Une approche lacanienne de la sublimation ( Podcast n° 30) cover
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Une psychanalyse à fleur d'inconscient

Une approche lacanienne de la sublimation ( Podcast n° 30)

Une approche lacanienne de la sublimation ( Podcast n° 30)

10min |04/08/2023|

1077

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Description

Bienvenue sur ce site de podcast, une psychanalyse à fleur d'inconscient.  Aujourd'hui, je voudrais vous parler de l'un des destins de la pulsion, celui de la sublimation. Elle peut être considérée, à la suite de Lacan, comme un travail de symbolisation de la perte, une célébration de l'objet perdu.   

Freud, malgré la définition qu'il en a donné,  «  une satisfaction de la pulsion sans refoulement »,  n'a pas tout à fait réussi, malgré son étude de Léonard de Vinci, à  tracer la métapsychologie de cette sublimation.  

Lacan, lui a franchi un pas de plus dans cette approche mais en repartant justement de l'un des plus anciens textes de Freud, son « Esquisse d'une psychologie scientifique » dans laquelle il décrit les premiers liens du petit nourrisson à sa mère.

Freud  y décrit comment le bébé découvre la présence de cette Autre préhistorique, la mère, en tant qu'elle est capable d'apporter satisfaction à ses besoins, lorsqu'il l'alerte par ses cris. Par son  intermédiaire il fait tout d'abord l'expérience de la satisfaction,  lorsque elle lui donne le sein, mais tout aussi bien l'épreuve de la souffrance. En effet elle n'obéit pas toujours au doigt et à l'oeil, elle vaque à ses occupations et ne répond pas toujours à son attente.  C'est cette grande Autre archaïque qui est célébrée par tous ses troubadours, poètes, peintres, musiciens mais aussi psychanalystes.  

Cette Autre préhistorique, cette première étrangère, point d'origine de l'inconscient, se divise, selon Freud, en deux parties. L'une entre dans le champ des représentations inconscientes, au
titre de traces mnésiques ou mnémoniques de l'objet, comme souvenirs  de l'objet ; L'autre partie va rester définitivement étrangère, inassimilable. C'est ce que Lacan isolera sous ce terme de Das Ding, La chose.  C'est avec ce nouveau concept pris dans le texte de Freud
qu'il décrit alors ces mécanismes mis en jeu lors de cette œuvre de sublimation.

 Das Ding, c'est cet objet qui échappe à toute symbolisation, à tout jugement qu'il soit d'attribution ou d'existence.  Autour de cet objet par contre, s'organisent donc toutes les représentations inconscientes soumises au principe de plaisir, ce que Lacan appelle la ronde des signifiants. Ainsi cerné par du symbolique, s'instaure au cœur du sujet un point de réel, qui n'est autre que celui de l'objet perdu de la théorie freudienne et que Lacan appelle la Chose. C'est justement Autour de cette Chose, que pourront être cultivées les fleurs les plus délicates et les plus belles de la civilisation.

Par rapport à ce concept de Das Ding, de La Chose, Lacan définit donc la sublimation comme étant le fait d'élever un objet à la dignité de la Chose.  Il en devient le signifiant. Pour qu'il puisse ainsi représenter la Chose, cet objet créé par la sublimation doit toujours être construit autour d'un vide évoquant l'absence de l'objet. Les poèmes des troubadours célèbrent la dame inhumaine à jamais inaccessible.  De même, les premiers vases, les premières poteries, traces d'anciennes civilisations, les peintures rupestres d'Altamira, même les pommes
de Cézanne exaltent l'absence de cet objet perdu, instaurent sa nostalgie.

La sublimation du psychanalyste autour de ce même objet ne pourrait-elle pas mettre à nu la fonction de toutes les formes de sublimation, en constituer une sorte de paradigme en spécifiant les rapports singuliers de chaque psychanalyste à la Chose analytique et notamment en explicitant comment il a, autour de cet objet,  à réinventer la psychanalyse à
partir même de ses symptômes. Ce dont pourrait témoigner ce changement d'orthographe, du « symptôme » au « sinthome »,  proposé par Lacan ?   



