- Speaker #0
Bienvenue chez The Patron, le podcast qui démystifie la réussite. Ici, le syndrome de l'imposteur se transforme en courage et la chance se provoque. Je suis Elvire, coach en leadership, je suis ravie de t'avoir parmi nous. N'hésite pas à liker et partager et enjoy. Aujourd'hui, j'accueille Florence Woerth. Florence, vous êtes aujourd'hui candidate à la mairie de Chantilly et vous avez un long... parcours professionnel, nous allons l'aborder. Bienvenue Florence sur The Patron.
- Speaker #1
Merci de m'avoir invitée surtout parce que je ne connaissais pas The Patron maintenant.
- Speaker #0
Pas encore.
- Speaker #1
Je vais pouvoir m'en faire le porte-parole parce que je connaîtrais. Et donc c'est intéressant de voir des nouvelles méthodes de diffusion, ça m'intéresse beaucoup, je suis toujours un peu à l'affût de ce qui se fait aujourd'hui, des nouveaux moyens de communication, donc ça m'intéresse beaucoup d'être là.
- Speaker #0
Merci d'avoir accepté l'invitation Florence, vous avez un parcours professionnel assez incroyable Vous êtes diplômée d'HEC, vous avez intégré en
- Speaker #1
1981 Je suis sortie en 1981
- Speaker #0
Vous avez été diplômée en 1981 En quelques mots, pouvez-vous nous parler de votre parcours en entreprise Avant d'avoir rejoint le monde politique ?
- Speaker #1
Oui, alors c'était un long parcours, parce que j'ose même pas le dire, plus de 40 ans, 42 ans je crois. Donc de vie professionnelle, essentiellement à Paris, parce que ça correspondait au profil de poste que je cherchais. Je sais, j'avais fait une option finance, c'est très lointain, mais ça précise un peu le début de carrière. Et donc, j'ai commencé à travailler chez un agent de change, un métier qui n'existe plus aujourd'hui. C'est des métiers qui travaillaient à la Bourse de Paris. C'est eux qui organisaient les cotations, la crier. Je ne sais pas si ça vous dit quelque chose à vous, parce que ça s'est terminé en 87, je crois, la crier. Enfin, j'étais la première femme à aller sur un groupe de crier pour faire les cotations. Incroyable. Oui, c'était assez particulier. C'était assez misogyne, il faut dire. Mais bon, c'était intéressant, très intéressant comme expérience. Et puis ce monde a explosé et tous les agents de change ont disparu et se sont transformés en sociétés de bourse et après ont été rachetés par les banques. Donc ce monde-là a disparu alors que ça a été la grande gloire du 19e, les agents de change et la Bourse de Paris, les premières cotations folles de titres. Enfin c'était assez pittoresque, un monde assez pittoresque. Ça a commencé comme ça, comme analyste financier. L'analyse financière, c'est celui qui suit les valeurs. coté qui donne un avis, qui essaye de donner un avis, une recommandation aux investisseurs. Donc ça a été mon premier métier pendant assez de nombreuses années.
- Speaker #0
Donc un peu expliquer comment un cours va potentiellement évoluer pour pouvoir investir.
- Speaker #1
C'est ça, vous donnez un avis, vous prenez je ne sais pas Hermès par exemple, qui n'était pas introduit en bourse à l'époque et est venu après. Mais le but c'est de connaître une société, de pouvoir faire des estimations. Et sur les estimations que vous faites, pouvoir donner un avis qui peut être positif ou négatif ou neutre. Et donc, ça s'adresse aux investisseurs privés, professionnels, les banques, toutes personnes qui gèrent des fonds, qui ont besoin de ce conseil, de ces conseils. Donc, c'est une industrie qui s'est beaucoup développée, l'analyse financière, dans les années 80, sous l'impulsion des anglo-saxons, comme d'habitude. Et donc, pendant 20 ans, ça a été un grand métier. Après, c'est devenu beaucoup plus compliqué, beaucoup plus difficile. Puis ça a été fondu dans d'autres fonds. C'est devenu différent comme métier. Mais pendant un certain temps, ça a été un métier passionnant parce qu'on allait découvrir les sociétés qui étaient cotées en bourse. Et ça, c'était passionnant.
- Speaker #0
Ça, c'était en fait, finalement, c'est pas vraiment parier sur le futur d'une entreprise. Il faut comprendre. Alors,
- Speaker #1
je n'aime pas le mot Paris parce que Paris, c'est un peu aléatoire.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Non, c'est basé sur des études, des estimations. C'est un travail extrêmement sérieux qui est fait.
- Speaker #0
C'est profond.
- Speaker #1
Oui, parce que ça engage beaucoup d'investisseurs et beaucoup d'investissements. Donc non, c'est un métier. C'était un beau métier. Je ne sais pas ce qui est devenu aujourd'hui. Je pense que ça s'est fondu dans la masse bancaire et que c'est beaucoup moins agréable.
- Speaker #0
Et donc, vous avez fait ce métier-là pendant combien de temps ?
- Speaker #1
pendant peut-être 7-8 ans et après les choses étaient moins cloisonnées qu'aujourd'hui donc j'avais assez vite évolué vers la gestion de portefeuille. Ce qu'on appelle gestion de portefeuille c'est justement gérer l'argent d'un particulier ou d'un institutionnel sous mandat pour prendre des décisions d'investissement et ça c'était assez simple d'évoluer du métier d'analyse financière vers la gestion de portefeuille. portefeuille et après la gestion de fortune ce qu'on appelle gestion de fortune c'est quand on s'intéresse à d'autres actifs que les valeurs mobilières donc ça peut être des valeurs forestières ça peut être des tableaux des oeuvres d'art après tout objet toute chose qui fait partie d'un patrimoine en fait donc beaucoup d'immobilier oui voilà ça comporte tous et tous ces aspects là c'est pour ça qu'après avec ce mot qui est peut-être pas très heureux on appelle ça la gestion de fortune voilà mais c'est des métiers très répandus dans le monde parce que d'accord parfois plus qu'en France, d'ailleurs on est toujours un petit peu réticents sur ces métiers-là, très répandus dans les milieux anglo-saxons, très répandus en Asie, où il y a beaucoup plus de gens qui ont besoin de ces services-là.
- Speaker #0
Un métier du coup, comme vous le disiez, où il n'y avait peut-être pas beaucoup de femmes ?
- Speaker #1
Au début, il y avait très peu de femmes. Plus vers la fin ? Oui, il faut se rappeler qu'à la Bourse de Paris, on n'avait pas le droit de porter des pantalons. Ça, personne ne s'en souvient, mais on n'avait pas le droit de porter des pantalons. Les femmes ne portaient pas de pantalons. pantalon.
- Speaker #0
Vous étiez acceptée en jupe. Mais en jupe.
- Speaker #1
Oui. C'est quand même quelque chose de très étonnant. On n'avait pas le droit aux pantalons. Alors, c'est arrivé assez vite quand j'ai commencé à travailler en 81, mais il faut savoir que longtemps, ça n'était pas possible. Vous voyez, on voit bien que vous êtes une femme au cas où il y a un doute. L'archaïsme de la société dans les années 70. Donc, c'est assez drôle de se souvenir de cela.
- Speaker #0
Et est-ce que vous, à l'époque, parce que, vous me disiez que votre papa était chirurgien. C'était très important pour lui que vous fassiez des études. Donc HEC était un bon choix. Et pourquoi la finance en fait ? Qu'est-ce qui vous a attiré avec ce milieu-là ?
- Speaker #1
Je ne voulais pas faire médecine.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà, parce que tout le monde était médecin chez moi dans ma famille. Il n'y avait pas que mon père. Tout le monde était médecin, donc je voulais faire autre chose. Donc j'arrivais dans un monde un peu inconnu. Chez moi, on ne connaissait pas, au-delà de la médecine, on ne connaissait pas tellement les autres. Les autres voies, donc en sortant de mes études, je ne sais pas, je devais avoir une attirance pour les chiffres, j'imagine. J'aimais beaucoup le latin et je pense que c'est le même système de réflexion avec les mathématiques. Voilà, bon, ce que j'explique comme ça, je n'en sais rien. Non, c'est sûrement une attirance de l'époque. C'était les débuts de la finance, il faut se souvenir que dans les débuts des années 80, après c'est devenu quelque chose de... d'iconique ou de très maltraité. Mais les débuts des années 80, c'est le début de la grande finance, comme on a connu de la finance internationale, des grands fonds d'investissement, des grands fonds de retraite. C'est vraiment les débuts. Avant, ça n'existait pas beaucoup. On n'en parlait pas. C'était vraiment le début. Et puis vous allez vers les secteurs, c'est comme aujourd'hui, il y a 10 ans, on y allait vers le secteur du luxe. Là, à l'époque, en 80, quand on voulait réussir, on allait vers la finance. Ça devient sûrement un peu de ça.
