- Speaker #0
Hello, moi c'est Myriam, bienvenue sur le podcast T'inquiète je me débrouille où on explore ce moment où l'on découvre les galères de l'âge adulte et qu'on doit les gérer. Toutes les deux semaines, j'échange avec des personnes au parcours réel et aux expertises utiles pour nous donner un autre regard sur cette période de vie floue.
- Speaker #1
Welcome to the real world ! It sucks ! You're gonna love it !
- Speaker #2
Je sais pas quoi faire, j'ai besoin d'un adulte ! Je suis un adulte ! J'ai besoin d'un adulte et plus d'adultes ! Comment on devient adulte ? Je sais pas, j'ai l'impression que quand on était enfant, juste on jouait aux adultes, et après on s'est pris trop sérieusement au jeu.
- Speaker #3
Faut juste que je trouve un moyen de grandir sans pour autant devenir aussi assommante que les adultes.
- Speaker #4
We're adults, when did that happen and how do we make it stop ?
- Speaker #0
Hello et bienvenue sur le podcast T'inquiète, je me débrouille, le podcast qui raconte les débrouillards pour aider celles et ceux qui avancent dans la vie sans avoir reçu de mode d'emploi. On est tous dans ce cas-là. Merci à vous de nous écouter, de nous regarder. J'ai vu que vous étiez internationaux, donc merci beaucoup. Abonnez-vous si ce n'est pas déjà fait, mais laissez une note sur les plateformes, moi ça me permet vraiment de comprendre. si vous aimez ce que je fais. Aujourd'hui, notre invité est un écrivain, poète et créateur de contenu, Mathéo Daponté. Merci beaucoup d'être avec nous.
- Speaker #2
Avec plaisir. Bonjour à tous. Ça fait plaisir.
- Speaker #0
Il a écrit, tu as écrit ton premier recueil de poésie, Enquête de sens. Je vous mettrai dans les notes pour que vous ayez l'ouvrage en main. Moi, j'ai voulu t'inviter aujourd'hui parce que tu abordes plusieurs sujets qui me tiennent à cœur. La beauté de l'écriture, déjà, déjà comme outil pour prendre soin de soi et aussi comprendre et aussi... Comprendre qu'est-ce que c'est une vie d'artiste en 2026, parce que dans mon imaginaire, je pense dans l'imaginaire de plein de monde, c'est Voltaire, ce sont des grands noms comme ça, mais c'est vrai qu'après l'école, on ne se rend pas compte qu'il y a des personnes qui font encore de la poésie aujourd'hui. Donc c'est aussi ça qui m'intéresse. Mais pour commencer, je commence toujours mes interviews comme ça, s'il y avait une expression, un titre, une citation qui te permettait de te présenter, ça serait laquelle ?
- Speaker #2
Hum, ça c'est une bonne question, tu commences direct. Déjà, je suis très content d'être ici, merci de m'avoir invité, parce que c'est un plaisir de pouvoir partager déjà ma passion pour l'écriture. Et en plus, tu connais les aléas, j'ai dû me dépêcher pour venir, et c'est trop bien qu'on puisse faire ça. Une citation pour me décrire, je pense qu'il y en a beaucoup, des citations qui m'ont marqué. Mais je pense, je vais prendre une expression un peu populaire, c'est en forgeant qu'on devient forgeron. Pour moi, c'est ça en fait, qui me décrit aussi, parce que Finalement, je n'ai pas forcément des aptitudes hors normes de base, mais avec le travail, l'abnégation, aussi un petit peu de talent, on fait des choses et c'est vraiment ça pour moi. Dans n'importe quel domaine, la musique, le cinéma, l'écriture, c'est vraiment en écrivant, en faisant qu'on devient comédien ou qu'on devient écrivain.
- Speaker #0
C'est super que tu le dises parce qu'effectivement, ces fonctions-là, on pense que c'est vraiment du talent inné alors que tu vois déjà... Démistifier ce compte, un peu de se dire je suis poète parce que j'ai un talent d'écriture innée, que j'ai cet amour de l'écriture qui me vient d'une source divine, j'en sais rien, tu vois. Mais c'est très important de le souligner.
- Speaker #2
C'est marrant ce que tu dis, parce que ça, ça a toujours été un débat philosophique entre l'inné et l'acquis.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Qu'est-ce qui est inné, qu'est-ce qui est acquis ? Franchement, moi, je rejoins Bourdieu. Pour moi, il n'y a rien qui est inné. Pour moi, ce qui est inné, c'est finalement ce qui masque des constructions sociales. Pour moi, tout est acquis. Pour moi, on est tous avec des cartes dans les mains. Au début, on n'a pas forcément toutes les mêmes cartes. Et c'est de là que naissent les inégalités. Pour ma part, j'essaye après forcément, avec mes aptitudes, de trouver mon chemin. Et c'est surtout ça en fait. C'est surtout ce qui différencie les personnes et les talents de chacun. Pour moi, c'est le plaisir. Et c'est le sentiment justement d'amour pour un art qui va faire que tu es plus doué, je ne sais pas, en peinture ou en écriture. Et c'est vraiment ça ce qui différencie.
- Speaker #0
Toi, d'où te vient cet amour de l'écriture ?
- Speaker #2
D'où me vient, je pense, c'est depuis tout jeune. Depuis tout jeune, je n'ai pas vraiment réfléchi à ça. C'est comme j'ai ressenti un appel dans l'adolescence. J'écoutais beaucoup de rap aussi, je pense que ça m'a influencé. Le rap à texte notamment, Ayam, Oxxmo Puccino, tous ces snipers aussi, même à l'ancienne. C'est vraiment toutes ces plumes. qui m'ont inspiré. Et puis après, la lecture aussi. C'est venu avec la lecture à l'école, par certains ouvrages, même si ça m'ennuyait un petit peu. Les livres qu'on nous donnait à l'école, ça m'ennuyait. Je ne trouvais jamais mon compte. C'est finalement les livres que j'ai choisis par moi-même qu'après, j'ai beaucoup aimé. Même, je me souviens qu'on lisait Baudelaire au collège. Et pourtant, ça a vraiment été au lycée, en lisant par moi-même, que j'ai aimé. Parfois, c'est ça. C'est juste se laisser aussi le temps d'apprendre certaines choses et au moins, on plante des graines.
