- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans Un corps à écouter, le podcast qui nous permet de cheminer ensemble vers une reconnexion à nos corps. Comment fait-on pour apprendre à écouter ou réécouter son corps quand on n'a pas le mode d'emploi ? C'est ce que je vous propose d'interroger épisode après épisode à travers un cheminement individuel et collectif, une quête commune. Je suis Céline Auvray, créatrice de ce podcast mais aussi doula et maman de trois enfants. Dans chaque épisode, je vous emmène avec moi à la rencontre de mes invités qui ont un corps à écouter, à apprivoiser, à comprendre, et des pistes pour nous apprendre à habiter nos corps avec plus de conscience. Une façon d'être également plus connectés à nous-mêmes, et plus en lien aussi entre nous. Se réapproprier son corps est un chemin que l'on peut choisir d'emprunter consciemment ou, parfois, y être poussé par le corps lui-même. Parce qu'il lâche, parce qu'il fatigue, parce qu'il nous échappe, parce qu'il crie. Dans ce podcast, j'ai envie de parler du corps non pas comme d'un objet à réparer, à contrôler ou à juger, mais comme d'un compagnon qu'il est possible d'apprendre à écouter, à ressentir, à comprendre, pour revenir vers soi. Et pour ça, j'ai l'immense joie et l'honneur de recevoir aujourd'hui Candyce Letemplier. Candyce est kinésiologue, elle accompagne les corps, les émotions, les silences. A travers sa pratique, elle aide à rétablir ce lien intime avec ce qui a parfois été oublié en nous. Mais au-delà de son métier, Candice est avant tout une personne profondément sensible, humaine, solaire. Une femme qui accueille, qui écoute, qui respecte. Une femme pleinement présente, que j'ai eu la chance de croiser sur ma route il y a un peu plus d'un an. et avec qui ça a tout de suite résonné, une sorte d'évidence. Ce qui nous relie, c'est l'amour du vivant, de l'autonomie, la curiosité, l'envie de créer du lien entre les gens et à travers les corps. Dans cet épisode, nous allons parler de son parcours, de ce que son corps lui a appris, de la façon dont elle est revenue à lui après des années de déconnexion. Parce que derrière la professionnelle qu'elle est aujourd'hui, il y a une femme qui, elle aussi, a été coupée de son corps. qui a traversé des silences, des douleurs, des chutes, et qui a choisi un jour de revenir à elle. Nous allons aussi, bien sûr, parler de kinésiologie, de ce que c'est, de comment ça fonctionne, à quoi ça sert, et surtout, pourquoi ça peut aider chacun et chacune d'entre nous. Ce podcast, c'est un chemin de reconnexion, pour elle, pour moi aussi, et peut-être pour vous. Merci, Candyce, d'avoir accepté d'ouvrir ce chemin-là avec nous, celui du corps qui revient, celui du corps qui parle. et celui du corps qui sait.
- Speaker #1
Merci, merci à toi pour ton invitation. Merci pour ces mots qui me touchent tellement. Merci, c'était trop beau comme introduction.
- Speaker #0
Je t'en prie, merci. Merci d'être là surtout. Alors avant qu'on parle de reconnexion, j'aimerais qu'on remonte un petit peu dans le temps. Au tout début et donc à son enfance, si tu replonges dans tes sensations et dans tes souvenirs, est-ce que tu peux nous dire quel lien tu avais enfant avec ton corps ?
- Speaker #1
Je pense que, comme beaucoup d'enfants, j'avais quand même une connexion assez spontanée avec mon corps. Les enfants, c'est quand même des super enseignants. Je ressens, je vis mon émotion, je crie, je saute. Le corps est vraiment le premier moyen d'expression de ce qui se passe à l'intérieur. Il n'y a pas le mental qui vient contrôler quoi que ce soit. Et je pense que petite, j'avais cette connexion très... peut-être très authentique avec mon corps, dans le sens où les souvenirs que j'ai, enfants, tu vois, les premières images qui me viennent quand j'y pense, il y a beaucoup de mouvements, en fait. Et moi, je dis toujours, le mouvement, c'est la vie. Et je crois que c'est à toi que je racontais, la dernière fois, que quand j'ai déménagé, j'étais retombée sur un journal intime. Parce que j'ai toujours énormément écrit, depuis l'école primaire, et même avant, en fait. Et j'avais ce petit journal intime, et je crois que je devais avoir... sur celui-là, c'était j'étais vers 8 ans. Et je me souviens, j'avais été hyper touchée parce que je me présentais à mon énième journal intime. Je me suis pas présentée. Donc voilà, je m'appelle Candice Nainin et je me souviens parce que j'avais vraiment écrit ce que j'aime le plus et je m'étais dit, punaise, à 8 ans, c'est vraiment comme ça que je pensais. Je trouve ça trop génial. Je revoyais ma petite écriture et j'avais mis la vie dansée. J'ai chanté la musique et la nature et j'avais mis en énorme « rire » . Et en fait, juste en lisant ces mots, je me suis dit « mais il y avait tellement de mouvements, il y avait tellement de vie » . Et moi, oui, en fait, tu vois, c'est les souvenirs de « je vais dans la nature fabriquer mes cabanes » , « je fais des chorégraphies devant mes parents dans le jardin » . Enfin, je pense qu'il n'y avait pas trop de sujets autour de comment est-ce que je ressens les choses et comment est-ce que ça se vit dans mon corps. C'est les souvenirs qui me viennent très spontanément, tu vois.
- Speaker #0
Et dans la famille dans laquelle tu as grandi, est-ce que le corps était un sujet ? Est-ce que c'était une famille, par exemple, sportive ? Ou est-ce qu'on parlait du corps ? Comment il était appréhendé dans ta famille ?
- Speaker #1
Sportive ? Mon frère et ma sœur ont fait pas mal de sport. Moi aussi, j'ai fait de la danse quand même assez tôt, etc. Mais je dirais que dans l'ensemble, l'écoute du corps dans l'éducation, en tout cas, n'était pas du tout centrale. Il y avait le sport qui était comme une voie d'expression, ça c'est sûr pour nous, mais écouter le corps, écouter les mots du corps, comme je le vois aujourd'hui avec ce que j'expérimente, donc là c'est plus avec ma réflexion d'adulte, ça n'avait pas vraiment de place. Et je pense que pour mes parents, ce n'est pas du tout l'éducation qu'ils ont eue. C'était plutôt on ne s'écoute pas trop, on est dans l'action, on fait ce qu'il y a à faire. Il n'y avait pas tellement de place pour ces mots-là. Quand il y avait un symptôme, on ne focalisait pas vraiment dessus, on n'allait pas chercher qu'est-ce que ça raconte.
- Speaker #0
C'était aussi très générationnel. Complètement.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Est-ce que tu te souviens des premières douleurs, des premières colères, de tous ces moyens d'expression, à dehors du mouvement que tu as verbalisé ?
- Speaker #1
Je pense que vraiment petite. Il y a eu sans doute ce temps où mon corps était la voie d'expression, où ça pouvait sortir. Mais après, petit à petit, ça s'est passé encore davantage par l'écriture, parce que je pense que c'était vraiment ma soupape. Et c'était comme ça que je pouvais exprimer un peu plus ce que je ressentais. Parce que par contre, j'ai senti, je pense quand même très tôt, enfin aujourd'hui je peux mettre des mots dessus, mais il y avait quand même une extrême sensibilité. J'ai toujours eu ce côté un peu poreux, en fait, par rapport à mon environnement, aux personnes avec lesquelles je suis, où je capte vraiment beaucoup de choses, de leurs propres émotions, des systèmes nerveux qu'il y a autour de moi. En fait, je sais qu'aujourd'hui, je ne suis plus dans le rejet de ça, mais en fait c'est un peu Je captais beaucoup de choses de ce qui jouait chez mes parents, sauf que j'étais en incapacité, bien sûr petite, de comprendre ce qui se jouait vraiment. Donc j'étais souvent dans une hyper, hyper émotivité. Et je sais que ça n'a pas toujours été très confortable pour les adultes autour de moi d'accueillir cette sensibilité. Donc j'ai eu, je pense, souvent ce réflexe de garder pour moi ce que je ressentais, donc je pouvais écrire. Mais même auprès de mes amis, je ne parlais pas vraiment de ces choses-là. En fait, là, quand j'y pense, tu vois, c'est plus, je commence à me voir un petit peu pré-adolescente. Et au moment où là, ça a commencé à devenir vraiment compliqué et où j'ai commencé à sentir un peu ce trop-plein. CM2, arriver au collège, ça a commencé à être compliqué pour moi. Et je pense que voilà, pour moi, le mécanisme de défense numéro un que j'ai mis en place, ça a été de ne plus sentir, d'essayer de me couper de mes ressentis. et donc j'étais... beaucoup, beaucoup dans le mental, avec une hyperactivité cérébrale de l'espace, où j'étais tout le temps en anticipation, toujours avec beaucoup, beaucoup de peur, toujours très contractée, en fait, dans mon corps. Et tu vois, même quand là, je te le dis, je le ressens encore, tu vois, je sens que là, je me mets à serrer le micro comme un bourrin. J'ai été vraiment en pure tension. Et du coup, petit à petit, c'est devenu des troubles de comportement alimentaire, tu vois, à l'adolescence, où là, c'était vraiment très compliqué pour moi. Ça a été mon moyen de me dire, j'ai un contrôle sur ma vie, sur ce qui se passe. Il y avait tellement de sensations dans mon corps que je ne voulais plus ressentir, que c'était une manière un peu pour moi de choisir, qu'est-ce que je mets dans mon corps, qu'est-ce que je rejette. Et la nourriture, ça a été un symptôme. Mais ça a été très, très souffrant pour moi, parce que là aussi, j'avais cette croyance, mais que je devais me débrouiller toute seule. Donc, je n'ai pas demandé d'aide. J'ai vécu ça seule et avec beaucoup de honte, beaucoup de culpabilité. Et en fait, dans une période de vie où mon corps, je ne le supportais plus, en fait. Je ne supportais plus de le ressentir. Donc, voilà, les premiers gros symptômes, ça a été ça.
- Speaker #0
Et pendant cette période où tu te dis d'être un peu coupée, est-ce que ta qualité de présence, parce que tu es quelqu'un qu'on remarque par sa qualité de présence aujourd'hui ? D'après ce que j'entends de ton enfance, quand tu étais très poreuse en termes d'émotionnel, un enfant est présent dans tous les cas. Mais est-ce qu'il y a eu une phase où tu t'es sentie coupée de ça aussi ou est-ce que c'est quelque chose que tu as toujours conservé et c'est plus très intérieur finalement cette coupure ?
- Speaker #1
Je pense que je n'étais pas du tout présente. Je pense qu'à un moment donné, je me suis coupée de ma présence parce que c'était trop... Enfin pour moi, la présence, c'est vraiment ce que j'associerais à l'ancrage, c'est-à-dire accepter d'être là, dans l'ici et maintenant et de ressentir. Et moi, ce n'était plus du tout possible. En fait, je ressentais trop fort. Non, je n'étais pas présente parce qu'en fait, lorsqu'on pense, on ne ressent pas. Et moi, j'étais dans le mental plus, quand même très coupé de l'instant présent pour le coup. J'étais beaucoup, comme je te disais, beaucoup dans l'anticipation. Je pense que vraiment, mon système nerveux, il était quand même très chahuté. J'essayais de contrôler un peu mon environnement comme je pouvais, m'assurer de ne pas faire de vagues. Il ne fallait pas trop que je sente la colère autour de moi parce que sinon, ça me mettait profondément mal à l'aise. Pour autant, je pense que j'ai toujours eu ce truc de... D'avoir envie d'aider les autres, d'être une bonne oreille, d'être là pour les autres. En fait, ça aussi, je pense que ça a été à la fois quelque chose qui m'a aidée dans mon parcours, parce que c'est quelque chose que je faisais assez naturellement, d'être là pour les autres. Et en même temps, je me suis aussi beaucoup éloignée de moi en étant très centrée pour les autres et pas pour moi. C'est aussi un autre mécanisme de défense où c'était beaucoup plus simple pour moi d'être là en soutien plutôt que d'être mon propre soutien à cette période-là. Une autre forme d'évasion, on va dire.
- Speaker #0
Et donc, ça en sont suivies une période de TCA qui a duré combien de temps ? Et à quel âge est-ce que les premiers symptômes sont apparus ?
