- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans Un Corps à Écouter, le podcast qui nous permet de cheminer ensemble vers une reconnexion à nos corps. Comment fait-on pour apprendre à écouter ou réécouter son corps quand on n'a pas le mode d'emploi ? C'est ce que je vous propose d'interroger, épisode après épisode, à travers un cheminement individuel et collectif, une quête commune. Je suis Céline Auvray, créatrice de ce podcast, mais aussi doula et maman de trois enfants. Dans chaque épisode, je vous emmène avec moi à la rencontre de mes invité.e.s qui ont Un Corps à Écouter, à apprivoiser, à comprendre, et des pistes pour nous apprendre à habiter nos corps avec plus de conscience. Une façon d'être également plus connecté.e.s à nous-mêmes, et plus en lien, aussi, entre nous. Lorsque nous entreprenons un travail sur nous-mêmes, notre premier réflexe est souvent de chercher des explications, d'essayer de comprendre ce qui se joue en et pour nous. Pour cela, nous tentons la plupart du temps de poser des mots sur notre histoire, et de décrypter ce qui se cache derrière nos émotions. Nous analysons, réfléchissons... Et cette capacité à penser, verbaliser et donner du sens est évidemment précieuse. Mais il arrive que, parfois, malgré tout ce cheminement, nous restions confronté.e.s à des résistances, d es émotions qui reviennent sans que nous nous sachions pourquoi, une sensation persistante dans notre corps, une difficulté à nous sentir pleinement nous-mêmes, des expériences qui continuent de nous accompagner, même lorsque nous avons l'impression de les avoir comprises. Comme si la conscientisation intellectuelle n'était pas toujours suffisante pour pleinement intégrer les informations et dépasser les points de blocage. Et si le mouvement pouvait être une autre façon de se raconter, de se rencontrer et de se transformer ? Un espace où le corps retrouve une place, où certaines émotions peuvent enfin circuler, où quelque chose peut se déposer, se transformer, parfois même se réparer. C'est ce que je vous propose d'explorer avec mon invitée aujourd'hui. Caroline Khanafer est psychologue clinicienne, psychothérapeute et formatrice. Passionnée par son métier depuis plus de 20 ans, son intérêt pour le corps l'a poussée à mêler dans sa pratique la parole avec la sensorialité, le mouvement, le souffle ou encore la méditation. Parmi les outils qu'elle utilise, nous pouvons compter l'art, le rebozo, le Wuotaï ou encore la Danse-Thérapie. Ses approches utilisent le mouvement comme moyen d'expression, d'exploration et de transformation. Avec Caroline, nous allons essayer de comprendre ce qu'est concrètement la Danse-Thérapie et explorer ce qui peut se révéler lorsque le corps devient un espace d'expression, de rencontre avec soi, de joie, de créativité et de confiance. Nous parlerons aussi de ce qui se joue dans la relation à l'autre à travers le mouvement, de nos héritages et de cette manière si singulière qu'elle a d'accompagner les gens, avec toute sa douceur, son humanité, sa belle énergie. et une profonde confiance dans les ressources de chacun et chacune. Car si notre corps porte parfois les traces de notre histoire, il détient aussi les ressources dont nous avons besoin pour continuer à avancer. Caroline, merci infiniment d'être à mon micro aujourd'hui. J'ai beaucoup de joie à la perspective d'échanger avec toi sur ce sujet.
- Speaker #1
Merci à toi et quelle très jolie présentation.
- Speaker #0
Merci. Alors j'aimerais démarrer en te demandant, puisque tu l'intègres à des pratiques, et que c'est la thématique de ce podcast, si le corps a toujours eu une place importante dans ta vie ?
- Speaker #1
Alors je dirais qu'au départ j'ai quand même eu une formation classique de fac de psycho, et avec un peu ces injonctions que si on parle du corps beaucoup, on n'y touche pas, et on en parle beaucoup, c'est quand même aussi cette image allongée sur le divan, tu parles de ton corps, tu parles de tes douleurs, mais on n'y touche pas. Et le premier intérêt... Et comme Amnée, quand je travaillais en institution, je travaillais beaucoup avec des psychomotriciennes, et notamment avec une avec laquelle on a fait beaucoup d'ateliers ensemble. Et dans ces ateliers, évidemment le corps était présent, notamment dans un atelier qu'on faisait autour de la musicothérapie. Elle, elle était formée en musicothérapie. Il y avait vraiment un temps où elle, elle jouait de la musique et c'était avec des enfants. Et finalement, moi j'intervenais sur le corps quand même pour les... réaligner des choses qui étaient issues de la pratique du yoga que je faisais. Et ça m'a déjà fait réfléchir au fait que... Je ne dis pas que j'avais besoin de toucher au corps tout le temps, mais il y avait déjà une première sensibilité qui était là.
- Speaker #0
Et alors, si on remonte encore plus en amont, pourquoi est-ce que tu as choisi ce métier de psychologue et de psychothérapeute assez jeune finalement ? Ce n'était pas une reconversion, c'était ton premier choix d'étudiante.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Même avant d'étudiant, l'histoire est que j'avais à peu près 4-5 ans. Tu vois, ça remonte, hein ? 4-5 ans et... une voisine de là où je vivais était psychanalyste et ça a été un espèce de grand coup de cœur. Alors je ne peux pas te dire qu'à 4-5 ans, je comprenais ce qu'était la psychanalyse, mais j'ai très vite compris qu'il y avait quelque chose du pouvoir de la parole et de l'écoute. Et donc c'est resté quelque chose comme ça et il y a eu une autre amie de la famille psychanalyste aussi et toutes les deux m'ont vraiment accompagnée. D'ailleurs je suis toujours en contact avec elle et c'était comme une évidence. Ça peut faire un peu prétentieux, mais je n'ai pas l'impression d'avoir découvert un métier. J'ai l'impression que c'était une évidence que écouter et passer par la parole avait vraiment du sens pour moi. C'est vraiment passer par là et pas par exemple par le corps. C'est vraiment passer d'abord par le travail de l'écoute et de la parole. J'avais 5 ans et mes études se sont déroulées comme ça. Je savais exactement où je voulais aller.
- Speaker #0
C'est impressionnant. À un âge où on veut être fée ou chanteuse. Peut-être que je voulais être fée ou licorne en même temps, mais psy. Ça t'a ouvert cette perspective en tout cas. Et donc, après cette expérience avec cette psychomotricienne, comment est-ce que tu en es venue à te dire que vraiment dans ton quotidien, dans ta manière d'être thérapeute, tu voulais intégrer le corps ? Est-ce que c'est venu progressivement ensuite ? Ou est-ce que tu t'es complètement formée à d'autres outils. Comment c'est venu ?
- Speaker #1
Je crois que c'est venu progressivement. Au départ, c'était plutôt de travailler avec des personnes qui étaient formées sur le corps et d'accompagner, d'être nourrie de ça. Ensuite, c'est venu d'un cheminement personnel où j'avais besoin d'aller un peu comprendre ce qui se jouait dans le corps, ne serait-ce que dans la rencontre de mon propre corps, de là où il pouvait faire mal, de là où il était incompréhension. et d'avoir toujours aimé les massages par exemple, tu vois, j'aimais bien me faire masser. Et puis finalement, il y a un peu plus de dix ans je crois, lors d'un cours de yoga, j'ai rencontré un des élèves qui s'appelle Jean-Pierre Philavong et qui a une pratique de ce massage qui s'appelle le Wuotaï. L'autre nom du Wuotaï, c'est l'ostéodense, qui a été créé par un ostéopathe français. Et je suis allée découvrir avec lui le Wuotaï en atelier pour pratiquer. Et en fait là, ça a déjà transformé mon rapport au corps, mon propre corps, et aussi transformé mon regard sur le corps des autres. Et je crois que ça, ça a été la base première, ça a été de ne pas juste écouter, de ne pas juste voir, mais d'être sensible au fait que quelqu'un pouvait entrer dans la pièce et me dire non, non, ça va, et d'observer que le corps était tout crispé, même si c'était déjà là, mais ça a mis beaucoup plus de conscience. et à partir de là, au fur et à mesure, Ça m'a donné envie d'explorer, d'aller plus loin. Après le Wuotaï, j'ai rencontré, ou j'avais déjà rencontré, je ne sais plus, notre amie commune Anne Belargent qui est doula et qui pratique le Slowrebozo et qui m'a transmis sa pratique du Rebozo, qui est d'ailleurs nourrie de la lenteur et des cercles du Wuotaï. Donc ça a été vraiment au fur et à mesure. Et comment tout ça peut rentrer aussi dans l'espace du cabinet. Mais ça a été vraiment... Un travail au départ de « est-ce que j'ai le droit de faire ça ? » « Est-ce que j'ai le droit ? Est-ce que c'est juste ? » Quand j'étais en institution, j'ai eu dans la hiérarchie des gens qui me disaient « interdiction de toucher au corps, ce n'est pas du tout votre domaine. » Et en fait, c'est un non-sens parce que les gens arrivent en séance avec un corps. Si je reçois des gens, même s'ils parlent, c'est bien parce qu'ils ont un corps. Donc il y a vraiment quelque chose, au bout d'un moment, par le travail sur moi, par le travail de supervision aussi, qui a permis cette entrée-là. Et l'étape d'après a été par une grande amie qui est psychomotricienne de formation qui m'a fait découvrir la Danse-Thérapie, qui avait très envie que je rencontre son formateur, Benoît Lesage, et une autre formatrice, Angela Loureiro. Et je suis allée à un premier stage comme ça. J'y suis allée en découverte, en rencontre, et ça a été un espèce de coup de cœur. C'était magnifique, mais là encore, il y a eu un petit... temps avant de me dire, ok, je peux faire cette formation, qu'on appelle la formation longue en Danse-Thérapie, parce que j'avais l'idée que celle n'était ouverte qu'aux psychomotriciens, psychomotriciennes, aux danseurs, aux gens vraiment du corps. Et finalement, non, c'était ouvert à tout le monde. Et là, ça, ça a vraiment été, je dirais, c'est les dernières années, mais quelque chose qui est venu marquer. Je dois faire entrer le corps dans le cabinet, lui donner une autre place. Mais bien sûr, ce n'est pas avec tous les patients. Tous les patients viennent avec un corps et j'en tiens compte. Mais il ne va pas avoir la même prépondérance chez tout le monde. Il y a des personnes qui ont vraiment envie d'une psychothérapie très classique et il n'y a strictement aucun problème. Je dirais aussi, avant de revenir à la Danse-Thérapie, j'ai utilisé aussi, tu parlais de sensorialité, mais justement les sens avec les onctions qui ont été créés. Pareil, il y a un autre formateur qui s'appelle Cyril Pelard, qui sont un mélange d'huile végétale et d'huile essentielle, pas fait n'importe comment, il a pensé tout ça. Peut-être que ça, c'était la première entrée par l'olfaction. Déposer une petite goutte sur le poignet, permettre à la personne d'aller se coucher. de connecter à toutes ces odeurs et une autre façon d'aller travailler la respiration. Parce que si dans les cours de yoga, avec le pranayama, avec plein de choses, on parle beaucoup du souffle, je pense comme beaucoup de thérapeutes ou de praticiens du corps, je me suis rendu compte que ce n'est pas toujours si simple de demander à des gens de respirer. La respiration est bloquée, quelque chose comme ça. Et parfois d'aller respirer une odeur, finalement, ça rend quelque chose du souffle un petit peu plus simple. Donc c'est aussi arrivé par là.
