Speaker #0Salut les tussettes et bienvenue dans tucetoo ou presque, le podcast qui donne la voix à vos ambitions. Moi c'est Carole Lacaze et aujourd'hui on va parler d'entreprendre après 50 ans. Parce que dans le monde qui adore la jeunesse, les start-up et les success stories à 28 ans, arrive un moment où vous regardez votre âge et vous comprenez que vous n'êtes plus dans la catégorie des jeunes promesses. Et dans mon cas il y a deux choses, je suis une femme, on va en parler après, on le sait, et j'ai plus de 50 ans. Autant vous dire que pour certains, je coche deux cases. compliqué. Il y a même des gens qui le disent sans détour. Pas toujours avec ces mots-là, mais l'idée est là. Une femme de plus de 50 ans qui entreprend, mon Dieu ! Pour certains, c'est presque une anomalie, une curiosité, une obstination. Et pour certains autres, je vais le dire franchement, une vieille femme. Alors aujourd'hui, j'ai envie de parler de ça, du combat d'entreprendre après 50 ans, mais aussi des perspectives incroyables que cela ouvre. Allez, zou ! Le monde adore les jeunes entrepreneurs. Quand on regarde dans les médias, les conférences, les magazines, on voit souvent les mêmes histoires. Le génie de 23 ans, la start-up créée dans un garage, la licorne montée en deux ans. Et c'est très bien. Mais il y a une réalité, qu'on dit moins. C'est que beaucoup d'entreprises sont créées par des gens qui ont vécu, qui ont travaillé, qui ont échoué, qui ont recommencé. Et souvent, ces gens-là ont 40, 50, voire 60 ans. Mais ce n'est pas la narration dominante. Parce que notre société adore une chose, la nouveauté. Et parfois, elle confond la nouveauté et la jeunesse. Le regard change, il y a quelque chose qui arrive, doucement. Ce n'est pas brutal, ce n'est pas une annonce officielle. C'est beaucoup plus subtil que ça. C'est un changement de regard. Pendant longtemps, quand vous entreprenez, on vous regarde avec curiosité. On se dit, elle a de l'énergie. tente des choses, elle a de l'ambition. Puis un jour, quelque chose bascule. Pas forcément dans vos compétences, pas dans votre énergie, c'est dans votre âge. Et là, certaines personnes commencent à vous regarder différemment. On ne vous le dit pas forcément frontalement, mais ça se glisse dans les phrases, des petites phrases du style vous savez, celle qui commence toujours par quelque chose de gentil, c'est courageux ce que tu fais. Franchement, je t'admire. Et juste derrière arrive la vraie question. Mais à ton âge, tu as encore envie de te lancer dans tout ça ? Alors on sourit, on fait semblant de ne pas entendre ce qu'il y a derrière. Mais ce qu'il y a derrière est très clair. La vraie phrase, c'est tu ne devrais pas déjà ralentir et penser à ta retraite. Comme si entreprendre avait une date limite. Comme si créer, bâtir, imaginer était réservé à une tranche d'âge. Comme si l'ambition devait s'arrêter à 45 ans. Comme si le rêve avait une date de péremption. Et je trouve ça fascinant. Parce que si on regarde l'histoire, si on regarde les grandes trajectoires, beaucoup de choses extraordinaires ont été créées après 50 ans. Mais ça ne correspond pas au récit dominant. Le récit dominant adore la jeunesse. Le récit dominant adore l'idée de génie précoce. Des récits fulgurants. Et encore une fois, c'est très bien, je l'ai déjà dit. Mais ce récit crée une illusion. Il laisse penser que l'énergie, l'audace et la créativité appartiennent à la jeunesse, alors que la réalité est beaucoup plus nuancée. Parce qu'à 50 ans, vous n'avez pas moins d'idées, vous avez plus de recul, vous n'avez pas moins d'énergie, vous avez plus de clarté, vous n'avez pas moins d'ambition, vous avez moins de temps à perdre. Et ça, ça change tout. Mais ce regard, ce regard social, il continue parfois de vous envoyer une image. L'image de quelqu'un qui devrait peut-être commencer à lever le pied. Et je dois avouer que parfois ça m'amuse. J'adore m'amuser. Parce que dans