- Speaker #0
Bienvenue chez The Patron, le podcast qui démystifie la réussite. Ici, le syndrome de l'imposteur se transforme en courage et la chance se provoque. Je suis Elvire, coach en leadership, je suis ravie de t'avoir parmi nous. N'hésite pas à liker et partager et enjoy. Aujourd'hui sur The Patron, j'accueille Daphné Moreau et nous sommes dans un nouveau studio puisque nous sommes à Bordeaux où Daphné habite. Daphné, tu es... influenceuse, créatrice de contenu, tu es aussi coach de vie, tu es podcasteuse avec un super podcast qui s'appelle Art de vivre. Je suis très heureuse de te recevoir sur The Patron, bienvenue Daphné.
- Speaker #1
Merci, merci d'être venue jusqu'à moi à Bordeaux.
- Speaker #0
Écoute, c'est une ville que j'aime beaucoup donc c'était trop cool de venir à Bordeaux, j'ai mangé quelques canelés. Alors Daphné, on se connaît depuis 2011.
- Speaker #1
Ouais, 15 ans, si on vient de faire le calcul, ouais, c'est ça.
- Speaker #0
15 ans. Il y a 15 ans, tu n'étais pas la Daphné Moreau d'Instagram avec 630 et quelques mille abonnés. On ne va pas essayer de les mettre dans un stadium, ça fait vraiment beaucoup, beaucoup de monde. Tu n'étais pas cette star. Et en même temps, tu étais déjà... quelqu'un et quelqu'un d'assez extraordinaire. Moi, je t'appelais la gourou. C'est vrai, c'est vrai. Parce que tu m'as fait découvrir Gretchen Ruben. Tu étais déjà à fond, à fond dans la mode, à fond dans la déco, à fond dans les trucs un petit peu chelous. Genre la saison de l'automne. On a eu des grands débats. Et tu l'es toujours.
- Speaker #1
Ça n'a pas changé.
- Speaker #0
Tu aimes un peu plus l'été quand même.
- Speaker #1
J'ai toujours aimé l'été. Mais l'automne, bah... C'est ma saison préférée,
- Speaker #0
quoi ! En tout cas, tu étais déjà une personnalité très très forte et j'ai toujours admiré ton côté dénicheuse et un peu visionnaire. Aujourd'hui, tu as un succès incroyable sur les réseaux, une image publique un peu de Miss Parfaite, on va se le dire. Tout est toujours très beau, tout est bien ordonné. Qu'est-ce que les gens ne peuvent pas... pas imaginer quand ils te découvrent uniquement sur Instagram. Qu'est-ce que tu ne montres pas trop sur Insta ?
- Speaker #1
C'est vrai que c'est assez... Ça me fait toujours réagir ce côté Miss Parfaite. En fait, comme j'aime bien l'image et le beau, j'ai pas envie de poster des choses que moi je trouve pas belles sur Instagram. Mais j'espère, avec le temps, avoir... J'ai beaucoup travaillé sur mon perfectionnisme. Et avoir aussi un peu cassé cette image de... perfection, peut-être sur d'autres supports qu'Instagram en fait, notamment via mon podcast où je vais beaucoup plus partager ce que je traverse, des challenges, peut-être plus montrer des aspérités de ma personnalité qui sont là. Mais c'est vrai que sur Instagram, en tout cas pour moi, c'est plus difficile à véhiculer. Donc pour en revenir à ta question, ce que les gens ne pourraient pas imaginer, je pense que les gens m'imaginent beaucoup plus sérieuse que je ne le suis. C'est souvent ce que les gens me connaissent, me disent, où j'aime bien rire, j'aime bien faire des blagues, je suis moins sérieuse qu'on pourrait le penser sur tous les... Enfin, je sais pas ce que t'en penses, là, tu me connais, mais sur tous les supports, ouais, internet, Instagram, podcast. C'est vrai que, ouais, je sais pas, il faudrait peut-être que je fasse des... Des stories avec plus de l'humour, je ne sais pas. Je ne sais pas.
- Speaker #0
Mais c'est vrai que tu es très drôle et tu aimes beaucoup rire et tu es très dans la jovialité, dans la vraie vie. Et sur Instagram, il y a ce côté sage, en fait. Il y a un côté... Sage dans le sens... Posé.
- Speaker #1
Sagesse ou sage, petite vie sage. Parce que j'ai ce côté aussi posé. Enfin, je trouve que j'ai un peu les deux, tu vois. Il y a ce côté peut-être fun et drôle qui est moins visible. mais après il y a aussi ce côté très... Je suis taureau et je suis très taureau. Cyringue de terre et très ancrée, c'est aussi une grosse facette de ma personnalité finalement.
- Speaker #0
Oui, alors tu parles du côté taureau, il y a aussi ce côté je trouve chez toi d'imperturbable. Dans le sens, on va parler d'influence, mais toi finalement t'es assez peu influençable. T'as ce côté, tu sais ce que t'aimes, tu sais qui tu es, ou en tout cas tu cherches. et tu es sur ce parcours de compréhension de toi, mais en tout cas, ça ne te dérange pas d'aimer des trucs que les gens ne vont trouver pas cool.
- Speaker #1
C'est vrai que ça, j'ai toujours eu ça depuis... Toujours, quoi, d'être très... Ouais, de savoir exactement ce que je veux, de parfois me faire un chemin aussi qui est différent des autres, mais d'être très à l'aise avec ça si je suis alignée. Je pense que je sais très... Très très bien m'écouter. Et comme tu le disais aussi, j'ai pas peur d'aller chercher quoi. C'est le travail d'une vie, c'est un travail que j'ai beaucoup fait mais que je fais toujours. De venir chercher ce qu'il y a à l'intérieur, pourquoi je veux certaines choses, est-ce qu'il y a des peurs, est-ce qu'il y a de vraiment me... Je suis vraiment persuadée que la seule manière d'être épanouie et heureuse, c'est de vraiment se connaître soi et du coup de développer sa propre vision de vie et de pas venir faire des... copier-coller de modèles qu'on peut avoir autour de soi ou de ce que nos parents voulaient pour nous. Et ça, j'ai toujours été très à l'écoute de ça. Et en effet, il y a plein de choses un peu peut-être bizarres comme aimer l'automne. Je me rappelle pendant le confinement, quand j'ai commencé à faire des puzzles et que je mettais ça sur Instagram, j'avais une copine qui m'avait dit « Oh, mais tu mets ça sur Instagram, c'est vraiment un truc de vieux, de mamie » . Je lui ai dit « Mais attends, c'est trop bien, j'adore ! » et aujourd'hui c'est la méga mode des puzzles et je sais pas t'assumes c'est fort en fait je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui aimeraient assumer autant leur petit truc,
- Speaker #0
leur quark et moi je me rappelle de toi et Juliette vous étiez allé voir Taylor Swift en je sais pas le concert c'était quand ? la première fois ?
- Speaker #1
Je sais pas, mais il y a vraiment longtemps, quoi. Moi, je suis fan de Taylor Swift quand personne ne connaissait que Taylor Swift et qu'elle chantait de la country et qu'on trouvait ça hyper ringard.
- Speaker #0
Exactement ! Et moi, je me rappelle quand tu m'as dit, oui, je suis allée au concert de Taylor Swift et j'étais en mode, ah ouais, ben on est vraiment pas de la même génération, quoi, parce que...
- Speaker #1
Et qui est fan de Taylor Swift aujourd'hui ?
- Speaker #0
Et qui était trop contente d'aller voir Taylor Swift l'année dernière ? C'est moi, tu vois ? Et vraiment, sur le coup, je pense que j'étais un peu juger en mode Genre t'es allée voir Taylor Swift, mais tu as presque 30 ans. Et moi, 42 balais.
- Speaker #1
Ouais, mais tu vois, j'ai vraiment ce côté de me dire, mais attends, mais c'est pas grave, quoi. Les gens, ils pensent que ce que je fais, c'est bizarre, chiant, nul. So what ?
- Speaker #0
Ça fait une force de dingue, en fait. Moi, j'admire beaucoup ça chez toi.
- Speaker #1
Merci, ça me fait plaisir. Et moi, j'admire vachement ça chez les autres aussi. Tu vois, j'aime bien, des fois, je vois des gens dans la rue qui ont des styles vestimentaires de fou. genre hyper assumer des trucs que je n'aurais jamais envie de porter, mais de les voir, je trouve ça génial j'ai envie de les complimenter, je me dis mais c'est trop cool d'être tellement soi-même et de s'assumer comme ça je trouve ça hyper inspirant en fait carrément on va revenir sur ton parcours parce que c'est quelque chose tu disais,
- Speaker #0
ça a toujours été un peu ton fil conducteur de pas hésiter sortir des sentiers enfin de sortir des... c'est quoi l'expression ? Des sentiers battus. Des sentiers battus ? Pourquoi est-ce que j'ai l'impression ? Tu y es, c'est là. Tu n'as jamais hésité. Tu fais partie d'ailleurs des premières blogueuses de France. Je crois qu'entre vous, vous appelez les dinosaures...
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Voilà. Donc tu as commencé ton blog à quel âge ?
- Speaker #1
J'ai commencé mon blog en juin 2007. Donc l'année prochaine, ça fera 20 ans. Et j'avais... J'avais 18 ans. Je venais d'avoir 18 ans.
- Speaker #0
Donc tu venais d'avoir ton bac. À peu près. Début des études. Ouais,
- Speaker #1
un peu après. Parce que du coup, c'était une classe quand j'étais jeune. J'ai eu mon bac à 17 ans. Voilà, à 17 ans. Je ne pourrais pas faire ma crâneuse. Mais j'ai eu mon bac à 17 ans. Mais écoute,
- Speaker #0
ça a aidé pour le blog du coup. Donc c'était un blog qui s'appelait Modern The City déjà à l'époque ? Tout à fait,
- Speaker #1
tout à fait. Hilarant, puisque à l'époque, je n'avais jamais regardé Sex and the City. Donc aucun lien. Mais c'était vraiment... Il n'y avait aucun lien ? Non, aucun. C'était vraiment l'époque où en fait moi j'ai créé mon blog sur Blogspot un samedi après-midi à 13h43 parce que je m'ennuyais. J'ai fait ma bannière sur Paint, un truc qui monte et puis let's go en fait. Il n'y avait vraiment pas de... Enfin comme tu l'as dit en fait déjà il n'y avait pas de blog ou très peu de blog. Moi je pense que quand j'ai commencé en France on devait être peut-être 10. Il y avait les forums à l'époque. Les gens échangeaient beaucoup, notamment il y avait des forums mode, donc c'était ça. Moi j'étais un peu, je lisais un peu les forums. Et puis par contre, aux US et au UK, il y avait déjà, aussi dans les pays nordiques, je me rappelle, je cherchais l'autre fois son nom, il y avait une nana que j'adorais suivre, qui était je crois à Stockholm. Donc il y avait un peu des blogs, plus dans les pays anglo-saxons quand même, mais en France quasiment rien. Et du coup moi je me suis dit, bah allez, moi je vais faire ma version française. Et c'était vraiment pas une décision réfléchie, ni business, ni rien du tout.
- Speaker #0
Il n'y avait pas de business plan.
- Speaker #1
Ah non, il n'y avait pas de business plan, non.
- Speaker #0
T'avais été inspirée en voyant d'autres personnes à l'étranger, parce que t'avais déjà cette curiosité quand même d'aller voir ce qui se passait dans les autres pays. C'est une petite préférence pour les Etats-Unis et pour les pays nordiques, c'est un peu tes deux terrains de chasse.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Voilà, et du coup tu te dis bah je vais créer un blog. Et l'idée c'était quoi ? C'était de partager tes tenues, tes looks ?
