- Olivia
Bonjour, je m'appelle Olivia et vous écoutez Un beau jour, le podcast qui donne la parole à des croyants dont la vie et la foi ont été changées à jamais par un événement imprévu. À 26 ans, après la naissance de ses jumeaux, Hélène Bonhomme, la créatrice du site communautaire Les Fabuleuses au Foyer, se découvre en craquage total. Si le diagnostic d'épuisement maternel n'est pas explicitement posé par un médecin, elle se sent vulnérable, épuisée et dépassée. Et comme une épreuve arrive rarement seule, la perfectionniste connaît en même temps une crise conjugale financière et spirituelle. Onze ans plus tard, elle connaît une nouvelle épreuve. Étranglée financièrement, elle se demande si son entreprise ne va pas mettre la clé sous la porte. Aujourd'hui, dans un beau jour, elle nous explique pourtant comment elle relie chaque épreuve comme un appel de Dieu. Hélène Bonhomme, bonjour.
- Hélène Bonhomme
Bonjour Olivia.
- Olivia
Vous connaissez la tradition, vous avez apporté un objet, je vois un petit carnet. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que c'est ?
- Hélène Bonhomme
Oui, j'ai choisi d'apporter un carnet, comme j'en possède des dizaines et des dizaines, puisque ça fait maintenant un petit paquet d'années que j'écris au moins trois pages par jour, quand j'ai envie et quand je n'ai pas envie. Et c'est souvent quand je n'ai pas envie que j'en ai le plus besoin. C'est ma manière le soir de relire ma journée, d'y trouver les trésors que je n'avais pas forcément vus sans l'aide de mon stylo. Et puis, parmi les trésors, il y a aussi les... les apprentissages un petit peu plus désagréables, un petit peu moins agréables. C'est une réalité qui m'accompagne depuis de nombreuses années. Puis c'est devenu mon métier d'encourager les mamans avec des mots. Mais je le fais en premier pour moi-même et surtout pour me vider la tête.
- Olivia
Alors quand vous avez connu ce burn-out, il y a combien de temps ? 11 ans ?
- Hélène Bonhomme
Oui.
- Olivia
Est-ce que ce carnet vous a aidé ?
- Hélène Bonhomme
Oui. Ce carnet m'a aidée à juste ralentir le flux de mes pensées. J'étais dans un tourbillon mental et émotionnel. J'avais la capacité de sortir de mon lit, mais je criais beaucoup sur mes enfants. Et après, je m'enfermais aux toilettes pour pleurer d'avoir crié.
- Olivia
Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi vous avez fait ce burn-out ?
- Hélène Bonhomme
Alors, je suis devenue maman deux fois en même temps. Nous avons des jumeaux. Mais bon, toutes les mamans de jumeaux ne font pas forcément de burn-out maternel. En tout cas, ce perfectionnisme maternel, où j'étais cette petite fille qui avait besoin de tout faire parfaitement et qui voulait cocher toutes les cases dans une recherche d'amour, puisque c'est ça le perfectionnisme, et qui a voulu peut-être utiliser ses enfants comme... Des outils, c'est un mot violent, mais je pense que c'est ce que c'est, des outils pour prouver la capacité à bien faire, à tout bien faire. Sauf que les enfants, c'est de l'humain et l'humain, ça ne se contrôle pas. Et voilà, je pense que quand mes enfants sont arrivés, j'ai tout simplement, et ça a été tout à fait salutaire, mais foncé dans le mur de mon incapacité à tout contrôler. Et ça a été une très belle chose qui m'a... envoyé droit chez la psy. Et c'était une bonne décision d'aller explorer pourquoi cette petite fille sage, brillante, qui voulait avoir toujours une bonne note a eu besoin de maturer un peu et de lâcher un petit peu pour grandir.
- Olivia
Tu t'es dit que c'était une bonne chose au bout de combien de temps ?
- Hélène Bonhomme
Alors ça, c'est une bonne question. C'est vrai qu'en regardant dans le retroviseur, on peut se rendre compte que certaines casseroles étaient des bénédictions. Je dirais assez rapidement, en tout cas à petite échelle, parce que quand j'étais encore en plein épuisement, j'ai commencé à diffuser des textes pour les Fabuleuses. Et donc, quand j'étais encore en plein dans la tempête, j'ai commencé à recevoir 1, 2, 10 e-mails en réponse aux miens. de mamans épuisées. Aujourd'hui, on en reçoit plusieurs centaines par jour.
- Olivia
Peut-être que tu peux rappeler, pour les rares lectrices qui ne le savent pas, pour les rares auditeurs qui ne le savent pas, ce que c'est que les Fabuleuses.
- Hélène Bonhomme
Les Fabuleuses, c'est une communauté de soutien à la santé mentale et émotionnelle des mamans.
- Olivia
Et ça, tu l'as fondé juste après ton burn-out ?
