- Anne-Geneviève Montagne
Et le soir, je vais me coucher et là, je sens que je vais passer toute la nuit à me dire « mariée, consacrée, mariée, consacrée... », à me retourner dans mon lit. Et là, je dis « ah non, j'en ai marre ». Et donc, je dis au Seigneur « écoute, moi, je dors, toi, t'as qu'à dénouer le truc » . Et je me couche, voilà, et je dors. Et le matin, j'arrive à la chapelle et là, le prêtre dit « Jésus, toi que nous aimons plus que tout ». Et là, je me dis « bah oui, c'est vrai, en tout cas, c'est ce que je dis, que j'aime Jésus plus que tout ». Bon, en fait, il me demande un truc. Est-ce que je ne peux pas dire oui ? Et en fait, là, je dis oui. Et ensuite, ça me semble une évidence.
- Marie
Bonjour, je m'appelle Marie et vous écoutez Un beau jour, le podcast de Famille chrétienne qui donne la parole à des croyants dont la vie et la foi ont été changées à jamais par un événement imprévu. Et dans cet épisode, je reçois Anne Geneviève Montagne, la directrice d'Anuncio, un mouvement d'évangélisation, et vierge consacrée pour le diocèse de Paris, ne s'imaginait pas du tout à l'origine consacrée à la mission et à Dieu. Non, elle, elle s'imaginait en mère de famille nombreuse et avocate en droit fiscal international. Alors comment réagit-on quand l'appel du Seigneur vous tombe dessus un beau jour ? Qu'est-ce que cela transforme et vient révéler en vous ? C'est ce qu'Anne-Geneviève Montagne va nous raconter. Bonjour Anne Geneviève.
- Anne-Geneviève Montagne
Bonjour Marie.
- Marie
Alors, dites-moi quel objet symbolique de votre histoire vous avez apporté, s'il vous plaît?
- Anne-Geneviève Montagne
Eh bien, j'ai apporté une Bible. On peut se dire, bon, c'est pas très original. Mais en fait, il y a quand même une histoire. C'est qu'un jour, je venais ici, dans ces mêmes locaux, chez Mame, pour signer un contrat d'édition pour le jeu de spi dating, un jeu qui a été créé par Annuncio pour faciliter les rencontres. Et l'éditrice m'a dit, je vais vous faire un petit cadeau. Et je me suis dit, chic, elle va m'offrir un petit livre pieux. J'aime beaucoup les petits livres pieux. Et en fait, elle m'a offert une Bible. Et intérieurement, ma première réaction, c'était de me dire, bon, je ne peux pas lui dire non, mais enfin, moi, j'ai déjà dix bibles à la maison, des bibles pour faire du journaling, des bibles d'études, des bibles en anglais, bref. Toutes les traductions. Toutes les traductions, voilà. Donc, j'ai reçu le cadeau. Et puis, en fait, en repartant, je me suis dit, mais t'es nulle de réagir comme ça. En fait, on ne peut pas te faire de plus beaux cadeaux que la parole de Dieu. Et comme je suis convaincue que le Seigneur nous parle dans les événements, je me suis dit, en fait, Dieu est en train de me dire quelque chose. Et donc j'ai pris le Seigneur et je lui ai dit, mais en fait, tu es en train de me dire que je ne t'écoute pas assez, que je ne te laisse pas assez de place pour ta parole. Et donc dans le RER, j'ai ouvert la Bible avec la conviction que le Seigneur allait me parler. Et c'est ce qu'il a fait. Je suis tombée sur les chapitres 61 et 62 d'Isaïe. Et c'était vraiment, en fait, une déclaration du Seigneur de mon identité, en fait, de ce que j'étais. C'est à la fois pour l'amour de Sion, je ne me tairai pas, donc tout l'aspect missionnaire, le fait qu'on est appelé à... annoncer le message du salut à toutes les nations. Et puis, c'est aussi une déclaration d'amour où le Seigneur dit, tu ne seras plus délaissé, on t'appellera à ma préférence. Voilà, en fait, les épousailles de Dieu avec Israël, avec l'humanité, avec moi. Et donc, c'était une sorte de confirmation. Donc, c'était quelques mois ou peut-être un an ou deux avant ma consécration. Et c'était, en fait, une confirmation très forte de ma double vocation, ma vocation d'état de vie. être l'épouse du Christ et ma vocation de manière de refléter le visage du Christ, qui était la mission.
- Marie
Alors on va revenir dessus, parce que quand même à l'origine, c'était pas si évident. Pour remettre les choses dans leur contexte, dites-nous un peu dans quelle famille vous avez été élevée, quelle éducation vous avez reçue ?
- Anne-Geneviève Montagne
Alors j'ai grandi dans une famille dont je considère qu'elle a été une bénédiction pour moi, enfin que c'était un cadeau du Seigneur. J'ai des parents qui sont très croyants, qui sont liés à l'Institut Notre-Dame-de-Vie, et donc pour qui la vie de prière, la prière contemplative, est au centre de leur vie. Donc ils font une heure d'oraison tous les matins. Ah oui ? Oui, oui, oui. Donc j'ai grandi quand même avec la conviction que rien n'était plus important que Dieu pour mes parents. Voilà, vraiment. Mais c'est une famille où on est sept enfants. Et c'est vrai que moi, c'est un modèle qui m'inspirait. Donc, j'ai grandi plutôt avec le désir de me marier et d'avoir des enfants.
- Marie
Oui, c'est ça. Parce qu'après le bac, vous avez décidé de vous lancer dans des études de droit, le droit fiscal international, même si je ne me trompe pas. Quels étaient vos plans de carrière et de vie ? Vous vous imaginiez comment ?
