homme-femme, du leadership, de l'émancipation féminine. qui sont des sujets qui sont éminemment féministes. Les gens se sont appropriés ce média et en ont fait quelque chose qui, moi, me dépasse aujourd'hui. Mais je trouve ça génial que chacun se soit emparé de cette proposition-là. Et ça lui a permis aussi de grandir et de devenir aujourd'hui le média féminin qui est le plus engagé sur les réseaux sociaux et le plus engageant, c'est-à-dire qu'en fait, on a ce qu'on appelle le taux d'interaction le plus haut pour les médias féminins.
- Speaker #0
Et une communauté de plus de...
- Speaker #1
On est autour de 1,5 million d'abonnés, tout réseau confondu de Facebook en passant par Instagram, TikTok, Snapchat. 1,5 million,
- Speaker #0
c'est énorme.
- Speaker #1
Et on parle à des femmes qui ont des âges très différents. Simone s'est identifiée dans les collèges et les lycées et s'est identifiée aussi des femmes qui ont mon âge. Moi, je suis une quarantenaire. Donc, c'est hyper chouette de se dire en plus que c'est multigénérationnel et que ça favorise aussi la discussion entre des générations de femmes qui ont... qui n'ont pas toutes la même perception de ce qu'est le féminisme, par exemple, et de l'engagement.
- Speaker #0
Donc c'est très fédératoire.
- Speaker #1
Oui, en tout cas, on essaye de favoriser le dialogue à la fois entre les générations et aussi entre les hommes et les femmes. Au début, on disait « Simone, c'est un média inclusif » , et quand on disait « inclusif » , on pensait « inclusif pour les hommes » , alors que l'inclusion, souvent, c'est l'inverse.
- Speaker #0
Vous êtes accepté, messieurs.
- Speaker #1
Voilà. Non, on est très attachés au côté grand public de ce média féminin. Et de donner la parole à des gens qui sont très engagés, des activistes. Notre rôle, ce n'est pas de se substituer ni aux associations, ni aux activistes, aux personnalités. C'est vraiment de donner de l'écho et de la visibilité à ces gens-là, et aux femmes en particulier.
- Speaker #0
Aujourd'hui, une communauté de plus de 1,5 million, toutes plateformes confondues. et en même temps t'es partie de rien de rien du tout comment ça s'est fait déjà parce que c'était ton idée tu avais cette envie tu voyais bien que potentiellement il y aurait un marché pour ce type de contenu et tu es co-fondatrice donc ça veut dire que tu t'es associée à un autre fondateur en fait euh...
- Speaker #1
Moi, j'étais dans une période de réflexion professionnelle et j'avais ce projet de monter un média féminin. J'avais travaillé au Grand Journal avec les producteurs qui sont devenus les fondateurs de Brut. Et je regardais aussi comment ils travaillaient sur les réseaux sociaux, ça m'intéressait beaucoup. J'ai beaucoup regardé ce qui se faisait aux Etats-Unis aussi. Et en fait, j'ai couché ce projet qui s'appelait initialement Blonde, nom de code Blonde. Je réadorais. et qui est devenue Simone par la suite. Et oui, on est parti de rien. Et en gros, j'avais un ami qui travaillait chez Prisma qui s'appelle Julien Amuri, qui est le cofondateur de Simone, et qui m'a dit, fais pas ça toute seule chez toi, viens le faire chez nous. C'est un projet qui nous intéresse. Ça fait écho à des réflexions qu'on a nous aussi en interne sur un rajeunissement de notre audience. Et donc c'est comme ça que ça a démarré. Au début, ça devait durer trois mois, et puis ça fait huit ans.
- Speaker #0
8 ans que tu es passée par différentes casquettes, puisque finalement là, tu es arrivée du côté entrepreneur, dans la création d'un vrai business. Entrepreneur,
- Speaker #1
ouais. En fait, ce qui est assez marrant, c'est que moi, je suis toujours journaliste, et du coup, il y avait tout un aspect de pilotage d'un média que je ne connaissais pas, et que j'ai découvert, et j'ai appris plein de choses. C'est aussi super intéressant de se poser des questions sur le mode de financement. Moi, quand je suis arrivée, je suis arrivée avec un projet qui était éditorial, avec quand même une idée du budget. J'avais pensé ces choses-là, mais à l'époque, il n'y avait pas vraiment de modèle économique pour les médias sociaux. Il n'y en avait pas beaucoup. Il y avait des gens qui ne croyaient pas forcément. Et puis finalement, aujourd'hui, c'est un média qui est rentable. Voilà, en fait...
- Speaker #0
Il n'y en a pas beaucoup des médias rentables ?
- Speaker #1
Il n'y en a pas beaucoup, mais nous, on a la chance de l'être aujourd'hui. Bravo !
- Speaker #0
T'en es fière ?
