- Mathis Gaudin
Quand j'étais dans mon année de Terminale, souvent je ne me sentais pas bien et je disais souvent VDM. Et en fait, maintenant, je suis à des années-lumière de cette personne-là, je suis tellement content que je me lève chaque jour, je me lève et dans une chambre où il n'y a pas des bip-bip, où il n'y a pas des infirmières qui viennent me prendre la tension toutes les quatre heures, rien que ça, même si j'ai passé une mauvaise nuit, je suis quand même reconnaissant d'être dans une chambre, je veux dire, non, stérile et banale.
- Marie
Bonjour, je m'appelle Marie et vous écoutez Un Beau Jour, le podcast qui donne la parole à des croyants dont la vie et la foi ont été changées à jamais par un événement imprévu. Et dans cet épisode, je reçois Mathis Godin. Avec d'autres journalistes de Famille chrétienne, nous avons découvert un jour sa photo souriant auprès de Léon XIV malgré les chimiothérapies. Et quelque chose nous a frappés, quelque chose de spécial se dégageait de cette photo. J'ai voulu en savoir plus. Mathis a 19 ans, c'est un jeune garçon ordinaire, entouré de ses parents et de ses frères, mais dont la vie de lycéen a basculé il y a deux ans avec un cancer du cerveau. Une épreuve douloureuse mais riche en enseignements, vous allez voir. Bonjour Mathis.
- Mathis Gaudin
Bonjour Marie.
- Marie
Alors merci pour ta présence au micro d'un beau jour. Pour commencer, est-ce que tu peux nous présenter l'objet symbolique de ton histoire que tu as apporté ?
- Mathis Gaudin
C'est un collier de perles qui est fait avec Princesse Margot, les perles du cœur. Et en fait, c'est un collier où chaque perle va symboliser un événement du traitement. Il y a des perles pour les prises de sang, il y a des perles...
- Marie
Super impressionnant parce que quand tu l'as sorti de son sac, les auditeurs ne peuvent pas le voir, mais quand tu l'as sorti de ton sac, ça a mis très longtemps à le sortir. C'est un très très très long collier de perles avec plein de perles de toutes formes et de toutes couleurs. Alors qu'est-ce que veulent dire ces perles ?
- Mathis Gaudin
En fait, il y a des perles qui représentent un rendez-vous que j'ai eu avec mon oncologue. Il y a des perles avec une ponction lombaire. Il y a des perles pour une prise de sang aussi. Et en fait, elles marquent aussi le début de chaque chimiothérapie.
- Marie
C'est des perles bleues avec des petits points blancs ?
- Mathis Gaudin
Oui, blancs. Elles peuvent être rouges aussi, jaunes. Et ça, c'est l'âme, colombe. Je crois que c'est le sécos. C'est le centre d'entretien pour avoir des enfants plus tard.
- Marie
D'accord. Tu as fait congeler des gamètes, c'est ça ? Oui. plus tard. Ça, c'est une colombe qui symbolise l'espoir d'avoir des enfants à Georges, imagine. Je pense, oui. Ce ne sont pas seulement des perles rondes, comme on s'imagine, ce sont des perles qui représentent aussi des choses. C'est quoi les smileys ? Il y a des gros smileys jaunes.
- Mathis Gaudin
Alors, les smileys, c'est des sorties d'hospitalisation.
- Marie
On se rend bien. Il y en a beaucoup.
- Mathis Gaudin
Il y en a beaucoup,
- Marie
oui. Il y a des perles rouges. Qu'est-ce que c'est ? Plein de petites perles rouges.
- Mathis Gaudin
Alors, les perles rouges, c'est des perles pour les prises de sang.
- Marie
Il y en a énormément. Je ne sais pas combien de mètres fait ce collier.
- Mathis Gaudin
Je sais que ce n'est pas le plus grand du tout que j'ai vu. J'ai vu des gens, quand ils étaient sur leur fauteuil, où ils avaient un petit aperfusion, ils faisaient plusieurs tours. C'est impressionnant. Ça peut être impressionnant parce qu'on n'en a pas vu d'autres, mais il y en a qui sont bien plus grands.
- Marie
Dis donc. Du coup, on visualise très bien le très long parcours que représente la maladie, la maladie grave. Alors du coup, on va recommencer au début. Raconte-nous ce jour de mars 2024. Donc c'était il y a à peu près deux ans, où tu t'es aperçu ainsi que ton entourage que quelque chose n'allait pas du tout au niveau de ta santé. Je crois que c'est arrivé au bout d'une semaine où tu ne t'étais pas senti bien, tu avais très mal à la tête. Et puis il y a eu ce jour. Raconte.
- Mathis Gaudin
En fait, j'ai passé la semaine à avoir mal, très mal à la tête. Et mon père, le dimanche, il m'emmène à l'hôpital parce que je me réveille avec une tête qui ne lui inspire pas, qui montre qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Et à l'hôpital, il me balade, il me dit « est-ce qu'il est tombé ? Pourquoi il a mal à la tête ? » Ils étaient prêts à me renvoyer et en fait... Je vomis dans la salle d'attente et du coup là ils me font un scanner et ils découvrent avec cet examen que j'ai une masse dans le cerveau qui fait la taille d'une noisette approximativement. Et du coup, on m'emmène en urgence, en taxi, en ambulance, sur Paris, dans l'hôpital de Grande Garde. Je me rappelle qu'on était à 160 sur la 4.