J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse.  Je l'ai appelé " Le goût de la  psychanalyse".

(  https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ )
 Musique :  Sincerity par  Glowing Palace   





Description

Bienvenue sur ce site de podcast, une psychanalyse à fleur d'inconscient.  Aujourd'hui, je voudrais vous parler de l'un des destins de la pulsion, celui de la sublimation. Elle peut être considérée, à la suite de Lacan, comme un travail de symbolisation de la perte, une célébration de l'objet perdu.   

Freud, malgré la définition qu'il en a donné,  «  une satisfaction de la pulsion sans refoulement »,  n'a pas tout à fait réussi, malgré son étude de Léonard de Vinci, à  tracer la métapsychologie de cette sublimation.  

Lacan, lui a franchi un pas de plus dans cette approche mais en repartant justement de l'un des plus anciens textes de Freud, son « Esquisse d'une psychologie scientifique » dans laquelle il décrit les premiers liens du petit nourrisson à sa mère.

Freud  y décrit comment le bébé découvre la présence de cette Autre préhistorique, la mère, en tant qu'elle est capable d'apporter satisfaction à ses besoins, lorsqu'il l'alerte par ses cris. Par son  intermédiaire il fait tout d'abord l'expérience de la satisfaction,  lorsque elle lui donne le sein, mais tout aussi bien l'épreuve de la souffrance. En effet elle n'obéit pas toujours au doigt et à l'oeil, elle vaque à ses occupations et ne répond pas toujours à son attente.  C'est cette grande Autre archaïque qui est célébrée par tous ses troubadours, poètes, peintres, musiciens mais aussi psychanalystes.  

Cette Autre préhistorique, cette première étrangère, point d'origine de l'inconscient, se divise, selon Freud, en deux parties. L'une entre dans le champ des représentations inconscientes, au
titre de traces mnésiques ou mnémoniques de l'objet, comme souvenirs  de l'objet ; L'autre partie va rester définitivement étrangère, inassimilable. C'est ce que Lacan isolera sous ce terme de Das Ding, La chose.  C'est avec ce nouveau concept pris dans le texte de Freud
qu'il décrit alors ces mécanismes mis en jeu lors de cette œuvre de sublimation.

 Das Ding, c'est cet objet qui échappe à toute symbolisation, à tout jugement qu'il soit d'attribution ou d'existence.  Autour de cet objet par contre, s'organisent donc toutes les représentations inconscientes soumises au principe de plaisir, ce que Lacan appelle la ronde des signifiants. Ainsi cerné par du symbolique, s'instaure au cœur du sujet un point de réel, qui n'est autre que celui de l'objet perdu de la théorie freudienne et que Lacan appelle la Chose. C'est justement Autour de cette Chose, que pourront être cultivées les fleurs les plus délicates et les plus belles de la civilisation.

Par rapport à ce concept de Das Ding, de La Chose, Lacan définit donc la sublimation comme étant le fait d'élever un objet à la dignité de la Chose.  Il en devient le signifiant. Pour qu'il puisse ainsi représenter la Chose, cet objet créé par la sublimation doit toujours être construit autour d'un vide évoquant l'absence de l'objet. Les poèmes des troubadours célèbrent la dame inhumaine à jamais inaccessible.  De même, les premiers vases, les premières poteries, traces d'anciennes civilisations, les peintures rupestres d'Altamira, même les pommes
de Cézanne exaltent l'absence de cet objet perdu, instaurent sa nostalgie.

La sublimation du psychanalyste autour de ce même objet ne pourrait-elle pas mettre à nu la fonction de toutes les formes de sublimation, en constituer une sorte de paradigme en spécifiant les rapports singuliers de chaque psychanalyste à la Chose analytique et notamment en explicitant comment il a, autour de cet objet,  à réinventer la psychanalyse à
partir même de ses symptômes. Ce dont pourrait témoigner ce changement d'orthographe, du « symptôme » au « sinthome »,  proposé par Lacan ?   



