- Speaker #0
Hello, moi c'est Myriam, bienvenue sur le podcast T'inquiète je me débrouille où on explore ce moment où l'on découvre les galères de l'âge adulte et qu'on doit les gérer. Toutes les deux semaines, j'échange avec des personnes au parcours réel et aux expertises utiles pour nous donner un autre regard sur cette période de vie floue.
- Speaker #1
Welcome to the real world ! It sucks ! You're gonna love it !
- Speaker #2
Je sais pas quoi faire, j'ai besoin d'un adulte ! Je suis un adulte ! J'ai besoin d'un adulte et plus d'adultes ! Comment on devient adulte ? Je sais pas, j'ai l'impression que quand on était enfant, juste on jouait aux adultes, et après on s'est pris trop sérieusement au jeu.
- Speaker #3
Faut juste que je trouve un moyen de grandir sans pour autant devenir aussi assommante que les adultes.
- Speaker #4
We're adults, when did that happen and how do we make it stop ?
- Speaker #0
Hello, bienvenue sur le podcast T'inquiète, je me débrouille, le podcast qui raconte les débrouillards pour aider les jeunes à se lancer dans la vie active et adulte plus sereinement. Merci à vous de nous écouter, de nous regarder sur YouTube ou en tout cas sur toutes les plateformes d'écoute. Vous pouvez retrouver le podcast sur Apple Podcasts, Spotify, etc. Donc n'hésitez pas à nous laisser une note sur... sur toutes les plateformes en tout cas. Aujourd'hui, notre invitée est la confondatrice de la fresque de l'orientation et designeuse. Elle a construit sa première entreprise alors qu'elle était elle-même étudiante. Elle a à cœur de croiser l'éducation, le design et la pensée systémique. Elle va nous expliquer ce que c'est. Et pour interroger nos usages, nos savoirs et nos comportements à l'ère des technologies d'aujourd'hui. Merci Julie d'être avec nous.
- Speaker #5
Merci à toi Myriam.
- Speaker #0
Moi, ce que je voulais voir aujourd'hui avec toi, c'est comment est-ce qu'on construit sa voie. Quand on est encore en train de se chercher soi-même. Vaste question. Vaste question. Mais c'est ça que j'ai voulu comprendre avec toi. J'ai voulu vraiment t'inviter aujourd'hui parce que tu abordes dans ton parcours deux sujets qui sont super importants pour moi. C'est de passer de la vie étudiante à la vie d'entrepreneur. Comment c'est... Enfin, tous les rouages un peu, toutes les décisions, tous les doutes que ça peut impliquer. Et aussi comment tu as réussi à aller ta formation initiale. à ta quête de sens, que tu as transformée en business model, en modèle économique, ce qui n'est pas forcément à la portée de tous. Donc voilà, c'est vraiment les sujets que je voulais aborder avec toi. Donc merci d'être avec nous. Et pour commencer, j'ai une question initiale par laquelle je commence toujours. S'il y avait une expression, une expression française, ou une phrase, ou un titre pour te présenter ?
- Speaker #5
Alors je ne sais pas si c'est une expression, mais c'est plutôt, je dirais, une phrase qui est restée dans mon parcours de manière générale. qui vient d'un livre que j'ai lu quand j'étais jeune qui s'appelait Nous les menteurs et ce livre disait Fais ce qui te fait peur
- Speaker #0
Ah, c'est intéressant
- Speaker #5
Je pense que je ne l'ai pas du tout compris dans le sens qui était mentionné dans le livre à ce moment là mais c'est quelque chose que je m'applique parfois quand j'ai des doutes où je vais vraiment me dire si ça te fait peur, c'est un peu que tu dois y aller
- Speaker #0
C'est intéressant, donc du coup ça répond à tout le mood et l'ADH dont on vient de parler Je l'ai dit, tu as commencé à entreprendre pendant tes études, je voudrais faire un point là-dessus. Quand tu as commencé tes études, est-ce que tu pensais déjà que tu allais entreprendre ?
- Speaker #5
Alors pas du tout, je pense que j'ai même pas mal douté avant de choisir mes études. Et quand je suis rentrée en école de design en post-bac, je ne m'attendais pas du tout à entreprendre. Je pense que ça a été des rencontres et j'ai commencé par de l'associatif avant l'entrepreneuriat. Et c'est plutôt venu parce que je faisais une association d'entrepreneuriat. que j'ai rencontré des personnes et que ça m'a donné envie de rentrer dans ce monde-là.
- Speaker #0
D'accord. L'associatif, déjà, qu'est-ce qui t'a amenée vers l'associatif ?
- Speaker #5
Peut-être une envie de découvrir des nouvelles choses. Je pense que c'était aussi parce que le design, c'est vraiment quelque chose où on crée, on a plein d'idées, on fait des choses. Mais il y a encore une étape avec la mise en application et faire vivre nos idées. Et l'entrepreneuriat, ça complète bien ça.
- Speaker #0
Pourquoi t'as commencé à entreprendre pendant tes études ? Pourquoi t'as pas attendu de finir tes études en disant je ferme ce chapitre et après je commence une nouvelle aventure ?
- Speaker #5
Je pense tout simplement parce qu'il n'y a pas de meilleur moment pour entreprendre que quand on est étudiant. C'est-à-dire que tous les risques qu'on peut prendre, on a entre guillemets un parachute de sécurité derrière. C'est-à-dire qu'on a nos études et on sait qu'on peut faire autre chose. Ça ne sera jamais reproché sur un parcours, même si on veut choisir de faire quelque chose de plus traditionnel après. C'est pas un problème parce que c'est un peu des tests étudiants. Alors, est-ce que tu peux nous expliquer un peu c'était quoi ta première boîte ? Alors la première boîte c'était avec trois cofondateurs qui étaient ingénieurs et ça s'appelait Plastolaris. Et on faisait des machines qui recyclaient les déchets d'impression 3D.
- Speaker #0
Et aujourd'hui tu es sur une thématique qui est complètement différente. Est-ce que c'est vraiment l'entrepreneuriat qui est ton fil rouge ?
- Speaker #5
Je dirais que le fil rouge c'est plutôt... De tester un peu tout ce qui me donne envie. Et ça peut être de l'entrepreneuriat, ça peut être d'autres choses. Un peu aussi le fait que presque des sidequests de ma vie construisent ma vie aussi. Et que peu importe les petits projets qu'on fait, l'entrepreneuriat c'en est un certes. Mais ça a pu être mille choses. C'est-à-dire que par exemple les jeux de société où je me suis beaucoup engagée avec des amis. Tout ça, ça construit un peu qui je suis maintenant et aussi un peu au fur et à mesure de mon parcours. Donc peut-être que pour Plastolaris, c'était vraiment aussi apprendre l'entrepreneuriat à ce moment-là et aussi se rendre compte de ce que ça voulait dire. Derrière, c'était une startup industrielle, donc un peu particulier, mais ça donne des premières billes intéressantes, des pitchs, des choses comme ça. On s'entraîne et on teste super mal de choses. Non,
- Speaker #0
mais comme tu dis, c'est un moment très porteur où là, tu peux un peu planter ton lit. Ou tu te dis, j'ai un filet de sécurité parce que je suis encore en études, donc ça ne se verra même pas sur mon CV si je me plante, en gros. Et du coup, là, tu construis un peu sur ce que tu as envie de faire et tu te confrontes à ta phrase, comme tu dis, à ce qui te fait peur. Quelle place ? Parce que, tu vois, moi, je rencontre beaucoup de jeunes qui me disent, ouais, moi, mon diplôme, c'est le Graal. Toi, quelle place tu as mis sur ton diplôme ? Tu as donné à ton diplôme, pardon.