- Marie
Pourquoi si vite ?
- Mathis Gaudin
Parce que c'était très urgent. Quand je suis arrivé à l'hôpital de la Révoisière, ils étaient prêts à m'opérer tout de suite. Mais comme mon père ne comprenait pas... On est allé aux urgences juste pour un mal de tête et on ne s'attendait pas à avoir quelque chose d'aussi significatif.
- Marie
Ils vous disent quoi ? Ils vous disent du coup ? Ils vous disent qu'est-ce que c'est ?
- Mathis Gaudin
Alors on ne sait pas en fait, on sait juste qu'il y a quelque chose, mais même mon père ne comprenait pas complètement ce qui se passait, du coup c'est pour ça qu'il a dit stop. Il a dit je veux qu'on m'explique et du coup les médecins ont expliqué à mon père comme quoi en fait la tumeur, la masse, en fait j'ai gêné le bon fonctionnement de mon cerveau. Ça créait une pression et c'est ce qui me causait ces maux de crâne, ces maux de tête. Et en fait, ça s'appelle une hydrocéphalie, c'est un terme scientifique.
- Marie
Ça crée de l'eau dans le cerveau, c'est ça, hydrocéphalie ?
- Mathis Gaudin
Hydrocéphalie, en fait, c'est-à-dire que l'écoulement du liquide céphalo-rachidien ne se fait pas bien. Et en fait, sur son trajet, il y a...
- Marie
Ah oui, il fallait absolument... soulager cette pression qui se situait dans ton cerveau. Qu'est-ce qu'on a fait à l'Ariboisière ?
- Mathis Gaudin
On a percé une membrane pour que l'équicephalorachidien puisse s'écouler et partir pour libérer cette tension. Je me rappelle que après l'opération, j'étais libéré. En plus, on était dans le mois de mars. On avait un beau mois de mars. Il y avait les oiseaux qui chantaient dehors. Et il faisait un soleil, il faisait un beau temps. Et j'étais vraiment libéré dans mon lit. Je me rappelle que j'ai fait une sieste qui m'a fait vraiment beaucoup de bien.
- Marie
Ça faisait une semaine que tu souffrais atrocement.
- Mathis Gaudin
Plus d'une semaine.
- Marie
D'accord. Tu avais quel âge à l'époque ?
- Mathis Gaudin
J'avais 17 ans.
- Marie
Oui, c'est ça. Tu étais en terminale, c'est ça ?
- Mathis Gaudin
Oui.
- Marie
Et alors, qu'est-ce qui se passe après ?
- Mathis Gaudin
Qu'est-ce qui se passe après ? En fait, ils ont analysé mon liquide. dans lequel le cerveau baigne. Et ils ont trouvé un marqueur. Donc, ils m'ont aiguillé vers un spécialiste, mon oncologue, Dr Grill. Et à ce moment-là, j'ai eu le premier rendez-vous avec mon oncologue, qui m'a expliqué ce que j'avais, qui avait mis un nom dessus.
- Marie
Et donc, c'était quoi ?
- Mathis Gaudin
C'était, du coup, une tumeur germinale sécrétante.
- Marie
Ah oui, on apprend des termes. Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Mathis Gaudin
En fait, ça veut dire que c'est humoral, c'est pas bénin. C'est cancéreux, pardon. C'est pas bénin. Si ça avait été bénin, la localisation n'était pas forcément facile, donc ça n'aurait pas forcément simplifié les choses. Mais ça imposait du coup le fait que c'était cancéreux, un traitement par chimiothérapie, radiothérapie.
- Marie
Oui, c'est ça. Donc tu apprends à 17 ans, en pleine année de terminale, que tu atteins d'un cancer du cerveau. Est-ce qu'on peut dire ça pour simplifier ?
- Mathis Gaudin
Oui, oui.
- Marie
Mais ça, c'est hyper grave, du coup.
- Mathis Gaudin
Oui, c'est sûr qu'on tombe un peu des nues. Mais comme je me mettais la pression sur les cours, ce temps de stop que la maladie m'a donné, ça m'a fait beaucoup de bien, malgré tout, de se recentrer sur moi, sur ma santé. Et pas sur les cours.
- Marie
C'est ça que tu as ressenti quand on t'a annoncé ce diagnostic ?
- Mathis Gaudin
En fait, quand on m'a annoncé mon diagnostic, on m'a dit qu'on ne pourra pas passer le bac en septembre, que ça va être compliqué, qu'il y a plein de choses que je pensais qui allaient être ma vie, le schéma que je pensais qui allait être le mien. En fait, ça bouscule. Au début, je ne réalisais pas complètement tout ce que ça imposait. J'étais juste quelqu'un qui n'était pas en cours et qui pouvait profiter, donc j'étais très très content.
