- Speaker #0
Hello, moi c'est Myriam, bienvenue sur le podcast T'inquiète je me débrouille où on explore ce moment où l'on découvre les galères de l'âge adulte et qu'on doit les gérer. Toutes les deux semaines, j'échange avec des personnes au parcours réel et aux expertises utiles pour nous donner un autre regard sur cette période de vie floue.
- Speaker #1
Welcome to the real world ! It sucks ! You're gonna love it !
- Speaker #2
Je sais pas quoi faire, j'ai besoin d'un adulte ! Je suis un adulte ! J'ai besoin d'un adulte et plus d'adultes ! Comment on devient adulte ? Je sais pas, j'ai l'impression que quand on était enfant, juste on jouait aux adultes, et après on s'est pris trop sérieusement au jeu.
- Speaker #3
Faut juste que je trouve un moyen de grandir sans pour autant devenir aussi assommante que les adultes.
- Speaker #2
We're adults, when did that happen and how do we make it stop ?
- Speaker #0
Hello et bienvenue dans le podcast T'inquiète je me débrouille, le podcast qui raconte les débrouillards pour aider celles et ceux qui avancent dans la vie sans avoir reçu de mode d'emploi, c'est le lot de tout le monde. Merci à vous de nous écouter, de nous regarder, vous êtes de plus en plus nombreux à nous écouter, donc merci pour ça, j'en suis très reconnaissante, je vous en remercie. Aujourd'hui notre invité est... Hector Ballas, un aventurier alpiniste. Dernièrement, tu étais en expédition avec une équipe sur un voilier, si je dis pas de bêtises. Ouais,
- Speaker #2
c'est ça.
- Speaker #0
Jusqu'au Groenland, tu es multi-entrepreneur également. Tu as fait l'ESSEC, une école des commerces plutôt reconnue sur ce thème-là. Puis tu as monté ta première entreprise sur l'orientation, puis une deuxième sur l'apprentissage de l'alpiniste et une troisième sur comment faire de son vélo son meilleur allié. Merci d'être avec nous, Hector. Moi, j'ai voulu t'inviter aujourd'hui parce que je trouve qu'on manque un peu tous d'aventures dans nos vies. On a un peu ce mythe de l'aventure, de la liberté. Et que toi, tu la vis sous plusieurs formes. Ta forme entrepreneurielle, mais aussi dans la vraie vie, sur plusieurs sports. Et j'ai vraiment envie de comprendre comment tu conçois l'aventure et comment concrètement on fait de sa vie une aventure. Voilà, c'est un peu la thématique que je voulais aborder avec toi. Parce que tu vois, on est plusieurs dans notre job. On rêve de partir trois mois en Australie en se disant « je suis qui te touche, je pars » , etc. Et je voulais vraiment me dire, c'est un sujet important, qu'on rêve, qu'on a le fantasme. Et donc, je voulais vraiment aborder ce sujet-là avec toi. Ça te convient ?
- Speaker #2
Ouais, c'est parfait, merci.
- Speaker #0
Pour commencer, il y a ceux qui nous écoutent en nous l'habitude. Je pose cette question, s'il y avait une expression française, un titre d'un film, d'une chanson, peu importe, ou une phrase qui te permettait de te présenter, ça serait laquelle ?
- Speaker #2
C'est une question, mais j'y ai un peu réfléchi, et peut-être que ça pourrait être à l'impossible, nul n'est tenu. Dans le sens où, en fait... Personne ne te blâmera d'avoir raté quelque chose qui est extrêmement compliqué à faire, d'être très complexe. Mais par contre, même si tu rates à ce moment-là, tout le monde te félicitera. En disant, en fait, ce n'est pas grave, tu as tenté quelque chose. Moi, je me souviens d'une petite histoire assez amusante où on est parti. C'était à l'époque où je faisais extrêmement peu de voile. On est parti avec ma copine à l'époque, qui est devenue ma femme, et deux copains. Et on est parti naviguer à un moment où il y avait un peu de mer. C'était un peu trop de vent, c'était un peu violent. Et très difficile de sortir du port. Et au moment de faire la manœuvre du port, au moment de se coordonner, c'était un échec un peu cuisant. Résultat, l'hélice du bateau s'est retrouvée coincée sur l'amarre d'un des bateaux du coin. Et le coin s'est retrouvé complètement pris par le vent qui nous poussait contre un autre bateau. Et là, panique à bord, qu'est-ce qu'on fait, etc. Et au final, il y a un gars du port qui est arrivé avec un petit bateau, qui nous a donné une autre amarre. Et puis là, on s'est retrouvés bloqués en plein milieu, mais au moins, on était bloqués. Et là, il y a un monsieur avec son fils qui sont arrivés à côté. Ils ont dit, il n'y a plus qu'à.
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #2
Il n'y a plus qu'à, correct. Il faut sauter à l'eau. On était en novembre et donc, on s'est retrouvés en slip sur le pont à sauter à l'eau pour aller essayer de couper les bouts qui s'étaient coincés dans l'hélice. Et en fait, il ne m'a pas du tout regardé en mode, tu as fait n'importe quoi. Il m'a regardé, regarde, tu es sorti. Et en vrai, il avait raison. Je me souviens de ce moment parce que... C'était quand même un moment où personne ne sortait parce que les conditions étaient un peu atroces. Mais en fait, on l'avait quand même fait. Et il n'était pas du tout en mode, tu as fait n'importe quoi. Il était en mode, en vrai, tu es sorti, tu as risqué. Et puis voilà, ce n'est pas grave, en fait. Tu n'as que de la fricolade.
- Speaker #0
De toute façon, je trouve que chaque erreur, il y a toujours un apprentissage. Et de toute façon, il y aura toujours un monsieur ou quelqu'un qui te dira, non mais t'inquiète, ce n'est pas grave, tu es sorti de ta zone de confort. En tout cas, tu es sorti. Oui, exactement. Tu es sorti. C'est vrai que là, c'est un bon exemple. Merci de nous avoir partagé cette histoire parce qu'effectivement, c'est... C'est pas... Je pense que c'est une expérience qu'on a tous vécue, tu vois ? Parce qu'on peut vite se sentir paniqué et se dire, qu'est-ce que je fais ? Est-ce que tu te considères comme un aventurier ?
- Speaker #2
Pas nécessairement. Alors après, est-ce que je vois ma vie comme une aventure permanente ? Sans doute, un peu. Et c'est ça qui m'amuse. Me mettre intentionnellement dans des situations compliquées et essayer de les résoudre. Mais est-ce que je vois ça comme de l'aventure ? Je sais pas. Je dirais que c'est plus comme ça que je vais m'amuser et que je vais m'y retrouver. Peut-être que c'est l'aventure, je sais pas.
- Speaker #0
Quand tu dis que tu te mets dans des conditions difficiles pour t'en sortir, par exemple, c'est quoi ?
