Joyce-le-symptôme et Dostoïevski-l'hystérie ( podcast n° 25) cover
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Une psychanalyse à fleur d'inconscient

Joyce-le-symptôme et Dostoïevski-l'hystérie ( podcast n° 25)

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09min |05/04/2023|

771

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Description

Bienvenue sur ce podcast une psychanalyse à fleur d'inconscient”.  Aujourd”hui je voudrais vous parler de la façon dont  Freud, en son temps,  avait relu Dostoïevski,  tout comme Lacan avait relu Joyce pour le nommer Joyce le symptôme. Mon espoir étant de tirer quelques profits de ce rapprochement autour de la question de l’hystérie et tout spécialement de l’hystérie masculine.    


Dans son texte « Dostoïevski et le parricide », Freud écrit : « Ce n’est pas un hasard si trois des chefs d’œuvres de la littérature de tous les temps, L’Œdipe-Roi de Sophocle, le Hamlet de Shakespeare et les frères Karamazov de Dostoïveski, traitent tous du même thème, du meurtre du père. Dans les trois œuvres le motif de l’acte  - la rivalité sexuelle pour une autre femme est aussi révélé. »

Si Ulysse de Joyce est maintenant considéré comme une œuvre majeure de la littérature mondiale du dernier siècle, la question du parricide me semble y être éludée, tout autant que la question de la rivalité des hommes entre eux pour la conquête d’une femme.

Bloom, tout au long de son périple au travers des rues de Dublin sait que Molly a rendez-vous avec l’un de ses amants, il connaît même l’heure de leur rendez-vous, sans pour autant apporter  la moindre entrave à cette rencontre. De retour chez lui, il se glisse simplement dans le lit conjugal. 

Cette “abnégation”, sinon cette “équanimité” devant le triomphe de ses rivaux dans l’amour d’une femme, Freud l’a déjà décrite dans ce même texte de Dostoïevski et du parricide. Il la décrit en prenant pour exemple les héros de certaines autres nouvelles de Dostoïevski, mais en la replaçant dans les composantes du complexe de castration masculin.

Avec beaucoup d’assurance mais aussi de sérénité voici ce que Freud en énonce : « le meurtre du père est, selon une conception bien connue, le crime majeur et originaire de l’humanité aussi bien que de l’individu ».

De là vient son sentiment de culpabilité. Les motions sadiques envers le père, le désir de le tuer et de le castrer s’inversent et prévaut alors  le masochisme dit féminin des hommes. 

En effet, à cette partie du complexe de castration,  vient s'ajouter une autre composante, celle que Freud appelle la bisexualité de chaque sujet. Lorsque cette composante est trop forte, « la menace que la castration fait peser sur la masculinité renforce l’inclinaison du garçon à s’identifier à sa mère, « à tenir le rôle de celle-ci comme objet d’amour pour le père ». Cette prédisposition renforce donc la névrose. 

Est-ce que ce que Freud nous décrit là ne pourrait pas s’appliquer à Joyce, il semble en tout cas qu’une piste s’ouvre celle d’éclairer ce que Lacan a avancé à propos de Joyce, de cette question de sa « Père-version », ou encore sa version vers le père qu’il a soutenu à la mesure de ses moyens par son écriture, par son art d’écrire.

 Ce terme de père-version écrit avec un tiret et donc cette version vers le père est donc à prendre, tout au moins dans une première approche,  comme correspondant à ce temps de l’Oedipe ou le père se fait préférer à la mère comme étant celui qui détient le phallus. 

J’ai effectué ce rapprochement dans l’un de mes ouvrages « Eloge de l’hystérie masculine. Sa fonction secrète dans les renaissances de la psychanalyse » paru chez L’Harmattan en 97.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Description

Bienvenue sur ce podcast une psychanalyse à fleur d'inconscient”.  Aujourd”hui je voudrais vous parler de la façon dont  Freud, en son temps,  avait relu Dostoïevski,  tout comme Lacan avait relu Joyce pour le nommer Joyce le symptôme. Mon espoir étant de tirer quelques profits de ce rapprochement autour de la question de l’hystérie et tout spécialement de l’hystérie masculine.    


Dans son texte « Dostoïevski et le parricide », Freud écrit : « Ce n’est pas un hasard si trois des chefs d’œuvres de la littérature de tous les temps, L’Œdipe-Roi de Sophocle, le Hamlet de Shakespeare et les frères Karamazov de Dostoïveski, traitent tous du même thème, du meurtre du père. Dans les trois œuvres le motif de l’acte  - la rivalité sexuelle pour une autre femme est aussi révélé. »

Si Ulysse de Joyce est maintenant considéré comme une œuvre majeure de la littérature mondiale du dernier siècle, la question du parricide me semble y être éludée, tout autant que la question de la rivalité des hommes entre eux pour la conquête d’une femme.

