- Arnaud
Et si votre passion du vélo prenait une nouvelle dimension ? Rejoindre la Fédération Française de Cyclotourisme, la FF Vélo, c'est bien plus que rouler à vélo. C'est partager des sorties conviviales, c'est progresser grâce aux conseils des plus expérimentés, partager aux plus jeunes qui souhaitent se développer, mais c'est aussi profiter de milliers d'événements. Adhérer, c'est aussi bénéficier de nombreux avantages, de formation, dans un cadre qui donne encore plus de sens à chaque coup de pédale. Alors, êtes-vous prêt à trouver un club ? Pour cela, rendez-vous sur le site ffvélo.fr et rejoignez la grande communauté des cyclotouristes. FF Vélo, le vélo ensemble. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour un nouvel épisode du podcast Tous en Seine. Alors le podcast, vous le suivez, donc un grand merci pour votre fidélité. Le sujet qui nous concerne, ce sera les femmes, justement les femmes à vélo. Et pour ça, je suis accompagné de Camille. Salut Camille.
- Camille Pic
Salut Arnaud.
- Arnaud Manzanini
Comment ça va ?
- Camille Pic
Ça va super, et toi ?
- Arnaud Manzanini
Je sais que c'est un sujet qui te tient à cœur parce que... Depuis qu'on se connaît, on a enregistré plusieurs épisodes, beaucoup d'épisodes sur ce sujet. Mais je trouve que c'était l'occasion, le moment de faire un point un peu. Depuis qu'on se connaît, depuis qu'on enregistre des épisodes ensemble, on a beaucoup parlé des femmes justement et du cyclisme. Quel constat on pourrait faire ? D'où est-ce qu'on vient ? Où est-ce qu'on va ? Et toi, justement, tu es bien placé pour nous en parler parce que c'est aussi ton activité professionnelle d'enseigner. aux femmes et aux petites filles. Voilà, donc la pratique, on a la sensation qu'elle progresse, mais est-ce que ça va assez vite ?
- Camille Pic
Alors, à mon goût, non. C'est bien pour ça qu'on en parle aujourd'hui, et c'est bien pour ça que moi j'ai monté une école de vélo qui est uniquement pour les femmes et les filles, parce que je pense que ça peut être un des vecteurs. Il faut savoir que moi j'ai commencé le vélo il y a une dizaine d'années, J'ai. commencé à travailler dans l'industrie du vélo à peu près au même moment aussi je trouve qu'en 10 ans ça a quand même radicalement changé et c'est super super positif, c'est vrai qu'il y a 10 ans quand j'étais quand je rejoignais un groupe pour aller rouler, les groupes sociaux etc j'étais très souvent la seule femme au départ des cyclosportives on était souvent 2 ou 3 dans le sas voire on te regardait un peu comme si tu t'étais perdue aujourd'hui ça n'a rien à voir moi et à chaque fois que j'assiste au départ d'une course de vélo ou que je vais sur un événement vélo aujourd'hui parce que ces deux dernières années j'ai plutôt regardé les gens faire du vélo que j'en ai fait mais ça me fait vraiment super chaud au coeur et je suis très contente et enthousiasmée par l'aspect que prend le vélo, voilà moi c'est aujourd'hui ce que je constate, c'est du doigt mouillé mais je pense que Tu as peut-être plus de chiffres que moi, en tout cas sur l'Ultra, et que ça ne ment pas.
- Arnaud Manzanini
Oui, j'ai quelques chiffres, que ce soit sur l'Ultra, mais aussi sur d'autres organisations. Déjà, effectivement, je te rejoins, ça avance bien, mais probablement pas assez. Tu as utilisé le mot radicalement. C'est vrai qu'on n'est plus du tout dans... Il y a dix ans, il y a déjà le Tour des France Femmes qui est arrivé, qui a fait un gros coup de boost, et en plus, c'est une Française qui gagne. Autant dire qu'en France, Je ne sais pas d'ailleurs s'il y a un vrai impact. Probablement qu'il y a eu des études qui ont été faites pour ça. Mais suite à la victoire de Pauline sur le Tour de France Femmes, quel impact ça a eu sur la prise de licence l'année d'après, quelles que soient les fédérations. Peut-être que d'ailleurs notre partenaire, la FVVélo, pourrait nous donner la Fédération française de cyclotourisme, a pu mesurer cet impact. Mais probablement, beaucoup de courses, effectivement, du Brawl Tour féminin sont diffusées. soit la veille, soit un peu avant ou un peu après les courses pour les hommes, et les spectateurs sont au rendez-vous, que ce soit au bord des routes, les téléspectateurs sont au rendez-vous parce que l'audience est juste exceptionnelle. Donc si tu parles déjà de la visibilité, forcément ça va attirer les marques. Donc si les marques poussent elles aussi... parce qu'il y a du business à faire, forcément, tu boucles un peu la boucle. Le truc, il est lancé. Je trouve que c'est très bien, d'autant plus que tu vois un Nike qui revient dans le vélo, notamment en poussant la numéro 1 mondiale d'Emi Völlering, en faisant du storytelling. C'est hyper bien monté, c'est hyper bien fait avec l'équipe FDJ Suez. Franchement, je pense qu'aujourd'hui, les gens prennent autant de plaisir à regarder une course féminine qu'une course masculine. Enfin, en tout cas pour moi, je regarde de la même manière.
- Camille Pic
C'est sûr que tu vois, sur les audiences du Tour de France Femmes, je reprenais les chiffres, 26 millions de Français ont regardé au moins une minute du Tour de France Femmes. Il y a quelques années, quand on avait encore que la course by le Tour, qui était une course qui se courait en levée de rideau de l'étape des Champs-Élysées.
- Arnaud Manzanini
De la dernière étape.
- Camille Pic
Donc, ouais, de la dernière étape du Tour, qui était diffusée le matin, à midi. Moi, je me rappelle même, il y a... y avoir été, mais je vais être un peu crue, mais personne n'en avait rien à foutre. Et pourtant, les coureuses se battaient. Il y avait pourtant des coureuses incroyables. Il y avait Marianne Vos qui était déjà là. La verté de crépération. Non, mais ce que je veux dire, c'est que moi, entre il y a dix ans, mais vraiment, ça n'intéressait personne. Et là, maintenant, le monde qu'il y avait cette année sur les routes du Tour de France, en dehors de ces 26 millions de téléspectateurs, le monde sur les routes, Et le public, des familles, des enfants, plein de femmes. C'est incroyable. Sur ça, cet engouement. Et merci mille fois, je pense, Pauline, pour ça. Et d'ailleurs, toutes les autres Françaises.
- Arnaud Manzanini
Toutes les Françaises, puis les équipes aussi. Les équipes,
- Camille Pic
puis la FDJ. Il y a des infrastructures aujourd'hui.
