- Speaker #0
Cet été, j'avais envie de vous offrir un concentré de courage en mode best-of. Dès le début, j'ai eu la chance d'interviewer des femmes absolument incroyables et j'ai choisi parmi les dix premiers épisodes les quatre qui vous ont le plus marqué. Dans chacun d'entre eux, j'ai isolé quelques minutes. Quelques minutes seulement, mais qui, je l'espère, vous feront voir autrement ceux qui vous bloquent et vous donneront l'élan de faire bouger les lignes. Et pour ce troisième épisode, je vous propose de retrouver Agathe Vermieux. Agathe est connue sur les réseaux sous le nom d'Agathe Runs Bordeaux. En quelques années, elle a perdu plus de 30 kilos, couru un semi, puis un marathon, terminé un Ironman et transformé une simple envie de changer de vie en une succession de défis que beaucoup jugeaient impossibles. Si j'ai choisi cet extrait, c'est parce qu'il a profondément changé ma façon d'aborder mes propres défis, qu'ils soient professionnels ou personnels. Depuis que j'ai rencontré Agathe, je me pose beaucoup plus souvent une seule question. Et pourquoi pas ? C'est un vrai shoot de culot. Face à un rêve un peu fou, nous avons souvent le réflexe de chercher toutes les raisons pour lesquelles ça ne marchera pas. Agathe, elle, fait exactement l'inverse. À chaque obstacle, elle se demande qu'est-ce qu'il faudrait pour que ce soit possible. Un son de soin ? elle va le chercher. Un coach, elle le trouve. Un vélo, elle négocie un partenariat. Petit à petit, l'impossible cesse d'être une montagne pour devenir une succession de petites étapes. Allez, je vous laisse avec Agathe. Bonne écoute !
- Speaker #1
J'adore les voyages, j'ai eu la chance de beaucoup voyager et du coup, de pouvoir allier sport et voyage, c'est un truc que je kiffe. Et j'étais tombée sur, toujours dans le... Tu as compris que les défis, ça m'anime et ça me passionne. Et du coup, je suis tombée sur une des courses un peu très atypique, une des courses les plus dures au monde, qui est le marathon de la Grande Muraille de Chine. Et en fait, cette course, je n'arrivais pas à me l'enlever de la tête. Je ne faisais que d'y penser. Je me suis dit, OK, bon, si j'en ai envie, pourquoi pas ? Et donc, j'ai commencé à me dire, OK, qu'est-ce qui ferait que je pourrais la faire ? Donc, j'ai essayé de me dire, bon, ça coûte de l'argent, il faut aller jusqu'en Chine. plus. Le format de la course t'impose de rester 10 jours sur place. Donc, tu as un package qui n'est pas neutre en termes de coût. Après, je me suis dit, OK, j'ai mon expérience du marathon de la Rochelle où je me suis chiée quand même. Donc, si je fais ça, il faut que j'ai une bonne prépa. OK, donc il faut que j'ai un prépa physique. Mais il y a la notion mentale. Bon, ça serait bien que j'ai un préparateur mental. Je me suis dit, OK, ça serait bien que j'ai tout ça. Et donc, ça coûte combien ? J'ai commencé à faire des devises, je me suis renseignée et j'ai estimé un budget. minimum. Je me suis dit que je commençais à avoir une communauté qui me suivait. Je me suis dit que je vais essayer d'aller chercher des sponsors. Si j'ai un rêve, si j'ai vraiment envie de le faire, je vais au bout. Je me donne les moyens de le faire. Je pense qu'à ce moment-là, pour rappel, je n'avais encore jamais terminé un marathon. Le marathon de la Grande Marée de Chine, c'est un des marathons où tu as 5000 marches à monter, mais à descendre aussi. Ça ne fait que monter et descendre. Et là, je pense que mon entourage s'est dit, mais pourquoi ?
- Speaker #0
Quelle idée ?
- Speaker #1
Mais qu'est-ce qu'elle fait ? Et du coup, mon conjoint, quand j'en ai parlé, il me dit, si tu trouves les sponsors, l'argent, pourquoi pas, on part. Il y avait une version 10 kilomètres. Il me dit, moi, je ferai la version 10 kilomètres.
