- Antoine Lacouturière
Bonjour, soyez les bienvenus sur Toucher du doigt la santé, le podcast autour des soins, du bien-être et de la santé. Avant de plonger dans ce 32ème épisode et le sujet du jour qui nous concerne toutes et tous, j'aimerais vous partager plusieurs choses. Premièrement Je suis très content de vous retrouver en ce début d'année et je profite de l'occasion pour vous souhaiter de toucher du doigt la santé, votre santé, le plus souvent possible. Ensuite, je vous informe que l'association continue ses actions de prévention, notamment au sein de crèches et d'écoles en limousin, de belles graines semées et d'autres à venir. Enfin, nous proposons une formation professionnelle. L'idée ? Utiliser des outils dérivés de la sophrologie, de l'hypnose... pour inclure des états de conscience modifiés dans nos pratiques et optimiser nos soins, pour les patients et pour les soignants. Elle s'adresse aux thérapeutes manuels, bien sûr, et aussi aux professionnels de la rééducation, ou plus largement aux professionnels motivés par cette démarche. Pas de pression, pas d'obligation, juste une information, une proposition. ou sur les réseaux sociaux pour plus d'infos. Tout de suite, l'épisode du jour avec une invitée passionnée par ses métiers. C'est un des sujets que j'ai trouvé les plus délicats et aussi les plus passionnants à aborder. Se nourrir et tout ce que cela peut impliquer. Manger, on le fait tous, toutes, tous les jours. Et pourtant, quand on commence à parler nutrition, tout devient vite complexe. Aliments, compléments, médicaments, vitamines, croyances alimentaires, on navigue entre tradition, injonction, peur et raccourci. Il y a plus de 2000 ans, Hippocrate nous disait que ton alimentation soit ta première médecine. Mais aujourd'hui, est-ce que notre assiette suffit vraiment à couvrir nos besoins ? Dans cet épisode, j'ai le plaisir d'accueillir Stéphanie Elisetsch, docteur en pharmacie spécialisée en micronutrition. Elle exerce au Pays Basque à la fois en officine et en consultation dans un cabinet pluridisciplinaire. C'est une rencontre autour de sujets très concrets comme vous le verrez. Stéphanie partage généreusement ses conseils, son expérience singulière acquise à la pharmacie, en consultation individuelle et en formation. J'ai particulièrement apprécié son énergie positive et joyeuse, sa manière de suggérer sans imposer et et cette proposition de changer un petit peu à la fois pour transformer vraiment nos habitudes, et donc notre santé. On vous donne rendez-vous sur les réseaux pour réagir si vous le souhaitez, toucher du doigt la santé et sans s'équilibre tout attacher. Nous nous ferons un plaisir de vous répondre. Belle écoute ! l'invitation dans le podcast.
- Dr Stéphanie Elissetche
Merci à toi, je suis dans tes locaux, c'est chouette.
- Antoine Lacouturière
Et je te remercie aussi d'être venu jusqu'en Limousin, à la fois pour l'enregistrement et pour partager l'inauguration du centre dans lequel on enregistre aujourd'hui, c'était un super chouette moment, c'était précieux d'avoir différents professionnels de santé et dont certains ont fait le déplacement depuis loin donc... Un grand merci pour les deux. Je te propose, pour celles et ceux qui ne te connaissent pas encore, de faire une petite présentation de toi, et puis on aura le temps d'aller explorer plus en détail certains compartiments. Est-ce que tu veux bien nous dire qui es-tu Stéphanie ?
- Dr Stéphanie Elissetche
Oui, bien sûr. Bonjour tout le monde, moi c'est Stéphanie, je suis docteur en pharmacie. Je me suis spécialisée en micronutrition il y a de ça à peu près 7 ou 8 ans. Donc j'exerce une partie du temps en officine et une partie du temps en libérale. en consultation.
- Antoine Lacouturière
Ok, pour la partie pro, 7-8 ans, est-ce que tu peux nous dire pourquoi ? Est-ce que t'as eu envie de te former en micronutrition ?
- Dr Stéphanie Elissetche
C'est parti d'une rencontre avec une commerciale labo où j'ai eu un énorme coup de coeur pour la personne, pour les thématiques et elle m'a dit « écoute si ça t'intéresse, tu devrais te former » . Et de fil en aiguille, j'ai commencé une formation, puis deux, puis trois et ainsi de suite. Et en fait c'est un peu comme une poupée russe, quand tu ouvres il y en a encore et encore et encore. Donc tu t'arrêtes jamais en fait.
- Antoine Lacouturière
Je vois bien de quoi tu parles. Ok donc une rencontre au cœur du début de la démarche et puis après cet intérêt-là. Tout de suite la question pédagogique, un peu pragmatique. Là on est entre nous, on en a déjà parlé mais... Nutrition, micronutrition pour les auditeurs et les auditrices qui le découvrent. Est-ce que tu veux bien nous tracer quelques grandes lignes de ce que ça veut dire concrètement ?
- Dr Stéphanie Elissetche
En fait la micronutrition c'est une partie de la nutrition. Dans la nutrition tu vas avoir tout ce qui va être alimentaire donc tout ce qui se passe autour de l'assiette. Dans la micronutrition en fait c'est tout ce qui ne se voit pas. tous ces petits éléments, les vitamines, les minéraux, les oligo-éléments qu'on ne voit pas mais qui sont indispensables au bon fonctionnement d'un organisme. Souvent on connaît le côté macro, lipides, protéines, glucides, la partie micronutritionnelle elle est peu connue et pourtant elle est indispensable.
- Antoine Lacouturière
Hyper intéressant, j'ai envie de te poser la question pourquoi elle est peu connue mais je sais pas si elle est fondamentale cette question là, c'est peut-être comment est-ce qu'on fait pour améliorer, souvent je préfère le comment au pourquoi, malgré tout tu vois la question elle vient, pourquoi est-ce que alors que c'est fondamental et que c'est à la base et que notre organisme il en a besoin dans la physiologie de base pourquoi est-ce qu'on l'a pas plus en conscience ?
- Dr Stéphanie Elissetche
Parce que je pense que ça demande beaucoup beaucoup beaucoup de connaissances notamment sur le plan physiologique de comprendre comment fonctionne le corps, chaque réaction, ce dont on a besoin c'est quand même quelque chose qui est complexe qu'on... continue aussi de découvrir. Mais ça va arriver, je pense, petit à petit.
- Antoine Lacouturière
On est un petit peu là pour ça. On va semer quelques graines de micronutrition aujourd'hui. Je me souviens dans les différents cycles d'études du cycle de Krebs et dans les autres cycles. Pour ceux et celles qui se souviennent des années de chimie, de biochimie, d'SVT et autres, on se rapproche de ce monde-là finalement. Oui,
- Dr Stéphanie Elissetche
c'est ça exactement. Le cycle de Krebs fait partie d'un des cycles les plus importants en micronutrition.
- Antoine Lacouturière
Ok, super ! On commence à avoir une idée. Une partie officine en pharmacie et une partie consultation profession libérale finalement. Tu as ton exercice à toi. Tu peux nous parler un peu de l'anatomie de ta semaine ? Comment est-ce que ton agenda se ventile ?
- Dr Stéphanie Elissetche
Je suis deux jours par semaine en officine derrière le comptoir. Et je passe deux jours en consultation. J'ai une partie, une journée en tout cas, en présentiel dans un cabinet un petit peu comme ici, pluridisciplinaire. Je partage mon bureau avec des kinés et une ostéo. Et une partie aussi en visio, parce que j'ai des patients qui ne sont pas forcément dans le coin. Donc, je partage aussi le côté visio. Je n'ai pas besoin de toucher les gens. C'est beaucoup de questionnements. Donc au final, c'est intéressant aussi.
- Antoine Lacouturière
Ok. L'officine ? On est dans quel coin pour que les gens se rendent bien ? Où est-ce que tu vis ? Parce qu'il y en a qui ont deviné avec l'accent, d'autres avec le nom.
- Dr Stéphanie Elissetche
Je vis dans le Pays Basque. Je suis sur Anglette en officine.
- Antoine Lacouturière
Ok. Et tu continues à exercer un petit peu dans la campagne ?
- Dr Stéphanie Elissetche
Oui. En ce moment je suis en remplacement. Je dépanne des copines si elles m'écoutent. Un peu plus vers l'intérieur des terres pour le coup du côté de Saint-Jean-Pied-de-Port. Hyper intéressant parce qu'on est sur deux approches qui sont complètement différentes, que ce soit dans le relationnel patient, dans la patientelle qu'on peut toucher, dans la manière d'exercer. On voit des choses qui sont différentes. Donc c'est hyper complémentaire finalement. C'est génial.
- Antoine Lacouturière
Ok, super. Ça me fait naître plusieurs questions. on va plonger dans la nutrition, la micronutrition, le comportement alimentaire, etc. Là, on va en parler, Mais avant de faire ça, je suis curieux de réagir sur ce que tu viens de dire. Deux lieux d'exercice différents, deux types de patientelles différentes, deux modes d'exercice presque. Tu peux nous partager ces ressentis ?
- Dr Stéphanie Elissetche
Je ne sais pas si c'est deux modes d'exercice différents. En tout cas, on y voit deux choses différentes dans la partie... Rural, on est quand même sur des gens qui en avançant en âge sont soit hospitalisés à domicile, donc il y a beaucoup de ce qu'on appelle du HAD, beaucoup de matériel médical, de choses comme ça. On interagit aussi beaucoup plus avec les autres professionnels de santé au comptoir. Je ne dis pas que ce n'est pas pareil sur Anglette, c'est différent. C'est moins rural, moins médicalisé peut-être. Après, ça dépend aussi des praticiens sur place, des équipes médicales qui sont autour. Il y a plein de choses qui rentrent en compte.
