- Speaker #0
Bienvenue chez The Patron, le podcast qui démystifie la réussite. Ici, le syndrome de l'imposteur se transforme en courage et la chance se provoque. Je suis Elvire, coach en leadership. Je suis ravie de t'avoir parmi nous. N'hésite pas à liker et partager et enjoy. Aujourd'hui, j'accueille Aurélie Cateau. Aurélie, tu es Retail Learning Director, EMEA. beaucoup de mots pour Tiffany, la magnifique marque de bijoux américaine qui appartient maintenant au groupe LVMH. Et tu es avec nous pour nous parler de ton parcours. Bienvenue sur The Patron.
- Speaker #1
Merci pour ton accueil, Alvia.
- Speaker #0
Parcours qui est multicoloré, multiculturel, un parcours vraiment atypique. En quelques mots, peux-tu nous donner les grands jalons de ta carrière professionnelle ?
- Speaker #1
Comme tu l'as dit, Elvire, aujourd'hui, je suis responsable du retail learning chez Tiffany. En l'occurrence, je m'occupe du développement des équipes retail pour la zone Europe-Moyen-Orient. Ça fera quatre ans, septembre, et précédemment, j'ai passé douze belles années chez Hermès.
- Speaker #0
Là où on s'est rencontrés. Tout à fait. Nous l'avons le tout de suite.
- Speaker #1
Tout à fait. Et j'ai eu le plaisir de faire plein de choses différentes, du general management en Inde, du merchandising dans le métier de la maison, et puis plus récemment à l'Europe sur les sujets d'expérience client. J'ai aussi travaillé chez Chanel pendant quelques années, en Inde également. Et voilà, en quelques mots, ma brève carrière. professionnelle.
- Speaker #0
Bref carrière, mais effectivement avec beaucoup de belles maisons déjà sur ton CV, ce qui n'empêche pas que tu es restée très longtemps déjà dans certaines maisons. Et surtout, un début en Inde. Alors, je connais l'histoire, mais il faut que tu la racontes pour tout le monde. Qu'est-ce qui a fait que tu t'es retrouvée en Inde à la fin de tes études ?
- Speaker #1
Eh bien, en fait, j'ai terminé mes études assez jeune. J'avais 22 ans. Et la perspective du métro, boulot, dodo ne m'attirait pas tellement. Et j'avais envie de vivre une belle expérience de vie avant de me poser. Donc, j'ai écrit un peu sur un coup de tête, je dois l'avouer, au ministère de l'économie et des finances à l'époque, en disant, voilà, je serais très intéressée pour... travailler au ministère dans un pays exotique qui me fasse sortir de ma zone de confort. Je ne l'ai pas tout à fait dit comme ça à l'époque. Mais en gros, c'était l'idée.
- Speaker #0
Là où personne ne veut aller, envoyez-moi là-bas.
- Speaker #1
C'était à peu près le brief et le ministère m'a répondu en disant, ça tombe bien, on a un poste en Inde à Bombay. J'avoue avoir même regardé la carte en me disant, ok, où est-ce que c'est exactement ? Et trois semaines après, j'étais partie. Donc, je suis partie assez rapide. Je me suis dit, ça va le faire. C'est exactement ce que je veux, ce beau dépaysement. Et donc, je suis arrivée avec une grande soif de découverte en Inde, où j'ai travaillé pour le ministère pendant deux ans en tant que VIA. évidemment, comme les choses se passent rarement comme on avait prévu qu'elles se passent, c'est le charme de la vie. Au lieu d'y passer 18 mois ou deux ans, j'y ai passé presque 15 ans.
- Speaker #0
Presque 15 ans ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Alors, on va y revenir, mais juste petit rewind. Donc, toi, tu fais Sciences Po Bordeaux, lieu de Bordeaux. Tu intègres ensuite l'ESCP pour faire un master en management.
- Speaker #1
Marketing et communication. Ok,
- Speaker #0
marketing et communication. Et donc, tu as un premier début de cursus qui est politique, administration. Et finalement, tu te dis quand même, j'aimerais bien avoir cette casquette pour pouvoir travailler en entreprise. Et tu n'as pas envie tout de suite d'arriver en entreprise. Donc, tu te dis, je partirais bien. pour une mission au sein du ministère.
- Speaker #1
C'est ça, un pas de côté. Je me suis autorisée parce que j'étais jeune, parce que j'étais impatiente aussi. Je pense que j'aurais pu trouver tout à fait en entreprise. Mais j'avais vraiment envie, là tout de suite maintenant, de vivre cette expérience. Donc, c'est pour ça que je me suis tournée vers le ministère. Le ministère m'a répondu et je suis partie. C'est ça, c'est cool,
- Speaker #0
je trouve, d'ailleurs. Juste, tu écris au ministère. Déjà, tu avais vu des personnes le faire ? Tu avais des personnes autour de toi qui avaient eu ce parcours-là ? En fait,
- Speaker #1
c'est exactement comme ça que l'idée m'est venue. Quelqu'un me parle d'une expérience super réussie. Je crois que c'était en Argentine, en l'occurrence. Il me dit que ça peut être des postes hyper sympas. Et en fait, ça dépend dans quelle ville, dans quel pays aussi. Il se trouve que l'Inde était en plein essor. Il y avait ce fameux rapport BRIC qui venait de sortir. Beaucoup d'entreprises françaises qui avaient un peu loupé l'opportunité d'aller en Chine se disaient qu'on n'avait pas envie de rater le colche de l'Inde. Et donc, c'est vrai que j'ai vécu deux années passionnantes. D'ailleurs, j'ai prolongé après un bref retour en France pour un contrat. un contrat d'expatrié pour le ministère. Et c'était des années très, très riches où on passait de visites ministérielles à des visites parlementaires, en passant par des grands groupes tels que Renault, tels que L'Oréal, mais des plus petites entreprises qui suivaient ces grands groupes en se disant est-ce qu'il va vraiment falloir qu'on s'y installe ? Donc, c'était vraiment une ébullition. Et puis, d'un point de vue personnel, l'Inde, évidemment, c'est un peu... un pays hyper riche, c'est une chance de pouvoir y passer du temps. Une grande leçon d'humilité, parce que l'Inde, on pense... C'est simple, j'ai passé six mois à me dire tous les soirs, j'ai compris quelque chose, et le lendemain, me dire, non, en fait, j'ai rien compris. Et pour une âme cartésienne, c'est assez déstabilisant. Donc, un vrai dépaysement. Une belle aventure humaine et professionnelle et personnelle.
- Speaker #0
Et du coup, je t'imagine bien avec une sorte de faux dictionnaire en train d'essayer de comprendre, de décoder la vie là-bas. Est-ce qu'il y a des moments où tu t'es dit, c'est trop dur ? En fait, je ne me sens pas assez armée ou juste le jeu suffisait pour te garder ?
- Speaker #1
Non, il y a des moments où honnêtement, on ne comprend pas ce qui se passe. C'est-à-dire que déjà, on ne parle pas la langue. il y a des... Il y a des altercations, il y a des choses qu'on ne comprend pas clairement, on est témoin de... Et puis après, petit à petit, on est face à un grand puzzle, et petit à petit, ça se met doucement en place. On n'est jamais complètement armé pour venir en Inde, il y a beaucoup de choses qui peuvent être très dérangeantes, et il y a des gens qui ne passent jamais cette... Première étape, finalement, de voir ce qui saute au visage, les différences de richesse. Et il y a des gens pour qui c'est impossible d'aller au-delà.