- Speaker #0
Merci beaucoup. J'aimerais revenir sur ce que tu disais par rapport au monde psy qui était très réticent au départ, enfin je ne veux pas généraliser, mais en tout cas que tu as quand même eu des gens qui t'ont dit no go. Est-ce que tu as dû te confronter un petit peu à ça ? Est-ce que tu as essayé de détourner ? Est-ce que tu t'es stoppé dans ton parcours pendant un temps parce que ça t'était interdit ? Est-ce que ce monde a évolué aussi peut-être au fur et à mesure des années ? Comment tu as réussi à faire accepter cette... idée que pour toi ce serait comme ça ? Est-ce que tu as dû renoncer à certaines choses pour pouvoir parvenir à intégrer ça Danse-Thérapie ?
- Speaker #1
Je dirais que je ne crois pas que tout l'univers psy et anti-contact du corps, d'ailleurs il y a les thérapeutes psychocorporels comme le nom l'indique, et je ne vais pas dire non plus que tout le monde psychanalytique et anticorps non plus, ça serait faux. Là où j'étais en institution, c'était comme si les choses étaient très réglées. Les orthophonistes font ça, les psychomotriciennes font ça, les psychologues font ça, les médecins font ça. Bon, ça remonte, il y a 25 ans. Je ne crois pas que je me suis battue. Je crois qu'à un moment donné, j'ai compris que j'avais vraiment besoin d'une pratique qui pourrait être nourrie de tout ce que j'étais, en gardant le socle de là où je venais, d'un repérage attentif. Et finalement, c'est en quittant l'institution, quand j'ai quitté vraiment le monde institutionnel, ça s'est fait en deux temps. Je suis partie dans une autre institution, là avec des adultes, dans la réduction des risques liés à l'usage de drogue. Et là, j'avais déjà plus de liberté. Je travaillais notamment avec un socio-esthéticien qui clairement travaillait sur le corps. Je l'accompagnais. Donc j'ai fait des brushings, j'ai fait des ongles. Donc je suis allée toucher ce corps autrement et je me suis dit mais ça a complètement de sens. Et puis quand je me suis complètement installée uniquement en libéral, ça a commencé peut-être avec les onctions. Dans ma patientèle, j'avais beaucoup de danseuses et ça a commencé avec elles, avec des personnes qui ont un certain rapport au corps, qui souvent avaient été adressées par leur ostéopathe et avec lesquelles on est allé travailler peut-être. un petit peu plus la sensorialité, toujours avec leur accord, bien évidemment, mais au-delà de leur accord, c'était moi de voir, est-ce que je sens que je garde ma place quand même de psychologue, de psychothérapeute ? Est-ce que je pars complètement dans autre chose ? Mais sans avoir envie, par exemple, de passer complètement à des massages, à des soins complètement tournés autour du corps. C'est des petites touches. Et puis au fur et à mesure, le Rebozo, c'est aussi installé, que ce soit Merci. dans le cadre de la grossesse, mais pas que, avec des enfants, avec des personnes dans des espaces de traumatisme, juste d'arriver, de ne pas se sentir dans son corps. Donc comment avec le Rebozo, c'était vraiment pour moi cet objet médiateur qui permettait à la personne de la rassembler, de lui faire sentir quelque chose de ce corps. Et tu sais, avec ce mouvement très très simple, de mettre ce tissu autour du dos et de laisser la personne aller un peu s'enrouler, déjà d'observer ça. Est-ce qu'elle peut aller se déposer dans le tissu ou pas ? Et d'aller lui faire sentir l'arrière du corps. Ça, pour moi, ça a été très intéressant. Et encore plus conscientiser dans le travail en Danse-Thérapie, de comprendre que l'arrière du corps, c'est celle que tu connectes le moins souvent, que tu connais le moins, mais c'est de là d'où vient le danger. Et avec ces bercements que tu peux proposer avec le Rebozo, Tu sais, avec cette texture du tissu qui fait que tu sens vraiment toutes les fibres à l'arrière, de pouvoir proposer quelque chose de « je ne suis pas en danger » . C'est vraiment des petites touches. C'est une danse encore des formations, mais aussi des rencontres avec mes patients, avec ce qu'ils ont amené, avec ce qu'ils ont pu demander finalement.
- Speaker #0
Et tu as mentionné tout à l'heure que même d'un point de vue personnel, cette connexion au corps t'avait apporté ? Est-ce que c'est quelque chose qui t'a vraiment transformée dans ta manière d'être ?
- Speaker #1
Oui, sans aucun doute. Alors c'est un regard que je porte sur moi, mais qu'on m'a aussi renvoyée. Je pense qu'il y avait quelque chose où avant j'étais beaucoup plus dans ma tête, plus en légèreté. Je ne dis pas que je suis en lourdeur maintenant, mais quelque chose de plus en légèreté et que la pratique du corps m'a permis d'aller nourrir de la force dans ma douceur. Là où avant, c'était que de la douceur un peu évaporée et que finalement, la pratique du corps, sentir le poids, les appuis, la densité, le volume, c'est venu donner de la force finalement.
- Speaker #0
Comme un ancrage quelque part ?
- Speaker #1
Exactement, comme un ancrage, mais un ancrage qui n'est pas juste les pieds ou juste le bassin, qui est vraiment du corps tout entier. Je me rends compte par exemple le matin. Quand j'arrive au cabinet, si j'arrive un peu précipité, que j'enchaîne directement, je vais davantage me fatiguer dans la journée. Tandis que si j'arrive, je prends le temps de respirer un peu, de faire quelques mouvements, très simple, rien de compliqué, de prendre conscience que je suis là avec mon corps, il se passe quand même autre chose. Ça me vide beaucoup moins de mon énergie.
- Speaker #0
Ok. Ça, c'est un super conseil, entre guillemets, en tout cas quelque chose qui peut servir. à des personnes qui se sentent coupées de se dire, ok, ça prend deux secondes en fait, c'est vraiment prendre le temps de se ressentir, plusieurs fois même dans la journée si besoin, que ça peut à ce point avoir un impact sur tout le reste.
- Speaker #1
Pour donner un autre exemple un petit peu de ma façon de travailler, je t'ai dit, elle est singulière dans le sens qu'elle va vraiment s'adapter au sujet singulier. Bien sûr que je n'invente pas des théories du tout, là j'ai mes références, mais ça arrive que je propose à mes patients de s'allonger. Ce n'est pas forcément que cette histoire de psychanalyse, tu vois, classique, mais ça peut être aussi quand je suis assise, quand je suis face à quelqu'un, là je suis face à toi, je vais mettre quand même dans une certaine tenue du corps, voilà comment il faut s'asseoir, comment il faut se tenir, alors que peut-être mon équilibre du jour, si j'écoutais vraiment mon corps, ça serait d'être allongé, les pieds en l'air ou j'en sais rien. Et il y a des fois, je vais leur proposer de s'allonger, peut-être de fermer les yeux si c'est ok pour eux. pour justement pouvoir ne pas avoir à jouer quelque chose de ce corps, mais simplement de le laisser se poser, se déposer et être soutenu par le support. Très souvent, ils sont surpris de voir ce qui peut émerger aussi dans cette position allongée où je ne suis pas en train de soutenir le regard ou de jouer un rôle dans mon corps, comment je dois m'asseoir, est-ce que je me tiens droit, est-ce que je rajoute un oreiller ou pas. Dans mon cabinet, les gens se mettent aussi souvent pieds nus, comme moi d'ailleurs. Ils peuvent rassembler leurs jambes. Pour moi, c'était important de créer un espace dans ce lieu-là où je peux arriver telle que je suis avec mon corps, me mettre comme j'en ai envie. Et d'ailleurs, les enfants qui viennent, souvent automatiquement, c'est la première chose qu'ils font. Ils vont enlever les chaussures. Ça permet de mettre les pieds sur le canapé, ça permet de faire plein de choses. Mais pour les adultes aussi, de proposer... parfois, pas tout le temps, cette possibilité de s'allonger, de laisser le poids de la journée,
- Speaker #0
c'est aussi une façon d'aller prendre conscience de son corps et de ses contours. Qu'est-ce qui émerge et qu'est-ce qu'on peut faire avec tout ça ? Mais ça implique beaucoup plus de confiance, j'ai l'impression, et de lâcher prise, que quand on est Danse-Thérapie classique où on a quand même une posture, comme tu disais, comment s'asseoir, etc. Dès lors que la personne peut s'allonger, déjà, il faut qu'elle se sente suffisamment en sécurité. Tout à fait. Pour pouvoir le faire. Parce que j'imagine que c'est peut-être pas quelque chose que tu proposes dès le premier rendez-vous, etc. Mais ça permet aussi d'accéder à autre chose et d'être plus déjà dans son intériorité, tout simplement. De quoi j'ai besoin ? Comment je me sens bien aujourd'hui ? Dans quelle position ? Et s'autoriser à ça, ça nécessite quand même d'avoir tissé une vraie relation de confiance avec eux et peut-être de ne pas rentrer plus dans l'intimité, mais en tout cas dans une relation qui soit suffisamment sécurisante et donc qui peut-être se tisse sur le long terme, en tout cas qui... permet aussi Danse-Thérapie autre chose.
