- Speaker #0
Bonjour à toutes et tous et bienvenue sur Ukronia. Je suis Maurice Chevalier, je suis accompagné par le professeur John McFly... Bonjour professeur. Oui, bonjour ! Et pour cette séance en qualité de témoin du jour, nous recevons Jimmy Granz, analyste comportemental au département des sciences du comportement de la Gendarmerie Nationale, rédacteur dans la revue de criminologie et de police technique, et chargé d'enseignement en droit pénal spécial à l'Université Bourgogne-Europe. Bonjour.
- Speaker #1
Bonjour, bien le bonjour M. Maurice et merci de me recevoir. Bonjour à toutes et à tous.
- Speaker #0
Ucronia, les chroniques du temps latent. Aujourd'hui, au sommaire de notre émission, nous allons mettre en lumière le film Memento, réalisé par Christopher Nolan et sorti en salle en 2000. Un film qui questionne le temps qui défile, qui utilise l'image comme élément de preuve, qui nous fait douter des autres et de soi-même. Sur fond de vengeance floue, en mélangeant la science-fiction et le thriller psychologique, posant la question du temps à un rebours ou de la narration inversée, dans un motif fascinant qui bouscule notre perception de la causalité. C'est une oeuvre dans la lignée de Matrix, qui permet de créer des images et un scénario original que retravaillera sans cesse Christopher Nolan. Ce film repousse les limites de la catégorisation et du genre. Nous avons d'ailleurs été harcelés par nos auditeurs pour apporter des réponses sur le sujet. Cette séance est littéralement aux petits oignons. C'est une immersion complète dans la région de Los Angeles. Un voyage qui sera ponctué de quelques respirations musicales et nous terminerons par nos recommandations, évidemment subjectives, et la séquence Actu Cronia. Pour notre premier échange, je vous propose de lancer la procédure d'accès au McLaughlinarium. En effet, M. Grants, nous vous avons préparé une petite surprise avec le professeur. Pardon pour le bruit.
- Speaker #2
Oui, allons-y, parti ! Je lance la séquence.
- Speaker #1
C'est intriguant.
- Speaker #2
Attention, ne restez pas sur les bords.
- Speaker #1
Mais on descend ?
- Speaker #2
Oui, non, ne touchez pas ce bouton, s'il vous plaît.
- Speaker #1
Ah, pourtant, il était...
- Speaker #2
Les bords dans les poches.
- Speaker #1
Il donnait envie.
- Speaker #2
Attention ! Voilà, ne descendons plus de 10 mètres sous terre.
- Speaker #1
Et c'est quoi l'objectif ? Qu'est-ce qu'on fait là ?
- Speaker #2
Alors on se protège et on se projette dans la grande banlieue de Los Angeles bien sûr.
- Speaker #1
Ah d'accord, c'est comme une pièce de réalité virtuelle. Oh, ça secoue encore.
- Speaker #2
Et voilà, nous sommes arrivés ! Devant le motel, donc, discounted à Tohunga, je vous propose de nous accompagner dans une déambulation pédestre et converser à propos de ce merveilleux film, Memento, bien sûr, dans ce petit coin de Californie. Vous avez Hollywood Boulevard, pas loin.
- Speaker #1
Ah, c'est chouette.
- Speaker #2
Oui, il y a des prostituées intéressantes.
- Speaker #0
Messieurs, messieurs, nous allons pouvoir aborder notre premier sujet. Alors selon vous, quelles pouvaient être les inspirations pour le réalisateur Christopher Nolan ?
- Speaker #2
C'est évident, c'est une oeuvre de brothers, de frères, les frères Nolan. On a connu les frères Warchowski, puis les soeurs Warchowski, et maintenant nous avons les frères Nolan, écrits par Jonathan, Jonathan ou Jonathan, son frère, qui avait écrit Memento Mori, dans l'objectif d'ailleurs de le publier, dans un ouvrage à la suite de... de ses études de psychologie et d'en faire évidemment un long-vétrage avec son frère. Et donc imaginer avec Jonathan, dans un voyage d'ailleurs aux Etats-Unis, parce que les deux sont anglais, entre Chicago et Los Angeles, ils avaient décidé de faire une grande randonnée pédestre et le film a émergé. Fascinant.
- Speaker #1
Oui, alors c'est vrai que le thriller, le genre, est devenu une sorte de jeu question-réponse avec le public. Et c'est vrai que le spectateur sait tout de la façon dont un tel film fonctionnerait. Le thème du thriller devient de plus en plus souvent, mais qu'est-ce qui va se passer maintenant ?
- Speaker #2
Le thriller étant finalement un genre fourre-tout.
- Speaker #1
Un genre fourre-tout et que les frères Nolan ont vraiment transformé, modifié.
- Speaker #2
Parce qu'il crée un genre, Memento n'existait pas avant et du coup il crée une oeuvre unique.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Non, non, mais vraiment, j'insiste. De quoi auraient pu s'inspirer les frères Nolan ?
- Speaker #2
Alors, cherchons l'inspiration. Bon, évidemment, on pense à Matrix et la volonté aussi de créer des œuvres uniques. Le cinéma sert aussi à ça et pas forcément à recracher une œuvre littéraire. The Game, évidemment, de David Fincher, vient tout de suite en tête. Finalement, jouer avec les images, le spectateur un peu triché. Essayer de surprendre, qui est quand même un peu l'essence même du spectacle cinématographique, bien sûr.
- Speaker #1
Oui, et puis il y a tout le côté atmosphère paranoïaque qu'on voit dans la deuxième moitié des années 90. Alors je pense à You Joule Suspect, Pulp Fiction, qui sont deux autres super films tournés dans le désordre.
- Speaker #2
Des films qui cherchent un twist, évidemment. Surprendre avec une direction imposée par le scénario et ensuite bifurquer.