- Speaker #1
Ouais, c'était vraiment partager. Et même aujourd'hui c'est vraiment le truc qui me drive, le fait de partager en fait. C'est un peu, c'était assez intéressant l'autre fois, j'écoutais, je crois que c'était une vidéo que j'ai dû voir sur TikTok, qui expliquait la différence en fait entre être influenceur et être créateur de contenu. Pour moi, c'était toujours des, j'avais toujours dit ça comme des synonymes. Et en fait, c'était intéressant la vision qu'il disait de, voilà, influenceuse, c'est beaucoup, et c'était vraiment pas, il n'y avait pas de notion de l'un est mieux que l'autre, mais c'était cette idée de influenceur, influenceuse, tu montres en fait ta vie. ton lifestyle et les gens, ils trouvent de l'inspiration ou pas. Et la création de contenu, là, tu vas vraiment avoir le partage et la valeur au cœur de ce que tu transmets où, en fait, tu ne vas pas juste montrer ce que tu fais, tu vas montrer ce que tu fais si tu estimes que ça peut avoir un impact ou une valeur pour l'autre. Et tu vas aussi être plus dans la transmission. Tu vas pouvoir dire, je ne sais pas, moi, je médite 20 minutes par jour. Au début, j'arrivais à méditer que trois minutes et je vais vous montrer comment j'ai réussi à développer l'habitude. Alors que l'influence pure, ce serait juste, tu prends une photo de toi assise en tailleur en train de méditer et tu mets « meditation time » , tu vois. Ce qui peut aussi être très inspirant. Et du coup, j'ai bien aimé cette explication ou cette nuance. Et du coup, moi, je m'inscris vraiment plus. Je pense que j'ai été plus dans l'influence à un moment et maintenant vraiment plus dans la création de contenu. où je me dis aujourd'hui, il y a tellement de bruit sur les réseaux sociaux, il y a tellement de comptes, il y a tellement de gens à suivre, on est tellement submergés. Aujourd'hui, j'aime bien me dire, quand je partage quelque chose, est-ce que la personne qui me suit, elle va apprendre quelque chose, retirer quelque chose ? Ça peut être des trucs hyper simples. Moi, quand je partage mes tenues, par exemple, mon but aussi, c'est de... parce que moi, je le vis en suivant d'autres comptes, c'est de me dire, ah mais trop bien, j'ai jamais pensé à mettre du bleu avec du marron, c'est hyper chouette ! Et le lendemain, tu regardes dans ta penderie, tu fais ton mix à toi, en fait. Moi, c'est ça mon idée derrière tout ce que je fais. Qu'en face, les gens aient retiré quelque chose de petit ou grand de me suivre, en fait. J'ai dévié de ta question ou j'ai répondu ? Non, pas du tout.
- Speaker #0
J'essaie de retrouver comment... En fait, oui, parce que du coup, j'ai envie de parler de ce que tu fais maintenant. Mais j'ai envie qu'on revienne quand même au début. Au début de la petite Daphné et au début du blog. Donc, tu crées ce blog avec pas d'ambition, parce qu'à l'époque, on ne pouvait pas avoir l'ambition de devenir quelqu'un d'important via les réseaux sociaux, ça n'existait pas. Donc, tu as juste cette envie de partage, de partage et d'apport de valeur. Tu vas faire des études. Tu peux juste me faire rapidement les différentes étapes de ton début de carrière avant de devenir... Créatrice de contenu à plein temps.
- Speaker #1
Yes. Donc, en effet, j'ai fait une licence en langues étrangères appliquées, anglais et espagnol, pour commencer, parce que je ne savais pas trop quoi faire. Donc, je me suis dit les langues, j'aime bien, c'est toujours utile, je vais faire ça. Et ensuite, j'ai fait un master en marketing et management de luxe. Toujours dans cette idée de, voilà, j'aimais bien le beau, en fait. C'est hyper important pour moi d'être... de... Je pense que plus je vieillis, plus c'est important d'être entourée de beau pour me sentir bien. Vraiment, ça apaise mon système nerveux.
- Speaker #0
Je tiens à le signaler parce que je pense que certaines personnes qui nous écoutent pourraient trouver ça un peu bizarre et superficiel. La réalité, c'est que l'esthétisme, le beau, ça fait partie des valeurs pour certaines personnes. Il y a des personnes qui ont vraiment cette... cet œil et qui ont besoin de l'harmonie visuelle autour d'eux. Et voilà, c'est ce qui t'anime. Moi, c'est aussi quelque chose qui est très important pour moi. Donc, ça nous impose un intérieur un petit peu plus léché que d'autres.
- Speaker #1
Oui, je pense qu'il ne faut pas... En effet, je suis d'accord avec toi. Il y a cette notion un peu de superficialité. Mais en fait, c'est hyper important. Il ne faut pas avoir... peur de se rendre compte que ça compte pour nous, que ça nous fait du bien. Et en fait, ce qui nous fait du bien, si on a la capacité à le mettre en place, il faut le faire. Et moi, c'est vraiment juste boire mon thé dans une jolie tasse.
- Speaker #0
Que t'as déniché à 50 centimes, parfois dans une super brocante.
- Speaker #1
Moi, quand je vais dans un Airbnb et qu'il n'y a que des mugs moches, je vais dire quelque chose qui peut être bizarre, mais maintenant... Ben moi je viens avec mon mug. Est-ce que c'est être hyper extra comme personne ? Oui, tout à fait. C'est moi.
- Speaker #0
Mais j'assume.
- Speaker #1
Je l'assume. Parce que ça fait partie des petites choses qui me font sincèrement plaisir et qui me coûtent rien. Donc pourquoi s'en priver en fait ?
- Speaker #0
C'est rigolo parce que je vais dans un coworking en ce moment à Paris, qui est super sympa, mais il n'y a que des mugs cassés. Et tout abîmé. Et j'avoue qu'à chaque fois, quand je prépare mon thé, je suis en mode...
- Speaker #1
Franchement, maintenant, bring your own mug. C'est pas bring your own bottle.
- Speaker #0
C'est ça. Donc, importance du beau, master sur spécialisé luxe. Et du coup, suite du parcours ?
- Speaker #1
Suite du parcours, je commence avec mon stage de fin d'études chez Hermès. C'est là où on se rencontre. Le rêve de ma vie, franchement, j'avais deux...
- Speaker #0
De me rencontrer ?
- Speaker #1
Tout à fait, bien sûr.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Double rêve, Hermès et toi. Et j'avais vraiment deux, comme beaucoup de personnes, j'avais deux maisons en tête, Chanel et Hermès. Pas beaucoup d'originalité, mais bon. Et j'ai vraiment fait à l'ancienne, j'ai fait les lettres de motivation. Moi, c'est comme ça que j'ai trouvé toutes mes opportunités. Et bref, du coup, j'ai été... J'ai commencé ma carrière pro avec ce stage de fin d'études. Et ensuite, je suis restée trois ans presque au total avec différents postes chez Hermès. Et le premier, c'est là qu'on s'est rencontrés. C'était pendant mon stage.
- Speaker #0
Pendant ton stage, oui. Pendant ton stage. Et tu avais déjà ce style très fort. T'avais quoi, 22 ?
- Speaker #1
Eh ben, si c'était en 2011, ouais, j'avais 22.
- Speaker #0
22 ans et t'avais déjà... Donc moi, je suis un petit peu plus âgée que toi, on va le dire. Et moi, je te regardais et j'étais là, ok, mais c'est ouf comme elle a un style, elle s'assume. Enfin, t'avais déjà une personnalité extrêmement forte, moi, je trouvais. Et j'ai toujours aimé discuter avec toi parce que... Malgré le décalage d'âge, je te trouvais hyper intéressante.
- Speaker #1
Merci, ça me fait plaisir.
- Speaker #0
Non, mais en fait, je ne le dis pas pour te flatter. Je le dis juste pour que les personnes qui nous écoutent se rendent compte que déjà à 21 ans, tu avais une personnalité un peu hors du commun et tu avais un univers. En fait, tu avais déjà cet univers. Et donc, 2000... 2011, c'est l'année où tu as lancé Instagram, où tu t'es mise sur Instagram.
- Speaker #1
C'est ça, ouais. J'avais mon blog avant et Instagram, il me semble que c'était 2011, quoi. L'arrivée en France, plus ou moins, je crois. Et tout de suite, j'ai été sur le réseau. Mais c'était vraiment... Enfin, on se rappelle tous des débuts d'Instagram. On n'était pas là pour faire des belles photos quand même avec tous ces filtres et tout. C'était un autre monde, en fait.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
J'ai encore... J'avais fait un screenshot. d'Instagram, je pense, peut-être pas en 2011, mais rien qu'en 2013, sur lequel je suis retombée l'autre fois, et donc tu vois vraiment la tête du feed de la plateforme,
- Speaker #0
il a beaucoup, beaucoup... La DA était pas la même.
- Speaker #1
Un autre monde, ouais.
- Speaker #0
Mais je me rappelle aussi, alors je sais plus si c'est 2011 ou un peu plus tard, mais je me rappelle d'une époque où, tu vois, tu avais quand même déjà cette conscience que le feed, c'était pas que la beauté des photos, mais tu faisais en sorte que ton feed... que ce soit comme un nuancier de couleurs et au fur et à mesure des saisons ça évoluait tu le fais toujours ça ?
- Speaker #1
non, en vrai c'était un travail de maboule et c'était aliénant un peu parce que tu voulais partager des choses mais tu te disais c'est pas dans la Béat du Brun c'est bleu, c'est pas possible c'est chouette à regarder mais à créer c'était pas toujours quand même plaisant et j'aime bien ce mood d'Instagram aujourd'hui où c'est quand même beaucoup plus brute même si peut-être il y a encore ce côté parfait de mon côté je garantis que c'est beaucoup plus brut et que je me prends beaucoup moins la tête du coup on reviendra au fait que tu te prennes un peu la tête si
- Speaker #0
je reviens t'as ce début de carrière chez Hermès le rêve tu as accès à la plus belle maison tu as une carrière toute tracée tu pourrais être devenue directrice de la com, de cette belle maison Bon... et en fait très rapidement tu fais le choix que c'est finalement pas pour toi.
- Speaker #1
J'ai quitté Ernest en 2014 et à l'époque c'était vraiment le moment où je sentais un potentiel business en fait. Mon activité, blog et Instagram, il y avait des choses qui se passaient, il y avait des marques qui commençaient à avoir de l'intérêt, il y avait les premières collaborations rémunérées. Et du coup, je me disais, j'ai un peu potentiellement de l'or entre les mains avec ce projet où j'aurai en plus de la liberté, ça pourrait être très créatif. Et en fait, j'ai eu envie de saisir ma chance. Et au début, je me suis dit, je me laisse un an pour voir. Est-ce que ça me plaît ? Est-ce que c'est viable ? Est-ce que ça marche ? Est-ce que ça va le faire ? Est-ce que c'est ce que je veux ? Avec la confiance de me dire, si j'ai envie de revenir en arrière, peut-être que Hermès me réouvrira ses portes, peut-être que j'irai ailleurs.
- Speaker #0
Il y a toujours Chanel.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Mais je me disais que quoi qu'il arrive, ce serait une super expérience à mettre sur un CV, en fait. J'ai jamais eu peur de me dire, oh là là, ça va faire un trou dans la raquette, c'est le début de ma carrière. Je savais que je pourrais défendre ça, quoi qu'il arrive. Et bon, voilà, 12 ans plus tard, a priori, ça me plaît.
