- Arnaud Manzanini
Et si votre passion du vélo prenait une nouvelle dimension ? Rejoindre la Fédération Française de Cyclotourisme FF Vélo, c'est bien plus que rouler à vélo. C'est partager des sorties conviviales, c'est progresser grâce aux conseils des plus expérimentés, c'est transmettre aux plus jeunes qui souhaitent se développer. Mais c'est aussi et surtout profiter de milliers d'événements. Adhérer à la Fédération Française de Cyclotourisme FF Vélo, c'est aussi bénéficier de nombreux avantages de formation dans un cadre qui donne encore plus de sens à chaque coup de pédale. Alors, êtes-vous prêt à trouver un club ? Pour cela, je vous invite à aller sur le site ffvélo.fr et rejoindre la grande communauté des cyclotouristes. FF Vélo, le vélo ensemble. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans un nouvel épisode du podcast Tous en Seine. Aujourd'hui, on va parler d'un moment de l'année que les cyclistes adorent, l'été. Les longues journées, les sorties sans veste, les cols ouverts, les vacances et souvent l'impression d'avoir enfin du temps pour rouler. C'est la période où beaucoup de cyclistes se disent, cet été je vais vraiment rouler, je vais vraiment pouvoir progresser. Mais dans la réalité des faits, ce n'est pas toujours ce qui se passe. Parce que l'été apporte aussi son lot de contraintes. La chaleur, les vacances, en famille, les sorties moins structurées, les journées commencent très tôt et parfois se terminent très tard, des semaines où l'on ne touche pas vraiment le vélo. Et au final, on peut parfois se retrouver en septembre avec une drôle de sensation. Celle d'avoir beaucoup roulé, mais de ne pas avoir vraiment progressé. Avec Loïc, nous allons essayer de comprendre ce qu'il se passe pendant cette période, cette période estivale. Pourquoi on roule souvent plus, mais pas forcément mieux ? Quel est l'impact réel de la chaleur sur l'entraînement ? Et surtout, comment éviter de perdre sa forme que l'on avait avant l'été ? Aujourd'hui, on est parti pour se mettre en selle. Je vous souhaite un bel épisode. Nous allons donc parler d'entraînement. Nous allons parler des vacances estivales qui arrivent. Et pour ça, je suis accompagné du coach Loïc. Salut Loïc ! Salut, bonjour à tous ! Alors, est-ce que tu vas prendre des vacances cet été ?
- Loïc Lepoutre
Moi, j'ai une particularité, c'est que je ne peux pas trop prendre des vacances. Déjà, pendant une semaine, quand je fais la race across, je ne suis pas trop disponible et ça m'a déjà causé quelques problèmes pour une semaine dans l'année. Pourquoi ? Parce qu'en fait, les gens que j'accompagne, ils te sollicitent et si pendant une semaine, certains, pas la majorité, tu ne leur as pas donné réponse ou en tout cas, tu as été un peu absent. Même si tu as mis en place des solutions alternatives avec des collègues qui prennent ta place, ça te porte préjudice. Et donc l'été, j'ai quand même des séances à analyser, des messages à répondre, des plans d'entraînement à faire. Donc je ne prends jamais de réelles vacances.
- Arnaud Manzanini
Et est-ce que tu t'entraînes plus ou moins pendant la période estivale ?
- Loïc Lepoutre
Moi, je m'entraîne plus à partir du moment où on change d'heure.
- Arnaud Manzanini
Donc à partir de fin avril ?
- Loïc Lepoutre
Non, fin mars.
- Arnaud Manzanini
Fin mars.
- Loïc Lepoutre
Le 28 mars. C'est vraiment la date que je regarde le plus parce que...
- Arnaud Manzanini
Et c'est à partir de là que toi, tu changes ?
- Loïc Lepoutre
Ouais, souvent, c'est là où je...
- Arnaud Manzanini
te permettre de t'entraîner un peu plus.
- Loïc Lepoutre
C'est ça.
- Arnaud Manzanini
Parce que généralement, et c'est le sujet de l'épisode du jour, c'est que effectivement, on arrive, on va vers le mois de juin, vers le mois de juillet, août, les vacances d'été, les journées sont plus longues que l'hiver, ce qui est normal, la météo est plus agréable. On peut donc rajouter des sorties. Mais il y a aussi les vacances d'été, c'est le sujet du jour, où on part en famille ou entre amis. On peut emmener parfois le vélo, mais on ne le sort pas comme on pouvait le sortir parce qu'on a fait une sortie, parce qu'on s'est couché tard, parce que sinon on n'est pas avec la famille, on n'est pas avec les copains. Et parfois, alors qu'on pourrait s'imaginer que les vacances estivales nous permettraient de progresser, parfois c'est l'effet inverse. Qu'est-ce que tu constates, toi Loïc, auprès de tes coachés ?