- Antoine Lacouturière
Je me rends compte que la question peut se placer dans une situation un peu indélicate par rapport au mode d'exercice. L'idée, c'était juste de dire, finalement, la ruralité amène certaines contraintes, notamment matérielles, de déplacement que les pros de santé connaissent bien, les infirmières qui viennent à domicile, les kinés, etc., d'une manière, elle est appréhendée en tout cas différemment dans le milieu plus urbain. Ça on peut le dire de façon simple. Et je réoriente sur le sujet du jour, sur le côté compétence que tu as toi, est-ce que tu peux déployer des compétences au comptoir en tant qu'un docteur en pharmacie ? C'est pas rien, t'as quand même ce diplôme là. Est-ce que dans les conseils que tu peux apporter aux patients qui viennent te voir, ton... Je veux dire, ta mallette, ta boîte à outils de compétences micronut, tu peux t'en servir ? Un peu ? Moyen ? Ou alors tu as vraiment besoin de beaucoup plus de temps et c'est à part ?
- Dr Stéphanie Elissetche
Alors pour moi ça reste un indispensable dans mon quotidien, c'est quelque chose que je fais en fait naturellement parce que j'ai appris à rediriger mes conseils, à les réorienter. C'est pas quelque chose de tout blanc ou tout noir en fait, souvent on fait le parallèle entre le côté allopathique donc vraiment le côté médecine et la partie bien-être, alimentation tout ça et en fait c'est complémentaire, on peut pas dissocier l'un de l'autre enfin à mon sens.
- Antoine Lacouturière
Au mien aussi.
- Dr Stéphanie Elissetche
Bon, ça va. Mais c'est quelque chose que je fais en pratique naturellement au quotidien. À l'officine, pour moi, c'est indispensable en fait. Ça donne des clés de compréhension, ça donne des outils aux patients pour leur vie au quotidien.
- Antoine Lacouturière
Donc finalement, tu inclus ce savoir, que tu as ce savoir-faire entre... entre les deux, tu le partages avec les patients sur les temps de consulte qui sont un peu différents finalement.
- Dr Stéphanie Elissetche
Oui, on ne sera jamais sur une consulte parce qu'on va beaucoup plus en profondeur. C'est pour ça que ça demande aussi beaucoup plus de temps. Mais c'est des outils que j'ai, c'est des petits conseils, c'est des petits détails que tu peux donner au quotidien et qui font la différence.
- Antoine Lacouturière
Ok, donc tu distilles ça au quotidien ?
- Dr Stéphanie Elissetche
Oui.
- Antoine Lacouturière
D'accord. Comment ça se passe une consulte en micronutrition ? Ça veut dire quoi ? je triche un peu, j'anticipe moi j'ai eu le plaisir entre guillemets l'opportunité de le vivre avec toi c'est à dire de venir en consulte en visio et de voir comment ça se passait et moi j'en ai retiré des bénéfices dans mon quotidien à la fois dans les conseils et aussi dans les propositions mais pour les personnes qui ne nous connaissent pas comment ça se passe une consulte de micronutrition qu'est-ce que ça veut dire ?
- Dr Stéphanie Elissetche
alors comment ça se passe ? on fait un point complet sur comment la personne vit. Souvent les gens pensent que c'est l'assiette, c'est une partie de la consultation, je dirais peut-être un quart de la consultation au final même si ça reste les bases et les fondements de ce qu'on va mettre en place après mais effectivement on voit d'abord comment ça se passe dans l'assiette, on ajuste, on adapte en fonction des goûts et des besoins de chacun. Il y a une partie aussi bilan que je regarde parce que dans les accompagnements, en fait il y a une partie bilan, une partie questionnaire. Questionnaire qui est relativement large et complet, qui me permet de cibler vraiment le quotidien de la personne. On va aller voir s'il y a des traitements médicamenteux, comment ça se passe au niveau du sommeil. Dans le quotidien, s'il y a des choses qui peuvent potentiellement déséquilibrer l'organisme. Voilà, c'est un peu de tout ça. C'est pour ça que c'est long, que ça demande du temps, que les accompagnements sont toujours plus intéressants parce que ça permet de mettre en place plus de choses dans le temps aussi. Mais voilà, c'est à peu près ça. Ce n'est pas que l'assiette en fait.
- Antoine Lacouturière
Donc tu poses des questions sur qu'est-ce que vous mangez ? Quelles sont les habitudes ? Ça c'est l'assiette. Peut-être aussi la rapidité j'imagine que tu explores ? on va dire le comportement alimentaire aussi quelque part. Et puis il y a toute une deuxième partie anamnèse où tu recueilles beaucoup de données avec un questionnaire important. Ce qui m'a surpris et c'est une des questions vraiment cœur du podcast aujourd'hui, c'est comment est-ce que tu fais des liens entre... Le non visible, le micro, et finalement l'émergence de symptômes. C'est-à-dire que les gens viennent souvent nous voir parce qu'ils ont des douleurs, parce qu'ils ont des difficultés, parce qu'ils ont des troubles, parce qu'ils ont des maladies. Et comment est-ce que toi, dans le non visible, tu vas changer des petites choses ou proposer des changements ? J'aimerais bien explorer ça.
- Dr Stéphanie Elissetche
Oui, c'est intéressant. Dans le questionnaire et dans ma pratique, je pars toujours de l'essentiel au niveau du vivant, c'est la cellule. S'il n'y a pas ce qu'il faut sur le plan micronutritionnel au niveau de la cellule, on aura beau mettre en place plein de choses derrière, ça ne tiendra pas. C'est vraiment, je dirais les fondations d'une maison c'est pareil. Si sur le plan cellulaire il n'y a pas ce qu'il faut, c'est pas nourri comme il faut, le reste ne tiendra pas. Après on va aller sectoriser par sphère, par partie, par hépatite... nerveux, hormonal, peu importe. Mais la base de la base, ça reste quand même le plan cellulaire. C'est de là que découlent toutes les voies métaboliques, tout le côté complexe qu'on ne voit pas forcément, mais qui est hyper important sur le bon fonctionnement.
- Antoine Lacouturière
D'accord, donc cellules pour les néophytes, c'est la plus petite unité divisible du corps humain ? C'est vraiment la base qui permet de déterminer On peut différencier les types de cellules, mais au départ, on imagine une sphère avec un noyau. Souvent, il y a des cellules sans noyau, mais on va faire simple.
- Dr Stéphanie Elissetche
Simple, oui.
- Antoine Lacouturière
Donc, une cellule, un noyau. Et concrètement, quand tu dis que la cellule a besoin d'être nourrie, ça veut dire quoi ?
- Dr Stéphanie Elissetche
elle a besoin de choses pour pouvoir fonctionner de manière optimale. Là qui me vient en tête, typiquement on pense à la vitamine D, la vitamine A, vitamine du groupe B notamment B9, B12, rien que ça.
- Antoine Lacouturière
Rien que ça ?
- Dr Stéphanie Elissetche
Ouais.
- Antoine Lacouturière
Rien que ça, ces éléments-là ils vont permettre d'aller comprendre les cascades de chimie, biochimie qui sont nécessaires à la physiologie au fonctionnement.
- Dr Stéphanie Elissetche
Ouais, c'est ça.
- Antoine Lacouturière
Comment est-ce que tu explores ça ? Comment est-ce que moi, monsieur, madame, tout le monde, toi, moi, arrive en entier avec son système corporel plus ou moins usé, plus ou moins fatigué, plus ou moins abîmé en face de toi ou en visio. Comment est-ce que toi, tu vas avoir une idée de est-ce que la cellule est assez nourrie ? Comment ça se passe ça pour toi ?
- Dr Stéphanie Elissetche
Déjà par l'assiette. Je le redis, ça reste la base et les fondements. Mais si dans l'assiette, il n'y a pas suffisamment et c'est souvent ce qui se passe.
- Antoine Lacouturière
Ok, vas-y, dis-nous, dis-nous, c'est intéressant.
- Dr Stéphanie Elissetche
Les gens sont convaincus de manger beaucoup. Et en fait, quand tu fais le bilan dans l'assiette avec eux sur une journée, ils se rendent compte qu'en fait, ce n'est pas tant que ça. Donc c'est intéressant de faire le point avec eux et de se rendre compte qu'en fait, ils ne mangent pas suffisamment. Et qu'à partir de là, s'il n'y a pas suffisamment... Je ne parle pas en termes de calories, puisque pour moi, une calorie n'est pas une calorie, mais en termes de densité énergétique, s'il n'y a pas suffisamment, la cellule ne peut pas fonctionner de manière optimale. Le corps humain ne peut pas fonctionner de manière optimale.
- Antoine Lacouturière
Ok, intéressant déjà. Ça va remuer quelques attentions. Oui, voilà. Ok, donc un premier préjugé un peu mobilisé. Qu'est-ce qui manque souvent ?
- Dr Stéphanie Elissetche
Trop des protéines.
- Antoine Lacouturière
Ouais.
- Dr Stéphanie Elissetche
C'est vraiment le bas qui blesse dans les assiettes de manière générale. Quand je parle de protéines, déjà il y a cette espèce d'appréhension. de se dire « non mais moi je ne veux pas un régime hyperprotéiné » . Alors avant de parler hyperprotéiné, on va commencer par parler normoprotéiné. Tu te rends compte que la majorité des gens n'en parlent pas en fait. Il faut savoir que quand même les protéines c'est la base constructrice de beaucoup d'éléments dans notre corps humain. On a souvent tendance à résumer protéine égale muscle, ce qui en soi n'est pas faux, mais c'est qu'une partie de l'information, ce qui nous permet de fonctionner dans notre corps actuellement à 70%, ce qui nous permet de métaboliser, d'éliminer ce genre de choses-là. C'est aussi des protéines. Nos neurotransmetteurs, c'est des protéines. Nos hormones, c'est des protéines. Donc en fait, à partir du moment où il y a un manque de protéines, forcément ça amène des dysfonctions derrière.