- Arnaud Manzanini
Il y a des infrastructures pour ça. Donc certes, la masse, quand je dis la masse, c'est la base en fait. C'est plus la base. C'est-à-dire le nombre de filles, le nombre de femmes qui vont faire du vélo. forcément, ça sera de plus en plus visible. Après, il y a la compétition, il y a le tourisme, il y a l'aventure. Tout dépend, mais on voit de plus en plus de filles qui se lancent. Je ne parle pas de performance. Je suis loin de la performance. Je parle juste du nombre de filles, de femmes aujourd'hui qui font du vélo. Et elles sont de plus en plus nombreuses. Ça, c'est indéniable. Après, tu me posais la question sur les stats. Ce que je sais, c'est que sur une étape du Tour, par exemple... Alors maintenant, au moment où on se parle, il y a une étape du Tour. homme et une étape du tour femme. Les hommes peuvent participer à l'étape du tour femme et les femmes peuvent participer à l'étape du tour homme. Enfin, normale, d'ailleurs. Étape du tour, étape du tour femme. Sur l'étape du tour, celle qui a lieu en juillet, sur une étape du tour masculin, c'est à peu près 15%. Il y a 15% de femmes au départ. Je sais qu'ASO pousse énormément en faisant des partenariats avec des communautés féminines ou avec des marques. Alors, je sais qu'ils ont travaillé avec le Jinson aussi à un moment donné. Ils avaient créé une équipe, justement, et qui avait été mise en avant. Ils ont travaillé avec Céline de Wilma également pour essayer de trouver, justement, des solutions pour faire en sorte qu'il y ait de plus en plus de femmes au départ de l'étape du Tour. En ultra, nous, ce qu'on peut constater, c'est qu'en moyenne, c'est entre 15%, pareil, 12-15%. Mais là, ce qui est particulier, c'est qu'on voit une vraie différence en fonction des pays. Je ne sais pas si je peux dire de la temporalité, c'est-à-dire à quel moment l'épreuve est placée dans la saison. Mais par exemple, tu vois, sur Racecross Québec, on a 21% de femmes. C'est notre meilleur score.
- Camille Pic
Le Canada, même en VTT, notamment à Whistler, qui est une grosse destination VTT, il y a quasiment autant de femmes qui rident et qui rident vraiment très très fort.
- Arnaud Manzanini
Alors, ça roule très très fort.
- Camille Pic
C'est vraiment un pays où les femmes sont encouragées de leur... plus jeune âge à faire du vélo, du vélo multipratique. On a fait un épisode sur les enfants, mais tu vois, il y a vraiment, je pense, cette culture-là.
- Arnaud Manzanini
C'est le dehors en fait. C'est peut-être dehors.
- Camille Pic
Il y a un truc aussi où je pense que tu vois, dans le constat qu'on fait, et là, il y a un truc qui est un peu paradoxal qui est en train de se passer. Depuis le départ, vous voyez qu'on vous parle de performance. Là, quand on parle de Pauline, c'est la performance. Quand on parle d'ultra-distance, c'est la performance. La course à pied qui est aujourd'hui très populaire. et une quinzaine d'années. Et ce qui a fait venir beaucoup de femmes à la course à pied, c'est des petits événements, petits en termes de distance. C'est le 5 km de la Parisienne, qui était une grande course dont les profits étaient reversés pour la lutte contre le cancer du sein. Et je pense que toutes les filles qui font du running ont fait la Parisienne. Moi, je suis un peu venue au running par ça. Et je pense que là, en vélo, on a aussi ce truc de... Aujourd'hui, les femmes qui viennent faire du vélo, il y en a beaucoup qui rentrent par cet angle de... la course, la perf, etc. Alors que c'est plein d'autres choses que ça.
- Arnaud Manzanini
Du coup, je pense que pour débloquer...
- Camille Pic
sur le travail des fédés, il va y avoir aussi cet enjeu-là de se dire comment est-ce qu'on fait des événements, pas forcément des courses, mais en tout cas des événements qui sont accessibles à tous, qui vont leur permettre de découvrir le vélo sans rentrer tout de suite. Tu vois, on parle étapes du tour, étapes du tour femmes, c'est quand même des courses super élites pour lesquelles il faut être sacrément préparé. On ne parle même pas de la RAF. Enfin, tu vois, je pense qu'il va aussi falloir, si on veut, que les femmes s'y mettent. Même les triathlons, en ayant des formats plus petits, des XS, des S, etc. Tu vois beaucoup de femmes sur les XS et les S, tu les vois, on commence à en voir plus, mais sur les publics Ironman, ça reste quand même beaucoup d'hommes.
- Arnaud Manzanini
D'ailleurs, je crois que Ironman, je suis une personne sur LinkedIn qui a fait une communication ce matin qui disait qu'effectivement à Nice, par exemple, c'est 9,2% de femmes. C'est faible, c'est vrai. C'est vraiment très faible, vu la portée de l'événement,
- Camille Pic
etc. Après, on arrive peut-être au premier point, tu vois, très concret, parce que là, je te parle de ce truc très perf, etc. Nous, on rentre un peu dans le vélo, c'est un peu notre approche. Mais pourtant, de manière statistique, les femmes, elles n'ont pas du tout autant de temps que les hommes pour s'entraîner. Et on le sait, le vélo, c'est un truc qui prend du temps. Si on veut être prêt, si on veut se préparer pour une épreuve.
- Arnaud Manzanini
Ça prend du temps. Autant le running, comme tu disais, tu as une période basket, tu vas courir une demi-heure, tu es content, tu as fait ton activité. Exactement. Une demi-heure de vélo. Là, on parle d'un vélo dans une activité sportive, pas un déplacement urbain. Oui. Une demi-heure, bon. tu le fais pas tu vas le faire une fois parce que t'as un rendez-vous où t'es pris par le temps mais tu vas pas le refaire tout au long de la saison ça nécessite plus d'une heure, une heure et demie, deux heures voire 5h, 8h, une demi-journée exactement et je pense que t'as raison en tout cas de positionner ce que tu viens de positionner en disant il n'y a pas que le top du top et peut-être juste revenir déjà dans on parle de déplacement urbain on est à Lyon pour moi je ne vois aucune différence je dirais même plus, je vois même plus de nana à vélo que de mecs parfois, quoi, tu vois. Donc déjà, dans le déplacement urbain, est-ce qu'on a des chiffres à donner ?
- Camille Pic
Aujourd'hui, pourtant, alors je pense que Lyon, c'est peut-être un constat un peu particulier, parce qu'aujourd'hui, si on regarde les chiffres clés qui sont sortis de la dernière étude Strava, qui date de 2023, il me semble, donc qui reste assez récente, les femmes, déjà en moyenne, elles passent 54% de moins de temps sur le vélo que les hommes en France. Et en général, le chiffre Europe, il est autour de 50%. de temps en moins. Donc pourquoi ? Tout ça c'est des raisons structurelles, c'est s'occuper de la famille, s'occuper des enfants, s'occuper des tâches ménagères etc. Les femmes ont moins le temps de faire du vélo. On sait aussi qu'après il y a l'aspect existant dans l'espace urbain, elles sortent moins tôt le matin ou tard le soir. Et c'est vrai que tu vois à Paris, des mecs qui vont au polygone à Longchamp. très tôt le matin ou très tard le soir. Il y en a beaucoup, beaucoup, tu vois, beaucoup moins de femmes.
- Arnaud Manzanini
Je suis d'accord.
- Camille Pic
Donc ça, ça joue aussi. Il y a davantage de freins, même en agglomération. C'est prouvé qu'elles sont moins nombreuses à se déplacer en vélo dans les villes. Et voilà, il y a tous ces freins. Bon, il y a le frein sécurité, infrastructure. On a fait un épisode sur les villes cyclables en France.
