- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Toute Puissante, le podcast des femmes qui veulent tout et qui l'obtiennent. Je suis Kauthar Trojet, votre hôte, fondatrice du club de pouvoir, coach exécutif de dirigeante et experte des dynamiques de pouvoir. Ici, nous pulvérisons le plafond de verre, un épisode à la fois. Bienvenue sur ce nouvel épisode de Toute Puissante. Aujourd'hui, j'ai la joie de recevoir Élise Hamot, entrepreneur et consultante en stratégie de marque. Bonjour Élise.
- Speaker #1
Bonjour, merci d'avoir invité.
- Speaker #0
Avec grand plaisir et je te remercie d'avoir accepté mon invitation. Les Confidences, c'est une série d'épisodes où des femmes à des postes d'influence témoignent sur un des obstacles qu'elles ont rencontrés dans leur accession ou l'exercice de leur pouvoir. Elisa Mo a commencé sa carrière comme journaliste mode et beauté, puis en 2012, elle a lancé l'une des premières marques personnelles de robes de mariée, éponyme donc la marque Elisa Mo, qui a connu un très beau succès et qu'on est nombreuses à connaître. Huit ans plus tard, sept employés et une présence en wholesale sur trois continents plus tard, des jumeaux de un an et un burn-out, elle arrête la marque en 2020. Et aujourd'hui, elle accompagne depuis deux ans des business à se transformer en love brand. Élise, à l'heure où on apprend chaque jour que de nouvelles marques chouchous qu'on aime et de belles entreprises mettent la clé sous la porte, j'avais envie d'aborder avec toi un sujet très tabou ici en France surtout, c'est le sujet du dépôt de bilan en tant que dirigeante et comment rebondir après. Déjà Élise, est-ce que tu peux nous dire ce qui toi t'as décidé ? à en parler aujourd'hui dans ce podcast ?
- Speaker #2
Déjà, je trouve que c'est effectivement assez tabou en France, mais pour moi, ça ne l'a jamais été. Je n'ai jamais considéré ça, et je pense probablement parce que je n'ai jamais considéré ça comme un échec, mais plutôt comme une étape, même si, évidemment, qu'on pleure un petit peu dans le bureau du juge et qu'on est pleine d'émotions. Mais non, pour moi, c'était vraiment, plus qu'une étape, c'était une délivrance. Et c'est plutôt ce message-là que j'ai envie de... de donner aujourd'hui, c'est que c'est un message d'espoir. C'est vrai qu'aujourd'hui, on voit, comme tu l'as très bien dit dans l'introduction, toutes ces marques qui ont vraiment à cœur de mettre du sens dans leur activité, etc., ou ces business qui se sont créés et qui se cassent la figure, en fait, c'est pas grave. On peut faire plein de choses après et on s'en sort encore plus riche de toutes ces expériences.
- Speaker #0
J'adore, j'adore ce message d'espoir. Ça donne le ton. Concrètement, Elise, est-ce que tu peux nous raconter comment tu en es arrivée à déposer le bilan ?
- Speaker #2
En fait, pour ça, il faut revenir un petit peu en arrière. Moi, quand j'ai lancé la marque, je ne pensais pas que ça allait fonctionner. J'étais journaliste de mode, donc j'étais pijuste, hyper précaire. Et à l'époque, ma maman, qui avait une boutique de prêt-à-porter pour femmes, m'avait prêté son bureau en haut pour faire un petit showroom, parce que j'avais ce rêve de faire des robes de mariée. Et en fait, je pensais continuer mes piges de journaliste et faire une ou deux robes pour mes copines, puisque c'était l'époque où on commençait à se marier. Et en fait, My Little Paris, qui était une grosse newsletter à l'époque, qui était vraiment la bible de toute Parisienne qui se respectait, a vu ma page Facebook et a décidé de faire un article sur moi trois semaines avant que j'ouvre officiellement. Et là, ça a été un raz-de-marée. Donc, j'ai été propulsée chef d'entreprise, alors que je n'avais jamais été. pas fait d'école de commerce ni rien. Et j'ai dû gérer le succès qui n'était absolument pas prévu au départ parce qu'en trois mois, j'avais vendu la totalité des robes que mon atelier pouvait produire. Donc, il a fallu trouver un second atelier en backup. On venait me chercher pour du wholesale. J'avais jamais fait de wholesale, donc je n'avais pas les marges suffisantes. Donc, il fallait que je trouve un autre atelier pour avoir les bonnes marges. Enfin bref. Donc, j'ai dû penser à des choses qui n'étaient absolument pas dans mon scope de considération artistique avant. Mais ça a été un super terrain d'exploration pour moi qui suis extrêmement curieuse et qui ai vraiment envie de... Enfin voilà, je ne sais pas me cantonner à un seul sujet. Donc pour moi, c'était vraiment super. Toute cette période-là était top. J'ai recruté très vite, je me suis plantée, j'ai recruté après les bonnes personnes, etc. Et puis... Au bout d'un moment, je sentais que quand même le secteur explosait. Il y avait de plus en plus de concurrence, de plus en plus de petites créatrices qui se lançaient pour faire juste quelques robes à une échelle qui était beaucoup plus petite que la mienne. Donc j'ai senti à un moment que pour me développer, il fallait que je troque ma cape de créatrice contre le grand costume de chef d'entreprise très sérieuse et qui lève des fonds. Et donc pour ça, je me suis faite accompagner par le réseau d'entreprendre Paris, pour lequel j'étais lauréate de ce réseau-là, donc j'étais hyper fière. Pour moi, la