- Speaker #0
Bienvenue chez The Patron, le podcast qui démystifie la réussite. Ici, le syndrome de l'imposteur se transforme en courage et la chance se provoque. Je suis Elvire, coach en leadership, je suis ravie de t'avoir parmi nous. N'hésite pas à liker et partager et enjoy. Aujourd'hui, j'accueille Christine Berroux-Christine, est humoriste, chroniqueuse, animatrice, auteur et a eu un... et journaliste. Non, est-ce qu'on me dit journaliste ou pas ?
- Speaker #1
Oh, j'ai été journaliste 2 minutes 30, mais...
- Speaker #0
Donc Christine, tu as un parcours très varié dans les médias et dans l'humour. Tu sors justement de tes dernières scènes le spectacle qui est « Comment j'ai raté ma carrière » .
- Speaker #1
Qui est une conférence au spectacle, oui.
- Speaker #0
Conférence spectacle. Tu reviendras à la rentrée avec ce spectacle sous un nouveau... Ouais,
- Speaker #1
un autre titre. Ouais, ça va être retravaillé, mais oui, je vais revenir à la rentrée.
- Speaker #0
Justement le futur titre c'est ?
- Speaker #1
Alors j'hésite, ça serait je pense j'ai testé pour vous la confiance en soi mais là les gens vont se demander comment on passe de comment j'ai raté ma carrière à j'ai testé pour vous la confiance en soi et ce à quoi je réponds et bien il faut venir et vous allez tout comprendre Alors j'ai testé pour vous la confiance en soi
- Speaker #0
Justement, est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus sur ta définition de la confiance en toi et comment est-ce qu'on développe sa confiance en soi ?
- Speaker #1
Ah oui, donc le gros du sujet. Le gros du sujet direct. Je pense qu'on a une vision très erronée de la confiance en soi. On pense que c'est marcher dans la rue comme si on était sur un pont. podium de Fashion Week et avoir la bonne répartie au bon moment et réussir à poser ses limites à Jean-Claude de l'Open Space tout de suite parce qu'évidemment, on a une répartie qui est extraordinaire. La confiance en soi, ce n'est pas ça. La confiance en soi... J'aimerais bien avoir tout ce que tu as décrit. Ça donnait envie. Ça s'appelle être un personnage de série et ça n'existe pas. Ok, d'accord. La confiance en soi, c'est se respecter. C'est savoir qu'on sera là pour soi. C'est s'aimer, c'est savoir ce qu'on vaut, c'est valider la gravité de ce que les gens nous font subir, les grosses violences comme les petites violences du quotidien. C'est se dire, quoi qu'il arrive, je serai là pour moi. C'est se dire, je stresse, je suis angoissée pour tel ou tel événement, mais je serai capable, parce que jusqu'ici j'ai toujours été capable. Et jusqu'ici je me suis maintenue en vie, donc il n'y a pas de raison que je n'arrive pas à me maintenir encore en vie. Voilà, pour moi c'est ça la confiance en soi.
- Speaker #0
cette certitude qu'on a réussi à arriver jusque là grâce à qui l'on est et que justement grâce à ça on va pouvoir continuer à passer ?
- Speaker #1
La confiance en soi c'est savoir qu'on peut compter sur soi comme on sait qu'on peut compter sur son meilleur ami ou sa meilleure amie. C'est-à-dire la confiance en soi c'est j'ai confiance en moi pour faire les bonnes choses ou pour rester debout. J'ai confiance en moi pour m'en sortir. Alors après, je m'en sortirai peut-être avec quelques éraflures, il y aura des larmes, mais j'ai confiance en moi pour me relever. Voilà, ça ne veut pas dire que je serai en titane, ça ne veut pas dire que j'aurai le brushing impeccable, quoi qu'il arrive. C'est se dire en fait, je suis un être humain, mais je suis un être humain qui se respecte et je suis la personne la plus importante de ma vie, puisque je serai toujours là où je suis par définition. Voilà, bah oui.
- Speaker #0
J'ai confiance en ma capacité à me relever. J'entends que c'est un exercice que tu as certainement dû tester et retenir. Mais non,
- Speaker #1
pas du tout ! Il ne devait jamais rien arriver de grave, enfin !
- Speaker #0
Alors justement, est-ce que tu peux nous partager ton parcours de vie, tes études, qu'est-ce qui t'a emmenée jusqu'ici, qu'est-ce qui t'a emmenée... Peut-être pas en ouvrant toutes les portes, mais un aperçu sur justement ce qui t'a emmenée jusqu'à ce spectacle.
- Speaker #1
Alors, je suis légitime pour parler de la confiance en soi, puisque j'ai grandi dans un milieu qui a tout fait pour que je n'ai pas cette confiance en moi. Les gens qui me suivent sur les réseaux savent que j'ai grandi dans la violence. J'ai subi toutes les violences possibles et inimaginables. Je ne vais pas m'étendre parce que je ne vais pas casser l'ambiance. Tout ce que je peux vous dire, c'est que quand je suis arrivée à 20 ans, j'étais une huître. Encore, ce n'est pas très sympa pour les huîtres. J'étais un paillasson. Je suis arrivée dans le monde en étant un paillasson, en étant persuadée que je n'avais aucune valeur et que c'était complètement ok de me faire du mal. Ce qui m'a sauvée, c'est ma vocation. Parce que paradoxalement, j'étais happée par la lumière, j'avais envie de créer. C'est très paradoxal parce que d'un côté, j'étais persuadée que je ne valais rien. Et d'un autre côté, j'avais une velléité folle de transmettre, d'écrire. Et toutes les fois où on m'en a donné l'opportunité, je pense par exemple à ma prof de français, à Madame Bernicot au collège, qui m'a dit un jour, tu sais écrire, viens écrire un spectacle pour la fête de l'école. Toutes ces fois-là, c'est comme si je devenais une autre personne. C'est comme si tout d'un coup, j'expérimentais l'alignement, tout simplement. Le problème, c'est que ce n'est pas aussi simple. Et j'ai eu beau avoir des grandes portes qui se sont ouvertes face à moi. Tu l'as dit, j'ai été sur beaucoup de médias, on m'a offert beaucoup d'opportunités. Il y avait toujours cette petite voix qui disait tu es nul, tu ne vaux rien. Et donc ce qui se passait c'est qu'on m'embauchait pour mon audace, mon énergie. Et puis finalement, arrivé sur place, je n'avais qu'une envie, c'est d'être validée et être aimée. Et donc, quand on est dans cet état d'esprit-là, on n'est pas dans la créativité, on est dans l'allégeance. Et en fait, l'allégeance, ça fait pitié. On se dit, ah, pauvre petit être qui n'a qu'une envie, c'est qu'on la valide. Eh bien, nous ne la validerons pas, parce que les gens qui ont besoin de validation, ça fait envie à personne. Je suis allée comme ça, de média en média, en essayant de... de coller à ce que je pensais qu'on attendait de moi, en voulant être aimée, en m'excusant d'exister. Et au final, j'ai saboté beaucoup d'opportunités. Il y a une métaphore que j'utilise beaucoup, notamment dans ma conférence, où je dis en fait, si vous montez dans un avion et que le pilote prend la parole et qu'il dit « Alors bienvenue dans mon avion, mais j'ai pas trop confiance en moi, donc n'hésitez pas à venir dans le code PIC. » pour me remonter le moral. En fait, on descend de l'avion parce qu'on n'a pas envie de monter dans un avion qui est piloté par quelqu'un qui n'a pas confiance en lui. Et moi, il y a tellement de gens qui sont descendus de mes avions. Maintenant, j'ai envie de montrer que je suis un pilote sur qui on peut compter. Donc jamais je remettrai en question mes envies, mes idées. Ce sont les miennes. Et montez dans mon avion et vous allez voir, je vais être capable de vous emmener loin si vous me faites confiance. Parce que moi, je me fais confiance.
- Speaker #0
Quand tu es en train de parler, j'ai cette image qui m'est venue d'une sorte de flamme d'un poil. où d'un seul coup, il y a quelque chose qui vient éteindre ta flamme, mais tu as cette capacité à remettre toi-même l'étincelle pour réallumer, parce que même si plusieurs fois on t'a donné ta chance et plusieurs fois finalement ça s'est mal passé, j'ai l'impression que tu avais une capacité de rebond assez incroyable. Donc qu'est-ce qui faisait que tu étais capable de réavoir cette étincelle et repartir ?
- Speaker #1
Écoute, je ne me l'explique pas, j'ai la chance d'avoir cette capacité. Je ne sais pas d'où elle vient. Peut-être d'une certaine forme de rage aussi, parce qu'on m'a tellement mise à terre que maintenant j'ai envie de... prouver que je suis capable, et puis maintenant j'ai plus besoin de prouver, mais juste comme j'ai expérimenté cette petite étincelle, je vois que c'est c'est ça qui fait aller bien, c'est ça qui fait que je me relève toujours. Je me rends compte qu'à chaque fois que je me relève, la vie me porte, et toi, le ciel t'aidera, avance et le chemin apparaîtra. Je me rends compte que dès que je ne me laisse pas tomber autour de moi, l'univers met en place des choses pour que finalement, vaille que vaille. Ça continue, ça fonctionne, il y a d'autres gens qui viennent, d'autres opportunités, puis j'ai toujours l'envie et puis j'ai toujours des idées. Je pense que c'est un travail d'équipe entre ma capacité de résilience et le monde dans lequel j'évolue qui est plein de surprises et aussi malgré tout plein de bienveillance.
- Speaker #0
Il y a ce côté où tu arrives à réattirer les opportunités sans cesse et à continuer à progresser.
