- Nelly Gillant
J'ai une révélation à travers la Bible qui me dit que c'est le seul médiateur. Ce qui signifie que pour accéder à ce Père et à ce divin et à ce Dieu que je cherche, je dois absolument passer par Jésus. Ce n'est pas une option. Moi, je ne veux pas que ce soit le médiateur, mais pas du tout. Pour moi, au contraire, je suis en réaction totale. J'ai dit, moi, ça fait des années que je parle avec Dieu directement. Jésus, je l'aime bien, il est sympa. Mais non, je ne passerai pas absolument par lui.
- Benjamin Coste
Bonjour, je m'appelle Benjamin et vous écoutez Un beau jour, le podcast des hommes et des femmes dont la vie et la foi ont été changées par un événement imprévu. Aujourd'hui, je reçois Nelly Gillant de passage à Paris en provenance du Québec, où cette Française vit depuis suffisamment longtemps pour en avoir pris le délicieux accent. Outre-Atlantique, Nelly était maître reiki, du nom de cette méthode de soins japonaise basée sur les énergies, pratique largement banalisée en France et pourtant non sans danger comme elle nous l'expliquera. Ainsi, durant plusieurs années et outre le reiki, Nelly s'est livrée à des pratiques occultes de la cartomancie à la divination qui l'ont conduit selon ses mots aux portes de l'enfer. Jusqu'au jour, un beau jour, où elle a compris que c'était le Christ qu'elle devait suivre et servir et non les forces du mal. Nelly, bienvenue au micro d'un beau jour, je suis très heureux de vous recevoir. Et comme nous en avons l'habitude dans ce podcast, pouvez-vous nous présenter l'objet symbolique de votre histoire que vous avez amené ?
- Nelly Gillant
Alors, l'objet symbolique, j'ai choisi la statue de Jeanne d'Arc. Alors, il y a une petite anecdote avec Jeanne d'Arc. Lorsque j'étais enfant, il y avait un vieux cahier d'un ancien curé et il répertoriait en fait l'arbre généalogique des Gillant et semblerait-il qu'on aurait appartenu lointainement à la lignée de Jeanne d'Arc. Donc je trouvais ça très beau quand j'étais jeune, parce que c'était toute petite, c'était un personnage qui me fascinait, cette jeune fille de 17 ans, guerrière, qui sauve la France d'une manière surnaturelle, et en entendant ses voix aussi, donc moi j'avais aussi déjà un côté surnaturel qui m'intriguait. Et lorsque je suis revenue à la... À la foi catholique, on peut prier les saints. Et donc, j'ai redécouvert Jeanne d'Arc. J'ai réétudié Jeanne d'Arc autrement. Et ce que je me rends compte, c'est qu'elle m'accompagne vraiment dans ma mission d'évangélisation. Souvent, dans une église, il y a une statue qui est là. Elle m'accompagne parce qu'en fait, ce qu'il faut savoir, c'est que mon témoignage, c'est une guerre spirituelle. C'est de chasser les idoles. pour que le Christ reprenne son territoire dans le cœur des gens.
- Benjamin Coste
Justement, on va revisiter ensemble, si vous voulez bien, pendant une petite heure, votre itinéraire de vie. Vous avez évoqué à l'instant votre enfance. Au sujet de votre enfance, vous écrivez dans votre livre, ce livre intitulé « Vers toi reviendront les égarés » paru chez Artej, que vous n'en gardez pas un souvenir heureux de cette enfance.
- Nelly Gillant
Alors, je ne dirais pas non plus qu'il est complètement malheureux. Mais effectivement, il a été traversé par plusieurs drames. Donc, lorsqu'on est petit, on rêve d'une enfance remplie d'innocence, de paix, de joie. Or, moi, j'ai grandi avec la maladie de ma mère, qui était une dépression profonde, qui s'est accentuée au cours des années. Et donc, souvent, ma maman, elle n'avait pas vraiment conscience de la réalité. Elle me demandait souvent de lui tenir la main lorsqu'elle était dans des états de crise, de souffrance. Elle criait beaucoup. Donc, on vivait vraiment aux humeurs de ma mère. Donc, quand les jours étaient beaux en fonction de son humeur, la famille allait bien.
- Benjamin Coste
Sachant que vous grandissez dans une famille, vos deux parents, vous avez une sœur aînée. Et donc, il y a effectivement votre maman, Evelyne, c'est ça ?
- Nelly Gillant
Oui.
- Benjamin Coste
qui à la fois, vous l'écrivez dans le livre, a tout un tas de qualités, une grande intelligence, des tas de qualités humaines. Et donc, comme vous venez de l'expliquer, cette pathologie qui prend aussi beaucoup de place.
- Nelly Gillant
C'est un beau gâchis parce qu'on voit que c'est une femme absolument extraordinaire, mais que la maladie a pris tout le dessus. Et donc, voilà, la maladie a pris le dessus à tel point qu'elle en est morte, elle s'est suicidée, elle a réussi à... Elle a réussi à partir. Et donc, pour un enfant à 9 ans et demi, perdre sa mère, c'est assez dramatique. C'est très douloureux. Et puis, ça, ça a été le premier drame. Et l'autre drame, c'est que suite à cet événement, mon père, qui avait un commerce, il a complètement chaviré. Et ça a été difficile de mener à bien ses affaires. Et si bien qu'il a perdu son commerce, on a perdu la maison, la voiture. Donc, ça a été une hécatombe.
- Benjamin Coste
Milieu classique, ni pauvre, ni riche,
- Nelly Gillant
modeste. Un petit peu plus élevé que la modestie. Je me considérais quand même comme une petite bourgeoise. Mes parents avaient un grand magasin, des grands rayons de bonbons. On n'était pas malheureux.
- Benjamin Coste
Il y a quelque chose qui m'a frappé dans le récit que vous faites dans le livre, c'est que votre maman vous dit souvent, donc tu seras médecin pour guérir maman. Et en vous lisant, je me disais comment justement une petite fille, donc même pas à 9 ans, moins de 9 ans, percevait cette injonction maternelle. Enfin, j'imagine le poids que ça devait faire peser sur vos épaules. Est-ce que vous vous souvenez de ça ?
- Nelly Gillant
Oui, je m'en souviens très bien, mais je ne me... Je ne me rendais pas tellement compte du poids que ça mettait sur mes épaules. Pour moi, ce poids était tellement ma réalité. Elle avait une exigence qui était grande envers moi. Elle me demandait de grandir beaucoup plus vite. Voilà, bon, ça va que j'étais une petite fille quand même intelligente. Mais c'est sûr que je voyais la souffrance de ma mère. Je voyais sa détresse et je voyais aussi ses impasses à chaque fois. à la réussite de s'en sortir. C'est-à-dire ? Elle a été de psychologue en psychiatre et bon, voilà, ça ne l'a jamais guérie, de médicament en médicament. Je me souviens, elle avait même été dans un couvent chez les Carmelites. Elle faisait des... Parfois, elle demandait d'être internée dans des hôpitaux psychiatriques. Il y avait quand même une survie, il y avait une volonté. Mais l'issue était toujours la même. Alors, je la voyais dépérir. Et puis, je pense que des fois, elle avait une déconnexion avec la réalité. Si bien que je pense qu'elle n'était même plus capable de voir qu'en face, j'étais sa fille.