- Hélène Bonhomme
En fait, même avant. C'est-à-dire que j'avais déjà commencé à diffuser des textes. sur Internet. Et donc, quand j'ai moi-même craqué, je me suis sentie encore plus illégitime de vouloir encourager les mamans. Et en même temps, je pense que c'est justement dans cette saison-là que cette grande compassion pour les mamans en souffrance mentale et émotionnelle a grandi en moi. Pour répondre à la question, c'est vrai que le fait de recevoir ces témoignages de maman qui me disait « mais c'est pas possible, t'as mis des caméras chez moi, en fait, ce que tu racontes c'est l'histoire de ma vie » , ça a été guérissant pour moi avant tout, de me dire « non, en fait, ma cocotte, t'es pas du tout toute seule » , ce qui est une bonne ou une mauvaise nouvelle, je sais pas. Et puis guérissant dans le sens où cette épreuve-là et le fait d'en parler, le fait de mettre des mots dessus, le fait de briser une honte. Parce qu'un tabou, aujourd'hui, c'est presque à la mode de dire qu'on est même épuisé. Il y a dix ans, ce n'était pas du tout le cas. C'était beau et puis c'était déjà un premier moment où j'ai pu voir que cette épreuve était presque une bénédiction, qui, en tout cas, a pu permettre à d'autres de trouver une petite lumière dans la nuit.
- Olivia
Et au départ, est-ce que tu peux dater le moment où tu as réalisé que tu es... Vous vivez un épuisement maternel. Est-ce qu'il y a eu un moment où les enfants rentraient de l'école ?
- Hélène Bonhomme
Oui, je me souviens bien de ce moment. Ce n'est pas le cas de tout le monde. Parfois, quand on craque, c'est diffus. Et c'est même souvent diffus parce qu'on ne se voit pas vraiment tomber. Mais moi, je me souviens bien de ce moment où je me suis dit « là, tu as touché le fond » . Mais j'étais au téléphone. Mes garçons avaient à peu près deux ans et demi, soit dit en passant l'âge fatal. Les parents d'enfants entre deux et trois ans le savent. Et donc, je réponds au téléphone en présence de mes deux garçons. Et évidemment, ils sont très jaloux de l'attention que je donne à la personne qui est au bout du fil. Et donc, ils font du bruit. Et pour échapper à ce bruit et pour terminer ma conversation, je m'enferme aux toilettes. Et ça n'a pas duré très, très longtemps. Deux, trois minutes, j'étais aux toilettes avec je ne sais plus qui. Un agent de tel service de la République, je ne sais pas. et Je sors des toilettes et là, je me dis, ce silence est suspect. Il y a quelque chose qui cloche et donc j'entends des rires étouffés en provenance de la cuisine. Je me dirige vers la cuisine et je constate que mes deux garçons avaient joué au ping-pong avec des œufs. Deux douzaines d'œufs. Il y en avait exactement 24, je m'en souviens, puisque je les avais achetés au supermarché le matin même et que j'ai pris la scène en photo. Et donc voilà, il y avait des œufs partout, sur la table, sous la table, sur le frigo, dans le frigo. Alors aujourd'hui, ça me fait rire, mais à ce moment-là, j'ai eu le réflexe de prendre une photo quand même. Et ensuite, j'ai hurlé. Et j'ai hurlé des choses que je... Même si j'essaye d'être aussi authentique et vulnérable que possible, que je ne répéterai pas à ce micro, parce que c'était des paroles vraiment très dures et pas justes sur mes enfants. Et en fait, j'ai hurlé si fort qu'un de mes fils s'est bouché les oreilles. il m'a regardé avec un air tout à fait apeuré et ça ça a été mon élément déclencheur comme on dit en storytelling quand on veut construire un bon scénario bien ficelé et à un moment donné où le personnage va devoir arrêter avec les solutions de facilité et il va devoir regarder en face son vrai problème bon après en général ça s'empire encore un peu parce que sinon c'est trop facile. L'élément déclencheur je dirais que ça a été ce moment où je criais sur mes enfants et où d'ailleurs je suis donc... retourner aux toilettes, où j'étais l'instant d'avant, mais cette fois pour pleurer sur cette mère indigne que j'étais et que je voulais surtout jamais devenir. J'étais devenue la méchante dans les films. J'étais devenue la mégère, la reine mère. Celle qu'il ne fallait pas devenir, c'était moi. Et donc, là, ça a été le début d'une spirale descendante, puisque j'ai beaucoup parlé ces dernières années de d'épuisement maternel, parce que j'ai cette compassion, cet amour pour les mamans, parce que je crois qu'une maman qui va bien, c'est aussi une famille qui va bien, et puis une société qui va bien. Mais la vérité, c'est que c'était le craquage total dans tous les domaines. Et que ce système perfectionniste que j'avais construit, il se trouve que c'est sorti en premier sur mes enfants. parce que j'étais enfermée avec eux pendant trois ans, parce que j'avais pris ce congé parental, et que j'étais au foyer, et que j'ai, dans le foyer, atteint des limites que j'avais besoin d'atteindre. Mais voilà, c'était la crise aussi dans l'entreprise qu'on gérait avec mon mari, c'était la crise dans notre couple, c'était la crise spirituelle aussi, dans ma relation avec Dieu. Donc, voilà. Là, on est toujours dans le film, mais encore un petit peu plus loin, dans le moment où le héros mord la poussière, le 36e dessous, on pourrait dire, où il n'y a plus rien du tout qui va.
- Olivia
Alors là, on a hâte d'avoir la suite. Tu t'es relevée de ce cauchemar ?