- Speaker #1
Oui, et puis... C'est ce qu'on appellera un peu l'art du montage. Tout vient dans cette réappropriation des films.
- Speaker #2
Avec le maître de tout, c'est Alfred Hitchcock, bien sûr. Vertigo, évidemment, Les sueurs froides. Ou même Clouseau, avec Les diaboliques, de 1954.
- Speaker #1
Oui, vous avez tout à fait raison, professeur. Moi, je pense à ce côté... On fait une conspiration pour assassiner un homme. Et puis, une fois que le crime a été commis, le corps du défunt disparaît. Des événements étranges s'en suivent. Enfin, voilà, on est dans une reconfiguration du thriller romanesque.
- Speaker #2
Inventé par Agatha Christie, bien sûr. Alors après, évidemment, tout n'est que réinvention et redigestion. Mais Memento avait de ça unique. C'est que tout était finalement nouveau et moderne, quand même, dans ce film.
- Speaker #0
Mais pour cette patte entre guillemets assez iconoclaste, au traitement photographique novateur à l'époque, mais aujourd'hui qu'on dirait certainement vintage, on aurait quelle inspiration ?
- Speaker #2
Évidemment la source-fiction, le thriller psychologique, peut-être la machine à remonter dans le temps, la Chewell, cette narration inversée est évidemment fascinante. Finalement démarrer le film par la fin à quelque chose d'absolument troublant. Et au final, Memento remonte le temps dans une narration qui est absolument diabolique et particulièrement bien montée. Le traitement photographique n'a pour but que de vous raccrocher à l'action. Et les dix dernières secondes de démontage d'une dernière scène sont reprises. au début de la nouvelle, histoire de ne pas totalement perdre le spectateur. Même si la narration, finalement, est assez simple.
- Speaker #1
Oui, c'est quand même pour vouloir bousculer notre perception de la causalité. Et moi, ça me rappelle quand même des films comme les films de Darren Aronofsky, Requiem for a Dream... Et surtout P.I.D.
- Speaker #2
en 98, qui est absolument incroyable, et qui, précisément, changeait la narration. classique d'un film où finalement on ne savait plus si on était dans la réalité ou dans la tête du personnage principal.
- Speaker #1
Alors moi ça me fait aussi penser à une version un peu plus tordue, je dirais le locataire de Roman Polanski.
- Speaker #2
Ah Polanski, toujours polémique bien sûr. Moi je penserais aussi à Lost Highway de David Lynch où finalement nous rentrons dans la... La tête d'un des réalisateurs les plus psychotiques du cinéma mondial, où Bill Pullman, l'ancien président qui luttait contre les aliens, décide finalement de vivre pleinement sa schizophrénie, jusqu'à avoir ce twist incroyable dans ce film, Lost Highway, où le personnage principal change de tête. Alors ça, finalement, il n'y a que David Lynch pour faire quelque chose de si remarquable. On peut aussi penser à Dark City, sorti en 98, quelques années avant Memento, qui amenait aussi beaucoup d'ambiance et une photographie absolument étonnante, tout en bouleversant la perception qu'on pouvait avoir.
- Speaker #1
Qui va inspirer aussi Matrix, sur une grande partie de scène. Il y a aussi, pour les côtés fans de rétro, de vintage, je pense à Fingers de James Toback. avec Harvey Keitel et il y a They Might Be The Giants de George Scott
- Speaker #2
The Machinist aussi qui marche assez bien et évidemment la référence de tous, le film fantastique de Kurosawa Rashomon sorti en 1950 qui proposait en fait différents points de vue d'une même action en fait traité par 4 personnages différents vraiment un must du genre et qui reste indémodable Oui !
- Speaker #1
Et puis enfin, je penserais quand même à Ron Lollaron, qui est un incontournable, réalisé par Tom Tykwer en 1998. Donc on est toujours dans cette période de la fin des années 90.
- Speaker #2
Le renouveau du cinéma allemand.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Alors, il serait temps de vous présenter, cher M. Granz. Est-ce que vous pourriez nous... Nous présentez, nous expliquez votre activité au quotidien.
- Speaker #1
Ah, alors je vois qu'on est rentré dans un bar.
- Speaker #2
Oui, mais c'est un bar vegan, donc on ne peut pas consommer de l'alcool.
- Speaker #1
Alors c'est vrai que moi je suis, mon métier c'est ce qu'on appellerait analyste comportemental ou profileur, comme on l'accepte de plus en plus en France.
- Speaker #2
Non, non, toujours analyste comportemental. Nous sommes en France, nous ne sommes pas aux Etats-Unis, merci.
- Speaker #1
Donc je suis là quand même pour aider les enquêteurs judiciaires à comprendre les scènes de crimes. les motivations des criminels et à ce qu'on va appeler dessiner le profil psychologique de l'auteur recherché ou affiner par exemple les stratégies lors des interrogatoires en garde à vue pour nous adapter au profil de la personne contrevenante à la loi. Et donc c'est vrai que c'est assez rare en France on est dans une unité qui est rattachée au département des sciences du comportement de la gendarmerie nationale et donc on est Merci. Très peu de spécialistes dans tout le pays. Je pense à des affaires marquantes pour lesquelles j'ai travaillé, sur des grands dossiers criminels comme Jonathan Daval ou Michel Fourniret.
- Speaker #2
Oh, Michel Fourniret ! J'ai connu Michel Fourniret, mais ça ne devait pas être le même.
- Speaker #1
Donc, c'est vrai que, moi, mon approche, elle est à la base strictement juridique et normative. Et puis, on mélange ça avec des sciences humaines et sociales pour étudier le passage à l'acte, le profil des auteurs, l'efficacité des peines. Y a-t-il un bon sens de la peine appliqué à l'accusé ou à la personne qui sera incriminée ? Donc j'apporte de la psychologie, de la sociologie, de la psychiatrie qui est criminelle parfois et donc je cherche à comprendre le pourquoi du comportement criminel et les moyens de prévention. C'est pour libérer le corps mais aussi les consciences. Voilà, donc mon métier il est super passionnant.