- Speaker #1
Oui, je crois que tu as raison de toutes les façons, la relation Danse-Thérapie. il y a quand même profondément un lien de confiance et quand même, les personnes viennent déposer quelque chose de leur intime, dévoiler quelque chose de leur intime. Donc bien sûr que ce n'est pas arriver, allongez-vous, faites ceci, faites cela.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et j'ai même envie de dire, tu sais, quand tu vas chez l'ostéopathe ou tu te doutes que tu vas t'allonger, qu'il va manipuler ton corps, là aussi, ça demande de prendre le temps, de se regarder, d'expliquer un petit peu ce qu'on va faire. Donc oui, il y a une relation de... confiance qui s'établit. Et puis je crois qu'il y a aussi quelque chose de vraiment de... avec leur rythme. Pour moi, c'est pas du tout à mon rythme que ça chemine, c'est à leur rythme. Donc c'est pas, ah j'ai envie de vous proposer ça, venez on teste ça. C'est vraiment quelque chose de leur rythme qui émerge et c'est toujours une proposition. Ça n'est jamais une obligation.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Mais du coup, ça me questionne aussi sur ce que tu disais tout à l'heure sur je ne vais pas forcément proposer une approche corporelle à... tous mes patients, chacun sa temporalité, chacun sa manière d'accepter ou non aussi les propositions que tu leur fais. Mais comment est-ce que tu te dis pour ce patient-là ou cette patiente-là, ce serait hyper intéressant de tester ça et peut-être pas pour un autre ou une autre ? Comment tu arrives à sentir le bon moment et à quelle personne proposer quelque chose de plus corporel ?
- Speaker #1
Alors déjà, dans la première rencontre, j'évoque quand même le fait que je porte un intérêt au corps ou alors ils arrivent Merci. à moi parce qu'ils savent ça. En fait, finalement, j'ai toujours un intérêt porté pour le corps, même si on fait un travail que par la parole. Je vais quand même prêter attention à la façon dont ils sont assis ou où ils vont s'asseoir. Je pense à mes patients qui, au tout début, ils s'asseyaient vraiment dans l'angle, un peu comme ça. Voilà, et au fur et à mesure. Et c'est des choses que j'ai pu lui nommer et sur lesquelles il a pu observer. Donc, tu vois, je porte toujours un intérêt sur cette conscience du corps parce que Merci. Le corps, les émotions, le psychisme, c'est lié. Chez le bébé, c'est trois piliers qui sont encore amalgamés, puis ça va s'ouvrir. Après, ça va être plutôt en fonction de ce qu'ils vont nommer. S'il y a beaucoup d'angoisse physique, d'anxiété, si parfois parler est profondément difficile, qu'est-ce qu'on peut travailler par le corps ? Comme je te le disais en début, en institution, j'ai fait beaucoup de groupes. Alors j'en ai fait seul, mais j'en ai fait aussi, surtout avec des psychomotes. Mais en cabinet, je me posais un peu la question de comment refaire du groupe. Et finalement, je me suis décidée. Et j'ai appelé ça la saison 1, épisode 1. Le pilote, mais qui va parler du corps. Et c'est un groupe autour du corps. Donc, ça relève quand même de la Danse-Thérapie, mais là, pas par la parole. Alors, je ne vais pas en dévoiler tous les secrets parce qu'il n'a pas encore eu lieu. Mais vraiment, il y aura des choses autour de la création, de la créativité, de la manipulation. Mais aussi d'aller sentir son corps. Dans cette première session, il n'y aura pas de contact des personnes les unes avec les autres, mais quand même de pouvoir regarder leur création, de pouvoir mettre des choses en scène avec le corps. Donc là, par exemple, c'est des patients qui m'ont donné envie vraiment de me dire « quand même, ça vaut vraiment le coup, on en parle, on fait des choses » . Mais le corps, ça se construit dans la relation et par la relation, alors à soi, à l'autre et au monde. Donc s'ils sont avec moi, c'est très bien. S'ils sont avec eux-mêmes, c'est très bien, mais s'il y a des autres, il va encore se passer autre chose. Et puis, c'est aussi cette idée de pouvoir expérimenter et explorer lors d'un atelier ou lors d'une séance. On sait bien que parfois on peut proposer, tiens, vous pouvez faire ça chez vous. Et en fait, on sait tous très bien, moi la première, ça m'est déjà arrivé qu'on me dit ça serait bien de faire ça et tu le fais une fois, deux fois, trois fois et t'arrêtes. Donc c'est aussi l'idée de... Plus c'est difficile à faire à l'extérieur, plus c'est intéressant de le faire en séance. Comme ça, c'est fait. Même si ce n'est pas tous les jours, ils ne viennent pas en séance tous les jours, il y a quelque chose qui vient s'engrammer là-dedans.
- Speaker #0
Oui, je fais partie des mauvaises élèves qui disent oui, oui, et puis qui après sont appuyées par la vie et ne refont pas les... Oui, je comprends. Comment tu expliques aussi ce phénomène ? Et là, je pense que c'est quelque chose, pour le coup, qui me concerne directement, mais qui fait que parfois... Danse-Thérapie ou dans un processus de travail sur soi ou autre, on peut avoir identifié la cause de nos problèmes Doula source de telle ou telle réaction qu'on peut avoir, comment on fonctionne, l'intellect en tout cas, le mental sait. Mais pour autant, on n'arrive pas forcément à intégrer ces informations et à les dépasser, comme si ça restait bloqué dans la tête.
- Speaker #1
Oui, c'est une très bonne question, je pense qu'elle revient souvent Danse-Thérapie. Moi ce que j'ai l'habitude de dire c'est qu'on est des êtres complexes, c'est rare qu'on ait un milliard de problèmes, mais on en a un bon qui est quand même profondément ancré et c'est plein de pelures. Et parfois les gens disent « Ah mais j'ai déjà travaillé ça avec un autre thérapeute et je me rends compte que c'est pas réglé » . Non, vous avez probablement fait déjà énormément de chemin, mais il y a encore d'autres choses et en fait ça se complexifie. Après aussi tout dépend du regard que tu as. Moi je suis intéressée par tout ce qui concerne la psychogénéalogie. Donc parfois ta problématique, ok tu la vis là, mais elle est aussi liée à des générations supérieures. Donc tu travailles pour toi mais pas que pour toi. Et puis, il y a aussi une résistance au changement. Il y a des fois, il y a quelque chose, tu as bien conscience que ça te fait souffrir. Tu vois bien d'où ça vient, mais en même temps, le changement, ça nous coûte tellement d'énergie que ce n'est pas si simple que ça. Et je crois que le travail thérapeutique, quel qu'il soit, ce n'est pas toujours la levée des symptômes, c'est de mieux les cerner pour mieux vivre avec. C'est quelque chose de retrouver une mobilité, une fluidité dans tout ça. Bien sûr, il y a des choses où on aimerait que ça disparaisse. Tu vois, quand tu souffres d'anxiété, tu as profondément envie que ça disparaisse. Mais si tu vas Danse-Thérapie pour te dire, je fais tout pour que ça disparaisse, et que ça ne disparaît pas, finalement ça vient la nourrir. Mais pour mieux dialoguer avec soi, pour mieux comprendre ce qui se passe, je pense qu'il y a d'autres choses. Et puis, il y a aussi cette question de qu'est-ce que le corps garde en mémoire ? Je lisais récemment, je ne sais pas... qui avait écrit ça ou qui l'a nommé comme ça, mais que le corps n'est clairement pas un réservoir de souffrance, et en tout cas ça faisait sens pour moi, mais c'est aussi notre véhicule, notre contenant, c'est aussi notre mémoire. Finalement, on rend compte dans un travail thérapeutique, toutes nos couches, toutes nos dimensions, toutes nos complexités, bien sûr qu'il y a des choses qui peuvent vraiment s'apaiser et disparaître, Mais je crois que c'est aussi accueillir notre complexité. Finalement, j'aurais envie de dire ça et de rester humble là-dessus et de ne pas être en lutte avec soi. Je crois que le premier travail, c'est de ne pas être en lutte avec soi.
- Speaker #0
Oui. Et c'est là qu'on voit la limite aussi en développement personnel de donner la meilleure version de soi-même. Parce qu'en fait, on n'a pas qu'une meilleure version. Et comme tu disais, l'être humain est complexe. Et être dans l'acceptation aussi des parts d'ombre de chacun et chacune, ça fait partie peut-être du travail finalement. Et là,
- Speaker #1
j'aurais envie de redonner aussi tout son intérêt à la parole, au langage. Parce que finalement, le développement personnel, ce n'est pas toujours un terme que j'aime bien, même si c'est bien de se développer personnellement. Ça, c'est une petite blague à mon enseignante Danse-Thérapie. Mais il y a vraiment ce côté que si on dit aux gens, par exemple, il faut lâcher prise ou c'est important de prendre soin de soi ou de développer la meilleure version de soi-même. Qu'est-ce que ça veut dire ? Tu vois, qu'est-ce que ça veut dire pour toi ? Qu'est-ce que ça veut dire pour moi ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
C'est pas Doula même chose si tu demandes à chacun, si on avait dix personnes et qu'on se disait on va travailler sur la liberté, chacun aura sa définition de la liberté et chacun aura sa définition de la liberté pas que intellectuelle mais corporelle, sensorielle, émotionnelle à quoi ça nous ramène et chacun aura aussi dans sa polarité l'opposé de la liberté sera pas la même pour tout le monde et c'est là dessus aussi que je garde Toujours mon attachement à l'importance de la parole et de ne pas passer à côté de la parole non plus, mais de trouver comment leur permettre de danser.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses qu'il y a quand même certaines choses qui ont besoin à un moment donné de passer par le corps ? Que la parole dans certaines pathologies, troubles, traumas, que parfois le travail thérapeutique par la parole ne pourra pas être complet finalement quelque part ?
