- Speaker #0
Bonjour à tous, ici Gaëtan Pitavelle, passionné de trail. Je vais vous partager des histoires de trail à travers ce podcast. Des histoires d'hommes, de femmes, des aventures, des émotions, mais aussi des histoires de courses mythiques. Bienvenue à tous !
- Speaker #1
Je m'étais autorisé à y rêver. Je savais que je pouvais faire quelque chose de grand. Pour moi, quelque chose de grand, c'était déjà intégrer un top 5 ou faire un podium. Parce que du coup, j'étais jusqu'ici plutôt inconnu du milieu. Donc déjà, ça aurait été une très belle performance. Donc je savais que j'étais en forme. Je savais que j'avais des ambitions pour faire une belle course. Après, je ne m'attendais pas à avoir cette... ce niveau-là, en fait, c'est vraiment ce jour-là où j'ai peut-être découvert mon vrai niveau.
- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Trail Story. Aujourd'hui je suis ravi d'accueillir Pierre Vivach qui va se présenter dans quelques instants et Pierre qui nous a fait une très belle surprise au mois d'octobre du côté des Templiers. Salut Pierre, tu vas bien ?
- Speaker #1
Il est temps, ça va super, merci de l'invitation.
- Speaker #0
Et bien écoute Pierre, est-ce que tu pourrais te présenter rapidement, nous dire qui tu es, de quelle région tu viens et depuis combien de temps tu fais du trail ?
- Speaker #1
Du coup, Pierre, j'ai 31 ans, je suis originaire de l'ouest de la France, plus précisément du Mans, dans la Sarthe. Ça fait bientôt 7 ans que j'habite à Lille et le lieu où je me suis mis à pratiquer la course à pied. Donc ça fait 7 ans que je cours, 4 ans de manière un peu plus structurée. Et donc ça fait à peu près 4 années que je pratique le trail.
- Speaker #0
Ouais, donc c'est assez récent finalement. Tu es en club ?
- Speaker #1
Ouais, je suis au Vafa, le club phare du nord de la France, depuis bientôt un an et demi.
- Speaker #0
Ok, alors on va aller dans le vif du sujet tout de suite. On va parler du véritable coup de tonnerre que tu as donné dans le milieu du trail le 19 octobre. Du côté de Mio, en remportant le Grand Trail des Templiers, 80,4 km, 3429 mètres 2D+, en 6h45 et 44 secondes. Alors cette course, forcément, elle est très très connue. Est-ce que tu t'y... attendait à cette victoire sur cette course mythique ?
- Speaker #1
Non. Non, je m'étais autorisé à y rêver. Je savais que je pouvais faire quelque chose de grand. Pour moi, quelque chose de grand, c'était déjà intégrer un top 5 ou faire un podium. Ça aurait été... Parce que du coup, j'étais jusqu'ici plutôt inconnu du milieu. Donc déjà, ça aurait été une très belle performance. Donc, je savais que j'étais en forme, je savais, j'avais des ambitions pour faire une belle course. Après, je ne m'attendais pas à avoir ce niveau-là. En fait, c'était vraiment ce jour-là où j'ai peut-être découvert mon vrai niveau. Et donc, non, je ne m'attendais pas à ça.
- Speaker #0
Alors, qu'est-ce que tu as ressenti en passant la ligne, finalement ?
- Speaker #1
Bah, ouais, toujours... En passant la ligne, c'est le moment où j'ai aussi un peu débranché, puisque toute la course et toute la fin de course, quand je remonte les places et quand je prends la première place, j'essaie d'énormément me protéger de l'émotion, de me dire, t'es premier des temps pliés, si tu descends bien, tu vas gagner. J'essayais vraiment de chasser ça pour me rester concentré sur l'instant présent. Et en fait, c'était la semaine avant, j'avais quand même fait des exercices de visualisation mentale où je m'étais dit... Essaye de voir ce que ça fait de te voir arriver sous l'arche avec la couronne de Laurier. Donc j'ai repenti à ça quand je suis arrivé. Donc ouais, ça a été des émotions très fortes où du coup, tout ce que j'avais contenu en moi qui relâchait à ce moment-là. Et puis aussi des moments très forts avec mes proches qui ont vécu aussi la course x10 000 sur le bord des sentiers. Et qui ont gagné aussi les temps qu'il y a eu au travers de moi et qui étaient là pour célébrer avec moi.