- Arnaud Manzanini
C'est un peu le retour d'ailleurs.
- Camille Pic
On sait qu'on a l'amour là-dessus. Pour les femmes, pour les enfants, les infrastructures, c'est d'autant plus important. Il y a bien sûr la charge mentale. Il y a aussi ce côté regard social. On en parle dans les épisodes sur se mettre au vélo, l'éducation au vélo, etc. Il y a beaucoup plus de femmes adultes qui ne savent pas faire du vélo que d'hommes. Nous, quand on fait de la remise en selle, c'est entre 92 et 98% de femmes qui n'ont jamais fait du vélo de leur vie ou qui en ont fait un tout petit peu puis qui ont arrêté.
- Arnaud Manzanini
Qu'est-ce qui les attire alors ? Pourquoi elles se lancent maintenant ?
- Camille Pic
Il y a beaucoup l'aspect indépendance, déplacement. Après, il y a un sujet aussi du coup de la voiture. Voilà, pour se déplacer en ville aujourd'hui,
- Arnaud Manzanini
c'est un sujet. Les vélos peuvent être équipés ou le sont déjà pour emmener un enfant, emmener deux enfants, voire même trois enfants de bas âge. Aujourd'hui, tu peux te déplacer. Alors là, on est en ville, mais c'est un vélo. Donc, tu l'utilises en ville ou ailleurs comme tu veux. mais aujourd'hui... tu as des vélos qui te permettent de te déplacer en famille.
- Camille Pic
Tout à fait. Tout à fait. Donc, il y a cet aspect-là. Il y a pouvoir se déplacer en ville en sécurité, je pense, qui rentre en compte. Puis après, il y a tout cet aspect, un peu le regard des autres. Est-ce que ça va aller ? Est-ce que moi, je ne sais pas très bien faire du vélo ? Et si je tombe ?
- Arnaud Manzanini
Et si je crève ? Ça aussi. C'est vrai que je me souviens que Céline de Wilma avait fait une étude. sur comment les filles, comment les femmes arrivent au vélo en fait. Et ça vient souvent par un homme. soit leur père, qui leur a transmis une passion, soit leur mec qui fait du triathlon, ou elles prennent un vélo pour l'accompagner. Et c'est souvent le point d'entrée, c'est en tout cas pas la majorité des femmes qui se disent « j'ai envie de faire du vélo, j'y vais » , c'est « c'est mon père, c'est mon mec » , ça arrive souvent comme ça.
- Camille Pic
Et le travers de ce truc-là, c'est très vrai, on le voit, et quand on fait des ateliers méca, Les filles te disent, en fait, je roule tout le temps avec mon mec, mon père, mes potes, y compris. Et c'est très marrant, on a fait un atelier méca ensemble avec Nathalie Bayon il n'y a pas très longtemps. Elle disait, ouais, en fait, moi, pendant super longtemps, je roulais avec mon père. Donc, c'est mon père qui changeait mes chambres, etc. Et un jour, il a fallu qu'elle s'y mette. Mais elle s'est mise super tardivement. Et je pense qu'il y a plein de choses comme ça qui, dans la pratique, vont faire que tu y viens plus tard. Ou que tu vois même se servir d'un GPS. Moi, j'avais halluciné quand on avait fait le premier stage au Terrasse du Lac. Généralement, c'est mon mec qui a mis le GPS. Il y avait très peu de filles qui savaient mettre leur trace sur leur GPS. Et du coup, c'était, ouais, c'est mon mec qui me le fait toujours. Ou c'est le GPS de mon mec. Moi, ça m'avait semblé lunaire parce que c'est la portée symbolique de c'est mon mec qui a le GPS, c'est mon mec qui sait mettre la trace, c'est le GPS de mon mec, j'ai même pas mon GPS. Mais ça m'avait semblé lunaire. Liberté, autonomie. Je suis venue à la pratique. parce que je faisais la course à pied, j'ai voulu faire du triathlon, j'ai acheté un vélo de route, et je suis pas venue avec un homme ou mon père, tu vois, la pratique, je suis venue vraiment toute seule. Et je me rends compte que dans mon apprentissage de la mécanique, de la technologie, tu vois, savoir comment marche mon capteur de puissance, savoir... Bah en fait, j'y suis venue beaucoup toute seule. J'ai eu... Enfin, j'ai un compagnon qui fait du vélo, etc. Mais c'est limite, genre, moi, je suis contente que ce soit plus... Moi, mon domaine d'expertise, et lui, son domaine d'expertise, mais c'est mon truc à moi, et je sais plein de trucs, et j'ai acquis ces compétences toute seule, et ne pas avoir quelqu'un qui fait pour moi, ça m'a forcé à aller chercher. Et du coup, on le voit quand on prend les filles en stage toute la semaine, et qu'on fait des ateliers méca, qu'on fait de la maniabilité, qu'on leur apprend à mettre la trace sur le GPX, mais elles...
- Arnaud Manzanini
Elles rentrent, ce sont des femmes différentes.
- Camille Pic
Bah ouais, parce que je peux rouler que avec des femmes, je peux aller rouler toute seule, je sais réparer, tranquille. Et genre ça, c'est vraiment... C'est mon GPS,
- Arnaud Manzanini
je sais pas si c'est une trace, non mais c'est une détaille, mais je suis autonome.
- Camille Pic
Je trouve ça trop important pour le déléguer à qui que ce soit, quoi. Je sais pas.
- Arnaud Manzanini
On s'en souviendra. On s'en souviendra dans le futur, on va dire début des années 2000, 2020, 2025. Les femmes ont su mettre un GPS. Mais je suis d'accord avec toi. On voit encore trop de filles, de femmes, qui n'osent pas rouler seules pour des questions de mécanique. Est-ce que je vais savoir me repérer ? Si j'ai un problème sur mon GPS, comment je vais rentrer ? Et pourtant, ça permet d'aller rouler seule, de se confronter, d'apprendre. Et ça peut avoir un impact sur la confiance en soi.
- Camille Pic
Et je pense que c'est vraiment le rôle... des clubs, des écoles, même des marques, d'aider des communautés, d'aider les femmes à acquérir ces savoirs-là. Parce qu'elles n'iront pas forcément le chercher. Et c'est très compliqué moi je trouve des fois d'apprendre des choses auprès de ton compagnon parce que c'est pas forcément le plus grand pédagogue ou ton père ou ton machin et t'as tendance à déléguer ça. Et ça je l'entends parfaitement. Mais du coup te dire, je peux aller apprendre en autonomie si jamais j'ai pas envie de l'apprendre avec... Avec X ou Y qui est proche de moi ou mes potes, peut-être que je me sens plus à l'aise dans un cadre où c'est féminin et où c'est fait pour et je vais pas avoir peur de poser une question bête. Nous c'est un truc qu'en tant que femme qu'on a beaucoup, tu vois, ce truc de genre on a honte, on a honte de pas savoir, on a honte de demander, on a honte de refaire, etc. Et du coup, enfin voilà, je le vois quand on propose des ateliers 100% féminins sur des thématiques précises. Les filles sont hyper contentes et elles peuvent apprendre vraiment sans se sentir jugées du tout.