créatrice et créative, c'était inespéré. Mais j'avais un chiffre d'affaires qui était très bon, j'étais rentable. Enfin, c'était quand même super. Et en fait, pendant tout ce travail-là, pendant la première année, parce que c'est deux ans d'accompagnement, on fait plein de business plans. Et puis, on me montre que mon business n'est pas hyper scalable, comme ils disent, qu'il faudrait faire ci, qu'il faudrait faire ça. Donc, je me laisse un peu prendre au jeu, mais je m'éloigne de plus en plus de ce que moi, je suis en fait, vraiment. Et je sens que j'ai besoin d'autre chose. Je tombe enceinte. Ce sont des jumeaux. Grande surprise et belle surprise de la vie. Un garçon et une fille en bonne santé quand ils sont nés. Après, ma grossesse a été plus complexe parce que j'ai dû lâcher un peu la rampe à la fin de la grossesse. Notamment, les deux derniers mois, je n'avais plus le droit du tout de consulter mes mails de boulot, de quoi que ce soit, parce que ça me donnait des contractions. Donc, je risquais d'accoucher prématurément. Mon mari a dû prendre en charge toute cette partie-là pendant deux mois. J'ai dû vraiment lâcher. Après la naissance, du coup, on n'est plus trop suivis. On vous a surveillé comme du lait sur le feu pendant deux mois parce que vous avez accouché de prématuré. Là, maintenant, j'ai accouché, ils sont en bonne santé, mais on n'est pas trop préparés pour l'après. Nous, on s'était préparés. On avait été dans une association qui s'appelle Jumeaux et Plus, qui est formidable, qui nous a beaucoup... aidé. On s'est fait aider aussi par une nounou de nuit plusieurs fois par semaine. Mais il n'empêche que je tenais, je tenais, je tenais. Et en fait, au bout d'un an, j'ai fait un burn-out. Et alors, ce qui est marrant, c'est que ce burn-out, on pourrait croire que c'est dû à la grossesse, etc. Et je pense qu'effectivement, la grossesse et la fatigue, l'épuisement étaient à l'origine de ça. Mais je pense sincèrement qu'il ne serait pas arrivé c'est J'avais pas eu ce profond désalignement à un moment dans mon activité où je rêvais, moi je suis quelqu'un qui est la valeur liberté, la valeur numéro un dans ma vie. Et j'étais très très très fortement ancrée dans une boutique, avec des employés, à faire des robes de mariée, à faire ce qu'on attendait de moi, pour que ce soit extrêmement carré, pour faire plaisir à des potentiels investisseurs qui en fait me priveraient aussi de ma liberté. Des investisseurs étaient intéressés, je n'ai jamais envoyé mes papiers. Et donc, j'ai décidé d'arrêter. Je pourrais peut-être te raconter la manière dont ça s'est passé, parce que c'était assez joli aussi. Mais je te laisse continuer, je ne veux pas monopoliser le début. Mais voilà, d'où le cheminement.
- Speaker #0
Je trouve cette histoire incroyable et très parlante aussi, parce qu'en fait, là, on parle du dépôt de bilan, mais on se rend compte, à travers ce que tu racontes, que des obstacles, il y en a eu un paquet. il y a eu l'obstacle de... Comment gérer une hypercroissance ? Il y a eu l'obstacle de comment gérer une levée de fonds ? Ou comment gérer une grossesse quand on est dirigeante ? Comment gérer deux enfants, une grossesse gémellaire ? Comment gérer un accouchement ? Et les débuts de ce qu'on appelle la matrescence, les débuts de la maternité en tant que dirigeante. Comment gérer le désalignement avec son activité en tant que dirigeante ? Et toute cette série... de problématiques qui se chevauchent les unes aux autres et qui amènent finalement à cette décision de « bon ben là, il y a quelque chose à revoir, il y a quelque chose à changer » et le véhicule de ton expression a besoin d'être fermé et changé pour trouver ce qui va pouvoir contenir toutes les parties de toi, on va dire, et toutes les parties de celle que tu es devenue.
- Speaker #2
Complètement, mais c'est exactement ça. En fait, c'est plein de petits signaux que j'avais un peu mis de côté et qui n'étaient finalement pas si graves quand je n'avais pas d'enfant parce que j'étais assez... libre par ailleurs, c'est-à-dire que je trouvais une liberté ailleurs. Et j'avais, enfin voilà, on est assez galvanisé par le succès. J'ai des articles dans le Elle, dans le Vogue, des trucs, jamais j'aurais pensé ça pour moi. Mon nom, là où moi j'écrivais avant, c'était extrêmement flatteur. Et surtout, surtout, le retour de toutes ces mariées qui étaient tellement heureuses de leur robe, qui se sentaient hyper belles, etc. Pour moi, ça, c'était le plus beau des cadeaux. Une fois que j'ai eu mes enfants, c'est comme si ça avait été un révélateur de plein de choses qui finalement étaient des choses que j'avais un peu mises de côté. Et je n'avais plus le temps pour ça. Je n'avais plus le temps de faire des concessions parce que mon esprit était occupé à la maison avec quand même deux merveilles épuisantes. Et merveilleuses, je te promets. Et merveilleuses, en fait, les deux. Donc voilà, c'était pas mal d'utilisation. Mais je pense que oui, effectivement. Si j'avais pu écouter peut-être plutôt ces signaux-là, peut-être que les choses auraient été un peu différentes. Mais en tout cas, peut-être que je serais peut-être arrivé jusqu'au bain-naud pour me rendre compte de ça. Si on peut s'éviter d'être malade, en gros, c'est mieux.