- Speaker #0
C'est vrai que j'ai regardé ton arrivée avant de faire l'épisode et j'entendais hurler tes potes à côté. Ce n'était pas qui tu avais à l'arrivée ?
- Speaker #1
Il y avait mes trois frères, il y avait ma compagne avec mon fils, il y avait mes parents, il y avait mes neveux et nièces. Et puis, il y avait un pote de longue date qui était là aussi, chez Descartes-Lancy, qui était là avec sa compagne. C'était bien entouré. Très bien entouré.
- Speaker #0
Ok, alors en fait, sur cette course, on voit que sur le finish, tu as le Finlandais qui te colle au basque, qui est juste 40 secondes. derrière, je crois. À quel moment tu t'es dit je fais le break et je crante, vous êtes tiré la bourre jusqu'au bout ?
- Speaker #1
Non, en fait, on s'est retrouvés à mi-parcours sur les balcons après Saint-André-de-Vésine, donc autour du marathon. On s'est retrouvés ensemble, on était 7 et 8, je crois, et on fait la descente jusque la roque ensemble, vraiment, enfin, pas d'empare. Et puis après, on a remonté quand on montait à la salvage, on remonte un à un, chaque concurrent. Et donc, on a partagé, on a vraiment fait course commune pendant 30 bornes, à remonter un à un tous les concurrents. Donc après, il y avait des fois des passages où on avait 10-15 secondes d'écart, puisque globalement, je montais un peu mieux et lui descendait un peu mieux. Voilà, et donc du coup, on se retrouve à devenir un et deux à l'avant-dernier Ravito, à la Cernacade, juste avant, à Mas de Brue. à Mas de Bruy on reprend Antoine Théria et là on se retrouve 1 et 2 et puis il part dans la descente de Mas de Bruy et puis c'est au moment de la montée après Mas Bio la montée du CAD où là je le reprends et en fait quand je le reprends moi je me dis c'est maintenant qu'il faut le passer et c'est maintenant qu'il faut faire l'écart et voilà tu me mets dans ce mindset là et ouais j'ai produit un effort à ce moment là après il reste au contact il y a eu au max il y a eu 15 je crois donc ça a été mais après vu que la fin du parcours c'est quand même Merci. des petits sentiers où tu ne te vois pas, donc tu ne sais pas s'il y a 20 secondes ou une minute. Et puis je pense qu'après le coup, en l'analysant, en revoyant le live, il y a une image qui m'a marqué. C'est que je pense que lui s'était dit « j'ai peut-être fait la différence dans la descente de masse de bruit » . Et quand il voit que je suis dans ses baskets, dans la montée pour aller au CAD, on le voit, il applaudit. Et quand je le passe, il me tend la main pour me checker. Donc moi, je me dis « est-ce qu'à ce moment-là, il n'a pas aussi un peu vendu des armes ? » Et elle s'est dit, voilà, il est meilleur que moi en montée, il va passer devant et je ne vais pas le revoir. Pourtant, il n'est resté au contact,
- Speaker #0
mais oui. C'est incroyable. En tout cas, ce Finlandais, il t'a talonné. Il y a aussi des gros coureurs, Hugo Dek, Thibaut Garivier, qui ont mis le clignotant, je crois que c'est à la Roque Sainte-Marguerite, que Hugo Dek et Thibaut, dans ce coin-là, ils ont bâché. Donc toi, quand tu vois... le niveau et que tu te vois en tête de cette course, dans ta tête, tu essaies de rester focus sur l'arrivée. Oui,
- Speaker #1