- Speaker #0
C'est encore un peu le cas.
- Speaker #1
Oui. Mais à l'époque, c'était vraiment la voie royale. Oui, oui, oui. Et donc, puis c'était les débuts de l'explosion des marchés financiers. Aujourd'hui, on n'y pense plus. Mais c'était rien avant, c'était rien.
- Speaker #0
Vous aviez du coup cette envie ? De faire quelque chose de très premium, d'assez inaccessible.
- Speaker #1
Oui, ça correspond à une envie de découvrir le monde aussi. Quand on a 20 ans, une envie de découvrir le monde, je pense qu'il faut se dire, d'ailleurs il faut absolument se dire qu'on peut tout faire, qu'on peut tout découvrir et tout faire. Rien n'est impossible. Ça, il faut se le dire tout le temps, tous les jours.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui vous fait dire ça avec autant de ferveur ?
- Speaker #1
C'est Jean-Thode qui le dit aussi de la même façon, mon dernier patron. Il m'a toujours dit, regarde, devant nous, on a une montagne. Eh bien, on va passer au-dessus. Mais il le dit, il me l'a encore dit récemment. Il le dit et il y arrive. Si on veut bien y croire, on y arrive. Donc, il ne faut pas se mettre de limites. Jamais, jamais. Ça marche toujours, en fait.
- Speaker #0
Ça marche toujours.
- Speaker #1
Oui, je pense que ça marche toujours. se mettre des limites, c'est bloquant. Non, il faut vraiment penser à ça.
- Speaker #0
Jean-Thode, c'est quelqu'un que vous avez rencontré dans une deuxième partie de carrière.
- Speaker #1
Tout à fait, oui.
- Speaker #0
Puisque vous avez évolué dans ce monde de la finance et de la gestion du patrimoine.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et puis, vous avez dû changer d'orientation.
- Speaker #1
Changer d'orientation. Tout à fait. Et donc, c'était un peu le hasard. Je connaissais Jean comme ça, comme amie. Mais je cherchais toujours un métier dans la finance. Il m'avait dit, je peux t'aider peut-être. Et un jour, en allant le voir, il m'a dit, tu sais, le directeur de la FIA qui gère le siège est parti. Est-ce que ça t'intéresse ? Ce n'était pas mon métier. Dans un monde que je ne connaissais pas, la course automobile, j'étais un peu perplexe. Et finalement, le lendemain, je suis revenue, je lui ai dit, OK, go. Et ça a commencé comme ça. Il n'attend pas beaucoup les réponses. Il faut aller vite, sinon il n'aime pas ça. Donc voilà, c'est le mode de fonctionnement. Et c'était... Je n'avais pas du tout vers quoi j'allais. Et vous avez confiance. Oui, oui, oui, vraiment. C'est une expérience incroyable, en fait.
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous avez dû développer comme compétence que vous n'aviez pas forcément eu le terrain pour en finance, avec cette nouvelle mission ? Qu'est-ce qui a été différent ?
- Speaker #1
Alors avec Jean, c'est toujours plus. C'est toujours plus vite, toujours plus loin, toujours plus fort. Donc on n'est pas toujours habitué à ça. C'est un homme d'exception, vraiment, je n'en ai jamais rencontré comme lui. Oui, c'est ça, il a toujours deux coups d'avant sur les autres. Donc il faut s'habituer à ça, il faut être âme parce que de toute façon, il pense mieux que vous. Oui, c'est comme ça, c'est très bien, mais il le fait gentiment.
- Speaker #0
Il vous pousse, il vous pousse, il vous pousse tout le temps. Il pousse, il pousse, il pousse, c'est bien.
- Speaker #1
Ça fait avancer. Moi, j'ai bien aimé ça. J'ai bien aimé. Il y en a qui décrochent, mais... Oui,
- Speaker #0
ça doit être intense comme rythme.
- Speaker #1
Oui, moi, j'ai bien aimé. Oui, mais c'est tous les jours plein de nouvelles aventures, de nouvelles choses à voir, de nouvelles personnes. C'est inimaginable. Voilà. Avec lui, c'est... Je ne sais pas, c'est le monde à portée de main. C'est un homme mondial de renommée mondiale. Donc, il a accès à tout. à tous les gens dans le monde entier. Il est marié à une femme incroyable aussi, alors qu'elle est très inspirante, en l'occurrence, Michelle Yeoh. Elle est très, très inspirante. C'est une femme d'une grande intelligence, d'une grande lucidité, gentillesse. Franchement, elle est formidable. Vraiment formidable. Oui, c'est vrai, cette femme est d'exception. Elle est lumineuse. Son village est lumineux dans ses films. Elle est lumineuse, mais quand on la voit en face de soi, c'est pareil.
- Speaker #0
Il y a quelque chose dans son regard.
- Speaker #1
C'est incroyable. Elle est incroyable.
- Speaker #0
Magnifique.
- Speaker #1
Elle est d'une grande intelligence aussi.
- Speaker #0
Avec lui, vous avez pu tester votre endurance et votre capacité à rebondir.
- Speaker #1
C'est l'agilité, c'est la vitesse, s'occuper de tout. de sujets qu'on ne connaît pas et dans lesquels il faut se plonger immédiatement, répondre à toutes les questions. Oui, c'est ça, c'est tout azimut, tout le temps.
- Speaker #0
Vous, le syndrome de l'imposteur, c'est un sujet dont on parle beaucoup en ce moment. J'ai l'impression que c'est un sujet où ça... Oui,
- Speaker #1
alors je l'ai découvert il n'y a pas si longtemps, parce que quelqu'un m'en a parlé en disant « Ah, j'ai vaincu le syndrome de l'imposteur » . Alors je me demandais de quoi elle me parlait, je ne comprenais pas bien pourquoi ça... Oui, alors j'ai découvert... découvert c'est une notion récente j'imagine parce que moi j'en avais jamais entendu parler avant c'est à dire qu'on se sent qu'on en a que le sujet est étudiant aux Etats-Unis oui c'est à dire que les femmes se sentent pas bien ou pas légitimes à la place où elles sont c'est ça en fait en réalité les études montrent que ça concerne aussi les hommes et
- Speaker #0
que ça concerne une grande partie de la population et c'est ce sentiment de pas être à la hauteur pour affronter des nouveaux challenges avoir la peur d'être découvert Et donc, ce qui est intéressant, c'est quand vous disiez, il m'a proposé quelque chose, ce n'était pas du tout ce que je savais faire. Et même au quotidien, vous challengez sur des nouvelles missions, mais vous n'aviez pas ce sentiment un peu panique de, mais je ne sais pas faire. Vous disiez quoi à ce moment-là ? Je vais apprendre.
- Speaker #1
Oui, je vais apprendre, je vais m'y faire. Je ne sais pas, je ne me suis pas juste pas posé la question, je me suis dit, je vais y aller. Je vais y aller. Et je connais mes limites, comme tout le monde. Mais parfois, je me dis, il faut aller au-delà de ses limites. Il faut se concentrer, réfléchir. Je pense ça aussi. Je pense qu'il ne faut pas se bloquer. Il ne faut surtout pas penser qu'on n'est pas à la hauteur. Alors là, c'est catastrophique, ça. Parce qu'on ne le sera pas, du coup. On ne le sera pas.
- Speaker #0
On ne sera pas si autoréalisatrice.
- Speaker #1
Oui, oui, non, il ne faut pas penser ça. Et je trouve ça dommage que ce syndrome existe, qu'on en parle. Parce qu'à force d'en parler, les gens doivent s'en imprégner. Se dire, ça me concerne peut-être, et ça c'est pas bien. Il ne faut pas penser à ça. Personne n'est imposteur nulle part. Je ne sais pas, un vrai imposteur, ce n'est pas ça en tout cas. Non, c'est... Non, je trouve qu'au contraire, il faut se dire, je peux faire mieux, je peux aller plus loin, je peux montrer plus. Je ne sais pas, mais c'est mon tempérament optimiste qui fait dire ça.
