Speaker #0« Bienvenue sur le podcast Une place à soi, le podcast pour habiter pleinement sa vie. Ici, on explore la très vaste question de la place, en soi, dans le travail, dans le monde et dans ses relations. Mon nom, c'est Sophie Rioux, je suis exécutive coach et mentor. Je crois profondément qu'être à sa juste place, c'est prendre le risque d'être soi et prendre sa part dans le monde. Mon intention avec ces épisodes... » C'est d'aider les femmes à prendre leur place dans toutes les sphères de leur vie et incarner ce qu'elles sont dans toutes leurs dimensions. Ici, je vous proposerai de grandes prises de hauteur, des idées qui décalent et, en fin d'épisode, des questions pour que les liens que je fais, vous puissiez les faire à votre tour, dans votre vie. Bonne écoute ! Si je vous disais que plus vous êtes capables, moins vous lâchez. Cette semaine... J'ai eu une cliente qui m'a parlé de délégation. Elle reconnaît qu'elle a la flemme de déléguer, la flemme d'expliquer, de remettre en perspective, de clarifier ce qu'elle attend. Parce que dans sa tête, ça ira toujours plus vite si c'est elle qui fait. Ce sera mieux fait aussi. Les liens entre les sujets, les subtilités, les raccourcis de pensée, personne ne les a comme elle, elle les a. Et elle a probablement raison sur le court terme. Sauf que derrière cette flemme, mot qu'elle utilise en souriant, parce que pour la grande active, qu'elle est sa dissonne franchement, elle le sait, il y a vraiment autre chose. Il y a une forme de toute puissance, la conviction profonde, qui n'est d'ailleurs pas toujours très consciente qu'on est le centre de gravité de ce qu'on fait, avec une grande loyauté offerte, puisque votre histoire l'a montré, quand c'est fait par vous, c'est généralement bien fait, et vous êtes le, la mieux placé pour dealer avec votre propre niveau d'exigence. Est-ce que vous reconnaissez ça ? Ce poids sur les épaules qui, étrangement, vous rassure, mais vous écrase. un peu aussi. Ce qui vous amène à prendre conscience qu'il faut vous entourer ou vous entourer autrement, c'est rarement une épiphanie avec un mug de café chaud à la main. C'est souvent deux choses qui arrivent en même temps. Une fatigue profonde qui s'est installée tranquillement mais sûrement, et pour laquelle vous avez peut-être appliqué la bonne vieille stratégie du déni et fait un peu plus de ce que vous faisiez déjà, plus le sentiment que quelque chose coince. Que le business ne peut plus avancer comme ça. Qu'il faut faire différemment. Oui, mais comment ? C'est de ça dont on va parler aujourd'hui. Alors bien s'entourer, faire son réseau en entreprise ou quand on est à son compte, on en parle beaucoup. Quand on est à son compte, les clubs d'affaires vous promettent de rompre l'isolement, de faire croître votre réseau. Il y a aussi les clubs d'affaires féminins. La sororité, c'est un mot qui circule beaucoup dans ces cercles de femmes entrepreneurs qui promettent généralement une solidarité qui parfois, parfois, hypocrisent une compétition qui est bien réelle. Il y a aussi un tabou tenace autour de l'argent, du succès, des échecs. Et cette difficulté, et ça je peux en témoigner parce que ça a été la mienne, une difficulté particulière quand on vient du monde de l'entreprise, à retisser un tissu professionnel en repartant parfois, pour ainsi dire, de zéro. Et tout ça existe, ça existe, c'est vrai, c'est réel. Mais aujourd'hui, je vais vous proposer d'aller chercher quelque chose d'un petit peu plus profond que la simple et seule question du réseau. Parce que bien s'entourer, que vous soyez solopreneur, manager qui construit son équipe, ou bien dirigeant qui veut juste aller plus loin dans son activité, c'est d'abord une question de rapport à la responsabilité. Quand vous vous sentez responsable au point de pallier les manques, de faire à la place des autres pour aller plus vite ou faire mieux. Quand vous trouvez votre stimulation dans la résolution de problèmes, vous nourrissez quelque chose. Un besoin d'être