- Anne-Geneviève Montagne
Alors, je ne peux pas vraiment dire que j'avais non plus des plans de carrière dans le sens où j'ai... J'avais un certain plaisir d'une réussite, mais je n'avais pas non plus des ambitions. Par exemple, je n'étais pas très motivée par l'argent, de me dire que j'allais gagner plein d'argent. J'avais plutôt envie de faire le mieux dont j'étais capable. Et puis, petit à petit, j'ai fait des études de droit. J'avais l'impression que j'étais contente de faire ça. Puis je me suis dit, tiens, le droit fiscal, ça m'intéresse. C'était plus des intérêts pour la matière. Et un certain plaisir intellectuel de manier les choses, plus que vraiment une motivation pour ce métier-là en particulier.
- Marie
Et mère de famille, du coup, c'est ce que vous disiez, votre famille vous inspirait et vous aviez envie de reproduire un peu ce schéma si heureux que vous aviez connu ?
- Anne-Geneviève Montagne
Oui, c'est ça. J'avais envie d'une belle histoire d'amour, on va dire. Je me souviens, je pense que j'avais 18 ans et j'ai dit à maman, mais maman... quand est-ce que je vais rencontrer mon mari ? » Et elle m'avait dit « Ah bah ma pauvre chérie, c'est vrai que t'attends déjà depuis longtemps. » Et je lui ai dit « Mais oui, depuis que j'ai 10 ans ! » Enfin, j'étais... J'avais le désir de ça, quoi.
- Marie
Pas de vocation religieuse.
- Anne-Geneviève Montagne
Eh ben... Il y a beaucoup de gens qui reçoivent une consécration, qui disent que petits ont le souvenir d'avoir eu un appel, etc. Moi, je ne peux pas dire qu'il y avait ça, mais en même temps, j'étais dans une famille où il y a beaucoup de consacrés, et donc c'était complètement ouvert. C'est-à-dire que c'était complètement une option, et donc la question était présente. C'est-à-dire que je savais comme une évidence qu'il y avait les deux voies qui étaient ouvertes pour moi, et que c'était possible que le Seigneur m'appelle. Et donc, il y avait... Et je n'étais pas... Je n'étais pas fermée non plus à ça, dans le sens où je ne me disais pas jamais. Mais ça me faisait un peu peur. Je me disais que c'était une option. En tout cas, ce n'était pas celle dans laquelle je m'imaginais. Si je me projetais et que je rêvais, je ne me rêvais pas. Il y avait des petits moments où je me disais, parce que je connaissais les vies des saintes, et qu'il y a beaucoup de saintes qui sont quand même des religieuses. C'est vrai que je m'imaginais dans un Carmel de temps en temps. Mais ce n'était pas vraiment ça. L'objet de mes rêveries, on va dire.
- Marie
Et puis arrive cet été 2011, c'est l'année de vos 23 ans, je crois, ou 24 ?
- Anne-Geneviève Montagne
Ouais, entre 23 et 24.
- Marie
Vous vous rendez au festival Annunzio, lancé cette année-là à Lourdes. Annunzio, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un mouvement d'évangélisation de rue et de mission. Vous étiez dans quel état d'esprit alors ? Pourquoi vous vous rendez là-bas ?
- Anne-Geneviève Montagne
Alors, je me souviens... d'être en vacances avant et de me dire un peu, bon, là, ma vie spirituelle, c'est un marasme. Enfin, en gros, je sentais que je n'étais pas très motivée, je ne faisais pas beaucoup d'efforts pour être fidèle à la prière. Voilà, ce n'était pas la catastrophe, mais c'était un peu naze, quoi. Et je me souviens de dire au Seigneur, bon, là, moi, je n'ai pas trop le courage de lutter et de faire des efforts. Mais écoute, là, il y a les GMJ qui arrivent. Tu n'auras qu'à mettre le paquet et moi aussi. Voilà. Et donc, j'arrive en fait à Lourdes. où j'étais venue au Festival Annunzio, surtout par amitié. J'avais deux très bonnes amies qui s'étaient engagées pendant un an à Madrid pour préparer ce Festival Annunzio. Et donc, je sentais qu'elles avaient vécu quelque chose de fort, qu'ils construisaient ce qu'elles devenaient. Et en fait, je n'avais pas envie de passer à côté de ça. Donc, je me suis dit, il faut que je vive cette aventure pour qu'on soit au diapason un petit peu. Et puis, en fait, le Seigneur m'attendait clairement.
- Marie
qu'est-ce qui se passe alors ?