- Speaker #2
Ça, c'est peut-être... Une des choses que je... C'est vraiment ma manière de fonctionner, c'est j'aime bien mettre dans une situation où je suis obligé d'apprendre, où je suis obligé d'être un peu dans un état critique pour avancer. J'en sais rien, mais par exemple, s'il y a un truc que je n'arrive pas à faire, par exemple, si je me dis qu'il faudrait que je me mette au sport, ou qu'il faudrait que j'améliore mon cardio, je vais m'inscrire à un... Un marocain ? Un 90 km de trail. Et voilà, maintenant, c'est trop tard. Je suis obligé d'assumer.
- Speaker #0
Tu te traquenardes un petit peu. Ouais,
- Speaker #2
je me traquenarde.
- Speaker #0
Je dis ça parce que l'épisode qui est sorti hier, le 6 octobre, où il y avait Julia sous moi, et pareil, elle disait, moi je me traquerne pour réussir à faire quelque chose. Sinon, effectivement, c'est ça qui me motive. J'ai l'impression que c'est un peu, c'est une entrepreneur également. Je pense que c'est un peu le lot d'entrepreneurs de se dire, je me traquenarde. Mais c'est aussi, tu vois, je pense que c'est un trait de personnalité au-delà de l'entreprenariat. C'est même parfois un trait de personnalité en disant, je vais me piéger. Pour me dire, en fait, je veux m'améliorer sur une thématique personnelle. Je vais me piéger sur cette thématique pour m'en sortir. Parce que sinon, je suis tranquille au pilou dans mon petit canapé.
- Speaker #2
Ouais, je suis 100% d'accord avec ça. Quand on a décidé de partir au Groenland avec mon copain, avec qui on l'a fait.
- Speaker #0
T'es parti à deux ?
- Speaker #2
Non, on est parti à six. Mais en fait, on a construit le projet avec un ami. Et la première étape de ce projet, c'était, rendons le concret, achetons un bateau. Et à partir du moment où tu as le bateau, il faut assumer.
- Speaker #0
C'est un projet personnel, on est d'accord. Ce n'est pas un projet professionnel où tu t'es dit, il faut que je le rentabilise, etc.
- Speaker #2
Oui, il n'y a pas de logique. D'accord.
- Speaker #0
De te dire, je me piège pour aller vers ce truc où je vais vraiment aller jusqu'au Groenland. D'ailleurs, j'aimerais faire un flashback vraiment sur... Comment tu viens de le dire, ta vie, tu veux qu'elle soit une aventure. Mais comment... Tu dis, je vais faire du voilier, je vais faire de l'alpinisme, je vais faire du vélo. Je me mets dans ces situations qui me demandent de dépasser mes limites, d'aller vers ce genre d'aventure. L'entrepreneuriat, je peux l'entendre parce que tu as un profil d'école de commerce, etc. Mais sur ces sports-là, comment tu dis, je vais aller vers ce type d'aventure et peut-être pas d'autres ?
- Speaker #2
Je pense que je ne suis pas... Le gars le plus cérébral du monde. Je ne me pose pas mille questions avant de faire les choses. C'est plus, j'ai envie de le faire, je le fais. Et donc, je me retrouve rarement face à « Ah, mais il y a trop de trucs à faire. » En fait, non, j'ai une idée, je la fais, et puis on verra après. Et j'arrive assez bien à me mettre des œillères sur les autres projets. Non, là, j'ai pas le temps, je ne fais pas ça. Même si, en réalité, avec l'IA et tout ce que ça permet, je commence à avoir une sorte de boulimie des projets. Et d'ailleurs, le projet Groenland, j'étais parti en mode, ça serait génial si j'arrive à sortir de cette boulimie, de dire trop oui à tout.
- Speaker #0
C'est ton plus gros challenge aujourd'hui ? D'être un peu plus focus ?
- Speaker #2
Je dirais que ça fait partie du challenge, ouais. Je pense qu'on peut-être a une critique qu'on pourrait me faire.
- Speaker #0
Dans chacune de tes entreprises, tu mets au cœur d'elles l'éducation. Vraiment, l'apprentissage, l'éducation, même tu l'as dit, tu as envie d'apprendre, de te mettre dans ce genre de situation. En ce qui concerne l'école, on n'a plus forcément un peu cette injonction à l'apprentissage, de se dire j'apprends, je continue à apprendre, je continue à ouvrir mon esprit et avoir cette curiosité intellectuelle. Quelle place, toi, on devrait donner dans l'apprentissage dans nos vies ?
- Speaker #2
Je ne sais pas si on devrait donner quoi que ce soit. Je pense que chacun est différent et chacun décide pour lui-même comment est-ce qu'il a envie de grandir. Je dirais que, en fait, je pense que moi, ça m'amuse énormément d'apprendre. En fait, je trouve que me retrouver dans une situation où tu as l'impression d'acquérir de nouvelles compétences, d'aller vers l'autonomie dans différentes situations, moi, ça m'éclate. Je trouve ça absolument génial. Je trouve que c'est comme ça que tu construis des liens hyper forts avec tes amis, avec ta femme, avec tes enfants. Mais je pense que c'est l'apprentissage qui fait que tu construis quelque chose beaucoup. Et donc, c'est vrai que moi, c'est ce qui m'amuse le plus. Aller vers l'autonomie dans certaines situations. Par exemple, je n'aime pas trop le côté scolaire. j'ai jamais pris de guide de haute montagne pour faire une course par contre j'aime bien le faire avec des copains qui sont meilleurs que moi ou alors faire une course où c'est moi le meilleur sachant qu'au début il fallait vraiment être très débutant pour que je sois meilleur que toi mais j'adore me mettre dans cette situation où il va falloir que tu te débrouilles tout seul il va falloir que tu utilises dans toute ta besace tous les outils que tu as pour te débrouiller et faire les choses quand même parce qu'il va falloir que tu t'en sortes Je ne sais pas, je trouve qu'il y a un côté hyper galvanisant là-dedans, dans l'apprentissage.
- Speaker #0
C'est quoi le meilleur ? C'est d'être le plus bête dans la pièce ou d'être le plus intelligent dans la pièce ?
- Speaker #2
J'imagine que ça dépend de la pièce.
- Speaker #0
Quand je dis bête, tu m'entends, tu as le moins compétent, sur un truc, etc.
- Speaker #2
Je pense que ça dépend qui t'es, en fait, dans la pièce. S'il y a des gens qui font confiance au diplôme, je caricature, si ta légitimité est construite par le diplôme dans un endroit, parce qu'il y a plein d'environnements où c'est ça, t'as plutôt intérêt à avoir le bon diplôme. Sinon, personne ne te prendra au sérieux. À l'inverse, si tu arrives et que tu es dans un endroit où les gens se font confiance par rapport à ce qu'ils font et à comment ils réagissent aux situations, c'est cool d'être le plus bête parce que tu as une course d'apprentissage qui est phénoménale.