- Speaker #0
Oui, j'imagine. Tu nous as parlé de signaux faibles. Est-ce que tu peux partager justement quels ont été pour toi les signaux faibles avant-coureurs que tu n'as pas écoutés à l'époque et qui t'auraient permis ? justement de t'arrêter avant d'arriver à des problèmes de santé ?
- Speaker #2
Oui, alors c'est vrai que ce burn-out-là, je pense que j'aurais pu le déceler, en tout cas déceler des signes avant-coureurs. Quand j'ai accouché, les enfants ont eu la bonne idée de naître le 3 août, pile quand la boutique est fermée. Donc c'était parfait, j'avais tout mon mois d'août. Mais dès le mois de septembre, j'ai dû retourner travailler. Et donc, je n'ai pas vraiment eu de congé maternité parce qu'il y avait trop de choses à gérer. Je ne pouvais pas arrêter. Déjà ça, petit warning. On s'est fait vachement aider. Comme je disais, on avait une nuit de nuit et tout. Mais quand même, moi, ça a commencé à me tirer un petit peu. Dans la frustration de ne pas pouvoir passer plus de temps avec eux, d'être beaucoup à la boutique et tout. Et donc, on part en vacances l'année d'après. Donc, ils ont un an. On part en vacances en Grèce. Et quand on rentre, je ne sais pas. pas du tout envie de retourner à la boutique. Vraiment, je sens que j'y vais en traînant les pieds, je trouve des excuses, je tombe malade, un petit rhume, un truc, enfin voilà, je n'ai pas envie. Et donc, je cherchais vraiment quelque chose pour sortir de ce truc dans lequel je m'étais un peu enfermée. Et donc, je proposais à mon mari d'aller vivre à Bordeaux, de déménager en province. Enfin, j'avais envie de... d'une maison avec un jardin. Puis voilà, on était un peu à l'étroit dans notre petit appartement parisien. J'en avais marre de faire des tours de pâté de maison, tu sais, avec ma poussette double pour les endormir, alors que je rêvais des spasaires. Enfin voilà, moi, la Parisienne née à Paris, grandie à Paris, c'était quand même déjà... J'avais un petit... Mais bon, un petit ras-le-bol. Et ça annonce la suite. Voilà, il y avait ce postulat de départ, mais c'était pas réalisable, quoi. J'avais sept employés à la boutique. des mariés à recevoir. En plus, c'était le moment où il y avait beaucoup de concurrence. Le chiffre d'affaires baissait, la trésor manquait. On n'était pas au top. Mais alors moi, je sentais que je ne savais plus. Je n'arrivais plus à respirer. C'était compliqué. Et un jour... Pardon, ça ne va pas être très ragoûtant. J'espère que vous n'êtes pas en train de déjeuner ou de prendre votre petit-déjeuner. Mais je ne pouvais pas me lever sans vomir. Tant que je me levais, je vomissais. Et ça a duré pendant 15 jours. C'était vraiment... horrible. Tout mon corps vomissait cette activité. Je ne pouvais plus rien faire. J'essayais de répondre à des mecs. Vraiment, j'étais dans un état cadavérique.
- Speaker #0
Là, on n'est plus dans le signal faible en plus. Là, c'est un vrai signal.
- Speaker #2
C'était le stop du corps. Le corps refusait. Mais d'ailleurs, toute la phase d'avant, c'était beaucoup de fatigue. Je ne m'écoutais pas. J'allais à la boutique quand même. Ou alors, je n'y allais pas, mais je culpabilisais de ne pas y aller. Ça, plus le rythme des enfants, évidemment, qui ne dorment pas, parce qu'ils ont fait leur nuit à huit mois. Et encore, c'était tout petit. Ce n'était pas génial. Donc voilà, tout s'accumulait. Et puis, je n'avais pas d'aide. En fait, l'aide que j'avais, c'était le réseau Entreprendre Paris, mais qui était vraiment à fond dans ce truc de levée de fond. C'était une super expérience. Ça m'a appris énormément de choses. Je sais maintenant ce que c'est qu'un EBITDA. Enfin voilà, chose que jamais je pensais connaître un jour. c'était pas fait pour moi en fait j'aurais préféré qu'on me dise en fait tu sais tu peux arrêter t'as le droit et je me souviens d'ailleurs d'une ça ça a été vraiment la clé quelques mois avant mon burn out, quelques semaines avant j'ai rendez-vous avec une autre entrepreneuse qui faisait partie du réseau d'entrepreneurs de Paris à l'époque et qui me dit, écoute Élise, moi en fait j'arrête. Elle était enceinte de son deuxième enfant, la première grossesse avait été extrêmement compliquée, enceinte de son deuxième, elle était dans une autre levée de fonds en plus de l'autre, etc. Et en fait, elle m'a dit, là j'arrive au bout. C'était un super concept, c'était des barrages signons dans des monoprix, etc. Elle avait créé toute une marque autour de ça, franchement génial. Et quand elle m'a dit ça, il y a quelque chose qui s'est... ouvert en moi et je me suis dit tiens, si elle, elle arrête, je ne vois pas ça comme un échec, je vois ça comme un... Enfin voilà, elle avait tellement bons arguments, elle était vraiment très posée, très sereine, etc. Et j'étais là, en fait, ok, super, mais c'était très loin de ça pour moi, en tout cas. Voilà, le burn-out a mis un peu un stop à tout ça. où je me suis dit, ah tiens, finalement, il y avait peut-être quelque chose à retenir de ça.