- Anne-Geneviève Montagne
j'arrive à Lourdes et je ne comprends pas ce qui m'arrive en fait c'est un mouvement charismatique il y avait de la prière de louange et dès que la louange commençait je pleurais j'ai pleuré pendant 3 jours quasiment c'est à dire que dès qu'on se mettait à prier je pleurais mais je n'étais pas triste je pleurais c'était comme si j'étais lavée et puis euh Je vis une confession profonde, je pense, où je vais vraiment dans la vérité de mon être. Et je me souviens qu'à l'époque, mon grand sujet, c'était la question de la fidélité au Seigneur, un peu dans ma vie quotidienne. Et le prêtre me fait tirer une petite parole à la fin de la confession. Et c'était une phrase du livre de Toby qui dit « Mon enfant soit tous les jours fidèle au Seigneur » . Donc là, le Seigneur me parle. Et puis... il y a une veillée dans les festivals annoncieux, une veillée où on demande au Saint-Esprit de venir parce qu'en fait, c'est impossible de faire de la mission si ce n'est pas le Saint-Esprit qui prend les choses en main. Et donc, il y avait des binômes de priants qui priaient pour nous. Et donc, moi, il y a un binôme qui mettait la main sur le cœur si on était prêt à recevoir la prière. Et donc, il y a un binôme qui arrive, qui met les mains sur mes épaules et qui commence à prier en disant « Seigneur, viens, prends toute ta vie, embrase-la, etc. » Et moi, je suis comme... douché de l'intérieur, je suis saisie d'un feu, d'une conviction totale de l'amour de Dieu, complètement gratuit pour moi. Je suis vraiment visitée jusqu'au fond de mon être. Aujourd'hui, je peux dire que je suis épousée. Et en fait, je ne connaissais pas forcément les mots effusion du Saint-Esprit, etc. Mais en fait, c'est ce que j'ai vécu à ce moment-là. Et je le dis pas seulement parce que j'ai senti quelque chose, mais je le dis parce que Cet événement a été un tournant dans ma vie et que tout a changé à partir de là. En fait, ce n'est pas tout a changé à cet instant-là, mais en fait, ça a été le commencement d'une vie nouvelle.
- Marie
Qu'est-ce qui a été changé du coup ? Qu'est-ce qui s'est passé du coup après ?
- Anne-Geneviève Montagne
Alors, dans les jours qui ont suivi, en fait, je pense que cette... Cette expérience de l'amour de Dieu et cette conviction profonde que ça avait installée en moi, c'était tellement fort que c'était visible. Notamment, je sais que mes parents, quand je les ai vus à Madrid, ils m'ont dit « qu'est-ce qui s'est passé ? » . Il y avait quelque chose de quasiment physique, j'imagine d'un apaisement, de quelque chose de nouveau. Et en fait, dans les jours qui ont suivi, je me retrouve dans une ville de mission à Cordoue, en Espagne. Je ne parlais pas un mot d'espagnol.
- Marie
Et pourquoi vous étiez en Espagne ?
- Anne-Geneviève Montagne
Parce qu'on allait en route vers les GMJ de Madrid. Donc en fait, il y avait eu les trois jours de lancement à Lourdes. Ensuite, on partait, on était dispatchés en fait par petits groupes de 20 pour aller faire de la mission. Donc il y avait deux villes en France, puis une dizaine de villes en Espagne. Et après, on allait jusqu'à Madrid où il y avait les GMJ.
- Marie
Ok, d'accord. Et donc vous vous évangélisez en Espagne sans parler espagnol.
- Anne-Geneviève Montagne
Mais du coup, tout à fait concept. Et en fait... il s'est passé que, bon, le Seigneur, je pense que je ne suis pas très docile, le Seigneur m'a parlé très fort. Il s'est passé successivement plusieurs choses. La première chose, c'est que le premier soir de mission, moi, on me dit, toi, Geneviève, tu vas rester à l'intercession pour prier dans l'église pendant que les binômes partent en mission. Et du coup, normalement, tous les binômes s'avancent deux par deux pour se faire bénir par le Saint-Sacrement. Et donc, moi, parce que je revenais et qu'on était trois à rester pour l'intercession, Je m'avance toute seule. Et là, le prêtre, en me bénissant, dit « Jésus vous aime et il veut faire de vous une missionnaire. » Et moi, cette phrase me transperce le cœur. Je me dis « mais Dieu vient de me dire mon identité. » En gros, j'éprouve la vérité de cette parole, que ce n'est pas juste une parole qu'on dit à des gens qui partagent. Oui,
- Marie
c'est ce que je me dis. Vous pouvez dire ça à n'importe qui.
- Anne-Geneviève Montagne
Je pense qu'il l'a peut-être dit à 50 autres qui se sont dit « oui, d'accord, ok. » Et moi, il y a une espèce de résonance de cet amour que je viens d'éprouver. pour moi, en fait, c'est ça que je suis amenée à propager. Sachant que je pouvais peut-être avoir, au début, quand je suis venue au festival, une notion plutôt que je venais annoncer la vérité, je venais expliquer aux gens, en gros, que la vie, ils n'avaient pas compris ce que c'était. Et en fait, du coup, là, il y a un shift, en fait, de dire, mais non, en fait, tu es aimée et tu vas propager cet amour. Donc ça, c'est la première... Et puis, à partir de là, du coup, l'oraison, enfin, quand je prie, je réalise que les paroles de saints, tout ce qui me... Ce qui résonne en moi, c'est vraiment cet appel à la mission. Donc voilà, il y a vraiment une découverte profonde d'une identité, d'une première vocation qui n'est pas une vocation d'état de vie, mais qui est le visage du Christ que je me sens appelée à refléter. C'est Jésus-Parole, Jésus qui vient à notre rencontre pour nous dire l'amour du Père. Et donc j'éprouve vraiment que c'est ça ma vocation particulière, on va dire. Voilà, ma mission de vie. De faire résonner la parole de Dieu pour que tous se sentent aimés de lui. Et puis, quelques jours après, ou peut-être le même jour, je ne sais plus. Non, le lendemain peut-être, je ne sais plus. Eh bien, il y a une consacrée de la communauté Chalom qui va venir me voir et me dire Anne Geneviève, je t'ai observée et je pense qu'une vocation comme la mienne te rendrait très heureuse. Ah oui. Aïe ! donc là moi je lui dis non mais moi j'ai un pacte spirituel et en fait je pense que je vais me marier et elle me dit ah mais si tu te maries tu rendras un homme très heureux mais peut-être que le Seigneur veut rendre plus de monde heureux à travers toi donc là, choc quand même je sais, souvent quand je donne mon témoignage les gens sont très choqués, disent mais qu'est-ce que c'est que cette parole etc, mais en fait elle m'a pas dit le Seigneur t'appelle à ça elle m'a dit Je crois qu'une vocation comme la mienne te rendrait très heureuse. Si quelqu'un nous disait, peut-être que prof de maths, tu serais très content. On ne se dirait pas, quelle horrible intrusion. Alors là, évidemment, on touche à quelque chose de très intime. Mais en tout cas, moi, aujourd'hui, je crois vraiment que le Seigneur est passé par elle parce que je pense que j'avais besoin d'un choc pour que la question s'ouvre. Parce que sinon, j'étais enfermée dans mon propre plan. Et puis, dans la même journée, il y a un séminariste qui m'a dit... ton visage rayonne comme celui de Moïse descendu du Tinaï, songerais-tu à te consacrer ? En tout cas, c'était un peu violent, mais disons qu'en tout cas, je ne pouvais pas ne pas me poser la question à partir de là.