- Marie
Au début, je suis contente de louper les cours. Tu n'avais pas tout à fait saisi ce que ça allait... Non,
- Mathis Gaudin
je n'avais pas du tout saisi et quand j'ai eu les premières chimiothérapies qui m'ont bien cassé, qui m'ont bien fatigué, je suis resté pendant deux semaines couché au lit parce que je n'avais pas la force. Déjà, je n'avais pas l'appétit, donc je ne pouvais pas me remettre. Ça a été une dure réalisation. J'ai réalisé complètement tout ce que ça imposait d'avoir un cancer.
- Marie
C'est là que tu as réalisé ? Oui. Comment tu as vécu ça du coup ?
- Mathis Gaudin
J'ai vécu ça avec résilience. Après, au début, je ne comprenais pas complètement, mais quand j'ai compris, je me suis dit que c'est de cette façon-là qu'il faut que je me soigne. C'est-à-dire ? Il faut faire des chimiothérapies, il faut faire des examens, il faut y aller. Donc, autant que j'y aille avec le plus d'énergie possible, autant que j'y aille avec le plus de bonne volonté. Parce que si je commence déjà à me morfondre, alors que ce n'est pas encore arrivé, dans tous les cas, je vais y passer. Ça va être compliqué.
- Marie
Est-ce qu'on t'avait annoncé quoi, du coup, comme un peu plan de bataille, plan de soins ? On t'a dit que tu étais parti pour quoi ?
- Mathis Gaudin
On m'a dit que j'étais parti pour quatre chimiothérapies d'une semaine, et ce passait de deux semaines. et la radiothérapie à peu près un mois et demi.
- Marie
Donc tu as commencé par les chimiothérapies ?
- Mathis Gaudin
J'en ai fait trois. On m'a fait un contrôle pour vérifier la bonne efficacité du traitement. Et en fait, il se trouve que ma tumeur avait grossi. Donc en fait, la partie maligne avait diminué, et la partie bénigne avait grossi. Les seuls moyens de régler, d'enlever... ces cellules bénignes, c'est de les opérer. À ce moment-là, on a contacté le centre qui m'avait traité la première opération que j'ai eue à l'arrêt-broisière. Et du coup, à ce moment-là, ils m'ont fait une biopsie.
- Marie
Ok, d'accord. Donc tu dis que tu vis ça avec résilience, mais en même temps que c'est très dur physiquement. C'est quoi le plus difficile à vivre ?
- Mathis Gaudin
Le plus difficile à vivre, c'est de ne pas pouvoir... Moi, au début, quand on m'a annoncé... Je prends l'exemple des chimiothérapies au dos, je me suis dit, je vais pouvoir faire plein de choses, je vais être pendant trois semaines dans une chambre stérile, je vais pouvoir apprendre plein de choses, je vais pouvoir lire plein de choses. En fait, c'est de ne pas être en état. Notre corps n'est pas en état de pouvoir faire tout. tout ce qu'on pourrait faire dans la vraie vie. Et c'est frustrant de voir les autres personnes de mon âge qui sont parties en études, qui sont parties, je pense notamment à mon premier amour, qui est parti après ma rechute en études. Moi, je suis toujours là, en année sabbatique, j'ai eu mon bac, je suis très content, mais malgré tout, il peut y avoir une frustration parce que les gens sont partis. Et nous, on est... Moi, avant, quand j'avais pas le bac, je me disais, tous les gens de mon âge, ils ont le bac, ils sont en études, ils sont là-bas...
- Marie
Ils te sentent sur le bord du chemin.
- Mathis Gaudin
C'est ça, c'est ça, ouais. Un peu laissé pour compte.
- Marie
Mais tu passes quand même le bac à l'hôpital en même temps que ces chimiothérapies. Comment ça se passe ?
- Mathis Gaudin
Alors, le bac à l'hôpital, en fait, je l'ai passé pendant ma chimiothérapie, pendant ma radiothérapie.
- Marie
D'ailleurs, après les chimiothérapies ?
- Mathis Gaudin
J'arrive quand même à... à me dégager du temps pour travailler. Je me fais quoi ? Une heure et demie, deux heures par jour pendant l'après-midi. Pas trop me fatiguer, parce qu'en plus avec les séances de proton, les séances de radiothérapie, c'est fatigant. Il faut prendre le taxi pour y aller. Il y a 30 minutes allées, 30 minutes retour.
- Marie
Et qu'est-ce qui te permet de... tu dis que tu te sens laissé pour compte, Qu'est-ce qui te permet de t'accrocher, de vivre ça malgré tout ?
- Mathis Gaudin
Les associations, franchement, elles nous font vivre des moments incroyables. Elles nous permettent de meubler quand même un peu notre emploi du temps. On pourrait se dire que je n'ai pas beaucoup d'activités, mais en fait les associations me remplissent quand même pas mal mon emploi du temps et elles font vivre des moments qui sont hors du commun. Je suis allé... Je suis allé à Disneyland une journée avec des gens de Cheer Up. Je pense à eux. Je pense notamment aussi à l'association Princesse Margot.