- Speaker #0
C'était un bon pari. C'était un bon pari, mais je me rappelle quand même de l'époque où tu te posais la... Enfin, t'étais assez décidée, mais il y avait pas mal de pression de ton entourage. qui essayait de te dire, t'es sûre, c'est quand même hyper risqué, le stress aussi financier de comment vivre à Paris en étant certain manque des réseaux sociaux. Comment tu as géré cette dualité de la peur de peut-être pas y arriver et surtout la peur de lâcher quelque chose qui semblait parfait selon la société ?
- Speaker #1
Bah, je pense qu'il y avait à la fois ce dont on parlait tout à l'heure, cette idée de moi être très sûre de ce que je veux. Et j'entendais autour de moi, et franchement, je le comprends, ma famille, mes amis aussi. J'avais plein d'amis qui avaient fait le même master que moi et qui rêvaient d'avoir le poste que j'avais. Et moi, j'étais en train de dire non, moi, je vais partir et puis je vais poster des photos sur Instagram. Il y avait aussi une incompréhension, finalement. Moi, j'étais dans... dans la situation où je voyais que Instagram allait pouvoir prendre de l'ampleur, que mon blog aussi j'allais pouvoir développer quelque chose, mais c'était quand même un pari, et du coup les gens pensaient que c'était une lubie, que c'était une illusion, mais moi je suis quand même, on le disait, très ancrée, très réfléchie, j'aurais pas fait ce gamble si j'estimais que c'était hyper risqué. Et le fait aussi de me donner cette deadline, vraiment j'étais très claire sur le fait que c'était un an, Et je fais toujours aussi beaucoup ça dans ma vie, en fait. Je me dis, dès qu'on se met une deadline, où on se dit, voilà, pendant tant de temps, test pour voir, pour moi, en tout cas, c'est toujours tenable, en fait, d'être dans cet inconfort, dans cette incertitude, parce que je sais qu'il y a une date butoir où je vais mettre en place quelque chose de nouveau et différent. Donc, il y avait ça aussi. Et puis, je sais pas, j'imagine que c'est l'intuition, quoi, mais toute ma vie, j'ai vraiment eu... Il y a des espèces de moments. Où j'avais ce sentiment de confiance hyper fort à l'intérieur. Et ça, c'était vraiment un des moments.
- Speaker #0
C'était quoi un autre moment où tu as eu cette confiance hyper forte ?
- Speaker #1
J'ai eu des moments peut-être plus un peu liés au perso, que je n'ai pas forcément envie de développer ici. Mais tu vois un truc à l'intérieur où tu dis, OK, là, il y a deux chemins qui s'offrent à moi. Et en fait, je sais quel chemin je veux prendre. Peut-être que la majorité des gens ne prendraient pas ce chemin. Mais moi, j'ai cette confiance intérieure de me dire c'est là que je veux aller en fait.
- Speaker #0
Tu fais ce mouvement là où c'est très au niveau du ventre. Ouais,
- Speaker #1
ouais.
- Speaker #0
C'est genre tu le ressens physiquement ? C'est quoi ? C'est dans ta tête ? Est-ce que t'arrives à le...
- Speaker #1
En fait, c'est un peu bizarre. J'ai vachement réfléchi à ça récemment et j'ai un peu l'impression que... En fait, moi, je me parle tout le temps à ma moi du passé et ma moi du futur. Et dans ces moments-là, c'est comme si j'avais la moi du futur qui avait déjà vécu et traversé tout ça, et qui me disait, c'est là, c'est ici, vas-y. C'est un peu cette sensation-là, je sais pas, ça m'émeut presque de penser à ça, parce que, ouais, c'est la confiance intérieure, mais liée, ouais, je me vois, c'est ça, je me vois comme plus tard, en me disant, c'est ici qu'il faut que t'ailles, quoi. Et la Daphné du passé aussi, j'ai beaucoup de reconnaissance pour elle. Je sais que si je suis là aujourd'hui, si je suis qui je suis aujourd'hui, c'est grâce à elle. Et même si, bien sûr, elle a fait des erreurs, je me vois toujours en triptyque un peu. C'est peut-être un peu bizarre, mais passé, présent, futur.
- Speaker #0
Ce qui est génial, c'est que c'est un dialogue interne dans une multitemporalité.
- Speaker #1
Oui
- Speaker #0
c'est mon côté inception c'est assez ouf et en même temps on le sait en coaching on utilise cet outil pour aider nos clients à aller vers justement le futur dont ils ont vraiment envie on les accompagne pour qu'ils soient dans cette visualisation et qu'ils arrivent à intégrer ce qu'ils ressentiront mais en fait toi c'est ouf c'est que c'est le futur qui t'appelle direct en mode viens par là quoi
- Speaker #1
Ouais Je sais pas, mais je te dis c'est drôle parce que j'ai vraiment beaucoup réfléchi ces derniers mois en me disant d'où vient ce truc de confiance intérieure. Donc ouais, étrange.
- Speaker #0
Une sorte de stabilité sur la route. Trop fort. Donc tu prends cette décision et ce choix un petit peu fou en 2014 de devenir influenceuse slash créatrice de contenu. C'est une époque aussi où, et ça pour avoir eu plusieurs conversations avec d'autres de tes consoeurs, c'est un statut qui n'est pas forcément toujours très agréable, très confortable. Il y a beaucoup de jugements de la société et en même temps aussi, il y a des avantages. Donc toi, comment tu as vécu ce changement d'identité en devenant à plein temps officiellement influenceuse ?
- Speaker #1
C'est vrai que c'est un métier qui... En fait, il y a tellement de manières différentes de créer du contenu, d'être influent, d'être... Aucun d'entre nous ne nous ressemblons. Et moi, je suis assez détachée de ça, une fois de plus avec, en fait, l'alignement de... Moi, j'aime ce que je fais, j'aime ce que je partage. J'aimerais me suivre moi-même. Peut-être un peu présomptueux de dire ça, mais si je faisais pas ce métier et que je tombais sur le contenu que je produis, je pense que j'apprécierais me suivre.
- Speaker #0
Tu vois ce que je veux dire ? Je suis vraiment d'accord. C'est-à-dire que quand je connais d'autres comptes que tu suis, et je vois bien la cohérence avec ce que toi tu aimes et ce que tu vas chercher. Donc c'est pas un univers factice, c'est vraiment un univers que tu aimes et qui t'inspire, ou en tout cas tu rends réel. Ce qui t'inspirerait, pareil.
- Speaker #1
Et du coup, je me concentre beaucoup sur... En fait, les gens... Moi, je dis toujours les gens qui me suivent, ceux qui sont vraiment my people, c'est pas des gens qui vont me juger, en fait. Les gens qui jugent notre métier, qui trouvent que ce qu'on fait n'est pas sérieux, n'est pas... etc. C'est pas my people, en fait, ces gens. Donc je pense pas à eux, entre guillemets. Ils ont leur libre arbitre de trouver que ce que je fais ou que ce qu'on fait de manière générale en tant que créateur, créatrice de contenu est nul, superficiel, qu'on est payé à rien faire, que c'est facile.
- Speaker #0
Que vous glandez tout le temps. Voilà. C'est pas un vrai boulot. Voilà.
- Speaker #1
Moi, je sais que la réalité est différente et je sais qu'une fois de plus, les gens qui me suivent et qui sont my people, ils savent aussi que c'est du travail, que c'est pas que des paillettes et voilà. Et aussi, je pense qu'il faut être parfaitement honnête. Et moi, je me dis tout le temps, j'ai énormément de gratitude pour ce que je fais. Et ce métier, quand on aime le faire, il est chouette. On ne travaille pas à l'usine, on ne travaille pas à la mine. On a beaucoup d'avantages, on a beaucoup de privilèges. Et il faut savoir le reconnaître aussi, en fait. Et je pense que ça, quand on le transmet, les gens qui nous suivent le perçoivent aussi. Que, en fait, on n'a pas... Enfin, moi, en tout cas, j'espère que les gens perçoivent que je ne me dis pas. que tout m'est dû, que tout me tombe dans la bouche et que parce que je suis perçue vive, heureusement que j'ai tous ces privilèges, tous ces avantages. Mais moi, encore aujourd'hui, je suis dans une espèce de gratitude infinie de vivre tout ce que je vis vraiment avec un plaisir infini. Et c'est grâce aux gens qui nous suivent, tout ça. Tu fais de la création de contenu, il n'y a personne en face. Il n'y a pas d'opportunité, pas de privilège pour toi.
- Speaker #0
Je suis partie dans deux pensées différentes. Premier point, c'est... Moi qui te connais, je sais à quel point tu bosses. Dans les coulisses, c'est énormément de travail et la pression, on y reviendra d'ailleurs un peu plus tard, la pression que tu te mets pour faire du travail de qualité et pour justement faire développer ton activité, elle est énorme. La deuxième pensée que j'avais et que je voudrais te demander maintenant, c'est comment est-ce que euh tes relations ont changé. Aujourd'hui, tu as une telle visibilité, une telle communauté, ça peut un peu tendre les relations autour de toi. Est-ce que toi, tu as un moment souffert que peut-être des personnes te sollicitent parce que tu avais cette influence ? Est-ce que tu as eu peur que les relations perdent en sincérité, en authenticité ? Et comment est-ce que tu as géré cette explosion de notoriété ?
- Speaker #1
Ça n'a pas trop impacté mes relations, je dirais, parce que dès le départ, moi j'ai vraiment, et encore aujourd'hui, l'immense majorité des gens qui m'entourent et de mes proches ne sont pas du tout dans ce milieu-là, ne comprennent que très vaguement ce que je fais, les rouages de ce qu'il y a derrière. Et en fait, j'adore. Je pense que ça, ça te maintient les pieds sur terre aussi. Après, c'est hyper chouette aussi d'avoir, et j'ai des femmes notamment autour de moi qui font ce métier-là, et c'est hyper précieux aussi de pouvoir avoir ce niveau de compréhension. Des fois, entre nous, on se dit des choses qu'on ne dirait pas à d'autres personnes parce que, voilà, nous, on est dans les méandres, dans le quotidien, et c'est important d'avoir ce soutien aussi. mais globalement Ça m'est arrivé d'avoir deux, trois fois en effet des gens qui je sentais chercher la connexion avec, en espérant que derrière pour eux, il y aurait de la visibilité, de la... évidemment. Mais finalement, c'était quand même assez rare. Aussi parce que moi, je suis très... je mets du temps à donner ma confiance. Par contre, quand je la donne, c'est forever quoi. Je donnerai ma vie pour les personnes à qui ont ma confiance. Mais avant ça, je suis vraiment dans ce truc de... Je regarde, je vois.
- Speaker #0
On va voir ce qu'il se passe.
- Speaker #1
Pas pour rejeter, mais là, je parle plus peut-être des gens qui sont vraiment dans mon cercle, dans mon noyau dur, tu vois. Mais j'ai toujours cette forme un peu de protection et qui, je pense, m'a servi aussi et peut-être m'a protégée de gens qui auraient été là que pour la part du gain ou de la visibilité.
- Speaker #0
Et donc finalement, le tri était tellement en amont que ça t'a pas trop posé de problème ?