- Marie
Trois signes hyper forts reçus en deux jours.
- Anne-Geneviève Montagne
Oui, même quatre avec les fusions. Donc oui, on peut dire que j'ai pris des grosses claques. pendant ce festival.
- Marie
Trop choc. Comment vous réagissez du coup à ça ? Eh bien, je dirais en deux temps.
- Anne-Geneviève Montagne
Je ne me souviens pas d'avoir été dans la joie, mais je me souviens d'être revenue dans la joie et je me souviens d'être revenue dans la joie et je me souviens d'être revenue dans la joie et de m'être confessée, et que le prêtre à qui je me suis confessée m'ait dit « Ne perdez pas la joie de l'appel » . Et comme je me souviens de cette phrase, j'imagine qu'à ce moment-là, j'avais exprimé de la joie d'avoir été choisie, d'avoir été appelée. Mais peu de temps après, je pars en vacances avec des amis, et je perds complètement la joie de l'appel. C'est-à-dire qu'en fait, je me dis « Non, moi j'ai envie de me marier » . Et à partir de là, je rentre dans une phase où je suis habitée par la conviction que je suis appelée à être consacrée. et que ça ne me convient pas du tout. Et donc, une espèce de révolte, où je me sens bloquée, en fait, parce que Dieu est trop important pour moi, je ne peux pas faire autre chose que sa volonté. Et en même temps, je vis cette volonté comme une contrainte, comme une violation de ma liberté. Et donc, je me souviens vraiment de pleurer beaucoup. de dire à mes parents mais je vous en veux d'être catholique si je n'étais pas catholique je ne me poserais pas ces questions de me dire mais j'ai été marquée au fer rouge avant ma naissance et de me dire mais en fait même d'avoir presque un rejet de cette vie de me dire mais si c'est ça je vais me suicider une espèce de violence de rejet du plan de Dieu tout en étant en fait pas vrai vous me direz Penser à la mort, c'est une manière de rejeter la volonté de Dieu. Mais en même temps, peut-être que d'autres se seraient dit, je sors avec tous les garçons. Et moi, ça, c'était impossible. Je ne pouvais pas. Ce n'était pas possible.
- Marie
C'est vrai qu'on se pose la question quand Dieu nous appelle. Quelle est notre liberté ? Il y a comme une prédestination. C'est vrai que cette religieuse là, qui est féminariste, on se dit, mais quelle est ma liberté face à cela ? Comment vous avez résolu cette contradiction ? apparente entre appel de Dieu et puis liberté ?
- Anne-Geneviève Montagne
Je dirais qu'il y a eu vraiment plusieurs étapes, plusieurs dons. Le Seigneur a été d'une infinie bonté et patience envers moi. La première chose, c'est que j'ai fait à un moment les exercices de Saint-Ignace, du coup j'étais bloquée. Et mon accompagnatrice m'a dit à un moment, écoute, il y a eu un appel extérieur, il y a des gens qui t'ont dit quelque chose et ça a eu une résonance en toi. D'autres gens, je serais dit n'importe où. quoi, et puis il serait passé à autre chose. Toi, ça pose une question. Mais à un moment, c'est la personne qui demande en mariage qui fait sa demande, en fait. Ça passe pas par d'autres gens. Donc, en fait, pour l'instant, le Seigneur ne t'a pas dit directement « Viens et sois à moi » . Donc, en fait, attends ça, quoi. En tout cas... En tout cas, non, mais en gros, bon, pour l'instant, il n'y a pas de... Donc, reprends ta liberté, dis-toi que tout est ouvert, et puis tu verras bien, en fait. Et donc, du coup, je suis sortie de ces exercices. Non pas en me disant « je ne suis pas appelée » , mais en me disant « ok, tout est possible » . Et donc avec un espèce de champ de liberté qui se réouvrait. La deuxième chose, c'est que je me souviens d'un mariage, de me retrouver à côté d'un prêtre qui témoigne en fait de sa vocation et qui dit que lui, il est rentré au séminaire « la mort dans l'âme » en se disant « ok, je dois être là parce que le Seigneur m'appelle, en fait je suis vénère » . et que évidemment il n'était pas très heureux et que du coup un jour dans sa prière il dit au Seigneur mais qu'est-ce que je fous là, regarde je suis là je suis venue parce que tu m'as dit, puis en fait c'est nul et que là le Seigneur lui a un peu dit mais en fait moi je ne veux pas de toi comme ça, soit tu te donnes joyeusement, soit va-t'en parce qu'en fait ce n'est pas du tout ça qui m'intéresse je ne veux pas des esclaves en fait, je veux des fils, je veux quelqu'un qui m'aime quoi, et que lui du coup il y avait une conversion dans son coeur de se dire ok Le Seigneur ne me veut pas contraindre. Donc, en fait, maintenant, je suis libre de choisir. Et ce témoignage, moi, m'a aidé à formuler une prière de l'ordre du « Si tu me veux, séduis-moi » . En tout cas, de me dire « Ok, si le Seigneur nous veut... » Enfin, voilà, de dire « En fait, il faut que je vienne par amour. Donc, fais que je t'aime, quoi. Fais que j'ai envie de venir. » Et puis, encore une chose, c'est un documentaire. Et à un moment, on voit Mère Thérésa et elle dit à des frères, mes frères, laissez-vous faire par Dieu. Et là, une espèce de grâce, de confiance. Cette phrase a suscité en moi la conviction que Dieu n'écrasait pas ma volonté, qu'il voulait que ma volonté épouse sa volonté. et qu'au fond, c'était nos deux désirs qui allaient se rejoindre à un moment. Et donc, une prière qui était de dire... « Seigneur, fais grandir en moi les désirs que tu veux combler. » En fait, ce que le Seigneur veut, je découvre petit à petit que c'était ce que je voulais. Et je pense vraiment à partir de là, une espèce de confiance, que la volonté de Dieu ne fait pas violence à la mienne, mais que la mienne peut épouser la sienne.