- Speaker #1
C'est vrai que j'ai eu beaucoup de chance. Quand je repense, des fois, je me dis mais c'est fou. Si je n'avais pas été là à ce moment-là et si je n'avais pas dit ça, il ne se serait pas passé ça, etc. Mais c'est pour ça que je dis dans ma confiance qu'il faut jouer au loto de la vie. C'est-à-dire qu'il faut tenter des choses tout le temps. Il faut aller à la rencontre des gens. Il faut faire la vidéo même si on se sent un peu bête devant la caméra. Il faut lancer un projet. Et puis tant pis si ça se plante. Parce que de toute façon, à un moment donné, statistiquement, il y a forcément des choses qui vont se passer. Et puis de toute manière, si je m'étais laissée tomber, et puis quoi ? Je serais retournée dans ma Bretagne, j'aurais été malheureuse comme les pierres, puisque finalement, ce monde-là du divertissement m'appelle, c'est le mien, c'est le monde auquel j'appartiens, la scène, les comédies club, être ici avec toi. C'est ça qui me fait me lever le matin. J'ai testé pour vous les horaires de bureau. Il y a très longtemps, il y a 20 ans, et je n'ai pas été heureuse. À un moment donné, je n'ai pas le choix. Il faut que je me relève. Et puis, en plus, j'ai une fille. Et depuis qu'elle est là, j'ai encore moins le choix. Et puis, tu le sais, les enfants apprennent par l'exemple. Donc, je veux qu'elle voit une maman qui va au-devant de ses rêves, qui s'écoute, qui se respecte, qui tente, qui essaye pour qu'elle aussi, elle devienne une femme qui s'écoute, qui tente et qui se respecte.
- Speaker #0
J'aimerais bien que tu évoques, juste pour que ceux qui qui ne te connaissent pas encore, voient l'étendue de ce que tu as pu faire et des personnes avec qui tu as pu travailler. C'était quoi les missions les plus glamour, les émissions auxquelles tu as participé, les personnes avec qui tu as travaillé ? Je sais que tu as été au Jamel Comedy Club. Alors, moi, là, c'est la barre. Elle est là, quand même, je trouve. Qu'est-ce que tu as fait d'autre ? Quand ça a démarré, tu t'es dit, waouh, là j'ai trop de chance d'avoir cette opportunité-là.
- Speaker #1
Alors la période la plus glamour de ma vie, c'est sans aucun nul doute quand j'ai travaillé avec Nico Saliega sur Europe 1 et que je faisais une chronique humoristique par semaine à ses côtés. Et Nico... Vous savez, tous les invités les plus prestigieux que l'on peut avoir en France. J'ai eu le bonheur et la joie de chroniquer Jean Dujardin, Omar Sy, Juliette Binoche, Pierre Ninet, Amika, Jean-Paul Gaultier. Tout le festival de Cannes. Tu parles de glamour, j'ai eu du glamour. J'ai beaucoup appris à ses côtés. C'est un homme extrêmement gentil, généreux. Là, je me suis dit, là quand même, on est bien là. Mais tu vois, par contre, je me suis sabotée dans le sens où... Je pense que globalement, ça s'est quand même très bien passé pendant deux ans. J'ai de très bons souvenirs. Mais je me sabotais parce que je me mettais systématiquement en dessous. Par exemple, j'ai eu beau chroniquer tous les gens que je viens de te citer, je n'ai jamais partagé les vidéos sur Internet. Par contre, je le demandais. Toujours un selfie, et je postais le selfie. Et en fait, c'est pas ça être une artiste. Ça, c'est être une star fuckeuse, en fait. C'est être une fan. Tu vois ? Je me disais, cool, je vais poster le selfie de moi avec Jean Dujardin.
- Speaker #0
J'ai été avec lui,
- Speaker #1
quoi. Ouais, mais ça, c'est pas un métier d'artiste, ça. Non,
- Speaker #0
ça valorisait pas ta valeur ajoutée, en tout cas.
- Speaker #1
Mais pas du tout, ça faisait vraiment... Ah oui, donc elle est impressionnée par les gens connus. C'était ça, le message. C'était pas, ouah, elle a écrit un texte. de qualité pour que sais-je. Omar Sy, elle a fait une photo avec Omar Sy. C'est pas du tout le même secteur d'activité. C'est pas du tout la même intention.
- Speaker #0
C'est de la timidité de montrer ce que t'avais fait ?
- Speaker #1
Oui, c'était jamais assez bien. On est sur un gros syndrome d'imposteur. Moi, je pensais que j'étais une escroquerie et que bientôt tout le monde allait s'en apercevoir. Donc, c'est sûr que si je mets la vidéo sur Internet, on va d'autant plus s'en apercevoir. Il y aura des bouffes. Ouais, Et puis aussi, je ne supportais pas mon image. Alors que là, vous me voyez, j'ai 44 ans. Autant vous dire que quand j'avais la petite trentaine, je donnerais... Tantôt avoir 44 ans. Non, je voulais savoir. Merci. Mais autant vous dire que quand j'avais la petite trentaine, j'étais mimique comme tout. Aujourd'hui, quand je vois les vidéos, je me dis, j'étais jolie comme un cœur. Mais non, je me voyais en vidéo, je me trouvais horrible. C'était le mot que j'employais à l'époque. Alors qu'aujourd'hui, j'ai des rondeurs, j'ai des rides, etc. Je me montre vraiment, je m'en fiche totalement.
- Speaker #0
Mais il faut se regarder entre parenthèses. Il faut se regarder en photo. Comme la personne qu'on sera dans 10 ans. Parce qu'à chaque fois, je vois des photos de moi il y a 10 ans, je me dis mais j'étais pas si grosse que ça à l'époque. Mais bien sûr,
- Speaker #1
évidemment.
- Speaker #0
Mais pourquoi ? Regarde-nous comme quand on aura 55 ans et on se trouvera vraiment canon aujourd'hui.
- Speaker #1
Oui, on déforme totalement. Et donc je postais pas ces vidéos pour toutes ces mauvaises raisons-là. Et au final, quand on remonte sur mes réseaux, on a à cette époque-là une galerie d'images de moi avec des gens connus. On sait pas si je suis une artiste ou si je suis juste... Une fan, quoi, qui fait la sortie des...
- Speaker #0
Donc t'as appris de cette erreur-là ?
- Speaker #1
Pas tout de suite, hein.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Pas tout de suite, ça a été un long chemin. Je peux te parler des moments clés où j'ai appris, si tu veux. Alors, pour ce qui est d'arrêter de faire plaisir à tout le monde, ben y'a eu... Juin 2021, j'ai démissionné d'Europe 1 après qu'ils aient voulu me censurer une blague sur Eric Zemmour. C'est-à-dire qu'en fait, à l'époque, pour replacer un peu de contexte, c'est qu'on savait tous que Europe 1 était en train de passer extrême droite. Mais personne ne pouvait le prouver vraiment. C'était dans l'air, c'était dans les couloirs, mais on ne pouvait pas vraiment mettre les mots. A l'époque, Éric Zemmour était très populaire, il montait très haut dans les sondages. Et moi, il faut savoir que j'ai toujours fait des blagues sur tout le monde, sur la gauche, la droite. A l'époque, je suis sur Europe 1 depuis 7 ans, on ne m'a jamais embêtée. Et là, j'enregistre une chronique le matin pour le lendemain, et on me dit « Ouais, on va couper ta blague sur Éric Zemmour parce qu'on ne fait plus de blagues sur Éric Zemmour à Europe 1 » . Et là j'ai démissionné tout de suite et j'ai fait une capture écran et vraiment ça s'est fait dans la seconde et j'ai posté la capture écran sur Twitter et là tout de suite j'ai le Parisien qui m'a appelé, BFM qui m'a appelé et là je me suis pas rendu compte de ce qu'ils avaient joué. Parce que tout d'un coup j'ai apporté la preuve de quelque chose de grave qui se joue, enfin de grave. Évidemment sur le moment tout le monde a crié au scandale et à la censure d'Europe 1 et regarde... On est cinq ans plus tard et tous les artistes vont faire leur promo sur Europe 1 et tout va bien. Est-ce qu'ils ont changé de bord politique ? Pas du tout, mais bon. Toujours est-il, pour en revenir à moi... Et là,
- Speaker #0
je t'ai sentie obligée de ne pas cacher ça, quoi.
- Speaker #1
Oui, mais c'est ce fameux moment et je pense que tous les gens qui... qui tout d'un coup ont acquis leur confiance en eux, ça vient de, en fait, tout d'un coup, la réalité que j'expérimente n'est plus du tout en phase avec mes valeurs. Et tu dis, merde, c'est exactement comme une femme quand elle est sous emprise d'un homme violent. Ça a également été mon cas. À un moment donné, il y a la phrase de trop, où tu dis, en fait, non, mais pas du tout. Et là, je pense qu'au repas, ça a été la... Ça a été l'abus de trop, parce que je n'ai jamais été abusée par un repas, mais ça a été l'allégeance de trop. En fait, non. Et donc, j'ai démissionné. Et je me rappelle que tout de suite le soir même, j'ai fait des recherches pour faire un CAP horticulture parce que je me suis dit... Je me suis dit, ma carrière est finie.
- Speaker #0
Il faut vraiment trouver quelque chose de très différent.
- Speaker #1
Oui, mais je me suis dit, plus personne ne va vouloir travailler avec moi. Je suis quelqu'un qui fait du drama. Je suis quelqu'un qui pose des captures écran. Les médias ont une peur atroce de ça. Et c'est OK, en fait. Et puis, finalement, on m'a reproposé des choses. Et au final, ça m'a donné confiance en moi incroyablement. Parce que ça m'a prouvé que quand tu t'affirmes, on te respecte. Et on te propose toujours autant de travail. Ah ouais bah cool !
- Speaker #0
Je t'ai pas fait lyncher sur le coup. Parce que c'est quand même le risque souvent pour les femmes d'avoir tous les réseaux sociaux qui deviennent ultra violents. Toi t'as pas ressenti ?
- Speaker #1
Non, j'ai été vraiment soutenue parce qu'à l'époque c'était grave d'être extrême droite.