- Speaker #2
Oui mais particulièrement marquant quand même.
- Speaker #1
Et risqué, c'est mon atmosphère au quotidien que j'essaye de ne pas empiéter sur ma vie personnelle.
- Speaker #2
En même temps vous êtes seul ?
- Speaker #1
De plus en plus, on finit seul. J'avais une famille mais bon, elle finit par...
- Speaker #2
Oui mais vous avez un chien, c'est l'exentiel.
- Speaker #1
Voilà c'est ça, il ne m'a pas encore mordu.
- Speaker #2
Formidable.
- Speaker #0
Alors, M. Grandes, je vous remercie pour cet éclairage. Alors, messieurs, nous abordons maintenant notre deuxième sujet. Professeur ! Pourriez-vous nous rappeler le pitch du film ?
- Speaker #2
Le pitch, le synopsis aussi. On peut aussi utiliser d'autres termes plus proches du français, bien sûr. Le film suit Léonard Shelby, le fantastique Guy Pearce, qu'on avait pu voir aussi en Folles du Désert il y a quelque temps. Un homme qui souffre d'amnésie en hétérograde, qui passe d'ailleurs une bonne partie du film à moitié nue avec ses tatouages arborés, avec un corps superbe d'ailleurs. Alors, donc, souffrant d'anamnésie entérograde entraînant une perte de mémoire à court terme. Et une incapacité de former de nouveaux souvenirs. Au-delà de 10 minutes, c'est le voile noir. Et donc à l'inverse, il a une mémoire sensorielle. Et ils ont donc mis en place un système assez élaboré pour se souvenir de sa vie quotidienne à travers l'utilisation de photographies prises avec un instamatique, de notes manuscrites, évidemment, avec ses doigts, et de tatouages sur son corps musclé, un peu frêle, mais quand même très musclé. Et donc son seul et unique but, évidemment, mettre à profit son système pour retrouver et se venger de l'homme qui a assassiné sa femme et a provoqué son amnésie en terre au grade. Et que pouvez-vous nous dire sur les personnages du film ?
- Speaker #1
Guy Pearce, Carrie Ann Moss, Joe Pantoliano ont tous donné à leur rôle, je voudrais dire. Ils ont merveilleusement rendu l'ambiguïté de leur identité.
- Speaker #2
Ils sortaient quand même de Matrix.
- Speaker #1
Tout à fait, tout à fait. Et cette ambiguïté, c'est la clé du film. C'est l'un des objectifs, a été de placer le spectateur dans une position, soit de l'un des protagonistes de l'histoire, et de le pousser à examiner les conditions existentielles de l'identité et du processus quotidien de l'apprentissage ou de l'augmentation de la mémoire.
- Speaker #2
Ce qui était particulièrement agréable quand même à l'époque, c'était d'avoir finalement des acteurs peu connus, mais particulièrement doués et qui arrivaient à faire rayonner un film simplement avec leur talent de jeu. Alors ils sont devenus évidemment bankables, ils rapportent de l'argent au studio, et donc ces acteurs finalement assez typés, british, et finalement particulièrement polymorphes, et au premier rang desquels, le fantastique Joe Pantoliano, qui a... Joué dans un film il y a quelques années, L'Egonise, où il jouait le rôle d'un criminel particulièrement retort.
- Speaker #1
Oui, et alors là où ça change dans cette histoire, c'est que Memento raconte deux histoires distinctes de Léonard, qui est à la fois un ancien enquêteur d'assurance, qui n'arrive plus à se forger de nouveaux souvenirs, alors qu'il tente de retrouver le meurtrier de sa femme, ce dont il ne se souvient plus.
- Speaker #2
Le meurtre revient par flashback quand même pendant le film. Parce que précisément ce problème de mémorisation n'arrive pas à gommer les souvenirs particulièrement traumatisants et affligeants qui hantent l'esprit de cet ablésique.
- Speaker #1
Oui, alors c'est quand même la structure narrative qui est assez audacieuse. Nolan choisit de raconter l'histoire à l'envers, à rebours. Il commence par la fin et il remonte. progressivement vers le début de l'histoire pour en connaître l'origine et en même temps le dénouement.
- Speaker #2
L'originalité, le principe même, c'est ça. Ce sont les deux piliers de Memento. La virtualisité formelle du montage, où au final réussir à inverser la séquence chronologique du film sans perdre trop le spectateur. Finalement, le film n'est pas indigeste.
- Speaker #1
Non, non, non.
- Speaker #2
Et la direction d'acteur qui est quand même fascinante. Chacun des personnages secondaires est habité et donne à peu près tout ce qu'il a dans finalement une sorte de huis clos où la plupart des scènes ont lieu soit dans des chambres de motel, soit dans des bars, dans des endroits assez restreints où au final les personnages sont souvent confrontés à un autre dans des duos assez ravageurs. Et franchement pour un premier film de Monsieur Nolan. Avec un scénario aussi original et aussi puissant. Qui au final pourrait même être de nouveau repris dans le temps. Sous la forme de remakes. C'est absolument fantastique.
- Speaker #1
Qu'on reverra peut-être dans Inception. Qui sera peut-être sa culmination dans le paysage. Mais moi ça m'évoque quand même Mulholland Drive. Shutter Island de Scorsese. Et puis la bande dessinée 13 de Vance et Van Damme. Et je pense au tome Le jour du soleil noir. Donc c'est vrai que, voilà, on est...
- Speaker #2
Alors Le jour du soleil noir, publié en 1984, et là on parle d'un film qui a eu lieu quand même 16 ans après.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Et puis c'est un cinéma qui prend acte de l'impossibilité du récit homogène et unifié. Le personnage n'est plus seulement là pour lui-même. Mais il devient un hôte, ça renvoie presque à Kaplan dans la mort aux trousses, où ce personnage n'était plus tout simplement personne.