- Marie
Oui, qui t'a fait faire ce collier du coup. C'est ça. C'est elle qui te donne des perles à chaque étape de ton traitement.
- Mathis Gaudin
C'est ça. Les associations, franchement, sont vraiment une aide précieuse pour nous aider à nous remettre en activité. pour nous aider à avoir des projets, pour nous aider à être en mouvement en fait. Je ne suis plus dans une école, donc il n'y a rien qui me pousse à avancer, à me pousser à avoir des projets.
- Marie
Oui, tu as des projets qui arrivent, ça te donne des échéances, ça t'aide à te surmonter.
- Mathis Gaudin
Et puis aussi, ça entraîne de nouveau à s'organiser, à mettre sur un plan toutes les étapes. parce que pendant deux ans, pendant un an et demi... Je n'avais rien de prévu à part mes traitements, à part mes prises de sang.
- Marie
C'est ça qui compte ta vie, la maladie.
- Mathis Gaudin
C'est ça. En fait, ça a été tout un entraînement de reorganiser mon quotidien, de savoir qu'est-ce que je vais faire demain. C'était tout un sport.
- Marie
Niveau foie, tu en étais où quand la maladie frappe à la porte de ton corps ?
- Mathis Gaudin
Alors la foi, je la vivais un peu au collège, au lycée pardon. Il y avait des messes, il y avait des...
- Marie
Est-ce que tu es catholique ? Tu as été élevé dans une famille catholique ?
- Mathis Gaudin
Non. Mes parents ne m'ont pas baptisé quand j'étais petit. Mon père n'est pas baptisé. Par contre ma mère a une famille assez chrétienne. Mais c'est pareil, c'est pas dans les... Dans les codes qu'on nous apprend forcément. En fait, il n'y a personne qui me pousse à aller à la messe.
- Marie
Tu es seul dans ta famille. Comment tu te retrouves à aller à la messe au collège ? Si tu n'as pas eu d'éducation à la fois ?
- Mathis Gaudin
À la messe, il y avait une chapelle dans notre collège. Et du coup, il y avait des temps le mardi, le mardi midi, on faisait une messe et après on mangeait tous ensemble. C'était des petits moments comme ça.
- Marie
Et qu'est-ce qui t'a entraîné là-bas du coup ?
- Mathis Gaudin
En fait, c'est un peu le mouvement.
- Marie
Le mouvement en général ? Vachement bien cette école.
- Mathis Gaudin
C'est un peu le mouvement, puis j'aimais bien y aller, je trouvais que ça me faisait du bien. J'ai décidé de me baptiser pendant mon collège et j'ai fait ma première communion en même temps. en même temps et je me suis préparé à la confirmation en 2023.
- Marie
Donc juste avant l'année qui précède ta maladie ?
- Mathis Gaudin
Dieu, peut-être qu'il est venu un peu dans ma vie, un peu avant, pour me préparer, je ne sais pas, je ne saurais pas dire. Mais en tout cas, la foi m'a beaucoup porté pendant mes traitements, donc je suis très reconnaissant d'avoir eu cette éducation, dans ces temps de... de sacrements ou de préparation au sacrement. Et je pense que dans la préparation à la confirmation, j'ai beaucoup plus appris dans la préparation à la confirmation que dans la préparation au baptême. J'étais un peu plus jeune, je ne comprenais pas vraiment ce qu'était la foi, alors que j'avais un autre regard. Et j'étais très content de ce temps de préparation. Je me rappelle que... On avait fait un week-end, on était dans une communauté. Et je me rappelle que quand on allait manger, il fallait tous vivre. On vivait tous ensemble et du coup, il y en avait qui débarrassaient, il y en avait qui lavaient, il y en avait qui rangeaient. Et en fait, j'aimais bien ces temps de vie en communauté. Parce que c'est un peu la façon dont j'ai toujours vécu avec ma famille, mes frères et tout ça.
- Marie
C'est le côté famille que tu as appris dans la foi. Mais justement, tu ne t'es pas senti abandonné, seul, dans ta maladie. Comment tu as pu retrouver ce côté famille dans ta maladie ?
- Mathis Gaudin
Mes parents ont beaucoup été là. Ma mère est à son compte avec des micro-crèches. Donc elle a pu se dégager beaucoup de temps. Mon père a eu un temps de congé. Ses collègues ont fait un don de congé. Donc ils ont été beaucoup là pour moi. pendant mes traitements, donc j'ai été vraiment beaucoup accompagné.
- Marie
Comment le Seigneur t'a aidé dans ta maladie ? Tu dis que la foi t'a soutenu ?
- Mathis Gaudin
Le fait de vivre des moments à la messe, quand je revenais chez moi et que du coup j'étais tout seul, tous les gens de ma promo étaient partis en études, mes frères étaient à l'école. Et moi, j'ai été éprouvé par les traitements. Je n'avais plus mon premier amour. Donc en fait, d'aller à la messe, ça me faisait du bien. De voir des gens, de voir le prêtre, mon prêtre qui m'a confirmé, qui m'a pris par la confirmation, d'échanger un peu avec lui, qui me demande des nouvelles, qui me dit « je prie bien pour toi, ça me faisait du bien, pourtant j'avais le masque, je communiais pas parce que j'avais pas beaucoup d'immunité » . C'était vraiment un temps...