- Hélène Bonhomme
C'est difficile, dix ans après, de se dire, mais alors finalement, est-ce qu'il y a une clé ? Est-ce qu'il y a une chose ? Est-ce qu'on pourrait écrire un article dans un magazine pour dire les cinq trésors, les cinq leçons à retenir, les cinq choses à savoir pour ? Je crois que ça a été déjà un long chemin et les longs chemins demandent beaucoup de... de patience, beaucoup d'humilité aussi. Ça a été un long chemin thérapeutique avec l'aide de psys, pour le dire très clairement, de thérapeutes conjugaux, un long chemin spirituel aussi, avec un retour à ce Dieu d'amour qui est un père, que j'avais perçu déjà dans mon enfance, dans mon adolescence. j'allais dire par petites bribes, non, par nombreuses petites bribes. J'ai connu ce Dieu-là qui aime de manière inconditionnelle et qui vient nous récupérer à la petite cuillère quand on est en morceau. Ce Dieu qui est un Père qui a envoyé son propre Fils, Jésus, pour justement venir porter le poids du monde sur ses épaules quand nous on n'est plus capable de le porter. Et ce Jésus-là, je ne sais pas si je peux dire, je l'avais... perdu de vue, mais en tout cas perdu de vue sous la forme que j'avais connue dans l'église où on m'a montré une image de Dieu qui n'était pas forcément juste. L'image d'un père fouettard et moi, en tant que bonne perfectionniste, je me suis engouffrée dans ce système-là où il fallait toujours cocher des cases et qui poussait plus à la... À rentrer dans un moule qui a vraiment... Avoir cette relation personnelle avec Dieu le Père via Jésus.
- Olivia
Tu le retrouvais dans la prière ? Dans l'oraison ? Dans la lecture de la Bible ?
- Hélène Bonhomme
Dans la prière, clairement. Même si ça ne ressemblait pas à grand-chose. C'était vraiment parfois 30 secondes, parfois une minute. Parfois, je ne sais pas si j'ai le droit de le dire à ce micro, mais parfois aux toilettes, parfois dans la voiture, parfois... Parfois juste dans des pleurs, dans mon carnet justement, qui est un carnet à double voix parce que je crois que j'écris beaucoup de choses à Dieu et que Dieu se sert aussi de ce stylo pour me parler à moi. Dans la Bible aussi, que j'ai relue avec des yeux nouveaux, puisque tout au long de mon parcours auprès des fabuleuses, j'ai pu découvrir. à des études scientifiques, notamment sur la gratitude qui a été ma première découverte. La pratique active de la gratitude a profondément changé ma vie et je pense a guéri beaucoup de choses dans ma tête et dans mon cœur. peut-être même dans mon corps. Et voilà, j'ai découvert avec beaucoup d'enthousiasme que tout ce que j'avais lu dans ma Bible, étant petite, ou tout ce que j'avais entendu, pour être plus précise, dans ma famille, dans l'Église, « Soyez plus reconnaissants, prenez grâce » . Oui, oui, oui. Mon grand-père était pasteur évangélique. Mon père est devenu pasteur. Et puis mon beau-père est pasteur également. Oui, donc je suis tout à fait plongée dans la marmite. Oui, oui, tout à fait plongée dans la marmite. Et c'est vrai que ça a été des années de relecture de la Bible. Où j'ai découvert qu'en fait, la science dit que la gratitude guérit et confirme en fait tout ce que la Bible nous enseigne. Quand elle nous dit « Rendez grâce en toutes choses » , quand elle nous dit « Soyez toujours reconnaissants » , les scientifiques vont dire qu'effectivement, La gratitude est une émotion. Alors moi, j'ajoute qu'à ce titre, elle a été créée par Dieu et que finalement, le cadeau n'est pas le cadeau qu'on reçoit, mais c'est la gratitude. C'est cette émotion-là qui fait palpiter notre cœur pour un bête couché de soleil ou pour un écureuil qui fait sa petite récolte de noisettes dans le jardin pour un peu de vent dans les arbres. pour le toucher tout doux, des bouclettes d'un enfant qui s'endort. Et ça, ce ne sont que les cadeaux. Mais le vrai grand cadeau, c'est cette gratitude qu'on accepte de cultiver et qui est une manière de déballer une deuxième fois ces cadeaux de la vie. Et je dirais ces cadeaux de Dieu, le Père, qui prend si bien soin des petits oiseaux et qui prend soin aussi de nous. pour notre survie physique et aussi pour notre survie mentale et émotionnelle dans ce monde de fous.
- Olivia
Donc ce que tu as découvert avec ta thérapie, tu as trouvé qu'il y avait des correspondances avec ce que tu as découvert dans la Bible. Donc ça, c'est une grosse relecture qui t'a beaucoup aidé à te relever. Est-ce qu'il y a d'autres choses qui t'ont aidé à te relever ?
- Hélène Bonhomme
Oui, on a déménagé à Bordeaux, David et moi, et on a été très... Heureux d'être accueillie dans une belle famille qui est la communauté de l'église Momentum à Bordeaux. On a vraiment été aimés et accueillis dans l'état où on était, et notamment par nos pasteurs qui ont su nous recevoir. Ça a été pour nous guérissant après des années difficiles dans l'église. Je trouve tellement beau que nous les chrétiens, et je pense pouvoir dire que nous sommes les seuls à avoir une religion de la famille. Puisque nous disons notre Père, mais Dieu est Père et Fils et Saint-Esprit. Donc le Saint-Esprit va pointer vers Jésus qui lui-même nous invite à regarder au Père, qui lui-même donne son Fils. Voilà, c'est Dieu et relation. Moi, en tant que disciple de Jésus, je constate que je ne suis pas que disciple, je suis aussi enfant. La spiritualité chrétienne est une spiritualité de l'adoption. Par un miracle que je ne saurais expliquer, nous devenons enfants. Ça, c'est tout un parcours, c'est tout un voyage. J'espère que je deviendrai toujours plus enfant dans ma relation avec Dieu, c'est ce qui me demande d'ailleurs. Jésus dit clairement que ceux qui entreront dans le royaume de Dieu, c'est uniquement ceux qui auront ces cœurs d'enfants. Quel défi, quel challenge, surtout pour les gens comme moi qui aiment tout contrôler, tout bien faire, tout prévoir, tout anticiper et tout réussir. Alors que l'enfant, il se met à table, il mange, il se met au lit, il dort, il a toute confiance. Et oui, c'est le mystère de Dieu le Père qui a cette grande famille et l'Église. L'église, ce n'est pas juste des gens qui s'assiedent sur le banc à côté de nous. C'est nos frères et nos sœurs.