- Speaker #0
C'est chouette que tu le dises parce que c'est vrai qu'on pense qu'on n'aime pas lire parce qu'on nous a obligés à avoir certaines lectures ennuyantes ou barbantes, ou en tout cas qui ne nous intéressaient pas. Et quand tu prends le pouvoir de dire je choisis ce que je lis et je choisis mes textes, mes inspirations dans le rap ou dans des choses qui sont beaucoup plus modernes et qui me touchent et qui me parlent. Là, je vais trouver des outils qui vont mener, peut-être dans le chemin où on a voulu mener, mais par mes biais, par mon propre inspiration, tout simplement.
- Speaker #2
Oui, clairement. On associe beaucoup la poésie, justement, avec ces poètes du passé, Baudelaire, Victor Hugo, tout ça. Mais en réalité, la poésie n'a jamais été morte. Elle se retrouve au-delà même de la fonction poème, elle se retrouve aussi dans toutes les chansons, dans tous les romans. Elle se retrouve partout dans le street art. Pour moi, ça n'a jamais disparu, ça ne disparaît pas. Il faut juste la regarder pour apprendre à la voir.
- Speaker #0
Comment tu cultives cette passion ?
- Speaker #2
Je la cultive en écrivant, toujours. En écrivant, en étant curieux, je pense aussi, de ce qui se fait, de ce qui sort aujourd'hui. Je la cultive en discutant beaucoup avec les autres parce que c'est comme ça que se créent aussi les changes, les pensées et l'inspiration pour moi. Donc ouais, c'est comme ça, par différentes façons, assez naturellement finalement. Et aussi beaucoup la musique. J'écris beaucoup en écoutant de la musique. Donc la musique sans parole, souvent même la musique de jeux vidéo, ça me plonge dans des univers que je connais. Et ouais, ça, ça m'inspire aussi pas mal. C'est comme ça que je cultive.
- Speaker #0
Et comme tu disais, la poésie n'est pas morte, parce que toi, t'as lancé ton compte Instagram et ton compte TikTok en te disant... Je ne vais pas trouver d'écho puisque la poésie ne parle pas à grand monde. Et effectivement, au bout de ta première vidéo, une de tes premières vidéos, tu as eu 800 000 vues sur tes textes.
- Speaker #2
C'était une dinguerie, oui. C'était une dinguerie parce que je ne m'y attendais pas du tout. Moi, j'ai toujours écrit de mon côté. Parfois, je saoulais un petit peu mes amis, entre guillemets, parce que j'étais toujours un peu le philosophe, le poète. Et je ne pensais pas que ça intéresserait. au-delà des inconnus. Et voir que ça peut attiser la curiosité des inconnus, ça c'est super. Et c'est vrai que je l'ai compris assez tardivement que ça pouvait intéresser, justement avec les réseaux sociaux, au moment de cette vidéo, au moment de ces premières vidéos, et puis après petit à petit, cette communauté. Mais au final, j'aurais pu le comprendre même avant, parce que franchement, dans tout ce qui est fait aujourd'hui, dans tout ce qu'on voit... Elle est vraiment présente et je pense qu'il faut juste pas... Il faut rester optimiste, en fait. C'est ça. C'est un peu... De toute façon, la poésie, c'est quelque chose de très naïf, dans le fond. C'est quelque chose...
- Speaker #0
Est-ce que l'écriture, ça rend optimiste ?
- Speaker #2
Non, pas toujours. L'écriture, ça peut être à la fois quelque chose qui va t'apporter tellement de choses, de confiance en soi, et ça va être incroyable. Mais ça va aussi, parfois, te faire boire du noir. Et ça, c'est très dangereux. Il ne faut pas arriver à ce stade, ça peut arriver forcément en écrivant, en écrivant sur ses pensées profondes. On se dit mais attends, mais en fait je ressens des choses, qu'est-ce qui se passe là ? Ça va ou quoi ? Mais au final, il faut contrôler en fait. Pour moi, c'est comme un artefact en fait, une plume. Il y a beaucoup de choses qu'on met à travers cette plume. Il faut essayer de canaliser tout ça et ça passe par les mots, bien choisir les mots. Et ensuite, poser ses émotions.
- Speaker #0
On veut tous écrire un livre. Je pense que tu le sais. Mais pourquoi on a tous cette envie, sachant que l'écriture peut parfois être thérapeutique, parfois peut être simplement pour écrire des notes, etc. Pourquoi on a tous cette envie d'écrire un livre dans notre vie ?
- Speaker #2
Toi aussi, tu as cette envie ? Moi aussi, j'ai cette envie. C'est génial. C'est vrai que j'étais tombé un peu sur cette statistique. Vous voulez tous écrire aussi un livre, c'est vrai que c'est une vraie pensée. Moi je pense que c'est parce que le livre c'est un objet qui dure. Et comme aujourd'hui, rien ne dure, les réseaux sociaux, même ce podcast, c'est super, mais ça se trouve, voilà, on va regarder et puis après on va passer à autre chose. Rien ne dure dans la vie que finalement on se dit, ok, j'ai écrit un livre, et bien ce livre il va durer pendant des années, des dizaines, des vingtaines, et ça se trouve même après ma mort, on va le découvrir. Et c'est ce qui s'est passé avec Arthur Rimbaud, c'est ce qui s'est passé avec beaucoup d'auteurs. Je ne me compare pas du tout avec eux, mais c'est vraiment ça en fait. Il y a des choses... parfois aussi, il y a des livres qui tombent dans l'oubli. Et la plupart des gens qui ont réussi à leur époque, on ne connaît même pas leurs livres. C'est vrai, il y a des anecdotes comme ça. Alors, je ne les ai pas de tête, mais il y a des anecdotes comme ça, c'est assez fou. C'est assez fou. Tout ce qui a été connu dans leur temps, ce n'est pas forcément ce qui va durer après dans les générations.
- Speaker #0
C'est fort si tu restes dans les décennies qui arrivent alors. Ah bah oui ! De rester dans les décennies qui arrivent pour toutes les personnes qu'on a vu.
- Speaker #2
Tout ce que je veux. Moi, je préfère. Alors, à choisir, je préfère être connu de mon vivant qu'être connu après.
- Speaker #0
C'est une bonne question philosophique.
- Speaker #2
Je préfère être connu de mon vivant. Moi, je n'en ai rien à faire qu'on me connaisse dans 100 ans.
