- Speaker #0
« Bienvenue sur le podcast Une place à soi, le podcast pour habiter pleinement sa vie. Ici, on explore la très vaste question de la place, en soi, dans le travail, dans le monde et dans ses relations. Mon nom, c'est Sophie Rioux, je suis exécutive coach et mentor. Je crois profondément qu'être à sa juste place, c'est prendre le risque d'être soi et prendre sa part dans le monde. Mon intention, avec ces épisodes, c'est d'aider les femmes à prendre leur place. » place dans toutes les sphères de leur vie et incarner ce qu'elles sont dans toutes leurs dimensions. Ici, je vous proposerai de grandes prises de hauteur, des idées qui décalent, et en fin d'épisode, des questions pour que les liens que je fais, vous puissiez les faire à votre tour, dans votre vie. Bonne écoute.
- Speaker #1
On vous a dit battante, alors vous l'avez été. On vous a dit sensible, alors vous vous êtes méfié de votre sensibilité. On vous a dit brillante, et vous tolerez assez mal ce que vous appelez la médiocrité. On vous a dit leader né, alors vous avez dirigé avec la même énergie, même quand ça tirait, et même quand vous n'en aviez plus envie. Dans les situations difficiles, vous savez quelle partie de vous mobiliser, celle qui fonce, celle qui analyse, celle qui rassure. Vous avez vos ressources, vous savez les utiliser. Sauf que ces derniers temps, la recette habituelle ne produit plus tout à fait les effets escomptés. Vous foncez. et vous vous heurtez un mur. Vous analysez, mais vous tournez en rond. Vous prenez soin de tout le monde autour de vous et un peu plus que d'habitude, ça vous coûte une énergie folle. C'est pas vraiment que vous manquez de ressources, mais peut-être que certaines prennent toute la place au détriment des autres. Que votre assemblée intérieure, parce que oui, vous en avez une, c'est peut-être un peu déséquilibré. Et que ce dont vous avez besoin maintenant, c'est juste d'harmoniser ce qui est déjà là. Bienvenue dans cet épisode d'une place à soi, où on va partir à la rencontre de vos personnages intérieurs. Dans l'épisode précédent, on a parlé de quelque chose d'assez vertigineux, la difficulté de vivre au présent quand on se promène avec des images de soi construites dans le passé. Aujourd'hui, on va un cran plus loin, ou peut-être un cran plus dedans. Ces images de soi, elles ne sont pas tombées du ciel, elles ont été fabriquées par le regard des autres, bien sûr, mais pas seulement. Elles ont aussi émergé de l'intérieur, de ce dont vous aviez besoin, pour vous mettre debout, pour être avec les autres, pour trouver votre place dans le monde. Ces personnages y font partie du processus d'individuation. Ils ont été structurants, ils vous ont permis de vous construire. Je vais vous donner un exemple très personnel. Pendant longtemps, je me suis décrite, et probablement réduite, à être un peu badass, solide, indépendante. Je me suis beaucoup aussi définie au travers de ma relation difficile avec ma mère. Et cette figure que j'ai construite, elle m'a portée. Je pense qu'elle m'a aidée à tenir debout, à ne pas attendre que les choses viennent à moi, mais plutôt à aller les chercher. Mais elle m'a aussi coupée d'autres choses, de la possibilité de reconnaître que le good enough était déjà bien, que la flemme, ce n'est pas pathologique et que j'ai le droit d'être ce que ma mère n'a pas voulu que je sois. Ce personnage, cette banasse, c'était une réponse. intelligente, à un contexte précis. Ce personnage, il m'a structurée et à un moment, il a fallu juste apprendre à ce que je me décroche d'elle, pas à la supprimer, parce que c'est quand même très utile d'avoir un peu de ça en soi, mais plutôt de me décrocher de cette image et de faire la place à d'autres choses. Ces personnages, peu à peu, certains prennent toute la place. Ils deviennent des figures intérieures, stables, reconnaissables, avec leurs forces, avec leurs ombres. avec leur logique propre. Vous pouvez les asseoir tout autour d'une table, vous aurez peut-être la battante, la créative, la bienveillante, la perfectionniste, la rebelle, la sage, et sans doute encore beaucoup d'autres. La vraie question aujourd'hui, c'est comment se décoller de ces personnalités et aller à la rencontre de soi, et vraiment choisir. Cet épisode, il va vous permettre déjà de mettre un visage, une voix, une sensation sur ces parties de vous qui agissent souvent en pilote automatique. On va comprendre d'où elles viennent. et ce qu'elles vous ont apporté. On va apprendre à les utiliser en conscience plutôt que vous laisser conduire par elles. Et puis, on va essayer d'accéder autant que possible à ce qui se tient juste en dessous de tout ça. On va faire tout ça en trois temps. D'abord, on va aller rencontrer ces personnages intérieurs avec l'exemple d'une cliente qui les a découverts pour la première fois en séance. Ensuite, on va aller décrypter ce qui se passe quand l'un