- Speaker #0
Donc si je résume les signaux que tu as ressentis, et je tiens à les redire pour que les auditrices qui nous écoutent puissent se dire que c'est des choses importantes, que ce n'est pas juste des choses qui vont passer. Tu m'as parlé de cette envie de ne pas aller au boulot, avec de la fatigue, avec une forme de culpabilité aussi. Tu m'as parlé d'un ras-le-bol, d'épuisement, de petites maladies assez régulièrement. Tu avais cette envie d'ailleurs, donc tu as commencé à te projeter dans quelque chose d'autre. Peut-être une forme de fuite aussi, une fuite mentale, de se dire « je n'ai pas envie d'être ici, j'aimerais être partout mais pas ici » . Tu nous as parlé aussi d'un congé maternité qu'aujourd'hui tu estimes qui était peut-être trop court, et qui a peut-être contribué aussi à la fatigue. et c'est intéressant parce que l'autre femme dont tu parles, Quand elle a décidé de s'arrêter, elle était aussi enceinte. Donc, est-ce qu'il y a quelque chose qui joue finalement ? Parce que nous, les femmes, on utilise notre corps pour la grossesse. Ce n'est pas juste un concept mental, c'est pleinement physique. Tu nous as parlé de difficultés à respirer et puis de la phase où ton corps... Je ne sais pas quel verbe utiliser.
- Speaker #2
Mon corps a lâché.
- Speaker #0
Oui, ton corps lâche, mais avec les vomissements et puis l'incapacité de te lever de ton lit. Et je pense qu'à ce moment-là, en général, les femmes arrivent à reconnaître à ce moment-là qu'elles n'ont pas d'autre choix. Mais c'est plus difficile avant de se le dire.
- Speaker #2
En fait, le burn-out, je m'en suis rendue compte il y a peu de temps que ce que j'avais vécu, ça pouvait être considéré comme un burn-out. Sur le coup, j'étais tellement dans le déni que je pensais que c'était une maladie type gastro que mes enfants m'auraient refilée. ou un ulcère à l'estomac dû au stress. Enfin voilà, je n'avais pas du tout... Ce n'était pas du tout un mot qu'on entendait beaucoup à l'époque. Ce n'était vraiment pas connu. Mais bon, j'ai fait des examens, je n'avais rien. Donc, il n'y avait rien qui expliquait ça. Et aujourd'hui, je me rends compte, enfin, ça fait quelques années déjà que je me rends compte à quel point mon corps m'a dit quelque chose et m'a vraiment prévenu que ça n'allait plus être possible de continuer comme ça, qu'il y avait vraiment quelque chose à changer dans ma vie.
- Speaker #0
Hum, hum, hum. Et maintenant, si on fait un petit fast-forward, on va dire, parce que je pense que ça, ça intéresse beaucoup de savoir, comment on fait pour dépasser ça ? Pour se dire, ok, là, j'ai déposé le bilan, je passe par certainement un tourbillon administratif, etc. Comment on dépasse après ? Comment tu as rebondi ?
- Speaker #2
Alors, il est juste important... que je te raconte la manière dont ça s'est arrêté parce que je pense que ça peut t'aider à comprendre ou aider tes auditrices à comprendre un petit peu le cheminement. Après ce burn-out, on faisait le voyage d'une vie. On était invitées pour le mariage d'un copain dans les îles Grenadines. Et avec d'autres amis, on avait décidé de louer un catamaran pendant 15 jours. Ça s'était prévu depuis un an et demi. Je n'avais pas encore les enfants. Là, les enfants sont venus avec nous. 14 mois, ils marchaient à peine sur le bateau pendant 15 jours. Je pose un pied en Martinique. Et je reçois d'une de mes employées une lettre de l'URSSAF. Mon comptable s'était planté et on devait en fait une somme faramineuse qu'évidemment on n'avait pas. Mon propriétaire me réclamait un loyer, mais trois mois d'avance, je ne sais pas pourquoi, il avait changé d'un coup les termes de notre contrat, sans me prévenir, et zéro trésor. Et là, je me dis, enfin, ce n'est pas possible, comment on va faire ? Le propriétaire, je peux négocier, mais l'URSSAF, ça va être compliqué, même en payant plusieurs fois. Enfin, la somme était vraiment faramineuse. Et on avait... largement pas suffisamment sur nos comptes pour payer toutes les factures et tout. Donc là, je sens les taux se resserrer. Je sens que ça pue, comme on dit. C'est pas... Ça sent pas bon. Et donc, j'appelle mon papa, qui est avocat spécialisé pour les entreprises en difficulté. Donc, ça tombe bien. Je dis, bah, je crois que j'ai un problème. Donc, je lui expose tout. Je lui donne tous mes chiffres, tous mes trucs, etc. Accès aux comptes. Et il me dit, écoute, pars en bateau et on se recontacte dans une semaine. Donc, moi, perdu au milieu. l'Atlantique. J'en ai pour 300 euros de frais de téléphone pour appeler mon père, qui me dit, écoute, je t'ai fait un plan de redressement, ça va être facile, tu vas virer tes employés, tu reprends tout, tu ne fais plus de nouvelles collections, tu ne fais plus de nouveaux shootings, tu fais vraiment de la vente, il n'y a pas de raison que ça ne marche pas, c'est toi la meilleure vendeuse de tes robes, ça a toujours fonctionné comme ça, donc tu y vas à fond, tu prends des rendez-vous, des rendez-vous, tu as un rendez-vous, tu vends, Et puis, on fait une cessation de paiement, tu vas pouvoir reprendre les paiements dans quelques mois. Et je pense que dans six mois, tu peux lever des fonds, ce sera redevenu sain et correct.