- Speaker #0
Ok,
- Speaker #1
maintenant on appelle ça un mardi. Non, non, les gens m'ont soutenue et moi j'étais en PLS sous ma couette et puis après on m'a recrutée sur Télématin et la vie a repris son cours. Et sur Télématin, je me suis donné beaucoup de mal, je me levais à 4h30, vraiment j'essayais de me réinventer tout le temps parce que je savais que c'était une grosse opportunité. J'avais jamais un mot plus haut que l'autre, etc. Et puis un jour, j'ai fait une blague sur Gérald Darmanin et Thomas Soto m'a reprise en direct et ça a été un moment assez humiliant. Alors, il a ses raisons, je veux pas l'incriminer. Et en fait, là, j'ai compris que ça allait plus m'aller, en fait, d'aller sur des médias où il faut être... Lisse ? Lisse, ouais. Je me suis rendue compte que c'était pas pour moi d'être lisse. Et après cette blague sur Gérald Darmanin, j'ai été remerciée de Télématin un mois plus tard. Je ne sais pas si c'est un rapport ou pas. Non, non. Mais c'est surtout... En fait, je vais te raconter un truc que je n'ai jamais dit à personne. C'est qu'en fait, toute l'année, j'avais été très lisse, très gentille, très polie. Et il y a la fête de fin de saison de Télématin. où tout le monde se félicite et tout le monde me trinque les yeux dans les yeux. Bravo Christine, c'est super, on fait la fête tous ensemble. Et le lendemain, quelques heures plus tard, à 9h, les personnes avec qui j'ai trinqué la veille me virent.
- Speaker #0
Bonne année !
- Speaker #1
Et en fait, pour moi, ça a été très difficile d'accueillir ce manque de sincérité et d'authenticité. Sous moi, je faisais tout pour essayer d'être gentille, de faire plaisir que tout le monde passe un moment agréable en ma présence tu vois Et il y a des gens qui n'ont aucun scrupule à être hypocrite. Et ça m'a fait de la peine, notamment par rapport à Thomas Soto, parce que lui, il savait, la veille que j'allais être virée, je pense que ça venait plus ou moins de lui. Et la veille, il a trinqué, pareil, dans les yeux. Et le lendemain, c'est même pas lui qui m'a virée en personne. Et je me suis dit, ah, mais je déteste ce monde. Je les déteste, en fait. C'est tellement pas moi. Ça, je veux tellement pas, en fait. Après, qu'est-ce que j'ai fait ? Après, j'ai fait une année plus ou moins sabbatique. J'ai profité de mes économies. J'ai voyagé. J'ai réfléchi. et puis après... Plus ou moins, je me suis lancée sur les réseaux. Au début, j'ai fait des blagues. Et puis après, j'ai vu que plus je faisais des vidéos sincères et authentiques, plus les gens étaient là au rendez-vous. Et plus je me sentais comprise. Et plus je sentais qu'il y avait des gens comme moi. Et j'ai développé comme ça ma communauté. Et puis bon, après, j'ai travaillé sur énormément de trucs. J'ai monté ma boîte pour gagner en autonomie. Je sais que tu souris parce que le podcast s'appelle Patron. Mais je me suis dit, en fait, je vais faire en sorte de plus jamais être tributaire des autres parce que les autres sont 95% du temps. décevant et méchant, apparemment. Et hypocrite. Je ne veux plus jamais devoir trinquer avec des gens qui vont me la faire à l'envers le lendemain. C'est vrai que c'est violent, quand même. Mais c'est la télé ! C'est comme ça que ça se passe ! Parce que ça, je Je te le raconte à toi, merci d'avoir cette réaction-là. Il y a tellement de gens à qui je l'ai raconté qui sont dans les médias et tout, et qui ont dit « Ah oui, moi aussi, on fait ça. Ah bah moi, c'est par SMS. » Donc, moi... Et il y a beaucoup de gens qui m'ont dit, effectivement, qu'ils étaient déjà sympas de m'avoir virée de visu. Parce qu'il y a beaucoup de gens qui envoient juste un message.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Tu vois ?
- Speaker #0
Je crois que légalement, ça se passe pas comme ça en France. Ah,
- Speaker #1
c'était pour l'air. Moi, je pensais juste qu'ils essayaient d'être... Bon, bref. Non,
- Speaker #0
mais en vrai, si ça peut te soulager d'une manière ou d'une autre, en entreprise, ça peut se passer aussi comme ça. Est-ce qu'il y a un tel besoin de ne pas avoir divulgué le moindre information, de respecter le protocole, qu'on se retrouve parfois dans ce genre de situation où, genre, dîner d'équipe la veille et puis le lendemain matin, bon ben voilà, voici ton rang. Ça me dépasse. Mais comment ? C'est dur, ouais.
- Speaker #1
Comment ? Pourquoi ? Enfin, c'est dingue. Et puis surtout, j'ai intégré une émission super, je tiens à le dire, parce que, qui s'appelle ? piquante sur Teva.
- Speaker #0
Elle est ouf cette émission. Merci.
- Speaker #1
J'ai une liberté totale. La prod est incroyable. Ça fait 6 ans que j'y suis et c'est eux qui font que je suis pas encore totalement fâchée avec la télé 100%. Désillusionnée, ouais. Donc voilà, je voulais quand même placer ça là.
- Speaker #0
Le panel est assez incroyable. Vraiment, je suis très admirative de cette émission.
- Speaker #1
Merci. Je suis très fière d'en faire partie.
- Speaker #0
Incroyable. Donc, alors moi j'ai quand même une question sur le Jamel Comedy Club parce qu'on y revient mais tu vois, je t'ai dit moi, le Jamel Comedy Club alors peut-être à tort, C'est tellement le tampon de... Waouh ! Là, on est drôle. Et je fais une double question, qui est que tu nous as parlé de cette jeune femme qui, à 20 ans, était un paillasson, qui était avec le moral dans les chaussettes, et qui a un moment à dire, bon, j'arrête de me faire marcher dessus. Et quelques années après, rapidement, finalement, tu te retrouves au Jamel Comedy Club. Donc déjà, comment est-ce que tu as découvert l'humour ? Et comment tu as vécu justement le fait d'intégrer la troupe du Jamel ?
- Speaker #1
Alors moi, l'humour a toujours fait partie de ma vie grâce au Club Dorothée. parce qu'en fait je regardais beaucoup beaucoup la télé quand j'étais petite c'était vraiment mon refuge et après je jouais au club Dorothée dans ma chambre et mes premiers spectacles je les ai écrits comme ça et en fait ils m'ont appris les bases, merci Jackie que j'ai reçues dans mon podcast d'ailleurs après donc c'était chouette, la boucle est bouclée et ensuite, en fait tu sais c'est comme quand tu sais que t'as une facilité pour un truc tu sais que ça pour toi c'est simple musical ou que t'as un coup de crayon et tout moi je voyais bien que je faisais rigoler mes copines Non. Je voyais bien que dans mes rédacs, je mettais des petites vanounes. et tout, que ça faisait vraiment, c'était ma nature. Et en fait, je savais, sans me vanter... C'était factuel, je sais que ça je sais faire, si jamais on me demande, je vais savoir me débrouiller. Et quand est venu le moment aussi d'aller chercher la validation, parce que je pense que c'était aussi une réponse traumatique de vouloir faire ce métier, je me suis dit, tiens, je vais aller chercher du côté de l'humour parce que j'ai su faire, je sais faire, il me semble que j'ai une compétence, etc. Et en fait, j'étais journaliste au journal du Payonnais en Vendée et j'ai reçu le dossier de presse du festival Juste Pour Rire à Nantes, il y avait le concours Jeunes Talents. Et donc, plutôt que de faire un article sur le concours Jeunes Talents, je me suis inscrite au concours Jeunes Talents et je suis arrivée en finale. Et là, je me suis retrouvée au festival juste pour rire et j'ai rencontré plein de gens. qui m'ont dit mais viens à Paris, viens faire ceci, viens faire cela. Et du coup ça m'a donné envie. Et puis bon, quelques temps plus tard, j'ai fait un burn-out, j'ai eu deux mois d'arrêt, j'ai écrit un spectacle, je suis montée à Paris. Vraiment, je me suis lancée à corps perdu là-dedans parce que pour moi c'est comme une évidence. Et puis, donc j'arrive à Paris en 2008 et je rencontre plein de gens, etc. Et je joue dans un comédie club, une des premières scènes ouvertes de Paris, qui s'appelle le Pranzo. Et c'est là-bas qu'on a toute ma génération a débuté. Il y a, pour te dire, il y avait des plateaux avec Gaspard Proust, Bérangère Krièf, Arnaud de Samer. Kev Adams qui a débuté là et il n'y avait personne dans le public parce qu'en fait ça ne marchait pas de ouf mais en fait tu avais tous les Baptiste Lecaplin tous les plus grands humoristes de maintenant ils ont débuté là et des fois il y avait 10-15 personnes dans le public des fois il y avait plus d'humoristes que de gens dans le public et je me rappelle des jeudis soirs où ça se finissait en karaoké c'était génial c'était génial et juste en face il y avait le Jamel Comedy Club et c'était les premières saisons et il y avait Blanche Gardin Yacine Bellouze des fois on les voyait y passer et on se dit on aimerait trop on aimerait trop donc déjà il y avait ce mythe Fou ! Et puis, le temps passe et le Jam & Comédie Club, voyant le succès des plateaux ça et là, ont décidé de créer leur propre scène ouverte qui s'appelait la Deb Jam. C'était le mardi soir. Et donc moi, je me commence. Et en fait, déjà, on s'était vraiment prestigieux d'avoir accès à la Deb Jam. C'était... pas payé, ce qui aujourd'hui n'arriverait pas. Et en fait, il fallait vraiment écrire, se mettre devant. Le grand décideur, c'était Jean-Michel Joyeux, que j'embrasse vraiment acquis. Il fallait montrer patte blanche. Et puis, un jour, on me dit, on a un désistement pour la Depp Jam. Est-ce que tu veux venir ? Et donc, moi, je suis trop contente. Là, on est en 2011, je pense. Et donc, ça se passe très bien. Et donc, on m'invite pour une deuxième, pour une troisième. Et je deviens une fidèle de la Depp Jam. Et un jour, il y a à Jamel dans le public, qu'elle est en personne. Et là, je cartonne. Évidemment, je savais qu'il valait mieux que je cartonne. Et je cartonne. Et je suis trop contente. J'ai cartonné devant Jamel. Et un an plus tard, c'est-à-dire, c'est long, un an plus tard, un jour, Nawel Madani plante sur une scène. Et là, il se rappelle, il cherche une fille pour la remplacer. Elle plante dans le sens où elle n'est pas dispo. Et là, il se rappelle... De moi qui a cartonné moins d'un an avant Et il m'appelle pour me demander si je suis dispo Et c'est comme ça que j'ai fait ma première scène au Jamel Comedy Club Un samedi soir Et je me suis dit Mais c'est fou parce qu'attends Si je n'avais pas envoyé 18 mails à Jean-Michel pour faire la Depp Jam, si je n'étais pas revenue régulièrement, si je n'avais pas joué la fois au Jamel, si ça ne s'était pas bien passé, etc. Et tu te rends compte ? Il faut ça, Et en fait, ça s'est super bien passé. Et après, Nawal Madani, ayant beaucoup de succès, elle a quitté le Jamel Comedy Club et ils m'ont pris moi pour la remplacer. Et je suis restée quatre ans. Et c'est incroyable. J'ai encore des frissons quand je t'en parle. Tout ce que je dois à Jamel. grâce à Jamel j'ai pu faire un prêt immobilier alors que j'étais intermittente du spectacle je suis restée 4 ans c'était un con en plus j'ai eu beaucoup de chance parce que 6 mois plus tard Nikos me prenait dans son émission donc il y a eu une espèce de je pense souvent à Nikos et à Jamel avec beaucoup de tendresse d'ailleurs c'est pas étonnant que ce sont des gens dont on prononce parfois que le prénom si je te dis Jamel tu sais qui c'est si tu sais Nikos tu sais qui c'est parce qu'en fait ils sont Ils font partie de la famille de tous les Français. Il y a un affect qui est très fort. Et vous ne vous trompez pas en les choisissant, eux, parce que ce sont des vrais gentils. Et je leur dois tellement. Et là, après, à ce jour-là, j'ai toujours travaillé. Et ça s'est toujours bien passé. Et merci la vie.