indispensable, d'être apprécié. parfois d'apprendre sans cesse de toucher à tout, un petit côté épicier qui a ses charmes mais aussi ses pièges. C'est une relation particulière au contrôle aussi, à la confiance et finalement à soi-même. Quand vous lâchez ça, et on verra comment, ça ouvre autre chose. Vous laissez aux autres leur juste place, vous retrouvez le plaisir et la richesse que l'autre apporte, vous décidez plus vite et mieux et vous cessez de porter ce qui ne dépend pas de vous. C'est un sujet de lâcher prise, de confiance en soi et en l'autre. C'est aussi un sujet de vision. Où est-ce que je vais et comment je m'y prends vraiment ? Trois clés. Allez, on y va. Alors, avant de chercher qui mettre autour de vous, il y a une question préalable de la plus haute importance. C'est qu'est-ce que vous nourrissez quand vous endossez ? ses responsabilités. Parce que la toute-puissance dont je parlais il y a quelques minutes, cette loyauté au faire, cette conviction que personne ne fera les liens aussi vite, aussi bien avec le même niveau d'exigence que vous, ou plus simplement que concentrer le faire sur vous, ça ira toujours plus vite, même si vous devez développer des compétences que vous n'avez pas encore, eh bien ce n'est pas juste un défaut de confiance en l'autre. C'est avant tout une manière d'être avec vous, avec votre propre flux de pensée. Alors c'est assez confortable. parce que vous et votre tête, vous vous connaissez assez bien, mais en réalité, ça vous isole. Certaines, certains d'entre vous ont besoin de stimulation constante, résoudre, anticiper, avoir un coup d'avance. D'autres ont un rapport qui est très physique à l'action, au mouvement, au faire. D'autres, encore, portent une exigence sur elles-mêmes qui est si élevée que déléguer, c'est exposer leur travail à une forme de déclassement qu'elles ont un peu de mal à envisager. Et c'est d'ailleurs ce qui vous a amené là où vous êtes. Votre histoire, elle vous a montré que quand c'est fait par vous, ça marche bien. Mais voilà moi ce que j'observe, ce que j'observais dans ma propre expérience de manager et ce que j'observe dans mon travail de coaching, c'est que plus on a de responsabilités, plus on a un rapport intense à l'activité et au mouvement. Et plus on a besoin en miroir de prendre soin de sa vision long terme, de sa créativité, de sa santé, de sa capacité à prendre de la hauteur et de nourrir des relations vraies. Bien s'entourer commence par là. Dans la conscience, de ce dont vous avez besoin pour être pleinement vous, dans la conscience de ce dont vous avez besoin pour être à votre juste place et de ce que vous ne pouvez pas vous offrir seul. Pour moi, c'est assez concret. Même quand mon activité s'accélère, je sais que j'ai besoin de temps pour lire, pour écrire, pour faire du yoga. Et plus c'est intense, plus j'ai besoin de cet espace-là. Donc ça peut paraître antinomique, mais l'expérience a prouvé que quand j'ose ce nouvel équilibre, ça fonctionne. Je sais aussi, par exemple, que la comptabilité me donne de l'urticaire. Je sais que la gestion de mon agenda me stresse. Je sais que monter des épisodes de podcast le week-end, c'est non. Je sais que ce que j'aime, c'est réfléchir, c'est faire des liens, c'est écrire. Et c'est ça que je veux mettre dans une place à soi. Alors, je revendique ce droit de choisir. Je revendique ce droit à la paresse aussi. Et ce par quoi passe ce besoin de clarté qui est le mien. Et vous, est-ce que ça vous parle ? Qu'est-ce que, selon vous, vous nourrissez dans votre manière d'endosser des responsabilités, dans cette loyauté offerte ? Alors une fois qu'on sait ça, une fois qu'on a regardé en face ses besoins, ses automatismes, son rapport au contrôle, on peut poser la vraie question de la délégation. Les gens qui vont vite, qui font des liens rapidement, qui ont un haut niveau d'exigence, ils ont souvent un angle mort. Ils demandent beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, sans le réaliser. Ça va se traduire par