- Loïc Lepoutre
Donc toi c'est déjà du vécu pour toi en fait.
- Arnaud Manzanini
Ah bah alors moi, je vais te donner une anecdote, je suis déjà une fois, mais il y a longtemps de cela. parti retrouver des potes à moi et le vélo est resté pendant une semaine ou dix jours sur le balcon.
- Loïc Lepoutre
Ah oui, c'est-à-dire que tu avais prévu.
- Arnaud Manzanini
J'avais prévu parce que j'avais des bonnes intentions et puis et puis bah au final voilà des soirées c'était l'été, c'était un mois de juillet, un mois d'août et au final t'es content de retrouver des potes. Et puis tu te dis, j'irai demain, j'irai demain, et puis au final, le j'irai demain se transforme, le vélo en fait, il a pris le sable sur le balcon parce que tu ne l'as pas touché. Mais à l'opposé, j'ai déjà aussi connu, après je pense que c'est aussi de la décompensation, j'en sais rien, mais dans ces années où j'allais m'entraîner à 6h du mat, ou très tard le soir pour faire des kilomètres, et tu retrouves tes potes et tu te dis, j'ai quand même pas mal donné cette année, tu vois, un peu de décompression. Donc oui, j'ai connu ces moments-là. Et aussi, j'ai connu d'emmener le vélo pendant les vacances scolaires et d'essayer de maintenir un rythme et de culpabiliser parce que t'es pas avec les enfants, tu vois. Donc j'ai aussi connu l'inverse, d'en faire, de continuer à maintenir un programme alors que les vacances estivales sont quand même... Des moments où justement tu retrouves en famille, tu passes du temps, tu passes un bon moment. Généralement quand tu passes un bon moment, c'est aussi autour d'un ou plusieurs plats, accompagné parfois d'un ou plusieurs verres. Donc c'est aussi ça les vacances estivales, tu vois, ça permet aussi de faire retomber la pression.
- Loïc Lepoutre
Alors moi je me souviens quand j'étais jeune, c'était la meilleure période pour moi, parce qu'en fait tu étais dans un cursus scolaire.
- Speaker #2
toute l'année. Et donc,
- Loïc Lepoutre
quand tu arrivais fin mi-juin, tu enchaînais les courses. Et puis, d'un coup, tu te retrouvais à ne plus rouler que le mercredi. Mais tu pouvais rouler quasiment tous les jours. Et donc là, tu progressais de fou. Donc moi, quand j'étais jeune, c'était la meilleure période pour m'entraîner. Et c'est celle que je préférais parce que c'est celle où je progressais le plus.
- Arnaud Manzanini
C'était très cool. Les périodes étudiants, effectivement, c'était très cool parce que tu pouvais rouler plus. Même si moi, en tant qu'étudiant, c'est vrai que j'ai eu la chance d'avoir un statut de sportif de haut niveau quand j'étais à haut niveau, justement. Donc, je n'avais pas d'écart entre la scolarité et les vacances parce que j'avais un emploi du temps aménagé. Donc, je faisais 500 bornes par semaine. Donc, quand c'était les vacances, je n'en faisais pas plus, tu vois. Mais oui, c'est sûr que...
- Loïc Lepoutre
Les jeunes qui nous écoutent, ils attendent les vacances.
- Arnaud Manzanini
C'est sûr. Et on faisait des... Moi, le fait d'arriver sur des périodes juillet, juin, juillet, août... J'enchaînais les virvires, j'avais un virvire le mercredi, j'enchaînais par deux courses le week-end. C'est sûr que là, t'es dans une forme qui est différente.
- Loïc Lepoutre
Alors par contre, en vieillissant, les vacances...
- Arnaud Manzanini
C'est dans la tête Loïc, c'est dans la tête.
- Loïc Lepoutre
Non, en vieillissant... En prenant de l'âge. En devenant adulte.
- Arnaud Manzanini
En prenant de l'expérience.