- Speaker #0
Après, le fait d'en parler, je trouve que justement, on peut aider les personnes à prendre conscience que ça arrive à tellement de gens que ça ne doit pas être un sujet et que ça ne serait pas quelque chose à...
- Speaker #1
Ça ne devrait pas être un sujet. Oui, je ne savais pas qu'on l'avait formalisé à tel point. en fait et qu'autant de gens y pensaient parce que s'ils y pensent ça veut dire qu'ils sont sensibles au sujet et ça c'est pas bien parce que ça met du doute dans la tête et il faut pas avoir de doute il y a quelque chose que j'apprécie beaucoup chez les anglo-saxons parce que mes deux belles-filles sont australiennes les deux ? c'est incroyable les deux il y en a une qui vit à Paris et l'autre qui vit en Australie avec mon deuxième fils et bien ce peuple ne se pose pas la question n'a pas ce doute là et vraiment ils n'ont pas ce doute et ma belle fille quand elle est arrivée elle ne parlait pas un mot de français au bout de trois mois elle est embauchée dans un cabinet chez price elle a été me passer un master chez dauphine de fiscalité française après le barreau à paris tout ça en l'espace de deux ans mais elle y croyait elle n'a pas un instant pensé qu'elle n'y arriverait pas et quand je parle avec ces australiens que je vois assez souvent ils n'ont pas de doute ils ne doutent Je pense que c'est quelque chose d'assez français, ça, de douter. Eux, ils y vont.
- Speaker #0
Ils sont très positifs.
- Speaker #1
Ils sont très positifs.
- Speaker #0
Mais de manière générale, je pense que dans la culture anglo-saxonne et avec beaucoup l'influence américaine qui impacte l'Australie, il y a cette idée de « il faut y aller, le mindset est essentiel, il faut exploser les barrières » . Et en même temps, moi, je dois avouer que je suis arrivée en France avec cette culture-là, vu que j'ai grandi en Australie, et je me suis rendue compte qu'en tant que Française, en tout cas avec l'étiquette française, pour manœuvrer dans des situations corporate un petit peu plus périlleuses, il fallait faire preuve d'un peu moins d'assertivité parfois.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. C'est vrai que parfois, c'est un peu brutal chez les Australiens. C'est un peu brutal. Ça, je le perçois aussi. Ça manque de... Oui, de ce que nous avons, nous, peut-être plus de souplesse, de discernement. Oui, c'est vrai. Mais est-ce que c'est plus gagnant ? Au bout du compte, je n'en sais rien. Pas sûr. Pas sûr, parce qu'au premier abord, c'est très brutal. Et les Français, je vois ça. Mais après, ils s'en remettent, les Français. Et puis, ils apprécient ce type de tempérament. Donc, je ne sais pas si c'est bien. Je n'en sais rien.
- Speaker #0
Je ne sais rien. Qu'est-ce qui vous a aidé ? Encore une fois, vous faites partie d'une génération, moi j'ai envie de dire, pour moi vous êtes la génération qui a tout sacrifié. C'est-à-dire que vous avez dû vous battre pour gagner des places dans les entreprises, à des postes de haute direction, et en plus vous aviez quand même des conjoints qui étaient très impliqués aussi dans leur carrière. Et vous aviez toute la charge personnelle.
- Speaker #1
Tout à fait, oui.
- Speaker #0
Donc, vous, comment vous avez vécu ces premières années de carrière où vous alliez à Paris, vous travailliez avec que des hommes et en même temps, vous étiez maman ?
- Speaker #1
Pas bien. Moi, je me souviens, j'avais pris pas mal de réflexions sur mes horaires.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Oui, parce que je partais trop tôt le soir. J'arrivais trop tard le matin. C'est vrai ? Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Et pourtant, vous ne partiez pas à 17h ?
- Speaker #1
Non, non. Mais je partais à 18h ou 18h30, c'était trop tôt. Donc je me suis pris pas mal de remarques. On m'a dit aussi, ne faites pas un troisième enfant, ça ne sera pas bon pour votre carrière. Vous voyez, ce genre de réflexion, à l'époque, on avait ça quand même. Ou ces métiers-là ne sont pas faits pour les femmes. Ça, c'était encore des réflexions qu'on entendait dans les années 80. Après, je pense que ça a disparu. Quand même, parce que c'était plus possible de le dire. Mais c'était encore...
- Speaker #0
C'est plus dit.
- Speaker #1
Oui, c'est plus dit. C'est pensé, mais... Peut-être. Mais à l'époque, on nous le disait. Oui, oui, je l'ai entendu. Ça, c'était... Non, c'était des périodes extrêmement difficiles, parce que les hommes ne partageaient rien, parce qu'ils n'avaient pas été élevés comme ça. Donc, ils n'en avaient aucune idée. Et ils ne partageaient rien. Je vois comparer à mes fils, aujourd'hui, qui partagent, alors pas assez pour leurs épouses, mais qui partagent beaucoup plus que ce qui était le cas de la génération précédente. Donc, on portait tout. C'était épuisant, vraiment épuisant. Oui, je pense que c'était des années très difficiles, je pense. Parce que la période, là, aujourd'hui, on n'avait pas de téléphone portable, ce qui limitait les contacts pour les enfants. On n'avait pas de télétravail, on avait peu de vacances, on travaillait toute la semaine. Des choses qu'on n'imaginerait plus aujourd'hui, plus du tout. Bon, en même temps, on a survécu.
- Speaker #0
Vous avez survécu, mais ça a été éprouvant.
- Speaker #1
Oui, c'était dur, mais on a survécu.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des moments où vous vous êtes dit c'est trop dur, je ne peux pas ?
- Speaker #1
On se dit ça par moment, oui, par moment. J'en voulais beaucoup la SNCF. Je me suis dit un jour je vais mourir dans le train. Je me suis dit ça.
- Speaker #0
Je ne devrais pas rire parce que je sais ce que c'est vrai.
- Speaker #1
Plusieurs fois je pleurais sur le quai de la gare parce que le train était parti. Et parfois je me suis dit je vais tuer la SNCF avant qu'ils ne me tuent. Voilà,
- Speaker #0
ça c'était ce qu'il y avait de pire. Oui, vraiment.
- Speaker #1
Bon, après le reste.
- Speaker #0
C'est vrai que moi aussi, j'ai fait ce choix de vivre dans l'Oise tout en travaillant à Paris. Et ces moments de détresse, à ne pas savoir si je vais pouvoir aller récupérer les enfants. C'est très dur, ça c'est très dur.
- Speaker #1
Là, vous avez un téléphone portable. Quand vous n'en avez pas,
- Speaker #0
et qu'il y a un téléphone fixe à la gare du Nord avec 40 personnes qui attendent pour téléphoner. C'est très bien. Voilà,
- Speaker #1
c'est ça. On n'imagine plus, bon ça fait souvenir préhistorique, mais c'était compliqué, c'était un peu compliqué.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui vous a aidé, ou qui vous a aidé à ce moment-là à survivre justement ?
- Speaker #1
Je ne sais pas, on trouve l'énergie en soi. Je ne sais pas, la vie évolue, vous progressez dans votre travail, donc ça devient plus léger. A partir du moment où vous progressez, vous vous dites, donc ce que j'ai fait, c'est un retour. Donc ça, ça m'a aidée. Après la vie, pareil, si votre conjoint progresse de son côté, ça devient un peu plus simple. Oui, c'est la progression de la vie qui fait qu'à un moment, ça s'allège un peu. Quand les enfants sont petits, c'est dur. Après, ça s'allège un peu. Non, non, c'était des périodes difficiles. Difficiles.
- Speaker #0
Alors, votre mari, on va en parler. Donc, Eric Wörth, qui est donc un homme politique, qui a été ministre. Ce qui fait que souvent, on parle de vous comme étant une femme d'eux.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ce qui est assez dingue, sachant que vous avez eu un diplôme qui n'est pas le moindre. Comment vous le vivez, ça ? Comment vous l'avez vécu ?