- Speaker #0
Quand tu dis avec un copain, on est allé, on s'est dit, on construit le projet, on achète le bateau, etc. Pourquoi tu as voulu faire des expéditions ? Qu'est-ce que tu cherchais ? Pourquoi des expéditions ? C'est un mot qui est un peu... limite inconnue du grand public en se disant, à part Mike Horn, on ne sait pas trop ce que c'est une expédition. Tu vois ? Pourquoi ?
- Speaker #2
Alors, je pense que la réalité des choses a fait que juste, on a rigolé avec un copain et on s'est dit, ah, ça pourrait être rigolo, faisons ça. Je pense que ça, c'est la réalité. Et après, comment est-ce qu'on peut le narrer à post-theorie et post-conceptualisé et tout ça ? Je pense qu'il y a aussi une recherche de limites, d'aller percevoir ces limites. C'est-à-dire, est-ce que... Faire un voyage de trois mois envoyé en Arctique pour aller faire de l'alpinisme. Est-ce que vous ne pouvez pas aller toucher un peu les limites dans un endroit hyper sauvage où il y a beaucoup d'engagement, où il n'y a personne qui pourrait te sauver si tu fais n'importe quoi ou s'il se passe quelque chose ? Et je pense que c'est ça qu'on a cherché. Et c'est assez amusant parce qu'en fait, on a quand même bien préparé cette expédition. Et en final, on ne les a pas trop atteintes. Et donc, la conclusion de ça, c'est quoi ? Est-ce que... Tu vas chercher plus loin, tu vas chercher d'autres limites, et j'ai l'impression que c'est un peu le pattern qu'on peut revoir sur Mike Horn par exemple, mais aussi pas mal d'explorateurs ou d'athlètes de haut niveau en alpinisme, en vol. C'est ok, j'ai fait le Vendée Globe, c'est quoi la suite ? Parce que là j'ai un peu atteint une sorte de limite, mais en même temps je me rends compte qu'en revenant, c'était pas si extrême que ça, sur certains aspects bien sûr.
- Speaker #0
Est-ce que comme c'était moins extrême, c'était moins plaisant ?
- Speaker #2
Non, non, je dirais que c'est très différent. Je pense que le mot plaisant, il ne convient pas forcément aux situations extrêmes. Non, parce que le moment où c'est extrême, c'est dur, quoi. C'est fatigant, tout est plus compliqué. Je me souviens de moments où, quand la mer est agitée, même manger, c'est dur. Même dormir, c'est dur. Même discuter, c'est dur. Même juste être là à rien faire, c'est dur. Donc, tu vois, je dirais que ce n'est pas plaisant, le mot. C'est plus... Sur le moment, c'est dur, tu vis quelque chose. d'intéressant, de puissant. Et quand t'as fini, là, c'est... Là, tu te dis, ah, c'était chouette. Et pourtant, sur le moment, t'es pas forcément chouette.
- Speaker #0
Ouais, c'est un peu sérieux où tu te dis, en fait, c'était chouette et t'as envie de le refaire. Sinon, sur le moment, t'as pas très... Enfin, tu te dis pas, dans six mois, je repars.
- Speaker #2
Ouais, non, sur le moment... En fait, je pense que l'humain est très bien fait qu'il a une mauvaise mémoire.
- Speaker #0
Oui, je pense, oui. Parce que sinon, on serait moins tolérants à la douleur, peut-être.
- Speaker #2
Oui, c'est clair.
- Speaker #0
Comment tu fais face à l'incertitude, tu vois ? Tu te dis... J'étais dans des situations... Là, tu as bien préparé ton exposition, par exemple, mais comment tu te dis, j'ai ma besace, comme tu disais, et je fais face à cette incertitude de ce monde incertain où je me suis mis, où le contexte, je me suis mise dans ce contexte-là ?
- Speaker #2
Je pense qu'il y a plusieurs trucs, mais l'un d'eux, c'est en vrai avoir suffisamment confiance en ta propre capacité à réagir à l'inconnu. Et il y a ça, et puis il y a l'anticipation un peu de... C'est quoi les types de situations que tu vas rencontrer ? Et donc, sur ces types de situations, quelles sont les compétences que ça sert pour pouvoir s'en sortir ?
- Speaker #0
Mais ça, tu l'intellectualises, tu te dis, je sais que je vais... Je sais que, par exemple, il y a cinq situations où je suis susceptible de les avoir, et donc, du coup, je me prépare pour ça.
- Speaker #2
Ouais, pas mal, moi, c'est comme ça que je fonctionne. Si je repense à l'exemple de Groenland, c'était... On a identifié qu'il y avait quatre compétences cruciales pour pouvoir s'en sortir, et donc, il faut les acquérir. Et donc, la préparation, c'était principalement... ses quatre compétences. Donc c'était naviguer avec tout ce que ça comporte, réparer le bateau quand il va casser, donc le bricolage, tout ça, perdre de l'alpinisme et s'en sortir peu importe la situation, peu importe avec qui t'es, etc. Et avoir une super condition physique qui te permet de réagir si, je ne sais rien, tu es à trois jours de marche du bateau, il n'y a personne qui va t'aider, tu n'as pas de communication, ton pote vient de se blesser, il faut que tu portes. Et donc tu as trois jours de marche avec ton pote à portée, avec trois jours de... Donc, ce genre de situation où on s'est dit En fait, il y a quatre choses qu'il faut savoir faire. Et donc, quand tu déclines, il y a mille et une compétences. Par exemple, au Korean Land, il y a des ours blancs. Donc, il faut savoir utiliser un fusil. Il faut savoir trouver un fusil, comprendre tout ce qui va avec. Heureusement qu'on ne l'a pas utilisé.
- Speaker #0
Ça t'a pris combien de temps pour préparer ce voyage ?
- Speaker #2
Deux ans.
- Speaker #0
Parce que toutes ces compétences, toutes les sous-listes que tu me dis, je me dis que ce n'est pas en six mois, par exemple.
- Speaker #2
Ça peut se faire en six mois, mais si tu sais déjà naviguer, si tu sais déjà bricoler, un bateau, si tu sais déjà faire de l'alpinisme, je suis sûr que ça va plus vite.
- Speaker #0
Est-ce que tu l'as transposé, ça, dans ta vie ou dans tes entreprises ? Cette liste de se dire quatre compétences clés pour me débrouiller, pour m'en sortir.
- Speaker #2
Oui, je pense que c'est comme ça que je raisonne, de manière générale. Par exemple, pour l'entrepreneuriat, pour l'école de la montagne, par exemple, il y a deux compétences nécessaires. Il y a savoir faire de la montagne et vendre de la montagne. Enfin, tu vois, je suis simplifié. Un business, c'est souvent ça. Tu as besoin de la personne qui conceptualise la partie business. Et ensuite, tu as la partie contenu, métier, pédago. Enfin, ça dépend ce que tu fais. Et du coup, là, c'est vraiment ça. Je me suis associé à un gars qui était plutôt expert de la montagne. Et moi, j'étais expert en vendant des trucs.
- Speaker #0
Ok, donc ça résume en tout cas de se dire, il faut que je liste des compétences où je me débrouille, où je sais que dans A, j'ai ça, j'ai cette compétence qui va me permettre de me sortir de cette situation. Mais voilà, c'est un peu en mapping.
