- Speaker #0
Bonjour à tous, ici Gaëtan Pitaval, passionné de trail. Je vais vous partager des histoires de trail à travers ce podcast, des histoires d'hommes, de femmes, des aventures, des émotions, mais aussi des histoires de courses mythiques. Bienvenue à tous !
- Speaker #1
Je crois qu'il y a une statistique qui disait que 50% des abandons sur les trails étaient liés à du trouble digestif, donc c'est un vrai événement. Le trouble digestif, que ce soit vomissement sur charge de l'estomac ou trouble digestif plus bas, est multifactoriel. Ça peut venir d'un manque d'entraînement intestinal. En effet, si à l'effort, vous n'apportez pas de glucides, si d'un coup, en effort, en compétition... avec un facteur stress aussi qui va compliquer cette vidange gastrique, là, vous allez apporter une très grosse concentration de glucides que l'estomac ne va pas savoir évacuer. En effet, là, ça peut créer des problèmes.
- Speaker #0
Bonjour à tous. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Trail Story. Je suis ravi de vous retrouver pour une nouvelle série d'épisodes de Trail Story consacrée aux conférences que j'ai faites durant l'UTMB en partenariat avec Kipron et Décathlon Nutrition. Premier épisode, nous allons partir à la découverte des pièges à éviter dans la nutrition sportive et le trail plus exactement avec la nutritionniste Maud Jeune. C'est parti ! Ça va Maud ?
- Speaker #1
Ça va très bien, bonjour à tous, enchantée, je suis Maud, diététicienne du sport. Dans ce cadre-là, j'ai la chance d'intervenir auprès de toutes les équipes conception qui gèrent la conception des produits de nutrition et puis aussi un peu de suivi sur certains athlètes partenaires de la marque.
- Speaker #0
Alors, on va parler de nutrition entre elles. Rapidement Maud, est-ce que tu peux nous dire un peu quel est ton parcours et quel est ton métier ? dans le domaine de la nutrition et de la diététique ?
- Speaker #1
Tout à fait, mon parcours académique, je suis de formation ingénieur agro, j'ai fait un BTS diététique pour avoir la fameuse appellation diététicienne qui est à l'heure actuelle le terme reconnu au niveau de la nutrition en France et puis après je me suis spécialisée en nutrition du sportif et également en micronutrition et justement sur... mes missions chez Decathlon, en plus de mon activité libérale. On va être surtout sur l'accompagnement pédagogique autour de la nutrition du sportif parce qu'on voit que c'est un sujet qui amène de plus en plus de questions, qui est de plus en plus technique et à juste titre. Donc, c'est comment on accompagne au mieux nos clients pour qu'ils utilisent au mieux, qu'ils gèrent au mieux leur nutrition pendant l'effort.
- Speaker #0
OK, très bien. Alors, vous êtes trailer, vous êtes à Chamonix. dans le fief du trail mondial qu'on va parler plus spécifiquement de l'alimentation en trail et j'aimerais Maud que tu nous expliques un peu les grands principes de l'alimentation au quotidien pour un trailer qui prépare une course, quelles sont les trois règles d'or en nutrition trail et qu'est-ce qu'il faut faire juste avant le départ et surtout les pièges à éviter
- Speaker #1
Déjà, si on raisonne nutrition du quotidien, on va partir sur une alimentation équilibrée qui, dans la répartition des macros, mais aussi bien l'apport énergétique, va être adaptée. C'est pour ça qu'il ne faut pas hésiter quand on est sur des préparations type événements, courses de l'UTMB à se faire accompagner avec un diététicien. Pour la partie juste avant la course, on va parler du dernier repas. d'avant-course qu'on prendra deux heures et demie à trois heures avant. C'est un repas qu'on aura testé avant ces sorties longues. On ne découvre pas un petit déjeuner le jour d'un gros événement. Ça peut être, si vous êtes sur un petit déjeuner, ça peut être du pain blanc plutôt, parce qu'on limitera les fibres. Ça peut être du blanc de poulet, ça peut être des œufs, si vous les tolérez. Ça peut être un laitage, pareil, si vous le tolérez. Et voilà, en tout cas, c'est toujours, toujours à tester. Sur la partie, le timing entre 3 heures jusqu'à la course, on va bien sûr s'hydrater. S'hydrater par petites gorgées, on sera selon la température, selon les habitudes de chacun et chacune, à peu près sur 600 millilitres jusqu'à 1 litre d'eau. Et puis, juste avant la course, il y a déjà le phénomène de digestion qui aura quand même bien débuté. Et on a aussi un phénomène de stress qui peut avoir lieu juste avant la ligne. de départ avec une déplétion des réserves en glycogène. Le glycogène, en fait, c'est la forme de stockage du glucose dans tes muscles et dans ton foie. Et donc, de ce fait, il n'y a absolument pas de non-sens à reprendre un produit, pour le coup, riche en glucides, type pâte de fruits, gel, encore une fois, toujours selon les habitudes, juste avant le départ de la course, pour partir justement avec des réserves en glycogène les plus optimum possible.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des pièges vraiment qui sont récurrents chez les coureurs ? Quels sont ceux que tu vois le plus souvent ?