- Loïc Lepoutre
De passer de l'adolescence à la maturité, à l'âge adulte. Oui, après, c'est une question, t'as des enfants, la famille, les vacances, c'est une période qui pour moi a toujours été la période où je lâchais prise et j'en profitais pour rouler. Alors moi, à l'époque, j'allais dans le sud de la France, à côté de Hyères, entre Hyères et Toulon, à la Vallette du Var, pour ceux qui connaissent. Et là, c'était tous les matins, je partais 3 à 5 heures. Je partais tôt, tu vois, comme ça, quand je rentrais, si je partais à 3h, de 7h à 10h, comme le soleil se lève tôt, de 7h à 10h, tout le monde se réveille, donc là, tu ne gênes pas trop. Et puis, si tu pousses un peu jusqu'à midi, tu vois, c'était acceptable dans l'organisation. Et ça, je le faisais systématiquement. C'était mon kiff, tu vois. J'adorais cette région et je faisais comme ça. Et là, je progressais, forcément, par rapport aux autres périodes. Ce qui pose problème, c'est quand tu vas arriver dans un contexte, où tu veux faire du sport, mais que rien autour est approprié à faire du sport. Parce que t'es avec tes copains, ou plein de monde, ou alors que t'as plein d'activités familiales prévues.
- Arnaud Manzanini
Ou dans une région qui n'est pas aussi simple, il n'y a pas autant de routes qu'il pourrait y avoir proche de chez toi par exemple.
- Loïc Lepoutre
Voilà,
- Arnaud Manzanini
c'est ça. Ça, ça peut être compliqué, parce qu'effectivement, est-ce que l'été parfait pour un cycliste existe ? Et là, les gens qui nous écoutent... Comme tu l'as dit, 98% voire 99% des personnes qui ont un job à côté et pour qui les vacances estivales sont un moment de retrouvailles familiales, repos, détente et est-ce que se rajouter le stress d'aller malgré tout tenir un agenda d'entraînement, donc de ne pas passer autant de temps prévu avec la famille, est-ce que l'été idéal existe en fait ?
- Speaker #2
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- Loïc Lepoutre
en tant qu'entraîneur, les gens que j'accompagne, j'ai quand même une grosse proportion de gens qui coupent l'été.
- Arnaud Manzanini
Pourquoi ? Couper l'été, c'est pendant les vacances estivales.
- Loïc Lepoutre
Pendant qu'ils prennent leurs vacances. Pourquoi ? Parce que souvent, ils prévoient les choses en amont. Les triathlètes, c'est souvent la saison, c'est avril, enfin, c'est surtout mai-juin, d'accord, ou début juillet. Et après, ça reprend qu'en septembre. Donc souvent, tu vois, tu coupes ta saison comme ça et les 15 jours de vacances que tu as prévus, tu les as prévus pour couper off, total, et tu profites. Et après, tu reprends après, tu vois, c'est comme ça. Les cyclistes de longue distance, c'est un peu comme ça. En plus, ça entraîne quand même beaucoup de gens qui font... qui font les courses de juin et de juillet. Après, quand tu t'es tapé 6, 7, 8, 9, 10, 12, 14 jours de vélo consécutif, de toute façon,
- Arnaud Manzanini
tu n'as plus trop envie de prendre ton vélo.
- Loïc Lepoutre
Tu ne prends pas ton vélo et de toute façon, il faut que tu te reposes. C'est plus adapté. Pour les personnes qui font les compétitions de vélo, là, c'est différent. Parce que c'est là où ça devient plus problématique. Parce que souvent, ta saison dure de février à presque fin octobre. alors que nous à notre époque c'était février début octobre ça s'est quand même bien rallongé il y a même des courses au début novembre maintenant et la saison est longue et souvent Ils vont partir en vacances et les vacances, ils vont être un peu destructeurs de tout ce qui a été fait en amont. Et moi, je préfère donc organiser une coupure à ce moment-là qu'un entraînement qui sera préjudiciable. Pourquoi ? Parce que tu vas sûrement être un peu plus sédentaire, tu vas sûrement manger plus parce que les vacances…
- Arnaud Manzanini
Plus sucrées avec des glaces aussi.
- Loïc Lepoutre
Plus sucrées, plus de calories. tu vas boire beaucoup plus d'alcool et tu vas sûrement te coucher beaucoup plus tard. Donc ça c'est problématique.
- Arnaud Manzanini
Tout à l'heure avant de préparer, tu disais absolument que je parle de l'alcool, des effets néfastes de l'alcool.