- Antoine Lacouturière
Ce n'est pas rien quand même comme information que tu nous partages là ?
- Dr Stéphanie Elissetche
Oui, voilà. Mais c'est intéressant de le savoir parce que vraiment la majorité des gens en consulte, il y a ce côté diabolisé des protéines en fait.
- Antoine Lacouturière
Oui, clairement, un petit peu dans l'inconscient collectif. Je ne sais pas pourquoi, peut-être la faute à certains régimes à une époque qui était orientée, ou alors de se dire que... Je ne sais pas, peut-être aussi le côté conscience écologique. J'entends certains aspects... végétariens, véganes ou végétaliens ou certains modes de consommation différents, des croyances, des idées, des valeurs. Bref, tu as une idée de pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'il y a ça ?
- Dr Stéphanie Elissetche
Oui, j'allais en venir. Je pense qu'il y a un mythe qui a la vie dure, vraiment. C'est de toute façon trop de protéines, ça flingue les reins.
- Antoine Lacouturière
Oui, intéressant. Voilà.
- Dr Stéphanie Elissetche
Alors je leur montre qu'en fait pour atteindre ce quota là et quand bien même ce serait vrai parce qu'on va... démonter l'info, ça n'est pas vrai. C'est une étude qui sortait à la base sur les rats. On va faire le parallèle entre le rat et l'humain. Je ne suis pas sûre que ce soit vraiment en adéquation, mais cette étude montrait que un taux important de protéines pouvait potentiellement abîmer les reins. Pour avoir un quota important de protéines, croyez-moi qu'il faut manger. En quantité, c'est astronomique. Vraiment.
- Antoine Lacouturière
Et puis, il y a aussi quelque chose qui me paraît intéressant de souligner, c'est que les normes sont probablement trop basses par rapport à...
- Dr Stéphanie Elissetche
Complètement.
- Antoine Lacouturière
Je crois que tu vas être beaucoup plus à l'aise d'en parler que moi, mais j'avais lu certaines études et puis on commence à parler plus régulièrement de nutrition dans les écoles et autour. Et il me semble que les normes d'avant, elles étaient très loin de la réalité des besoins et peut-être même qu'elles sont encore trop basses. Qu'est-ce que t'en penses toi à ça ? Comment ça évolue ?
- Dr Stéphanie Elissetche
Elles sont pour un humain qui est en bonne santé, qui n'a pas de soucis particuliers et qui ne fait pas de sport. aussi et qui fait pas de sport et on peut être en bonne santé sans faire de sport alors sport pas compète mais activité physique tu vois ça me paraît bien quand même je oui alors après je reste convaincu que le mouvement c'est la vie et qu'à un moment donné ça fait partie de des paramètres santé on est bien d'accord mais voilà les données elles sont pour un humain plus sédentaire quoi ouais en bonne santé et qui fait pas d'activités physiques ou d'activités sportives partant de là et connaissant nos rythmes de vie quotidien c'est difficile de coller à ça On est normalement entre 0,8 et 1 g par kilo et par jour de protéines. Moi j'ai tendance à m'approcher du 1,2 voire 1,5 g par kilo et par jour, qui est beaucoup plus en adéquation avec nos rythmes de vie.
- Antoine Lacouturière
D'accord, tu peux nous donner une proportion pour qu'on se rende compte ? Ça veut dire pour un individu homme de 70 kg ou pour une femme plus courte ?
- Dr Stéphanie Elissetche
Je vais te donner à peu près la mienne, parce que je la connais. Je fais un peu moins de 50 kilos. Et pour moi, avec l'activité physique que je fais, il me faut au moins entre 60 et 70 grammes de protéines par jour.
- Antoine Lacouturière
Donc ingurgiter, ça veut dire 70 grammes de poulet, de viande, de jambon, de poisson ? Non, du tout.
- Dr Stéphanie Elissetche
On est bien d'accord. J'allais y venir. C'est souvent l'étonnement des gens en consultation. C'est « Ah oui, bon ben ça va, c'est facile à atteindre » . Alors, quand on va faire le parallèle de c'est quoi 70 grammes véritablement de protéines dans l'assiette, pour donner une équivalence, 2 oeufs c'est 14 grammes. Donc en fait ça fait manger mine de rien pas mal de protéines.
- Antoine Lacouturière
Alors attends, je fais une pause. 2 oeufs c'est 14 grammes. Là tu nous as dit qu'il t'en fallait 70. Oui. Ça veut dire qu'il te faudrait combien d'oeufs ça ? Ça veut dire qu'il te faudrait... Au moins 6 ou 7 ouais. Ouais c'est ça, 6-7 oeufs. Plus même.
- Dr Stéphanie Elissetche
Donc quand on parle d'hyperprotéinés... Voilà la quantité que ça fait manger déjà en normoprotéinés, en fait. C'est là où il faut vraiment se rendre compte de ce que ça représente.
- Antoine Lacouturière
8, 9... Ouais, c'est ça. Presque une dizaine d'œufs pour toi. Et si on double le poids d'un individu qui fait du sport, on est à une vingtaine d'œufs. C'est colossal. Ok, c'est juste... Enfin, là j'exagère un peu, mais c'est colossal.
- Dr Stéphanie Elissetche
Pour un homme sportif... Je dirais, ouais, à 70-80 kilos, t'es au moins à 120-130 grammes de protéines par jour.
- Antoine Lacouturière
D'accord. Donc deux éléments importants. Le premier, c'est de dire ce qu'on mange en quantité, une tranche de jambon de 100 grammes, enfin ça fait plusieurs tranches ça, mais 100 grammes, ça va pas donner 100 grammes au final de protéines. Ça, c'est la première chose. Donc on peut inviter les gens à être attentifs aux équivalences.
- Dr Stéphanie Elissetche
Ouais, je coupe juste une tranche de jambon, pour moi n'est pas considérée comme une viande, c'est considéré comme une charcuterie.
- Antoine Lacouturière
D'accord.
- Dr Stéphanie Elissetche
Et ça fait partie des choses sur lesquelles il faut, entre guillemets, faire attention en termes de quantité. Il y a aussi le rapport de groupe d'aliments et quantité et fréquence de consommation, puisque normalement on est sur à peu près une équivalence de 25 grammes par jour en termes de charcuterie. Ce n'est pas considéré comme une viande. Donc ça fait à peu près une tranche, c'est-à-dire à peu près 5 grammes de protéines. Donc ça ne fait vraiment, vraiment pas beaucoup. Comment tu vas chercher tes autres protéines ? dans la viande, dans le côté animal qui est hyper intéressante quand tu vas faire mijoter il y a le côté justement collagène qui est intéressant dans le poulet, souvent on prend le côté filet parce que plus pratique, plus simple peu importe par goût je ne sais pas l'intérêt d'avoir le poulet entier, la carcasse, les os la peau, pareil il y a aussi le côté collagène qu'on consomme quasiment plus donc On va dire que c'est la qualité, mais surtout les morceaux que tu vas utiliser dans la viande. Les œufs, c'est pareil, faire attention à la qualité des œufs. J'ai souvent pour habitude de dire qu'un œuf n'est pas un œuf, parce qu'en fait il y a l'œuf en soi et puis il y a la poule, comment elle a été élevée, qu'est-ce qu'elle a mangé, dans quel contexte. Si la poule a été élevée en ayant mangé des graines de lin, il y a le côté oméga 3, tu vas consommer toi dans l'œuf. Donc il y a le côté vraiment environnemental. Et après, ça va être tout ce qui va être d'origine végétale. Les protéines végétales, les légumineuses, les oléagineux, donc tout ce qui est noix, noisettes, amandes, pistaches, noix de cajou, macadamia. Peu importe, plus c'est varié, plus c'est intéressant. En gardant en tête et en gardant à l'esprit qu'une protéine végétale n'a pas la même assimilation qu'une protéine animale. On est de l'ordre de 50% à 80% en termes d'assimilation. Ce qui veut dire que ça fait... une quantité plus importante pour avoir son ratio protéique. C'est à prendre en compte parce que il y a quand même, à l'heure actuelle, beaucoup de gens qui veulent par choix ou peu importe, mais qui vont vers un courant végétarien, végétalien, c'est à prendre en considération.
- Antoine Lacouturière
Hyper intéressant. Merci pour cette... Cet éclairage et cette restitution des consultes finalement, parce que c'est ton quotidien. C'est issu à la fois des formations, du savoir que tu acquiesci hier et aussi de l'expérience terrain. De te dire, sur 10 patients, il y en a 8 ou il y en a peut-être même 9 qui ne sont pas dans les clous en termes de... Je dis n'importe quoi sur la proportion.
- Dr Stéphanie Elissetche
Tu n'es pas très loin de la vérité.
- Antoine Lacouturière
J'avais l'impression que c'était quand même très important. Petite parenthèse d'ailleurs. m'a amené aux Etats-Unis et Une des choses qui m'a le plus marqué, c'est la quantité de personnes pour qui c'est ok de prendre des supplémentations et pour qui c'est ok d'être attentif au fait de dire non mais on est en carence potentielle, en manque. Donc en fait il faut le prévenir. Je dérive un peu du côté protéines parce qu'il n'y a pas que le côté... comportement alimentaire, mais tu vois cette conscience-là de maintenir des apports suffisants, elle est assez aiguisée quand même.
- Dr Stéphanie Elissetche
Oui, je crois qu'on a beaucoup de retard en France là-dessus. On est entre guillemets persuadé que l'alimentation suffit, encore faut-il avoir une alimentation qui soit qualité et qui soit suffisante dans l'assiette. J'en ai parlé tout à l'heure en termes de quantité, c'est souvent trop peu plus que trop. Ce qui fait que ça amène forcément à un moment donné à des carences. Et je pense que les États-Unis ont vraiment une approche, je ne sais pas si c'est avant-gardiste, mais en tout cas différente de la nôtre, du fait aussi qu'ils ont une alimentation qui n'est pas du tout de la même qualité que la nôtre.
