Bénédicte DelelisBonjour, je m'appelle Bénédicte Delelis et vous écoutez Tous Saints. Dans ce podcast de famille chrétienne, je vous raconte l'histoire de saints et de témoins de la foi récent qui nous donnent envie, à leur suite, de grandir en sainteté et en amour de Jésus. Dans cet épisode, je vais vous raconter l'histoire de Nino Baglieri. Ce jeune Italien, victime d'un grave accident en 1968 qui le laissa tétraplégique, sombra d'abord dans le désespoir durant dix ans. Comment retrouva-t-il la foi en même temps que le goût de vivre ? Comment peut-on être apôtre sans pouvoir se mouvoir ? C'est ce que nous allons voir. « Joyeux anniversaire, Nino ! Joyeux anniversaire ! » Chacun trinque et se réjouit. La Méditerranée scintille dans le soleil couchant. C'est le 1er mai 1968. Antonino Baglieri, un jeune de la ville de Modica, perché dans les hauteurs du sud de la Sicile, à quelques kilomètres de là, fête ses 17 ans avec ses amis. La vie est belle, l'air embaume. Nino, les pieds dans l'eau, est heureux, mais il ne le sait pas. C'est si naturel d'être heureux. Nino est né dans une famille très chrétienne. Il fait du vélo, joue de la guitare et apprend le métier de maçon. Le 6 mai, quelques jours après son 17e anniversaire, il se rend comme tous les jours au chantier. C'est la fête de Saint-Dominique Savio et sa vie va basculer. Nino travaille au quatrième étage lorsque soudain... L'échafaudage s'effondre. Il fait une chute de 17 mètres. Entre la vie et la mort, il est emmené à l'hôpital. Sa colonne vertébrale est brisée. Le médecin déclare à Pietro e Giuseppa, ses parents, « Si votre fils survit, il passera sa vie dans un lit. Avec une piqûre létale, vous lui épargnerez beaucoup de souffrance. Et à vous aussi. Si Dieu le veut auprès de lui, déclare Giuseppa, qu'il le prenne. Mais s'il le laisse vivre, je serai heureuse de m'occuper de lui jusqu'à la fin de ses jours. Ma mère, racontera plus tard Nino, a ouvert ses bras et son cœur et a embrassé la croix, la première. Nino survit, tétraplégique. Il ne peut plus bouger ni bras ni jambes. Il reste trois ans à l'hôpital, puis peut rentrer à la maison. Pendant dix ans, il éprouve dégoût, désespoir, révolte. Pourquoi tout cela m'est arrivé à moi ? Ma vie n'est plus que souffrance. Je n'ai plus d'amis, je n'ai plus rien. Le jeune homme ne veut plus voir personne. Dans son âme, c'est le noir, la solitude et la colère. Pendant ce temps, Josépa ne cesse pas de prier pour son fils, pour qu'il accepte qu'il trouve un peu de paix. Le 24 mars 1978, un jeudi saint, un prêtre d'une communauté charismatique vient le visiter et avec d'autres personnes prie pour lui. Le malade anxieux se laisse pourtant faire quand le prêtre pose les mains sur sa tête et implore la venue du Saint-Esprit. Nino sent une grande chaleur dans tout son corps, comme une force nouvelle qui entre en lui, une force vive et quelque chose de vieux qui sort. À cet instant, raconte-t-il, j'ai accepté la croix. J'ai dit mon oui à Jésus et je suis née à une vie nouvelle. Je suis devenu un homme nouveau, avec un cœur nouveau. Tout le désespoir de dix ans s'est effacé en quelques secondes. Mon cœur s'est rempli d'une joie que je n'avais jamais connue. Le Seigneur m'a guéri. Je voulais une guérison physique. Et au lieu de cela, le Seigneur a opéré quelque chose de plus grand. la guérison de l'esprit, et j'ai trouvé la paix, la joie, la sérénité, une grande force et une grande volonté de vivre. À la fin de la prière, mon cœur débordait de joie, même si je restais dans ma condition de malade, j'étais heureux. C'est le deuxième tournant de la vie de Nino. Du matin au soir, pendant un an, il lit la Bible dès que quelqu'un est disponible pour tourner les pages. Sa mère l'aide lorsque ses nombreuses tâches dans la maison sont finies. Jésus avait Simon de Cyrène, lui dit Nino. Moi, je t'ai, maman, pour m'aider à porter ma croix. Nino s'ouvre de plus en plus aux autres. « Tu nous aides à dessiner ? » lui lancent un jour des