- Speaker #0
Je t'attendrai.
- Speaker #1
Et du coup, j'ai commencé à prospecter dans mon carnet d'adresses. ok bon bah Donc je vais voir des marques, machin, je me prends plein de noms, je me prends même plein de fois des non-réponses, mais je ratisse hyper large, j'essaie de faire une stratégie et tout. Puis je commence à avoir des rendez-vous, et je signe des partenaires des marques qui sont prêts à me suivre dans ce projet-là. Donc je signe un partenariat avec juste une marque pour 6 000 euros. Donc truc insensé. Je dis ouais, ok, super.
- Speaker #0
Et à l'époque, tu avais une communauté de combien sur Insta ?
- Speaker #1
Je devais avoir 15 000, un truc comme ça. Mais ma force, c'est que je travaille dans la com, donc j'ai essayé de rendre... J'ai fait un dossier hyper sexy. Aussi, pas dans le sens où je mettais des photos sexy, mais dans le sens où les photos sont canon. Bien ficelées. Il y a l'objectif qui est clairement affiché. En fait, il y a le contenu, mais il ne faut pas négliger la forme. parce que si tu donnes envie, que c'est attrayant, les gens vont avoir envie d'écouter, ils vont avoir envie de creuser le sujet. Donc, j'ai tout misé sur mes points forts. J'ai fait un beau dossier de présentation et puis j'ai expliqué les objectifs, des projections de plans de com' qu'on pouvait créer ensemble, de la création de contenu, ça peut porter leur sujet RSE en entreprise. J'ai vraiment travaillé le truc.
- Speaker #0
T'as vraiment joué ta carte de stratégie de communication pour venir servir ton propre rêve.
- Speaker #1
Je me rends compte que je mets souvent en place des stratégies.
- Speaker #0
Ah ouais, ouais. Je pense que stratège est une de tes qualités. Je pense.
- Speaker #1
Et j'ai pu rencontrer une personne lors d'une soirée de réseautage qui n'a pas du tout le même domaine que moi, qui faisait de la couture, et qui avait pu vivre son rêve de signer avec des éditeurs pour faire des livres sur la couture. Et puis en en discutant, elle me dit, Métier. pourrais le faire toi aussi avec ton projet et tout ça. Je me suis dit, ah mais oui. Et là, je me suis dit, mais Agathe, t'interdis pas de rêver. De façon, au pire, tu risques quoi qu'on te dise non ? Au moins, t'auras essayé. Donc, j'ai réfléchi à un synopsis d'un livre. J'ai écrit le synopsis de mon livre. J'ai essayé de me projeter sur des objectifs. Livre que je ne pouvais pas encore écrire. C'était pour raconter tout mon cheminement jusqu'au marathon de la Grande Muraille de Chine. Moi, j'ai... prévus des objectifs en me disant voilà les étapes de préparation, les moments de doute, les trucs, les machins et tout. Et j'envoie ça à des éditeurs. Et à un moment donné, j'ai un appel avec un éditeur. Et là, on commence et tout, et il me dit, moi j'adore votre projet et du coup j'y crois tellement que je suis prête à vous faire une avance de droit d'auteur de 2500 euros. Et là je fais, what ? Comme quoi, il ne faut vraiment pas se mettre de limites.
- Speaker #0
Et en fait,
- Speaker #1
à un moment donné, mais... Voilà, et donc j'ai signé un contrat d'édition. Bon, il s'avère qu'il y a eu la pandémie de Covid qui est arrivée, donc forcément aller en Chine, c'était compliqué. Ça a du coup un peu tout remis en question, mais je ne l'ai pas vécu comme un échec parce que ce n'était pas moi. Moi, j'avais tout fait, je m'étais préparée, j'avais mon préparateur physique, mon prépa mental, j'avais trouvé mes partenaires, j'avais ficelé mon budget, Je l'avais même... Et c'est pour vous dire à quel point des fois je suis allée loin dans mon truc. J'avais contacté des entreprises en Chine. Donc j'étais en échange avec une agence de voyage en Chine. Donc on discute en anglais. Et j'avais réussi à négocier de pouvoir mettre en avant la destination Chine de leur agence de voyage dans mon contenu. Et donc du coup, je n'avais pas négocié du financier, mais j'avais négocié qu'ils m'organisaient tout mon voyage. histoire de rester plus longtemps sur place et il m'offrait des journées pour moi et ma famille. Voilà, pour l'expérience. Et du coup, je ne sais pas si maintenant de le raconter, je me dis mais où est-ce que je suis allée chercher tout ça ?