- Antoine Lacouturière
Oui, c'est vrai. C'est hyper difficile de faire une généralité parce qu'il y a beaucoup d'États avec beaucoup d'ambiances, de contextes, d'atmosphères différents et parce qu'il y a une partie de la population qui est obèse et qui consomme énormément de... de basse qualité de nourriture, je veux dire ça. Mais il y a aussi une partie très attentive, très consciente de ça. Je pense à la Californie où j'étais, où c'est presque commun dans les familles. Cette conscience-là, elle est assez répandue.
- Dr Stéphanie Elissetche
C'est peut-être un état finalement où, je dirais, ils mangent le mieux façon de parler, mais en tout cas, ils ont vraiment conscience de ça. Il y a un culte du bien-être. Il n'y a qu'à voir dans les pratiques sportives aussi. C'est peut-être le seul état qui appart finalement aux Etats-Unis.
- Antoine Lacouturière
Je fais aussi un petit clin d'œil aux personnes croisées à Dallas parce qu'il y a des gens au Texas qui sont super aussi. Voilà, un petit clin d'œil pour eux, je suis sûr qu'ils se reconnaîtront. Super pour cette première partie. Stéphanie, merci pour cet premier éveil de conscience. Est-ce qu'il y a d'autres choses qui reviennent souvent dans les consultations, dans tes observations sur le manque, le pas assez ou qu'est-ce qui revient ?
- Dr Stéphanie Elissetche
Alors il y a beaucoup de mythes, de croyances. Ce qui manque aussi quand même beaucoup je trouve dans l'assiette, c'est le côté lipidique. On manque beaucoup de gras, les gens ont peur du gras. Tu vois le gras c'est mal, c'est moche, c'est pas bien. Mais sauf qu'en fait nos cellules c'est du gras. Notre cerveau, c'est du gras. Donc en fait, si on n'en amène pas de manière suffisante, c'est pareil, ça ne fonctionne pas. Encore une fois, il y a gras et gras. On est bien d'accord. Mais des bons lipides, c'est quand même hyper important.
- Antoine Lacouturière
Tu veux dire un cerveau et des cellules, c'est quand même hyper important ?
- Dr Stéphanie Elissetche
Entre autres, oui. Pour le bon fonctionnement, ça peut aider.
- Antoine Lacouturière
Elle est forte cette image, c'est pas souvent qu'on l'entend comme ça. Cette membrane phospholipidique,
- Dr Stéphanie Elissetche
c'est ça qu'on dit ?
- Antoine Lacouturière
La bicouche c'était il y a longtemps.
- Dr Stéphanie Elissetche
Le contour de la cellule c'est une membrane...
- Antoine Lacouturière
on va dire de gras, pour faire simple pour les gens. Cette membrane, s'il n'y a pas suffisamment de lipides dans l'assiette, elle est détériorée, notamment les fameux oméga-3, dont on a beaucoup entendu parler, qui jouent sur le côté fluidité membrane, qui permet du coup le transfert de messages nerveux, du coup de manière plus ou moins fonctionnelle. Si tu as une membrane qui est rigide, ça passe beaucoup moins bien. Nos hormones, c'est des lipides, c'est pareil. Le fameux cholestérol, la vitamine D, tout ça, c'est des lipides.
- Dr Stéphanie Elissetche
Hyper important là quand même, ce que tu es en train de nous partager. C'est-à-dire que dans notre corps, le gras, c'est la vie.
- Antoine Lacouturière
Oui. Tu vois, quand on dit l'expression le gras, c'est la vie, c'est pour le coup vraiment vrai.
- Dr Stéphanie Elissetche
Ok. Comment tu... Comment tu éveilles les gens à ça ? J'imagine qu'il te faut de la psychologie aussi là pour dire, alors en fait, vous croyez ça, mais pas du tout.
- Antoine Lacouturière
Mais c'est ça, c'est très compliqué. On part dans le côté volé, psychonutrition, je ne suis pas formée dessus. Mais c'est très très dur de casser des croyances et de faire changer les habitudes des gens, de se dire que le gras c'est bon, il en faut. Faire consommer déjà entre une et deux cuillères à soupe d'huile d'olive par jour, c'est parfois compliqué. pour des gens qui n'ont ni beurre, ni huile, ni crème, ni quoi que ce soit. Donc petit à petit, c'est mettre en place une habitude à la fois. Oui, petit à petit.
- Dr Stéphanie Elissetche
Et puis on voit ton sourire délicat qui accompagne en se disant oui, petit à petit, c'est plein de bienveillance, c'est OK, on est beaucoup comme ça. J'ai l'impression que tu le prends... Un pas après l'autre.
- Antoine Lacouturière
Complètement. Complètement. Une habitude à la fois, c'est ce que j'ai l'habitude de dire en séance. Tu ne pourras pas révolutionner l'assiette, révolutionner le quotidien d'une personne en changeant tout et en chamboulant tout du jour au lendemain. Donc, une habitude à la fois. Si pendant trois semaines en moins, je dis toujours, c'est s'atteler à une habitude de peut-être mettre en place un petit-déj pour ceux qui ne déjeunent pas ou changer la qualité du petit-déj. Mais pendant trois semaines en moins, on ne fait que ça. Et on y va petit à petit. Et OK, qu'est-ce qui a été dur ? on réadapte, on réajuste et on avance progressivement.
- Dr Stéphanie Elissetche
Génial. C'est inspirant d'entendre ça. Ça donne envie de prendre soin de soi, en fait. De se dire, quelque part, je sens aussi un non-jugement chez toi. De se dire, je fais un parallèle vie perso et puis aussi vie du quotidien. Dans le comportement alimentaire, je trouve qu'il y a plein de... de manière de se faire du bien. Le sucre, le manger pas bien entre guillemets de temps en temps, ou les verres d'alcool pour ceux qui consomment de l'alcool. Tu vois, je trouve que c'est une manière pour beaucoup d'êtres humains de venir récupérer du plaisir, du bien-être, un peu une gratification immédiate. Alors j'imagine que derrière, il y a de la dopamine et puis il y a des... Ah oui, il y a de la dopamine plus plus plus évidemment. La récompense. Mais je trouve ça... agréable d'entendre de la part d'une pharmacienne formée sur un domaine spécifique aussi délicat que le comportement alimentaire se dire, ok, on fait une chose à la fois et on se laisse un peu de temps pour ça.
- Antoine Lacouturière
J'ai souvent l'habitude de dire à mes patients qu'une vie sans plaisir, c'est pas une vie en fait. Encore une fois, c'est une question d'équilibre. Tout le monde connaît l'adage, c'est la dose qui fait le poison. C'est à peu près ça dans la vie au quotidien et c'est valable pour l'assiette comme c'est valable pour... plein de choses. C'est valable pour le sport, c'est valable pour le sommeil, c'est valable pour l'alcool, c'est valable pour le tabac, même si, à mon sens, pas fumer, c'est encore mieux, tu vois. Mais on n'est pas dans les jugements, donc c'est une question d'équilibre.
- Dr Stéphanie Elissetche
D'où le nom sur les réseaux, non ? Je ne sais pas si... Je ne l'ai pas encore dit en introduction, mais tu peux peut-être partager pour ceux qui ne sont pas sur les réseaux, comment est-ce que tu as choisi d'intituler ton compte ?
- Antoine Lacouturière
Oui. J'ai décidé de l'appeler sens-équilibre. Un petit rappel des deux initiales qui composent mon nom et mon prénom. Équilibre, ça avait tout son sens, c'est le cas de le dire, parce que c'est vraiment une question d'équilibre dans la vie de tous les jours. Et le sens, parce qu'il faut que les choses aient du sens de manière générale.
- Dr Stéphanie Elissetche
Ah, hyper intéressant. Moi, j'entends des sens, sensorialité. Tu vois les nerfs crâniens.
- Antoine Lacouturière
On peut aussi, effectivement. C'est quelque chose que... En tout cas, c'est un domaine que j'affectionne particulièrement dans la vie. Quand tu parles de l'assiette, les sens sont en éveil de manière générale. Le goût, l'odorat, la vue, tout ça, ça rentre aussi dans le côté alimentation, digestion. C'est hyper important.
- Dr Stéphanie Elissetche
Hyper important de mêler les sens, tu veux dire ? Pourquoi ? Je fais un peu le naïf là, mais pourquoi c'est hyper important ?
- Antoine Lacouturière
Parce que c'est par là que démarre en fait la digestion. Souvent j'ai tendance à dire que la digestion, elle démarre avant ce que tu mets dans la bouche, avant la première bouchée, la première fourchette. C'est l'odeur d'un plat, c'est la vue. tu vas déjà commencer à synthétiser ces fameuses enzymes digestives. Donc ça commence bien en amont de ce que tu mets au départ dans la bouche. C'est toute la partie préparation finalement.
- Dr Stéphanie Elissetche
Préparation quand tu prépares le plat ? Oui. Quand tu prépares le repas ?
- Antoine Lacouturière
Ça peut être les deux.
- Dr Stéphanie Elissetche
Ok.
- Antoine Lacouturière
À partir du moment où tu mets les sens en éveil.
- Dr Stéphanie Elissetche
L'information circule déjà dans le système nerveux.
- Antoine Lacouturière
Ah oui.
- Dr Stéphanie Elissetche
Et le système digestif se prépare du coup. Donc une invitation à cuisiner.
- Antoine Lacouturière
C'est ça. Sans forcément faire compliqué, on peut faire des choses simples, qui sont très bonnes.