- Speaker #1
Ouais, je pense.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, est-ce que les gens te reconnaissent beaucoup ? Ou finalement, est-ce qu'on parle de 600 000 personnes, mais ce n'est pas comme si tu étais Marion Cotillard pour parler d'un physique qui te ressemble ? C'est sympa ! Non, mais je pense à elle parce que j'ai vu pas mal de vidéos du Festival des Cannes. C'est vrai que vous avez des traits assez similaires. Mais du coup, est-ce qu'il y a quand même un décalage de notoriété ? Parce que ça devient tellement... irréels en fait ces communautés, ces quantités de followers. Toi ça se passe comment ta vie ?
- Speaker #1
Je ne peux plus sortir de chez moi je suis cloîtrée je ne suis pas sortie depuis trois mois aujourd'hui c'est ma première sortie et d'ailleurs on a qu'à dévier la lente Non, alors c'est marrant, quand je vivais à Paris, on me reconnaissait beaucoup plus, j'avais des interactions, on m'arrêtait dans la rue, alors je parle pas de 15 fois par jour, mais ça m'arrivait assez régulièrement. Et moi j'aime bien en plus, je trouve ça très chouette de mettre justement des visages, d'avoir une petite interaction, je trouve ça hyper chouette, c'est toujours en plus hyper bienveillant, donc c'est chouette. Et à Bordeaux, beaucoup moins, rarement, parfois, mais rarement. et puis il y a aussi pas mal de pudeurs en fait, il y a des gens qui je reçois beaucoup de messages de gens qui me disent j'étais dans le même resto que toi tout à l'heure ou je t'ai croisé avec ton mari et des gens qui, ce que je peux comprendre aussi veulent pas déranger s'imposer ou même si moi je communique beaucoup sur le fait que j'aime bien je me mets à leur place et je sais pas si moi j'oserais forcément non plus tu vois et en même temps quand t'es en train de manger ton Ciao !
- Speaker #0
Ton avocat no toast, t'as pas forcément envie à ce moment-là, mais...
- Speaker #1
Ça m'a jamais dérangée, tu vois. Il y a jamais un moment où je me suis dit, oh ! Juste une fois, et ça m'a pas dérangée, mais vraiment, je me rappelle, c'est une fois où j'étais hyper malade à Paris, c'était il y a longtemps, quoi. Je me motive à sortir vraiment affreuse, je sors limite en pyjama, le truc, j'ai dû le faire une fois dans ma vie, ce jour-là. La boulangerie, quelqu'un me reconnaît, dit « Ah, Daphné ! » Et là, je me suis dit « Ouh là là ! » Elle a dû se dire « Ah oui, ça ressemble à ça ! » Le feed parfait sur Instagram, au secours, on en est loin ! Et donc là, c'est même là que ça m'a dérangée, c'est que je me suis dit « Bon, là, c'était pas de bol ! »
- Speaker #0
elle a pas eu la meilleure version de moi non non non et comme quoi ça t'arrive de sortir en pyjama ouais vraiment je pense que c'était la seule fois de mon existence mais est-ce que tu te mets une pression particulière à cause de ça en te disant si je suis reconnue non jamais non non mais attends en vrai moi j'ai du mal à aller au carrefour de ma petite ville sans maquillage parce que je me dis si je vais croiser des parents ils vont me dire en fait que j'ai une sale gueule et que je suis fatiguée toi tu te dis même pas ça Merci.
- Speaker #1
Moi je le fais pour moi tout ça, tu vois, j'aime bien, ça m'est encore arrivé lundi là, aujourd'hui on est mercredi quand on enregistre, lundi vraiment, je sais pas, j'avais pas le moral, j'étais pas, et en fait à 15h je me regarde dans la glace, je m'étais pas trop maquillée, j'avais attaché mes cheveux vite fait parce que justement j'avais un épisode de podcast à enregistrer etc. et je me suis dit, allez, on s'habille, on se maquille, hop. Je voulais pas me dire, voilà, 15h, c'est trop tard, on peut recommencer sa journée à n'importe quel moment. Et en fait, de faire ça... Et ça a changé mon mindset du reste de la journée. Donc vraiment, je le fais pour moi, parce que j'aime bien.
- Speaker #0
Se sentir fraîche.
- Speaker #1
Oui. Ce qui ne veut pas dire que je me déteste quand je suis en pyjama et pas coiffée.
- Speaker #0
On aime bien le pilo-pilo quand même.
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr.
- Speaker #0
À fond de ton pilo-pilo. Donc juste avant, on évoquait le fait que quand même c'était beaucoup de travail. Alors évidemment, tu t'es donné un an pour voir si ça a marché. Fast forward à aujourd'hui, ça a marché. Ça s'est donc très bien passé pour toi. Et en même temps, il y a eu des moments dans ce parcours qui ont été particulièrement difficiles. Tu évoquais... notamment dans tes différents podcasts, le Scratch That, tu as parlé assez ouvertement du fait que tu as fait un burnout il y a quelques années. Est-ce que tu veux bien nous partager ce moment pas très rigolo ?
- Speaker #1
Non, pas très rigolo, mais qui a été un gros... qui a vraiment été le tremplin pour plein de choses chouettes dans ma vie après. Mais c'était du coup fin 2019. En fait, c'était un moment où, je pense, j'avais pas encore appris à... Pas tant à m'écouter, mais en fait, moi, j'ai vraiment toujours eu un profil de... Je suis productive, je fais, je suis overachiever, je suis capable de pousser plus, de faire un peu plus, de voilà. Et vraiment perfectionnisme plus, plus, plus à l'époque. Pour plein de raisons, un peu parce que c'était aussi un modèle dans ma famille. Et aussi parce que je pense que quand même avec les réseaux sociaux, le perfectionnisme, c'était aussi une de mes stratégies pour me protéger, pour me dire, ok, si je suis parfaite, on ne pourra pas me critiquer, me juger, on va m'aimer, etc. Stratégie qui ne marche absolument pas, bien sûr. Mais je pense qu'il y avait ça aussi, que ça a quand même mis de l'eau dans mon moulin sur ce sujet-là.
- Speaker #0
Mais c'est comme si tu ne pouvais pas te permettre ces aspérités-là, c'était tout de suite... Ça ouvrait la porte à beaucoup d'attaques et de jugements.
- Speaker #1
Ouais. Ok,
- Speaker #0
ok.
- Speaker #1
Et du coup, en fait, j'étais vraiment... Quand j'ai fait ce burn-out, je sentais depuis quelques temps... Je m'étais mariée l'année précédente. C'était aussi forcément un gros projet. C'est un projet très cool, mais qui prend énormément de temps. Et du coup, en fait, j'étais vraiment dans cette dynamique où il n'y avait plus de temps de pause, en fait. Je travaillais le week-end, je travaillais le soir. Et puis, j'aimais bien, en fait. C'était un job que j'aimais. Donc, il y avait... Tout s'est emmêlé assez vite en fait. Et je n'ai pas écouté les signaux où je sentais vraiment que c'était difficile. À l'époque, Vincent, mon mari, travaillait avec moi. Et on avait aussi une troisième personne avec nous en freelance. Donc j'avais vraiment aussi ce poids de me dire « Ok, ce n'est pas juste moi en fait. Si moi, je m'arrête... » Je mets aussi en péril deux autres personnes. Et je pense que ça, ça a joué un rôle énorme. J'étais aussi beaucoup dans le people pleasing à l'époque. Et donc vraiment, je me suis dit, en fait, c'est pas grave si c'est moi qui dois me cramer les ailes pour protéger les autres. Bien sûr, évidemment que je vais le faire. Mauvaise stratégie Très mauvaise stratégie Et en fait il s'est passé deux choses Il y a une personne très très proche de mon entourage Qui a fait un burn out très violent Juste avant moi en fait Quand là je commençais vraiment à sentir des alertes Et donc je pense que je me suis arrêtée juste à temps Juste avant d'être complètement Je sais pas bloquée, immobilisée De plus vraiment pouvoir process Et je me suis dit ok là ce que cette personne Que j'aime tant est en train de vivre Ça là, ça c'est mon next step
- Speaker #0
Et je le veux pas
- Speaker #1
Et je veux pas ça. Donc en fait, j'ai eu quand même ce moment Le moment où j'ai préparé mon burn-out, entre guillemets, où je me suis dit ok, c'était en décembre en plus, ce qui est une période, moi en tout cas dans mon business, où c'est vraiment à intensité maximale, une période que moi, à titre individuel, personnel, j'adore. Et où je me mettais beaucoup la pression aussi moi-même pour faire le dîner de Noël entre mes amis, le brunch de Noël avec ma famille, donc vraiment des injonctions de tous les côtés. Et donc je me suis dit ok, donc là on est en décembre, en janvier, il faut que je m'arrête totalement pendant un mois et que je ne travaille pas, je disparaisse. Donc je suis partie en voyage avec mon mari, on est parti aux îles Canaries. Un voyage que je n'ai partagé nulle part. Personne, je le dis ici, mais je pense que personne, je ne l'ai jamais dit, personne sur Instagram, sur mon blog, n'a eu connaissance de ce voyage. Je n'ai pas fait de photos. J'ai juste kiffé ma vie. Je me suis baignée, je me suis... Voilà, c'était fou, quoi. Et donc bref, tout ça pour dire que j'ai préparé et je me suis dit OK, donc là, il faut que j'écris à tous mes partenaires, tous mes clients, tout pour dire qu'en fait, en janvier, je ne suis pas là. je ne serai plus là. Donc en fait ça m'a fait du bien mais j'étais trop à plat pour que un mois suffise quand même et du coup il y a eu après toute cette phase d'exploration j'ai dû faire plus doucement, j'ai fait une thérapie qui m'a énormément aidée pour comprendre pourquoi ce perfectionnisme pourquoi ce people pleasing ça a été le début j'avais déjà fait beaucoup d'exploration personnelle moi-même via les lectures le développement personnel etc etc. Là, ça a été vraiment encore plus profond. Et c'était incroyable, en fait. Et c'est à partir de ce moment-là que je me suis dit, OK, en fait, le bien-être, ça m'a toujours fascinée. Je veux que ce soit partie intégrante de mon business. Et je veux, en fait, moi, montrer ce modèle-là, en fait. Être la preuve que c'est possible d'avoir du succès, d'avoir un business, de faire plein de choses et de ne pas être au bord du burn-out en permanence, d'être en apnée tous les jours.
- Speaker #0
d'être en mode survie en fait donc c'était vraiment ce qui t'a permis de faire cette transition vers l'univers du bien-être de pouvoir incarner ce nouvel équilibre de vie est-ce qu'aujourd'hui tu as l'impression que tu arrives plus facilement à gérer toute cette exigence et toute cette charge Ou est-ce que les vieux travers reviennent ? En tout cas, qu'est-ce que tu fais pour faire en sorte de garder cet équilibre ?