- Speaker #5
Ouais, je pense que... Ce n'est pas une question facile parce qu'évidemment, il y a un peu le truc sociétal de « on doit avoir notre diplôme et notre diplôme représente quelque chose » . Et c'est vrai aussi dans le sens où je ne vais pas dénigrer mes diplômes parce qu'il y en a en design et en école de commerce. Mais ce n'est pas une fin en soi. C'est-à-dire que si on s'arrête aux diplômes, après, on risque d'être déçus en arrivant dans la vie professionnelle. Parce qu'il y a vraiment un gap entre la vie étudiante et la vie professionnelle. Ce qui est peut-être un peu moins visible quand on fait de l'entrepreneuriat dès le début. Parce qu'en fait, on se confronte déjà à un monde qui est hyper difficile. Donc, on a conscience un peu de ce gap-là quand on fait de l'entrepreneuriat.
- Speaker #0
Est-ce que pour toi, tu avais cette vision de « ce n'est pas suffisant » ? Ou dans quelle optique tu étais ?
- Speaker #5
Je pense... Pas forcément à ce moment-là. Après, c'était aussi... On nous répète beaucoup des choses de « ça va être compliqué, le design s'est bouché en ce moment » . Et du coup, peut-être pas que du... Enfin, c'est un peu du « je dois me démarquer autrement » . Et en même temps, peut-être qu'il y a aussi un truc de découverte de soi et de « qu'est-ce que j'ai envie de faire réellement ? » . Parce que... Enfin, suivre une voie toute tracée, qui est un peu ce que fait le diplôme aussi, ça ne permet pas de savoir ce que nous, on veut vraiment faire et de construire un peu un parcours atypique. Moi, je n'ai pas l'impression qu'on soit en concurrence forcément quand on est designer parce qu'on a tous des profits différents. on a tous des choses différentes à apporter. Et ce qui fait que le but, c'est plutôt de trouver ce qui te plaît. Et en fait, normalement, si ça match avec ce que tu cherches derrière, c'est des portes qui sont gantes ouvertes.
- Speaker #0
C'est super intéressant que tu dis qu'on n'est pas en concurrence entre designers parce que vous avez tellement, vous, votre aspect créatif qui est super important qu'en fait, ce ne sont pas des compétences qui sont duplicables. Enfin, dans la forme. Dans le fond, bien sûr, mais dans la forme, c'est ça qui est intéressant. Cette fonction, en tout cas.
- Speaker #5
Moi, je pense que même sur un poste, on peut avoir des profils différents qui matcheraient bien avec le poste, mais après, c'est une personne, une énergie, des compétences créatives qui vont être un peu différentes. Mais après, c'est un choix qui se fait presque plus à ce qu'on va retrouver, des points communs, des choses comme ça.
- Speaker #0
Est-ce que pour toi, parce que là, tu l'as dit, de... On a conscience du gap entre la vie étudiante et la vie active, et que le diplôme, effectivement, il a sa place, mais parfois il n'est pas suffisant, qu'il faut se connaître également, et puis savoir ce que tu veux faire, etc. Aujourd'hui, c'est important, c'est fondamental, d'aller chercher sa voie au-delà du diplôme.
- Speaker #5
Si ça ne l'est pas, je pense que ça dépend de ce qu'on veut faire plus tard. Après, si on veut un travail assez traditionnel, dans des grandes entreprises, C'est pas forcément nécessaire, après, il faut savoir que ça reste un milieu hyper concurrentiel. Enfin, je pense que c'est aussi une question de personnalité. On va pas tous chercher la même chose dans notre travail, mais... Que ça ne reste pas non plus quelque chose de facile. Il y a eu beaucoup de désillusions dans mes proches, autour de moi, et même dans des profils très brillants. C'est dur de trouver un travail, c'est dur de se démarquer sur un marché du travail qui se passe par les algorithmes qui trient les CV, ou des choses qui sont dures, des recherches longues.
- Speaker #0
Encore plus aujourd'hui. Exactement.
- Speaker #5
Et ça ne s'améliore pas, mais on espère que ça sera mieux pour la suite.
- Speaker #0
C'est important de le souligner parce que même si on est sur un parcours très linéaire, on passe notre diplôme, notre bac plus 5 et après on veut aller sur le marché du travail. Aujourd'hui, le diplôme n'est même plus suffisant. C'est 0,01% de ce qu'on peut faire alors qu'auparavant,
- Speaker #5
ce n'est pas ce qu'on nous a vendu clairement. Ce n'est pas ce qu'on nous a vendu et en même temps, c'est un peu ce que les entreprises attendent toujours. Ce qui est un peu paradoxal dans le sens où pour avoir passé des entretiens aussi. Surtout les grosses entreprises traditionnelles, elles vont dire « Ah bah, t'as fait tel diplôme, donc tu vaux autant sur l'échelle de... » Sur ta grille, tu vois. C'est ça, sur la grille. Et « Ah bah non, ton expérience entrepreneuriale ne compte pas et c'est pas quelque chose qu'on va prendre en compte dans ton salaire. » Tu te dis « Bon, ok, mais dans ce cas-là, pas pourquoi faire tout ça, mais plutôt, si c'est pas valorisé, comment ça va se passer après dans l'entreprise ? » Si jamais... On a un parcours un peu atypique.
- Speaker #0
J'ai échangé dernièrement avec une RH de Saint-Gobain. Je lui en ai parlé. Elle m'a dit... J'en ai conclu que c'était un peu un mythe. Parce qu'en fait, par exemple, chez eux, ils ne mesurent pas la grille de rémunération. Ce n'est pas par rapport au Bac plus 5 ou autre. En revanche, chez Enedis, par exemple, c'est le cas. Mais pour chez eux, ce n'est pas le cas. C'était en fonction de l'expérience et du poste. qui a été valorisé. Et j'ai trouvé ça un peu plus intelligent en disant dans cette situation, dans ce contexte socio-économique, je pense que c'est plus pertinent de faire ça comme ça, en disant que c'est l'expérience qui prévaut parce qu'en fait, aujourd'hui, c'est ce qu'on demande beaucoup plus que des diplômes, malheureusement.
- Speaker #5
Carrément, je suis hyper d'accord. Et j'espère que les entreprises en inconscience évoluent dans ce sens-là. À mon avis, ce n'est pas quelque chose qui se fait de la même manière partout et chaque arrache a ses propres process. Et moi, j'ai eu la chance aussi, actuellement, je suis aussi en CDD dans une entreprise où je suis chef de projet et designer stratégique. C'est des personnes super et pour le coup, j'ai vraiment eu l'impression qu'ils me faisaient confiance. Malgré ce côté « je suis jeune » , l'expérience peut paraître « petite » dans le sens où, par rapport à une sortie d'école, ce n'est pas ce qu'on attend d'une personne, de devenir chef de projet et d'avoir autant de responsabilités.
