Speaker #0Bonjour à toutes et bienvenue sur une voix pour les mamans solo. Aujourd'hui on va parler d'élever un enfant hypersensible. Quand toi, tu ne fonctionnes pas du tout comme ça. J'espère que vous allez bien et je vous souhaite un bon week-end de Pâques. Bonjour à toi. Si tu écoutes ce podcast, c'est probablement parce que t'es une maman solo, ou parce que tu traverses quelque chose de lourd, que t'as besoin d'entendre que tu n'es pas seule. Mais aujourd'hui, on va parler d'un sujet qui m'a vraiment... Comment je vais dire ? Qui m'a vraiment challengée en tant que maman. Pas dans les grands moments, pas dans les crises. Non, c'est pas ça, mais c'est vraiment dans le quotidien, dans les petites choses. de la vie quotidienne, les matins, les repas, les devoirs, le soir. J'ai envie de te parler, d'élever un enfant hypersensible, quand toi, en fait, tu fonctionnes complètement différemment. Et je vais être honnête avec toi dès le début, comme je l'ai toujours été ici, ça m'a vraiment déstabilisé. C'est quelque chose qui m'a remis en question depuis qu'il est né, en fait. Ça a soulevé des choses en moi que je ne m'attendais pas du tout à trouver là. Donc si tu es dans cette situation, si tu te reconnais dans ce que je vais dire, je veux que tu saches que tu n'es pas une mauvaise mère. Tu es juste une mère qui apprend avec un enfant qui fonctionne complètement différemment de toi. Et ça, c'est tout autre chose. Installe-toi confortablement. Comme d'habitude, tu prends un petit gâteau, un petit café, ce que tu as envie, ou juste un moment pour toi. Et laisse-moi te parler de mon fils Ethan. Et je tenais à m'excuser d'avance s'il y a des bruits derrière. Parce que bien entendu, j'ai trois enfants. Donc c'est pas tout le temps calme ici. On n'est pas ici pour faire des faux semblants. On est dans la réalité. Je vous dis à tout de suite. Donc Ethan, c'est mon fils. Il va avoir 15 ans cet été. Et depuis tout petit, mais vraiment depuis sa naissance. C'est un enfant hypersensible. Mais attention. Parce que quand je dis hypersensible, il y a des gens qui vont tout de suite s'imaginer que c'est un enfant qui pleure tout le temps, qui est fragile, qui est dans sa bulle. Et Ethan, il n'est pas du tout comme ça. C'est un enfant depuis petit qui est lumineux, attachant. Franchement, c'est... Il remarque tout. Il ressent tout, il absorbe tout. Toutes les énergies qui sont dans la pièce. Si toi t'es mal, il va être mal. Si tu vas pas bien, c'est un enfant qui fera pas de bruit. Ça a toujours été un vrai bébé éponge, en fait. Complètement. C'est exactement ça, en fait. C'est tout ce qu'on dit, tout ce qu'on ne dit pas. Il ressentira tout. C'est comme s'il était branché sur une fréquence avec moi que je n'entends pas. Par exemple, quelque chose de simple, pour la plupart des gens, c'est faire un choix. Et lui, tu lui dis tu veux ça ou ça, direct il va bloquer, il va hésiter. Il va trop réfléchir, il va te regarder avec les larmes aux yeux. C'est quand même fou. Je me disais, mais pour un choix entre deux choses, je ne comprenais pas du tout. Je me disais, mais c'est rien, c'est juste un choix. Dis-moi ce que tu veux. Et en fait, pour lui, ce n'était pas juste rien. Parce que vraiment, un enfant hypersensible, il anticipe tout. Il imagine des scénarios dans sa tête. Il pense à comment ça va se passer. Et lui, ce qu'il touche vraiment le plus, c'est qu'il réfléchit tout de suite à ce que tu vas ressentir selon ce qu'il choisit, lui. Il choisit pas juste ce qu'il veut, en fait. Il gère déjà les conséquences avant même que ça arrive. Et moi, j'avais jamais, jamais vu ça. C'est un enfant qui a toujours voulu faire plaisir aux autres avant de se faire plaisir à lui-même. Et surtout moi, en tant que sa mère. Je l'ai élevé seul dès sa naissance. Donc je pense qu'il s'est complètement effacé, en fait. Il va tout le temps vouloir me faire plaisir. Il va choisir en fonction de moi. Ouais, c'est ça, il s'est complètement oublié. Je me souviens quand il était petit, on était dans un magasin et je lui avais dit « tu veux quoi ? » Et même maintenant, il le fait encore des fois. Il me dit, mais toi, maman, t'as envie de quoi ? Et je vous avoue qu'au début, quand il était petit, je trouvais ça trop mignon. Du coup, avec le temps, j'ai compris que c'était bien plus que de la gentillesse. C'était sa façon à lui de ne pas risquer de mal choisir, de ne pas risquer de me décevoir, de ne pas risquer de prendre de la place. Et ça, ça m'a brisé le cœur. Parce que je voulais sincèrement qu'il existe en tant que personne, qu'il s'exprime, qu'il soit là. Et en fait, lui, il a appris trop tôt à se remettre en retrait pour préserver l'harmonie. Quand