- Speaker #0
Comme tu dis, le livre, c'est un objet physique. C'est un peu comme un héritage qui reste. Et puis, même si tu n'es pas connu après ta mort, tu seras toujours connu auprès de ton entourage. Parce que tu diras, voilà, papy, il a écrit un livre. Regarde, on l'a sur les étagères, etc. Tu es très jeune, mais ce que je veux dire, t'as quand même un héritage On va dire non patrimonial, mais en tout cas un héritage qui est là, qui persiste. Comme je te le disais, moi dans mon imaginaire, personne n'écrit encore d'aujourd'hui des poésies. Qu'est-ce qui t'a donné envie d'écrire de la poésie et pas un essai ou encore des articles ou d'autres choses ? Ou un livre sur un roman ?
- Speaker #2
Oui, bien sûr. C'était un risque d'écrire de la poésie, surtout en premier livre, parce que ce n'est pas le genre qui touche le plus et ce n'est pas le genre le plus vendu. Même tu vas dans un... Dans une librairie ou dans un coin d'une médiathèque, la poésie, c'est une étagère. C'est souvent ce que j'ai écrit. La poésie, c'est un peu un placard à balais dans une grande maison. Et malheureusement, c'est le cas. Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de la poésie partout, dissimulée dans tous les livres. Et moi, pourquoi j'ai voulu écrire de la poésie, même à travers les réseaux sociaux ou ce livre ? Parce que ça naît d'une nécessité. Je voulais vraiment poser des mots, je voulais poser des émotions, et ça passait que par ça. J'avais pensé à des histoires, bien sûr, mais comme j'avais commencé aussi par de la poésie et par des textes, finalement, qui mélangent le slam, le spoken word, sur mes réseaux sociaux, ça m'était naturel pour moi de faire un premier projet qui représente un petit peu tout ça.
- Speaker #0
Tu viens de dire un mot, spoken word ?
- Speaker #2
Ouais, spoken word.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous expliquer en deux mots ?
- Speaker #2
C'est un peu comme le slam, c'est la poésie rythmée qu'on dit à l'oral. C'est ça, c'est vraiment sans instru. Parce que de base, le slam, c'est aussi ça, c'est sans instru. Alors qu'il y a peut-être une différence, et peut-être ceux qui me comptent, ils me diront « Non, pas du tout, c'est pas ça » . Mais ouais, la globalité, en général, c'est ça.
- Speaker #0
Aujourd'hui, c'est quoi, avoir une... ça veut dire quoi ? Avoir une vie de poète ?
- Speaker #2
Avoir une vie de poète ? Je pense que c'est... Une vie de poète, dans l'imaginaire collectif, c'est vraiment une vie de troubadour. À mon avis, c'est comme Baudelaire, qui allait d'hôtel à hôtel, et qui, à la fin de sa vie, il n'avait plus d'argent. Mais je pense qu'une vie de poète aujourd'hui, c'est un peu une vie de l'entre-deux. C'est-à-dire, t'as un travail ou t'as une autre activité, t'as des études et t'écris pendant les cours, t'écris toujours à côté. Chaque minute que tu peux voler, tu la consacres à ça. Et à écrire des textes. En fait, une vie de poète, c'est un peu comme une vie de rappeur qui n'a pas percé encore. C'est vraiment ça pour moi. Je ne sais pas si t'as vu 8 Mile, le film sur Eminem.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Et Eminem, il travaillait à l'usine, il était dans la pauvreté. Et qu'est-ce qu'il faisait ? Il était tout le temps en train de rapper, en train d'écrire des textes. Et en soi, c'est un poète urbain, clairement. Surtout Eminem. Surtout Eminem, parce qu'Eminem, c'est un rappeur. Mais c'est, je pense, le rappeur qui écrivait le mieux de son époque.
- Speaker #0
À une autre époque, il aurait été peut-être poète.
- Speaker #2
Oui, c'est possible. Mais clairement, c'est bien sûr. Parce que le rap s'inspire, en tout cas le rap à texte et le rap à plume, s'inspirent des textes, finalement, et donc de la poésie. Donc oui, clairement, il y a des rimes, il y a tout, il y a des alexandrins, il y a absolument tout, clairement.
- Speaker #0
Comment tu t'es débrouillé ? Quelles ressources tu as mis en place ? Quelles compétences ? Qu'est-ce que tu allais chercher pour te dire, aujourd'hui, je suis poète, je suis écrivain ?
- Speaker #2
Ça, je ne me le dis pas moi-même. C'est-à-dire que je suis poète et je suis écrivain, c'est un peu la conséquence. C'est un titre que je ne peux pas m'auto-déclarer. C'est la conséquence parce que j'ai écrit un livre, et de fait... J'écris aussi au quotidien et je publie des choses sur les réseaux sociaux. Par conséquent, je suis écrivain et je suis poète. Mais comment ça s'est passé ? Tout simplement parce que j'avais ce plaisir. C'est toujours actuel, j'ai toujours ce plaisir d'écrire, toujours ce plaisir d'aller chercher ces mots-là, toujours le mot juste. Et puis c'est cette quête, cette quête de sens, cette quête de mots. Après, je me considère plus écrivain que poète. Et peut-être, là, ce qui m'a aidé à me construire en tant qu'écrivain, et ce qui m'aide toujours encore aujourd'hui, ça a été mes lectures. Et aussi mes études, notamment en classe prépa, parce que du coup, j'ai fait une classe prépa littéraire et sciences sociales. Et ça, ça a été hyper formateur. Moi, je conseille à tout le monde de faire une classe prépa, parce que même si c'est très difficile, tu ressors de là. Tu es presque invincible, en fait, sur certaines choses.
- Speaker #0
Ça forge ton esprit à avoir un esprit critique, à avoir une certaine ouverture d'esprit. En tout cas, ça te permet d'être un peu façonné, d'avoir une exécution de travail également. qui est plus intense et plus conséquente.
- Speaker #2
Oui, exactement. La capacité de travail, tu peux encaisser beaucoup de choses après avoir fait le prépa. Donc, tout te paraît un peu plus facile, même si, après, ce n'est pas non plus la plus grande épreuve d'une vie, mais c'est quand même, à ce moment-là, quelque chose de très difficile. Donc, ça, ça m'a beaucoup aidé, faire des dissertations. Et puis après, la curiosité. La curiosité. Toujours essayer de s'améliorer. Je pense que c'est ça.