- Speaker #1
Je ne sais plus combien de temps ça a duré parce que ça a été un peu des allers-retours. Mais en fait, très rapidement, je pense à la kinésiologie parce que c'est vraiment ce qui m'a aidée à sortir de ce symptôme-là. Et j'avais 17 ans là, du coup. Et au-delà des TCA, comme je te disais, décrivait tout à l'heure, il y avait vraiment cette hyper émotivité. C'est-à-dire que lorsque j'ai été avec mes amis, je pense que je pouvais tout à fait donner le change. Et puis, j'ai toujours été quand même assez connectée à ma joie, etc. Mais quand j'y repense, je me dis que ce n'était pas une joie qui était profondément authentique, sauf dans les moments où j'étais vraiment dans un vrai lâcher-prise, où je savais que j'étais en confiance avec les personnes. Mais en fait, quand je rentrais chez moi et quand je me retrouvais toute seule, c'était l'angoisse. Donc, voilà, j'écrivais ou... Mais en fait, j'essayais tellement, tellement, tellement de me fuir. C'était vraiment une période hyper compliquée. Et du coup, j'ai commencé à me dire, j'avais vu ma mère, qui avait finalement découvert la kinésiologie peu de temps avant et qui avait vécu vraiment une période de dépression, un an après le décès de mon grand-père, où elle avait voulu tout, tout porter. Et donc, je l'ai vue se métamorphoser, en fait, vraiment. Moi, j'étais encore à la maison et je l'ai vue vraiment changer grâce à la kinésiologie. Et du coup, je pense, voilà, il y a une partie de moi, même si je ne savais absolument pas ce que c'était que cette technique, qui était appelée par ça. Et je pense que mon corps criait un rendez-vous, quoi. Donc, j'ai demandé à ma mère, au vu de l'état de mal-être dans lequel je me sentais et je me trouvais, un rendez-vous avec cette personne. Et en fait, ça a été une rencontre, bon, avec elle, mais avec moi, ça a été absolument incroyable. Et j'ai pas du tout parlé de mes TCA lorsque j'y suis allée, j'ai parlé de ce mal-être, de ce débordement émotionnel, etc. Et en fait, c'est là où j'ai trouvé un espace, sans doute le seul espace en tout cas à ce moment-là dans ma vie, où je pouvais être moi, sans avoir peur d'être jugée, sans avoir peur d'être rejetée, et où véritablement il y avait un espace pour que mes émotions puissent vraiment se libérer. et en fait... Cette question des TCA est apparue à un moment donné dans la séance où en fait mon corps, mais ça a été toujours très subtil en fait, ça vient jamais de manière violente en fait, c'est une fois que le corps est totalement safe et en confiance, il y a quelque chose qui pop up et on se dit ok, bon, là ça émerge et en fait moi ça a été, je me souviens de cette séance où je me suis dit mais c'est quand même un truc de ouf, j'en ai jamais parlé à personne. Et là, c'est mon corps qui raconte ça. Et en fait, voilà, tout le process qu'il y a eu derrière, je me suis dit, punaise, c'est quand même incroyable ce qui se passe. Et en même temps, ça me paraissait tellement évident.
- Speaker #0
Et tu n'en as pas eu peur de ça, finalement ? Non,
- Speaker #1
pas du tout. En fait, c'est là que je me dis, avec du recul, j'avais 17 ans, je ne savais pas du tout où je mettais les pieds. Voilà, je me suis vraiment laissée porter. J'étais vraiment en confiance. Et ça a été assez radical sur mes TCA à ce moment-là. Et surtout, j'ai commencé à vraiment... avoir un peu un mode d'emploi de comment est-ce que je fonctionnais, à comprendre que oui, il y avait cette sensibilité, mais que ça pouvait être vraiment une richesse. Et donc là, voilà, ça a été une porte ouverte aussi de reconnexion où j'avais enfin du temps pour moi, où je commençais à comprendre un peu plus comment est-ce que je fonctionnais, mes besoins. J'ai réalisé aussi à quel point c'était dur pour moi de poser mes limites, de dire non, et qu'en fait j'étais dans une hyper ouverture sur l'extérieur, sur les autres, et qu'il n'y avait pas du tout, du tout d'espace pour moi, pour mon corps, pour mes émotions. Donc voilà, c'est là où les choses ont commencé à vraiment se reconnecter à l'intérieur. C'était le début d'une grande aventure, parce que ça ne s'est pas fait en deux temps trois mouvements.
- Speaker #0
Oui, j'imagine.
- Speaker #1
Voilà. Donc voilà ce que je peux te dire par rapport à cette période de TCA qui a été... vraiment pesante et avec du recul, je me dis vraiment pour les personnes qui en souffrent, c'est tellement important d'avoir du soutien, d'oser en parler parce qu'on est toujours très très honteux et énormément de culpabilité d'incompréhension et il y a vraiment besoin que quelqu'un puisse poser les mots en disant il n'y a pas d'histoire de c'est de ta faute ou pas de ta faute juste là, viens On va prendre soin de ce corps. Et c'est important de trouver la bonne personne pour ça et de se sentir en confiance. Moi, je suis tellement heureuse que la vie, qu'elle m'ait mis cette kinésio, Sandrine, sur mon chemin à ce moment-là, vraiment.
- Speaker #0
Ok. Et pendant l'adolescence, est-ce que tu as commencé aussi peut-être à avoir des relations avec des garçons ? Est-ce que ça a eu un impact, ça, sur ta connexion ? ou pas à ton corps ? Qu'est-ce que t'en as tiré ? Comment tu analyserais ça à posteriori ?
- Speaker #1
Oui, il y a eu des garçons. En vrai, j'avais une vie, vraiment la vie d'adolescente en soi avec mon groupe de copines. Il y avait des histoires avec des garçons, etc. C'est plus à partir de mes 16 ans où j'ai fait là pour le coup une rencontre qui, dans ses débuts, était très exaltante. mais qui s'est révélée être très, très toxique, finalement. Et aujourd'hui, j'ai sincèrement énormément, et ce n'est pas pour faire un espèce de blabla, de discours de développement personnel, mais j'ai tellement de gratitude, en fait, d'avoir vécu ça, parce que je sais que je ne serai pas la même personne de toute façon aujourd'hui, que j'ai énormément appris. Et pourtant, c'est sans doute la relation qui m'a fait le plus souffrir, mais vraiment, où là, je me suis vraiment plongée. Dans une relation qui était à l'image de toute façon de l'image que j'avais de moi-même, où je m'accordais très peu de valeurs, où je me dévalorisais beaucoup, et où je me suis retrouvée avec quelqu'un qui a très bien senti cette hypersensibilité de mon âme aussi, de sauveuse, qui en fait, je pense que la seule valeur que je m'accordais, c'était dans cette image de celle qui peut aider les autres, et sinon je n'existais pas. Donc j'ai plongé l'un dedans. Et j'ai été très très abîmée de cette relation qui a quand même duré plusieurs années et qui a beaucoup abîmé ma confiance en moi, mon rapport à mon corps. Et j'avais beaucoup de signaux de mon corps pendant cette relation, de signaux de déséquilibre profond, surtout des déséquilibres hormonaux, que je n'écoutais pas.
- Speaker #0
Par exemple, quel déséquilibre ?
- Speaker #1
En fait, mes règles, c'était n'importe quoi. J'avais des périodes de saignement qui étaient hyper longues. Et j'étais tout le temps extrêmement tendue, en fait. Je me voyais dans la relation tout le temps, dans la culpabilité. Tout le temps, tout le temps, tout le temps. Et j'étais toujours en alerte. Mais je ne me rendais pas compte de ça parce que j'étais... Bon, j'étais éperdument amoureuse et que, en fait, je sais aujourd'hui que c'était une relation vraiment d'emprise aussi, dans laquelle j'ai joué mon rôle. Mais qui m'a quand même... Beaucoup abîmées et avec ces problématiques hormonales qui ont ensuite perduré.
- Speaker #0
Donc tu étais en hypervigilance émotionnelle en fait ?
- Speaker #1
Ah bah oui, tout le temps. C'était une relation où il y avait toujours des jeux très subtilement, mais enfin ou pas d'ailleurs, de c'est toi qui es responsable de tout, tout le temps. Et surtout je me sentais absolument jamais à la hauteur. Et puis l'hypervigilance venait aussi d'un comportement que j'avais en face de moi, de quelqu'un qui pouvait être un jour... Très soutenant et témoignant beaucoup d'affection et le lendemain très rejetant. Et puis après, bien sûr, se sont invités les énormes mensonges pour dire ça mignonnement. Je ne vais pas rentrer dans tous les détails, mais c'est-à-dire que c'était quelqu'un qui avait des grosses problématiques et un rapport à la réalité qui était quand même assez biaisé, on va dire. Et voilà, j'ai accepté des choses qui étaient absolument... inacceptable où j'étais montrée du doigt dans des groupes et où en fait j'étais en incapacité totale de dire mais ça c'est pas ok en fait là tu me respectes pas Incapable de poser des limites totalement et puis d'écouter cette espèce d'intrusion que je ressentais tout le temps dans mon corps, cet état de tension. À ce moment-là, je m'éloignais de nouveau en fait. Je m'éloignais et puis j'étais dans une course folle de « je dois le sauver parce qu'il va mal » . En fait, je lui donnais à manger en face. Donc cette relation amoureuse, elle a eu une incidence capitale dans le sens où elle m'a appris à voir. le rôle que je prenais aussi dans certaines... Alors, dans cette relation-là, mais dans certaines relations, à être dans le sacrifice pour l'autre. Et que c'était pas du tout juste. Pas du tout, ni pour lui, ni pour moi, en fait. Je donnais clairement mon pouvoir à l'autre dans la relation aussi. Donc, l'entrée dans la vie amoureuse, au-delà de mes petites histoires de collège au départ, elle a été costaud.
- Speaker #0
Et tu dis que ça a entaché ta confiance en soi, ce qu'on comprend complètement dans une relation toxique.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Est-ce que ça a laissé aussi d'autres marques dans ton corps que tu as encore aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je pense qu'à partir du moment où ça s'est vraiment terminé, parce qu'il y a eu des années où on a été séparés, parfois pendant un an, puis on s'est remis ensemble, je retournais dans la gueule du loup. Bon voilà, ce phénomène d'emprise dont on parle quand même pas mal aujourd'hui. Quand on s'est séparés, je pense que moi ça m'a beaucoup aidé de partir, puisque je suis partie après pendant un an en Australie. C'était mon rêve et c'était mon désir après mes études d'éducatrice spécialisée. J'avais obtenu mon diplôme sur cette dernière année au moment où on se séparait et je me suis dit, là en fait, c'est très bien, je pars maintenant. Et ça a été un voyage, mais je n'ai même pas les mots pour te dire à quel point ça a été la renaissance pour moi. Et en même temps, je pense qu'il n'y a pas eu beaucoup d'espace pour vraiment me dire, attends, est-ce que vraiment tu réalises ? là tout ce qui s'est passé ces dernières années, tout ce que ton corps, là, il a enduré. C'est quand même pas anodin, mais je suis partie en Australie et pendant un an, j'ai pas eu mes règles.
- Speaker #0
À partir du moment où tu es partie ?