- Speaker #2
Surtout derrière un avion qui vole.
- Speaker #0
Ouh, merci messieurs, c'est passionnant. Je vous propose maintenant une respiration musicale directement inspirante pour notre sujet du jour, Memories. Interprété par Maroon 5 Les chroniques du temps latent
- Speaker #1
Alors c'est vrai que cette histoire est inspirée d'un vécu, une pathologie mentale, ce qu'on appelle dans notre jargon le trouble dont est victime le personnage de Léonard Shelby.
- Speaker #2
Et étudié d'ailleurs par Jonathan Nolan lui-même qui était un praticien.
- Speaker #1
Tout à fait, tout à fait. Donc il existe, ça s'appelle l'amnésie entérograde, comme vous l'avez dit professeur très justement tout à l'heure. Et elle se traduit par une incapacité à former des nouveaux souvenirs.
- Speaker #2
Alors évidemment l'amnésie c'est un sujet merveilleux pour le cinéma, évidemment les personnages qui oublient tout, comme Amour et Amnésie avec la fantastique et pulpeuse Drew Barrymore, l'amour au jour le jour aussi de Zachary Levy, ou avant d'aller dormir avec Nicole Kidman, la superbe Nicole Kidman. Et bien sûr la lucrative saga d'action et d'espionnage d'Eisenborn. Le super héros espion qui n'a plus un neurone de disponible pour se souvenir de ce qu'il a fait.
- Speaker #1
Avec Matt Damon.
- Speaker #2
En 2002 bien sûr.
- Speaker #0
Mais l'approche du film pour moi tient surtout sur l'évolution de la perception des personnages secondaires. Dont la qualité de jeu et d'acteur nous fait évoluer dans la narration et le rôle qui leur est attribué.
- Speaker #2
Alors d'abord, quand on parle de narration... On pense tout de suite à Pulp Fiction qui a voulu rebattre un petit peu les cartes du montage en fan qu'il est du cinéma. Mais évidemment tout ça est lié directement à l'instabilité psychique du héros qui est évident et sur lequel joue l'acteur Joe Pantoliano qui on le sent pas complètement tout à fait sincère en fait dans sa démarche d'aider le personnage principal. Évidemment, on pense à... Alors, c'est loin d'être comme Memento, bien sûr, mais on pense à Fouly-Reyne, quand même, du fantastique Jim Carrey, qui est capable aussi, en fait, de changer de perception, en fait, en un tour de cil, dans un film assez fantastique.
- Speaker #1
Il y a ce côté comportement pathologique, qui cherche à exploiter une situation à l'avantage d'une personne. Et c'est ce que vont... C'est ce que l'on ressent dans Memento, c'est que tous les personnages, on a l'impression à un moment qu'ils vont vouloir exploiter cette faille de Shelby.
- Speaker #0
Messieurs, qu'est-ce que vous pourriez nous dire sur cette structure temporelle qui semble partager les mêmes mécanismes intellectuels que les récits de voyages temporels ?
- Speaker #2
Alors c'est vrai, la structure en miroir bien sûr, le film alterne entre séquences en noir et blanc et en couleur. Donc la noir et blanc qui finalement se raccroche au réel et la couleur qui nous transpose un petit peu dans le temps et comme un flashback mais avancé. Donc c'est tout le paradoxe évidemment. Et donc ces deux lignes temporelles se rejoignent. Alors on est loin quand même de retour vers le futur bien sûr mais... Ça nous donne un petit peu de progresser dans l'intrigue. Cette illusion qui nous raccroche quand même à ce moteur à rebours nous permet en fait de trouver du sens à chaque scène. Évidemment, comme un escape game. Donc on chercherait comme ça évidemment les clés, les objets, les images, la photo, le polaroïd qui nous permettrait de nous raccrocher complètement à l'intrigue.
- Speaker #1
Oui, et puis c'est là où la vérité, c'est une quête rétrospective, l'effacement du passé. Pour le héros Léonard Shelby, le temps n'a plus de continuité. L'inversion temporelle subie par le spectateur simule cette mémoire qui s'efface toutes les quelques minutes.
- Speaker #0
Poisson rouge.
- Speaker #1
Oui, et en vertu de la thèse de l'image comme preuve, c'est une photographie autoproduite qui constitue un document que l'on va qualifier d'irréfutable, une trace du réel qui ne trompe pas en principe l'appareil photo. ne ment pas.
- Speaker #2
L'image ne ment pas.
- Speaker #1
L'image ne mentrait pas. Alors aujourd'hui, avec l'IA et tout ça, on se reposerait autrement la question, mais voilà. Et c'est pour ça même que, parfois, le personnage de Léonard va passer du polaroïd au tatouage.
- Speaker #2
Pour vraiment inscrire la réalité de ce qu'il vit, en fait, dans sa chair.
- Speaker #1
Oui, et c'est là où
- Speaker #2
qui est une première quand même au cinéma où véritablement on inscrit l'action dans la peau du personnage mais tout à fait et puis du coup
- Speaker #1
Memento exhibe des preuves qui sont vides des traces dont le sens s'est perdu et ce qui disparaît dans l'intervalle des séquences va construire une intelligibilité balbutiante du film et c'est ce lien entre la photo et son contexte et donc évidemment ce comptage à rebours en fait...
- Speaker #2
La science-fiction est utilisée ici, évidemment, dans un thriller dont l'objet n'est autre que de résoudre un crime au travers d'un trouble de la mémoire et d'une altération psychologique qui, évidemment, nous laisse perplexes.
- Speaker #1
Oui, oui. J'ai l'impression qu'on est revenu dans un hôtel, j'entends les voisins.
- Speaker #2
Oui, pas grand-chose. C'est fondu.
