- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Trois Souffles, Un Horizon, le podcast où la sagesse chinoise dialogue avec les questions de notre époque. On imagine souvent que lorsqu'on cherche une réponse, il faut aller la chercher quelque part. Dans un livre, dans les paroles de quelqu'un, ou peut-être même dans un tirage du Yijing, ce livre des mutations qui nous intéresse tant dans ce podcast. Mais si la qualité de la réponse dépendait aussi de l'espace depuis lequel nous posons la question ? Si nous sommes déjà emportés par nos peurs, nos attentes ou nos certitudes, que pouvons-nous réellement entendre ? C'est une question qui nous accompagne depuis le début de ce podcast. Et après avoir regardé du côté de la Terre, de l'Histoire et de ceux qui nous ont précédés, nous avons aujourd'hui envie de nous rapprocher de l'humain, de son corps, de son esprit et de son expérience intime des transformations. Pour ouvrir cette nouvelle étape, nous avons choisi de vous proposer un nouveau format, celui de la rencontre. Nous allons donc écouter, questionner, confronter nos expériences à celles de personnes qui, chacune à leur manière, font vivre cette pensée aujourd'hui. Pour cette première rencontre, Aïcha Siebers nous accompagne sur ce chemin. Sa pratique fait dialoguer trois dimensions qui sont au cœur de notre démarche, le yijing, le tao et le corps. Alors, comment ces trois chemins peuvent-ils nous aider à retrouver un peu d'espace intérieur lorsque le monde autour de nous devient mouvementé ? Et peut-être surtout, comment apprendre à écouter ce qui se transforme en nous plutôt que de chercher immédiatement à savoir ce qui va nous arriver ? C'est ce que nous allons voir et explorer dans cet épisode. Je laisse donc la parole à Florence et Aïcha pour ce bel échange. Nous vous souhaitons une agréable écoute.
- Speaker #1
Bon, c'est parti. Bonjour à tous et bienvenue dans Trois souffles en horizon, le podcast qui explore la pensée chinoise et le yijing pour éclairer nos vies modernes. Aujourd'hui, nous inaugurons ensemble un nouveau format qui nous tient à cœur dans ce podcast, un format interview. Et pour ce faire, j'ai le plaisir de recevoir Aïcha Siebers, instructrice seigneur de la lignée de Maître Mantachia, fondatrice de l'école Tao de la Vitalité. Aïcha guide depuis des décennies, des centaines d'élèves, presque 30 ans je pense, sur le chemin de l'alchimie intérieure et de l'écoute du corps. Une phrase tirée de ton site que j'aime beaucoup est « La voix est sous nos pieds » et c'est pour moi ce qui caractérise le mieux ta pratique et ta façon de transmettre. Tu ne cherches pas à nous faire apprendre quelque chose d'extérieur à nous. Mais tu nous incites plutôt à mieux nous écouter, grâce à cette combinaison entre tradition et approche contemporaine. En plus d'être une référence dans le Tao de la femme, de l'homme et du couple, tu es aussi autrice du livre « Déesse du Tao » , mais aussi une praticienne aguerrie du Yijing, le livre des mutations, et c'est ce qui nous réunit aujourd'hui. Dans cet épisode, nous allons décrypter comment cette sagesse millénaire peut éclairer nos choix actuels et nous aider à traverser les mutations de notre vie avec fluidité et ancrage. Aïcha, bienvenue dans cet espace de souffle et d'horizon. Est-ce que cette présentation te convient ou as-tu quelque chose à rajouter ? Top ! Bon ben rentrons directement dans le vif du sujet alors. Alors d'où vient ta rencontre avec le yijing ?