- Speaker #0
C'est dingue ! Tu es vraiment allée pousser les limites de ce qui est imaginable. En fait, c'est dingue l'imagination que tu as eue pour créer ce projet.
- Speaker #1
Et comme quoi, vraiment, s'il y a un message... fin. Il y a plusieurs messages, du coup, que je vais en passer, mais c'est de se dire, en fait, il ne faut pas se mettre de limites dans ses rêves. Au pire des cas, ça ne marche pas et on saura que s'y prendre de cette façon-là, ça ne fonctionne pas ou peut-être que ce n'était pas le bon moment. Après, oui, ça n'a pas pu se faire à cause du Covid, mais je sais que je l'avais obtenu, que j'en suis capable et que si je veux des choses, en fait... Oui, je n'ai pas pu le vivre parce que ça, c'est... Je ne peux pas le nier, il y a quand même une pointe de frustration. Mais je sais que ce projet du livre, il reste dans un coin de ma tête. Je le reprendrai d'une façon ou d'une autre. Et je sais que j'ai réussi un jour à convaincre quelqu'un pour suivre dans mon idée. Donc, c'est ça que je retiens.
- Speaker #0
Ça montre ton côté positif et ce qu'on appelle le growth mindset. C'est vraiment, tu vas chercher l'apprentissage et tu cherches l'opportunité dans chacune des situations, même quand c'est des difficultés, même quand c'est des déceptions, tu en tires le maximum.
- Speaker #1
Et pendant cette période du Covid, sans rentrer dans les détails, j'avais des choses qui ne m'allaient pas avec mon préparateur physique, donc j'ai décidé de changer. Et opportunité, Marine Leleu ouvre des coachings sur Bordeaux. Marine Leleu qui est une grande sportive qui fait de nombreux défis sportifs et du coup je la contacte et j'avais encore l'espoir que le marathon de la Grande Muraille de Chine soit reprogrammé et en fait il s'avère que Marine Leleu avait aussi cet objectif là donc trop rigolo et du coup on s'est préparé elle m'a préparé, elle m'a coachée pour l'éventualité où ça réouvrirait pour faire cette course là bon ça n'a pas réouvert le plan B Moins exotique, j'ai fait le marathon de Paris.
- Speaker #0
Fort sympathique, tout de même. Un petit peu moins de marche.
- Speaker #1
Un peu moins de marche, quoique... Non, mais moins de marche quand même. Et surtout, en étant en contact de Marine Leu, je me suis dit, ok... Bon, Marine Leleu, elle est surtout connue pour faire du triathlon. Et du coup, ça a commencé à pointer des graines de triathlon dans ma tête. Et je me suis dit, et pourquoi je ne me mettrais pas ?
- Speaker #0
Et pourquoi pas ? Toi, c'est ta phrase, je crois. Et pourquoi pas ?
- Speaker #1
Exactement. Et je me suis dit, tant qu'à faire, pourquoi pas faire un Alphironman ? Histoire de bien mettre dès le début...
- Speaker #0
Oui, oui, tu n'as pas fait un petit. Tu as commencé par 2000.
- Speaker #1
En sachant que j'avais un vélo, j'avais un VTT, mais je n'avais pas de vélo de route. Je n'avais jamais fait de vélo de route. Alors, je savais nager, puisque j'ai fait de la natation. Courir. J'arrive à courir au moins jusqu'au marathon. Je pense que voilà. Et le vélo, je me suis dit, il n'y a pas de raison que je n'y arrive pas. Et donc, je me souviens, je me suis inscrite en juillet de je ne sais plus quelle année, ça devait être 2020. 21. Oui, ça devait être ça. Juillet 2021, je m'inscris au Half Ironman des Sables d'Olonne. Mais je n'avais pas de vélo. Je ne m'étais jamais entraînée pour du triathlon. Et j'avais un an pour me préparer. Je me suis dit, OK, quel est le frein pour que je commence le triathlon ? Bon, je n'ai pas de vélo. Un vélo, ça couche.