- Speaker #1
Alors, il y a trois grosses approches dans ce thème de film. à y aller. L'entropie inversée qu'on appelle, c'est la physique à rebours. Je pense à Athénète, où on va trouver plutôt...
- Speaker #2
Qui est quand même le fils spirituel de Memento, finalement.
- Speaker #1
Ah bah tout à fait, où on est sur le prolongement direct des réflexions de Memento. Et où là,
- Speaker #2
finalement, on revient à la science-fiction.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Oui, tout à fait, ici la SF est totale. On a des objets et des personnes qui voient leur entropie inversée, et ça leur permet de se déplacer à reculons dans un monde qui avance normalement.
- Speaker #1
Oui, et le seul effet presque fictif, c'est ce fameux polaroïd qui remonte dans l'appareil au début du film.
- Speaker #2
Et du coup, on refait le match. Évidemment, les morts se réveillent dans leur tombe, rajeunissent, et les cycles vitaux sont totalement inversés.
- Speaker #1
Oui, et c'est là où on est... Moi, ça me rappelle Aro Broustan de Philippe Cadic, on est en 1967, Et c'est un roman... où le temps est inversé à l'échelle mondiale, c'est ce qu'on va appeler l'effet Hobart.
- Speaker #2
Et ensuite on triche évidemment avec la non-linéarité du temps, avec un film comme Premier Contact d'ailleurs de Villeneuve qui abordait aussi cette thématique.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #2
Pour apprendre une langue extraterrestre où finalement le temps devait s'étirer en fait en longueur pour réussir à communiquer.
- Speaker #1
Oui, ou le fait que comme c'est ça, dans Premier Contact de Denis Villeneuve, En apprenant une langue extraterrestre, l'héroïne commence à percevoir le temps de manière non linéaire. Elle se souvient de son futur, ce qui s'apparente à une narration à rebours émotionnelle.
- Speaker #2
Ou Abattoir Five, le protagoniste est décoincé dans le temps, il voyage à travers sa propre vie, sans ordre chronologique, revient à sa naissance, sa mort, la guerre de manière fragmentée. Mais bon, cela me fait dire quand même que Nolan n'a pas fait un simple film de flashback, il a inventé. coming next.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Eh bien, merci messieurs pour cet échange véritablement captivant. Mais laissez-moi vous inviter à présent à une nouvelle excursion créative et sonore. Direction l'épaule tattoo d'Étienne Dao.
- Speaker #3
Pour qui souhaite s'élisser, ou le chariser, J'ai dit non sans, pour qui souhaite s'élisser, Par le fait de vous céder, sous la piste bien glacée, Ta-da-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta C'est l'astuce du danseur Oh, t'as vu Pas besoin de faire de coups
- Speaker #0
Ne changez pas de fréquence, vous êtes bien sur Ucronia. Ucronia, les chroniques du temps latent. Alors je vois que nous entrons dans le salon de tatouage chez Emma. Messieurs, ne perturbez pas la patronne.
- Speaker #2
J'aime beaucoup quand même ce chanteur, avec son épaule tattoo. Ça me donne envie de me faire des tatouages partout, je trouve. Qu'est-ce que vous en pensez, M. Granz ?
- Speaker #1
Ah ben moi, je... La dame, elle est en train déjà de me... Ça pique un peu sur l'épaule. C'est là où ça fait le plus mal, je trouve.
- Speaker #2
Oui, d'accord. Je vais me déshabiller, je reviens.
- Speaker #0
Alors attention, nous allons parler de l'inoubliable musique de ce film, Memento. qui a été composé par le britannique David Julian.
- Speaker #1
Oui, c'est une bande originale qui a été composée principalement de synthétiseurs, d'ambiances électroniques minimalistes. C'est idéal pour refléter la désorientation mentale du personnage principal.
- Speaker #2
D'autant que David Julian, évidemment, est une collaboration de longue date. des frères Nolan, et puis s'il a participé à Following, Memento, Insomnia, Le Prestige également.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Et leur première collaboration d'ailleurs, c'était sur le film Following en 1999, un budget total de seulement 6 000 dollars, et Julian Grandprince a composé gratuitement la musique.
- Speaker #1
Oui, et bien que le compositeur annonce, non sans humour, un coup de revient. à 8 dollars, qui correspondent au prix de la bande vierge de D.A.T. sur laquelle a été enregistrée la partition.
- Speaker #2
Bon, mais il n'y a pas que ça quand même. Dans la bande originale de Memento, la musique est quand même assez puissante, assez péchue. Il y a quand même pas mal d'emprunts faits à des groupes de hard metal dont étaient fans d'ailleurs les frères Nolan. Il s'agissait quand même de... d'amener du chaos, de la détresse, et nous montrer, par la musique évidemment, l'intérieur. du cerveau du personnage principal.
- Speaker #1
Oui, et puis, alors David Julian, il a été, il va se lancer dans des films de... de la musique de films d'horreur. Je pense à The Descent, Eden Lake ou La Cabane dans les Bois.
- Speaker #2
La Cabane dans les Bois, c'est sympa.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Des bons films qui font flipper comme il faut.
- Speaker #2
C'est-à-dire qu'il arrive à imposer une atmosphère pesante. Attention là ! Oui, ça fait mal quand même. Ça pique un peu ces tatouages là. Ah oui, non pas en bas du dossier. Merci. Oui, donc je disais que finalement, il s'agit de créer une ambiance pesante et de rentrer finalement dans la tête du spectateur.
- Speaker #1
C'est ça, il y a le côté atmosphérique sombre, lancinant, en accord avec l'état mental de Léonard Shelby. La musique, elle ressemble à un ordinateur endormi, hanté par de mauvais rêves.