- Marie
Quand est-ce que le Seigneur vous a demandé en mariage ?
- Anne-Geneviève Montagne
Eh bien, petit à petit, il y a eu plusieurs choses. il y a eu En fait... Une sorte de discernement par le réel, c'est que petit à petit, je commençais à être plus âgée. Et puis en fait, j'étais très engagée dans la mission. Et en fait, je me rendais compte que j'étais quand même très heureuse dans ma vie. Et je voyais bien que les filles de mon âge qui n'étaient pas mariées, c'était une souffrance pour elles. Et moi, je ne pouvais pas vraiment dire qu'il y avait une souffrance. En fait, j'étais avec le Seigneur et j'étais dans une certaine joie. Donc du coup, je me disais un peu, voilà.
- Marie
Oui, déjà, avant de continuer, vous étiez consacrée à la mission sans problème. Vous aviez abandonné votre carrière d'avocate de droit fiscal sans problème. Alors,
- Anne-Geneviève Montagne
je dirais que, en fait, de fait, j'ai eu de manière quasi simultanée mon appel à ma vocation particulière, c'est-à-dire la mission, et mon appel, enfin mon premier appel à une vie consacrée. Mais autant, vraiment, j'ai épousé sans problème, comme une révélation de mon identité, le fait que j'étais appelée à la mission et du coup, je me suis... de fait engagée tout de suite dans Annunzio, d'abord comme bénévole pendant plusieurs années, puis comme salariée. Et en revanche, c'est la question de donner toute ma vie qui a été un peu plus... Voilà, un peu plus engageante. Mais du coup, j'étais au service de la mission, j'en éprouvais beaucoup de joie, et donc j'ai avancé comme ça. Et puis, par ailleurs, je suis une très grande fan de Sainte Geneviève, ma sainte patronne. Et donc, sa vie m'attirait beaucoup. Donc, en fait, j'avais une espèce quand même de conviction étonnante de me dire, alors que je ne connaissais pas de Vierge consacrée, mais je m'étais dit, enfin, je ne sais pas, je me disais, en tout cas, si c'est la consécration, ce sera soit Vierge consacrée, soit Carmelite. Ce qui n'a rien à voir, d'ailleurs. Mais voilà, il y avait un peu ces deux pendants. Et puis, en gros, un jour, j'ai fait une retraite. Donc, la question, elle venait, mais en même temps, je ne me décidais pas vraiment. Voilà. Et puis, un beau jour. Enfin, un beau jour. J'ai fait une retraite. On aime bien ici. J'ai fait une retraite à la Flatière. Très beau lieu. Oui, très beau lieu. Et le soir, je vais me coucher. Et là, je sens que je vais passer toute la nuit à me dire, mariée, consacrée. mariée, consacrée à me résonner dans mon lit. Et là, je dis, ah non, j'en ai marre. Et donc, je dis au Seigneur, écoute, moi, je dors, toi, t'as qu'à dénouer le truc. Et je me couche, voilà, et je dors. Et le matin, j'arrive à la chapelle, et là, le prêtre dit, Jésus, toi que nous aimons plus que tout. Et là, je me dis, bah oui, c'est vrai, en tout cas, c'est ce que je dis, que j'aime Jésus plus que tout. Bon, en fait, il me demande un truc. Est-ce que je ne peux pas dire oui ? Et en fait, là, je dis oui. Et ensuite, ça me semble une évidence. Je me dis, mais Ange, tu te prends la tête depuis dix ans, alors que c'est évident. Mais pour moi, c'est l'infinie bonté de Dieu, c'est que l'évidence n'est venue qu'après que j'ai dit oui. Et donc, j'ai été vraiment libre de dire oui. Et une fois que j'ai eu dit oui, j'étais là, mais c'est ridicule. Enfin, je me suis trouvée ridicule. En fait, je me suis trouvée ridicule. Enfin, je me suis trouvée ridicule. J'ai eu de la tendresse pour moi, mais en même temps, je me suis dit, mais c'est évident que je me sens faite pour Dieu. En fait, j'aspire à Dieu. C'est peut-être bizarre de dire ça, mais en fait, c'est comme si j'avais un peu réalisé que si j'étais mariée, j'aurais été frustrée. Enfin, parce qu'il y avait une autre aspiration profonde en moi.