- Speaker #1
Ah oui, je suis super fière du travail, des contenus qu'on publie, de la ligne édito, vraiment... Et puis des gens avec qui je travaille aussi, qui sont des gens que j'avais croisés dans une autre vie, qui se sont greffés sur le projet, des gens qui sont partis mais qui ont contribué aussi beaucoup au succès de Simone, et puis des gens qui sont venus plus tard et qui ont apporté chacun leur contribution, et qui fait que c'est un projet quand même... Aujourd'hui c'est nourri de plein de choses, y compris des choses qui moi me... ne sont pas forcément des références que j'ai. Moi, j'apprends aussi des choses grâce à ce média-là, en fait.
- Speaker #0
Oui, finalement, ça a un peu dépassé ce que toi, tu aurais voulu trouver dans un seul média et c'est venu un peu se nourrir des envies d'une communauté qui était beaucoup plus grande.
- Speaker #1
Oui, exactement. Il y avait en fait un besoin que moi, je n'avais pas identifié comme ça de façon aussi forte. Mais en fait, il y a plein de femmes qui ne se reconnaissaient pas dans les propositions qu'on leur faisait aussi. Et en fait, on a vraiment une communauté qui est extrêmement fidèle et très attachée aux médias. Enfin, vraiment, quand je croise des gens, ils me disent « Ah, mais j'adore Simone ! » Et en même temps, quand je l'ai réfléchi, je me rappelle m'être dit « Pour que ça marche, il faut qu'on en soit suffisamment fiers pour en faire comme un t-shirt, comme un drapeau. » C'est pour ça qu'on a ce S qu'on voit à la fin des vidéos. On demande aux gens de faire un S comme ça. Je ne sais pas si je le fais dans le bon sens. Il y a vraiment cette idée d'une...
- Speaker #0
Je suis perdue du coup.
- Speaker #1
C'est plus qu'un média. Il y a quelque chose où on fait partie d'une communauté, d'une équipe ensemble.
- Speaker #0
Et encore une fois, fédérateur, on se rassemble. Ce qui est fort, je trouve, c'est la diversité des contenus. Il y a effectivement des contenus où on sent un côté un peu activiste. Il y a d'autres contenus qui sont plus drôles, tout en faisant palpiter des messages. Et aussi, il y a des contenus où vous faites découvrir des artistes, vous parlez de psychologie. C'est très, très varié, en fait. C'est un vrai magazine féminin avec toutes les rubriques.
- Speaker #1
Ouais moi je suis en fait... On essaye de se dire qu'on peut parler de tous les sujets à condition que ce soit à notre sauce, entre guillemets. Donc en fait, on peut vraiment parler de tout. Après, moi, ce que j'ai l'impression d'avoir mis dans ce projet, c'est une espèce de synthèse de tout ce que j'avais fait avant. J'avais bossé sur de l'actu, il y avait ce côté canal qui, moi, me définissait bien aussi, le pas de côté, le côté un peu pop, le côté un peu décalé, même si le terme décalé, ça veut tout et rien dire.
- Speaker #0
avec de l'humour qui ose aller sur des terrains pas évidents ou en tout cas d'avoir un point de vue,
- Speaker #1
une façon d'aborder les choses très singulière en tout cas c'est ce qu'on essaye de faire et c'est pour ça qu'on essaye d'avoir des propositions aussi, de se renouveler dans les formats assez régulièrement et de se dire, bah tiens on a envie de parler de santé mentale, comment on peut parler de santé mentale aujourd'hui, quel est le bon format qui Merci. qui nous correspond à nous. L'idée, ce n'est pas d'aller faire un truc classique, c'est de trouver notre façon, nous, d'aborder les sujets. Et ça, on essaye de le faire sur toutes les thématiques, que ce soit le sport, l'actu, la musique. On se dit qu'on peut parler de tout.
- Speaker #0
Tu disais que tu avais apporté cette patte Canal+, puisque tu y as travaillé combien d'années ?
- Speaker #1
Je ne sais plus, en cumulé, beaucoup.
- Speaker #0
Beaucoup, donc tu as été un peu à l'école Canal. Qu'est-ce que tu as développé comme compétence ? Pendant l'expérience Simone ?
- Speaker #1
Je crois que j'ai développé éditorialement la compétence, qui y avait quand même beaucoup en quotidienne, mais en fait, arriver sur les réseaux sociaux en 2018, quand on vient de la télé, c'est aussi arriver dans un endroit où il n'y a pas de formatage et où en fait, toutes les durées, en fait, tout est possible. Donc, il y avait cette espèce d'eldorado, d'espace de liberté, de « on teste un truc, si ça ne marche pas, ce n'est pas grave, on fait autre chose » . une flexibilité, une agilité qu'il n'y avait pas forcément en télé où le process c'est quand même un peu plus lourd donc il y a ce truc d'agilité probablement que j'ai cultivé avant je bossais dans des boîtes de prod qui étaient quand même assez agiles donc c'est pas complètement nouveau non plus il y a l'aspect intra-pronarial de comment on pilote un média au-delà juste de la production des contenus comment on trouve un modèle économique comment on discute avec une régie euh... Comment on réfléchit les contenus en se disant, il faut que ce média existe pour exister, quels sont les compromis que je suis ok de faire et ceux que je ne suis pas ok de faire. Voilà, ça c'est des discussions. En tout cas, les journalistes en télé ne se posent jamais... Il y a une régie, il y a un service marketing. Finalement,
- Speaker #0
c'est un peu à part.