- Speaker #0
Tu avais quand même beaucoup de responsabilités grâce à ta première expérience d'entrepreneuriat.
- Speaker #5
celle-ci et puis même en freelance j'ai eu d'autres expériences qui m'ont permis d'être déjà dans de la chefferie de projet avant ce qui n'empêche pas que ça reste un peu, pas un risque mais je pense que les entreprises ont plus tendance à vraiment regarder avant de prendre des profils comme le mien surtout que là on voit de plus en plus les processus hyper longs
- Speaker #0
RH, où t'as 4 entretiens pour un CDD tu te dis ok, il vérifie il revérifie Merci. Là, pour refaire un peu ta frise chronologique, donc t'as commencé par ton entreprise, tes trois associés, t'as été freelance, et puis après t'as commencé la frise d'orientation également en association. En association, je veux dire associée.
- Speaker #5
Alors oui, il y a une petite étape entre nous, mais c'est à peu près ça. J'ai commencé par Plastolaris, en parallèle j'étais déjà freelance en design. C'était plutôt des petites missions. Vraiment des choses très diverses. Ça pouvait être de la mise en page, des choses plus éditoriales. Et après, j'ai fait une autre entreprise d'où je n'en parle pas trop parce qu'elle n'a pas du tout décollé.
- Speaker #0
Mais il faut quand même en parler parce que c'est des réalités qui... On parle toujours un peu du biais du survivant, de ce qui marche, alors qu'il faut parler aussi des crashes qu'on peut avoir.
- Speaker #5
Exactement. Une entreprise qui s'appelle Don't Wait. qui était plutôt sur les attentes en restauration. Et ça a été notamment inspiré de tout ce qui se passait pendant le Covid.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #5
Mais en réalité, on a eu beaucoup de mal à synchroniser l'équipe, à avancer. Du coup, c'était pas mort dans l'œuf, mais en tout cas, on n'a pas vraiment avancé sur cette entreprise-là. Derrière, j'ai fini mes deux diplômes. J'ai fait un projet de diplôme en école de design qui était sur les problèmes de mémoire. liées aux nouvelles technologies et du coup les impacts sur les jeunes donc c'était plutôt centré sur les collégiens qui était un projet que j'avais adoré faire, mais aussi que je trouvais hyper important d'un point de vue sociétal. Et c'est pourquoi j'ai fait mon stage de fin d'études dans une entreprise qui s'appelle After Studio où j'ai continué en freelance avec eux et en parallèle, j'ai avancé sur cette entreprise, ou en tout cas projet à ce moment-là. Ça a été hyper compliqué parce que... Pas de sécurité aussi. Les filets de sécurité de quand on est étudiant n'existent plus. Les filets de sécurité même de... On commence à devoir payer un loyer. Ça fait que ça met une pression un peu supplémentaire. Et du coup, ça a été aussi même d'un point de vue mental. très challengeant parce que je voulais trop en faire, c'était des journées de 10 à 12 heures de travail par jour, ce que je ne recommande pas. Faites des pauses, s'il vous plaît. Et du coup, ce qui a mené très vite à un épuisement et j'ai dû un peu recalibrer la manière dont je gérais mes projets entre freelance et entrepreneuriat. J'ai rencontré en même temps à peu près Sarah, qui est mon associée aujourd'hui avec la fresque de l'orientation. Et ce qui est chouette, c'est qu'on avait vraiment les mêmes valeurs dans l'entrepreneuriat et dans ce qu'on voulait proposer. Je me suis dit, c'est mieux de faire un projet qui fonctionne que deux qui ne fonctionnent pas. Donc, on s'est très vite regroupés sur le projet de la fresque de l'orientation. Et on a fait avancer ce projet qui, aujourd'hui, est très chouette. C'est une belle aventure entrepreneuriale. Merci. et pour lequel je dégage de plus en plus de temps aussi, puisque sur mon autre métier, je passe en 4-5ème pour pouvoir faire ça en parallèle.
- Speaker #0
Comment tu arrives à gérer tout ça ? Aujourd'hui, puis avant, te dire je gère ma santé mentale, je gère déjà ce passage à la vie adulte avec toutes les responsabilités.
- Speaker #5
grands bonheurs et les grands désarrois qu'on peut avoir.
- Speaker #0
Tu vois, comment tu... t'arrives à pas encaisser, parce que c'est un mot très négatif, mais tu vois, à prendre cette vague ?
- Speaker #5
Je pense que c'est pas facile tous les jours. Et puis c'est beaucoup de remise en question, en fait. Est-ce que j'avance dans le bon sens ? Est-ce que... Et personnellement, j'ai aussi fait appel à des professionnels, c'est-à-dire j'ai été voir une psychologue parce qu'à un moment, je me suis dit pourquoi autant de stress dans ma vie ? Qu'est-ce qui se passe ? Et déjà, elle m'a rassurée en disant « En fait, tout simplement, t'es dans des situations stressantes. Donc c'est à peu près normal de réagir comme ça. Et le contraire serait effrayant, en fait. » Donc oui, beaucoup de stress, d'incertitude. Et je pense que le plus dur, c'est l'incertitude. Et c'est aussi ça qui génère le stress. Et du coup, je pense que c'est aussi très personnel. Et chacun a un équilibre différent. Pour moi, j'avais besoin aussi de ce côté sécurité qui n'est pas du tout la base de l'entrepreneuriat. C'est-à-dire que l'entrepreneuriat, c'est vraiment du... Enfin, presque l'image qu'on a, c'est tu lâches tout et tu y vas. Mais de mon côté, je me suis dit, je préfère avancer lentement sur mes projets, mais que les projets existent, plutôt que de tout faire mal. Et ça a été aussi en testant des choses qu'on se rend compte qu'il y a des choses qui marchent pour soi et d'autres non. Et donc là, je pense... trouver un équilibre et en même temps, il reste un peu à redéfinir, à définir à chaque nouvelle étape qu'on franchit.
- Speaker #0
À chaque fois, on entend parler du... En tout cas, sur les réseaux sociaux, tu as un peu ce truc de dire qu'il ne faut pas avoir de plan B, il faut toujours avoir un plan A, pour tout lâcher. Qu'est-ce que t'en penses ? Toi, tu vis un peu cette double carrière. Et pour autant, tu arrives à gérer les deux.
- Speaker #5
En tout cas,
- Speaker #0
à gérer les deux avec ses hauts et ses bas, ce qui est normal.
