- Arnaud Manzanini
Et si votre passion du vélo prenait une nouvelle dimension ? Rejoindre la Fédération Française de Cyclotourisme FF Vélo, c'est bien plus que rouler à vélo. C'est partager des sorties conviviales, c'est progresser grâce aux conseils des plus expérimentés, c'est transmettre aux plus jeunes qui souhaitent se développer. Mais c'est aussi et surtout profiter de milliers d'événements. Adhérer à la Fédération Française de Cyclotourisme FF Vélo, c'est aussi bénéficier de nombreux avantages de formation dans un cadre qui donne encore plus de sens à chaque coup de pédale. Alors, êtes-vous prêt à trouver un club ? Pour cela, je vous invite à aller sur le site ffvélo.fr et rejoindre la grande communauté des cyclotouristes. FF Vélo, le vélo ensemble. Aujourd'hui, je reçois une femme qui a connu le très haut niveau, l'exigence, la pression, les titres et surtout ce moment que tous les sportifs redoutent mais que vous finissez par vivre, l'après-carrière. Ancienne joueuse de l'Olympique Lyonnais, internationale française, championne de France avec l'OL et finaliste d'une Champions League, Coralie Duché a évolué dans un des environnements les plus exigeants du sport féminin. Mais ce qui m'intéresse aujourd'hui, ce n'est pas seulement sa carrière. C'est ce qui se passe après, quand l'identité vacille, quand il faut se réinventer. Et dans son parcours, il y a un élément intéressant, le vélo. Pas comme une performance, pas comme une compétition, mais comme un moyen de continuer à avancer. Dans cet épisode, on va parler de haut niveau bien évidemment, de transition, de vélo, de cyclisme, et surtout de cette idée simple que le mouvement reste accessible à toutes et à tous. Je vous souhaite un bel épisode, tous et toutes en selle. Salut Coralie !
- Coralie Ducher
Bonjour !
- Arnaud Manzanini
Je suis très heureux de te rencontrer, déjà c'est la première fois qu'on se rencontre, et très heureux de t'avoir sur le podcast Tous en Selle. Bienvenue sur le podcast Tous en Selle. La première question que je vais te poser Coralie, c'est est-ce que tu peux, pour les auditrices, les auditeurs, te présenter, nous expliquer rapidement ton parcours, dans lequel on va revenir en détail ensuite.
- Coralie Ducher
Oui, donc Coralie Duché, je suis née dans la Loire, mais j'ai joué à Lyon pendant un certain nombre d'années à l'Olympique Lyonnais, donc je viens du monde du football. et pas forcément du vélo. Du coup, ça va être intéressant.
- Arnaud Manzanini
Et pas forcément du vélo, mais le vélo a fait... Enfin, il y a quand même des projets de vélo, c'est aussi pour ça que j'ai voulu que tu sois sur le podcast. Alors, avant qu'on rentre justement dans les aventures à vélo que tu as faites, j'aimerais qu'on parle... haut niveau, le haut niveau que tu as connu, ce que tu as dit avec beaucoup d'humilité que tu étais dans le monde du football, je repositionne mes choses, je l'ai dit en introduction, Coralie a connu le très très haut niveau, plusieurs titres de championne de France avec l'Olympique de Lyonnais, une finale de Champions League, donc ça situe tout de suite le personnage qui est en face de moi, et c'est pour ça que je suis très honoré de t'avoir sur le podcast. Est-ce que tu pourrais nous expliquer, avant qu'on vienne sur le vélo justement, et comment le vélo fait partie de ta vie, le haut niveau, le football, est-ce que c'était dans ta vie depuis toute petite ?
- Coralie Ducher
J'ai commencé très tôt, oui. Effectivement, j'ai commencé, j'avais une dizaine d'années. Alors à la base, je voulais faire de la motocross, donc rien à voir. Mais mes parents, vu que j'étais un peu casse-couille, m'ont dit « va plutôt jouer au foot » . C'était moins dangereux pour eux, ils étaient plus sereins. Et j'avais une famille qui était... Pas du tout. Mon père n'aime pas le foot. Mon frère n'a jamais fait du football. Ma soeur non plus.
- Arnaud Manzanini
T'as mis au foot pour que tu puisses canaliser ton énergie et te dépenser en fait ?
- Coralie Ducher
Non, c'était plus cours de récréation. J'aimais pas trop les jeux de filles. On va dire ça comme ça. J'étais un garçon manqué et je préférais aller jouer sur le terrain avec les garçons, au ballon. Et c'est vrai que j'étais bien accueillie. C'était plutôt sympa, ça me dépensait aussi effectivement. Donc j'étais un peu hyperactive, mais j'avais besoin de me dépenser.
- Arnaud Manzanini
Et donc dans ton parcours de sportive, l'équipe de France arrive à 17 ans.
- Coralie Ducher
Exact.
- Arnaud Manzanini
Alors quand tu rentres en équipe de France, est-ce que tu es déjà sous le maillot de l'Olympique lyonnais ou est-ce que tu es toujours dans un club du 42 ?
- Coralie Ducher
Alors ça a été un petit peu particulier, parce que je rentre en sport études en seconde. à l'époque, c'était les débuts des pôles, ce qu'on appelle aujourd'hui pôles, qui étaient sport-études à Vaux-en-Velin. Donc je suis partie, j'avais 16 ans de Rouen, je loupe les sélections du centre de formation à l'époque avec Cécile Locatelli, mais je suis rentrée par le sport-études, parce que je fais une finale de coupe de... c'était la coupe Rhône-Alpes à l'époque, avec Riorge, un club du 42. Effectivement.
- Arnaud Manzanini
Donc ça veut dire qu'il y avait sport-études... Il y avait plusieurs niveaux.
- Coralie Ducher
Le sport et l'étude. Le sport et l'étude, c'était la première année, je crois, que ça existait à Lyon. Et aujourd'hui, c'est des pôles. Ça a changé de nom, c'est rattaché différemment. Et je joue, en fin de compte, contre l'entraîneur du sport et l'étude. Ce jour-là. Je me fais repérer comme ça, loin d'imaginer de pouvoir intégrer un sport et l'étude. Ce n'était pas du tout dans mon optique.
- Arnaud Manzanini
Tu ne jouais pas pour ça. Tu jouais pour te faire plaisir.
- Coralie Ducher
Voilà exactement et j'étais surclassée à l'époque parce que on joue jusqu'à 13 ans en fait avec les garçons, on a une année supplémentaire et du coup quand je passais chez les filles je jouais avec des gens qui avaient 30 ans 25 ans et alors j'en avais 16 donc on prend une petite maturité là de fils.
- Arnaud Manzanini
Ouais j'imagine ouais j'imagine.
- Coralie Ducher
On apprend à se débrouiller même si on a les anciennes qui nous aident on apprend à se débrouiller et Ma première année de sport-études, quand je rentre, donc je décide de rentrer via ce match-là où j'ai été repérée, je fais quand même quelques sélections, mais qui n'ont rien à voir avec les jours de sélection. Et je rentre, donc du coup, je me retrouve à Vau-en-Velin, à 17 ans, au sport-études. Et je pense que je n'avais pas encore le courage de vraiment être détachée, on va dire, du mode familial. Donc j'étais en internat. Mais par contre, les week-ends, je jouais encore avec Horieur jusqu'à, et vous allez comprendre le lien, je me fasse sélectionner ou de moins que je sois retenue pour les sélections U17. Et là, en gros, on me fait comprendre qu'il faut que je change de club si je veux continuer à évoluer. Donc, je rentre à l'Olympique Lyonnais à ce moment-là.
- Arnaud Manzanini
Et tu nous expliques au niveau familial, donc tu viens d'une famille qui n'était pas forcément sportive. Est-ce qu'il y a eu des discussions ? Parce que c'est quand même un choix familial de dire, voilà, notre fille, elle va partir à 17 ans. à Lyon, à Vauban-Velin, au centre de formation en sport-études, et puis après elle est sélectionnée en équipe de France, et là il faut prendre des décisions. Est-ce que tu as toujours pris tes décisions seule à ce moment-là ? Ou est-ce qu'il y a eu des discussions avec tes parents, tes frères et sœurs ?
- Coralie Ducher
Mes frères et sœurs non, parce qu'ils étaient sportifs, ma petite sœur a fait de la gymnastique, mon frère était plutôt dans le VTT pour le coup et l'athlétisme. Mais oui, avec mes parents, ils ont... Ils m'ont vraiment posé les questions. Est-ce que c'est ce que tu veux faire ? On peut t'accompagner. On est là pour t'accompagner. Je me souviens des sélections départementales ou régionales. Mon père fermait son garage, m'emmenait à Voiron. Même s'il n'aimait pas, il était fier de sa fille. Il accompagnait sa fille dans son développement. Mais non, ce n'était pas vraiment intubé. Ça s'est fait naturellement. Ils m'ont dit que c'était à l'opportunité. Si c'est ce que tu souhaites, fais-le. Donc, non, ils m'ont accompagnée.
- Arnaud Manzanini
Et comment tu as vécu ces premières sélections, l'hymne national, les maillots ? Enfin, c'est quand même, tu vois, pour nous, on est plusieurs dans la pièce, mais pour nous, sportifs, on n'a jamais connu ça, tu vois, de mettre le maillot national, l'hymne, la sélection en équipe de France. Quand on a 17 ans, comment est-ce qu'on prend conscience de ça, déjà ? Ou est-ce que ça fait partie du quotidien parce qu'on a fait les efforts pour ? Comment on vit ça ?
- Coralie Ducher
Moi, ça m'est tombé un peu dessus par hasard, si je puis dire. C'est vrai qu'on est sélectionnés en étant visionnés sur des matchs où les sélectionneurs appellent l'entraîneur pour savoir nos capacités, nos résultats. Parce qu'il n'y avait pas tout ce qui était réseau social. À l'époque, le foot féminin n'était pas professionnel, c'était amateur.
- Arnaud Manzanini
C'est vrai.