- Marie
Alors pourquoi vierge consacrée ? Moi j'avoue, j'ai un peu un gros cliché dans la tête. Mais pour moi, c'est une vocation un peu réservée à des femmes d'un certain âge, des veuves ou des femmes qui veulent consacrer la dernière partie de leur vie au Seigneur. Et je me dis, une jeune femme, comment peut-elle renoncer ? à la maternité, à l'amour, et se consacrer au Seigneur alors qu'elle vit dans le monde ? Ça se trouve, elle va croiser l'amour plus tard ?
- Anne-Geneviève Montagne
Alors, très bonne question. Déjà, il y a les veuves consacrées, effectivement, c'est une autre vocation. Vierge consacrée, comme son nom l'indique, ça veut dire qu'il n'y a pas de relation avec des hommes. De fait, c'est une vocation qui, je pense, et est souvent pas très comprise parce que déjà, c'est la première des vocations féminines. C'est-à-dire que dans l'histoire, dans les tout premiers temps de l'Église, il y a eu des femmes qui ont commencé à dire aux évêques « En fait, moi, je crois que Dieu me veut tout à lui. » Alors que le mariage, c'était la norme. Elles ont commencé à dire « En fait, moi, le Seigneur m'appelle à l'épouser. » J'imagine qu'au début, ils ont dit « Bon... » Il y a eu un discernement et les évêques ont dit « Ok, on reconnaît un charisme. » Et ces femmes, elles disent quelque chose de la vocation de l'Église tout entière. Donc elles sont des images de l'Église en tant qu'elles sont épouses du Christ. Et donc elles, elles le vivent dans leur chair, le fait que... Toute leur vie est déjà donnée au Christ. Donc voilà, il y a eu, dans les premiers temps, il y avait ça. Puis ensuite, petit à petit, avec le monachisme, le fait qu'il y ait eu des ordres, etc. C'est une vocation qui a, qui s'est, et puis je pense pour des raisons à la fois de protection de ces femmes, donc c'est plus facile qu'elles soient ensemble, qu'elles puissent se soutenir les unes les autres. Et puis aussi, probablement, c'était peut-être plus simple pour les évêques de suivre un groupe avec une mère supérieure. qu'un ensemble de femmes qui vivaient chacune leur vie dans leur coin. En tout cas, cette vocation, elle a disparu, même si le rite, c'est-à-dire la prière consécratoire, est resté dans certains ordres. Et puis, vers le 19e, 20e, en fait, on ressurgit des femmes qui disaient « Mais moi, je me sens appelée à donner ma vie au Christ intégralement, mais à le faire dans le monde, en fait, dans le peuple des baptisés, dans l'église diocésaine. » On peut penser même à une Pauline Jarrico, une Madeleine Delbrel, etc. De se dire, je me sens appelée en plein monde. Et pas forcément dans un charisme d'une communauté, mais dans le déploiement de ma grâce baptismale. C'est-à-dire comme si l'union avec le Christ était un saut supplémentaire du fait qu'on est tous consacrés par le baptême. Et donc, le Concile Vatican II a réouvert. en fait, lors de Villejeune Aume. Et du coup, c'est une vocation qui est en pleine floraison aujourd'hui. Il y a de plus en plus de vocations, notamment de jeunes. Par exemple, à Paris, il y a trois jeunes femmes de 30 ans qui ont été consacrées l'année dernière. Cette année, il va y en avoir quatre. Donc, tous les ans, maintenant, c'est un événement très récurrent. Il y a, je pense, entre 20 et 25 jeunes femmes qui discernent actuellement pour l'Ile-de-France. Voilà. Donc c'est... C'est vraiment une vocation qui se redéploie. Et c'est très intéressant parce qu'en fait, c'est une vocation des temps apostoliques, et donc des temps de mission, des temps d'évangélisation avec les diacres, les ermites. Donc, c'est intéressant de se dire qu'est-ce que ça nous dit aussi sur les temps qu'on traverse. Oui,
- Marie
et puis c'est bien adapté du coup à votre mission de vie que vous avez aussi tout de suite. Mais vous, vous étiez un peu précurseur quand même. De cette nouvelle floraison, non ? Vous n'étiez pas...
- Anne-Geneviève Montagne
Je ne sais pas. Non, je pense que ça a coïncidé. En tout cas, je pense que je suis arrivée à un moment où il commençait à y avoir un développement. En tout cas, moi, quand je suis arrivée, il venait de s'ouvrir un parcours à Paris. Donc, j'imagine qu'ils ont ouvert un parcours parce qu'en fait, il y avait une concomitance de plusieurs vocations.
- Marie
Donc, finalement, vous avez dit oui à cette question.
- Anne-Geneviève Montagne
Voilà, finalement, j'ai dit oui. Mais je voudrais répondre quand même sur... La question de... Vous avez parlé de la maternité. Je dirais que sur la maternité, d'une part, moi, avec la mission, la mission, c'est une maternité. Et d'un certain côté, il n'y a rien de plus beau que de donner la vie. de Dieu. Je ne dis pas que c'est moi qui la donne, bien sûr, mais en tout cas, dans la mission, on est plutôt des sages-femmes que des mères, mais en fait, il y a quelque chose quand même où on peut sentir que la vie passe. Je crois que, alors que j'aime énormément les enfants, je suis passionnée de mes neveux et nièces, des enfants de mes amis, etc., j'ai vraiment une fibre maternelle très forte. Et donc, j'avais un désir d'enfant très fort. Et puis, en fait, après coup, j'ai réalisé qu'en fait, finalement, j'aimais tellement les enfants des autres. Je n'avais pas forcément besoin d'avoir les miens. Voilà, il y a quelque chose comme ça. Et puis, vraiment, autour du fait que je crois qu'on peut donner la vie autour de soi, vraiment, en donnant sa propre vie, certainement.