- Speaker #5
Mais moi, c'est pas que j'ai plan A, plan B, j'ai plan A, B, C, D, E, F. C'est... Enfin, après, pareil. Je pense que c'est un truc de personnalité, mais... Moi, j'ai beaucoup d'appréhension et je... Je vais beaucoup dans la projection de ce qui est possible ou pas. Après, effectivement, le fait de s'éparpiller, ça marche pas. Donc, il faut rester focus. Je l'ai fait, hein. Je pense que je parlais de SideQuest au début. J'ai fait plein de sidequests quand j'étais étudiante, c'est des petits projets dans un sens, dans l'autre et tout ça. Il faut vraiment se dire qu'il y a un ou deux projets principaux, ce qui n'empêche pas de penser à des plans au cas où, si ça se passe mal. je pense que pour moi l'anticipation ça a aussi fait que j'ai anticipé la fin de mon freelance et j'ai réussi à avoir un autre contrat en parallèle ce qui fait quand même passer des entretiens ce qui fait aussi le fait d'anticiper moi ça me fait réfléchir et ça me fait avancer dans ma manière de de prévoir un peu mon futur. Ça ne veut pas dire non plus que ce sera exactement ça, ça ne veut pas dire que ce sera fixe, mais en tout cas, le fait d'envisager des futurs potentiels différents, déjà aussi, ça se rend compte de s'il y a des choses qu'on a envie de faire ou pas. Et en vrai, l'entrepreneuriat, ça reste 80% des entreprises qui ferment, je ne sais plus, je crois que c'est avant 3 ans. Donc, il faut quand même réfléchir en dehors de ce qu'on propose en entrepreneuriat, qu'est-ce que nous, on veut faire de notre vie.
- Speaker #0
Je ne sais pas pourquoi je t'ai visualisé sur une vague avec deux planches de surf, tu vois, comme ça. Mais tu vois l'image, mais c'est super. On va dire, comment tu arrives à avoir ce recul, déjà un, et aussi comment tu arrives à jongler, tu vois, avec tout ça parce que tu vois quand t'en parles ça paraît très lucide et très je dirais pas facile mais de bon sens tu vois comment concrètement tu vois si je creuse un peu dans le détail comment concrètement tu arrives à faire ça parce que c'est pas facile déjà en gérant pour un étudiant ou pour un jeune adulte qui gère son boulot plus son appart plus Plus toutes ces transitions, ces changements et tout, c'est pas facile. Comment t'arrives à jongler avec ce changement et à accueillir le changement ? Tu vas pas avoir cette rétention.
- Speaker #5
Je pense que c'est pas tant le changement qui me fait peur. Je suis pas quelqu'un qui arrive à mettre spontanément des rituels dans sa vie, par exemple. C'est pas trop... Je vis dans un truc qui bouge, ça me dérange pas trop. L'incertitude, ça me fait peur. Le fait de bouger pas tant. Après, concrètement, dans la vie, je pense que c'est surtout le fait de se rendre compte qu'on n'est pas seul. Le mythe de « on s'est fait tout seul » n'existe pas. C'est un peu une des choses que j'avais notées sur le fait de devenir adulte, on en parlait. Merci. C'est aussi se rendre compte que... Enfin, c'est prendre des responsabilités, mais c'est aussi dire qu'on n'a pas tout sur les épaules tout seul. Il y a notre famille, il y a nos conjoints, nos amis, tout ça, qui viennent nous aider au quotidien. Moi, toute seule, j'en serais pas là. J'ai des amis qui ont des parcours aussi extraordinaires, avec qui on parle hyper souvent, et on se donne des conseils. Et même, enfin, tout le monde, c'est-à-dire, peu importe, il n'y a pas besoin d'avoir un parcours extraordinaire pour donner son avis. c'est aussi même... Savoir que si jamais ça ne va pas, on peut avoir quelqu'un qui nous fait à manger. Des choses un peu débiles, mais qui sont importantes. ça compte de pas être seule face à ça et parfois on l'est un petit peu parce que ça reste un parcours qu'on fait personnellement mais vraiment je pense que c'est important d'être bien entourée et de savoir dire aussi quand ça va pas et ça c'est pas facile est-ce qu'à un moment t'as dû foncièrement te débrouiller ? c'est à dire vraiment dans une situation où tu t'y as je pense qu'on pourrait dire ça de moi si tu veux pas dire que moi j'ai l'impression de m'être débrouillée particulièrement mais je pense que je le fais de manière assez spontanée. Après, je ne pense pas à quelque chose de spécifique. Dans ma manière de fonctionner générale, c'est aussi de me dire, s'il y a quelque chose que je ne sais pas faire, je vais essayer d'y aller. Parce que si je sais tout faire, ça veut dire que ça ne va pas m'intéresser.
- Speaker #0
Je pense que ça, c'est le lot des entrepreneurs.
- Speaker #5
Mais du coup, il y a un peu ce truc-là de dans tous les cas, tu vas devoir... trouver des moyens pour réussir à faire ce que tu sais pas faire donc c'est un peu de la débrouille d'une certaine manière dans tous les cas tu réinventes pas la roue tu vas pas enfin t'es pas en train de créer quelque chose tu crées des choses mais toujours la création pour moi c'est des d'elle des choses qui existent déjà et toi tu vas revenir rajouter tes inspirations, ce que tu connais, tes prises, tout ce que tu as en fait dans ta vie. Et ça, ça va en faire quelque chose de nouveau, mais ce qui ne veut pas dire que... Enfin du coup, la débrouillardise c'est juste prendre tous les éléments que tu as autour de toi et venir les utiliser à bon escient. Et pour créer quelque chose.
- Speaker #0
C'est important ce que tu dis, mais du coup, ça permet de te dire que tu peux te débrouiller tout en étant accompagnée, tout en étant, avoir un cercle en tout cas de confiance qui te permet d'avoir des garde-fous, qui te permet de comprendre où tu vas et de parfois te rappeler pourquoi tu le fais, etc. Et c'est important. Par exemple, tu vois, à chaque fois, à part quand tu as été freelance, dans tes projets en entreprise, tu as été un associé. À quel point pour toi c'est important, tu vois, pour le succès de l'entreprise ou même pour ton bien-être mental ?
- Speaker #5
J'ai essayé d'être seule, j'ai trouvé ça très très dur. Et je pense qu'il y a aussi quelque chose dans l'émanation collective que je trouve hyper intéressante et... Pour moi, l'entrepreneuriat est une aventure de manière générale et une aventure collective aussi. Même quand j'étais seule pour Metamémoire, qui était le projet qui était sur mon diplôme et que j'ai essayé de porter plus tard, je n'étais pas complètement seule. C'est-à-dire que j'étais accompagnée notamment par Lea For Good et aussi par la Blue Factory, donc qui sont deux incubateurs de start-up, ce qui fait que j'avais des mens... mentor, mais j'avais aussi tout le cercle d'entrepreneurs et donc pareil, en fait, beaucoup d'entrepreneurs seuls, mais des entrepreneurs à plusieurs. Ce qui fait qu'on se retrouve quand même avec, de la même manière, une émulation collective, des gens avec qui on peut parler, avancer, etc.
- Speaker #0
Et puis c'est très important d'avoir un peu cette intelligence collective, de faire ping-pong, de soumettre ses idées, de comprendre, de brainstormer, c'est hyper important. Et je pense que c'est aussi le plus compliqué quand t'es entrepreneur seul. C'est d'avoir quelqu'un qui fait un peu effet miroir, mais qui te challenge sur ce que tu fais ou sur ce que tu dis.