d'eux prend trop de place et ce que ça coûte. Et pour finir, on va faire quelque chose ensemble, une courte méditation sensorielle pour que vous puissiez aller à leur rencontre. Je vais vous parler ici d'une cliente, on va l'appeler Virginie. Virginie arrive en séance, elle est vraiment très en colère. C'est une colère qui lui pèse depuis un moment, ce qu'elle attendait avec impatience cette séance, pour pouvoir déposer cette colère. Quand on déplie tout ça, elle me dit qu'elle se sent empêchée dans son travail. Elle ne se sent pas vue pour ce qu'elle fait, pas reconnue pour ce qu'elle vaut. Et surtout, il y a un mur devant elle. Un mur qu'elle n'arrive pas à casser, alors que d'habitude elle s'est fixée, mais là, elle n'a pas la solution. Et c'est assez insupportable pour elle. Alors je lui propose quelque chose, c'est d'aller à la rencontre des parties d'elle-même. J'appelle ça ses personnages intérieurs. Le premier à se présenter, c'est la battante. Et là, quelque chose se passe dans son corps, elle se redresse, il y a une forme de vitalité qui remonte. Et elle me raconte que, petite, dans les situations difficiles, on disait toujours « mais toi tu t'en sors toujours » . Et c'est vrai, plus c'est compliqué, plus elle a envie d'y aller. La difficulté, ça l'allume, la difficulté l'anime. Elle aime prendre les choses à bras le corps, elle démbroussaille, elle avance avec quelque chose de très directionnel, de presque magnétique. Et c'est là que ça devient intéressant, c'est que le mur devant elle, là maintenant, on ne peut pas le casser. Et c'est précisément ça qui la met hors d'elle. La battante, elle est faite pour foncer, pour traverser, pour forcer le passage, et là, pour la première fois, le passage ne s'ouvre pas. Alors elle fonce encore, elle fonce encore plus fort, mais le mur y résiste. Cette battante, elle va parfois tellement vite qu'elle perd les gens en route. Elle coupe les signaux, elle coupe l'intuition. Et parfois même, elle y va juste pour le plaisir de dire « je l'ai fait, c'était dur, mais je l'ai fait » . Et ça, ça lui génère beaucoup de satisfaction, mais ça lui coûte aussi quelque chose. Et puis arrive le deuxième personnage. C'est la créative qui apparaît. Et là, l'énergie change complètement. La voix de Virginie se pose, elle parle du piano. Piano qu'elle a appris de manière tout à fait autodidacte. Et quand elle fait l'expérience du jeu, C'est quelque chose qui se passe absolument sans effort. Ça roule, ça coule de source. Ce qu'elle aime dans l'acte de création, c'est qu'il y a un début et qu'il y a une fin. Quand elle joue un morceau, il y a un début et il y a une fin. Et dans ce moment, entre ce début et cette fin, elle est vraiment dans l'instant. Elle me dit que ce personnage-là, elle ne lui laisse pas beaucoup de place, ni au travail, ni dans sa vie de femme. Mais quand elle en parle, il y a vraiment quelque chose de très doux. Sa voix est plus grave, sa voix est beaucoup plus posée. Et puis elle fait venir un troisième personnage. C'est la part d'elle qui est pleine d'amour. Et il y a quelque chose qui sautille quand elle parle de cette part-là. C'est un amour qui déborde, qui est intense. Peut-être parce qu'il ne s'exprime pas assez souvent ou qu'il a moins de place. Mais en tout cas, ça jaillit. Trois personnages, trois façons d'être, trois vitalités assez différentes. En fait, ce qu'on a fait ensemble ce jour-là, ça s'inscrit dans une approche que le psychologue Richard Schwartz a formalisée sous le nom d'IFS, Internal Family System. L'idée centrale, c'est que nous ne sommes pas des êtres unifiés et cohérents, on est multiples. Et ce qui est une bonne nouvelle, à condition d'apprendre à se situer par rapport à cette multiplicité, est ma conviction de descendre un peu plus en profondeur pour aller regarder où se trouve le véritable soi en dessous de ces différents personnages. Alors revenons à Virginie, et peut-être à vous. Quand la battante prend toute la place, qu'est-ce qui se passe ? Eh bien elle répond à votre place dans les réunions, même quand c'est pas le bon moment. Elle choisit les projets à votre place, les plus difficiles, les plus risqués, les plus prouvables. Elle vous empêche aussi de ralentir, de temporiser, de laisser venir. Et surtout, elle vous coupe de tous les autres personnages. Elle vous coupe de la créative, qui a besoin de silence et de lenteur, de la bienveillante, qui a besoin de présence. Et quelque chose de peut-être plus essentiel encore, qui n'a pas de rôle à jouer, qui n'a rien à prouver, et qui attend encore. Il y a une image qui me revient souvent dans ce travail. Imaginez une table ronde. Autour de cette table, il y a tous vos personnages qui sont assis. Et ils ont tous quelque chose à dire. Ils ont tous de la valeur. Imaginez que l'un d'eux monopolise la parole. Qu'est-ce que font les autres ? Il finit soit par se taire, soit il se barre.