- Speaker #2
Ouais, j'aime bien penser comme ça. C'est simpliste, mais c'est sympa.
- Speaker #0
C'est quoi la plus grosse galère que tu as eue, par exemple ? Là, j'ai vraiment envie de faire large. entreprenariat, venturing, etc. Les plus grosses galères que tu as eues ?
- Speaker #2
Je dirais que c'était sur Impala. Impala, c'était la boîte que j'avais lancée en 2016 pour travailler sur l'orientation scolaire des collégiens et des lycéens. Et donc, on faisait des outils pédagogiques, des logiciels qu'on déployait au collège et au lycée. Et la plus grande galère, c'était des galères qui étaient humaines. En fait, on avait grandi un peu trop vite. Il y a eu le Covid qui arrivait juste à ce moment-là. Et on était une vingtaine, 25 dans l'équipe. Et en fait, on n'était pas prêts pour être 25, on ne s'était pas bien organisés pour. Et en fait, tu te retrouves avec une quantité de choses à faire qui est phénoménale. Et là, tu as beau savoir faire des trucs, en fait, tu roules sous tout. Et donc, tout devient compliqué. Même les relations humaines, elles deviennent délétères. Enfin, rien ne fonctionne.
- Speaker #0
Et comment tu fais à ce moment-là pour, on va dire, te débrouiller ou pour t'en sortir ? Qu'est-ce que tu essaies de mettre en place, en tout cas ?
- Speaker #2
Là, ce que j'avais fait, c'est qu'on avait plus travaillé. Moi, je travaillais vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup à un moment. En fait, je trouve que ça, il faut passer le temps. Tu prends les problèmes un par un, tu les résous, et tu te donnes de ton temps, de ton énergie pour ça, et tu prends sur toi. Je pense que c'est vraiment que tu prends sur toi, et tu attends que les choses se meilleurent. Tu fais en sorte que les choses se meilleurent.
- Speaker #0
De faire un peu une stratégie petit pas par petit pas, de se dire un petit peu tous les jours, et j'encaisse.
- Speaker #2
Ouais, ça, tu découpes ce que tu as à faire en micro-trucs, et tu les exécutes jusqu'à ce que ça soit réglé.
- Speaker #0
Et tu te mets des œillères pour dire, je fais que le micro-truc. et pas de te laisser submerger les ailleurs c'est vraiment la stratégie parce que parfois c'est négatif d'avoir des ailleurs normalement en te disant j'ai des ailleurs donc je vois pas j'ai pas de l'ouverture sur le monde sur des choses alors que parfois effectivement il en faut ne serait-ce que tu vois quand t'as beaucoup d'idées ou que t'as envie de partir au Greenland mais tu te dis bah en fait non on va bien sur qui on va faire un un petit step à New York, bah non en fait, ça serait bien de partir au Costa Rica. Tu vois, tu te dis ça et puis en fait à un moment donné, il faut te dire, bah non, mon trajet, il est de A à B, je me focus là-dessus.
- Speaker #2
Ouais, exactement. Moi, je pense que c'est ça que je fais beaucoup et donc parfois, t'es tellement dans des œillères que parfois t'oublies qu'il faut prendre des moments pour avoir des idées. Mais en fait, comme ça arrive, et comme je tends souvent à dire oui aux idées, bah il faut que je m'en mette, sinon ça marche pas.
- Speaker #0
Est-ce que c'est accessible à tous de faire des aventures comme les tiennes ?
- Speaker #2
Eh ben... Je pense que tu m'aurais posé la question avant, j'aurais pas su te répondre, peut-être que je t'aurais dit ah, peut-être pas, là je pense que oui. En tout cas, ce type d'aventure, je pense que tout le monde trouve une aventure à son niveau de risque qu'il a envie d'engager. Là, ce qui est assez amusant, c'est qu'on s'est vraiment dit, en rentrant, c'est que j'aurais pu emmener ma grand-mère dans cette expédition.
- Speaker #0
Ah bon ? Parce que là, tu m'as parlé d'ours, etc., tu m'as parlé d'alpinistes.
- Speaker #2
Oui, mais en fait, l'ours, déjà, la majorité du temps, tu le rencontres pas, et puis, en fait, en fait, quelque part... Si t'as envie de rencontrer d'ours, tu peux te débrouiller pour pas avoir à le faire. Tu vas un peu moins longtemps sur Terre, de toute façon tu vas faire des trucs un peu moins sportifs parce que t'es moins sportif. En fait, faire du bateau au final, c'est pas si engagé que ça. Il y a parfois des icebergs, tu fais attention.
- Speaker #0
Mais tu penses que c'est accessible d'un côté d'un niveau physique, là tu me parles de ça, mais d'un niveau plus construction d'un projet et construction aussi financièrement, etc. Est-ce que c'est accessible aussi pour tous de se dire, je vais mettre en place une aventure ? pour aller tester mes limites.
- Speaker #2
En fait, c'est assez amusant. On a aussi fait un petit bilan financier. En fait, ça coûte moins cher de vivre à Paris que de faire l'aventure qu'on a faite.
- Speaker #0
D'accord. Sur un mois ou sur plusieurs mois ?
- Speaker #2
Sur l'ensemble du projet. En fait, l'aventure n'a pas coûté très cher. Parce qu'en plus, tu achètes un bateau, tu le revends. Donc à la fin, évidemment, tu perds un peu d'argent dans l'histoire. Mais tu ne perds pas non plus des sommes phénoménales. Tu le divises par le nombre de personnes de l'expédition. La préparation, alors c'est vrai qu'il te faut un peu de matériel, si t'as envie de te préparer correctement. Mais en fait, même chose, c'est sur deux ans. Moi, c'était quand même une grosse partie de mes vacances, c'était ça. C'était de l'entraînement, c'était apprendre à faire de l'alpinisme, apprendre à naviguer, etc. Et du coup, autant de temps où tu n'es pas... Je vais pas prendre un hôtel 3 étoiles ou 5 étoiles, j'en sais rien, et qui va te coûter 150 euros la nuit. Moi, j'ai pris zéro, parce que j'aime pas les hôtels, mais j'ai pas pris d'hôtel pendant deux ans. Au lieu de faire un week-end à... 500 balles, je vais partir en alpinisme et je vais m'acheter un baudrier.
- Speaker #0
Donc c'est accessible. Par exemple, si demain, j'ai envie de construire une aventure en me disant que je pars en Afrique du Sud à pied ou quelque chose comme ça, ou je veux partir en Antarctique, c'est dans la mesure du possible, mais en tout cas, on peut le construire. J'ai pas besoin d'être héritière. Ou d'être...