- Loïc Lepoutre
Ouais parce que c'est vrai qu'aujourd'hui dans notre culture c'est l'apéro, machin. Mais quand ça devient systématique et surtout sur une période intense, c'est-à-dire que c'est pas toute l'année mais c'est sur une période intense, les effets à moyen terme... sur la santé et sur la performance, parce que c'est un peu de ce qu'on essaye de parler, ils sont catastrophiques.
- Arnaud Manzanini
Donc il vaut mieux boire régulièrement ?
- Loïc Lepoutre
Non, mais ça n'a pas le même effet. Quand tu bois régulièrement, c'est pire, mais sur plus long terme, en termes de santé. Et souvent, tu vois... pendant les vacances, c'est apéro tous les soirs, c'est du vin à table, le resto, puis après peut-être un petit digestif, machin associé à ça. Tu vois, truc tout simple. Ça, ça favorise la lipolyse. Donc ça favorise la transformation des glucides en graisse. Tu vois, rien que ça. Sans parler de tout le reste, rien que ça. Donc forcément, souvent, quand tu vas en vacances, il y a des gens qui reviennent avec 2, 3, 4 kilos de plus.
- Arnaud Manzanini
C'est vrai que c'est dur de faire toute une saison. Est-ce que tu connais des sportifs qui font toute une saison ? C'est-à-dire de janvier à novembre. Allez, on laisse descendre de côté.
- Loïc Lepoutre
Sans pause.
- Arnaud Manzanini
Sans pause ? Oui, sans pause. C'est-à-dire avec vraiment un calendrier, un agenda de préparation, un planning d'entraînement.
- Loïc Lepoutre
C'est même pas ce qu'on appelle une coupure, entre guillemets. C'est-à-dire même pas des périodes où en fait...
- Arnaud Manzanini
Ou en tout cas où la période estivale, celle dont on parle dans cet épisode, juillet-août... Est pleine. est pleine, c'est-à-dire il y a de l'intervalle.
- Loïc Lepoutre
Les coursiers. Si tu prends les coursiers, les championnats nationaux. Même moi,
- Arnaud Manzanini
en étant coursier, j'ai rarement fait toute une saison. Il y a un mois à chaque fois. En juillet, août ? Généralement, juillet. Ouais, j'ai rarement fait vraiment, vraiment. Généralement, l'été, pour moi, changeait complètement mon programme parce que l'été, j'allais rouler, mais il n'y avait pas forcément d'intervalle. C'était plus des sorties plaisir. Tu vois, où je faisais peut-être 3 heures, comme je pouvais faire 3 mois précisément, mais c'était 3 heures, sans forcément avoir une charge de travail aussi intense, parce qu'il y a aussi la chaleur qui rentre en compte. C'est-à-dire, aller faire 3 heures au mois d'avril, et aller faire 3 heures au mois de juillet, la chaleur joue un impact, avait un impact important, parce que, aussi, personnellement, je ne supportais pas la chaleur. Il y a aussi l'aspect physiologique qui rentre en compte, tu vois, dans le fait que l'été change tout.
- Loïc Lepoutre
Alors, euh...
- Arnaud Manzanini
Tu vas en vacances en France, tu vas en vacances en étranger, il y a aussi toute une logistique à penser.
- Loïc Lepoutre
Les coursiers, ceux qui font des courses, l'été c'est où ils courent le plus. De toute façon c'est où ils s'entraînent le moins, à partir du moment où tu te cours le plus. Là c'est réglé. Si tu pars en vacances et que tu n'as pas prévu de courir, tu vas en profiter pour te régénérer. Donc tu vas faire plutôt de la basse intensité sur un volume qui correspond à ce que tu fais d'habitude, en gros. Mais des coursiers qui ne font rien l'été, je n'en connais pas. Ou alors soit ils arrêtent en amont de l'été. Par contre, les cyclos, oui, chez les cyclos sportifs, c'est quand même plus commun. Et dans ces cas-là, il faut utiliser, ou les triathlètes, il faut utiliser cette période-là pour se régénérer complètement. Vaut mieux rien faire pendant une semaine, sans faire attention. Mais non, mais sérieux. Ou en tout cas, rien faire d'imposé. Tu fais ce que tu veux.
- Arnaud Manzanini
Voilà, je comprends.
- Loïc Lepoutre
Tu fais ce que tu veux. C'est une charge mentale de faire un programme. On en a déjà parlé,
- Arnaud Manzanini
mais suivre un programme...
