- Speaker #0
Musique Bonjour et bienvenue dans Un corps à écouter, le podcast qui nous permet de cheminer ensemble vers une reconnexion à nos corps. Comment fait-on pour apprendre à écouter ou réécouter son corps quand on n'a pas le mode d'emploi ? C'est ce que je vous propose d'interroger épisode après épisode à travers un cheminement individuel et collectif, une quête commune. Je suis Céline Auvray, créatrice de ce podcast, mais aussi doula et maman de trois enfants. Dans chaque épisode, je vous emmène avec moi à la rencontre de mes invités qui ont un corps à écouter, à apprivoiser, à comprendre, et des pistes pour nous apprendre à habiter nos corps avec plus de conscience. Une façon d'être également plus connecté à nous-mêmes et plus en lien aussi entre nous. Aujourd'hui, je reçois Marie-Sophie Hameury, éducatrice menstruelle. Marie-Sophie accompagne des personnes autour du cycle féminin et de la vie hormonale. Elle intervient auprès des familles, des écoles, des entreprises, pour aider les femmes à mieux comprendre ce qui se joue dans leur corps et à se relier avec plus de clarté et de confiance. Dans cet épisode, nous allons parler cycle féminin, premières règles, puberté, mais aussi de tout ce qui entoure ces expériences. Les silences, les clichés, la gêne, la honte parfois. Ce sujet est important parce que l'adolescence constitue un passage durant lequel se joue une grande part de la relation qu'on entretiendra ou non avec notre corps, et parce qu'il n'est jamais trop tard en tant qu'adulte pour venir réparer, réapprendre ou transmettre autrement. Les règles ne devraient jamais être un non-dit ni une charge honteuse à porter en silence. Elles ne sont pas seulement l'affaire des filles ou des femmes. Cet épisode s'adresse donc aussi aux garçons, aux jeunes hommes, aux pères, aux frères, à tous ceux à qui on n'a jamais vraiment expliqué ce que c'était, qui ont grandi dans le flou, dans les blagues douteuses ou les silences gênés, à ceux qui pensent que ce sujet ne les concerne pas, alors qu'il est au cœur de la vie des relations, de l'écoute et du respect mutuel. Car mieux comprendre ce qu'est un cycle, ce que traversent les jeunes filles à la puberté, Ce que vivent les femmes dans leur corps chaque mois, c'est aussi mieux se situer en tant qu'hommes, c'est savoir accompagner, soutenir, faire équipe. Cet épisode permet de poser les bases d'un rapport au corps plus simple, plus juste et plus digne, pour que les jeunes filles n'aient plus honte, pour que les garçons puissent comprendre, pour que les femmes soient fières, pour que les hommes soient des alliés. Bonjour Marie-Sophie, bienvenue par ici, et merci beaucoup d'échanger avec moi sur ce sujet passionnant. Est-ce que tu peux commencer par te présenter ? et nous dire comment tu en es venue à accompagner les femmes dans leur vie hormonale.
- Speaker #1
Déjà, merci Céline de m'accueillir. Je suis ravie de parler de ce sujet qui me passionne depuis plusieurs années, effectivement. Alors, comment j'en suis arrivée là ? Je pense que c'est un faisceau de plusieurs choses. On va dire que la principale origine, c'était pendant le Covid, où j'ai écouté une conférence en ligne de Gaëlle Baldassari sur... Sur le cycle, en fait, il y avait plusieurs intervenants spécialistes sur le sujet et j'ai pris une claque parce que je me suis rendu compte qu'il y avait tout un pan de moi-même que je ne connaissais pas et qui était fondamental. Et à partir de là, en fait, j'ai plongé dedans à tel point que j'ai décidé de me former. Et en 2022, je suis devenue éducatrice menstruelle formée par Gaëlle Baldassari, qui est la fondatrice de Kiffe Ton Cycle. Et depuis, j'anime des ateliers, notamment des ateliers... pour l'arrivée des premières règles, en duo mère-fille, mais pas que. C'est cet atelier-là qui est mon premier atelier, en fait, et qui est mon atelier, on va dire, chouchou, parce que j'attache une importance sur le lien entre l'adulte référent, en l'occurrence la mère et la fille, sur la transmission, le genre de choses qu'on n'a pas forcément eues nous-mêmes, en tous les cas pour ma génération, et que je trouve hyper important pour que l'enfant grandisse dans le respect d'elle-même, de son corps, de l'acceptation et pas la honte. qu'elles comprennent que c'est sain, c'est naturel et qu'on peut en parler librement. Voilà un petit peu pour brosser le tableau.
- Speaker #0
Quand tu dis que tu t'es pris une claque ou que tu n'as pas eu accès aux infos, je pense qu'on est des générations qui ont grandi un peu dans le silence et dans le tabou sur ces sujets-là. Quel était ton rapport aux règles et au cycle, toi, en grandissant ?
- Speaker #1
Écoute, moi, je n'ai jamais eu de problématique liée au cycle, en fait. Contrairement à pas mal d'éducatrices menstruelles qui ont souvent... Je ne vais pas faire de règles générales, mais moi, je n'ai pas de douleur, je n'ai pas de SPM ou de TDPM. Je n'ai vraiment rien de tout ça, en fait. Alors, effectivement, quand j'étais plus jeune, la mise en place du cycle, ça a été compliqué, mais la mise en place est toujours un peu compliquée. Mais non, moi, en tant qu'adulte, je n'ai jamais eu de problème, en fait. Pour moi, le cycle se résumait aux règles. Donc c'était la charge des règles à gérer tous les mois. Et encore, ce n'était même pas douloureux ni problématique en termes de quantité. Donc ce n'est pas ça, en fait, la claque que je me suis prise. Moi, c'est sur tout ce qu'il y a derrière, en fait. Et c'est énorme.
- Speaker #0
Oui. Ok. Et donc, tu fais le distinguo, évidemment, entre les cycles et les règles. Donc je trouvais intéressant de nous pencher de manière plus spécifique sur les cycles pour démarrer avant d'attaquer le sujet des règles. Est-ce que tu peux nous expliquer quelles sont les différentes étapes du cycle, sur le plan hormonal, émotionnel, physique, et comment est-ce qu'on peut apprendre chacune à observer ces étapes ?
- Speaker #1
Alors, il y a plusieurs questions dans une question. Le cycle, effectivement, quand on parle de cycle, si on revient à la définition de base, le cycle c'est quelque chose... Alors, si on prend le symbole, c'est un cercle, donc c'est quelque chose qui va se reproduire régulièrement. On parle du cycle des saisons. Tous les ans, on revient avec les quatre mêmes saisons. Le cycle menstruel, c'est pareil en fait. Donc ça veut dire qu'en fait, on a différentes phases et ces différentes phases vont revenir régulièrement. Donc je vais parler de ce qu'est un cycle en santé, un cycle normal. Un cycle en santé, c'est un cycle ovulatoire qui est composé de quatre phases. La première phase, c'est la phase des règles. Donc le premier jour du cycle, c'est important de le dire, c'est le premier jour des règles. Des fois, on ne le sait pas et on est un peu dans le flou pour compter le nombre de jours. Donc là, c'est assez simple. Le premier jour des règles, c'est le premier jour du cycle. Et donc la première phase du cycle, c'est les règles. Les règles, elles vont durer entre 2 et 7 jours. Ensuite, on passe à la phase, on va dire préovulatoire, mais on l'appelle aussi folliculaire, qui est... Une phase qui est plutôt dans une énergie dynamique, parce qu'on a une montée des oestrogènes. Les oestrogènes nous donnent l'envie de dépoter, de dérouler la to-do list. On est plutôt dans une bonne énergie. Ensuite, on passe à la phase ovulatoire. C'est la phase finalement la plus courte. Là, on a un pic d'hormones, alors oestrogènes, mais aussi un petit peu de testostérone. Et cette coloration liée à la testostérone va donner envie... d'oser, d'aller vers les autres, on a envie d'être en lien, en relation avec les autres. C'est toujours une énergie qui est bien valorisée par la société. Et enfin, on arrive dans la dernière phase du cycle, qui est la phase prémenstruelle ou luthéale, on l'appelle aussi phase luthéale, où là, c'est une coloration apportée par la progestérone, qui est une coloration un peu plus de retrait, de repli sur soi. Il ne faut pas oublier que la progestérone, comme son nom l'indique, c'est pour éventuellement protéger une grossesse, donc progestatif. Et donc du coup, être un peu éloigné des autres, ça a aussi son intérêt pour protéger éventuellement l'implantation d'un embryon. Donc en termes d'énergie, c'est un petit peu en repli sur soi. On est un petit peu challengé aussi au niveau parfois de ce qui se passe dans notre corps avec les hormones entre la progestérone et les oestrogènes qui sont encore présentes. Et donc ça peut être un peu inconfortable en termes d'humeur. Mais ça ne va pas nous empêcher de vivre une vie tout à fait normale, évidemment, et on n'est pas obligé de crier sur tout le monde, pas du tout. Il faut arrêter avec ces clichés sexistes aussi. Donc une fois qu'on a fait ces quatre phases-là, on recommence. Donc un cycle normal peut durer entre 21 et 35 jours. Donc il faut oublier aussi le 28 jours qu'on voit dans les manuels scolaires. Ça ne correspond à rien en fait.
- Speaker #0
Et qu'on ne voit pas uniquement dans les manuels scolaires. C'est quand même la base pour la date de détermination d'une grossesse. La variabilité du cycle n'est vraiment jamais prise en compte nulle part. En tout cas, très rarement.