- Benjamin Coste
Dans votre cerveau de petite fille, vous vous projetez dans ce métier de soin. En tout cas, peut-être pas médecin, mais en tout cas, ça va quand même orienter une façon de... d'envisager votre avenir.
- Nelly Gillant
Oui, ça a orienté toute ma vie. Je pense que même si elle n'avait pas fait cette injonction, ça serait né en moi naturellement. J'ai toujours été, de toutes les façons, en plus une petite fille très altruiste, empathique. Donc forcément, le fait de voir sa mère en souffrance, on a juste envie de l'aider quand on est enfant. Surtout qu'il y avait une forme de... Ma mère, je la voyais, je pense, comme n'importe quel enfant. Je la voyais vraiment avec des yeux d'admiration.
- Benjamin Coste
Votre maman tire les cartes aussi. Quel souvenir vous gardez de cette pratique ? Est-ce que vous vous souvenez d'avoir vu tirer les cartes avec d'autres personnes ? Peut-être avec vous, avec des personnes de votre famille ? Comment ça se passait chez vous ?
- Nelly Gillant
Je l'ai vu quelques fois faire et ça m'intriguait. Je me souviens qu'elle disposait les cartes. Et puis, c'était des cartes de jeux normales, comme on joue à la belote. Et donc, justement, ça m'intriguait parce qu'elle faisait ça. Et puis, je la voyais compter des trucs. Et puis, elle l'avait fait aussi avec ma grande sœur, où ma grande sœur s'intéressait à ça aussi. Et puis, un jour aussi, il y avait un ami à elle qui, lui, était venu avec un jeu de cartes, mais divinatoire. Donc, je me souviens, c'était des mains dessinées sur ces cartes avec les lignes de la main. Et ça, ça m'avait beaucoup intriguée, fascinée. Donc, voilà, il faisait ça. Il tirait les cartes à ma grande sœur pour lui dire son avenir. Et moi, là, j'avais vraiment... Ça m'avait fascinée. J'avais envie de faire ça aussi.
- Benjamin Coste
Donc, fascinée dans le sens attirée.
- Nelly Gillant
Intriguée. Intriguée. Envie d'en savoir plus. Envie d'en savoir plus parce qu'on se dit, oh, avec des cartes, on peut savoir l'avenir. Donc, bon, je ne comprenais pas trop ce qui se passait.
- Benjamin Coste
Parce que votre maman avait un talent, entre guillemets. Est-ce que ça veut dire que ce qu'elle voyait dans les cartes se révélait exact pour les personnes qui l'ont sollicité ?
- Nelly Gillant
Oui, puis elle ne le faisait pas pour les autres. Elle le faisait principalement pour elle. Pour elle, je pense, rassurée d'un certain avenir. Et puis, elle avait aussi un sens de l'intuition très fort. Elle était capable de faire des prédictions. Moi, je me souviens, par exemple, qu'elle avait prédit la mort de Dalida ou des choses comme ça, ou les gagnants de l'Eurovision. Donc, il y avait des trucs comme ça qui m'avaient quand même assez fascinée étant enfant.
- Benjamin Coste
Quelques années après, durant l'adolescence, vous allez découvrir que vous-même, vous avez des dons, peut-être un peu à l'image de ceux qu'avait votre maman. en tirant les cartes, par exemple, vous racontez que vous dévoilez en avance les sujets du bac.
- Nelly Gillant
En fait, ce qui s'est passé, c'est que je pense par mimétisme aussi, le fait d'avoir vu ma mère, le fait que c'était quand même un environnement familier. Donc, ça faisait comme... C'est parti de moi depuis toujours. Et puis, l'envie de continuer de communiquer avec elle. Parce que pour nous, dans notre spiritualité, il y avait une vie après la mort. Alors, il y a un ami de ma sœur qui est venu et qui nous a proposé de faire une forme de pendule. Un pendule, c'est-à-dire que bon... On a une chaîne et puis on dit oui, non. Et voilà, on invoque une force supérieure. Donc moi, je l'ai fait. J'imitais les grands au début. Et ma grande sœur faisait ça aussi. Et puis, il y a eu une autre forme d'invocation des esprits qui là, on retourne le verre avec les lettres du Scrabble où là, on dit esprit, es-tu là ? Et à ce moment-là, il répond oui, non. Et là, on peut poser des questions. Et donc, c'est à ce moment-là que moi, j'ai pu... posé des questions et que j'ai eu les résultats du bac via ces entités qu'on invoquait. Mais bon, comme la plupart des jeunes, on ne voit pas le mal. C'est comme une forme de jeu. Et puis pour moi, à l'époque, quand j'étais petite, tout ce qui venait de l'au-delà était forcément bon, forcément divin. C'était quelque chose de beau. Et puis les cartes, c'est venu un peu après. Moi, je me suis plus investie dans les cartes parce qu'il s'est passé un événement fâcheux justement avec le spiritisme. Et là, j'ai dit, moi, je n'invoquerai plus les morts.
- Benjamin Coste
Vous racontez peut-être cet événement fâcheux avec le spiritisme ?
- Nelly Gillant
Oui, il y en a eu plusieurs. Une fois qu'on a commencé à faire ça dans notre appartement à ma sœur, il y avait les lumières qui clignotaient. La fille de ma sœur, qui était très petite à l'époque, faisait du somnambulisme. Quand on faisait des séances de spiritisme, le verre se projetait jusqu'au bout de la table. Et à la vitesse où il partait, il aurait dû s'exploser contre le mur, mais il s'arrêtait pile. Donc, il y avait des phénomènes un peu bizarres, étranges comme ça, jusqu'au jour où j'ai failli une entité, enfin un esprit, en fait. Après une séance d'écriture automatique, j'ai senti vraiment une ombre noire et qui cherchait à m'étrangler. J'étais couchée dans mon lit et je sentais vraiment l'étranglement. Et dès que j'allumais la lumière, ça disparaissait. Et dès que j'essayais de me rendormir, ça revenait au point que je n'arrivais plus à respirer.
- Benjamin Coste
Et ça, c'est la découverte que tout ce qui vient de l'au-delà n'est pas forcément bon. Non,
- Nelly Gillant
voilà.
- Benjamin Coste
Il y a une perception que déjà, OK, il peut y avoir du bien, mais il y a aussi du mal.
- Nelly Gillant
Bien que bon, voilà, je savais qu'il y avait du mal, mais je ne l'associais pas à ce que je faisais.
- Benjamin Coste
Quelle place ça tient ces pratiques dans votre vie ? Est-ce que vous y recourez quasiment chaque jour ? Je ne sais pas, dès qu'il y a le moindre choix à faire, vous allez me demander l'avis des cartes ?