ma tête, c'est exactement l'inverse qui se passe. Je n'ai jamais été aussi claire de ce que je veux faire. Je n'ai jamais été aussi libre dans mes choix. Je n'ai jamais été aussi déterminée. Quand quelqu'un me dit « t'as encore envie de te lancer dans ça à ton âge ? » J'ai parfois envie de lui répondre « mais bien sûr ! » Et même mieux que ça. Je pense que c'est exactement le bon âge pour le faire. Parce qu'à cet âge-là, pépère, on n'entreprend plus pour prouver. On entreprend pour... construire vraiment. On n'entreprend plus pour impressionner. Et ça, c'est une motivation incroyablement puissante. Alors oui, le regard change. Mais parfois, ce changement de regard dit beaucoup plus sur la peur des autres que sur votre réalité. Alors je vous l'ai dit tout à l'heure, j'ai une double peine. Je suis femme et entrepreneur. Quand on est une femme, il y a déjà des choses à prouver. Ok, messieurs, je vous assure que c'est le cas. Et quand on est entrepreneur, il y en a d'autres. Et quand on est une femme entrepreneur de plus de 50 ans, on entre dans une catégorie assez particulière. Parce que pour certains, vous n'êtes plus dans la bonne case. On est plus jeune, dynamique et prometteuse. Vous êtes dans la case expérimentée, ce qui veut dire souvent d'une manière élégante, vieille. Mais il y a une chose qu'on oublie souvent. L'expérience n'est pas un handicap. C'est un accélérateur. Ce qu'entreprendre après 50 ans, ce n'est pas un plan B. Pour moi, quand j'ai entrepris après 50 ans, ce n'était pas un plan B. Ce n'est pas un caprice. Ce n'est pas une reconversion douce. C'était un choix. Un choix de liberté. Parce qu'à cet âge-là, vous savez les choses. Vous savez ce qui compte. Vous savez ce qui ne compte plus. Ce que vous ne voulez plus tolérer. Et ça change tout. Vous perdez certaines illusions. Mais vous gagnez quelque chose de précieux. La clarté. Quand on a 25 ans, la peur, elle est différente. On a peur de ne pas réussir. Mais après 50 ans, la peur, elle change. On a peur de passer à côté, de ne pas avoir essayé, de ne pas aller au bout de ce qu'on porte. Et cette peur-là, elle est puissante. Elle vous pousse. Elle vous oblige presque. Il y a quelque chose que j'ai découvert, un avantage énorme. Quand on entreprend après 50 ans, on n'a plus besoin de plaire à tout le monde. On n'a plus besoin de rentrer dans toutes les cases. On n'a plus besoin d'être validé par tout le monde. Et ça, c'est une liberté incroyable. On devient plus direct. Plus clair, plus assumé. Mais le combat existe quand même. Soyons honnêtes, le combat existe. Il y a des regards, des préjugés, des doutes, parfois même dans votre entourage, surtout dans votre entourage, parfois dans votre tête. Et j'ai compris quelque chose. Les limites qu'on vous impose ne deviennent réelles que si vous les acceptez. Et maintenant, parlons d'un autre côté, les perspectives. Parce qu'entreprendre après 50 ans, ce n'est pas seulement un combat. C'est aussi une période incroyable. Vous avez l'expérience, parfois le réseau, la maturité, la lucidité. Vous savez prendre des décisions, vous savez gérer les tempêtes. Et vous savez ce qui est vraiment important. Et ça, ça n'a pas de prix. Alors oui, dans ce monde qui valorise beaucoup la jeunesse, entreprendre après 50 ans peut sembler atypique. Mais peut-être que la vraie question n'est pas là. La vraie question est peut-être pourquoi. arrêter de créer simplement parce que le calendrier avance. Personnellement, je n'ai pas l'impression d'être en fin de parcours. J'ai plutôt l'impression d'être dans une phase où tout devient plus clair, plus assumé, plus libre. Alors oui, pour certains, je suis peut-être une femme de plus de 50 ans qui entreprend, mais pour moi, je suis simplement quelqu'un qui n'a pas fini de construire. Allez les tucettes, prenez soin de vous et sachez qu'à tout âge, on peut encore vivre ses rêves. Et quoi qu'il arrive, n'oubliez pas, la parole est à vous.