- Coralie Ducher
Même si on pouvait avoir un certain niveau, quelques primes de match, c'était loin d'être ce que c'est aujourd'hui. et on le faisait pas plus par passion mais en tout cas ce qui est sûr c'est que l'aspect financier ne rentrait pas du tout en jeu quand on jouait au football à ce moment là c'était pas structuré pareil les clubs étaient avait pas les mêmes moyens le football féminin n'était pas perçu pareil mais et d'autant plus à l'époque le les gens qui étaient en équipe de france venait de clairefontaine il y avait un gros centre de formation à clairefontaine chez les filles Il y avait même une équipe, ça s'appelait Clairefontaine, le CNF qui jouait dans la division 1. Et au final, je me retrouve la seule lyonnaise à ce moment-là à aller en équipe de France.
- Arnaud Manzanini
Parce que peut-être qu'aussi les structures à Lyon n'étaient pas ce qu'elles sont aujourd'hui.
- Coralie Ducher
Ma génération ne faisait pas partie de la même... Moi, je faisais U17 et ceux qui étaient sélectionnés, ils étaient déjà en U19. Donc quand j'ai été appelée... J'étais en U17 et même en U19, je crois, la seule lyonnaise. Donc, je n'ai pas de collègues pour dire, vas-y, j'y vais un peu sans savoir ce que je vais découvrir. Et je me souviens, en plus de ça, j'avais un Stéphane, je ne me souviens plus de son nom de famille, mais Stéphane, le coach des U19 à l'époque, U17, ça m'a moins marqué, parce que je n'étais pas titulaire. C'était une première expérience. U19, j'arrive dans la sélection, je suis titulaire, on fait le tournoi de la manga, on va en finale, on gagne la finale. C'est une finale qui est plutôt amicale, c'est un tournoi amical, c'est les pays nordiques. qui se retrouvent là-bas quand il fait mauvais et la France était invitée, on gagne le tournoi et là forcément finale, hymne national et rien que d'en parler j'ai la chair de poule forcément mais c'est assez impressionnant du fait que en plus de ça il n'y a personne dans les tribunes c'est amical et là on a l'hymne national français, la Marseillaise qui retentit, on chante il s'avère qu'heureusement je la connaissais On se met quand même un petit peu de pression.
- Arnaud Manzanini
C'est clair.
- Coralie Ducher
Mais non, c'était assez fantastique. Et on ne se rend pas vraiment compte sur le moment. En tout cas, moi, je ne me rends pas compte. Tu vis d'un instant sans l'impact que ça peut avoir. À ce moment-là, je suis plutôt dans l'imagerie de mon match. En me disant, parce qu'à cette époque, tout ce qui était imagerie mentale commençait à nous l'inculquer.
- Arnaud Manzanini
Qu'est-ce que tu appelles imagerie mentale ?
- Coralie Ducher
Visionner du positif pour faire du positif.
- Arnaud Manzanini
C'est de la prépa mentale ?
- Coralie Ducher
La prépa mentale, la préprogrammation, on parle d'imagerie, etc. Bon, à 17 ans, on est très jeune. Quand on fait faire ça,
- Arnaud Manzanini
il faut avoir une certaine maturité pour comprendre. Aujourd'hui,
- Coralie Ducher
je comprends mieux. Mais c'est vrai qu'à l'époque, on le fait par plus automatisme. On nous a dit de faire ça, on va le faire. Mais on ne se rend pas vraiment compte des conséquences ou des atouts positifs. Donc, à ce moment-là, j'écoute l'hymne national, la marseillaise. Et je ne ferme pas les yeux, mais je m'imagine faire un bon. parce que les premiers contrôles sont importants. Donc, ces choses-là. Et aujourd'hui, quand j'entends la Marseillaise, je revois cette première image de quand... Tu as ces images-là. Donc, c'est plus maintenant, finalement, que je me rends compte de la chance que j'ai eue de défendre déjà des couleurs de l'équipe de France. Et aussi, en parlant de ça, en voyant la réaction des gens pour qui ça a pu être un rêve, par exemple, et qui ne l'ont jamais vécu. Moi, j'étais à l'école. J'avais tous mes collègues, tous mes copains qui disaient « On va être footballeurs professionnels » . Et nous, on marquait prof de sport parce que ça n'existait pas. Donc, c'était... Et quand je les recrois, j'en ai recroisé un récemment, il me dit « Tu te rappelles quand même ? » Nous, on voulait tous être avec nos petites images panini, être sur le devant de la scène. Et au final, il n'y en a pas un qui a percé, c'est toi qui allais. C'était assez rigolo.
- Arnaud Manzanini
Et justement, quand on a 17-19 ans, parce que tu as fait toutes les sélections nationales, dès que tu es rentré en U17, tu as fait U17, U19, U20, également
- Coralie Ducher
U21, après ça s'appelait A' et A, j'ai eu une sélection.
- Arnaud Manzanini
Mais est-ce qu'à 17-19 ans... Tu as un plan de carrière, tu te dis je veux être footballeuse professionnelle ou est-ce que c'est encore juste le plaisir de jouer en club, de gagner des matchs ? Ou est-ce qu'il y a un plan de carrière qui arrive à un moment donné en disant voilà maintenant je veux être dans la meilleure équipe de France ? Est-ce qu'il y a un plan déjà à ce niveau-là ou c'est juste du plaisir ?
- Coralie Ducher
Ce qui est sûr c'est qu'il n'y a pas le même plan de carrière que ce que peuvent avoir les filles de 17 ans aujourd'hui parce que comme je vous l'ai expliqué c'était amateur. Après, on a eu un pseudo profil semi-pro, si on peut appeler ça, où on commençait à avoir des choses professionnelles avec des contrats, parce que la joueuse travaillait dans le club ou des choses comme ça. Et après, on a eu des troupes. Il y avait des troupes pas jeunes à un moment donné, je me rappelle. Voilà, c'était vraiment par différentes étapes. Ça a vraiment pris de l'ampleur lorsque Jean-Michel Aulas a racheté les féminines, qui étaient les FCL. En mettant beaucoup de moyens, en structurant, en donnant de l'importance, comme il a pu faire avec le club en général. Il a vraiment été précurseur sur le foot féminin avec aussi Nicolas à Montpellier à l'époque. Mais on ne peut pas dire qu'on a un plan de carrière. On le fait parce qu'on aime jouer, parce que... commence à avoir aussi quelques primes de match. Il ne faut pas se mentir, c'est toujours intéressant quand tu as 17, 18, 19 ans, d'avoir certaines primes de match et de moins galérer qu'en étant une en lambda. Mais dans ma tête, je ne me dis pas que je vais être joueuse professionnelle. Je me dis...
- Arnaud Manzanini
Même en étant en équipe de France ?
- Coralie Ducher
Oui.
- Arnaud Manzanini
Est-ce qu'il y avait un autre championnat en Europe qui pouvait te faire rêver ?
- Coralie Ducher
À cette époque-là, non. À aucun moment à cette époque-là, je me dis que je vais partir à l'étranger. Déjà parce que je ne parlais pas anglais, j'étais très très très très mauvaise.
- Arnaud Manzanini
Il n'y avait pas un championnat anglais qui était plus structuré que la France ne pouvait l'être et qui aurait pu te faire rêver, tu vois ?
- Coralie Ducher
À la rigueur, il y avait le dream américain, comme on appelle ça avec le soccer.
- Arnaud Manzanini
Parce que le soccer, c'est vrai que le sport féminin là-bas est beaucoup plus en avance que ce que ça peut être en Europe.
- Coralie Ducher
C'est le sport-parc des féminines et des filles là-bas. Mais non, à cette époque-là, non.
- Arnaud Manzanini
Et puis, les sélections en équipe A à Lyon vont s'enchaîner. Il va y avoir les premiers titres. Tu as été trois ou quatre fois championne de France ?
- Coralie Ducher
Trois fois.
- Arnaud Manzanini
Trois fois. Et là, c'est pareil. Je vais te reposer la même question. Mais ça fait quoi ? Et le championnat national avec ton équipe ?
- Coralie Ducher
En fait, c'est forcément de la joie parce que je jouais pour gagner et je suis quelqu'un de très compétitrice. Quel poste jouais-tu ? Défenseur. On ne dirait pas comme ça.
- Arnaud Manzanini
Droits de gauche ?
- Coralie Ducher
Ça dépendait des systèmes de jeu, ça dépendait aussi des joueuses alignées. J'étais plutôt polyvalente sur le terrain et j'aimais changer pour voir la vision des choses sur différents temps et pouvoir continuer. à progresser et je me suis même retrouvé beaucoup à gauche parce que personne ne souhaitait jouer avec le pied gauche et moi ça me dérangeait pas. Je dis pas que j'étais aussi forte que sur le pied droit, loin de là, mais en tout cas ça me dérangeait pas et je trouvais un intérêt, on va dire une porte d'entrée aussi pour être titulaire et je me suis dit vas-y, il y a la poste 2 donc il faut y aller. Mais non, c'est plus maintenant. Sur le coup, c'est vrai qu'on exprime de la joie, mais... Je ne m'en rendais pas vraiment compte. Après, je suis un profil qui est... Je ne suis pas du genre à regarder le foot ou à idolâtrer des personnes à la télé. Ou même des joueurs. Aujourd'hui, les petites, elles peuvent se dire « Je vais devenir le Sommer, je vais être une Wendy Renard, une Melchie Dumornay actuellement. » Ou d'autres joueuses à l'international. Mais moi, je n'avais pas cette... Cette envie de ressembler ou de dire, il me fait rêver. Toi, tu jouais ton jeu,
- Arnaud Manzanini
tu te faisais plaisir. Voilà,
- Coralie Ducher
c'était vraiment ça. Et du coup, je pense que je ne percevais pas réellement l'impact que ça pouvait avoir, ce que je vivais ou ce que je gagnais. Et c'est maintenant,
- Arnaud Manzanini
c'est plusieurs fois que tu le dis, c'est maintenant que tu te rends compte de ce que tu as vécu en tant que femme, en tant que sportive, les émotions, les instants, que beaucoup rêvent de vivre. C'est ça le truc.