- Speaker #1
Ce que je vois vraiment le plus souvent, c'est le manque d'intégration de stratégie nutritionnelle dans le plan d'entraînement. On a souvent des plans d'entraînement qui sont ultra calés. On a de plus en plus d'outils, dont l'application qui prône Pacer. Comment on y associe la nutrition pendant son entraînement ? dans l'objectif, dans la cible, c'est d'avoir votre plan d'entraînement pour le jour J, de faire exactement la même chose pendant l'entraînement. Vous allez me dire, Maude, tu es bien gentille, mais quand je prépare un UTMB, je ne cours pas un UTMB à l'entraînement. En effet. Mais par contre, l'idée, c'est de reproduire ce qu'on souhaite mettre en place de manière autonome ou avec l'accompagnement d'un professionnel, de le mettre en place à l'entraînement, en tout cas de ne jamais tester. Un produit de nutrition, une stratégie nutritionnelle le jour de la course.
- Speaker #0
Alors, on avait invité Thomas Cardin, mais malheureusement, il est à la présentation des athlètes pour les départs des grandes courses de l'UTMB. Et je sais que tu l'accompagnes. Quels sont les petits conseils que tu donnes aux athlètes justement juste avant la ligne droite type Thomas, il va courir la CCC ? Quel conseil tu lui donnerais si tu l'avais sous la main ?
- Speaker #1
Alors, je vais me répéter, mais c'est vraiment super important. Notamment en plus sur les athlètes de haut niveau qui peuvent être souvent amenés à se déplacer. On va essayer vraiment de reproduire ce qui se fait à l'entraînement et on fera attention aussi au dernier repas d'avant-course, aussi bien sur la composition. Mais souvent, quand on est en déplacement, on n'est pas à la maison et on fera attention, bien sûr, à la composition des derniers repas et on fera aussi attention au risque d'intoxication alimentaire. C'est pas de bol d'aller dans un resto et de tomber malade la veille de la course. Donc c'est aussi des choses sur lesquelles on fait attention.
- Speaker #0
La pasta party, tu conseilles ou tu conseilles pas ?
- Speaker #1
Alors oui, pourquoi pas la pasta party. Il y a une recharge glucidique qui va se faire les 72 heures avant l'épreuve. Donc oui, tout à fait. Elle doit pas se faire au détriment du confort digestif. Faut pas que les pâtes baignent dans un bain d'huile. Parce que justement, on va limiter la matière grasse de manière trop importante avant l'effort pour éviter tout inconfort digestif. Mais oui, pourquoi pas ? Et puis, on rajoutera à la paste à partie des protéines maigres type blanc de poulet, type poisson blanc, œuf, si c'est OK digestivement.
- Speaker #0
Alors, pendant l'effort, le corps, on le voit, on a vu Sarah qui arrivait hier à la fin de la TDS. Le corps, il brûle énormément d'énergie. Il y a des glucides, on parle de sel minéraux, on équilibre les apports avec souvent des gels, des barres et aussi des électrolytes, des boissons d'effort. Est-ce que tu peux nous éclairer un peu sur comment bien gérer cet apport énergétique avec ces composants-là ?