- Speaker #1
J'arrive beaucoup mieux à garder l'équilibre. Les vieux démons, les vieux travers, ils sont toujours là. Ils aiment bien se pointer quand on n'a pas trop le moral, quand on doute de soi, mais je ne leur laisse plus toute la place comme avant. mais ça a vraiment été graduel là je le raconte, on a l'impression que j'ai fait mon petit burn out un mois de vacances et puis après ça allait beaucoup mieux c'était vraiment pas ça l'histoire parce que ça a fait émerger plein d'autres choses aussi mais vraiment là maintenant ça fait 6 ans je sens que j'ai vraiment réussi à construire ma boîte à outils, bien-être, construire un équilibre et puis Surtout aussi à déconstruire des pensées en fait. Moi j'avais vraiment calqué un modèle de salariat sur mon modèle d'entrepreneur. Mais j'avais en plus ajouté du travail le soir, le week-end. Et du coup, si j'allais au cinéma un mardi après, en fait, j'en profitais pas parce que j'étais dans la culpabilité absolue à me dire « Oh là là, mais je pourrais être en train de bosser. » En fait, quand t'es entrepreneur, tu pourrais toujours faire plus. Tu pourrais travailler la nuit, tu pourrais... Oui, il y a toujours un truc de plus à faire. Et se défaire de ça, ça a été vachement long. Et c'est quand même, je dirais, assez récent. Je pense que maintenant, ça fait, je dirais, depuis... un an et demi, j'arrive vraiment à profiter, à faire des choses sans avoir la culpabilité en fait. Maintenant je me dis, en fait, si j'ai le loisir, si j'ai la chance de pouvoir prendre tous mes vendredis après-midi off, c'est quelque chose que je fais depuis un an et demi, en fait, c'est parce que je l'ai décidé et c'est parce que je l'ai construit. Et donc avant... Quand je prenais du temps off, vraiment je me disais « Oh là là, mais les gens salariés, bah eux, tu vois, ils peuvent pas le vendredi après-midi aller chez Ikea. » C'était la petite voix sans cesse dans la tête. Et en fait, je m'empêchais de profiter. Et vraiment, avec la thérapie, avec le coaching aussi, il y a un moment où je me suis dit « Eh, en fait, oui. » il y a des gens qui travaillent le vendredi après-midi, mais qu'est-ce que ça change en fait pour toi si toi t'es pas en train de travailler, que tu culpabilises ou que t'en profites, c'est la même chose pour ces gens qui sont au bureau en fait. Ça change pas leur vie. Tu fais ça pour qui ? Ils savent même pas toi que t'attends vendredi après-midi ? Et donc aussi, c'était beaucoup de déconstruction. Mais aujourd'hui, je sens que j'ai cet équilibre qui n'est pas parfait. Il y a des moments où c'est plus dur, mais globalement, lisser sur un trimestre ou un semestre.
- Speaker #0
J'ai deux questions, je suis en train de choisir laquelle j'ai envie de faire tout de suite. Quand tu dis que tu es off le vendredi après-midi, est-ce que tu es 100% off ? Ou est-ce que si t'es en train de prendre un thé, tu vas quand même créer du contenu ? Parce que moi j'ai un peu cette idée que quand tu es dans ce genre de métier, en fait tous tes moments de vie deviennent finalement une opportunité de partage. Est-ce que c'est que tu sépares vraiment les moments où là il y a une partie finalement photo Instagram ? Ou est-ce que c'est que tu ne le vis pas comme du travail ? Elle est où la limite, finalement, vie pro, vie perso ?
- Speaker #1
C'est vrai que c'est assez flou, on va dire. Moi, quand je dis mes vendredis après-midi off, c'est qu'il n'y a aucune injonction, aucune attente, aucune pression. Si à un moment, j'ai envie de sortir mon téléphone pour prendre en photo ma tenue, ma tasse de thé... et que j'ai sincèrement envie de le faire, et que je ne me dis pas, il faudrait que je fasse cette story, parce que ça fait 24 heures que je n'ai pas mis une story, je me laisse complètement l'opportunité de le faire. Mais si c'est du temps purement off, ou je suis au ciné, ou en train de passer une après-midi avec une copine, ou je n'ai même pas mon téléphone dans mon sac, c'est aussi OK. C'est plus... là tu vois en t'en parlant je me dis c'est vraiment une notion de liberté absolue en fait, le off dans le sens libre quoi. Des fois ça m'arrive, ça m'est arrivé encore récemment, où tu vois je suis en train de faire par exemple mon petit coloriage dans mon jardin, je suis trop bien, et là hop j'ai, parce que je suis détendue, une idée pour un podcast qui pop tu vois. Là s'il y a l'envie pure de sortir mon ordi et de faire tu vois les bribes d'un script pendant 15 minutes... Je m'autorise à le faire si j'ai envie de le faire et si c'est le bon moment.
- Speaker #0
En fait, c'est rigolo parce que ça paraît un peu normal et facile. Mais je pense que te connaissant, c'était pas si évident que ça pour toi parce que tu devais te mettre beaucoup de pression avant d'être tout le temps dans cette productivité. Et donc rien que le fait de vraiment s'autoriser à ne le faire que si l'envie est là, pour moi il y a une vraie différence dans ton attitude du coup donc je comprends que ce soit un équilibre un nouvel équilibre et ça c'est le moi me former au coaching et devenir coach ça m'a beaucoup aidé aussi à
- Speaker #1
notamment recréer cet équilibre où en fait aujourd'hui j'aime encore plus créer du contenu parce que à côté je fais du coaching où là c'est 100% invisible à l'oeil public en fait Hum. Donc avoir ces deux aspects-là, en fait, faire du coaching, ça a redonné du sens au contenu que je crée sur les réseaux sociaux et dans mon podcast.
- Speaker #0
Le levier qui est ici qui est très intéressant, c'est que souvent, on a l'impression que pour pouvoir être efficace et productif, il faut qu'on reste très concentré sur une tâche. Alors que... notre cerveau a besoin d'exploration, a besoin de temps off, alors que, justement, l'inspiration, elle va pouvoir venir de moments qui sont complètement déconnectés. Et c'est OK, finalement, de s'autoriser à faire autre chose, parce que ça peut nous aider, justement, à finir la tâche qu'on est en train de faire. Moi, je dis toujours à mes clients, si tu t'acharnes sur un sujet et que tu bloques pendant une demi-heure, Mais genre, va marcher.
- Speaker #1
J'allais dire la même chose, va marcher. Je pense que c'est mon meilleur conseil, marcher et dormir. Voilà.
- Speaker #0
Et dormir aussi.
- Speaker #1
Non, mais c'est complètement... Et en fait, moi, j'ai toutes mes meilleures idées dans des moments où je suis pas derrière mon écran, en fait. Et nous tous. Et c'est vrai que maintenant, il y a tellement peu de moments... C'est aussi un truc dont je parle beaucoup, le minimalisme digital, le fait d'être moins sur ses écrans, ce qui peut paraître assez fou quand mon job, c'est de la création de contenu. Mais j'ai envie de dire, si moi, je suis capable de le faire... Tout le monde est capable de le faire. Mais justement, comme tous ces micro-moments de pause, d'esprit qui vagabondent aujourd'hui sont occupés par être sur son écran, scroller, etc., toutes ces idées qu'on a quand tu fais la queue dans un magasin, moi j'avais plein d'idées dans ces moments-là, où tu regardes les gens, ça t'inspire, etc. Là, comme on a les yeux rivés sur notre écran, le seul moment qui reste, c'est le moment les bonnes idées sous la douche, parce que c'est probablement le seul endroit où on n'est pas en train de scroller sur notre téléphone.
- Speaker #0
J'avoue que de temps en temps, je regarde une série quand je suis sous la bouche.
- Speaker #1
Et c'est ce que j'allais dire. Et j'allais dire, et même maintenant, ce moment-là, il peut être un peu cannibalisé par des écrans aussi.
- Speaker #0
J'avoue, c'est terrible. Alors c'est quoi toi, parce que je sais que l'été, tu arrives à déconnecter complètement ton téléphone. Comment est-ce que tu arrives à justement contrôler ton utilisation du téléphone ? Moi, je sais qu'Instagram, c'est une catastrophe pour moi. Je suis obligée de supprimer l'application très régulièrement. Parce que dès que je l'ai dans mon téléphone, je suis hypnotisée, complètement aliénée par le téléphone. Toi, tu sais quoi, ta daily routine ?
- Speaker #1
Alors, j'ai plusieurs tips. Moi, j'ai déjà une application qui s'appelle OneSec. C'est incroyable. C'est une application qui peut s'associer à n'importe quelles applications, mais qui est plutôt pensée pour les réseaux sociaux et qui va créer en fait un temps de latence. Quand tu ouvres, donc là prenons l'exemple d'Instagram, tu ouvres Instagram, OneSec va t'ouvrir un écran noir et tu choisis le temps de latence. 3 secondes, 5 secondes, 8 secondes. Et donc tu as ce temps qui s'écoule. Et à la fin, sur l'écran, tu as est-ce que tu veux vraiment aller sur Instagram ? Oui, non. Et ensuite tu choisis le 1 temps. 5 minutes, 10 minutes. Donc si tu choisis 10 minutes, au bout de 10 minutes, cet écran va repoper avec encore 5 secondes, 10 secondes de pause. Et en fait, ça, ça permet surtout de perdre l'habitude. Moi, il y a des moments, je me retrouvais avec mon téléphone dans la main, Instagram ouvert. Je ne sais pas par quelle magie ça s'était passé. L'automatisme. Vraiment, l'automatisme. Et là, en fait, même si tu ne mets que 3 secondes. C'est là où tu vas vraiment pouvoir te demander, attends, pourquoi j'ai pris mon téléphone ? Parce que, en fait, je travaille sur un projet, là, j'ai pas envie, ça me saoule, donc j'ai pris mon téléphone, voilà, pour procrastiner. En fait, j'ai rien à y faire. Et dans le sens inverse, parfois, t'as envie d'aller sur Instagram et ça recrée de l'intention. Et le fait de choisir ton temps à la fin, c'est pas mal aussi, tu vois. Est-ce que c'est cinq minutes ? Est-ce que, tu vois, juste là, t'es en train de prendre ton petit café, tu vas scroller un petit peu, parce que ça te fait plaisir, c'est chouette. Est-ce que, en fait, moi, parfois, je vais m'inspirer aussi, tu vois, je vais regarder ce qui se passe. Donc là, ça va plus prendre peut-être 15, 20 minutes, je regarde. Ça donne, en fait, de la... Il y a de l'intention, en fait, tu décides.
- Speaker #0
Tu décides ton cadre.
- Speaker #1
Ouais. ça c'est fou et surtout ce qui se passe c'est qu'au début l'automatisme est là donc t'appuies sur Instagram, t'as l'écran noir qui arrive et tu te dis c'est pas vrai et en fait après ton cerveau il internalise le truc et donc t'appuies même plus parce que tu sais que tu vas devoir attendre donc en fait si t'as rien à y faire t'essayes même pas quoi franchement c'est fou c'est payant mais c'est vraiment c'est hyper accessible à l'année donc c'est chouette et Ensuite, moi, je crée beaucoup des modes sur mon iPhone. Donc, j'ai le mode Deep Work, où là, il n'y a rien qui passe, pas d'appel, pas de texto, pas de notification, sachant qu'on peut mettre des exceptions. Donc, par exemple, je pense aux gens qui sont parents. On peut mettre une exception pour l'école des enfants, pour la nounou, pour le... voilà. Et j'ai vraiment des modes pour tout. J'ai le mode lecture, le mode sport. Et là, on définit ses propres garde-fous, en fait. Et moi, quand je travaille, c'est deep work. Je vois pas WhatsApp, je vois pas Slack, je vois pas les SMS, je vois pas les appels, y'a rien. Et... Ensuite, l'idée de remplacer aussi le scroll par autre chose en fait. Moi j'ai toujours beaucoup lu, mais ces dernières années je lis énormément. Et en fait, quand j'ai cinq minutes, au lieu d'aller scroller, je prends mon livre ou je prends ma liseuse. La liseuse, ça veut vraiment dire qu'on est matrixé, mais comme ça a un peu l'apparence d'un écran. J'ai remarqué que pour moi, ça remplace mieux le téléphone qu'un livre papier. Alors je sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle. Je le dépose là juste, voilà, si ça peut inspirer certaines personnes. Mais en fait, si t'as rien pour remplacer le téléphone, tu vas toujours te retrouver dessus. Et récemment, j'ai découvert un concept que j'adore. Je vais essayer de faire une vidéo là-dessus aussi. J'ai vu ça dans une vidéo YouTube du hobby basket. Donc le panier à hobby. où tu te fais un panier et tu le mets dans les endroits où tu as tendance à scroller chez toi, donc près du canapé, près du lit et dedans, tu mets un carnet, ton bouquin, du coloriage, ton petit truc de crochet, d'aquarelle, ce que tu veux. Mais c'est prêt, c'est accessible là, aussi facilement que ton téléphone ou presque. Et ça permet de remplacer et de faire quelque chose de plus créatif, plus actif. Et là, je pense surtout à remplacer le scroll passif en fait, parce qu'il n'y a rien... je puise beaucoup de valeur aussi dans les réseaux sociaux. Mais moi, ce que j'essaye de combattre, entre guillemets, c'est plus ces moments où, en fait, tu fais rien, quoi. Tu retires rien, t'es là, les yeux... à moitié dans le vague, tu vois, franchement des fois, moi deux trois fois je me suis vue, t'es en train de te brosser les dents et t'es en train de scroller là et moi j'ai croisé mon propre regard dans le miroir, tu sais, avec limite le dentifrice qui te coule sur le menton et tu te dis mais mais qu'est-ce que je fais quoi ? Alors moi ça je le fais pas mais les gens qui font pipi avec le téléphone, tu te dis mais et on... Non mais et je dis ça sans jugement hein, mais tu vois tu... Franchement on se vérifère, tu vois, on se dit mais ça va pas là, on en est où ?