- Speaker #0
Tu me disais, c'est parce que tu écris des textes sur les réseaux sociaux, parce que tu as écrit un record de poèmes, que tu as cette légitimité aujourd'hui d'être écrivain. Donc du coup, pour toi, est-ce que c'est une légitimité qu'on te donne ou est-ce que c'est un aspect identitaire qui t'incombe en fait, qui incombe à ta personnalité et à ta passion ?
- Speaker #2
Je pense que c'est un peu des deux. Parce que forcément, les gens quand ils vont regarder, ils vont se dire ok, ils vont t'identifier à quelque chose. Parce que c'est comme ça, dès que tu vas croiser une personne, on veut te coller une étiquette et c'est normal. Donc je pense que c'est un peu des deux. Les gens, quand ils me croisent, ils pensent que je suis un poète ou un écrivain. Et moi aussi, je le pense. C'est-à-dire que je suis un écrivain, peut-être un peu moins poète, c'est ça qui est marrant, mais je m'identifie plus comme écrivain. Et puis après, je fais tout pour aujourd'hui en vivre, et puis vivre de cette passion, l'écriture, même si ce n'est pas facile. Voilà, c'est l'objectif.
- Speaker #0
c'est aussi L'objet du podcast, c'est comment tu te débrouilles, quelle chose tu mets en place pour arriver à atteindre ton rêve. Par exemple, j'avais interviewé un acteur qui, comme toi, a une fonction parallèle. Et donc, du coup, c'est vraiment atteindre son rêve sans se cramer et de se dire qu'il y a Adama Bathili qui est un acteur. Et donc, se dire comment j'arrive à vivre de mon rêve, mais tout simplement sans cramer ce qu'il y a autour, parce qu'on reste dans une vie qui est réelle.
- Speaker #2
Clairement, on est dans un monde fait d'argent.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Et il y a deux philosophies. Soit il y en a qui te diront ton plan B, ton plan C, il n'y en a pas. Ton plan A, c'est ton plan A. Ton plan B, c'est ton plan A. Tu dois tout mettre, toute ton énergie, toute ton action sur ce que tu veux, sur tes rêves. Parce que la vie, il n'y en a qu'une. Et d'autres qui disent, ouais, mais quand même, essaie d'avoir un parachute. Moi, je fais le choix d'un peu des deux, parfois. Ça dépend. Ça dépend à certains moments de ma vie. Mais je pense que oui, c'est bien d'avoir un parachute. D'avoir quelque chose tant que... Ça ne fonctionne pas économiquement. Tant que ça ne fonctionne pas sur ce plan-là, il vaut mieux avoir quelque chose, un petit travail même d'intérim, un petit boulot, n'importe quoi. Ou même, ça se trouve, un travail à plein temps et de considérer ça comme une passion qui peut se transformer en quelque chose vraiment de sérieux dans le futur.
- Speaker #0
De périn.
- Speaker #2
De périn, clairement. Et puis après, petit à petit, se construire comme ça. Parce que c'est vrai que si on donne tout dans son art, Et que malheureusement, pour X raisons, ça échoue. Il y a toujours une part de ce scénario. Moi, je ne la vois pas, cette part. Mais si ça arrive, qu'est-ce qu'il nous reste après ? On aura gâché toute son énergie et on se sentira un petit peu très seul, je pense. Parce que justement, on aura oublié certaines choses, certaines personnes. Et on sera passé peut-être à côté de choses. Donc, il ne faut pas oublier de vivre parce que c'est justement en vivant qu'on alimente tout ça.
- Speaker #0
Ton livre, tu l'as écrit Enquête de Sens, tu l'as nommé Enquête de Sens, c'est un peu en relation, je pense que tout est lié. Quel message t'as voulu faire passer à travailler sur le cœur de ce poème ?
- Speaker #2
Le message, c'est qu'on est une génération, pour moi, en quête de sens. On est une génération en quête dans plein de domaines de la vie, et c'est vraiment pour ça que je l'ai écrit. Je l'ai écrit pour moi, pour me dire et pour me rappeler tout ce que j'ai pu traverser à ce moment-là, toutes les questions qu'on se pose. mais aussi pour justement d'autres personnes qui se posent des questions un petit peu de ma génération, même génération future, alpha, qui vont être amenées à faire des études, à traverser aussi certaines relations amoureuses, un peu digitales. Plein de choses comme ça qui changent, qui sont en transformation complète, qui n'ont plus rien à voir avec le monde tel que nous l'avait présenté. Et c'est vraiment ça en fait, c'est né de cette quête. dans plein de domaines de la vie, même la justice par exemple tout ça c'est un peu un cadeau aussi pour ma génération que j'ai voulu faire ça
- Speaker #0
C'est quoi ton enjeu personnel ? dans cette aventure que tu mènes ?
- Speaker #2
Moi, je dirais que c'est plus... Ouais, c'est une nécessité, en fait. Ça peut pas... C'est plus fort que moi. C'est quelque chose, moi, ce que j'appelle viscéral. C'est-à-dire que ça peut pas ne pas être. T'es obligé de le faire parce que si tu le fais pas, t'es pas toi-même. C'est un peu comme un appel. Comme un appel de quelqu'un qui... Non, mais c'est vrai. Un appel religieux, il y a presque un côté comme ça divin. Je saurais pas dire, franchement. C'est scéné comme ça et ça doit l'être parce que sinon je me sentirais pas bien.
- Speaker #0
Tu me fais penser à une scène d'un film que j'aime bien qui est Sister Act 2, je sais pas si tu vois ce film là. Non je vois pas. Bref c'est un film avec Upul Wulberg, je commence bien son nom. Si je vous regarde. Et du coup elle est avec une troupe de jeunes chanteurs de la paroisse et il y a une jeune chanteuse qui a du mal à savoir si elle veut être chanteuse. Elle lui donne un livre qui s'appelle Une lettre à un jeune poète.
- Speaker #2
Ça me dit un truc.
- Speaker #0
Et du coup, c'est un garçon qui écrit plein de lettres à un poète en lui disant je veux devenir poète, etc. Je lui dis mais si le matin, vous vous réveillez en devenant poète, en voulant faire de la poésie, vous êtes poète. Donc arrêtez de vous poser des questions. Et elle le transpose pour cette jeune fille en disant si le matin, tu as envie de chanter, en fait, tu es une chanteuse. Et donc, je pense que ça résume très bien ce que tu nous dis. C'est que c'est en toi et que... Même si on te mettait dans un cadre, je ne sais pas, d'entreprise, très corporate, ou dans un cadre vraiment, ta nature d'artiste, en tout cas, reviendra toujours au galop, parce que ça fait partie de toi, que c'est intrinsèque à toi. C'est ça,
- Speaker #2
exactement.