- Nelly Gillant
Oui, c'était très présent, c'était comme une boussole. Donc si bien que lorsque j'avais une moindre question sur mon avenir, je voyais aussi quand ça n'allait pas parce que j'étais quand même une adolescente avec un gros mal-être. Donc, quand ça n'allait pas, je posais toutes sortes de questions pour essayer de me rassurer sur un avenir plus heureux, plus joyeux. Donc, ça pouvait être...
- Benjamin Coste
Vous avez un exemple à nous donner, peut-être ?
- Nelly Gillant
C'était surtout pour les petits copains. C'est ça, ou est-ce que je vais déménager, ou qu'est-ce que je ferai comme travail plus tard ? Parce que bon, je n'étais pas heureuse dans la ville où j'étais. j'aspirais à... J'aspirais à un avenir meilleur. Je voulais vivre ailleurs.
- Benjamin Coste
Comment est-ce que vous vous situez entre jeu, sérieux, sérieux jeu ? Est-ce que ça veut dire que de plus vous avancez, plus ça devient sérieux ?
- Nelly Gillant
C'est ça, exactement ça. Au début, ce qu'il faut savoir quand même, c'est que j'ai commencé à tirer les cartes. J'avais 9 ans et demi. Donc, on grandit avec ça. Donc, au début, c'est un jeu, c'est enfantin. À l'âge de l'adolescence, là, je me rends compte. que je peux justement avoir les sujets du bac, que je peux avoir... Bon, après, ça ne disait pas toujours la vérité non plus. Je n'ai pas eu tous mes diplômes comme ça. J'ai quand même travaillé. En grandissant, on pose des questions aussi un petit peu plus sérieuses. Puis j'ai aidé mes copines aussi avec ça au collège. Donc, j'étais la petite sorcière.
- Benjamin Coste
Les cartes, c'est l'outil. Avec quoi ? qui ? Est-ce que vous pensiez, vous saviez, je ne sais pas, être en train de faire du commerce ? Est-ce que vous aviez une notion de vous adresser à quelqu'un en particulier ?
- Nelly Gillant
Pour moi, c'était des anges parce qu'en parallèle, je tirais les cartes des anges. Donc moi, je pensais qu'à partir du moment où j'avais un bon cœur, vous savez, on dit la magie blanche, la magie noire. Donc, étant donné que je ne faisais pas de pacte de sang, que je n'égorgeais pas un coq, pour moi... ce que je faisais, c'était de la magie qu'on dit blanche.
- Benjamin Coste
Alors vous avancez dans la vie, vous avez le bac, vous réussissez à avoir le bac, vous partez. Et là, il y a un grand changement quand même dans votre vie, c'est que vous partez à la Guadeloupe. Vous allez passer au total 12 années de votre vie. Sur l'île, vous rencontrez des personnes qui tentent de vous attirer. Alors qui dans une secte japonaise, qui à la suite d'un gourou indien. On a vraiment l'impression qu'on cherche à mettre la main sur vous.
- Nelly Gillant
Les portes que j'ai ouvertes. Les entités que j'ai ouvertes me poursuivent. Ce n'est pas parce que tu déménages qu'eux restent dans le pays. Ils poursuivent. Et je pense aussi, ce que j'ai analysé ou compris a posteriori, c'est que Dieu, au départ, avait une belle mission pour moi. Et le malin, en voyant ça, il a voulu s'approprier la personne que j'étais. Dieu m'a rattrapée parce que j'étais son enfant.
- Benjamin Coste
Oui, et Dieu ? comme vous venez de le dire, n'est pas absent de tout ce que vous vivez, parce que c'est aussi à la Guadeloupe que vous faites une première rencontre personnelle, je vous cite, avec Jésus. Et ce qui est assez étonnant aussi, c'est que cette rencontre, dans un premier temps, elle va être finalement sans suite, qu'elle ne va pas entraîner le changement de vie auquel on aurait pu penser.
- Nelly Gillant
Jésus a quand même toujours fait partie de ma vie, dans le sens... où j'allais visiter Notre-Dame de Lépine qui est proche de chez moi. Je me sentais bien dans les églises. J'aimais le visage de Jésus. Je portais des chapelets. Donc, il y avait quand même en moi une attirance, mais sans trop comprendre et sans trop connaître. Et Jésus, pour moi, c'était un... Je ne pourrais même pas dire prophète à l'époque, mais c'était un grand personnage et je l'admirais pour ce qu'il avait fait. Mais c'était trop loin, c'était trop... Puis surtout, c'est un peu ce qu'on disait de l'église. Donc bon, nous, on ne fréquentait pas l'église. Et puis les choses que j'entendais, moi, je me souviens, par exemple, j'étais allée à l'église étant jeune avec mes cousines pour prendre la communion. Elles allaient prendre la communion, j'étais derrière. Et le prêtre me dit, tu n'as pas fait ta communion, toi, va t'en de là, sors de là. Donc pour un petit enfant qui ne sait pas, qui ne connaît pas, c'est un rejet. Alors bon, j'ai grandi avec... pas grand chose dans l'église et à l'âge de 20 ans où je m'intéresse à beaucoup la spiritualité évolue au début c'est les cartes et après là il ya une quête de spiritualité de profondeur et bon j'ai eu des déconvenues avec maïka riz avec satya saibaba avec ses sectes là et là je Je suis en pleine révision pour mon diplôme de commerce. Et là, je décide de me mettre un peu à part des révisions et je lis un livre qui s'appelle Le Sermon sur la montagne, qui explique les béatitudes. Et là, heureux les pauvres. Et bon, moi, je suis quand même dans un monde où je côtoie des personnes qui ont de l'argent, un monde quand même...
- Benjamin Coste
Ce qu'on n'a pas indiqué, c'est qu'en Guadeloupe, vous menez plutôt finalement la grande vie, vous faites beaucoup la fête, vous buvez beaucoup.
- Nelly Gillant
Oui, vous savez, une jeune fille qui arrive de la banlieue de Châlons, d'une cité HLM et qui découvre la vie des béquets en Guadeloupe où c'est des beaux bateaux, c'est des grosses soirées dans des maisons coloniales, c'est du champagne qui coule à flot. J'ai 18 ans, donc voilà, quelque part, ça tourne la tête. Et puis bon, à 18 ans, j'ai envie de faire la fête, j'ai envie de m'amuser et puis j'ai surtout envie aussi de faire taire ce mal-être. Donc... Donc, c'est super drôle. Puis, je suis une fille qui aime beaucoup rigoler. Donc, forcément, c'est une vie festive et joyeuse en apparence. Et voilà. Mais bon, au bout d'un moment, il y a quand même cette profondeur en moi qui fait que je me rends compte que c'est beaucoup superficiel. Et donc, c'est pour ça que je m'en vais lire les Béatitudes. Et là, voilà, heureux les pauvres. Heureux les pauvres. Donc c'est tout. ce n'est pas quelque chose que tout le monde dit.
- Benjamin Coste
Qu'est-ce qui vous touche justement dans ces béatitudes ?