- Speaker #1
C'est vrai qu'on a souvent tendance à sous-estimer nos besoins pendant l'effort. Les sensations de faim, de satiété peuvent être complètement mises à mal en plus pendant la course. On va parler des efforts plutôt longs, on est quand même à l'UTMB, sur un effort de plus de 3 heures, moi je vous conseille d'être au minimum, alors il peut y avoir des variations individuelles, mais globalement on déconseillera d'être en dessous de 60 grammes de glucides par heure d'effort, et c'est des valeurs qui peuvent même doubler, monter jusqu'à 110, 120 grammes de glucides par heure d'effort en fonction de la physiologie déjà de la personne, mais aussi de l'intensité de course. il y a bien sûr des notions d'heures de course oui Mais l'intensité est tout aussi importante, voire plus importante. Et au plus on aura une intensité de course élevée, au plus notre besoin en glucides pendant l'effort sera très important. L'autre point qui sera important de valider à l'effort, tu parlais d'électrolyte, ça sera vraiment le sodium. L'apport de sodium est très important sur les efforts. La quantité minimale, ça sera à peu près 400 mg de sodium par heure d'effort. Et ça peut monter bien au-delà. Thomas Cardin, forcément, sur la Western, on était bien au-delà de par les températures. Et un petit tip que je vous donne, souvent sur les packagings, que ce soit boisson iso et nutrition, qui sont un peu les deux formats pour combler vos apports en glucides et en sodium, ne confondez pas quand vous voyez un gramme de sel par portion. Sur le packaging, ce n'est pas 1 g de sodium. 1 g de sel égale contient 400 mg de sodium. Je préfère le préciser parce que des fois, ça peut porter à confusion.
- Speaker #0
OK. Alors, petite question qui n'était pas prévue. On voit aussi beaucoup de caféine arriver dans les trailers pour tenir la nuit, notamment sur les très longs. Qu'est-ce que tu peux dire là-dessus ?
- Speaker #1
Oui, alors... En effet, la caféine, c'est prouvé pour le maintien de l'attention. C'est en effet un produit, un gel caféiné qu'on peut conseiller pendant la nuit, notamment souvent, ça va être des dosages de 80 mg par dose. Et on essayera de ne pas dépasser sur toute la course 250 mg de caféine. Toujours à tester également. à l'entraînement, ne pas découvrir ça en amont. Mais voilà, quand on parlait de vraiment créer en détail la gestion de sa stratégie de course, c'est bien sûr d'anticiper tous ses apports et essayer de les tester en condition à l'entraînement.
- Speaker #0
OK. Alors, on va parler d'un gel qu'on a vu sur le stand juste derrière Decathlon Nutrition, pour lequel tu as aidé à la collaboration pour ce gel. Ça s'appelle le gel... 1.08. Concrètement, qu'est-ce qu'il a de différent, ce gel, par rapport aux autres ?
- Speaker #1
Alors, par rapport aux autres de notre gamme, c'est une histoire de ratio. 1.08, c'est une molécule de glucose pour 0.8 molécules de fructose. À l'effort, on a besoin de glucides. Ces glucides, on va pouvoir les apporter par différentes formes justement de glucides. Vous avez le glucose, vous avez le fructose. Quand vous avez un gel qui apporte uniquement du glucose, ça va solliciter, quand vous ingérez votre gel pour l'absorption dans le sang, une porte de passage. Cette porte de passage va saturer au-delà de 60 grammes de glucides par heure. Si vous prenez un gel qu'avec du glucose, vous aurez du mal à monter avec ce type de produit, que ce soit via l'hydratation ou la nutrition, au-delà de 60 grammes. De manière à pouvoir augmenter ces apports, vous allez avoir des produits qui vont avoir un ratio 2-1, 2 molécules de glucose pour 1 molécule de fructose. Grâce à ce ratio, vous allez pouvoir monter jusqu'à 90 grammes de glucides par heure. Et pour augmenter, puisque le fructose va utiliser une autre porte, donc on augmente la capacité d'absorption des glucides, on passera sur un ratio 1,08. Ce qui est important, le ratio 1,08 peut... Alors attention, avec de l'entraînement digestif, n'allez pas vous amuser si vous n'avez pas l'habitude à consommer 100 grammes de glucides par heure, comme ça, sous prétexte que vous prenez du 1,08. Non, non, il faut vraiment... Un entraînement digestif, mais avec un 1.08 chez quelqu'un de très entraîné, avec une forte intensité de course, on va pouvoir monter jusqu'à 110 grammes de glucides par heure d'effort.