- Loïc Lepoutre
Que d'aller te taper des intensités avec un verre de je sais pas quoi chaque soir, un spritz, un rhum, un mojito, un truc tous les jours, voire deux fois par jour, des frites, des burgers, des machins... Ça, tu payes le café. C'est ton corps, c'est trop de trucs d'un coup. Puis en ne dormant pas... C'est trop de trucs d'un coup. Puis souvent, tu vas à la plage, Tu restes toute la journée au soleil, qui est un stress en plus pour le corps. Ça fait trop de trop, en fait.
- Arnaud Manzanini
Est-ce que la chaleur, justement, change la... Physiologiquement, quel impact la chaleur a physiologiquement sur le corps ?
- Loïc Lepoutre
L'adaptation...
- Arnaud Manzanini
Tu t'entends crever tous les jours à 10h, est-ce que tu continues de dialéter ?
- Loïc Lepoutre
C'est les mêmes effets que l'altitude. C'est les mêmes effets. Si tu t'y adaptes, ça te permet d'augmenter d'un cap au niveau performance. Mais si tu t'y adaptes pas, ou si tu le fais dans des conditions trop extrêmes, c'est l'inverse, ça te désadapte. La chaleur, c'est un allié. Aujourd'hui, tu as entendu tout ce qu'on parle des protocoles d'adaptation à la chaleur. Maintenant, on vend des tenues, des combinaisons que tu peux mettre sur toi pour faire du home trainer, pour t'adapter. Ça, aujourd'hui, c'est montrer que ça a des gains similaires à l'altitude.
- Arnaud Manzanini
S'adapter, c'est compliqué. Alors, c'est vrai, quand il fait chaud, j'ai pris quelques notes, mais... Il faut que l'organisme apprenne à gérer la thermorégulation. Ça,
- Loïc Lepoutre
c'est l'adaptation.
- Arnaud Manzanini
Il faut t'adapter parce que si tu ne t'es pas adapté, la première sortie, je peux te dire que tu vas avoir la différence, la transpiration, la déshydratation. Et l'augmentation du rythme cardiaque qui conduirait, d'après les notes que j'ai prises, à une fatigue plus rapide. Donc tu te fatigues plus rapidement.
- Loïc Lepoutre
Mais comme l'altitude, c'est la même chose.
- Arnaud Manzanini
Tu baisses en puissance.
- Loïc Lepoutre
C'est la même chose que l'altitude. Aucune différence.
- Arnaud Manzanini
Et une récupération plus lente. Donc l'altitude, c'est ce que tu veux dire.
- Loïc Lepoutre
C'est pareil. C'est la même chose. Et ce qui crée, c'est un stress. important pour le corps, et si tu le fais dans de bonnes conditions, il s'y adapte, ce qui te permet de passer un cap, comme l'altitude. C'est la même chose.
- Arnaud Manzanini
C'est vrai qu'on a parfois tendance, je ne sais pas pour toi, mais dès qu'arrivaient les premières chaleurs, les courses des premières chaleurs,
- Loïc Lepoutre
c'était très compliqué pour moi. Moi,
- Arnaud Manzanini
j'étais un coureur de début de saison. Mars, février, mars, avril, mai, c'est là où je faisais mon balmarès, on va dire. Mes victoires,
- Loïc Lepoutre
je les faisais.
- Arnaud Manzanini
J'ai rarement gagné en juillet, août, septembre, octobre.
- Loïc Lepoutre
Je me rappelle d'un trophée des grimpeurs à Gratteloup. Moi, je ne suis pas un grimpeur, tu as bien compris. J'étais avec les grimpeurs dans l'échappée, mais il faisait 36 degrés. Et eux, ils prenaient un bidon tous les tours à s'arroser. Et moi, j'étais bien. J'ai toujours fonctionné l'été. L'adaptation à la chaleur. Oui, c'est ça. Ça dépendait. Mais le froid aussi. Le froid et la pluie, c'était bien. Les conditions un peu extrêmes. Et quels sont les... Piège selon toi des sorties d'été ? Ou en tout cas,
- Arnaud Manzanini
quel est le piège pour toi de cette période-là pour des personnes qui suivent un programme d'entraînement sur juillet-août ?
- Loïc Lepoutre
La nourriture.
- Arnaud Manzanini
Toi, c'est la nourriture ?
- Loïc Lepoutre
Oui, c'est vraiment la nourriture. Tu pars en club vacances, en hall inclusive, et tu reviens, tu es un vivant. Ça veut dire que c'est l'extérieur.
- Arnaud Manzanini
C'est de se dire, on se relâche.