- Speaker #0
Incroyable. Est-ce que, pour toi, parce que la prise de parole en public, c'est un des sujets qui terrorise le plus l'humanité ? Et beaucoup de femmes notamment ont vraiment cette aversion à la prise de parole. Toi, comment tu l'as vécu le fait de monter sur scène ? Est-ce que tu avais ce talent ? Parce que l'écriture, ok, c'était dans tes gènes, entre guillemets. En tout cas, c'était un de tes talents. Est-ce que le fait de monter sur scène, ça allait tuer bien l'adrénaline ? Ou est-ce qu'au début, c'était horrible ? Est-ce qu'il y a eu une montée en puissance ? Comment est-ce que toi tu l'as vécu ?
- Speaker #1
En fait, je pense que mon amour de la scène vient des traumas parce que En fait, on m'a tellement dit de me taire quand j'étais petite que d'être écoutée, c'était un kiff incroyable. Moi, j'étais tout le temps en train d'agiter les bras pour que mes parents me voient. Et c'est pas pour rien que quand j'étais au collège, j'ai écrit un spectacle avec ma prof de français parce que je me disais, waouh, mes parents, ils vont venir me voir au théâtre. Donc, ça veut dire qu'ils vont m'écouter, ils vont me voir. Et pour la blague, mon père n'est pas venu parce que c'était la demi-finale de la Coupe du monde de football. Mais vraiment, c'est-à-dire que je voulais monter sur scène pour qu'on me voit enfin. Et donc en fait, j'ai jamais eu de problème avec la prise de parole parce que pour moi, c'était on va me regarder et on va me considérer. Ce qui, chez moi, était vraiment une denrée rare où les enfants n'avaient pas de... Et en fait, au final, c'était tellement un cadeau, c'était tellement un plaisir. d'être vue, que finalement, évidemment, j'ai eu peur les premières fois, les premières blagues, évidemment, ton cerveau, il sait que t'es en danger, etc., mais ce kiff d'être enfin regardée,
- Speaker #0
c'était hyper important pour toi d'être entendue, et tu étais à fond dans le moment.
- Speaker #1
Ouais, et ça m'a sauvée, ça m'a vraiment sauvée. Mais c'est vrai ce que tu dis, la prise de parole, c'est un super pouvoir. Et effectivement, il y a beaucoup de formations en prise de parole dans les entreprises maintenant, et c'est très bien parce qu'en fait, une fois que tu arrives à prendre la parole publiquement, à trouver ta place et à t'imposer et à te dire en fait, on va m'écouter. Et ils ont raison de m'écouter parce que je m'ai aidé à être écoutée. En fait, ça a ouvert plein de portes dans tous les pans de ta vie, dans ta vie amoureuse, ta vie professionnelle, bien sûr. même vis-à-vis de toi-même. C'est hyper important, oui.
- Speaker #0
Moi, ça me fait penser à la prise de parole sur LinkedIn. J'ai beaucoup de clientes ou de personnes dans mon entourage qui me disent, non mais moi, j'ose pas, j'ai trop peur d'être jugée. Et en réalité, moi, je pousse beaucoup les entrepreneurs, notamment, mais pas que, à tenter l'exercice. Parce que je dis, en fait, vous allez vous rendre compte que, déjà, si vous bidez, par définition, personne ne va le voir, votre poste. Donc, il n'y a pas de problème. Mais en plus... Le fait de faire cet exercice-là, d'écrire ce que vous avez envie de dire, d'ajuster votre message, ça va vous débloquer tellement de choses après dans votre vie. Parce que quand vous allez croiser telle personne, vous allez retrouver un événement, le discours va revenir d'une autre manière. Et en fait, vraiment, je trouve que c'est un exercice hyper intéressant de coucher ces idées et de les exprimer dans différents formats. Je me fais penser à ça, ce que tu viens de dire. Oui, tout à fait.
- Speaker #1
et en plus plus on le fait plus on se rend compte que c'est ça qu'il faut faire pour aller bien je m'explique c'est à dire que en fait quand vous êtes étriqué à toujours avoir peur du regard des autres j'ai la chance d'enseigner le stand up le nombre de fois où mes élèves me disent oui j'ai peur du bide j'ai peur qu'on m'insulte j'ai peur qu'on me juge etc en fait tout ça ça va vous maintenir à une place qui n'est pas forcément la vôtre et ça va vous empêcher de vous réaliser et de vous épanouir de l'instant où vous décidez de vous en foutre alors attention ça prend plusieurs mois parce que pour que le cerveau intègre que c'est sans danger il faut le faire plusieurs fois fois, etc.
- Speaker #0
Et aller piano piano.
- Speaker #1
Ouais, ouais. Mais en fait, d'action en action en action, plus tu te libères, plus ta vie, elle prend une dimension totalement différente. Moi, figure-toi que je me suis forcée, parce que moi je reçois beaucoup d'insultes sur Internet, parce que les gens sont très méchants. Je lis les commentaires. Vraiment, je me force à lire toutes les saloperies. Parce qu'au bout d'un moment, ton cerveau, au début, évidemment, ça le touche, etc. Mais en fait, au bout d'un moment, il y a tellement trop, et pour des raisons tellement sans importance, quoi que tu dises, tu te fais emmerder. qu'en fait, ton cerveau, il intègre que c'est du bullshit, c'est un phénomène social, mais ça ne dit rien de toi. Tu vois, donc ça... Ça ne te touche plus.
- Speaker #0
Il y en a tellement que...
- Speaker #1
Mais ça me fait plus de la peine qu'autre chose. Est-ce que tu te dis, attends, pour qu'Henriette, 85, elle ait cinq minutes dans sa journée pour s'en prendre à moi, mais quelle triste vie elle doit avoir. Franchement, franchement. Et en fait, j'ai aussi une fois, j'ai entendu quelqu'un qui m'a dit, ne demande jamais conseil pour escalader l'Himalaya à quelqu'un qui n'a jamais escaladé l'Himalaya. En fait, moi, les avis qui m'intéressent, c'est les avis de ceux qui m'ont déjà surpassé. Parce qu'eux, ils sont légitimes pour me donner des conseils. C'est aussi pourquoi, dans ma conférence, je cite Machiavel qui dit « Choisis bien ton ennemi parce qu'il indique ta valeur. » C'est-à-dire que si ton ennemi, c'est Michel 85, ça dit que t'es au niveau de Michel 85 sur Facebook. Moi, mon ennemi, c'est pas Michel 85. Mon ennemi, c'est le patriarcat. Parce que le combattre, lui, ça m'aide à m'élever, ça m'aide à me surpasser, ça m'aide à construire une pensée. Qu'est-ce que je vais aller discuter avec Michel 85, me rabaisser à son niveau ? Et je fais le parallèle avec les méchants dans les films. Quand tu penses aux méchants dans les films, les méchants, c'est Dark Vador, c'est Anna Wintour, Enfin, c'est Miranda dans Le Diable, ça vient. bien Prada.
- Speaker #0
C'est le Joker.
- Speaker #1
Tu vois, bordel, t'as vu la gueule des ennemis, quoi. Parce que ce sont ces ennemis-là qui t'aident à te surpasser. Tu vois,
- Speaker #0
ils te donnent du challenge. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Et à chaque fois, je cite le film Gladiateur. Il dit, imagine Maximus, son ennemi, c'est pas commode. Imagine, il décide de s'embrouiller avec le script du marché aux olives. Bah, c'est pas le même film, en fait. Or, sur Facebook, on est sans rien en train de se disputer que le script du marché aux olives. Désolée, mais ton film ça sera pas gladiateur en fait. Ça sera bataille d'olives au marché de Rome. Ça n'a aucun intérêt. Et moi j'ai envie de m'élever par les figures qui m'inspirent, mais aussi par ton ennemi doit être inspirant. Même si tu le détestes. Il doit être inspirant. C'est Hollande qui disait mon ennemi c'est la finance. Bof, mais bon. Mais quelque part il y a l'esprit. Quand il a dit ça il savait que ça allait indiquer sa valeur. Quand il a dit ça.
- Speaker #0
Tu parles beaucoup de l'importance de se libérer du regard des autres.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est quoi tes conseils pour se libérer du regard des autres ?
- Speaker #1
Alors, déjà tout ce que je viens de te dire. Mais déjà, en fait, premier conseil, qui est aussi un petit rappel, c'est qu'à la fin, on meurt. Donc, votre énergie...