- Speaker #0
Et là, tu l'as écrit pour toi, ce livre. Je vous le remontre en deux sens. C'est important. Je vous mettrai dans les notes pour pouvoir l'acheter en librairie. Et soutenez les libraires, parce qu'il y en a de plus en plus qui ferment les pots.
- Speaker #2
Alors, c'est surtout sur Internet. Ah, sur Internet.
- Speaker #0
Alors, un petit message pour les libraires. Mais sur Internet. Oui,
- Speaker #2
mais clairement, si les libraires sont intéressés, moi, j'en envoie plein.
- Speaker #0
Voilà. Et donc, tu l'as écrit pour toi, mais qu'est-ce que tu as mis en place pour trouver un peu cet équilibre entre j'écris pour moi-même, pour m'apaiser peut-être personnellement, et j'écris pour les autres, pour leur plaire et pour les apaiser également, pour que mes mots soient... Soit universel peut-être, soit entendu par les autres. Alors tu as fait déjà l'exercice à travers ton contenu, donc je pense que c'était un premier brouillon entre guillemets, mais qu'est-ce que tu as mis en place pour trouver cet équilibre ?
- Speaker #2
Ça c'est une difficulté énorme. Je pense pour tout artiste, tout artiste qui commence au début va parler de soi, ça va toucher des gens, et du coup cet artiste va vouloir encore toucher des gens. Et donc il va vouloir penser et écrire de telle façon pour toucher d'autres. Sauf que... Dans ce cadre-là, on oublie et on perd ce côté déjà plaisir et en même temps vraiment hyper intime. Parce que c'est ce côté intime qui, paradoxalement, va toucher les autres. Donc, dans quelle position il faut se mettre ? Je pense qu'il faut se mettre dans une ambivalence, c'est-à-dire de se dire « Ok, je veux parler de moi, je veux parler vraiment d'un sentiment profond, avec des effets réels, des exemples très concrets. » Et en même temps, pour que chacun puisse aussi s'identifier, De prendre du recul. C'est-à-dire, voilà, essayer de sortir un peu de son corps et de voir les choses un petit peu universellement. Et c'est un peu ce double travail. Donc, c'est pas choisir l'un ou l'autre. À mon avis, pour moi, c'est un couple de deux. Parce que sinon, si on choisit trop l'universel, eh ben, on est dans l'objectif, on est dans la description. Et trop l'intime, peut-être on va être dans le côté... On ne va pas réussir à faire entrer quelqu'un à l'intérieur parce que ce sera trop détaillé ou on ne va pas forcément s'identifier si ça parle juste d'une personne. Donc, il faut avoir les deux côtés, mais ce n'est pas évident. C'est là tout l'enjeu. Et c'est là aussi, souvent, quand des artistes réussissent, bizarrement, on ne s'identifie plus trop parce qu'ils veulent toucher plus de gens. En tout cas, j'ai ce sentiment.
- Speaker #0
Oui, mais c'est exactement la même chose pour les créateurs de contenu. C'est ça,
- Speaker #2
créateur de contenu, écrivain. Et finalement, je pense que le meilleur conseil à donner, c'est toujours de prendre un maximum de fun, vraiment un maximum de plaisir. C'est même dans le foot. Dans le foot, si on n'aime pas mettre des buts et toucher la balle, et qu'on se dise, allez, vas-y, il faut que je mette des buts pour briller justement un classement individuel, je ne suis pas sûr qu'on va réussir, en fait.
- Speaker #0
Oui, tu ne transmets pas la même... aura, la même vibe, en tout cas t'as pas du tout la même énergie pour aller chercher ce que t'as envie et ça se ressent.
- Speaker #2
C'est ça, exactement tout à fait.
- Speaker #0
J'ai vu que t'avais reçu énormément de messages qui te remerciaient d'avoir su mettre des mots sur leurs sentiments, donc t'as réussi l'exercice. Quel pouvoir a l'écriture sur nous, sur notre bien-être ?
- Speaker #2
Ça, c'est encore une grande question. Je pense que le pouvoir de l'écriture, déjà, il est multiple. Ça peut cristalliser certaines émotions. Donc l'écriture, ça peut vraiment mettre des mots sur des mots. Ensuite, l'écriture, ça te fait développer un imaginaire. Donc tu arrives dans une capsule et finalement, tout peut te paraître un peu nouveau. Tu peux te balader dans ton cerveau. t'as pas de limite. Et ça aussi, c'est le troisième pouvoir. Pour moi, le pouvoir le plus important, c'est la liberté. L'écriture, c'est l'endroit où tu peux être le plus libre parce que dans la vie quotidienne, tout est mécanique, tout est déjà écrit pour nous. Et là, t'as la possibilité d'écrire un tout nouveau monde. Et donc, c'est ça en fait, pour moi, l'écriture. Même si tu restes limité par ta langue et tes mots. Et donc, forcément, t'écriras pas de la même façon si t'es français, américain ou... australien voilà c'est ça donc t'es limité par ton langage et ça c'est intéressant si japonais ils écrivent pas du tout pareil donc ouais c'est intéressant c'est super intéressant je t'avais vu que j'avais jamais soulevé cette question dans mon esprit parce que ça
- Speaker #0
dépend après si t'es multilingue mais en tout cas t'as pas l'occasion souvent de lire d'autres langues et de comprendre quel mécanisme de pensée et d'imagination que tu as derrière ou de liberté que tu as derrière. C'est intéressant de le comprendre et de savoir où ça peut nous mener et nous façonner dans notre ouverture d'esprit ou pas.
- Speaker #2
Clairement, oui.
- Speaker #0
Tu l'as dit, ça libère nos mots. Comment on peut utiliser ces mots M-O-T-S pour se débrouiller avec ce qu'on vit ?