- Olivia
C'était une étape importante aussi pour toi. Est-ce que tu as suivi des retraites ou est-ce qu'il y a d'autres choses ?
- Hélène Bonhomme
Oui, oui, oui. En fait, j'ai appris à ralentir à différentes échelles. J'irais à l'échelle quotidienne grâce à ces petites minutes de silence.
- Olivia
Que tu t'es imposée ?
- Hélène Bonhomme
Oui. Oui, oui. Et j'ai beaucoup lu sur la science des habitudes et je crois qu'elle est très utile aussi pour nous, pour nous chrétiens, parce que quelque part, nous sommes sauvés par la grâce de Jésus sur la croix et en même temps, être disciple de Jésus, c'est aussi certaines disciplines, je ne dirais pas qui nous sont imposées, mais qui nous ouvrent à la présence de Dieu. Et sans cette discipline quotidienne par le silence, hebdomadaire aussi, par une pratique totalement imparfaite. Parce que je ne voudrais pas donner l'impression qu'on vit ça parfaitement. Mais du sabbat, c'est pendant une journée entière par semaine, pendant 24 heures par semaine, couper les écrans, couper tout ce qui est productif, et juste être là. Ça, tu fais ça ? Oui, je fais ça. On essaye de faire ça en famille.
- Olivia
Donc les enfants aussi.
- Hélène Bonhomme
Les enfants aussi. Ça ne ressemble à rien, je ne vais pas te mentir. Mais voilà, il y a une journée qui est consacrée au rien. Au repos, à juste être dans ce monde qui va très très vite. Et ensuite, à l'échelle peut-être plus annuelle, en effet, c'est un cadeau que l'on se fait depuis quelques années mutuellement, David et moi, c'est de s'offrir l'un à l'autre. quelques jours pour partir en retraite, en silence, spirituel ou pas spirituel d'ailleurs, juste pour aller marcher dans la nature et faire ce, je ne trouve pas d'autres mots qu'à l'américaine, mais faire ce reset, quoi. Faire cette remise à zéro des compteurs pour repartir dans l'année. Voilà, je donne peut-être cette impression qu'on a ce rythme monastique absolument parfait, ce qui n'est pas du tout le cas. Mais en tout cas, on est en chemin depuis plusieurs années Pour ralentir, parce qu'on s'est rendu compte à un moment donné qu'on n'avait plus le choix.
- Olivia
À quel moment tu t'en es rendu compte ?
- Hélène Bonhomme
Là aussi, il y a eu un élément déclencheur traumatisant. C'est-à-dire que c'était un vendredi de juin, comme un autre.
- Olivia
Tes enfants se lèvent ?
- Hélène Bonhomme
La toute dernière avait six mois. Donc, ils avaient six mois, deux ans et neuf ans. Et donc, on se lève en retard comme d'habitude, on ne trouve pas de petit déjeuner comme d'habitude, on ne trouve pas les sacs comme d'habitude, on ne trouve pas les chaussures. Tout le monde dans la voiture, qu'est-ce qu'on fait du chien ? On l'emmène avec nous parce qu'il fait une tête... Le pauvre, il est en souffrance entre les deux entreprises, les quatre enfants, on l'a un petit peu oublié. Hop, le chien dans le coffre de la voiture et puis on part déposer les filles d'un côté, les garçons de l'autre, on se gare au bureau. Puis on sort de la voiture, chacun de son côté, chacun déjà sur son téléphone, en train de déjà gérer un appel, gérer un email. Et puis, on enchaîne les réunions. Pas de pause-déjeuner parce qu'il n'y a pas le temps. Donc, moi, heureusement, j'ai ma petite réserve d'amandes. Voilà. Donc, je me souviens encore d'être en train de manger mes amandes entre midi et 2. Et puis, le rappel du téléphone, tu sais qu'il sonne une première fois. Vite, il faut chercher les enfants à l'école. Puis, 7 minutes après, il ressonne une deuxième fois. Et là, tu dis, non, il faut vraiment que j'y aille. mais tu sais que t'as encore un demi-rappel Pour encore plus ou moins être à l'heure. Bon bref. Et en fait, en retournant à la voiture, on s'est rendu compte qu'on avait oublié notre chien dans le coffre en plein soleil. Il était 17h. On a eu le temps d'arriver chez le vétérinaire et puis notre chien est mort à ce moment-là chez le vétérinaire. Ça a été une crucifixion d'annoncer aux enfants qu'on avait tué le chien, en fait. J'ai fait des cauchemars après pendant des semaines en me disant qu'on aurait très bien pu oublier le bébé aussi en plein soleil. Ça a été une énorme claque pour nous deux et une énorme prise de conscience de cette nécessité absolue de ralentir. On a découvert à ce moment-là les travaux. À ma connaissance, ils ne sont pas encore traduits en français, mais peut-être qu'un éditeur m'entendra et aura cette bonne idée, d'un pasteur américain qui s'appelle John Mark Comer. qui... qui écrit cette bombe spirituelle, à mon sens, un livre qui s'intitule, alors pardon pour ma prononciation, The Ruthless Elimination of Hurry. Donc, l'élimination impitoyable de l'empressement, de la hâte. Et ce monsieur explique très bien que, notamment, peut-être encore plus dans l'Église, quand on veut servir, quand on veut être un bon chrétien, on peut tomber dans ce piège de croire que Jésus nous dit de courir. Un sprint, alors qu'en fait, pas du tout. Il nous dit de marcher avec lui. Marcher, c'est lent. C'est désagréable.