- Speaker #0
Il y a une certaine misère visible.
- Speaker #1
Voilà, donc c'est très compliqué. Je le conçois tout à fait. Et puis après, il y a des gens qui vont au-delà de ça et qui arrivent à avoir une très, très grande richesse, une culture. une culture ancestrale, des traditions incroyables, une vraie façon de vivre qui est différente de ce qu'on connaît. Mais je peux reconnaître qu'on puisse ne jamais franchir cette première étape de découverte qui peut être assez déroutante, voire choquante.
- Speaker #0
Toi, tu avais voyagé plus jeune ?
- Speaker #1
Pas du tout. Mais d'où, je dirais, cette... Cette attirance, cette envie de découvrir. Non, je n'ai pas eu cette chance-là. Et non, je ne m'étais jamais frottée à des cultures aussi différentes. Donc, ça a été une vraie belle découverte, mais très assumée.
- Speaker #0
Parce que toi, tu me disais que tu viens de Vendée, une petite ville.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Donc, tes parents, ils étaient dans... Ils avaient quoi comme profession ?
- Speaker #1
Alors, ils étaient tous les deux... Mon père était directeur d'un lycée professionnel et ma mère travaillait dans l'administration. Et donc, non, on n'avait pas forcément eu l'opportunité de voyager énormément. Pour moi, le voyage, ça passait beaucoup par la lecture parce que j'étais une très, très grande lectrice. Donc, je savais, j'avais cette appétence pour le voyage, pour la découverte. une envie de voir le monde. Et donc, que j'ai pu réaliser à partir de cette grande découverte de l'Inde. Et puis, d'autres beaux voyages ont suivi.
- Speaker #0
Ensuite, oui, tu n'as pas arrêté. Et moi, ce qui m'intéresse avec ton expérience là, la première expérience en Inde, c'est que ça a dû être un dépaysement total. Et aussi... La mission en soi, elle est particulière parce que tu dois accueillir, comme tu disais, des hommes et des femmes politiques. Tu dois accueillir des grands dirigeants de groupe. Donc, toi, c'est quoi qui t'a aidé à ce moment-là et quelles compétences tu as dû développer au tout début de ta carrière pour justement gérer cette mission ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y avait cette grande curiosité qui m'a aidée. Et donc, c'était une découverte à tout point de vue. Parce que c'était évidemment se frotter, comme tu le dis, on pouvait être le matin avec une petite PME française du fin fond de l'Aveyron et l'après-midi être invité dans la résidence du Consul général et on rencontrait un sénateur qui était de passage en Inde. Donc, c'était un grand écart un peu permanent, mais très enrichissant. pense que ce qui m'a aidée à ce moment-là, c'est cette grande curiosité de découvrir les gens, de comprendre pourquoi ils étaient là, pourquoi ils étaient en Inde. Cette écoute, très certainement, qui a dû favoriser les échanges relationnels hyper riches que j'ai pu vivre à cette occasion.
- Speaker #0
Tu étais plus dans l'observation ou toi, tu te mets... facilement à discuter, à poser des questions sans être trop intimidée ?
- Speaker #1
Alors je pense que, ça fait longtemps, mais je pense que j'ai été beaucoup dans l'observation, surtout encore une fois dans un... L'Inde c'est difficile d'expliquer en fait. Généralement les gens étaient quand même assez bluffés par cette petite nana, du haut de ses 22 ans, qui menait des... parfois des délégations importantes. Donc, il y avait quand même cette espèce de curiosité réciproque aussi qui facilitait certainement l'échange. J'étais quand même plutôt dans l'observation au début. Et puis après, quand j'ai mieux connu l'Inde, je pense que j'avais une vraie valeur ajoutée et vraiment des choses à leur apporter, à leur faire découvrir. Et les gens étaient très reconnaissants, en fait, d'avoir toutes ces explications. Parce que c'est un pays qui est soit qu'on va un peu trop simplifier, mais on se rend bien compte que ce n'est pas si simple que ça. Il y a plein de subtilités. Donc, je pense qu'ils étaient assez reconnaissants d'avoir cette opportunité de mieux comprendre le pays, finalement.
- Speaker #0
Donc, curiosité qui t'a aidé à te dépatouiller, à naviguer, puis à surfer. Et enfin, à guider les autres.
- Speaker #1
J'adore cette image d'Andorre. C'est un petit peu ça. Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Et finalement, derrière, tu pouvais emmener tout le monde sur une belle barque et les aider à découvrir ce pays qui reste, même si aujourd'hui, il y a de plus en plus d'entreprises internationales qui se sont installées, ça reste un marché très particulier avec cette culture et aussi cette richesse financière. et culturel. C'est un pays que j'ai hâte de le découvrir. Je ne suis pas encore allée, mais... Viens tourner.
- Speaker #1
Ça marche.
- Speaker #0
Donc toi, tu pars pour ce VIA. Pour ceux qui se posent la question, parce que moi j'ai dit à Aurélie, mais VIA ou VIE ? VIA, c'est administration, VIE, entreprise, mais c'est la même idée. Donc c'est des contrats pour jeunes diplômés. Et donc tu pars jusqu'à 24 mois maximum dans les deux cas.
- Speaker #1
qui existent toujours. Je fais ma petite pub VIEVIA, mais c'est une super belle opportunité. Je le dis parce que j'ai la chance de mentorer des jeunes de l'ESCP et souvent, je leur dis honnêtement, partez à l'étranger, c'est tellement riche. Vous allez apprendre plein de choses. Ça va vraiment vous ouvrir l'esprit. À une époque, à priori, ils n'ont pas trop de contraintes. Je sais que tu l'as fait toi aussi, Elvire, mais c'est des années hyper, hyper structurantes, en fait, et qui permettent une transition aussi un peu très fun et souvent dans des bonnes conditions.
- Speaker #0
Et très valorisées après, sur le CV. Donc, allez-y. Allez-y. Et c'est vrai que moi, je connaissais bien le sujet VIE. VIA, ce n'était pas une option que j'avais envisagée. Et c'est bien dommage. Et donc, tu finis ton contrat. Tu fais un peu de départ.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu rentres en France.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et quelques semaines après...
- Speaker #1
L'ambassadeur m'appelle et me dit, écoute Aurélie, il y a un poste qui vient de se libérer en attaché commercial. Est-ce que ça te dit de revenir en tant qu'expatriée pour le ministère ? Et là, je me dis, waouh, trop bien.
- Speaker #0
Pat, t'as 24 ans quand même.
- Speaker #1
Ouais, et puis surtout, c'était... Honnêtement, l'Inde me manquait déjà, en fait. Je venais de rentrer en France. J'avais rencontré, en fait, une entreprise française qui m'avait dit, vous m'appelez. J'étais en train de retrouver du travail à Suisse à cette très belle rencontre, dont je garde un très bon souvenir. Et là, donc, ça vient évidemment changer tous mes plans. Je commençais juste à comprendre comment fonctionnait l'Inde et d'être un petit peu plus à l'aise, d'avoir mon... mon réseau de copains, de copines et tout, de découvrir le yoga. Donc, je me dis, non, mais c'est... L'occasion est trop belle. Et donc, me voilà repartie. Désolée, papa, maman, mais je crois que je vais repartir.