- Speaker #1
Oui, et d'autant plus qu'en fait, même pour une même personne, d'un cycle à l'autre, ça peut varier. Ce n'est pas grave. Par exemple, on peut avoir un cycle qui fait 22 jours sur un cycle, et puis 26 jours le cycle d'après. Tant que la variabilité est de 3 à 4 jours, ce n'est absolument pas grave. Ça reste un cycle en santé, un cycle normal. Après, qu'est-ce qu'il y a d'autre comme indication sur le cycle ? Il y a tout ce qui est douleur, donc un cycle en santé n'est pas souffrant. Ça c'est important de le dire aussi parce qu'on a tendance en tous les cas à considérer que c'est normal d'avoir mal pendant les règles alors que non absolument pas. Un cycle en santé ne doit pas occasionner de douleurs ni pendant les règles ni de douleurs psychologiques, comme on disait dans la phase prémenstruelle qui peut être parfois un peu challengeante on va dire, ça ne doit pas occasionner... des problématiques psychologiques, où là on arrive par exemple sur des problématiques comme le TDPM, qu'on appelle le trouble dysphorique prémenstruel, qui est vraiment une pathologie à prendre en compte, il faut se faire aider, accompagner. De la même façon, si on a des douleurs de règles qui dépassent 4 sur 10, par exemple, ce qui est la douleur à partir de laquelle on a du mal à faire des activités de la vie quotidienne, là il faut aussi trouver une personne de confiance, se faire accompagner pour trouver d'où ça vient, parce que le corps envoie un signal qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
- Speaker #0
C'est passionnant parce que c'est des choses qu'on a apprises en tant que femme en plus à taire, à banaliser. Dès qu'on est petite, sois belle et tais-toi, il faut souffrir en silence, ne pas faire de bruit.
- Speaker #1
Alors je rajouterais peut-être quand même une petite précision, c'est qu'effectivement avec l'arrivée des premières règles, l'utérus, il ne faut pas oublier, c'est un muscle et il va fonctionner pour la première fois quand les premières règles vont arriver. Et voilà, c'est normal de ressentir aussi des petites crispations qu'on sent. tirer plus après. On dit que ça fait à peu près 2-3 ans pour que le cycle se mette en place et se régule, voire plus. Parce que parfois, on dit que pour que le cycle atteigne la maturité, c'est même jusqu'à la vingtaine. Oui,
- Speaker #0
d'accord.
- Speaker #1
Mais bon, voilà, on va dire que pour les jeunes filles, c'est comme nous, quand on fait du sport un peu trop fortement, on a des muscles qu'on avait oubliés, qui se rappellent à notre bon souvenir et qui font un peu mal le lendemain. L'utérus, c'est un peu pareil. Les premières fois où il fonctionne, ça va tirer un peu plus. Néanmoins, Voilà, encore une fois, il ne faut pas que ça devienne handicapant. Et si la jeune fille, ça l'empêche d'aller à l'école parce qu'elle est courbée en deux de douleur, ce n'est absolument pas normal. On dit en fait, si ça ne passe pas avec un antalgique, c'est qu'il y a un souci.
- Speaker #0
D'accord. Dans le cycle, il y a aussi des pertes blanches. Rapidement, parce que ce n'est pas notre cœur de sujet, mais juste, est-ce que tu peux, pour éclairer les personnes qui nous écoutent, nous dire ce qui est normal, pas normal ?
- Speaker #1
Alors effectivement, les pertes blanches, elles ont plusieurs utilités. Déjà, d'une part, ce n'est pas sale. Et il ne faut absolument pas chercher à les enlever. C'est quelque chose de tout à fait naturel, et vous allez comprendre en plus que c'est hyper intéressant de les observer. Dans le cycle menstruel, effectivement, la phase qu'on repère le plus facilement, finalement, c'est les règles, parce qu'il y a le sang qui sort par la vulve. Mais effectivement, un autre indicateur de phase du cycle, c'est les pertes blanches, qui sont composées de plein de choses différentes. Donc il y a de la glaire cervicale, des pertes vaginales. C'est ces espèces de pertes qui sont un petit peu blanchâtres, dont la composition d'ailleurs va évoluer en fonction du cycle. Quand on est en phase folliculaire, elle va être plutôt dense, un petit peu opaque, presque pas présente. Et puis plus on va se rapprocher de l'ovulation, plus elle va devenir liquide, translucide. Et là, c'est vraiment un super indicateur de la phase ovulatoire, c'est quand elle devient comme du blanc d'œuf. Et ça, vraiment, quand on s'observe, on le voit vraiment, c'est cette sensation d'humidité au niveau de la vulve. Quand on va aux toilettes, on s'en rend très bien compte. Et donc ça, c'est un super indicateur de la phase du cycle où on en est. Et ensuite, de nouveau, quand on est en phase luthéale, elle va redevenir pâteuse opaque. Donc ça, c'est la première utilité d'observer les glaires, c'est repérer dans quelle phase du cycle on est, parce qu'elle évolue au cours des phases. Et la deuxième utilité, c'est son aspect. L'aspect normal, on a dit, c'est blanchâtre, voire translucide en période de vulatoire. Mais si jamais cette coloration ou cette apparence change, par exemple qu'elle va devenir verdâtre, elle va prendre des couleurs anormales, ou qu'il y a une odeur aussi un peu de poisson pourri qui ne sent vraiment pas bon, c'est un signe d'infection en fait. Donc c'est vraiment intéressant aussi, de toute façon on va aussi avoir des sensations de gêne, d'irritation, de picotement. Enfin voilà, il y a tous ces signes-là. qui montrent qu'on a potentiellement une infection et qu'il faut aller consulter. Donc voilà, la glaire, c'est aussi un indicateur de la bonne santé de notre vagin. Il ne faut surtout pas chercher à l'enlever, comme je disais tout à l'heure, parce que c'est auto-nettoyant. Et plus on va chercher à l'enlever, plus elle va se produire, et donc c'est un cercle vicieux. Il ne faut pas de douche intra-vaginale, pas de parfum, pas de trucs comme ça. C'est contre-productif. Au contraire, on laisse le corps faire. Il fait bien les choses. Et si on a une infection, évidemment, il faut se faire accompagner. Mais sinon, il fait bien son travail.
- Speaker #0
Ok. Pour quelles raisons, selon toi, est-il encore si difficile de parler de cycles, de pertes blanches, de règles, sans provoquer chez les autres, ou même parfois chez soi-même, de la gêne, des malaises ?
- Speaker #1
Ça, c'est une très bonne question. Alors du coup, moi, je me rends compte aujourd'hui, du fait de mon métier, que le fait d'en parler, en fait, ça enlève la gêne. Le problème, c'est les non-dits. Donc poser les mots, mettre les mots dessus. Même en classe, dans la classe de CM2, il y a un début et puis à la fin de l'atelier, c'est bon, la gêne est passée en fait. Donc c'est vraiment nommer les choses. On parle de vulve, on parle de vagin, on parle de perte de glaire cervicale, de perte vaginale, on parle d'utérus. Nommer les choses. Ça c'est important pour justement enlever la gêne. Le fameux non-dit, voilà c'est ça. Quand il y a un non-dit, c'est que derrière, on se dit qu'il y a un tabou, il y a quelque chose qui n'est pas normal, qui est sale ou qui est honteux. Non, pour contrer ça, il faut en parler, il faut nommer les choses. Après, c'est culturel aussi. Dans beaucoup de cultures, les règles, c'est tabou. Le corps de la femme, c'est tabou. Donc ça fait partie, même dans notre société occidentale, du tabou environnant, que ce soit même à l'école ou en entreprise. Et typiquement, moi, je me surprends. Ce n'est pas que je me surprends, je le fais consciemment. Quand je vais aux toilettes en entreprise, je ne montre pas ma serviette, je la mets dans ma poche. Voilà, ça fait partie.
- Speaker #0
Même pour des gens très déconstruits comme toi ? Comment tu expliques ça ?
- Speaker #1
Pour moi, c'est quelque chose qui est tellement ancré, depuis tellement longtemps, qu'on le porte, et que le temps de le déconstruire, surtout que moi je travaille dans un milieu qui est très masculin aussi, en fait, flemme de me prendre des réflexions, ou de voir le jugement des autres en fait. Mais, j'espère ! que prochainement, je prendrai ce courage et faire cet acte féministe d'aller aux toilettes avec un grandissant à serviettes.
- Speaker #0
Ça devient militant finalement d'aller aux toilettes. On est encore très loin de l'acceptation.
- Speaker #1
Ça me fait penser aussi à quand ils ont voulu faire passer la loi sur le congé menstruel. Il y avait un homme qui avait dit « je ne comprends pas pourquoi il faut des toilettes adaptées pour les règles » . Et donc une autre députée qui s'est élevée, qui avait dû expliquer pourquoi. Et là, je me suis rendue compte, il se trouve que j'ai mes règles cette semaine. Même aujourd'hui, je peux le dire, pendant l'enregistrement, j'ai mes règles. Et en allant aux toilettes de l'entreprise, je me suis rendue compte qu'il y avait une fuite. Tout simplement pour pouvoir laver mon pantalon. J'étais bien contente d'être dans des toilettes avec lavabo incorporé.
- Speaker #0
Oui, ou rincer une cup. Ou rincer la cup, bien sûr.
- Speaker #1
Mais là, en l'occurrence, je te parle d'un truc qui a eu lieu hier. Et pourtant, pour autant, normalement, il n'y a pas de fuite. Et pour autant, d'habitude, je sais comment ça fonctionne. Et ben non, on n'est pas à l'abri, en fait. Donc voilà, c'est tous ces petits sujets-là qui font que c'est une charge mentale. Ce n'est pas confortable parce que c'est non dit.
- Speaker #0
Et puis parce que la société s'est construite autour des besoins des hommes. Là, tu me parlais de l'entreprise, mais toute la société a été construite autour et pour ça. Et qu'il est compliqué dans une société où les hommes sont encore majoritairement dirigeants. de changer un peu la donne et de rebattre les cartes.