- Olivia
Ce n'est pas dans ton caractère.
- Hélène Bonhomme
Je te parlais tout à l'heure de cette pratique du sabbat. Ce n'est pas très glamour. C'est vraiment bien au contraire. Quand il n'y a pas d'email à répondre, quand il n'y a pas de projet sur lequel brainstormer, tout à coup, on se retrouve à se regarder dans le blanc des yeux. Il y a les émotions de la semaine qui ressortent. On commence à se faire des reproches. Puis les enfants, ils veulent encore faire un jeu de société, mais on en a fait un, il y a un quart d'heure. Et puis qu'est-ce que c'est relou, le Monopoly, c'est bon. Il y a quelque chose de... On a cette impression de taper un mur, d'être des Ferrari qui roulent à 300 à l'heure toute la semaine. Et puis quand on appuie sur le frein, ça ne ressemble pas à des vacances paradisiaques sur une île déserte. Je crois que ralentir, c'est vraiment aller à contre-courant, que c'est extrêmement difficile et qu'en même temps, notre survie... Voilà. mental, émotionnel et spirituel, en dépend.
- Olivia
Donc, tu t'arrêtes le samedi ?
- Hélène Bonhomme
Oui, alors, le rythme n'est pas tout à fait le même chaque semaine en fonction des plannings des uns et des autres parce qu'à 6, avec le sport, les conférences qu'on donne à gauche ou à droite, ce n'est pas forcément évident. Mais en général, on s'arrête effectivement le vendredi soir. Si on y arrive, on essaye de rentrer un petit peu plus tôt du travail. pour avoir le temps de faire deux, trois courses, de cuisiner ensemble, un repas de fête, mais pareil, ce n'est pas toujours très glamour, mais un repas pour célébrer la semaine. On prie ensemble, on chante quelques chants, puis on va se coucher, puis le lendemain, quand je dis on ne fait rien, on ne fait pas rien quand on a quatre enfants, tout le monde le sait, mais en tout cas, on essaye de ne pas parler de travail, de ne pas allumer les écrans, c'est déjà un bon programme, et puis après, on trouve. trouve des moyens, on va marcher.
- Olivia
Quel âge ont tes enfants aujourd'hui ?
- Hélène Bonhomme
Ils ont 13 ans et 13 ans, nos aînés, et puis 6 et 5 pour nos deux filles. On est encore bien occupés.
- Olivia
Oui. Et donc tu t'es progressivement sortie un peu de cet épuisement maternel ?
- Hélène Bonhomme
Oui.
- Olivia
Et donc après, la vie est devenue totalement...
- Hélène Bonhomme
Mais trop facile ! Non, non, non. Aujourd'hui, je ne dirais pas du tout que je suis dans l'épuisement maternel. Et d'ailleurs, c'est surprenant parce que, objectivement, je porte plus lourd qu'il y a dix ans. J'ai des ados, avec tout ce que ça implique. J'ai deux filles en plus. J'ai une entreprise qui a bien grandi, qui a ses propres défis. J'ai, voilà, une petite fille qui a un petit peu de temps. Il y a une exigence professionnelle qui est plus forte. David est beaucoup en déplacement. Donc, objectivement, mon agenda est plus rempli. Mes responsabilités sont plus importantes. Et étonnamment, je me sens moins fatiguée, épuisée. Ce qui montre bien qu'il y a une perception des choses qui peut parfois nous faire porter les mauvaises lunettes. Et on peut parfois se... Je ne vais pas dire s'épuiser pour pas grand-chose, parce que ce ne serait pas reconnaître la souffrance des mamans et des papas aussi, mais qui peuvent avoir tellement, tellement, tellement de choses à faire dans la même journée. Mais voilà, je dirais que j'ai appris à demander de l'aide, ce qui n'est pas évident du tout. Et ce n'est pas facile du tout. De demander de l'aide.
- Olivia
Comment ton mari ?