- Speaker #2
Non, je pense que c'est une histoire de regard. Alors évidemment, partir comme ça en Antarctique, ça va te faire un bras. Mais si tu te dis, vas-y, c'est un vrai projet, et comment est-ce que j'ai envie de le faire ? J'ai envie de le faire en voilier, je n'en sais rien, par exemple. C'est vrai que si tu achètes un voilier et que tu le revends derrière, donc avec beaucoup de bricolage, tu apprends énormément, tu navigues avec ton voilier, en fait, ça revient beaucoup moins cher que si tu prends une semaine ou 15 jours, tu pars du Cap Horn et tu vas naviguer en Antarctique. Qui va te coûter, je ne sais pas, 10 000 euros par personne. Et là, ça coûte très cher, tu vois. Ok. pour 15 jours de vacances. Alors que là, c'est un projet de deux ans qui est beaucoup plus long, tu vas prendre beaucoup de temps, tu vas partager avec tes potes, avec ta famille. Et au final, quand tu redécoupes par moments, finalement, c'est pas si cher. Par contre, c'est un engagement qui est important.
- Speaker #0
Non, mais je voulais te le faire dire parce qu'effectivement, j'ai l'impression, de mon regard, on va dire, au grand public, je me dis, il y a une grosse barrière à l'entrée. Et donc, du coup... te faire dire qu'effectivement, c'est un projet qui se construit, que c'est faisable et qu'il faut prendre le temps, il faut simplement s'informer, que c'est un peu comme un voyage, si je vous le garise, c'est possible. Demain, si j'ai un rêve de partir je ne sais pas où, mais que dans ma réalité, sur Paris, je pense que je n'ai pas les moyens. En fait, si. Il faut simplement se débrouiller pour prendre des ressources, pour construire ce qui est nécessaire pour y arriver.
- Speaker #2
C'est ça. Alors après, objectivement, ça a des coûts, mais je pense que surtout, c'est l'expédition un peu originale. tu dois pouvoir te débrouiller pour la faire financer, pour avoir des aides, pour avoir des machins. Je pense que tu peux te débrouiller. Alors évidemment, ça sert d'avoir de la thune. Oui. Mais oui, je pense que tu dois pouvoir te débrouiller. Puis ça, c'est un exemple. Mais tu parlais de faire l'Afrique du Sud à pied. Bon, effectivement, il y a les billets d'avion à prendre. Ça coûte moins cher qu'un portable. Et après, marcher à pied. Je ne crois pas que je pense que c'est dangereux.
- Speaker #0
J'ai dit un peu n'importe quoi pour voir plusieurs situations, mais effectivement, c'est important de le voir. Quelles sont les différences entre tes aventures d'entrepreneur et tes aventures d'aventurier ?
- Speaker #2
Il n'y en a pas vraiment. Je pense que la seule différence, c'est le souhait d'en vivre économiquement, de faire de l'argent suffisamment pour en vivre. Et c'est peut-être ça la différence. Le Groenland, il n'y avait pas de logique économique derrière.
- Speaker #0
Il n'y a pas de rentabilité économique, tu ne fais pas un business plan, etc. C'est vraiment pour le plaisir de tester tes limites. Alors que l'entrepreneuriat, tu testes tes limites, mais c'est un peu moins la priorité.
- Speaker #2
Oui, alors là, j'avoue, je ne le vois pas comme tester mes limites. C'est plus, ça m'amuse. Genre, j'ai une idée avec un copain et on se dit, ça pourrait marcher, ça. La notion de plaisir, elle est hyper importante.
- Speaker #0
C'est hyper important. Parce que sinon, tu n'irais pas te mettre dans un bateau où c'est dur même de discuter ou de manger.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que tu as découvert quelque chose d'une aventure que tu n'as pas soupçonné avant ? Ou que tu n'attendais pas ?
- Speaker #2
Un des trucs que j'ai appris sur moi au Groenland, c'est que parfois, de manière générale, je suis assez enthousiaste dans la vie, pour pas mal de choses, disons pour être tout. Et là, il y avait des moments où il fallait que je renouvelle mon enthousiasme. C'est-à-dire qu'en fait, c'est vrai que ça dure trois mois, c'est long. tu restes avec les mêmes personnes dans une sorte de huis clos permanent, et même si l'environnement change, se renouvelle, je me suis vu en mode, j'ai moins d'énergie à donner. Et du coup, c'est une des rares fois où je me suis vraiment aperçu de ça dans ma vie. Et je me suis dit, ah ! Là, il faut que je fasse un effort pour renouveler mon enthousiasme. Et donc, c'est vrai que d'une certaine manière, c'était intéressant de voir ça. Alors, ça n'a pas changé que j'ai adoré et que je l'ai retrouvé après, mais il a fallu que je mette de l'énergie pour que la machine reparte.
- Speaker #0
Tu peux nous expliquer un peu ce process de remettre de l'énergie, de retrouver ton enthousiasme, un peu de dire je retrouve amoureux du projet ?
- Speaker #2
Oui, je pense qu'il y a un moment où tu actes que ce n'est pas naturel. En fait, tu as qu'il faut un peu forcer les choses pour que ça marche. Et je dirais que c'est ça. Au final, je l'ai un peu différemment sur certains projets d'entrepreneuriat. Tu lances un truc, tu te dis pourquoi j'ai fait ça ? Et en fait, tu le fais, ça te saoule sur le moment. La comptabilité, c'est un excellent exemple là-dessus. C'est genre, voilà, je l'aime. Mais en fait, tu le fais et tu te forces et en fait, tu es content. Et en fait, c'est bon, tu as retrouvé de l'énergie. Tu t'es dit, j'ai fini ce qui était relou, maintenant je vais pouvoir m'amuser. Faire ce qui est... ce qui m'amuse plus, tu construis plus de relations.
- Speaker #0
Là, je transpose ça. Tu as quelqu'un qui débute sa vie active, qui a 25, 26 ans, etc., qui se dit, oui, toute ma vie, j'ai voulu devenir, je ne sais pas, chef de projet. Et d'un coup, je me dis, en fait, non, qu'est-ce que je fous de ma vie ? En lieu de me reconvertir, parfois, se redonner un second souffle, te forcer en te disant, OK, je vais un peu patienter et je me redonne un peu cet enthousiasme. Là, tu étais bloqué dans un bateau, tu ne pouvais pas partir dans le bar. Mais te dire, au lieu de fuir cette fuite en avant, tu te dis comment je renouvelle et que je me force un petit peu. Peut-être que ce forcing va débloquer quelque chose que je n'aurais pas vu.
- Speaker #2
Oui, je pense qu'il n'y a pas de mal de ça. Moi, je suis un pro. J'aime bien, je trouve que forcer... Alors évidemment, il y a des limites à ça, mais je trouve que se forcer, c'est quand même souvent source de créer des bons souvenirs, créer des bonnes expériences, créer des bonnes aventures. C'est là. Un peu la flemme de sortir, mais là, c'est vrai que si je sors, peut-être qu'on pourra vivre quelque chose de cool.