- Speaker #1
Voilà, chacun est dans son couloir et en fait, on ne se parle jamais. Là, il y a beaucoup plus de discussions.
- Speaker #0
C'est plus fluide.
- Speaker #1
Oui, alors c'est fluide ou pas. Mais en tout cas, c'est une façon différente d'aborder les choses. Et puis, arriver dans une grosse entreprise avec une histoire quand même d'un groupe de presse qui a jamais fait ou qui fait très peu de vidéos à l'époque. Donc, comment on évangélise aussi la vidéo de façon beaucoup plus large dans ce groupe-là, comment on évolue dans un grand groupe. avec un projet qui s'apparente quand même plus à une start-up qu'à autre chose. Et ça, c'est aussi... Julien Lamurie, il a été très très fort là-dedans pour créer aussi les conditions que ce projet-là puisse avoir du succès dans cet environnement-là, en fait. Ça, c'était hyper important.
- Speaker #0
C'était quoi d'ailleurs ? Qu'on vous laisse un peu tranquille ? Qu'on vous donne du temps ? Qu'on vous donne des moyens ? Qu'est-ce qui a été le...
- Speaker #1
Ouais, c'était qu'on nous donne de la liberté de faire un peu ce qu'on voulait. Alors, dit comme ça, je ne sais pas s'ils vont être très contents. Mais voilà, c'est faire confiance et accepter un logiciel ou une façon de travailler qui n'était pas exactement celle qui existait à l'époque. Il y avait ce truc de... Il n'y a pas eu d'études marketing pour se dire comment on va penser le truc. Il y avait un truc de laisser vraiment l'intuition de... On pense que ça, ça a marché. Laissez-nous un peu de temps. Il se trouve que quand même, ça a très vite pris.
- Speaker #0
Très, très vite, vraiment.
- Speaker #1
Très très vite, la première vidéo, elle a cartonné. Et moi, je voyais le nombre d'abonnés sur mon téléphone en direct. Donc en fait, j'étais complètement addict sur mon téléphone. La première vidéo, c'était l'interview d'une collaboratrice qui travaillait chez Prisma, qui avait perdu sa fille d'un cancer et qui racontait comment elle avait transformé ça, la résilience. et qui... et comment elle s'était investie pour dépasser ce drame-là. Et la vidéo avait cartonné, il y avait ce truc. En fait, il y avait dans cette vidéo tous les ingrédients de ce qui allait marcher après. Une femme avec une histoire, enfin une femme ordinaire, inconnue, mais ordinaire, sans jugement de valeur péjoratif. Qui n'est pas une célébrité, une identification à son histoire, la sincérité de ce qu'elle a raconté. Et je pense que c'est ça qui a fonctionné et qui fonctionne encore aujourd'hui. Même si on s'est largement élargi, on donne vraiment la parole à des femmes qui ont des profils très différents.
- Speaker #0
C'est quoi qui te motive encore aujourd'hui, après 800 ?
- Speaker #1
C'est quoi qui me motive encore aujourd'hui ? Qui te donne envie le matin d'aller bosser ? Le fait de se réinventer, de continuer à porter ce média pour qu'il soit quelque chose de beaucoup plus gros et de beaucoup plus ambitieux. Oui,
- Speaker #0
parce que finalement, 1,5 million, vu le nombre de femmes françaises, vous pourriez aller un peu plus loin.
- Speaker #1
Ouais, et puis en fait, on peut faire... On teste des pistes de diversification. C'est un média qui est né sur les réseaux sociaux, mais... Moi, je suis persuadée qu'il a une existence aussi. On fait des dîners dans la vraie vie. En fait, il y a plein de façons de s'adresser aux femmes avec plein de grammaires différentes, de médiums différents. Donc, en fait, il y a encore plein de choses à explorer. Donc, pour moi, il y a encore énormément de potentiel, en fait. Je n'ai pas du tout l'impression que l'histoire de Simone s'arrête. Voilà, qu'on se dit, c'est bon, on a rempli notre mission, on a fait tout ce qu'on voulait faire.
- Speaker #0
Alors que l'histoire de Simone... Ne s'arrête pas, ça c'est une évidence et je pense qu'on a de plus en plus besoin de ce type de médias pour relayer ces messages-là et donner la parole à ces femmes. Mais toi, tu pourrais te dire, ça y est, j'ai fait ce que j'avais à faire et ça ne m'amuse plus. Toi, tu es encore...