- Hélène Bonhomme
Mon mari a toujours énormément participé. Je pense qu'il ne fait pas partie des papas qui ont eu du mal à trouver leur place, puisque comme on a eu des jumeaux en premier, il a fallu tout de suite avoir quatre bras. Demander de l'aide à mon réseau de soutien, tout simplement. Ça a été un énorme pas pour moi d'oser demander à une maman de l'école si elle était en mesure de garder mes filles pendant deux heures pour que je puisse aller à un rendez-vous médical. Mais vraiment, j'en avais des palpitations. De demander de l'aide à mes parents qui font 1000 kilomètres pour traverser la France, pour venir nous aider. De demander de l'aide aussi à mes copines à qui j'ai de temps en temps besoin de juste envoyer un podcast de 13 minutes sur WhatsApp pour lâcher ce que j'ai besoin de lâcher et avoir cette oreille attentive. J'ai appris aussi... à ne pas tout faire et à accepter que ce n'était pas une catastrophe. Et ça, c'est très relié au fait, je pense, d'avoir fait tout un chemin de réconciliation avec moi-même et tout un chemin aussi spirituel, justement de me sentir adoptée par Dieu, d'être sa fille. Et en tant que fille, je n'ai rien à prouver. C'est une identité, ce n'est pas une to-do list. Qu'est-ce que j'ai appris à faire encore ou à être ? pour me sentir moins épuisée. Je reviens peut-être aussi à la gratitude, cette intentionnalité d'en voir ce qui va, et de déballer ses cadeaux, et puis cette gratitude qui se cultive. On attend parfois de... de la ressentir, alors qu'en fait, on peut être très intentionnel pour la cultiver. Et c'est là aussi où mon carnet m'aide beaucoup, le soir. Avant de me coucher, je me demande ce qui était là et que je n'avais pas vu. Et j'ai été très touchée dans Genèse, le livre de la Genèse, chapitre 21, par l'histoire d'Agar, qui est la maman d'Ismaël. que Sarah et Abraham n'arrivaient pas à avoir d'enfant. Et puis, au bout d'un moment, Sarah a perdu patience et a donné sa servante à Abraham. Mais une fois que Sarah avait eu son propre fils, elle était un petit peu fâchée quand même contre cette servante et ce fils qui prenait trop de place à son goût. Et donc, elle dit à Abraham, renvoie-les. Et puis, Abraham, la mort dans l'âme, demande à cette femme, Agar, à cette mère célibataire de... de partir dans le désert toute seule avec son fils. Et Agar se retrouve sans eau dans le désert. Et son fils va bientôt mourir de soif. Et elle ne peut pas voir ça. Donc elle s'éloigne pour ne pas voir. C'est écrit exactement comme ça. Elle ne voulait pas voir son fils mourir. Et quelques versets plus loin. Donc elle part loin de là pour pleurer sur son sort et pour mourir elle aussi pour ne pas voir. Et quelques versets plus loin, il est écrit « Dieu lui ouvrit les yeux et elle vit un puits » . Et donc là, elle sort son outre, elle remplit son outre d'eau, elle va donner à boire à son fils. Bon, l'histoire n'est pas tout à fait terminée parce qu'ils vont quand même devoir survivre longtemps dans ce désert. En tout cas, ils survivent. Et ce que je trouvais extraordinaire, c'est que cette femme ne voulait pas voir. le drame, ne voulait pas voir ce qui n'allait pas, et que Dieu vient lui ouvrir les yeux et qu'elle se dit « Oh ! Il y avait un puits ! » depuis tout ce temps, je ne l'avais même pas vue. Je trouve ça presque drôle, en fait. Et c'est tellement moi, et c'est tellement nous. On ferme les yeux parce que c'est trop dur, parce qu'on est trop fatigué, parce qu'on a tellement de choses, parce qu'on n'y arrivera jamais. Et donc, on ferme les yeux, et on a besoin que Dieu vienne nous les rouvrir, pour qu'on puisse voir que sous nos yeux, il y avait un puits, l'eau, elle était là. Il n'y avait même pas de danger de mort, en fait. C'est juste nos yeux qui étaient fermés.
- Olivia
Tu as un exemple de ça ? Où tes yeux étaient fermés devant un puits qui n'était pas...
- Hélène Bonhomme
Tous les jours, tous les matins, au petit déjeuner, mes yeux sont fermés. Je me dis, allez, encore, qu'est-ce qu'on a aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'on a comme trajet ? Qu'est-ce qu'on a comme réunion ? Qu'est-ce qu'on a comme dossier à rendre ? Qu'est-ce qu'on a comme coup de téléphone ? Qu'est-ce qu'on a comme 56 mails non lus dans la boîte ? Qu'est-ce qu'on a comme... Oh là là, j'ai envie de retourner me coucher. Et puis les enfants qui sont déjà en train de se taper sur la tête. il n'est même pas encore 7h du matin Il y a déjà les premières disputes, il y a déjà les premières histoires. Et puis, en fait, ouvrir les yeux et voir l'eau qui était déjà là, ça peut être le lever du soleil. Alors ça, oui, en ce moment, exemple très concret. À peu près tous les matins, on se souvient, avec ma fille Cassandre, de vite monter à l'étage parce que depuis sa chambre, on voit le lever du soleil hivernal et c'est beau l'hiver parce que le ciel est rose le matin. C'est ce que j'ai remarqué avec ma fille Cassandre. Et que si, à une certaine heure, tout pile avant de partir à l'école, on grimpe vite dans la chambre, on peut le voir, ce ciel rose du matin. Il était juste là, il était juste sous nos yeux. Et c'est une gorgée d'eau. Et ça ouvre à nouveau nos yeux sur tous les cadeaux qui étaient déjà là et qu'on n'avait même pas vus.
- Olivia
Est-ce que le fait d'avoir créé ce site des Fabuleuses, donc tu as une énorme communauté, vous êtes combien sur les Fabuleuses ?
- Hélène Bonhomme
Alors chaque matin, ce sont 150 000 mamans qui lisent le mail d'encouragement que j'envoie. Et puis, voilà, après, en plus de ça, il y a aussi les lectrices du blog, celles qui vont voir nos vidéos sur YouTube ou bien les BD sur Instagram. Donc, difficile à dire, environ 400 000 personnes.
- Olivia
Et toi, est-ce que ça t'a apporté quelque chose ?