- Speaker #1
Ouais, en fait, j'ai stoppé toute contraception, je suis partie, pendant un an, j'ai pas eu mes règles. Je me suis pas forcément inquiétée de ça. En même temps, je pense que c'était un peu une forme de fuite aussi. de ne pas trop réfléchir à ce que ça racontait. Et en fait, quand je suis rentrée d'Australie, parce que bon, oui, j'ai pleuré, j'ai été dans la colère, j'ai été dans la rage, mes parents m'ont vue dans des états pas possibles sur la fin de cette relation, mais en même temps, je crois que quand j'ai appris tout un tas de choses sur la fin de cette relation, de personnes qui m'ont finalement dévoilé tout ce que, au final, je savais au fond de moi, mais que je ne voulais pas voir, Il y avait eu chez moi un espèce de relâchement de me dire, mais en fait, c'est pas ma vie qui est pourrie. Moi, je sais ce que je veux et j'ai vraiment envie de me rattacher à... Je sais ce que je vaux et j'ai envie d'avancer. Donc, il y avait eu un espèce de soulagement de me dire, ça y est, c'est fini. Et c'était presque... Enfin, ça a été vraiment bénéfique pour moi d'apprendre, en fait, tout ce qui avait été fait aussi. dans mon dos, mais en fait, tellement sous mes yeux, que je ne voulais pas voir. Et c'est là qu'on se dit, punaise, mais j'ai mis tellement de désolière. Au fond, je savais, je n'ai pas écouté cette petite voix à l'intérieur qui m'a dit 50 fois ça, mais bon, bref. Donc, je suis partie en Australie. J'ai vécu des choses extraordinaires, mais donc, je n'avais pas mes règles pendant un an. Et lorsque je suis revenue, j'ai décidé de remettre une contraception. Et là, ça a été, je pense, pour mon corps, pour moi, qui avait en plus une vraie problématique d'intrusion. Le fait de remettre une contraception, ça a été la goutte d'eau pour mon corps qui m'a dit non mais là c'est too much en fait. Là il va falloir que tu m'écoutes parce qu'en quelques jours, je me suis mise à avoir plein de micro-kistes sur mon visage. Et puis une acné qui est devenue en fait une acné mais fulgurante. Je me suis mise à perdre mes cheveux. Bon mes cycles ça est devenu n'importe quoi. C'était quel type de contraception ? C'est l'anneau vaginal.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'était en fait la seule contraception qui fonctionnait entre guillemets pour moi, parce que je pense qu'on m'a fait tester toutes les pilules de la planète, et que j'avais toujours les mêmes problématiques, mes cycles, c'était du bon n'importe quoi. Et avec cette contraception-là, ça allait, sauf que j'avais quand même des énormes effets secondaires. Je me retrouvais une semaine avant mes règles, et pendant, j'étais en nage. Mais quand je te dis en nage dans mon lit, c'est que je devais changer deux fois mes draps par nuit. Mais je me disais, bon, c'est le seul truc qui fonctionne. Super. Bon. Et à l'époque, on ne m'avait pas forcément dit qu'il y a quelque chose qui n'allait pas. Donc, je me disais, il faut faire avec, quoi. Et donc, voilà, quand j'ai commencé à avoir tous ces symptômes-là, après avoir été quand même dans une année où, alors, certes, j'ai eu plein de moments où j'étais moi avec moi, mais j'ai été beaucoup, encore une fois, tournée sur l'extérieur. J'étais dans le voyage, j'étais dans l'exploration. Et je pense que j'ai vraiment... Enfin, c'est pas « je pense » , c'est que depuis toute petite, j'ai cette âme d'exploratrice. J'adore découvrir, voyager, expérimenter. Mais il y a une période de vie où l'exploration, c'était aussi l'exploration mentale. Il y avait quelque chose aussi qui m'empêchait, encore une fois, de ressentir. Donc là, j'étais dans la super expérience, donc j'avais des ressentis extraordinaires, j'avais des très belles émotions. Mais en fait, le gros nœud que je n'avais pas lâché à l'intérieur, il était toujours là. et en fait Je ne me donnais pas beaucoup d'espace pour aller vraiment plonger et voir ce qui se passait et supporter la tristesse que je ressentais, la colère que je n'avais pas lâchée. Et en fait, mon corps m'a fait un super beau cadeau, finalement. Et je te dis ça, en fait, je pense que c'était une année de dépression totale. Parce que je me suis retrouvée avec une peau, je ne pouvais plus me regarder devant le miroir. Je ne me supportais plus, je ne voulais plus voir mes amis, donc je mentais beaucoup quand on m'invitait. Alors là, en termes de... de perte de confiance, on était au sous-sol.
- Speaker #0
Comment tu identifies cette dépression ? C'était le fait d'avoir vécu cette expérience complètement unique en Australie et de revenir dans une vie que tu avais laissée derrière toi. Comment tu l'analyses aujourd'hui ?
- Speaker #1
En fait, ce n'est pas tellement de l'analyse, c'est ce que j'ai ressenti vraiment à ce moment-là. C'est que mon corps avait besoin de vraiment aller contacter ce que je ne voulais pas aller contacter. Et le fait de m'être retrouvée là. En tête à tête avec moi-même, vraiment, parce que j'ai été en dépression, en fait, littéralement, où je voulais vraiment plus voir personne et où c'était trop douloureux de me voir, j'ai pas eu le choix que de plonger, que de pleurer toutes les larmes de mon corps et de ressentir avec toutes mes tripes et dans toutes mes cellules cette tristesse que j'avais jamais voulu lâcher, qui était l'écho d'une relation où j'avais été vraiment profondément abîmée. Une colère que je n'avais pas lâchée, parce que j'avais un énorme sujet avec la colère. Il ne fallait surtout pas que ça sorte. Je pense que j'avais très peur de comment ça pouvait sortir. Et donc là, mon corps, à un moment donné, m'a dit, bon là, je pense que mon système nerveux et mon système hormonal, c'est assez logique quand on y pense aujourd'hui, quand tu sais que rien qu'une pensée, qu'elle soit positive ou négative, elle va venir influer toute la chimie hormonale de ton corps. Si tu es tout le temps en train de te raconter que tu n'as pas de valeur ou que tu es nul, Il va y avoir un shoot de cortisol dans le corps, il va y avoir une tension des muscles. Mais quand on est dans une relation, dans un environnement où il y a cette répétition, parce que notre cerveau, notre corps apprennent avec la répétition, cette répétition de pensées qui sont ultra dévalorisantes, que le corps est en tension tout le temps, on imagine à un moment donné que s'il n'y a pas de soupape de décompression, en fait c'est des nœuds perpétuels qui sont là dans le corps et qui ont juste besoin de circuler des énergies qui n'ont pas d'espace. Et donc là, en fait... J'étais en tête à tête avec tout ce que je n'avais pas voulu ressentir. Donc c'était tellement de souffrance, mais en même temps, c'était absolument nécessaire en fait. Tant que je ne faisais pas ce tête à tête, je ne pouvais plus avancer. Je ne pouvais plus être tout le temps tournée sur l'extérieur et croire que tout à coup les choses allaient s'effacer d'elles-mêmes de mon corps. Non. Donc ça a été une année profondément difficile, mais vraiment transformatrice en fait pour moi. Et en même temps, j'avais ce projet qui m'était déjà venu en Australie. Je savais que je voulais repartir voyager en Asie. J'avais un projet vraiment de cœur. Donc pendant cette année-là, je ne l'ai jamais lâché ce projet, mais je me disais toujours, mais quand est-ce que je vais pouvoir repartir ? Je n'ai pas voulu bosser en tant qu'éducatrice spécialisée, donc je m'occupais des personnes âgées, un peu comme une auxiliaire de vie pendant cette période-là, où j'étais à mi-temps. Et à côté de ça, j'ai commencé du coup à avoir un endocrinologue. J'étais allée voir d'abord un dermatologue qui m'avait dit « bon ben là on part sur Roaccutane, c'est la cata » . Et je suis quand même contente d'avoir rencontré cet endocrino qui est là, m'a donc diagnostiqué le service. Le syndrome des ovaires polycystiques, même si finalement ce médecin a quand même ancré en moi les croyances que je ne pourrais pas être mère, que je ne pourrais pas avoir d'enfant naturellement. Enfin, il me l'a dit concrètement, que je ne pourrais pas vivre sans ce traitement.
- Speaker #0
Donc moi, à l'époque, de toute façon, c'était là, il me faut une solution.
- Speaker #1
Je ne peux pas rester avec ma tronche d'ado là, à ne plus sortir de chez moi,
- Speaker #0
à perdre mes cheveux, je ne peux plus. Et en fait, tout ce qui était relié pour moi à ma féminité aussi, était là en train de me dire, il y a un souci quand même de ce côté-là. Et je m'en éloignais vraiment. Et en même temps, tu vois, le féminin, c'est aussi cette capacité à ralentir, à être dans l'introspection, à être tout le contraire de ce que j'étais en fait, très dans le yang. dans l'action, dans l'ouverture, vers les autres, etc. Donc il y avait un jeu qui était en train de se mettre en place. Mais sauf qu'à ce moment-là, je n'avais pas envie de réfléchir. Là, c'était ok, je prends ce traitement-là, j'ai besoin d'une solution.
- Speaker #1
Parfois, on peut choisir la solution court terme, dans l'urgence. Il faut que ça change et réfléchir à long terme à comment aller vers une solution qui résonne plus.
- Speaker #0
Mais même là, à long terme, je n'y pensais même pas. Sur le moment, c'était tellement souffrant pour moi qu'il fallait que quelqu'un me sorte de ça. Donc j'ai pris ce traitement, et ça a commencé à aller mieux. Je prenais quand même des doses assez importantes. Et donc il m'avait dit, on va mettre tes ovaires au repos. Voilà, c'était la phrase. Donc mes ovaires ne fonctionnaient plus, en fait. Bon. Moi, à partir du moment-là, ça a été, ah, je peux de nouveau respirer. Et c'est là où je me dis, il y a eu vraiment un énorme cheminement avec des allées et des retours dans le parcours. Et là, j'ai décidé du coup de mener à bien mon projet de cœur de partir en Asie. Je suis en train de me dire que tu m'as posé une question dont je ne me souviens même pas comment je suis arrivée là.