- Speaker #2
Attendez, attendez ! C'est par Turpan Dragon qui préside ? Ceux qui pigent rien à rien,
- Speaker #0
ça dégage.
- Speaker #2
Hola, Tout doux, les foufous. Pourquoi est-ce qu'on partit ?
- Speaker #1
Et vous, vous êtes où dans cette image ? Est-ce que vous êtes à table ? Est-ce que vous êtes déjà parti ? Ou est-ce que vous dansez tout autour ? La question n'est pas de chasser la battante, si c'est ce personnage qui prend le plus de place chez vous. Prenez celui qui vous parle si c'est un autre. La question n'est pas de chasser ce personnage principal, ce serait une erreur. Parce que c'est ce personnage, un de ces personnages qui vous a porté jusqu'ici. C'est un personnage qui a de la vitalité, qui a peut-être de la direction, du courage. La vraie question c'est, est-ce que vous la choisissez ou est-ce que c'est elle qui vous choisit ? Et je crois que c'est vraiment ça ce que Virginie a découvert ce jour-là. La battante, là, elle a atteint ses limites, dans ce contexte précis. Ce dont elle avait besoin, c'était pas de foncer encore plus, mais c'était plutôt de tendre ses antennes. D'entendre, de ralentir pour être comprise, de laisser la créative apporter un peu plus de nuances, de laisser l'amour, la bienveillance embarquer les gens autour d'elle, plutôt que de les semer. Alors elle est repartie avec une décision, c'était reprendre sa vision, la repartager avec sa direction, en y mettant... ce en quoi elle croit fondamentalement, avec de l'énergie, parce que c'est elle, mais aussi avec une connexion à elle-même, à son désir, à ce pourquoi elle fait ce métier, ce pourquoi elle est venue faire ce métier dans cette entreprise, et vraiment connectée à ce qu'elle sent dans cette préparation, et en s'appuyant sur ses alliés. On arrive maintenant dans la partie que je préfère dans cet épisode. Je vais vous inviter à faire quelque chose de méditatif. Si vous êtes en voiture ou dans un contexte où vous devez rester alerte, ce que je vous propose, c'est de marquer une pause dans cet épisode et de revenir quand ce sera le bon moment pour vous. Sinon, vous pouvez poser ce que vous tenez dans les mains, si vous pouvez, et puis simplement de vous asseoir un moment et juste de suivre ma voix. Vous pouvez prendre une grande inspiration en prenant le temps de la savourer, cette inspiration, et cette expire. Et là, vous n'avez absolument rien à faire, rien à produire, rien à réussir non plus. Vous avez juste à être là. Vous pouvez laisser vos épaules descendre, votre nuque se relâcher. Prenez la sensation globale de votre corps, peut-être en commençant par vos pieds, et puis ensuite tout le corps. Prendre la sensation de tout le corps. Vous pouvez vraiment inviter la détente. Vous pouvez faire un check interne, commencer dans mon corps là maintenant, sans chercher à analyser, sans chercher à classer, juste c'est comment là maintenant. Et si des pensées passent, voyez-les et laissez-les filer. Et là, vous allez laisser venir à vous un personnage, une part de votre personnalité, un membre de votre assemblée intérieure. Sans juger, sans trier, juste prendre celle qui vient spontanément. Vous accueillez cette part. Peut-être que vous la nommez silencieusement. Et regardez comment cette part vous fait agir. Que faites-vous ? Quels sont vos actes, vos gestes, quand vous habitez cette part ? Vous gardez le contact avec vos sensations. Vous pouvez aussi sentir s'il y a une part de votre corps qui est plus active à l'évocation de cette part de vous. Voyez cette part, les moments où elle s'est manifestée. Peut-être que vous allez même pouvoir sentir sa première apparition dans votre vie. Sans juger, juste accueillez ce qui est là, ce qui vient. Et puis on va faire venir une autre part, une part soutenante. Une part de vous que vous connaissez, qui vous est utile, qui vous soutient. Laissez votre