- Speaker #2
Ah ben ça c'est... ça va ! avec mon rencontre avec le Tao, que c'était fait il y a un bon moment maintenant, il faut dire, mais c'était sur le chemin. À l'époque, je vivais à Paris, je bossais à la télé, j'étais complètement dans un autre monde. Et du jour au lendemain, je tombe sur une conférence avec le maître Mantak Chia qui faisait ses conférences à Paris sur le Tao. Je n'avais jamais entendu parler du Tao, plus que ça. Et donc, quand j'ai entendu... tout ce qu'il avait à dire et surtout j'ai goûté aux pratiques qu'il proposait. J'ai senti dans mon corps, il y a vraiment une pétillance, une énergie qui s'est éveillée en moi que je n'avais jamais ressentie et surtout ce lien entre le corporel et le spirituel que j'ai senti tout de suite. Et donc quand il a parlé du Tao, forcément c'est fondé sur le Yijing, sur le Bagua, sur les trigrammes et sur les origines, on va dire, de ce chamanisme qui cherche à réunifier l'humain. avec le cosmique.
- Speaker #1
Ouais, top. Magnifique.
- Speaker #2
Et comment est-ce que tu présenterais le yijing à quelqu'un qui n'en a jamais entendu parler ? J'irais aux origines. Donc comme je... J'irais aux origines. Donc justement de ces origines... Je vais refaire. J'irais aux origines. Donc aux origines. Je vais dire ça. Aux origines dans les peuples ancestrales. Ou encore péliolithiques. enfin bien... préhistorique, quand on vivait encore sur Terre, de façon vraiment à faire très attention aux étoiles, les saisons, les mouvements théoriques et cosmiques, pour pouvoir décider où est-ce qu'il faut bouger, à quel moment, qu'est-ce qu'il fallait cueillir à tel moment, etc. Donc, à ce moment-là, on parle du maître Fuxi, qui était un des chefs de tribu de l'époque et qui a développé ce système binaire d'un intérêt ouvert, yin, qui laisse passer la lumière et donc ça approfondit en quelque sorte dans le côté plus nocturne et plus yin ou le face nord d'une colline où il n'y a pas de lumière parce que ça laisse passer la lumière. Alors que le trait solide qui représente le yang qui va symboliser plutôt le reflet de la lumière ou l'émanation de rayonnement de la lumière, le soleil. Et donc le jour est la face sud d'une colline qui reflète. et qui accueillent le soleil pour mieux faire pousser les choses. Donc, dans ce mouvement, on va dire, entre le soleil, la lune, le jour et la nuit, les périodes fécondes, les périodes pour récolter, les périodes pour laisser poser, tout ça, ça faisait partie de la vie quotidienne à cette époque-là. Et donc, le Bagua, les trigrammes, le Yijing, est né de cet contexte-là, où, quand on combine un trait ouvert avec un trait solide, ça génère une polarité yin-yang. nuit et jour et ça engendre forcément un troisième possibilité.
- Speaker #1
Et un mouvement dynamique.
- Speaker #2
Et un mouvement spécifique grâce à cette fusion grâce à cette trois, cette trinité là, c'est ça qui engendre le mouvement et donc les combinaisons possibles, il y en a huit combinaisons de deux on va dire de deux polarités binaires avec une troisième et donc c'est vraiment la racine du yin-ying où on a vu des mouvements spécifiques naître donc On peut même dire dans un certain ordre, c'est là comment on les transpose pour agir vraiment comme le premier buceau, le premier horloge de l'époque pour mesurer le temps et l'espace. Et donc de là, les trigrammes sont aussi combinés pour engendrer des hexagrammes. Quand tu démultiplies huit fois par huit, possible, tu en as les 64. C'est là où le yijing s'est développé. Et donc, au fil des millénaires... Il a été adapté de plein de façons différentes, que ce soit plus divinatoire, que ce soit plus comme un oracle, ou plutôt comme un texte d'enseignement, ou un texte de stratégie aussi, même politique. Un texte pour mieux vivre sa vie quotidienne, même un mode, on peut dire même comme un truc agricole, enfin comment ça s'appelle, un almanac agricole. En fait, on peut l'utiliser comme plein d'outils pour sa vie quotidienne, pour guider sa vie quotidienne. Il faut être de mieux en mieux en harmonie avec l'environnement et avec la Terre et le ciel.