- Speaker #1
Alors d'abord, je ne me suis jamais sentie femme d'eux. Moi, je ne le sentais pas. Les gens le disaient, mais moi, pour moi, ça ne représentait rien. parce que Franchement, j'ai vécu ma vie en dehors de celle de mon mari, complètement. Et j'ai pris toutes mes décisions sans lui. Il n'est jamais intervenu dans mes choix. Il n'a jamais eu de poids dans mes choix. Donc franchement,
- Speaker #0
indépendance. Oui,
- Speaker #1
totale. Sauf quand j'entends de ma proposée de rentrer chez lui, il me dit, « Ah là, il faim quand même, c'est pas mal. » Mais voilà, c'est tout. Ça n'allait pas plus loin que ça. Et non, jamais il n'est intervenu pour ça. Il était extrêmement ouvert. Non, puis je crois que dans sa vie professionnelle, il a agi de la même façon. Il laisse beaucoup de liberté aux gens. Il est très exigeant, mais il laisse beaucoup de liberté aux gens. On peut s'exprimer avec lui. Donc, je ne m'étais jamais sentie femme d'eux. En même temps, comme lui était médiatisé, moi pas. C'est là où intervenait ce rapport de femme d'eux. Forcément, les gens connaissaient une personne. Et moi, j'étais derrière, dans l'ombre, plutôt discrète parce que c'était plutôt ma nature. Donc, effectivement, ça donnait vite envie aux gens de dire, c'est la femme de, elle n'existe pas, parce que les gens ne connaissaient pas forcément mon parcours professionnel. Donc, c'est vrai que c'était un peu, oui, je l'ai entendu. Après, je me suis souvent défendue du sujet. Puis, une fois qu'on me connaît, on comprend que j'ai le tempérament suffisant pour être indépendante. Je pense que ça ne dure pas très longtemps, en fait. Je vois dans la campagne municipale que je mène aujourd'hui pour la mairie de Chantilly, lui a été maire de 1995 à 2017. Au départ, j'ai entendu ce bruit, ça sera un clone de son mari, elle fera comme ça. Et puis très vite, ils ont compris que non, ça ne serait pas comme ça. Et que bien sûr, il a une empreinte, bien sûr, je sais ce qu'il a fait, et je ne tiens qu'à une chose, c'est de continuer ce qui est bien. Mais non, je pense que quand il y a compris que j'avais ma propre personnalité, mes propres idées, que je pouvais, autour de moi, constituer une équipe sans mon mari.
- Speaker #0
Mais il est là, il est là. Il est là,
- Speaker #1
bien sûr, mais comme un conjoint, comme tous les conjoints, ni plus ni moins, en fait.
- Speaker #0
Vous dites que vous avez pris vos décisions de manière assez indépendante, sans forcément lui demander ni l'autorisation, ni sa bénédiction. Tout couple, on va dire, normal, qui essaye de mener deux carrières, il y a souvent des tensions parce que l'un va être très pris, donc l'autre doit compenser. Et vous, à un moment même, vous avez dû prendre la décision de démissionner de votre fonction du fait de l'impact médiatique d'un sujet le concernant. Donc, comment est-ce que vous avez géré justement cette tension entre vos deux carrières ?
- Speaker #1
Je n'ai pas eu le choix, je pense, à l'époque. Ce n'était pas possible. La pression médiatique était trop forte. Ce n'était pas possible, en fait. Vous savez, dans ces phénomènes de meute, parce que c'est un phénomène de meute, il y a besoin de sang. C'est très réel, c'est ça. Il y a besoin de sang, on a besoin de couper des têtes. Donc, il fallait que je lâche pour ça. Après, la meute n'a jamais raison pour moi. Mais après, ça s'est montré par la suite que c'est tout était faux, mais il fallait du sang, parce que l'histoire est comme ça, l'histoire est sanglante, parce que c'est inhérent à l'humanité, c'est toujours, ça se finit jamais très bien. Il fallait arrêter ça, tout de suite, oui, c'est clair que c'était un élément important pour arrêter.
- Speaker #0
Et vous l'avez vécu comment cette vie ?
- Speaker #1
Pas bien, mais pas bien, parce que vous pertez votre travail que vous aimez, du jour au lendemain, vous n'avez plus rien à faire. Vous êtes la prod média qui... Parfois, je me réveillais le matin, je me demandais, mais ils s'en foutent, qu'est-ce qu'ils racontent ? Rien n'est vrai. Mais vous êtes inaudible, alors de toute façon, vous pouvez rien dire. Il a fallu du temps pour que je sois audible et qu'ils comprennent que tout était faux. Mais bon, après, il fallait, sur le moment, vous savez, il faut lâcher par moments, il faut donner de la respiration. C'était le cas.
- Speaker #0
Bon,
- Speaker #1
après, on s'en remet. On fait autre chose.
- Speaker #0
Aujourd'hui, du coup, vous avez repris un engagement. Là, vous menez cette campagne pour la mairie de Chantilly. Les jeunes et surtout les femmes se désintéressent beaucoup de la politique.
- Speaker #1
Oui, on a tout fait pour les désintéresser. Vraiment, on a tellement tapé sur les politiques, tellement dire que finalement, c'était la pire des races, la pire des métiers.
- Speaker #0
Avec l'image.
- Speaker #1
L'image, on a tout fait pour détériorer l'image. Mais c'est un peu tout. En fait, ce n'est pas uniquement les politiques, c'est toutes les professions qui avaient un peu de pouvoir. Je pense qu'on maltraite les médecins de la même façon aujourd'hui. On est prêts à les insulter. On est prêts à insulter des tas de professions. La police, tout ça, ça n'existait pas il y a 40 ans. On avait un certain respect. Les petites politiques, on les a piétinées. On a pointé du doigt un ou deux cas alors qu'il y a 100 cas exemplaires. Donc on n'a pas su montrer que c'était un métier très difficile, plutôt mal rémunéré comparé aux entreprises, qui demandent des heures et des heures de travail, on ne les compte pas, week-end compris, vacances comprises. Donc ça on n'a pas... Alors maintenant le fait que beaucoup de maires capitulent, je pense que ça sensibilise un peu plus la population aux difficultés du métier d'élu. Il a fallu ça peut-être pour que beaucoup de gens comprennent. Après, qu'ils se désintéressent de la politique, du genre « ça ne sert à rien, tout va mal, ils ont tout raté » . C'est tellement compliqué. On a envie de leur dire que c'est tellement difficile, c'est tellement compliqué. Tout ne dépend pas de nous, on est dans un environnement mondial. Il y a des tas de choses qu'on ne peut pas faire. On ne peut pas gérer. On essaye de faire au mieux avec ce qu'on a. Alors on s'y trompe, on peut se tromper. On ne pardonne pas les erreurs aux politiques non plus, jamais.
- Speaker #0
Qui est pourtant une valeur très promue pour l'entrepreneuriat. Oui,
- Speaker #1
mais en politique, on ne vous pardonne rien. Donc ça aussi, c'est très dur. Oui, c'est dommage, parce que je pense qu'on a besoin de jeunes, on a besoin d'idées nouvelles, on a besoin de visions, puis ils doivent décider pour eux-mêmes et pour leurs enfants. Là, quand j'entends parfois, justement, pendant la campagne, ça ne m'intéresse pas, je ne vote pas, non, franchement, non, tous pareils. Je dis quelle capitulation, c'est maintenant, il faut voter, il faut décider. On m'a tenu un raisonnement l'autre jour. « Ah, mais tant qu'on ne tiendra pas compte du vote blanc, je n'irai pas voter. » Je dis « C'est quoi le vote blanc ? » « C'est aucun avis ? » « Ah, mais je ne trouve pas ce que je veux. » « Mais elle ne le trouvera jamais. » C'est toujours pareil, il faut trouver celui qui se rapproche le plus de vos idées. Oui, tout est possible.
- Speaker #0
C'est très dommage. En fait, c'est très dommage. Alors, ça demande de plus en plus de dents parce que c'est de plus en plus complexe. Donc, travailler, cumuler travail et engagement politique, c'est de plus en plus compliqué. C'est aussi pour ça qu'on a besoin de retraités parce qu'eux ont plus de temps et peuvent s'engager. Donc, il ne faut pas critiquer en disant les vieux, les jeunes. Non, on a besoin des retraités pour être là. On va être la semaine parce que ce n'est pas ceux qui travaillent qui peuvent le faire. Donc, c'est très complémentaire. On a besoin de tout le monde.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est un engagement qui, pour tous les conseillers municipaux, moi je suis impressionnée par l'engagement de certaines mamans d'école que je connais, qui font partie du conseil municipal de ma ville, et je vois le temps qu'elle y passe, en plus de son travail, en plus de ses enfants, je suis vraiment admirative.