- Speaker #0
C'est beau de dire ça, parce qu'effectivement, on est un peu... On n'est pas dans la culture de la flemme. Je pense qu'on est dans la culture de l'effort en vain. Tu vois, la dernière fois, j'échangeais avec plein de vintenaires, j'ai animé un cercle de paroles sur la vingtaine, et il y avait ce sentiment-là, de l'effort en vain. De faire des efforts, mais que ce soit en vain. Du coup, de ne plus avoir envie de faire l'effort. D'avoir un peu ce mantra, entre guillemets, de te dire... Si je me force, peut-être qu'il va m'arriver quelque chose d'exceptionnel, ou peut-être qu'il va m'arriver juste quelque chose de spontané, que ça va être sympa, ça donne un peu plus d'espoir, et te dire que l'effort n'est pas là pour avoir un résultat, mais pour avoir plus un plaisir.
- Speaker #2
Oui, un plaisir ou un souvenir, qui construit un peu une relation avec tes copains. J'avoue, moi j'aime bien raisonner comme ça. C'est chouette, et tu regretteras moins.
- Speaker #0
Oui, je comprends. Dans l'aventure, il faut avoir un certain goût du risque, je pense. Comment tu l'as cultivé et surtout comment tu enlèves cette peur de l'incertitude ? Est-ce que tu l'as déjà peut-être cette peur de l'incertitude ?
- Speaker #2
Je pense que moi, je ne l'ai pas beaucoup.
- Speaker #0
Tu as confiance en l'avenir ?
- Speaker #2
En fait, j'ai commence ma capacité à réagir correctement à l'avenir. C'est plutôt ça. L'avenir, je ne sais pas comment il sera. Pour le coup, je pense que je suis assez cartésien là-dessus. Est-ce que l'IA va se nous remplacer ? Est-ce qu'on va avoir un conflit géopolitique avec la Russie qui va s'amplifier ? En réalité, je ne sais pas. Le réchauffement climatique est de pire en pire. J'ai vécu une canicule à la Groenlandaise, il faisait 10 degrés. Je ne sais pas de quoi l'avenir sera fait, je n'en sais rien. Mais par contre, je me dis, peu importe ce qui va se passer, je pense que j'ai la chance de le vivre correctement.
- Speaker #0
D'avoir cette confiance en toi, de te dire je vais réagir, je sais rebondir en tout cas. Ouais, exactement. Je sais m'en sortir.
- Speaker #2
Exactement. Je pense que ça, pour le coup, ça se cultive, la confiance en toi. Et c'est sain d'ailleurs, c'est important d'en avoir.
- Speaker #0
Tu l'as cultivé toi ou c'est plutôt quelque chose qui t'a été inné ?
- Speaker #2
Alors inné, je ne sais pas. Je pense que c'est très construit par tes relations, par ta famille, par tes proches, par certaines œillères que tu te mets aussi, tu vois. Je pense que c'est cool aussi de choisir ce que tu as envie de voir et ce que tu n'as pas envie de voir. et c'est plein de petits succès c'est plein de et puis tu vois je pense que c'est un truc bête mais je sais plus avec qui j'en discutais mais si t'as envie de devenir président de la république enfin pour être président de la république une des premières étapes c'est de le vouloir et pour faire un chef de projet comme tout à l'heure ce que tu disais une première étape c'est de le vouloir mais c'est de le vouloir et d'essayer de dire vas-y je me chauffe vas-y genre faire un marathon c'est hyper accessible pour tout le monde en fait il faut juste principalement au début la première étape c'est genre vas-y je me chauffe j'ai envie de le faire Et en fait, je dis pas que c'est facile derrière, mais que si tu te forces un peu, si t'as la flemme d'aller courir, mais que tu vas courir, c'est quand même plus facile derrière de bien courir. Oui,
- Speaker #0
je comprends.
- Speaker #2
C'est un pattern comme ça.
- Speaker #0
que je trouve cool. Alors évidemment, on est tous construits socialement différemment et donc c'est pas facile mais je crois quand même pas mal à ça.
- Speaker #1
Je voulais juste faire une petite parenthèse parce que tu t'as parlé du 10 degrés en Groenland. Ta réaction face à ça, ça t'a sensibilisé encore plus ? Ça t'a fait de la peine ? Non.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça t'a fait ? Objectivement, le réchauffement climatique, au jour le jour, souvent, c'est plutôt pas mal. C'est-à-dire que nous, ça nous a servi. On a eu deux nuits de pluie en un mois. Voilà. donc c'était genre objectivement par rapport à notre expédition c'était génial c'est triste de dire ça mais tu vois c'est vrai c'est triste de dire ça mais ça vous a permis en tout cas d'avoir de meilleures conditions ouais mais par contre tu vois quand on a discuté avec les Inuits à l'entrée du fjord ils nous disaient il y en a un qui avait vraiment utilisé ce mot c'était un désastre parce que tu le vois plus là-bas l'impact je pense en fait j'ai pas de repère au Groenland donc je sais pas quelle température il faisait d'habitude juste que nous on a eu une super météo il faisait 10°C tout le temps et Et c'est vrai que 10 degrés plus du soleil, en fait, t'es super grand. Par contre, non, on aurait une calcul à 45 degrés comme il y a eu en France, ça aurait pas été le même jeu. Mais je dirais qu'on a vu l'impact humain, parce que parfois on voyait des poubelles au milieu de fjords à 150 km du premier être humain, et c'est vrai que tu te dis, wow. Mais j'avoue que c'est quand même un endroit, je pense qu'il faut y vivre pour prendre conscience de l'impact du réchauffement climatique.
- Speaker #1
Est-ce que l'aventure, pour toi, c'est une quête ? C'est une thérapie, c'est quelque chose qui libère. C'est un peu philosophique, mais...
- Speaker #0
Comment on pourrait définir quête ? Une quête, c'est quelque chose que tu vas chercher ?
- Speaker #1
Ouais, peut-être quelque chose en toi, tu vois, de dire une quête de sens, une quête de liberté, une quête de réparation de soi, même, je dirais. Peu importe, mais...
- Speaker #0
Moi, je pense pas que ce soit comme ça que je le vois. Si, tu vas changer d'une certaine manière tes limites, peut-être que dans ce cas-là, c'est une quête. Mais je pense que j'ai pas besoin de réparer les choses.
- Speaker #1
Oui, non mais c'était un exemple.
- Speaker #0
Mais je pense que, ouais, une quête, ouais, en fait je pense que c'est une quête de construire des souvenirs et de construire des relations. Moi je vois vraiment l'aventure comme une manière de construire tes relations amicales, amoureuses, familiales, de manière extrêmement intense et unique.
- Speaker #1
Est-ce que t'es plus authentique dans ces moments-là ? Est-ce que t'es plus toi-même ?
- Speaker #0
100 000%. Bah le moment où t'es vraiment dans la merde, bah t'es toi-même quoi. Genre là t'as pas le temps de faire des churritures, de te maquiller, non t'as pas de maquillage quoi. C'est genre toi et 100% toi.