- Speaker #0
À chaque fois, en plus, tu leur fais le coup du départ, c'était rapide.
- Speaker #1
Un peu rapide, oui, oui. Assez rapide. Là aussi, ça a été assez rapide, je crois.
- Speaker #0
Tu as une grande capacité à prendre des décisions et à mettre en place...
- Speaker #1
Oui, en fait, je ne sais pas si j'irais... Oui, oui, peut-être. Soit je n'ai réfléchi pas trop longtemps. Non, je pense que je suis mon intuition souvent. Et peut-être qu'on en reparlera, mais c'est quelque chose d'assez fort chez moi. Et donc là, oui, vraiment l'envie de suivre ce choix de cœur et de retourner en Inde. Et quelques semaines après, coup de foudre à Bollywood. Donc, je rencontre mon mari. Ce qui fait que je reste finalement beaucoup plus longtemps. que ces trois ans prévus auprès du ministère. Parce que c'est vrai qu'en repartant, je me dis, finalement, peut-être que je vais faire ma carrière dans la diplomatie, peut-être que je vais faire ma carrière auprès du ministère, peut-être que je vais repasser les concours, peut-être que je vais passer l'ENA. À ce moment-là, quand je décide, c'est possible, vraiment. Et puis, encore une fois, comme la vie ne se passe rarement comme on a prévu qu'elle se passe... Cet événement assez majeur vient bouleverser le cours des choses.
- Speaker #0
Parce que tu tombes amoureuse d'un Indien.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Bah oui, sinon c'est pas drôle. Non,
- Speaker #0
c'est pas drôle. Donc, non seulement tu dis bye bye papa, maman, je repars en Inde, mais en plus, tu épouses l'Inde.
- Speaker #1
Voilà, j'épouse l'Inde. Je reste trois ans et à la fin de ce contrat-là, j'annonce donc au ministère que je ne renouvelais pas mon contrat. Et assez naturellement, je me suis... tournée vers les entreprises françaises que j'avais accompagnées ou que j'avais suivies pour s'installer et qui se sont installées en Inde, dont Chanel. Et là, je commence à travailler pour Chanel. J'avoue que le passage des petits fours de l'ambassadeur et au middle management indien, même pour une marque française, a été un peu raide. Mais en même temps, c'était une décision qui était assumée. je savais que c'était... que c'était la marche à suivre et que c'était ce que je voulais. Tous les jours, évident quand même.
- Speaker #0
Parce que finalement, tu sors de l'ambassade, c'est la France à l'étranger. Donc, il y a quand même, même si l'ambiance est différente, il y a ce confort. Oui, clairement.
- Speaker #1
Tous mes collègues étaient francophones, francophiles, voire francophones. Donc, c'est quand même un petit milieu. Les personnes que je côtoyais, c'était que des chefs d'entreprise quasiment. Donc là, effectivement, aller négocier... avec les retailers locaux pour faire la prochaine animation de la fête des mères. Bon, ce n'était pas tout à fait... Là,
- Speaker #0
tu te retrouves à nouveau jetée dans le grand banc.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
clairement. Tu perds un peu ton surf.
- Speaker #1
Clairement, je perds un petit peu le surf. Mais bon, voilà, c'était aussi une autre... C'était hyper formateur. C'était un autre visage de l'Inde. clairement. Quelques années plus tard, j'ai pu mettre tout ça en musique. Quand j'ai pris la direction d'Hermès en Inde, ça a été, évidemment, je me suis appuyée sur ces deux belles expériences pour mettre tout ça en musique, en valeur. Et sans l'expérience de Chanel et ce que je décris à l'instant, ça aurait été très difficile pour moi.
- Speaker #0
Oui, t'aurais été un peu hors-sol.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Alors que là... Vous connaissez vraiment ce qui se passait à tous les niveaux.
- Speaker #1
Exactement. Pour recruter mon équipe, pour connaître des vraies réalités du management indien, cette case-là a été évidemment très formatrice.
- Speaker #0
C'est toujours le gros challenge, pour quelle que soit la boîte, mais notamment pour les maisons de luxe quand elles partent à l'étranger, dans des pays challenging, on va dire. c'est de trouver ce juste milieu entre on a l'exigence française, on a l'exigence du siège, et il y a une réalité du pays et du marché. Tu as dû te retrouver parfois un petit peu coincée entre les deux ?
- Speaker #1
Oui, complètement, parce que plus d'une fois, c'est une évidence. J'ai plein d'anecdotes. Quand on est face à des retailers, à l'époque, c'était des capitaux 100% indiens, donc ce n'était pas du tout le service. Le secteur de la distribution n'était pas du tout ouvert à des capitaux étrangers. Donc, on était vraiment à des gens qui faisaient du retail, mais qui avaient appris le retail en faisant en Inde. Eux, Nivea, Chanel, tout ça, c'est pareil en fait. Donc, ils ne voient pas trop la différence. Donc, expliquer que ce n'est pas tout à fait le même positionnement. Donc, parfois, c'est quand même toute une gymnastique. Et puis, ne serait-ce parfois sur la réalisation, sur des impressions, sur tout un tas de rendus où on attend une qualité irréprochable quand on travaille pour Chanel ou pour d'autres groupes de luxe. Et là encore, je pense que la connaissance du pays fait qu'une fois qu'on a trouvé un bon fournisseur, on ne le lâche plus. Mais avant de le trouver, avant d'expliquer ce niveau d'exigence, ça prend. Ça prend quand même du temps. Et là, d'où la vertu d'avoir passé un petit peu de temps sur place.
- Speaker #0
D'avoir son réseau, en fait.
- Speaker #1
D'avoir son réseau. C'est hyper important dans ces pays. C'est clair. C'est clair.
- Speaker #0
Je te racontais tout à l'heure, quand je travaillais à Singapour pour La Perla, le premier truc que j'ai fait en signant mon contrat, c'est d'aller chercher la demande pour un visa en Inde parce que nous devions ouvrir une boutique La Perla à Bombay. Et je me rappellerai toujours de cette... cette première réunion téléphonique avec eux. Vraiment, je devais partir le mois d'après. Et ce call où on se rend compte que le magasin est fini, mais que c'est un magasin dans un mall de luxe, mais qu'il n'y a pas d'escalier.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Et qu'ils attendaient juste les escaliers. C'est pas arrivé. Ils ne sont jamais arrivés. Je travaillais plus de deux ans pour la paire là. Je n'ai jamais été en Inde ouvrir cette boutique. De ma perspective, de Singapour à essayer de travailler avec l'Inde, il y avait tellement d'histoires surréalistes. Mais j'imagine ton quotidien pendant toutes ces années, il y a dû y avoir tellement de rebondissements.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. En fait, on ne savait jamais trop comment la journée allait se passer. Non, mais honnêtement, c'était assez fun aussi.
- Speaker #0
Finalement, c'est fun.
- Speaker #1
Ça fera des belles histoires à raconter aux petits-enfants.
- Speaker #0
Et ce qui est fou, c'est que c'était il n'y a pas si longtemps que ça, puisqu'on parle de ces maisons de luxe, elles sont arrivées il y a 20 ans en Inde.
- Speaker #1
Oui, c'est ça à peu près. Ici, ça va. Oui, complètement, il y a 20 ans.