- Speaker #5
Ouais, je trouve que c'est hyper important. Et en même temps, c'est aussi un peu un piège, dans le sens où... Parfois, on a tendance à avoir trop de retours dans tous les sens. Plein de choses. Dans tous les cas, il y a plein de choses à faire en entrepreneuriat. Il faut autant qu'on travaille sur notre com, notre marketing, avancer sur les sales, faire notre prévisionnel financier. Il y a mille choses à faire. C'est un puits sans fond. Le plus dur, c'est aussi de se dire « Ok, je reçois plein de conseils, je reçois plein de feedbacks. » qu'est-ce que j'en fais et comment je construis autour et moi j'ai eu aussi besoin à un moment de ce truc de, ok, il faut focus un peu et arrêter d'aller voir plein de personnes, ce qui est important à une phase de ton projet mais ce qui fait que parfois ça peut aussi te laisser dans une espèce de confort de, en fait je suis avec ces personnes-là qui me guident mais t'avances pas réellement sur le projet non plus.
- Speaker #0
Est-ce que pour toi t'es tombée amoureuse de l'entrepreneuriat ? Parce que tu vois, aujourd'hui t'as cette double carrière, est-ce qu'à un moment donné tu te diras je serai que entrepreneur parce que je pense que c'est pas possible que tu sois que salarié t'auras toujours des sidequests c'est certain ou des projets à côté mais que entrepreneur parce que tu te vois par exemple construire une boîte sur 30 ans et te dire j'ai
- Speaker #5
cette entreprise que je fais grandir je suis pas sûre d'avoir la réponse aujourd'hui ça me dérange pas du tout de voir les choses en étant long de me dire que c'est un projet sur du très long terme. Aujourd'hui, je trouve un bon équilibre aussi dans le fait d'apprendre des choses dans le salariat qui me servent pour l'entrepreneuriat et l'inversement. Et pour l'instant, l'un nourrit l'autre. Je pense qu'on verra à quel moment... Il y en a un des deux qui s'essouffle un petit peu. Effectivement, je ne pense pas que je ferais 100% de salariat, peut-être quitter à avoir des nouvelles sidequests à côté. 100% d'entreprenariat, ça s'envisage. Je ne suis pas foncièrement fermée. Peut-être, si jamais la fresque de l'orientation décolle, il faudra absolument m'avoir en full-time. C'est aussi une possibilité. Pour l'instant, je pense que j'ai plus à perdre qu'à gagner à faire ça.
- Speaker #0
On parle souvent du syndrome de l'imposteur pour les jeunes femmes qui entreprennent. que tout est bon. est-ce que c'est une réalité ? Est-ce que tu as eu des situations où ça t'a pris en pleine tête ?
- Speaker #5
Oui, je pense que c'est un peu la question du douter de soi, mais pour moi, il y a un peu un... Oui, complètement, dans le sens où je vois mes collègues masculins qui ont un peu de doute. Ou alors peut-être qu'ils ne le montrent pas de la même manière, mais je dirais que c'est plus... même on ne se rend pas compte de tout ce qu'on a réalisé. Moi, si on me pose la question, je n'ai pas l'impression d'avoir fait quoi que ce soit d'extraordinaire. C'est-à-dire que... C'est vrai ? Non, enfin, c'est juste mon quotidien. En fait, aussi, tout ce que j'ai déjà fait, j'ai l'impression que c'est faisable parce que ça a déjà été fait. Et après, c'est tout ce qu'il y a devant moi qui reste compliqué et où je me dis, bon, là, il y a encore des choses, des challenges, des choses à apprendre. Et après, le syndrome de l'imposteur, probablement, je pense que je l'ai, mais je le dépasse en me disant... Enfin, pas tant pis, mais il va falloir y aller. Et je pense pas avoir les compétences, mais je pense qu'il faut tester pour le faire, pour le découvrir et pour apprendre aussi.
- Speaker #0
Est-ce que t'as vu la différence en entreprenant, tu vois, juste en tant que femme et avec tes immecs ? Est-ce que t'as vu la différence, vraiment ?
- Speaker #5
J'ai aussi vu la différence dans la manière dont on était traitées, dans le sens où j'ai l'impression que... Mais c'est aussi représentatif, je pense, de la société. C'est tout. C'est-à-dire que les femmes sont un peu moins écoutées. Il y a aussi plus quelque chose de l'ordre de... Pour le coup, pour les métiers d'image, on va dire « Ah bah c'est chouette, t'es une femme, donc ça va bien passer. Ça marche bien. » Par contre, j'ai déjà entendu pas mal de choses sur « Ah bah moi je finance pas des projets où c'est des femmes derrière. » Ok.
- Speaker #0
Pour autant, les femmes ont un bon indicateur de pérennisation des entreprises. Un meilleur indicateur.
- Speaker #5
mais sur les gros montants sur des choses comme ça on fait pas confiance aux femmes avec ces choses là et je me suis rendu compte que sur des moments networking ou des choses comme ça où j'étais encore avec mes associés hommes on revient, moi je peux parler beaucoup plus facilement à plein de personnes mais sur les conversations eux vous rentrez plus facilement dans des conversations business que moi d'abord je dois faire mes preuves
- Speaker #0
Là où les hommes n'ont pas besoin forcément de faire leur preuve avant d'être un peu acceptés et emmenés dans ce milieu-là.
- Speaker #1
Par exemple, pour les étudiants en master qui nous écoutent, qui veulent se lancer parce que soit par... Aujourd'hui, malheureusement, soit c'est par envie, comme toi, soit par nécessité, puisque dans le marché du travail, tu ne trouves pas chaussure à ton pied, donc tu crées ton propre emploi. Quelle démarche tu leur conseillerais ? Quelles sont les actions, déjà, les premières actions à poser ? Merci. Parce qu'on se dit qu'il faut faire un business model, il faut avoir un logo, etc. Mais toi et moi, on sait que ce n'est pas vrai. Toi et moi, on sait que ce ne sont pas les premières étapes à avoir.
- Speaker #0
Je pense que déjà, dans les deux situations, je ne ferais pas la même chose. Dans le sens où, si ce n'est pas envie, il faut juste y aller dans le sens où c'est oser le plus important. Peut-être que toutes les choses que tu repousses et que tu n'as pas envie de faire sont les choses prioritaires. Je dirais que souvent, c'est un peu ça, c'est le truc où tu te dis, ça, je le ferai plus tard, mais du coup, je vais m'occuper du logo et de l'identité. En fait, souvent, c'est que tu n'as pas envie de faire du sales, ou tu n'as pas envie d'aller appeler des gens, ou tu n'as pas envie. C'est ça, les vrais trucs importants, et c'est là qu'il faut aller.
- Speaker #1
Qui ont de l'impact.