- Speaker #2
Avec des morceaux marquants quand même, évidemment. On pense à Remember Me, Léonard et Nathalie, bien sûr. Oui ! On a aussi David Bowie, Something in the Air, qui a pu le ton un peu désabusé, fataliste, comme David Bowie finalement. On a aussi Radiohead, évidemment, ça c'est pas le groupe le plus optimiste du monde, c'est pas la joie de vivre. Donc avec Three Fingers et Paranoid, Android, évidemment, on est dans le thème.
- Speaker #1
C'était le morceau qui avait été envisagé pour la fin, avant que ce soit le titre de David Bowie.
- Speaker #2
Oui, et puis vous avez également Moby avec First Kool Live.
- Speaker #1
Et je crois qu'il n'y avait pas un film, pas une publicité, il n'y avait pas un quart d'heure sans qu'on entende à l'époque Moby.
- Speaker #2
Oui, qui était un artiste majeur, et qui l'est toujours d'ailleurs. Vous avez Tivori Corporation qui est quand même assez fantastique. Pardon, excusez-moi. Pas sur cette partie-là de mon atomie, je ne souhaite pas d'avoir des dessins de...
- Speaker #1
Vous êtes une blanche-fesse, professeur,
- Speaker #2
j'ai l'impression. Oui, il y a des zones un petit peu interdites quand même.
- Speaker #1
Vous n'avez pas parlé, il y a Björk quand même. Pareil, à l'époque, Björk était partout. Et je pense donc au titre All is full of love.
- Speaker #2
Qui a fait un duo d'ailleurs fantastique avec Rosalie récemment. Elle est toujours aussi bien quand même, cette petite Islandaise, toujours aussi tonique. Vous avez aussi Ronnie Size avec Snapchat. Ronnie Size, évidemment, les plus jeunes ne connaissent pas. Mais franchement, si vous avez envie de bouger votre petit corps tout frais, le Ronnie Size, c'est vraiment juste parfait. Paul Okenhoff aussi, avec Amnesia. Pissorchestra aussi, avec William, enfin réellement une BO pointue, une BO finalement d'amateurs de musique, on peut le dire, pour ceux qui aiment la musique.
- Speaker #1
Oui, et comprenez bien, c'est un album qui se vend encore tous les mois, encore aujourd'hui, 26 ans après la sortie.
- Speaker #2
C'est fou !
- Speaker #1
Et donc voilà, en CD, en version numérique et aussi en vinyle. Et d'ailleurs, ils ont refait la... Du coup, ils ont repris une pochette, une affiche du film qui est devenue une nouvelle pochette pour les vinyles. Et voilà, on est plus sur les bleus alors que dans les années 2000, on était plus sur la version un peu jaunâtre, orangée de l'affiche du film. Donc il y a une reconception de tout l'esprit de ce film qui continue d'intéresser des... des auditeurs.
- Speaker #2
Qui ne vieillit pas, on peut le dire. Oui, tout à fait,
- Speaker #1
tout à fait.
- Speaker #2
Merci,
- Speaker #0
messieurs Ukronia. Vous voyez, c'est beaucoup d'émotions et de débats haletants. Et donc, je vous propose une respiration musicale, parce qu'on en a tous besoin. Je vous prescris de suite le titre 1979 des Smashing Pumpkins. S'il vous plaît, ne cherchez pas à changer de radio. Vous êtes bien sur Ukronia. Ukronia, les chroniques du temps latent. Alors professeur, c'est l'heure de culte ommatique, la séquence qui vous tient à cœur. Alors dites-nous donc pourquoi Memento mérite d'en faire partie.
- Speaker #1
Pourquoi Memento est une œuvre majeure du cinéma mondial, international, et pourquoi Christopher Nolan a écrit son nom en lettres d'or sur le Hollywood Boulevard ? Eh bien, je vais vous le lire. C'est évidemment la réflexion philosophique de Léonard Shelby sur la réalité et sa mémoire. Et cette fameuse phrase, cette célèbre phrase, cette phrase qui finalement va rentrer dans l'histoire du cinéma, il faut que je... Je crois qu'il y ait un monde en dehors de mon esprit. Il faut que je crois que mes actes ont encore un sens, même si je les oublie. Je dois croire que lorsque je ferme les yeux, le monde est toujours là.
- Speaker #2
Non mais c'est très puissant, hein, professeur. C'est... Voilà, les souvenirs sont malléables, ce sont des interprétations, rien de plus. On a tous besoin de miroirs pour se rappeler qui on est, quand même.
- Speaker #0
Note pour maintenant. Si vous pensez à l'expression latine originale memento mori, elle signifie souviens-toi que tu vas mourir.
- Speaker #1
Oui, qui avait été repris d'ailleurs dans le dernier album des... comment il s'appelle ce groupe là de musique, les Anglais, bon bref, ça me reviendra. Donc, mais évidemment, c'est la mémoire et les tatouages, évidemment, qui ensuite ont été relancés avec cette fameuse série où... où des hommes à moitié nus aussi sont emprisonnés. Prison Break, évidemment, c'est très enthousiasmant. Et Blind Spot aussi, où finalement... Alors là, c'est plus une femme qui est attouée.
- Speaker #2
Un peu dans l'esprit de Carrie Hanmos.
- Speaker #1
Voilà, finalement, oui, physiquement, elle lui ressemble beaucoup, quand même. Elle est peut-être un peu plus maigre.
- Speaker #2
Il faut voir. En tout cas, ce film a été une bonne affaire. A sa sortie, Memento a rapporté pas loin de 40 millions de dollars. dans le monde, c'est un score assez correct quand même, puisque le budget du thriller est quand même de 9 millions de dollars à la base.
- Speaker #1
Oui, Dépêche-Mode, c'est mes revenus, c'est Dépêche-Mode, Memento Mori, vous voyez, comme quoi, c'est là, vous comprendrez un jour ou un tout à l'heure. Vous voyez,
- Speaker #2
vous parlez de Dépêche-Mode, il y a eu Megadeth, enfin il y a eu tout un tas de groupes qui ont repris cet esprit du film de Memento dans leur réinterprétation.