- Arnaud Manzanini
C'est vrai que je suis en phase avec tout ce que tu dis, mais ce qu'on peut dire aujourd'hui, c'est qu'il y a un tour de France Femmes, il y a une grosse visibilité, mais ça reste encore fragile, ce n'est pas vraiment encore suffisant. Justement, tout ce qui est sécurité, infrastructure, est-ce que là, tu sens que le mouvement est lancé ? et qu'on est vraiment dans la bonne direction pour ça.
- Camille Pic
En cyclisme pro ou en général ?
- Arnaud Manzanini
De manière générale, parce que le cyclisme professionnel, ça va être un peu l'arbre qui cache la forêt. Certes, c'est bien, on voit que ce côté professionnel, ça n'a plus rien à voir. Mais est-ce que les étages en dessous, sans aller sur le cyclisme amateur, est-ce que le cyclisme amateur aujourd'hui en France est aussi bien structuré chez les hommes que chez les femmes ? Je pense qu'il y a encore du retard. Mais là, je pense que le gap est encore plus important.
- Camille Pic
Clairement.
- Arnaud Manzanini
Et puis encore en dessous, juste dans le déplacement, la mobilité. Est-ce que là, ça avance ? Mais c'est encore non.
- Camille Pic
Pour les équipes pro, donc les équipes qui sont sur le Women's World Tour, qui sont UCI, ça commence à devenir vraiment chouette. Il y a vraiment le salaire minimum, cette diffusion télé, les recours. Les équipements, j'en ai vu sur les équipements. Et les équipements entiers qui vont à fond, tu vois. Il y a des super vélos, il y a du super matos.
- Arnaud Manzanini
Il y a encore des équipes professionnelles où les filles avaient leur propre matériel. Là maintenant, tu vois que le matos a vraiment évolué. Tu vois que les équipes hommes... ont l'équivalent en femmes, en fait, c'est-à-dire qu'une marque, tu vois, Decathlon cette année, je crois qu'ils ont même lancé leur équipe féminine, et c'est même à la limite, tu te dis, mais quand tu vois une équipe homme, tu te dis tout de suite, tiens, chez les femmes, il y a qui ? Ah non, mais il n'y a pas d'équipe femme, comment ça, il n'y a pas d'équipe femme ? Oui,
- Camille Pic
il y a maintenant cette obligation UCI, tu vois, quand tu as ton équipe World Tour, tu dois avoir ton équipe femme, mais après, en termes de salaire, on est à des années-lumière. et de prize money, etc. On est à des années-lumière. Il faut savoir que le salaire minimum chez les femmes en 2023, c'était 32 000 euros. Chez les hommes, je pense qu'on est à 70 000 à peu près. Moi,
- Arnaud Manzanini
j'avais été choqué. Donc là, on reste encore un peu chez les professionnels et après, on descendra. Mais j'avais été choqué quand j'avais lu le cash... le cash price de cette Française qui a gagné deux étapes sur le Tour de France cette année. Et je me suis dit... elle a fait tout ça pour ça je crois qu'elle avait gagné deux étapes et le gain alors ce qu'il faut savoir c'est que les professionnels quand ils gagnent derrière c'est pas pour eux directement sur les grands tours comme ça tout est repartagé dans les équipes et qu'au final c'est même le staff qui bénéficie d'une victoire d'une athlète ce qui est logique parce que tout le monde participe et sur les grands tours c'est comme ça mais je crois que la victoire de deux étapes du tour c'était
- Camille Pic
5000 balles ouais c'est vraiment aujourd'hui très peu alors qu'un homme Ils gagnent beaucoup plus. Mais encore une fois, on se parle quand même de filles qui peuvent en vivre aujourd'hui. Ce qui n'était pas le cas en 2020. Mais par contre, pour redescendre un peu, redescendre la tour, déjà pour les équipes Conti, c'est beaucoup plus fragile. Et pour le cyclisme amateur, c'est vraiment une galère. Il y a très peu de clubs qui aujourd'hui ont les effectifs pour pouvoir offrir des sections femmes. Donc ça, c'est vraiment très dur. Et après, même nous, dans la vie de tous les jours en tant que cycliste amateur, Il y a un gros sujet, je pense, qui est bloquant. C'est vraiment le sujet de la sécurité. Je pense que le premier, si tu discutes avec les femmes en général, ce sujet de l'insécurité sur la route, il revient en permanence. Et le côté infrastructure...
- Arnaud Manzanini
Quand tu parles sécurité, Camille, c'est la sécurité par les infrastructures et le comportement de l'environnement, trottinette, voiture, moto, piéton, ou la sécurité, l'agression, tu vois.
- Camille Pic
Il y a de tout. Déjà, alors, après, on se dit la vérité, on vit une époque où les gens se supportent de moins en moins bien. Ça, c'est pas facile. Mais les femmes, il faut savoir que statistiquement, elles sont plus vulnérables dans l'espace public. Donc déjà, quand tu fais du vélo... Enfin, de toute façon, quand tu pratiques une activité sportive en extérieur, honnêtement, c'est rare que tu te retrouves pas dans une situation qui est au minimum relou, au pire dangereuse. En tout cas,
- Arnaud Manzanini
pour les femmes, Scuskeur. Dans les notes que tu as prises, c'est que pour les femmes, l'infrastructure, en tout cas la sécurité liée à l'infrastructure, est importante.
- Camille Pic
Très, très importante. C'est vraiment le premier point qui va manquer. On va manquer d'infrastructure pour pouvoir se déplacer. Pour beaucoup de femmes, le fait qu'il n'y ait pas des pistes cyclables qui sont vraiment séparées. C'est ça la piste cyclable ? Sinon, c'est une voie cyclable, je le rappelle. C'est pas l'histoire. C'est-à-dire que tu te tends vraiment en sécurité.
- Arnaud Manzanini
Alors après, il faut juste... maîtriser l'environnement qui est autour de toi, mais parfois, tu n'es pas responsable de la personne qui, elle, est irresponsable, qui reste en face, qui n'est pas sur la bonne voie, ou celle qui est derrière, qui te frôle,
- Camille Pic
ou parfois même qui est en quotidien.
- Arnaud Manzanini
Tu ne maîtrises pas l'environnement. Mais par contre, ce qui t'est mis à disposition, en l'occurrence, l'infrastructure, tu vois la différence entre c'est séparé et c'est juste des pointillés sur l'espace commun. Et là, c'est dangereux.
- Camille Pic
Clairement, donc il y a toute cette partie structure urbaine et cyclable qui existe. Il y a aussi le fait que nous, on est plus sensibles globalement au bruit, au trafic. On a souvent, tu vois, les femmes, elles ont souvent des trajets à responsabilité. Il faut emmener les enfants, il faut transporter les courses et tout, c'est fou. Et tu vois, tu te dis, ouais, Lyon, il y a plein de femmes qui roulent. Bah ouais, elles ont des cargos, puis elles font les courses, puis elles travaillent chez les enfants, etc. Toi aussi ? Ouais. Tu vois, c'est le cas, mais c'est vrai qu'elles sont souvent dans une pratique du vélo qui est utilitaire, en fait, qui est vraiment genre comme un véhicule. Oui,
- Arnaud Manzanini
c'est ce que tu veux dire. C'est associé au mode de déplacement et à la vie familiale. Oui,
- Camille Pic
à fond.