- Speaker #1
Ouais, après moi j'ai plein d'envies qui sont liées à Simone ou pas. Moi, il faut que ça m'amuse en fait. Ce que j'ai appris aussi de cette expérience-là, c'est que quand on s'amuse, peut-être que ce n'est pas vrai pour tout le monde, mais en tout cas, j'ai l'impression que quand on s'amuse, ça fonctionne. Et je cultive vachement ça avec mes équipes, de leur dire parfois, ce n'est pas possible tout le temps, ok, on s'arrête. Et vous, qu'est-ce que vous avez envie de faire ? Est-ce qu'il y a un format qui vous fait kiffer ? Est-ce qu'il y a un sujet où on sait que ça n'a pas forcément performé, mais vous, c'est votre petit kiff personnel ? Alors, ce n'est pas 90% de leur temps, mais d'avoir ce petit truc de... Voilà, si tu as envie de te faire plaisir demain sur ce média, qui tu invites ? Quel format tu veux faire ?
- Speaker #0
J'adore cette idée de... Réussir parce qu'on ne cherche pas à être performant partout, tout le temps. Cette idée de tester différentes choses, de plutôt aller expérimenter et aller chercher, comme tu disais, de la joie. Là, c'est sur des formats... Et moi,
- Speaker #1
je suis persuadée que ce n'est pas incompatible.
- Speaker #0
Non, mais c'est chouette.
- Speaker #1
Je suis persuadée que l'intuition... Enfin, voilà, moi, je crois vraiment beaucoup dans un univers où on parle beaucoup d'intelligence artificielle. Moi ce qui a marché pour moi c'est que j'ai eu une intuition et que ça s'est vérifié. Et c'est marrant parce que quand je travaillais en télé j'avais rencontré une productrice qui ne se souviendra pas de cette rencontre mais moi oui, qui s'appelait Priscilla Bertin et avec qui j'avais été proposer un programme court. Et elle m'avait dit moi si j'ai un conseil à te donner c'est par de toi en fait. Et en fait avec le recul, Simone c'est aussi un projet de moi perso, qu'est-ce qui me ferait kiffer si j'avais une baguette magique. on me l'a un peu donné cette baguette, qu'est-ce que je ferais ? Et moi, je suis persuadée que ça fonctionne. En tout cas, ça a fonctionné pour moi. Et que la recherche de la performance, déjà, ça encourage à copier des choses qui ont déjà fonctionné ailleurs. Donc, en termes créatifs, c'est souvent un peu contradictoire. C'est l'intuition.
- Speaker #0
Alors, l'intuition, ça a toujours été quelque chose de très fort chez toi ou c'est quelque chose que tu as travaillé, que tu as développé, que tu as appris à écouter ?
- Speaker #1
Non, je pense que c'est quelque chose que j'ai utilisé plus tard, notamment à l'occasion de ce projet-là. Je pense que j'ai beaucoup fait aussi, moi, dans ma vie professionnelle, des choses. Parce que j'avais eu une éducation où il fallait trouver un métier. Il y avait un truc de sécurité professionnelle. L'intuition, ce n'est pas hyper sécure, en vrai.
- Speaker #0
Ça ne paye pas toujours les factures.
- Speaker #1
Ça ne paye pas toujours les factures. Mais je trouve que c'est beaucoup plus à coût. de travailler comme ça, que dans un espace sécuritaire où on s'assure que tout va bien fonctionner. Donc je ne sais pas si je me suis autorisée à écouter mon intuition.
- Speaker #0
Finalement, à un moment, elle s'est manifestée, elle a frappé fort.
- Speaker #1
Oui, et en même temps, à un moment où je devais aller travailler à un endroit, ça ne s'est pas fait. Peut-être que si j'avais été travailler à cet endroit, qui était la version sécure du parcours, en fait, l'intuition ne se serait jamais... exprimer. Donc il y a eu un peu un truc de... Ce serait malhonnête de dire que je l'ai cultivé. C'est qu'à un moment donné, je me suis retrouvée dans une situation où je me suis dit, tiens, essayons ça. Mais que si j'avais eu des options sécuritaires à côté, peut-être que je les aurais prises. Donc ça, c'est un truc... C'est une réflexion un peu sérieuse. Accepter de prendre des risques sachant que moi, ils se sont quand même imposés à moi plus que je les ai provoqués.
- Speaker #0
En tout cas, tu as su rebondir Et plutôt merveilleusement bien.
- Speaker #1
Oui. Après, je pense que... Enfin, j'ai l'intuition que c'était un peu écrit comme ça, que si ça ne s'est pas fait, c'était peut-être pour que ce projet-là, il existe. Et on y croit, on n'y croit pas, mais...
- Speaker #0
On y croit, on n'y croit pas. Moi, j'aime bien ce genre de discours. Tu es maman.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
En quoi la maternité a changé ta définition de la réussite ?
- Speaker #1
Je travaillais beaucoup, j'aimais beaucoup mon travail. Je travaille toujours beaucoup et j'aime toujours mon travail. Mais je me souviens, il y avait des gens qui disaient « Ah, mais quand tu vas avoir des enfants, ça va changer, tes perspectives vont changer. » Ben, c'est vrai.
- Speaker #0
On te dit que non.