- Nelly Gillant
Comment on fait pour être heureux en étant pauvre ? Comment on peut dire qu'on est heureux en étant pauvre ? Parce que ce n'est pas ce que le monde vend. Au contraire, on nous vend la richesse comme étant le bonheur. Heureux les cœurs purs, là où moi je suis dans l'impureté totale. Mais il y a cette soif, il y a cette soif de pureté, je le dis dans mon livre. Il y a un combat entre la sainte et la prostituée. Parce que moi, j'ai une vie complètement dissolue. Mais en même temps, mon âme aspire à la pureté. Mon âme aspire à la paix. Mon âme aspire à la vérité. La vérité qui rend heureux.
- Benjamin Coste
Et alors, qu'est-ce qui va se passer ? Vous faites cette rencontre, vous êtes bouleversée par ce texte, cet enseignement. Qu'est-ce qui va se passer ? Pourquoi finalement, ça n'enclenche pas ce qu'on appelle aujourd'hui une conversion ?
- Nelly Gillant
Pendant une semaine, je suis complètement bouleversée par ces paroles et je sens une totale délivrance et liberté. Plus d'attaches, plus rien, plus de mal-être. Et là, je me dis mais qu'est-ce qui se passe à l'intérieur de moi ? Je n'ai jamais vécu ça, jamais. Cette paix, cette plénitude, cette joie, cette liberté, c'est incroyable. Et vraiment une semaine totale, mais au bout d'une semaine, je sens que le mal-être revient. Et là, je me dis, mais qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi ça revient ? Et là, je vois le visage de Jésus qui apparaît et qui me tend la main et qui me dit, suis-moi. Donc, en fait, je comprends que si je veux continuer à vivre cet épisode d'une semaine que j'ai vécu, je dois suivre le Christ.
- Benjamin Coste
Et ça, quoi ? L'étape, la marche, elle est trop haute à l'époque ?
- Nelly Gillant
Ben non, mais je me dis, OK, mais comment on le suit ? Comment on fait ça ? Parce que moi, il ne faut pas oublier, je n'ai pas eu de catéchisme. Donc, comment on fait ça ? Moi, je me dis, écoute, le Christ, c'est la Bible. Alors, je m'en vais dans le magasin à Pointe-à-Pitre où on vend des chaudrons de sorcières et à côté, des médailles de Mère Thérésa. Et donc, je me dirige vers le côté religieux dans ce magasin-là. Et là, il y a une Bible. Et je me dis, on va essayer de le découvrir dans la Bible. Mais bon, il y a toutes sortes de Bibles. Je ne sais pas quelle Bible acheter. J'envoie une blanche, je la trouve belle. Je prends la Bible blanche, la Bible Louis II. Et puis, je me dis, comment on fait pour lire ce livre-là ? Pour moi, c'était quand même un livre particulier. Je me dis, comme n'importe quel livre, on va le prendre par le début. Et là, je commence par la Genèse, par l'Ancien Testament. Et ce n'est pas du tout en corrélation avec ce que j'ai vécu. Là, je découvre un Dieu qui sacrifie, qui venge, qui le sent cool, ou il est en colère. Je me dis, mais qu'est-ce que c'est que ça ? Ça ne fonctionne pas, ça ne marche pas. Et là, je ferme la Bible. Et là, je me dis, ce n'est pas là que je vais trouver Jésus. Et donc là, je ferme ma Bible pour 20 ans.
- Benjamin Coste
Alors, en Guadeloupe, vous allez vivre d'autres épisodes, plus ou moins heureux. Et encore une fois, je renvoie à nouveau à nos auditeurs, à votre livre intitulé « Vers toi, reviendront les égarés » aux éditions Artej, pour découvrir ces épisodes. Mais à l'issue de ces 12 ans aux Antilles, vous partez cette fois pour le Québec. Et pour gagner votre vie, vous allez ouvrir un cabinet de cartes haute-mancienne. Et à votre grande surprise, ça marche. Vous n'avez même pas pensé à l'ouvrir vous-même, ce sont des amis qui vous incitent à le faire.
- Nelly Gillant
Alors j'ai toujours tiré les cartes, ça n'a jamais disparu. Si bien qu'en Guadeloupe, mes copines, je tirais les cartes et la personne qui est partie immigrer au Québec était ma meilleure amie de Guadeloupe. Et j'ai décidé d'aller immigrer au Québec parce que je me rendais compte que ma vie en Guadeloupe tournait en rond. Donc, je rejoins cette amie. On fait des soirées ensemble et elle me présente à deux de ses copines. Et puis, elle dit, elle tire les cartes. C'était des filles qui aimaient ça. Et voilà. Et bon, à force de tirer les cartes, j'ai aussi la psychologie facile. Je suis capable quand même de déceler un peu le personnage. Donc, je... J'arrive à voir le passé des gens, j'arrive à leur donner des prédictions. Donc quand on voit aussi le passé des gens, tout de suite ça accroche la personne. Parce qu'on se dit comment ça se fait qu'une personne qui ne nous connaît pas puisse...
- Benjamin Coste
Et ça Nelly, pour qu'on comprenne bien, c'est systématique ? C'est-à-dire qu'une personne qui s'adresse à vous, à chaque fois vous arrivez à savoir ce qu'elle a vécu auparavant, à avoir des visions sur la suite ou c'est assez aléatoire ?
- Nelly Gillant
C'est assez aléatoire. C'était si je le voulais bien. C'était ce qui se présentait à moi aussi. Puis il faut savoir aussi que chaque cartomancienne ne sait pas forcément faire ça. Moi, il y avait un don médiuminique supplémentaire, au-delà de juste la cartomancienne. Parce qu'une cartomancienne, c'est vraiment quelqu'un qui fait juste interpréter des cartes. Il n'y a pas de don de médium. Mais moi, il y avait d'autres choses, il y avait d'autres dons. Et donc forcément, ça attirait, c'était stupéfiant. Et ces filles-là, bon ben voilà, m'ont dit « Waouh, c'est extraordinaire, c'est incroyable » . Puis bon, souvent les prédictions que je faisais se réalisaient, alors c'était d'autant plus incroyable. Et donc là, ils m'ont proposé, ils m'ont fait connaître à une esthéticienne qui, elle, avait une grande clientèle. Et bon ben voilà, les femmes, ça parle et le bouche à oreille a très bien fonctionné. Et de fil en aiguille, comme ça, un peu comme vous avez dit, tout se présentait à moi. comme ça, naturellement. Ensuite, je rencontre une personne juste en face de chez moi qui a un restaurant et qui, elle, fait tirer les cartes tous les mardis soirs. Et voilà, elle me propose... Elle avait justement une place de libre le mardi soir et elle me propose d'aller tirer les cartes. Et là, ça y est, c'est la clientèle qui démarre. Comme vous l'avez dit au début, tu seras médecin pour guérir maman. Donc moi, je pense que je ne pense pas. J'ai quand même fait de la psychothérapie. Il y a eu un sentiment d'échec avec la mère. Donc voilà, l'envie de guérir s'est poursuivie. J'étais, je dirais même plus guérir, c'était l'envie de sauver des âmes. Donc sauver les âmes de leur malheur, de leur détresse, les aider à avoir... une espérance dans un avenir meilleur. Tout comme moi, je le faisais. Ce n'est pas anodin si je tirais les cartes. C'est une forme de maîtriser l'avenir. Pour finalement gérer l'anxiété face au vide de l'après. Quand on vit des drames comme ça, on a besoin de se rassurer sur l'avenir.