- Dr Stéphanie Elissetche
Dans les discussions qu'on a pu avoir dans le passé maintenant, ça fait un petit moment qu'on échange, il y avait l'importance des couleurs, des odeurs. Je le vois avec mes yeux d'ostéo qui, quelque part, je suis assez sensible à cette sensorialité-là, notamment parce que je vois beaucoup d'enfants et le lien sensorie-moteur, il est important. Développement, accompagnement de la croissance. Tu donnes des conseils à tes patients par rapport à ça, au repas ? Quels sont les conseils que tu donnes pour encourager ça ?
- Antoine Lacouturière
Rester sur des choses simples, de la naturalité au maximum. On a parfois tellement voulu masquer le goût de certaines choses, dans les produits ultra transformés notamment, qu'on n'en connaît plus le goût véritable de certains aliments. Donc rester sur des choses simples, on peut faire du très bon avec du simple, mais en gardant ce côté naturel. Rien n'empêche de mettre des épices, des aromates, des condiments, mais un aliment qui soit le plus naturel possible.
- Dr Stéphanie Elissetche
Ok, je réagis à un mot. ultra transformé. J'ai vu passer certaines alertes là, récemment, notamment des pédiatres par rapport au lien entre l'accroissement de pathologie et la consommation de nourriture ultra transformée. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Antoine Lacouturière
Toutes ces maladies qu'on appelle de civilisation, c'est-à-dire des maladies qui sont non transmissibles, tout ce qui est diabète, maladies cardiovasculaires et compagnie, on est en grande partie euh lié avec le côté consommation d'aliments ultra transformés. Ça a pris un pas énorme sur notre alimentation de manière générale maintenant. Toutes ces pathologies, je ne dirais pas n'existaient pas, mais en tout cas il y en avait bien moins à l'époque. C'est un gros gros fléau.
- Dr Stéphanie Elissetche
Ça me touche d'entendre ça, de me dire que l'homme est capable, la femme, l'être humain, est capable de créer. Lui-même, simplement en se nourrissant.
- Antoine Lacouturière
C'est pour ça que je dis que l'assiette reste la base, les fondements de la vie, entre guillemets. C'est que la qualité des produits... au-delà de la quantité que tu mettras dans l'assiette sont vraiment hyper importantes. Dans les produits ultra transformés, malheureusement, à l'heure actuelle, on a beaucoup d'additifs, de colorants, d'émulsionnants. Tout ça, ça fait partie du côté potentiellement perturbateur endocrinien et autre. Dans le côté santé environnementale, c'est un volet qui me tient à cœur dans les consultations et c'est vrai que ça fait partie des choses qu'il faudrait éviter.
- Dr Stéphanie Elissetche
Point de suspension.
- Antoine Lacouturière
Oui, qu'il faudrait. Encore une fois, il n'y a pas de « il faut » ou « je dois » . On fait du mieux qu'on peut sur le moment, sur l'instant.
- Dr Stéphanie Elissetche
En tout cas, c'est une invitation. C'est une invitation à être attentif, parce qu'aujourd'hui, on ne peut plus fermer les yeux et dire « ce n'est pas grave, on le sait » . C'est prouvé, on le sait.
- Antoine Lacouturière
C'est prouvé, et puis la plupart du temps, c'est des aliments qu'on appelle « vides » sur le plan micronutritionnel. C'est dénué de tout. il n'y a plus de vitamines, plus de minéraux, il n'y a plus rien
- Dr Stéphanie Elissetche
Des aliments vides, c'est intéressant ça. Je l'avais entendu pour l'alcool sur le côté...
- Antoine Lacouturière
Sur le côté calorique ?
- Dr Stéphanie Elissetche
Oui.
- Antoine Lacouturière
En fait, ce qu'on appelle des aliments vides, c'est quand sur le plan micronutritionnel, il n'y a plus rien derrière. Il n'y a plus de vitamines, il n'y a plus de minéraux. Le côté calories vides, si tu veux l'appeler de cette manière.
- Dr Stéphanie Elissetche
Tu vois, c'est fort ce que tu dis là, je repense à Franck et Thomas qui sont respectivement chefs d'un restaurant 3 étoiles et chefs sommeliers, à Annecy, que je salue au passage, le Clos des Sens, un établissement extraordinaire qui... Dans les lignes rouges pour eux, dans le fil rouge de leur quotidien, il y a la qualité de l'aliment. et le fait que les personnes les cultivent en conscience et en prenant soin de la terre, de l'environnement autour, parce qu'ils ont la conviction, la croyance, la conscience, l'expérience aussi, qu'une asperge qui a été, par exemple, nourrie, choyée, chérie, dans un milieu sain, ça nourrira mieux, littéralement. les personnes qui vont les consommer. Mais ils n'ont pas du tout toute la connaissance biochimique que toi tu as, tu vois. Je trouve ça intéressant de rapprocher cet épisode du tien, parce que toi tu connais les cascades enzymatiques, les réactions et cette complexité-là. Eux non, et finalement le message est assez similaire.
- Antoine Lacouturière
Oui, complètement. C'est hyper intéressant. Pour le coup, en plus, tu prends vraiment le côté environnemental de la chose. Il y a ce que vous mettez dans l'assiette et il y a ce qui se passe autour. C'est-à-dire comment ça a été cultivé, le côté empreinte écologique. Il y a comment vous le cuisez, dans quoi vous le cuisez. En fait, l'assiette, c'est tout ça. Ce n'est pas juste ce qu'on mange. Donc, la partie volée environnementale, elle est aussi hyper importante. Il y a une espèce d'éveil des consciences par rapport à ça, de se dire « Ah ouais, mais en fait, je ne savais pas que potentiellement ça pouvait générer ou entraîner ou ci ou ça. » C'est intéressant.
- Dr Stéphanie Elissetche
Génial. Je fais du pratico-pratique après la philosophie et ce petit clin d'œil du côté d'Annecy. Est-ce que tu peux nous donner des conseils concrets ? C'est-à-dire, qu'est-ce qu'il faut bannir dans les cuissons ? Qu'est-ce qu'il faut privilégier ?
- Antoine Lacouturière
Oui, bien sûr. Dans les cuissons, c'est ce qu'on peut, encore une fois, dans le quotidien, éviter tout ce qui va être revêtement anti-adhésif. On connaît la polémique des pifaces, tout ça. On en a, je pense, tous entendu parler. Si on peut, c'est privilégier de la fonte, de l'inox 18-10 en termes de qualité, parce que tous les inox ne se valent pas non plus. C'est privilégier des cuissons douces, vapeur. Limiter le côté brunissement des aliments, tu vois, les fameux barbecues. Je ne dis pas que ce n'est pas bon, encore une fois, c'est une question de quantité et d'équilibre. Mais trop, ce n'est pas bon. C'est des petits détails comme ça autour de l'assiette, pas dans l'assiette. en tout cas de manière indirecte, c'est autour de l'assiette qui fait que ça peut faire la différence.
- Dr Stéphanie Elissetche
Ok, super. Donc là, il y a quand même plein d'informations différentes dans ce que tu viens de dire. Je ne reliste pas tout, mais c'est quand même important.
- Antoine Lacouturière
Il n'y en a qu'une partie, parce qu'on ne va pas détailler à l'extrême, mais il y a plein d'autres choses au quotidien qui peuvent potentiellement déséquilibrer les contenants verts.
- Dr Stéphanie Elissetche
Oui, je pense que c'est important d'en parler.
- Antoine Lacouturière
Avec notamment les matières grasses. S'il y a une chose à privilégier pour les matières grasses, c'est vraiment les contenants verts. Exit, les plastiques, on voit trop souvent, à mon sens, encore typiquement dans le rayon des huiles. Tu prends les huiles, la plupart du temps, c'est des contenants plastiques. Il n'y a rien de pire. En plus, si c'est chauffé, les matières plastiques migrent dans le contenant Enfin, dans l'huile. Donc, en fait, tu ingères une partie des matières plastiques. Voilà. Et après, on se demande pourquoi il y a autant de pathologies de civilisation et pourquoi il y a autant de cancers. À l'époque, tout ça, nos grands-parents, ils n'avaient pas. Il y a vraiment une espèce de changement de vie de quotidien qui fait qu'on a créé aussi toutes ces pathologies-là.
- Dr Stéphanie Elissetche
Je trouve que c'est à la fois génial de t'entendre parler de tout ça, parce que j'ai plein d'images qui me viennent, et j'ai plein de pistes d'amélioration, en me disant, waouh, mais là je vais pouvoir faire ça, et là, pour notre fille, il faut absolument qu'on fasse ça, pour les enfants, il faut absolument qu'on fasse ça. Et d'un autre côté, je me dis, mais c'est terrible. D'un autre côté, tu vois, j'ai cette image, je revois ma petite grand-mère, avec sa vie toute simple, et effectivement, c'est contenant en verre, et effectivement, le peu mais bien, et effectivement, Effectivement, je l'aurais entendu dire mon petit, le bon marché est toujours cher.
- Antoine Lacouturière
C'est vrai.
- Dr Stéphanie Elissetche
Sous-entendu la piètre qualité, tu finis par le payer un moment plus cher que la qualité d'entrée. Ok, bon, on va faire une petite synthèse de ça et retirer du positif, se dire que dans la synthèse, tu conseilles plutôt du verre pour le côté...
- Antoine Lacouturière
Transfert des matières plastiques.
- Dr Stéphanie Elissetche
Peut-être même pas que, est-ce qu'on ne peut pas tout remplacer par du vert ?
- Antoine Lacouturière
dans l'idéal c'est sûr Dans l'idéal, c'est ce qu'on devrait faire. Il y a déjà trop de plastique autour de nous, de manière quotidienne. Le verre étant un matériau inerte, c'est sûr que c'est le mieux. Tu vois, les conserves métalliques, plutôt privilégier des bocaux en verre plutôt que des conserves métalliques. C'est des petits détails, mais qui, en fait, mis bout à bout, un plus un, plus un, plus un, au bout d'une journée, au bout d'une semaine, au bout de plusieurs semaines, voire mois, ça fait la différence.