- Arnaud Manzanini
En tout cas, ce qui est vrai, c'est que ça me fait penser Ausha d'épreuve d'une femme qui, de moi, ce que je peux observer en tant qu'organisateur, tu es différente d'un homme. Je te donne un comparatif sur Nouraise Cross Series. Donc 21% au Québec, ce que je te disais tout à l'heure, Espagne 18%, Belgique 5%. C'est-à-dire que... On va moins faire rêver une femme en lui disant « Tu vas venir sur les monuments du cyclisme belge. Il va y avoir du pavé, ça va taper. » Une femme, ça, elle n'en a rien à cirer. Par contre, de dire « On te propose sinon au Portugal ou en Espagne un parcours qui va allonger la côte. » Là, les femmes vont être beaucoup plus sensibles. C'est-à-dire qu'en ultra, une femme va être beaucoup plus sensible au voyage plutôt que l'Alpe d'Huez ou... ou le Kopenberg. Bon, bah, ouais. Tu vois ?
- Camille Pic
Ah ouais,
- Arnaud Manzanini
ouais. Moi,
- Camille Pic
j'adore Paris-Roubaix, tu vois. J'adore faire la cyclo et tout. Mais c'est vrai qu'à choisir, bon, j'irais peut-être plus au Portugal ou en Espagne. Ou en Espagne,
- Arnaud Manzanini
rouler sur une météo qui serait un peu plus, potentiellement, plus clément.
- Camille Pic
Parce que l'impact de la météo, l'impact, tu vois, et ça, c'est prouvé dans les études, l'impact de la luminosité. Et je pense qu'il y a ce sujet-là. Les femmes, elles préfèrent rouler deux jours. Et même en ultra, je pense qu'on le voit sur les racecross, tu vois, il n'y a pas énormément de femmes qui roulent toute la nuit. En général, les femmes, elles coupent un peu la nuit. En fait,
- Arnaud Manzanini
les femmes se respectent plus. Quand je dis se respectent plus, c'était le commentaire que m'avait fait Rémi Urdiel. Je lui disais, alors voilà, est-ce que tu vois une différence ? Il m'avait dit, bah oui, c'est qu'une femme, elle, va s'écouter. C'est-à-dire que si elle sent qu'elle va être dans le dur, elle va s'écouter. Alors qu'un mec, lui, il va comme un bourrin, il va continuer jusqu'à ce que ça... Jusqu'à ce que ça clache, tu vois. Alors que la femme va être plus dans « je me respecte moi-même » . Et puis sur la nuit, c'est pour ça que je t'ai posé la question quand tu parlais de sécurité, si c'était l'agression, puisque nous, on nous a fait la remarque que c'était très bien de tout être équipé de GPS, mais qu'à l'inverse, la nuit, c'est que tu connais la position de tout le monde. Et donc, on a eu cette réflexion de dire « ok, qu'est-ce qu'on peut mettre en place la nuit ? » pour que les filles se sentent totalement en sécurité. Donc on communique chaque soir avec elles en disant est-ce que tout va bien, on sache qu'on veille sur toi, on suit les GPS, puisqu'on a un poste de gestion opérationnelle qui est 24-24, est ouvert et on a des personnes qui suivent les GPS en live. Et donc on a un point d'attention sur les filles. Un arrêt, tu vois mieux nulle part, 30 secondes, ok mais si c'est 10, 15, 20 minutes, on va appeler tout de suite. Donc ça c'est important aussi.
- Camille Pic
Je pense que oui, ça l'est. Il y a de plus en plus de dispositifs aussi qui permettent de faire du live tracking. Quand on part, moi, en général, quand je pars longtemps, je le lance toujours juste au cas où. Je pense qu'il y a des outils qui vont permettre de se sentir plus en sécurité. Le Varia, ça permet le radar de Garmin. Enfin, Wahoo en sort un maintenant.
- Arnaud Manzanini
Oui, mais c'est vrai que les retours qu'on a eu sur le Garmin, sur la sécurité de rouler de nuit, il est extraordinaire. Zévie ?
- Camille Pic
Donc je pense que vraiment, il y a des outils qui vont arriver, qui vont être mis en place, qui vont aider à tout ça. Après, il y aura toujours, enfin j'espère pas toujours, mais il y aura toujours le sujet de la place de la femme dans l'espace public, le fait de ne pas se sentir... Et tu vois, je pense que ça, ça dépend aussi des pays. Je pense que peut-être qu'il faudra en parler avec les Québécoises, mais peut-être que pour elles, c'est quand même des pays qui sont un petit peu plus avancés en matière de féminisme. Les pays d'Amérique du Nord. Et du coup, peut-être qu'elles se sentent aussi plus en sécurité. Tu vois, il y a aussi ce truc-là. En Angleterre, il y a ce sujet. Les femmes dans l'espace public, ce n'est pas du tout comme en France. Elles sortent beaucoup plus facilement. Elles sont dehors. Elles n'ont pas peur d'être dans la rue, etc. À Londres, tu te sens plus safe. En Amérique du Nord aussi. Et je pense qu'après, ça, c'est un sujet de société.
- Arnaud Manzanini
Oui, c'est ce que j'allais dire. Là, tu es plus dans un sujet de société où effectivement... Dans les pays dont tu parles, qu'une fille rentre seule le soir, c'est pas un sujet, il n'y a pas de problème. Et nous, surtout en ce moment, c'est vrai que tu vas suivre, tu vas faire attention.
- Camille Pic
Je pense que ça s'applique à tous les sports d'extérieur, mais c'est quand même un vrai sujet.
- Arnaud Manzanini
Et est-ce qu'il y a des barrières qui se sont levées en termes de matériel, en termes de... Oui, d'organisation, en termes d'accompagnement. Est-ce que sur ça, tu sens qu'il y a une progression ?
- Camille Pic
Énorme. Je pense que la progression sur la levée de barrières, elle est énorme. Il y a encore 20 ans, l'offre...
- Arnaud Manzanini
Dans le vélo, elle était purement masculine. Les cadres, ils étaient pour des morphologies masculines. Même trouver une selle adaptée pour les femmes, c'était plus dur. Les textiles, c'était du texte homme. Enfin, tu vois, c'était les mêmes. Et à la limite, la femme, on faisait une déclinaison rose fluo.
- Camille Pic
Oui, c'est vrai, c'est vrai.
- Arnaud Manzanini
Mais voilà, la mécanique, on ne l'expliquait pas trop au féminin. Elle était vraiment une affaire de bonhomme, quoi. Et il y avait plein de... Je pense que c'était dur, les filles qui ont commencé le vélo il y a 30 ans. C'était rien à voir avec comment c'est aujourd'hui. Aujourd'hui, déjà, on trouve en textile, je pense notamment à Wilma, il y a Rafa Woman, qui a énormément changé les choses.
- Camille Pic
Il y a des centaines, des milliers de femmes à travers le monde. Et je crois que c'est début septembre, c'est ça ?
- Arnaud Manzanini
Il me semble.
- Camille Pic
C'est sur septembre, je crois, un week-end où, dans le monde, effectivement, c'est un week-end qui est dédié à 100 kilomètres sur 100% féminin. Et ça, c'est génial.
- Arnaud Manzanini
Et voilà, là, c'est des vrais cuissards conçus pour les femmes. Des peaux, tu vois, je pense à l'innovation de Céline pour Wilma.