- Speaker #0
D'accord, donc c'était un plan pour liquider le stock, refaire de la trésor et repartir, c'est ça ?
- Speaker #2
Pour moi, c'est un business plan particulier, c'est que je n'avais pas de stock, c'est-à-dire que c'est que de la précommande. Donc ça, c'était chouette. Je dis plutôt pour engranger un maximum de commandes, remettre la trésorerie à flot et pendant un an, voilà. plus faire de shooting, parce que les shootings, c'était une grosse dépense, plus faire de nouvelles collections, mais capitaliser sur ce que j'ai déjà en vendant, etc. Ce que franchement, j'aurais pu faire sans souci. Je sais, je l'avais fait au début, ça avait très bien marché. Sauf que sept ans après, je n'avais pas du tout envie de ça. Moi, je voulais revenir à la création. Je voulais revenir, parce que quand on est entrepreneur, mais créatif, il faut savoir que c'est quand même 90% de résolution de problème, 10% de créativité, l'entreprenariat. Donc là, moi... créativité, elle était réduite à peu de chagrin, je dépérissais à vue d'œil, et donc, d'où le burn-out. Et donc, je me dis, mais c'est pas possible, je peux pas faire ça, si je vire tout le monde, si je fais plus ce que j'aime, je vais me sentir mal, je sors d'une maladie, justement, qui me montrait que c'était ça que je voulais, et qu'il pouvait pas m'en passer. Je dis, c'est quoi l'autre solution ? Il m'a dit, l'autre solution, c'est que t'arrêtes. Il me dit, en revanche, t'as une semaine pour décider, parce qu'il faut qu'on dépose le bilan. 7 jours après la cessation de paiement, etc. Et donc, avec ton comptable et tout. Et moi, je n'étais pas là. Je revenais justement 7 jours après. Et donc, il me dit, tu as une semaine pour décider. Et donc, j'ai dû décider de ça. Est-ce que j'arrête ou est-ce que je continue ? Est-ce que je fais ce plan de redressement ou pas ? Sous les cocotiers, entourée de mes meilleurs amis, de mon mari, de mes enfants, en nageant le soir avec les tortues, dans un truc complètement surréaliste et paradisiaque. mais qui m'a vraiment... J'ai vraiment l'impression parfois que la vie me met des petits signes sur mon chemin. Et je suis assez forte, je dois dire, pour écouter ces signaux-là. Et là, je me suis dit, c'est vraiment ça. C'est ça qui a du sens pour moi, en fait. Je ne peux pas me rendre malade à ce point-là pour un job qui, au final, je sens que ça s'essouffle. Le secteur de la mariée, on est tout fait. On était tellement de créatrices. Quand j'ai commencé, on était cinq à faire des robes un peu différentes. Quand j'ai arrêté, on était plus de 200. Donc, ça n'avait pas de sens, en fait. Et je sentais que pour scaler, comme on disait, il fallait que j'aille explorer d'autres choses. J'avais plein d'idées, mais pas les ressources, pas les fonds et surtout pas la motivation. Ça nécessitait de réembaucher des gens, de grossir, de faire entrer des gens dans mon business. Enfin, voilà. Donc, j'ai arrêté. J'ai pris cette décision. Et quand je suis arrivée à Paris, j'ai annoncé ça à mes employés. elles ont eu un super plan de licenciement économique. On est allé au tribunal. J'ai eu la chance de tomber... J'ai eu la chance d'avoir mon papa qui a défendu mes intérêts et qui connaissait le juge. Donc, qui a été... Non, il ne connaissait pas le juge. Il connaissait la personne qui s'occupait de... Comment on appelle ça ? L'administrateur de biens. Donc, je suis tombée sur une super administratrice de biens qui a super bien fait les choses. Et le juge, quand je suis passée, il m'a dit... écoutez, franchement, votre chiffre d'affaires, il est bon, vous avez des super articles, enfin, c'est dommage que vous arrêtiez. Donc, je disais, non, mais ne me dites pas ça, j'ai pris une décision, ça suffit. Mais j'ai confiance en vous, vous y êtes arrivé une fois, vous y arriverez une seconde fois, et n'arrêtez surtout pas d'entreprendre. Et c'était... tellement gentil et bienveillant, alors que moi j'avais l'impression, évidemment, d'avoir laissé tout le monde sur le carreau, parce qu'il y a une grosse culpabilité quand même, j'étais certaine de ma décision pour moi, mais t'as quand même une culpabilité que tu portes parce que... Oui, tu laisses certains fournisseurs sur le carreau, il y a des gens que tu ne peux pas forcément payer, même si tu fais tout pour. Mais ma grande fierté, c'était de ne pas justement avoir laissé les mariés sur le carreau, puisque le juge a vu aussi dans l'intérêt de récolter de l'argent, de pouvoir continuer mon activité suffisamment longtemps pour pouvoir livrer la totalité des robes que les filles m'avaient commandées. Donc, je n'ai pas eu de... Tu vois... pas mauvaise presse parce que j'avais pu il y a toujours des mécontentes, des stressées c'est normal et c'est pas confortable mais toutes les robes ont été livrées à temps, avec les retouches et tout et ça c'est, tu vois mon je me disais c'est clean, j'ai pas laissé de marier sur le carreau sans robe de mariée avec un acompte chez une créatrice, c'est l'enfer, enfin je sais qu'il y en a d'autres qui l'ont vécu avec d'autres créatrices c'est horrible, et donc moi ma hantise c'était ça, donc à partir du moment où j'ai pu réaliser ça j'avais l'impression d'avoir quand même accompli mon devoir. Et en ce temps de chez le juge, extrêmement drôle, je tombe sur un prospectus pour une association qui s'appelle 60 000 rebonds, qui est un peu le réseau entreprendre pour ceux qui n'ont pas réussi à transformer les scènes, qui ont mis la clé sous la porte. Et donc j'ai adhéré à ce programme qui m'a énormément aidée. à surmonter cette épreuve. Même si j'étais à l'aise avec ma décision, ça restait quand même dur.