- Speaker #1
Ouais, mais en fait, c'est vrai. Il y a des choses que je sacrifierais plus du tout, du temps de travail ou au détriment de mes enfants. L'année où j'ai travaillé avec Camille Combal, elle m'avait fait cette blague, parce qu'on travaillait beaucoup, on était en quotidien, et puis l'émission était... C'était intense. Et mon fils, je crois, il avait un an et demi.
- Speaker #0
Ton aîné ?
- Speaker #1
Oui, mon aîné. Et je crois que j'étais la seule dans l'équipe à être maman. Et ce qui est assez marrant, c'est que les gens avec qui je travaille aujourd'hui ont fait les mêmes choix, ont la même réflexion, mais ils n'avaient pas d'enfants à l'époque. Et comme on passait beaucoup de temps au travail, ils me disaient peut-être que ce soir, il va t'appeler madame et pas maman. Ce qui était rigolo. Mais du coup, je serais plus d'accord, enfin voilà, je serais plus prête à ce genre de compromis. Et puis mes enfants, ils sont plus âgés, donc ils ont des sollicitations, donc ils seraient plus OK non plus. Eux, ils réclament plus de temps déjà que celui que je leur donne. Mais ça, c'est... On fait comme on peut.
- Speaker #0
On fait comme on peut. Ça me faisait penser à quand mon fils, quand on demandait qui c'est que tu préfères entre maman et la nounou et qu'il hésitait.
- Speaker #1
Alors moi, mon fils, mon mari lui a demandé c'est qui le meilleur papa du monde ? Et il a répondu c'est maman.
- Speaker #0
Jackpot ! Et d'ailleurs, ça c'est intéressant.
- Speaker #1
Alors que c'est un très bon papa quand même, il faut le dire.
- Speaker #0
Tu as choisi un bon père ?
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Bravo. Mine de rien, je trouve que le choix des papas, c'est tellement important pour mener sa carrière et puis avoir une vie équilibrée. On parle beaucoup de la charge mentale, mais moi je trouve qu'il y a aussi beaucoup d'hommes qui prennent... bien leur part. Toi, tu as deux garçons. Oui. Tu travailles et tu développes un média qui donne la parole aux femmes. Comment est-ce qu'eux perçoivent ton travail ?
- Speaker #1
Alors, ils sont petits, donc le plus petit, je pense qu'il ne sait pas du tout. Le plus grand, il est... Alors, c'est très marrant parce qu'il n'a pas le droit d'aller sur les réseaux sociaux et il me dit, mais toi, tu fais des contenus intéressants sur les réseaux sociaux, pourquoi tu me l'interdis ? Donc, je n'ai pas trop d'arguments.
- Speaker #0
Je ne regardais que Simone Média.
- Speaker #1
Voilà. Et c'est marrant parce qu'il sait ce que c'est et du coup, il est hyper fier.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Donc, je pense qu'il a une maîtresse aussi qui connaît Simone. C'est rigolo. On est fiers de ses enfants, mais qu'eux, ils expriment de la fierté. En plus, il n'est pas très vieux. Donc, ça, c'est hyper chouette. Et après, tout ce qui nourrit mon travail nourrit forcément mes réflexions dans la vie privée. En fait, comment éduquer ? Nos fils, nous les mamans, quel est le rôle des pères aussi dans cette éducation-là, le consentement, on discute de pas mal de choses. Et puis de l'éducation à l'information aussi, c'est quoi les réseaux sociaux, comment on reconnaît un contenu. Ça c'est marrant, c'est des questions qu'il m'a posées mon fils, comment on reconnaît un contenu qui est vrai ou qui est faux. Et je trouvais ça super qu'il se pose la question. Donc non, c'est plutôt, c'est pas du tout incompatible.
- Speaker #0
Ah bien sûr ! Heureusement !
- Speaker #1
Oui, mais c'est intéressant parce que ça a forcément nourri des réflexions que je n'aurais peut-être pas eues de la même façon si j'avais fait autre chose.
- Speaker #0
On peut quand même dire que tu as trois bébés, puisque tu as tes deux garçons et Simone Média.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Simone Média, c'est vraiment un bébé que tu as imaginé, conceptualisé, co-créé. Et en même temps, tu es très discrète.
- Speaker #1
Oui. Non, je suis là.
- Speaker #0
Tu es là aujourd'hui. Disons que tu as découvert quand même aujourd'hui que c'était filmé.
- Speaker #1
Oui. C'est vrai. Heureusement, j'ai mis une veste orange.
- Speaker #0
Très jolie veste orange. Au lancement, Simon Media n'avait pas besoin finalement d'un porte-drapeau. Et aujourd'hui, de plus en plus de femmes se posent la question de leur personal branding et de comment assumer leur position, comment communiquer. Toi, tu en es où de tes réflexions par rapport à ce sujet ?