- Marie
Tu n'avais pas ce secours-là.
- Mathis Gaudin
Oui, mais j'étais heureux d'être là, de voir des gens.
- Marie
Tu lui as demandé au Seigneur pourquoi il t'envoyait cette épreuve ?
- Mathis Gaudin
En fait, oui. Dieu ne décide jamais qu'on éprouve ces choses-là. Moi, j'en ai discuté avec mon prêtre. Ce n'est pas lui qui a décidé. Par contre, il me donne la force de trouver un sens à cette épreuve. Et moi, je suis content d'avoir retrouvé en quelque sorte un sens de la vie. Maintenant, quand j'étais dans mon année terminale, souvent je ne me sentais pas bien et j'ai souvent VDM. VDM, c'est ça. VDM de merde. Et en fait, maintenant, je suis à des années-lumière de cette personne-là. Je suis tellement content que je me lève chaque jour. Je me lève et dans une chambre où il n'y a pas des bip-bip, où il n'y a pas des infirmières qui viennent me prendre l'attention toutes les quatre heures, rien que ça, même si j'ai passé une mauvaise nuit, je suis quand même reconnaissant d'être dans une chambre, je veux dire, non, sérielle et banale.
- Marie
Tu lui as demandé la guérison au cinéma ?
- Mathis Gaudin
J'ai prié avant les rendez-vous de contrôle, avant les IRM, j'ai prié pour que les nouvelles soient bonnes. Mais c'était toujours la hantise d'avoir des mauvaises nouvelles. Pareil, quand je vois mon oncologue, j'appréhende toujours en quelque sorte. Mais je prie bien pour que ça aille dans le bon sens. Et puis je me dis, il peut exister des miracles. Je veux dire, il y a tant de miracles qui se font. Mais c'est sûr que c'est compliqué. C'est compliqué, moi j'ai un ami, il avait fini son protocole un peu avant que je fasse ma rechute. Moi j'ai fini mon protocole de rechute et je viens de le revoir, lui il est en récidive, mais une récidive d'une autre forme. Donc je veux dire, on ne voit jamais la fin, on ne fait jamais le bout.
- Marie
Et tu n'es pas, j'imagine que tu as prié pour cet ami ?
- Mathis Gaudin
Bien sûr.
- Marie
Donc le Seigneur ne semble pas exaucer ta prière, ça ne te met pas en colère ?
- Mathis Gaudin
Non, bien sûr, on peut y trouver une forme d'injustice, pourquoi lui ? Mais j'espère que ça va l'affermir dans la foi, que ça va l'affermir dans l'espérance, que malgré la fatalité de l'épreuve, la fatalité de la maladie... Arriver à tirer des leçons de toute cette épreuve, parce que je pense que si on vit ça, c'est aussi pour nous apprendre à voir la vie autrement. On voit la vie complètement différemment.
- Marie
Comme un cadeau ?
- Mathis Gaudin
Comme un cadeau, oui. Chaque jour est un cadeau. Je ne sais plus qui disait que quelqu'un sans foi, chaque jour est un dû. Et j'ai quelqu'un qui a la foi, chaque jour est un cadeau. Et je trouve que c'est une belle façon de voir les choses et d'être toujours reconnaissant, d'être en bonne santé, d'être toujours reconnaissant.
- Marie
Et pourtant, tu parles de rechute, c'est-à-dire qu'après les chimiothérapies et la radiothérapie, La maladie a récidivé ?
- Mathis Gaudin
C'est ça en fait. Mon marqueur tumoral était à la normale pendant mon premier protocole.
- Marie
C'était quand la fin de ton premier protocole ?
- Mathis Gaudin
Ça devait être septembre.
- Marie
Septembre 2024, ok. Et ensuite du coup ?
- Mathis Gaudin
Et ensuite, en novembre, les marqueurs n'étaient pas à la normale. Ils m'ont fait une prise de sang la semaine suivante. en s'attendant à me dire que la rechute était déclarée. Mais en fait, le marqueur n'avait pas bougé, ce qui ne comprenait pas pourquoi. Ils se sont dit que c'était peut-être une fluctuation normale. Et en fait, après les fêtes de fin d'année, la prise de sang a montré que le marqueur avait encore augmenté. Il était passé à 34. Donc là, ils n'ont pas pris de risque, sachant que ça peut partir très très vite.
- Marie
Donc là, c'était reparti pour des nouveaux traitements ?
- Mathis Gaudin
Oui, c'est ça, pour le protocole de rechute.
- Marie
Le nouveau protocole. Comment tu as vécu ça ? Parce que j'imagine que ça, ça doit être dur de revivre. Tout ce par quoi on est déjà passé, tu dis que c'est douloureux.