- Speaker #1
Ok, et puis c'est là, c'est vrai qu'on peut aussi faire la différence entre le côté prédiction et puis l'observation plutôt des dynamiques et de ce qui se passe autour de nous. Tout à fait, voilà. Donc, bien sûr, il y a cette option, on peut dire, en fait, dimension oracle, mais on peut aussi aller vraiment dans quelque chose de beaucoup plus profond que de chercher à qu'est-ce qui va m'arriver.
- Speaker #2
Ce n'est pas ça qui nous intéresse vraiment dans la philosophie taoïste, à la base, qui est foncièrement une travail sur soi, en fait.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #2
C'est ancestral de vouloir cultiver son propre être pour qu'on laisse naître notre plein potentiel. Et donc, ça ne dépend pas sur des choses extérieures. des intermédiaires extérieures ou sur des croyances qu'on va encore rajouter. Au contraire, toute la philosophie taoïste est vraiment basée sur le lâcher-prise, le dépouillement, de laisser partir tout le superflu de l'ego, de notre conditionnement, pour arriver à quelque chose de beaucoup plus sain et authentique.
- Speaker #1
Merci, quelle belle réponse. Est-ce que tu entends parfois des erreurs ou des choses qui... ne te correspondent pas quand on parle du yijing ? Quelle est la chose, la pire que tu aies entendue sur le yijing ? Ça, c'est une bonne question. Je pense que oui, c'est surtout dans ce... Ce sens un peu divinatoire, des fois, où les gens disent « Ah ouais, j'ai tiré le viking parce que je ne sais pas si je dois aller par ici ou aller par là. »
- Speaker #2
Donc, ok, pourquoi pas, mais je pense qu'il y a une grosse malentendue dans cette croyance où on pense que quelque chose doit nous dire ce qu'on doit faire. Même si, bien sûr, il y a un miroitement, il y a un reflet qui est très intéressant. Dès qu'on tire le hikin, on peut tirer n'importe quelle chose, ou même jeter des pièces, et on a tout de suite des réponses de l'univers. Tout dépend à quel point on est bien connecté. Et donc, on peut trouver des réponses partout, dans plein de choses. Mais après, je ne sais pas. Je ne pourrais pas trop répondre à cette question, peut-être. Je ne sais pas. Je ne dirais pas que c'est le pire des choses. Pour moi, le pire des choses, c'est de ne pas comprendre d'où ça vient et quel est le véritable sens de ce lit-dit. Je pense que pour moi, c'est là où ça fait un peu « hi » .
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. Oui, et puis parfois de l'utiliser un peu trop rapidement et puis finalement de faire plein de tirages sans pouvoir analyser à un moment donné la vraie réponse et puis se poser et en fait recevoir ce que ce livre et ces stratégies ont à nous. dire en fait.
- Speaker #2
Mais souvent ce que je vois quand les gens, ou même moi, quand je me à l'époque, quand je ne savais pas encore tout ça, j'étais un peu jeune, quand beaucoup de gens quand on débute, on dit ah c'est trop bien, et donc on tire et on pose la même question et puis on n'est pas content de la réponse donc forcément on tire encore mais souvent ce qui se passe c'est qu'on n'arrête pas de tirer la même réponse, donc soit il y a ça soit on commence à tirer un peu du n'importe quoi.