- Speaker #1
Moi, je m'interroge aussi de... Est-ce que je fais bien les choses ? Est-ce que je fais suffisamment de... personal branding. Moi, je pense que je suis dans une forme d'ambivalence et de contradiction. Il faudrait que je le fasse plus. Et parfois, je me dis que ça peut être chouette aussi de raconter, de se visibiliser plus. En fait, je fais quand même un média qui visibilise les femmes. Et moi, dans l'histoire, je ne l'ai pas complètement fait. Je crois qu'il y a une forme de protection aussi, notamment parce que les réseaux sociaux, c'est quand même un espace qui n'est pas toujours très bienveillant. Même si nous, notre communauté, elle l'est beaucoup. Je pense que c'est un travail que les femmes doivent faire, que moi je dois faire probablement, de me rendre plus visible. Et qu'on a toujours cette petite voix qui nous dit « si tu te rends visible, on va penser que tu te la racontes » . Il y a ce truc de pensée limitante qu'il faut déconstruire aussi probablement. Parce que les hommes ne se posent pas la question forcément de la même façon. C'est beaucoup plus naturel pour eux. Il y a toujours chez les femmes le syndrome de l'imposteur, la légitimité. C'est un sujet qui m'interroge aussi à titre personnel.
- Speaker #0
Parce que ce que tu dis, il y a cette peur des trolls et des agressions, des micro-agressions, voire agressions graves qui existent. Et c'est un vrai sujet aujourd'hui. On voit de plus en plus d'influenceurs qui dénoncent et qui poursuivent en justice, d'ailleurs, des propos qui ne devraient jamais exister. Mais je trouve qu'au-delà de ça... On a un peu cette image que s'exposer en tant que femme, c'est vraiment s'exposer et se préparer à être attaquée. Attaquée sur son physique, attaquée sur... décrédibilisée sur ce qu'on vient de dire. Donc c'est vrai que c'est...
- Speaker #1
Mais c'est la réalité aussi. Donc en fait, la question c'est, est-ce qu'on est prête à ça ? Est-ce qu'on est toutes prêtes à ça ? Voilà, la visibilité, ça a des avantages et des inconvénients et que j'en ai pas ressenti le besoin et que moi ce qui... Avant tout, c'est quand même le projet éditorial avant. Même si c'est ça qui est paradoxal, j'ai l'impression d'y avoir mis énormément de moi, en fait. En tout cas, au moment de la conception. Là, encore une fois, c'est devenu quelque chose que les gens se sont appropriés. Donc, ce n'est pas mon truc à moi. Mais initialement, il y avait vraiment une conjonction de tout ce que moi, j'aimais faire, les sujets dont j'aimais parler, la façon de les produire aussi, artistiquement. Enfin, la charte graphique. Enfin, voilà, il y avait... Donc finalement, peut-être que je ne me suis pas visibilisée parce que moi, ma façon de me rendre visible, c'était de le mettre dans le projet. Je suis en train de réfléchir en même temps que tu me poses la question, mais peut-être que ça s'est joué comme ça. Et après, aujourd'hui, il y a aussi le truc de revendiquer un truc qui fonctionne aussi. De se dire, c'est un succès, il n'est pas individuel, mais j'y ai un peu contribué quand même.
- Speaker #0
C'était sous ton leadership ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
On va utiliser un mot qu'on aime bien en 2026.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Pour une femme qui veut évoluer dans ce secteur, le secteur des médias, si tu devais lui donner trois conseils pour progresser et accélérer sa carrière, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Pour être visible dans les médias ou pour travailler dans les médias ?
- Speaker #0
Comment travailler dans les médias ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est un conseil aux femmes ou aux gens... On peut être inclusif. Ouais. Avec les hommes. Je pense qu'il faut être proactif. En fait, il faut proposer des choses. Moi, je reçois beaucoup de CV de gens qui ont très envie de venir travailler sur Simone parce que leur engagement... En fait, il faut cultiver sa singularité. C'est quoi ma singularité ? C'est quoi mon petit truc en plus ? Pour me démarquer et pour me faire remarquer, parce qu'en fait on en reçoit, comme dans pas mal de sociétés, on reçoit beaucoup de CV. Et moi en fait ce qui m'a toujours servi, c'est de proposer des choses en fait. C'est de proposer des sujets, de proposer des formats, d'être dans un truc... Proactif. Ouais. Et ça je trouve que ça fait vraiment la différence. Parce qu'après, si t'es pas retenue parce que ta proposition, elle convient pas, c'est pas grave, en fait. En dehors du fait que je suis engagée. Ok, t'es engagée, mais qu'est-ce que tu proposes, en fait ? C'est quoi les sujets ? C'est à qui t'as envie de donner la parole ? De quelle façon ? Voilà, c'est ça que je conseillerais.
- Speaker #0
Et du coup, pour quelqu'un qui possule chez toi, est-ce que ton conseil, c'est de venir à l'entretien avec ce genre d'idées ou ne pas attendre d'être embauchée chez Simon Media et de... faire un petit peu, tester des choses de son côté, être montré qu'on est capable de bricoler un podcast ou autre chose.