Bloom, tout au long de son périple au travers des rues de Dublin sait que Molly a rendez-vous avec l’un de ses amants, il connaît même l’heure de leur rendez-vous, sans pour autant apporter  la moindre entrave à cette rencontre. De retour chez lui, il se glisse simplement dans le lit conjugal. 

Cette “abnégation”, sinon cette “équanimité” devant le triomphe de ses rivaux dans l’amour d’une femme, Freud l’a déjà décrite dans ce même texte de Dostoïevski et du parricide. Il la décrit en prenant pour exemple les héros de certaines autres nouvelles de Dostoïevski, mais en la replaçant dans les composantes du complexe de castration masculin.

Avec beaucoup d’assurance mais aussi de sérénité voici ce que Freud en énonce : « le meurtre du père est, selon une conception bien connue, le crime majeur et originaire de l’humanité aussi bien que de l’individu ».

De là vient son sentiment de culpabilité. Les motions sadiques envers le père, le désir de le tuer et de le castrer s’inversent et prévaut alors  le masochisme dit féminin des hommes. 

En effet, à cette partie du complexe de castration,  vient s'ajouter une autre composante, celle que Freud appelle la bisexualité de chaque sujet. Lorsque cette composante est trop forte, « la menace que la castration fait peser sur la masculinité renforce l’inclinaison du garçon à s’identifier à sa mère, « à tenir le rôle de celle-ci comme objet d’amour pour le père ». Cette prédisposition renforce donc la névrose. 

Est-ce que ce que Freud nous décrit là ne pourrait pas s’appliquer à Joyce, il semble en tout cas qu’une piste s’ouvre celle d’éclairer ce que Lacan a avancé à propos de Joyce, de cette question de sa « Père-version », ou encore sa version vers le père qu’il a soutenu à la mesure de ses moyens par son écriture, par son art d’écrire.

 Ce terme de père-version écrit avec un tiret et donc cette version vers le père est donc à prendre, tout au moins dans une première approche,  comme correspondant à ce temps de l’Oedipe ou le père se fait préférer à la mère comme étant celui qui détient le phallus. 

J’ai effectué ce rapprochement dans l’un de mes ouvrages « Eloge de l’hystérie masculine. Sa fonction secrète dans les renaissances de la psychanalyse » paru chez L’Harmattan en 97.


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Dans son texte « Dostoïevski et le parricide », Freud écrit : « Ce n’est pas un hasard si trois des chefs d’œuvres de la littérature de tous les temps, L’Œdipe-Roi de Sophocle, le Hamlet de Shakespeare et les frères Karamazov de Dostoïveski, traitent tous du même thème, du meurtre du père. Dans les trois œuvres le motif de l’acte  - la rivalité sexuelle pour une autre femme est aussi révélé. »

Si Ulysse de Joyce est maintenant considéré comme une œuvre majeure de la littérature mondiale du dernier siècle, la question du parricide me semble y être éludée, tout autant que la question de la rivalité des hommes entre eux pour la conquête d’une femme.

Bloom, tout au long de son périple au travers des rues de Dublin sait que Molly a rendez-vous avec l’un de ses amants, il connaît même l’heure de leur rendez-vous, sans pour autant apporter  la moindre entrave à cette rencontre. De retour chez lui, il se glisse simplement dans le lit conjugal. 

Cette “abnégation”, sinon cette “équanimité” devant le triomphe de ses rivaux dans l’amour d’une femme, Freud l’a déjà décrite dans ce même texte de Dostoïevski et du parricide. Il la décrit en prenant pour exemple les héros de certaines autres nouvelles de Dostoïevski, mais en la replaçant dans les composantes du complexe de castration masculin.

Avec beaucoup d’assurance mais aussi de sérénité voici ce que Freud en énonce : « le meurtre du père est, selon une conception bien connue, le crime majeur et originaire de l’humanité aussi bien que de l’individu ».

De là vient son sentiment de culpabilité. Les motions sadiques envers le père, le désir de le tuer et de le castrer s’inversent et prévaut alors  le masochisme dit féminin des hommes. 