- Speaker #0
Alors ça me fait penser parce que tu parles des toilettes mais je crois qu'il y a des médecins qui expliquent que le transit est ralenti, enfin le transit dans le sens, l'expérience d'aller aux toilettes est ralenti quand on est sur son téléphone
- Speaker #1
Ouais bah je serais pas surprise Donc qu'est-ce qu'on fout avec notre téléphone ?
- Speaker #0
C'est pour ça qu'on reste une demi-heure, 46 minutes. En fait, ça marche pas. Tant que t'es en train de scroller, ça passe pas, quoi.
- Speaker #1
Mais moi, c'est plus ça, tu vois. Tous ces moments où, en fait, ça n'a plus de sens, mais l'addiction est tellement forte et c'est normal. Tous ces outils, ils sont faits pour nous créer l'addiction. Ça veut pas dire qu'on est faible, qu'on est... En fait, ils atteignent exactement le but visé, quoi.
- Speaker #0
Ce que je trouve intéressant dans ce que tu me dis, et ça me fait penser à une de tes... une de tes qualités que je n'ai pas, C'est ta capacité à faire plein de choses qui sont très bien pour toi, qui sont bonnes pour toi, mais qui pour moi deviennent ingérables au quotidien. Tu vois, moi je me disais, la morning routine parfaite, il faudrait que je me réveille, que je fasse un peu 10 minutes de stretching, 10 minutes de méditation, 5 minutes de journaling. Après, il faudrait que je fasse des abdos. Ensuite, il faudrait que je fasse le yoga du visage, peut-être un masque. J'ai l'impression que ta vie, c'est un peu ça.
- Speaker #1
Il faudrait que tu boives un matcha aussi.
- Speaker #0
Voilà, je ne boive pas le matcha. Mais tu vois, au moins le verre d'eau avec du citron pour bien detoxifier le foie dès le réveil. La morning routine, elle dure 3h30. Et c'est juste... Ça fait partie des choses où j'ai l'impression que toi, tu arrives à le faire. Évidemment, dans cet ordre et tous les jours, bien sûr.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Mais aussi, ça me fait penser à ça quand tu parlais de ce... C'était quoi ? Hobby Basket. Le... Moi, j'aime beaucoup peindre, j'aime beaucoup dessiner. Je n'arrive pas à m'y mettre parce que je n'arrive pas à justement me mettre cette heure parce que je n'ai pas envie de le faire juste pour 10 minutes. Donc, j'ai envie de m'installer. Il y a comme ce coup au déclenchement de l'activité. Alors que bien sûr, je vais trouver une heure pour scroller sur mon téléphone. Donc, les deux sont complètement dans le même monde. Mais toi, j'ai l'impression que tu as cette capacité
- Speaker #1
à intégrer des routines, à t'y tenir,
- Speaker #0
à faire toutes ces choses qu'on n'a pas forcément envie de faire quand il faut les faire, mais qu'on sait qu'ils nous font du bien. C'est quoi ta clé pour ça ?
- Speaker #1
Alors déjà, c'était intéressant quand t'as parlé de la morning routine. T'as dit, je sais que tu le sais en tant que coach, mais t'as dit il faut. Et en fait, tu vois, quand tu perçois le truc comme ta liste de cases à cocher, mais quel enfer ! On a déjà tellement d'injonctions dans la vie que clairement, tu vois, t'as pas envie en fait de dire allez, abdo, matcha, pilates, machin. Enfin, tu vois, moi, je le ferai pas non plus. Et alors, moi, je pense, il y a deux trucs que j'adore. Les petits pas, ma vie. Faire, tu vois, peindre dix minutes, oui, oui. Moi des fois je fais du coloriage cinq minutes en fait. Je me dis, rien que ça même si c'est tout petit ça fait du bien et comme toi j'ai quand même toujours au fond cette pensée de me dire non mais attends faudrait que je me pose, faudrait quand même, je peux pas faire ça, ça il me faudrait une demi-heure machin. Moi en fait quand j'étais dans ce mindset là, j'avais plus de hobby. Je faisais plus rien et puis du coup je prenais mon téléphone parce que c'était plus facile tu vois et même j'ai beaucoup cette vision aussi avec le sport moi je fais du pilates tous les jours à la maison parfois je fais 5 minutes Mais tu fais tous les jours Mais je fais tous les jours et en fait ça me maintient dans ce truc tu vois je garde le momentum en fait et je garde cette identité aussi d'être quelqu'un qui fait du pilates tous les jours et pour toutes mes routines j'ai le plan A et le plan B Le plan A c'est Bah le truc trop bien tu vois donc moi ma morning routine moi j'aime bien prendre mon temps le matin donc après j'ai aussi j'ai pas d'enfant donc ça aussi ça a quand même un gros impact sur la possibilité d'avoir du temps un petit peu extensible. Oui j'ai un chien qui me perçoit pas dans ma morning routine. Et du coup, j'ai vraiment, je dirais, si j'ai 30-40 minutes pour faire mon journaling, c'est vraiment une pratique que j'aime beaucoup. Tu vois, par exemple, moi, la méditation, maintenant, je fais de la méditation active avec une application que j'adore, qui malheureusement n'existe qu'en anglais, mais qui s'appelle Activations. Et ça, je le fais quand je me prépare. Et c'est des méditations qui sont spécialement pensées pour être associées à des moments de vie. Donc, tu as littéralement des méditations pour ce qui s'appelle getting ready. Donc, c'est vraiment fait. Ça te dit, prends le temps d'appliquer ta crème, ta skincare, ta voilà. Tu as des méditations quand tu marches, quand tu cuisines. Donc, tu vois, ça, c'est aussi un bon type pour les méditations quand tu cuisines. C'est fou. Ça t'invite à sentir l'odeur. la texture de ce que tu découpes, etc. Franchement, c'est génial. Et donc ça, c'est ma routine plan A, quand tout va bien. Et en fait, j'ai la routine plan B. Et la routine plan B, j'insiste, c'est pas la routine low cost. C'est juste autre chose.
- Speaker #0
Express.
- Speaker #1
Voilà. Et par exemple, ce matin, on se retrouvait... Pas super tôt, mais je devais déposer quelqu'un. Bref, je me suis couché tard. Plan B. Donc ce matin, j'ai fait des étirements. Donc on pourrait mettre dans la catégorie pilates, tu vois. Mais vraiment en pyjama, dans ma salle de bain, pendant 3 à 5 minutes. Mais pour moi, ça coche ma case mouvement, quoi. J'ai écouté ma méditation en me préparant. Ça ne m'a pas fait perdre de temps. Et voilà, j'étais attendue 5 minutes quand on se retrouvait, et du coup dans la voiture, je me suis mis une musique hyper apaisante, hyper sereine, et j'ai respiré. Voilà, plan B. J'aurais pu scroller sur mon téléphone dans tous ces moments-là.
- Speaker #0
Oui, c'est certainement ce que j'aurais fait.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, c'est toujours ce que je dis, en fait, la morning routine, il y a des gens qui me disent « Ah, mais moi, j'ai pas le temps d'avoir une morning routine. » Mais en fait, et je dis ça vraiment avec zéro jugement, mais se réveiller, prendre son téléphone, scroller, tarder à se lever et être un peu agacée, c'est une morning routine, en fait. C'est juste une morning routine qui n'est pas créée de manière consciente. Mais si c'est fait tous les jours, c'est ça la morning routine. Et c'est ok si c'est ce qu'on veut, il n'y a rien de mal avec rien. Mais la majorité des gens à qui je parle aimeraient mieux autre chose. En général.
- Speaker #0
C'est clair. Ok, plan A et plan B. Et du coup aussi cette idée, ce que je retiens, c'est cette idée de... Même 5 minutes c'est déjà bien.
- Speaker #1
Même une minute, c'est déjà bien. Je crois profondément que quand tu gardes l'habitude et le momentum, ce sera toujours plus facile, même si c'est qu'à base d'une petite minute. On l'a tous vécu. Moi, je courais beaucoup à un moment. Quand tu arrêtes de courir, tu reprends la course à pied. C'est l'enfer sur Terre et c'est vrai de toutes les habitudes.
- Speaker #0
Moi, je dis toujours que je préfère courir trois fois par semaine qu'une fois par semaine. Et les gens me prennent pour une folle, mais en fait, l'effort pour se remettre à la course 7 jours plus tard est tellement énorme que pour moi, c'est plus facile de faire tous les 2-3 jours. Et c'est tout à fait vrai. Alors, ça me fait penser à une des règles, je crois que c'était Gretchen Rubin, justement, qui avait sa 2-minute rules.
- Speaker #1
Ouais, c'est même 1-minute rules, je crois.
- Speaker #0
En tout cas, il y avait cette idée de... Si ça prend... Pour moi, c'était deux minutes parce que... Mais peut-être l'idée du lave-vaisselle. Genre quelque chose qui te prend moins de deux minutes à faire, il faut s'en débarrasser tout de suite. Et je l'ai vraiment intégré pour les trucs que j'ai pas envie de faire. Genre vider le lave-vaisselle. Et à chaque fois, je me dis, mais ça prend vraiment deux minutes. T'es pas obligée d'en faire tout un truc. Genre, il faut vider le lave-vaisselle. C'est drôle à quel point j'ai associé cette nécessité à quelque chose de très désagréable. Alors qu'en soi, ça prend vraiment pas beaucoup de temps. Et donc cette idée de, quand t'as quelque chose de pénible, si ça prend pas de temps, fais-le tout de suite. Mais j'aime bien aussi cette idée que tu me proposes de le faire pour des trucs cools. Fais-toi kiffer 2-3 minutes.
- Speaker #1
Clairement.
- Speaker #0
Juste offre-toi 5 minutes de kiff. Et j'aime bien aussi ce que tu me dis sur les méditations actives, parce que moi j'ai beaucoup de mal à me mettre en méditation. Je sais que c'est hyper important, que ça entraîne notre cerveau à rester hyper focus. que ça permet de faire redescendre le stress. J'essaie de faire de la respiration, je ne sais plus comment ça s'appelle, mais tu sais, en cinq minutes, ou la régulation, il y a une appli qui est géniale qui s'appelle la respiration. La cohérence cardiaque. La cohérence cardiaque, merci, c'est ça que je cherchais. Ça, je me l'impose de temps en temps, mais j'aime bien cette idée de faire des méditations actives et j'aime bien cette idée d'essayer de glisser quelques minutes de kiff, quelques minutes de plaisir. Ça, je vais essayer de le faire, du coup.