alors moi, les premières émotions, je pense qu'elles me prennent plutôt à mi-course. En fait, je me sens frais. Là, au lever du jour, au bout de 40 bornes, je sens que je suis très frais, que je suis encore très bien. Et là, je sais que je suis 7, 8. Dans ma tête, je me dis, les temps pliés, tous les ans, c'est pareil. dans le top 5 à mi-course, enfin dans le top 10 à mi-course, il y en a 3-4 qui bâchent, qui sont partis trop fort, donc en fait à ce moment-là dans ma tête je me dis bah du coup mathématiquement t'es déjà top 5, c'est ce que tu visais, et t'es encore frais, et donc là je me dis bah attends qu'est-ce qui peut se passer, donc voilà c'est plutôt à ce moment-là où j'essaye un peu de rattraper ces pensées-là en me disant bah reste concentré, après quand j'arrive à la ROC on m'annonce... 3 minutes 30 sur la tête et 2 minutes 30 sur le podium. Donc, c'est pareil. Là, je me dis, je ne pensais pas être aussi proche. Voilà. Mais donc, après, et pour autant, quand je prends la tête, c'est tellement un moment de la course où je suis dans mon effort qu'en fait, je ne pense plus à grand-chose. Je suis juste à avancer et à y aller le plus vite possible et rallier l'arrivée.
- Speaker #0
Ça me fait marrant parce que tu dis, je m'étais calibré pour un top 5. Il y a quelques temps, on avait rencontré le patron du RC Lance qui nous disait qu'on était un club qui doit être aux alentours de 5-6 et puis ils sont premiers finalement dans ce PSG. Là, ils sont deuxièmes depuis la défaite contre Marseille. Mais en tout cas, parfois on vise le top 5, mais on monte sur la première marche. Ça, c'est fort. Alors, juste pour revenir à cette performance, tu peux nous dire un peu quel prépa tu avais fait pour cette course des Templiers ? Comment tu t'es entraîné et comment tu t'es mis dans le mood de dire, allez ? quand même viser toujours un top 10 sur ces courses là c'est quand même costaud il faut en prendre un peu dans les jambes est ce que tu as fait comme prépa déjà moi ça faisait c'est une quand j'ai découvert le trade c'est le directement une des courses qui m'a fait rêver donc ça faisait déjà trois ans que je voulais la faire que je pouvais pas la faire donc
- Speaker #1
j'allais déjà avec une j'étais ultra motivé à l'idée d'y aller et c'est ben voilà une des courses que je voulais absolument faire et bien faire dans ma vie et après du coup À la prépa, j'habite à Lille, donc ce n'est pas le terrain d'entraînement le plus propice, mais ça a été un mix entre entraînement spécifique sur ma piste d'ici, qui est les Terils à côté de Lens, à Los Angeles, où il y a quand même moyen de se faire des bonnes séances SP, parce qu'il y a 100 mètres de dénivelé sur une pente à 20% de moyen. Donc, il y a moyen de quand même s'entraîner. Et puis, après, moi, je gardais à l'esprit aussi que les Templiers, ce que j'aimais bien dans les Templiers, et ce qu'on entend souvent, c'est que pour gagner les Templiers, il faut être un coureur complet, monter vite, bien descendre, courir vite à plat. Donc, en fait, moi, force de mon lieu de vie, j'avais plutôt historiquement des qualités à plat. Donc, c'est aussi quelque chose sur lequel je voulais miser et entretenir. Donc voilà, j'ai un peu ce mix-là et puis j'ai eu la possibilité aussi de partir à la montagne tout le mois d'août. J'ai essayé de faire la recours du parcours, donc voilà, j'ai pu aussi aller bouffer un peu de dénivelé et de la borne en montagne pour peaufiner la prépa.