- Speaker #0
Oui, c'est beaucoup de temps, c'est beaucoup de temps.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est vrai, c'est pour ça qu'il y en a beaucoup qui ne le font pas. qui ne veulent pas s'engager. Quand on constitue une équipe, d'ailleurs, on voit bien que les femmes sont beaucoup plus réticentes que les hommes à s'engager, parce qu'elles disent, c'est ma vie professionnelle, et mon couple, et mes enfants. Tout ça, ça fait beaucoup. Est-ce que j'aurai le temps ? Oui, pour elles, c'est plus difficile.
- Speaker #1
C'est plus difficile que pour un homme. Je suis persuadée de ça. Vous me disiez juste avant que quand vous avez cherché des soutiens féminins pour votre campagne, Vous avez eu du mal à identifier des femmes avec une envergure politique alors qu'il y avait beaucoup d'hommes ?
- Speaker #0
Oui, alors envergure politique ou avec un aura assez large pour qu'elles soient identifiables par des électeurs. C'est vrai qu'autant les hommes, j'ai trouvé assez facilement, à qui j'ai demandé leur soutien d'ailleurs, et j'ai cherché, cherché. Pour les femmes, j'ai franchement eu un peu de mal. Et trouver ces femmes, quand j'ai regardé chez les mères, celles qui avaient des fonctions politiques, c'est pas simple du tout, du tout, du tout à trouver. On n'a pas beaucoup de choix. Et je me suis posé la question de savoir pourquoi. Pourquoi ? Franchement, je trouvais ça dommage, en fait, de ne pas avoir ce type de femmes. J'aurais voulu trouver, j'ai même cherché en dehors du monde politique, des sportives, mais non, spontanément, je n'ai pas trouvé. Chez les hommes, les noms viennent beaucoup plus vite, bizarrement.
- Speaker #1
Donc ça veut dire quoi ? Ils sont plus visibles. Les hommes sont plus visibles ?
- Speaker #0
Oui, ils sont plus visibles.
- Speaker #1
Au-delà de leur job ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ils ont une activité qui leur permet de réunir. Voilà,
- Speaker #0
une visibilité qui leur permet d'être visible.
- Speaker #1
Tout à fait. Oui, oui.
- Speaker #0
Il y a des grandes figures comme Christine Lagarde, par exemple, qui est très visible. Mais bon, je la connais, mais c'est pas opportun de lui demander son soutien. Mais c'est ce type de personnes qui éclairent, qui rayonnent internationalement. Elle, elle a cette figure-là. Mais c'est pas non plus quelqu'un de 20 ans ou de 30 ans. C'est ma génération plutôt. Donc, dans les plus jeunes, je ne trouve pas... Peut-être que chez les Américaines, il y en a plus. C'est possible.
- Speaker #1
Donc, c'est quoi ? C'est que les femmes, en dehors de leur charge personnelle, de leur vie personnelle, de leur vie professionnelle...
- Speaker #0
Elles n'arrivent pas à trouver l'espace pour se rendre visible. Moi, je pense que c'est ça. Ou elles n'y pensent pas. Elles sont sous le poids.
- Speaker #1
Ou elles ont peur.
- Speaker #0
Oui, ou elles ont peur. possible je ne sais pas non non c'est un sujet il faut absolument les pousser à être visible je ne sais pas comment on fait mais on pourrait y réfléchir mais faut les pousser à être visible et apprendre d'autres engagements franchement
- Speaker #1
oui ça c'est important ça c'est important quel temps par exemple moi j'ai 43 ans je suis ma manche et j'ai mon activité pensez quel type d'engagement Quelqu'un comme moi dans mon profil pourrait prendre pour justement rayonner. Ce serait quoi vos conseils ?
- Speaker #0
Est-ce que vous avez fait déjà votre propre podcast ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Vous devriez le faire. Et vous diffuser.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Oui. Déjà, vous pourriez vous expliquer pourquoi vous faites ça. Non ? Moi, je pense que vous devriez expliquer qu'est-ce qui vous pousse, pourquoi vous avez créé ça, comment vous allez développer ça, qui vous allez vous adresser, quel réseau vous allez constituer autour. Parce que ça marche aussi beaucoup à partir des réseaux que vous allez constituer. Donc, il faut aussi avoir cette capacité à constituer un réseau fort. Ça, il faut vous occuper de tous les gens, justement, qui viennent faire votre dépôt de casse. Il ne faut pas les utiliser, mais créer ce réseau autour d'eux et qu'ils aient un maillage de plus en plus fort autour de vous. Là,
- Speaker #1
on en revient finalement au personal branding, de comment, à titre individuel, nous nous mettons en avant.
- Speaker #0
C'est bien de faire des réseaux, de le faire au milieu de réseaux, c'est pas mal. Vous,
- Speaker #1
vous avez créé le réseau chez Femmes HEC. Oui,
- Speaker #0
il y a longtemps, c'était drôle, ça nous amusait à l'époque, parce que comme on était minoritaire, on trouvait ça drôle de les choquer un peu. Un peu provoque, c'était ça à l'époque. Mais non, il faut constituer son réseau. C'est clairement, c'est comme ça que les hommes, c'est ce qu'ils savent très bien faire d'ailleurs. Et donc, il faut constituer un réseau, être visible dans le réseau. Non, non, il faut s'occuper de ça surtout.
- Speaker #1
On m'a posé la question hier et j'ai eu du mal à répondre. Enfin j'ai... répondu en partie, j'aimerais bien du coup avoir votre réponse là-dessus. Pourquoi est-ce que les hommes trouvent ça plus facile de développer leur réseau que les femmes ?
- Speaker #0
Parce que les femmes y mettent trop d'affect. Mais c'est tout bêtement ça. Elles cherchent une relation affective avec la personne. Or, quand vous faites un réseau, c'est pas le sujet. Le réseau, c'est pas un réseau de copines. C'est pas ça le sujet. Le réseau, c'est trouver des gens avec qui vous allez pouvoir construire quelque chose, qui vont vous apporter une expérience, une compétence et vous faire connaître d'autres gens, avec qui vous allez pouvoir parler de sujets qui vous intéressent. On n'est pas, et les femmes, elles sont souvent tout de suite dans le réseau de copines. On va déjeuner ensemble, on parle de ci, de ça, et puis souvent aussi, c'est un peu en vase clos, on est trois, mais on n'a pas envie d'être quatre, donc on reste trois. Ça aussi, j'ai remarqué souvent. Je trouve ça assez désagréable chez les femmes, d'ailleurs. Les hommes ne font pas ça. Quand vous êtes trois, ils peuvent être cinq, six, sept. Non, la femme, elle va résister à trois ou quatre parce qu'on est entre nous, on se connaît. Et ça, c'est très nuisible, finalement. C'est souvent ça. Donc, je pense que ce n'est pas la bonne formule, ça.
- Speaker #1
Alors, c'est assez proche de ce que j'ai répondu hier. C'est drôle. Ma réponse était qu'entre femmes... Nous discutons beaucoup et nous aimons aller en profondeur sur un sujet, arriver vite sur un sujet intime. Alors que pour les hommes, finalement, ils sont beaucoup moins à l'aise sur ce genre de sujet. Et donc, le ping-pong un peu social, c'est plus facile.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et en même temps, il y a un sujet aussi de prioriser ça. Justement, on parlait des femmes qui sont dans leur boulot à fond, dans leur vie de famille, et qui ne s'autorisent pas finalement à prendre ce temps. de réseautage, d'enrichissement.
- Speaker #0
Je pense qu'il y en a quelques-unes. J'en connais quand même quelques-unes qui aiment le faire. Mais c'est vrai qu'elles ont déjà des postes assez élevés. Elles ont compris l'intérêt du réseau, de créer des clubs, de faire venir des femmes. Donc ça, je pense que ça se développe. Il y en a quand même certains qui savent faire ça. Mais c'est... Je pense que c'est effectivement, les femmes on tombe vite dans l'intime, or un réseau ça ne se fait pas sur la base de l'intime, je ne crois pas, je ne pense pas, je pense que ça se fait sur d'autres valeurs, d'autres aspects, plus sur du business souvent je pense, ça c'est pas mal.
- Speaker #1
Comment est-ce que, moi je vois un de mes blocages personnels, c'est que je ne supporte pas avoir l'air intéressée, De venir... J'ai l'impression que ça va venir abîmer la relation si je pose une question intéressée. Et là, ce que j'entends dans votre réponse, c'est que justement, il faut être très tactique.