- Benjamin Coste
Donc, quand on nie l'enfer et pavé de bonnes intentions, là, on est en plein dedans.
- Nelly Gillant
On peut dire ça.
- Benjamin Coste
En permanence, vous cherchez de nouvelles techniques, vous cherchez de nouvelles pratiques. Et celle sur laquelle vous allez mettre la main à cet instant-là, à ce moment-là dans votre vie, c'est le Reiki. Est-ce que vous pouvez peut-être nous dire, nous expliquer comment ça marche et quel est, j'allais dire, le résultat attendu lorsqu'on vit une séance de Reiki avec un maître Reiki ? C'est comme ça qu'on dit. Oui.
- Nelly Gillant
Alors, je ne cherche pas tout de suite le Reiki. En fait, le Reiki, encore une fois, est venu à moi. Moi, je cherche à faire des études quand même. entre guillemets, un peu plus scientifique ou sérieuse que d'être la médium du coin. Donc moi, j'avais vraiment envie. Il faut savoir qu'à la base, je voulais être psychologue. J'ai abandonné les études de psychologie. Donc j'ai fait un diplôme d'hypnose thérapeutique. Et dans mon cours d'hypnose, il y a une femme, parce que bien évidemment, en hypnose, ça attire des gens qui sont un peu connectés avec plein de trucs spirituels. Et elle, elle me parle du Reiki. Et là, elle m'explique ce qu'est le Reiki, qui a été trouvé, inventé par un moine japonais. Et il a découvert cette énergie universelle et il a découvert que c'était une énergie qui était curative, qui pouvait guérir les gens psychologiquement, émotionnellement, physiquement, spirituellement et simplement par imposition des mains. Et bon, ça faisait écho à ce que le médium m'avait dit lorsque je suis allée dans un cabinet de médium lorsque j'avais 13 ans. Il m'avait dit « Bon ben toi, tu seras comme moi, tu auras un cabinet comme moi, tu tireras les cartes, puis tu guériras par tes mains » . Donc, j'avais pensé au prime abord que ce sera avec Maïkari, parce que c'était aussi une technique de guérison par les mains.
- Benjamin Coste
Donc, petite parenthèse, c'est la secte japonaise que vous avez rencontrée en Guadeloupe, dont on a parlé rapidement tout à l'heure.
- Nelly Gillant
Oui, c'est ça. Et au final, ça n'a pas été ça. Et donc là, le Reiki, je trouvais dans le Reiki quelque chose, parce que c'est présenté comme une énergie universelle d'amour. Donc, la manière dont c'est proposé, c'est très lumineux, c'est très beau, c'est très altruisme. Aucune raison de s'inquiéter. Aucune raison, aucune raison. Et il y a un bienfait immédiat et sur tous les niveaux. Donc, pourquoi ça serait mauvais ? Et donc, moi, ça a été un appel. un appel à la mission, en fait, parce que depuis que je suis toute petite, j'ai une âme missionnaire. Donc, ça a été pour moi vraiment cet appel à faire du bien aux gens. Et donc, quand j'ai découvert ça, la première initiation que j'ai faite, elle s'est faite bizarrement, avec un maître un peu étrange. Et là, je me suis dit, c'est bizarre ça, mais je me suis dit, c'est parce que je n'ai pas le bon maître, je n'ai pas trouvé le bon maître. Donc, je me suis dirigée vers quelqu'un d'autre. Et là, j'ai trouvé un maître absolument formidable. Et voilà, on m'a initiée à tous les niveaux. Parce que le premier niveau, en fait, c'est qu'on se guérit seulement soi-même. C'est-à-dire, la notion, c'est de se purifier soi-même pour prétendre purifier les autres. Donc, on a un symbole. On est initiée par un maître à chaque fois. On ne peut pas s'initier tout seul qui nous donne un symbole occulte. Et ce symbole, parce qu'on n'a pas le droit de les voir, on n'a pas le droit de les connaître à l'époque. Maintenant, ils sont tous divulgués sur Internet. Et donc, voilà, ce symbole rentre à l'intérieur de nous. Et ensuite de ça, il faut faire des soins. Il faut faire sur nous-mêmes pendant 21 jours de la purification. Et après, on peut passer au niveau 2, qui là encore, on a un autre symbole. Et là, ça permet d'être thérapeute Reiki, en fait. Le deuxième niveau de transmettre le Reiki aux gens.
- Benjamin Coste
Est-ce que vous avez été assez rapidement ? Ça a pris combien de temps pour atteindre ce niveau ?
- Nelly Gillant
Le premier niveau, ça peut être une fin de semaine. Le deuxième niveau, c'est une autre fin de semaine. Donc, en quatre fins de semaine, on peut être thérapeute reiki.
- Benjamin Coste
En quatre week-ends, alors, comme on dit en France.
- Nelly Gillant
Oui, c'est vrai, quatre week-ends.
- Benjamin Coste
Donc, vous êtes thérapeute, vous ajoutez, j'allais dire, une corde à votre arc. Ou alors, ça veut dire que le Reiki prend toute la place et que vous ne faites plus du tout à côté carte et autres ?
- Nelly Gillant
Non, non, non. Mais il prend une grande place, par exemple. Bon, voilà, je trouve ça formidable. Je trouve ça, donc je reste quand même pendant longtemps juste thérapeute Reiki, dans le sens où je ne m'initie pas tout de suite au niveau maître. Mais non, je continue les cartes. Parce que vous savez, le Reiki, à proprement parler, on impose les mains sur une personne sans forcément le toucher et on laisse l'énergie circuler. Il n'y a même pas besoin de parler. Mais moi, ce que je me rendais compte, c'est que souvent, les gens aimaient parce que moi, j'étais médium. Donc, je leur disais des choses qui se passaient que je pouvais retenir pendant une séance. Parce que, bon, il y en a. Après, je demandais, est-ce que vous voulez que je parle ? Est-ce que vous voulez que je me taise ? Donc, ça dépendait des gens. Mais moi, ce que je me suis rendu compte, c'est qu'ils aimaient le côté médiuminique.
- Benjamin Coste
Mais concrètement, Nelly, ça veut dire que les gens viennent vous voir, ils ont des maux particuliers, physiques, je ne sais pas, est-ce qu'ils ont mal au dos, mal à un bras ? Ils viennent vous voir pour être soignés et vous les soignez. Ils sont guéris ?
- Nelly Gillant
Oui, ça peut être des douleurs chroniques. ça peut être de la dépression, ça peut être de la fatigue, ça peut être des migraines, ça peut être une douleur plantaire, bon ben voilà toutes sortes.