- Speaker #0
Comment un vélo ?
- Speaker #1
Bon, il faut que je trouve un vélo. Donc, je me suis dit, qui pourrait me trouver un vélo ? Bon, je vais aller toquer à la porte de Decathlon. Je dis, bonjour Decathlon. C'est un projet. de faire le High Fireman des Sables de Nolone. Et du coup, j'ai réussi à les embarquer dans mon projet. Alors, ils ne m'ont pas offert le vélo, mais ils m'ont fait le vélo à prix coûtant, ce qui n'est quand même pas négligeable. Et surtout, ils m'ont offert tout le reste à côté. Donc, toutes les tenues, le casque, les accessoires, les trucs qu'ils avaient, ça coûte très cher. Et donc, en fait, je me suis dit, super, super partenariat et tout. Donc, j'avais mon vélo, j'avais mon matos. Et là, je me suis dit, je ne voulais pas non plus faire n'importe quoi. J'ai trouvé un coach qui était spécialisé dans le triathlon. Et du coup, il m'a fait ma prépa comme ça. Et donc, je me suis entraînée. Ça a mis quoi ? De septembre à, c'était au mois de juin, je crois, le début juillet, avec des moments de doute. Parce que quand tu te lances sur une course comme ça, puis le triathlon, c'est très... Il y a beaucoup de transitions, il y a beaucoup de choses à penser, il y a beaucoup de choses, c'était pas facile à se projeter dans ce genre de course. J'avais fait quand même quelques courses intermédiaires pour me tester sur des formats plus petits, format S, format M. Et du coup, ça m'a permis, voilà, j'ai pris le départ des Alves. Alors j'en ai... c'était pas facile, je dis pas que c'était le truc... À ce moment-là, c'était le truc le plus dur que j'ai jamais fait. De toute façon, quand j'ai couru un marathon, je me suis dit que c'était le truc le plus dur que j'ai jamais vu. Après, j'ai fait un half Ironman. C'est le truc le plus dur que j'ai jamais vu. Vous verrez par la suite que je me suis encore dit que c'était le truc le plus dur.
- Speaker #0
Tu repousses les limites. Qu'on soit bien clair, parce que là, on a l'impression que tu es une athlète professionnelle parce que tu charges des sponsors, tu fais des courses de plus en plus dures. Toi, ton objectif, c'est de terminer avec un classement ou c'est juste de terminer quand tu te lances ce genre de défi ?
- Speaker #1
Mon objectif, c'est juste de terminer. Parce que je suis même plutôt dans le milieu, je suis milieu de tableau des classements. Et du coup, mon seul objectif, c'est de me prouver que j'en suis capable, de me dire que mon corps, que je n'ai pas toujours bien entretenu. Ou pendant un moment donné...
- Speaker #0
Tu l'as un peu délaissé.