- Speaker #0
Donc, moi, je parle de 2007. On est vraiment il y a moins de 20 ans et c'était rocambolesque d'essayer de faire du business. Et toi, tu étais dans les pionniers. Les pionnières en Inde. Donc, magnifique parcours. Tu passes un certain nombre d'années à la direction de la filiale Inde pour Hermès.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu as deux enfants.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Deux garçons. Oui. Et tu as à Bombay. Et vous décidez de rentrer en France.
- Speaker #1
Tout à fait. Donc, j'ai passé six ans à la direction de la filiale, ce qui était, je pense, ma plus belle expérience. professionnelle.
- Speaker #0
Je pense d'ailleurs que tu devais être la plus jeune directrice de filiale d'Hermès à l'époque.
- Speaker #1
C'est possible.
- Speaker #0
Parce que tu avais une trentaine d'années.
- Speaker #1
Oui, j'avais à peine 30 ans. Et surtout, ce qui était fun, c'est ce que je disais tout à l'heure, c'est vraiment d'avoir pu avoir eu l'occasion de mettre en musique, de mettre en pratique tout ce que j'avais pu apprendre de l'Inde, dans tout ce qu'elle a de très beau. à offrir dans toute sa complexité, parce qu'évidemment, j'avais déjà un beau réseau. Dans le recrutement, je suis aussi allée chercher des talents avec qui j'avais déjà travaillé, qui étaient des vrais talents incroyables. Et aussi de former une équipe hyper diverse, qui pour moi aussi est la force de l'Inde, d'avoir des gens très différents, de cultures, de religions différentes. Et donc, c'était magique. On me donnait vraiment les clés pour... pour construire une équipe et pour bâtir ce business. Évidemment, avec des gens que j'avais côtoyés aussi dans mes années de diplomate, toute cette tranche de la population extrêmement fortunée, qui avait l'occasion d'acheter partout dans le monde. Alors, pourquoi les faire venir dans un magasin où les produits étaient globalement 30% plus chers ? Quelle allait être notre stratégie ? comment on allait les faire pour les faire venir, pour les garder. Donc ça a été beaucoup de travail, mais ça a été vraiment une époque fascinante.
- Speaker #0
Aussi, plein de rebondissements, plein de petites histoires, des belles rencontres, autant à travers l'équipe qu'à travers les clients et plein de gens avec qui j'ai encore de très très beaux contacts. Mais c'est vrai que les enfants grandissant, il y a eu un espèce de concours de circonstances. Moi, ça faisait déjà presque 15 ans que j'étais en Inde. Il y a un moment, je ne sais pas trop, les planètes se sont un peu alignées pour un retour. J'ai eu la chance qu'Hermès m'accompagne dans cette transition, parce que j'étais prête à rentrer sans forcément avoir de travail, mais j'ai eu la chance d'être accompagnée par Hermès et de travailler pour le département de la maison.
- Speaker #1
Premier passage à la maison. Donc là, c'est changement de... de scope puisque tu passes de la distribution des produits au métier, donc qui développe les collections et les propose au marché. Petite quand même parenthèse sur la culture Hermès, c'est qu'il existe une philosophie très ancrée qui est que les magasins sont complètement libres d'acheter leurs produits. Et donc les métiers développent des collections, que ce soit la soie, la montre, la maroquinerie. et ensuite on va faire Les métiers présentent leur collection au marché et c'est au marché de choisir s'ils l'évaluent ou pas. Et donc tu rejoins la maison, département que j'ai bien connu aussi, qui est à l'époque le plus petit métier d'Hermès, le moins intéressant d'un point de vue sell-out, mais aussi le plus original qui va justement proposer une offre différente. et toi du coup ton rôle à ce moment là c'est juste
- Speaker #0
Donc, c'est en fait le merchandising. Mon titre à l'époque, c'était directrice du merchandising. Mais comme tu l'as dit, finalement, c'est les marchés qui décidaient beaucoup ce qu'ils allaient acheter. Donc, évidemment, il y avait une espèce de négociation parce qu'il fallait pousser aussi la vision du métier. donc il y avait tout cet aspect je dirais de traduire une vision artistiques, notamment, auprès de marchés très divers, pour qu'on ressorte une certaine cohérence dans les assortiments. Donc, il y avait toujours un peu, alors, dans le pire des cas, des bras de fer, mais dans le meilleur des cas, c'était juste d'expliquer, en fait, pourquoi la direction artistique avait ses parties prises. À l'époque, en plus, on venait de changer de direction artistique, ce qui rendait le job encore un peu plus intéressant, et donc d'expliquer tous ces parties prises. On est à la frontière, je dirais, du business development. Quelque part, il y a aussi du marketing opérationnel, parce qu'on développe des outils en leur disant « on va vous aider à vendre tous ces beaux produits que vous nous achetez » , de la formation également, du VM. Donc, c'est quand même un poste qui est assez large. Et puis ce qui était hyper... très très très sympa bon déjà les produits sont extraordinaires avec des savoir-faire qui viennent des quatre coins du monde entre entre la lac la soie le cachemire le bois enfin il ya une richesse quand même des la porcelaine tout à fait la richesse des des savoir-faire qui sont des matières et des savoir-faire qui sont qui sont incroyables dans ce métier donc une très très très grande... diversité, mais aussi une très grande complexité.
- Speaker #1
Donc une grande complexité, puisqu'effectivement, il faut vendre du vide-poche au canapé Jean-Michel Franck.
- Speaker #0
Tout à fait. Et donc, mon rôle, en fait, c'était ça.
- Speaker #1
Et donc, ton rôle, c'était ça.
- Speaker #0
Et donc, ce qui était aussi fascinant dans ce job, c'était que c'était un scope international, donc mondial. Donc, je redécouvre des marchés. Je connaissais déjà bien l'Asie du Sud, parce que c'était le marché pour lequel... Je travaillais, mais c'est la découverte du Japon, c'est la découverte de la Chine, c'est la découverte des États-Unis, c'est la redécouverte de l'Europe. Donc vraiment un poste hyper intéressant par les produits, par aussi les marchés. Donc j'ai adoré de ce point de vue-là le retour en France, même si bien évidemment l'environnement était beaucoup plus contraint que quand j'étais toute seule dans ma petite filiale. à décider avec mon cerveau gauche et mon cerveau droit ce que j'allais faire le lendemain et globalement pour les six prochains mois à venir.
- Speaker #1
Le retour au siège est toujours une étape... Clairement. ...douloureuse pour beaucoup d'expatriés. Qu'est-ce que tu as dû... faire pour t'adapter justement ? Quelles compétences as-tu développé à ce moment-là pour gérer cette transition ?
- Speaker #0
Tu le disais tout à l'heure, je passais du retail au métier, donc déjà la temporalité n'est absolument pas la même. Le retail, on est dans l'instant, ce qui marche aujourd'hui ne marchera pas demain, on est tout le temps en train de se remettre en question, trouver des solutions, mais beaucoup, beaucoup dans l'instantané. Alors que là, on réfléchit sur un temps beaucoup plus long, un temps qui est ponctué par les collections, comme tu l'as dit, par le Salon de Milan, et globalement par des événements. Mais globalement, c'est ça la nouvelle temporalité. Donc, ça a été un atterrissage où j'avais vraiment l'impression de changer de dimension en termes de spatio-temporel, je dirais.