- Marie
Du coup, vous vous êtes... donné à fond pour la mission en tant que directrice d'Annuncio et en cofondant aussi le congrès Mission. Voilà, et en parallèle avec cette consécration. Ça a été des charges immenses. Je ne sais pas si on se rend compte, mais ce sont des mouvements, des rassemblements qui pouvaient rassembler, qui rassemblent encore des milliers de personnes, voire même peut-être des dizaines de milliers quand le congrès Mission était sur la France entière. En plus de ça, j'imagine qu'il devait y avoir... pas mal de combats spirituels, parce que quand on fait du bien, il y a toujours quelqu'un à qui ça ne plaît pas trop et qui s'acharne à mettre certains bâtons dans les roues. Ma question, c'est à quelle source vous avez puisé pour traverser ça ? Quel garde-fous vous êtes mis pour ne pas partir un peu en vrille dans une vocation somme toute assez spéciale, assez extraordinaire ?
- Anne-Geneviève Montagne
C'est une très bonne question. C'est sûr que le combat spirituel, il est euh... Il est présent. En fait, de manière... Ça m'amuse. Hier, il y avait une conférence de Karim d'Aubrey-Parvoise. Et le thème, c'était les armes du combat spirituel. Et justement, je partageais que... Il y a des armes qui sont données dans Ephésiens 6. Il y a l'armure que Dieu nous donne. Et il y a notamment le bouclier de la foi. Et en fait, cette conviction... Et le bouclier, c'est Dieu, d'une certaine manière. C'est qu'en fait, je sais en qui j'ai mis ma foi. Donc, je... Le fait de savoir que Dieu est fidèle, c'est l'arme la plus puissante puisque moi je me prends très souvent les pieds dans le tapis. Je passe beaucoup de temps allongée dans la boue. Mais il y a le doute à dire. Ça veut dire que je pêche. J'ai peu de vertu personnelle, mais il y a la... miséricorde de Dieu et j'ai une foi très profonde dans le fait que Dieu me relève en fait que Dieu que Dieu aime ma victoire donc du coup cette confiance elle grandit elle se déploie en fait que Dieu me prend dans ses bras, Dieu me relève sans cesse et donc ça je dirais que c'est ce qui permet de continuer à avancer parce que sinon en fait on s'enferme dans sa propre indignité en fait et donc moi j'éprouve que Dieu me relève Merci. Après, il y a la fraternité. Le Seigneur m'a fait la grâce d'amis, de sœurs aussi. Dans mon quartier, il a planté une petite pépinière de vers consacrés. Enfin, on est trois à habiter à 15 minutes à pied les unes des autres. Et donc, on se voit tous les lundis soirs. On dîne ensemble, on prie ensemble. J'ai des amis qui ont le feu de la mission. Je suis édifiée par les autres. Puis après, c'est la parole. En fait, la parole... c'est le sel, c'est la lumière, c'est le lieu de la conversion permanente. La parole, si on la laisse nous toucher, nous brûler, elle ne nous laisse pas en repos. Donc en fait, j'allais dire, le combat spirituel, c'est une excellente nouvelle. Parce qu'il y a un combat, en fait, on est dans une guerre, dont la ligne de démarcation traverse chacun de nos cœurs. Et donc en fait, si on n'a pas conscience du combat, c'est soit qu'on a démissionné, soit qu'on est aveugle. Et donc, on prend des pains dans la figure sans s'en rendre compte. Mais du coup, être conscient du combat, c'est la meilleure chose qui puisse nous arriver. Et donc, je combats, je prends beaucoup de pains dans la figure, mais le Seigneur est avec moi. Et je crois, j'espère, j'attends sa victoire dans ma vie.
- Marie
Qu'est-ce que cela a transformé chez vous, finalement, ce changement de cap inattendu opéré en 2011 au début.
- Anne-Geneviève Montagne
Qu'est-ce que ça a changé chez moi ? Il faudrait poser la question à ceux qui m'entourent. La joie, je pense. Il y a une joie de plus en plus profonde et de plus en plus stable de tempérament. Je suis quelqu'un d'assez inconstant, assez entier, mais assez excessif. Et la mise en place de la prière d'oraison a vraiment stabilisé, a mis en place une mer de... de fond qui est plus ancré en Dieu. Je pense que je suis au tout début de ma conversion. Je vois l'étendue du chantier, je vois que le Seigneur travaille. Le Seigneur est toujours à l'œuvre en moi. Et je dirais que j'ai une conscience plus grande du fait qu'il m'appelle à collaborer à ce qu'il est en train de faire dans ma propre vie.
- Marie
Aujourd'hui, enfin dans quelques semaines, vous allez passer la main à Annuncio, au congrès Mission. Quels sont vos projets ?