- Speaker #1
Oui, je pense qu'il faut... Les outils aujourd'hui qui sont à disposition des nouvelles générations, il ne faut pas attendre qu'on vienne vous chercher ou qu'on vous embauche ou qu'on valide votre candidature. Il y a plein de moyens de faire des choses et ce n'est pas perdu pour la suite. C'est une façon de montrer la façon dont on travaille. Si, j'encourage vraiment les gens à être proactifs, mais même avant l'entretien d'embauche. Et puis parce que c'est une façon de se construire aussi, de proposer des choses.
- Speaker #0
Ok, super. Donc d'être proactif, de tester et de venir un peu avec son portfolio d'idées et de projets. Un autre conseil ?
- Speaker #1
Un autre conseil ? Travailler dans les médias, c'est aussi avoir une construction intellectuelle. Voilà, ça fait très longtemps que je n'ai pas mis les pieds dans une école de journalisme, mais quand même. Il y a ce rapport à la vérification de l'information, à l'éthique, qu'il y a chez un certain nombre de créateurs de contenu, mais pas tous, qui parfois marquent une frontière entre les journalistes et l'influence. Et en même temps, je crois que c'est hyper important, parce que c'est une forme d'honnêteté intellectuelle aussi, de pouvoir être à la fois transparent dans les collaborations qu'on peut faire, mais aussi dans la façon dont on vérifie les infos. Si c'est pour travailler dans les médias, ce serait mon deuxième conseil. Je ne sais pas si ça passe par une école de journalisme, parce qu'à mon avis, il y a plein de moyens. Mais en tout cas, d'avoir ce souci-là, d'une forme d'éthique, je crois que ça aura de plus en plus de valeur.
- Speaker #0
Et ce sera de plus en plus difficile.
- Speaker #1
Et ce sera de plus en plus difficile. Et tu m'as dit trois conseils.
- Speaker #0
Un petit dernier.
- Speaker #1
Et un petit dernier.
- Speaker #0
Tiens, je vais le reformuler. Est-ce que toi, tu as été mentorée ? Oui. Est-ce que tu as eu des femmes mentors ?
- Speaker #1
Je n'ai pas eu de femmes mentors. Mais par contre, j'ai eu des rencontres qui ont quand même beaucoup compté. Je trouve que c'était que des hommes.
- Speaker #0
Comme quoi il y en a qui sont sympas.
- Speaker #1
Comme quoi il y en a à qui on peut faire confiance et qui peuvent nous accompagner. Mais voilà, moi, ma carrière, entre guillemets, elle s'est beaucoup construite à la faveur de rencontres et de fidélité, d'amitié. J'ai travaillé avec Nicolas Demena, qui à une époque, j'étais genre ex-politique. C'est quelqu'un qui m'a énormément appris et qui était dans une forme de transmission qui était géniale. Il y a aussi des gens qui vont vous donner confiance. Enfin, en fait, il faut s'accrocher à ces gens-là, les gens qui vous renvoient quelque chose de positif. et qui vous donne la confiance, c'est un espèce de super pouvoir. Et en fait, il faut essayer d'identifier ces gens-là. Ça, c'est mon troisième conseil. Parce que moi, ça m'a beaucoup aidé d'avoir en face de moi des gens qui croyaient en ce que je proposais.
- Speaker #0
C'est vrai que la confiance, elle n'est pas que en nous. Elle est aussi liée à l'environnement, à ce que les autres projettent sur nous. Tout le monde ne pense pas à développer ce regard-là, à aller chercher le mentoring. et s'appuie sur ces sages qui veulent bien nous aider. C'est super d'avoir des femmes qui nous montrent, qui sont des rôles modèles, qui nous montrent que ça existe. Mais quand il y a des hommes aussi qui veulent bien, ils le font avec gentillesse de transmettre, c'est super à tout. On arrive, je surveille le temps et on arrive à la fin de l'épisode. J'ai un rituel de fin. Trois questions. La première, c'est, je te donne un énorme panneau publicitaire. C'est ton message au monde. Tu peux vraiment y mettre ce que tu veux. Qu'est-ce que tu y affiches ?
- Speaker #1
Il ne faut pas se tromper. Alors, ce n'est pas de moi, mais j'avais participé à un événement autour des femmes. Il y avait une directrice d'achète qui avait dit qu'on aime bien ce qu'on fait et qu'on excelle dans ce qu'on adore. Et en fait, j'aime bien ce mantra. C'est toujours ce truc de « qu'est-ce qui te fait kiffer ? » Le kiff, il n'est pas que dans la sphère personnelle. Il doit avoir un endroit à lui dans le monde pro. Et donc, j'aime bien. C'est ce que je mettrais sur mon...
- Speaker #0
J'adore. C'est toujours le conseil que je donne aux personnes qui sont en recherche d'emploi et qui se lamentent de ce trou dans leur CV. Et à chaque fois, je leur dis, mais va chercher soit la formation, soit l'activité qui vient te donner de la joie parce que tu vas te mettre dans une énergie positive. Et quand tu vas arriver en entretien, tu vas être capable de parler de quelque chose qui t'aide à rayonner.