- Camille Pic
Qui d'ailleurs collabore avec Liv.
- Arnaud Manzanini
Et qui a sorti une collection pour Liv. Le cuissard qui te permet... C'est un menstruel que tu peux changer, que tu peux déclipser. Ça change la vie, donc il y a ça. Après, pour les vélos, ils font des vélos 100% adaptés aux morphologies féminines. Tu n'as pas à changer tes manivelles, tu n'as pas à changer ton cintre, tu n'as pas un petit vélo d'homme, tu as un vélo de femme. Ça, ça change tout.
- Camille Pic
Et ma question, c'est de me dire, est-ce que la solution ne viendra pas de personnes, de femmes qui viennent... de l'extérieur du monde du cyclisme pour changer le cyclisme de l'intérieur. Je pense à ça, typiquement, Céline de Wilma.
- Arnaud Manzanini
Je veux dire,
- Camille Pic
elle a lancé ce pad menstruel et ce cuissard qui était une innovation mondiale. Ça n'existait pas. On est quand même en 2000. Quand elle a l'idée, on est en 2021 ou 2022, voire même 2020. Ça n'existait pas. Et elle ne fait pas de vélo. Et elle ne faisait pas de vélo parce que, justement, c'était moche. Ou alors, il fallait aller s'habiller chez Descartes. avec du textile de running pour faire du vélo. Ça n'avait pas de sens. Et est-ce que la clé ou la solution, ou ce qui pourrait encore plus impacter, ce sont une autre industrie qui se disent on va faire évoluer le cyclisme féminin plus vite parce que nous, on n'a pas de barrière, on n'a pas de code. Tu vois, moi, j'avais discuté avec une personne qui était, je ne peux pas dire la marque, mais qui bossait à Lille dans une grande marque et elle avait soulevé ce problème chez les femmes. On lui avait dit, laisse tomber, on ne va pas s'emmerder avec ça. Vraiment comme ça, on lui a répondu. Est-ce que la solution ne viendrait pas de personnes qui viennent de l'extérieur pour impacter de l'intérieur le monde du cyclisme parce qu'ils n'ont pas ces codes-là ?
- Arnaud Manzanini
Je pense qu'il faut un mix d'un peu tout. Tu vois, pour que... Parce qu'on ne va pas prendre une grande bande. Exactement. Non, mais j'y pense parce que... D'accord avec toi sur le textile. Je pense que sur le textile, il y avait plein d'innovations à mener, même sur les brassières, même sur... Tu vois, pareil, on en revient à Wilma, mais c'est... Parce que les cuissards faciles à enlever pour aller faire pipi quand tu es une femme, franchement, c'était une vraie galère. Pendant très longtemps, les fabricants ont fait des cuissards avec des fermetures éclairs qui se trouvent juste en bas du dos. Et le problème des fermetures éclairs, c'est qu'en fait, des fois, je fais un retour d'expérience, des fois, ça s'ouvre comme un clapet. Et ce n'était vraiment pas pratique. Et du coup, Céline, elle arrive avec quelque chose qui est nouveau et qui marche hyper bien, avec des aimants qui sont faciles à enlever et où on se sent vraiment très bien dedans. Moi, j'en ai un, il me sauve l'hiver. Dans le textile, il y a plein de choses. Je pense que dans l'innovation mécanique, il faudrait en reparler avec JP, je pense que c'est bien qu'il y ait des ingénieurs très spécialisés qui viennent et qui connaissent très bien le vélo, qui viennent travailler là-dessus, notamment sur les selles, etc. Je pense qu'il faut un petit peu de tout.
- Camille Pic
Ne serait-ce que sur la position. Est-ce que la position du bassin sur une selle d'une femme, c'est différent d'un homme ?
- Arnaud Manzanini
Exactement. Et après, il y a un autre sujet, c'est que... C'est trop bien que l'innovation puisse venir d'entreprises qui sont plus agiles, plus petites et qui ont la possibilité de tester, etc. Parce que faire un cuissard chez Décat, c'est tellement de volume que du coup, il faut que tu sois sûr d'en vendre beaucoup. Et que du coup, tous les petits projets, mais là, je vous parle de projets comme même les soutiens-gorge post-massectomie. on parle de cyclisme féminin mais c'est aussi un sujet, ça a mis très très longtemps à être développé alors que les femmes ont des cancers du sein depuis un bon moment quand même, mais tu vois c'est bien qu'il y ait des petites boîtes qui permettent d'innover, qui est la force de créer etc et à la fois si on veut que ces innovations elles touchent toutes les cyclistes à un moment il faut que les grosses industries et les gens du vélo s'y mettent aussi, sinon ça restera un truc de niche et du coup il va falloir que ça s'ouvre à tout le monde
- Camille Pic
C'est bien comme tu le positionnes. Oui, ça peut avancer avec des gens qui donnent leur avis et leur vision de ce qui se passe bien à l'extérieur, mais aussi de gens qui sont dans l'intérieur et qui ont cette volonté de faire évoluer. Et pourtant, est-ce qu'il n'y a pas un lien aussi entre l'émancipation dont tu parles ? On en a parlé, mais le fait que les femmes font moins de vélo parce que les matins, c'est elles. qui emmènent les enfants, qui s'occupent de la famille. Le soir, c'est pareil, elles en font beaucoup moins statistiquement parce que c'est elles qui doivent s'occuper du foyer. Elles vont moins, effectivement, sur un vélo parce que la question d'insécurité est importante pour elles. Est-ce que le vélo, et on voit aussi cette explosion-là, de manière générale, mais aussi chez les femmes, ce n'est pas un formidable moyen d'émancipation ? Une fois que tu as trouvé comment fonctionnait ton GPS, une fois que tu sais réparer ton pneu, est-ce que ce n'est pas quand même un...
- Arnaud Manzanini
Moi, ça, j'en suis... pour finir plus que persuadé, je pense que c'est le meilleur outil d'émancipation, que ce soit pour se déplacer, pour voyager, même pour le quotidien. Il y a peu de choses qui te donnent autant ce sentiment de liberté. Maintenant, je pense que, voilà, comme toute chose, c'est encore un combat. C'est un combat féministe à mener. Non, mais voilà, de se dire, bah ouais, ça c'est mon temps. C'est mon temps pour faire du vélo. Voilà, savoir ce... Quand on en a la chance, et j'ai bien conscience en disant ça, que c'est quand même des réflexions de privilégiés, de pouvoir se dire, tiens, avoir le temps, c'est comme bien manger, c'est une réflexion de privilégiés qu'on a. Mais voilà, se dire que là, si vous nous écoutez, je pense qu'il y a beaucoup d'hommes qui nous écoutent quand même, plus que de femmes aujourd'hui, leur laisser le temps de faire ça. Et on en parlait récemment avec Hélène.
- Camille Pic
Oui, Hélène Fromantier, exact.
- Arnaud Manzanini
On parlait, qui est une... Sacré aventurière. Incroyable, sacré aventurière. Je m'en ai listé, c'est cool. Et on parlait des questions de maternité. Et elle me disait, c'est cool, parce que tu roules alors que t'es enceinte, et t'as une enfant, et t'arrives quand même à faire du vélo, et en fait, ça donne une vision de la maternité qui est chouette, où ta vie ne s'arrête pas. Et ce que je lui ai dit, moi, ce dont je suis convaincue, c'est que ça dépend grandement de la personne qui partage ta vie.