- Speaker #0
puis la reco du parcours ça aide dans la visualisation mentale,
- Speaker #1
t'en parlais au moins tu connais les étapes tu connais les étapes et la reco du parcours aussi c'est aussi là où je me suis dit pick up Il peut peut-être se passer quelque chose, parce qu'en fait, j'ai fait la reco sur deux jours. J'avais la consigne de mon coach qui était de se dire, tu l'as fait vraiment tranquille. Et en fait, en temps cumulé sur les deux jours, j'ai mis huit heures. Donc, je me disais, certes, c'était sur deux jours, mais j'étais cool, je mets huit heures. Je m'étais dit, la forme est plutôt bonne, et c'est quand même mon signe en vue de la course.
- Speaker #0
Ok, top. Donc ça, c'est vraiment... Ton coach, c'est Arnaud Bourguenol. C'est Arnaud Bourguenol. Arnaud Bourguenol que j'ai interviewé dans Trail Story. Je vous invite à écouter son épisode d'ailleurs. Alors, il y a un truc quand même. Qu'est-ce que, pour toi, c'est quoi qui fait la différence sur ce type de course ? C'est ta prépa sur les terrils à te charger ou c'est plutôt… Est-ce que tu t'es dit à un moment, tiens ça, ça a payé ?
- Speaker #1
Moi, je pense que j'ai abordé la course avec… Pas mal d'humilité et de sagesse, dans le sens où je suis parti prudent. Ce qui a fait que, comme je te disais, je suis arrivé à mi-course, je me sentais frais. En fait, dans la prépa, il y a l'entraînement, mais il y a aussi ton plan de course, ta stratégie de course. Et la première partie de parcours, je savais que je pouvais arriver facilement avec la tête de course, mais je m'étais dit, reste sage, reste prudent. tu gagneras à arriver le plus frais possible à mi-course et tu pourras en tirer l'avantage sur la seconde partie de parcours. Je ne sais plus quelle était la question.
- Speaker #0
Voilà, du coup, qu'est-ce qui t'a mis vraiment dans le mood de gagner ? Est-ce que tu as des moments de prépa que tu as fait avec ton préparateur ou ton coach qui t'ont permis de faire la différence ? Est-ce que tu as fait, je ne sais pas, du renfort ?
- Speaker #1
Oui, oui, après, oui, oui. Alors moi, je suis sur la partie coaching, je suis accompagné par Pierre-Arnaud Bourguenol qui me fait la prépa classique. Et puis, j'ai un préparateur physique aussi, Théo Robin, qui me fait plutôt la partie muscu, etc. Donc ça, c'est quelque chose qui était nouveau en 2025. Donc ça m'a aussi fait gaper. Mais après, c'est sûr qu'on fait beaucoup la manière dont... Alors, ça fait deux ans que je suis avec Pierre-Arnaud. Donc, on a appris à se connaître et on a trouvé la manière de fonctionner ensemble. Et là, on a fait beaucoup de travail de bloc dans des semaines d'entraînement, donc avec beaucoup de spécifiques. qui ressemblait à des profils, à des moments de course des Templiers. Donc, j'avais aussi des points de repère. Je me savais en forme et je me savais fort. Donc, oui, oui, je savais que j'arrivais à un bon état de forme.
- Speaker #0
Et tu fais un peu de vélo ou pas du tout ? Oui. Tu fais des grosses séances de vélo ?
- Speaker #1
En complément de l'entraînement, mais un peu de vélo de home trainer,
- Speaker #0
oui. Ça marche, super. Alors, globalement, les Templiers, c'est une course où il y a beaucoup d'émotions. Au départ, quand Gilles Bertrand fait son petit discours, il y a la musique qui se lance. Là, tu es comment dans ta tête quand tu entends Héra et la musique qui se lance ? Est-ce que tu as de l'émotion ou tu es concentré ?