- Speaker #1
Peu importe. Mais je suis arrivée,
- Speaker #0
voilà, après je suis arrivée à du coup mettre en place ce projet en Asie. Je suis partie revoyager. Ça a été un des plus beaux voyages aussi que j'ai pu faire, enfin un des plus beaux voyages. J'ai été dans plusieurs pays, mais tout ce que j'ai mis en œuvre, tu vois, ce projet de cœur. Je t'en parlais tout à l'heure quand on discutait, mais en fait, c'est vraiment venu comme une intuition qui venait de nulle part, de « je dois aller en Asie et il faut que je fasse ce projet au Cambodge » . C'est arrivé quand j'étais en Australie, et donc c'est pour ça que tout n'est pas toujours tout blanc ou tout noir. C'est-à-dire que même dans une période où j'étais quand même déconnectée de mon corps, cette intuition, ces petites voix à l'intérieur, il y a des choses que j'ai entendues, et c'était exactement ce que j'avais à vivre à ce moment-là, et donc ce projet-là, je ne l'ai jamais lâché. Et avec du recul, je me dis que dans ma vie, j'ai quand même... pas mal écouté ces petites voix et ça m'a toujours ouvert des super portes. Et il y a aussi eu plein de fois où je ne les ai pas écoutées et je me suis pris des murs. Donc voilà, je suis partie en Asie, j'ai créé ce projet au Cambodge, dans ce petit village et ça a été une révélation de rencontre avec les gens. En fait, je ne vais pas rentrer dans tous les détails de ce que j'avais voulu mettre en œuvre quand même dans ce projet humanitaire, mais moi ce que j'avais vraiment envie, c'était de faire découvrir aux enfants. au Cambodge, qui était dans ce petit village où il y avait une très grande précarité, où il y avait cette association qui accompagnait les enfants à avoir accès à l'éducation, aux soins, etc. C'était de leur montrer qu'on était tous là en tant qu'humains, qu'on avait tous des similarités, mais que dans le monde, il y avait des personnes qui vivaient différemment d'eux. Parce qu'eux, ils étaient complètement centrés sur leur croyance, leur religion. C'était de montrer qu'on pouvait être tous différents. Et du coup, j'avais ramené plein de différents instruments du monde. Vraiment, on avait parlé de toutes ces coutumes qu'il peut y avoir, de toutes ces manières de célébrer. Enfin bref, tout ce qu'il peut y avoir d'aussi riche et différent selon les cultures. Et en même temps, ce que j'avais vraiment à cœur de mettre en place, c'était de faire découvrir aux enfants aussi comment est-ce que nous, en France, on s'alimentait, notre culture, etc. Donc c'était de leur faire découvrir un peu comment est-ce qu'on faisait nos crêpes, comment... Enfin voilà, toutes ces choses-là. Mais si je raconte ça, ce n'est pas pour donner des détails. C'est juste parce que ce que j'avais vraiment à cœur de faire, c'était faire vivre cette ouverture où on se considère tous dans nos similarités, dans nos différences. Et en fait, dans ce village, il y avait quelque chose qui, moi, me touchait, me heurtait beaucoup. C'est qu'en fait, les enfants étaient là, ils se retrouvaient dans le centre la journée. Et en fait, il y avait beaucoup de conflits chez les parents. Il y avait beaucoup de précarité, il y en avait qui avaient des problèmes d'alcoolisme, etc. Et du coup, les parents étaient très peu en lien les uns avec les autres. Il y avait beaucoup de conflits. Et en fait, moi, j'avais à cœur de faire un truc qui paraissait un peu dingue, mais j'avais vraiment envie de faire une fête du village où on se retrouvait tous, où on pouvait montrer aux parents toutes les chansons qu'on avait apprises, parce qu'il y avait aussi de l'anglais dans le programme que je voulais faire. Et puis, faire en sorte de pouvoir amener une diversité au niveau culinaire pour qu'ils puissent découvrir plein de nouvelles choses aussi, tous ces parents et tous ces enfants. Et en fait, le jour où on a créé cette fête dans le village, bon déjà j'étais hyper touchée parce que les parents aussi pauvres étaient-ils, ils sont tous arrivés avec quelque chose à manger pour cette fête-là. En fait, les enfants, ils ont fait leur danse, ils ont fait leur chant, etc. Et il y a eu quelque chose qui s'est passé où, je me souviens, c'était Pinik qui dirigeait le centre, ce Cambodgien, qui est venu me voir et qui pleurait, et qui m'a dit « mais c'est la première fois qu'on se réunit et qu'il y a autant de joie » . Et en fait, ça me remet dans une émotion où toutes les familles étaient là, étaient venues avec le cœur de vouloir partager quelque chose. Ça me donne tellement envie de replurer parce que c'était tellement fort ce moment où ils étaient tous là. Et en fait, il y avait du lien. Et en fait, je crois qu'à ce moment-là, moi, j'avais mon âme qui vibrait, qui disait « mais en fait, t'es là pour ça, je crois. » T'es là pour remettre du lien entre les gens, entre la nature, enfin, refaire du lien. Et je crois que c'est ça qui m'anime le plus, de refaire du lien entre nos corps, nos émotions, entre nous en tant qu'humains, entre nous et le vivant. Enfin, c'est tout ça qui m'anime, c'est qu'il n'y a rien de séparé, en fait. Donc ça a été un voyage profondément initiatique pour moi. Je pense que je me suis vu aussi évoluer avec la personne avec qui j'étais. Il y avait une autre volontaire qui était là, avec qui je partageais pas toujours les mêmes valeurs. Et en fait, je me suis vu me respecter aussi beaucoup plus, dire non quand c'était pas OK pour moi, faire ce qui était le plus juste pour moi. Et j'ai beaucoup cheminé pendant ce voyage. Et je pense qu'il y a eu une dimension beaucoup plus spirituelle qui s'est mise en place. Il y a plein d'autres pays où la spiritualité... incarner en fait l'Asie, en fait la spiritualité, elle est partout, dans toutes les rues, dans le quotidien, enfin je veux dire poser l'intention, prier, être dans le respect des ancêtres, du vivant, etc. Ça fait partie intégrante de leur vie, c'est une évidence. Et en fait je pense que moi c'est venu bouger beaucoup beaucoup de choses à l'intérieur de moi et donc voilà ce voyage a été complètement initiatique et je suis revenue vraiment changer. C'est là où il y a eu encore d'autres étapes après, sur comment est-ce que j'ai vécu mon rapport à mon corps, etc.
- Speaker #1
Et du coup, qu'est-ce que t'as mis en place suite à ce voyage pour continuer à te reconnecter ?
- Speaker #0
Suite à ce voyage, ça a été quand même assez... L'atterrissage a été, tout comme quand je suis revenue d'Australie, mais l'atterrissage a été quand même assez douloureux. Et en même temps, je me suis dit là, on va arrêter de partir. C'était extraordinaire, j'ai vécu vraiment plein de choses et je reviens vraiment nourrie et changée. Mais maintenant, on va accepter de rester, même si c'est inconfortable. D'être là, on va aller traverser aussi ce qui est inconfortable ici. Et donc là, j'ai commencé à me poser un peu plus. Je suis arrivée à Paris. Là, je me suis dit, bon, je m'installe. Je vais postuler pour mes boulots d'éduc, etc. Et j'ai commencé à travailler en protection de l'enfance. Je pense que je n'étais pas dans le bon environnement, encore une fois. Moi, quand j'étais en voyage et que je suis en plein milieu de la nature, mon système nerveux, il est quand même beaucoup plus safe que quand j'arrive. En plus, j'étais à plus tôt. Alors, Plutot, qui est plutôt sympa en soi, mais je me retrouvais dans un appartement qui était juste devant les rails. Moi qui suis hypersensible, auditive de l'espace, donc j'avais le mec dans son micro tous les matins qui était là « Alors le train en direction de la Défense va pas ? » Enfin, franchement, c'était horrible. Plus j'entendais mon voisin à côté, bref. Je suis arrivée à Paris, enfin à Plutot, et de nouveau, j'ai revécu un peu ce truc de « je repars dans mes travers » . Et là, tu te dis « mais son histoire, elle s'arrête jamais » . Elle refait tout le temps les mêmes conneries. Non, mais voilà, j'ai été un peu de nouveau dans ce truc de je suis hyperactive, je sors, tatata. Bon, ça a duré moins longtemps que les autres fois parce que, bon, déjà, quand je suis arrivée à Paris, j'ai eu la mononucléose. Donc là,
- Speaker #1
sympa comme retour.
- Speaker #0
Voilà, j'ai été un peu contrainte de me reposer. Mais bon, si tu veux, là, je l'entendais d'une autre manière. Je me disais OK, c'est pas juste là, t'as la mononucléose, c'est chiant, t'as chopé le virus dans le métro. C'est que sans doute aussi ton système immunitaire il est à plat, il y a quelque chose à en comprendre. Et puis il y a eu plusieurs autres symptômes et là en fait je suis retournée vers la kinésio en me disant en fait là ça fait trop longtemps. Mes amies elles venaient, on faisait souvent des soirées à l'appart etc. Et elles me disaient ça va ? Et en fait il y a eu un moment donné je me suis dit mais en fait je réponds vraiment pilote automatique. Je réponds ça va mais je sais même pas si ça va. C'était vraiment ce truc de je sais pas.
- Speaker #1
Cette question de toute façon est toujours tournée de manière... C'est de la politesse et de la convenance, plus que vraiment. Mais comment vas-tu ? Raconte-moi vraiment. Quand tu croises des gens qui te demandent ça va, le temps que tu leur réponds, ils ne sont plus dans ta rue.
- Speaker #0
Oui, on est d'accord. Même si aujourd'hui, je pense que toi et moi, on en a déjà discuté, mais dans nos relations, le ça va, maintenant, quand on se pose, que ce soit quand on le demande avec tout notre cœur et quand quelqu'un nous pose la question, en tout cas de nos relations les plus proches, c'est un vrai ça va, dis-moi comment tu te sens. Et c'est ce à quoi j'aspire le plus dans mes relations. Là, je me rendais compte que je ne savais pas comment j'allais. C'est là où je m'étais retrouvée le jour de mon anniversaire avec trois boutons de fièvre qui sont apparus une minute après l'autre sur ma bouche. Là, je me suis dit, je pense que là, en termes de niveau de stress, tu es encore pas mal. Là, j'ai vraiment pris une décision. Je suis retournée voir ma kinésio en lui expliquant un petit peu tout ce que j'avais traversé. C'est là où elle m'avait dit, mais tu sais que sur les problématiques hormonales, la kinésiologie, ça aurait vraiment pu t'aider. Et en fait, au départ, je me disais, mais comment c'est possible ? Je n'arrive pas à faire le lien. Je ne comprends pas. C'est hormonal. En quoi est-ce que toutes ces émotions que je lâche sur la table, ça a un lien sur mon système hormonal ? Et je pense qu'il y a une partie de moi qui savait, qui avait compris, mais il y a une partie de moi qui avait besoin de comprendre. Et donc là, moi, j'ai commencé à vraiment me renseigner sur le système nerveux. J'ai commencé à vraiment me renseigner beaucoup plus sur ce SOPK que j'avais. Et j'ai commencé à reprendre les séances. Le SOPK a vraiment de nombreuses symboliques que la kinésiologie m'a beaucoup aidée au fur et à mesure à explorer. Mais s'il y avait un message central à entendre pour moi, mais encore une fois il y a beaucoup à dire sur ce sujet, et c'est pour ça que j'ai fait tout un mémoire, j'ai vraiment été explorée autour des symboliques du SOPK, de l'endométriose, des problématiques de fertilité. Mais en tout cas pour moi c'était vraiment ce conflit intérieur que je portais en moi entre le féminin et le masculin. Et ces relations si souffrantes que je vivais à l'extérieur dans ma vie étaient finalement le coup de projecteur de ce conflit intérieur. Et je ne reviendrai pas sur tout ce que la kinésiologie m'a enseigné et transmis à ce sujet, sinon je parlerai encore pendant des heures, mais j'ai compris à quel point j'étais porteuse de mémoire, de croyances sur moi-même qui venaient à la fois de mon éducation, bien sûr de l'inconscient collectif aussi, de blessures de l'enfance, de traumas, d'héritages transgénérationnels, même de programmes. engrammé durant la vie fétale, et ça tu vois je le retrouve aussi beaucoup en séance, comment est-ce que ces neuf mois vécus à deux, entre la mère et l'enfant, et avec tout ce que ce bébé peut capter de son environnement, peut aussi parfois conditionner nos relations à deux futures ? Comment est-ce que la manière dont on arrive au monde impacte notre sécurité intérieure, etc. ? Mais en réalité, il faudrait un podcast pour chacun de ces sujets. Et je sais que, voilà, ce qui vibre dans ton projet, c'est surtout nos histoires personnelles reliées au corps, donc je vais revenir à mes moutons. Bon déjà j'ai retrouvé beaucoup d'énergie avec les séances de kinésio que je faisais, j'ai repris le sport parce que j'arrivais plus non plus à faire de sport. Je me souviens d'ailleurs de cette première séance de kinésio où je suis retournée la voir et je lui disais j'ai plus aucune énergie, j'arrive plus à faire du sport sachant que le sport a quand même toujours fait partie de ma vie. Et je suis rentrée, j'ai pris mes baskets, je suis partie dans le parc, je sais plus combien de kilomètres j'ai fait mais là il fallait que ça sorte quoi. Et je retrouvais vraiment cette vitalité. Et donc la plus grande décision que j'ai commencé à prendre c'est de réduire petit à petit ce traitement que j'avais de plus en plus de mal. apprendre. Et puis bon, à côté de ça, la vie continuait. Je sentais que je gagnais en confiance aussi dans mon boulot, dans mes relations, mais le plus gros changement, c'est fait... En fait, de toute façon, nos changements, c'est le changement de nos habitudes, c'est comment est-ce que dans notre quotidien on arrive petit à petit à prendre du temps pour nous. Je pense que véritablement, ce truc de je commence à mettre des rendez-vous avec moi dans mon agenda et c'est non négociable. C'est ce qui a commencé à se passer un petit peu à cette période-là pour moi. Et il n'y avait plus de machine arrière possible. Là, je me suis dit, il y a eu trop de fois où tu t'es pris le chaos. Tu reviens, tu rejoues les choses de la même manière.
- Speaker #1
Dans tes premiers rendez-vous avec toi, qu'est-ce que tu mettais ?