- Coralie Ducher
Vous savez, c'est... C'est toujours quand on perd les choses qu'on se rend compte. Oui, on est focus.
- Arnaud Manzanini
C'est vrai qu'on est focus. Quand on est sportif, on s'entraîne pour ça. Donc, ça peut paraître normal qu'il y ait des résultats parce qu'on s'est entraîné pour. Et parfois, c'est vrai que c'est souvent après, quand on se retourne et qu'on n'a plus ces émotions-là, en tout cas, qu'on se dit, c'était quand même bien.
- Coralie Ducher
Ou on regarde des fois des matchs, de choses que je côtoie et que je connais encore. En me disant, si aujourd'hui, ma fin de carrière n'aurait pas été, je ne vais pas spoiler, ce qu'elle a été, je me dis, j'aurais potentiellement pu vivre ça. Et là, je me rends compte que finalement, d'avoir gagné des titres, d'avoir fait trois championnats de France, d'avoir été vice-championne d'Europe ou même au Danemark. au Danemark parce que je suis partie en Suisse après l'Olympique Lyonnais pendant 4 mois je crois pour faire une transition là les contrats c'était pas pro c'était autre chose à balle le jeu et la culture ça ne m'a pas plus entre guillemets en tout cas ça me convenait pas et j'ai eu l'opportunité de partir au Danemark où je retrouvais le championnat d'Europe le championnat danois donc la Danish League et Et là, je perds en finale la coupe et on perd au play-off et on finit deuxième, alors qu'on est premier pendant tout le championnat. Et découvrir aussi un autre football, côtoyer... Il y a les play-offs là-bas, c'est intéressant ça. C'est vrai que c'est intéressant. C'est différent par rapport à la saisonnalité ?
- Arnaud Manzanini
En une club peut-être ou pas du tout ?
- Coralie Ducher
Non, par rapport à la météo. Ah oui,
- Arnaud Manzanini
c'est vrai.
- Coralie Ducher
Parce qu'il fait très très froid l'hiver. Ah oui,
- Arnaud Manzanini
tu peux pas jouer, c'est pas...
- Coralie Ducher
Donc les terrains sont glacés. Pour la petite anecdote, j'arrive le 3 janvier, je crois, au Danemark.
- Arnaud Manzanini
Il fait moins 20.
- Coralie Ducher
Il fait pas moins 20 ! donc moi je jouais au Fortuna Yoring donc tout en Ausha côté d'Alborg pour prononcer en français mais il fait froid il fait très froid, 1,6, 5, 10 avec beaucoup de vent et en fait j'arrive il y a une couche de neige et dessous il y a du verglas, donc premier entraînement tu te rends compte très rapidement qu'il va falloir jouer en une touche de balle si tu veux garder tes appuis et donc et Moi, je m'attendais à être sous un préau. Ah oui, c'est ce que je voulais dire, vous jouez quand même. Et en fait, non, on est dehors. Ils ont enlevé un minimum de lèche. Ouais, ils battent un peu. Et tu joues comme ça. Tu joues comme ça.
- Arnaud Manzanini
C'est endurci, je pense.
- Coralie Ducher
Et du coup, la saison va de mi-juillet à novembre, mi-novembre, fin novembre. Après, il y a une grosse trêve pendant 3-4 mois, où là, on part faire des tournois à l'international, notamment ce tournoi à la Manga. On part en Suisse, en Turquie, on part faire des pourroies, même en salle. En Allemagne, on va chercher le soleil, on fait quelques matchs amicaux en Norvège et en Suède. Par rapport à la situation du club, on était à deux heures de ferrier de Gothborg en Suède et de Oslo en Norvège. Donc ça permet de côtoyer aussi du football autre. que le football français avec des tactiques et des physiques aussi différents donc ouais c'est c'est quand même...
- Arnaud Manzanini
Tu avais là-bas la vie danoise, la culture
- Coralie Ducher
Oui, après j'y serais pas restée.
- Arnaud Manzanini
Pour combien de temps t'y es restée ?
- Coralie Ducher
J'y suis restée un an.
- Arnaud Manzanini
Ok.
- Coralie Ducher
J'y suis restée un an, je me serais pas vue faire ma vie là-bas, pour différentes raisons, même si c'est un très beau pays avec une culture et une mentalité qui m'ont beaucoup apporté. Il faut savoir que moi quand je jouais à Lyon, j'étais assez fermée, pas très sociable.
- Arnaud Manzanini
Concentré, concentré sur ta carrière.
- Coralie Ducher
Ce n'est pas très amenant, tu ne me connais pas vraiment après un match. Et pas du tout à l'aise avec tout ce qui est médias d'ailleurs. Les journalistes. Je fuyais au possible et je disais vraiment, Coralie, il faut que tu y ailles.
- Arnaud Manzanini
C'est alors que c'est une activité, on va en parler après.
- Coralie Ducher
Exactement, qui est venue après. Et en fait, à ce moment-là, je pars au Danemark. Je ne parle pas anglais, je ne parle pas danois. et personne ne parle français. Donc je me retrouve comme si j'étais au milieu d'une forêt avec zéro carte.
- Arnaud Manzanini
Un beau challenge.
- Coralie Ducher
Rien du tout. Et en fait, à ce moment-là, pourquoi je me retrouve à l'étranger ? Parce que je me retrouvais en fait dans la mentalité et les valeurs des joueuses étrangères qui étaient venues en France. Notamment Lotha Schelling avec qui j'ai énormément parlé pour avoir joué avec elle au moment de ma décision. et elle me dit qu'il faut que tu ailles là-bas, ça va te correspondre, tu vas te plaire, etc. Je ne vous cache pas que quand je suis arrivée, que je ne comprenais rien, que la seule phrase que je disais, c'était « Annie, de démontrer, please » .
- Arnaud Manzanini
C'est quand même une langue en plus.
- Coralie Ducher
C'était long, mais pareil, vraiment une autre mentalité. La mentalité danoise où les gens vont vous aider, vont essayer de vous comprendre, même si on sent quand même que ce n'est pas normal. pour eux qu'on ne parle pas anglais en France, du moins qu'on ne le comprenne pas. C'est vrai qu'ils sont quasiment dingues.
- Arnaud Manzanini
Toutes les séries sont en anglais. Tout est traduit.
- Coralie Ducher
Rares les films sont en VO traduits.
- Arnaud Manzanini
Est-ce que c'est le lien ? Parce que le Danemark, c'est quand même un des pays du vélo. Est-ce que c'est là que ça commence pour toi l'aventure avec le vélo ou pas du tout ?
- Coralie Ducher
Alors le vélo, à la base, j'en ai eu fait du moins sur du home trainer pour s'échauffer ou parce que j'ai été blessée. Donc pour moi, le vélo, ça faisait mal aux fesses.
- Arnaud Manzanini
C'était en cas de blessure.
- Coralie Ducher
C'était de la rééducation. C'était synonyme de blessures et de choses pas forcément positives dans ma vie. Je me suis pété les deux genoux. J'ai eu rupture des ligaments croisés une première fois à 21 ans. Je l'ai en fin de carrière. Quand je me mets sur le vélo, c'est parce qu'on est blessé, c'est parce qu'on doit faire de la prévention également, parce qu'on peut être fatigué. Mais voilà, c'est dans un couloir, sortie de vestiaire, sur un home trainer, pendant 10 minutes, ce n'est pas très attractif.
- Arnaud Manzanini
Mais est-ce que c'est au Danemark que le vélo en extérieur arrive dans ta vie ?
- Coralie Ducher
Au Danemark, je négocie mon contrat avec un agent à l'époque. Donc, première fois que j'avais un agent, parce que je ne parlais pas anglais forcément. Et là, il me dit, tu auras un vélo de fonction.
- Arnaud Manzanini
Non, mais attends, c'est même moi qui fais une voiture de fonction. Non, mais là-bas, c'est un vélo.
- Coralie Ducher
Donc voilà, les Danoises étaient en voiture de fonction, pour le coup, parce qu'elles allaient en études à une heure, donc à Aulborg. Et nous, on nous dit, j'habitais en coloc avec une Américaine, parce qu'on nous demandait si on voulait être seul dans une maison ou un appart, ou si on voulait être en coloc. Moi, j'ai choisi d'être en coloc pour apprendre l'anglais. Justement, je me suis salée. plus facile si... Et donc, on nous dit vous allez avoir un vélo de fonction. Vélo de compète, par contre. Attention. Par contre, rétro-pédalage. En France, on n'a pas ça. Non, exact. Rétro-pédalage, neige, parce que j'arrive au mois de janvier avec...
- Arnaud Manzanini
Et ça roule quand même.
- Coralie Ducher
Avec de la neige. Oui, on a des pneus cloutés. Le changement,
- Arnaud Manzanini
mais radical.
- Coralie Ducher
Et là, forcément, habitude de ne pas avoir le rétro-pédalage. Donc, je tombe.
- Arnaud Manzanini
Oui, c'est sûr. Oui, ça dérape.
- Coralie Ducher
Parce que dans les virages... Donc voilà, plein de petites anecdotes comme ça. Et je vais tous les jours à l'entraînement en vélo. Avec du vent de face. Aujourd'hui, j'irai faire du vélo. Je me dis, il faut que je sois juste ici. Il faut que j'aille dans le bon sens pour avoir le moins de vent de face possible. Donc c'est assez rigolo et puis partout où j'allais... Oui, mais ce n'était pas une légende en fait,
- Arnaud Manzanini
c'est vraiment un pays où c'est un bon transport.
- Coralie Ducher
C'est très agréable.
- Arnaud Manzanini
C'est agréable pourquoi ? Parce que les infrastructures sont faites pour que les gens pratiquent ?
- Coralie Ducher
Alors oui, et puis en plus de ça, je préférais pédaler en rentrant chez moi que sur un home trainer à la fin de la séance, au début de séance. Donc je commençais, je pense, à concevoir le vélo autre que... Un peu comme je l'avais connu finalement quand j'étais gosse pour aller à l'école, voir les copains en mode de déplacement, mais fun, mais aussi utilitaire. Donc c'était plutôt agréable. Même si quand même, je vous rassure, on avait une voiture pour aller visiter le pays.