- Mathis Gaudin
C'est synonyme d'échec. C'est dur de se dire qu'on a passé six mois l'année passée pour quelque chose qui au final n'a pas abouti. La maladie est encore là, il faut encore se battre. C'était dur. Au début, j'avais pensé à écrire un livre, à écrire quelque chose. pour témoigner de ce que je vivais. Mais en fait, c'est frustrant de se dire que tout ce que j'avais imaginé pour mon année, en fait, tout était balayé par la maladie.
- Marie
Tu voulais écrire un livre à postériori de ton premier traitement pour relater. Et là, du coup, nouvelle rechute.
- Mathis Gaudin
Non, je voulais écrire un livre pour témoigner. Après l'annonce de ma rechute, à quel point je suis reconnaissant de ce que la vie me donne. Pour que les gens qui n'ont pas vécu cette maladie n'aient pas besoin de vivre la maladie pour avoir cette vision-là, mais pour leur offrir cette vision, j'aimerais à terme écrire un livre. partager ma vision des choses, vision d'un jeune qui a été malade à 18 ans, jeune éprouvé par la maladie, et puis aussi pour parler de ma rencontre avec le pape, pour partager.
- Marie
Comment ça s'est fait ? Parce qu'il y a eu, dans cette période très difficile, il y a eu ce moment magique, au sens figuré. où tu as rencontré le pape tout nouvellement élu, le pape Pierre XIV, cette fois-ci grâce à l'association Magie à l'hôpital. Alors raconte-nous.
- Mathis Gaudin
Alors j'ai demandé à l'association si je pouvais rencontrer le pape.
- Marie
Et pourquoi le pape ? Pourquoi tu voulais rencontrer le pape ?
- Mathis Gaudin
En fait, c'était mon grand-père qui m'en avait parlé et il m'a dit « Mais pourquoi tu ne demandes pas à tes associations qui font des grandes choses ? » de recevoir la bénédiction du pape. Moi, j'ai poussé un peu le rêve. J'ai dit, est-ce que je peux le rencontrer ? Moi, je pensais que ça allait être à la sortie d'un événement où il allait parler et tout ça, et il allait avoir un petit serrage de main.
- Marie
Être placé sur son chemin, quoi. Oui, c'est ça.
- Mathis Gaudin
Mais en fait, non. L'association Magie et Hôpital a réussi à transmettre mon rêve. et on a eu une... Une réponse très peu de temps avant la semaine de jubilé.
- Marie
Le jubilé des jeunes ?
- Mathis Gaudin
Le jubilé des jeunes.
- Marie
Et à ce moment-là, c'était fini ton traitement contre la rechute ?
- Mathis Gaudin
J'avais fini ma chimiothérapie aux doses et j'avais la radiothérapie que j'ai décalée pour pouvoir aller au jubilé des jeunes. Parce que ma radiothérapie tombait en plein milieu. J'ai dit, est-ce que c'est possible, s'il vous plaît, qu'on me laisse un peu tranquille ? C'est quand même quelque chose de dingue. Est-ce que vous pouvez faire quelque chose pour moi ? Ils m'ont dit, il n'y a pas de souci, ça n'entrave pas le traitement, ça n'entrave pas l'efficacité.
- Marie
Donc tu as pu te rendre au Jubilé des Jeunes et rencontrer le pape, mais pour un moment rien que pour toi ?
- Mathis Gaudin
Un moment rien que pour moi, oui. C'était incroyable. Passer devant une salle où il y avait des gens qui attendaient sur des chaises. On s'est dit, on va être là. Et en fait, on leur est passé devant. On leur est passé devant, on est allé dans un salon. On est allé dans un salon et il y avait des beaux canapés, des belles tapisseries. Et en fait, il y avait des photographes, il y avait des gardes suisses en costume. C'était vraiment très... c'était incroyable. Et du coup, il y avait les photographes qui se préparaient, le pap est rentré, tout le monde s'est activé, il s'est approché de moi, je me suis agenouillé, je lui ai baisé sa bague, et voilà, je lui ai dit bonjour. En tout cas, il était très très gentil, très accessible, et quand on a pris la photo, je lui ai demandé de mettre la main sur l'épaule, enfin, s'il était d'accord, il m'a dit oui, il n'y a pas de soucis, et du coup, j'ai... Franchement, j'ai été très touché par l'humanité dont il a fait preuve. Quand je lui parlais, on sentait que dans ses yeux, il y avait vraiment une... Enfin, il n'était pas ému, mais on sentait qu'il y avait de l'émotion qui était là, de la souffrance que j'avais trouvée, que j'avais éprouvée dans la maladie.
- Marie
Tu as pu le raconter un peu ?
- Mathis Gaudin
En fait, au début, j'étais assez... scolaire, je disais, voilà, à telle date, à telle date. J'ai eu ça et le mage de l'hôpital, Eric Fraud, a dit que pour lui, pour les enfants malades, c'était super important pour eux de réaliser leurs rêves pour l'association. Et du coup, moi, j'ai répondu dessus. J'ai dit pour moi, la foi, ça m'a vraiment beaucoup soutenu dans les épreuves de la maladie. Ça m'a beaucoup soutenu. Le fait d'aller à la messe, le fait de prier pour les personnes. de me soigner, de prier pour ma maladie, de prier pour les personnes qui sont malades.