- Speaker #0
Comment tu viens de ruiner l'histoire d'un coup, quoi !
- Speaker #1
Il y a peut-être quelque chose après, on ne sait pas. Mais là, dans cette existence-là, elle est finie. A priori,
- Speaker #0
ce qui est sûr, c'est qu'on va mourir.
- Speaker #1
En tout cas, oui. Elvire, elle n'est pas éternelle. Christine, elle n'est pas éternelle. Lou, elle n'est pas éternelle. C'est la stagiaire. En fait, à un moment donné, notre énergie, elle est finie. Fini. On n'aura pas infiniment de temps et on n'aura pas infiniment d'énergie. Donc choisis où tu veux l'investir. Moi, j'ai un temps fini d'énergie dans la journée. Je te le consacre. Je vais le consacrer à ma fille que je vais aller chercher à la garderie tout à l'heure. Est-ce que vraiment je veux consacrer de l'énergie au premier pinpin qui va me dire sur Facebook que je suis moche et que je suis grosse ? Ben non ! Parce qu'en fait, cette énergie-là, j'en ai besoin pour faire du cosycolo avec ma fille, pour lui préparer un repas de qualité. Et mon énergie, mon cerveau, il a besoin de penser à autre chose, à la vidéo que je vais tourner demain, etc.
- Speaker #0
C'est un choix. Choix de priorisation d'énergie.
- Speaker #1
Mais c'est peut-être perturbant. Mettons ça en parallèle. Imaginez, c'est de l'argent. Imagine, t'as 100 000 euros. Et on te dit, il faut donner la moitié à un mec que tu connais pas dans la rue. C'est noble, mais tu vas pas le faire parce que tu dis, bah non, c'est mon argent. Attends, je vais me payer les voyages, je vais m'offrir un sac et tout. Bah en fait, dites-vous que quand vous consacrez votre temps à Michel85, c'est comme si vous lui donniez de l'argent, en fait. Que vous avez durement gagné. Sauf que c'est votre temps, c'est exactement la même chose. Donc ça, première chose. Deuxième chose, ne pas se soucier du regard des autres, c'est un booster de carrière, c'est un booster de vie. Il y a plein de gens qui payent des formations hyper chères pour, et c'est très bien ou pas, pour la prise de parole, pour j'en sais rien, toutes les formations qui existent en ce moment, et ils disent bah ouais mais je mets 10 000 euros sur cette formation là et c'est un investissement. Très bien, et bah de la même façon, dis-toi que te fous. foutre du regard des autres, c'est un investissement. Parce qu'en fait, plus tu vas te foutre du regard des autres, plus tu vas te faire confiance à toi. Parce que tu vas te dire, en fait, le seul avis qui importe, c'est ceux de mes proches, des gens dont j'ai confiance, c'est les gens qui sont au-dessus de moi, qui ont mieux réussi que moi, etc. Parce qu'effectivement, ils ont une expertise que moi je n'ai pas, donc humblement, j'ai besoin d'eux. Mais c'est surtout, tu vas te dire, en fait, je suis assez, quoi. Je suis assez, je n'ai pas à, sans arrêt, être... comment dirais-je, soumis au jugement des uns et des autres. D'autant que ça n'a factuellement aucune valeur. Je fais un exercice avec mes élèves en cours, on prend n'importe quel objet. Par exemple, je ne sais pas, on va prendre cette tasse, par exemple. Si je te dis, Elvire, critique-moi cette tasse. Dis-moi un truc que tu n'aimes pas chez cette tasse.
- Speaker #0
La photo fait moche. Elle n'est pas bien centrée.
- Speaker #1
Ben voilà, très bien. t'as trouvé quelque chose à dire sur cette tasse moi qui l'ai dessiné mais c'est pas grave bon alors on va passer là dessus mais ce que je veux dire c'est que quand tu décides de critiquer tu trouveras toujours et dis toi que ça marche avec j'ai fait cet exercice des centaines de fois dans plein de contextes différents c'est très juste ce que tu dis on trouvera toujours quelque chose à critiquer dis toi que ces gens qui critiquent sur internet ils sont en mode chercher ce qui va pas pour se rassurer eux même ça n'a aucune valeur donc mes deux conseils c'est ça c'est un investissement de temps et d'énergie de ne pas écouter de... le jugement des autres. Et surtout, vis-à-vis de soi, ça nous fait penser plus vite, on devient plus confiant, donc on a plus d'idées et donc on avance plus vite. Donc, donne-moi...
- Speaker #0
D'autocensure, en fait.
- Speaker #1
Mais oui, parce qu'en fait, le message que tu envoies à ton cerveau, c'est je me fais confiance. Tu vois, je vais pas à chaque fois être déséquilibrée émotionnellement par la vie des uns et des autres, tu vois, ça paye cash. Et une fois que tu te rends compte que ta vie, elle est beaucoup plus sympathique quand tu vis comme ça, ben en fait tu ne peux plus faire machine à rien, tu ne peux plus faire machine à rien, ce n'est pas possible. Et en plus, les bénéfices sont infinis parce que tu prends du recul sur les conflits, tu te jettes pas bec et ongles dans les conflits, tu réfléchis, tu essaies d'avoir une vision d'ensemble. Parce qu'en fait, t'as plus envie d'être aimé ou de te soucier de ce que pense Pierre-Paul Jacques. Donc en fait, t'essaies de construire une réflexion, de dire attends, qu'est-ce qui est aligné avec mes valeurs ? Qu'est-ce que je pense vraiment ? Comment je voudrais que la situation évolue ? Tu vois, t'es moins fleur de peau parce qu'il n'y a plus d'enjeu d'être aimé. Tu vois, il y a juste enjeu d'être libre, aligné, d'aller vers les objectifs que tu t'es fixé.
- Speaker #0
C'est intéressant ce que tu dis. Ce que tu dis, en même temps, du coup, je vois une ambiguïté là. Tu disais, par exemple, l'avis, l'opinion qui m'a importé, c'est celle de mon boss ou de ceux qui, dans l'entreprise, sont allés un petit peu plus loin.
- Speaker #1
C'est toi qui projettes le milieu de l'entreprise.
- Speaker #0
Je fais justement le parallèle avec le milieu de l'entreprise. Et je repense à tes expériences où tu m'as dit, justement, au début, on m'embauchait parce que j'avais de l'audace et progressivement... Je perdais un petit peu ce edge parce que je voulais tellement être aimée que je rentrais dans un moule. Alors comment est-ce que, selon toi, c'est quoi la clé pour réussir à garder cet edge, garder cette audace, garder ce côté ? Justement, tu as cette singularité. On est très bien chez mon ancien employeur. Comment garder cette singularité ? Et en même temps, ne pas être complètement une tête brûlée qui n'écoute rien des conseils de ceux qui savent.
- Speaker #1
Comme je dis tout le temps, il n'y a pas d'équilibre parfait, il n'y a qu'un éternel rééquilibrage. En fait, il y a une différence entre écouter, lire tout ce qui est dit sous ta vidéo et faire en sorte de travailler dans un environnement... comment sain, pragmatique, lucide et pertinent. C'est-à-dire qu'évidemment, oui, je ne vais pas prendre au premier degré tous les commentaires qui sont sous une vidéo, parce que sinon, je n'ai pas fini. Mais à côté de ça, quand je suis en réunion, je sais me tenir. Je sais qu'il y a des règles sociales. Bien sûr. Et puis surtout, ce n'est pas pareil. La vie sociale de Visu n'est pas la même que la vie sociale sur les réseaux. Et après, tu parles du milieu de l'entreprise que je connais moi en tant que conférencière, mais pas en tant que salariée. Il y a le boss toxique, il y a le boss qui est au contraire hyper galvanisant, hyper pertinent. Et je pense que justement, d'arriver à se détacher de cette envie d'être aimée, tu arrives à prendre du recul sur le boss toxique, à te dire que le problème, ce n'est pas moi, c'est lui. De toute évidence, il est passif-agressif. De toute évidence, il n'a pas tout réglé. De toute évidence, ses parents lui ont jamais dit je t'aime. Très bien. Mais en fait, tu ne t'identifies plus à ça. Ce n'est plus ton problème.
- Speaker #0
J'entends bien et je suis d'accord avec le fait de ne pas tout mélanger. Mais je me pose quand même cette question de comment ne pas tomber dans le syndrome de la bonne élève quand on a justement cette envie de plaire à la hiérarchie parce qu'il y a cette idée de c'est comme ça qu'on va progresser. Et garder cette audace. Tu vois, parce que... Est-ce que se libérer complètement du regard des autres, est-ce que c'est vraiment possible pour les quatre hommes ?
- Speaker #1
Moi, je dirais, il ne faut pas se poser la question de comment je peux plaire à l'entreprise, mais plutôt se poser la question de qu'est-ce que je peux apporter à l'entreprise. Et je pense que, tu vois, ça, je peux... Par exemple, quand j'étais sur RTL, au lieu de me poser la question comment je peux plaire aux gens de RTL, j'aurais dû me poser la question qu'est-ce que je peux apporter à RTL. C'est-à-dire ? Comment je peux mettre à profit mes compétences pour qu'il y ait plus d'audience, pour qu'on ne zappe pas sur ma chronique, pour créer de la nouveauté, pour me réinventer, etc. Au lieu de ça, je voulais faire plaisir, donc je n'allais pas faire des blagues sur certains sujets et tout, alors que fatalement, c'est ça qui aurait fait que... on a envie de m'écouter. Et je pense qu'il faut réussir à se dire... Tu vois, je reprends l'exemple du Diable s'habille en Prada, le 1. Tu vois qu'Anna Taoué, à un moment donné, dans la première partie du film, elle veut faire plaisir à Miranda. C'est-à-dire, oui, Miranda, bien sûr, bien sûr. Et en fait, après, elle comprend que ce qu'il faut pour Vogue, c'est d'incarner Vogue, c'est d'être Vogue, c'est de voir... d'avoir trois coups d'avance sur le lectorat, etc. Et là, il y a un switch. Elle comprend qu'en fait, elle n'est pas là pour faire plaisir à Miranda. Elle est là pour incarner une marque de prestige. Et je pense qu'elle est là, la différence. Il ne faut pas faire plaisir à Miranda. plaisir à l'individu, faire paillasson devant l'individu, mais c'est dire, voilà, en fait, comment mes compétences peuvent rencontrer les gens qui ont acheté ces compétences. C'est remettre aussi l'ego à la bonne place, parce que quand on a envie d'être aimé, on est là pour combler un manque, en fait. On est là pour réparer quelque chose. Et il ne peut rien ressortir de bon, de ça. Or, quand tu es recruté et tu dis, voilà, ils m'ont recruté, je suis cette personne, je me connais, comment je peux faire en sorte que mes super-pouvoirs, mes compétences puissent servir la marque et d'avoir ce qu'on appelle dans la culture d'entreprise une vision commune. Le but c'est quoi ? C'est de vendre des magazines, le but c'est de servir une marque, le but c'est... Toi t'as été chez Hermès donc vraiment faire en sorte d'être à la hauteur de cette maison prestigieuse qu'est Hermès. C'est pas moi, moi, moi, comment je peux faire pour que... Le boss me donne un super bonus.