- Benjamin Coste
Et ça une séance ?
- Nelly Gillant
Pas une séance, non ça dépendait en fait, c'est au cas par cas.
- Benjamin Coste
Comment vous le vivez vous ? Parce que je me dis quand on perçoit, quand on constate qu'on a ce don, parce qu'on impose des mains à quelqu'un, on obtient des guérisons, les gens s'en trouvent mieux. Comment est-ce qu'on fait pour ne pas prendre une forme de grosse tête, pour ne pas se prendre pour le bon Dieu ?
- Nelly Gillant
Premièrement, c'est une grande joie. C'est le fait de mission accomplie, sentiment accompli. Je suis véritablement dans ma mission de vie qui était d'aider les gens, de les libérer, de les guérir, de les délivrer, de voir le bienfait que ça fait aux gens. Souvent, j'ai dit, j'avais des femmes stériles qui enfantaient. Donc, c'est absolument formidable quand on voit des femmes qui, ça fait des années, qui essayent d'avoir recours à la médecine et qui, finalement, une séance d'hypnose ou avec du Reiki, ils arrivent à... Donc, comment on peut percevoir que c'est mal ? Comment on peut sortir de ça ? Donc, c'est extrêmement difficile. Mais souvent, je le dis, le diable, il n'arrive pas avec ses cornes et sa queue pour se dire... que ce n'est pas bien. Il arrive très, très subtilement. Il nous donne une belle clientèle, il nous donne des belles guérisons, il nous donne des beaux miracles. Voilà. Donc, comme ça, on ne voit pas.
- Benjamin Coste
Si finalement, le Reiki ou même d'autres pratiques permettent effectivement que les gens aillent mieux, quel est le problème ?
- Nelly Gillant
Oui, c'est ça. Quel est le problème ? Quel est le problème ? Tout le temps qu'on est de l'intérieur ou tout le temps qu'on est dans ce genre de... Dans Grenache, si je puis dire, avec des thérapeutes comme ça, on ne le verra jamais le problème. Jamais. Ça prend la puissance de l'Esprit-Saint qui nous réveille. Souvent, dans ces techniques-là, on veut l'illumination de la conscience. Ça, c'est très important. Or, l'illumination de la conscience ne se fait que par l'Esprit-Saint.
- Benjamin Coste
Là, vous vous placez du point de vue du thérapeute.
- Nelly Gillant
Oui.
- Benjamin Coste
Enfin, c'est votre point de vue. Oui. C'est de votre... Oui. Votre côté.
- Nelly Gillant
Oui, mais il faut qu'après, c'est au thérapeute à l'expliquer aux gens. En fait, c'est un réveil que j'ai eu. Et si l'Esprit Saint n'était pas venu me réveiller, je serais encore dedans à croire que c'est bon. Et c'est à la lumière de la parole. Parce que dans la Bible, il est écrit, de Théronome 18.10, c'est écrit, on ne peut pas faire ça.
- Benjamin Coste
Vous continuez, c'est une espèce de fuite en avant finalement dans laquelle vous êtes engagé. Vous le dites dans le livre encore une fois qu'il y a une forme d'insatisfaction. Même le Reiki avec tous les résultats obtenus, ça ne vous comble pas encore complètement. Vous cherchez toujours à acquérir encore de nouvelles techniques. Alors vous en mentionnez tout un tas dans le livre, c'est assez surprenant. Vous parlez par exemple du Kriya Yoga, je prononce bien, je ne suis pas sûr.
- Nelly Gillant
Kriya Yoga de Babaji, oui.
- Benjamin Coste
Et vous dites, vous expliquez qu'avec ces techniques-là, on est capable de faire tomber la pluie.
- Nelly Gillant
On ne joue plus à la petite sorcière ou on ne joue plus au bien. Là, on veut devenir maître des éléments. En fait, on est Dieu. Dans ces techniques-là, dans ces philosophies-là, on est Dieu créateur. Donc, c'est pour retrouver sa nature divine et s'unir avec le divin. Donc, à partir du moment où on est Dieu, on peut bouger les éléments. On peut tout faire. Donc, ce n'est pas présenté comme quelque chose de méchant. C'est juste notre nature divine qui est réveillée. Alors, à priori, il n'y a rien de grave. Sauf que quand même, même les yogis expérimentés en Inde, ils disent aux Occidentaux, faites attention au Kriya Yoga, parce que si tu n'es pas suffisamment initié ou si tu ne maîtrises pas assez les énergies, c'est très dangereux. Il y en a qui ressortent psychologiquement. logiquement extrêmement altérés, qui ne reviennent pas du Kriya Yoga.
- Benjamin Coste
Il y a un autre épisode que vous citez dans le livre qui va vous ouvrir les yeux, peut-être sur ce que vous êtes en train de vivre, de construire. C'est cet épisode où vous êtes devenue maman. Entre-temps, il y a un épisode assez marquant pour vous avec votre fille Abigail. Vous nous racontez ?
- Nelly Gillant
Alors en fait, ce qui se passe avec ces philosophies orientales, ce Kriya Yoga de Babaji, etc., c'est qu'il y a une désincarnation. C'est très important. En fait, le corps est un empêchement un peu à notre divin. Et plus je m'enfonçais dans ces techniques et plus mon incarnation, plus ma vie terrestre était souffrante. Donc, mon rôle d'épouse, mon rôle de mère, de faire le ménage, de la vie normale. La vie ordinaire était souffrante, était pénible. Et voilà, l'éducation de ma fille est un jour un événement banal. là dans On est dans un parc, elle a envie d'aller aux toilettes, elle ne revient pas tout de suite. Je la sors des toilettes et je me mets à lui crier dessus, front contre front. C'est violent. Là, je vois qu'il y a quelque chose en moi qui ne va pas bien. Je vois qu'il y a une perte d'identité. Ça ne marche pas, je ne suis plus la même.
- Benjamin Coste
Vous faites le lien avec tout ce que vous vivez le reste du temps dans vos pratiques occultes ?
- Nelly Gillant
Là, ça a été vraiment violent. Et là, je me dis mais non, mais il y a quelque chose qui ne va pas bien. Ce n'est pas normal de réagir comme ça. Donc, je sentais en fait qu'il y a eu plusieurs petites choses comme ça. Et mon mari aussi qui me dit une phrase, si tu pouvais être aussi gentil avec nous que tu l'es avec tes patients. Donc, je voyais vraiment qu'il y avait un décalage entre ce que je pensais faire, ce que je voulais faire et ce qui était réellement.
- Benjamin Coste
Et alors, c'est le moment que finalement, le Seigneur choisit pour revenir peut-être frapper un peu à... À la porte de votre conscience, parce qu'on vous propose de participer à un groupe d'études bibliques. Et vous y entendez cette phrase de l'épître à Timothée qui vient vous percuter, qui dit, je cite, « Jésus est le seul et unique médiateur entre Dieu et les hommes » . Vous pensez vraiment être en dialogue avec Dieu ?