En effet, à cette partie du complexe de castration,  vient s'ajouter une autre composante, celle que Freud appelle la bisexualité de chaque sujet. Lorsque cette composante est trop forte, « la menace que la castration fait peser sur la masculinité renforce l’inclinaison du garçon à s’identifier à sa mère, « à tenir le rôle de celle-ci comme objet d’amour pour le père ». Cette prédisposition renforce donc la névrose. 

Est-ce que ce que Freud nous décrit là ne pourrait pas s’appliquer à Joyce, il semble en tout cas qu’une piste s’ouvre celle d’éclairer ce que Lacan a avancé à propos de Joyce, de cette question de sa « Père-version », ou encore sa version vers le père qu’il a soutenu à la mesure de ses moyens par son écriture, par son art d’écrire.

 Ce terme de père-version écrit avec un tiret et donc cette version vers le père est donc à prendre, tout au moins dans une première approche,  comme correspondant à ce temps de l’Oedipe ou le père se fait préférer à la mère comme étant celui qui détient le phallus. 

J’ai effectué ce rapprochement dans l’un de mes ouvrages « Eloge de l’hystérie masculine. Sa fonction secrète dans les renaissances de la psychanalyse » paru chez L’Harmattan en 97.


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Bienvenue sur ce podcast une psychanalyse à fleur d'inconscient”.  Aujourd”hui je voudrais vous parler de la façon dont  Freud, en son temps,  avait relu Dostoïevski,  tout comme Lacan avait relu Joyce pour le nommer Joyce le symptôme. Mon espoir étant de tirer quelques profits de ce rapprochement autour de la question de l’hystérie et tout spécialement de l’hystérie masculine.    


Dans son texte « Dostoïevski et le parricide », Freud écrit : « Ce n’est pas un hasard si trois des chefs d’œuvres de la littérature de tous les temps, L’Œdipe-Roi de Sophocle, le Hamlet de Shakespeare et les frères Karamazov de Dostoïveski, traitent tous du même thème, du meurtre du père. Dans les trois œuvres le motif de l’acte  - la rivalité sexuelle pour une autre femme est aussi révélé. »

Si Ulysse de Joyce est maintenant considéré comme une œuvre majeure de la littérature mondiale du dernier siècle, la question du parricide me semble y être éludée, tout autant que la question de la rivalité des hommes entre eux pour la conquête d’une femme.

Bloom, tout au long de son périple au travers des rues de Dublin sait que Molly a rendez-vous avec l’un de ses amants, il connaît même l’heure de leur rendez-vous, sans pour autant apporter  la moindre entrave à cette rencontre. De retour chez lui, il se glisse simplement dans le lit conjugal. 

Cette “abnégation”, sinon cette “équanimité” devant le triomphe de ses rivaux dans l’amour d’une femme, Freud l’a déjà décrite dans ce même texte de Dostoïevski et du parricide. Il la décrit en prenant pour exemple les héros de certaines autres nouvelles de Dostoïevski, mais en la replaçant dans les composantes du complexe de castration masculin.

Avec beaucoup d’assurance mais aussi de sérénité voici ce que Freud en énonce : « le meurtre du père est, selon une conception bien connue, le crime majeur et originaire de l’humanité aussi bien que de l’individu ».

De là vient son sentiment de culpabilité. Les motions sadiques envers le père, le désir de le tuer et de le castrer s’inversent et prévaut alors  le masochisme dit féminin des hommes. 

En effet, à cette partie du complexe de castration,  vient s'ajouter une autre composante, celle que Freud appelle la bisexualité de chaque sujet. Lorsque cette composante est trop forte, « la menace que la castration fait peser sur la masculinité renforce l’inclinaison du garçon à s’identifier à sa mère, « à tenir le rôle de celle-ci comme objet d’amour pour le père ». Cette prédisposition renforce donc la névrose. 

Est-ce que ce que Freud nous décrit là ne pourrait pas s’appliquer à Joyce, il semble en tout cas qu’une piste s’ouvre celle d’éclairer ce que Lacan a avancé à propos de Joyce, de cette question de sa « Père-version », ou encore sa version vers le père qu’il a soutenu à la mesure de ses moyens par son écriture, par son art d’écrire.

 Ce terme de père-version écrit avec un tiret et donc cette version vers le père est donc à prendre, tout au moins dans une première approche,  comme correspondant à ce temps de l’Oedipe ou le père se fait préférer à la mère comme étant celui qui détient le phallus. 

J’ai effectué ce rapprochement dans l’un de mes ouvrages « Eloge de l’hystérie masculine. Sa fonction secrète dans les renaissances de la psychanalyse » paru chez L’Harmattan en 97.


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