- Speaker #1
Oui, mais la volonté de Christopher Nolan, c'était de rentrer quand même dans le cinéma avec une oeuvre unique, originale, avec un scénario qu'il n'a pris à personne, qu'il n'a volé à personne, et sur une idée qui n'avait jamais été exploitée au cinéma.
- Speaker #2
Oui, mais... Et d'ailleurs,
- Speaker #1
il en a fait recette, puisqu'au final, les producteurs voulaient voir reproduire cette oeuvre, l'avoir s'étirer. la transformer, la réinterpréter, la rejouer dans des films un petit peu plus à gros budget, j'imagine.
- Speaker #2
Et puis, c'est là où Christopher Nolan, il va quand même... C'était sa carte de visite pour devenir un vrai auteur. Je pense, après, bon, Oppenheimer, Tenet, Dunkerque, Interstellar, Dark Knight...
- Speaker #1
Oppenheimer, c'est quand même 100 millions de dollars. Tenet, c'est 200 millions de dollars. Dunkerque, c'est 100 millions de dollars. Interstellar, quel film, il faudrait qu'on en parle un petit peu quand même, ce film ce serait intéressant, si Penelope est disponible, 165 millions de dollars et alors évidemment The Dark Knight Rises film fantastique sur Batman qui réinvente quand même les super héros 250 millions de dollars confier autant d'argent à un réalisateur génial qui a un univers unique et qui traite du temps et finalement arriver à réussir à avoir une patte comme ça et être identifié en tant qu'artiste cinématographiste, c'est quand même assez fort.
- Speaker #2
Oui, parce que vous en avez évoqué pas mal, mais bon, il y a Inception, The Dark Knight, Le Prestige, Batman Begins quand même, et puis on oublie peut-être des fois, mais Insomnia, qui est presque un préquel de Memento. L'altération de la mémoire et le... L'altération du corps qui va pousser à...
- Speaker #1
Qui est aussi un thriller psychologique, puisqu'on pourchasse aussi un serial killer. Mais alors, Memento n'est pas non plus un film minable et qui n'a pas eu de succès. Il a eu un certain succès en salle, donc il y a eu une reconnaissance publique et critique. Ah ben,
- Speaker #2
moi je vous le recommande.
- Speaker #1
Et surtout...
- Speaker #2
De le voir, de le revoir.
- Speaker #1
Qui a plu en salle, qui est vraiment à transporter en fait. sont publiqués les gens et qui a inspiré aussi d'autres metteurs en scène, comme David Fincher, comme Darren Aronofsky, qui évidemment tous ces réalisateurs se regardent les uns les autres, s'inspirent, se copient et redigèrent un petit peu l'œuvre de l'autre.
- Speaker #2
Et ont tous été nommés aux Oscars, je pense à Inception, Social Network, Black Swan, ces trois auteurs. ont vraiment donné une nouvelle dimension. Et je pense même le travail qui a été fait sur, à l'époque, le DVD, parce que c'est un film quand même qui a tardé pour être remasterisé.
- Speaker #1
Mais parce que toutes ces œuvres aussi ne sont pas forcément des œuvres de studio. Et au final... Avoir affaire à des producteurs indépendants permet aussi d'avoir beaucoup de liberté créative. Évidemment, ça pose des problèmes de droit et d'utilisation des bandmasters.
- Speaker #2
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Messieurs, très loin de Memento, mais toujours Christopher Nolan, avez-vous eu ventre cette rumeur folle à Hollywood comme quoi Christopher Nolan voulait produire Akira en film live ?
- Speaker #2
Alors non, moi j'étais...
- Speaker #0
En live action ! C'était un projet, mais peut-être face à l'ampleur du projet, il a abandonné.
- Speaker #1
Alors c'est toujours un peu compliqué, parce qu'Akira reste une oeuvre qui a bouleversé les spectateurs et le visuel du cinéma, qui quelque part ouvrait aussi la possibilité de faire des films de super-héros en utilisant l'efficacité du dessin d'Otomo.
- Speaker #0
et difficilement transposable au cinéma.
- Speaker #1
Sauf à utiliser des moyens et des effets spéciaux que dorénavant les studios ont sans pour autant faire exposer les budgets. Mais Akira restera visuellement l'une des plus grandes claques du cinéma des années 90.
- Speaker #2
Il a peut-être voulu aussi changer de registre, justement revenir sur les problématiques temporelles euh et que peut-être que... Moi, je vois la version live-action de Ghost in the Shell. Oui, esthétiquement, c'est un beau film, mais il n'y a pas cet art du montage.
- Speaker #1
C'est surtout un film sans âme, on peut le dire. Très franchement, quand on voit la vitalité, l'aspect charnel du premier long-métrage Ghost in the Shell, ou lorsque le... Le Major se dévêtit pour retrouver sa tenue métamorphe. C'est absolument sublime. On a envie d'être près d'elle, véritablement.
- Speaker #2
Peut-être que l'Odyssée est un de ses films qui lui permet de revenir sur ce genre de super ou de héros qu'il questionne, qu'il bouleverse
- Speaker #1
qui reste d'ailleurs à mon avis son chef-d'oeuvre.
- Speaker #0
Eh bien messieurs, c'est sur ces mots que je vous remercie pour ces échanges si intelligents et éclairants. Merci cher professeur Loughlin, comme toujours c'est du pointu, et merci monsieur Granz bien sûr pour cette inestimable contribution.
- Speaker #2
Merci à vous pour votre accueil.
- Speaker #0
Merci,
- Speaker #3
merci beaucoup Boris pour cet intérim fabuleux.