- Speaker #1
Là où j'en suis aujourd'hui, j'aurais envie de dire que j'ai l'impression que le travail sur soi, il a plusieurs approches, que la parole ne fait pas tout, le corps ne fait pas tout. Si je viens Danse-Thérapie et que je n'arrête pas de dire que j'ai mal au dos, que c'est compliqué, que ça ne va pas, je crois qu'à un moment donné, quand même, aller faire un travail poussé sur le corps et pas on fait des massages et ça m'apaise un petit peu, mais voilà. mais des approches qui vont aller un peu plus essayer de désengrammer, de libérer. Mais ça peut être les tuyaux, ça peut être des ostéopathes, des kinés qui ont cette conscience de toute cette histoire-là. Ça peut être aussi l'acupuncture, tu vois, qui est une approche un peu plus piquante. Mais je ne crois pas que tout se résolve par la parole. Par contre, j'ai l'impression que parfois tout ne se fait pas en même temps. J'en sais rien, peut-être quelqu'un va cheminer et l'inverse, va peut-être... cheminer dix ans à travers le corps et puis après arrivera Danse-Thérapie. Tu vois, moi par exemple, j'étais vraiment vingt ans en psychanalyse, trois séances par semaine, comme il fallait.
- Speaker #0
Pas de problème, mais quand j'ai eu besoin d'aller travailler d'autres choses, j'ai eu besoin de passer par le corps. Et ce qui est intéressant, c'est que j'ai retourné voir une psychanalyste qui était aussi enseignante de yoga et qui avait une énorme conscience corporelle. Donc tu vois, je suis allée retravailler autrement, et après il y a des choses où moi la parole c'était fluide, c'était simple. J'ai eu envie, ou j'ai encore envie par moments quand quelque chose coince encore, d'aller le chercher par le corps. D'où d'ailleurs la Danse-Thérapie notamment.
- Speaker #1
Justement, on va y venir petit à petit à la Danse-Thérapie. Avant de parler de cet outil-là, je ne sais pas si c'est le bon terme, outil, tout à l'heure tu as mentionné le Wotai. Est-ce que tu peux juste expliquer aux personnes qui nous écoutent ce que c'est ? Parce que c'est quelque chose que je pense que beaucoup de personnes ne connaissent pas du tout. Est-ce que tu peux nous expliquer en quelques mots en quoi ça consiste ?
- Speaker #0
Oui, je vais le dire avec mes mots à moi. Le Wutai, l'autre mot, c'est l'ostéodense, donc c'est vraiment un travail de massage. Je ne sais pas si on a le droit de dire massage pour tout, mais je vais garder ce mot-là dans l'acceptation générale. Il y a beaucoup de contacts dans le massage, dans le Wutai, pardon, avec vraiment des points d'appui, des leviers. Tu vois, on va travailler avec le corps de l'autre. Ce que j'aime profondément dans cette Ausha, c'est que, en fait, ce n'est pas je reçois un Wutai, c'est que je participe au Wutai. Et le praticien du Wutai évidemment est là pour prendre soin du corps de l'autre, de ses articulations, de ses fascias, de ses organes, de son corps tout entier, de son être tout entier. Mais lui-même ne va pas être en tension. Il va vraiment se servir du corps de l'autre. Donc il y a beaucoup de cercles, de touchés. On ne lâche pas. Il y a vraiment un contact qui est constant. Je trouve que c'est une approche très méditative qui vient vraiment te faire plonger dans ton corps, qui est assez étonnante parce que quand tu le reçois, tu es aussi pris dans tes bercements, mais dans les mouvements et dans la fluidité de ton corps. Et comme il est, on ne cherche pas un certain mouvement, on va aussi s'adapter. C'est une rencontre qui parle aussi d'accordage, de s'accorder l'un à l'autre, de danser avec l'autre et de trouver comment je viens m'appuyer aussi sur toi, comment tu me donnes ton poids. Comment ? Parce que je permets une élongation, ça va détendre tes tissus, mais ça va aussi se prolonger jusque dans mon corps, avec quand même évidemment la limite. C'est tout ce travail du toucher, un toucher non prédateur toujours, mais qui est ma peau. Alors c'est un massage habillé, c'est important de le dire quand même, mais ma main, ma peau, mon corps, parce que ce n'est pas juste du bout des doigts, c'est vraiment avec le corps tout entier. Alors il peut y avoir des choses où c'est que avec les mains, parce que tu tiens par exemple les pieds. Mais il peut vraiment y avoir quelque chose d'enveloppement aussi. C'est vraiment une pratique que je trouve très très belle. Quand tu commences à la faire, tu sens que quand même physiquement, ça te prend de l'énergie de le temps de trouver ton équilibre. Mais au fur et à mesure, m'as tué dans ta danse. Voilà Jean-Pierre Filavon qui me l'a transmis. Vraiment dit ça quand il nous regarde, il dit voilà c'est une belle danse. Je trouve que c'est vraiment ça.
- Speaker #1
Ok. Et alors comment tu choisis l'outil Doula porte d'entrée ? qui correspond à une personne. Là, tu as identifié avec celle-ci, je vais proposer quelque chose de corporel. Pourquoi le Wutai ? Pourquoi la Danse-Thérapie ? Comment tu proposes ?
- Speaker #0
Ok. Je crois qu'en ce qui concerne le Wutai, pour moi, c'est vraiment plutôt à part. Sauf peut-être avec les enfants. Et parfois, je le montre aux parents. Je leur montre quelques petits mouvements de détente. Ça m'arrive d'utiliser quand même cette approche du Wutai, notamment plutôt avec des femmes dans le postpartum, quand il y a des dépressions du postpartum. aussi tu sais pour aller remettre du mouvement parce que le mouvement la mobilité c'est la vie rien à dire mais quand tu es en grand état de souffrance et de détresse il ya des fois tu es complètement figé et aller te dire fait du sport mettez vous en mouvement c'est comme quand tu as une grippe 40 de fièvre tu peux pas mais c'est toujours une proposition donc j'installe un tapis mais souvent je leur propose leur dit bah peut-être la fois prochaine ne le fait pas forcément ou alors je fais un ou deux mouvements En fin de séance, par exemple, pour remettre un peu de la mobilité. Ça sera plutôt comme ça. Et la Danse-Thérapie, il y a eu deux portes d'entrée. La première, je dirais, c'est quand même d'abord arrivé avec mes patients danseuses-danceurs. Et ce n'était pas toujours en séance. C'était plutôt leur proposer d'aller, alors ce n'est pas vraiment de la Danse-Thérapie, mais d'aller expérimenter quelque chose par le corps chez eux, un peu comme un rituel. Et puis on réintroduisait ça dans la séance. Et puis au fur et à mesure, avec d'autres personnes, d'aller travailler un petit peu la sensation des appuis, qu'est-ce qui se passe. Je repense à une maman et à sa petite-fille qui avaient un petit peu du mal, il y avait un peu des frictions entre elles. On a beaucoup travaillé toujours avec un objet médiateur qui était le ballon. et d'aller chercher les appuis, d'aller trouver des choses comme ça, ça émerge, en tout cas chez moi, c'est pas intellectualiser en amont, c'est qu'est-ce qu'ils disent, qu'est-ce qu'ils se passent. On passe par la parole, qu'est-ce qu'ils explorent, et il y a des fois, explorer, ça passe par le corps. C'est plus facile pour notre cerveau de dire, par exemple, je veux te repousser et de repousser véritablement, que de dire, mais tu ne me laisses pas mon espace. Parfois l'autre ne comprend pas que je ne te laisse pas ton espace. Et comme je te le disais aussi hors antenne, ce qui m'a vraiment donné envie d'introduire peut-être cette approche de la Danse-Thérapie, et même du Wuotaï d'ailleurs, c'est le couple. Parce que le travail sur le couple, c'est extrêmement compliqué. Et puis on parle la même langue, mais en fait on ne se comprend pas. Donc si je reprends cette histoire d'espace, tu ne me laisses pas mon espace ou tu ne me comprends pas, alors que l'autre fait tout ce qu'il peut pour essayer de comprendre, il y a quelque chose qui ne va pas. Qu'est-ce que c'est si on le met en scène ? Ce n'est pas du tout du psychodrame, ce n'est pas dans ce sens-là, mais qu'est-ce que ça fait si on joue à travailler cet espace, on joue à travailler cet appui ? Et peut-être, ça m'arrive comme ça avec les couples, avec le Rebozo ou le Wutai, de leur proposer certaines choses pour observer, expérimenter ce qui se passe. Qu'est-ce qui se joue dans cet endroit-là ? Qu'est-ce que vous ressentez ? Mais qu'est-ce que vous ressentez au plus profond de vous, de votre corps ?
- Speaker #1
Ok. Alors, est-ce que tu peux nous expliquer qu'est-ce que c'est concrètement la Danse-Thérapie ? En quoi ça consiste ? Sous quel format tu le pratiques ? Nous donner les infos. Parce que je pense que, contrairement au Wutai, tout le monde a entendu au moins parler de Danse-Thérapie sans forcément identifier réellement ce que c'est.
