Speaker #0Salut les tussettes et bienvenue dans Tu sais tout ou presque, le podcast qui donne à voir vos ambitions. Moi c'est Carole Lacaze et aujourd'hui on va parler d'un déclic que j'ai eu hier soir en assistant à une conférence. Alors il y a des soirs qui ne ressemblent pas aux autres. Alors pas parce qu'il y a quelque chose d'extraordinaire, il n'y a rien eu, il n'y a pas eu de feu d'artifice, mais parce qu'il y a un déclic, un truc presque invisible pour les autres, mais qui à l'intérieur de vous change tout. Hier soir, je suis allé écouter une conférence de Robert Savoie, un conférencier québécois. Et le thème, c'était « Se choisir » . Et c'est marrant, je suis tombé par hasard sur cette conférence. Ou plutôt, elle est venue à moi et je me suis dit, en fait, qu'il n'y a pas de hasard. Mais ça, je me le suis dit après la conférence. Je pensais venir écouter, prendre deux, trois notes, repartir avec une ou deux idées à recycler. Mais je ne savais pas que j'allais repartir avec une vraie décision. Une vraie. Une de celles qui vous empêche de dormir, vous savez. Une de celles qui vous oblige à bouger. Allez, on y va. Se choisir, le concept qui dérange. Se choisir, c'est joli, c'est inspirant, ça donne bien sur LinkedIn, mais dans la vraie vie, c'est violent, parce que ça vous met face à une vérité qui est simple. Toute votre vie, vous avez peut-être attendu d'être choisi. Choisi par un manager, choisi par un client, un partenaire ou une partenaire, une opportunité, un contexte favorable. Surtout, vous vous êtes fait petit. Et quelque part, c'est rassurant. Parce que quand vous êtes choisi, vous n'êtes pas responsable à 100%. Si ça marche, génial. Mais si ça ne marche pas, ce n'était pas moi, ce n'était pas le bon contexte. Mais se choisir, c'est autre chose. Je peux dire ? ont la responsabilité de ce que je veux vraiment. Et là, bizarrement, il y a beaucoup moins de monde. À un moment pendant la conférence, il a parlé des rêves. Pas les rêves genre je veux aller à Cuba pour mes prochaines vacances, ni les rêves quand j'aurai le temps. Non, non, non, les vrais rêves. Ceux que vous évitez de regarder trop longtemps, parce que vous savez très bien ce qu'ils impliquent. L'inconfort. Et là, sans prévenir. Mon cerveau a fait un lien, un truc presque physique. Alors, ce n'était même pas presque physique. En vérité, c'était physique. J'avais des frissons. La scène, pas la salle de formation dont j'ai l'habitude, pas le cadre sécurisant, pas le groupe. Non, non, la scène, avec la lumière, avec le silence, avec les regards. Et cette question qui est arrivée brutale, pourquoi tu ne le fais pas ? Parce que là, impossible de tricher. La peur. Alors évidemment, la peur s'est invitée. Elle n'aura jamais une occasion. Elle a sorti tout son argumentaire. « T'es pas légitime, ma pauvre fille. T'es pas une humoriste. T'es pas assez connue. Tu vas te planter. Les gens vont te juger. » Et le pire, c'est que cette peur, elle est crédible. Parce qu'elle s'appuie sur mon passé, le vôtre, enfin votre passé, vos doutes et vos comparaisons, ainsi que vos échecs. Parce qu'on en a tous eu, soyons clairs. Mais hier, j'ai compris quelque chose de différent. La peur ne disparaît pas quand vous êtes prêt. La peur diminue quand vous avancez. Et surtout, la peur adore les projets non réalisés. Parce qu'elle peut rester théorique. Dès que vous passez à l'action, elle devient concrète. Et donc, gérable. Il y a une phrase qui m'est restée, une phrase qui me fait... Une phrase qui ne fait pas plaisir. Le problème, ce n'est pas que tu ne peux pas, c'est que tu