corps s'imprégner de cette dimension de votre personnalité. Vous pouvez accueillir ce qu'elle vous permet, la manière dont elle vous fait agir. La manière dont elle vous fait sentir, la manière dont vous êtes en relation quand vous êtes connecté à cette part. Et vraiment de vous laisser traverser et remplir par cette part, que là, pendant quelques secondes, on va autoriser à prendre toute la place. Vous allez la remercier, la laisser partir. Et on va proposer à une autre, une dernière. de remonter à la surface. Et peut-être que c'est une part qui a moins de place aujourd'hui dans votre vie, mais qui a des choses à dire. C'est peut-être une part qui pousse au-dessous, une part sous-employée, peut-être une part de vous que vous avez bridée, mais qui est bien là. C'est quoi cette part ? Comment vous l'appelez ? Comment elle vous fait agir ? Et comment elle vous fait sentir ? Quand elle peut s'asseoir à la table, quelle autre perspective elle offre cette part-là ? Et toujours en connexion avec le corps, je vous propose d'inviter à la table toutes ces parts. ensemble, la première, la deuxième, la troisième, de prendre le temps de les regarder, peut-être de les remercier ainsi, et de faire circuler ce que les unes peuvent apporter aux autres. et de manière très symbolique, très métaphorique, mettre en commun ces énergies, les intégrer, et les voir comme des facettes de vous. des ressources, de voir ces personnages comme des éléments de votre construction, de votre individuation, de ce qui vous a permis de vous mettre debout, mais qu'aujourd'hui à cette table, vous avez le choix de ne pas vous identifier à une part plutôt qu'une autre, mais de les inviter lorsqu'elles sont utiles, avec la conscience que la seule chose qui soit juste, ce n'est pas tant cette image, cette représentation du passé. cette émanation de votre récit de vie. La seule chose qui soit juste, c'est finalement simplement ce qui est présent dans l'issier maintenant, et ce qui vous appelle. Prenez une dernière grande inspire, une grande expire, et vous pouvez revenir doucement ici, dans la pièce, dans le son, et dans votre journée. Ce que je vous propose de retenir aujourd'hui, c'est que 1. vous êtes habité par plusieurs personnages intérieurs. Ils ont émergé parce que vous en aviez besoin, pour vous mettre debout, pour être avec les autres, pour trouver votre place. Et ces personnages, ils vous ont structurés. 2. Quand l'un de ces personnages prend toute la place, eh bien il coupe les autres, il vous coupe de vous. Et la question, ce n'est pas tellement de le supprimer, mais plutôt... de le choisir consciemment, plutôt que ce soit lui qui vous choisisse. Et 3. En dessous de tous ces personnages, il y a quelque chose d'essentiel, quelque chose qui n'a pas de rôle, et qui était là avant tous les autres. Et c'est souvent le corps, l'intention à ce qui se passe maintenant, qui est le chemin le plus court pour y accéder. Alors je vous laisse avec ça, pour les deux semaines qui viennent. La prochaine fois que vous réagissez fortement, à quelque chose, au travail, chez vous, dans une relation, faites une pause et demandez-vous qui est en train de parler là. C'est lequel le personnage qui a pris le micro ? Et si vous pouvez, juste une petite seconde, écoutez ce qu'il y a derrière. Je vous dis à dans deux semaines, dans une place à soi.
- Speaker #0
J'espère que cet épisode vous a plu et qu'il vous a donné envie d'oser mettre un peu plus de ce que vous êtes dans ce que vous faites. Si cet épisode a résonné pour vous, vous pouvez le repartager sur vos réseaux, laisser 5 étoiles ou un commentaire sur votre plateforme d'écoute préférée. Vous pouvez me suivre sur LinkedIn et sur Instagram, les liens sont dans le descriptif de l'épisode. On se retrouve lundi dans 15 jours pour le prochain épisode d'Une place à soi. A très bientôt.