- Speaker #0
OK, merci. On en sait un peu plus sur ce fameux gel 1.08. Un point qui revient tout le temps quand on échange avec les coureurs, c'est les problèmes digestifs alimentaires pendant une course, voire les vomissements ou même pire. On ne va pas aller jusque là, mais en tout cas, ça peut arriver. Comment on explique ce blocage et surtout comment le surmonter et l'éviter ?
- Speaker #1
Je crois qu'il y a une statistique qui disait que 50% des abandons sur les trails étaient liés à du trouble digestif. Donc c'est un vrai événement. Le trouble digestif, que ce soit vomissement sur charge de l'estomac ou trouble digestif plus bas, est multifactoriel. Ça peut venir d'un manque d'entraînement intestinal. En effet, si à l'effort, vous n'apportez pas de glucides... Si d'un coup, en effort, en compétition, avec un facteur stress aussi qui va compliquer cette vidange gastrique, là, vous allez apporter une très grosse concentration de glucides que l'estomac ne va pas savoir évacuer. En effet, là, ça peut créer des problèmes. Si vous consommez trop de fibres juste avant l'effort, selon votre tolérance digestive, ça peut aussi entraîner des troubles digestifs. Il y a aussi entrailles, c'est quand même une discipline qui est assez traumatisante. Tous ces chocs vont justement sensibiliser la barrière intestinale. Normalement, une barrière intestinale, c'est quand même plus ou moins perméable. Ça ne laisse pas passer trop de choses, en tout cas pas les choses néfastes. Et quand on est sur un effort intense avec justement pas mal de chocs, beaucoup de fibres, du stress, on va avoir justement ces jonctions qui vont laisser passer l'eau et ce qui peut amener des phénomènes de diarrhée. Moi, mon conseil, justement, bon, vous l'aurez compris, l'entraînement digestif. Mais si malgré l'entraînement digestif, vous êtes face à des troubles digestifs, il faut savoir des fois peut-être ralentir l'allure. En fait, quand vous êtes sur des allures peut-être un petit peu au-delà de celles pratiquées à l'entraînement, on a un phénomène qu'on va appeler l'ischémie intestinale. C'est-à-dire que votre intestin, il ne va pas être aussi irrigué. Votre corps, en fait, il va prioriser et il va aller irriguer vos membres, votre peau, pour maintenir votre température interne assez régulière. Et tout ça, pareil, ça va entraîner un ralentissement de la digestion. En tout cas, ce qui peut être intéressant, c'est de réduire l'allure. Peut-être prendre le pari de s'arrêter de manière un petit peu plus prolongée au ravito, marcher. De manière à réduire la dépense, pour ne pas créer un déficit trop important, parce que c'est le risque, quand on a un trouble digestif, on ne s'alimente plus. Ne plus s'alimenter sur un effort de 20 heures, ça peut devenir très compliqué. Donc réduire l'allure et ramener progressivement à manger, donc peut-être avec une compote, c'est des fois qu'une petite gorgée, petit à petit, pour petit à petit remonter la pente, peut-être que ça aide de la boisson d'hydratation. Et derrière ça, si on est sur Avito... et si on est sur plutôt un effort très très long, de ramener un petit bouillon avec du vermicelle, des petites quantités, mais pour venir ramener du glucide un peu plus complexe que ce qu'on a dans une pâte de fruits, etc. pour tranquillement remonter la pente et pouvoir repasser sur un rythme plus adapté.
- Speaker #0
Ok, très clair. Dans les trails comme l'UTMB, il y a des super ravitaillements avec plein plein de choses, des barres, des gels, des boissons. Est-ce qu'il faut garder ce qu'on a prévu dans son sac où est-ce qu'on peut... prendre des choses qui ne sont pas courantes au Ravito. J'ai en tête le coca, le pain d'épices, les tuques, et il y a plein de choses, des bananes. Comment on fait au Ravito ?