- Speaker #0
Non, ce n'est pas ça !
- Speaker #1
Voilà, non, non. En fait, c'est comprendre qu'on est là pour quelque chose de plus grand que soi. Tu vois, je pense que c'est ça.
- Speaker #0
Servir le collectif grâce à sa propre valeur ajoutée.
- Speaker #1
Oui, et en se respectant quand même.
- Speaker #0
En étant toujours alignée avec ses valeurs.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Oui, je ne sais pas si je suis très claire. J'essaye là d'adapter à la culture d'entreprise, sachant que moi, je suis une mercenaire. Je travaille seule, je suis très indépendante. Mais voilà, en tout cas, c'est comme ça. Moi, j'ai l'impression parfois de diriger un média avec mes réseaux sociaux. Mais en fait, je me dis, en fait, il y a deux types de contenus sur les réseaux sociaux. Soit tu donnes, soit tu prends. Quand tu postes des vidéos de tes vacances, une belle photo de toi et tout, c'est complètement ok. Mais tu prends, tu prends de l'empathie, tu prends de la validation, tu prends des compliments, etc. Or, à un moment donné, ton réseau social, il ne peut pas décoller si tu ne donnes pas. Si tu donnes du travail, de la créativité, des tips... des clés, une expertise une expérience pour ceux qui font du contenu voyage qu'est-ce que je peux apporter au monde plutôt que qu'est-ce que le monde peut me donner et je pense que c'est ça sortir du aimer moi qui peut être fatal à une carrière je sais pas si je suis très claire si si,
- Speaker #0
j'aime bien cette perspective Je surveille l'heure et en même temps, il y a un sujet que... Elle n'est pas là, elle est là, mais je l'ai dans ma tête. L'idée n'était pas de faire tout le podcast sur ce sujet. Et en même temps, c'est un sujet que je trouve important. J'aime la manière dont tu en parles. C'est le fait que tu as été toi-même victime de violences. des tombes plus jeune âge, de violences sexuelles, de tes quatre. T'as vu, j'ai eu du mal à dire le mot.
- Speaker #1
Oui, c'est à moi d'aider les gens de mettre le sujet à table. Oui, j'ai été agressée sexuellement de mes quatre à mes quatorze ans. Et oui, j'ai décidé d'en parler sur les réseaux sociaux parce que c'est le moment, parce que j'ai la chance d'évoluer dans une époque qui écoute de plus en plus. Cette époque d'après MeToo, elle n'est pas parfaite, mais elle est quand même plus agréable que celle que j'ai pu connaître moi avant. Et donc, je me suis rendue compte que j'avais un vécu et que je m'en étais sortie. J'ai porté plainte contre mon agresseur il y a deux ans. J'ai la joie immense d'avoir une famille qui est dans le déni le plus total. Pourquoi je dis que c'est une chance ? Parce que je m'en remets et que donc je peux aider les gens à s'en remettre aussi. Et Dieu sait ce que... Quand je dis Dieu sait, je ne crois pas en Dieu, mais je ne sais pas pourquoi je dis ça. Mais il y a beaucoup de gens qui sont dans la même situation que moi et qui sont au fond du trou. Et je me rends compte que... Moi, j'ai la chance de m'en être sortie. Attention, ça a pris 15 ans. Mais j'ai la chance de m'en être sortie, j'ai la chance d'avoir une audience. Donc ce serait vraiment dommage de ne pas me servir de tout ça pour essayer de bouger les lignes.
- Speaker #0
Et justement, comment est-ce que tu veux bouger les lignes ?
- Speaker #1
Déjà, je documente tout mon parcours. Au début, j'en ai parlé très timidement dans mes livres et puis bon, je vois que ça ne pique pas. Donc je continue, j'avance et là, je documente vraiment mon parcours. Donc j'ai documenté ma plainte. Donc quand j'ai documenté... Documenter, ça veut dire faire des vidéos, en parler. Donc, j'ai porté plainte il y a deux ans et ma famille a été entendue par la police. Mon père a choisi, plutôt que de reconnaître ce que j'avais vécu, parce que quand je lui ai dit ce que j'avais vécu, il m'a dit que ce n'était pas grave. Et donc, il a été... entendu par la police et donc il a eu le loisir d'avoir accès à tous les détails de ce que j'avais subi et là j'avais bon espoir qu'il ouvre les yeux et qu'il se dise c'est atroce ce que ma fille a vécu, moi j'ai même pas été là pour la protéger, j'ai pas du tout validé la gravité de ce qu'elle a vécu, c'était un peu ça que j'espérais et pas du tout en fait mon père a cru que mon père voulait gagner le rapport de force, tout simplement et donc il a décidé de faire appel à un avocat pour m'obliger à lui présenter ma fille donc là au moment où je vous parle j'attends ma convocation devant le juge Ça veut dire que je vais devoir donner de l'argent à un avocat pour que ma fille soit protégée d'une famille toxique et d'une famille qui ne veut pas reconnaître la gravité de l'inceste. Et en fait, tout ça, je le documente sur les réseaux, je fais des vidéos au fur et à mesure que les choses me tombent dessus. Alors je risque grandement un procès pour défaut, quoique non, apparemment. Je ne risque pas grand-chose puisque je ne cite personne, mais ce que je veux dire c'est que je le fais parce que je sais qu'il y a beaucoup de femmes et d'hommes dans ce cas-là aujourd'hui et si je peux leur donner un peu de force... qui me voient la tête haute devant ma caméra, parfois même j'arrive à faire des blagues là-dessus, et qui voient que je ne suis pas effondrée, et qu'on s'en remet, et que ce qu'ils ont vécu est grave, et que c'est eux qui ont raison, et pas une famille qui est totalement dans le déni, et qui se protège comme elle peut avec les mensonges qu'ils ont construits, et l'espèce de légende familiale selon laquelle c'est tout le problème. En fait, je veux leur faire comprendre qu'on est beaucoup, et que moi je m'en suis sortie, et que donc si je m'en suis sortie, ils peuvent aussi s'en sortir. Voilà, c'est ma pierre à l'édifice.
- Speaker #0
Un message d'espoir fort, la preuve aussi qu'il y a un après, en tout cas il y a une possibilité d'aller mieux et aussi ce que j'entends c'est le besoin de verbaliser le fait que oui c'est grave ce qu'ils ont vécu et de se sentir légitime dans cette douleur.
- Speaker #1
C'est très important parce qu'en fait, quand vous allez dire à votre famille que vous avez été incesté, en fait, le réflexe qu'ils vont avoir, c'est de dire que ce n'est pas grave parce que ça les arrange. Ou que ce n'est pas grave, ou de minimiser, ou de faire comme si ça n'existait pas, etc.
- Speaker #0
Faire le sujet.
- Speaker #1
Voilà. Et là, la tentation qu'on a, et je suis passée par là, c'est d'y croire à ça. Que ce n'est pas grave parce que ça nous arrange bien aussi. Au début, on se dit, en fait, je vais les croire que ce n'est pas grave parce que c'est très dur de l'affronter. C'est très dur d'analyser ce qui s'est passé. Donc, je vais suivre leur déni. Et on va faire comme si de rien n'était. Sauf que c'est vous la victime. Et votre cerveau, il le sait que c'est vous la victime. Il ne va pas vous laisser tranquille comme ça. Il va y avoir des flashs, vous allez avoir beaucoup de mal, il peut y avoir des problèmes dans votre sexualité. Et puis surtout, vous ne validez pas la gravité de ce que vous avez subi. Donc, pour vous, vous intégrez que c'est complètement ok de vous faire du mal. Donc, comme vous intégrez que c'est complètement ok de vous faire du mal, vous allez vous laisser maltraiter en entreprise ou quoi d'autre. Le fait que j'ai été incestée, que mes parents ont fait comme si de rien n'était et qu'ils ont protégé mon agresseur, ça a fait que dans ma vie professionnelle, j'ai rencontré des agresseurs. Notamment, j'ai travaillé avec Yacine Bellatar. J'ai parlé de lui à l'Assemblée nationale. D'ailleurs, merci Sandrine Rousseau pour cette commission. En fait, quand Yacine Bellatar a commencé à me violenter dans les bureaux, j'ai subi et j'ai travaillé avec lui pendant deux ans, parce qu'en fait, j'avais grandi dans une famille qui m'avait fait comprendre que c'était normal. Et moi, je me disais, ah bah ok, donc quand t'es une femme, c'est ok, les hommes te violentent et il faut subir, en fait. Et bien, en fait, tu deviens cette personne.
- Speaker #0
Le curseur est vraiment pas au bon niveau sur ces tolérables...