- Loïc Lepoutre
Tu reviens, tu ressembles au Michelin.
- Arnaud Manzanini
Pour toi, c'est le plus gros piège. Moi, j'aurais pensé que ça aurait pu être les sorties, les grandes sorties avec des potes, justement, sans forcément avoir de programme précis. La perte, en fait, le fait d'écarter le programme d'entraînement et de se dire, c'est bon, c'est les vacances, là, je ne vais pas suivre mon programme, je vais juste aller m'entraîner comme ça, rouloter comme ça. Et là, tu roules, mais tu perds en... Mais non, justement,
- Loïc Lepoutre
c'est bien. C'est bien comme ça. Si tu as fait toute une saison avant et que tu relâches mentalement et physiquement, c'est parfait. Au contraire, c'est l'inverse. Le risque, par contre, c'est de... Ça, je n'en ai jamais vu, mais ça doit exister. C'est de ne pas avoir beaucoup de temps et dès que tu es en vacances, tu fais 40 heures. Ça, c'est par contre...
- Arnaud Manzanini
À l'opposé, alors.
- Loïc Lepoutre
À l'opposé, oui. Ça, par contre, si vous êtes... Quelqu'un qui passe de 6-8 heures à 35-40 heures. Oui, oui. C'est comme si tu faisais un stage. Là, par contre, ça devient dangereux. Parce que c'est trop d'un coup et si ton corps ne s'y adapte pas, tu vas rentrer dans un état de fatigue chronique derrière.
- Arnaud Manzanini
Ça devient dangereux pour la fin de saison ? Ça devient dangereux pour ton corps ? Qu'est-ce qui fait que c'est dangereux ? Pour ta santé, déjà.
- Loïc Lepoutre
Pour la fin de saison, finalement, c'est pas ça. Mais le fin de saison, c'est pas vraiment le plus important. Surtout que... Ou alors, parce qu'il y en a qui nous écoutent aussi, ils profitent des vacances pour faire des longs voyages en vélo.
- Arnaud Manzanini
Oui,
- Loïc Lepoutre
mais ça c'est aussi problématique. On en avait parlé l'année dernière. Quand on veut partir en voyage en vélo, il faut une certaine préparation. C'est comme quand tu vas au ski. Si tu n'as pas une certaine préparation, tu prends plus de risques de te blesser. Là c'est pareil, tu prends plus de risques de te fatiguer. Donc il faut un minimum de préparation. pour le faire et si tu le fais l'été il faut pas le faire en one shot j'ai rien fait de l'été de l'année et cet été j'ai deux semaines je prends mon bike par deux semaines et je peux en plus je me donne un ce que tu le mot que tu aimes bien un objectif de dire je veux aller là là là là sans prendre en compte en considération de ce que je suis capable de faire.
- Arnaud Manzanini
Donc en fait, si j'écoute ce que tu me dis par rapport à mes questions, où cet épisode est, est-ce que l'été vous fait perdre en forme physique, vous fait gagner en forme physique, je pense qu'il y a deux catégories, effectivement. Il y a les personnes qui sont étudiants ou qui sont semi-professionnels ou en club et qui n'ont pas d'engagement familial. L'été, eux, ces gens-là... peuvent progresser parce que ça leur libère plus de temps, ils n'ont pas de contraintes scolaires, et donc ils peuvent continuer à s'entraîner. Et la deuxième catégorie, et probablement 99% des auditrices et auditeurs de Toussancelle, c'est des gens qui ont un job à côté, qui ont un métier, et pour qui les vacances estivales sont un des moments dans l'année où ils peuvent décompresser, retrouver leur famille, retrouver leurs proches. Et pour eux, l'été peut être plus compliqué à gérer. Parce que prise de poids, comme tu l'as dit, parce qu'on se lâche un peu sur la restauration, sur l'alcool. Donc, comment gérer au mieux l'été, en fait ? Là, je vais parler non pas pour les étudiants, les coursiers, mais pour les 99% qui nous écoutent, qui vont en vacances, qui amènent leur vélo ou qui ne l'amènent pas. C'est quoi la meilleure façon de gérer l'été, en fait ? Quand je dis l'été, c'est comment se retrouver à la rentrée scolaire, donc début septembre. et à reprendre un cadre avec des enfants qui sont scolarisés, avec un rythme journalier qui est comme au mois de mai-juin, c'est quoi la meilleure façon de passer l'été ?