- Speaker #1
Alors au Ravito, surtout quand on est sur une orga de l'UTMB, on a la chance de pouvoir savoir un peu à l'avance ce qu'il y a. Quand on prépare des épreuves comme l'UTMB, la TDS, etc., on a des sorties très longues. Et ce qui peut être intéressant, quand je vous disais, on essaye de Refaire les conditions à l'entraînement qu'on retrouvera potentiellement sur l'épreuve, c'est de pouvoir aussi, pendant votre entraînement, si vous savez qu'il y a du tuc, ne pas hésiter aussi à consommer du tuc. Au niveau de la nutrition sportive, quand cela est possible d'un point de vue logistique, ayez vos produits de nutrition que vous avez testés, les quantités que vous testez, parce que si vous misez tout sur le ravito, selon votre place dans la file, vous pouvez aussi avoir des ruptures. Donc, si vous attendiez... au ravito la boisson d'effort et qu'elle est plus disponible, ça peut être embêtant. Par contre, pour la partie crackers, petits bouillons qui sont super intéressants sur des efforts longs, parce que ça casse avec le goût du sucre, parce qu'on vient rajouter des éléments avec un indice glycémique un peu plus bas, un peu plus consistant, là c'est plutôt très sympa comme stratégie, surtout si vous l'avez testé à l'entraînement. Idem pour le coca.
- Speaker #0
Le coca, pareil, la badoit, tout ça. Ok, très bien. Alors, on a parlé pas mal de course, de stratégie de course et d'anticipation. Maintenant, on va passer à l'après. Une fois qu'on a franchi la ligne et qu'on a fini comme notre Sarah qui est ici hier soir, comment on récupère sur le plan nutritionnel ? Quelles sont les solutions pour récupérer rapidement de façon intestinale pour que ça se passe bien ?
- Speaker #1
Souvent, la récup, c'est une partie qu'on oublie un peu parce qu'on a passé la ligne d'arrivée. Ça fait six mois qu'on se prépare, qu'on se met dans le... Dans le mindset, c'est quelque chose qu'on oublie. Pour autant, c'est une période ultra importante qui va commencer dès le passage de la ligne d'arrivée. Il y a trois mots d'ordre. Réhydrater, reconstituer, restocker et puis réparer. Réhydrater via l'eau. Reconstituer, où on essaiera de reconstituer ces stocks en glycogène via un apport de glucides. Et puis après, réparer. On va avoir l'apport de protéines. pas juste au passage de la ligne, bien sûr, ce n'est pas toujours ce dont on a envie, mais au plus proche de l'effort. Mais aussi dans la notion de réparer, vous avez progressivement aussi l'ajout de fibres via les légumes et les fruits, parce qu'on est encore un peu sensible de l'intestin, tout simplement parce que ça va vous apporter des éléments inflammatoires, antioxydants qui, suite à des efforts comme ça, peuvent aussi vraiment faire la différence et puis aussi participer à la réhydratation. Donc voilà, c'est vraiment des choses sur lesquelles on sera vigilant.
- Speaker #0
Alors, est-ce que les boissons de récup, elles sont vraiment surchargées en protéines ? Comment ça marche ?
- Speaker #1
Alors, la boisson de récup, non, ce n'est pas surchargée. Souvent, dans une boisson de récup, vous allez avoir à peu près 20 grammes de protéines. 20 grammes de protéines, c'est la ration qu'on conseille en récupération. Alors, 20 grammes de protéines, pour ceux à qui ça ne parle pas trop, ça va être l'équivalent de protéines que vous allez trouver dans 100 grammes de viande. dans trois oeufs à peu près. On va être à peu près là-dessus, avec toujours un combo protéines, glucides, vitamines et minéraux.
- Speaker #0
Et quand tu termines ta course, tu la prends combien de temps après ? Un quart d'heure, une heure ?
- Speaker #1
Au plus proche de l'effort, il y a toujours une notion de fenêtre métabolique. Consommer dans les 30 minutes, on voit qu'elle est beaucoup plus large, encore plus sur des efforts comme ça, mais au plus proche de l'effort. Si 15-20 minutes après, tu arrives à prendre ton shaker, c'est top. Et puis, si tu as de quoi faire ta ration de récup avec de l'alimentation brute, c'est très bien aussi. Et aussi, ne pas lésiner, alors pas tout de suite à la sortie, au passage de ta ligne, mais sur les bonnes graisses. Donc les oléagineux, l'huile de colza, la sardine par exemple, mais vraiment après l'effort, ça va vous amener des oméga-3 qui sont super intéressants aussi sur le côté anti-inflammatoire.