- Speaker #0
J'espère ne pas trop dire de bêtises. Alors, souvent, on a entendu parler Danse-Thérapie. Danse-Thérapie, c'est plus accessible. Finalement, la Danse-Thérapie... c'est quelque chose qui est en miroir avec Danse-Thérapie, mais qui va utiliser le mouvement, le corps. Donc la Danse-Thérapie, ce n'est pas danser ses émotions, ce n'est pas un cours de danse. Le mot « danse » est plutôt en référence à toute l'approche psychocorporelle et aussi, si on le prenait dans l'autre sens, somato-psychique, qui part du corps. Donc ça va vraiment travailler avec tous ces concepts de poids, de spatialité, de temporalité. de construction du corps, des dimensions, des plans, et qui va travailler avec des objets médiateurs. C'est vraiment une façon d'aller travailler sur sa relation à soi, sur sa relation à l'autre, sur sa relation aux autres et sur sa relation au monde entier, mais à travers le mouvement, à travers l'exploration. La Danse-Thérapie, ça peut se faire en individuel, mais je crois que ça quand même... un grand intérêt surtout en collectif parce que tu vas vivre d'autres choses dans le collectif, dans ce qui peut émerger dans le groupe. Il n'y a pas une méthode de Danse-Thérapie, ce n'est pas un protocole que tu fais à chaque fois. Je dirais si ce n'est quand même, en tout cas moi ça m'a été transmis comme ça, de construire le groupe, de créer le groupe, d'avoir quand même un projet. Tu as un cœur de séance dans lequel tu veux aller, donc comment tu amènes à ça et comment tu en ressors. Et ça, Qu'est-ce que tu as envie de travailler ? Si par exemple, je te disais tout à l'heure, tu as envie de travailler ta relation au corps, qu'est-ce que je vais emmener pour aller travailler le corps ? Peut-être que je vais avoir besoin d'aller travailler les articulations. Peut-être qu'il y a des choses que je vais aller faire seule. Peut-être qu'il y a des choses que je vais aller faire à deux. Que je vais aller faire en petit groupe de 3-4. Peut-être en groupe de 10. C'est vraiment des explorations et des élaborations qui vont finalement te faire travailler qui tu es complètement.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qu'elle permet, à la différence d'autres pratiques, comme celle qu'on a évoquée, ça peut être le buta, ça peut être plein d'autres pratiques corporelles qu'on a ou non mentionnées. Qu'est-ce que tu as trouvé là-dedans de singulier ?
- Speaker #0
Je crois qu'il y a quelque chose de... tu joues, mais en même temps tu ressens pour de vrai. Et ça, je trouve que c'est très très fort, et tu es en train de le vivre, c'est vraiment à ce moment-là. Tu vois, je pense à un exercice. Une proposition. Alors tu vois, je reviens, excuse-moi, la Danse-Thérapie pour moi ce n'est pas un outil, c'est vraiment une pratique. Par exemple, toi tu es au milieu d'un groupe, au centre, on va beaucoup jouer avec le centre, la périphérie et l'espace entre. Tu es au centre comme ça et puis il y a un cercle autour de toi et tu fais venir les gens jusqu'à toi. Donc toi tu es au centre, les gens sont autour de toi, tu les fais venir à toi par un geste et quand c'est stop, tu arrêtes et tu peux les repousser. Et tu vas vraiment travailler ça. Et ça... Pour l'avoir vécu la première fois, ça m'a vraiment impressionné. C'était, qu'est-ce que je viens jouer quand les gens... Et tu peux aller chercher jusqu'à la compression ! où tu peux les arrêter très très vite. Donc tu es vraiment en train de vivre sur place, tu vois, tu n'es pas en train de dire juste « ce n'est pas toujours facile d'être avec les autres, je ne sais pas comment les laisser m'approcher ou je ne sais pas comment les approcher » . Tu es vraiment en train de l'expérimenter, de l'explorer, de le vivre en jouant. Donc tu joues, c'est pour de faux, mais tu ressens pour de vrai. Voilà, je trouve que ça vient impacter quelque chose d'important. Après, pour moi, il y a toujours cette question de Merci. Comment j'y suis réceptif ou pas ? Un atelier de Danse-Thérapie n'aura pas le même impact sur chaque personne. Ça aussi tout a fait du sens et c'est tout à fait ok d'avoir des propositions qui vont être beaucoup plus portées sur l'émotionnel. Mais il ne s'agit pas de je danse et je raconte ce que je fais, je danse et j'y mets du sens. Non, il y a vraiment quelque chose que je laisse vivre en moi et se dérouler en moi.
- Speaker #1
Comment tu pourrais amener des gens, parce que le mot danse peut faire... peur, c'est comme le mot chant en chant prénatal. Oui. Il y a tout de suite une notion un peu de compétence. On m'a toujours dit que je ne savais pas danser, par exemple, tu vois, qui pourrait dire que je ne veux pas tester cette pratique parce que je vais me sentir jugée et puis ça me renvoie peut-être à une image corporelle de moi que je n'ai jamais su, entre guillemets, maîtriser un peu dans une société très compétitrice, etc. Quel frein il faudrait lâcher pour s'autoriser à tester une pratique comme celle-ci ?
- Speaker #0
En tout cas, c'est très intéressant ce que tu dis parce que Merci. Là, en libéral, je me suis dit, j'ai envie de refaire du groupe. Sur le coup, je me suis dit, je ne peux pas appeler ça Danse-Thérapie, ça va faire peur. Et Danse-Thérapie, je pense que les deux, ça faisait peur. Parce qu'il y a proposer des choses à mes patients, mais il y a aussi permettre à du tout venant. Finalement, c'est ce que tu es en train d'expliquer. Et finalement, je me suis dit, non, je vais garder ça. Donc, j'ai appelé ça les ateliers de Danse-Thérapie avec Caroline Khanafer. Et en fait, je le dis moi. Il ne s'agit pas d'être danseur, ce n'est pas un cours de danse, mais c'est un travail qui va impliquer le corps et le mouvement et il n'y a pas un niveau à atteindre. Donc finalement, je dirais que le frein à lâcher, c'est ses propres résistances ou c'est juste, est-ce que j'ai envie d'aller tester ? Et puis, si quelqu'un se pose des questions, il peut appeler, il peut demander, est-ce qu'il faut que je sache faire le grand écart ? Et j'aurais plutôt envie de dire, au contraire, plus c'est difficile dans mon corps. Plus c'est intéressant d'aller expérimenter, mais quand c'est le temps pour moi.
- Speaker #1
Oui, mais ça nécessite quand même un lâcher prise. Et je pense que les personnes qui sont complètement réfractaires à danser, même dans un cadre très privé, il y a aussi beaucoup ça. Il est beaucoup question de, en fait, est-ce que je peux m'autoriser à lâcher prise devant des gens ?
- Speaker #0
Oui, alors là aussi, je crois que la personne qui va animer l'atelier de Danse-Thérapie, si j'ai des gens qui n'en ont jamais fait ou qui ne sont pas à l'aise avec le corps, Et avec les autres, je ne vais pas leur demander de danser devant tout le monde. Ça n'a aucun sens. Donc il y a aussi tout un travail d'élaboration. C'est pour ça que je te dis que la construction du groupe est vraiment très très importante. Mais finalement, c'est un peu comme tout. On a pu dire à quelqu'un, justement, va faire de l'acupuncture, c'est hyper intéressant. Ah oui, mais moi, les piqûres. Ou va faire du chant. Ah oui, mais moi, ma voix. Est-ce que je suis OK d'aller tester ? Ou alors, est-ce que je peux aller regarder ? Est-ce que je peux demander quelque chose un peu en individuel déjà pour commencer ? Tu vois, ça peut aussi tout à fait se jouer comme ça. Et finalement, en tout cas d'expérience, les gens les plus réfractaires au départ, ce n'est pas ceux pour lesquels c'est le plus difficile parce que justement le groupe est pris. Je pense à un endroit où moi je vais pratiquer. Alors dans le groupe, il y a beaucoup de psychomotes ou de psy tout court, mais il y a aussi des gens qui arrivent complètement d'ailleurs. ou simplement un ami, une amie leur a dit, va essayer, ça va être sympa, ça va te faire du bien, ou je ne sais pas, tu fais du yoga, tu fais quelque chose, tu as déjà rencontré un peu ton corps, vas-y, et qui en fait sont hyper joyeux parce qu'il y a une dimension quand même profondément ludique, je trouve, dans le bon sens du terme, il y a vraiment quelque chose, tu n'es pas là pour te faire du mal en fait. Oui, tu peux vivre des choses très très fortes, mais tu n'es pas là pour te faire du mal. Si vraiment l'idée d'être debout, d'être allongé, d'être en mouvement, d'être avec des autres, ça ne vous plaît pas, stop, on n'y va pas, on ne se pose même pas la question. Mais si quand même j'aurais envie de me rencontrer un peu autrement, peut-être autrement que ce que j'ai fait, peut-être que ça peut être une porte d'entrée.
- Speaker #1
Oui, et puis le mouvement, le jeu, ça reconnecte énormément aussi à l'enfance. Mais oui, pour reconnecter à l'enfant qu'on a perdu en chemin et à la joie, ça peut être un bon outil. petit pour les personnes qui sont complètement coupées de ça et qui ont plus du tout leur âme d'enfant. Oui, et puis une autre chose pour moi de la Danse-Thérapie que j'ai pas dite,
- Speaker #0
qui n'est pas propre qu'à la Danse-Thérapie, mais qui est, dans cette exploration, finalement, tu vas rencontrer d'autres façons de faire. Peut-être que, avant, Quand je fais quelque chose, je lève toujours le bras droit. Et bien peut-être que là, tu vas explorer lever le bras gauche, lever la jambe droite. En fait, dans les jeux, tu vas aller vivre ton corps autrement, vivre tes émotions autrement. Et finalement, tu t'ouvres un éventail. Tu vas chercher des modulations. Et ça, c'est extrêmement précieux. Parfois, dans notre façon de vivre, on fonctionne que comme ceci ou que comme cela. Parfois... Mon enseignante de yoga que j'aime beaucoup, elle me disait qu'elle a bien aimé explorer différents types de yoga pour ne pas être dans la rigidité de l'un ou de l'autre. Je trouve que la Danse-Thérapie, il y a quelque chose qui vient amener ça, d'aller explorer d'autres façons. Je n'aurais pas forcément fait comme ça, mais là je peux le faire. Peut-être que je suis quelqu'un de très très droit, de très carré, et peut-être que là, ça va m'apprendre à rencontrer ma rondeur, ou pas. Mais comment je peux aller rencontrer ça ? Peut-être que je suis quelqu'un qui suis toujours... à l'extérieur, je regarde toujours. Et peut-être que là, dans le jeu, je m'autorise à aller rencontrer le centre. Peut-être que je suis toujours le leader. Peut-être que là, je peux aller explorer autre chose. Et ça, je trouve que c'est magique parce que ça t'ouvre des portes sur qui tu es. Et en fait, ça te permet de repousser des limites, mais pas dans un rapport de force avec toi-même, mais vraiment dans une modulation. Je pense à la pâte à modeler, tu as de modeler vraiment quelque chose comme ça.