- Speaker #1
Oui et puis je pense qu'il y a un hexagramme aussi qui nous donne une réponse euh... Ou en tout cas, le texte se moque un peu du tireur, de celui qui fait le tirage, du consultant. Et il nous dit juste, bon, ben non, il faut juste que maintenant tu arrêtes et que tu apprennes de l'expérience, que tu apprennes des maîtres et que tu apprennes de ce que je suis en train de te dire. Il me semble que c'est l'hexagramme jeune fou, je ne m'abuse. Oui,
- Speaker #2
oui, oui,
- Speaker #1
certainement. On a un petit clin d'œil, l'air de dire, bon, maintenant tu t'arrêtes, en fait, tu écoutes. Tout à fait. Mais bon. C'est aussi une leçon à apprendre et puis c'est aussi ça que ça nous apprend, le yijing, c'est faire des tirages et puis se tromper, puis recommencer. Mais écoutez, et comment toi tu fais des tirages ? Comment tu t'y prends quand tu as une question, que tu as besoin d'avoir une stratégie ou une réponse ou une guidance ? Comment est-ce que tu fais ton tirage ? Est-ce que tu fais avec les pièces ? Est-ce que tu fais avec les tiges d'aquilé ? Est-ce que tu ouvres ton livre ? Il n'y a pas de mauvaise réponse. Parce que, ouais, on a bien appris avec toute notre pratique qu'on peut faire des tirages de plein de manières différentes. Et puis, l'essentiel, c'est de pouvoir écouter et entendre ce qu'il a à nous dire, finalement.
- Speaker #2
Voilà, j'avoue que je vais au plus simple maintenant, à ce stade. C'est vrai, j'ai passé des années à faire par les pièces et les télétraquilles. Il y en a aussi des méthodes avec des grains de riz, qui est très intéressant. Même pour n'importe quelle graine, en fait, que tu jettes et puis tu tires les... les chiffres paires et impaires et tout ça. Et donc maintenant, je ne me prends plus la tête. Je me focalise, je m'aligne avec ma question, mon besoin. Je prends le bouquin, je laisse filer. Et puis, j'arrête un certain page. Instinctivement, j'ouvre et voilà, j'ai la réponse.
- Speaker #1
C'est là.
- Speaker #2
C'est le trigramme qui me correspond. Maintenant, je travaille comme ça.
- Speaker #1
Au plus simple. Et comment, justement, est-ce que tu arrives à être aussi alignée avec toi-même pour pouvoir avoir cette réponse juste ? C'est quoi tes techniques ?
- Speaker #2
Par la pratique du qigong, surtout, et le neigong. Les pratiques taoïstes, vraiment le neidan. Ce qui est difficile, c'est que dans le Tao, on n'a pas un mot pour les pratiques. Ça n'existe pas. Donc, même le mot qigong, c'est un mot artificiel qui a été inventé dans les années 40, qui n'a pas existé avant. Donc, les vraies pratiques taoïstes, ils n'ont pas... un nom qui regroupe toutes les pratiques. Donc on peut parler peut-être globalement de quelque chose comme le Neigong, ou même là, c'est un peu limite, le Daoyin, c'était l'ancien terme qu'on utilisait. Ou le Neidan, qui est vraiment l'alchimie interne taoïste. Et donc en lien avec le Taiji, avec le Kung Fu, tout ça, c'est les aspects externes et internes de la même pratique, le même principe de cette alchimie entre l'eau et le feu. entre la matière et l'esprit à l'intérieur de nous.
- Speaker #1
Ok. Et quand tu n'es pas aligné ou que ton corps est bloqué d'une certaine façon, est-ce que tu penses que la pensée est condamnée, est-ce qu'on est condamné à tourner en rond dans nos pensées et dans notre mental ? Ou comment tu...
- Speaker #2
Oui, voilà. Là, ce n'est pas la peine de tirer l'Eking si on n'est pas bien. Parce que sinon, on va avoir juste le reflet de notre état. Oui, c'est ça l'Eking, en fait. Ils nous reflètent notre état tel qu'on est. Donc, le mieux, c'est de faire d'abord une petite pratique corporelle, je dirais, respiratoire, enfin voilà, ce qui nous correspond. Il y a plein de possibilités, mais pour moi, personnellement, ce qui me parle le plus, c'est juste la posture debout. vertical, le zhan zhuang, ou l'arbre, des fois on l'appelle comme ça, où juste on se place verticalement et juste on se relie avec la plante de nos pieds à la terre, le sommet de la tête, avec le ciel, on maintient la connexion et on laisse passer, on laisse faire. Et au bout d'un moment, 5 minutes, 10 minutes, les choses commencent à couler comme il faut.