- Speaker #1
Trop bien, tu me diras.
- Speaker #0
Je te dirai. On a évidemment pris une tangente énorme. Je voudrais revenir à un autre événement qui a été fort dans ton parcours. C'est que tu parlais de ton mari, de Vincent, qui t'a rejoint à une époque. Donc, c'était une époque où il t'avait rejoint pour de la création de contenu ou c'était pour la création de votre marque ?
- Speaker #1
C'était à l'époque. C'était mon agent, en fait. Il gérait les collaborations, la relation avec les marques. Et il m'aidait aussi, quand même. C'était aussi mon photographe. J'ai réduit son périmètre, là. Il était agent et photographe.
- Speaker #0
Et donc, il t'a rejoint. Ensuite, en fait, c'est intéressant parce que vos parcours, finalement, ils ont été... Il y a eu un peu ce côté où vous avez travaillé ensemble, puis chacun de votre côté, après à nouveau ensemble. Et vous vous êtes toujours autorisé, finalement, à revisiter. vos besoins individuels et besoins de couple par rapport à vos carrières. Et il y a eu ce projet de marque de prêt-à-porter que vous avez monté ensemble et qui a été une expérience où il y a eu beaucoup de haut et de bas. Ça fait quelques années maintenant, mais qu'est-ce que tu peux nous dire avec le recul sur cette expérience ?
- Speaker #1
C'était une expérience qui était hyper intéressante et qui, moi, encore une fois, aider à me réaligner en fait. Donc on a créé notre marque qui s'appelait Solstice Edition en... On a dû la lancer en 2021, mais vraiment c'était un projet, toute la gestation je l'associe vraiment à la période de Covid. Et donc notre idée c'était de faire une marque très éco-responsable, de prêt-à-porter féminin, avec Peu de pièces, mais voilà, un peu le vestiaire, la robe qu'on a envie de porter tout l'été, le t-shirt, le pull, voilà. Et en fait, c'est drôle. Alors peut-être que les gens qui écouteront ce podcast seront surpris par ce que je vais dire, mais en fait, c'était vraiment la volonté de Vincent et pas vraiment la mienne en fait. J'ai jamais rêvé d'avoir une marque de prêt-à-porter. C'est vrai que même moi, ça me surprend un peu, mais vraiment pas du tout. Et Vincent, il aimait bien ce côté, voilà, lancer un business. Et moi, je me suis, alors, laissée embarquer, c'est un bien grand mot parce que j'étais quand même... Laissée tentée. Voilà, laissée tentée, exactement, parce que je me disais, ça peut être une nouvelle branche que je développe où je n'aurai pas besoin d'être investie à 100% sur le long terme. Quelque chose qui pourra vivre de son côté ou bien sûr, voilà, moi, je serai là. Mais j'imaginais peut-être passer 20% de mon temps sur ce projet-là. À terme et même assez vite, je me disais, bon voilà, je me mets à fond au début parce que ce sera nécessaire. Et puis après, je prends du recul.
- Speaker #0
C'était pas un projet qui était 100% dépendant ni de ton image ni de ton temps.
- Speaker #1
Exactement. Et ça,
- Speaker #0
c'est quelque chose qu'on aime bien envisager quand on est entrepreneur.
- Speaker #1
Exactement, exactement. Et en fait, c'était pas un projet passion, quoi. J'avais pas le feu sacré pour ce projet dès le départ. et je pense que Pour lancer un projet de marque de prêt-à-porter éco-responsable, déjà avec le feu sacré, il faut s'accrocher. Sans le feu sacré, c'est compliqué quoi. Et c'est vraiment le moment où là j'ai ressenti un grand désalignement. Je commençais à me dire que j'avais envie de faire une formation de coaching et du coup ça m'a vraiment poussée vers ça en me disant en fait c'est pas ça, moi j'ai pas envie d'avoir une marque de vêtements, j'ai envie de faire du coaching. Mais du coup, l'expérience qui a duré quand même au total deux ans, c'était très intéressant. Moi, je n'achète plus mes vêtements de la même manière. J'ai appris beaucoup de choses sur la confection, la fabrication, les matières. C'est vraiment un milieu qui est très, très, très opaque quand on veut faire les choses de manière éco-responsable. C'est des embûches sur la route, mais chaque...
- Speaker #0
pas il y a un croche-pied derrière il y a eu un peu de désillusion de votre part parce que vous vouliez vraiment avoir une offre qui était alignée avec vos valeurs alignée avec un sourcing de qualité et vous vous êtes rendu compte que c'était presque mission impossible très
- Speaker #1
dur et en fait très opaque et du coup des fois on se dit génial ça c'était vraiment le choix le plus éco-responsable c'est super en fait tout s'est passé en Europe Et en fait, à un moment, je sais pas, tu visites l'usine ou tu parles à quelqu'un, machin, et qui dit « Ah ouais, non mais ça, en fait, à la base, le tissu, il est passé par ici, par machin. » Donc ouais, de la désillusion. Et en fait, moi, c'est simple. Pour moi, ce projet, mon job dans ce projet, c'était de gérer des problèmes. Tous les jours. Le rêve ! Tous les jours, c'était de la gestion de problèmes. On faisait des beaux cartons, des beaux imprimés. On recevait le truc, tout était imprimé à l'envers. En fait, j'avais vraiment... C'était un moment où j'avais limite plus confiance à l'humanité. Et tu te dis... Mais en fait, est-ce qu'il y a des gens qui ont encore du bon sens ? Quelque part. Vraiment, moi, ça m'a... Ça m'a usé quoi ? Ça m'a... Ouais.
- Speaker #0
Et c'est une période, juste pour remettre dans la chronologie, on est juste après ton burn-out. En plus. T'es en train de te reconstruire, de te re-solidifier. Donc, c'est une phase aussi où... T'as envie de te faire du bien et pas du mal.
- Speaker #1
Clairement. Et ça a quand même été dur d'arrêter, parce que, voilà, vraiment aussi remettre en question cette pensée que quand t'arrêtes quelque chose, c'est un échec. Et en plus, nous, ça marchait très bien. Mais financièrement, c'était pas un échec. Pas du tout. Vraiment, nos pièces se vendaient super bien, on a fait des t-shirts, des pulls qui ont été sold out tout de suite. que la majorité de mes amis ont, et je les vois encore avec, et ça me fait trop plaisir. Moi, je les porte beaucoup encore. J'étais vraiment très fière de ce qu'on avait créé aussi, donc ça, c'est super. Et du coup, bah ouais, décider d'arrêter quelque chose quand ça fonctionne, c'est étrange, c'est surprenant, c'est... Voilà. Mais je me rappelle encore du jour où Vincent m'a dit « Mais tu sais, on peut arrêter si tu veux. »
- Speaker #0
Je ne peux pas te dire, je le ressens encore, le soulagement. J'imagine une espèce de cascade d'eau tiède, scintillante qui me coulait dessus, de me dire, je peux ne plus ressentir ça au quotidien. Parce que ça prenait l'immense majorité de mon temps, mais j'avais toujours mon autre business à côté.
- Speaker #1
Et puis Vincent était dépendant du coup de cette activité-là, parce que...
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
C'était devenu... Tout à fait.
- Speaker #0
Et ce dont je n'ai pas parlé aussi, c'est qu'il y a eu cette belle synchronicité de Vincent qui, quelques semaines avant qu'il me dise cette phrase de tu sais, on peut arrêter, me dit, ah tiens, c'est drôle, je viens de voir passer sur LinkedIn une offre dans mon ancienne boîte. Si je cherchais un job, ce serait le job de mes rêves.
- Speaker #1
Tiens, tiens, tiens.
- Speaker #0
Ouais. Et là, je me suis dit, OK, ben, je pense que quand l'univers t'aligne toutes les planètes et te les présente sur un plateau d'argent, Tu tends la main, quoi.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et du coup...
- Speaker #1
Ça a facilité la transition.
- Speaker #0
Ouais. Et moi, j'aime bien les signes. Ça me rassure. Et là, je me suis dit, attends, c'est un signe aussi, ça. Et donc, ouais, ça a facilité. Mais une fois de plus, j'étais hyper alignée parce que quand vraiment j'ai ressenti ce soulagement, je me suis dit, ok, bien sûr, c'est ça la bonne décision, quoi. Donc non, et au final, ça nous a remis dans une autre dynamique aussi de ne plus travailler ensemble. Et aujourd'hui, on aime bien, on travaille toujours plus ensemble, même si là, on reparle quand même de créer peut-être à nouveau quelque chose de plus petit, de plus... mais voilà, c'est quelque chose dont on parle. Mais c'est aussi sympa d'avoir chacun son périmètre. Moi, ça m'a fait aussi beaucoup gagner en confiance en moi, je pense, d'être seule à prendre mes décisions, de... voilà. Même s'il n'y avait pas de notion de hiérarchie, où j'étais tout à fait libre de mes décisions, mais comme on était à deux, il y avait toujours ce côté de « t'en penses quoi ? » Sur certains aspects, m'en remettre à lui en me disant « il doit avoir une meilleure vision que moi sur ce point-là » . Et là, de vraiment reprendre le pouvoir sur tout, même les choses que j'avais un peu abandonnées, notamment la comptabilité que je détestais faire. En fait, c'est hyper important. Je déteste toujours faire ma compta, mais c'est... Je veux avoir cette vision sur ce qui se passe financièrement dans mon entreprise. Et au final, on aime bien aujourd'hui pouvoir se dire le soir, alors t'as fait quoi ? Il s'est passé quoi de ton côté au travail ? Ouais, c'est plus aligné pour nous.
- Speaker #1
Ces deux années, je me rappelle que même si tu as mis du temps finalement à t'avouer que tu voulais pas le faire, je me rappelle que tu avais vraiment conscience de... de ce poids et de comment t'étais un peu dans la résistance aussi intérieure. Est-ce que tu... Parce que moi, je l'avais un petit peu ressenti. Est-ce que tu ressentais de la culpabilité aussi de ne pas bien vivre cette expérience qui, aux yeux du monde, était l'expérience parfaite, et toi, d'avoir ce tel décalage avec ton propre ressenti ?
- Speaker #0
C'est intéressant. Je me l'étais jamais dit, mais oui, je pense. Parce que... lancer une marque comme ça et que ça marche super bien, bah, c'est pas donné à tout le monde. Alors, j'avais la visibilité, forcément, avec tout ce que j'avais construit avant, mais ouais, ouais, je pense que t'as raison, en effet. Une part de culpabilité en me disant « Attends, c'est le projet parfait, là, t'as de l'or entre les mains... » « Tu devrais kiffer. » « Ouais, ouais, tu devrais kiffer. » Ouais. Et c'était pas le cas, quoi. Moi, vraiment, j'avais l'image, tu vois... Les comédies romantiques, tous ces films des années 2000 où j'allais faire mon mood board avec mes petites matières, découper dans les magazines, faire mes trucs dans la réalité.