- Speaker #1
Et alors ? Donc concrètement, est-ce que c'est un nombre de séances qui se complètent les unes aux autres ? Ou est-ce qu'on peut venir une seule fois tester un atelier ? Est-ce que tu gardes le même groupe pendant un parcours exploratoire ? Je ne sais pas si tu as des thématiques, comment tu structures ça ?
- Speaker #0
Alors ça peut être fait de différentes façons. Effectivement, tu peux venir en one shot. Mais effectivement, comme une Danse-Thérapie ou une séance d'ostéo ou quelque chose, ce n'est pas une seule fois que tout le travail se fait. tu peux proposer... Oui, un thème, par exemple, on va dire vraiment, je ne sais pas, justement, le rapport à ton corps. Il n'y a pas un nombre de séances, mais la personne qui conçoit ces séances, elle va se dire, j'en sais rien, sur six séances, je vais aller travailler ça. En fait, c'est toujours une question des thérapeutes. Est-ce que je fais un groupe fermé ou est-ce que je fais un groupe ouvert ? Un groupe fermé, ça va permettre d'aller plus loin avec un groupe. Un groupe ouvert, ça veut dire qu'il y a des fois, tu ne reviens pas à la case départ, mais... quand même, il y a des choses que tu ne peux pas proposer à quelqu'un qui n'a jamais pratiqué.
- Speaker #1
Et puis j'imagine entre eux aussi, pour exercer confiance. Exactement.
- Speaker #0
Alors moi, de ma place de participant, par exemple, j'aime bien quand je travaille avec un même groupe, enfin un même thérapeute, parce que tu vois l'évolution, la tienne, mais tu vois l'évolution des autres. Donc l'intérêt, ça serait plutôt un groupe fermé, suivi. Mais finalement, la réalité de la vie fait que parfois, tu t'organises plutôt, je ne sais pas, tu fais trois séances. où tu fais trois séances complètement autonomes, et puis il y a des gens qui vont quand même revenir, tout est possible. Mais c'est sûr que travailler sur soi, ça demande une répétition. Même si en un atelier, tu vas peut-être rencontrer quelque chose de toi.
- Speaker #1
Et est-ce qu'il y a toujours une partie de parole quand même dans tes ateliers ? Ou est-ce que c'est vraiment que du corporel toute la durée de l'atelier ?
- Speaker #0
J'aime bien quand même introduire quelque chose du corps, mais qui peut être plutôt à la fin, qui pourrait être un temps d'échange. qu'est-ce que j'ai vécu dans cet atelier ou dans cette journée, qui peut être aussi par exemple dans des propositions que tu fais à deux et à trois, de laisser les personnes avoir un petit temps de qu'est-ce que j'ai vécu entre elles et puis après de faire un retour au grand groupe.
- Speaker #1
Et donc est-ce que tu as identifié des différences quand tu travailles avec une personne, quand tu travailles en couple ou quand tu travailles justement avec un groupe complet ? Est-ce que ce sont d'autres choses qui se jouent ? J'imagine que les propositions doivent être aussi différentes. Les gens ne viennent pas forcément chercher la même chose en plus.
- Speaker #0
Alors quand tu es dans le groupe, tu fais l'expérience du groupe. Donc tu ne sais pas qui tu vas rencontrer, qui ils sont. Il y a peut-être des gens qui t'attirent, des gens que tu te dis « Oh mon Dieu, pourvu que je ne travaille pas avec cette personne à deux, il peut se passer quelque chose comme ça. » Quand tu travailles en groupe, on va souvent faire ces traversées entre « J'ai une proposition pour moi tout seul, une proposition à deux, une proposition en petit groupe et une proposition en grand groupe. » Donc dans le groupe, la dimension de la relation interpersonnelle, transpersonnelle, tout ce que tu veux, elle est beaucoup plus importante. En individuel, finalement, tu vas travailler plutôt une problématique personnelle. Et puis par rapport au couple, tu sais que c'est un sujet qui me plaît beaucoup. Alors c'est encore toute autre chose. Si tu me permets, j'aimerais te parler d'un travail que j'ai fait avec un couple justement. un couple dans la vie qui sont venus Danse-Thérapie dans cette période du postpartum où tu passes d'être à deux à être à trois et comment tu trouves tous ces aménagements là-dedans ce couple, il se trouve que ce sont des danseurs Je leur ai fait cette proposition d'un travail singulier autour de la Danse-Thérapie. Que cette Danse-Thérapie de couple soit profondément nourrie de la Danse-Thérapie. Alors oui, on a eu des séances où on n'a fait que parler pour poser des choses, mais on est vraiment allé travailler sur des explorations corporelles. J'ai une grande reconnaissance pour eux parce que c'était un peu une découverte. On a vraiment co-construit ça ensemble. Et là, on est vraiment allé travailler sur leur histoire, sur ce qu'ils rencontraient, avec des moments très émouvants aussi, parce que justement, tu rencontres quelque chose aussi de ta limite ou de la limite de l'autre. Et avec cette particularité quand même, ce sont vraiment des très très bons danseurs qui ont l'habitude de danser ensemble, qui ont une super technique. Et au début, je leur disais, je ne suis pas prof de danse, je ne suis pas chorégraphe, donc l'idée, ce n'est pas d'arriver avec la perfection. Et en fait, quand j'ai dit ça, j'ai créé un biais, mais un biais qui n'allait pas et qu'elle, elle a pu nommer en disant, mais quand tu dis de ne pas travailler avec ta technique, c'est enlever quelque chose de moi. Donc, on a repris ça et en disant, OK, vous venez comme vous êtes et comme vous êtes, ben oui, c'est quand même des très bons danseurs qui ont une rigueur et tout ça. Donc, ça a transformé aussi les séances et on a beaucoup travaillé avec des objets médiateurs. a travaillé avec eux. Des ballons, on a travaillé avec des bâtons, on a travaillé avec des fils, tout ça pour aller symboliser la distance. Pour que ce soit un peu plus clair, je vais donner vraiment un exemple très concret. Dans un couple, et notamment quand un bébé arrive, surtout quand c'est un couple plutôt fusionnel, ils ont un accordage assez extraordinaire de danser ensemble, de travailler ensemble. Quand un enfant arrive, ça change le rythme. Et il y a des fois, moi je suis, j'en sais rien, sur un rythme hyper rapide, alors que toi tu es sur un rythme... rythme autre, ou moi je suis en train de vouloir m'occuper de l'extérieur et puis toi tu es en train de t'occuper de notre petite fille, de notre petit garçon, du bébé et que du coup ça donne voilà quelque chose d'un petit peu différent. Et on est allé un petit peu par exemple mettre ça en scène avec, on a fait avec un fil, on a pris un grand fil et on était dans une grande salle là, et une salle qui était un peu en L, donc il y a des fois ils pouvaient ne pas se voir. Mais comment on tend toujours le fil, comment il y a toujours cette tension du fil ? Et à la fois, chacun peut être dans ses mouvements différents, dans son rythme différent. Et de réaliser qu'on peut tout à fait être dans des rythmicités différentes, dans des rythmes différents, mais toujours en étant connecté. Ça ne vient pas abîmer notre lien. Alors ça, tu vois, je te le fais en résumé. Évidemment, c'est exploré, on l'a fait, on l'a refait. On en a quand même chacun évoqué. Ok, comment j'ai vécu cet exercice-là quand même, tu vois. Mais c'est vraiment partie de qu'est-ce que je suis en train de vivre. Il y a eu aussi une séance, par exemple, où le hasard de la nounou qui n'était pas là fait que leur enfant était là. Et on s'est dit, on fait quand même avec, parce que c'est ça la réalité. La réalité, c'est comment on s'organise avec un enfant qui est là. Et la proposition, là, c'était qu'ils puissent danser librement. Donc, être un temps pour moi et puis nous deux. Et en dansant... en fait ils se sont rendus compte, moi les observant, qu'en fait ils étaient toujours en train de faire attention à leur enfant, de s'assurer que tout allait bien, mais en faisant ça, ils perdaient leur connexion. C'est normal, ils sont là pour danser ensemble, avec moi ou avec toi, et finalement je suis en train de me tourner vers l'autre. Donc si je mets un peu des mots dessus, c'est vraiment ce qu'on peut vivre dans un couple, où du coup je me sens un peu laissée tomber, où je sens que je ne peux pas m'appuyer sur toi. Ou que tu me dis que je peux m'appuyer sur toi, mais finalement tu t'échappes, ça ne va pas. Et à la fin de cette proposition-là, je leur ai proposé de le refaire, mais vraiment de ne pas s'occuper de cet enfant qui était là, qui vraiment se débrouillait très bien, qui n'était absolument pas en danger, qui était vraiment en sécurité. Ce n'est pas un enfant de danseur pour rien, tu vois, qui était déjà en mouvement. Et c'était vraiment très très beau à voir, parce que cette fois, ils ont vraiment pu danser tous les deux, à temps en temps un peu seuls, et puis temps en temps ensemble. en sentant qu'on peut se retrouver et notre enfant peut tout à fait continuer à exister et qu'un enfant, quand ça a besoin d'attention, quand ça a besoin de quelque chose, est tout à fait capable de se manifester. Et là, ce n'était pas du tout le cas. C'était vraiment chouette. Donc tu vois, c'est vraiment pour moi ce travail de construction-là avec eux que j'ai trouvé, que je trouve toujours très enrichissant et c'est vraiment dans cette exploration, mais on part effectivement de leur vécu de sensation. Alors, on pourrait me dire, on m'a posé la question, mais c'était des danseurs, enfin, ce sont des danseurs, est-ce que c'est plus simple ? Alors, je vais te dire pourquoi, effectivement, j'ai commencé avec eux. Un, ils ont un peu initié cette envie-là, mais c'était quand même dans le cadre de ma formation de Danse-Thérapie où j'avais un projet à rendre et je leur ai proposé à eux parce que... les filmer ou les prendre en photo ne posaient vraiment pas problème. Et ça me permettait d'y mettre une petite dimension créative parce qu'il n'était pas question de raconter toute leur histoire, toute leur intime au groupe devant lequel j'allais présenter ce projet-là. Et on a pu monter une petite chorégraphie qui venait un peu reprendre le travail qu'on avait fait ensemble. Enfin, ils ont surtout improvisé. J'ai donné quelques indications et ils ont dansé tout à fait magnifiquement. Pour moi, en tout cas. Mais en fait... Ce travail sur le couple, ça m'arrive de le faire quand même avec d'autres couples. Alors qui parfois est un peu moins dans ce mouvement intense, mais qui peut être aussi d'aller travailler en fait, c'est quoi l'espace, c'est quoi le rythme, c'est quoi m'appuyer sur toi ? Venez, on va le mettre en scène.