- Speaker #1
Alors, le moment de la musique, le discours, je l'avais tellement entendu parler, je l'avais tellement vu dans les images que je m'attendais à quelque chose de très fort dans les émotions, effectivement, mais je pense que j'étais vraiment très concentré. Et ce qui m'a marqué au moment de l'échauffement ou sur la ligne de départ, c'est qu'en fait, je me sentais calme. Et à tel point que, si je me souviens, sur la ligne de départ, c'est quand même bizarre de se sentir aussi calme et serein au départ des temps plis. Mais je me disais, tant mieux, ce n'était pas stressé, mais ce n'était pas surchargé d'émotion. Je pense que j'étais vraiment dans un mindset... à réconcentrer et on s'impose sur les erreurs.
- Speaker #0
Alors, on l'a dit en début, tu passes en une journée du statut d'inconnu, presque, dans le milieu du trail, tu passes tout de suite sous les feux de la rampe. Derrière, tout de suite, ça te donne un peu un cran, parce que les Templiers, ça fait partie des courses françaises qui sont quand même ultra connues et médiatiquement Tout de suite, la pression monte. Comment tu as géré ça, un peu ce tourbillon médiatique, à l'arrivée et après la course ? J'imagine que déjà, nous, ici à Lille, tout le monde le lundi s'équipe, il y a une vache, il sort de vous, qu'est-ce qu'il fait ? Comment tu as géré ça ?
- Speaker #1
À l'arrivée, en fait, j'étais tellement dans l'euphorie du truc que les choses se sont faites assez naturellement. Mais ça a plutôt été après, ou euh... Mon téléphone a chauffé pas possible pendant plusieurs jours. Et puis forcément, le soir, plusieurs soirs d'affilée, un peu du mal à m'endormir, à revoir les images. Et puis, j'ouvrais Insta, je voyais des trucs de moi partout. J'avais un peu l'impression à un moment d'être en mode réalité augmentée, un pote qui m'a fait une blague ou quoi. Enfin voilà, j'avais aussi du mal à... a pleinement réalisé, il m'a fallu un peu de temps quand même pour réaliser et accepter cette victoire. Et après, j'ai réussi à du coup à un peu prendre de recul, à justement couper toute cette partie notification Insta, Strava, pour éviter d'avoir le téléphone qui est en permanence bip de notification.
- Speaker #0
Tu as pris des vacances.
- Speaker #1
J'ai pris des vacances. Et puis voilà, et puis après il y a eu aussi toute une phase où, oui il y a la médiatisation, donc Après, ça reste aussi un petit milieu, le trade. J'ai été sollicité pour plusieurs podcasts, mais via des connaissances de connaissances. Ça, ça s'est plutôt fait assez naturellement. Et après, il y a eu aussi toute la partie, je mettais les pieds dans un nouveau monde qu'il fallait appréhender, comprendre. Moi, ça a plutôt été un peu ça qui a été un peu compliqué, enfin un peu compliqué, un peu nouveau. Et là où il fallait rester aussi calme et prendre le temps de poser les choses.
- Speaker #0
Ça fait un peu penser à Vincent Bouillard et sa victoire sur l'UTMB. Toi, tu arrives là et puis tout de suite, tu as des marques qui doivent te contacter. Tu ne sais pas trop comment gérer. D'ailleurs, je crois que tu es en contact avec Kipron pour une signature de contrat, si j'ai des bonnes informations. C'est très bien informé. Tu as dit que tu travailles chez Decathlon. C'est encore plus le lien qui se fait, c'est ça ?
- Speaker #1
Non, c'est signé, oui. Ça y est, c'est signé depuis, je ne sais pas quand est-ce que sortira le podcast, mais depuis la semaine dernière. qu'on enregistre, avec une annonce qui va être fait, officialisée dans la semaine. Donc oui, moi je suis super content, c'était forcément mon choix numéro un, je bosse pour Decathlon depuis 7 ans, donc c'était, enfin je connais quand même, on bosse, mes bureaux sont à 150 mètres, je connais pas mal de monde dans les équipes, c'était... tout naturel que ça se passe comme ça et je suis très content que ça aboutisse de la façon.