J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse.  Je l'ai appelé " Le goût de la  psychanalyse".

(  https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ )
 Musique :  Sincerity par  Glowing Palace   





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Description

Bienvenue sur ce site de podcast, une psychanalyse à fleur d'inconscient.  Aujourd'hui, je voudrais vous parler de l'un des destins de la pulsion, celui de la sublimation. Elle peut être considérée, à la suite de Lacan, comme un travail de symbolisation de la perte, une célébration de l'objet perdu.   

Freud, malgré la définition qu'il en a donné,  «  une satisfaction de la pulsion sans refoulement »,  n'a pas tout à fait réussi, malgré son étude de Léonard de Vinci, à  tracer la métapsychologie de cette sublimation.  

Lacan, lui a franchi un pas de plus dans cette approche mais en repartant justement de l'un des plus anciens textes de Freud, son « Esquisse d'une psychologie scientifique » dans laquelle il décrit les premiers liens du petit nourrisson à sa mère.

Freud  y décrit comment le bébé découvre la présence de cette Autre préhistorique, la mère, en tant qu'elle est capable d'apporter satisfaction à ses besoins, lorsqu'il l'alerte par ses cris. Par son  intermédiaire il fait tout d'abord l'expérience de la satisfaction,  lorsque elle lui donne le sein, mais tout aussi bien l'épreuve de la souffrance. En effet elle n'obéit pas toujours au doigt et à l'oeil, elle vaque à ses occupations et ne répond pas toujours à son attente.  C'est cette grande Autre archaïque qui est célébrée par tous ses troubadours, poètes, peintres, musiciens mais aussi psychanalystes.  

Cette Autre préhistorique, cette première étrangère, point d'origine de l'inconscient, se divise, selon Freud, en deux parties. L'une entre dans le champ des représentations inconscientes, au
titre de traces mnésiques ou mnémoniques de l'objet, comme souvenirs  de l'objet ; L'autre partie va rester définitivement étrangère, inassimilable. C'est ce que Lacan isolera sous ce terme de Das Ding, La chose.  C'est avec ce nouveau concept pris dans le texte de Freud
qu'il décrit alors ces mécanismes mis en jeu lors de cette œuvre de sublimation.

 Das Ding, c'est cet objet qui échappe à toute symbolisation, à tout jugement qu'il soit d'attribution ou d'existence.  Autour de cet objet par contre, s'organisent donc toutes les représentations inconscientes soumises au principe de plaisir, ce que Lacan appelle la ronde des signifiants. Ainsi cerné par du symbolique, s'instaure au cœur du sujet un point de réel, qui n'est autre que celui de l'objet perdu de la théorie freudienne et que Lacan appelle la Chose. C'est justement Autour de cette Chose, que pourront être cultivées les fleurs les plus délicates et les plus belles de la civilisation.

Par rapport à ce concept de Das Ding, de La Chose, Lacan définit donc la sublimation comme étant le fait d'élever un objet à la dignité de la Chose.  Il en devient le signifiant. Pour qu'il puisse ainsi représenter la Chose, cet objet créé par la sublimation doit toujours être construit autour d'un vide évoquant l'absence de l'objet. Les poèmes des troubadours célèbrent la dame inhumaine à jamais inaccessible.  De même, les premiers vases, les premières poteries, traces d'anciennes civilisations, les peintures rupestres d'Altamira, même les pommes
de Cézanne exaltent l'absence de cet objet perdu, instaurent sa nostalgie.

La sublimation du psychanalyste autour de ce même objet ne pourrait-elle pas mettre à nu la fonction de toutes les formes de sublimation, en constituer une sorte de paradigme en spécifiant les rapports singuliers de chaque psychanalyste à la Chose analytique et notamment en explicitant comment il a, autour de cet objet,  à réinventer la psychanalyse à
partir même de ses symptômes. Ce dont pourrait témoigner ce changement d'orthographe, du « symptôme » au « sinthome »,  proposé par Lacan ?   



J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse.  Je l'ai appelé " Le goût de la  psychanalyse".