- Speaker #0
Pour conclure, chères auditrices, chers auditeurs, place maintenant à la magie d'Actu Cronia. Si vous voulez explorer votre côté tatoué du polaroïd, on vous invite à voir, à revoir, à visiter ou lire des œuvres dans cette atmosphère à rien mémoriel. D'abord, le DVD en édition limitée est l'édition standard de la région 2 pour les spécialistes qui permet de regarder le film dans l'ordre conologique exact des événements du film. C'est une curiosité. Memento 4K est officiellement disponible chez Umbrella Entertainment, rien à voir avec Resident Evil bien sûr, sorti le 7 janvier 2027.
- Speaker #2
Alors je pense à Yann Nathan. avec le livre Christopher Nolan, le cinéaste iconique et ses films. Un beau livre qui est sorti chez Dumais en 2023.
- Speaker #0
On vous recommande également le livre écrit par Christopher Nolan, Memento and Following, sorti en 2001 chez Faber & Faber, et qui rassemble les scénarios originaux des deux premiers longs-métrages.
- Speaker #2
Je pense aussi à Jonas Lucas, Classical... Hollywood Cinema and Christopher Nolan's Memento sorti chez l'éditeur Green Verlach en 2011 Nous avons également un article de Daouda Koulibaly
- Speaker #0
Figuring Trauma and Christopher Nolan's Memento excusez mon accent québécois dans la revue Baobab numéro 9,
- Speaker #2
second semestre 2011 Un ouvrage de David Bordwell and Christine Thompson Hum... Christopher Nolan, A Labyrinth of Linkage, deuxième édition chez Irvington Way Institute Press en 2019.
- Speaker #0
Alors c'est évidemment avec un très grand plaisir que je vous relaie le magazine Sparse d'octobre 2026. qui propose tout simplement une double page fiche thématique sur le film Memento, c'est à collector.
- Speaker #2
C'est à conserver, à garder. Il y a aussi Howard Becker, sociologie visuelle, photographie documentaire et photojournalisme. Tout ou presque est affaire de contexte. Sorti en 1995, traduit de l'américain par James Kempf et dans la revue Communication. Le numéro 71, sorti en 2001.
- Speaker #0
Et vous pouvez aussi vous immerger dans un roman dans le style Réveil amnésique et douloureux, où tous les personnages ont joué un faux semblant, dont la femme, les collègues, les amis, le frère, et un doigt dans un pot de moutarde, figurez-vous. Eh bien, lisez Condition Générale par Robert Glancy. C'est 258 pages, idéal pour les toilettes ou la plage, et ça a été publié en 2014.
- Speaker #2
Je pense à Trust Nor One de Paul Cleave chez Oder et Stumpton, General Division, qui a été publié en 2015.
- Speaker #3
Ne l'en passez pas là, s'il vous plaît, attention.
- Speaker #2
Alors moi ça me fait penser au livre Avant de m'endormir par S. Watson, publié en 2011.
- Speaker #0
Oui, on est dans le genre Shutter Island de Denis Lane. Alors, le livre est bien meilleur que le film, et il a également écrit Mystic River, avec Sean Penn. Là,
- Speaker #2
le film était quand même pas mal.
- Speaker #0
Justement, on a des films à redécouvrir dans un univers proche. Par exemple, Irréversible, de Gaspard Noé, 2002. Un drame qui raconte entièrement à rebours l'histoire, et qui montre la descente aux enfers d'un couple, et d'un ami du couple d'ailleurs, sur toute une nuit.
- Speaker #2
comme le corps du professeur The Machinist 2004 avec un Christian Bale qu'on retrouvera dans les Batman un thriller psychologique où Christian Bale incarne un ouvrier insomniaque pendant le fil de la vérité voyez les relations qu'on a tout le temps entre Fincher des auteurs qui se reprennent un peu les thèmes qui les reprennent des personnages oui allez-y un peu plus bas s'il vous plaît Merci.
- Speaker #3
Oui, là, c'est parfait.
- Speaker #0
Écoutez, on peut passer aussi, on peut vous proposer, on a une pelletée de références, quand même, liées à... Désolé, professeur McFlin... Je vous en prie, je vous en prie. Gaggini, par exemple, 2008, un thriller d'action hollywoodien directement inspiré de Memento, centré sur un homme amnésique qui se tatoue le corps pour se venger.
- Speaker #2
Oui, alors on a parlé d'Inception, toujours Christopher Nolan qui explore les couches... du rêve et de la manipulation mentale.
- Speaker #0
Et bien, comment ne pas parler d'Interstellar ? Finalement, les artistes finissent toujours par traiter peut-être du même thème. D'ailleurs, dans l'Odyssée, l'épisode avec Ulysse et Calypso sur la mémoire qu'il faut retrouver. Voilà, dans Interstellar, autre chef-d'oeuvre de Christopher Nolan, on a également un travail sur le temps pour un destin, cette fois-ci, collectif.
- Speaker #2
Oui, et peut-être, moi je pense à Ténètes, Merci. Il y avait Premier Contact en 2016, mais Ténède, là où on travaille sur un temps pour un destin individuel. C'est la petite différence.
- Speaker #0
Et pour finir, Premier Contact, Denis Villeneuve, film de 2016, grand monument de la science-fiction où la notion du temps et de la mémoire, elle est bouleversée par l'apprentissage d'un langage extraterrestre. Rappelez-vous, on n'est pas forcément l'image que vous percevez de nous.
- Speaker #3
Même si j'aime bien le tatouage qu'on m'a fait.
- Speaker #0
Mesdames et messieurs, c'est le moment de nous quitter. J'ai hâte de vous retrouver pour un prochain épisode d'Ukronia. En attendant, vous pouvez nous écrire à l'adresse ukronia1984.com Retrouvez-nous en podcast sur toutes les plateformes, et en particulier sur Ausha et sur le site de Radio Campus. Et pour les prochains épisodes, en FM sur le 92.2, bien sûr, sur le... sur le DAB+, sur tous les postes modernes, en direct live sur le site Ucronia, les chroniques du temps latent.