- Arnaud Manzanini
On va revenir sur le vélo un peu plus tard. Je veux juste un tout petit peu rembobiner l'histoire, parce que là, on a accéléré sur le Danemark. On a parlé des championnats, mais j'aimerais qu'on fasse une petite pause sur la finale. Alors elle est perdue. Elle est perdue, mais c'est quand même une finale de Champions League. Comment on vit ça ?
- Coralie Ducher
On le vit d'autant. Rappelle-nous l'année. C'était 2010. C'est la première finale de l'Olympique lyonnais qu'on perd contre Postdam à Madrid. On joue à Retafe à l'époque. Je la vis difficilement parce que je suis dans les tribunes.
- Arnaud Manzanini
Tu es dans les tribunes ? Oui,
- Coralie Ducher
je suis dans les tribunes. J'ai fait 4-5 matchs. C'est quoi, blessure ? Non, choix tactique. Comment tu vis ? Forcément, pas très bien, mais il ne faut pas le montrer pour l'équipe. Même si on est dans les vestiaires, au moment où Valjean pose ça, on va dans les tribunes. Un peu déçu de ça, forcément. Mais par contre, on est complètement démunis, on ne peut rien faire. C'est comme être remplaçant, être sur le banc et ne pas avoir les billes pour apporter ce qu'on peut apporter. Après, ça reste un beau souvenir. Parce que c'est la première fois où j'avais vraiment ma famille qui m'accompagnait sur un match. leur donner l'opportunité aussi de voyager, de... pour le coup ma maman qui prend l'avion alors qu'elle a peur donc ça a été voilà toute une toute une histoire pour lui dire j'avais même peur à l'époque tu dis est ce que tu veux venir par contre c'est en avion donc voilà toutes ces choses là donc c'était c'était marrant et j'en garde un très bon souvenir parce que même si on a perdu jean-michel aulas à l'époque à l'époque à fret un avion pour qu'on soit accompagné pour qu'on vienne nous soutenir il ya tout toute une organisation autour, pour autant les gens qui sont venus pour l'après-match, même si on a perdu.
- Arnaud Manzanini
Oui, on a vraiment organisé les choses autour de vous.
- Coralie Ducher
On sent qu'on... Pour moi, c'est même un tremplin qui a fait qu'aujourd'hui, ça a pu fonctionner. Aussi à l'Olympique lyonnais, ou même que le foot féminin évolue dans sa globalité. On commençait à découvrir ce qu'était le professionnalisme. On est vraiment comme les garçons, avec les mêmes infrastructures, les mêmes moyens, le même budget. Non, mais je veux dire, ça aurait été des garçons qui pourraient aller en vol privé. On aurait mis les mêmes choses en place. Donc, c'était quand même agréable.
- Arnaud Manzanini
Mais ce que tu décris ressemble à ce qu'on vit dans le cyclisme chez les filles également. Ça fait quelques années seulement que les équipes masculines ont une équipe féminine. Quasiment toutes aujourd'hui, les équipes. qui étaient avant uniquement masculines, ont une équipe féminine. Avec le même matériel, les mêmes vélos, de chrono notamment, parce que c'est vrai que c'est des gros investissements les vélos de chrono, et parfois tu voyais la différence chez les hommes et chez les femmes, mais maintenant dans les équipes elles ont le même matériel, les stages d'avant-saison se font ensemble parfois, et je trouve ça effectivement, c'est très bien. Puis tu vois bien les audiences aujourd'hui sur le Tour de France Femmes, ça suit, c'est des millions de téléspectateurs, donc ce que tu décris ressemble exactement à comment ça s'est structuré il y a quelques années... en France, enfin en France non, au niveau mondial, au niveau du vélo. Cette finale, quand tu commentes aujourd'hui, est-ce que tu repenses à ces moments-là ? Parce que tout à l'heure, tu disais, quand tu fais le Rhyme de National, j'ai mon premier rhyme en tête. Est-ce que quand tu commentes un match avec une grosse intensité ou une grosse pression, un enjeu important, est-ce que tu repenses à ces moments-là ou pas ?
- Coralie Ducher
Aujourd'hui, ça m'arrive moins souvent, parce que je ne commente plus les matchs de Champions League, mais seulement ceux de l'Arc et ma première Ligue. Mais oui, sur tous les gros matchs, même quand je les regarde à la télé, s'il y a un enjeu et si c'est une finale et qu'il y a l'équipe de France, j'ai toujours cette image. Je pense que pendant la Marseillaise, tout le monde peut me parler, je ne vais pas répondre. Je suis dans ma bulle. Je suis dans ma bulle, je suis dans mon monde. Je me repasse, mais pas avec nostalgie. C'est ça qui est intéressant, c'est-à-dire que je ne regrette pas de plus l'avoir. Mais c'est quelque chose qui fait partie de toi, que tu as vécu. Des choses qui me donnent beaucoup de légèreté, beaucoup de plaisir et qui peuvent, si par exemple je traverse quelque chose de compliqué, va me redonner le sourire et va me faire du bien. Donc c'est ça qui est vraiment agréable et c'est pour ça aussi que je pense que c'est des choses extraordinaires à vivre. Parce que ce n'est pas donné à tout le monde. Ça forge aussi. Le sport donne des valeurs et font la personne que je suis aujourd'hui. Donc, pour moi, c'est une école. Le sport, ça m'a vraiment construit, m'a aidé à me construire sur pas mal de choses.
- Arnaud Manzanini
Et comment, toi qui suivais les médias, tu l'as dit tout à l'heure, comment tu arrives derrière le micro ? Comment tu fais la voix qui commente les matchs maintenant ?
- Coralie Ducher
C'était assez... Assez perturbant pour moi les premières fois. On est venu te chercher ? On vient me chercher. Je finis ma carrière en me blessant au Danemark. J'ai une grosse permutation au niveau des entraîneurs en septembre. En septembre, je me blesse. Le coach ne parle pas anglais et ne parle pas français. Il parle tout le temps danois. À cette époque-là, je... Quand j'arrive au Danemark, j'apprends l'anglais pendant trois mois pour comprendre le minimum de choses. Et après, on n'est pas obligé, mais pour s'intégrer, il faut apprendre le danois. Donc, je suis allée à l'école danoise, etc. Donc, je commence à comprendre le danois et à parler anglais. Et ce moment-là, en fait, j'ai un changement d'entraîneur et je me retrouve avec un entraîneur qui ne parle que danois. Je dis, allez, on repart de zéro et on y retourne. Donc, pas machine arrière, mais voilà, compliqué. Et donc, à ce moment-là, je ne suis pas titulaire. Et je dois reprouver tout ce que j'ai prouvé, en fait, pendant six mois. Et je rentre sur le terrain, je joue 7 minutes avec le numéro 7 à 17h07. Donc, le 7, c'est compliqué un peu, le numéro 7, mais bon, ce n'est pas grave. il faut faire abstraction et je me blesse. Sur un retournement, j'ai mon pied qui reste bloqué, mon genou tourne, luxation de la rotule, et en fait, ma rotule sort et se remet en place, donc ça, c'est la bonne nouvelle. Sauf qu'en se remettant en place, elle me rupture du ligament externe, entorse de l'interne, les ménisques fissurés, et contusion rotulienne. À ce moment-là, je ne sais pas que j'ai tout ça, bien évidemment. Par contre, je tombe par terre, je ne peux pas me relever, j'ai mon genou qui ne tient plus du tout. Le point positif, c'est que ma dernière touche de basse, c'est une passe D. Ça restera. Voilà. Mais à ce moment-là, je sais que j'ai une rupture et que ma saison est finie. Donc ça, les médecins ne me disent pas que j'ai les croisés tout de suite, ne veulent pas faire les examens pour. Donc c'est là aussi où on voit la différence entre ce que j'ai pu connaître à l'Olympique Lyonnais et un club qui... Et très très bien, qui est très bien structuré actuellement, mais qui manquait aussi de structure professionnelle. Et on voyait qu'on n'était pas dans le monde du foot masculin, ou du moins dans cette lignée-là. Et je décide de revenir en France. Je décide de revenir en France, donc je me blesse et c'est très très compliqué pour moi. Et au moment où je reviens en France...
- Arnaud Manzanini
Tu décides de revenir en France pour te faire soigner et d'être plus vive ? Pour me faire soigner, oui.
- Coralie Ducher
Si vous voulez, on me diagnostique la rupture du croisé au moment où le médecin me dit, voilà, j'ai les résultats, parce que deux semaines après, j'arrive quand même à avoir un IRM. Et ça ne m'avait pas mis en confiance, parce que moi, je savais que j'avais les croisés au minima. Je le savais.
- Arnaud Manzanini
Parce que tu les avais déjà eus sur l'autre genou ?
- Coralie Ducher
Sur l'autre genou, oui. Donc, cinq ans après, j'ai eu la rupture sur le gauche. Je sens que ce n'est pas la même chose. Du moins, mon genou est très douloureux alors que je... je n'avais pas eu de douleur sur la première rupture. C'est vrai que quand tu es à haut niveau comme ça...
- Arnaud Manzanini
Tu as une relation avec ton corps qui est différente. Tu as quand même vachement l'écoute de ton corps. Tu sais ce qui va, ce qui ne va pas. Et là, tu avais bien senti qu'il y avait un écart entre ta blessure précédente.
- Coralie Ducher
C'est ça. Et je savais à l'avance que j'avais un déséquilibre au niveau du quad et du quad except et du xycojambier, où mon ratio n'était pas bon. Donc, je me dis, c'est bon, c'est sûr, rupture. Et en fait, le médecin m'appelle, me dit, oui, Coralie, bon, tu avais raison. Il me dit, mais pas que. Et là, je dis... Il me dit, oui, pour t'expliquer, viens au club. Donc, il me sort comme en SVT, là, en bio, le petit truc articulaire. Et là, il me dit, donc, t'as cassé ça, t'as cassé ça, t'as cassé ça, et je tombe dans les pommes. Et donc, à ce moment-là, je dis, OK. Tu fais quoi,
- Arnaud Manzanini
c'est signe de... C'est quoi, à ce moment-là ? Tu fais un malaise parce que c'est quoi ? C'est signe de fin de carrière ? C'est signe de... Pour revenir ?