- Speaker #1
Oui, tu parlais tout à l'heure que ça concernait aussi les hommes. La preuve, c'est qu'en fait, le fait qu'ils ne se sentent pas concernés, ils ne comprennent même pas c'est quoi les problématiques et les enjeux derrière. Il y a une excellente BD qui est sortie qui s'appelle « Et si les hommes avaient leurs règles ? » Effectivement, je ne sais pas si tu la connais, non ? Non, pas du tout. Pour la mettre en référence. En fait, le monde serait complètement différent. Les protections seraient remboursées. Les règles seraient une source de fierté. Dans les politiques publiques, il n'y aurait pas de soucis. Le congé menstruel existerait depuis longtemps. C'est tous ces sujets-là qui ne seraient même plus des sujets.
- Speaker #0
Comment impliquer ces hommes-là dans les conversations qu'on peut avoir avec des jeunes filles autour des règles ? Pour normaliser ça ?
- Speaker #1
Pour moi, il faut commencer dès le plus jeune âge, à l'école. C'est pour ça que je fais des ateliers en mixité aussi. D'ailleurs, ça marche très bien, filles et garçons. Dès qu'on passe par le jeu, ils sont complètement impliqués.
- Speaker #0
et pour la génération des pères actuels. C'est-à-dire que, admettons, une famille qui aurait une jeune fille de 7-8 ans, qui veut commencer à aborder ce sujet, mais aussi en impliquant le coparent, potentiellement le papa, dans une famille hétérosexuelle. Comment faire en sorte que le père se sente à l'aise avec ce genre de sujet ? Est-ce que tu sais comment faire ?
- Speaker #1
Moi, je trouve, pour démarrer, il y a les bouquins. C'est le meilleur support, en fait, quand on n'a pas les mots et qu'on ne sait pas comment faire. Prendre un bouquin, "Les petits illustrés de l'intimité". Typiquement, ils sont magiques pour ça. Je les utilise tout le temps, même avec des adultes. Parce que ça permet de réviser, ça ne fait pas de mal. Sinon, si je me projette, là pour l'instant, je fais des ateliers duo mère-fille. Moi, j'ai des copines éducatrices qui font des ateliers parents-enfants. Je trouve ça super chouette. Si j'avais plus de monde qui venait aux ateliers, je pense que je le ferais et je le proposerais aussi. Je pense que c'est une excellente façon déjà d'inclure les pères et puis aussi de créer ce lien avec leur enfant.
- Speaker #0
Alors, on va aborder le cœur du sujet. Comment aborder le sujet des règles avec une jeune fille avant que ses premières règles n'arrivent ?
- Speaker #1
Alors déjà, c'est super important de le faire avant que les règles n'arrivent. Parce qu'en fait, il y a plein de signes sur la puberté avant même d'avoir les règles. Les règles, c'est un petit peu l'aboutissement, on va dire. Et donc, elle peut se poser déjà pas mal de questions bien avant que les règles arrivent. Et puis surtout, c'est un âge où les enfants sont encore très réceptifs à écouter leurs parents. Alors qu'à l'adolescence, quand elles sont déjà ou ils, au collège, c'est un peu plus compliqué. Potentiellement, ils peuvent se fermer. Donc, je dirais, le bon âge, c'est CM1, CM2. Je dirais, c'est 9, 10 ans. Après, en fonction de la maturité de l'enfant, bien sûr. Ceci dit, j'ai déjà eu en atelier une maman qui est venue sans prévenir ses enfants parce qu'elle savait qu'elles allaient dire non. Et en fait, au final, les gamines ont adoré.
- Speaker #0
Comme quoi, l'entourloupe peut fonctionner.
- Speaker #1
L'entourloupe peut fonctionner, mais je pense qu'elle connaissait très bien ses filles et elle savait comment ça allait se passer. Après, dans l'atelier, chaque enfant viendra avec qui il est, comme elle est, et elle repartira avec ce qu'elle a besoin de retenir. Et la mère, du coup, étant présente, ou la mère ou la tante, sera là, l'enfant saura que c'est un soutien, elle pourra se retourner vers elle si elle a des questions. Moi, je dirais qu'il n'y a pas forcément d'âge limite. En dessous de 9 ans, je pense que c'est un petit peu jeune, parce que généralement, la puberté ne commence pas avant. Après, c'est vraiment des pubertés précoces. Mais il faut savoir qu'en CM2, il y a déjà des jeunes filles qui sont réglées. Donc, je dirais, à partir du moment où on voit que l'enfant s'y intéresse, que les premiers signes de la puberté arrivent, c'est le bon moment.
- Speaker #0
Ok, merci beaucoup. Et quels sont les signes qui annoncent cette puberté ? Puisqu'en effet, il y a de plus en plus de jeunes filles ou de familles qui sont prises ou dépourvues dès la primaire. Comment repérer que le moment va arriver ?
- Speaker #1
Oui. Déjà, il y a les poussées de croissance. Quand l'enfant grandit très vite, les hormones sont en route. Après, c'est les signes de la puberté classique pour les jeunes filles. C'est les bourgeons mammaires. En plus, ce n'est pas toujours dans le même sens. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Normalement, c'est censé apparaître avant l'arrivée des règles. Ou est-ce qu'il n'y a pas de règles fixes ?
- Speaker #1
Je ne saurais pas dire, mais je pense que oui, que ça arrive avant, comme les poils pubiens ou sous les aisselles. Après, le développement mammaire dépend tellement des personnes. Mais oui, les bourgeons vont arriver avant, c'est que voilà, t'as les hormones sexuelles qui se mettent en place doucement. L'âge des premières règles en France, c'est 12 ans et demi. Après, c'est normal entre 9 ans et 16 ans, mais voilà, ça donne déjà une première indication. Et on dit souvent que les règles arrivent deux ans après l'arrivée des premiers signes de la puberté.
- Speaker #0
D'accord, ah oui, ça c'est un bon indicateur. C'est un bon indicateur.
- Speaker #1
Et on sait aussi, voilà, les pertes blanches dont on parlait tout à l'heure vont arriver avant les premières règles, puisque c'est aussi lié à la mise en place hormonale. Donc, quand les pertes blanches arrivent, on peut se dire que les règles ne sont plus très loin.
- Speaker #0
Ok. Et alors, quelles informations transmettre à notre adolescente à ce moment-là ?
- Speaker #1
Comme je disais tout à l'heure, si on n'est pas très à l'aise avec tout cet environnement-là, se faire aider par des livres ou participer à un atelier.
- Speaker #0
Mais j'imagine que les livres ouvrent à des discussions.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Voilà. Et donc, il faut quand même savoir comment répondre, quel mot employer ou non. Justement. Est-ce qu'il y a des consignes ou est-ce que chacun fait un peu au feeling en fonction de ses propres limites ?
- Speaker #1
Je pense que oui, de toute façon, il faut être soi-même à l'aise. Moi, ce que je dirais, enfin, ce que j'applique pour moi-même, en fait, c'est que je lis déjà le livre toute seule. Si je vois que je suis à l'aise avec, je vais le lire avec mon enfant. Et une fois qu'on a lu ensemble et que j'ai répondu à ses questions, après, je le laisse à disposition. Et puis, elle peut le lire typiquement, les petits illustrés. Maintenant, elles n'ont plus besoin de moi pour y retourner. Par contre, quand elles ont des questions un peu plus précises, je pense à un autre bouquin qui est très bien aussi, c'est Corps, amour et sexualité de Charlene Vermont. Là, c'est pareil. Par exemple, je pense à une question, c'est quoi la masturbation ? Du coup, je vais lire moi-même d'abord pour être à l'aise sur le sujet, voir en fonction de ce qu'elle a entendu d'un copain, comment je vais pouvoir lui répondre. Parce qu'en fait, des fois, il n'y a pas besoin d'aller très loin. C'est juste une phrase, ça suffit, elle est contente et elle repart.
- Speaker #0
Et ce livre-là, c'est pour enfants plus âgés que les petits illustrés ?
- Speaker #1
Non, il a deux livres. Il y a le livre pour les adultes et puis il y a le livre pour les enfants pour les 8-12 ans. Et donc, qui du coup, qui est construit de façon à respecter justement l'évolution et la maturité de l'enfant. Donc, il y a la tranche d'âge plutôt 8-9 ans. Ensuite, il y a la tranche d'âge à peu près 10 ans. Et puis ensuite, la tranche d'âge pré-ado-ado. Et donc, en fonction de chaque tranche d'âge et de la maturité de l'enfant, on peut répondre à la question posée en fait.
- Speaker #0
Ok. Et quel maladresse ou piège à éviter, discours parfois culpabilisant ou blague gênante ? Il faut éviter de faire... Alors, évidemment, en conscience, on peut réfléchir à ces mots, mais parfois, il y a des choses tellement ancrées. Je pense notamment aux réflexions sur... Ah, elle est de mauvaise humeur. Voilà, tous ces trucs très ancrés qu'on a tous entendus, je pense, dans nos générations. À quoi il faut faire attention pour pas que ça crée, justement, cette gêne et que ça devienne quelque chose de honteux ?
- Speaker #1
Déjà, c'est en prendre conscience. Tu vois, par exemple, je pense à un autre sujet du même acabit, qui ne dit mot qu'on sent. Ça, il faut arrêter avec ça, quoi. Voilà, mais ça... Mine de rien, j'en ai pris conscience il n'y a pas longtemps. Parce que, effectivement, c'est hyper ancré. Donc je pense que la première chose, c'est en prendre conscience et ne pas culpabiliser. Parce qu'on subit tous les biais, la pression, même l'histoire culturelle. Donc c'est en prendre conscience et puis ensuite en parler, libérer la parole, communiquer. Ça, c'est hyper important. Que l'enfant puisse se dire, je pourrais toujours poser la question à mon parent, à ma mère ou mon père. Parce que je sais qu'il y aura une écoute active et qu'elle ne va pas m'envoyer balader parce que j'ai parlé d'un sujet intime.