- Speaker #0
C'est ça. Pour les personnes qui sont plutôt dans l'obligation, on va dire, de faire de l'entrepreneuriat. Je pense qu'il y a des choses plus simples par lesquelles commencer. On peut aller par les voies traditionnelles. Le freelance, ça reste de l'entrepreneuriat. Il y a des missions qui peuvent être trouvées de manière presque... C'est comme des petites missions CDD où ça ressemble plus à du salariat. Donc c'est plus facile de commencer par ça. Et après, je pense que déjà, même commencer par de l'associatif, c'est déjà faire des projets qui sortent de ton cadre ordinaire. Et ça, en fait, c'est commencer par découvrir des nouvelles choses. qui derrière vont peut-être te débloquer des... Ah mais il y a ça qu'il faudrait faire parce que ça, ça ne marche pas. En fait, c'est aussi une ouverture d'esprit pour moi. C'est la première étape, c'est l'ouverture d'esprit. Et après, il faut s'entraîner aussi à trouver des opportunités business parce que ce n'est pas inné du tout. C'est un truc qui se travaille.
- Speaker #1
On le pense que c'est inné, mais ça ne l'est pas.
- Speaker #0
Ah non, ça ne l'est pas du tout. Je pense que déjà, j'ai eu la chance de faire une école de commerce, même si ça a été assez court. Je pense que l'école de commerce n'apprend pas tout non plus. On apprend qu'il faut apprendre tout seul. Mais ça te met quand même dans un mindset. Je pense que c'est ça qui est important. C'est aussi l'état d'esprit et de se dire qu'on peut même faire un euro. C'est déjà une étape incroyable. Si les personnes sont prêtes à payer un euro... Demain, tu pourras aller faire payer 2 euros. Et c'est pas grave de ne pas être rentable au début. Les risques, c'est libre à chacun de prendre son niveau de risque. Parce que, par exemple, moi j'ai mes limites sur la partie sécurité de l'emploi. Il y a des personnes qui ont des limites financières qui feraient du sens. Et en fait, chacun a son niveau de risque aussi. Et ça, tu peux l'adapter par rapport à toi et ton profil. Et ça, c'est OK.
- Speaker #1
Depuis que tu as monté plusieurs boîtes, qu'est-ce que tu as le plus à porter ? Qu'est-ce que l'entrepreneuriat, c'est que tu as le plus à porter ? Au départ, tu ne soupçonnais pas.
- Speaker #0
Je pense que ce que ça m'a le plus apporté, c'est une connaissance de moi-même. Un truc un peu dans la quête de qu'est-ce que j'aime faire. Parce qu'au début, il y a un peu les styles traditionnels que tu apprends à l'école. Mais là, c'est vraiment aussi du... Dans tous les cas, tu vas toucher à tout. Donc tu vas pouvoir aussi savoir un peu mieux ce que tu aimes bien faire, ce que tu n'aimes pas. Et parfois, ce que tu n'aimes pas faire va devenir un peu un truc que tu aimes bien faire aussi. Et du coup... Ça te permet aussi de casser un peu des préjugés sur toi-même, d'ouvrir des nouvelles portes et te dire, au fur et à mesure, peut-être qu'au début, il y a plus ce syndrome aussi de l'imposteur, mais plus tu casses une, deux portes, plus tu vas arriver à te dire, en fait, je peux aller jusqu'à beaucoup plus loin et les limites peuvent être facilement repoussées.
- Speaker #1
Là, tu dis ce que tu aimes faire, mais tu vois, j'ai un peu le sentiment qu'il y a aussi ce mythe de l'entrepreneuriat, c'est faire ce qu'on aime, c'est que faire ce qu'on aime.
- Speaker #0
C'est pas que ça. Non, c'est peut-être, dans tous les cas, comme dans tout métier, il y a des choses qu'on aime faire, il y a des choses qu'on aime moins faire. Mais ça va être apprendre à faire tout pour après savoir ce que t'aimes bien dans tout. Mais ce ne sera pas que des choses qu'on aime faire. Je dirais même souvent, les personnes plutôt en freelance, t'as quand même un cœur métier, qui est ce que tu proposes comme activité. Et là, c'est mieux si t'aimes faire ça de manière générale. Mais ça va venir avec de l'administratif, ce qui est moins fun. Ça va venir avec du démarchage. Ça va venir avec plein d'autres choses qui sont des nouvelles compétences, des autres compétences, qui ne sont pas forcément des trucs qu'on aime faire. Et après, je pense que... C'est bien de s'y confronter, mais ça ne veut pas dire que ça va devenir quelque chose d'hyper fun non plus.
- Speaker #1
Est-ce que devenir entrepreneur, ça t'a fait grandir plus vite ? Ça t'a fait devenir adulte plus vite ? Tu parlais de quête de soi.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça veut dire être adulte ?
- Speaker #1
Ou ça fait mûrir plus vite ?
- Speaker #0
Est-ce que ça permet de sauter des étapes de la vie professionnelle ? Ça, c'est possible. Est-ce que c'est quelque chose qu'on veut ? Pas forcément, ça dépend des personnes. Est-ce que ça fait mûrir plus vite ? Je pense que ça dépend complètement des profils, c'est-à-dire qu'il y a des personnes qui vont apprendre beaucoup par ça, et dans tous les cas, c'est un peu te jeter quand même dans quelque chose d'assez abyssal, dans ce que tu peux faire, ce que tu peux découvrir. Je dirais pas forcément que c'est le cas, ça dépend vraiment des personnes et ce que tu souhaites aussi faire dans ta vie, dans le sens où... On a tous des objectifs différents, et pour atteindre ces objectifs-là, certains vont passer par ça, ça va les aider, ça va accélérer quelque chose, et pour d'autres, il n'y a pas forcément besoin, franchement, tout le monde n'est pas obligé d'être entrepreneur, c'est pas...
- Speaker #1
Non, c'est pas mandatorie, c'est sûr. Non, non, non, parce qu'effectivement, il faut le dire, on fait la bonne communication, le bon succès de l'entrepreneuriat, mais il y a beaucoup de galères, il y a beaucoup de moments de doute. parfois de très haut, mais parfois de très bas, parce qu'il y a beaucoup de monde d'incertitude, comme tu le disais.
- Speaker #0
Est-ce que tu es anxieuse ? Oui. Non, je pense que c'est beaucoup de stress. Après, pareil, d'un point de vue mentalité, moi je suis beaucoup dans le... J'aime étendre ma zone de confort. Donc au début, elle est petite. J'étais une personne paniquée à l'idée de prendre la parole en public. Bon là, c'est déjà un exercice qui, je pense, il y a cinq ans, m'aurait paru impossible. Au début, ça commence par des petits pitchs devant quelques personnes. Déjà ça, c'est l'angoisse totale. Et après, au fur et à mesure, c'est un peu moi de toujours me mettre dans des situations où je sais que ça va me stresser. Je suis anxieuse et je pousse l'anxiété. La personne n'a pas compris. Mais ça revient. En fait,
- Speaker #1
tu essaies de devenir le plus compétente le plus rapidement. plein de choses et du coup ça va te permettre de toi grandir personnellement sur tes skills et d'aller chercher des choses que t'aurais pas soupçonné dans peut-être une voie classique tu vois où on t'aurait dit t'as tes missions et tu bouges pas de tes missions, là t'as besoin de faire plein de choses pour aller chercher, creuser, plein de choses et d'aller avoir cette quête de sens. Comment t'arrives parce qu'à chaque fois que t'as entrepris ça a été des sujets de sens sociétal ou environnemental, comment à chaque fois, ou pas à chaque fois, en tout cas, t'as réussi à en faire un modèle économique, ce qui n'est pas une mince affaire.