- Speaker #0
Alors chez Kipron, il y a pas mal de gens que tu vas côtoyer, notamment Thomas Cardin, les filles aussi, Blondine Lirondel, Clémentine Geoffray, Adeline Martin-Roche, donc il y a pas mal de gens que tu vas rejoindre si vous voulez. Comment tu gères d'ailleurs au niveau professionnel, donc je crois que tu bosses à Décathlon Pro, c'est ce qui sert globalement les clubs et les associations qui travaillent avec Décathlon. Est-ce que tu as un temps d'entraînement aménagé ? Parce que charger l'entraînement et en même temps bosser, ce n'est pas facile. Comment tu gères ça ?
- Speaker #1
Cette année, je bénéficie d'un dispositif qui est chez Decathlon pour accompagner les sportifs de haut niveau dans leur double projet. J'ai 40% de mon temps de travail qui est détaché pour m'entraîner cette année. C'est génial et ça me permet de me libérer du temps au quotidien, d'aller faire des stages de... à la montagne. C'est une vraie chance. Je suis trop content de bénéficier de ce dispositif.
- Speaker #0
Ça, c'est cool, pouvoir aménager son travail avec l'entraînement. C'est génial. C'est un vrai luxe aujourd'hui dans le milieu du trail. Suite à ça, tu as aussi eu la chance d'être appelé directement par Adrien Séguré pour aller t'entraîner avec l'équipe de France. Je crois que c'était à Annecy,
- Speaker #1
c'est ça ?
- Speaker #0
Tu t'es retrouvé avec l'équipe de France de trail qui s'entraînait. Comment ça s'est passé ? Tu connaissais déjà tout le monde ? Comment tu as géré ?
- Speaker #1
Je connaissais tout le monde comme un jeune fan qui connaît le monde du trail. Alors Adrien, on a discuté ensemble sur la ligne d'arrivée des Templiers. On avait eu un premier contact très sympa à ce moment-là. Et puis, il m'avait déjà exprimé à ce moment-là son souhait de m'intégrer sur un futur rassemblement de l'équipe de France. Donc, ça a été chose faite. Et c'était super, j'étais super bien accueilli par l'ensemble de l'équipe, beaucoup de bienveillance. Et puis en fait, on se rend compte que le monde du trail, c'est quand même un monde où les gens ne se prennent pas la tête. Les choses sont simples. Donc non, très content. Et puis ça m'a permis aussi de rencontrer certains futurs. Sur collègue de la team Keep Run, il y avait effectivement Thomas, Adeline et Clémentine qui étaient là. Donc super moment et super bien accueilli par tout le monde, c'était vraiment très chouette.
- Speaker #0
Et sur ce stage, vous avez fait des blogs, comment ça se passe un stage finalement avec l'équipe de France ?
- Speaker #1
C'était une journée là, c'était une journée le samedi, on se retrouvait en milieu de matinée, on a fait une séance Specross le matin, un peu loin des spécificités train, mais ça permettait de bien s'ouvrir le capot. Et puis, tout le monde voulait être devant l'autre. Donc, forcément, ça se tirait la bourre. Et puis, derrière, on avait eu un moment un peu plus tranquille où on a mangé, on a échangé. Ils ont présenté le calendrier fédéral. Enfin, Julien et Adrien ont présenté le calendrier fédéral pour l'année. Et puis, derrière, on a essayé de faire une petite sortie trail dans le verrier. OK. Voilà. Donc, ça fait quand même une bonne journée d'entraînement à 32 bornes. Mais le soir, on dort bien.