- Speaker #1
Déjà, accepter ça et changer de réflexe par rapport à... À cette réactivité, peut-être ?
- Speaker #0
J'ai vite compris que ce n'était pas ce qu'on attendait de moi, déjà, parce que ce n'est pas du tout le sujet. Donc, ça ne servait à rien d'être tout le temps action-réaction, parce que ce n'est pas, en fait, le besoin qu'on a. Donc, de ralentir et puis, encore une fois, d'écouter les autres, d'écouter tous les départements. Moi, je n'étais pas habituée à ça, finalement. Écouter la supply, écouter la collection, écouter la direction artistique, écouter les marchés, écouter... Et d'essayer d'être un point, on est un point d'ancrage hyper important parce qu'on est celui qui va faire, on était clairement le département qui fait avancer les choses, qui va être un peu la courroie de transmission de toutes les informations entre marché et entre le métier qui peut être aussi dans sa tour d'ivoire et un peu éloignée de la réalité du terrain. L'écoute est... hyper importantes dans ces moments-là, clairement.
- Speaker #1
Et tout ça se passe à un moment où, en plus, ta famille vit un bouleversement.
- Speaker #0
Clairement.
- Speaker #1
Puisque tes enfants, ils arrivent, ils ont quel âge ?
- Speaker #0
Ils ont 3 et 6 ans. Donc, oui, gros, gros changement. Et c'est vrai, quand on part, quand j'étais partie, j'étais partie seule, donc ce n'était pas très compliqué. Mais là, repartir avec une famille, que ce soit une impatriation ou une expatriation en famille, C'est quand même beaucoup plus complexe. Il y a la scolarité, il y a des rythmes, et la vie qui est sincèrement, pour le coup, qui était quand même clairement très différente. Leur quotidien était certes rythmé par l'école, et encore pas le petit. Ça a été un choc pour tout le monde. Moi, je découvrais l'administration française, enfin, il y a plein d'aspects que je découvrais, j'avais assez... boire, jamais fait la cuisine de ma vie. Donc, c'était... Oui, oui, c'était une autre organisation.
- Speaker #1
Et découverte de Paris, même si tu as fait le SCP, c'était quand même une des premières fois, finalement, que tu venais vraiment vivre. Alors ça,
- Speaker #0
je dirais, c'était plutôt les... Moi, j'ai adoré retourner à Paris, parce que, bon, déjà, c'est une ville qui est magnifique. J'avais soif de retrouver une vie culturelle, entre guillemets. parisienne. Donc ça, j'ai adoré. J'étais contente de revoir ma famille, bien évidemment. Les amis, donc il y avait plein de choses qui étaient super positifs. Mais le quotidien était... Ouais, c'était quand même sportif, quoi. C'était sportif.
- Speaker #1
Est-ce que pour toi, ça a été un challenge de t'adapter à la culture du siège d'Hermès ?
- Speaker #0
Ben, disons que... Encore une fois, c'était... Je connaissais... bien la maison parce que j'avais déjà passé six ans, donc je connaissais son fonctionnement. J'y allais deux fois par an à Paris, je connaissais les gens, donc je n'étais pas en terrain complètement inconnu. Et en même temps,
- Speaker #1
ce n'est pas la même dynamique quand tu es la BG de l'Inde et que tu reviens...
- Speaker #0
Non, non, clairement. Et c'est sûr que... Encore une fois, passant du retail au métier, je découvrais le temps long, je découvrais le consensus, je découvrais les longues, mais ça c'est très certainement dans d'autres entreprises. Mais vraiment cette notion très très forte de la bonne décision est forcément une décision collégiale. Donc beaucoup de temps passé à essayer de trouver de manière collective. la meilleure solution qui soit, et même si ça prend beaucoup de temps, et même si au final, on peut ne pas prendre de décision. Donc c'est vrai que ça a été une adaptation assez forte de ce point de vue-là.
- Speaker #1
Et puisque c'est pas évident quand même d'accepter ce temps si long, parce qu'il est particulièrement long chez Hermès.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
En tout cas, ça a vraiment réussi d'être un choc. Tu t'adaptes. Tu observes encore, tu utilises ta carte curiosité pour essayer de ressortir la tête de l'eau, comme régulièrement il y a des mercato dans les grosses boîtes, une réorganisation, changement de direction générale et réorganisation à des équipes.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Comment tu vis cette période-là ?
- Speaker #0
Avec beaucoup d'appréhension, j'étais très attachée à la direction qui était en place. Pour moi, je suis quelqu'un de très fidèle et c'est aussi la direction qui m'a donné ma chance quand je suis rentrée en France. On était très reconnaissante et j'en suis toujours reconnaissante d'ailleurs. En l'occurrence, j'avais beaucoup d'appréhension par rapport à cette nouvelle direction. Encore une fois, je me suis dit Aurélie, il faut que tu sors tes antennes, il faut que tu mettes ton intuition à ton... que tu sois à l'écoute de ton intuition. Et mon intuition me disait que je n'allais pas forcément être à l'aise dans cette nouvelle ère qui s'ouvrait, qui commençait. Et là, j'ai commencé à me dire qu'il va falloir que je trouve un plan B, sinon je vais être très malheureuse. Et donc, c'est ce que j'ai fait. J'ai quitté ce métier. J'adorais mon job. je pense qu'il y avait encore... plein de belles choses à faire. Je me suis dit que je suis arrivée au bout de ce que je pouvais faire. J'avais aussi envie de retrouver l'excitation du retail, je pense. J'ai activé mon réseau en interne pour trouver une autre voie.
- Speaker #1
Moi, je t'avais trouvé extraordinaire à ce moment-là parce que ce n'est pas évident de gérer ces phases de transition-là. C'est vrai qu'il y a toujours des... quand même des alliances qui évoluent. Et à partir d'un certain niveau, je pense que quand on est même à N-2 de la DG ou du DG, la relation avec le DG est importante. En fait, la relation avec le N-2, elle est très importante. Surtout quand on veut continuer d'évoluer. Et ça peut arriver qu'il n'y ait pas des bons feats, qu'il y a un désalignement. Et toi, tu ne t'es pas laissé enfermer. dans une position qui ne t'intéressait pas et tu as été super proactive. Qu'est-ce que tu as fait ? Tu as mis tes antennes, c'est-à-dire que tu as commencé à aller chercher dans les autres départements, tu as été explicite sur le fait que tu voulais bouger.