- Dr Stéphanie Elissetche
Ça, ça me plaît. Ça me plaît de me dire qu'on peut faire plein de petites actions pour sortir de ce côté un peu pesant. Tu vois, je trouve ça pas évident. Je trouve ça passionnant. Je trouve ça génial. Et en même temps, je trouve ça dur parce que tu te retrouves confronté à la cantine. Ils servent dans des plastiques qu'ils mettent au micro-ondes ou au four et tu te dis mais waouh ! Alerte ! Ils servent avec des films plastiques carrément sur les assiettes. Enfin, tu vois, à l'hôpital, je ne sais même pas si on peut parler de ça, mais il y a quand même... Dans les endroits où on a des enfants, des patients, des malades, il y a quand même beaucoup ça. Et nous aussi, nous les premiers, tu pars faire une randonnée, le sachet de compote, il est plus facilement apportable. Bref, en tout cas, je vois la difficulté dans le quotidien. Et ce qui me rassure, c'est de me dire, non mais attends, avec tout ce qu'elle vient de nous dire, il y a plein de petites choses. qu'on peut concrètement faire pour aller mieux.
- Antoine Lacouturière
Oui, mais petit à petit, tu adaptes, tu réajustes. Progressivement, ça ne se fait pas du jour au lendemain. C'est des habitudes à prendre, encore une fois.
- Dr Stéphanie Elissetche
Est-ce qu'avant de faire ta format de micronut, tu avais cette conscience-là ?
- Antoine Lacouturière
Pas autant.
- Dr Stéphanie Elissetche
Pas autant ?
- Antoine Lacouturière
Le volet environnemental a vraiment pris tout son sens pendant mes formations.
- Dr Stéphanie Elissetche
En fac de pharma, vous êtes sensibilisée à ça ?
- Antoine Lacouturière
De quoi ? Non, pas du tout. C'est vrai ? Non. On ne parle même pas sur le côté industriel, parce que je pense que là, c'est encore pire que pire. Mais typiquement, tu vois, je pense à certains métiers comme les infirmières, les aides-soignantes, qui sont en contact régulier avec des matières plastiques, de produits pharma-industriels, des choses comme ça. Ça fait partie des éléments qu'il faut prendre en compte. Ça peut potentiellement perturber un organisme. Au-delà du contenu, de ce qu'il peut y avoir dedans, le contenant en lui-même, déjà, ça pose question.
- Dr Stéphanie Elissetche
Et à nouveau, hyper intéressant.
- Antoine Lacouturière
C'est toute la partie volée environnementale dont on n'a pas conscience. Parce que souvent, on entend parler de environnement, oui, on va t'entendre parler de perturbateurs endocriniens, bon, ok. Et encore, faut-il savoir où ils sont et qu'est-ce que c'est ? C'est bien plus large que ça, le côté environnemental.
- Dr Stéphanie Elissetche
Ok, ça me donne envie de te poser la question de... On peut le chiffrer, on peut le mesurer, on peut l'étudier. Est-ce qu'on peut le compter ? Est-ce qu'il y a des analyses de sang ? Est-ce que tu as des examens qui te permettent d'évaluer la contamination ?
- Antoine Lacouturière
Ça dépend de ce que tu vas aller chercher. Dans les métaux lourds, oui. Souvent, les analyses toxiques, on est sur des mèches de cheveux puisque c'est là où la traçabilité est plus longue. Donc, ça reste plus longtemps dans l'organisme à ce niveau-là. bilan sanguin Je ne pense pas, en tout cas pas sur les métaux lourds. Tu vas peut-être le voir sur des bilans classiques, je dirais, sur certains déficits potentiellement. Mais mesurables, quantifiables, la plupart du temps, c'est quand même les métaux lourds et c'est souvent sur des mèches de cheveux.
- Dr Stéphanie Elissetche
D'accord. Tu vois, dans ce côté... Je reviens sur ton terrain, toi, sur ton terrain de jeu du quotidien. Dans le côté, les gens viennent te voir, donc on a compris qu'il y avait l'anamnèse, le recueil d'informations, le questionnaire important, le côté étude du comportement alimentaire, l'assiette, qu'est-ce que tu fais rentrer dedans, quoi, comment ? Et il y a aussi ce côté bilan sanguin qui me paraît potentiellement intéressant. Qu'est-ce que tu vas chercher ? Je garde dans un coin de ma tête le côté tracer les contaminations possibles, finalement. Finalement, ce que je comprends, ce n'est pas si facile que ça. Peut-être que tu observes des déséquilibres du système sanguin ou est-ce que finalement, on se met juste... Une fois qu'on est devant le mur de dire qu'il y a une pathologie, qu'il y a une maladie, peut-être qu'il y a eu ça. Tu vois ce que je veux dire ou pas ?
- Antoine Lacouturière
Bien sûr que ce sont des choses qu'on pourrait parfois éviter. Dans le bilan sanguin, il y a les normes et il y a l'optimisation des normes, ce qu'on appelle les normes santé. Il y a des choses... À mon sens, qui pourrait être évité. Il y a des choses qu'on pourrait faire au quotidien, notamment quand il y a certains traitements médicamenteux, où on sait qu'il y a des carences qui vont être générées par certains médicaments. On pourrait déjà, tu vois, s'en rendre en charge et faire de la prévention et limiter ce risque-là.
- Dr Stéphanie Elissetche
Tu viens d'utiliser un mot qui me fait raisonner la prévention. On pourrait... On ne connaît pas,
- Antoine Lacouturière
malheureusement, trop peu de prévention en France. On pourrait largement éviter toutes ces pathologies-là s'il y avait une prévention qui a été faite en amont.
- Dr Stéphanie Elissetche
Merci pour ça Stéphanie. Je suis encore un peu... Par remuer, mais toucher, par me dire « waouh, tous ces endroits dans lesquels finalement on s'intoxique un petit peu, tu vois, l'eau c'est quand même d'actualité, tu parlais des métaux lourds avec les anciennes canalisations, mais finalement celles qui sont aujourd'hui en dérivés de plastique, je sais pas si dans dix ans on se dira pas, peut-être que, il y a tout... » les prises de conscience qui sont en train d'émerger et j'essaie de me rassurer et je me mets à la place d'auditeurs et d'auditrices qui n'ont pas ton visage et ton sourire rassurant pour se dire mais on peut faire plein de choses, de me dire ok on peut mettre en place une série. Je reviens sur le côté pratico-pratique. Il y a un mot important, je le disais tout à l'heure un petit peu sur le côté américain, ce côté supplémentation. J'ai l'impression que c'est un des leviers que tu vas utiliser toi dans tes outils. Est-ce que tu veux bien nous dire quelques mots là-dessus, nous parler de ça ? Comme tu veux, comme tu sens.
- Antoine Lacouturière
Supplémentation, je dirais, alors pas quasi indispensable, mais... Pour certains micronutriments, oui, parce que difficile de courir dans l'assiette, les apports journaliers. Je fais le choix de sélectionner les labos que je mets en supplémentation, parce qu'encore une fois, travailler sur un volet environnemental et mettre tout et n'importe quoi en termes de supplémentation, ça n'a aucun sens. Donc je fais le choix des labos que je propose, qu'ils soient clean, qu'ils soient sécuritaires, qu'ils soient tolérables aussi. Il y a des formes chimiques qui sont plus ou moins bien absorbées, plus ou moins bien tolérées. Ça, c'est la partie chimie de pharma qui remonte à la surface. Mais oui, il y a quand même la majorité du temps dans mes consultations, dans les prises en charge, une supplémentation au départ. Parce qu'on se retrouve avec des gens qui ont tellement de carences que c'est difficile d'apporter par l'assiette pour pouvoir couvrir la carence.
- Dr Stéphanie Elissetche
Stéphanie, est-ce que tu veux bien nous donner des exemples de supplémentations que tu préconises ? On entend que tu choisis tes labos en conscience. Qu'est-ce qui revient souvent dans les supplémentations ? Le magnésium par exemple ?
- Antoine Lacouturière
Magnésium, la vitamine D, ça fait partie des grands classiques. J'essaye autant que possible que les choses passent par l'assiette, mais ce n'est pas toujours facile, par goût, par choix, peu importe. je pensais notamment aux oméga 3 les petits poissons gras c'est pas du goût de tout le monde c'est pas forcément facile à mettre dans l'assiette donc la partie oméga 3 l'iode c'est pareil on en parle peu mais c'est quand même hyper hyper important sur le plan thyroïdien sur le plan développement neuronal au niveau fétal c'est difficile à couvrir à moins de se manger une douzaine d'huîtres tous les jours voilà Merci. On n'a pas forcément l'apport à un iode.
- Dr Stéphanie Elissetche
Tout le monde ne vit pas dans le Pays Basque ou sur les côtes. Et l'accès aux huîtres n'est pas aussi facile. On est d'accord. Je crois d'ailleurs que ça fait partie des choses que l'industrie a permis de manière positive. La supplémentation automatique en iode. Je ne sais plus si c'est dans le sel, dans l'eau, mais il y a un endroit où...
- Antoine Lacouturière
Alors après, on n'est pas sur une forme qui soit la meilleure, en tout cas la plus assimilée.
- Dr Stéphanie Elissetche
Intéressant. Vas-y, dis-nous.
- Antoine Lacouturière
C'est une forme chimique qu'on assimile très peu.
- Dr Stéphanie Elissetche
D'accord.
- Antoine Lacouturière
Voilà. Et puis, il faut aussi la quantité, tu vois, journalière. L'iode, on est sur du 150 microgrammes. Je ne suis pas sûre qu'il y ait autant dans le sel ou alors il faut manger beaucoup de sel. Donc, bénéfice-risque, tu vois.