- Hélène Bonhomme
Oui, oui, oui. Alors, ça m'a apporté avant tout cette approche, d'abord cathartique de l'écriture, où j'ai pu, moi, déposer des choses. Ensuite, cette joie de découvrir qu'en fait, nous galérons toutes ensemble. Voilà, donc tous ces retours. Ensuite, tu viens de le dire, des magnifiques rencontres avec des tas d'expertes. des tas de chroniqueuses qui ont chacune leur propre personnalité, leur propre joie, leur propre lumière, leur propre langage, qui sont toutes extraordinaires. Et puis, il faut dire aussi qu'il y a quelque chose de gratifiant. C'est un job qui est beau parce qu'on envoie les fruits tous les jours. Et tous les jours, on reçoit à la fois ces SOS de maman qui dit « J'en peux plus, je suis sous médicaments, j'ai complètement... » perdu la petite flamme à l'intérieur, le couple s'est devenu catastrophique, j'arrive plus à être en lien avec mes enfants, etc. Et puis en même temps, tout plein de mamans qui nous disent j'ai retrouvé ma joie de vivre, on est parti se faire un resto avec mon mari hier, ça faisait 20 ans qu'on n'avait plus pris de temps juste pour nous, ou bien j'ai osé laisser tout mon petit monde derrière moi et faire mon sac. venir au Festival des Fabuleuses pour prendre trois jours juste pour moi toute seule. Il y a plein de petites victoires comme ça, et parfois des grandes victoires aussi. On a plusieurs fois des tentatives de suicide qui ont échoué, parce que celles qu'on appelle les fées de la boîte mail, donc celles qui répondent aux emails de ces mamans en détresse ont été là au bon moment, ont pu les renvoyer vers les bonnes personnes. Nous, on n'est pas thérapeutes, on n'est pas psys, mais on a notre petit annuaire. Et ça, c'est quelque chose de beau, de gratifiant et d'encourageant aussi. C'est les Américains qui le disent mieux que nous. Your mess is your message. Et toute cette imperfection dans ta vie peut et très certainement va devenir aussi l'histoire que tu vas pouvoir raconter pour encourager d'autres. Et ça, c'est magnifique.
- Olivia
Hélène, j'ai entendu aussi ton appel vidéo l'année dernière, où tu disais que tu allais mettre peut-être la clé sous la porte, parce que l'augmentation des prix du papier, du loyer, des abonnements qui baissent. Et alors ça, comment t'as fait pour te... T'en es où d'ailleurs de cette aventure et comment t'as fait pour te relever ?
- Hélène Bonhomme
Alors, j'en suis où ? On en est où ? C'est qu'on n'a pas mis la clé sous la porte, à l'heure où je te parle. Et quand on a frôlé la cata, chaque jour est un magnifique sursis. Donc, encore plus de gratitude, tu vois, quand on se rend compte qu'on a la chance de pouvoir encore continuer à faire quelque chose. Et ce que j'expliquais dans cette vidéo SOS, c'est qu'on a un modèle un petit peu particulier parce qu'on veut pouvoir proposer gratuitement, notamment cette écoute aux mamans qui nous écrivent à toute heure du jour et de la nuit. Et ça, ça coûte cher. Et donc, je me suis adressée aux Fabuleuses en disant, j'ai besoin d'aide. et ça Ça a été compliqué. Ça a été un grand moment de vulnérabilité. Mais tu vois, j'ai appris à le faire dans ma vie de maman. Et maintenant, j'apprends à le faire aussi dans ma vie d'entrepreneuse. Je me suis mise à poil en fait à ce moment-là. Et gratitude infinie pour les fabuleuses qui ont été au rendez-vous. On avait un stock de 10 000 livres à faire disparaître en 30 jours pour pouvoir passer le cap du mois de mai. Juste du mois de mai, tu vois. C'était même pas pour... pour valider que la suite allait se passer. Mais une étape après l'autre, on a passé le cap. Et on a passé ce cap du mois de mai parce que 10 000 livres sont partis dans les boîtes aux lettres de nos fabuleuses et je leur en suis infiniment reconnaissante. Ça a été extrêmement encourageant pour moi de tout simplement vivre ce que je prêche depuis des années quand je dis qu'on croit toujours que... que le monde, c'est pas moi qui le dis d'ailleurs, c'est Brené Brown qui le dit, nous croyons que le monde est divisé en deux camps. D'un côté ceux qui proposent leur aide et de l'autre côté ceux qui ont besoin d'aide. La réalité c'est qu'on est dans les deux camps. Et c'est vrai que nous, équipe des Fabuleuses, on a beaucoup proposé d'aide ces dernières années. Puis là on a eu besoin d'aide et la communauté a été là et ça a été extrêmement encourageant et je me sens chanceuse. de faire partie de cette belle communauté.
- Olivia
Longue vie aux fabuleuses. Merci beaucoup Hélène. Malheureusement, ce podcast touche déjà à sa fin. J'avais encore beaucoup de questions à vous poser, mais ce sera pour un prochain podcast. Avec plaisir. Et on va terminer quand même avec des questions communes à tous nos invités. Est-ce que vous donneriez comme conseil à quelqu'un qui a vécu un épuisement maternel ?