- Speaker #0
Je me suis dit qu'il va y avoir une réorg, ça c'est sûr. J'ai commencé à m'imaginer ce qui allait se passer. Le best case scenario, le worst case scenario. J'étais assez effarée par la naïveté des gens autour de moi qui ont vraiment fait Merci. confiance peut-être assez aveuglement sur ce qui allait se passer. Et je ne sais pas. Moi, je ne le sentais pas vraiment comme ça. Et plutôt que de subir et de vraiment être observatrice de ce qui se passait, là, pour le coup, je me suis dit qu'il va falloir que je sois un peu actrice et que je sois maître de mon destin, maîtresse de mon destin. Et j'étais très à l'écoute. L'intuition, c'est des signaux assez... Ça peut être des signaux assez forts. Moi, c'était vraiment... Voilà, j'étais angoissée en allant au travail. J'étais... Je pense que ça arrive. C'est assez banal dans une carrière. Mais quand on n'est pas bien comme ça, je pense qu'il faut être à l'écoute et se dire, non, en fait, pourquoi je dois subir ça ? Et qu'est-ce qui me... Qu'est-ce qui m'empêche de voir les choses différemment ? Et qu'est-ce qui m'empêche de rebondir ? Et donc, j'ai commencé à en parler à des gens dont j'étais assez proche dans la société. À travers ces rencontres qui m'ont encouragée, qui m'ont confortée ou qui m'ont dit « Tiens, il y a ça, moi je réfléchis à créer ce poste-là, est-ce que ça pourrait t'intéresser ? » Donc, de fil en aiguille, j'ai eu l'opportunité, et encore une fois... Je suis reconnaissante de cette opportunité-là de partir et de manière un peu anticipée. Je pense qu'il y a... Enfin, anticipée par rapport... Pour moi, ce n'était pas anticipé. Mais certaines personnes autour de moi ont trouvé que c'était très radical, quoi. Parce que finalement, ce qu'on proposait, ce n'était pas du tout catastrophique. C'était même plutôt des beaux postes. Et fondamentalement, moi, je me... Je ne me trouvais pas alignée à ce moment-là. Et je me suis dit, tu ne vas pas être heureuse dans ce climat. dans cet environnement. Donc je suis assez contente d'avoir eu cette audace, peut-être, de voir plus loin et de partir à ce moment-là.
- Speaker #1
Ce qui, pour moi, la leçon de ça, c'est, un, c'est pas utile de se remettre en question trop fort à ce moment-là. Parce qu'il y a des jeux politiques, il y a des alliances, c'est la réalité. Et tu peux très bien travailler, avoir des super résultats. Et à un moment, il n'y a pas le bon feeling, en fait. C'est quand même... On parle de relations personnelles, donc il n'y a pas le feeling. Et toi, moi, ce que je retiens vraiment, c'est ne pas attendre de se retrouver dans l'impasse. Travailler son réseau et pas de manière manipulatrice. C'est juste aller voir les personnes à qui on a confiance, comme tu dis. Partager. ce que l'on ressent et ce dont on a envie. Et aussi, là, ce qui est beau avec ton histoire, c'est que finalement, tu as été au bon moment pour une création de poste. Il y a beaucoup de postes en fait en interne qui sont perdus avant d'être affichés sur les plateformes. Et donc, c'est indispensable d'être dans la conversation au moment où les personnes réfléchissent parce qu'à ce moment-là, tu participes à la co-construction d'une fiche de poste.
- Speaker #0
donc pour moi c'est un très très bel exemple de leadership alors après je suis aussi passée par des périodes de doute ça s'est pas fait je te parle de ça, c'est une période de 6 mois à peu près donc il y a eu aussi la phase de mais qu'est-ce que j'ai mal fait mais pourquoi etc je me suis fait accompagner par un coach à ce moment là j'ai fait quelques sessions histoire d'y voir plus clair t'as sollicité toi-même t'as
- Speaker #1
pas attendu que Hermès te le propose donc toi t'es allée chercher un coach je suis allée chercher un coach Merci.
- Speaker #0
était super, elle est toujours super. Elle est toujours super. Mais ça m'a permis de réaliser ça, justement, de dire, en fait, c'est des choses qui arrivent, on n'a pas des mérités, mais parfois, c'est pas le bon fils, c'est pas le bon... Et puis, les organisations évoluent, les besoins sont pas les mêmes, on n'a pas besoin des mêmes personnes, on n'a pas besoin des mêmes profils, et c'est OK, voilà, je l'aurais dit. Merci. mais il y a un moment quand ça devient une évidence et quand c'est assumé quand on a compris ça on s'autorise aussi à se révéler différemment et à se dire j'ai plein de choses à apporter et je peux être tout à fait avoir une grande valeur ailleurs et c'est ce qui s'est passé c'est ce qui s'est passé tu as continué ton chemin
- Speaker #1
Puisque tu as fini par quitter Hermès. Oui. Et tu as rejoint, là aussi, encore, je pense, une très belle opportunité au sein de Tiffany. Tu dis Tiffany ou Tiffany's ? Tiffany. Ok, je suis très Tiffany's. Tiffany, on va le dire, pour quand on travaille chez Hermès, aller au sein du groupe, enfin, rejoindre le groupe LVMH, c'est un affront. Et en même temps, il y a de plus en plus de personnes qui le font et qui sont... Très heureux de ce move. Qu'est-ce qui t'a plu et qu'est-ce qui te plaît aujourd'hui ? On ne va jamais dénigrer Hermès ici, puisque c'est une maison qu'on adore toutes les deux et on a encore énormément de passion pour cette marque et d'amitié au sein de la maison. Mais aujourd'hui, qu'est-ce qui fait que tu te dis que tu as fait le bon move en allant chez Tiffany's ? Qu'est-ce que tu as découvert ?
- Speaker #0
En fait, déjà, c'est vrai que j'ai décidé de... Cité Hermès, c'est pareil. Je me suis dit, je suis un peu arrivée au bout d'une histoire. J'ai travaillé en filiale, j'ai travaillé en métier, comme tu l'expliquais très bien. J'ai travaillé à la filiale européenne. J'ai eu un poste régional, j'ai eu un poste global, j'ai eu un poste local. Et du coup, j'avais un peu du mal à me projeter sur le... sur le prochain cycle. Mais on ne quitte pas Hermès pour n'importe quoi. C'est trop dur. Oui, c'est trop dur. C'est une super belle maison. C'est une maison hyper singulière. Il faut quand même trouver un projet chouette. Je me suis un peu pris la tête sur ce que j'avais envie de faire. Je n'avais pas une fiche de poste. D'ailleurs, je fais... Un job aujourd'hui que je n'ai jamais fait encore. Mais par contre, j'avais quelques critères. Donc, je m'étais dit, je vais rester dans le luxe, retail plutôt. Et j'avais ce sujet autour de... Parce que j'avais beaucoup... J'ai toujours aimé partir d'une page blanche, comme en Inde, comme à l'Europe aussi.
- Speaker #1
Parenthèse, c'est génial d'avoir cette appétence entrepreneur tout en ayant un parcours tout le temps salarié.
- Speaker #0
Oui. Donc, j'avais ce truc-là de vraiment... Voilà, ce côté un peu, ce goût pour la transfo, l'innovation, ce truc-là. Donc, j'avais un peu ça. Et je tombe sur cette annonce LinkedIn. Voilà, comme quoi ça arrive. Et je me dis, waouh, en fait, c'est ça. J'ai vraiment un coup de cœur, quoi. Donc là aussi, un peu le côté intuitif. Mais je me dis, waouh, c'est exactement ça. C'est du people, c'est du change. C'est en pleine période de transfo, retail.
- Speaker #1
Ça a bien été. Ça faisait deux ans,
- Speaker #0
un an, un peu plus d'un an. Je me dis, c'est trop bien. Effectivement, c'était LVMH. Je passe les entretiens et j'ai un super bon fit avec les gens. J'ai adoré.
- Speaker #1
N plus 1,
- Speaker #0
DRH ? D'abord DRH, la chargée de recrutement, je crois. Je vois ma N plus 1, avec qui j'ai eu un... très bon fit et avec qui j'ai toujours un très bon fit. Je vois la DRH et en fait j'ai tout de suite senti l'énergie, le côté hyper international, la transfo, l'excitation du projet. C'était en ébullition. Et je me suis dit en fait c'est une start-up née en 1837 parce que c'est quand même la même date de naissance qu'Hermès qui est assez dingue. Et donc je me dis ça a l'air trop bien. Nouvelle équipe, tout nouveau.