- Dr Stéphanie Elissetche
Ok, ok. Moi, j'avais ce côté un peu naïf de me dire que ça fait partie des choses qui ont été positives. par l'industrie, et je pèse mes mots, mais en tout cas, de dire qu'il y a une prise de conscience à un moment, on supplémente en automatique et finalement, c'est pas si rose que ça.
- Antoine Lacouturière
Non, j'ai un autre regard là-dessus parce que justement, on supplémente, mais on supplémente toujours et encore une fois sur le côté industriel à bas coût, ça veut dire des formes d'assimilation qui ne sont pas forcément les bonnes.
- Dr Stéphanie Elissetche
Ok, allons-y, plongeons dans le sujet. Qu'est-ce que tu peux conseiller pour remplacer ça, pour complémenter ça ? Ou pour les gens qui, comme un certain nombre d'entre nous, consomment très peu de sel ?
- Antoine Lacouturière
Alors le sel à proprement parler, le chlorure de sodium, c'est pas celui que je privilégierais, mais l'iode, vraiment, c'est... Tous les produits dérivés de la mer en forme d'iode, souvent, c'est des formes issues d'algues.
- Dr Stéphanie Elissetche
Intéressant.
- Antoine Lacouturière
Manger des algues, ça revient quasiment au même en termes de supplémentation. C'est un des aliments qui est le plus concentré en iode. C'est pour ça qu'il faut d'ailleurs y aller doucement en termes de consommation.
- Dr Stéphanie Elissetche
D'accord. Doucement parce que le goût est fort ou parce que tu fais vite ? Doucement parce que c'est très concentré,
- Antoine Lacouturière
oui.
- Dr Stéphanie Elissetche
D'accord. Tu fais une salade d'algues et tu t'en mets pour quelques grosses.
- Antoine Lacouturière
Voilà, c'est ça. Pas assez de diodes, c'est pas bon. Trop de diodes, c'est pas bon non plus. Encore une fois, c'est une question d'équilibre en fait.
- Dr Stéphanie Elissetche
La dose.
- Antoine Lacouturière
Ouais.
- Dr Stéphanie Elissetche
D'accord. Chouette pour la supplémentation. Il y a d'autres choses qui reviennent. Donc on a entendu, je le répète parce que c'est quand même important, magnésium, on a entendu vitamine D, on a entendu l'iode du coup. attention portée à, dans tes consultes, dans les motifs de consultation, est-ce qu'il y a d'autres choses qui reviennent en manque régulier ?
- Antoine Lacouturière
La vitamine B12, grand grand classique aussi. On pense souvent à la vitamine B12 avec population végétarienne, végétalienne, végane. Malheureusement, de nos jours, ce n'est pas rare, pour ne pas dire que c'est très fréquent, de voir des bilans de patients omnivores. qui manquent de vitamine B12. Donc ça fait partie, je dirais, d'une supplémentation qui est quand même de plus en plus courante du fait aussi de certains traitements médicamenteux qui bloquent l'assimilation de la vitamine B12. Petit détail.
- Dr Stéphanie Elissetche
Petit détail.
- Antoine Lacouturière
Oui. Je pense notamment, on va les citer, mais c'est vrai que c'est des traitements qui sont mis à l'heure actuelle au long cours, qui ne devraient pas l'être. où on a de plus en plus de signalements là-dessus, c'est tout ce qui est IPP. Les bloqueurs de la pompe à proton, le fameux oméprasol, les oméprasols, tout ça, en bloquant l'acidité gastrique, on bloque un facteur important pour l'assimilation de la vitamine B12.
- Dr Stéphanie Elissetche
Donc ces fameux inhibiteurs de la pompe à proton, IPP, Quand ils sont prescrits, s'ils restent sur du moyen long terme, ils devraient nécessairement, selon toi, être accompagnés de cette conscience-là ? Oui.
- Antoine Lacouturière
B12, magnésium et vitamine D.
- Dr Stéphanie Elissetche
Ok.
- Antoine Lacouturière
Autant te dire que c'est des flos que je vois prescrites à l'année pour la plupart, sans aucun bilan sanguin derrière.
- Dr Stéphanie Elissetche
Ah mais ça doit te faire des...
- Antoine Lacouturière
Ça mérite le poil, tu peux le dire. C'est là où tu vois, c'est intéressant d'avoir les deux volets, d'avoir le côté vraiment médical, pharmaceutique, et d'avoir le volet micronutritionnel derrière.
- Dr Stéphanie Elissetche
Et oui, clairement.
- Antoine Lacouturière
Et c'est là où aussi le côté conseil micronutritionnel prend tout son sens au comptoir.
- Dr Stéphanie Elissetche
Je fais une aparté peut-être un peu risquée, mais on en parlait avec Cédric Bourgeois dans le podcast que je salue sur l'inexium.
- Antoine Lacouturière
Oui, chez les bébés.
- Dr Stéphanie Elissetche
Oui. Je l'ai écouté. Tu l'as écouté ? Oui. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Antoine Lacouturière
Je peux rejoindre totalement son avis.
- Dr Stéphanie Elissetche
Ok. On ne va pas se faire que des copains. Non, mais c'est une réalité. Il faut secouer un peu les choses là. Concrètement, il n'y a pas d'autorisation mise sur le marché pour cette tranche de vie là. C'est prescrit parce que la médecine c'est un art et que parfois on ne peut pas tout faire dans les cordes et que ce n'est pas si facile que ça et que face à une famille et un enfant enfants qui souffrent, on est parfois démunis. Et pour tous les pédiatres et les médecins généralistes qui écoutent et qu'on adore, ils font comme ils peuvent, avec les outils et le temps qu'ils ont. Par contre, il y a aussi des abus et il y a aussi un manque de connaissances et de conscience sur ça, et je pense que c'est important d'en prendre.
- Antoine Lacouturière
Bien que je le vois de moins en moins prescrit, quand même, alors est-ce qu'il y a effectivement un éveil des consciences ? Peut-être. Mais fut un temps, waouh, ça fait peur.
- Dr Stéphanie Elissetche
Et là, du coup, chez l'enfant, par rapport à ce que tu viens de dire, ça bloque, ça diminue, ça perturbe une partie du système. J'imagine que sur un développement de la croissance entre 0 et 1 an, ce n'est pas rien.
- Antoine Lacouturière
On est sur un système digestif qui est quasi immature. L'acidité gastrique dans l'estomac, elle est là pour quelque chose. En premier lieu, pour le côté, j'allais dire, antibactérien, antifongique. En fait, tout ce que tu ingères, nous en tant qu'adultes, un bébé c'est différent, mais nous en tant qu'adultes, ça va éliminer potentiellement des bactéries, des choses qui peuvent contaminer en aliments. Deuxième rôle de l'acide chlorhydrique, c'est quand même, et non des moindres, de digérer les protéines. pas d'acide chlorhydrique, tu digères moins bien les protéines, tu crées ce qu'on appelle une flore de putréfaction au niveau du microbiote intestinal. Donc tu déséquilibres ton microbiote. Je te laisse imaginer chez un bébé.
- Dr Stéphanie Elissetche
Je suis en train de mesurer le cercle qui est peu vertueux dans lequel tu rentres du coup.
- Antoine Lacouturière
Ah mais complètement, complètement. On connaît, on commence en tout cas de plus en plus à connaître les liens du microbiote avec différentes pathologies, différents systèmes, ce genre de choses-là. Quand on commence chez un bébé sa vie avec de l'inexium, waouh ! C'est quoi les dégâts plus tard ? Ça interroge quand même.
- Dr Stéphanie Elissetche
J'entends. Je partage l'interrogation. Stéphanie, merci pour cette nouvelle graine semée pour ce partage, toujours avec l'esprit de contribuer et de collaborer. de façon pluridisciplinaire, plutôt que juste de critiquer. C'est pas ça l'idée, mais parfois il faut aussi des lanceurs d'alerte et il faut aussi éveiller ces consciences-là. J'ai envie de revenir avec toi sur... Les motifs de consultation, qu'est-ce qui fait qu'on vient de voir ? Qu'est-ce que tu vois régulièrement ? Quels sont les gens que tu encourages à venir consulter ? Tu vois un peu, motifs de consulte.
- Antoine Lacouturière
Ils sont tellement nombreux.
- Dr Stéphanie Elissetche
C'est vrai ?
- Antoine Lacouturière
Oui, et dans la tête des gens, souvent quand on parle de micronutrition, tu sais, ils switchent le micro et puis c'est nutrition. Et puis dans la tête des gens, nutrition c'est forcément perte de poids. C'est peut-être, je dirais, un dixième de ma patientèle. Et quand bien même c'est une perte de poids, aller comprendre, aller chercher le pourquoi du comment. Et souvent c'est bien plus complexe que juste j'ai pris du poids. Aller chercher sur le plan neuro, sur le plan hormonal, au-delà de la prise de poids c'est vachement plus compliqué que ça. Motifs de consultation, ils sont hyper variés. Ça peut être des troubles hormonaux, alors que ce soit chez la femme type endométriose, type thyroïde, le pré-postpartum ou même la préconception tu vois ? tout le travail en amont de conception où tu joues sur un élément de vie qui va être quand même central c'est ce qu'on appelle l'épigénétique donc l'expression ou non de certains gènes et ça tu le joues déjà dans le côté préconceptionnel qui se joue quand même 6 mois en amont entre 6 mois et 1 an en amont il va y avoir le sportif dans la partie hormonale il y a la partie ménopause, préménopause les motifs sont vraiment variés
- Dr Stéphanie Elissetche
Une vie d'être humain.
- Antoine Lacouturière
Exactement.
- Dr Stéphanie Elissetche
De la préconception, c'est-à-dire avant même que tu sois là, on s'occupe de toi six mois, un an avant, jusqu'à la fin de vie. Là, on sait que c'est hyper important le côté alimentaire. Les sportifs, les mamans, les papys, les mamies, les enfants. Donc en fait, c'est hyper large.