- Nelly Gillant
Oui, tout le temps.
- Benjamin Coste
Qu'est-ce que vient faire bouger cette phrase en vous ?
- Nelly Gillant
Ma quête. c'est une quête de vérité, c'est une quête d'union avec Dieu. Parce que oui, je lui parle, mais je ne me sens pas... Vous savez, cette fameuse union qu'on nous vend dans toutes les religions orientales ou toutes sortes de techniques, je ne l'atteins pas, je ne la trouve pas. Et je me dis, je ne sais pas, Bouddha, il nous promet le Nivadana, moi, j'ai tout essayé, je ne le trouve pas. Enfin, à chaque fois, c'était ça. Et donc là, j'ai supplié Dieu de me donner sa grâce de vraiment atteindre ça, cet état-là. Et donc, je vais de déconvenu en déconvenu et j'ai une révélation à travers la Bible qui me dit que c'est le seul médiateur. Donc, ce qui signifie que pour accéder à ce Père et à ce divin et à ce Dieu que je cherche, je dois absolument passer par Jésus. Ce n'est pas une option. C'est le seul médiateur.
- Benjamin Coste
Mais qu'est-ce qui fait que vous y apportez du crédit à cette phrase ?
- Nelly Gillant
Je n'y apporte pas de crédit, moi. Moi, je ne veux pas que ce soit le médiateur, mais pas du tout. Moi, pour moi, au contraire, je suis en réaction totale. j'ai dit moins Ça fait des années que je parle avec Dieu directement. Jésus, je l'aime bien, il est sympa, mais non, je ne passerai pas absolument par lui. Mais cette phrase, pendant toute une journée, reste dans ma tête dans la soirée. Et là, je n'en peux plus. Au bout d'un moment, j'ai dit, mais il me faut une réponse parce que je ne suis pas quelqu'un de super patient. Donc, je veux une réponse. Et là, je pleure, je me mets à genoux et je dis, mon Dieu, si tu veux vraiment que je passe par Jésus, dis-le-moi. Et si c'est ça, je vais le suivre. Je ne sais pas comment, mais je vais t'obéir, puis je vais le faire. Et c'est là qu'à 3h du matin, j'entends cette voix. Je suis réveillée, les yeux grands ouverts, et j'entends cette voix qui me dit, Jésus est le seul médiateur. C'est le seul et l'unique. C'est mon fils bien-aimé. Et convertis-toi. C'est une phrase qui me percute parce que, vous savez, on me dit, oui, mais comment tu sais que c'était la voix de Dieu ? Mais parce qu'il n'y a pas d'équivoque. possible. La voix de Dieu, c'est dit dans la Bible. Ils reconnaîtront ma voix. Et là, c'est une voix qui me tranche la vérité, qui va contraire à mes convictions, à ce que je voulais. Mais j'étais libre. J'étais libre de la choisir. Et je me suis mise à genoux, j'ai pleuré et j'ai accepté Jésus comme ça. Mais je ne voulais pas. Je voulais ouvrir mon centre de Reiki. Mais voilà, c'était comme le Père me disait, tu me cherches. Voilà ma vérité, voilà ma réponse et fais-en ce que tu en veux.
- Benjamin Coste
Vous êtes aujourd'hui catholique, Nelly, et encore une fois, je renvoie à votre livre pour connaître toutes les étapes de vos cheminements qui ne nous ne pouvons pas toutes évoquer ici. Mais j'aimerais que vous nous racontiez cette prière, peut-être de délivrance, que vous avez demandé et reçue. Alors, pas dans l'église catholique à l'époque, mais dans une église baptiste, parce qu'il s'y passe aussi des choses fortes et qui peut-être vous font prendre conscience de tout ce qui vous habite, tout ce qui a été accumulé durant ces années dans le spiritisme.
- Nelly Gillant
Alors, ce n'était pas une église baptiste parce que les baptistes, eux, ne croient plus au charisme. C'était des pentecôtistes évangéliques africains qui, eux, sont quand même très forts dans la délivrance. En fait, encore une fois, moi, j'ai fait mon cheminement chez les protestants au début parce que c'était les personnes qui étaient plus proches de moi qui étaient aptes à me parler du Christ. Et au bout d'un moment, j'essaye de marchander avec le Christ. c'est à dire que j'essaye de continuer de guérir tout en gardant ma pratique. Bon, bref. Et là, j'entends en moi délivrance, délivrance, délivrance. Donc, j'ai compris que j'avais besoin de prière de délivrance et effectivement, je m'en vais dans cette église et qui là commence à me dire « Est-ce que tu es prête à renoncer à tout pour suivre Jésus ? » Parce que j'avais fait une prière en disant « Écoute Seigneur, je sais que tu m'appelles à renoncer à tout, mais j'en suis incapable. » Parce que il fallait savoir que c'était mon gagne-pain, C'était ma mission de vie. tout pour moi. Donc, je savais que Dieu me demandait de trancher puisque c'est contraire à sa parole. Donc, je ne peux pas négocier. C'est contraire. C'est où tu me suis et tu renonces ou tu continues, mais tu ne peux pas marcher avec les deux. Et donc, voilà, c'est là que j'ai compris qu'il fallait que je tranche. J'ai dit, Seigneur, j'en suis incapable. Et donc, voilà, il m'a amenée vers cette église où j'ai subi trois heures de délivrance assez intense.
- Benjamin Coste
Et là, ça ressemble presque à un exorcisme.
- Nelly Gillant
Oui, chez les protestants, on n'appelle pas ça comme ça. Mais oui, ce qu'on voit dans les films, bon, c'est un peu édulcoré à la mode hollywoodienne, mais le fond est vrai. Donc, c'est-à-dire qu'il y a des entités, des esprits qui sont là, qui avaient pris possession de ma volonté et de ma personne. Et si bien que ça prenait vraiment le Christ. Ça prend un sauveur, ça prend pour l'autorité, pour sortir ces entités de moi.
- Benjamin Coste
Pour vous, à ce moment-là, forcément c'est un choc, mais c'est une prise de conscience de tout ce qui vous habite ?
- Nelly Gillant
Oui, totalement. Vous n'avez pas conscience auparavant. Pourtant, ce qui est complètement paradoxal, c'est que quand je travaillais, je délivrais soi-disant les gens des entités. Donc je sais que c'était possible, mais pour moi, étant donné que j'étais dans la vérité, moi je n'en suis pas. Mais voilà, là, ça prend tout son sens et je vois complètement que je suis infestée, envahie de ça. Et quand il prononce des paroles, Nelly est incapable de passer par-dessus ces êtres qui vocifèrent des jurons, des trucs affreux. Et quand moi, je reprends possession de moi, je supplie de me délivrer.
- Benjamin Coste
Je me souviens aussi qu'en préparant l'entretien, vous m'avez dit avoir mis plusieurs années pour vous remettre justement de vos années d'occultisme, dans l'occultisme. Et il y a un point que je trouve particulièrement intéressant et que j'aimerais bien qu'on puisse aborder quelques minutes. C'est le poids de la culpabilité que vous avez longtemps portée à l'encontre de toutes les personnes que vous avez soignées. Quelle était cette culpabilité ? De quelle manière vous vous en êtes libérée ?