- Speaker #0
Les hommes ne se posent pas cette question-là. Ça, c'est une question de femme. Ça, je le vois dans la campagne. Ah, elle vient nous dire bonjour parce qu'elle est en campagne et qu'elle a besoin de notre vote. Grosso modo, elle pense ça. Je pense qu'un homme, il ne pense pas ça à lui. Il dit, c'est normal, elle est en campagne, elle vient se présenter, elle vient parler, elle vient me connaître. Lui, il voit ça de cette façon-là. La femme, elle va commencer à se dire « Ah, mais elle est intéressée, elle vient chercher mon vote, ah, c'est pas bien » . Voilà ce qu'elle va penser, la femme. Et bon, moi, je le vois, je sais qu'elle pense ça. Mais alors que l'homme ne le pense pas. C'est compliqué parce que les femmes sont peut-être faites comme ça, je ne sais pas. Non, quelques femmes sont faites comme ça, ou tout de suite. C'est assez pervers, je n'aime pas ces idées, ces arrières-pensées. Je n'aime pas ça parce que moi, je ne les ai pas. Mais il faut les persuader que non, ça fait partie du job. Quand on est en campagne, il faut venir vers les autres, il faut se présenter, parler, expliquer ce qu'on fait. Et puis après, libre à chacun de décider. C'est vrai qu'elles pensent souvent ça.
- Speaker #1
et on n'est pas plus intéressé que quand on fait du commercial dans un autre niveau mais c'est du commercial un conseil du coup pour les femmes qui vont aller développer leur réseau et s'intégrer dans des clubs comment est-ce que vous conseillerez à quelqu'un qui dit non mais moi je sais pas faire je sais même pas m'incruster dans une conversation quel conseil vous pourriez donner ?
- Speaker #0
je ne sais pas La particule s'incrustée, c'est pas tellement s'incruster. Je sais pas, il y a des groupes, on passe de groupe en groupe dans ces réseaux-là. Je pense que tout le monde s'attend à ce que quelqu'un vienne lui parler, c'est fait pour ça. Je pense qu'au contraire, c'est les gens qui ne parlent pas, qui ne sont pas compris. Les gens qui ne s'expriment pas, qui ne vont pas vers les autres. Dans un réseau, il faut aller vers les autres. Sinon ça marche pas, c'est fait pour ça, c'est fait pour connaître. En fait, les gens quand même ont l'appétit de connaître les autres, de savoir ce qu'ils font. Ils ont tous des histoires intéressantes. Non, je pense qu'il faut le prendre comme ça. Il y a façon et façon de faire, on est d'accord. Mais je pense quand même qu'il faut aller vers les autres.
- Speaker #1
Aller vers les autres. Alors,
- Speaker #0
ce n'est pas forcément sacristé, ça, ce n'est pas bien. Mais le terme n'est pas bon. Il faut aller vers les autres.
- Speaker #1
Faire preuve d'ouverture, de curiosité.
- Speaker #0
Oui. De proximité, essayer de trouver un point d'accroche, ça se trouve. Se renseigner un peu d'abord sur les CV des gens, ça facilite la tâche. Souvent, vous avez ça avant, vous regardez ce qu'ils ont fait.
- Speaker #1
L'avantage d'avoir l'indigne. Oui, mais comme ça,
- Speaker #0
vous avez des arguments, vous avez des éléments que vous pourrez utiliser. Ça aussi, ça aide quand même pas mal à regarder avant ce que font les uns et les autres. Oui, ça aide.
- Speaker #1
Est-ce que pour vous... Demandez tout de suite un service, une mise en relation ou un rendez-vous. Ça ne se fait pas dans une première approche. Ou vous êtes plutôt de l'école. Il faut être, c'est d'ailleurs l'école en plan, très forward.
- Speaker #0
C'est très américain. Eux, ils ne se posent pas de questions. Ils doivent leur carte tout de suite. C'est américain. Nous, Français, on tourne autour du pot. On a un peu peur. Je pense aussi, parfois on n'arrive pas à vendre nos trucs, nos produits. Je pense que ça vient un peu de ça. Les Américains, ils y vont direct et personne ne se chante de ça. Personne. Alors nous, on est fait un peu autrement. Je pense que, je vois, ça se fait beaucoup plus facilement maintenant. On donne sa carte assez vite. On peut aider, on peut mettre en relation. Enfin, il y a différentes façons de proposer ses services.
- Speaker #1
Donc, Merci. utiliser la mise en relation pour pouvoir plus facilement accéder aux autres, c'est un bon conseil aussi ? Oui,
- Speaker #0
oui, oui. Le réseau, c'est important. Il y en a quand même pas mal qui se constituent, des réseaux. Il faut en faire partie, ça permet de rencontrer plein de gens différents.
- Speaker #1
Lesquels vous trouvez ? Est-ce que vous avez des noms de réseaux que vous trouvez particulièrement pertinents pour les femmes ?
- Speaker #0
Il y en a un local qui s'est créé, la Placelle, je ne sais pas si vous connaissez. C'est un réseau local, c'est Chantilly, ce n'est pas un réseau parisien. Mais la méthode est bonne, c'est-à-dire qu'on essaye de rassembler des femmes sur des sujets communs, et puis de faire des antennes à droite et à gauche dans l'Oise, et puis en dehors de l'Oise, d'animer ces réseaux, de proposer des nouvelles choses. Ça c'est un réseau, oui. Et puis chacun trouve sa place, quand il veut. C'est la méthode qu'il faut adopter. Ça, c'est vrai. Ça, je trouve ça bien. D'ailleurs, les gens adhèrent à ce genre de choses. Ils y vont. Ça leur permet de connaître des gens qu'ils ne connaîtraient jamais. Et les gens sont très isolés, finalement, aujourd'hui.
- Speaker #1
C'est vrai. Très isolés. Les dicas à Sandra.
- Speaker #0
Oui. Donc, ils ont besoin de réseaux pour sortir de leur isolement. Ça aussi, c'est essentiel.
- Speaker #1
Alors, encore une fois, vous faites partie d'une génération de femmes qui a dû... On parlait beaucoup d'éclater le plafond de verre à l'époque. Vous, vous avez eu l'impression, à un moment de votre carrière, de devoir le forcer ?
- Speaker #0
Oui, on l'avait. On l'avait beaucoup à l'époque. Beaucoup. Parce qu'on savait qu'il n'y avait pas de femmes dans les conseils d'administration, il n'y avait pas de femmes dans les directions d'entreprise, dans les communautés exécutives. Il n'y avait pas de femmes nulle part. Ah non, ça, on le voyait, oui. On le voyait. Puis on nous le disait. Ce n'est pas un métier pour les femmes. Ça, je l'ai entendu. Voilà, et puis au fur et à mesure...
- Speaker #1
J'ai l'impression que c'est le genre de phrase qui vous donne encore plus envie d'y aller.
- Speaker #0
Oui, enfin bon, c'était impossible de franchir ça. Une fois qu'ils avaient dans la tête que ce n'était pas fait pour une femme, ce n'était pas possible. Non, non, c'était parfois les femmes qui le disaient.
- Speaker #1
Aussi, oui.
- Speaker #0
En plus. Non, nous, on avait vraiment ce sentiment-là, parce qu'on n'y arrivait pas. Ça, c'était vraiment bloqué. Oui,
- Speaker #1
ça s'est débloqué. C'est le genre que vous êtes au conseil d'administration.
- Speaker #0
Oui, ça s'est débloqué après, dans le début des années 2000, ça a commencé à se débloquer. avec les quotas, et puis il y a vraiment eu... Parce que toutes les femmes ont accédé aux grandes écoles, ce qui n'était pas le cas avant. Donc elles ont accédé à des études très supérieures, donc elles pouvaient prétendre à des postes au plus haut niveau. Ça, c'est une génération qui s'est formée dans les années 90. Et ça, les femmes ont acquis les compétences pour remplir ces postes-là, ce qui n'était pas toujours le cas avant.
- Speaker #1
En fait, c'est dingue, j'ai une prise de conscience un petit peu naïve, mais qui est que Vu que vous faites partie des premières générations d'HEC, vous faites aussi partie des premières générations à avoir pu accéder à ces postes-là. Oui, avant,
- Speaker #0
très récent,
- Speaker #1
c'était vraiment un boycott.