- Antoine Lacouturière
Oui.
- Dr Stéphanie Elissetche
Le motif finalement, l'entrée.
- Antoine Lacouturière
Oui. L'enfance, petite enfance, ce n'est pas mon domaine de prédilection. Donc en général, je redirige. Mais effectivement toute la partie préconception en amont oui.
- Dr Stéphanie Elissetche
Ok donc une petite nuance, c'est possible de faire des consultations de micronutrition pour l'enfant, simplement toi tu ne développes pas ce côté là aujourd'hui ? Oui c'est ça,
- Antoine Lacouturière
parce que je ne suis pas formée dessus, parce que c'est très complexe, parce que j'ai... d'autres confrères, consœurs qui sont beaucoup mieux formés que moi et qu'en fait il y a un moment donné tu ne peux pas tout faire, c'est compliqué.
- Dr Stéphanie Elissetche
Comment ça se passe ?
- Antoine Lacouturière
Je n'ai pas assez d'une vie pour tout apprendre.
- Dr Stéphanie Elissetche
C'est une petite blague bien sûr. Et au contraire je pense que quelqu'un qui compartimente c'est aussi intéressant de se dire « je me limite à ce champ de compétences-là et je l'explore bien » . 1, 2, 3, 15, ça finit par être beaucoup. Merci pour tout ça. On a, pour moi, balayé un ensemble de sujets. Il reste un élément que j'aimerais aborder avec toi, c'est le comportement alimentaire. C'est-à-dire, je trouve que dans nos comportements, un des plus difficiles à modifier... C'est le comportement alimentaire, tu vois, il y a quelque chose de l'ordre de l'instinct et de l'ordre de la compulsion, de l'ordre de la difficulté à rationaliser et à se dire. Je vais par exemple manger qu'à 80%, c'est un conseil que j'ai souvent entendu, de dire n'attendez pas d'être en satiété totale arrêter un peu avant.
- Antoine Lacouturière
Oui mais parce que déjà il faut prendre le temps de manger.
- Dr Stéphanie Elissetche
Ouais donc est-ce que tu peux nous parler de ce comportement alimentaire, nous dire... Tu vois naviguer un peu autour de ça ?
- Antoine Lacouturière
Ouais c'est intéressant tu as utilisé un mot qui revient souvent en consultation c'est le côté compulsion, pulsions alimentaires. Je le retrouve quand même beaucoup chez les femmes on va pas se mentir.
- Dr Stéphanie Elissetche
Ouais dans les consultes avec les patients on en parle régulièrement et tu vois quelque chose de très simple. Aujourd'hui, en consulte, en ostéo, je n'impose pas aux gens de se mettre en sous-vêtements. Je leur propose... de s'installer comme ils se sentent bien. C'est-à-dire qu'il y en a qui sont mieux habillés, ils restent habillés sur la table, et il y en a qui sont OK avec le schéma corporel et le fait d'être en sous-vêtements et ils s'installent en sous-vêtements. Et en plus je les couvre, je mets une serviette sur le bassin, donc je fais en sorte qu'ils se sentent à l'aise. Mais je pense qu'on n'imagine pas la quantité de personnes qui sont inconfortables avec le corps et une grande partie dans les confidences viennent en disant oui mais j'aimerais bien modifier mon comportement alimentaire. Tu vois, je ne me rends pas compte des statistiques et je ne suis pas dans ce domaine là, je l'observe juste. En tout cas, c'est fréquent pour moi d'observer le fait de dire chez des adultes, même chez des ados, ce lien entre l'inconfort d'un petit peu de ventre, un petit peu de cellulite, un petit peu de cuisse, un petit peu de menton et cette perception du corps et le lien direct avec le non-définiment. « Non, mais j'ai du mal à réguler mon comportement alimentaire. »
- Antoine Lacouturière
Parce que souvent ça passe par une assiette, comme on l'a dit, qui est trop peu dense et où très souvent il n'y a pas assez de protéines. Encore une fois, je reviens dessus, mais la partie pulsion-compulsion alimentaire, je le disais tout à l'heure notamment chez les femmes, du côté sucré, de fin de journée ou de début de soirée, c'est parce que quand tu fais le bilan dans l'assiette, il n'y a pas grand chose. Il n'y a vraiment pas suffisamment. Au-delà du comportement alimentaire, c'est revenir sur la base. C'est qu'est-ce qu'on a dans l'assiette, du petit déjeuner au repas du soir ou à la collation du soir s'il y en a une. Et petit à petit tu te rends compte que les choses se mettent en place et se régulent progressivement. Souvent la partie comportement alimentaire elle est aussi liée au fait qu'il y a tellement de mythes. Le gras, c'est pas bon. On a diabolisé le gras pendant des années. Maintenant, c'est le sucre, c'est pas bon. Donc on nous enlève tous les sucres. Combien j'ai de patients qui ne mangent plus de glucides ? En fait, il faut de tout, mais il faut de tout de manière raisonnée.
- Dr Stéphanie Elissetche
Donc finalement, une invitation à être pondérée.
- Antoine Lacouturière
Complètement. C'est exactement le terme que j'allais utiliser.
- Dr Stéphanie Elissetche
C'est bien d'entendre ça, ça déculpabilise aussi un peu je crois.
- Antoine Lacouturière
Oui parce que c'est encore une fois je pense que la plupart des gens veulent bien faire avec les informations qu'ils ont sur le tas, des informations qui parfois sont sorties hors de leur contexte, des informations qui ont 20 ans de retard en termes d'études scientifiques, en termes de données où on sait ne pas être vraie. Les gens font comme ils peuvent. Et c'est là où la consultation prend tout son sens et où on remet les choses dans leur contexte. Pas de glucides le soir, ça fait grossir. Combien de fois on l'a entendu celle-là ? C'est une hérésie. Le sommeil est forcément impacté. Ne pas amener de glucides le soir, ça veut dire moins de synthèse de mélatonine, qui est l'hormone de l'endormissement. Donc un sommeil a en tout cas une difficulté à trouver le sommeil.
- Dr Stéphanie Elissetche
Point de suspension à nouveau.
- Antoine Lacouturière
Exactement.
- Dr Stéphanie Elissetche
Génial. Est-ce qu'il y a d'autres choses que tu aimerais faire passer comme message, là tant qu'on est dans cette ambiance-là ?
- Antoine Lacouturière
Je crois que l'essentiel a été dit, il me semble.
- Dr Stéphanie Elissetche
Oui. Est-ce que je te propose ce qu'on fasse ? habituellement dans le podcast je propose le mot de la fin pour les invités c'est à dire que moi il me reste deux petites choses à faire une mini synthèse qui est complexe vu la quantité de choses qu'on a abordé et puis des remerciements parce qu'exprimer de la gratitude c'est important on va activer nos cortex préfrontaux en étant dans cette reconnaissance là Donc, j'ai appris des choses. J'ai continué d'apprendre des choses à tes côtés. Je te remercie pour toutes ces petites alertes, ces éveils, tous ces mots posés. Finalement, on a parlé de choses simples du quotidien. On a peu été dans les normes hyper complexes et pointues. Et pour tous ceux qui ont envie, je vous invite à vous rapprocher d'un professionnel compétent et pourquoi pas consulter Stéphanie pour la partie parents-prenants patient, je pense qu'il y a plein de petites billes pour avoir envie de creuser et d'aller plus loin. Je suis vraiment content de ça. Je ressors avec ce sentiment de dire que c'est une contribution quelque part. Et puis je repense à Hippocrate qui disait que ton premier médicament soit ton aliment et en t'écoutant je me dis peut-être qu'on sous-estime encore à quel point ça joue sur notre bien-être et notre santé.
- Antoine Lacouturière
Ça c'est sûr. C'est une certitude.
- Dr Stéphanie Elissetche
Stéphanie, je te remercie d'avoir fait le déplacement depuis le Pays Basque jusqu'en terre limousine. Je te remercie en début de consul d'avoir vécu avec nous cette inauguration. C'était un moment fort pour moi de réunir plein de personnes importantes sur des secteurs différents. Et puis je te remercie d'avoir pris le temps de partager ton expertise et cette double casquette que je trouve... Hyper enrichissante à la fois de tout ce qu'il y a de génial dans une docteure en pharmacie et sur cette évolution que tu prends depuis une dizaine d'années sur la loupe de qu'est-ce qui se passe de non visible et qui va jouer sur le comportement global et sur le visible après. Merci pour tout le contenu que tu crées sur les réseaux. Je vous invite à aller voir que tu crées bénévolement gratuitement, qui est accessible et qui est éveillant. Et je te laisse le mot de la fin.
- Antoine Lacouturière
Merci Antoine. Merci pour ton accueil, merci pour l'invitation à ce podcast. Week-end très riche en émotions qui a permis aussi, tu vois, pour moi d'échanger avec d'autres professionnels de santé, de voir les choses d'une manière différente, d'un regard différent de professions que je n'ai pas forcément l'habitude de voir autour de moi. C'était un chouette moment.
- Dr Stéphanie Elissetche
Voilà, cet échange touche à sa fin. Si je devais en retenir une chose, c'est peut-être celle-ci : manger, ce n'est pas seulement remplir une assiette, c'est aussi une histoire de préparation, d'assimilation, de croyance, de rythme et d'équilibre. J'espère que cet épisode vous aura donné des pistes mais surtout l'envie d'observer un peu différemment votre manière de vous nourrir, sans pression. sans rigidité et petit à petit. Un grand merci à Stéphanie Elissèche pour la richesse de ses partages, sa clarté et son énergie. Si cet épisode résonne pour vous, vous pouvez le partager, en parler autour de vous ou venir échanger avec nous sur les réseaux sociaux. Touchez du doigt la santé et sens équilibre. Prenez soin de vous, un peu plus tard et d'ici là, à votre manière, touchez du doigt. Votre santé