- Speaker #0
Je pense que pour Plastolaris, le modèle économique existait avant moi. C'était plutôt de la vente de machines et qui fait que c'est un modèle économique assez classique de construction-vente. On n'a pas été très loin. On a remis en question ce modèle économique plusieurs fois, de se dire, est-ce qu'on devrait faire l'allocation ? En fait, il y a plein de choses que tu peux changer dans un modèle économique. Je pense que ce qu'il y a à savoir, c'est surtout, justement, t'es pas obligé d'avoir la bonne réponse dès le début. Peut-être qu'au début, tu vas te tromper sur un modèle économique. Ce qui ne veut pas dire que ça ne peut pas changer le centre de l'entrepreneuriat, c'est le pivot. C'est-à-dire, si quelque chose ne marche pas, on teste autre chose. Voilà. Je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire sur le modèle économique, mais il y a beaucoup de choses aussi à faire sur... Il peut y avoir d'autres aspects de la boîte sans changer complètement l'ADN de ce qu'on fait. Ça peut être changer de cible, il y a plein de manières de le faire. Et après, je pense que moi, personnellement, je m'intéresse beaucoup à l'économie et aux nouveaux modèles économiques. C'est pas forcément facile à appliquer dans la vraie vie, mais aussi un peu ce truc-là dans la continuité de quelque chose de sociétal, environnemental, de dire quels sont les modèles qui détruisent pas la planète. ce qui n'est pas simple à trouver est-ce qu'il y a des modèles régénératifs qui sont des choses un peu plus dont on parle mais en application c'est un peu toujours dur de voir ce que c'est après des personnes comme je sais qu'il y avait eu pas mal de choses sur par exemple WePlay Circular qui était déjà un test au début au sein de Decathlon mais qui teste des nouveaux modèles économiques de dire peut-être que la location c'est périn pour la planète, pour les personnes tu fais euh... Et tu arrives à générer quand même des profits parce que les gens font plus attention à leur matériel. Donc c'est mieux pour la planète. Et en même temps, ils louent. Du coup, peut-être qu'ils payent plus cher que la valeur de ce qu'ils empruntent. Enfin bref, il y a plein plein plein de choses, mais c'est des tests.
- Speaker #1
De caractéristiques et de paramétrages à mettre en place.
- Speaker #0
C'est ça, et moi j'aime beaucoup jouer avec ça, je pense que ça reste compliqué dans l'entrepreneuriat. Il y a plein de moments où on se dit, voilà, on n'est pas rentable. En fait, oui, ou alors on est rentable, mais on ne se paye pas. Alors c'est pareil. Moi personnellement, avec la fraise de l'orientation, on ne se paye pas encore. L'objectif ce serait de le faire un jour. C'est pas forcément si simple que ce qu'on pense de passer d'un modèle où déjà on arrive à générer de l'argent, c'est déjà la première étape. Et la deuxième étape c'est de se payer, c'est pas si simple.
- Speaker #1
Parce que tu vois, on a un peu cette relation à l'argent quand tu passes d'étudiant, où t'es en prac, alors je dirais pas précarité, mais t'es habitué à pas avoir beaucoup d'argent à faire avec, et de passer à ce sujet-là avec toutes ces incertitudes d'entrepreneuriat pour des questions d'argent. Comment tu switches ton mindset pour dire je vais gagner ma vie grâce à quelque chose que je construis ?
- Speaker #0
C'est dur, dans le sens où... Parce que moi, personnellement, j'habitais chez mes parents pour la grande partie de mes études. Ce qui fait que t'as pas ce truc-là de, au pire... Quand tu dis au pire, bah oui, je suis déjà chez mes parents. Après, là, ce serait pas la fin du monde, dans le sens où je pense qu'il y a des personnes qui prennent beaucoup plus de risques que moi. Parce que je me dis, là, au pire, je retourne chez mes parents. Mais... Pour la santé mentale, pour le développement personnel, c'est quand même, pour moi, quelque chose d'important d'habiter seule, d'habiter avec mon compagnon, mais en tout cas d'avoir une indépendance. C'est ça, d'avoir une indépendance. Et je pense que c'est plus ça qui est sur la table, dans le sens où c'est savoir ce dont on a besoin aussi pour s'épanouir. Et du coup, derrière, ça va engendrer plus ou moins de stress, incertitude par rapport à ça. Et donc c'est, j'ai besoin d'une base pour me nourrir qu'il y ait de temps. Il n'y a pas... plusieurs manières d'avoir cette base. Ça peut être de l'entrepreneuriat. Par exemple, moi, je faisais du freelance pour payer mon entrepreneuriat, on va dire. Mais parfois, c'est pas possible parce que ça demande quand même déjà d'avoir des contacts, d'avoir des personnes qui nous connaissent en freelance. Je connais des personnes qui font aussi un travail alimentaire. en part-time. Oui, mais comment toi, tu as bossé un peu ta relation à l'argent ?
- Speaker #1
Tu en as eu un épisode hyper bien avec Elodie Gattiker sur le podcast, on a parlé de la relation à l'argent pour les jeunes, tu vois, et même après, tu vois, ce début de vie active, comment toi, tu as réussi à travailler ce sujet-là pour dire je vais gagner ma vie, en tout cas, je vais essayer de gagner ma vie grâce à ce que je crée. qui en plus a du sens et un impact environnemental et sociétal. Est-ce que tu t'es posé des questions ou au contraire ça s'est fait naturellement ou tu t'es dit avec toute l'organisation et tout le mapping que tu as mis sur ta vie avec les changements etc, c'est venu naturellement ?
- Speaker #0
Je pense que ma relation à l'argent ça a plus été dans le... Ouais, c'est pas tant... C'est... Pour moi, j'avais besoin d'en faire d'une manière ou d'une autre. Et pour le coup, qu'elle soit liée à mon activité, c'est mieux. Si elle ne l'est pas, je me dis que je trouverais toujours un moyen de me débrouiller et d'arriver à trouver de cet argent quelque part, entre guillemets. Et pour le coup, ça n'a pas toujours été grâce à mon activité, puisque c'est passé par du freelance et après c'est passé par un CDD. Ce qui ne veut pas dire que je ne suis pas alignée avec les valeurs portées par ces boîtes-là. Mais c'est... Ouais, entre l'étudiant, je pense qu'il y avait un truc assez... Mais qui est peut-être aussi un point bloquant chez moi. Pour l'instant, je ne me sens pas assez libre pour me dire que je dois me reposer sur l'entrepreneuriat pour faire mon argent. Peut-être que ça arrivera plus tard. Ce n'est pas encore le cas. Après, il y a un truc aussi dans la... manière de vivre où on doit se dire faut pas non plus dépenser des milliers de cents si on commence à jeter l'argent par les fenêtres ça marche pas et aussi dans l'entrepreneuriat on a beaucoup ce truc là de réinvestir dans sa boîte donc au début les bénéfices on les touche touche pas. C'est aussi beaucoup du... Je crois en mon projet, donc l'investissement, je le fais presque plus sur moi-même. Et je trouve que c'est un des investissements les plus intéressants à faire, de se dire on mit sur nous-mêmes, surtout dans une économie où on se rend compte que le travail n'est pas ce qui paye le plus, puisqu'on voit que c'est plutôt le fait d'hériter aujourd'hui qui a vraiment un impact d'un point de vue économique. Donc, quitte à ne pas avoir énormément d'argent, autant l'investir sur soi-même.