- Coralie Ducher
C'est signe que c'est pas la même chose que j'ai vécue. Donc, je repars dans... quelque chose que je ne connais pas, où il va me falloir de la force, du temps. À ce moment-là, je me dis, oui, je vais revenir. Je vais revenir, etc. Mais je pense que je n'avais pas conscience de ce qui m'attendait réellement. Et donc, je décide de rentrer me faire soigner en France, parce que je voulais comprendre. J'aurais eu, je pense, que les croisés. Je me faisais opérer là-bas. Je connaissais, donc j'avais un repère. Là, je n'avais pas de repère sur ce qui m'attendait, du moins pas à 100%. Donc, je voulais être au... Je voulais être proche de ma famille, proche de mes amis. Tu voulais retrouver tes repères pour te retenir. Je voulais retrouver tes repères pour rentrer en France. Bon, là, c'est la descente aux enfers, je ne vous le cache pas. Je me fais opérer, ça se passe bien. Le chirurgien me dit qu'on a fait ce qu'on a voulu et pas seulement ce qu'on a pu. Ce qui est très positif, sauf que j'ai un genou énorme. Et là, je me rends compte que je ne vais pas vivre la même chose que la première opération, que ça va être beaucoup plus compliqué. Et je rentre dans une phase où il y a des complications administratives du fait que je joue à l'étranger, que le statut n'est pas reconnu, que ce n'est pas structuré pour être accompagné dans ce sens-là. Bref, je vous passe le détail, mais c'est très compliqué. Et je commence à faire, six mois après, je commence à faire une algodistrophie. Donc, je ne sais pas si vous savez ce que j'ai fait.
- Arnaud Manzanini
Oui, oui. Une réaction que les médecins n'arrivent pas à déterminer l'origine, mais qui est extrêmement pénalisant parce que tu ne retrouves plus ta mobilité comme elle était. Exactement.
- Coralie Ducher
On commence à développer de l'arthrose, les cartilages sèches.
- Arnaud Manzanini
C'est compliqué là.
- Coralie Ducher
Moi, j'ai toujours un genou comme ça. Bref, je retourne habiter chez mes parents parce que vu que je reviens de l'étranger, je n'ai plus de points fixes. Donc, beaucoup de choses qui changent. Et très, très compliqué. Je devais repartir en Australie parce que c'était des contrats de six mois. Et au final, les médecins me disaient, écoute, Coralie, ça va être compliqué. Il va falloir choisir. Est-ce que tu veux arrêter ? Qu'est-ce que tu privilégies ? Et donc là, je privilégie ma santé.
- Arnaud Manzanini
Tu es en béquille ?
- Coralie Ducher
Je suis en fauteuil roulant. Je suis en fauteuil roulant pendant... Je dirais de fin septembre à début décembre presque. Ou même début janvier, je n'ai plus trop de... Il y a des fois, j'ai des pertes de mémoire.
- Arnaud Manzanini
Des fois, le cerveau crie.
- Coralie Ducher
J'avais très très mal en fait. C'était une douleur.
- Arnaud Manzanini
Et on te dit quoi à ce moment-là ? On te dit que t'inquiète pas, c'est passager, ça va revenir, tu vas recourir ? Non,
- Coralie Ducher
clairement qu'on ne sait pas si je pourrais recourir.
- Arnaud Manzanini
Et t'es comment ?
- Coralie Ducher
Pas bien.
- Arnaud Manzanini
Oui, mais... T'es entourée, t'as des joueuses avec qui tu jouais avant. T'es entourée.
- Coralie Ducher
Je viens me voir à l'hôpital. Les joueuses viennent me voir. Je suis entourée par la famille, par mes proches, par ma petite sœur, mon frère, mes amis aussi.
- Arnaud Manzanini
C'est difficile.
- Coralie Ducher
C'est difficile parce que personne d'autre que soi-même peut faire quelque chose. Il faut que le député tienne de soi. Et puis les médecins vous disent,
- Arnaud Manzanini
on ne sait pas.
- Coralie Ducher
On ne sait pas. Ce n'est pas comme si on vous diagnostique quelque chose et qu'on vous dit les solutions pour réparer ça. C'est comme un plan quand on va faire un circuit à vélo. Vous allez vous arrêter là, vous allez avoir un ravito ici. Il faut être bien positionné sur le vélo, bien s'hydrater, bien manger. On vous donne une structure. Là, l'algodystrophie, on vous dit que c'est dans votre tête et il n'y a que vous qui pouvez faire quelque chose.
- Arnaud Manzanini
C'est dur ça.
- Coralie Ducher
Donc c'est très dur et en plus de ça, c'est douloureux. C'est-à-dire que la douleur empêche de se remuscler. Donc il faut savoir s'écouter. Alors le point positif, c'est que j'ai beaucoup appris à m'écouter. Ça m'a servi énormément d'ailleurs quand j'ai commencé à faire du vélo. Mais ça a été très très dur. Et oui, aujourd'hui avec le recul, je pense que j'ai été dans... Je n'ai pas été dépressif, mais j'ai fait une dépression. Alors c'est bizarre de dire comme ça, pas dépressif, mais fait une dépression. Mais pendant... 3-5 ans, tant que je n'avais pas retrouvé un équilibre de vie,
- Arnaud Manzanini
c'était complexe. Quand tu vois la carrière que tu as eue, et d'un seul coup cette blessure, algodystrophie pour ceux qui nous écoutent et qui savent ce que c'est. Moi j'ai un proche qui a eu une algodystrophie au niveau du poignet. C'est chaud quoi, je veux dire, tu as tellement une injustice, parce que tu ne sais pas comment ça se déclenche. Les médecins ne sont incapables de te dire pourquoi toi et pas quelqu'un d'autre. C'est la fatalité qui arrive et là, tu es obligé de subir ça. Est-ce que le vélo arrive à ce moment-là ? Est-ce que le vélo arrive en rééducation ? Et puis après, tu le dis, tiens, je vais sortir. Tu prends l'air, tu y prends goût.
- Coralie Ducher
Pas vraiment.
- Arnaud Manzanini
Pas encore, pas encore.
- Coralie Ducher
Le vélo, certes, en rééducation, oui.
- Arnaud Manzanini
Toujours dans un cadre de rééducation à ce moment-là.
- Coralie Ducher
Toujours dans un cadre de rééducation. Au bout de six mois, je n'en peux plus de faire 20 minutes de vélo sur un home trainer. Je ne vais pas en faire à l'extérieur.
- Arnaud Manzanini
Tu peux mettre une séance de kiné par semaine. Tous les jours ?
- Coralie Ducher
Tous les jours. Pour retrouver de la mobilité. J'en rigolais parce qu'on me disait tu fais quoi ? Je dis j'ai un mi-temps kiné. Réducation.
- Arnaud Manzanini
Ça prend du temps la rééducation. Quand on est blessé et qu'on fait de la rééducation, on se dit ça prend plus de temps parfois que l'entraînement.
- Coralie Ducher
J'ai pris vraiment un an. Après le vélo a toujours fait partie plus ou moins de ma vie, mais à différents formats en fait. Avec un format différent. Mais à ce moment-là, il est toujours en mode rééducation et j'ai qu'une hâte, moi c'est de recourir. C'est de lâcher le vélo. Le vélo, pour moi, c'est les premières bases de ta réduc. Et j'ai envie de recourir. J'ai envie de recourir. Combien de temps ? La première foulée ?
- Arnaud Manzanini
Les premières foulées ? Combien de temps après ?
- Coralie Ducher
Alors, normalement, c'est trois mois. Moi, je crois que j'ai mis neuf. Neuf mois, ouais, à peu près. Parce que j'ai fait quatre mois de fauteuil. Après, il y a les béquilles. Il y a le fait de faire des ondes, de dégonfler le genou pour pouvoir avoir de la fluidité. de la mobilité et ensuite ensuite ouais ouais bien neuf mois sachant qu'avec l'algo ça repoussé donc il ya déjà eu des phases où j'ai pu courir il ya eu d'autres phases où dès que ça se marie c'est l'inflammation 1 ça sera dû par des zones inflammatoires permanente c'est à dire vous dormez votre genou il va s'inflammer vous n'avez pas savoir quoi vous avez vous allez avoir mal et pour rien faire pour rien faire donc c'est délicat mais le vélo me faisait quand même je sentais que le vélo me faisait du bien. Quand je pédalais, ça permettait, parce que c'est un sport porté le vélo, et c'était tout l'intérêt. Vous n'avez pas l'impact au sol qui peut contraindre tout ce qui est articulaire, et qui peut abîmer les cartilages ou les os, ou les ligaments, parce que ça va frotter, ou des choses comme ça. Mais je ne le prends pas comme encore un plaisir, comme je peux le vivre aujourd'hui. Et là, c'est vraiment la décision où je dis voilà. j'arrête ma carrière.
- Arnaud Manzanini
Ça va être ma question, justement. Est-ce que neuf mois après, quand tu refais tes premières foulées, là, tu te dis, finalement, ça va être compliqué, fin de carrière ? Ou est-ce que c'est déjà avant que tu t'aies dit, bon, là...