- Speaker #0
Oui, parce que le danger, c'est que les référents et référentes deviennent les copains d'école qui n'y connaissent pas plus de choses qu'eux, finalement. Et surtout à cet âge-là, le collège où on n'a tellement plus du tout envie de poser des questions à papa et maman et plus à se tourner vers les copains. Donc en effet, maintenir un lien de confiance, c'est essentiel. Et parfois, malheureusement, le mal peut être fait à l'école avec des réflexions de copains, copines.
- Speaker #1
Même sur les écrans, sur les réseaux, en fait. On parle beaucoup du porno en ce moment. Donc, moi, quand je disais masturbation tout à l'heure, c'est parce que c'était un copain de l'école qui lui a parlé de ça. En fait, elle ne comprenait pas ce que c'était ce mot-là. Mais ça ne lui a absolument pas posé problème de venir me poser la question. Alors, sur le coup, j'étais un peu sèche. Je lui ai dit, écoute, je vais déjà me renseigner pour savoir comment t'as parlé. Et puis après, je reviens vers toi.
- Speaker #0
Tu trouves que c'est sec, ça ? Moi, je trouve que c'est hyper, au contraire, hyper posé. C'est la réaction idéale ? Oui, bien sûr. Quand on n'est pas à l'aise, attends, laisse-moi le temps de me concerter avec moi-même et de voir comment je te réponds.
- Speaker #1
Oui, peut-être parce que d'habitude, j'ai la réponse tout de suite. C'est rare qu'en fait, je me dis, voilà, là, il va falloir quand même que je réfléchisse un petit peu. Mais voilà, c'est juste pour ça. Mais néanmoins, elle est repartie quand même avec une réponse.
- Speaker #0
Et alors, concernant les protections périodiques, quel type de protections proposées ? Est-ce que l'idée, c'est de les présenter ? toutes et de laisser l'enfant choisir en sachant que peut-être qu'il y en a qui sont moins adaptées à des jeunes filles. Après, évidemment, il y a des considérations écologiques, il y a plein de sujets selon les valeurs de chaque famille. Est-ce que aussi, peut-être, ça peut être pertinent de préparer un petit kit pour l'école au cas où les règles arrivent un jour où la jeune fille n'est pas à la maison ou même chez des amis, pour qu'elle soit... Comment tu abordes tout ça, toi, et quels seraient tes conseils là-dessus ?
- Speaker #1
Moi, j'aime bien présenter tout ce qui existe. Et en plus, ça change vraiment beaucoup en ce moment. Là, ces dernières années, il y a plein de nouvelles propositions. Après, clairement, quand le moment arrive, je pense que la serviette de base, c'est quand même ce qui est le plus pratique. Et surtout, à transporter, à mettre dans son sac et son cartable. Et une fois que cette première fois est passée, moi, j'ai quand même tendance à penser que la culotte menstruale, c'est hyper confortable. L'association des deux est pas mal, parce que... Les toilettes des collèges, c'est une catastrophe. Donc, je dirais que le combo gagnant, c'est de mettre une protection périodique dans sa culotte menstruelle. Une fois que la serviette est usée, on l'enlève. La culotte est déjà là. Et comme ça, on n'a pas besoin de l'enlever au collège.
- Speaker #0
Mais du coup, ça, c'est valable quand les règles sont déjà venues. Mais pour les premières règles en prévision,
- Speaker #1
juste la serviette. Ah ouais, la serviette, ouais.
- Speaker #0
Et peut-être aussi faire passer le message que... Si jamais on est à court de serviettes, de ne pas hésiter à demander aux copines qui en ont peut-être aussi dans le sac.
- Speaker #1
Mes filles, typiquement, elles ne sont pas réglées. Elles ont leur kit dans leur cartable, qui est composé d'une petite pochette imperméable avec une serviette jetable, un mouchoir pour se nettoyer et je ne sais plus si je leur ai mis une culotte de rechange, mais enfin, en tous les cas, voilà, ça c'est le kit de base. Et je leur ai dit en plus, si vous avez une copine, à qui ça arrive, au moins là, vous pouvez l'aider. Et après, les infirmières scolaires, elles ont tout le matériel. Il faut le savoir, mais à l'infirmerie, au collège, en tous les cas, il y a ce qu'il faut.
- Speaker #0
Oui, mais est-ce que les enfants sont à ce point au courant ? En fait, si la parole n'est pas libérée sur le sujet, le problème, c'est qu'elles n'oseront peut-être même pas se dire qu'à l'infirmerie, qui est censée être pour soigner, il peut y avoir le matériel à disposition et de quoi trouver des ressources. C'est ça.
- Speaker #1
Et puis, oser aussi. Tout dépend comment ça a été arrivé, comment ça a été perçu, bien sûr.
- Speaker #0
Est-ce que c'est en amont que tu abordes aussi la question de l'hygiène intime ?
- Speaker #1
Ah bah oui, bien sûr, tout va avec en fait. On parlait tout à l'heure de ne pas nettoyer la glaire, enfin les pertes vaginales. Ça, ça fait partie de l'hygiène en fait. C'est hyper important de comprendre que la paroi du vagin est une muqueuse qui est extrêmement fragile, un peu comme l'intérieur du nez en fait. On voit bien que c'est très très fin, donc vraiment sensible à tout ce qu'on va pouvoir mettre en contact. Donc effectivement, on va parler de cet aspect d'hygiène. Voilà, attention au savon, attention aux vêtements qu'on porte. Parfois, effectivement, les pertes vaginales sont un petit peu trop importantes. Il ne faut pas mettre des protections périodiques tout le temps parce que ça va, au contraire, alimenter le process de production et augmenter l'inconfort. Donc vraiment, des culottes en comptant, c'est vraiment l'idéal pour laisser respirer des matières naturelles.
- Speaker #0
Donc tous les produits vendus, type les savons spéciaux vaginaux, on inculque vraiment qu'il faut oublier cette idée que c'est juste un business en fait, c'est ça ? Oui,
- Speaker #1
c'est un business, oui.
- Speaker #0
Et que ça fait plus de mal que de bien finalement.
- Speaker #1
Le business sur le corps des femmes, c'est un vaste sujet. Et d'ailleurs, à ce propos, les protections périodiques, on peut en parler aussi, c'est un des rares produits dont on ne connaît pas la composition. Justement, il y a un article de 60 millions de consommateurs qui est sorti il n'y a pas très longtemps sur le sujet que j'avais regardé. Parfois, ce n'est même pas parce que c'est bio que c'est bien. Il y a des résultats de pesticides.
- Speaker #0
Le fait que ce soit blanchi dans tous les cas, ça subit des traitements.
- Speaker #1
Il y a ça aussi, oui.
- Speaker #0
Du coup, c'est quand même ce que tu conseilles en première intention, avant les règles, en prévision. Après,
- Speaker #1
c'est la dose qui fait le poison. Ce n'est pas parce qu'on le remet une fois que c'est catastrophique, évidemment. Et puis, l'autre chose qu'il faut savoir aussi, c'est sur les tampons. Tout ce qui est interne, les dispositifs internes, il ne faut pas les garder plus de 4 heures pour éviter...
- Speaker #0
Le choc toxique.
- Speaker #1
Le choc toxique, qui est lié à un staphylocoque, qu'on a, la plupart d'entre nous ont, mais certaines vont être plus sensibles et vont pouvoir, au milieu des règles étant très nutritifs, ça va permettre au staphylocoque de se développer, parfois de passer la barrière du vagin, de se retrouver dans le sang, et c'est là qu'on a ce fameux choc toxique. Normalement, c'est écrit dans les notices, mais ça ne fait pas de mal de le rappeler. Que ce soit la cup ou le tampon, d'ailleurs, les deux sont concernés. Mais pas du tout pour les serviettes ou les dispositifs externes.
- Speaker #0
Tu as précisé tout à l'heure qu'il est « normal » que les toutes premières règles puissent être un peu douloureuses, en tout cas, c'est les nouvelles contractions qui apparaissent et donc il faut se familiariser avec ça. C'est compliqué pour des jeunes filles d'évaluer si, en fait, là j'ai mal parce que c'est le démarrage ou parce que ce n'est pas normal. Il n'y a que le temps qui leur donnera des indicateurs ou c'est le degré de douleur aussi ?
- Speaker #1
Il y a le degré de douleur. Il faut savoir, par exemple, si on parle d'endométriose, l'endométriose peut être présente dès les premières règles.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
On continue à faire des recherches sur le sujet. On en apprend quasiment tous les mois. Il y a de nouveaux trucs qui sortent. J'ai entendu qu'il y avait peut-être quelque chose d'héréditaire, quelque chose lié à l'immunité. Il y a plein de choses qui arrivent sur le sujet. Ce n'est pas encore hyper clair. On est encore en train de chercher. Mais de ce que j'ai vu, en tous les cas, de ce que j'ai lu, ça peut être présent dès les premières règles. Et tout dépend où c'est positionné, bien sûr. On sait que c'est des lésions. Certaines ne sentiront rien. D'autres vont sentir quelque chose tout de suite. En tous les cas. Si la douleur empêche de faire des activités quotidiennes, comme je disais, et que ça ne passe pas avec un anthalgique, c'est qu'il y a un problème.
- Speaker #0
Et si la durée des cycles est plus longue que ce que tu as mentionné, je crois que tu parlais jusqu'à 35 jours tout à l'heure, si des jeunes filles ont déjà des cycles très irréguliers, peut-être qu'il faut le temps que ça se régule, je ne sais pas. Ça aussi, oui, bien sûr. Et si c'est des cycles qui peuvent durer jusqu'à 36, 38, 40 jours, là, est-ce qu'il y a matière à s'inquiéter ?
- Speaker #1
Les deux premières années, le cycle va se mettre doucement en place. Donc c'est un peu le pendant de la ménopause, où c'est l'inverse, où ça va peut-être sauter une évaluation. Les deux premières années, c'est possible que ce soit erratique. Des fois, il y en a qui vont être très régulières tout de suite, d'autres pas. Donc là, c'est possible qu'on dépasse ce que je disais tout à l'heure, les 35 jours.