- Speaker #1
C'est important, surtout de se dire, c'est capital, c'est un des sujets qu'il faut prendre en main dès le départ, s'investir en soi et investir sur ses skills, sur sa personne, sur sa personnalité. Tu dis que tu élargis ta zone de confort. Est-ce qu'il y a des sujets que tu ne maîtrises toujours pas ? comme tout le monde, comme tout à chacun mais sur lequel tu te dis ou tu as déjà dit à quelqu'un t'inquiète je me débrouille c'est l'histoire de ma vie non ?
- Speaker #0
est-ce que j'ai dit ça je le disais au début pour les pitchs même quand j'ai dû aller pitcher en anglais horrible après même je pense que Il y a plein de choses que je ne maîtrise pas tant et où je me dis qu'il faut y aller. Je pense même à des workshops où, quand j'étais en freelance, on m'a dit « Tu vas comprendre » , sans m'expliquer de quoi allait parler le workshop. Et j'ai été envoyée. Et du coup, je me dis « Bon, maintenant, il faut improviser, il faut y aller et ça va le faire » . Et puis même dans... tous les trucs, au début les sales, je trouve ça super compliqué j'ai dû le faire pour moi-même je me dis pareil t'inquiète je me débrouille pour là actuellement dans mon travail de chef de projet il y a toute une partie aussi démarchage client ou au moins réponse faire des propals ou des choses comme ça après avec la fresque aussi on a eu certains moments où on a été face à des personnes Je vais peut-être pas les citer parce que ça peut être inquiétant. Mais où on n'était pas complètement préparés non plus à faire tout ça. Et en fait, c'est en le faisant qu'on apprend. On a fait aussi des bêtises. Il y a plein de choses qui ne se passent pas comme prévu. Je pense que moi, j'ai beaucoup fait d'erreurs en freelance quand j'étais étudiante. Donc ça, c'est sur la partie combien je me vends. On se dévalorise beaucoup. Et maintenant... Je pense qu'il y a un truc hyper important à y aller, même quand on n'est pas prêt.
- Speaker #1
C'est important de le dire, de faire en apprenant, parce qu'on nous apprend beaucoup à apprendre la théorie et après s'évaluer sur la théorie, alors que la vie, de façon générale, ne fonctionne pas comme ça. Elle fonctionne en apprenant, en se trompant, en échouant, et qu'on passe le switch entre la vie étudiante, où on nous apprend apprentissage, évaluation, et on passe au chapitre suivant. C'est pas la même chose dans la vraie vie. Et j'avoue que ce switch, parfois, il est pas évident.
- Speaker #0
Ouais, parce qu'on est très cadré d'un point de vue éducation. Après, je pense que là où l'école de design est chouette, c'est que t'as quand même ce truc-là de... Ça t'apprend à penser autrement. Et c'est le gros de l'école de design, c'est déjà changer ta mentalité par rapport à du collège-décès. Où, pareil, t'avais ce mindset-là. apprendre, prendre des notes et tout ça j'ai jamais eu un seul examen écrit quasiment de toute mon école de design c'est à dire que tout ce que tu produis c'est plutôt des choses personnelles que tu vas présenter après donc il y a déjà une démarche un peu presque entrepreneuriale là où l'école de commerce c'est la suite du lycée donc peut-être que ça s'est moins vu aussi parce que j'ai déjà eu grâce à l'école en fait des nouvelles manières de fonctionner de travailler, qui ont été présentées. Ce qui n'empêche qu'on passe quand même de projet effectif à projet réel. Et là, il y a un gros changement dans les contraintes, on va dire, mais dans la posture, c'est plus simple. Merci, Julien.
- Speaker #1
On va passer aux trois dernières questions. C'est rapide. Pour toi, complète la phrase « Entreprendre, c'est une maturité » . Trois petits points.
- Speaker #0
Entreprendre, c'est une maturité. Je pense que je vais reprendre mes notes pour celle-ci. J'avais marqué, c'est accepter qu'on ne va jamais savoir complètement ce qu'on fait.
- Speaker #1
D'être ok avec ça.
- Speaker #0
C'est de se dire qu'en fait, il faut se lancer. En fait, il y a plein de choses où tu ne peux pas prédire ce qui va en ressortir. Mais dans tous les cas, tu vas apprendre quelque chose. Donc, fais-le. Pour toi, qu'est-ce que ça veut dire être adulte ? Et donc, pour moi, qu'est-ce que ça veut dire être adulte ? T'as bien fait tes devoirs. Exactement ! Non, pareil, j'allais noter, c'est un peu reprendre la responsabilité de sa vie. Mais dans un sens très large, ça peut être de se dire, maintenant, c'est à toi de faire des choix. On nous prend par la main, en fait, jusqu'à là, parce qu'il y a nos familles aussi qui nous disent qu'est-ce qu'il faut faire. Et là, maintenant, c'est toi qui es responsable de ta vie. Fais des choix. Et fais-les pour toi. Et après, gère les conséquences, mais t'inquiète, ça va aller.
- Speaker #1
Et quel serait ton tips de la débrouille ?
- Speaker #0
Mon tips de la débrouille, ce serait ose, et après, trouve les moyens de faire ce que t'as envie de faire. C'est-à-dire que la débrouille, c'est ça, c'est d'aller chercher dans tous les sens, comme on disait plus tôt. Donc, déjà, mets-toi en difficulté. Et c'est le fait de te mettre en difficulté que t'auras plus d'autres choix que... trouver des moyens de... Un peu le traquenard. Autant le traquenard de toi, ça me sert à rien.
- Speaker #1
Bon, je te remercie, Julia, c'était un plaisir de te recevoir sur le podcast Un Quelque Joueur des Brouilles. Bienvenue dans la communauté des débrouillards, en tout cas.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Et d'avoir partagé ton parcours aussi enrichissant, de nous avoir expliqué un peu ce passage un peu compliqué. Toi, on peut te retrouver sur LinkedIn pour suivre tes aventures entrepreneuriales sur Julia, sous moi. Je mettrai ton contact dans les notes, et bien sûr. Merci les débrouillards de nous suivre, de nous écouter et de nous regarder. Toutes les deux semaines, on se retrouve avec des débrouillards comme Julia qui nous aident à aborder la vie active et adulte sereinement. Abonne-toi si ce n'est pas encore fait. Laisse-nous un commentaire de ce qui t'a plu, de ce qui t'a pas plu pour comprendre un peu qu'est-ce qui t'intéresse aussi. Donne-nous de la force en mettant 5 étoiles sur Spotify, Apple Podcasts et prends soin de toi et tant qu'à je me débrouille pour te retrouver dans deux semaines.