Antoine LacouturièreBienvenue dans un été sophrostéo, une série du podcast toucher du doigt la santé. Quelques minutes à s'offrir ou à offrir. Je suis Antoine Lacouturière, ici je vous propose des informations, des images et des invitations à expérimenter, inspirées de l'ostéopathie et de la sophrologie, pour nourrir par. petites touches, la santé au quotidien. Aujourd'hui, j'aimerais partir d'une question. Et si ce qui gêne devenait une invitation à percevoir plus large ? Quand une zone du corps attire notre attention, une épaule, une mâchoire, un dos, une nuque, un ventre, on a souvent envie d'une chose très compréhensible. Que ça s'arrête, que ça passe, que ça se calme. Et bien sûr, quand une douleur persiste, s'intensifie ou inquiète, le bon réflexe, c'est de consulter, de demander un avis spécialisé adapté, bien sûr. Mais ici, je voudrais ouvrir une autre question. Pas à la place du soin, pas à la place d'un diagnostic, simplement comme une manière d'écouter le corps autrement. En ostéopathie, on parle souvent d'un principe. La structure gouverne la fonction. Dit comme ça, ça fait un peu théorique, mais en réalité on comprend très vite avec des exemples. Si quelqu'un se fracture une côte, la structure est touchée. Et tout de suite la fonction change. Respirer profondément devient difficile. Tousser, rire, se tourner. Je suis sûr que les gens qui ont eu des fractures de côte se souviennent de ça. La côte, ce n'est pas juste un os. Elle participe à une fonction beaucoup plus large, la respiration, la mobilité du thorax, la manière d'habiter son corps dans le mouvement quelque part. Un autre exemple, s'il manque une dent ou plusieurs dents, même sans douleur, la mastication peut et risque de changer. On mâche davantage d'un côté, on évite certaines zones, la mâchoire s'organise autrement, la langue aussi, et là encore une modification de structure peut modifier une fonction. Mais l'inverse est vrai aussi, peut-être vrai. La fonction influence la structure. Ce que l'on répète souvent, longtemps, intensément, finit par laisser une trace. Notre manière de respirer, nos appuis, nos gestes quotidiens, notre façon de serrer les dents, notre manière de nous protéger, notre manière de ne plus bouger certaines zones. Chez l'enfant, par exemple, la manière de respirer. La place de la langue, la sucion, la déglutition, les forces exercées dans la bouche participent au développement de la sphère orofaciale. Une langue qui trouve sa place au palais, une respiration nasale disponible, une mastication fonctionnelle, ce ne sont pas seulement des détails. Ce sont des fonctions qui dialoguent avec la croissance, les os, les dents, les tissus, les espaces. Vous le sentirez... Ça me touche, ça me parle. Parce que voir ces petits bouts grandir et voir comment tout ça, ça s'influence, c'est à la fois magique, mystérieux, c'est aussi questionnant, ça amène de la responsabilité et donc de l'information. Bien sûr, c'est jamais une cause unique et c'est pas magique. Le vivant, c'est plus complexe que cela. Mais l'idée, aujourd'hui, que j'avais envie de transmettre, l'idée importante, la forme influence l'usage. Et l'usage influence la forme. Une autre image très simple peut aider. Si vous prenez un t-shirt, une chemise, une nappe, si vous tirez doucement à un endroit, quelque chose répond ailleurs. Pas parce que c'est magique, parce que c'est continu. Le corps est évidemment beaucoup plus vivant, plus sensible, plus complexe qu'un tissu, qu'un vêtement. Mais cette image permet de sentir une idée importante. Une information locale peut modifier une organisation plus globale. C'est aussi ce que montrent, ou tendent à montrer, de manière fascinante, les images des tissus vivants filmés par le docteur Jean-Claude Gamberto. Des fibres, des glissements, des réseaux, des adaptations permanentes. Le corps n'apparaît pas comme une pile de couches séparées. Il apparaît comme un système vivant, mobile, relié. Pour celles et ceux que le sujet intéresse, l'épisode 9 du podcast Toucher du doigt la santé est disponible. On y explore cette continuité des tissus vivants plus en profondeur avec le docteur Jean-Claude Guimberto, que je salue au passage. Alors concrètement, qu'est-ce qu'on peut faire de cette idée ? Peut-être commencer par changer légèrement la question. Au lieu de demander seulement comment faire disparaître cette gêne, on peut parfois ajouter Qu'est-ce qu'elle m'invite à observer autour ? Ma respiration ? Comment je respire ? Où sont mes appuis ? Est-ce que ma mâchoire est tendue ou non ? Est-ce que je bouge encore librement autour ? Est-ce que je protège tellement cette zone que tout le reste du système s'adapte, s'organise ? Pas pour tout analyser en biomécanique, en symbolisme, en psychologie. Pas pour chercher une cause unique. Pas pour culpabiliser non plus. simplement pour percevoir un peu plus large. Et c'est là qu'on joint une autre notion importante que l'on explora dans un autre épisode, le schéma corporel. La manière dont je perçois mon corps, la manière dont je sens ses contours, ses volumes, ses appuis, ses tensions, ses espaces disponibles. Parce que parfois, une gêne peut devenir une porte d'entrée. Une porte d'entrée vers le corps dans son ensemble, vers la respiration, vers les appuis, vers le mouvement, vers ce qui s'est adapté autour. La phrase que je vous propose de garder aujourd'hui, une gêne peut parfois devenir une question, ou peut-être même, et si ce qui gêne m'invitait à percevoir plus large ? L'épisode se termine avec ces mots. Prenez ce qui vous est utile, laissez le reste. Et si, pendant l'écoute, quelqu'un vous est venu à l'esprit, peut-être que cet épisode pourra simplement lui être transmis. Par petites touches, parfois, de petites choses peuvent modifier de grands équilibres. Je vous souhaite un été lumineux, prenez bien soin de vous, et à bientôt.