- Speaker #0
D'accord. Donc ça y est, les premières règles sont arrivées. C'est souvent un point de bascule, un peu, en tout cas socialement, pour des jeunes filles, enfin en tout cas dans ce qu'on projette sur elles. Est-ce que... elle, tu ressens qu'elle le vive comme un moment fondateur ou c'est quelque chose de très banal finalement ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a un peu de tout et que tout dépend du vécu et de comment ça a été accueilli dans la famille. En ce qui me concerne, si je prends ma propre expérience, c'était un non-événement. J'ai une amie qui m'a dit qu'elle a ses prunes gifles.
- Speaker #0
Ah ?
- Speaker #1
Oui, il y a ce rituel-là. On lui dit maintenant que tu es une femme, tu vas douiller, paf !
- Speaker #0
Non. Si,
- Speaker #1
et ce n'était pas la première fois que je l'entendais. Alors ça ne se fait plus, j'espère. C'était ma génération. Moi, ce que j'ai à cœur, j'ai envie de transmettre quelque chose de positif. Et justement, je pense que ritualiser ce passage, même si on ne devient pas une femme parce qu'on a ses règles, bien sûr, on parle de pré-ado, d'ado. Néanmoins, on passe dans une autre étape de sa vie qui est naturelle. Et moi, je trouve que ça peut être intéressant de le fêter. De l'accueillir joyeusement, en tout cas. Et, en tous les cas, de montrer tous les côtés positifs qu'il peut y avoir, alors que jusqu'à présent, on voyait que les côtés négatifs. On le rappelait tout à l'heure, le cycle, c'est quatre phases, avec différentes énergies qui sont toutes intéressantes. Et aussi, c'est un indicateur de notre santé. Donc, quand on apprend à le connaître, à le reconnaître, et donc, il demande de l'observation, bien sûr, en fait, c'est un atout. Et c'est ça que je souhaite transmettre, et c'est par ça que j'ai été scotchée, en fait, il y a trois ans, et que je trouve primordial pour que les femmes se reconnectent à leur puissance, en fait. C'est vraiment un vrai outil d'empuissancement, et ça commence avec les premières règles.
- Speaker #0
Et puis, quand tu parles de ce côté rituel, ça me fait penser aussi au fait que... On est dans une société qui a désacralisé tous les événements, tous les rites de passage qui étaient si fondateurs et qui le sont encore dans plein de cultures. Et que finalement, ça a une importance de célébrer le temps qui passe, les étapes de la vie. Et que ça peut aussi créer des moments juste sympas en famille et qui laisseront une empreinte positive dans la mémoire de la personne.
- Speaker #1
Alors, à faire en accord avec la jeune fille, évidemment.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Parce que j'ai vu aussi des périodes parties, ce genre de choses, où la galine arrive et dit « mais qu'est-ce que c'est que ça ? » Sans la prévenir en amont. Donc non, ça se fait en concertation, bien sûr, avec la jeune fille.
- Speaker #0
Consentement toujours. Bien sûr,
- Speaker #1
voilà. Et ça me fait penser aussi à un film qui s'appelle « Première lune » .
- Speaker #0
Oui, j'en ai entendu parler. Voilà,
- Speaker #1
il y a une campagne lulle. Et justement, elle s'est penchée sur tous les rituels, comment ça se passait dans les autres pays, l'arrivée des premières règles. Elle a écrit un bouquin, il s'appelle « Les premières lunes de ma fille » , que je trouve super chouette, en fait, parce que justement, comme tu disais, resacraliser tout ça, on n'est pas qu'une association d'atomes, hein. On n'est pas qu'une physiologie, en fait. Il y a du sens dans tout ça, en fait. C'est important d'en remettre. Donc, moi, je trouve ça super chouette.
- Speaker #0
À voir avec nos fils aussi.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Pourquoi pas. Est-ce que tu penses que la façon dont on vit et on accueille les premières règles influence, en fait, la relation qu'on aura avec notre corps ? Et peut-être avec notre sexualité par la suite ?
- Speaker #1
Peut-être. Je pense qu'en fait c'est un tout. C'est ça aussi qui est super intéressant avec le cycle et les règles, c'est que ce n'est pas que du sang qui coule en fait. Il y a tout ce qu'on a vu à travers notre discussion, c'est sociétal aussi. Donc c'est lié à la relation qu'on a avec le corps, c'est relié à comment nous on vit dans notre corps, est-ce qu'on fait attention, est-ce qu'on s'observe ? On s'autorise à ressentir les choses, le consentement aussi. Voilà, c'est lié à tellement de choses. Et je pense que commencer avec une note positive, je me dis, j'espère, que ça peut aider.
- Speaker #0
Oui, c'est sûr. En tout cas, ça ne peut pas faire de mal, ça c'est évident. J'ai une question par rapport au sport, parce que j'ai l'impression que les profs de sport sont souvent déconnectés de la réalité des jeunes filles. Quel est ton avis sur le sport et les règles, notamment au collège et au lycée ? Est-ce que... Ton avis serait d'adapter aux jeunes filles les séances de sport, voire les dispenser quand vraiment elles sont dans le dur, on va dire. Ou est-ce qu'au contraire, tu penses qu'il vaut mieux pas leur éviter la séance de sport pour pas stigmatiser ce que sont les règles ? C'est très ambivalent comme positionnement.
- Speaker #1
J'aurais presque une réponse entre les deux, en fait. Parce que quand on a ces règles, rester statique et recrugviller sur soi, c'est pas une bonne idée non plus. Peut-être que ce qui serait judicieux, c'est d'avoir une pratique adaptée.
- Speaker #0
De la marche douce, du yoga. Enfin, le yoga au collège, ça ne se fait pas. Mais en tous les cas, quelque chose d'adapté. Oui, mais les profs de sport ont plein d'enfants dans la classe. Les filles ont toutes leurs règles à des moments différents de l'année. Donc, il faudrait que toutes les pratiques sportives s'adaptent, du coup, tout au long de l'année. Ou est-ce qu'il y aurait une deuxième séance, mais du coup, qui stigmatiserait un petit peu les adolescentes qui ont leurs règles ?
- Speaker #1
J'avoue, moi, je ne suis pas du tout spécialiste du sport, en plus. On ne connaît pas les équipements que ont à disposition les profs d'EPS. Ce que je peux juste dire, c'est que s'abstenir de faire du sport, ce n'est pas ça qui va soulager les douleurs.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Des mouvements doux du bassin, ça peut décontracter, justement. On est très loin encore, je suis d'accord, que l'éducation nationale prenne ça en ligne de compte. En tous les cas, ça pourrait être une solution. Après, je pense qu'évidemment, il faut aussi que les profs de sport soient sensibilisés, que ce n'est pas que dans la tête. Après, je sais bien aussi qu'il y en a peut-être qui profitent, mais c'est quoi la proportion en fait ? Oui,
- Speaker #0
c'est comme sur tous les sujets de société.
- Speaker #1
Bah oui. Donc de base, se dire, voilà, il y a des jeunes filles vraiment qui souffrent le martyr en fait, donc les stigmatiser encore plus.
- Speaker #0
Donc peut-être avoir un discours entre deux et dire, ouvertement, je vous propose telle séance, celles qui ont le règne, ou même ceux qui ont des difficultés, des douleurs, ça peut être aussi des garçons, peu importe. Je peux vous proposer un exercice alternatif, venez me voir et on fait les choses autrement.
- Speaker #1
Mais pourquoi pas, ça serait déjà une ouverture.
- Speaker #0
Ok. Oui, parce que j'avais entendu un podcast, je crois que c'est dans la matricence, je ne sais plus, du rapport aux devoirs et à tout ce qu'on attend d'un enfant en termes de rendu scolaire au collège et au lycée. Et d'expliquer que, en fait, pour deux enfants qui ont rendu le même devoir, le garçon, il a juste fait ses devoirs, la fille, peut-être qu'elle a douillé toute l'après-midi, elle a dû se mettre une bouillotte. Et en fait, elle aura la même note, mais avec finalement peut-être plus de mérite, parce que derrière, il y a cette réalité. Exact. Donc cette réalité... C'est pas pour encenser les filles, mais c'est juste peut-être être conscient que les difficultés ne sont pas forcément les mêmes et qu'il n'y a pas le même mérite parfois.
- Speaker #1
C'est la différence entre égalité et équité.
- Speaker #0
C'est ça. Alors est-ce que tu peux nous parler un petit peu de tes ateliers, notamment les mères-filles dont tu as parlé tout à l'heure ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui s'y vit concrètement ?