- Anne-Geneviève Montagne
Ah ! Eh bien, Dieu seul le sait. Oui, c'est... Alors, je me... Je peux toujours me tromper parce qu'aucun discernement n'est infaillible. Mais parfois, je sens que le Seigneur dit plutôt « vas-y, choisis et je viens avec toi » . Et puis parfois, il dit plutôt « j'ai quelque chose de prévu » . Et donc là, je suis plutôt dans le sentiment que le Seigneur a prévu quelque chose. Donc, je commence à regarder. Mais évidemment, j'utilise ma raison, mon intelligence pour me dire qu'est-ce qui correspond à ce que je suis, à ce que je peux donner, à mes capacités. Et en même temps, il y a une conviction assez forte qu'une porte va s'ouvrir, qui ne sera peut-être pas celle que moi j'avais prévue, qui peut-être va me surprendre et que c'est là que le Seigneur m'attend pour aller plus loin. Peut-être pour que ce soit aussi un lieu de conversion, justement. Peut-être là où c'est quelque chose de pas forcément simple ou de pas forcément facile. J'en sais rien, je ne dis pas que j'ai... que je sais que ça va être difficile, parce que peut-être pas. Parfois, on s'imagine que des périodes vont être dures, et puis en fait, c'est des lieux de bénédiction. Mais voilà, de gérer pour l'instant, ce n'est pas clair.
- Marie
Vous discernez. Quel conseil vous donneriez à quelqu'un qui cherche sa voie, qui aimerait que le Seigneur l'éclaire ?
- Anne-Geneviève Montagne
Je lui conseillerais de voir que Dieu l'aime déjà, que... que Dieu l'a béni, de faire mémoire de tout ce que le Seigneur a fait dans sa vie et de choisir d'être à Dieu aujourd'hui. Je pense qu'on peut passer beaucoup de temps à se préoccuper de ce qui va être après et rater d'un certain côté le fait que demain se construit en étant fidèle aujourd'hui. En fait, on peut mourir avant de savoir quelle est sa vocation. Et donc là, ce qui compte, c'est est-ce que j'aurais fait ce que Dieu voulait jusque-là ? J'allais même dire... La vocation, ce n'est jamais qu'un moyen d'être à Dieu. Ce n'est pas un absolu. Évidemment, c'est le lieu où Dieu se donne à nous. Donc, c'est très important. Mais ça reste secondaire par rapport au fait que je suis avec Dieu. C'est aussi quelque chose qu'on peut dire à des gens qui ont le sentiment qu'ils se sont plantés. En fait, oui, mais Dieu est avec toi aujourd'hui. Donc, comment es-tu présent à lui aujourd'hui ?
- Marie
Est-ce qu'il y a un livre qui vous a particulièrement éclairé dans votre histoire que vous voudriez recommander à nos auditeurs ?
- Anne-Geneviève Montagne
Eh bien, « Sagesse d'un pauvre » d'Éloi Leclerc, parce que justement, le message de ce livre, c'est que le regard, il est sur Jésus. Il y a cette phrase, désolé pour le spoiler, mais c'est « Dieu est et cela suffit » . Et donc, en fait, ça recentre toute notre existence sur cette relation à Dieu. Et en fait, le fait que je ne vais pas dire... Moi, parfois, je me dis, mais peu importe les événements de notre vie, en fait. c'est secondaire, mais en même temps, c'est là que Dieu se donne. Donc je ne dis pas que c'est dans le concret, l'incarnation, le réel, que ça se vit, la relation à Dieu. Mais au fond, le choix de la carrière, tout ça, c'est tellement moins important que le fait d'être avec lui.
- Marie
Votre histoire le montre bien. Quelle est votre prière préférée et ou celle qui vous a rejoint et aidé dans votre parcours ?
- Anne-Geneviève Montagne
Ça, c'était vraiment la question difficile à répondre. Choisir, c'est renoncer, dit-on. En fait, il y a quelques années, il y a un homme qui est un missionnaire américain qui s'appelle Richard Borman, qui était venu pour faire un enseignement à Annunzio. Et il m'a pris la part et il m'a dit « Je vais t'apprendre une petite chanson, ensuite tu vas la chanter aux autres. » Et moi, rétrospectivement, il faudrait que je lui demande si j'ai la grâce de le revoir, mais je suis convaincue que le Seigneur lui a dit « C'est elle à qui tu vas donner cette petite chanson. » Parce qu'en fait, cette petite chanson, elle m'a... beaucoup aidé. Et en fait, cette petite chanson, elle disait, je ne vais peut-être pas vous la chanter parce que ma voix ne sera peut-être pas très agréable à écouter, mais elle disait « Jésus, sois le maître de tout, Jésus, sois le maître de tous les royaumes de mon cœur. Jésus, je te livre tout, Jésus, je te livre tout, les royaumes de mon cœur. Ce que ce monde peut m'offrir, prends tout, Seigneur, car dans cent ans d'ici, je serai au paradis. » ce que ce monde peut m'offrir en tout Seigneur. Et en fait, c'est en fait une chanson d'offrande de soi. Je pense que toutes les personnes à qui je l'ai partagé ce soir-là l'ont oublié. Mais moi, parce qu'il m'avait fait répéter,
- Marie
pour que je puisse la chanter pour les autres,
- Anne-Geneviève Montagne
elle est restée avec moi, en fait, cette chanson. Et régulièrement, quand je priais, elle me revenait. Et je pense que je ne comprenais pas vraiment ce que je disais, mais en fait, je pense que ça a préparé le oui.
- Marie
Et puis elle est forte, parce que ça veut dire donner tout, ton cœur, tous les domaines, pas un seul qui n'échappe au Seigneur. Ma toute dernière question, si vous aviez le Seigneur en face de vous, à ce moment-là, qu'est-ce que vous lui diriez vis-à-vis de votre histoire ?
- Anne-Geneviève Montagne
Merci. Je lui dirais merci. La part qui me revient fait mes délices. J'ai reçu le plus bel héritage.
- Marie
Amen. Merci Anne Geneviève.
- Anne-Geneviève Montagne
Avec joie.
- Marie
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