- Speaker #0
En fait, avec tout ce que j'avais expérimenté, que ce soit en voyage, grâce à la kinésio, tout ce que je voyais, que j'écrivais aussi dans mes carnets d'écriture, en réalité, je savais très bien ce qui me faisait du bien. C'est aussi la période où j'ai commencé, j'avais des copines qui m'avaient offert des cours de yoga, je ne connaissais pas du tout. Et là, j'ai commencé à me dire, mais je kiffe tellement ! Donc, en fait, ces instants pour moi, c'était hyper simple parce que je savais aussi que j'adorais et que j'avais besoin, au-delà d'adorer, c'est que j'ai besoin d'avoir des moments seuls. C'est mes espaces de ressourcement. J'adore être avec les gens, j'aime l'humain plus que tout, c'est mon moteur. Mais j'ai besoin d'être seule, j'ai besoin d'être connectée à la nature. J'ai besoin d'avoir vraiment des moments où je me reconnecte à mon corps. Et c'est là où j'ai commencé à découvrir aussi les Tantes Rouges de Paris, qui sont donc ces cercles de femmes que tu connais bien en tant que doula. C'était là aussi un machinésio qui avait semé une graine autour de ce travail sur le féminin. Aujourd'hui, tu parles beaucoup de féminin sacré, etc. Moi, quand elle m'a parlé de ça, je me disais, mais de quoi elle me parle ? Et en fait, je comprends aujourd'hui tout le cheminement qu'il y a eu derrière. et quand je me suis retrouvée à... Donc à expérimenter les tentes rouges de Paris, ça a été, mais... J'étais tellement émue de me retrouver autour de ces femmes, moi qui n'étais pas toujours à l'aise quand même avec le groupe, qui avait quand même un vrai sujet autour de « ma parole a de la valeur » . Et là, je me retrouvais à être vraiment avec des femmes qui osaient parler vrai, qui osaient venir contacter leur vulnérabilité et qui m'autorisaient à faire ce pas-là aussi. Et donc voilà, en fait, dans ces rendez-vous avec moi, il y avait toutes ces choses-là. Je commençais à écouter assez intuitivement. de quoi j'ai envie,
- Speaker #1
de quoi j'ai besoin là et vraiment ce truc de c'est pas négociable ouais mais c'est hyper précieux que tu partages ça parce que je pense que parmi celles et ceux qui écoutent et qui veulent se reconnecter à leur corps y'a pas forcément cette conscience de ok par quoi je commence peut-être avoir un moment avec soi et se dire en fait moi ce qui me fait du bien c'est ça et j'arrive à mettre le doigt dessus et essayer de le faire le plus possible c'est ça, c'est déjà un premier pas oui oui,
- Speaker #0
complètement c'est vrai que c'est pas évident, parce qu'aujourd'hui Je pense que la parole, elle se libère quand même beaucoup autour du corps, d'aller écouter des émotions, mais des fois, on n'y comprend pas grand-chose. Moi, j'entends des fois, bon, il faut que tu te reconnectes à ton corps. Oui, mais en fait, par quoi je commence ? Et bon, moi, ça a été que de l'expérimentation. En fait, tu vois, quand je te raconte mon parcours, il y a eu des avancées, il y a eu des... Enfin, je n'aime pas dire des marches arrière parce que ce n'est pas vraiment ça. Mais en fait, on trouve toujours à un moment donné ce qui nous fait du bien. Mais il n'y a que nous qui pouvons savoir. Oui, c'est en tout temps, on expérimente. Tu vois, si là je te dis, pose-toi et fais de la cohérence cardiaque, peut-être qu'à moi ça va me faire du bien, peut-être que toi au début, faire de la cohérence cardiaque, ça va te foutre l'angoisse. Parce que tu ne vas pas respirer sur les bons temps et qu'avant, tu vas avoir besoin d'autre chose. Donc il faut expérimenter. Moi, j'ai expérimenté plein de choses aussi, avant de savoir quel sport me plaisait. Oui, il faut se laisser porter par l'exploration, par ce qui nous appelle, vraiment.
- Speaker #1
Tu l'as mentionné plusieurs fois. Avant d'être kinésiologue, tu as été éducatrice spécialisée pendant 10 ans.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce que ça t'a appris sur les corps des autres, sur les trajectoires qu'a bossé, sur la manière dont le corps peut porter certaines choses et ne pas les dire ? Toujours sur cette thématique du corps, qu'est-ce que ça t'a apporté ?
- Speaker #0
Je pense que c'est vraiment l'expérience qui m'a le plus apporté. Au-delà de ce que j'ai expérimenté moi dans mon corps, J'ai vu tellement... Que ce soit quand j'ai travaillé d'abord dans le handicap, mais quand j'ai travaillé dans la protection de l'enfance, je travaillais dans un service qui était spécialisé auprès d'adolescents. Et c'est quand même une période, moi c'est la période en plus à laquelle j'ai découvert la kinésiologie, mais c'est une période charnière de vie où on est dans une mue intérieure énorme entre l'enfance et l'âge adulte, et où le corps est souvent symptôme d'un système dysfonctionnant plus plus. C'est-à-dire qu'on accueillait des familles... où le jeune était en situation de danger. Et ce qu'on voyait, c'était que souvent, les parents étaient absolument démunis et arrivaient avec, je le dis de manière assez raccourcie, c'est pas comme ça qu'ils le disaient, même si certains allaient utiliser ces propos-là, mais c'est lui le problème. Et donc, il y avait tous les symptômes de ces jeunes qui allaient être soit dans des mises en danger où le corps exprimait beaucoup de choses, ou dans des accès de colère, dans de l'autodestruction. ou dans des profondes dépressions, ou dans des addictions, enfin bref, de toute façon il y avait absolument tous les symptômes confondus, mais en fait le corps racontait toujours une histoire. Comment est-ce que je prends ma place ou pas dans mon système familial ? Voilà, je généralise beaucoup en disant ça, mais c'est vraiment ce que je voyais, et toutes les histoires étaient vraiment uniques, mais en fait le symptôme racontait toujours quelque chose, et nous on travaille quand même beaucoup en systémie, donc comment est-ce que ce symptôme... vient éclairer quelque chose dans le système qui peut paraître complètement dysfonctionnel, ça c'est sûr, dysfonctionnant, mais qui sert à quelque chose dans le système. C'est-à-dire que si dans le transgénérationnel il y a eu des mémoires d'abus ou des choses comme ça, et que ça se répète dans le système actuel, en fait on se rend compte que dans le système il y a une forme de loyauté aussi à quelque chose qui s'est passé, où il y a des choses qui ont été tues, des non-dits. que le corps est en train d'exprimer là parce que tant qu'on ne viendra pas mettre ça en lumière et le libérer du corps, ça reste complètement engrammé. Je pourrais en parler pendant des heures de tout ce que j'ai pu découvrir, mais en tout cas, moi, c'est ce qui m'a aussi amenée au moment du confinement à me dire que le corps n'a pas de place dans l'accompagnement que je fais. On est vachement dans le mental. Alors bien sûr, on fait tout ce qu'on peut. On orientait beaucoup vers des psychologues, etc., qui faisaient un super travail, psychologues, psychiatres, mais à un moment donné, le corps, l'un dedans, Il avait vraiment que très peu de place. Le seul professionnel vers lequel je pouvais être des fois orientée, mais c'était très rare, c'était des psychomotes. Et pour avoir une place avec un psychomotricien dans un CMP, bonjour, parce que les hôpitaux sont débordés, et puis que ce n'était pas toujours évident, que les familles n'étaient pas toujours OK. Mais voilà, moi, à un moment donné, il y a eu ce truc de « Attends, moi, à 17 ans, j'étais vraiment dans un profond mal-être. J'ai eu besoin de repasser par le corps. » Et pour moi, c'est une clé, mais indispensable. De toute façon, c'est notre véhicule, quoi. Donc, si on ne vient pas l'écouter, ça n'a pas de sens.
- Speaker #1
Tu parles de ton expérience à 17 ans, mais j'imagine que ça t'a renvoyé aussi des miroirs, peut-être. Alors, évidemment, que les enfants que tu accompagnais dans ce cadre-là avaient un parcours très, très lourd, mais... Il y a peut-être eu des miroirs de ton propre vécu par moments, éventuellement aussi peut-être que ça t'a renvoyé à des douleurs que tu pouvais reconnaître ou non. Est-ce que ça a soulevé des choses chez toi à ce moment-là ou réveillé des choses que tu pensais peut-être dépasser ?
- Speaker #0
Il n'y a pas eu beaucoup de moments où je me suis sentie, tu vois, à me dire « waouh, ça, ça vient réveiller quelque chose qui était enfoui à l'intérieur de moi » . Parce que je pense que je suis passée par tellement de cheminements intérieurs avant que j'étais quand même... un peu plus au fait de ce qui se passait à l'intérieur de moi. Par contre, d'être touchée particulièrement par des histoires où il y avait une blessure que je sentais très forte chez une jeune fille ou un garçon qui raisonnait avec la mienne, bien évidemment. Mais par contre, c'est là où ça me semble indispensable quand on est accompagnant. Alors, on reste humain, bien évidemment, mais c'est quand même d'avoir cette conscience de soi, de se dire, bon, là, ça vient toucher à un truc. qui m'appartient et si ça nous dépasse dans l'accompagnement, c'est pas ok. Là, voilà, c'est important.
- Speaker #1
C'est une posture.
- Speaker #0
Voilà, exactement. Donc oui, des miroirs, bien sûr, parce qu'il y a plein de jeunes dans lesquels je me retrouvais qui allaient adopter des fonctionnements que j'avais pu adopter avant. Donc c'était chouette parce que je me dis que de toute façon, tout ce que l'on a traversé nous et ce qu'on a réussi à dépasser nous sert aussi pour pouvoir accompagner au mieux après. C'est pas juste intellectuel. Quand on l'a vécu dans le corps, on est plus à même de pouvoir soutenir ça. Donc voilà, je ne sais pas si j'ai bien répondu à ta question.
- Speaker #1
On va peut-être faire un petit focus maintenant sur la kinésiologie.
- Speaker #0
Yes !
- Speaker #1
Donc tu nous as raconté comment elle était entrée dans ta vie. Mais j'aimerais que tu reviennes et que tu expliques pour celles et ceux qui ne connaissent pas du tout la kinésiologie, ce que c'est en quelques mots.
- Speaker #0
La kinésiologie, c'est une pratique psychocorporelle qui est au carrefour entre la médecine chinoise, les neurosciences et les nouvelles thérapies de gestion du stress et des émotions. Et en gros, parce que tu me dis en quelques mots et c'est jamais évident de décrire la kinésie en quelques mots, mais en gros dans les années 60, aux Etats-Unis, des chiropracteurs se sont rendus compte que lorsqu'il y avait un stress dans le corps, que ce soit un stress postural, un stress émotionnel ou un stress biochimique, donc lié à tout ce qui est hormonal, notre environnement, il y avait une baisse du tonus musculaire. Et donc, il y a eu après toute une mise en lien avec les méridiens d'acupuncture, qui sont ces autoroutes énergétiques qui nous traversent, la médecine chinoise, et donc est né le test musculaire, qui est vraiment l'outil de prédilection qu'utilisent les kinésiologues, pour venir dialoguer avec le corps de la personne. avec la mémoire du corps. On part vraiment du principe que le corps est le reflet de l'inconscient, que notre corps, c'est à l'image de cette boîte noire de l'avion qui retient toutes les informations du trajet de l'avion. Là, on est vraiment dans cette notion que le corps a une mémoire, que tout ce qui a été expérimenté, que ce soit les plus belles ressources ou les traumas, il y a une information, il y a une mémoire dans le corps. Et donc, le test musculaire va nous permettre d'aller identifié en fonction de ce pourquoi la personne vient. Donc je donne toujours un exemple à ces bateaux, mais voilà, admettons, pourquoi est-ce que tu viendrais ? Je ne sais pas, problématique de quoi ? On va dire...
- Speaker #1
Gestion du stress, je ne sais pas.