- Camille Pic
Oui, oui, c'est vrai.
- Arnaud Manzanini
Est-ce que cette personne, elle te laisse l'espace pour faire ça ? Est-ce qu'elle comprend que c'est un besoin vital ? C'est pas juste du loisir, il faut faire de l'activité physique, il faut avoir du temps pour soi, la vie ça peut pas être juste s'occuper des enfants, faire les tâches domestiques et travailler. Ça peut pas être ça, ça n'a pas de sens. Donc c'est juste être bien aligné là-dessus. Et si les femmes font 50% de moins de vélo que les hommes, bah pourtant... Je pense que ces déséquilibres-là, c'est aussi au mec de se dire « Ok, on va corriger, je vais donner du temps. »
- Camille Pic
Une décision, je ne vais pas dire de couple, mais à un moment donné, oui, c'est presque illogique.
- Arnaud Manzanini
Ah ouais, et puis nous, on a tellement tendance à culpabiliser, à se dire « Ah non, mais en fait, si j'ai du temps de libre, il vaut mieux que je m'occupe de la maison, que je m'occupe des enfants. » Et en fait, je pense que...
- Camille Pic
Que le mec va se dire « J'ai du temps, je vais rouler. »
- Arnaud Manzanini
Grave. Et je pense que des fois, il faut un peu s'en foutre et se dire « Ah, c'est bon. » Les enfants, tu les fais en duo, tu ne les fais pas toutes seules. Donc à un moment, c'est à ton mec de s'en occuper ou à ta femme de s'en occuper et te laisser du temps pour le faire.
- Camille Pic
Et est-ce que le sceptisme ne serait pas aussi une manière de se reconstruire ?
- Arnaud Manzanini
De se construire ou de se recourir. Je pense que ça, quel que soit le contexte de vie, c'est un super outil. Moi, je suis en train de passer une formation pour devenir coach vélo santé. Pour travailler, pour faire de l'activité physique adaptée ou du sport sur ordonnance. Et c'est très important. Moi, je travaille un projet aujourd'hui pour les femmes qui ont été victimes de cancer gynécologique. de cancer du sein, cancer du col de l'utérus, justement pour faire revenir cette confiance au travers du vélo. Donc je pense que ça peut être un super outil pendant les grossesses ou en postpartum, ça peut être vraiment aussi un outil super important. Pour la ménopause aussi, notamment. Enfin, il y a toutes ces situations de vie, et après on peut rentrer sur d'autres situations, enfin même psychologiques, sociales, etc., où le vélo peut vraiment être... un outil, je pense, de construction du soi ou de reconstruction. Et il ne faut pas avoir peur d'y aller.
- Camille Pic
Est-ce qu'il y a aujourd'hui, dans ce que tu as pu voir dans le paysage, des initiatives ou des solutions où tu t'es dit, ça, c'est vraiment génial, ça mérite d'être mis en avant ?
- Arnaud Manzanini
Alors, oui, j'ai même assisté à des workshops européens sur le sujet. Et je fais une présentation là-dessus au CREPS de Ronalp dans pas très longtemps. Le premier truc qui marche vraiment, ce que nous on a remarqué et ce que les professionnels de l'industrie ont remarqué dans toute l'Europe, c'est des espaces d'apprentissage féminin, des espaces d'apprentissage réservés aux femmes. Ça c'est un grand ça marche. Il n'y a même pas de débat, je n'ai même pas à rentrer dedans, mais c'est vraiment...
- Camille Pic
Les femmes viennent plus si c'est quelque chose qui est réservé aux femmes.
- Arnaud Manzanini
que si c'était quelque chose d'ouvert à tous.
- Camille Pic
Le taux de participation n'a rien à voir. Ça me fait penser au social ride. Si tu fais un social ride, tu ne dis pas qu'il est réservé aux femmes. Tu fais un social ride ouvert à tous. Tu auras un petit peu de filles. Mais si tu annonces un social ride 100% féminin, tu auras beaucoup de filles. Moi, j'ai du mal à comprendre, mais quand tu discutes avec les filles, tu dis, en fait, c'est simple. C'est que, comme tu disais, on a peur de... Je ne suis pas sûr de suivre. Et si je me fais lâcher, comment ça se passe ? Je vais me retrouver toute seule. Je ne sais pas rouler en groupe, parce que ça s'apprend aussi à rouler en groupe, tu vois, tenir des roues. Quand tu n'as jamais fait, que tu es à 10 centimètres d'une roue, beaucoup ont peur. Et ça me fait penser à ça. Donc, quand tu communiques sur quelque chose de 100% féminin, tu as plus de chances d'avoir des femmes. que quand tu communiques sur quelque chose de mixte.
- Arnaud Manzanini
Très clairement. Mais tout, que ce soit des rides, que ce soit des ateliers, que ce soit globalement la non-mixité choisie, elle joue un rôle hyper important. Il y a un autre aspect aussi, nous on en rigole à l'école de vélo, mais c'est que quand nous des fois ça nous est arrivé d'accepter des mecs dans des rides femmes, mais parce qu'il y a des mecs qui viennent, t'as souvent des mecs qui font les kékés. Je sais pas, genre c'est chiant, en vrai fait. pas ça genre tiens et mettez au bout d'un moment genre nous nous on se fout de leur gueule parce qu'ils ont comme ouata vie s'est lâché les mains ouah comme il est fort et ou alors les mecs qui n'ont pas la trace il trace devant il part du mauvais côté et franchement enfin c'est juste c'est pour ça qu'aussi les meufs elles ont pas envie parce que ben on monte un petit col elles ont pas envie de faire la course il n'y a pas cet aspect compétition il n'y a pas cet aspect Je vais me montrer, il n'y a pas. En fait, entre femmes, la question, elle ne se pose pas. C'est en général quand même vachement bienveillant, vachement cool, et je pense que c'est ça que les femmes viennent chercher quand on fait des stages 100% féminins. Honnêtement, par rapport à des stages mixtes, il n'y a pas d'ego. Je te rejoins sur ça. C'est tellement reposant de se dire il n'y a pas d'ego, c'est beaucoup plus d'entraide, c'est beaucoup plus de... Et puis c'est surtout,
- Camille Pic
moi je l'avais constaté sur l'après-ride. C'est-à-dire, tu fais un ride, qui est mixte ou qu'avec des mecs, les mecs, une fois qu'ils ont terminé le ride, ils se barrent, en fait. Ils rentrent chez eux. Tu vois ? Ils rentrent chez eux. Tu fais un ride 100% féminin. Derrière, il va y avoir le café, le latté, le petit carrot cake. Tu vois ce que je veux dire ? Et donc, les filles restent entre elles après le ride. Et elles parlent d'autres choses. Elles parlent pas de « Ah, t'as vu, j'ai fait le PR ou j'ai battu le cop » .