- Speaker #1
5 minutes, 10 minutes, il faut aussi beaucoup de pratique, non ?
- Speaker #2
Oui, peut-être au début il faut un peu plus. Mais au début, on ne peut pas faire plus de toute façon. Même une minute, c'est beaucoup. Donc, trois minutes, cinq minutes. Et puis après, on arrive à faire dix minutes. C'est déjà bien.
- Speaker #1
Oui, plus on pratique, plus ça va vite, non ?
- Speaker #2
C'est ça. Et plus on a envie de rester, en fait. Parce que ça fait tellement du bien. Et donc, une fois qu'on a bien réussi à réaligner ces terres et ciels à l'intérieur de nous, là, oui, je pense qu'on a atteint un certain niveau d'alignement qui fait que si on tire le heading, En face, on aura quelque chose de beaucoup plus répandant, plus juste.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Et dans les périodes de chaos, comme on traverse un peu tout, soit de manière collective, soit de manière individuelle, que devient cette posture juste pour toi ?
- Speaker #2
Du coup, ça devient encore plus pertinent de faire la pratique du vide et de l'alignement au cœur du chaos. C'est vraiment l'œil du cyclone. Donc on arrive à aller au cœur du chaos et de lâcher prise et de juste laisser faire les choses et laisser connecter une connexion qui va bien au-delà du chaos apparente. Donc quelque chose de plus éternel. Là, on arrive à un calme infini qui dépasse les apparences d'une chaos quelconque.
- Speaker #1
Ok, donc avec ces pratiques et cet ancrage, tu arrives à revenir à l'intérieur, même si à l'extérieur, c'est très mouvementé.
- Speaker #2
Tout à fait, même si c'est le bordel. Tout autour de soi. Et oui, parce que cette vacuité éternelle, elle est là tout le temps, elle est en tout. C'est la nature profonde de l'existence et de la non-existence. Donc, il suffit d'y revenir et c'est bon, quoi.
- Speaker #1
Oui. Et comment est-ce que ça t'aide à te positionner par rapport au monde extérieur, aux autres en fait ?
- Speaker #2
Bah oui, bah du coup,
- Speaker #1
on s'amuse beaucoup mieux. T'arrives à relativiser beaucoup plus en fait, c'est ça ? C'est ça, oui. C'est cette façon de relativiser et puis de prendre les imprévus un peu comme ils viennent. C'est ça,
- Speaker #2
oui.
- Speaker #1
Et de tirer le meilleur de ce qui arrive.
- Speaker #2
De vivre dans l'instant. Quoi qu'il arrive, tu vis dans l'instant.
- Speaker #1
vivre dans l'instant présent ici maintenant tout va bien peu importe ce qui se passe autour exactement ouais c'est tellement important c'est tellement important de réaliser ça que parfois il suffit de s'arrêter et puis de donner cet espace à l'instant présent et au moment au moment où on est là nous ensemble là maintenant on passe un bon moment d'enregistrement c'est plutôt cool bah oui même si dehors Voilà, même si j'ai mis six heures pour s'arriver dans l'incertitude de plein de choses.
- Speaker #2
Et puis, au cœur de la difficulté ou les challenges, les anxiétés, les speeds, on peut quand même rester lié avec une certaine confiance, un certain daplon. De toute façon, on est à sa place, on est là où il faut et les choses doivent se passer comme elles se passent.
- Speaker #1
C'est pas évident de rester dans cet alignement. On en parlait dans le podcast précédent. C'est un peu la juste confiance. Et puis, comment faire confiance à ce qu'on ne voit pas encore et qui peut arriver éventuellement, potentiellement. Mais on n'en sait rien, en fait.
- Speaker #2
C'est un vrai entraînement. Et la vie, elle est là pour nous aider. Donc, c'est chouette. Elle nous donne plein d'occasions pour s'entraîner à chaque instant.