enfants amis de la famille. Nino sourit. Il n'y a que les enfants pour ne pas se sentir gêné d'une requête aussi incongrue. Il ne peut bouger ni les mains ni les pieds. « Donnez-moi un crayon ! » décide-t-il soudain. « Et mettez-le-moi dans la bouche ! » Les petits obéissent. Nino se concentre. Dessiner, c'est tout de même difficile. Mais écrire, il y arrive. Lentement, sous les yeux admiratifs des enfants, il trace une lettre, le crayon serré entre les dents, puis une autre. « Nino écrit ! Nino écrit ! » Josepa a les larmes aux yeux. Ainsi, Nino se met à tenir un carnet de bord, à composer des poèmes qu'on lui fait lire à la radio et à rédiger des lettres, beaucoup de lettres, surtout à des gens qu'il sait souffrant. On lui coince une petite caisse de bois sur son oreiller et en bougeant la tête, le stylo dans la bouche, il écrit. De fil en aiguille, on entend dire dans les environs que cet homme handicapé écoute les douleurs et qu'il trouve les mots pour réconforter, apaiser. Alors, il se met à recevoir des missives de parfaits inconnus de tous les coins du monde qui demandent une prière, une consolation. Nino encourage, raconte l'amour de Jésus, devient apôtre par le courrier. « Enfin je me sens utile ! » confie-t-il. « Utile aux autres ! Parce que beaucoup, à travers mon expérience, peuvent comprendre comme est grand l'amour de Dieu et combien le Seigneur les aime. » Nino prie beaucoup le Saint-Esprit. Un groupe d'adolescents de la paroisse se met à se réunir chez lui pour prier avec lui. Des visiteurs de tous âges et de toutes conditions passent dans la petite chambre. Des classes d'enfants, des évêques, des jeunes, des étrangers. « Son lit, sa petite chambre ou son fauteuil roulant ? » raconte un prêtre ami. « Sont devenus un hôtel où tant de personnes apportent leur joie et leur peine. » Nino les accueille. Il s'offre et offre ses propres souffrances pour eux. En 1983, le 6 mai, jour anniversaire de sa dramatique chute qu'il appelle désormais l'anniversaire de la croix, Nino se consacre au Seigneur et s'offre pour toute l'Église, entre les mains de son évêque. Il tient sur son cœur une image de Dominique Savio. L'année suivante, il s'engage dans la communauté des Salésiens, la congrégation de Don Bosco, comme membre laïque. « Dieu a permis ma souffrance pour mon bien, partage Nino, pour que je connaisse son grand amour, pour me faire vivre la vraie vie. La joie que donne le Seigneur est plus grande que la souffrance. » Je peux dire « Je suis heureux » parce que quand le Seigneur est dans nos cœurs, tout devient joie, même la souffrance devient joie. C'est cela que je voudrais vous faire comprendre à vous tous. Je vous invite à dire au Seigneur seulement « Oui » , un tout petit « Oui » , mais avec tout votre cœur. Alors tout change, parce que Jésus est amour. Nino meurt le 2 mars 2007. Après sa mort, on l'a revêtu d'une tenue de sport et de chaussures de gymnastique. « Je le voudrais » , avait-il demandé, « pour que, lors de mon dernier voyage vers Dieu, je puisse courir vers lui » . Nino aide-nous à accepter nos propres souffrances, à laisser Jésus et vivre en nous, donne-nous la grâce d'expérimenter comme toi qu'avec Jésus, tout devient joie. Nous te prions particulièrement pour les malades, les personnes handicapées et ceux qui les accompagnent. Merci pour le trésor qu'ils sont dans l'Église. Merci pour votre écoute. Si ce podcast vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner, à partager cet épisode sur les réseaux sociaux et à mettre 5 étoiles et des commentaires sur Apple Podcasts et Spotify. Vous pouvez aussi retrouver ces podcasts dans le livre « Tous Saints » publié aux éditions MAM en librairie à partir du 12 septembre. Et puis, si ce n'est déjà fait, courez écouter les autres épisodes de ce podcast et découvrez tous les podcasts de Famille Chrétienne. Un beau jour, Maman prie. Sexo, prières catholiques et d'autres encore. Merci et au prochain premier mercredi du mois pour un nouvel épisode.