- Speaker #1
Alors, en atelier duo entre la maman et sa fille ou ses filles, parce que des fois j'ai des jumelles, c'est déjà arrivé. C'est un atelier qui est prévu pour les jeunes filles de 9 ans à 12-13 ans, on va dire. Certaines sont déjà réglées, d'autres pas forcément. C'est des ateliers que je fais en petit collectif, on va dire jusqu'à 6 duos maxi, parce que je veux que la parole circule. Et c'est super riche en fait, c'est ça qui est très riche dans ces ateliers, c'est que justement il y a de partage d'expérience, aussi bien entre les mamans. qu'aussi entre les jeunes filles. C'est ce que je cherche à créer, en fait, c'est que cette parole circule et que les jeunes filles se sentent à l'aise pour participer. Donc ce sont des ateliers qui sont ludiques, où il y a beaucoup d'expérience, elles manipulent, parce que je veux aussi que ce qu'elles retiennent, en fait, on peut retenir les choses par différents moyens. J'essaye d'avoir justement des aspects sensoriels variés, qui fassent appel à la créativité, au toucher. Il y a les mots aussi, bien sûr, et on va nommer les choses, effectivement, on va parler d'anatomie. Mais tout en jouant à chaque fois, en manipulant. Et c'est très drôle parce que d'un atelier à l'autre, en fonction de l'énergie du groupe, ça change. Par exemple, il y en a qui vont patouiller, qui vont adorer patouiller, parce que je reconstitue un peu la glaire, et qui vont s'amuser avec. Et il y en a d'autres qui disent « Ah non, mais je ne veux pas toucher ça ! » Et elles se mettent toutes dans cette énergie-là. Et à chaque fois, il ressort quelque chose de très sympa au niveau des jeunes filles. Et puis aussi au niveau des mamans qui partagent elles-mêmes ce qu'elles ont vécu. Et ce que je vois quand même, c'est que ces espaces-là sont rares. Et précieux, du coup, parce qu'on voit bien que ça leur fait du bien, en fait, de parler de ces sujets liés à l'intime, aux règles, à leur vécu sur le sujet. Donc,
- Speaker #0
les mères parlent d'elles-mêmes en tant que jeunes filles ou même en tant que femmes réglées ? Oui. D'accord. Oui, c'est toute la puissance des cercles de femmes. Et voilà. Ok. On va sortir un peu des femmes pour reparler des garçons, parce que pour moi, c'est quand même fondamental que les garçons soient impliqués. De ton expérience, à ton avis ? Qu'est-ce que les garçons, donc je ne te parle pas des hommes, je te parle vraiment des copains adolescents, qu'est-ce qu'ils savent réellement ou croient savoir des règles ?
- Speaker #1
Ça, ça dépend aussi de ce qu'ils ont vu de leur mère. Mes filles, elles m'ont déjà vu les protections, les culottes qu'ils sont en train de tremper, le sang, tout ça. C'est très clair depuis très longtemps. J'aurais eu un fils, ça aurait été pareil. Donc je pense que ça dépend déjà du vécu dans la famille et puis ensuite de ce qui se transmet à l'école. Je ne peux parler que du cas de mes filles, mais je ne sais pas si c'est le cas par ailleurs, je ne suis pas sûre. Mais l'enseignante, en tous les cas, a parlé aussi bien de l'anatomie des garçons ou des filles aux deux, sans les séparer en mixité. Donc au final, quand je suis arrivée faire l'atelier sur le cycle, ils savaient déjà tout, nommer les choses, l'utérus, les ovaires, tout ça, ils connaissaient. Et après, j'ai apporté un peu plus de détails sur ce que c'était que le cycle et les règles, mais en fait, il n'y a pas de généralité, je pense que c'est hyper variable en fonction du contexte éducatif.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. À ton avis, comment la compréhension du cycle féminin aide les garçons ? à mieux vivre leurs propres changements, parce que c'est ça en fait. Eux aussi sont en pleine puberté, eux aussi ont un corps qui se transforme et ont des choses qu'ils peuvent considérer comme honteuses. Je parle notamment des éjaculations la nuit. En fait, pour avoir une empathie globale, c'est intéressant aussi parfois d'avoir de la mixité et de se rendre compte de la réalité de l'autre. Comment est-ce que ça peut les aider, eux, à mieux vivre leur transformation ?
- Speaker #1
Je pense que c'est ce que tu disais, c'est aussi en fait. Eux aussi ont la puberté, en fait, il faut... Enfin, en tous les cas, moi, c'est ma vision des choses. Plutôt se focaliser sur les ressemblances que sur les différences. Les deux genres, sexes, vivent la puberté avec des transformations l'un et l'autre. Les hormones travaillent l'un et l'autre. Et en plus, quand on regarde de plus près les organes génitaux, il y a énormément de ressemblances. Donc plutôt axer là-dessus et se dire que la femme en plus va avoir le cycle menstruel tous les mois, mais qui s'inscrit dans un continuum naturel. de la puberté, de la vie hormonale, qu'eux aussi traversent avec des fluctuations. Eux aussi ont des fluctuations, malgré tout. Et c'est tant mieux. Un monde linéaire, c'est pas possible, c'est triste. Donc voilà, je pense que pour qu'ils se sentent impliqués, je pense qu'il faut vraiment se dire que c'est quelque chose que tout le monde vit, la puberté, les hormones. Plutôt s'axer sur les ressemblances. Et ensuite, en nommant les choses et en faisant justement des jeux de rôle peut-être pour développer l'empathie. en se mettant à la place de l'autre pour qu'ils comprennent ce que les filles vivent parfois. Ça, ça peut aider. Oui,
- Speaker #0
ce serait tellement bien que toutes les classes soient comme ça. Est-ce que c'est le moment d'aborder tous les sujets de contraception ? Puisqu'en fait, les règles, c'est quand même l'ouverture sur une possibilité de fertilité. Est-ce que c'est le moment où tu en parles ou est-ce que ça doit être fait avant, après ou en tout cas sur un autre atelier ou à un autre moment ?
- Speaker #1
Moi, je l'aborde. pas pour les premières règles. Déjà, les premières règles, il y a certains concepts. Typiquement, les énergies du cycle, c'est assez abstrait parce qu'elles ne le vivent pas, tout simplement. Elles n'en sont pas à ces questionnements-là. C'est plutôt les mamans, d'ailleurs, dans les ateliers. Ça, pour moi, c'est plus plus tard. On parle déjà de beaucoup, beaucoup de choses dans cet atelier de 2h30. Je ne suis pas sûre que ce soit pertinent d'en parler tout de suite. En tous les cas, moi, ce n'est pas ce que j'ai choisi.
- Speaker #0
OK. Oui, et puis dans tous les cas, être réglée ne veut pas dire avoir une vie sexuelle. Pas du tout. Non, surtout à 10 ans. C'est ça. Donc oui, chaque chose en son temps. OK. Est-ce que tu avais d'autres choses à dire sur les règles avant qu'on aborde peut-être l'évolution ensuite de la vie hormonale de la femme très rapidement ?
- Speaker #1
Non, pas grand-chose à dire, si ce n'est que c'est important de s'observer. Quand je parle de la vulve, souvent, que ce soit les mamans ou les jeunes filles, ils ne la connaissent pas. Contrairement aux garçons où c'est externe, on voit très bien les parties génitales. La vulve, en fait, je ne connais personne qui se regarde la vulve. Donc c'est toujours un conseil que je donne. Prenez un petit miroir, regardez ce que vous avez entre les jambes, parce que tout simplement, ça existe, c'est là, c'est pas tabou, c'est pas sale. Voilà, c'est une partie de vous. qui est précieuse, qui est intime. Et la connaître, c'est aussi savoir, quand ça ne va pas, pouvoir reconnaître les problématiques et savoir nommer les choses.
- Speaker #0
Oui, la connaissance de soi, c'est toujours le premier aspect, c'est sûr.
- Speaker #1
Moi, la première, je ne vais pas la voir tous les jours non plus, ce n'est pas hyper facile d'accès.
- Speaker #0
Bien sûr, mais en tout cas, on imagine quand même qu'une personne adulte a exploré un minimum son intimité, se connaît un peu soi-même.
- Speaker #1
On pose la question autour de toi, ça peut être une question pour ton podcast. Est-ce que vous connaissez votre vulve ?
- Speaker #0
Je poserai la question. Après, moi, je suis entourée beaucoup de doulas, mais je pense qu'elles sont assez au courant de ces sujets-là. Donc, au-delà des premières règles, comment évolue la vie hormonale d'une femme ensuite ? Donc, on a la puberté, la vie cyclique, l'après-ménopause, ménopause, post-ménopause. Est-ce qu'il y aura des grandes fluctuations entre une fois que ces premières années de cycle se sont installées, entre cette partie et la ménopause, indépendamment des grossesses, ou est-ce que ça va rester quand même assez...
- Speaker #1
Normalement, si tout va bien, les cycles sont réguliers, ils se passent bien, c'est le but d'un cycle en santé. Après, qu'est-ce qui peut perturber ? La prise de la pilule, qui notamment arrête l'ovulation ou alors empêche la fécondation en bloquant tout ce qui est glaire cervicale, pour favoriser les spermatozoïdes. Donc la contraception, ça, ça perturbe. Qu'est-ce qu'il y a d'autre qui peut perturber ? Les perturbateurs endocriniens, le stress, la fatigue. l'hygiène de vie de façon générale. Tout ça, ça peut impacter le cycle. Et le premier perturbateur du cycle, c'est le stress.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous en dire plus là-dessus ? Parce que c'est hyper intéressant. Surtout dans nos sociétés, on est quand même tout le temps stressés.
- Speaker #1
Typiquement, justement, pour la femme active, la maman, etc. Effectivement, notre système hormonal, enfin tout part du cerveau. Quand on est stressé, on émet le cortisol, la fameuse hormone du stress, et dont le précurseur est le même que les hormones sexuelles. Donc, comme le stress est lié à un mécanisme de survie, il va privilégier la production de cortisol que les hormones sexuelles qui ne sont pas un mécanisme de survie. Et donc, c'est là où on va avoir des perturbations. On peut très bien avoir des durées de cycles différentes. On peut avoir un SPM beaucoup plus marqué. La phase du cycle qui va plus être perturbée par le stress, c'est la première phase, la phase folliculaire, parce que le follicule est plus sensible, enfin les oestrogènes. qui contribue à la maturation folliculaire est plus sensible. La phase luthéale est plus stable parce que c'est la décomposition du corps jaune. Je parle un peu trop technique là, peut-être, j'ai noyé du monde.
- Speaker #0
Non mais l'année explique les termes et je pense que tout le monde pourra comprendre.
- Speaker #1
Une fois que l'ovule est sorti du follicule, le follicule se transforme du fait de la progestérone et se luthéinise, donc c'est la phase luthéale et ça devient ce fameux corps jaune qui lui a une durée de vie qui est assez stable en fait. Donc c'est vraiment la première phase du cycle. qui va être sensible à ces perturbations. Après, quand on arrive en phase de préménopause et ménopause, c'est moins le cas. Parce que là, l'âge faisant, le métabolisme aussi, fait qu'on a plus de perturbations hormonales liées à la chute progressive des hormones.