- Speaker #1
Ils se donnaient les moyens.
- Speaker #0
Ils se donnaient les moyens. Donc, super excitant. Donc, je rejoins effectivement Tiffany. Et c'était une belle bouffée d'oxygène pour moi de repartir sur cette nouvelle dynamique. Alors après, c'est difficile de comparer un groupe de 200 000 personnes avec... avec Hermès qui doit être je ne sais pas peut-être aujourd'hui 25 000. Donc c'est compliqué parce qu'évidemment c'est deux poids deux mesures mais moi mon expérience, ce que j'apprécie aujourd'hui chez Tiffany, c'est le côté test and learn. Il y a vraiment cette... On n'attend pas que ce soit pouce fait, doigt sur la couture à 100, 50% bordé, tout le monde d'accord. Voilà, pour y aller, on y va, on ajuste, on scale up. droit à l'erreur et si c'est pas parfait c'est pas grave on aura essayé donc j'aime beaucoup personnellement j'aime assez cette agilité qui fait qu'on s'interdit pas on essaye bon évidemment on se plante pas tous les 4 matins oui quand même il y a 2-3 bons cerveaux autour de la table mais quand même on peut se l'autoriser et on peut avoir des vraies convictions et et y aller. Du coup,
- Speaker #1
il y a un rythme un peu plus accéléré.
- Speaker #0
Il y a un rythme beaucoup plus accéléré, clairement.
- Speaker #1
Beaucoup plus accéléré.
- Speaker #0
Disons que sur la prise de décision, oui, ça va plus vite parce qu'on n'attend pas que tout soit absolument, complètement bordé.
- Speaker #1
Et que tout le monde soit OK. D'accord,
- Speaker #0
exactement. Le deuxième point que j'apprécie aujourd'hui, c'est la culture du feedback. Il y a une vraie culture du feedback. Chez LVMH, je ne sais pas, mais en tout cas chez Tiffany, et c'est assez c'est très naturel c'était pas forcément très naturel chez moi parce que c'est pas une culture que je connaissais très bien mais une fois qu'on l'a intégré c'est super puissant parce qu'il n'y a rien de pire qu'un collaborateur qui est dans l'impasse mais qui sait pas pourquoi il est dans l'impasse et qu'on le laisse dans l'impasse sans savoir Une fois, pourquoi il est dans l'impasse ?
- Speaker #1
Six mois plus tard, on va lui dire, dis donc, ça fait longtemps que tu es dans l'impasse.
- Speaker #0
Donc là, je trouve que cette culture du feedback est vraiment super puissante.
- Speaker #1
Et comment est-ce que vous définissez un bon feedback chez Tiffany ?
- Speaker #0
C'est généralement un feedback, alors on évite le côté panini. Je ne sais pas si tu connais le macaron. Donc, c'est je te donne un bon truc, puis après, deux trucs, puis après, je te balance un truc. Parce qu'évidemment, du coup, tu n'écoutes plus non plus les bons feedbacks. C'est un peu embêtant. Non, c'est un bon feedback. C'est un feedback qui est observable. Donc, quelque chose qu'on a vu. Pas des j'ai entendu que, mais vraiment quelque chose que moi, j'ai observé. Donc, qui est assez acté, qui est assez objectif.
- Speaker #1
tel jour, on a vu... Voilà,
- Speaker #0
j'ai constaté ou j'ai vu ça.
- Speaker #1
Et le jeu, du coup, j'imagine, important. Ce n'est pas on, nous, c'est toi.
- Speaker #0
Et après, d'en tirer des conséquences de... En gros, ce comportement-là peut soit porter interprétation ou pourrait amener à ce résultat-là qui n'est pas souhaitable, etc. Comment est-ce qu'on peut... Et parfois, les gens n'en ont absolument pas conscience. Quand on n'est pas habitué à faire ce genre de feedback, je trouve la formule mazif, c'est est-ce que tu m'autorises à te faire un feedback ? Et généralement, les gens sont assez ouverts. Et c'est comme ça que je fonctionne avec mon équipe. Et c'est hyper puissant. Les gens sont super contents. Il y a une vraie confiance aussi. L'intérêt du feedback, c'est qu'il y a une vraie confiance qui s'instaure.
- Speaker #1
Parce que j'imagine que le feedback n'est pas juste là quand il y a quelque chose qui ne va vraiment pas et que ça ne peut plus durer. C'est aussi comme le test and learn. Voilà,
- Speaker #0
ça peut être des petites choses. Parfois, c'est à l'occasion de points un peu plus structurants. Ça peut être aussi quelqu'un qui peut demander du feedback. En tout cas, moi, j'ai apprécié parce que ma responsable... Elle me dit un jour, je ne sais pas, je me plains d'une collaboratrice, comme ça peut arriver, en me disant, oui, quand même. Première question, elle me dit, mais tu lui as dit ? Alors là, je dis, mais non, je n'ai pas dit, mais pourquoi ? Mais il faut que tu lui dises, en fait. Et en fait, je me suis dit, mais oui, c'est tellement vrai. C'est tellement vrai. Plutôt que de me plaindre à une tierce personne du travail de cette personne-là, mon rôle, mon job, en tant que manager, c'est quand même de l'aider à sortir de cet impasse et à trouver des solutions. C'est super.
- Speaker #1
Et quel est le feedback le plus constructif qu'on t'ait donné à toi ? Oulala !
- Speaker #0
Là, j'ai pas de... Je sais pas. Écoute... Ouais, je sais pas. Faut que je te...
- Speaker #1
Je te dirai si...
- Speaker #0
Si ça revient.
- Speaker #1
Quel conseil tu donnerais ? Quel conseil tu... Si tu avais trois conseils à donner pour progresser dans sa carrière, qu'est-ce que tu donnerais ?
- Speaker #0
Partez à l'étranger. Partez à l'étranger parce que ça vous donne un autre regard sur plein de choses. Se frotter à d'autres cultures. Dans un monde aussi globalisé que le nôtre, ça me semble hyper important. Développer son empathie, développer son... Son écoute, sa curiosité, ça me semble être des qualités nécessaires pour un manager aujourd'hui. Je dirais partir à l'étranger, demander du feedback pour pouvoir progresser. Et puis, n'attendez pas d'être dans la passe pour agir. Ne laissez pas le mal-être s'installer. Soyez pleinement acteur de votre destinée professionnelle.
- Speaker #1
Restez proactif.
- Speaker #0
Oui, restez proactif.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui, selon toi, aide le plus à développer son réseau ?
- Speaker #0
Alors ça, c'est une bonne question. Parce que quand je suis rentrée en France, j'avais zéro réseau. Enfin, disons qu'en Inde, j'ai un réseau assez...
- Speaker #1
Tu étais bien implantée. Oui.
- Speaker #0
C'était in the place. J'étais in the place. Je rentre en France, zéro réseau.
- Speaker #1
Un petit peu en interne.