une qualité intenable dans les délais, des attendus formulés à moitié, parce que dans leur tête, c'est clair comme de l'eau de roche. Ce qui fait qu'après, ils sont particulièrement déçus. Et cette déception confirme la croyance de départ, personne ne fait aussi bien que moi. C'est assez inconscient d'ailleurs, et on ne peut pas dire que ce soit du sabotage délibéré. C'est parfois simplement cette manière d'être avec soi qui se transpose dans la relation à l'autre. On n'a pas appris à traduire son propre rythme de pensée en instructions claires pour quelqu'un qui ne partage pas ce rythme-là. Pour la simple et bonne raison que, vous, pour vous, c'est parfaitement limpide. Donc déléguer, ça s'apprend et ça commence par une question assez simple. C'est quelles sont les conditions dans lesquelles vous pouvez vraiment prendre appui sur quelqu'un d'autre ?
Speaker #0Alors ce que fait Danny Ocean dans cette scène de Ocean's Eleven, c'est exactement ça. Il part de la vision, le casse, l'ambition, ce qui est en jeu, et il remonte vers les personnes. Il ne recrute pas des gens bien, il recrute les bonnes personnes au bon endroit, au bon moment. Donc la bonne question, ce n'est pas de quoi ai-je besoin aujourd'hui pour que ça tourne, c'est plutôt de qui ai-je besoin autour de moi pour faire le casse du siècle. Parce que s'entourer, ce n'est pas colmater des brèches, c'est plutôt construire un système qui vous permet d'aller là où vous voulez aller. Les gens qui protègent votre temps de réflexion, qui vont prendre en charge, qui vous drainent pour que vous restiez disponible à ce qui compte. Des gens qui vous challengent depuis un endroit de bienveillance et de compétence. Moi, j'ai vu des managers recruter des profils parfois trop juniors avec la conviction que ce serait plus simple à gérer. Alors, c'est souvent faux, d'ailleurs. Et ce que je vois aussi, c'est qu'ils passent véritablement à côté de quelque chose d'extraordinaire, c'est de remettre leur propre leadership en mouvement, d'oser voir plus grand, avoir une équipe qui nous dépasse sur certains sujets, c'est quand même souvent... systématiquement d'ailleurs une bonne manière de continuer de grandir. Donc ce que je veux vous dire dans cette séquence, c'est qu'il y a vraiment une invitation à s'entourer de manière stratégique. Je me connais. Je connais mes forces, je connais mes faiblesses, je connais les choses qui me mettent en situation de flot et les choses qui me drainent. Et je vais aller chercher les compétences et personnes sur lesquelles prendre appui. Non pas parce qu'elles répondent à un besoin à très court terme, mais aussi parce qu'elles viennent nourrir la vision que j'ai de mon service, de mon business, de mon activité. Alors on a parlé de se connaître, on a parlé de stratégie pour bien se compléter. Une fois qu'on a dit ça, on n'a pas tout dit. C'est comment on s'entoure. Et pour ça, il faut être suffisamment disponible à soi pour percevoir comment il va falloir s'adapter à la personne avec qui on travaille, ce dont elle a besoin pour donner le meilleur d'elle-même, et donc ce que vous allez devoir ajuster dans votre propre mode de fonctionnement. Et c'est là qu'entre en scène...
Speaker #0Alors Jean-Michel à peu près, il débarque sur un sujet qu'il ne maîtrise pas encore, manifestement. Il est volontaire, il est curieux, mais il a plutôt besoin d'un cadre serré, d'un accompagnement rapproché. Il a besoin d'être aussi rassuré sur ce qu'on attend de lui avant de se lancer. Si vous lui donnez une direction vague ou une vague direction et de la liberté un peu trop tôt, il risque de dériver et de saçon là, vous allez être déçu. Et ce n'est pas forcément lui le problème, c'est peut-être simplement le cadre que vous avez posé. Et puis on va retrouver Marie-Thérébenthine. Alors elle, à l'opposé, elle a juste besoin d'une direction et de deux, trois contraintes bien choisies. Et à partir de ça, elle arrive à naviguer. Si vous la suivez de trop près, elle étouffe. Si vous lui expliquez