- Speaker #2
Comment on peut utiliser ces mots ? Les mots, c'est aussi quelque chose de compliqué. C'est-à-dire que, même en étant écrivain, je peux être parfois nul en communication. Parce que la communication avec les autres, c'est quelque chose de vraiment difficile. Même un psychologue, il va avoir du mal dans sa vie quotidienne parce que les mots sortent tellement vite et on ne peut jamais utiliser un mot pour un autre. C'est là toute la complexité. Si un mot est mal utilisé, mal choisi, tout de suite, ça peut faire déclencher une émotion chez l'autre. Mais c'est là aussi le pouvoir des mots. C'est-à-dire que dire je t'aime, ce n'est pas la même chose que je pense à toi ou alors tu me manques. Ce n'est vraiment pas la même chose. Et même dire « je suis fier de toi » ou « c'est bien ce que tu fais » , ce n'est pas la même chose non plus. Et c'est tout ça, en fait. Je pense déjà en être conscient, et puis après, de toujours essayer justement de bien mesurer ses mots. Même en une conversation normale, ou une conversation, peut-être parfois une dispute, c'est toujours essayer de bien faire attention à ses mots, et parfois, quand ça part trop vite... c'est pas de notre faute et dans ce cas là personne n'est parfait donc ça arrive qu'un mot sorte plus vite que l'autre et donc oui mais c'est très compliqué je pense dans la vie quotidienne c'est bien que tu le soulignes que tu dises que même en tant qu'écrivain qui manie
- Speaker #0
les mots c'est un tout autre domaine de savoir communiquer et l'éloquence que tu peux avoir avec ces mots là à l'écrit ne sont pas les mêmes que tu peux avoir à l'oral ouais totalement par rapport à des situations données mais que l'écriture peut t'aider en tout cas pour toi-même peut-être dans ta sphère intime et puis même tu peux être très éloquent face à une caméra ou face à un public de 200 personnes voire 1000 personnes et
- Speaker #2
tu te retrouves à être à deux discuter même devant quelqu'un je sais pas que t'apprécies, tu perds tous tes moyens oui c'est vrai donc c'est là où parfois les mots l'éloquence, l'écriture C'est pas corrélé forcément avec le quotidien aussi de la personne, très honnêtement. Et même, tu le vois avec tous les créateurs de contenu, les youtubeurs. La plupart de ces personnes, elles sont timides, elles sont introverties. Donc, tu vois, c'est...
- Speaker #0
Est-ce que toi, ça t'a aidé à traverser une période où tu savais pas comment avancer ?
- Speaker #2
Oui, totalement. Et je pense que t'écris jamais de manière... Ouais, c'est jamais anodin, en fait. T'écris parce que tu traverses aussi des périodes plus compliquées. Et c'est là où tu te révèles, et c'est là où tu vois si ça te fait du bien et que tu as envie de continuer. Donc clairement, j'ai eu des phases un peu plus compliquées, notamment pendant la prépa.
- Speaker #0
même après la prépa et puis j'ai toujours ressenti moi mon problème c'est que j'ai grandi un peu trop vite j'ai toujours senti un peu un décalage avec les jeunes de mon âge même si j'ai eu toujours des bons amis et ça je suis hyper reconnaissant mais parfois j'avais l'impression d'être trop sérieux de ne pas assez lâcher prise et ça ça vient je pense de ce côté maturité que j'avais et qui m'a joué des tours dans certaines relations Parce que, voilà, c'est une souffrance. Parce que c'est un manque de légèreté et que j'aurais aimé avoir. Mais c'est sûr que ça te fait poser des questions et ça te fait écrire. Donc pour ma part, c'est sur ça que ça m'a aidé.
- Speaker #1
Ça demande de la maturité, d'avoir ce... et de grandir... Enfin, ton parcours, de grandir trop vite et de se sentir en décalage, c'est ça qui t'a aussi permis de... T'es allé vers l'écriture et pour te libérer un peu ?
- Speaker #0
Peut-être, peut-être. Ouais, peut-être, c'est possible. C'est possible que, en tout cas, vers les textes et la poésie, ouais. C'est clairement possible.
- Speaker #1
T'as réalisé un texte sur la vingtaine, 80 grands échos sur Instagram. Et moi, c'est comme ça que je t'ai découverte également.
- Speaker #0
D'accord, ok,
- Speaker #1
intéressant. Notamment, t'as eu plus de 50 000 likes, donc ça a vraiment fait écho sur celui-là. Pourquoi t'écris sur la vingtaine ?
- Speaker #0
Justement, c'était ma première vidéo que j'avais écrite sur mon compte. Et donc, parce que j'avais traversé une période plein d'émotions. La vingtaine, c'est plein d'émotions, surtout les vingt ans. Et je voulais écrire là-dessus un petit texte, une petite réflexion que je m'étais faite. Et ouais, c'est assez finalement naturel. Je voulais juste inscrire ce moment, cette capsule. Moi, je vois vraiment ça. Chaque texte, en fait, est une capsule et une émotion. que tu pourras relire plus tard et graver dans le marbre. Et puis, j'ai fait ça et c'est parti. Et une fois que c'est parti, au moins c'est fait. C'est-à-dire qu'on n'y pense plus et on peut passer à autre chose. On peut avancer. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses qu'il faut douter de soi pour bien écrire ?
- Speaker #0
Ah oui, clairement. En tout cas, il faut douter de soi, douter des autres. Il faut toujours douter. Le verbe douter, c'est le verbe, à mon avis, qui doit être le plus utilisé par tous les artistes. que ce soit dans la musique, dans l'écriture, parce que si tu ne doutes jamais, que tu ne te remets jamais en question, pareil, tu n'avances pas. Et aussi, même interroger la société, interroger ce que tu fais, tout ça, c'est le doute. Mais c'est beaucoup de...
- Speaker #1
de...
- Speaker #0
de quic dans l'esprit, ouais. C'est compliqué parfois.
- Speaker #1
D'overthinking en sans cesse.
- Speaker #0
Ça, c'est le point négatif, mais t'es obligé de passer par là. Même pour préparer une interview, t'es obligé de dire, attends, est-ce que cette question, elle est plus pertinente que l'autre ?