- Speaker #1
Voilà, je l'ai délaissé. J'en ai eu honte. J'en ai eu... Voilà. Aujourd'hui, c'est ma plus grande... Enfin, il me permet de faire plein de choses. C'est ma plus grande force. Ça me permet d'aller au-delà de ce que je peux faire. Et en fait, d'aller chercher... J'aime bien, en fait, aller hors de ma zone de confort. C'est quelque chose que j'apprécie, que ce soit dans le boulot ou dans le sport. Même si ce n'est pas du tout confortable. Ce serait que j'ai déjà dans mon entourage des gens qui me disent... Mais là, ce n'est pas très confortable. Je me sens... Oui, oui. Oui, ce n'est pas confortable, mais je m'adapte. En fait, j'ai cette capacité à m'adapter et j'y prouve... Après, on pourrait se dire que ça fait un peu le toujours plus, que ce n'est pas forcément très sain non plus. Mais en fait, de vivre des choses, vivre des expériences, vivre des aventures, c'est quelque chose qui me plaît. Après, je sais bien que je ne vais pas pouvoir repousser éternellement. mais voilà en tout cas vivre des choses comme ça, ça me plaît beaucoup après c'est sûr que vers la fin du Alpha Ironman ça a été très dur j'ai cru que j'allais tomber dans les vapes parce que j'étais en hypoglycémie je pense ça n'était pas facile d'ailleurs je me suis mis à pleurer en passant la ligne d'arrivée ce qui ne m'était jamais arrivé parce que quand tu te lèves à 4h du matin parce que tu as toute la logistique autour et là je fais fort de 8 heures, forcément que à un moment donné, ton corps... Moi, après ce genre d'événement, je vais tant puiser physiquement que mentalement, parce que c'est une épreuve mentale. Je mets du temps à m'en remettre. Je mets plus de temps. Quand je vois des gens qui se disent, c'est bon, j'ai fait une coupure de deux semaines, je repars. Moi, je n'en suis pas capable. Il me faut des fois deux mois pour m'en remettre, parce que je suis allée le chercher loin, parce que je n'ai pas une aisance ou... Dans le sport, particulièrement dans le sens où je ne vais pas courir à 4 minutes au kilomètre. Je vais plutôt être à 6, 30, 7. Mais mon objectif, c'est de finir, de me dire, OK, j'ai vécu une belle expérience, je suis allée au fond de moi, j'ai tout donné, c'est ça qui m'intéresse.
- Speaker #0
C'est fort et je vois que tu le fais sérieusement, même si tu vas vraiment chercher tes limites à chaque fois et on voit que tu prends du plaisir à... à te lancer des nouveaux défis et que tu allies en plus la découverte, le voyage à cette passion. Mais tu le fais avec beaucoup d'humilité. Moi, tu m'avais montré cette image de toi qui m'a beaucoup marquée. Je l'ai souvent en tête quand je suis dans des défis. Je crois que c'est ton marathon de, j'ai envie de dire, Séville ou Bilbao ?
- Speaker #1
C'était Bilbao, oui. Le petit pas, j'allais... Au revoir. Donc, c'est quand je préparais, en fait, le marathon de la Grande Muraille de Chine. Bon, à un moment donné, il fallait quand même que je finisse un marathon avant. Et donc, je m'étais mis un marathon intermédiaire, qui était le marathon de Bilbao, qui était mon premier marathon. Et en fait, j'ai vraiment beaucoup, beaucoup souffert sur cette course. Normalement, tu as un mur qui arrive vers le 30e kilomètre. En fait, moi, je l'ai pris dès le semi parce qu'il y avait des conditions difficiles. Alors, je ne veux pas me trouver d'excuses, mais... Il pleuvait,
- Speaker #0
il faisait froid.
- Speaker #1
C'était un marathon nocturne. Il pleuvait. Et du fait qu'il pleuvait, que c'était tard dans la nuit, passer le semi-marathon, il n'y avait plus personne au bord des routes. Mentalement, physiquement, ça m'a lâchée. J'avais beaucoup de mal. Le parcours est très compliqué aussi parce que tu as des grandes lignes droites où tu vois les gens revenir. Tu fais des épingles et tu en fais plein comme ça. Très dur psychologiquement, parce que tu sais que ça va être long. Et en fait, quand on se dit déjà passer le semi, c'est dur, il reste encore un semi. Et du coup, il y a cette photo où je suis en complet désarroi, sous la pluie, toute seule.
- Speaker #0
Toute seule dans le noir.
- Speaker #1
Dans le noir, en train de marcher, le regard fixe en me disant, j'avance quand même.
- Speaker #0
Non, mais moi, cette image, elle m'a vraiment marquée. Bye ! Et pour moi, elle symbolise la persévérance. Même quand il n'y a plus rien qui justifie le fait de s'infliger ça, tu as persévéré parce que moi, je t'ai rencontrée bien après ça. Et je sais que même si cette expérience avait été difficile, tu avais terminé et tu avais recommencé. Et j'y pense souvent.
- Speaker #1
Et c'est vrai que cette course-là, ça peut paraître bateau dit comme ça, mais je m'en sers beaucoup.