- Speaker #0
Le soir, tu dors bien, c'est clair. Mais oui, très chouette. Il y a une petite hippo qui est en face. Oui. Ça doit être... assez fort. Bon, du coup, on imagine que derrière, il y a des demandes aussi de passage pour cette équipe de France. Est-ce que, par exemple, tu vas te positionner sur des courses en 2026, type les championnats de France, des choses comme ça ?
- Speaker #1
Oui, moi, mon gros objectif de... Enfin, j'ai envie de faire mon objectif de l'année d'essayer d'aller choper une sélection pour les championnats d'Europe. Donc ça, ça passe par les championnats de France. Il y a quatre... 4 personnes qui vont être retenues pour les championnats d'Europe, plus 1 ou 2 remplaçants, je crois.
- Speaker #0
Ça va être un de tes objectifs ? En fait,
- Speaker #1
une fois, moi, depuis tout petit, j'aime le sport et tous les sports. Le maillot bleu, pour moi, c'est le must qu'on peut aller chercher quand on pratique un sport. Et puis là, j'ai... J'ai eu un aperçu de ce qu'était l'équipe de France. Là, j'ai juste envie de bosser pour y retourner.
- Speaker #0
Bon, génial. Alors, dans Trail Story, on parle souvent des émotions du trail, puisque c'est un peu la guideline de l'émission. Toi, si tu devais reprendre tes quatre dernières années de trail, alors forcément, il y a eu les Templiers. Mais est-ce que tu as une émotion trail qui t'a marqué au cours de ces quatre dernières années ? C'est peut-être pas les Templiers, d'ailleurs.
- Speaker #1
Avant de parler d'une émotion qui m'a marqué, moi, c'est surtout... J'ai eu l'impression de trouver quelque chose avec le trail, dans le sens où j'ai toujours été un amoureux de la montagne, de la nature, et j'ai toujours été un sportif avec un côté compétiteur. Et pour moi, le trail, ça a été vraiment le mix des deux. Et ça m'a permis de passer du temps en montagne, beaucoup me recentrer sur moi aussi. Donc rien que déjà là-dedans, j'ai eu l'impression de découvrir une pratique qui m'a équilibré personnellement. Et puis après, si on parle en termes d'émotion, je crois qu'une émotion... émotions positives il n'y a rien de plus fort que les templiers de ce que j'ai connu aujourd'hui puisque c'était une course qui me faisait rêver ça s'est super bien passé j'étais super bien enfin j'étais entouré de ma famille donc j'ai pu vivre ça et ses émotions avec eux et par contre j'ai aussi souvenir d'une émotion négative ou pas négative je sais pas mais de l'apprentissage ou première saison de trail j'ai voulu je pense trop vite passer sur des formats un peu trop long j'ai Moi, ce qui m'attire, c'est l'ultra dans le train. J'ai voulu aller un peu trop vite là-dessus. Je me suis retrouvé à faire le 100 km de l'IT4M au bout d'un an de pratique. 100 bornes, 6000 de D+, et 2 D-. J'ai bien appris. Puisqu'à mi-course, en sortie du massif de Beldone, au bout de 40 km, avec 2500 m de D- en one shot, j'étais démoli musculairement. Et à ce moment-là, je me disais vraiment pourquoi tu cours, pourquoi tu veux aller au bout ?
- Speaker #0
Qu'est-ce que je fous là ?
- Speaker #1
Qu'est-ce que je fous là ? Et malgré tout, j'avais eu les ressources pour aller au bout. Et je pense que j'avais beaucoup appris cette fois-là. Et malgré tout, les deux ou trois jours qui suivaient, quand ça n'avait pas encore marché, je ne disais plus jamais. Et puis petit à petit, ça a regermé. Et puis on connaît l'histoire.