ne décides pas. Aïe, aïe, aïe, j'ai eu mal. Parce que ça enlève toutes les excuses. Le timing, l'argent. Je n'ai pas d'argent, je ne peux pas monter une conférence. Les compétences, ils vont s'apercevoir que je ne suis pas la meilleure du monde. Et les autres, qu'est-ce qu'ils vont penser ? C'est nul. Tout ça devient secondaire. La seule vraie question devient... Est-ce que toi, tu te choisis ? Est-ce que tu choisis ? Et si la réponse est non, alors ce n'est pas un problème de capacité, c'est un problème de décision. Je vais être honnête avec vous, la conférence, ce n'est pas une idée nouvelle pour moi. Cela fait des années que ça tourne, des années que les clients me disent « Mais pourquoi vous ne faites pas de scène ? Vous devriez faire des conférences, vous avez un truc. » Alors moi, du coup, je suis coach en prise de parole en public aussi. Donc je suis derrière la scène. Faites un stand-up, ils me disent. Et moi, je réponds, oui, peut-être un jour. Mais le fameux un jour. Celui qui rassure, celui qui repousse, celui qui n'arrive jamais. Hier, j'ai compris un truc simple. Un jour est le meilleur alibi de la peur. Et là, il y a eu un moment très calme, pas spectaculaire, pas émotionnel, juste une évidence. Je vais le faire. Pas quand tout sera prêt, je ne le saurais jamais. Eh, excuse ! Pas quand j'aurai moins peur. Marche pas à pas, Carole, et garde ton objectif en ligne de mire. Et tu verras que la peur, tu l'oublieras. Pas quand je me sentirai légitime, qui me dira que je ne le suis pas. Allez-y, faites-en l'effort. Pas quand je me sentirai légitime, qui osera me dire que je ne le suis pas. Je fais ce que je veux, la vie est trop courte. Maintenant, avec mes doutes, mes imperfections, mon style, mon humour, mon histoire, parce que c'est ça se choisir. Ce n'est pas attendre d'être parfait, c'est décider d'y aller imparfait. Donc au sortir de cette conférence, j'ai réfléchi, j'avais... 45 minutes de route, donc j'avais le temps. Et lorsque je suis rentré, tard pour tout dire, j'ai envoyé un message à l'un de mes clients qui m'avait écrit récemment, en me disant, Carole, tu sais, j'ai assisté à plusieurs de tes formations et je garde en tête que tu devrais te lancer dans les stand-up pour une conférence. Et là aussi, je pense que ce message n'est pas m'entendu par hasard et je lui ai répondu, je vais le faire. Bon, là, on parle de moi, mais en réalité, on parle de vous. Vous avez forcément un truc, un projet que vous repoussez, une idée que vous minimisez, une envie que vous étouffez. Et si vous êtes honnête, vous savez exactement de quoi je parle. Alors la vraie question, elle est là. Pourquoi vous ne le faites pas ? Et attention, ne sortez pas des excuses bidons. Parce qu'elles sont confortables, vos excuses. Parce qu'elles ne sont pas vraies. Je ne vais pas vous dire que c'est facile, parce que ça ne l'est pas. Se choisir, c'est très inconfortable, c'est exposant, c'est super flippant. Mais c'est aussi la seule façon de ne pas regretter. Parce qu'au fond, le vrai risque, ce n'est pas d'échouer, c'est de ne jamais avoir essayé. En voilà mes toussettes, hier soir, je suis venu écouter une conférence, je suis reparti avec une décision, je vais écrire ma première conférence, je vais monter sur scène, je vais arrêter d'attendre. Et vous savez quoi ? Ça me fait peur. Mais pour la première fois, cette peur ne m'arrête plus. Allez, si cet épisode vous a parlé, ne likez pas juste. Décidez, même un petit pas. Parce que la vérité, elle est là. Personne ne viendra vous choisir à votre place. Et n'oubliez pas, la parole est à vous.