- Speaker #1
Et alors, est-ce que le corps ne ment jamais dans ce genre de situation ? Ou est-ce que parfois, ce n'est pas forcément le cas ?
- Speaker #0
C'est une grande question pour moi, qui était une évidence que le corps ne ment jamais. Et ça a été une grande réflexion justement avec Benoît, mon enseignant de Danse-Thérapie, qui me dit encore faut-il savoir le lire, l'écouter. Et en y réfléchissant et en en parlant aussi dans tout ce cheminement de Danse-Thérapie, je suis aussi accompagnée par une autre psychologue Danse-Thérapie s'appelle Caroline Khanafer. Ça ne s'invente pas d'avoir cette rencontre-là du miroir de nos prénoms. On en a aussi beaucoup parlé toutes les deux et on se disait aussi que finalement, oui, le corps peut mentir. Parce que déjà, on ne l'écoute pas forcément, il peut y avoir des grands moments de dissociation. Si tu n'es pas du tout dans ton corps, tu ne vas pas comprendre ce qui se passe. Et c'est surtout les interprétations qui vont être faites. Comment je suis dans mon corps ? Puis qu'est-ce que ça voudrait dire un corps qui ment ou un corps qui ne ment pas ? En tout cas, c'est sûr qu'il parle. Mais est-ce qu'il a toujours le chemin pour parler comme il aimerait ? Tout ça pour moi est vraiment à discussion et très intéressant. Il y a des fois, j'ai envie de dire mais non, quand même, le corps ne ment pas. Quand je suis timide, je vais rougir, mon corps raconte quelque chose de ça. Mais finalement, il y a des fois, il y a probablement des choses qui nous échappent quand même sur ce qui se passe dans ce corps où il nous fait croire quelque chose alors que peut-être c'est l'interprétation qu'on va en faire qui va être un peu à côté de la plaque.
- Speaker #1
Oui, donc il y a une vraie différence entre écouter son corps Et interpréter les signaux.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
On pourrait se dire peut-être, alors il n'y a pas de réponse évidemment universelle, que le corps ne ment pas quand il nous envoie un signal, mais que notre interprétation et tous nos biais et tous nos blocages peuvent conduire à une mauvaise lecture de ce qu'il nous envoie.
- Speaker #0
Oui. En tout cas, je crois que j'en suis là aujourd'hui. Je ne sais pas comment je le dirai plus tard. Quand je donne des formations, je donne des formations à des professionnels, J'aime. bien qu'on aille travailler la différence entre l'observation et l'interprétation. Par exemple, je vais passer une vidéo et tu as un enfant qui pleure et parfois on va me dire l'enfant est triste. Non, ça c'est une interprétation. Ce que je vois, c'est qu'il pleure. Et ça, en tout cas, moi c'est aussi un travail sur moi. Il y a des fois, justement, dans des sensations, dans des choses, je vais interpréter, je me dis, mais attends, attends, tu sais, par exemple, un nœud dans le ventre, ça peut être du stress, du stress de peur, mais ça peut être de l'excitation. Donc si chaque fois que j'ai un nœud dans le ventre, je me dis c'est du stress, je me conditionne aussi dans quelque chose. Mais ah, j'ai un nœud dans le ventre, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que je suis en train de vivre ? Peut-être un petit peu d'excitation, peut-être un petit peu d'appréhension. Je vais pouvoir aller un peu creuser tout ça. Et aussi par rapport à ce corps, je me dis que si ma façon de l'explorer est très limitée, son langage va être aussi très limité. Et ça ne veut pas dire savoir faire le grand écart encore une fois, ou savoir tenir sur la tête. Mais je pense qu'il y a des très très belles pratiques, d'ailleurs qu'on appelle le mouvement, qui vont t'apprendre à être dans ton corps, à ressentir ton corps, mais pas pour le muscler, pour le muscler, mais dans toute sa vie. Ça c'est extrêmement intéressant, je pense que tu développes une connexion à ton corps différente. Je pense à une autre pratique d'ailleurs que moi j'ai beaucoup rencontré en Danse-Thérapie, qui s'appelle le Tony, qui a été créé par Gerda Alexander. Et le Tony, c'est très très doux, mais c'est vraiment aussi aller se connecter à son corps. à ces sensations et à les rencontrer, là aussi de la modulation méthode, dans des mouvements très doux, très simples. Alors ça peut se faire en groupe ou en session à deux, et le praticien va davantage te donner des indications en touchant le corps. C'est vraiment ça. Je crois que pour pouvoir dire mon corps ne ment pas, encore faut-il y être vraiment connecté et avoir conscience de tout ce qu'il implique.
- Speaker #1
Alors ce que j'observe beaucoup à travers tout ce que tu me décris, c'est que... Tu aimes travailler en collaboration avec d'autres professionnels, des ostéos, des kinés, des profs de danse, des profs de yoga, etc.
- Speaker #0
Les pratiques que tu proposes sont souvent soit en binôme, soit en groupe. Ça me pousse à m'interroger sur un aspect très présent chez toi qui est la relation. Pourquoi est-ce que le lien aux autres est aussi important dans ton approche thérapeutique et dans ses approches corporelles ? Et pourquoi est-ce que ce contact à l'autre est présent chez toi ?
- Speaker #1
Ça aussi, c'est une très très bonne question. Oui, c'est quelque chose que tu m'as fait remarquer. En fait, je crois que... Dans ma façon d'être, je me suis construite d'abord en regardant profondément les autres. Je crois que ça a commencé comme ça, en regardant les autres, en m'intéressant aux autres, à leur façon d'être. Peut-être justement, je n'habitais pas encore mon corps, donc peut-être que j'observais le corps des autres. Finalement, je ne sais pas exactement d'où ça vient, mais peut-être qu'il y a une sensibilité innée d'avoir envie de prendre soin des autres. Alors, à faire attention parce qu'être thérapeute, ce n'est pas sauver le monde. Il y a une façon d'accompagner l'autre à prendre soin de soi. Oui, on prend soin, mais d'une autre façon, je crois que j'ai toujours été sensible effectivement à ce lien à deux parce que ça me permet d'observer vraiment la personne. J'aime bien aller rencontrer le cœur de l'autre quand l'autre me le permet. Il y a cette sensibilité-là et peut-être effectivement que ça s'est réintroduit dans mon travail. Alors que c'est amusant, mais pendant mes études, j'ai fait un diplôme qui s'appelait « Autour du groupe » . Donc j'ai été formée sur le groupe et j'aime vraiment beaucoup le groupe. Mais je crois que j'aime vraiment beaucoup le groupe pour pouvoir aller travailler d'abord la relation à soi, à deux. C'est la rencontre, effectivement, tu as raison, avec le lien. Comment vivre un lien serein ? C'est peut-être ça, il y a quelque chose d'une sensibilité à s'assurer que les autres puissent aller bien. Et c'est quand même pas mal de le travailler en étant attentive à ça.
- Speaker #0
Et alors comment être pleinement présente à soi et à l'autre ? Il n'y a pas la recette. Alors,
- Speaker #1
la recette magique, tu appuies trois fois sur ton nez, tu tires sur ton oreille. Non,
- Speaker #0
mais est-ce que tu as observé des choses ? Ou appris des choses, d'ailleurs ?