- Speaker #0
Tu avais quand même fini neuvième de tes CRM, c'est pas mal. 97 km, 5800 de dénive. Donc tu as quand même des courses qui t'ont un peu forgé. Tu as fini premier de la VVX en 2022 sur le 43 km, 1700 de D+. Et puis tu as également fait le Luchon Aréto Trail, 70 km, 3000 de dénive. Premier également, donc tu as quand même des... Il y a des courses où tu as brillé aussi, qui sont moins connues médiatiquement, mais c'est quand même costaud parce qu'il y a de la distance et du déni, et il faut être là.
- Speaker #1
C'était un peu le constat en 2024 où j'avais gagné deux courses plutôt au niveau régional, mais avec beaucoup d'avance. Et c'était aussi le choix en 2025 de me dire d'aller me confronter à des courses de plus haut niveau pour voir où était la limite.
- Speaker #0
Alors, même si on sent beaucoup d'humilité chez toi parce que tu as abrié sur les Templiers, mais tu te dis, je veux quand même prouver, tu as parlé de l'équipe de France, des championnats d'Europe. Est-ce que toi, au fond de toi, dans tes rêves les plus fous, tu as une course qui te ferait rêver ? On va dire, là, tu es jeune, tu as encore des années devant toi de pratiquer. Ça ne fait que quatre ans que tu fais du trail. Est-ce que toi, spontanément, tu as une course de rêve qui te vient à l'esprit, dans tes rêves les plus fous ?
- Speaker #1
Moi, il y a trois courses qui me faisaient rêver quand j'ai découvert le trail. Les Templiers.
- Speaker #0
C'est fait.
- Speaker #1
C'est fait. La Diagonale des Fous et l'UTMB.
- Speaker #0
OK. Eh bien, écoute, il y en a déjà deux qui peuvent coller à ta liste dans les projets de l'année. Voilà, c'est ça. Les Templiers, c'est fait. En tout cas, ce qu'on retient de toi, c'est que tu ne te mets pas de limite. J'ai l'impression que tu as l'air d'être bien dans ta tête. Tu as envie d'accrocher le maillot de l'équipe de France, donc ça c'est génial. Et puis après, on verra avec la Team Tip Run, tu vas avoir aussi des bons mentors. Parce que Thomas Cardin, c'est du costaud. Blandine Nierondel, on n'en parle pas parce qu'après Sadia, qu'elle a survolé, elle a quand même un level de dingue. Et je pense que d'être dans ce collectif-là aussi, c'est génial pour toi de connaître tous ces champions qui vont t'aider à grandir et t'éclater. à fond la team Keep Run vu d'extérieur c'est une team qui me faisait rêver pour moi au niveau des teams donc ouais trop content d'en être c'est génial de pouvoir t'accueillir dans ce podcast merci encore une fois d'avoir répondu à l'invitation on suivra tes exploits dans les prochains mois Et puis alors, est-ce que tu as un petit mot de la fin pour les auditeurs qui écoutent ce podcast ? Tu as envie de leur dire quoi sur leur saison de trail 2026 ?
- Speaker #1
Faites-vous plaisir. Ouais, faites-vous plaisir. Passez du temps en montagne. Respectez l'art. Et gardez la notion de plaisir au centre, c'est le plus important.
- Speaker #0
Ok. Bon, ben merci beaucoup. C'était Pierre Livache en direct de Lille dans Trail Story Podcast. Merci Pierre, à bientôt.
- Speaker #1
Merci Gaëtan, salut.
- Speaker #0
Ciao. Voilà, cet épisode de Trail Story est maintenant... terminé je vous remercie de votre écoute nous terminons tout de suite en musique avec une chanson choisie par pierre livache avec la chanson de naam joy voilà bonne aventure trail à toutes et à tous et à la semaine prochaine ciao
- Speaker #2
Even thanks to their life seems to be playful. George, this is our brain. It will say I am so damn fool. George, what can I say now ? I give thanks for those things.
- Speaker #3
What keeps falling ?
- Speaker #2
Let it fall down. Just let it rise now. It's never really broken.