- Speaker #1
Après, je ne le dis pas dans le sens où ça devienne une injonction à se dire qu'il ne faut faire que ce qu'on adore et on est bon. Parce que parfois, on adore des trucs et on est nul. Et ce n'est pas grave. Oui, parfois,
- Speaker #0
on peut faire un truc qu'on adore et comme ça reste du boulot, on peut être un peu fatigué. Et en même temps, cette idée, on excelle dans ce qu'on adore, c'est un bon moteur. En tout cas,
- Speaker #1
moi,
- Speaker #0
ça me parle beaucoup. Et si tu voyages dans le temps, et que tu te retrouvais face à toi, à 10 ans. 10 ans, c'est l'âge de ton fils.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Donc, quels conseils t'aimerais te donner ?
- Speaker #1
De ne pas écouter les conseils qu'on me donne.
- Speaker #0
C'est ça ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
N'écoute personne.
- Speaker #1
Pas écoute personne, mais écoute pas les gens qui vont te fermer des possibilités, des possibles. Alors après, quand on est parent, je suis en train de me demander, est-ce que moi, je ne fais pas aussi ça un peu avec mes enfants ? Probablement, mais en tout cas, le truc de se dire, en fait, à 10 ans... Il faut que le spectre soit hyper large, surtout à 10 ans. Il faut pouvoir rêver, et puis même après d'ailleurs, beaucoup plus tard. C'est ce que je me dirais à 10 ans. Je me dis, écoute, tes parents, ils ne savent pas tout ce que tu seras capable de faire. Non, et puis ils ont leur propre histoire et ce ne sera pas la tienne.
- Speaker #0
Dernière question, si tu avais une nouvelle baguette magique, si tu pouvais lancer n'importe quel projet ? Tu es sûre de réussir. Qu'est-ce que tu fais ?
- Speaker #1
J'écris de la fiction.
- Speaker #0
Ah ! C'est quelque chose à laquelle tu penses depuis longtemps ?
- Speaker #1
Oui, c'est quelque chose auquel je pense depuis longtemps. J'ai fait un premier court-métrage qui s'appelle Un jour je serai.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
J'ai adoré.
- Speaker #0
Du coup, quand tu dis écrire de la fiction, c'est écrire pour en faire un court-métrage ou un film ou c'est pour vraiment faire un roman ?
- Speaker #1
Je pense que les deux m'intéressent.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Alors que c'est deux processus d'écriture un peu différents, mais... Et après, ça c'est un truc que j'essaye de me dire aussi, c'est quand on veut faire quelque chose, il y a un moment donné, il faut le faire, même si c'est raté, il faut aller au bout du truc.
- Speaker #0
Au bout du délire.
- Speaker #1
Oui, il faut aller au bout du challenge, d'une façon ou d'une autre, sinon ça reste un truc qu'on a envie de faire, ça reste une envie. Ça reste le rêve. Ce n'est plus un projet, c'est une envie, ce n'est pas pareil.
- Speaker #0
Et du coup, aujourd'hui, c'est quoi qui te bloque pour le faire ?
- Speaker #1
Rien, je vais le faire.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Ouais, je travaille.
- Speaker #0
Génial. Je fais trop hâte de voir ça.
- Speaker #1
Je ne sais pas si ça sera publié ou si ça existera, mais en tout cas, moi, je vais essayer d'aller au bout de ce truc.
- Speaker #0
Si tu pars en te disant que ce ne sera jamais publié, tu te serais mis une balle dans le pied.
- Speaker #1
Non, mais je ne veux pas que ce soit la condition pour le faire.
- Speaker #0
En fait, tu t'enlèves la pression du résultat.
- Speaker #1
Ben ouais parce que quand j'ai fait le court métrage finalement j'étais beaucoup plus fière de l'avoir fait que du produit fini ou de ce que les gens pouvaient en penser ça m'angoissait énormément de savoir si les gens trouvaient ça bien ou pas mais moi la satisfaction de me dire en fait j'ai voulu faire ça et je suis allée au bout du truc ça existe je trouvais ça et puis c'est une façon de faire avancer les choses
- Speaker #0
J'espère qu'un jour ce sera visible parce que moi j'ai beaucoup aimé à ton premier court-métrage. Merci. J'invite tout le monde à s'abonner, si ce n'est pas encore fait, à Simon Media, de te suivre aussi sur LinkedIn. Et si vous ne le faites pas encore, abonnez-vous à ce podcast sur YouTube. On aura plus d'abonnés. Donc, merci. N'hésitez pas à laisser une évaluation 5 étoiles si cet épisode vous a plu. Merci, Céline, pour ce moment.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Et à très bientôt sur The Patronne. Merci à toi d'être restée jusqu'au bout. J'espère que cet épisode t'aura plu, intrigué, inspiré. Et n'hésite pas à le partager, ainsi que de laisser une évaluation, un commentaire. Ça aidera énormément le podcast à être plus diffusé.
- Speaker #1
Merci et à très bientôt sur The Patron Podcast.