- Loïc Lepoutre
Avoir conscience d'une chose, si tu t'arrêtes 3 semaines, il te faudra au moins, au minimum 3 semaines pour reprendre ce que tu faisais avant, avec la progressivité nécessaire.
- Arnaud Manzanini
Si tu t'arrêtes un mois, c'est un mois, si tu t'arrêtes 15 jours, c'est 15 jours.
- Loïc Lepoutre
Donc ça veut dire que si tu t'arrêtes 3 semaines de août, et que tu te dis je veux faire un... Un truc deuxième semaine de septembre, en fait, ce n'est pas adapté. Parce qu'en fait, il ne faut pas culpabiliser. C'est-à-dire que si tu dis pendant trois semaines, je profite et je relâche, profite et relâche. Par contre, derrière, fais en sorte que ce soit cohérent par rapport à ton choix. Si tu veux vraiment profiter de ce temps-là pour t'entraîner, alors là, il faut respecter certaines règles. Et puis les deux sont compatibles. C'est-à-dire que si tu veux profiter pour manger, pour faire les repas, soit tu vas rouler juste avant et tu manges juste après. Et donc là, tout ce que tu auras consommé va être utilisé pour régénérer les dommages créés par l'entraînement d'avant. Et si tu ne peux pas t'organiser comme ça, dis-toi une chose, c'est qu'il faut être actif. Je ne sais pas si c'est les vacances qu'il ne faut pas être actif. marcher, ranger nager, jouer au tennis au basket, faire d'autres trucs mais soit actif après les excès pour maintenir le cardio c'est juste d'être actif physiquement ? déjà pour ne pas rentrer dans des processus de désadaptation du corps de résistance à l'amaigrissement des effets néfastes de l'alcool, il faut faire en sorte que tout ce que tu consommes soit utilisé au moins en partie rapidement et donc du coup c'est le mouvement qui permet ça. Tu vois, c'est tout bête mais quand tu manges en excès et que tu vas marcher 20, 30 minutes, 40 minutes après, ça n'a pas le même effet que si tu manges et que tu vas faire ta sieste. Dans la journée, tu verras, tu ne sentiras pas les mêmes effets.
- Arnaud Manzanini
C'est sûr. Si je résume, En fait, l'été peut vous faire perdre en forme physique si vous ne respectez pas un certain cadre, ou en tout cas si vous ne restez pas en mouvement. Et effectivement, on ne parle pas de prendre son vélo obligatoirement, mais ça peut être une marche en famille, une randonnée en famille, un match de tennis avec vos enfants, avec votre compagne ou avec votre compagnon. L'essentiel, c'est de rester en mouvement, même si votre vélo n'était pas dans le coffre pour partir 15 jours à la mer ou en Bretagne. Ou à l'océan, ou dans un pays étranger, c'est d'être en mouvement, de faire une activité physique ?
- Loïc Lepoutre
Le pire des trucs, c'est, je me lève le matin, c'est les petits déjeuners type français, viennoiserie, machin. On va à la plage, à la plage, je fais rien, je me baigne trois secondes et je me reste sur un truc, je lis un livre. Je rentre au repas, sieste, on retourne à la plage, apéro, soirée, et on recommence pendant trois semaines.
- Arnaud Manzanini
Voilà, là c'est chaud.
- Loïc Lepoutre
Ouais, beaucoup de français font ça.
- Arnaud Manzanini
Ah ouais là le retour est difficile Là ça veut dire que tu retrouves ton niveau On parle d'un mois d'août, tu retrouves ton niveau en octobre Changement d'heure,
- Loïc Lepoutre
fin de saison Oui en gros c'est à peu près ça En tout cas, c'est comme ça qu'il faut l'envisager.
- Arnaud Manzanini
Donc il vaut mieux prendre ses vacances en juillet si on veut quand même finir la saison correctement.
- Loïc Lepoutre
Oui, ou alors tu ne prends pas trois semaines d'un coup.
- Arnaud Manzanini
Ou tu as une hygiène de vie qui n'est pas celle-ci.
- Loïc Lepoutre
Ou tu fais un peu plus attention. En fait, il faut être cohérent avec ce que tu veux. Si tu dis que c'est le plus important pour moi, fais-le, mais assume ton choix. Par contre, si tu...
- Arnaud Manzanini
Ne vous comparez pas, parce que là au moment où on va diffuser cet épisode, on va arriver sur des championnats de France amateur, sur le Tour de France, vous allez partir en vacances, peut-être regarder le Tour, et vous dire, moi aussi je vais rouler aussi vite quand je vais revenir, vous revenez de congé, vous avez vu le Tour, vous êtes au taquet, et vous essayez de mettre le même braquet, et ça marche pas, c'est normal.