- Speaker #0
Et vous avez même la glace de récupération à tester ici. C'est une glace de récupération qui a été développée par Ludocolet, que vous connaissez tous, qui est le speaker de l'UTMB. Vous pouvez aller tester la glace de récupération. Je crois que la vanille et le chocolat sont chargés justement pour répondre à ce besoin de récupération. Je vais terminer, avant de laisser la parole au public, avec une question classique dans le milieu du trail. Je crois que vous l'avez tous testée. C'est la fameuse bière d'après-course ou les bières d'après-course. Je connais quelques trailers ici que je vois sourire. Les bières d'après-course, parfois, on en abuse un peu. Bon, pas bon, mythe, pas mythe ?
- Speaker #1
Alors moi, juste après l'effort, la bière de récup, je ne la conseille pas. Après un effort long, le foie a été mis à rude épreuve. Si tu viens ramener des molécules d'alcool, ça va complexifier justement la récupération du foie et tout l'effort de détox que sera en train de faire ton foie. Pour autant, la bière, c'est un produit qui est fermenté. Le houblon, il y a plein de choses intéressantes. Ce que je peux proposer en alternative, je ne veux pas me faire des amis, mais plutôt de la bière sans alcool, juste après l'effort. selon les quantités, le degré d'alcool, tu peux avoir un petit effet diurétique et on essaye plutôt de se réhydrater. Par contre, avec modération, une fois l'effort passé, une fois les différentes doses de récup prise, pourquoi pas, mais toujours avec modération, bien sûr.
- Speaker #0
OK, merci beaucoup, Maud, pour tous ces éclairages. Avec plaisir. On va laisser maintenant la parole au public. Si vous avez des questions pour Maud, si vous avez des soucis en course d'alimentation ou dans vos préparations. N'hésitez pas à lui poser des questions. Si vous avez des questions, vous levez la main et Julien vous apporte le micro.
- Speaker #2
Vous avez beaucoup parlé du repas d'avant-course. Est-ce qu'il y a des préconisations aussi sur la semaine qui précède ? Parce qu'on a entendu aussi beaucoup de théories là-dessus. Est-ce qu'il y a des choses à dire ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Pendant la semaine qui précède, les trois jours on va dire, tu vas pouvoir faire une période de charge glucidique où progressivement tu vas augmenter les glucides dans ton assiette et tu vas réduire... Toujours selon la sensibilité intestinale de chacun, tu vas réduire tes fibres en charges glucidiques. On peut atteindre, alors ça dépend des gens, des athlètes, on peut aller jusqu'à 10 grammes de glucides par kilo de poids corporel. Donc tu prends ton poids et puis tu multiplies par 10. C'est déjà une valeur qui est assez importante. Il existe la maltodextrine pour les gens qui n'arrivent pas à manger des quantités astronomiques de pâtes. Le but, ce n'est pas non plus de se sentir trop lourd, de ne pas prendre 3 kilos avant le début de course. Donc, c'est ce juste milieu à trouver. Les glucides, c'est quoi ? Ça va être concrètement les pâtes, le riz, le pain, etc. Les pommes de terre. Et limiter les fibres aussi. Et ça, c'est toujours en accord avec ta tolérance digestive. Il y en a 3 jours avant, ça va être complètement OK de manger des fibres. Et puis, progressivement, on réduira. Donc, c'est plutôt ça la stratégie.
- Speaker #3
Merci. Moi, j'ai deux questions. Est-ce qu'on entend beaucoup de choses sur la maltodextrine actuellement ? Certains disent qu'il faut totalement arrêter parce que c'est un seul type de sucre et qu'on sature un petit peu les récepteurs et que ce n'est pas ouf avant une course. Mais est-ce que si on prend de la malto, puisqu'on a l'habitude et que psychologiquement, ça nous rassure, est-ce qu'on doit quand même faire une recharge glucidique ou est-ce que ça ne sert à rien ? J'ai un peu deux questions.