- Speaker #0
Bon, voilà, gestion du stress, je ne sais pas, il y a une tristesse latente, je n'en sais rien. Nous, l'idée, c'est... Ça, c'est le symptôme aujourd'hui, c'est la partie visible de l'iceberg. Nous, on va aller voir qu'est-ce que le corps raconte en lien avec ce symptôme, donc la partie immergée de l'iceberg. Ce qui est génial, je trouve, avec la kinésiologie, c'est que le test musculaire, c'est notre garde-fou. C'est-à-dire qu'il va toujours nous amener là où le corps est en capacité d'aller travailler, libérer, mettre en lumière certaines choses au moment de la séance, selon l'écologie de la personne, selon ce qu'elle est en capacité d'aller voir. On ne va pas brûler du gaz à aller chercher sur des sujets qui ne sont pas prêts à être... Et en fait, parfois, il y a des sujets, des fois, on se raconte des histoires et on est persuadé que c'est ça la cause de notre plus grande souffrance. Ça n'est pas du tout ça. Dans tous les cas, nous, on va aller écouter ce que le corps est en train de nous raconter. Et du coup, quel est le stress prioritaire à lever pour la séance ? Donc, c'est toujours dans l'écoute, et ça, vraiment, j'y mets un point d'honneur, mais dans l'écoute de la temporalité. de l'écologie de chacun. Donc voilà, le test musculaire, c'est on va explorer ensemble, à l'image un peu du petit pousset qui a laissé ses pierres jusqu'à la maison. On retourne à la maison là aussi, mais on va aller chercher un petit peu les petites pierres qui seraient tous ces petits messages un peu inconscients que le corps a laissés pour aller comprendre un petit peu qu'est-ce qui se joue à la racine en fait. Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui j'ai cette tristesse latente ? Et bien sûr, ça mettra le temps que ça mettra, parfois la première séance. Le corps va avoir besoin d'aller chercher de la ressource. Autre part, chez certaines personnes, inconsciemment déjà, de venir faire une séance, on va avoir besoin de s'assurer qu'on est en confiance, donc on y va tout doux. Et là, on écoute ce dont le corps a besoin pour la première séance et on va plus en profondeur après, etc. En fait, tous les mécanismes de défense qu'on a mis en place jusqu'à maintenant, ils étaient là pour nous protéger et ils servaient à quelque chose. Donc nous, on n'est pas là en mode « vas-y, on pète tous les barrages » . On va aller écouter à quoi ça sert et surtout aider le corps à se libérer de ça petit à petit pour qu'on puisse retrouver le pouvoir sur notre vie en fait, sur notre santé.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qui fait que tu as du coup lâché ce métier d'éducspé ? Parce que ça pourrait t'avoir apporté beaucoup de choses sur le plan humain, sur ta santé, mais pas forcément vouloir en faire ton métier. À quel moment tu t'es dit ok, j'ai compris ce que c'est, je l'ai expérimenté plusieurs fois, c'est hyper utile et du coup je change, je me reconvertis ?
- Speaker #0
En fait, je ne me le suis pas dit comme ça. C'était pendant le confinement. Comme beaucoup de gens, j'ai commencé à me poser pas mal de questions où je sentais, et là, je pense que j'étais beaucoup plus à l'écoute de ce qui se passait à l'intérieur de moi. Je sentais qu'il y avait quelque chose qui n'était plus aligné. Et comme je te disais, il y avait ce truc de, en fait, quelle est la place du corps dans mon métier ? Si je ne peux pas accompagner ces adolescents vers une écoute du corps, j'ai l'impression de ne pas pouvoir leur donner vraiment les clés et que ça ne suffit pas, en fait, ce que j'apporte. Donc j'ai eu un an où je me suis un peu cherchée à me dire, je sais qu'il faut que ça passe par le corps, mais quoi ? Donc voilà, je cherchais, est-ce que c'est des massages ? Et puis en fait, ça a été plein de rencontres différentes qui m'ont amenée à oser le pas de la kinésiologie. Parce qu'à plusieurs reprises, j'ai des professionnels qui ont pu me dire qu'ils sentaient que ça m'appelait. Et je pense qu'il y avait une partie de moi qui n'osait pas. C'est-à-dire, je me disais... Moi, la kinésiologie, ce que fait ma kinésio, c'est presque de la magie. Je n'ai pas ce don, je ne peux pas faire ça.
- Speaker #1
Un côté énergéticienne un peu...
- Speaker #0
Un côté, c'est inaccessible, en fait. C'est magique. Et moi, je ne sais pas faire de la magie. Il y avait ce truc un peu, tu vois, comme ça. Et puis, en fait, j'ai revu ma kinésio, on en a parlé. Et puis, c'est là où elle m'a dit, écoute, moi, j'ai fait ma formation avec Emmanuel Hermène, qu'il y a créer son école de kinésio, vas-y en totale confiance. Et donc je me suis dit, bon, allez, let's go, de toute façon j'ai rien à perdre. Donc je me suis inscrite au premier stage, c'était en janvier, donc l'année après le confinement. Et en fait, ça a été un retour à la maison en fait. Tu vois, je me suis dit, mais c'est une évidence. Tout ce que j'ai vécu pendant ces quatre jours de stage, je me disais, mais punaise, enfin, j'arrive dans un endroit où on parle le même langage que moi, je me sens totalement à ma place et... Je suis passionnée, en fait. J'avais toutes mes cellules intérieures qui dansaient la samba. Donc, c'était une évidence. Et donc là, je me suis dit, allez, j'ai envie de continuer. Je me suis inscrite aux autres stages. Et puis, j'ai continué mon boulot d'éduc à côté. Donc, c'était hyper prenant. Mais en fait, c'était évident. C'était l'appel du cœur, du corps, de tout.
- Speaker #1
Une formation complète, alors, combien de temps ça prend ? Ça consiste en quoi ?
- Speaker #0
Alors,
- Speaker #1
qu'est-ce qui différencie un kinésiologue d'une autre kinésiologue ? Je sais que toutes ces professions qui ne sont pas forcément réglementées peuvent faire peur parfois. Comment choisir le bon praticien ? Quelle formation il doit avoir suivie ? Qu'est-ce que tu pourrais nous conseiller là-dessus ?
- Speaker #0
Ta première question, c'était en combien de temps ? Alors, c'est en deux ans minimum de formation. Il faut avoir fait au moins 600 heures de formation. Donc, il y a une première partie de théorie, une première épreuve théorique qui se déroule au bout de deux ans. ensuite un mémoire à rédiger. Il faut avoir au moins pratiqué sur 50 personnes, avoir au moins reçu 10 séances sur soi. Bon, moi, j'explosais le quota depuis mes 17 ans sur les licences de kinésio. Je trouve ça vraiment important parce que je crois qu'il y a des écoles alors, ce ne sont pas des écoles qui sont référencées par les fédérations. Mais ça, ça me semble quand même hyper important qu'en tant que kinésio, on ait reçu quand même pas mal de séances aussi de notre côté et qu'on ait fait un boulot sur nous. Et puis, il y a une pratique devant un jury. Moi, c'est un jury de trois personnes sur quelqu'un que tu ne connais pas, ou de toute façon, on doit connaître un certain nombre de protocoles. Et tombe le protocole qui tombe le plus juste pour la personne à ce moment-là. Après, sur ce que tu disais, oui, tous les kinésios sont différents. Aujourd'hui, il y a quand même beaucoup d'écoles qui poussent un peu de partout. Et j'invite, bien sûr, comme pour tout corps de métier, mais comme tu dis, dans tout ce qui est profession non réglementée, c'est important de se renseigner sur l'école, sur la formation qu'a la personne. savoir si, voilà, nous, par exemple, il y a un référencement avec la Fédération française de kinésiologie, c'est une école qui est référencée qu'à l'IOPI, enfin, je pense que c'est quand même important d'aller voir un petit peu l'histoire de l'école. J'avais quand même vu sur Groupon qu'il y en avait qui proposait de la kinésiologie à distance, tu vois, pour te dire, au secours. Déjà, si quelqu'un vous dit, je me suis formée en kinésiologie à distance, n'y allez pas. C'est pas possible, on passe par le corps, il n'y a pas d'histoire de kinésiologie à distance. de formation de kinésio à distance, c'est pas possible. Après, je pense que là aussi, comme pour tout professionnel, on a tous notre couleur, on a tous notre vibration, notre teinte particulière qui est vraiment inhérente à notre parcours, à qui on est, en fait, véritablement. Et donc après, on va avoir les uns et les autres, des spécialités aussi, parce qu'il y a un socle commun. Mais après, il y a beaucoup de modules complémentaires, de modules de spécialité, et chacun choisit de se spécialiser là où il le souhaite.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus sur comment se déroule une séance ? Tu as parlé du test musculaire.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais certaines personnes seraient peut-être tentées, mais se disent, qu'est-ce que c'est exactement ? Qu'est-ce qu'il faut faire ? Tu dis que ça passe par le corps.
- Speaker #0
Oui, carrément. Le premier temps de la séance, c'est vraiment un temps d'accueil, où moi je vais écouter ce pour quoi la personne vient. qu'elle puisse m'expliquer un petit peu ce qui se joue pour elle, faire un petit peu ce qu'on appelle une anamnèse, un état des lieux de là où elle en est. Et puis ensuite, admettons la personne, comme on disait tout à l'heure, c'est une problématique hormonale. Les meufs ne lâchent jamais ces histoires d'hormones ! Émotionnelle, mais ça peut être un symptôme physique, ça peut être des difficultés relationnelles. En réalité, tout est toujours lié dans tous nos systèmes. La personne vient, on voit un petit peu la problématique. Moi, je pose toujours l'intention de qu'est-ce qu'elle attend de ce travail, c'est quoi l'intention pour elle, comment est-ce qu'elle aimerait se sentir. Et je répète toujours que moi, je ne suis pas là avec ma baguette magique et que ce n'est pas moi qui fais tout, c'est vraiment un co-travail. On est là ensemble et on va explorer ensemble, dans le respect le plus profond du corps, ça c'est sûr, et au rythme de la personne. Et donc après, on est sur une table de massage, habillés. Et donc le test musculaire, il se fait au niveau du poignet. Donc on travaille sur le muscle brachial. Mais on peut aussi, pendant la séance, être amené à tester différents muscles. Nous, ce qu'on va aller écouter, c'est la réponse du muscle, de toute façon. Donc en réalité, là, on va être dans une exploration où le corps, il va nous amener, parfois sur des âges particuliers, parfois sur des émotions, où ça peut être sur un muscle à tester. Au fur et à mesure, on va essayer de retisser un peu l'histoire. L'histoire de l'émotion qui a du mal à être libérée, l'histoire du symptôme. Suite à ça, on va avoir un protocole spécifique, c'est-à-dire que le corps va nous amener sur ce dont il a besoin pour aller rééquilibrer, faire en sorte que l'énergie circule correctement dans le corps. Donc là, ça peut être des techniques empruntées à la médecine chinoise, ça peut être des visualisations, ça peut être des modes oculaires, un peu comme on ferait en EMDR, ça peut être... En fait, tiens ! plein de protocoles hyper différents et la kinésiologie a beaucoup de toute façon évolué en fonction de tout ce qu'on a aujourd'hui découvert avec les neurosciences etc. Et plus on avance, plus il y aura de protocoles différents parce que les besoins du corps évoluent aussi. À la fin, il y a vraiment une rééquilibration qui est mise en place dans le corps et puis il peut y avoir aussi un temps où on va exposer un peu ce qu'on appelle les ancrages, c'est-à-dire des exercices à faire à la maison pour venir ancrer le travail qu'on aura fait pendant la séance. Et puis voilà. En gros, les trois grands temps de séance.
- Speaker #1
Ok. Est-ce qu'elle est prérequise pour avoir une séance ? Je parle en termes d'âge, de conditions physiques ?
- Speaker #0
Non, il n'y a pas de prérequis. C'est-à-dire qu'on peut tout à fait accompagner une femme enceinte, un bébé, un enfant, un adolescent, une personne âgée, tout âge confondu. Après, oui, bien sûr, s'il y a des prérequis, c'est-à-dire que c'est important de toujours rappeler que je ne suis pas psychologue, je ne suis pas psychiatre. Et par exemple, des personnes qui souffriraient, De psychose, par exemple. Quand il y a des gros troubles psychiatriques, la kinésiologie n'est pas adaptée. Donc c'est là où il faut être vigilant. Et de toute façon, je demande toujours s'il y a un suivi à côté. Et souvent, quand il y a une thérapie à côté, moi j'aime bien pouvoir être en lien aussi, ou m'assurer que... Le ou la psychologue donne son aval. Un kinésio ne va jamais avoir aucun regard sur le traitement d'une personne, un traitement médicamenteux. Je pose toujours la question aussi s'il y a par exemple de l'épilepsie. Je sais qu'on ne va pas travailler sur certains réflexes archaïques par exemple. Mais en soi, il n'y a pas de limite d'âge. Tout le monde peut venir en fait. Tous les humains.
- Speaker #1
Trop bien.
- Speaker #0
Les animaux aussi d'ailleurs. Mais ça c'est pour ceux qui sont formés en kinésio animal.
- Speaker #1
Ah oui d'accord. Tu parles de mémoire du corps, tu parles aussi de kinésiologie transgénérationnelle. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus sur tout ça ?