- Speaker #0
Un des premiers moyens de prendre soin de ces cycles, c'est de réussir à bien apprivoiser son stress et à le gérer du mieux qu'on peut. Parce que ça pourrait être alimentaire, ça pourrait être... Mais c'est tout en fait. J'imagine que dans tous les cas, c'est toujours un politique global. Pour toi, le stress, c'est vraiment le premier...
- Speaker #1
Je te donne un exemple. Un choc émotionnel fort. J'ai eu un cycle raccourci de 10 jours, 3 mois après. Parce qu'il faut savoir que les follicules ne se développent pas comme ça en 10 jours. Ils mettent 3 mois à maturer. Et donc un choc... qui peut avoir le... Je ne sais pas, moi je prends le mois de septembre, tu peux le ressentir sur ton cycle au mois de novembre.
- Speaker #0
Ah ouais, c'est dingue.
- Speaker #1
C'est hyper important justement de s'observer et de prendre des notes. Alors moi, je n'ai pas d'application parce que ça ne me correspond pas, mais je note les informations de mon cycle sur un bullet journal. Ça peut être un agenda, peu importe.
- Speaker #0
Les informations, c'est le nombre de jours, quand ça commence, quand ça termine, et aussi le flux ou pas du tout ?
- Speaker #1
Le flux aussi, mais aussi les chocs émotionnels. Les perturbations, par exemple, j'ai très mal dormi pendant trois jours. Enfin, voilà, ce genre de choses. Pour me dire, voilà, ce qui m'arrive, là, ça y est, c'est bon, je comprends. Je fais le lien avec ce qui s'est passé trois mois avant.
- Speaker #0
Oui, c'est génial pour se reconnecter à soi, en fait, d'avoir toutes ces infos.
- Speaker #1
Et aussi, c'est rassurant, t'imagines.
- Speaker #0
Non, mais ça nous permet aussi de reprendre le pouvoir sur notre corps. Évidemment.
- Speaker #1
C'est pour ça que je dis que ça a une source d'empuissancement énorme, en fait.
- Speaker #0
Et est-ce que tu conseillerais à des jeunes filles de faire la même chose pendant les premières années ? et Les dates où elles ont leur... Au moins, à minima, les dates de leur règles ? Voilà,
- Speaker #1
à minima. Moi, je dirais à minima ça. Déjà, pour ne pas être surprise quand ça arrive, parce que, bon, voilà. Et après, prendre l'habitude, effectivement, peut-être de noter la composition de la glaire aussi. Voilà, là, elle est un peu plus filante. Ah oui, donc je suis sûrement en zone fertile. Ça peut être aussi intéressant. Après, bon, on ne va pas faire de l'asymptothermie, ce n'est pas le but, mais voilà, c'est des indicateurs intéressants.
- Speaker #0
Non, mais c'est une connaissance de soi. Enfin, c'est aussi... devenir une femme en apprivoisant son corps et en s'y connectant le plus possible.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et comment est-ce qu'on met toute la famille à contribution au cours du cycle ? On en avait déjà parlé en dehors de ce podcast, et c'est aussi une manière d'impliquer les hommes et tout le reste de la famille, mais les sensibiliser à « ok, là je suis dans telle phase, donc là ne me demandez rien » ou au contraire « là je suis une pile électrique parce que je suis dans ma phase du cycle où vraiment j'ai plein de trucs à mettre en place » . Comment est-ce qu'on peut parler de ça, verbaliser et faire en sorte d'être Merci. comprise aussi et entendue dans ces demandes-là ? Parce que j'ai l'impression qu'il y a quand même beaucoup d'hommes qui n'ont pas encore intégré ces fluctuations hormonales et d'énergie.
- Speaker #1
Oui, alors après, il ne faut pas non plus tout voir au travers du cycle. Ça, c'est important aussi de le mentionner. Effectivement, il y a des fluctuations d'énergie, donc le cycle apporte une certaine coloration. Chez certaines, ça va être prépondérant. Chez d'autres, ça ne va pas être le cas. Si je prends mon exemple, moi, je ne suis pas du tout sensible aux énergies du cycle, sauf... Merci. Prémenstruel, parfois, oui. Mais je suis plus sensible aux saisons, par exemple.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
L'hiver, moi, je suis sous ma couette. C'est très difficile de me sortir de la maison. À l'inverse de l'été. Et chez certaines personnes, le cycle, ça va être vraiment prépondérant sur tout le reste. Donc il faut vraiment, encore une fois, connaissance de soi. Et surtout pas mentaliser le truc en se disant, là, je suis en phase folie claire, donc je dois être dynamique. Non. Je ressens déjà, moi, comment je suis. Et à partir de là, de quoi j'ai besoin. Donc ça c'est la première chose en fait. Alors on va se dire quand même, quand on a les règles, généralement on est crevé, enfin la plupart d'entre nous. Donc c'est peut-être à ce moment-là où il faut prendre soin de soi et de se dire c'est le moment où je ralentis et j'exprime le besoin de me reposer. C'est peut-être pas le moment de faire une méga sortie. Mais ça, encore une fois, c'est de la connaissance de soi, qu'est-ce qu'on est capable de supporter ou pas, et comment on peut récupérer parce qu'il ne faut pas se mettre dans un cycle d'épuisement en fait.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, parce que si on n'écoute pas ce que notre corps nous dit, on le paye le cycle suivant finalement. Et du coup, je trouve que c'est pas évident de faire la distinction, tu disais que toi t'étais plus sensible aux saisons par exemple, faire la distinction entre ok là je m'écoute vraiment, j'ai besoin de ça, ou juste je suis dans une phase où je suis fatiguée et c'est indépendant de mon cycle. C'est pas facile de se connaître à ce point-là et de savoir enfin juste en fait, on devrait juste se dire je suis fatiguée, je ralentis quel que soit le moment du cycle, on est d'accord. Mais si on veut le mettre en corrélation pour apprendre à connaître ces cycles justement, C'est pas forcément simple.
- Speaker #1
Ça demande de l'observation. C'est ça, c'est repérer les patterns, les schémas répétitifs. Et ça, tu vas pas le faire immédiatement. C'est à force d'expérimenter, d'observer. La connaissance de soi, c'est ça. C'est pas immédiat, c'est l'expérience, l'expérimentation.
- Speaker #0
Et c'est d'autant plus intéressant de commencer cette quête un petit peu, je pense, dès l'adolescence. Parce qu'après, quand toutes ces jeunes femmes, si jamais elles décident de devenir mères, et qu'elles n'ont de toute façon plus accès au sommeil, Qu'elles mangent entre deux tétés ou deux biberons et qu'elles sont complètement sous l'eau. En fait, elles seront de facto à un moment donné coupées de leurs propres besoins, parce qu'elles seront dans le dur de ce que c'est qu'un postpartum par exemple. Et avoir toutes ces infos sur, ok, là j'apprends vraiment à ralentir parce que mon corps m'envoie, que ce soit à travers le cycle ou d'autres, plein de messages comme quoi je dois ralentir, c'est précieux. Et puis aussi après, il faut pouvoir être entendu. Par l'entourage et comprise et accompagnée là-dedans, parce qu'il y a encore beaucoup de personnes qui me disent « oui, t'es fatiguée, c'est bon » .
- Speaker #1
Une fille m'attend, elle me dit « c'est après ménopause » . Clairement, c'est important d'en parler en famille, dès tout petit. Et d'ailleurs, c'est une des recommandations, je fais un petit aparté sur le rapport de la ménopause, le rapport RIST qui est sorti, qui précise qu'il faut parler de cette vie hormonale à l'école, au collège, de la puberté jusqu'à la ménopause, pour que les jeunes intègrent ce continuum de fluctuation des hormones et que ça devienne naturel. Et que ce soit intégré et compris et que ce ne soit plus du tout un tabou. Là, aujourd'hui, je crois que c'est une femme sur deux. qui ne parle pas de ce qu'elle vit à son conjoint, dans les couples hétérosexuels. Notamment la ménopause, qui est perçue encore de façon très négative et taboue. Donc on peut imaginer, quand tu parlais du postpartum, c'est pareil, on ne comprend pas ce qui nous tombe dessus, on se dit que c'est dans la tête, et on se retrouve seule. C'est ça,
- Speaker #0
vu que c'est tu, on a l'impression d'être la seule à vivre ça.
- Speaker #1
Voilà. Donc au contraire, non, je pense qu'il faut en parler, et du coup, pour mes filles, c'est devenu naturel, et j'ai à cœur, au travers des ateliers, que ça le devienne pour le plus de personnes possible. Maintenant, il faut diffuser la bonne parole. Et justement, ton podcast, je pense que ça peut aider à ça. Et c'est super important.
- Speaker #0
Et comment reconnaître qu'un changement hormonal va avoir lieu en amont ? Est-ce que c'est quelque chose qu'on peut anticiper quelque part ? Parce que j'imagine que c'est un peu progressif. C'est comme l'arrivée des premières règles, ça n'arrive pas d'un coup. Tu t'indiquais tout à l'heure. Ah oui,
- Speaker #1
tu parles vers la ménopause ?
- Speaker #0
Vers la ménopause ou même être à l'écoute d'un début de grossesse. Comment est-ce qu'on peut apprendre à décrypter ? tous ces changements hormonaux qui s'annoncent pour mieux les vivre et puis s'adapter du mieux possible ?