- Nelly Gillant
Le Christ, il vient mettre en lumière notre vie. Donc, premièrement, il m'a mis en lumière sur ma propre vie. Il m'a montré que je n'étais pas dans la vérité. Et en fait, il m'a montré une vision, c'est que c'est un aveugle qui conduit des aveugles. Donc, en fait, ces enfants, ou les créatures de Dieu, ont été par moi-même envoyés dans le ravin. Et donc, je voyais toutes ces âmes que, malgré moi, je les ai envoyées. Je les ai envoyées dans le ravin. Donc, bien sûr que je n'étais pas consciente. Bien sûr que j'étais ignorante. Je ne le voulais pas. Mais n'empêche que le mal est fait. Donc, ça fait mal. Alors, ça prend une repentance. Ça prend un cœur meurtri. Ça prend... Parce que... Voilà, je me suis rendue compte que j'ai fait du mal aux enfants de Dieu. Et ma délivrance, en fait, ça a été ma confession. Parce que tout le temps que je n'avais pas la confession, je n'arrivais pas à me pardonner.
- Benjamin Coste
C'est lorsque vous avez retrouvé le chemin de ce sacrement, enfin vous l'avez peut-être fréquenté pour la première fois, que vous avez pu déposer tout ça et en être libérée.
- Nelly Gillant
Oui.
- Benjamin Coste
Parce que Nelly, moi je me pose cette question, je me dis que peut-être parmi nos auditeurs, il y a des personnes qui peut-être... ont pratiqué le Reiki ou alors qui ont tiré les cartes ou qui ont eu maille à partir avec ces pratiques-là. Si vous-même, vous avez eu besoin d'être délivré, si vous avez eu besoin de cette délivrance, est-ce que ça veut dire que les personnes qui sollicitent un « professionnel » de ces pratiques doivent aussi peut-être réfléchir à aller voir un prêtre, demander quelque chose, l'assistance de l'Église ?
- Nelly Gillant
Oui. parce que, alors pas forcément des délivrances comme j'ai vécu. Moi, je suis allée très loin. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'aller chez un voyant, simplement, sans être soi-même thérapeute, mais aller chez un voyant ou pratiquer tous ces genres de choses, c'est contraire au commandement de Dieu. Tu adoreras ton Dieu seul. Donc, tout ça, c'est contraire à la parole. C'est une violation d'un commandement de Dieu. Et à partir du moment où on viole un commandement de Dieu, il faut avoir recours au sacrement de la réconciliation puisqu'on n'est plus en état de grâce.
- Benjamin Coste
Mais est-ce qu'il y a un risque d'infestation ?
- Nelly Gillant
Oui, parce qu'on donne le droit d'entrer à l'ennemi. Donc, forcément, après, ça va être plus ou moins subtil. Mais oui, bien sûr qu'il y a un risque d'infestation.
- Benjamin Coste
Est-ce que ce n'est pas un peu... perturbant ? Est-ce que ça ne vous a pas perturbé au début de votre conversion de finalement servir un dieu qui semblait peut-être finalement moins puissant, moins agissant que ces esprits qu'on invoque ?
- Nelly Gillant
Mais oui, ça a été extrêmement perturbant parce que, et puis d'ailleurs les chrétiens eux-mêmes à l'époque de Jésus, avoir un dieu crucifié, c'est complètement aberrant. Ce qui a été très difficile, c'est d'accueillir l'incarnation. Parce que pour moi, le Dieu était vaporeux, il n'était pas du tout incarné dans un corps de chair. Et savoir qu'en plus de ça, Jésus avait des émotions humaines. Donc cette humanité de Jésus a été extrêmement difficile pour moi à comprendre et à accueillir. Parce que justement, cette faiblesse humaine, je ne comprenais pas ça.
- Benjamin Coste
Alors en dehors du vôtre, bien sûr, mais quel livre vous nous conseilleriez de lire pour apporter peut-être un autre regard, un regard complémentaire sur votre expérience ?
- Nelly Gillant
Moi, le livre qui m'a touchée au début de ma conversion, parce que c'était très difficile d'accueillir Jésus comme le seul, comme étant Dieu. Donc, moi, ça a été Jésus et les autres divinités de Ravi Zacharias. Donc là, qui montre vraiment, c'était un hindou en plus, donc c'était super. Et donc, ça montrait vraiment que Christ est Dieu et la vérité du christianisme.
- Benjamin Coste
et Enfin Nelly, est-ce que vous pouvez nous partager votre prière préférée ? Et est-ce que je peux vous demander de nous la lire ?
- Nelly Gillant
Alors ça a été extrêmement difficile pour moi de trouver une prière parce que l'Église regorge de prières plus belles les unes que les autres. Premièrement, la prière que j'aime le plus et que je récite tous les jours, c'est mon chapelet. Donc ça, c'est indéniable. Je conseille et je recommande le chapelet à tout le monde parce qu'avec Marie, la croissance spirituelle est absolument incroyable. Et il y a la prière à Saint-Michel-Archange que j'aime beaucoup, qui nous défend du combat. Mais vraiment, celle qui m'a beaucoup touchée au début de ma conversion, c'est le Kyrie de Saint-François-Xavier. Pardonne-moi Seigneur, j'ai renié ton nom. Pardonne-moi Seigneur, j'ai quitté ta maison. J'ai voulu posséder sans attendre ton don. Pardonne-moi et purifie mon cœur. Kyrie eleison, Kyrie eleison. Pardonne-moi Seigneur, j'ai suivi d'autres dieux. Pardonne-moi Seigneur, j'ai détourné les yeux. J'ai choisi loin de toi la richesse et l'honneur. Pardonne-moi et purifie mon cœur. Christe eleison, Christe eleison. Pardonne-moi Seigneur, je n'ai pas su aimer. Pardonne-moi Seigneur, je me suis dérobée. Je ne suis pas resté le gardien de mon frère. Pardonne-moi et purifie mon cœur. Kyrie Eleison, Kyrie Eleison.
- Benjamin Coste
Vraiment, dernière question Nelly, mais je vous demande un petit effort d'imagination. Nous sommes dans ce studio. Si, à ma droite, à votre gauche, le Christ apparaissait là, tout de suite, qu'est-ce que vous aimeriez lui dire ? Qu'est-ce que vous aimeriez lui demander ?
- Nelly Gillant
Je lui dirais merci, je t'aime et j'ai hâte de vivre avec toi pour l'éternité.
- Benjamin Coste
Eh bien, un grand merci, Nelly, d'être venue jusqu'à nous, nous raconter votre passionnante histoire. J'ai envie de dire votre résurrection au micro d'un beau jour. Et je vous souhaite un bon retour dans la belle province.
- Nelly Gillant
Merci beaucoup.
- Benjamin Coste
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