- Speaker #0
C'était pas le cas. C'est pour ça que dans les femmes qui sortaient, il y avait beaucoup de journalistes, parce que si elles étaient intelligentes, elles y arrivaient sans études, ou sur le tas, elles étaient repérées sur le tas. Donc c'était des professions peut-être plus faciles où on perdait... Il y a eu des scientifiques, aussi des grandes scientifiques, qui ont fait des choses remarquables. Oui, c'est sans doute, oui, c'était les premières générations à sortir, oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Et donc aujourd'hui, vous êtes au conseil d'administration d'Hermès Parfum.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce que ça veut dire d'être un membre d'un conseil d'administration ?
- Speaker #0
Alors, c'est un conseil de surveillance qui est un peu différent, donc ce n'est pas exécutif. Et c'est intéressant parce qu'on suit l'histoire d'une entreprise, son développement, on s'intéresse à beaucoup de choses, à sa stratégie. C'est très niveau stratégique, on n'est pas au niveau tactique, c'est de la stratégie. Donc c'est la stratégie au sein d'un groupe international, une vision qui est développée sur le long terme. Donc c'est beaucoup, oui c'est... Le conseil de surveillance, on est là pour regarder plus que pour agir. C'est un concept un peu différent, mais c'est passionnant, surtout dans une maison comme celle-ci. C'est passionnant, c'est vrai. Ça évolue en plus très vite.
- Speaker #1
La différence du coup avec un rôle en conseil d'administration ?
- Speaker #0
Le conseil d'administration, c'est beaucoup plus exécutif. Là, vous surveillez, ça porte bien son nom. Vous enterrinez des comptes, c'est un petit peu différent. Conseil d'administration, vous avez un vrai rôle au sein de l'entreprise, ce qui n'est pas le cas chez Hermès.
- Speaker #1
Je finis toujours le podcast avec trois questions rituelles. La première, c'est je vous offre un panneau de fichage, on va dire à chantier quand même peut-être. Oui,
- Speaker #0
c'est normal.
- Speaker #1
Voilà. C'est votre message au monde. Qu'est-ce que vous voudriez y écrire ? Tout le monde peut y passer et être inspiré par ce message. Quelle est la phrase que vous voudriez y mettre ?
- Speaker #0
Oui, ça, c'est un peu compliqué. Je ne suis pas, moi je suis d'un tempérament assez optimiste. C'est en avant les femmes ou un truc comme ça, quelque chose de dynamique. Oui, c'est ça, il faut se projeter, il faut y aller en avant.
- Speaker #1
En avant. Vous avez déjà fait des profils psychologiques type MBTI, Inside Discovery ?
- Speaker #0
Rien du tout.
- Speaker #1
Rien du tout ?
- Speaker #0
Rien du tout.
- Speaker #1
Moi, je suis certifiée Inside Discovery qui est un des modèles. Et vous avez une énergie très rouge qui est dans l'action, qui est dans le focus résultat. Oui, tout à fait. Envie que les choses avancent. Oui,
- Speaker #0
ça c'est vrai. Très, très. C'est pour ça que parfois je m'agace un peu que ça n'avance pas assez vite. Et dans le public, dans les collectivités, parfois ça ne va pas vite. Oui, je n'ai jamais fait ce type d'inside.
- Speaker #1
Je pourrais vous le faire. Oui,
- Speaker #0
mais bon. Oui, oui, je le sens bien, je le perçois, je suis très dans l'action, oui. J'aime que les choses se fassent.
- Speaker #1
Un rythme en plus. Oui,
- Speaker #0
c'est un rythme soutenu. Oui, j'aime beaucoup ça. Oui, c'est vrai, je trouve que ça porte.
- Speaker #1
Deuxième question, alors c'est un voyage dans le temps. Si vous deviez vous retrouver face à vous, quand vous aviez 10 ans, que vous étiez une toute jeune fille, qu'est-ce que... Vous aimeriez dire à cette jeune fille de 10 ans, qu'est-ce qu'elle aurait besoin d'entendre ?
- Speaker #0
Ah oui, oui, oui, c'est vrai. Avec le travail, on obtient tout, je pense. Et ça, il faut le dire, c'est que quand on travaille, on a accès à tout. Franchement, je ne vois pas d'autre solution, d'autre issue que le travail. Et il ne faut pas se décourager en travaillant, on accède à tout. Franchement, ça je le vois. Il faut travailler et les portes s'ouvrent partout.
- Speaker #1
L'affaire ne m'en paye.
- Speaker #0
Oui, franchement, il faut travailler, il faut délivrer. Et après, vous êtes repéré. Il y aura toujours quelqu'un d'intelligent qui viendra voir votre travail et se dire « Tiens, c'est bien ce qu'elle a fait, elle. » Et qui viendra vous chercher. Donc, il faut croire en ça. Il faut juste travailler.
- Speaker #1
Beaucoup de femmes aujourd'hui ont l'impression qu'elles travaillent beaucoup et que justement, ça ne paye pas, qu'elles n'ont pas la reconnaissance. Mais du coup, je voudrais rappeler ce que vous avez dit juste avant, c'est que les femmes doivent être visibles aussi.
- Speaker #0
Oui, il faut rendre visibles. Parce que si je vois quel profil j'en connais et elles travaillent beaucoup, alors elles sont d'une telle timidité, d'une telle humilité, Voilà, une fois qu'elles ont fait leur beau travail, elles ne portent pas leur travail. Et après, il faut porter son travail parce que personne ne viendra le regarder. On ne vous attend pas, on ne vous attend nulle part. Personne ne vous attend. Donc, si vous n'allez pas montrer votre travail, il ne sera pas visible. Il faut juste aller le montrer aux autres.
- Speaker #1
Donc, travail et rendre visible.
- Speaker #0
Oui, il faut le rendre visible. Dire, voilà ce que je fais. C'est de la modestie. Mais il faut montrer ce qu'on fait. Si vous ne le montrez pas, personne ne viendra le voir.
- Speaker #1
Il ne faut pas avoir honte de ça.
- Speaker #0
Pas du tout. C'est sûrement très bien. Elles doivent se dire, c'est pas assez bien. Je vois bien ce qu'elles doivent se dire. Mais c'est faux. C'est sûrement très bien. C'est sûrement très bien. Mais il faut le porter. Il ne faut pas avoir peur de ça. Pas avoir peur. Jamais.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de gens qui portent des trucs complètement nuls mais qui osent. Et qui osent.
- Speaker #0
Mais qui osent et qui arrivent. Alors franchement, il ne faut pas avoir d'autres couples.
- Speaker #1
Avoir cette confiance.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et du coup, je vais changer ma dernière question pour vous parce que je connais votre nouveau challenge et votre… Il est très clair. Donc ma dernière question, elle est double. Quel est le meilleur et le pire conseil carrière qu'on vous a donné dans votre vie ? Peut-être Jean Toth qui vous a... Oui, Jean,
- Speaker #0
il ne donne pas tellement de conseils.
- Speaker #1
C'est vrai ?
- Speaker #0
Non, c'est un exemple en lui-même. Vous regardez ce qu'il fait, vous essayez de faire un peu pareil, ce qui est déjà difficile. Lui-même, en soi, est un conseil. Si il dit un truc, il ne faut jamais dire à son ennemi ce qu'il doit faire.
- Speaker #1
Ça, c'est vrai. Il ne faut jamais dire...
- Speaker #0
Dire à son ennemi ce qu'il doit faire. Si votre ennemi fait des erreurs, il ne faut jamais les corriger. Il faut le laisser. Et ça, il le dit, Jean.
- Speaker #1
Ah, c'est génial.
- Speaker #0
Oui, il ne faut jamais dire à son ennemi ce qu'il doit faire. Il faut s'en souvenir. Ce n'est pas la peine de dire à l'autre, ce que tu fais là, ce n'est pas bien. Non, laissez-le. Ah oui. Ça, il le dit. Il avait fait ses 100 commandements, je ne sais pas quoi, j'avais trouvé ça un jour. J'avais vu cette phrase, je me dis, mais il a raison. Il ne faut jamais.
- Speaker #1
Est-ce qu'il ne faut jamais parce que c'est une perte d'énergie ?
- Speaker #0
Non. C'est parce que, surtout venant de Jean Todt, s'il donne un conseil, il doit être excellent. Donc, ce n'est pas la peine que la personne en face, que le concurrent en face s'en occupe, se l'approprie. Il ne peut pas faire preuve de trop grand conseil. Quand vous êtes dans une très grande compétition, il ne faut absolument jamais dire à l'autre en face ce qu'il devrait faire de mieux. Jamais. Oui. Il ne faut pas dire au pilote qui est en face de vous, tu sais, tu devrais conduire un peu autrement. Non, ça, c'est ça que ça veut dire, en fait.