- Coralie Ducher
Je m'étais donné un an, en fait. J'avais un an de... Je m'étais dit, je me donne un an, et en un an, si j'arrive à revenir, sachant que j'avais quand même des avis médicaux qui n'étaient pas super positifs, on m'avait dit, Coralie, si tu peux recourir. Ça sera déjà bien, mais ça sera peut-être qu'en courant avec tes neveux et nièces ou avec tes amis ou des choses comme ça. Et typiquement, si tu prends le risque de revenir à haut niveau, j'avais 26 ans à l'époque, on me disait à 35 que tu as une prothèse. Donc 35 ans, aujourd'hui j'en ai 40, ça voudrait dire que ça ferait 5 ans que j'ai une prothèse. Aujourd'hui, je n'ai pas de prothèse. Je joue au foot, je cours, je fais du vélo. Sport. Je fais du sport. Pas autant. on va dire, mais je me fais plaisir et je ne peux pas vivre sans sport. Donc, c'est vraiment, ça fait partie de mon équilibre. Donc, c'est vrai qu'aujourd'hui, je n'ai pas de regret d'avoir arrêté, même si, forcément, quand je repense à certaines choses et quand je vois l'évolution, j'aurais aimé arrêter différemment.
- Arnaud Manzanini
Et on vient de chercher pour être derrière le micro, suite à cette blessure. C'était la question, effectivement.
- Coralie Ducher
Suite à cette blessure, je reviens en France. L'Olympique Lyonnais joue en contre OB, le club de Copenhague, en Champions League. Je ne sais plus à quel stade, je ne m'en rappelle plus, mais je connaissais finalement les deux équipes. Olivier Tolakides, qui était à OLTV, me dit que Corani vienne commenter avec lui. Il connaissait les deux joueuses. Je lui ai dit, t'es sûr Olivier ? Il m'a dit, oui, t'inquiète pas, ça va bien se passer. Puis c'est pas diffusé comme ça l'est actuellement, donc potentiellement il n'y avait pas grand monde qui regardait. Donc si je me trompais, c'était pas très grave. Et donc je commence à commenter un match à Gerland à l'époque, de l'OL qui joue contre OB. Et je prends plaisir, mine de rien, je prends plaisir.
- Arnaud Manzanini
Est-ce que tu vois ton sport différemment quand tu commentes ? Même aujourd'hui, je veux dire, est-ce que tu as un regard sur ta carrière ? Et tu te dis, ça je ne l'avais pas vu de cette manière, de par la position que tu as aujourd'hui.
- Coralie Ducher
Je me suis rendu compte que peut-être j'aurais dû regarder plus de matchs à la télé pour être plus performante sur certaines choses. Mais ce qui m'a porté en tout cas à ce moment-là, c'est de continuer à garder un pied dans le sport où j'avais mes repères. Et notamment dans le football, pour garder un équilibre justement. Et au fur et à mesure, je me souviens après ce match-là, je lui ai dit, écoute si tu as d'autres matchs. Je veux le dire.
- Arnaud Manzanini
Ah ouais, c'est cool ça.
- Coralie Ducher
Donc, ça a été un petit tremplin, je pense, pour justement... Est-ce que quelque part,
- Arnaud Manzanini
ça a été aussi l'acceptation de dire, bon, ma carrière est derrière moi ? Tu vois, le fait de passer vers le micro, d'avoir toujours cette continuité, ce fil conducteur avec ton sport, mais de plus être l'acteur, enfin, tu commentes, tu fais partie de l'expérience des téléspectateurs, mais est-ce que ça a été... Je ne veux pas dire plus facile non plus, parce que c'est forcément douloureux, mais est-ce que ça t'a aidé à accepter le fait que ta carrière était derrière toi suite à cette blessure ?
- Coralie Ducher
Ça m'a aidé à faire une transition douce, on va dire, même si aujourd'hui je commente encore. Bien sûr. Je n'ai pas fini cette transition. Non, je plaisante, mais c'est quelque chose qui pour moi est important. En tout cas, encore aujourd'hui, d'avoir la possibilité de côtoyer encore ce milieu-là, il a changé, il a évolué. Il est carrément évolué. Et vraiment, heureusement pour la France et pour le football féminin, même le football européen. L'OL est un club majeur avec neuf types de champions d'Europe, si j'espère ne pas me tromper. Donc voilà, et mine de rien... J'ai participé à ça.
- Arnaud Manzanini
Je voulais dire, tu as participé à ça.
- Coralie Ducher
Donc même si j'ai eu une carrière qui s'est finie prématurément, j'ai eu quand même l'occasion de voir ces évolutions sous un autre angle et d'apporter et de partager. Aujourd'hui, je dirais que je suis plus dans ce besoin de partage et de transmission que vraiment d'acceptation, même si forcément, je pense qu'en arrêtant comme j'ai dû arrêter, Je ne suis pas sûre d'accepter vraiment cet arrêt un jour. Oui, en tout cas, j'ai appris. Tu as laissé l'amertume, c'est logique.
- Arnaud Manzanini
C'est plus que tu m'as écrit, c'est totalement logique. Et alors, tu es basée sur Lyon. À quel moment le vélo arrive ? Enfin, quand je dis le vélo, c'est mes sorties. Parce qu'il y a eu ce projet où tu vas faire le tour du Danemark à vélo avec une amie. Je sais que tu fais plusieurs fois, tu as déjà fait plusieurs fois le Ventoux. Donc, explique-nous le vélo aujourd'hui. Comment il est arrivé dans ta vie ? Parce que je sais aussi que tu roules pour des associations. Et comment tu l'utilises dans ton quotidien ?
- Coralie Ducher
Comment il arrive dans ma vie ? Il arrive par hasard. Parce que ça va parler aux cyclistes, en tout cas ceux qui sont fervents du Tour de France, notamment il y a quelques années. Je travaille chez MaPay.
- Arnaud Manzanini
Ah oui, effectivement.
- Coralie Ducher
Donc je rentre, donc reconversion obligée. À la base, je suis coach sportif. Donc je me retrouve en fin de carrière à ne plus pouvoir jouer au foot. Bien sûr. à ne plus pouvoir démontrer un squat. Donc là, je me dis, ça va être compliqué. Donc, j'ai la chance d'avoir un directeur général qui recherche des profils comme le mien, que j'ai rencontré lorsque j'ai travaillé pour la Gardère à l'OL, et qui me dit, à la fin de ton contrat, moi, je veux te proposer quelque chose et qui me permet de rebondir professionnellement. Et au bout de quelques mois... Pour me récompenser, cette personne-là n'a rien trouvé d'autre que de m'emmener sur une étape du Giro en Italie. Et d'ailleurs, la veille, j'étais à la finale de Coupe d'Europe en train de commenter à Kiev. Donc je rentre à 3h du mat. Je n'ai pas dormi de la nuit. À 6h, j'avais rendez-vous pour partir vers Turin. Je ne sais plus quel col, quelle étape parce que... Moi, tout ce qui m'importait, c'est d'arriver à pédaler et de suivre les personnes avec qui j'étais.
- Arnaud Manzanini
Ah, mais en plus, tu es sur le vélo. Je suis vélo. Ah oui, d'accord. Il me dit,
- Coralie Ducher
je vais te récompenser. Viens avec nous. On emmène des clients. Viens avec nous. Je dis, OK. Donc, j'arrive. Je n'ai pas de vélo, bien évidemment. Donc, on me trouve un vélo. Je n'ai pas de chaussures automatiques. Je n'ai pas de casque. La tenue, une tenue ma paye qu'on me donne. Je n'ai pas de coupe-vent. Je n'ai pas de bidon. Je n'ai vraiment rien. Je suis équipée, mais vraiment de A à Z. Et donc là, la petite anecdote, c'est qu'on me fait monter sur le vélo. J'ai un mec qui me parle en italien. Je comprends ce qu'il me dit, sauf qu'avec la fatigue et tout, je n'arrive pas à répondre. Et j'oublie que j'ai les pieds attachés. Normal. À première chute,
- Arnaud Manzanini
au premier feu, bien évidemment.
- Coralie Ducher
Je tombe, je me fais pas mal.
- Arnaud Manzanini
Donc toutes les personnes qui nous regardent sur le podcast, qui ont vécu cette expérience, n'hésitez pas à commenter. On la comprend, mais...
- Coralie Ducher
Voilà, donc ça. Et là, je me retrouve donc avec des clients qui potentiellement font du vélo tous les jours. qui la plupart font des triathlètes donc j'ai un niveau vraiment autre et j'ai mon directeur général à cette époque qui regarde une certaine personne, vous allez comprendre pourquoi je dis pas le nom encore, qui lui dit en italien mais t'inquiète pas ça va le faire c'est une ancienne sportive de haut niveau Ok, d'accord. Cette personne-là m'aide pendant 20 minutes à une seule main dans un col.
- Arnaud Manzanini
J'imagine que c'est un ancien champion.
- Coralie Ducher
Voilà.
- Arnaud Manzanini
Mais est-ce que toi, tu savais que c'était...
- Coralie Ducher
Bien sûr que non. Bien sûr que non, parce qu'à cette époque-là, je ne suis pas du tout le cycliste. Et le vélo, pour moi, à cette époque-là, quand il me dit que c'est une récompense, moi, je le vis comme un...
- Arnaud Manzanini
Une fiction.
- Coralie Ducher
Pas du tout comme une récompense. Mais je me dis, allez, pourquoi pas ? C'est dans l'ADN de la boîte. C'est du sport, tu vas aller faire une journée à travailler à faire du sport, moi ça m'allait. Et d'ailleurs je me rends compte à ce moment-là que je peux aller travailler et retrouver un travail plus ou moins sportif, en emmenant des clients sur des événements. Donc il s'avère qu'à la fin de la journée je demande quand même qui est cette personne et c'était André Attafi. Ah oui,
- Arnaud Manzanini
je pensais forcément à lui. Bah oui, forcément.
- Coralie Ducher
Donc voilà, bien évidemment. Champion italien. beaucoup de rigolade autour de moi parce que tout le monde savait qui c'était.
- Arnaud Manzanini
Anecdote incroyable.
- Coralie Ducher
Donc voilà, c'est comme ça que j'ai découvert le vélo et du moment où j'ai compris en fait que je pouvais retourner faire du sport tout en travaillant. Et j'ai découvert un plaisir ce jour-là. Parce que ça n'a pas été facile. On a fait 90 kilomètres je crois ce jour-là. Avec je ne sais pas combien de dénivelé. Ça faisait depuis l'âge de 15 ans que je n'avais pas fait de sortie de vélo. Même si j'avais fait beaucoup de réduc, comme vous l'avez compris, mais c'était vraiment une étape de passé. Et en fait, je me rends compte que le vélo peut amener d'autres bénéfices. Déjà, les paysages fantastiques. Parce qu'à monter, je me suis retrouvée aussi toute seule dans la montée.