- Speaker #0
Comment est-ce qu'ils t'ont aidé ? Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?
- Speaker #2
Bien sûr, c'est un programme qui a deux manières de fonctionner. Enfin, trois. Ça nous donne la possibilité de participer à des réunions de groupe avec des experts bénévoles qui viennent, des avocats, des administrateurs de biens, etc. Et qui viennent un peu nous aider, notamment par certaines personnes qui avaient beaucoup de dettes. personnel, voir comment on peut négocier avec les banques, donner des très bons conseils. Et puis surtout, ça aide chacun à parler, à dire où il en est, etc. Il y a une deuxième... Un deuxième avantage, c'est qu'on a des heures de coaching gratuits, avec un coach qui est rémunéré par l'association, mais l'entrepreneur en rebond, comment dire, l'entrepreneur en rebond ne débourse rien, tout est gratuit, et nous permet justement de faire le deuil. de notre société et de passer à l'étape d'après. Ça, ça m'a aussi beaucoup aidée, beaucoup à comprendre mon fonctionnement à moi et justement ce qui a analysé, ce qui avait mené au burn-out et au fait de vouloir arrêter. Et encore une fois, j'incite parce que j'ai la chance aussi d'avoir choisi d'arrêter alors que j'aurais pu continuer d'une manière différente et ça aurait été dur, mais bon voilà, on ne l'a pas imposé. Donc le deuil pour moi était un peu plus simple. Et finalement, je me suis rendue compte après, pas si simple, parce que la marque portait mon nom. Et donc, voilà, parce que l'idée c'est de rebondir après. Et comment on rebondit ? J'avais eu un moment, un fantasme de retourner dans le salariat. Je pense que quand tu me connais vraiment, mes copines me disaient, mais attends, c'est pas possible, tu n'y arriveras pas. C'est pas, voilà. Donc effectivement, j'avais passé des entretiens pour être salariée, pour des... être DA de grande marque, etc. Mais ça ne marchait pas. J'arrivais toujours au bout du process, mais ça ne transformait pas. Et en fait, ce qui était compliqué pour moi, c'était de reprendre mon nom.
- Speaker #0
à moi. C'est-à-dire avoir vraiment... Je n'étais plus Elisamo, robe de mariée, j'étais Elisamo, moi-même. Mais qui est cette personne, en fait, dans la vie professionnelle ? Surtout qu'en plus, j'avais cette petite notoriété dans ce tout petit microcosme des jeunes filles à marier ou se mariant, qui, quand j'allais une soirée, et que je disais « Qu'est-ce que tu as fait dans la vie ? » Je dis « Je fais des robes de mariée. » « Ah bon, c'est quoi ta marque ? » « Elisamo. » « Mais c'est toi ! » Et là, j'avais ce truc de me dire « Ah mince ! » Et donc là, j'avais plus cette petite reconnaissance c'était plus sur le même titre qui portait en plus un poids de culpabilité qui était quand même assez grand parce que même si c'est choisi on a toujours ce moment où on se dit est-ce que j'aurais pu faire différemment est-ce que j'aurais pas pu aller plus loin est-ce que j'ai pas laissé des gens sur le carreau tout ce que ça comporte mais donc le 60 000 rebonds le coach aide justement à surmonter ça et à préparer le rebond et on a aussi un parrain et une marraine ou une marraine avec qui on peut, on a rendez-vous une fois par mois pour justement faire le point, discuter. Et c'est un super soutien psychologique. Moi, j'ai adoré ce suivi.
- Speaker #1
Génial. Et du coup, ça t'a mené à rebondir. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ce rebond ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. En fait, ce qui est rigolo, c'est que pendant mon suivi 60 000 rebonds, je me suis retrouvée avec un Covid quand même, où beaucoup, beaucoup de mes concurrentes de l'époque ont dû faire mes boutiques parce que plus de mariages pendant deux ans. Donc, ça a été vraiment une hécatombe, vraiment une hécatombe. Ça a été très, très, très compliqué. Donc, je me suis dit finalement que j'avais été bien inspirée parce que j'étais déjà HS avant ça. Donc, si j'avais dû avoir un Covid en plus, je m'aurais... J'aurais refait un deuxième burn-out. Et en plus, j'ai refait un petit bébé. Donc, ça, c'était chouette aussi. Donc, j'ai eu ma petite... Un vrai bébé.
- Speaker #1
Un enfant.