- Speaker #1
Parfait. la malto pour moi elle vient en complément de ton alimentation du quotidien et en fonction de toi, de ta physiologie, tu auras des besoins différents donc tu ne vas pas consommer que de la malto et puis chez des gens qui ont un poids qui sera adapté justement quand tu appliques ce coefficient ton poids x 8 grammes si tu vois qu'avec une assiette lambda tu couvres tes apports et tu ne te sens pas trop chargé c'est complètement et c'est vraiment... C'est complètement ok, mais moi je vois plutôt la Malto comme le petit plus, exactement, pas comme une stratégie principale, pas du tout.
- Speaker #0
Alors on va parler un peu de Decathlon My Health, qui est une petite méthode, tu vas nous expliquer un peu ce que c'est. Il reste des places demain si vous voulez faire le test, donc n'hésitez pas à venir voir Maud après la conférence. Donc c'est quoi Decathlon My Health ?
- Speaker #1
Justement quand je vous parlais de l'apport de pédagogie autour de tous ces sujets de nutrition, que ce soit la nutrition sportive ou la nutrition du quotidien, un sportif, une sportive mal nourrie tout au long de l'année risque de moins performer. On a développé en fait un service qui s'appelle Decathlon My Health, c'est une analyse de la composition corporelle. En quelques secondes, on va réussir à vous dire avec un appareil qui va vous envoyer du courant bas voltage, rassurez-vous, c'est un dolor, on va réussir à vous dire votre taux de masse grasse, masse musculaire, hydratation, et on va aussi aller plus loin. Sur des indicateurs au niveau de votre qualité cellulaire, au niveau justement de votre équilibre hydrique, on va réussir à aller aussi un petit peu plus loin. Et donc, si vous souhaitez en savoir plus, je vais dire, ça prend à peu près 15 minutes. Par contre, ce n'est pas possible pour les mineurs, les personnes enceintes et les personnes porteurs de pacemakers. Mais sinon, soyez les bienvenus. C'est super intéressant.
- Speaker #0
OK, bien, merci beaucoup. Je me suis instruit cet après-midi. Un grand merci à toi. pour être présente cet après-midi avec nous. Et puis, bon test My Health et bons conseils pour les gens qui vont passer voir l'équipe Nutrition Décathlon au-dessus et puis My Health.
- Speaker #1
Il y a toute l'équipe, n'hésitez pas à passer. Merci beaucoup, bonne journée.
- Speaker #0
Merci à tous. Voilà, cet épisode de Trail Story est maintenant terminé. Je vous remercie de votre écoute. La semaine prochaine dans Trail Story, je vous passerai un autre épisode sur une conférence que j'ai faite à l'UTMB avec Philippe Propage, entraîneur de la team Keep Run. qui nous parlera tout simplement de comment performer et durer en trail running. Un épisode hyper intéressant réalisé en public pendant la semaine de l'UTMB. Nous terminons en musique avec une chanson du groupe Rita Mitsouko et plus particulièrement Catherine Ringer qui nous a quitté cette semaine, immense chanteuse, interprète et compositrice française du groupe Rita Mitsouko avec la chanson Alors c'est quoi qui a une superbe rythmique. Allez, c'est parti. Bonne aventure trail à toutes et à tous.
- Speaker #4
Alors c'est quoi que j'appelle ? C'est la joie, c'est elle Que laissez-moi et tous celles Et s'entremêlent encore nos voix A chaque fois, je remets ça Un, deux, trois, ça recommence A chaque fois, je remets ça Réflame-moi encore, montre-toi Réflame-moi encore, montre-toi Et encore, et encore, encore une fois Alors c'est quoi que j'appelle ? C'est toi la joie, c'est bien elle Que les émois et ta sœur Et sans remettre encore nos voix A chaque fois je recommence Un, deux, trois, ça remonte à A chaque fois je recommence Rappelle-moi encore, montre-toi Rappelle-moi encore, montre-toi Et encore, et encore, et encore, et encore une fois Ah non, c'est toi que j'appelle C'est la joie, c'est elle Et c'est moi Et c'est moi Éternel Et s'entremêle Encore dans le bois À chaque fois Je remets ça À chaque fois Ça recommence À chaque fois Je remets ça Réponds-moi encore Mon amour Entre toi, moi encore. Entre toi, encore. Et encore, et encore, encore une fois.