- Arnaud Manzanini
Oui, c'est beau, mais c'est vrai que c'est magnifique.
- Coralie Ducher
Et en fait, je me suis dit, une prise de hauteur, une légèreté.
- Arnaud Manzanini
Le calme, le silence aussi. Exactement.
- Coralie Ducher
Et en fait, se reconcentrer sur soi. Et savoir, arriver à trouver tout seul finalement les réflexions à avoir. Parce que je peux vous dire que quand on pédale, on réfléchit. Même si on est dans le dur, on admire. Vous avez plein de questions qui vous passent par la tête. Notamment, à un moment donné, je me suis dit, mais qu'est-ce que je fais là ? La fameuse question,
- Arnaud Manzanini
qu'est-ce que je fais là ?
- Coralie Ducher
Quoi, je suis là ? J'avais mal de partout, j'avais des crampes. J'ai découvert les gels.
- Arnaud Manzanini
Pas du tout bon pour l'estomac pour ma part. C'est sûr, je n'en ai pas guéri plus au début, c'est sûr.
- Coralie Ducher
Donc voilà, plein de choses comme ça. Et en fait, je commence à avoir un bénéfice aussi sur mon genou. Je me suis rendu compte que je commence le vélo, je ne peux pas me mettre en danseuse à cette époque-là. Donc je fais tout sur la selle. Et en fait, au fur et à mesure des sorties, parce que deux mois après cette sortie-là, je monte le Ventoux. Entre-temps, j'achète un vélo. pour emmener les clients. Parce que le but était de démontrer...
- Arnaud Manzanini
Ça a été quelque part, oui, le pro t'a permis de retrouver cet équilibre-là. Intéressant.
- Coralie Ducher
Et c'est là où d'ailleurs l'algodystrophie s'arrête.
- Arnaud Manzanini
Intéressant.
- Coralie Ducher
C'est du fait, comme je l'évoquais tout à l'heure, le vélo étant un sport accessible à tout le monde, pas traumatisant. Aujourd'hui vous avez les vélos électriques.
- Arnaud Manzanini
Qui permet d'accéder à faire des cols avec l'assistance.
- Coralie Ducher
C'est ça et je me rends compte à ce moment là en fait que si jamais on est un minimum sportif, un minima sportif, on peut venir et répondre présent aux événements qu'on faisait, qu'on fait avec Mapei quand il s'agit du vélo, que ce soit en vélo musculaire ou en vélo électrique. Il suffit d'adapter les parcours en fait.
- Arnaud Manzanini
Oui bien sûr.
- Coralie Ducher
Et donc, du coup, je me dis si moi, j'ai été capable de le faire, même si je suis une ancienne sportive de haut niveau. En fin de compte, en vélo électrique, la plupart des gens sont capables.
- Arnaud Manzanini
C'est accessible. Et c'est vrai qu'on est peu nombreux à avoir une anecdote comme celle-ci où le premier ride, c'est avec Andrea Taffi.
- Coralie Ducher
C'est le réel. Le réel.
- Arnaud Manzanini
Et qu'est-ce qui t'amène à faire le tour du Danemark ?
- Coralie Ducher
Une expérience au Portugal. Donc, j'arrive après le Covid. Je me mets à faire beaucoup de vélo après ça, parce que je retrouve du muscle, j'ai des douleurs qui disparaissent. Ça me permet de me rééquilibrer. Et aussi psychologiquement, de retrouver une stabilité émotionnelle, professionnelle. Vraiment une structure comme j'avais pu connaître. Et refaire du sport régulièrement sans trauma en fait. Parce qu'à ce moment-là, je ne peux plus courir. Ça me fait trop mal. Je suis en manque de muscles. Donc forcément, mon articulation est moins stable. Et du coup, les douleurs peuvent venir en courant. Donc je me mets vraiment à fond dans le vélo. Et en 2022, je crois, je pars au Portugal faire une expérience pour me recentrer avec moi-même. Donc je pars toute seule. Et à l'époque, c'est Jérôme Cousin. qui fait ces stages-là dans le sud du Portugal.
- Arnaud Manzanini
Exact, il faisait un Algarve avec son ex-compagne, il faisait des stages tout à fait de gravel. Et donc,
- Coralie Ducher
il me fait découvrir le gravel. Ce moment-là, fatigué, je lui dis, écoute, l'itinérance, non. Mais par contre, sur une journée, faire des boucles et tout ça, je découvre le gravel au Portugal, donc il y a pire.
- Arnaud Manzanini
Oui, c'est magnifique.
- Coralie Ducher
C'est vraiment magnifique. Et je retrouve justement ce bien-être. procuré par les paysages,
- Arnaud Manzanini
par la nature,
- Coralie Ducher
par la connexion avec la nature, se retrouver au milieu de nulle part, vous êtes tout seul, vous êtes...
- Arnaud Manzanini
Et puis c'est beau les décors sont...
- Coralie Ducher
C'est vraiment une légèreté, alors je ne dis pas que je n'ai pas la musique des fois quand je roule, ce qui est... Oui mais ça permet d'avoir un peu de...
- Arnaud Manzanini
Vasion tout à fait.
- Coralie Ducher
Mais voilà, toutes ces choses-là, et il me dit tu devrais essayer l'itinérance parce que c'est vraiment quelque chose d'autre.
- Arnaud Manzanini
Un voyage intérieur on va dire aussi. Exactement.
- Coralie Ducher
Et ça me faisait du bien en fait. Ça me faisait du bien. Je parle de ça dans un article avec du progrès. Et la journaliste qui m'interroge me dit « Bon, vas-y, c'est quoi tes prochains projets ? » Et je dis « Pourquoi pas aller traverser le Portugal par la N2 ? » Parce que je savais que ça pouvait se faire, qu'il y avait un côté histoire, et je voulais vraiment essayer ce mode d'itinérance. Et donc elle me dit « Bah non, pas le Portugal, Coralie, tu fasses un truc au Danemark. » Et donc là, elle écrit ça dans l'article. Donc forcément, autour, tout le monde me pose la question. Mais pourquoi tu vas aller traverser le Danemark ? Et ça fait son cheminement dans ma tête. Puis ça me fait un travail sur moi-même, en me disant, en fait, pourquoi ça me dit ? Pourquoi ça me tente ? Pourquoi ? Qu'est-ce que ça peut m'apporter ? Et au fur et à mesure des discussions avec les gens qui étaient autour de moi, je me suis dit, si je le fais, si je vais au Danemark, il faut qu'il y ait un sens. Beaucoup de personnes ne savaient pas pourquoi j'avais arrêté le foot. Parce que pas de réseaux sociaux à cette époque-là, donc pas de communication, j'avais pas fait de jubilé. Et je me suis dit, vas-y, je vais faire un jubilé. Donc là, je me dis, ok, le Danemark, le vélo, le sport qui m'a permis de, entre guillemets, de ne pas retourner avec des béquilles, de ne pas avoir de protènes, donc d'évoluer physiquement. Et je me dis, il me manque l'OL.
- Arnaud Manzanini
Il manque l'OL, je veux les intégrer, c'est ceux qui m'ont permis de faire de mon sport mon métier. Je veux intégrer l'OL d'une façon ou d'une autre. Donc à l'époque, je commande toujours à Wellplay, parce qu'actuellement je commande pour la fédération. Donc à l'époque, je commande toujours sur Wellplay et ils me disent, demande à Wellfondation. Donc je vais voir Wellfondation, je leur dis, je voudrais faire un lien dans le projet, est-ce que vous pouvez me suivre ? Donc, ils m'ont soutenu. Par contre, ils m'ont dit, nous, ça n'a pas d'intérêt que tu le fasses directement avec nous. Si tu veux mettre en avant le sport santé, ils m'ont mis en relation avec les HFME, qui était le partenaire principal de WellFondation à cette époque-là. Donc, ça veut dire qu'ils reversaient les dons principalement à femmes, mères et enfants. Et il y avait un... C'était pour le projet Jardin des Sens et Jardin des Sports. Donc, il y avait ce bien-être par l'alimentation que moi, j'ai pu connaître quand il a fallu que je me... je retrouve un équilibre alimentaire dû aux prises de médocs quelque chose là qu'il y avait aussi dans le vélo parce que tu dois le savoir c'est une alimentation spécifique parce que quand on est dans le dur on est vraiment dans le dur et il y a nos retours dans le vélo et tout ce qui est aussi sport santé mais par étapes et par sur... Se dire que, quel que soit ce qu'on a fait, quel que soit ce qu'on a pu traverser, il faut arriver à retrouver quelque chose qui peut nous faire vibrer. Alors, ça ne nous fera pas vibrer autant. C'est difficile et c'est même rare qu'on retrouve quelque chose qui nous fasse vibrer à 100%. Mais par contre, quelque chose qui va vous redonner goût, c'est un peu extrême, mais qui va nous redonner goût à passer des étapes, à surmonter des obstacles et à reprendre plaisir. pour retrouver son équilibre. Et c'est un peu ce qui s'est passé, c'est ce que j'ai voulu transmettre.
- Coralie Ducher
Tous les éléments étaient... Finalement, tout ce qui... Tu disais tout à l'heure que j'avais besoin de quelque chose qui donne du sens.
- Arnaud Manzanini
Exactement.
- Coralie Ducher
Là, tout était réuni, l'OL, la fondation, le Danemark, tout était réuni.