- Speaker #1
Ouais même au-delà de physique tu vois, d'être 100% toi personnalité tu vois, de voir quand tu paniques ou quand t'arrives à rester calme ou tu vois de voir la relation aussi que tu construis. Enfin à petite échelle tu vois, quand tu pars en vacances pour la première fois avec un copain ou une copine, bah c'est là où tu vois, ou dans les galères, tu vois vraiment comment ça fonctionne entre vous deux. parce que c'est là où se révèlent les gens qu'est-ce que ça nous apprend sur la vie ?
- Speaker #0
c'est de plus en plus technique moi-même je ne sais pas si ça nous apprend collectivement des choses sur la vie mais en tout cas, moi plus je vis des aventures de cet ordre là, plus j'ai envie d'en vivre et en fait plus ce que je construis avec mes amis est basé sur des aventures loufoques, originales Plus j'ai envie d'en vivre de nouvelles. Il y a trois ans, avec un copain, on a acheté un tout petit bout de forêt, mais genre un truc minuscule, et on a fabriqué des cabanes perchées dedans. Et du coup, c'est un copain, on s'était un peu perdu de vue, on s'est retrouvés, et en fait, ça nous a énormément rapprochés. Et maintenant, c'est un de mes meilleurs amis. Et je dirais que c'est aussi grâce à tous ces moments loufoques qu'on a passé ensemble à transbahuter du bois, à apprendre à faire des travaux à 10 mètres de hauteur.
- Speaker #1
Vous l'avez fait vous-même.
- Speaker #0
Oui, on a fait tout le métro. Et c'était extrêmement drôle parce qu'on ne savait pas du tout faire. On a tout appris, on était même là, comment est-ce qu'on pose une porte ? Et on est là, on regarde, c'est comme ça que ça marche une porte, c'est différents systèmes de portes. Comment tu fais pour prendre une poutre qui fait 50 kg et l'amener à 10 mètres de haut sans te mettre en danger ?
- Speaker #1
Ça t'apprend plus sur ta capacité, en tout cas sur... sur son apprentissage, ce que tu disais au départ. Tu penses à la notion de glow-up, mais c'est pas ça. C'est plus cette notion d'accomplissement, d'accomplir des choses, de se dire demain je fais mieux et je me mets en difficulté pour faire mieux, pour créer des choses, pour apprendre des choses et juste pour que ma vie soit pas routinière mais qu'elle soit exceptionnellement exceptionnellement je sais pas le mot après, mais tu vois exceptionnellement créative et et accomplissante sur des thématiques, sur plein de choses.
- Speaker #0
Ouais. Moi, je pense que même plus que ça, est-ce que c'est un accomplissement particulier ? Sans doute un petit peu, mais c'est plus... En fait, si je repense l'exemple de Cabane Perchée, c'était quand même une dizaine de week-ends dans l'année. On est partis à 5 en mode chantier en hauteur pendant un week-end hyper intense. Et c'est vrai que c'est quand même des souvenirs extrêmement drôles. Tu rencontres plein de gens, tu construis différemment, tu partages, tu rigoles. Et c'est vrai que dix ans plus tard, tu te trouves peut-être moins de la soirée où tu t'es mis une murge dans un bar en after-work que le moment où tu as fabriqué... Une plateforme à 8 mètres de haut.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui se passe par la tête quand tu fais ce genre de choses ? Quand tu te dis, je vais acheter un terrain, une micro-forêt, ou que tu montes sur ton voilier pour aller au Groenland. Qu'est-ce qui te passe vraiment par la tête pour comprendre ? C'est de l'excitation, c'est quoi ?
- Speaker #0
Ouais, à fond. Il y a toujours une partie excitation. Tu te lances, tu te traquenardes, une fois de plus. Et après, c'est parti. Et après, t'es piégé, t'es obligé d'y aller. Et donc... Et après, c'est une excitation, tu rentres dans les opérations, et du coup, c'est assez fun. Je dirais que c'est un mix d'excitation, d'éveillir au bon endroit, et je me suis moi-même mis dans la merde, donc maintenant, il faut que j'assume.
- Speaker #1
Est-ce qu'on devrait tous créer des aventures ? En tout cas, ça va avoir des aventures.
- Speaker #0
Je ne sais pas si on devrait faire quoi que ce soit. Je pense qu'on est libre. Mais moi, je le recommande, en tout cas. Je trouve ça extrêmement fun, sympa. Ça construit des relations, et je pense qu'il y a peu de choses aussi importantes. dans la vie que de construire ces relations sociales.
- Speaker #1
Est-ce que, c'est une question que je me suis posée, est-ce que l'herbe est plus verte ailleurs ? Je parle de vraiment se dire, je vais m'aventurer. Je parle du cas qu'on parlait au départ du podcast, se dire, j'ai envie d'aventure, j'ai envie de partir loin parce qu'aujourd'hui, mon quotidien peut-être à Paris ou ma vie aujourd'hui, ça me convient pas, mais trop mon automne, j'ai besoin d'aventure.
- Speaker #0
Je pense qu'il y a peut-être un peu de ça. Mais après, je pense que chacun... Je pense que chacun a une idée plus ou moins claire de ce dont il a besoin pour être bien dans sa vie et pour faire le bien autour de lui. Et je pense que, pour parler de moi, parce que c'est celui que je connais le mieux, je dirais que là-dessus, je ne me compare pas tant que ça. Je ne regarde pas les autres en me disant « Ah, il est trop bien ce qu'ils ont fait, je vais le refaire » . Soit c'est « Ah, c'est très stylé la manière dont ils ont fonctionné » . Ou le fait qu'ils soient un peu lancés, à poser un bol pour point, ça m'amuse et ça m'inspire, mais je ne me dis pas que j'ai envie de recopier ce que font les autres. Je me dis juste que c'est vrai que plus c'est un peu loufoque, plus ça m'amuse.
- Speaker #1
Je voulais un peu évoquer cette question d'environnement physique du quotidien et te dire je me mets dans un autre contexte, dans un autre environnement, d'aller chercher un autre environnement. Je pense que tu n'es pas dans ce cas-là. Tu as envie... par le changement d'environnement ou en tout cas le changement de contexte, tu vas aller chercher, je dirais pas ce plaisir, mais ces souvenirs, cette construction de soi, etc. Est-ce qu'on est meilleur en rentrant ?
- Speaker #0
Je pense pas toujours. Je pense qu'on a rappris les choses. Et au final, je pense que ça... En fait, je pense que tu peux prendre des mauvaises habitudes aussi. Alors que là, j'ai pas envie de repartir instantanément en voilier pendant trois mois au bout du monde, mais je me dis juste, ça me démange de relancer de nouveaux projets. Et là, je suis comme ça tous les jours parce que j'ai envie de lancer plein de trucs et j'essaie de me contenir un peu et ça peut être perturbant aussi. Surtout si moi je vis avec ma femme et ça peut être aussi perturbant pour notre vie de couple quotidien. et je pense que réussir à bien gérer les deux à la fois tes aventures, tes expériences et ton quotidien c'est pas toujours évident c'est ma question qui arrive,
- Speaker #1
c'est comment t'arrives à gérer tout ça en fait à te dire j'ai créé cette vie sur mesure pour moi même comment t'arrives à gérer et je crée un projet sur deux ans et je crée une entreprise et je gère des entreprises Merci.