- Arnaud Manzanini
Non, elles parlent d'autres choses. Il n'y a rien à voir. La communauté. Je pense que c'est un sens de s'intéresser aux autres qui est beaucoup plus important. Et je pense que, que ce soit les rides, que ce soit les stages 100% féminins, etc., on en parlait, mais c'est des accélérateurs de confiance en soi. C'est vraiment, moi, je vis ça comme un outil de... Tu participes à un stage, tu vas repartir avec beaucoup plus confiance en toi, en tes capacités. Enfin, ça va être 4, 5 jours. vraiment, ou tu te fais des copines, tu es dans un autre cadre et ça te fait vraiment grandir.
- Camille Pic
Il y a des communautés aujourd'hui en France uniquement féminines qui justement proposent des rides chaque semaine. Tu as sur Zwift aussi, où tu as maintenant, j'ai vu, des rides qui sont sur Zwift, spécifiquement réservées aux femmes. Donc il y a aujourd'hui beaucoup de choses qui se mettent en place. Mais on est d'accord, ce n'est pas suffisant et moi, j'ai la sensation, et puis on va arriver vers la fin de cet épisode, Merci. J'ai la sensation qu'en fait, tout ce qui se passe, je vais presque dire heureusement, mais il y a encore des écarts et qu'au fur et à mesure qu'on évolue, on découvre des leviers, on découvre des aspects qui permettront d'accélérer le fait qu'on réduise cet écart.
- Arnaud Manzanini
Ouais, je pense que le levier, tu vois, aujourd'hui, c'est beaucoup de communautés, en effet, qui roulent ensemble, qui font des événements ensemble, etc. Je pense que ça doit rentrer dans un niveau qui est plus fédéral. Je pense que c'est aussi le job aujourd'hui des fédés de vélo d'essayer de proposer plus d'événements justement réservés aux femmes. Je pense que ça, ça va être un vrai...
- Camille Pic
Les événements, quand tu vois une communication, un événement 100% féminin, est-ce que toi, c'est des choses qui vont faire la promotion ou qui vont attirer des filles ? Pour toi, il ne devrait pas y avoir de ride 100% féminin, c'est des rides qui sont proposées mixtes ou ouvertes à tous ? Est-ce que tu penses qu'il faut vraiment ça, la spécificité, pour attirer, rassurer et prendre confiance en soi ?
- Arnaud Manzanini
Clairement. Je pense que ça peut être juste une porte d'entrée, mais que pour un premier ride, pour une découverte, il faut qu'il y ait cette partie-là. Il faut même aller en club, si demain tous les clubs avaient des sections, mais même pour les petites filles. Nous, on a monté une école de vélo pour filles. Parce que dans les clubs des sports autour de chez nous, il n'y avait pas de petites filles. Parce qu'en fait, elles viennent, elles s'inscrivent, il n'y en a qu'une au début de l'année. Ou alors elles sont deux, il y en a une qui arrête, du coup sa copine arrête aussi. Elles n'ont pas forcément envie d'être avec les petits garçons qui ne se comportent pas pareil sur le vélo, etc. Et voilà, faire des sections féminines dès le plus jeune âge. Mais il n'y a pas, enfin dans tous les autres sports, il y a des sections féminines, il y a peu de sports. où c'est mixte il y a des équipes de football féminine il y a des équipes de basket féminine il peut y avoir des équipes de vélo féminine dès le plus jeune âge donc je pense qu'il y a cet aspect là il y a l'aspect aussi aujourd'hui dans l'industrie du vélo que ce soit de toute façon dans les marques dans les clubs même les gens qui font des bikeparks on est très peu de femmes dans cette industrie on est peu de monitrices le jour où On va être à peu près à la parité, ça va tout changer aussi. Moi, j'ai des petites filles qui viennent en stage avec moi cet été, et maintenant elles veulent être monitrices de vélo. Il y a un an, elles ne savaient même pas. Elles ne savaient pas faire du vélo, elles ne savaient pas que ça existait. Et du coup, tu te dis, c'est comme ça aussi qu'on va créer des vocations, et que structurellement, on va mettre plus de filles, en faisant de la remise en selle aussi, des ateliers de remise en selle, etc. Je pense qu'il y a plein de leviers. Et du côté de l'industrie, on offre une meilleure visibilité. Une visibilité qui n'est pas que de l'élite et de la performance, qui montre tous les physiques, qui montre tous les parcours de vie. Et après, au niveau des professionnels de la profession, pour que tu aies plus de monitrice, tu aies plus de section féminine, tu aies plus de club féminin. Et je pense que c'est à travers ces leviers-là qu'on va arriver vraiment à débloquer le truc. Et après, il y aura un aspect, bah ouais, faire évoluer les villes.
- Camille Pic
Oui, étape par étape. Voilà,
- Arnaud Manzanini
ça, après, c'est un sujet qui est, je pense, je suis à 10 ans, 15 ans, 20 ans. Enfin, là, on est sur la place du vélo dans l'espace public. C'est même plus, on n'est même plus dans la femme et le vélo, quoi.
- Camille Pic
Écoute, qu'est-ce qu'on peut dire ? Quelle serait ta conclusion, là ? Déjà, tu viens de faire une belle, c'est presque une préconclusion, mais je suis d'accord avec toi. C'est-à-dire que le sujet était les femmes et le vélo, où en est-on ? Je pense que c'est beaucoup mieux. Mais il y a encore, comme tu l'as dit, des leviers, des possibilités d'action qui permettront de réduire et d'arriver à la parité rapidement, plus rapidement que si on n'identifiait pas tous ces leviers. Mais ça va dans la bonne direction, mais il y a encore beaucoup de travail à faire. Peut-être que le premier travail passerait par le fait que chaque femme prenne confiance en elle, ose un premier tour de roue, ose aller sur une sortie 100% femme, ose aller sur un atelier de réparation. Et partir seul un matin, comme je le dis, rentrer le soir. Et puis, tout va bien se passer.
- Arnaud Manzanini
Je pense que du côté des femmes, il y a ce levier d'essayer d'y aller, même si c'est juste aller faire un petit tour avec une copine qui fait déjà du vélo ou une fille d'un stade qui a l'air sympa. Elle lui dira, tu ne veux pas m'emmener un jour ou trouver un club pas loin de chez soi. Mais voilà, ce truc de si on a envie de s'y mettre, d'y aller. Et du côté des partenaires, essayer de libérer du temps. Si vous voyez que votre conjointe a envie, que ça l'attende, je pense que ça, c'est vraiment être un bon allié, un bon partenaire. Que de laisser ce truc-là, après les questions d'infrastructure et de visibilité, elles vont être portées par tout ça. Mais si on rentre très concrètement dans ce truc, il faut nous laisser le temps de le faire. Ça veut dire que les matins,
- Camille Pic
les mecs, vous emmenez les enfants à l'école. Et les soirs, vous allez les chercher à l'école. Je rigole bien sûr, mais en tout cas, ça me semblerait totalement logique. Et comme tu l'as dit, c'est une équipe. Il faut que chacun puisse accepter ce que l'autre a envie de faire pour se développer et retrouver pleinement en confiance de l'autonomie et le vélo fait grandir. Un grand merci Camille pour cet épisode.
- Arnaud Manzanini
Merci beaucoup Arnaud.
- Camille Pic
Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode du podcast Tout s'en scelle et puis n'hésitez pas à nous laisser des commentaires, à nous envoyer des remarques, mais également des sujets que vous aimeriez qu'on aborde, que ce soit avec Camille, mais aussi avec JP ou Loïc. Un grand merci à vous et à très bientôt.