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. complètement c'est une question qu'on peut se poser que peuvent se poser les personnes en tout cas qui nous écoutent et qui nous regardent en tout cas sur le podcast parce que l'écriture aujourd'hui c'est forcément un outil mais c'est pas forcément un outil auquel on pense qu'on pense en top mind en top mind oui bien sûr est-ce que comment j'écris en fait aujourd'hui tu vois on utilise beaucoup de chat GPT on utilise beaucoup de mail ou des choses comme ça mais on n'écrit plus pour soi-même ou en tout cas on n'écrit plus On n'apprécie plus la belle écriture comme avant. On n'a plus cet amour. Tu vois, par exemple, là, il y a une nouvelle école qui vient de sortir. Donc oui, on apprécie certains textes. Ça peut résonner encore avec la jeunesse. Je ne dirais pas la jeunesse, parce que quand on dit jeunesse, on pense aux jeunes adultes, mais je parle plus... Je considère qu'on est encore jeunes à 35 ans. Oui,
- Speaker #0
totalement.
- Speaker #1
Mais ce que je veux dire, c'est que... Comment reprendre un stylo et reprendre cette envie de faire des rédactions, mais que pour soi-même ?
- Speaker #0
Déjà, c'est hyper intéressant tout ce que tu as dit. Tu as dit beaucoup de choses. Mais déjà, je vais rebondir sur ce sujet. Tchad GPT et l'IA, c'est un fléau. Tchad GPT, vraiment, nous empêche d'écrire. Il nous empêche de... Il nous fait perdre ce plaisir d'écriture. Et ça, c'est très dérangeant parce que, justement, l'écriture, ça n'est... d'une nécessité. Ça naît d'une nécessité de poser des mots. Alors que si tu dis à Ausha Pété de dire « Écris-moi une lettre d'amour pour ma copine » ou « Écris-moi mes pensées » , tout ça, mais il saura jamais. Tu pourras lui dire qu'elle est comme ci, qu'elle est blonde, machin, machin. Mais il aura jamais le goût, le sens, l'odeur même de celle que tu aimes. Et c'est ça qu'ils font, des textes. Et pour moi, tu parlais d'une scène de film tout à l'heure. Et pour moi, cette scène qui... Ce débat-là, c'est la scène dans Will Hunting. Je ne sais pas si tu vois The Good Will Hunting avec
- Speaker #1
Matt Damon.
- Speaker #0
Matt Damon joue un personnage qui est hyper intelligent. qui a vécu beaucoup de traumas. Et le psy, il est là, il écoute, c'est ça. Et il y a une scène où, finalement, il dit au psy que son tableau, c'est de la merde, que son tableau, il ressemble à un vieux monnaie, je ne sais plus, mais voilà. Et le psy réfléchit, il réfléchit beaucoup. Et il lui dit, en fait, mais toi, tu connais beaucoup de choses, tu as l'intelligence, ça, c'est vrai, mais tu n'as pas le vécu. Et c'est ce que l'IA et tout ce que, aussi un petit peu le côté artificiel qui existe aujourd'hui, nous empêche de ressentir ce vécu-là. Et c'est ce vécu-là qui crée vraiment des vraies émotions. Et je pense que sans ça, on perd ce plaisir, même pour la musique. Pour la musique, aujourd'hui, tu peux générer avec de l'IA des chansons. Sauf que ça n'a aucun intérêt pour un rappeur. Parce qu'un rappeur ou un musicien, s'il fait de la musique, c'est qu'il aime faire de la musique. Sinon, on ne fait pas de la musique. Si tu es écrivain et que tu utilises Tchad GPT, tu n'es pas écrivain. Parce que t'aimes pas écrire, mais c'est vrai.
- Speaker #1
Ouais, t'as une ambition un peu plus égocentrique.
- Speaker #0
Mais non, c'est que t'as aucune ambition pour moi, parce que ça n'a aucun sens. C'est comme si t'étais footballeur et que tu jouais à FIFA. Ouais, je suis footballeur, je joue à FIFA.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ça n'a aucun sens.
- Speaker #1
C'est deux fonctions différentes.
- Speaker #0
Ça n'a aucun sens. Tu peux pas... Ouais, c'est ça, tu peux pas générer ce qui, normalement, te fait du bien et te fait plaisir. Et parce que, pour moi, tout art, tout sport, ça doit te faire plaisir. Et c'est la notion même, et c'est pour ça que c'est la réponse à tes questions, en fait. C'est toujours cette notion de plaisir, et qui différencie vraiment ce que tu aimes faire. Et c'est peut-être là, justement, l'indicateur. Si on commence à générer des prods ou de l'écriture avec l'IA, interrogeons-nous et demandons-nous, du coup, est-ce que c'est vraiment ce que j'ai envie de faire ou ce que j'aime faire ? Parce que si je veux prendre le chemin le plus facile, c'est sûrement la question, la réponse, elle est non. Même si parfois, ça peut nous aider sur certaines tâches. Genre des mails, tout ça, bien sûr.
- Speaker #1
Mais cette expérience de se débrouiller, de se battre un peu pour ce qu'on souhaite, elle est importante.
- Speaker #0
Elle est hyper importante. Elle est même marqueur. Si on n'a pas ça, si tu ne souffres pas, je pense que tu ne pourras réussir à rien dans ta vie. Il faut souffrir pour réussir.
- Speaker #1
Tu penses ça ? Parce qu'on a un peu ce discours au contraire, en disant qu'il ne faut pas souffrir, par exemple, au travail ou autre chose. Il ne faut pas forcément souffrir pour bien gagner sa vie, il ne faut pas forcément souffrir pour y arriver. C'est un peu un mythe urbain de se dire qu'il faut souffrir pour y arriver. Toi, tu penses le contraire ?
- Speaker #0
Ce n'est pas une obligation, mais quand tu le vois, c'est toujours une conséquence.
- Speaker #1
Moi, je pense qu'il faut surtout relever ses manches, vraiment faire un effort.
- Speaker #0
Un effort, c'est une souffrance. Oui, c'est vrai. C'est un effort, c'est... Voilà, après peut-être le mot souffrance est fort. Mais volontairement fort, parce que quand tu tombes pour apprendre à marcher, à courir, tu souffres de tomber. C'est un échec, d'un côté c'est une souffrance, mais ça ne veut pas dire que ce n'est pas positif. Moi j'ai énormément échoué, et moi je trouve ça hyper positif.
- Speaker #1
Et c'est important de le faire.
- Speaker #0
Mais j'ai souffert, mais je trouve ça positif. Donc c'est ça qui est différent.
- Speaker #1
Tu le dis... Tu as une vraie volonté de construction, d'accomplissement. Et je pense que c'est un sentiment extrêmement fort qu'on partage entre débrouillards. C'est vrai. Comment ça se traduit chez toi, spécifiquement, si on met un point dessus ?