- Speaker #0
Oui. Alors, en termes de mémoire transgénérationnelle, qu'est-ce que ça raconte ? Comme son nom l'indique, c'est qu'on est tous porteurs, et quand je dis ça, ça ne doit pas être quelque chose de plombant, c'est qu'on est tous porteurs de l'histoire aussi de nos lignées. Aujourd'hui, l'épigénétique nous montre qu'on peut être porteurs de certains gènes, ce n'est pas pour autant qu'ils vont être actifs en nous. Ça va dépendre de notre hygiène de vie, ça va dépendre de nos pensées, de nos croyances, etc. Mais en fonction de ce qu'ont vécu nos grands-parents, nos arrière-grands-parents, ce qui n'a pas été libéré dans le système peut ressurgir sous forme de symptômes chez nous. Il y a souvent Moi, je le vois beaucoup et je l'ai beaucoup expérimenté. Moi, dans mon expérience, je me suis rendue compte de toutes ces loyautés familiales, de tout ce qu'inconsciemment on mettait en place pour rester rattaché au clan. Parce que pour l'inconscient, le fait de faire partie du clan familial, c'est la survie, en fait. Lorsqu'on n'appartient plus au clan, pour notre cerveau archaïque, c'est en fait, je vais mourir, parce que je me retrouve seule de mon côté, je n'ai plus personne pour me protéger. Et on oublie, mais cette partie de notre cerveau fonctionne toujours comme au paléolithique, quoi. Donc ces loyautés familiales parfois nous empêchent de pouvoir trouver notre propre sillage. On continue à être dans le sillage d'un grand-parent, d'une grand-mère parce qu'on ne va pas s'autoriser à avoir la vie dont on rêve parce qu'elle n'a pas pu la vivre. Ou des choses comme ça en fait. Et on reste profondément finalement bloqué dans le passé. Mais ça, sans aller écouter le corps, c'est tellement difficile. C'est tellement profondément inconscient. Là, on a besoin d'aide pour aller déceler ces choses-là. Mais c'est vrai que des fois, j'ai eu des séances tellement... puissante où on tombe sur un arrière-grand-père. Certaines personnes me disent « j'ai aucune information sur ce grand-père » et d'un coup, il y a une émotion, il y a quelque chose qui se libère, qui est juste incroyable. Et des fois, on n'a même pas besoin de savoir, en fait. Des fois, on n'a pas besoin de comprendre. Mais nous, on aime tellement comprendre ! On aime tellement ! Et puis en plus, en France, on est quand même très nourris par l'intellect, on le valorise beaucoup, mais parfois, le corps, il nous transmet plein de messages. On n'a pas besoin d'aller comprendre. exactement ce qui s'est passé, on a juste besoin d'être libérés et d'aller mieux en réalité. Le transgénérationnel c'est comment est-ce que nous aujourd'hui on peut apprendre à retrouver le pouvoir sur nos vies et à honorer le parcours de nos ancêtres, de tout ce qu'ils ont expérimenté, de tout ce qui va faire ressource, mais aussi accepter que leur trauma et leur destin ça leur appartient et que nous on a à vivre le nôtre en fait. Voilà ce qui me vient par rapport au au tranger, je sais pas si ça répond bien à ta question mais...
- Speaker #1
C'est parfait. Quelles sont les spécificités de la kinésiologie périnatale ?
- Speaker #0
Moi, j'ai une spécialisation en périnatalité. En fait, ça ne concerne pas, on pourrait penser que ça ne concerne que les femmes enceintes, mais en fait, ça nous concerne tous, puisque a priori, on a tous eu une vie in utero. Et ce qu'on appelle programmation périnatale, c'est l'idée de venir se reconnecter à toutes ces mémoires in utero, à comment est-ce que... Selon la manière dont notre mère a vécu sa grossesse, les stress qu'il y a pu avoir, comment est-ce que l'enfant à l'intérieur a capté ces ambiances émotionnelles et en a fait parfois une réalité ? Je peux peut-être donner un exemple, parce que parfois c'est quand même assez aidant. Moi par exemple, j'ai parlé tout à l'heure de cette problématique d'intrusion que j'avais. Je me suis rendue compte à plusieurs reprises que lorsque je faisais des séances de kinésio, on retombait souvent à... trois mois de vie fétale, etc. Et souvent, je demandais à ma mère, je disais, mais il n'y a pas eu un truc au troisième mois de vie fétale ? Comment ça s'est passé pour toi ? Et puis, il a fallu du temps pour que ma mère, à un moment donné, me dise, je me souviens, j'étais en formation, elle me dit, mais si ! Et puis, je lui dis, là, je viens de faire une séance, et puis l'ambiance émotionnelle, il y avait vraiment quelque chose, justement, autour d'une problématique d'intrusion. En fait, il y avait une histoire de vie et de mort dans l'affaire. Et en fait, ma mère me dit qu'il y avait... une personne trisomique dans ma famille. Donc, elle, vu qu'elle a eu une grossesse quand même assez, je veux dire, âgée, à 35 ans, elle a dû faire une amniocynthèse. Donc, cette fameuse grosse aiguille. Et puis, dans le temps, je pense que c'était... Alors, je ne sais pas exactement comment aujourd'hui ça se passe, mais en tout cas, la manière dont elle me l'a racontée et comment elle l'a vécue, on n'était pas sur une approche très douce.
- Speaker #1
C'est toujours invasif.
- Speaker #0
C'est toujours invasif. Bon, toujours est-il que... Ça, ça a été capté pour ce petit bébé que j'étais à l'intérieur de, en fait, là, on rentre. Et attention, quand je dis ça, je ne remets pas en question cet acte médical qui était nécessaire, pas du tout. Là, on est vraiment sur comment est-ce que ça a été capté. Pour moi, il y a vraiment eu cette intrusion de là, on rentre dans ma maison, on rentre dans mon cocon, on rentre dans ma bulle. Et il y avait surtout derrière cette idée que si je n'étais pas un bébé parfait, un bébé qui était sain, j'allais pas être gardée. Là, en termes de pression, de perfection, il y a toujours eu chez moi quelque chose de très douloureux à vivre à ce niveau-là. Donc je ne dis pas que c'est que ça, mais en tout cas, le jour où j'ai vécu cette séance, que j'ai pu aller libérer les charges de stress qu'il y avait là-dessus, il y a des choses qui ont vraiment changé sur comment est-ce que j'arrive à dire non, comment est-ce que je délimite un peu plus mon territoire aussi. Et bien sûr, après, le travail sur comment est-ce que je me suis construit avec cette idée que je devais toujours être la petite fille parfaite, etc. Il y a eu tellement d'événements qui sont allés en résonance dans mon enfance avec tout ça, qu'il faut du temps pour que je puisse désengrammer un peu cette croyance-là. Mais c'est pour donner un exemple de ce qui peut être capté à ce moment-là. Et attention, il n'y a pas de culpabilité pour les mamans à avoir de se dire « Oh là là, moi j'ai vécu ci, j'ai vécu ça » . En fait, c'est juste la nature, c'est juste la vie. Et ce qui est chouette, c'est de se dire que rien n'est immuable et qu'on peut aller libérer les stress qu'il y a eu là-dessus. De la même façon que quand on a vécu une fausse couche. Il y a eu tellement d'histoires, là aussi, dans nos lignées, on parlait de transgénérationnelle. Quand il y a eu des femmes qui sont mortes en couche, par exemple, le nombre de séances que j'ai faites là-dessus pour des femmes qui étaient, mais dans des angoisses, pas possibles de devenir mère, parce qu'en fait, pour elles, là, dans la lignée, il y avait quand même ce stress énorme de, en fait, quand on devient mère, on meurt. C'est quand même hyper profond. Nos corps ont ces informations-là. On peut très bien avoir une grand-mère qui est morte en couche et pas avoir de problème, on peut tout à fait bien vivre le truc. Mets. C'est important de se rendre compte qu'il y a toutes ces mémoires-là et qu'on peut vraiment faire quelque chose pour aller refaire circuler l'énergie là-dedans. Donc quand il y a eu des fausses couches, quand il y a des stress autour de devenir mère, quand il y a des parcours de PMA, des difficultés autour de la fertilité. Moi j'ai fait tout mon mémoire autour justement de ces mémoires qui impactent les hormones et la fertilité. Il y a beaucoup de choses qui vont tourner autour des mémoires périnatales, de tout ce qui a été capté pendant la vie fétale. Voilà ce que je peux dire un peu sur la programmation périnatale en gros.
- Speaker #1
je sais que ta posture de professionnel est fondamentale pour toi en quoi consiste-t-elle est-ce que le respect de la posture est quelque chose qui t'a manqué personnellement à un moment quand tu consultais certains praticiens praticiennes, t'as évoqué tout à l'heure l'endocrine qui a été très catégorique sur ta fertilité etc qu'est-ce que tu mets derrière cette posture toi aujourd'hui ?
- Speaker #0
Je te remercie pour cette question qui est hyper importante parce que Pour le coup, tu vois, je rebondis juste rapidement sur cet endocrino. Je sais à quel point les maux ont un impact et à quel point, moi, ça a conditionné beaucoup de choses dans mon parcours, de croire que mon corps ne pouvait pas fonctionner naturellement. Et bon, voilà, j'ai arrêté mon traitement et mes cycles sont revenus. Je me suis fait accompagner en kinésio, en naturo, etc. Donc tout ce qu'il avait pu me dire, j'ai pu... Je suis la preuve vivante qu'on peut tout à fait avoir un SOPK. Et on dit qu'on ne guérit pas du SOPK, mais en tout cas être libéré de la majorité des symptômes. Pour moi, j'ai déjà donné pas mal de valeurs qui me semblaient importantes dans la kinésio, c'est-à-dire d'être vraiment dans le profond respect de l'écologie, la temporalité de la personne, de ne surtout pas forcer pour flatter l'ego. En fait, je vois parfois, il y a certains professionnels qui pourraient avoir ce truc de se dire « bon ben la personne, elle vient avec une attente » . Forcément, on projette plein d'attentes. Et moi, la première, des fois, quand je vais avoir une douleur, je peux projeter... Une attente sur un professionnel, mais c'est important de pouvoir se décaler et de se dire, voilà, je fais ma part en étant neutre à l'écoute du corps et rappeler à la personne qu'on va faire 50-50, c'est-à-dire que voilà, moi je ferai ma part et elle va faire la sienne et qu'il y a des choses qui ne m'appartiennent pas aussi là-dedans. Tu le disais dans ta petite introduction là, trop mignonne, sur ce qu'on partageait comme valeur autour de l'autonomie. Pour moi, ça c'est hyper important. J'ai un profond respect pour les gens. Ça paraît tout simple, mais j'essaye autant que possible de rester vraiment connectée à mon cœur dans ce que je fais. C'est-à-dire que c'est ma joie qui m'a toujours animée, qui a été mon moteur pour aller vers la kinésiologie. Et je pense que j'arrive à voir aujourd'hui quand je suis... Enfin, je dis ça en toute humilité parce que, comme tout le monde, j'ai mes failles et il y a plein de fois où je vais être dans les goûts. Mais je pense que dans ma posture, en tout cas, j'essaye le plus possible. de rester connecté à mon coeur et de ne pas aller dans ma posture de la sauveuse que je sais que c'est quelque chose que je peux vraiment incarnée. Mais j'ai vraiment à cœur que chacun puisse trouver des clés. Moi, je suis ravie quand les gens me disent « Je me rends compte que là, je n'ai plus besoin de kinésio. » Ou alors, je reviens quand j'ai un blocage spécifique que j'identifie. Moi, ce dont je rêve, c'est qu'on puisse tous avoir notre boîte à outils et qu'on se rende compte qu'on est tous les créateurs de nos vies, qu'on puisse aider les uns et les autres avec les dons qu'on a tous. Mais c'est cette autonomie, retrouver chacun le pouvoir sur sa vie. En étant connectée au cœur, en étant dans l'humilité aussi par rapport à des choses qu'on ne peut pas contrôler. Parfois, ça met du temps de guérir aussi. Et ça, je le redirai encore et encore. Mais bon, quand je vois aussi le parcours que j'ai eu, on voit que les choses ne se sont pas faites. Et puis, j'ai encore plein de choses à bosser. Oui,
- Speaker #1
puis chacune a sa temporalité, son parcours.
- Speaker #0
Oui, ma posture, la bienveillance. En fait, je me dis que j'ai envie d'accompagner les gens tels que j'ai envie d'être accompagnée dans ma vie. Je crois que c'est ce qui me vient assez spontanément.
- Speaker #1
Et comment tu vis avec ton corps aujourd'hui ?