- Speaker #1
Et voir les premiers prototypes, être en mode « Ah, c'est trop bien ! »
- Speaker #0
La réalité, c'est que je recevais les protos. ça n'allait pas, on faisait tester sur des mannequins qui faisaient différentes tailles, des tailles différentes de la mienne, moi c'était trop court au manche, trop serré à la taille sur une nana qui faisait une autre taille c'était trop lâche à la taille trop long au manche, sur quelqu'un d'autre c'était encore autre chose et cette espèce de frustration moi j'ai des pièces solstice que je ne peux pas porter moi-même parce qu'elles ne me vont pas par exemple, mais qu'on avait décidé qu'elles allaient aller à la majorité des personnes parce que Merci. Moi, j'ai des grands bras, des grandes jambes, plus grands que la moyenne. Donc du coup, moi, j'ai des trucs qui m'arrivent beaucoup trop courts. Trois quarts. Et ça, c'était dur comme arbitrage aussi, tu vois, de te dire, et ça a été le cas, des gens qui disent « moi, ça ne me va pas, je suis hyper déçue » . En fait, il y avait beaucoup de frustration quand même de beaucoup de côtés.
- Speaker #1
En tout cas, tu as eu du coup le courage et vous avez eu l'intelligence dans votre couple de trouver une sortie de cette situation. Et maintenant, comment est-ce que tu envisages le développement de ton activité ? Donc tu parlais beaucoup du coaching, ça prend quelle place dans ta vie aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors du coup, moi maintenant j'imagine un peu mon... Je mets le coaching et mon podcast Art de Vivre dans le même segment un peu, qui est mon segment développement personnel. Et puis de l'autre côté, je vais plus mettre mes réseaux sociaux, ma newsletter aussi, où là il y a quand même un petit peu plus de... lifestyle, il y a de la mode aussi. Et je dirais qu'aujourd'hui, c'est à peu près 50-50 si on met podcast et coaching et puis de l'autre côté, création de contenu. Et j'adore cet équilibre. C'est assez... Oui, comme je te disais tout à l'heure, ça m'a redonné en fait du sens dans mon activité de création de contenu. Je n'étais pas en perte de sens non plus. Mais je sais pas. Ouais, voilà. Ça m'a vraiment fait du bien. Et ce côté, avoir des interactions en coaching, en one-to-one, hyper privilégié, hyper intimiste, privé, en fait, aussi, d'avoir une partie de mon business qui est invisible, c'est... J'aime bien.
- Speaker #1
Bon, j'en vois encore 20 milliards de questions, mais je vois le temps qui défile. On va arriver à la fin de l'épisode. J'ai trois questions rituelles. Oui. La première, c'est je t'offre le panneau publicitaire que tu veux. On va dire qu'il est à Bordeaux parce que c'est ta ville de cœur aujourd'hui. Tout le monde passe devant, c'est ton message au monde, qu'est-ce que toi t'as envie d'y mettre ?
- Speaker #0
Je dirais de... Mon message ce serait de pas avoir peur de ce qu'on peut trouver à l'intérieur de soi. En fait, d'aller chercher qui on est. qui on veut être, de ne pas avoir peur de renouveler son identité tout au long de sa vie. C'est normal de ne pas être la même personne à 20 ans, qu'à 45 ans, qu'à 60 ans. Et de, pour moi, apprendre à se connaître, ça crée de l'épanouissement personnel, mais aussi l'impact qu'on a sur les autres, en fait, pour ne pas continuer à perpétrer des comportements parfois toxiques qui se transmettent de manière générationnelle ou dans des cercles. ou dans des tu vois... Quand tu te connais, quand tu sais qui tu es, t'es aussi à l'écoute de qui sont les autres. Moi, ça, c'est vraiment, pour moi, le truc à faire, en fait. On a peur de ce qu'il y a à l'intérieur. On se dit, est-ce que je vais ouvrir la boîte de Pandore ? Parfois, il y a des trucs à faire sortir qui sont pas jolis, mais c'est toujours pour le meilleur. Toujours.
- Speaker #1
Et surtout, le fait de les faire sortir, ça leur enlève du pouvoir.
- Speaker #0
Tellement.
- Speaker #1
Donc, ils deviennent... plus inoffensif.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Ok, donc ne pas avoir peur d'explorer. C'est intéressant que tu dises ça parce que, je le disais au début de l'épisode, toi tu as cette curiosité naturelle qui est très forte. Tu as toujours ce regard sur ce qui se passe, cette capacité à les dénicher, à les chercher et donc tu l'as vers l'extérieur mais tu le fais aussi vers toi pour plus d'épanouissement. Ok, merci. Deuxième question, tu voyages dans le temps, tu te retrouves face à Daphné dix ans, qu'est-ce que tu as envie de lui dire ?
- Speaker #0
Dix ans, donc là Daphné elle a vingt-sept ans, ok.
- Speaker #1
Non, non, Daphné elle a dix ans. Ah,
- Speaker #0
elle a dix ans, oh oui, pas dix ans dans le passé, ok, ok. Qu'est-ce que je lui dirais ? Je lui dirais de continuer à explorer sa créativité et sa curiosité, que c'est toujours ce qui la guidera, lui rendra service. Je lui dirais qu'elle va réussir à construire une vie qui va être trop cool, avec des challenges, dont des gros challenges comme toutes les vies, mais qu'elle va réussir à construire la confiance qui fait qu'elle va pouvoir traverser tout ça. Et que la vie va être chouette, quoi, si elle le décide.
- Speaker #1
Tu parles de confiance. Est-ce que toi, t'as manqué de confiance en toi ?
- Speaker #0
Je pense qu'on a tous des moments ou des zones, des domaines de vie où on manque de confiance en nous. Mais globalement... J'ai un peu ce truc profond que j'ai en moi de me dire que je vais toujours réussir à trouver une solution. Et ça, ça me crée de la confiance en fait. Je me dis souvent, écoute, je suis capable, je vais trouver une solution. Je sais que s'il y a des sacrifices à faire, je serai prête à les faire. Je sais que s'il y a des pensées à remettre en question, des choses à traverser, des choses dures à mettre sur le tapis, à comprendre. je vais pouvoir le faire et Dieu sait que je l'ai fait. Et ça, ça me donne de la confiance en fait.
- Speaker #1
Ça rassure. sûr en fait, c'est-à-dire ça va aller.
- Speaker #0
Ouais. Et je me le dis pas tu vois, ça va aller. Non, non. Je sais que ça va aller. Pas parce que je vais faire en sorte que ça aille. Oui,
- Speaker #1
en plus tu vas faire le boulot. Dernière question. Si t'avais pas peur d'échouer, quel projet tu lancerais demain ?
- Speaker #0
Si j'avais pas peur d'échouer, quel projet je lancerais demain ? Alors là, comme ça, c'est drôle, il y a un truc qui me vient. Je ne sais pas s'il y a une peur d'échouer associée, mais je me dis... Mais en ce moment, je prends tellement de plaisir dans la lecture et je me rends tellement compte de tout le positif que ça crée, notamment dans mes relations, parce que j'ai remis plein de gens autour de moi à la lecture. Et du coup, c'est vraiment devenu un espèce de socle de connexion avec plein de gens de ma famille, de mon entourage. Et moi aussi, j'ai eu une période où je lisais que du développement personnel. Et maintenant, je lis moins de développement personnel. J'en lis toujours. Je lis beaucoup plus de fiction. Et notamment vraiment de la fiction, de la fantaisie, de la science-fiction, de la... Et en fait...
- Speaker #1
J'ai appris un mot l'autre jour avec toi.
- Speaker #0
La dystopie.
- Speaker #1
C'est ça, là. Ouais.
- Speaker #0
Et en fait... Je retire... Alors, je vais prendre l'exemple de la fantasy. C'est toujours... Moi, ce que j'aime bien, c'est vraiment des héroïnes féminines. Et en fait, elles sont hyper fortes, hyper inspirantes. C'est des badass. Souvent, elles sont hyper féminines aussi. Elles vont aller genre un bal avec leur robe incroyable et leur diadème. Et après, elles sont en cuir de guerrière. Et en fait, ça, ça m'apprend tellement de leçons aussi sur... La résilience, le courage, les relations humaines. Tu vois, des fois, tu as ce truc, on appelle ça le trope de la fin de famille, donc de ta famille que tu te composes toi-même. Donc, c'est beaucoup ça dans les livres de fantaisie, sur la beauté des relations humaines, la vulnérabilité. Et donc, bref, tout ça pour te dire que la lecture, c'est tellement fort que là, je me dis, j'aimerais trop avoir mon petit bookshop, Tu vois, ma petite librairie avec mon petit... café à côté et je ferai des événements, des book clubs, des... Et je sais pas, enfin si, c'est un peu une peur d'échouer quand même. Je me dis, oh, ça va pas marcher, c'est trop dur. Qui viendrait ? Ça va être compliqué, ça va... Donc, oui, clairement, la peur d'échouer, quoi. Peut-être que je le ferai un jour,
- Speaker #1
hein. En tout cas, je le vois trop bien. Tu viendrais ? Ah mais grave ! Grave. En fait, en vrai, Alors tu vois, ça fait partie de ces trucs, quand je vois les livres que tu lis, parfois je me dis mais qu'est-ce que c'est qu'elle lit ? Non mais c'est quoi ce délire ? Et dernièrement, j'ai suivi des recos de tes livres. Et du coup, maintenant, quand je suis à la FNAC et tout, je suis là, attends, c'est quoi déjà dans l'Instagram de Daphné le livre dont elle avait parlé ? Et c'est vrai qu'il y a une vraie... Enfin, t'as un vrai truc de dénicheuse. Pour moi, t'as ce talent-là et tu trouves des trucs complètement chelous parfois. À la fois, il y a du travail. Je pense notamment à ta shopping list, ta liste de cadeaux que tu fais toujours pour Noël. Qui est toujours mes pépites.
- Speaker #0
J'y passe du temps.
- Speaker #1
Tu passes énormément de temps et je trouve toujours des idées cool pour notamment mon mari. Parce que tu fais un beau boulot de dénichage d'idées cadeaux pour hommes. Mais voilà, t'as ce côté, vraiment, toi, tu trouves de l'or. Et la première fois où tu sors, alors c'est pas de l'or, justement, ça va être des cailloux chelous, des sortes de pierres pas vraiment précieuses. Et puis au début, moi, je les vois et je suis en mode, mais moi, j'aime pas trop ces trucs et tout. Et quand je rentre dans l'expert, je dis, en fait, c'est ça. C'est comme les puzzles. Mais non, mais c'est comme les puzzles. Enfin, t'as vraiment... Enfin, moi, je vous invite à aller découvrir le conte de Daphné pour notamment ses conseils lecture et à aller suivre. Autour de Noël, vous aurez des super idées. Il y a plein de choses très intéressantes et très pointues dans ce que tu fais. Donc, vraiment, bravo. J'aimerais trop aller dans ton bookshop. Je propose qu'on fasse un événement. On fera des trucs trop cool là-bas. Il y aura des belles mugs.
- Speaker #0
Ça, c'est sûr.
- Speaker #1
Le seul truc, je suis sûre, c'est que tu ne mettras pas une boule à facettes.
- Speaker #0
Écoute, pour ton événement, on la mettra.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Daphné. Avec plaisir, c'était trop sympa. Et vraiment, suivez Daphné sur tous les réseaux et écoutez son podcast Art de vivre. C'est une pépite, comme tout ce que fait Daphné. Merci Daphné. Merci à toi d'être restée jusqu'au bout. J'espère que cet épisode t'aura plu, intrigué, inspiré. Et n'hésite pas à le partager, ainsi que de laisser une évaluation, un commentaire. Ça aidera énormément le podcast à être plus diffusé. Merci et à très bientôt sur The Patron Podcast.