- Speaker #0
Ce côté débrouille ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je pense que c'est le culot. Le culot, oser, comme tu as fait avec moi. Tu m'as envoyé un message. Oser envoyer un message. Oser aller vers les autres. Tu vois quelqu'un dans la rue. Tiens, tu dis, cette personne, ça fait longtemps que, je sais pas, je voulais lui poser une question, tout ça. Peut-être une personne a été connue. Eh ben, t'y vas. Et parfois, tu peux te poser la question, mais il faut y aller. Et le culot, c'est aussi toujours sortir de sa zone de confort. Et moi, je pense que c'est ça qui me caractérise. Parce que de base, je suis un grand, grand timide. Et vraiment, je suis hyper timide. Eh ben,
- Speaker #1
ça se voit pas. Ça se voit plus, en tout cas.
- Speaker #0
Ça se voit peut-être plus. Mais parce que j'ai, depuis toujours, j'ai essayé de... de sortir de ma zone de confort et de taper dans ce micro depuis le début de l'interview, je suis désolé. Mais oui, je suis un très très grand timide et pourtant, voilà, j'ai essayé de toujours lever la main en classe, toujours participer. Au début, j'apprenais, tu sais, quand tu passais devant la prof pendant un exposé, j'apprenais mon texte par cœur. Par cœur, mais vraiment, les mots, les virgules, tout ça. Et parce que j'avais pas confiance en moi et puis petit à petit, voilà. On se débrouille et puis on se fait confiance. C'est tout. C'est vraiment la pratique.
- Speaker #1
Et c'est ce chemin qui te permet aussi d'acquérir cette confiance. Parce que comme tu dis, quand c'est facile, tu n'acquéris pas forcément cette confiance. C'est un peu du bluff. Je bluffe, mais il n'y a rien derrière forcément.
- Speaker #0
Et c'est pour ça, encore une fois, que je reviens à ce côté souffrir. Parce que si c'est trop facile, et les gens qui ont des facilités... généralement, ce n'est pas eux qui vont au bout de leur projet. Et c'est ça. Vraiment, si vous avez des facilités, prenez-les comme un don et prenez-les comme quelque chose de hyper positif. Mais n'oubliez jamais aussi de se dépasser. Parce que même celui qui a des facilités, il faut qu'il se dépasse. Sinon, il va stagner et un jour, il va se faire rattraper.
- Speaker #1
C'est vrai, complètement. Tu voulais nous lire un de tes poèmes ? C'est ça. Oui,
- Speaker #0
bien sûr, bien sûr. Alors j'en ai plusieurs. On va choisir un cours alors. Super. On connaît trop bien cette sensation. Le réveil qui sonne, impossible de se lever. Une journée de plus à affronter, et ce, sans la moindre motivation. Et puis un jour, quelque chose nous réveille. Dans l'ombre du doute, l'espoir renaît. Un livre, une passion, une bonne nouvelle, ravive en nous, une flamme qui sommeille. Et c'est là qu'on réalise que la lumière ne vient pas toujours du ciel, mais parfois d'un regard sincère ou d'un petit mot qui nous rappelle l'essentiel. Alors voilà, j'ai lu le premier petit texte, petit poème, un petit peu revisité du prologue de mon livre.
- Speaker #1
C'est magnifique.
- Speaker #0
Mais c'est un petit peu pour...
- Speaker #1
Ça inspire et ça donne un sentiment d'ouverture sur la vie. D'optimisme sur la vie, quelque chose qui nous porte et que le lendemain sera beaucoup plus beau. Merci pour ce moment.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
J'ai trois dernières questions à te poser. J'aimerais que tu complètes la phrase « l'écriture permet une maturité » .
- Speaker #0
L'écriture permet une maturité de l'esprit.
- Speaker #1
Super. Pour toi, qu'est-ce que ça veut dire être adulte ?
- Speaker #0
Être adulte, c'est gagner en maturité sur beaucoup de choses, prendre du recul, se remettre en question et aussi, ça vient avec l'indépendance. L'indépendance, l'autonomie, l'indépendance financière, faire ce qu'on a envie de faire et je pense dire je t'aime.
- Speaker #1
Dire je t'aime à tout le monde ?
- Speaker #0
Ouais, clairement. C'est dire aux autres qu'on les aime, à nos amis, à nos proches. C'est sortir de ce côté un petit peu qui nous gêne. Dire le positif, en fait. Et pour moi, c'est ça aussi être adulte. C'est accepter, recevoir ses émotions et les dire, en fait.
- Speaker #1
Merci. Et quel serait ton tips de la débrouille ?
- Speaker #0
Le tips de la débrouille, c'est de se dire que... D'autres avant ont eu peur, d'autres avant ont essayé. Il ne faut pas trop se comparer aux autres, mais de se dire que de toute façon, si toi tu n'essayes pas, personne ne va essayer à ta place. Et je pense qu'il faut à un moment donné plus trop réfléchir et foncer. Donc le tip c'est vraiment, allez-y. Allez-y, faites vos projets, échouez, et vous serez heureux, parce que vous aurez essayé en fait.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour tes mots. Avec plaisir. Ça m'a beaucoup touchée, j'espère que ça vous touchera aussi. C'est un plaisir de te recevoir honnêtement sur T'inquiète, je me débrouille. Je pense que tu es bienvenu dans la communauté des débrouillards.
- Speaker #0
J'espère, j'espère. C'est important.
- Speaker #1
Et de nous avoir partagé ton parcours, ton expertise en tout cas sur tes écrits. Je vous le rappelle, vous pouvez le trouver sur Internet, je vous mettrai le lien en guette de sens. On peut te retrouver sur Instagram, Monsieur Daponté, TikTok. pour entendre tes poésies que tu partages toutes les semaines. Merci les débrouillards de nous suivre, de nous écouter et de nous regarder. Toutes les deux semaines, on se retrouve avec des débrouillards comme Mathéo, qui nous donnent des clés pour avancer plus sereinement dans notre vie. N'hésite pas à partager cet épisode aux personnes à qui tu as pensé en l'écoutant. Partage-nous un commentaire ce que tu as pensé de l'épisode et donne-nous de la force en mettant une note de 5 étoiles sur Apple Podcasts, Spotify ou d'autres plateformes d'écoute. Prends bien soin de toi. Et t'inquiète, je me débrouille pour te retrouver dans deux semaines.