- Speaker #0
Un enfant. Un enfant, un vrai bébé. Pas un autre... Justement, un vrai enfant. Donc, trois enfants. et on est venu très vite me charger pour faire du freelance, pour aider des marques à se monter, à dessiner des collections, etc. Mais à chaque fois, je trouvais qu'il manquait quelque chose. Quand on a été de l'autre côté de la barrière, on a envie d'avoir un peu la vue 360. C'était difficile pour moi d'avoir juste une toute petite partie de la lorgnette. Mais j'ai continué, c'était sympa. Puis après, il y a eu le Covid, il ne s'est pas passé grand-chose. Et on commençait un peu à étouffer quand même, avec trois enfants dans notre petit appartement parisien. J'avais toujours cette envie de liberté. Et un jour, pour une collaboration que j'ai réalisée avec une marque, une Française installée à Lisbonne, cette jeune femme, Sophie, de la marque Moon Society, m'a dit, écoute, t'en as marre de Paris, mais moi, tu sais, j'habite Lisbonne, j'ai quatre enfants, c'est génial. Enfin, vraiment, c'est sympa, tu peux avoir un appart un peu plus grand qu'à Paris, on est près de l'océan, enfin voilà. Et mon fils commençait à me dire, mon plus grand, qu'il voulait surfer. Donc, tout se recoupait, et donc j'ai dit à mon mari, et si on partait vivre à Lisbonne ? Il m'a dit, ah bah oui. Et donc, huit mois après, on était installés à Lisbonne.
- Speaker #1
Waouh, donc là pareil. Plus rapide qu'un bébé.
- Speaker #0
T'as raison, c'est plus rapide que de faire un bébé. Oui, mais c'était presque ça, tu vois, huit, neuf mois. On est parlés en octobre, en août, on était installés. Mais pareil, en fait, quand les choses se font, j'ai ressenti vraiment une telle évidence quand elle m'en a parlé, que mon mari soit ok aussi, alors que bon, c'était plus... plus compliqué pour lui parce qu'il avait son job et tout. En fait, quand on est arrivé pour chercher des appartements, je visite un appartement, le truc se fait alors que vraiment on avait zéro chance de l'avoir. On a les clés la veille du jour où le camion, le jour où le camion de déménagement arrive. Enfin, tout se fait de manière hyper ric-rac, mais ça se fait. Donc, c'est que ça devait se faire. Et depuis, on habite Lisbonne. Moi, j'ai mis un petit peu de temps, j'ai continué à faire le freelance, mais... Il y avait encore ce truc qui me manquait et j'ai découvert cet outil qui s'appelle la plateforme de marque. C'est vraiment, et surtout la stratégie de marque, qui est un document qui rassemble tout ce qu'une marque ou un business est, à qui il s'adresse, comment il s'adresse à cette cible, même visuellement, l'expérience client. Ça rassemble tellement de choses, c'est vraiment la colonne vertébrale de la marque ou du business, parce que ça marche aussi même quand on est coach, que je me suis dit, mais en fait, c'est ça que je veux faire. tellement de stratégie derrière, de créativité, ça touche à tous les endroits de la marque ou du business. Pour moi, c'est vachement important, c'est suffisamment créatif pour moi, et puis j'étais journaliste, donc j'adore écrire, que j'ai commencé à travailler ces sujets-là, et j'ai découvert ce mot qui s'appelle Love Brand. donc des marques d'amour, et je me suis dit, mais en fait, voilà, ça y est, tout s'aligne. J'ai donné de l'amour avec des robes de mariée, j'ai créé une love brand qui était hyper aimée, appréciée, où on se sentait vraiment très… enfin, avec ma cible, on avait un vrai dialogue, c'était chouette, on se comprenait, et bien j'avais envie de répliquer ça pour les autres. Et donc, voilà, aujourd'hui, j'aide des marques et des business à se transformer en love brand. J'ai créé ma propre méthode, qui est la boussole des 5 R. pour les aider à les piloter ensuite, à les asseoir leurs fondamentaux et à les piloter ensuite. Et voilà. Et donc, je suis très, très heureuse. D'ailleurs, je crois que ça s'entend de faire ce que je fais, parce que du coup, je peux aider plein de femmes, parce que 99% de mes clients sont des femmes, à vivre de leur activité et en évitant aussi, grâce à ces fondamentaux solides, bien des inconvénients à la fois de santé, psychologique, financier, etc.
- Speaker #1
Et ça concerne n'importe quelle marque, cette méthode ? Et le fait d'être une love brand, ça peut être quelqu'un qui travaille à son compte ? Ça peut être tout et n'importe quoi ?
- Speaker #0
Vraiment, c'est une méthode qui s'applique à tout le monde. Parce qu'en fait, tu le sais aussi, quand on a un business solo, il faut quand même se vendre. À partir du moment où on a quelque chose à vendre. Mais même en étant salarié, ça peut s'y appliquer en personal branding. C'est vraiment, ce que je fais, c'est du branding. Et c'est... une manière de présenter la marque au monde et de rencontrer ses cibles. Et je donne des conférences et il y a toute une analogie avec les histoires d'amour. C'est quand on... D'abord, travailler sur ce qu'on veut vraiment. Qu'est-ce qu'on veut dans notre vie ? Travailler sur soi. Une fois qu'on a bien travaillé sur soi et qu'on sait ce qu'on veut et ce qu'on ne veut pas, surtout pour éviter les relations toxiques, on part à la rencontre. Donc, on rencontre. C'est le deuxième R de ma boussole. rencontrer sa cible, savoir à qui on parle, comment lui parler, tout connaître d'elle parce qu'on est extrêmement curieux et qu'on veut que cette relation fonctionne. Après cette relation-là, après cette rencontre-là, on passe à la relation. Comment on entretient une relation avec cette personne-là, avec un contenu qui plaît, avec une expérience client formidable, etc. Et après, qu'est-ce qu'on laisse comme trace une fois qu'on est parti ? Est-ce que c'est une odeur de parfum ? Est-ce que c'est un petit mot ? Est-ce que c'est... Le fait qu'on s'habille en couleur, c'est pareil pour une marque ou pour une personne. Quelle est sa rémanence ? C'est le quatrième R de la boussole. La trace qu'on laisse quand on n'est plus là. C'est par exemple l'orange Hermès, le bleu Tiffany, l'odeur des boutiques Zadig et Voltaire. Toutes ces petites choses imperceptibles qui font qu'on nous reconnaît. Et au centre de la boussole, c'est quand on a atteint un certain stade de relation. Il y a la rentabilité parce que l'amour doit aussi être un peu rentable. On ne peut pas vivre d'amour et de dos fraîche en vrai. même quand on habite à Lisbonne, on ne peut pas se nourrir d'océans et de pastèches d'enata il faut un toit pour sa famille, etc. parce qu'on construit des choses et donc l'idée c'est d'être rentable et de travailler ensuite sa stratégie et sa route pour y arriver donc tout ça ce sont des petites analogies que je fais mais donc tu vois ça peut s'adresser vraiment à n'importe qui qui a quelque chose à vendre même si c'est soit à vendre c'est ça,
- Speaker #1
c'est tout le monde c'est fascinant, ça me faisait penser Euh... J'aimerais lire ce livre, Élise.