- Speaker #1
Oui, exactement. Je suis d'accord. Bon, on arrive tout doucement vers la fin de cet épisode. Et pour terminer, j'aurais peut-être encore deux petites questions. Est-ce qu'il y a une question ou réflexion qui t'accompagne en ce moment ?
- Speaker #2
Ah ! Une réflexion qui m'accompagne en ce moment ? Ah ben disons, oui, forcément. C'est très lié avec tout ce qu'on vient de dire. Quand je vis le yi jing au mieux, en ce moment, ma vie est vraiment... dédié, on peut dire, à cette rencontre entre les deux premiers trigrammes de l'eau et du feu, le kanli, qui sont vraiment le miroir. Dans le trigramme kan, on a le yin qui contient le yang, et dans le li, on a le yang qui contient le yin. Donc on appelle le véritable yin le véritable yang, c'est celui qui se trouve au cœur de son opposé. Ok.
- Speaker #1
Je pensais que le véritable yin et le véritable yang, c'était plutôt les trois yin et les trois yang. Ça,
- Speaker #2
c'est l'absolu.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
Absolue yin, absolue yang. Ok. C'est pas pareil que le véritable. Oui, c'est vrai. On fait une distinction, en fait, dans l'étude du yin, donc entre l'absolu, qui est effectivement le pakwa du ciel antérieur, avant la manifestation. Donc, on est dans du pur yin, le pur... La vacuité de la matière noire, on peut même appeler ça un peu comme ça, avec le jargon d'aujourd'hui. Et donc les trois traits Yang, le pur Yang c'est pure lumière. Donc l'univers est fait de pure lumière et pure matière primordiale. C'est un petit peu l'état primordial du cosmos. Et donc de toutes les molécules qui nous fabriquent, mais qui sont encore dans un état d'un potentiel. pas encore manifestée quelque part. Pas encore polarisée. Et donc, dès qu'il y a vraiment la polarité, il y a le ciel postérieur qui arrive, où le yin va attirer le yang, le yang va attirer le yin. Il y a cette alchimie. Et donc, le pur yin se transforme en kan. Enfin, kun se transforme en kan. Parce qu'elle attire cette étincelle de feu, de lumière au cœur d'elle. Et donc, pareil pour le pur Yang qui attire l'étincelle. Enfin, on va dire que ce n'est pas une étincelle, parce que c'est plus comme une graine du Yin au cœur de lui-même. Et donc, lui se transforme en Li. Et donc, on est plus dans quelque chose, on peut dire, oui, de relatif maintenant. Parce que c'est manifesté. C'est le monde manifesté. Donc, parce qu'il y a une polarité. Et c'est la loi de la manifestation, c'est la polarité. Et donc, ce jeu... entre Kan, Li, entre cette véritable Yin, véritable Yang qui se trouve au cœur de son opposé. Et donc, petit à petit, c'est ça tout le travail, c'est de comment les laisser fusionner entre eux pour que petit à petit, il y a encore une troisième possibilité. On ne sait pas ce que c'est. Voilà, c'est tout le travail d'une Eidan, en fait. C'est cette fusion entre l'eau et le feu, entre notre matière, notre esprit, au cœur de nous-mêmes qui... qui fait qu'on retrouve en fait quelque chose qui est en nous et au-delà de nous en même temps.
- Speaker #1
Ok, donc c'est toutes des pratiques et puis un travail qui vise un petit peu à trouver l'équilibre entre les deux.
- Speaker #2
C'est ça, c'est à la fois trouver un équilibre entre et puis au même temps de les vivre au même temps.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #2
Vivre le yang et le yin au même temps.
- Speaker #1
Donc là, l'harmonie et en même temps la fusion.