- Speaker #1
Peut-être que je pourrais partir, en tout cas pour moi, les moments où je ne suis pas pleinement présent à moi et aux autres, c'est quand je suis pris dans mes soucis, dans mes inquiétudes, quand je suis hors de moi. Et puis on a des fonctionnements, tu sais, je pense, on parle beaucoup des personnes TDAH et compagnie, des fois c'est quand même compliqué de rester avec soi quand tu es agité de tous les côtés. Je crois que ça va être quelque chose là encore de singulier. Qu'est-ce que je vais rencontrer qui me permet d'aller trouver ma respiration, d'aller trouver mon poids, et puis de revenir. Finalement, quand tu regardes toutes les pratiques, on parle beaucoup de la respiration. d'aller compter sa respiration pour revenir à soi, j'aurais envie de dire ça. Est-ce que déjà j'ai envie d'être avec moi ? Est-ce que j'ai envie d'avoir conscience de mon corps ? Et est-ce que c'est ok pour moi si je ne vais peut-être pas forcément y arriver toute seule ? Est-ce que c'est ok si peut-être je vais avoir besoin d'aide ? Peut-être je vais avoir besoin d'approches différentes ? Tu vois, je repense aussi à quelque chose dans la danse. À un moment donné dans ma vie, je suis allée travailler un tout petit peu avec une danseuse, mais vraiment à mon opposé, qui s'appelle Léa Gilles, qui est une danseuse de hip-hop, de crumb, qui fait un milliard de choses. C'est mon opposé physiquement, c'est mon opposé à plein d'endroits, et on n'a pas travaillé longtemps ensemble, et j'ai adoré cette rencontre-là, parce que justement, il y avait quelque chose... d'aller me rencontrer autrement et d'avoir quelqu'un qui allait m'aider à aller explorer mon corps autrement et de ne pas aller dans mes facilités. J'ai eu un autre enseignant un peu en hip-hop, Oriol, qui nous disait beaucoup « dansez comme vous êtes, mais aussi regardez comment vous pouvez aller rencontrer des personnages en vous » . Et tu vois, je crois que ça part un peu de ça. Est-ce que j'ai envie de me rencontrer ? Est-ce que j'ai cette curiosité-là ? Mais ça, tu ne peux pas l'obliger, tu ne peux pas l'obliger à la fin. Mais donc, si j'ai cette curiosité-là, Qu'est-ce qui me permet d'y aller ? C'est comme si j'ai envie d'aller voyager. Ça m'appelle d'aller visiter des autres pays. Qu'est-ce que je vais mettre en place pour ça ? Et ça ne sera pas les mêmes façons pour chacun. Je ne sais pas si ça répond.
- Speaker #0
Oui, je me doutais qu'il n'y aurait pas une réponse unique dans tous les cas. Ok. Après toutes ces années d'accompagnement, qu'est-ce que le corps humain continue de t'apprendre et en quoi il continue de t'émerveiller ?
- Speaker #1
Il m'émerveille dans tous les liens. tout ce qui réagit. Je crois que c'est vraiment de travailler justement avec des ostéos ou ce travail en Danse-Thérapie. On a un peu abordé la question des chaînes musculaires d'une femme qui s'appelait Godlieb Danse-Thérapie et comment les choses vont résonner. En fait, ça m'émerveille. Le fonctionnement du corps humain m'émerveille. Comment le fait que si ta digestion ne se passe pas bien, tu peux être dans un certain état émotionnel, que... Si tu peux t'allonger et mettre du poids, tu peux te détendre. Mais juste le fonctionnement, les articulations, comment tout ça s'organise, je trouve ça fascinant et merveilleux dans tout ce qu'il peut apporter. Bien sûr, il y a des limites, il y a des choses qu'avec mon corps, j'ai bien conscience que je ne ferai probablement jamais. Mais quand même de voir que c'est une sacrée machine, qu'il y a des ressources vraiment insoupçonnées. Et ce qui continue de m'apprendre, finalement, c'est la vie. La vie n'est pas le mode survie, ce qui est très paradoxal parce qu'un corps, ça peut être vraiment un mode survie, enfin lié à ton système nerveux et compagnie, mais vivre dans mon corps, apprendre à vivre dans mon corps. Et il y a des fois, je rate complètement, je me prends les pieds, je me dis que je suis à côté, il me fait mal, il me saoule, je suis fâchée contre lui. En fait, ce que j'apprends de plus en plus, c'est une relation apaisée au corps, quoi qu'il se passe, même quand il est inconfortable, et finalement il m'apprend ça, il m'apprend la vie.
- Speaker #0
Si quelqu'un nous écoute aujourd'hui et ressent l'envie de retrouver un peu plus de lien avec son corps, mais c'est pas trop par quoi commencer, quelle première invitation tu ferais à cette personne ?
- Speaker #1
Je crois que ça serait déjà très simple de se lever pieds nus et de marcher pieds nus. Marcher, de voir la sensation, de sentir le pied qui se déroule et puis de s'arrêter. D'aller voir un petit peu qu'est-ce qui se passe, de passer d'un pied à l'autre, d'avant en arrière. Déjà d'aller regarder ce poids et sentir cet axe-là. Je crois que je partirais de ça. Je crois que ça serait la première invitation. Et peut-être d'aller aussi, tu vois, s'amuser, aller s'appuyer contre un mur, contre quelque chose, contre le sol. D'aller chercher ces appuis. Peut-être de revenir, alors quand on a été bébé, on n'a pas commencé par les pieds. Mais il y a quand même quelque chose du poids qui s'est rencontré. d'aller là-dedans. Une autre exploration, peut-être, ça peut être de s'allonger, de prendre une petite balle, ça peut être une balle de tennis, mais une balle un peu plus souple, sinon, et d'aller la poser sur certaines parties du corps, et juste laisser le poids, et voir comment c'est quand tu l'amais, puis quand tu l'enlèves. Il y a vraiment un exercice très simple que j'aime beaucoup, qui est celui des percussions, d'aller vraiment se percuter le corps tout entier, aller chercher l'os. C'est aussi une façon d'aller saisir, parce que le squelette, c'est quand même ce qui nous fait tenir. mais d'aller rencontrer cette percussion osseuse, d'aller rencontrer cet os, d'aller rencontrer sa vivance qui te fait tenir. Je crois que ça serait une première invitation très très simple. Et puis comme j'aime bien les odeurs, j'aime bien jouter des odeurs, mais il y a des gens qui détestent ça, donc je partirais de ça.
- Speaker #0
Ok, merci. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu aurais aimé aborder, qu'on n'a pas eu le temps de discuter ensemble pendant cet épisode ? Un message que tu voudrais faire passer avant qu'on se quitte ?
- Speaker #1
Il y a plein de choses qu'on pourrait encore dire, mais... J'aurais envie de dire qu'il n'y a pas Danse-Thérapie miracle, il n'y a pas d'approche miracle, il y a énormément d'approches passionnantes, il y a différentes façons d'aller rencontrer son corps, d'aller rencontrer ses émotions, d'aller se rencontrer soi. J'ai l'impression qu'on fait la rencontre des thérapeutes, qu'on doit rencontrer des approches thérapeutiques ou d'exploration qu'on doit faire et d'avoir un peu confiance là-dedans, mais vraiment de ne pas oublier d'oser prendre soin de soi. Tout entier. Alors si je ne prends que soin de mon corps, est-ce que je peux aller prendre soin de mes émotions et de mon fonctionnement psychique ? Est-ce que si je ne prends que soin de ma tête, de mon mental, est-ce que je peux aller prendre soin de mon corps ? Mais en partant de ça, qu'est-ce que ça veut dire pour moi de prendre soin ? Et est-ce que c'est vraiment prendre soin ? Est-ce que ça m'appartient ? Ou est-ce que je fais ce que les réseaux me disent de faire ou ce qu'on me dit de faire ? Parce qu'il y a des fois, savoir ce qui est bon pour soi, ce n'est pas évident. Donc là encore, est-ce que peut-être ça peut être avec quelqu'un de confiance qui me dit, tiens, je t'emmène essayer ça. Si tu me permets, un peu pour terminer, j'ai cette amie ostéopathe, Gwenaëlle Jégu, que j'aime beaucoup et on n'a pas du tout le même rapport au corps. Et un jour, elle me dit, viens, je t'emmène au sport avec moi. J'y suis allée, j'ai cru que j'allais mourir. C'était très drôle néanmoins. Et une autre fois, elle m'a proposé une activité, juste le nom, j'ai dit non, ce n'est pas possible. Mais je rigole en disant ça, je dis ça parce que justement, je suis allée faire quelque chose. Non, je n'ai pas failli mourir pour de vrai. Mais je suis allée rencontrer autre chose et j'ai trouvé ça super. Et j'étais d'autant plus en confiance que j'ai pu le faire avec elle. Et tu vois, moi dans mon expérience, j'ai quelques amis que j'aime vraiment beaucoup, qui ont des corps différents des miens, qui ont des expériences aussi différentes. D'aller les faire avec elles, vraiment, ça me met en confiance. Ça me met en toute sécurité et je sais que c'est réciproque. et ça peut permettre d'explorer des choses d'abord juste pour le plaisir, pour la découverte et puis après tu vois ce que tu en fais.
- Speaker #0
Merci beaucoup Caroline pour cet échange. Merci pour ta posture calme et ancrée qui invite à l'apaisement. Ça m'a bien fait démarrer ma journée. Merci à toi. Ça a été un plaisir pour moi de passer ce moment avec toi. Merci pour ton humanité aussi, ta bienveillance et ce regard doux que tu poses sur les gens. Et merci pour cette joie que tu insuffles. Vous pouvez suivre le travail de Caroline sur Instagram. Son compte c'est @ck_psy_caroline_khanafer , et consultez son site internet https://www.carolinekhanafer-psychologue.fr/. Et si vous souhaitez prendre rendez-vous avec Caroline, vous trouverez toutes les infos sur Doctolib. Elle propose des rendez-vous en présentiel à Sartrouville, dans les Yvelines, ou en visio. Merci beaucoup. Merci à toi. Un immense merci pour votre écoute. J'espère que vous y aurez trouvé des pistes de compréhension de votre corps et peut-être de ceux des personnes qui vous entourent. Vous entendez probablement ça à chaque écoute de podcast, mais il est vraiment essentiel pour moi de vous le rappeler. Si cet épisode vous a plu, s'il vous plaît, abonnez-vous et mettez-lui 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute. Laissez un commentaire et partagez cet épisode, c'est le seul moyen pour moi de faire connaître ce podcast que je crée bénévolement, pour nous, avec le cœur. Vous pouvez également suivre l'actualité Un Corps à Écouter sur sa page Instagram, où vous découvrirez mes invités en avant-première. Et pour plus de pistes de réflexion et d'invitations à la connexion, vous pouvez vous abonner à ma newsletter mensuelle, La Lettre du 11. Le lien se trouve en description de cet épisode. A très vite !