- Speaker #0
Écoute, on est pas mal ! On est plutôt potos maintenant. Non, sincèrement, je peux dire que j'aime mon corps. Je le chéris et je me dis qu'on a vécu tellement de choses ensemble. En fait, c'est ma priorité. C'est-à-dire que ma santé aujourd'hui, c'est ma priorité. Je me dis que... Ce que je kiffe, c'est explorer, c'est d'être avec les gens, c'est de connecter, etc. Mais je ne peux pas faire ça si je ne suis pas en bonne santé. Je ne peux pas faire ça si je n'écoute pas mon corps, si je n'écoute pas mes besoins, si je ne prends pas soin de moi. Et moi, j'ai envie de vivre en kiffant. Et mon corps, c'est juste mon plus fidèle allié. Donc honnêtement, maintenant, même quand je tombe malade, je me dis bon, ok, en fait. La vie, elle m'envoie les gros moyens, mais il faut que ça nettoie là-dedans. Il faut que ça nettoie là-dedans. Cette phrase ne veut rien dire, mais tu as compris.
- Speaker #1
Non mais il faut que tu sois à l'écoute, il faut que tu laisses ton corps se reposer.
- Speaker #0
Oui, en fait je ne suis plus en résistance en train de me dire mon corps c'est mon vecteur de souffrance et je ne comprends pas et je ne peux plus avancer, je suis fatiguée. Non, non, non, non, en fait je crois que je suis dans l'acceptation de ce que je traverse et mon corps j'ai vraiment envie de le chérir, j'ai vraiment envie d'en prendre soin et de l'écouter. Et c'est ce que j'ai envie de transmettre parce que c'est vraiment la clé d'oser ressentir, de ne pas se fuir. Sincèrement, s'il y avait une chose à résumer c'est ça, accepter de ressentir.
- Speaker #1
C'est un joli programme. En termes de transmission, justement, je voulais savoir si tu voulais partager éventuellement un rituel, un geste, quelque chose qui pourrait être utile aux personnes qui nous écoutent.
- Speaker #0
Tu vois, le simple fait de venir amener ce soupir-là, ce truc de vraiment, j'ose le faire bruyamment, j'inspire et... Voilà. De juste faire ça dans les moments de la journée où... On sent qu'il y a une hyper agitation mentale, il y a une nervosité. C'est un truc vraiment tout simple. En fait, on envoie le signal au système nerveux qu'il y a de la détente. Il y a de la sécurité, donc. Ça, c'est un truc qu'on peut faire, mais on peut le faire 5 fois, on peut le faire 10 fois s'il y a besoin. Mais c'est vraiment quelque chose qui... Bon, le souffle, de toute façon, c'est la base, c'est la vie. C'est un truc tout simple. Après, sincèrement, c'est dur d'en donner qu'un.
- Speaker #1
Sors-toi libre d'en donner plusieurs.
- Speaker #0
J'en donne plusieurs. S'il y avait une phrase pour résumer tout ça, c'est accepter de ressentir. Il me semble absolument essentiel de prendre son agenda, si il y a un agenda, et de se caler des moments avec soi pour venir se recharger, pour venir se libérer. Et en fonction de ce que l'on a vécu, parfois on n'a pas l'espace, on est au boulot et je ne sais pas, il y a notre boss qui va nous envoyer un truc ou on a une surcharge de boulot, on n'en peut plus. Et puis on rentre le soir, il y a les enfants, il faut leur donner le goûter, le bain, les devoirs, machin et tout. Et on se dit, mais en fait, quand est-ce que ça va pouvoir sortir ? Parce qu'on est tout le temps en contraction, le corps n'a pas du tout d'espace pour libérer ça. Donc ça se libère peut-être des fois sur le conjoint, sur les enfants, etc. Et là, ça se rajoute de la culpabilité et puis ça ne vient pas régler le nœud du problème. Donc le mouvement, c'est la life. Donc à un moment donné, il faut le mettre dans son emploi du temps, qu'il y ait du moment de mouvement. Et si c'est de la marche, mais d'avoir une vraie marche, où on n'est pas juste de « je pars de la maison et je vais au métro, et puis j'ai un podcast dans les oreilles, etc. » C'est important quand même d'avoir des moments pour soi où on peut venir amener du mouvement dans le corps, où on se dit « là, c'est mon temps pour moi » , ou d'aller faire du sport. Moi, je sais que selon les émotions que j'ai à sortir, parfois je vais avoir envie de courir, parfois je vais avoir envie et besoin de m'étirer, de faire du yoga, de me poser pour respirer, d'aller me faire masser. Ça, je n'en ai pas parlé, mais moi, ça a été une vraie... thérapie pour moi, qui avait un gros problème avec les limites de mon corps pour me ressentir, le massage, je sais que c'est un budget, mais c'est pareil. À un moment donné, je me suis dit, c'est ça qui me permet d'être vraiment détendue, de me sentir. Donc là, c'est très personnel ce que je raconte, mais en fait, je pense que... Quand on arrive à un moment de saturation qu'on ne sait plus par où commencer, il faut accepter d'avoir des temps de relaxation, des temps de pause. En fait, le corps, quand on envoie le signal de détente et qu'on lui envoie de l'amour et qu'on se dise tranquille, on va prendre le temps, ce n'est pas genre il faut que tu ailles te faire masser ou il faut que tu fasses tes étirements. Oui, il n'y a pas d'instant. Mais juste de dire ok, allez mon petit body d'amour là. On va se détendre et on prendra le temps que ça prendra. Mais voilà, d'essayer d'amener de la relaxation pour que le système nerveux puisse avoir cette information de sécurité. Parce que si moi j'ai eu tout ce parcours, c'est parce qu'il y avait une insécurité intérieure énorme. Quand il y a de la colère, moi j'ai plus peur d'aller prendre un coussin et de taper dedans ou d'hurler dedans. Comme je te disais tout à l'heure, il y a plein de moyens d'aller sortir nos émotions. Ça peut être de mettre de la musique à donf avec nos enfants et de danser comme une dingue. Ça peut être en voiture, d'aller chanter comme une maboule dans sa caisse. Mais ça fait sortir des émotions. Et comme dit Emmanuelle Hermène, notre directrice de formation, c'est un petit peu chaque jour, comment est-ce que je peux aller lâcher un peu.
- Speaker #1
Est-ce que ce soit une minute si vraiment on est débordé, il n'y a pas plus d'espace dans cette période de vie ? Il vaut mieux une minute chaque jour que de se programmer 30 minutes le week-end qui peut-être ne tiendront pas.
- Speaker #0
Oui, et puis de ramener un peu de présence et ça peut être, je mets une main sur mon ventre et une main sur mon cœur dans ma journée. Et juste là, je prends le temps de me faire quelques respirations, mais de respirations où là je suis vraiment présente avec moi. Le corps et le cerveau, ils apprennent avec la répétition. Donc petit à petit, ça devient un besoin et ça appelle à plus. Voilà, humilité, acceptation du temps dont on a besoin pour mettre tout ça en place. Moi, il y a des fois où, quand je sens que j'ai des grosses tristesses, j'ai ma playlist de chansons pour pleurer. Et je pleure jusqu'à ce que ce soit fini. Après, il y a cette dernière larme où je me dis, OK, c'est bon, c'est passé. Je n'arrivais pas à faire ça au début. Aujourd'hui, il n'y a pas de problème. J'y vais, je plonge et je la touche du doigt, ma tristesse. Et il y aura peut-être des tristesses que je n'arriverai pas à toucher du doigt et je retournerai dans mes travers. Mais j'aurai ces outils. Donc voilà, je t'en ai dosé un peu quelques-uns au compte-voutre comme ça. Il y en a plein auxquels je ne pense pas là tout de suite qui me reviendront peut-être. Et puis en fait, se faire accompagner quand on ne sait pas dans quelle direction, par quoi commencer. Vraiment, demander de l'aide.
- Speaker #1
Ok, c'est précieux en tout cas tout ça. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu aimerais ajouter ? Un sujet qu'on n'a peut-être pas abordé ? Une question que tu aurais aimé que je te pose, est-ce qu'il y a quelque chose que tu voudrais ajouter pour refermer ce moment ?
- Speaker #0
Je crois qu'on a pas mal papoté.
- Speaker #1
Oui, j'aurais pu discuter encore comme ça pendant trois heures.
- Speaker #0
C'est tellement intéressant, mais au cas où ? Peut-être d'accepter davantage, je disais, de faire des pauses, mais d'essayer de trouver des moments de silence. Je pense que moi, c'est ce qui a été le plus dur pour moi dans mon parcours, d'accepter de faire des pauses. et de me retrouver dans le silence avec moi. Mais sincèrement, c'est dans ces moments où il n'y avait pas l'extérieur qui amenait tout son bruit, que j'ai vraiment eu des réponses. Mais je sais que quand je dis ça, ça peut paraître un peu nébuleux, et chacun fera son expérience, mais essayez peut-être d'avoir des temps, je sais que la nature aide beaucoup pour ça, à se recalibrer sur un rythme, beaucoup plus naturel finalement pour nos corps. Mais de ralentir et de ne pas toujours avoir... un podcast, de la musique dans les oreilles, de ne pas être toujours en train de faire quelque chose et de vraiment des fois se poser en silence et je disais tout à l'heure, la main sur le cœur, sur le ventre, et de ne pas hésiter à jouer, à expérimenter aussi quand on a une question ou des choses qui nous passent par la tête de, ok, dans quelle direction je dois aller là ? Et d'écouter ce qui se passe dans le corps. Je sais qu'au départ on se dit, je ne sais pas, mon mental qui va me sortir 12 000 réponses et tout, je connais, je suis vraiment passée par là. Mais d'accepter que ça se passe comme ça au début et de l'expérimenter. Et ça me fait juste rebondir sur peut-être un dernier truc, un outil, mais que tu connais aussi. Et je sais qu'il y a pas mal de personnes qui l'utilisent, mais moi qui m'aide beaucoup. Pour les personnes qui sont beaucoup dans le mental, moi je sais que je prends souvent mon téléphone. J'enregistre, j'écoute pas après, mais je vais me parler toute seule. Et quand il y a trop de choses dans ma tête, je suis là, ok, bon alors là je dépose. Il y a eu ça, Et je déballe tout ce que mon mental a besoin de déballer. Il faut qu'il y ait une soupape, sinon ça reste dans le champ mental, ça reste la nuit et ça continue de s'auto-alimenter. C'est un petit tips en plus, moi, qui m'aide beaucoup. Et en général, j'ai eu aussi des chouettes réponses en m'entendant parler aussi, en me disant, en fait, c'est ça, c'est ça la clé dans l'affaire. Et je pense que je vais m'arrêter là. Mais merci pour toutes ces questions et ces échanges, c'était trop chouette.
- Speaker #1
Un immense merci à toi, Candyce, pour ce temps passé ensemble et pour tout ce que tu as apporté. à travers ton authenticité dans tout ce qu'on a échangé.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci aussi d'avoir livré des fragments de ton histoire personnelle. Merci pour la douceur de tes mots, pour la force tranquille que tu offres au monde, à travers ton métier notamment. Merci d'exister comme tu existes, avec ta lumière qui éclaire et réchauffe celles et ceux qui sont autour de toi. Si vous souhaitez prendre rendez-vous avec Candyce, elle exerce désormais à Etréchy, dans l'Essonne, elle est également facilitatrice de cercles et propose des retraites pour se reconnecter à soi. Vous pouvez la retrouver sur son site internet candice-kinesiologie.fr et sur son compte Insta, ou je dirais ses comptes Insta maintenant, il y a @candyce_encorpsetencoeur . Et pour tout ce qui concerne les retraites, sur @retraite_en_corps .
- Speaker #0
Un immense merci pour votre écoute.
- Speaker #1
J'espère que vous y aurez trouvé des pistes de compréhension de votre corps et peut-être de ceux des personnes qui vous entourent. Vous entendez probablement ça à chaque écoute de podcast, mais il est vraiment essentiel pour moi de vous le rappeler. Si cet épisode vous a plu, s'il vous plaît, abonnez-vous et mettez-lui 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute. Laissez un commentaire et partagez cet épisode, c'est le seul moyen pour moi de faire connaître ce podcast que je crée bénévolement, pour nous, avec le cœur. Vous pouvez également suivre l'actualité d'Encore à écouter sur sa page Instagram, où vous découvrirez mes invités en avant-première. A très vite !