- Speaker #2
C'est ça. C'est ça. Et donc à force de fusionner, c'est ce qu'on fait dans le taiji par exemple, quand on fait des pratiques. On est à la fois dans le corps qui est en train de se relâcher, de chercher vraiment ses appuis dans sa matière, dans son ancrage. Et en même temps, plus on s'ancre, plus on s'ouvre à la vacuité, à quelque chose de spacieux, dans lequel il y a la lumière, il y a du chaud, tu as le yang et le nes là-dedans. Et donc petit à petit, cette chaleur va mobiliser le yin de la matière, et donc petit à petit, la matière va ancrer le yang, etc. Donc il y a vraiment un travail d'épousaille, presque, de noce, petit à petit, qui se fait. Et donc ça se réunifie de plus en plus.
- Speaker #1
Et donc il y a vraiment une reconnexion très profonde qui peut se faire grâce à ces pratiques-là. Magnifique, magnifique. Et dernière question, est-ce qu'il y a un hexagramme, une image ou un symbole du Yijing qui t'accompagne depuis longtemps ? Est-ce que tu as un hexagramme favori que quand tu tires, tu te dis « Ah, j'adore celui-là ! » Là, en ce moment, je ne veux pas dire qu'il y en a un seul. C'est vraiment justement, je suis vraiment sur ce travail de la réunification.
- Speaker #2
que de dire, ah tiens, j'aimerais celui-ci ou celui-là. Là, actuellement, je suis en train de travailler le daigwa, enfin le grand excès.
- Speaker #1
Oui, ok.
- Speaker #2
Parce que je trouve que ça me ressemble très bien. C'est trouver l'équilibre dans l'excès. Et voilà, et donc grâce à cette... Donc oui, d'une côté, dès qu'on dépasse les limites, on va trop dans des excès, trop... trop loin, trop fort. Donc, on peut dire oui, on quitte le centre, on quitte quelque chose. Mais, en même temps, c'est à force de vivre aussi cette expérience de laisser les choses explorer leurs limites qu'on apprend plein de choses, en fait. Et on réalise aussi plein de choses. Et donc, ça nous renvoie encore mieux à quelque chose de plus juste en soi, presque. On se connaît encore mieux à force de faire plein de bêtises. Oui, ça s'appelle l'apprentissage. Voilà, donc moi je ne sais pas, pour le moment je suis en train de vivre celui-là. Mais avec une bonne jubilation.
- Speaker #1
Cool, c'est bien ça. Oui, avec la joie, la joie qui te caractérise. Donc ça c'est vrai que c'est sympa. Puis l'apprentissage avec le yijing et puis les pradiktas, oui, c'est pour une vie entière je pense.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #1
Oui, il n'y a pas de mal et de bien en soi dans la vision taoïste.
- Speaker #2
Tout est relatif vis-à-vis de tel qu'on est en train de le vivre et à quel point ça nous réveille à nous-mêmes ou pas. Parce que c'est différent de taper la tête contre des murs ou faire des bêtises sans se rendre compte. Là, on le fait bêtement. Là, on n'apprend pas grand-chose. On ne fait que répéter des schémas. Ce n'est pas la même chose que oser faire des erreurs pour pouvoir mieux se réveiller. Et dans ce sens-là, on peut dire, au moins, même si ça semble mal, mais en fait, c'est bien, dans le sens que ça nous rapproche à quelque chose d'un peu plus sage.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. Je pense que c'est le mot de la fin. C'est pas mal. Se rapprocher chaque fois, chaque jour, un peu plus de la sagesse. Merci beaucoup Aïcha pour ce bel échange. Merci pour toutes les pratiques que tu nous proposes. Et j'invite nos auditeurs à aller visiter tout ce que tu proposes. Merci beaucoup à tous de nous avoir écoutés dans ce podcast. Et puis, au revoir Aïcha. Merci. Merci Florence. Merci beaucoup pour ton accueil. À bientôt. À bientôt dans un nouvel épisode.
- Speaker #0
Merci d'avoir partagé ce moment avec nous. Ce podcast, nous avons envie de le construire aussi avec vous. Alors, si vous avez une question, une remarque, une critique ou une piste à nous proposer, n'hésitez pas à nous écrire. Vos retours peuvent nourrir les prochains épisodes.