- Loïc Lepoutre
Ouais, c'est comme, on a beaucoup d'auditeurs qui font de l'ultra distance, c'est comme quand on fait un ultra, c'est pas parce que j'ai fait 10 jours de vélo, que pendant 6 mois je dois rien faire. Parce qu'il y en a plein qui fonctionnent comme ça.
- Arnaud Manzanini
Il y en a même certains qui ne le touchent pas pendant un an.
- Loïc Lepoutre
Voilà, c'est ça.
- Arnaud Manzanini
Je suis bien passé pour t'en parler.
- Loïc Lepoutre
En fait, ça c'est la pire des choses. Parce qu'en fait... Je fais beaucoup de choses que je ne peux pas faire moi. C'est la régularité qui fait la bonne santé.
- Arnaud Manzanini
Exactement.
- Loïc Lepoutre
Et après, en plus, tu fais l'ultra et donc tu t'autorises le droit de, parce que tu as fait quelque chose d'exceptionnel. Tu regarderas les gens qui, après la race, pendant 2-3 jours, ils mangent mais comme...
- Arnaud Manzanini
Je vois bien. Certains, ils viennent à la cantine pendant 3 jours.
- Loïc Lepoutre
C'est boulimique, quoi, tu vois. Mais en fait, c'est des comportements qui ne sont pas cohérents,
- Arnaud Manzanini
tu vois. Non, je veux dire, le lien entre le cycliste et l'alimentation, parfois, ce n'est pas sain. Il y en a beaucoup qui font du vélo parce qu'ils mangent beaucoup et pensent que le vélo va leur permettre de réguler le poids. Donc, il faut faire attention à ça.
- Loïc Lepoutre
Du coup, c'est ce type de choses qu'il faut éviter.
- Arnaud Manzanini
En tout cas, le conseil que l'on peut donner aux auditrices et auditeurs qui nous écoutent, qui s'apprêtent à partir en vacances, c'est de partir en vacances, prenez du bon temps, mais restez en mouvement pendant les vacances, même si vous n'avez pas votre vélo. Si vous avez votre vélo, pensez aussi à votre équilibre familial, personnel. C'est dans ces moments-là qu'il faut trouver le bon équilibre, et pas de déséquilibre et tout ça, pour ressortir en pleine forme.
- Loïc Lepoutre
Un petit conseil que je donne toujours aussi, mangez des fibres, c'est important.
- Arnaud Manzanini
Manger des fibres.
- Loïc Lepoutre
Parce que c'est les vacances qu'on n'en mange plus.
- Arnaud Manzanini
Exactement.
- Loïc Lepoutre
Donc manger des fruits, des légumes. Commencez toujours vos repas par les fibres. Toujours.
- Arnaud Manzanini
Et attention à l'alcool, l'abus n'est pas conseillé pour la santé.
- Loïc Lepoutre
C'est ça l'expression je crois. Ouais, mais bon. Je sais pas. Je sais pas. Mais je sais que... En tout cas, n'abusez pas effectivement. N'abusez pas et surtout...
- Arnaud Manzanini
Profitez sans abuser en trouvant l'équilibre. Et c'est comme ça que vous ressortirez de cet été pour remettre les gaz septembre-octobre et non pas être en phase de reprise en septembre alors que la saison touche à sa fin. Un grand merci Loïc.
- Loïc Lepoutre
Merci beaucoup.
- Arnaud Manzanini
A très bientôt.
- Loïc Lepoutre
Merci.
- Arnaud Manzanini
Voilà pour cet épisode de Tous en Seine. S'il y a une idée à retenir sur cette discussion, c'est peut-être que l'été est une période un peu paradoxale pour les cyclistes. C'est le moment où l'on roule le plus et où on a le plus de liberté. Mais c'est aussi celui où la fatigue peut s'accumuler très très vite. Entre chaleur, longue sortie, vacances et récupération parfois approximative, l'été n'est pas toujours la période idéale pour rechercher la progression à tout prix. Parfois, le plus intelligent est simplement de rouler, profiter, de construire de l'endurance et de garder de l'énergie pour la suite de la saison. Merci d'avoir passé un moment avec nous. On se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode du podcast Tous en Seine. D'ici là, profitez sur la route et soyez prudents.