en détail ce qu'elle sait déjà, vous perdez sa confiance et son énergie au passage. Donc on a Jean-Michel à peu près, Marie-Thérée Bantine, deux espaces entièrement différents à construire. Et quand vous savez lire ça et adapter votre style en conséquence, c'est ce qu'on appelle le leadership situationnel. Alors c'est souvent le niveau 1 du leadership, mais d'expérience, c'est jamais inutile de le rappeler. Et puis il y a la rencontre vraie, ces personnes avec qui on est, pour ainsi dire, sur le même plan vibratoire. Celles auxquelles on pense spontanément quand on se dit « si je devais partir créer ma boîte, avec qui je pars ? » Et ce ne sont pas forcément les personnes les plus compétentes. Ce sont celles avec qui on sait qu'on va pouvoir grandir parce qu'il y a cette fluidité qui est là de manière très naturelle. C'est par exemple la personne auprès de qui on va pouvoir râler ou chouiner sans avoir peur d'être jugé. C'est celle avec qui on peut rire d'à peu près tout, y compris de soi. Celle qui nous impressionne un peu et qui ne s'en rend pas compte parce que c'est pas du genre à se la péter. Celle dont on sait, sans vraiment pouvoir se l'expliquer, qu'on sait qu'elle va nous tirer vers le haut. Laetitia, qui produit ce podcast, c'est ma première auditrice. Elle montre les épisodes et elle les entend avant vous. Laetitia, elle me challenge sans complaisance et avec beaucoup de cœur. C'est une personne qui m'inspire beaucoup. pour ce qu'elle entreprend. J'en profite pour vous dire qu'elle organise des séjours entre femmes sur les chemins de Compostelle. Elle m'inspire aussi beaucoup par son humanité. Et c'est ce genre de rencontre qui ne se planifie pas. Pour le coup, nous, ça a démarré sur un rendez-vous à manquer. Mais ça a été une rencontre que j'ai reconnue tout de suite. Et c'est une belle relation depuis plus d'un an. Une fois qu'on a fait le pari de ce type de relation, parce que c'est bien un pari, c'est une confiance qui est souvent teintée d'intuition. C'est là où je pense qu'on peut faire de très jolies choses. Je le vois avec les personnes qui m'entourent aujourd'hui dans mon activité de coach et de podcast. Je le vois aussi chez les clients et les clientes que j'accompagne. Souvent, les équipes qui performent vraiment sont celles où il y a vraiment quelque chose d'authentique, où les gens s'apprécient et s'apprécient assez pour pouvoir se dire les choses, se confronter et construire ensemble. Donc trois mouvements. D'abord, se connaître vraiment. Alors c'est le travail d'une vie, mais bon, on peut déjà mettre un petit peu d'investissement sur le sujet. Donc se connaître vraiment, ses forces, ses zones de talent, ses besoins. On se demande ensuite ce qu'on nourrit dans cette façon de tout porter, parce que oui, il y a un bénéfice secondaire, les amis. Et puis, on peut aussi se demander, ok, si je dézoome, de quoi j'ai besoin autour de moi pour rayonner davantage. Ensuite, on va aller être un peu plus stratège. On va partir de la vision qu'on a. pour soi, en plein rayonnement. On va partir de la vision pour son business et à partir de ça, on va aller chercher les personnes et les conditions qui rendent possible cet entourage. Et enfin, le facteur qu'on sous-estime parfois, c'est la rencontre, c'est jouer les contours de l'espace qu'on laisse, c'est faire le pari actif de la confiance et c'est rester ouvert, ouverte au coup de cœur professionnel. La question pour vous cette semaine, imaginez-vous. dans un espace de sécurité ontologique et de puissance hyper juste. Vous êtes exactement à la juste place. Prenez de la hauteur, qui est autour de vous ? Qu'est-ce que vous pourriez faire que vous ne vous autorisez pas encore à faire grâce à ces nouvelles personnes autour de vous ? Merci pour votre écoute et je vous dis à dans deux semaines. J'espère que cet épisode vous a plu et qu'il vous a donné envie d'oser mettre un peu plus de ce que vous êtes dans ce que vous faites. 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