- Hélène Bonhomme
Je lui dirais de commencer par essayer de trouver trois minutes par jour pour recharger ses batteries de manière les plus qualitatives possible. Pour certaines mamans, même trois minutes, ça paraît impossible à trouver parce qu'elles vont dire je n'ai pas une minute à moi. Alors quand on cherche bien, on trouve une minute, surtout dans nos vies très connectées où en fait on perd énormément de temps à scroller et à consommer n'importe quoi. Quand je dis n'importe quoi, c'est beaucoup de choses qui ne nourrissent pas réellement nos âmes. Donc ça, c'est la porte d'entrée, c'est-à-dire que si on n'a pas trois minutes, on ne va rien pouvoir mettre dans ces trois minutes. Donc l'étape numéro un, c'est de les trouver. Et je crois qu'il y a une forme de discipline là-dedans. Et je crois que c'est de l'amour pour soi. Pour sortir du burn-out, on a besoin d'apprendre à s'aimer. Et que pour s'aimer, il va falloir qu'on apprenne à se donner trois minutes au moins à soi-même.
- Olivia
Merci. Y a-t-il un livre qui vous a rejoint dans votre épreuve et que vous voudriez recommander ?
- Hélène Bonhomme
Oui, j'aimerais recommander « Mille cadeaux » , ce livre d'Anne Voskam, qui a été traduit en français par les éditions Farel. que je trouve absolument sublime. C'est un livre qui est d'une grande qualité littéraire en anglais et aussi en français. Ça mérite d'être dit. Donc, merci aux éditions Farrell pour leur beau travail. Et donc, c'est l'histoire d'une... Enfin, c'est l'histoire, c'est le témoignage, puisque c'est écrit à la première personne, d'Anne Voskamp, qui dit que sa vie a plutôt mal commencé puisque, étant toute petite, elle a vu sa petite sœur mourir écrasée par un camion ou un tracteur dans le cours de la ferme familiale. Et cette femme a dit à Dieu, si c'est ça les cadeaux que tu veux me donner, ça ne m'intéresse pas du tout. Donc elle a fermé son cœur aux cadeaux de Dieu. Et des années après, cette femme se marie, elle aussi a un fermier, elle a six enfants, et puis elle ne va pas très bien. Et une de ses copines lui offre un carnet, comme celui que j'ai apporté aujourd'hui. Et elle lui dit, je t'offre ce carnet, et puis je te lance un défi, c'est celui de faire dans ce carnet la liste de mille cadeaux. que tu vas glaner dans ton quotidien. Et Anne Voskam répond, mais je ne trouverai jamais mille cadeaux. Regarde ma vie, rien ne va, tout est catastrophique. Et puis regarde toute cette souffrance. Puis elle se prête au jeu. Puis elle commence à lister. Et puis, cadeau numéro un, les couleurs de l'arc-en-ciel dans les bulles du liquide vaisselle pendant que je suis en train de laver la vaisselle de tout le monde. Cadeau numéro deux, tiens, la lune est belle ce soir. Cadeau numéro trois, l'odeur des draps propres. Et au fur et à mesure... que cette liste avance, cette femme va ouvrir son cœur à Dieu et elle va découvrir le sens profond d'Eucharistéo, en grec, rendre grâce. C'est absolument sublime. Je conseille la lecture de ce livre à tous ceux qui s'intéressent à la pratique de la gratitude. Je ne dirais pas que c'est perché, parce qu'au contraire, ce n'est pas très perché. C'est théologiquement hyper solide. Et en même temps, c'est bien écrit et c'est un témoignage à la première personne. Et ça donne envie de commencer une liste de mille cadeaux.
- Olivia
Quelle est votre prière préférée ou celle qui vous a rejointe dans votre épreuve ?
- Hélène Bonhomme
Je ne vais pas être très originale. Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi. à ceux qui nous ont offensés. Sacré programme. Ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal, car c'est à toi qu'appartiennent, pour les siècles des siècles, le règne, la puissance et la gloire. On pourrait épiloguer pendant des heures sur chaque mot de cette prière, qui est la prière que le Christ nous a laissée pour nous adresser à Dieu le Père. Je m'arrête juste sur les deux premiers. Notre Père. Notre, parce qu'on est une famille. C'est pas juste mon père, c'est notre père. On est frères et sœurs. Et ça, c'est challengeant. Moi, mes enfants, ils n'arrêtent pas de se taper sur la tête les uns des autres. Moi aussi, je me disputais avec mes frères et ma sœur. Et apprendre à être une famille, c'est tout un programme. Mais on peut y arriver si chacun de nous est adopté par le Père, Dieu et notre eux. Père. Ça, c'est un miracle. Et ça, c'est un miracle dont j'ai besoin, jour après jour, d'apprendre toujours plus à trouver mon identité de fille de Dieu, mon père.
- Olivia
Merci Hélène. Et alors, la dernière question surprise. Si vous aviez Jésus devant vous, là, qu'est-ce que vous lui diriez ?
- Hélène Bonhomme
Merci. Merci pour tout.
- Olivia
Ça boucle avec la gratitude, c'est extraordinaire. Merci mille fois Hélène et merci aux auditeurs pour leur écoute. Merci d'être toujours plus nombreux à écouter Un beau jour, à vous abonner, à partager cet épisode sur les réseaux sociaux et à mettre 5 étoiles et des commentaires sur Apple Podcasts et Spotify. Pour découvrir de nouveaux témoignages, vous pouvez bien sûr écouter les épisodes du podcast, mais aussi lire chaque semaine nos rencontres dans le magazine Famille Chrétienne. Et enfin, n'hésitez pas à découvrir les autres podcasts de Famille Chrétienne, Tous Saints, Maman Prie, Sexo, Prières catholiques. et d'autres encore. Encore merci et à dans 15 jours pour un nouvel épisode.