- Speaker #0
Écoute, bientôt. J'espère que c'est dans mon vision board 2026, l'écriture d'un livre. Mais en attendant, je lance un podcast qui s'appelle Marc Damour, les secrets des love brands, qui n'est pas encore lancé, mais donc je vais à Paris pour enregistrer les premiers épisodes pour pouvoir un peu percer ces secrets-là et pouvoir appliquer cette méthode. ces super conseils que vont pouvoir nous donner toutes les personnes qui ont réussi à créer ces love brands-là.
- Speaker #1
Génial. Donc oui, il n'y a pas encore le livre, mais on va pouvoir écouter. Je pense qu'au moment où cet épisode paraîtra, on pourra directement aller écouter comme prochain épisode les tiens.
- Speaker #0
J'espère, j'espère.
- Speaker #1
Tu peux nous redire comment s'appelle le podcast ?
- Speaker #0
Marc d'Amour.
- Speaker #1
Marc d'Amour, de Elisa Mou. Génial. Ça nous amène déjà À la fin de cet épisode, est-ce qu'il y a un mot, quelque chose que tu as envie de transmettre qu'on n'aurait pas dit jusqu'ici ?
- Speaker #0
Moi, il y a quelque chose qui me drive. J'ai un mantra et un mot. Je vais te partager mon mot et après mon petit mantra. Tu vas voir, le mantra n'est pas piqué de Yanneton. Le mot, c'est le mot « joie » . Ça peut paraître un peu naïf, mais moi, c'est vraiment ça qui me drive. C'est-à-dire que les moments où je ne prends plus de joie, je dépéris. Joie et créativité, mais je crois que la joie, on en a bien besoin en ce moment. Et donc, moi, c'est vraiment ça qui drive toutes mes prises de décision. Est-ce que je prends de la joie ? Est-ce que j'ai de la joie à participer à tel ou tel événement, à faire telle ou telle chose ? Est-ce que j'ai de la joie de participer à ce podcast ? Oui ! Donc, je le fais avec grand plaisir. Et j'aimerais juste... Un petit mantra que je me répète depuis des années, c'est « Oublie que t'as aucune chance, vas-y, fonce ! » qui est de Jean-Claude Duss, dans « Les bronzés font du ski » . Et en fait, j'ai jamais pensé que je pouvais faire les choses. J'ai toujours été... En fait, je suis très, très peureuse.
- Speaker #2
Pour quelqu'un qui est peureuse, t'aurais fait des choses !
- Speaker #0
Oui, mais je sais que si je reste dans une certaine forme de confort, pour moi, c'est très inconfortable. Et donc, je suis obligée de sortir de ces zones de confort des autres pour aller, moi, me mettre dans des situations inconfortables parce que c'est là-dedans que j'arrive à déployer le plus de créativité et avoir le plus de joie à surmonter les gros défis. Donc, vraiment, il ne faut pas se poser de questions, il faut y aller et sur le chemin, on peut se planter, ce n'est pas grave. On peut faire des choses qui ne sont pas bien, ce n'est pas grave, on se relève et on fait autre chose. Et voilà, moi, je suis une petite balle rebondissante.
- Speaker #1
Et nous tous. J'espère, nous toutes, qu'on le soit.
- Speaker #0
Bien sûr. Moi, je suis persuadée que tout le monde a les ressources de l'être. Et j'avais fait une conférence avec Fatou Ndiaye, qui est la reine de l'audace. Et puis, elle parlait et elle disait, moi, j'ai peur tout le temps. J'avais peur tout le temps. Mais en fait, je fais les choses parce qu'il ne peut pas se passer des choses de pire que ce que j'ai dans la tête. Donc, en fait, allons-y.
- Speaker #1
C'est ça. En fait, il faut juste s'entraîner à rebondir.
- Speaker #0
Exactement. Et après, c'est un exercice. Moi, je trouve ça super. Je partage ça avec beaucoup de personnes et je suis certaine que tout le monde est capable de le faire.
- Speaker #1
Ah, j'adore. Merci, Élise.
- Speaker #0
Merci. Merci à toi.
- Speaker #1
C'est déjà la fin de cet épisode. Continuez à pulvériser tous les plafonds de verre et on se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode plein de puissance. Et voilà, c'est déjà la fin de notre rendez-vous. J'espère que vous repartez plus armés, inspirés et prêts à affronter vos défis avec audace et intelligence. Je suis Kaotard Trojette et vous avez écouté Toute Puissante. Continuez de pulvériser tous les plafonds de verre. A très bientôt pour un nouvel épisode plein de puissance.