- Arnaud Manzanini
Donc, je fais le projet du coup pour ça. Je rapporte une somme de 5000 euros, donc que des personnes... Pas d'entreprise, vraiment, des personnes, des particuliers. Donc ça a été une grosse réussite. Je pars avec quelqu'un qui est coach sportif pour la santé, qui donne des cours pour les personnes qui font le cancer et qui ne faisaient pas le vélo. Et en fait, j'ai voulu faire ça parce que je voulais me percevoir, du moins me convaincre que j'étais capable d'emmener quelqu'un qui est de... J'ai un tempérament... J'ai tendance à m'énerver vite et je voulais me canaliser. Le chauffeur du bus m'appelait Pic Bull. Quand vous allez faire un projet comme ça, les jugements que vous pouvez avoir sont « toi tu as été sportif de haut niveau, tu vas y arriver » . Oui, mais je ne faisais pas du vélo, en fait. C'est autre chose. Ce n'est pas le même effort. Ce n'est pas la même organisation. Je suis partie en backpacking. En dormant dans des shelters, c'est des cabanes en bois. Vous n'avez pas d'eau potable. Votre principal but de la journée, c'est de trouver à manger, de savoir où vous allez dormir. Parce que ça, ce n'était pas planifié. Mais il y a eu quelques mésaventures.
- Coralie Ducher
Ça fait partie aussi du... Avec le dérailleur. Voilà, j'ai vu ça. Mais ça fait partie aussi de... quelque part ce qu'on va chercher, et surtout c'est ce qui fait qu'on s'en souvient, ces moments, alors on se souvient des levées de soleil, des couchers de soleil, ça c'est sûr, mais on se souvient surtout des problèmes qu'on a eus, et puis finalement on a trouvé des solutions.
- Arnaud Manzanini
Moi je me souviens beaucoup de la pluie et du vent en pleine face au Danemark, parce que je peux vous dire que quand je l'ai eu dans le dos,
- Coralie Ducher
ça a été cool. Est-ce que ça a révélé des choses en toi, cette aventure à vélo ?
- Arnaud Manzanini
À ce moment-là de ma vie, ça me redonne confiance en moi, du fait que je sois capable de nouveau dans l'inconnu et de pouvoir emmener quelqu'un dans l'inconnu et d'atteindre l'objectif. Ça m'a permis à ce moment-là de me remettre un boost dans la confiance en moi, de me rebooster au niveau de la confiance en moi. Et notamment sur des parallèles qu'il peut y avoir entre le sport et une entreprise. C'est vrai qu'on en parlait en off tout à l'heure. On dit souvent qu'il y a beaucoup de parallèles. Et ce qui est vrai, le sport et l'entreprise sont sur beaucoup de choses. On reste avec des profils différents parce qu'on n'a pas été formatés pareil. Les schémas de vie ne sont pas les mêmes. Donc on reproduit des choses qui en entreprise, il faut adapter. Et ça sera toujours à nous de l'adapter. Donc voilà, j'avais peut-être un manque de repère sur le fait de comprendre que les gens en face de moi ne peuvent pas être aussi perfectionnistes, n'avaient pas forcément le même engagement, et qu'il fallait que j'ai une communication qui est autre que celle que j'avais pu avoir sur le terrain.
- Coralie Ducher
Il fallait un peu temporiser. Ce que tu veux dire, en fait, c'est qu'effectivement, quand on est une ancienne championne de haut niveau, on a l'exigence. C'est ce qui fait que tu as été championne. L'exigence, le détail, la motivation, l'ambition. Et dans l'entreprise, même si, comme tu l'as dit, il y a beaucoup, beaucoup de valeurs que tu peux dupliquer. Mais il y a aussi le fait que quand on était en club, toi, j'imagine que quand vous rentriez sur le terrain, toutes, vous n'aviez qu'une envie, c'était de gagner. quoi, voilà. Alors que parfois, oui, en entreprise, tu peux avoir des personnes qui ont un niveau d'exigence qui est en deçà. Et parfois, ça peut être difficile de comprendre, d'accepter et il faut temporiser.
- Arnaud Manzanini
Et que, comme je l'évoquais, moi, j'ai la chance dans une entreprise qui a un ADN sport. Donc, ces valeurs-là et les gens qui sont recrutés, normalement, sont recrutés parce qu'ils ont ces valeurs-là. Donc c'est moins compliqué que dans une entreprise lambda qu'il n'y a pas cet ADN-là. Mais quand même, c'est des schémas. Et puis il faut arriver à transmettre le fait qu'on ne fonctionne pas pareil. Oui,
- Coralie Ducher
c'est vrai, c'est vrai,
- Arnaud Manzanini
c'est accepté. Et pas forcément, moi je ne m'attendais pas à ça, on n'a pas été accompagné pour expliquer comment ça fonctionnait. Même si j'ai été accompagné. Chez Mapeigne, il n'y a pas de problème. Une anecdote, un jour, on me dit qu'il faut que tu poses des RTT. Je dis, mais c'est quoi des RTT ? Parce que dans le foot, on n'a pas de RTT. On vous dit, vous êtes en vacances de telle période à telle période. Et encore, quand vous êtes en vacances, on vous dit, il faudra que tu fasses un programme.
- Coralie Ducher
Il faudra que tu gardes la forme physique.
- Arnaud Manzanini
Donc, c'est des petits trucs administratifs qui sont nouveaux, qu'il faut gérer. Donc, non, c'est...
- Coralie Ducher
C'est très intéressant ce parcours. C'est vrai qu'on voit comment le vélo est arrivé dans ta vie. Au début, c'était un support. Quand on disait « va faire du vélo » , en gros, c'est parce que tu avais été blessée.
- Arnaud Manzanini
C'est ça.
- Coralie Ducher
Et puis, c'était intéressant de voir comment il est arrivé dans ta vie. Il y a aussi le fait qu'il t'a permis aussi de te reconstruire.
- Arnaud Manzanini
Tout à fait.
- Coralie Ducher
Personnellement, est-ce qu'aujourd'hui, c'est quoi ? Tu vis sur Lyon. Est-ce que tu roules régulièrement sur Lyon ? Ou est-ce que toi, tu vas rouler sur des extérieurs ? Comment tu roules aujourd'hui ?
- Arnaud Manzanini
Déjà, aujourd'hui, j'ai trois vélos.
- Coralie Ducher
totalement mordu, là c'est totalement la mise de doigts dans l'environnage.
- Arnaud Manzanini
J'ai commencé par acheter un vélo à la base pour me déplacer, et je me suis vite rendu compte que je ne pouvais pas faire grand chose sur des grandes sorties, du coup qui a fini sur le home trainer, forcément, donc aujourd'hui j'ai aussi une autre façon de voir le home trainer, qui est plutôt dans un réveil musculaire, plutôt qu'autre chose, parce que plus on vieillit, plus il faut s'entretenir, c'est ça qu'il faut dire. Donc ça, j'ai acheté un vélo de route juste après avoir fait le Giro pour aller monter le Ventoux parce que j'ai vite compris que d'avoir son propre vélo, j'ai eu des bonnes opportunités. Ce qui est rigolo, c'est qu'André Attafi avait gagné Paris-Roubaix en 1998,
- Coralie Ducher
je crois. Je sais qu'il a gagné.
- Arnaud Manzanini
J'ai un vélo spécialisé Paris-Roubaix, donc c'est rigolo. Et dans deux semaines, je fais le challenge Paris-Roubaix. Je ne suis pas sûre d'y arriver parce que je ne suis pas très entraînée. Mais bon, c'est assez marrant. Et suite à mon voyage au Danemark, je me suis fait prêter un vélo, un Gravel. Parce que comme tu l'évoquais tout à l'heure, c'est quand même un investissement. Donc, suivant le niveau et la performance qu'on veut. qu'on veut avoir ou ce qu'on veut faire avec un vélo, forcément, il y a tous les budgets. C'est ça qui est intéressant aujourd'hui, parce que ce n'était pas forcément le cas aussi avant. Du coup, j'ai acheté un gravel. Le vélo sur lequel j'ai fait le Danemark, en fait, j'ai eu zéro douleur. J'ai fait des études posturales, etc. Pour ceux qui font du vélo régulièrement, ils savent que quand vous avez un vélo, vous avez zéro douleur. Quand vous faites 800 km, il faut le garder. J'ai acheté le gravel.
- Coralie Ducher
Génial. C'est une... C'est une belle histoire, j'ai bien fait d'inviter sur le podcast, je savais qu'il y avait des choses à sortir de ce rendez-vous. Est-ce que tu peux peut-être un dernier message à faire passer aux auditrices ou aux auditeurs en lien justement avec le vélo ou juste ton parcours, mais en tout cas quel message tu aimerais leur faire passer ?
- Arnaud Manzanini
Je pense que le vélo aujourd'hui en tout cas à Lyon peut être très bien perçu comme mal perçu par rapport aux différentes structures qui sont mises en place. Moi, je dirais juste qu'il faut être ouvert d'esprit, surtout, et trouver comment le vélo peut nous donner du positif. Si c'est par le transport, il faut l'utiliser par le transport. Si c'est une façon d'aller chercher des ressources ou de la nature, vous avez aussi des modes de vélo qui peuvent s'adapter. et après si vous aimez la compète essayer quand même, c'est sympa aussi
- Coralie Ducher
Un grand merci à toi je te souhaite tout le meilleur pour ton prochain défi le Paris-Roubaix Challenge dans quelques jours, quelques semaines on va suivre ça et puis au plaisir de rouler, pourquoi pas, avec toi sur les routes lyonnaises un grand merci d'avoir accepté cette invitation du temps qu'il nous a consacré et puis je te souhaite tout le meilleur pour la suite Merci à vous aussi S'il y a une idée à retenir de cette discussion, c'est peut-être celle-ci Regarder les pros peut inspirer Merci. Mais ce n'est pas forcément la meilleure façon de s'entraîner. Parce que derrière ce qu'on voit à la télé, il y a des années de construction, d'entraînement, du volume énorme et une réalité qui est très loin de celle de la plupart des cyclistes. L'important finalement, c'est peut-être de trouver l'entraînement qui correspond à son temps, à son objectif et au plaisir que l'on peut prendre sur le vélo. Merci d'avoir passé ce moment avec nous. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager. Et je vous donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel épisode du podcast Tous en selle. Merci.