- Marie
Oui, tu as pu lui dire ça.
- Mathis Gaudin
Oui.
- Marie
Et qu'est-ce qu'il t'a dit ?
- Mathis Gaudin
Il était très compréhensif. Il a dit, je comprends très bien ce que tu dis. Et en fait, après, j'ai lu qu'il y avait une lettre du Vatican où il parlait des personnes qui étaient atteintes de maladies. Il y avait un centre. à Chicago. Et en fait, il le connaissait très bien, ce centre. Et c'était une maladie incurable. Et en fait, il dit, vous êtes des anges. Et en fait, du coup, j'ai compris en quelque sorte à quel point il pouvait être sensible à la maladie.
- Marie
Oui, parce qu'il a dû être touché aussi, parce qu'il y a des belles photos, effectivement, qui te montrent à côté de lui. À ce moment-là, tu as perdu tes cheveux à cause du traitement. Ça, on n'en a pas parlé.
- Mathis Gaudin
Bien sûr, la chimiothérapie, ça fait perdre les cheveux.
- Marie
Et ça, c'est sûr que ça marque physiquement ce que la maladie te fait comme mal. Ça, on n'en a pas parlé. Ça a été quelque chose... Comment tu l'as vécu ?
- Mathis Gaudin
Le fait que le corps soit marqué par la maladie. C'est compliqué parce que c'est des choses auxquelles on s'accroche avant, on peut se passer du temps à se coiffer, à se faire des choses, et à prendre soin de soi, et en fait de voir son corps fatigué, de voir rien que sa musculature, le fait qu'on ne soit plus en activité, de fondre. de voir en plus ses cheveux moi je me rappelle que quand j'avais les cheveux longs en plus ah oui on a du mal à l'imaginer effectivement j'avais les cheveux longs vous n'avez pas la queue de cheval non plus non mais j'avais les cheveux quand même assez longs et quand la première chimothérapie quand j'ai vu les premiers cheveux quand je me levais et que je voyais sur mon oreiller les cheveux ça brusque ça fait une sensation de voir son corps en train de ça va faire très bizarre après on s'habitue à un moment ça devient nous moi les cheveux courts maintenant je suis très content d'avoir les cheveux courts, je trouve que ça me va bien mais c'est sûr que pareil quand on est chauve par un moment on commence à s'aimer chauve On est comme ça, donc dans tous les cas, il faut apprendre à s'aimer. C'est compliqué.
- Marie
Et tu as réussi à t'aimer, même diminuer ?
- Mathis Gaudin
Oui, franchement, j'étais content. J'aimais bien prendre des douches et de retoucher mon corps, même les muscles. qui ont été perdus, ça fait toujours du bien de sentir vivant.
- Marie
Aujourd'hui, tu en es où niveau santé ?
- Mathis Gaudin
Aujourd'hui, j'ai eu mes rendez-vous de contrôle mi-novembre. Je suis actuellement en rémission. Je suis très content.
- Marie
C'est trop bien. Est-ce que tu as reçu le sacrement des malades ? Oui. À quel moment ?
- Mathis Gaudin
J'ai reçu le sacrement des malades entre la fin de mon premier protocole Et l'annonce de mon deuxième protocole, l'annonce de ma rechute. Quand il y a eu des suspicions par mon oncologue et tout ça, j'ai demandé à mon prêtre si je pouvais recevoir le sacrement des malades. Et du coup, il me l'a donné.
- Marie
Qu'est-ce que ça t'a fait ?
- Mathis Gaudin
J'étais très reconnaissant d'avoir ce sacrement, de pouvoir mettre des mots parce qu'il nous demande... de prier, enfin, quand il y a le sacrement des malades, on prie pour moi et on prie aussi pour certaines personnes. Et je me rappelle que sur mes doigts, j'avais mis des noms. Et en fait, j'étais capable de dire tout un tas de dons, et même encore maintenant, d'amis à moi qui sont malades. et de prier, d'avoir un moment de silence. En plus, après le sacrement des malades, il y a un moment de silence où on est vraiment tout proche de Dieu et ça fait du bien. En plus, c'était un soir, il n'y avait pas beaucoup de lumière, on était dans la chapelle d'hiver, donc c'était vraiment un moment hors du temps. Et j'étais content de le recevoir dans cette cathédrale, qui est celle de Soissons. Ah,
- Marie
c'est ma cathédrale.
- Mathis Gaudin
Il y a celle qui m'a baptisé, qui m'a communié, qui m'a confirmé. La première communion.
- Marie
C'est hyper beau. J'ai fait tout mon parcours de foi. Quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui traverse une lourde épreuve de santé, particulièrement un jeune comme toi ?