- Speaker #1
On parlait tout à l'heure de s'observer et de repérer les schémas. Donc si on sait qu'on a un cycle qui dure 30 jours et puis qu'on voit que c'est assez régulier, 30, 31, 29, d'un cycle à l'autre c'est ça, et puis que d'un coup on voit que ça diminue, que la moyenne de temps est plutôt vers 27, 26, On se dit, ah bah tiens, là, c'est quand même curieux, peut-être que j'ai ma progestérone qui commence à être faiblarde et que les ovulations sont de moins bonne qualité. Ah, j'ai 42 ans, ah bah oui, c'est peut-être la préménopause. Et donc là, ça va être intéressant de soutenir ces hormones pour avoir une ovulation de bonne qualité, parce que les hormones, c'est notre capitale santé. Donc c'est intéressant de les soutenir. Ça, c'est un exemple, mais encore une fois, c'est basé vraiment sur l'auto-observation. Et donc c'est ça qui est important, vraiment le message à passer, c'est de noter. Parce que sinon on n'est pas capable de voir ces changements en fait.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Si tu avais un message à transmettre à toutes les jeunes filles qui peuvent potentiellement nous écouter et qui s'apprêtent à vivre leurs premières règles, qu'elles seraient-ils ?
- Speaker #1
Alors là, tu me prends au dépourvu. Moi, je pense que la connaissance, c'est ce qui permet de vivre mieux plein de choses. Donc savoir, c'est pouvoir.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Voilà. On a beaucoup parlé de connaissance de soi, je pense que c'est hyper important. C'est la peur en fait, le non-dit, la méconnaissance qui fait qu'on va dans des travers et qu'on crée des inégalités. Donc vraiment, parler, dire les choses, aller voir des personnes de confiance pour en parler. Ce ne sera pas forcément les parents, mais peu importe. Des références sur le sujet pour en apprendre le plus possible, parce que le cycle en fait, c'est vraiment le représentant de notre santé. C'est notre carnet de santé qu'on a à l'intérieur de nous, donc c'est hyper important.
- Speaker #0
Et aux parents, aux proches, enfin pas forcément les parents d'ailleurs, tu parlais de tous les accompagnants et tous ceux qui peuvent être des personnes ressources pour ces jeunes filles. Quel message tu voudrais leur transmettre pour pouvoir accompagner au mieux cette période de transition ?
- Speaker #1
N'ayez pas peur, ça va bien se passer ! Si vous ne savez pas comment faire justement pour accompagner ces jeunes filles, il y a plein de ressources disponibles aujourd'hui. Il y a moi et mes collègues éducatrices qui pouvons intervenir, bien sûr. Mais aujourd'hui, il y a beaucoup de livres, de sites, de comptes en ligne. Je pense à des comptes Instagram, ressources, pour accompagner. Donc il ne faut surtout pas rester dans le non-dit, en fait. Je trouve qu'aujourd'hui, en plus, on a la chance d'avoir des ressources à disposition à foison. Ce serait vraiment dommage de s'en passer.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous donner, du coup, ces ressources, celles à quelles tu penses spontanément ?
- Speaker #1
Comme je disais tout à l'heure, le livre de base, les petits illustrés de l'intimité, le tome 1 et le tome 2 pour les filles et les garçons, qui sont des basiques qu'on peut mettre dans les mains des enfants dès le plus jeune âge. L'entrée en lecture, même 5-6 ans, on peut déjà ouvrir ce bouquin-là avec eux.
- Speaker #0
5 ans ?
- Speaker #1
Oui, peut-être 6 ans, le CP c'est 6 ans. Oui,
- Speaker #0
c'est 6 ans, mais moi j'ai un enfant qui a 5 ans, je me dis que la première partie du livre c'est ok. Mais je ne sais pas si j'irais jusqu'au bout avec lui sur tous les sujets. Mais après, ça dépend du rythme, j'imagine. Non,
- Speaker #1
mais tu vois, en fonction de chaque âge, évidemment. Et puis, de toute manière, à l'enfant à cet âge-là, tu l'accompagnes. Tu ne vas pas le laisser tout seul avec le livre. Donc, le corps, amour et sexualité dont je parlais, lui, du coup, est plus vaste.
- Speaker #0
Ensuite, il y a tout ce qui est Kiffe ton Cycle, le site en ligne avec le blog et la petite intelligence artificielle qu'a développée Gaëlle, où on pose une question et les bases de données sont vraiment vérifiées et validées par elle. Donc hyper intéressant quand on a une problématique. Par exemple, on se lève la nuit, on est paniqué parce qu'il y a un truc. On pose la question et ça marche très très bien, je l'ai testé. Oui,
- Speaker #1
elle a développé son propre outil.
- Speaker #0
Oui, lors d'un hackathon. Donc ça, ça fonctionne assez bien. Et après, il y a des comptes Instagram, je pense Orgasme et Moi, sur tout ce qui est sexualité, consentement, etc. Le compte de "Kiffe ton Cycle". Il y a des comptes aussi de Sages-Femmes. Il y a Anna Roy. Il y a "Les Règles, Quelle aventure !", qui est un livre qui est très complet, qui parle à la fois de l'aspect physique, physiologique et sociétal. Il est prévu pour les jeunes filles, donc c'est super. Il est super, celui-là. Et il y en a un autre que j'aime bien aussi, et qui a encore une autre dimension, c'est l'aspect émotionnel, aussi bien pour les filles que pour les garçons, "Dans ma culotte" et "Dans mon caleçon".
- Speaker #1
Ok, donc il y a deux versions, filles, garçons, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Toi, par exemple, c'est marqué "Dans ma culotte, tout comprendre sur mes règles", "Dans mon caleçon, tout comprendre sur mes spermatozoïdes". Il est vraiment sympa aussi celui-là.
- Speaker #1
Ça, c'est pour quel âge, du coup ?
- Speaker #0
Ça, c'est plus déjà vers 9-10 ans, en fait. Je trouve que les petits illustrés, en fait, ils sont très larges. Du coup, tu peux avoir différents niveaux de lecture que celui-ci. Je pense qu'il est déjà plus détaillé, plus complet.
- Speaker #1
Après, les âges, c'est comme pour tout. Ça dépend de chaque enfant, de où il en est.
- Speaker #0
Bien sûr. Mais c'est pour ça que je dis à chaque fois... en tant que parent le lire d'abord pour se rendre compte et puis ensuite voir avec l'enfant. En fonction de ses questions aussi, on n'est pas obligé.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Est-ce qu'avant de clore ce podcast, il y aurait un autre point que tu aurais souhaité aborder ?
- Speaker #0
Non, je crois que c'est déjà pas mal. N'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions, des interrogations sur ce que je propose parce que le métier d'éducatrice menstruelle, c'est un nouveau métier qui n'est pas connu. Moi et mes collègues, on est pionnières sur le sujet. Ça peut poser des questions et je suis ouverte évidemment pour expliquer.
- Speaker #1
J'ai d'ailleurs une question. Est-ce que tu travailles uniquement dans ton secteur géographique ou est-ce que tu pourrais organiser des ateliers en ligne éventuellement avec des gens plus loin en France ?
- Speaker #0
Alors oui, effectivement, je l'ai déjà testé et c'est vrai que l'aspect présentiel est intéressant parce que c'est là, je trouve, où on peut faire émerger plus facilement des prises de conscience. Surtout qu'on manipule, il y a cette intelligence collective qui fonctionne. Néanmoins, je trouve que comme c'est un sujet qui est tellement important, le faire en ligne c'est tout à fait possible, je l'ai déjà expérimenté aussi. Ce sera de façon un peu plus, comment dire, dans un sens on va dire.
- Speaker #1
C'est un peu plus conférence qu'atelier peut-être.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Ça reste quand même collaboratif, bien sûr, dans le sens où les personnes peuvent interagir. C'est plus difficile de faire circuler la parole dans ce cadre-là, mais néanmoins, c'est possible.
- Speaker #1
Ok. Merci Marie-Sophie pour tout ce que tu nous as transmis aujourd'hui. Je rappelle le nom de ton compte Instagram, donc c'est @j_etincelle. Et j'invite tout le monde à aller consulter ton site jetincelle.fr. Je rappelle que tu es basée dans les Yvelines, à Poissy. Je ne sais pas, où est-ce que tu te déplaces éventuellement pour des ateliers ?
- Speaker #0
Je vais même jusqu'à Paris donc.
- Speaker #1
D'accord, donc dans toutes les îles de France, ouest peut-être ? Oui,
- Speaker #0
plutôt côté ouest, oui.
- Speaker #1
Merci à vous d'avoir écouté notre échange, qui je l'espère vous aura permis de mieux comprendre ce qui se joue dans le corps à l'adolescence, mais aussi dans le quotidien des femmes chaque mois, chaque année. Si vous êtes parent, éducateuriste, professeur ou simplement adulte en lien avec des jeunes, j'espère que ça vous donnera des clés concrètes pour parler des règles sans gêne, sans détour et surtout sans honte. Si vous êtes un homme, merci d'être resté jusqu'au bout avec nous, parce que ce sujet est aussi le vôtre, comprendre le cycle, c'est aussi savoir être présent, être un allié dans les familles, au sein du couple, on n'en a pas parlé mais ce serait l'objet d'un autre podcast, et au sein des cercles d'amis, nous avons tous et toutes un rôle à jouer pour que cette part du corps féminin soit mieux connue, mieux accueillie, et surtout jamais cachée. Un immense merci pour votre écoute. J'espère que vous y aurez trouvé des pistes de compréhension de votre corps et peut-être de ceux des personnes qui vous entourent. Vous entendez probablement ça à chaque écoute de podcast, mais il est vraiment essentiel pour moi de vous le rappeler. Si cet épisode vous a plu, s'il vous plaît, abonnez-vous et mettez-lui 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute. Laissez un commentaire et partagez cet épisode, c'est le seul moyen pour moi de faire connaître ce podcast que je crée bénévolement, pour nous, avec le cœur. Vous pouvez également suivre l'actualité d'Un Corps à écouter sur sa page Instagram, où vous découvrirez mes invité.e.s en avant-première. A très vite !