- Speaker #1
C'est ça. Et en fait, mon déclic, ça a été la naissance de ma fille, parce que j'ai réalisé que si on lui faisait du mal, je pense que je pourrais tuer, vraiment. Je pourrais faire des dingueries. Et donc, on se pose la question, mais pourquoi moi, on n'a pas fait de dingueries pour moi, pour me protéger ? Et là, il faut choisir de se protéger soi-même. Et porter plainte a été la plus merveilleuse décision de toute ma vie. Parce que là, non seulement j'ai validé la gravité, j'ai réécrit l'histoire, j'ai réécrit un nouveau chapitre. J'ai fait ce qu'il fallait pour me... pour me rendre justice. Et là, vraiment, les lettres d'avocat de mon père, c'est drôle parce que je ne pensais pas, je savais que mon père était narcissique, vraiment, qui voulait gagner cette espèce de, ce qu'il croit être un rapport de force, mais qui pour moi est juste le chemin de la guérison. Je savais qu'il voulait gagner une espèce de partie d'échec qu'il a inventée tout seul, où il doit avoir raison à tout prix, mais je ne pensais pas qu'il était capable d'aller jusque-là, de payer un avocat. pour me traîner de moi devant un juge alors que c'est moi la victime. Et en fait, je pense qu'il m'a fait un merveilleux cadeau parce qu'en fait, on m'a souvent dit « Oui, mais quand ton père, il mourra, tu seras triste quand même. » Et je disais, en fait, la vérité, c'est que je n'en sais rien. Je ne sais pas quelle réaction je vais avoir quand on va m'annoncer la mort de mon père. Et là,
- Speaker #0
quand j'ai reçu le lettre d'avocat,
- Speaker #1
je me suis dit « Ah, mais tu sais quoi ? C'est bon, j'ai la réponse. » Vraiment, quand il va décéder, je vais avoir un...
- Speaker #0
Il a dépassé les bornes.
- Speaker #1
Ah oui, je vais me dire, mais en fait, parce que là, les gens qui nous écoutent vont se dire Oui, c'est le... Pauvre papa qui fait ce qu'il peut et tout. Si vous saviez, il m'a envoyé une lettre de menace quand j'étais à la maternité. Il était tellement en colère de ne pas être inclus, qu'on ne le prévienne pas qu'il était grand-père, etc. Le premier réflexe qu'il a eu, c'est de m'écrire pour me menacer de me traîner en justice parce que dans mon roman, il y avait un personnage qui lui ressemblait. À aucun moment, il parle de ma fille qui vient de naître dans le mail, alors qu'il est parfaitement au courant. J'ai eu chantage à l'héritage. Il m'a fait croire qu'il allait mourir. Enfin, vraiment, il a écrit aux grands-parents. paternelle de ma fille pour dire que c'était lui la victime. Si vous saviez ces 50 nuances de perversion, il ne sait plus sur quel levier tirer pour me faire chier. Donc quand j'ai reçu l'aide d'avocat, j'ai fait mais sérieusement, parce que rendez-vous compte que c'est plus facile pour lui de faire tout ça que de me présenter des excuses.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
C'est quand même fou. C'est quand même dingue d'avoir continué à fréquenter mon agresseur en toute connaissance de cause. Et sans réagir et sans essayer de... Enfin bref, on en est là quoi. Et donc... Tout ça, je le raconte vraiment tel que je vous le raconte en ce moment même, parce que je veux sortir aussi de cette culture de « il ne faut pas faire d'histoire » , « vivons heureux, vivons cachés » , « c'est mal de laver » , « minimisons, c'est mal de laver son linge sale en public » , ça aussi, on a grandi là-dedans. Je veux faire tomber ce tabou-là et dire « moi, vous savez quoi ? Moi, je vais laver mon linge sale en public, parce que comme ça, tous les gens, ils vont avoir envie que ça soit propre chez eux. » C'est ça que je me dis. Et il n'y a aucun mal à ça, en fait, parce que plus on va en parler, plus ce sera normal d'en parler. Et j'espère bien que les familles où il se passe ça, et Dieu sait qu'elles sont nombreuses, ils tombent sur mes vidéos et ils flippent. Ils disent, ah bon, ça c'est pas normal. Ah ok, c'est pas normal.
- Speaker #0
Et c'est ça justement finalement qui est le plus important dans tout ça, c'est de remettre le curseur sur ce qui est normal et pas normal. Exactement. Il y a tellement de personnes qui ont agressé en toute impunité. Alors peut-être parce qu'eux-mêmes avaient été agressés. On ne sait pas. Mais il y a un moment, il faut arrêter la boucle. Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Le cycle infernal, il faut l'arrêter. Ce type de comportement n'est pas acceptable et ce n'est pas les victimes qui doivent justement être dans le silence et punies comme ça.
- Speaker #1
Et là, clairement, on essaie de m'intimider.
- Speaker #0
Bien sûr, de manière assez évidente. Mais en même temps, vu ta carrière, ta valeur ajoutée, c'est dingue tout ce qui t'offre en fait comme matière.
- Speaker #1
Ah oui, c'est vrai. On peut voir ça comme des cadeaux.
- Speaker #0
C'est un cadeau de matière pour un prochain livre, une future pièce de théâtre. Oui,
- Speaker #1
moi j'en ferai forcément quelque chose. J'attends que ça passe. La priorité c'est de protéger ma fille.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Elle a quel âge ? Elle a 8 ans. Ok,
- Speaker #0
ça fait très longtemps qu'elle fait bien quand même.
- Speaker #1
Ouais, Mais bon, on fait ça bien. Elle a une pédopsychiatre, donc on peut parler de ça avec une professionnelle. Tu lui as tout dit,
- Speaker #0
excuse-moi. Ouais, on lui a tout dit.
- Speaker #1
Je le dis parce que ça peut donner des bonnes idées. En fait, la pédopsychiatre lui a expliqué ce que j'avais vécu avec des mots de pédopsychiatre. Elle avait 6 ans et demi à l'époque, elle a très bien compris. Elle a très bien compris et là, on pourrait se poser la question de pourquoi je ne veux pas qu'elle rencontre mon père. Mais en fait, je sais de quoi il est capable. Et je sais comment il peut être... Vous savez, dire une petite phrase tellement rabaissante, tellement mesquine qu'elle sera marquée à vie. Je veux la protéger de ça
- Speaker #0
Après tout Moi je suis assez hallucinée J'hallucine que On puisse te poursuivre Pour ça
- Speaker #1
La loi française protège ça Il y a une association qui s'appelle La Dérive Qui essaye d'abroger cette loi Mais c'est depuis le début des années 80 Les grands-parents ont le droit de rencontrer Leurs petits-enfants Et en fait c'est à nous De devoir prouver pourquoi c'est pas ok Plutôt que l'inverse, à eux de prouver qu'ils sont en droit de... C'est très mal foutu.
- Speaker #0
Incroyable. En tout cas, bravo. Parce que même si tu fais ça avec une énergie très solaire et une vraie envie de faire bouger ces lignes, j'imagine déjà à quel point ça t'a coûté d'arriver jusque-là. Et que ce n'est pas forcément encore tous les jours facile. Et je trouve que tout ce qui fait, encore une fois, changer la honte de camp, est une grande avancée pour les femmes et pour la protection des enfants. Donc bravo.
- Speaker #1
C'est pour ça que je parle à bâton rompu. Je sais, peut-être arrivé chez moi, je vais te dire, je regrette, j'aurais peut-être pas dû dire ça comme ça. Mais tu sais quoi, à un moment, merde en fait. Tu vois, moi j'y vais vraiment avec ma maladie. l'adresse ou quoi que. Non, j'y vais avec tous mes mots. J'y vais avec mon énergie du moment, là où on se parle. Et puis bon, les gens comprennent, les gens sont intelligents. Et je veux juste faire tomber les tabous comme je peux, avec ce que j'ai. Et voilà. Et on verra bien.
- Speaker #0
Moi, je trouve que tu le fais très bien. On arrive à la fin de ce podcast. J'ai trois dernières questions mutuelles.
- Speaker #1
D'accord, ok. Super.
- Speaker #0
Ça va ? On est dans le temps ?
- Speaker #1
Oui, ça va. Tout va bien pour moi.
- Speaker #0
Que ta fille, on n'appelle pas les gendarmes. Tout va bien. Alors la première question, c'est je t'offre un panneau publicitaire dans la ville de ton choix. Tu peux y afficher ce que tu veux, c'est ton message au monde. Qu'est-ce que tu as envie d'y mettre ?
- Speaker #1
Waouh ! Ce ne serait pas mon message au monde puisque ce serait dans une ville. En particulier, donc ce serait un message pour les gens qui habitent sur place.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et bien ce serait dans mon village d'enfance qui s'appelle Le Conquet, qui est probablement la meilleure chose qui me soit arrivée à cette période-là, puisque... Les plages m'ont sauvée. Le paysage m'a sauvée. L'iode m'a sauvée. Donc, ce serait un peu égoïste. Mais ce serait un panneau publicitaire pour dire, je reviendrai. Parce qu'en fait, je... je pense que en fait il faut aller dans les endroits où on est soi où on est aligné avec nous même et moi j'étais alignée au conquêt, je sais que c'est là que je finirais ma vie, voilà mais du coup c'est peut-être pas ça que tu voulais, tu voulais peut-être un truc genre Carpe Diem à New York non ?
- Speaker #0
Non, j'aime beaucoup je reviendrai avec cette image parce que revenir au conquêt c'est revenir à moi,
- Speaker #1
donc c'est peut-être pas un message au monde mais c'est un message à moi,
- Speaker #0
allez je suis étonnée Merci. Parce que si je ne me trompe pas, c'est aussi un endroit où tu as vécu tes...
- Speaker #1
Oui, c'est là que j'ai été incestée. Oui, oui, tout à fait.
- Speaker #0
Et du coup, c'est à la fois l'endroit qui a cette empreinte émotionnelle très positive, alors que c'est le berceau de tes traumas.