- Mathis Gaudin
De garder espoir, d'être dans l'espérance. Cette épreuve-là, c'est une peine, c'est une croix qu'on porte. Et cette croix, on la porte, il faut la porter avec le plus d'énergie possible, avec le plus d'entrain, même si la fin n'est pas forcément affichée, même si on ne sait pas si on va guérir, il faut y aller avec le plus d'énergie possible. Moi, j'y suis allé avec le plus d'énergie possible. Peut-être que je ne réalisais pas complètement ce que la maladie imposait, tous les traitements qu'il y allait avoir, mais d'être dans l'espoir et de garder toujours dans l'objectif qu'on peut tirer quelque chose de positif malgré tout de cette épreuve. C'est compliqué. S'il y a des gens qui nient, moi j'ai des amis qui sont partis, ils ont fini leur protocole, ils sont partis en études. mais ils n'ont pas d'aménagement, ils partent comme s'il ne s'était rien passé.
- Marie
Ah oui.
- Mathis Gaudin
Ils ont passé leur...
- Marie
Et ils referment la parenthèse ? Oui,
- Mathis Gaudin
ils referment la parenthèse, voilà.
- Marie
Ok.
- Mathis Gaudin
Alors que moi, ce n'est pas du tout la façon dont j'ai vécu la chose, mais je respecte, j'espère juste qu'à un moment, il n'y aura pas un autre appel que la vie lui donnera, parce que c'est des épreuves qui ne sont pas simples. Et voilà. de apprendre de cette épreuve le plus possible, d'en tirer des enseignements, parce que cette épreuve, elle n'est pas là pour rien. Elle nous apprend forcément quelque chose. Moi, quand j'étais en terminale, je ne prenais pas soin de moi, je ne faisais pas attention, je mettais tout dans les cours. Ça m'a rappelé l'or. Et mon protocole de rechute, ça m'a remis sur la voie de la foi, de ne pas m'accrocher à ma relation amoureuse, de ne pas m'accrocher aux relations des autres, Mais il m'accrochait seulement à... Adieu.
- Marie
Est-ce qu'il y a un livre qui t'a rejoint ou aidé dans ton épreuve et que tu voudrais recommander aux auditeurs ?
- Mathis Gaudin
Moi, c'est Un franciscain chez la SS. C'est un livre qu'on m'a offert pour mon anniversaire de 18 ans. Et en fait, quand je l'ai lu, j'étais touché par la façon dont, malgré la guerre, il vivait sa foi. père Gérard Goldman. Et en fait, on peut vivre sa foi malgré des difficultés, malgré si dans sa famille, ils ne sont pas croyants, on peut quand même vivre sa foi tout en étant respectueux des autres. J'ai été touché par ce livre.
- Marie
Toi-même, tu as livré une bataille contre la maladie. Tu t'es reconnu un peu dans ça, vivre sa foi dans l'adversité.
- Mathis Gaudin
Oui, c'est ça.
- Marie
Quelle est ta prière préférée ou bien celle qui t'a aidé dans la maladie ?
- Mathis Gaudin
C'est la prière des franciscains.
- Marie
Tu es très touché par les franciscains.
- Mathis Gaudin
En fait, c'est pendant une confession, mon prêtre, le prêtre qui me confessait, m'a dit... Pour la pénitence, il m'a donné de prier cette prière de « Seigneur, fais de moi un instrument de taper » . Et en fait, de là, je trouve qu'on se laisse guider par Dieu. Je trouve qu'on est souvent dans la directive, on dirige souvent les gens, on dirige souvent notre vie, ce qu'on pense, à qui on parle, à qui on... portent de l'attention et je trouve que de se laisser guider, d'avoir cette humilité de s'abaisser pour Pour se laisser guider, je trouve que c'est la meilleure façon de vivre.
- Marie
Est-ce que tu peux nous la lire, cette prière ?
- Mathis Gaudin
Bien sûr. Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix. Là où est la haine, que je mette l'amour. Là où est l'offense, que je mette le pardon. Là où est la discorde, que je mette l'union. Là où est l'erreur, que je mette la vérité. Là où est le doute, que je mette la foi. Là où est le désespoir, que je mette l'espérance. Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière. Là où est la tristesse, que je mette la joie. Ô Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu'à consoler, à être compris qu'à comprendre, à être aimé qu'à aimer. Car c'est en se donnant que l'on reçoit. C'est en s'oubliant qu'on se retrouve soi-même. C'est en pardonnant que l'on obtient le pardon. C'est en mourant que l'on ressuscite la vie. Amen.
- Marie
Elle est trop belle. C'est vrai que je ne l'avais jamais lue avec le prisme de la maladie. Je trouve que ça donne une couleur tout à fait différente à cette prière. Elle est très belle. Ma dernière question, si le Seigneur était là aujourd'hui, qu'est-ce que tu lui dirais vis-à-vis de ton épreuve ?
- Mathis Gaudin
Merci. Merci de m'avoir donné cette épreuve qui m'a donné une vision complètement autre que celle que j'avais avant. Je suis très reconnaissant d'avoir été malade, d'avoir appris de ma maladie. Quand il y a eu la suspicion de ma rechute, quand je parlais à mon père, je disais, peu importe ce qui se passe, je suis content d'avoir été malade. Je suis content d'avoir vécu cette épreuve parce qu'elle m'a tant appris.
- Marie
Merci Mathis pour ce beau témoignage.
- Mathis Gaudin
Merci beaucoup Marie.
- Marie
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