(  https://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ )
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Bienvenue sur ce site de podcast, une psychanalyse à fleur d'inconscient.  Aujourd'hui, je voudrais vous parler de l'un des destins de la pulsion, celui de la sublimation. Elle peut être considérée, à la suite de Lacan, comme un travail de symbolisation de la perte, une célébration de l'objet perdu.   

Freud, malgré la définition qu'il en a donné,  «  une satisfaction de la pulsion sans refoulement »,  n'a pas tout à fait réussi, malgré son étude de Léonard de Vinci, à  tracer la métapsychologie de cette sublimation.  

Lacan, lui a franchi un pas de plus dans cette approche mais en repartant justement de l'un des plus anciens textes de Freud, son « Esquisse d'une psychologie scientifique » dans laquelle il décrit les premiers liens du petit nourrisson à sa mère.

Freud  y décrit comment le bébé découvre la présence de cette Autre préhistorique, la mère, en tant qu'elle est capable d'apporter satisfaction à ses besoins, lorsqu'il l'alerte par ses cris. Par son  intermédiaire il fait tout d'abord l'expérience de la satisfaction,  lorsque elle lui donne le sein, mais tout aussi bien l'épreuve de la souffrance. En effet elle n'obéit pas toujours au doigt et à l'oeil, elle vaque à ses occupations et ne répond pas toujours à son attente.  C'est cette grande Autre archaïque qui est célébrée par tous ses troubadours, poètes, peintres, musiciens mais aussi psychanalystes.  

Cette Autre préhistorique, cette première étrangère, point d'origine de l'inconscient, se divise, selon Freud, en deux parties. L'une entre dans le champ des représentations inconscientes, au
titre de traces mnésiques ou mnémoniques de l'objet, comme souvenirs  de l'objet ; L'autre partie va rester définitivement étrangère, inassimilable. C'est ce que Lacan isolera sous ce terme de Das Ding, La chose.  C'est avec ce nouveau concept pris dans le texte de Freud
qu'il décrit alors ces mécanismes mis en jeu lors de cette œuvre de sublimation.

 Das Ding, c'est cet objet qui échappe à toute symbolisation, à tout jugement qu'il soit d'attribution ou d'existence.  Autour de cet objet par contre, s'organisent donc toutes les représentations inconscientes soumises au principe de plaisir, ce que Lacan appelle la ronde des signifiants. Ainsi cerné par du symbolique, s'instaure au cœur du sujet un point de réel, qui n'est autre que celui de l'objet perdu de la théorie freudienne et que Lacan appelle la Chose. C'est justement Autour de cette Chose, que pourront être cultivées les fleurs les plus délicates et les plus belles de la civilisation.

Par rapport à ce concept de Das Ding, de La Chose, Lacan définit donc la sublimation comme étant le fait d'élever un objet à la dignité de la Chose.  Il en devient le signifiant. Pour qu'il puisse ainsi représenter la Chose, cet objet créé par la sublimation doit toujours être construit autour d'un vide évoquant l'absence de l'objet. Les poèmes des troubadours célèbrent la dame inhumaine à jamais inaccessible.  De même, les premiers vases, les premières poteries, traces d'anciennes civilisations, les peintures rupestres d'Altamira, même les pommes
de Cézanne exaltent l'absence de cet objet perdu, instaurent sa nostalgie.

La sublimation du psychanalyste autour de ce même objet ne pourrait-elle pas mettre à nu la fonction de toutes les formes de sublimation, en constituer une sorte de paradigme en spécifiant les rapports singuliers de chaque psychanalyste à la Chose analytique et notamment en explicitant comment il a, autour de cet objet,  à réinventer la psychanalyse à
partir même de ses symptômes. Ce dont pourrait témoigner ce changement d'orthographe, du « symptôme » au « sinthome »,  proposé par Lacan ?   



J'ai créé, il y a maintenant longtemps, dans les années 2000, un des premiers sites de psychanalyse.  Je l'ai appelé " Le goût de la  psychanalyse".

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