- Speaker #1
Oui, je me suis beaucoup posé la question parce que mon rêve, c'était de racheter la maison de mon enfance. Et c'est la maison où j'ai été incestée. Et en fait, je pense que c'était un moment de ma vie où j'étais 100% moi. C'était juste avant que... Que la réalité, que la séparation de mes parents, après ma mère est partie en vrille totale, je veux dire là c'était la version la plus pure de moi-même. Et cette version-là me manque parfois et je pense aussi, tu sais quoi, c'est la petite fille que j'ai envie de retourner protéger. Tu vois, et de réécrire un peu l'histoire aussi là-bas. Tu vois, c'est bête, mais il y avait cet arbre. Il a été abattu. Je suis allée voir sur... Oui, j'espionne mon ancienne maison sur Google Street. Mais qui ne fait pas ça avec Google ? Et en fait, j'avais un arbre où je montais en haut de cet arbre. Et en fait, maintenant, je le sais, je faisais de la méditation. J'avais 5, 6, 7 ans et je restais... très longtemps au-delà de l'arbre. Et je regardais le ciel et je voyais un monde de tous les possibles. Et j'avais encore confiance en moi. Et je croyais en tout. Je croyais aux fées, je croyais aux licornes. Et en fait, cette petite fille-là, elle aurait mérité tellement mieux. Elle aurait mérité qu'on la protège. Elle aurait mérité qu'on prenne soin d'elle. Elle aurait mérité qu'on la nourrisse mieux. Puisque à un moment donné, ma mère, elle nous a carrément... Elle a carrément arrêté de nous faire la cuisine. Elle aurait mérité des vêtements propres. Elle aurait mérité tellement plus de choses. Et je pense que vouloir retourner au conquêt, c'est retourner prendre en main cet enfant. Je pense qu'il y a quelque chose de très psychanalytique. Parce qu'à mon avis, si vraiment je rachetais cette maison, je me retrouverais là-bas. Je dirais, non, en fait, c'était totalement symbolique. C'était totalement psychanalytique. En fait, ça n'a aucun sens.
- Speaker #0
Je l'ai démoli. J'ai cru que j'allais le recréer.
- Speaker #1
Non, sûrement pas. Mais ouais, en fait, c'est l'insouciance que j'ai oubliée en haut de cet arbre. Et c'est cette insouciance que je peine à retrouver tous les jours. Et mon insouciance est encore au conquet, voilà.
- Speaker #0
La prochaine question du coup va être... C'est la question rituelle, mais bon là elle est... Allez, d'accord, vas-y,
- Speaker #1
balance, balance.
- Speaker #0
Tu te retrouves face à toi quand tu avais 10 ans. Qu'est-ce que tu veux dire à la petite fille que t'étais quand tu avais 10 ans ?
- Speaker #1
C'est horrible, je vais lui dire, t'inquiète, on se vengera. Je pense qu'elle avait beau être naïve, elle avait beau être insouciante, c'était aussi ça qu'elle avait envie d'entendre. C'est marrant, je me suis souvent fait la réflexion de le soir où mon père m'a dit que ce que j'avais vécu c'était pas grave, j'avais 21 ans, et je me rappelle être montée dans ma chambre ce soir-là, et je regarde le plafond, et j'ai bugué totalement, vraiment une dissociation, c'est-à-dire, mais en fait mon père... père ne me protège pas en fait. C'est-à-dire que le père dont j'aurais tellement voulu qu'il soit juste fier de moi, qu'il m'aime et tout, là il ne me protège pas en fait. Et très souvent je fais des exercices de méditation et je retourne voir cette Christine dans cette chambre et lui dire en fait, ce que tu viens de vivre n'est absolument pas normal et on va passer notre existence à réparer ce moment. Et t'inquiète pas, on va y arriver. Et on va aider les gens qui vivent la même chose à le réparer aussi. Parce qu'en fait, ce que j'ai vécu ce soir-là n'avait aucun sens et depuis 23 ans, j'y mets du sens. et maintenant tout fait sens et c'est de dire vraiment à ces deux personnes là celle de 10 ans et celle de 21 ans vous inquiétez pas ça fera sens vous inquiétez pas on va transformer tout ça en super pouvoir ouais dernière
- Speaker #0
question si tu n'avais pas peur d'échouer alors même si l'échec ne semble pas te faire trop peur mais si tu n'avais pas peur d'échouer si la réussite était garantie Quel projet tu lancerais dès demain ?
- Speaker #1
Alors, je vais avoir une réponse tellement insupportable et tellement... Mais je n'ai pas peur d'échouer, Lévière. En fait, je n'ai plus peur d'échouer. Et en fait, tout ce que j'ai envie de faire, là, je suis en train de le faire en ce moment même.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc vraiment, je n'ai absolument pas peur d'échouer parce que j'aime échouer. Parce que toutes les fois où j'ai échoué, j'y ai trouvé vraiment un trésor. J'adore l'échec. Parce que vraiment là vous payez des formations à 2000-3000 balles, la meilleure des formations c'est de se planter et c'est gratuit.
- Speaker #0
Ah il y en a qui diraient que ça leur a coûté cher d'échouer, franchement.
- Speaker #1
Non vraiment on est ok avec l'échec, je t'aurais pas répondu ça il y a quelques années mais là vraiment...
- Speaker #0
Alors peut-être que c'est pas la peur d'échouer mais j'adore ta réponse, évidemment j'adore ta réponse. Est-ce qu'il y a quelque chose ? Ou parce que ce n'est pas la priorité ? Parce que financièrement, ce n'est pas le bon moment ? Ah oui, financièrement, oui. Le projet complètement fou qu'on balance dans l'univers aujourd'hui pour que dans quelques années...
- Speaker #1
Ce qui se réalise pour toi ? En fait, je suis une grande fan des voyages. Tu me parles de finances, tout ce qui m'empêche de ne pas être au fin fond de l'Australie, là tout de suite c'est l'argent. Sinon je ne serais pas là avec toi Elvire, je serais ailleurs dans le monde. Ce que je voudrais, là, et je suis en train de le mettre en place, j'adore les voyages, j'adore la liberté, j'adore transmettre. Le but, là j'ai eu la chance de faire énormément de tournées avec mes spectacles, maintenant je voudrais faire énormément de tournées avec mes conférences, et avec ma fille sous le bras, puisque je pars toujours avec ma fille sous le bras. J'ai pas peur d'échouer, c'est ce que j'essaye de mettre en place en ce moment, et à terme c'est comme ça que je pense que c'est ça ma future vie.
- Speaker #0
canon, trop bien merci beaucoup avec plaisir,
- Speaker #1
merci nous avons le loup à la technique nous l'applaudissons, pardon,
- Speaker #0
des formations professionnelles merci pour ce moment merci à vous d'avoir écouté cet épisode ou regardé sur Youtube jusqu'au bout si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à lui mettre 5 étoiles moi aussi j'ai un podcast vas-y et du coup allez suivre aussi ton podcast qui s'appelle Gamberge qui est disponible sur toutes les plateformes voilà
- Speaker #1
Et mettez aussi un petit commentaire gentil parce que ça fera plaisir à Elvie. Parce que des étoiles c'est bien, mais quelque chose de personnalisé c'est encore mieux.
- Speaker #0
Très bien. Et puis si vous vous dites des trucs pas sympas, soyez nombreux à dire des trucs pas sympas. Comme ça, ça ne me fera plus rien. Voilà. C'est ça, hein ?
- Speaker #1
Bravo, tu as bien compris. Ouais, mais quand même, sur les podcasts, ça fait baisser la note, donc c'est un peu dommage. Sur Facebook, il faut insulter les gens, parce que ça n'a aucune conséquence algorithmique. Au contraire, ça relance les vidéos. Trop bien.
- Speaker #0
Voilà, s'il vous plaît, insultez-moi sur Facebook, je n'y suis jamais, donc n'hésitez pas.
- Speaker #1
Faites-vous plaisir.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Avec plaisir. Et donc j'ai fait un tweet. Et là, le parisien... Le parisien BFM souvent m'appelle. Je crois que j'ai fait une énorme connerie. Et puis au final, j'ai fait exactement ce qu'il fallait faire. Et ce qui m'a un peu triste, c'est que tout le monde s'est dit qu'ils étaient d'extrême droite, qu'on allait boycotter. Et puis ils ont été boycottés deux jours. Et puis après...
- Speaker #0
Et puis c'est reparti. On oublie trop. Ah oui. Je prends des photos. Ouais. On recommence. Ouais.
- Speaker #2
Tu veux que je prenne mon téléphone ?
- Speaker #0
Vas-y. Vas-y, vas-y. Et on en fera une, toutes les deux, debout à la fin. Oui. Merci ! Quand j'ai rencontré Lou, elle avait les cheveux rose fluo.
- Speaker #1
Oui, c'est ce que je me disais, ça se voyait que tu étais sûre. Et là, t'as décoloré ? J'ai juste laissé couler,
- Speaker #2
parce que j'ai rencontré une fille sur Facebook qui cherche des modèles pour faire de la coloration. Flasheem est gratuit sur Paris du coup j'ai rendez-vous le 12 Ah génial !
- Speaker #1
Ah trop bien tu m'as pas dit !
- Speaker #2
Ah je pensais mais il y a quoi il y a 2-3 mois et sauf que à chaque fois on avait nos plans qui font que pas forcément faisables donc là le 12 j'y vais et elle m'a dit mais fais-toi plaise.
- Speaker #1
Tu vas refaire rose ou tu sais pas ?
- Speaker #2
Elle m'a dit de m'amuser donc je pense que je vais partir sur un truc genre unique puis du multicolore je sais pas je vais envoyer l'inspiration et un word génial ! Mais ouais, c'est pour ça que là, du coup, je ne retouche pas. Sinon,
- Speaker #0
je vais retoucher entre les deux. Ouais, parce que je t'ai quand même recrutée parce que tu avais les cheveux roses. Et là, ça devient limite motif de licenciement que tu n'aies plus les cheveux roses. Enfin, tu vois, c'est un peu abusé, quoi.
- Speaker #1
Et toi, tu ressembles à l'actrice qui fait la copine de mercredi dans Mercredi. Tu ne trouves pas ? on te l'a déjà dit ou pas ?
- Speaker #2
mais en fait je sais pas si c'est les cheveux, le look ou si c'est vraiment un peu tout il va falloir du temps quand on me dit ouais tu ressembles à quelqu'un c'est parce que la personne a juste des cheveux colorés je viens mais je suis pas trop convaincue du coup même c'est la vibe aussi trop drôle merci à toi d'être resté jusqu'au bout j'espère que cet épisode t'aura plu intrigué,
- Speaker #0
inspiré et n'hésite pas à le partager ainsi que de laisser une évaluation, un commentaire. Ça aidera énormément le podcast à être plus diffusé. Merci et à très bientôt sur The Patron Podcast.