- Speaker #0
Oui. Alors, chez Hermès, j'avais effectivement mon réseau. Mais enfin, Hermès, c'est quand même une boîte hyper fermée, enfin, hyper fermée sur elle-même. Donc, voilà, le réseau Hermès, c'est quand même particulier. Et puis, en échangeant avec un chasseur de têtes, il me donne ce super conseil, il me dit, mais faites du réseau comme vous, enfin, le plus naturellement possible, parce que moi, je lui disais, mais en fait, déjà, je bosse à Pantin, en vrai, j'ai pas le temps,
- Speaker #1
j'ai pas de bande passante,
- Speaker #0
j'ai zéro bande passante, en vrai, c'est pas possible. Il me dit, mais faites un truc qui vous... Et puis, je me vois pas appeler les gens, hello, coucou, c'est moi, enfin, c'est pas du tout moi, en fait, je me vois pas faire ça. Et donc, il me donne ce conseil, j'y viens. Faites un truc qui, pour vous, est naturel, où vous n'avez pas l'impression de faire du rideau. Et donc, je me dis, je vais me tourner vers le SCP. Parce que, déjà, à priori, c'est un super réseau. Et donc, je me tourne vers... Et moi, le côté, j'ai passé des super années. Enfin, voilà, des super années. J'ai beaucoup d'affection pour cette institution.
- Speaker #1
Elle est à Paris, ça tombe bien.
- Speaker #0
Elle est à Paris. Et puis, il y a ce côté transmission. Si je peux apporter quelque chose aux étudiants, ça peut être sympa. C'était à peu près l'idée. Et puis, lors d'une soirée networking, je rencontre cette personne qui me dit « Je suis en train de relancer le groupe mode. Est-ce que ça te dirait d'en faire partie ? » Et là, je me dis « Oui, ça, c'est cool. » Parce que du coup, on organise des événements, je peux faire venir les gens. Et donc, comme ça, j'ai pu un peu développer mon réseau. Donc, je fais mes événements. une fois par an un gros événement, une masterclass, et ça me permet de garder contact avec des gens que j'apprécie, ou des gens qui sont inspirants. Le réseau des anciens Hermès aussi, comme tu le sais Elphire, est un chouette réseau aussi, parce qu'on a tous quelque chose en commun, bien évidemment, qui nous rapproche. Donc moi, c'est comme ça en tout cas que je vois le réseau. Il faut que ça reste naturel. Et puis surtout, des gens qu'on a vraiment envie de rencontrer. Ça ne sert à rien de se forcer.
- Speaker #1
De se forcer complètement. Tu parlais du chasseur de tête qui t'avait donné un conseil. Est-ce que ça veut dire que tu as été par moment actif dans une recherche ? Tu es toujours restée à l'écoute du marché ? Comment ça s'est passé, ces rencontres ?
- Speaker #0
En fait, c'est au moment où je me suis dit qu'il fallait que je... Je quitte Hermès. Alors, c'était plutôt bien tombé parce que c'était à peu près à l'époque du confinement, enfin, à l'époque, on va dire, du Covid. Donc, les chasseurs de têtes, ils avaient tout ça à faire à l'époque. Ils avaient un petit peu plus de temps, je pense, que d'habitude. Et en fait, moi, ça m'a surtout aidée à un peu affiner ce que je recherchais.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Parce qu'un chasseur de têtes, on ne va pas se le cacher, mais il ne travaille pas. principalement pour ses clients qui ne sont pas les candidats. Mais par contre, il connaît bien le marché. Il peut vous dire... C'est-à-dire qu'à travers eux, je voyais bien ce qui intéressait, ce qui titillait, ou les choses où il ne suivait pas trop, où il se disait, mais pourquoi elle a fait ça ? Donc, ça m'a permis un peu d'affiner. Et puis aussi, j'ai fait des très belles rencontres avec des gens euh... des bons chasseurs voilà qui qui existent les bons chasseurs qui étaient qui étaient c'était une petite référence pour ceux les bons chasseurs les bons chasseurs voilà voilà et du coup j'ai fait des bonnes j'ai fait des bonnes des bonnes rencontres qui m'ont permis d'affiner un petit peu plus mon positionnement et ce que je voulais aussi donc ça t'a permis d'affiner et ce que tu voulais comme potentiellement comme poste et aussi travailler ton pitch exactement Ça m'a aidé à ça.
- Speaker #1
Donc ne pas hésiter, même quand si une personne est un petit peu dans le doute, ne pas hésiter à voir ces conversations, puisque justement, elles peuvent aider à retravailler.
- Speaker #0
Oui. Surtout quand il n'y a pas d'enjeu. Oui, après, il faut avoir le temps, mais ça peut être intéressant. Ça peut être intéressant aussi.
- Speaker #1
Merci Aurélie. Je vois le temps qui défile et il me reste trois questions rituelles pour clôturer ce podcast. La première est « Si je t'offrais un panneau publicitaire dans la ville de ton choix, c'est ton message au monde. » Qu'est-ce que tu y mets ?
- Speaker #0
Alors, mon message au monde, c'est cette phrase qu'on attribue à Gandhi et qui dit « Be the change you want to see in the world » . J'adore cette phrase parce que je la trouve déjà hyper responsabilisante et puis assez optimiste aussi. Parce que si tout le monde fait le bien, a priori, ça devrait aller un peu mieux dans ce monde. Donc, ce serait mon message qui n'est pas le mien.
- Speaker #1
C'est un joli clin d'œil à l'Inde.
- Speaker #0
Exactement, aussi.
- Speaker #1
Et on retrouve aussi ton appétence pour le change management.
- Speaker #0
Bien vu, Elvia.
- Speaker #1
Incroyable. Si tu te retrouvais face à Aurélie dix ans, quel conseil t'aimerais donner à la mini version de toi ?
- Speaker #0
Don't sweat the small stuff, je vais le lire en anglais. mais qu'en fait tout tout est... En fait, rien n'est permanent, mais qu'on arrive toujours à retomber sur ses pattes. À part la maladie, la mort, il n'y a pas grand-chose de grave. Et donc, que tout ira bien, qu'il faut avoir confiance.
- Speaker #1
Merveilleux. Dans le sweat de Small Staff. J'aime beaucoup mettre sur un t-shirt. Et pour conclure, si tu n'avais pas peur d'échouer, quel est le projet que tu lancerais dès demain ?
- Speaker #0
Je pense qu'Elvire, comme tu me connais bien, tu sais que ce n'est pas ça qui me fait peur. La peur de l'échec, ça ne va pas être ce qui me retient. Très honnêtement, ce qui me retiendrait plus aujourd'hui, c'est juste des prios qui ne sont pas... Il y a plein de choses que j'aimerais faire. J'aimerais retourner à l'étranger. J'aimerais un jour monter ma boîte. Mais aujourd'hui, ce n'est pas ma prio. Ce n'est pas que je n'oserais pas, que je ne le ferais jamais. C'est juste là, aujourd'hui, maintenant, ce n'est pas ma prio.
- Speaker #1
Et tu es au clair sur tes prios ? Complètement. Merci beaucoup Aurélie pour cet échange. C'est un vrai plaisir de t'avoir. Merci Elvie. À bientôt.
- Speaker #0
À bientôt.
- Speaker #1
Merci à toi d'être resté jusqu'au bout. J'espère que cet épisode t'aura plu, intrigué, inspiré. N'hésite pas à le partager, ainsi que de laisser une évaluation, un commentaire. Ça aidera énormément le podcast à être plus diffusé. Merci et à très bientôt sur The Patron Podcast.