- Speaker #1
Excellent. Oui,
- Speaker #0
il l'a écrit. Il avait mis comme ça une liste de choses qui étaient très intéressantes. Je me souviens de celle-ci. Les autres, je ne me souviens plus. Mais celle-ci m'avait frappée.
- Speaker #1
J'essaierai de retrouver celle-ci. Ça existe peut-être sur Internet.
- Speaker #0
Oui, oui, j'ai sûrement trouvé. Je crois que je l'ai gardée quelque part.
- Speaker #1
Génial.
- Speaker #0
Il avait dit ça.
- Speaker #1
Et le plus mauvais conseil qu'on vous a donné ?
- Speaker #0
Je ne sais pas. En fait, quand j'ai commencé à travailler, Merci. Je suis arrivée à Paris, moi j'habitais en province. Vous êtes perdue, mais je ne me rendais pas compte, je ne connaissais personne, j'étais perdue. Je n'avais aucun repère, contrairement à des familles de Parisiens. Ils avaient leurs parents, ils étaient dans des milieux, ils connaissaient tous ces milieux. Moi, alors, je ne connaissais rien. Donc, j'ai beaucoup tâtonné, j'ai peut-être fait des erreurs, je n'ai pas compris. Mais après, quand on m'est donné un mauvais conseil, je ne sais pas. Je ne m'en souviens pas, en tout cas. Je ne m'en souviens pas.
- Speaker #1
Il ne vous a pas marqué ?
- Speaker #0
Non, non, il ne m'a pas marqué. Je ne me souviens pas du tout, non. Dans une carrière, après, on peut toujours dire on aurait dû me dire d'aller là, de faire ça, de me présenter là. C'est vrai, c'est parce qu'a posteriori, c'est facile de dire. Mais sur le moment, vous n'y pensez pas. Peut-être que j'aurais eu de la famille, non pas médecin, mais qui soit dans le monde des affaires ou de la finance, ça aurait été plus simple, sûrement. C'est comme ça, c'est pas grave, en tout cas.
- Speaker #1
Et peut-être pour conclure sur une note plus positive, quel est le message ? que vous voulez envoyer aux patronnes ? Peut-être votre dernier conseil pour les patronnes qui nous écoutent et qui veulent justement trouver du courage.
- Speaker #0
Oui, il faut juste penser qu'on est bon. Il faut juste avoir confiance en soi. Il faut juste penser que rien n'est impossible. Il faut juste oser.
- Speaker #1
Ça paraît facile quand vous le dites comme ça.
- Speaker #0
Pour vous, c'est vraiment une courbe. C'est mon tempérament. Ouais. Il ne faut pas être médiocre dans ses sentiments, dans ses pensées. Je crois que ça, j'y tiens beaucoup. Parce que souvent, je rencontre des gens, je me dis, franchement, ils ont des petites pensées, ce n'est pas bien. Ça leur nuit, ils ne s'en rendent pas compte, mais ça leur nuit. Il faut rester un petit peu, garder un peu de hauteur. C'est mieux. Je pense ça beaucoup quand même, garder de la hauteur. par rapport aux autres, aux mauvaises pensées. Vous êtes toujours face à... Moi, je n'aime pas ça. En fait, je n'aime pas les mauvaises pensées.
- Speaker #1
Qu'est-ce que vous définissez comme une mauvaise pensée ?
- Speaker #0
Des gens qui critiquent, qui sont envieux, tout ça. Médisant ? Oui, médisant, agressif, aigri. Je n'aime pas ça. Ça n'apporte rien. Je trouve qu'il y a des moments difficiles dans la vie, mais il faut les balayer. On ne s'en souvient plus. On construit, on va de l'avant. La vie, c'est quand même formidable.
- Speaker #1
Il y a une image en ce moment que j'ai vue pas mal de fois sur LinkedIn qui représente quatre portes avec beaucoup de monde. Et la première porte dit « Critiquer les autres » . Et là, il y a beaucoup, beaucoup de monde. Et la dernière porte où il y a peu de monde, c'est « Aider » . Et le message de cette image, c'est effectivement que... Il y a souvent beaucoup de monde pour critiquer les autres.
- Speaker #0
Ça, c'est terrible. C'est assez faible. Ça ne traduit pas. Je n'aime pas ce que ça traduit, en fait. Donc, moi, je ne veux pas penser comme ça. Je n'aime pas la jalousie. Je ne pense pas. Je me dis, si je ne l'ai pas, c'est que je n'ai pas été capable de l'avoir. C'est tout. Moi, je me dis ça. Je me suis toujours dit ça. Je ne me suis pas dit, l'autre, il a plus de chance que moi. Non, c'est parce que moi, je n'ai pas su saisir cette chance-là. Moi, je n'ai pas su être bonne à ce moment-là. Voilà, ce n'est pas grave. Je pense plutôt comme ça.
- Speaker #1
Mais être responsable,
- Speaker #0
en fait. Oui, il faut être responsable. Il faut assumer ses actes. Être responsable de soi, des autres. En l'occurrence, dans le métier d'élu, on est beaucoup responsable des autres. On doit, je ne dis pas être un guide, mais on doit quand même donner une vision. Aider les gens, c'est certain. On est quand même là pour ça. Oui, c'est un rôle... Oui, qui est tournée vers les autres, ça c'est évident. Il ne faut pas être tournée vers soi-même. Enfin moi, dans le métier d'élu qui est assez raison pour moi, je ne le fais pas pour ma notoriété personnelle, je ne le fais pas par ambition, parce que je n'ai plus l'âge d'avoir une ambition quelconque. Je ne le fais pas pour un statut social, parce que je pense que je l'ai déjà suffisamment et que ça me va bien comme ça. Donc je le fais vraiment pour Chantilly et les Cantiliens. Alors franchement, c'est ma seule ambition. Et pour l'équipe qui est avec moi. Parce que cette équipe, elle ira plus loin après. Moi, je ne sais pas, mais eux, ils iront beaucoup plus loin. Et donc, je pense que c'est bien pour eux que je sois là.
- Speaker #1
En tout cas, merci pour cet échange. Nous verrons ce que la campagne d'Odrave, en tout cas, beaucoup de... Je vous souhaite beaucoup de succès. Merci pour tout ce que vous avez partagé.
- Speaker #0
Non, c'était bien. C'était la première fois que ça m'arrivait de faire ce genre de test.
- Speaker #1
Oui, c'est comme quoi ?
- Speaker #0
Je n'ai pas eu tellement l'occasion de le faire. Vous voyez, ça arrive en fin de vie, en fin de carrière, mais c'est bien. C'est quand même des nouvelles méthodes, on n'aurait jamais eu ça. Alors vraiment, on n'aurait pas eu ça il y a 40 ans. Alors il y a 40 ans, quand même, je faisais beaucoup d'émissions de télévision, de radio. C'est vrai ? Ah mais oui, sur LCI, il y avait des émissions boursières qui ont... totalement disparues. Et parce qu'à Sibban, tous les deux jours, je faisais des missions, je parlais d'une valeur, côté en bourse. Ah oui, oui, j'ai très longtemps fait ça. Puis un jour, j'ai changé d'emploi, je suis rentrée dans une banque et le président de la Banque m'a dit, ça, c'est plus possible. Donc j'ai arrêté. Voilà. Sinon, c'était très distrayant.
- Speaker #1
Oui, j'imagine. En tout cas, merci encore à Florence.
- Speaker #0
À bientôt.
- Speaker #1
Et à très bientôt.
- Speaker #0
Continuez, il y a beaucoup de patrons, c'est ça ?
- Speaker #1
Voilà, beaucoup de patrons. Il y a quelques patrons aussi. Merci à vous d'avoir suivi cet épisode. N'hésitez pas à laisser un commentaire, une évaluation 5 étoiles si cet épisode vous a plu et le partager autour de vous. À très bientôt sur The Patron.
- Speaker #0
Merci à toi d'être resté jusqu'au bout. J'espère que cet épisode... t'auras plus intrigué, inspiré et n'hésite pas à le partager ainsi que de laisser une évaluation,
- Speaker #1
un commentaire, ça aidera énormément le podcast à être plus diffusé. Merci et à très bientôt sur The Patron Podcast.