- Speaker #0
Franchement, c'est que de l'organisation. En fait, on a un imaginaire collectif autour de l'entrepreneuriat. C'est un don de soi absolu. Si tu travailles 28 heures par jour, tu ne peux rien faire d'autre que travailler. Moi, je ne pense pas. Je pense que chacun construit ce qu'il a envie de construire. Et l'entrepreneuriat, il y en a des milliers de formes différentes. Quand j'ai construit l'école de la montagne ou les Clés du Hidon, l'enjeu, c'était d'avoir une équipe de vie. qui fonctionne bien. C'est toujours comme ça qu'on a fonctionné avec mes associés et les gens avec qui on a travaillé. On fait les choses bien, mais on ne se met pas trop la pression avec des deadlines absurdes. si on a envie à un moment de prendre du temps avec sa famille, on prend le temps on n'a pas besoin de se justifier juste qu'on essaie de faire les choses c'est de moi c'est ta vie professionnelle qui va vraiment servir le reste et pas le contraire ouais exactement et ma vie professionnelle au final c'est des aventures différentes ou juste qu'il y a un peu de fric en jeu quand on regarde ton parcours on se dit que c'est
- Speaker #1
difficile à construire, tu vois c'est comme si tu construisais un peu une maison en lego il faut que tu mettes les bonnes pièces là où il faut C'est pas forcément comme tu dis, il faut de l'organisation mais il faut aussi quand même une vision globale pour se dire je mets cette entreprise là, il me faut ça et l'autre ici et mon aventure là etc. Et donc te dire un peu en tétrisse comment sur chaque cube j'arrive à bien tout mesurer et que ça soit sur mesure pour moi en fait.
- Speaker #0
Je pense que c'est très incrémental. C'est très il faut faire un dur. tu trouves ton équilibre, tu fabriques un truc, ça fonctionne, tu gardes, tu continues.
- Speaker #1
Est-ce que c'était en parallèle, t'as construit ? Ou par exemple, ton aventure, ça, ou à chaque fois, t'as fait un focus sur l'entreprise et après, t'as construit ton aventure et après, t'as construit...
- Speaker #0
Ouais, je pense qu'il y a quand même une histoire de focus, même s'il y a des moments où... Enfin, il y a quand même l'énergie mentale, un moment, tu peux pas la mettre partout tout le temps, sinon ça t'épuise, et puis même, je pense que tu perds ton énergie. Donc ouais, je pense que c'est beaucoup ça. C'est, vas-y, focus École de la Montagne, ok, ça marche. Maintenant, quoi le prochain ? En fait, ça pourrait tout à fait être l'École de la Montagne aussi, mais à un moment, tu te dis, mon focus, il va être ailleurs. Et ce que je trouve sain dans ce qu'on a fait, qu'on a associé avec l'École de la Montagne, c'est qu'il est parti en congé paternité. Moi, je suis parti au Groenland. C'était fluide. C'était pas un vrai sujet, en vrai. On a bien dissipé le truc. L'autre a géré. Ça s'est bien passé. Il n'y a eu pas un début de pression, de machin, c'était juste fluide. Et je pense parce que c'était bien organisé, parce que c'était dans la culture aussi. On n'a pas du tout dans cette culture de, vas-y, on fait du 9h, 20h tous les jours. Il y a des fois où on travaille beaucoup, mais en réalité, c'est plus une organisation.
- Speaker #1
Merci en tout cas de nous avoir partagé toute ton expertise sur l'aventure et ton parcours. C'était super intéressant. Je reviens aux trois dernières questions du podcast. Complète la phrase, l'aventure permet une maturité.
- Speaker #0
Alors, je ne sais pas comment définir exactement la maturité, mais c'est vrai que dans mon imaginaire, la maturité, c'est quelque chose d'un peu chiant. En fait, je pense que la maturité, c'est la responsabilité. C'est genre, tu es responsable de ce que tu fais. C'est-à-dire que tu assumes les conséquences de tes actes. Ça, je trouve ça génial. Et ça, en vrai, pour moi, ça devrait être aussi vrai pour les enfants, les ados. Et l'aventure, c'est juste que c'est... plein de répercussions à ce que tu fais souvent quand tu fais une petite aventure. Même si ça peut être grave, pas grave, etc. Mais c'est juste assumer l'ensemble. Et ça, je trouve ça cool. Mais garder un peu son âme d'enfance, son innocence, à l'inverse de ce qu'on entend généralement par maturité, ça n'arrive pas à être responsable. Que l'enfer !
- Speaker #1
Mais je comprends. Mais c'est exactement ce que ça t'a demandé. En tout cas, là, par exemple, pour partir au Grand-Hélande, ça t'a demandé d'être responsable de tes actes, de savoir dans quelle situation il fallait que tu te débrouilles pour t'en sortir, etc. mais d'avoir un peu de cette folie loufoque pour aller chercher quelque chose de complètement... Enfin, pas bizarre, mais d'original.
- Speaker #0
Ouais, complètement.
- Speaker #1
Donc ça relie les deux, en tout cas. Pour toi, c'est quoi devenir adulte ?
- Speaker #0
C'est accepter ses responsabilités et les assumer.
- Speaker #1
Et quel serait ton tips de la débrouiller ?
- Speaker #0
Ce que je disais tout à l'heure, c'est... Mets-toi intentionnellement dans la merde, dans des situations pas graves, et pour apprendre à les régler.
- Speaker #1
De piéger à chaque fois.
- Speaker #0
Piège, piège. piège. Quand on annonce quelque chose à quelqu'un, dis-lui qu'il va lui annoncer quelque chose. Et là, tu seras obligé de le faire. Moi, j'aime bien faire ça.
- Speaker #1
Au lieu de se cacher, c'est vraiment un peu d'annoncer la couleur, de se dire, je ne sais pas, je vais faire un marathon. En fait, je l'annonce sur à tout le monde que je vais faire un marathon alors que peut-être que je ne suis pas du tout en cours.
- Speaker #0
Je t'en supplie. Ça fait bien que tu as payé 100 balles. C'est trop tard. Il faut assumer.
- Speaker #1
Merci en tout cas pour ce conseil. C'était un plaisir de te recevoir sur le podcast. Bienvenue dans la communauté des débrouillards. tu fais partie des débrouillards maintenant merci à vous de nous avoir écoutés de nous avoir jusqu'ici c'était un vrai plaisir et puis j'espère que ça vous a plu ce retour d'expérience sur les expéditions de Hector, on peut te retrouver sur LinkedIn, je mettrai ton contact dans les notes du podcast toutes les deux semaines on se retrouve ici pour parler avec des débrouillards sur leur expertise ou sur leur parcours pour comprendre comment ils réussissent à à s'en sortir dans ce monde de vie incertain. Et puis t'inquiète, je me dégrouille pour te retrouver dans deux semaines.