il était bébé, qu'il faisait ses dents, il avait les joues rouges, il avait de la fièvre. Il pleurait jamais, il s'est jamais plaint. Parce que je sentais qu'à ce moment-là, je venais de me séparer. Il s'est dit, je ne vais pas rajouter en plus des problèmes à ma maman, en fait. Et ça l'a conditionné. Inconsciemment. Quand même le signe que c'est un enfant qui porte beaucoup. L'autre exemple, c'est les pleurs pour rien. Les pleurs pour des choses qui, vu d'extérieur, ça ne paraisse vraiment rien, de ton point de vue à toi. Mais dès que j'ossais un peu le ton plus sec, ou s'il avait une frustration un peu passagère, un petit truc qui ne va pas dans sa journée, et là, bim, franchement, ça déborde. Et je dis bien, vraiment, déborder. Parce que c'était exactement ça, en fait. Il ne faisait pas de caprices, c'est pas ça, c'est pas de la manipulation. C'est que le vase, il était trop plein. Et que la dernière goutte d'eau... Elle le fait exploser, en fait. Et mon erreur à moi, si on peut appeler ça une erreur, parce qu'on apprend, en fait, je voyais bien que c'était la dernière goutte d'eau qui le mettait dans des états comme ça. Mais je voyais pas tout le vase rempli avant de ce qui s'était passé. Et du coup, mes réactions, honnêtement... Des fois, ça m'énervait, mais vraiment. Parce que déjà, t'es fatiguée, t'es toute seule, parce que t'as mille choses à faire, t'as les autres enfants, et t'en peux plus. Parfois, je vous jure, j'avais envie de le prendre et le secouer. Mais pas parce que je l'aimais pas. Jamais de la vie. Mais parce que je comprenais pas. Parce que dans ma tête, je me disais, on n'a rien fait, je t'ai rien fait, qu'est-ce qui se passe, arrête. Et lui, il était vraiment, mais déjà, submergé, en fait. Et je ne le voyais pas. Une chose vraiment concrète qui illustrait le décalage, c'est vraiment le ton de ma voix. Je ne pouvais pas hausser le ton, mais même légèrement. Même juste monter un peu la voix parce que j'étais fatiguée, il se mettait directement à pleurer. Et là, putain, je me sentais encore plus mal. Parce que je m'en vais, en fait, de le faire pleurer. Mais en même temps, je me dis, mais j'ai rien fait de grave. Vous voyez, c'est ce double mouvement-là, ce décalage constant et tout, c'est ça qui est épuisant. Et en fait, c'est ça le vrai sujet de cet épisode. C'est pas comment gérer un enfant hypersensible, mais c'est comment vivre avec ce décalage, justement, entre... ce que toi tu ressens et ce que ton enfant il ressent. Je me disais, mais comment je peux rester connectée à lui quand je ne suis pas du tout sur la même fréquence ? Parce que moi, je ne suis pas quelqu'un d'hypersensible. Oui, je suis sensible, je suis empathique, mais je suis quelqu'un de très direct, d'efficace, qui avance, qui gère. En fait, je n'avais pas le temps. Et lui, en fait, il ressent avant de penser. Il traite les infos émotionnellement avant de les traiter intellectuellement. Pardon. J'en bégais. En fait, on est vraiment dans deux mondes différents. Et c'est mon fils. Et par rapport à ça, je veux vraiment encore aller plus loin. Parce que ce décalage avec Ethan, franchement, il vient pas de nulle part. Il vient aussi de ce que moi, on m'a transmis. Ce qu'on m'a appris. Et souvent, sans le dire explicitement justement, souvent juste par l'exemple, l'ambiance, par ce qui était valorisé et ce qui ne l'était pas, moi j'ai grandi avec des messages très clairs. Ceux qui sont nés dans les années 80, vous allez tout de suite comprendre. En fait, un homme, ça ne pleure pas. La femme, elle doit être forte. Et ça, franchement, on ne s'éponge pas, on ne se plaint pas. On gère, on avance, on fait face. Moi, j'ai été élevée comme ça. Et j'ai intégré ça, j'ai été conditionnée comme ça. Un peu, c'était ma vérité, en fait. Vraiment, quand elle est ennuyée, elle pleurait. Rien entre guillemets parce que c'était pas pour rien. Quand il était submergé par une émotion que moi je trouve... Que je trouvais vraiment disproportionnée. Il y avait, vous voyez cette petite partie dans ma tête, une petite voix qui disait encore... M'arrête, sois fort, c'est rien. Je lui disais pas. Cette voix je la déteste. Parce que... Je suis pas comme ça. Parce que vraiment, c'est parce que j'ai envie de lui transmettre. Parce que je sais que ce n'est pas vrai. Et que les émotions, ce n'est pas une faiblesse. Mais la savoir et la ressentir, je vous avoue que ce n'est vraiment pas la même chose. Et ça, c'est le vrai combat. Pas le combat contre mon fils. C'est vraiment le combat contre les schémas qu'on m'a transmis. Compte des décennies de conditionnement, en fait, qui disent que montrer ses émotions, c'est être faible. Et ce combat-là, je le mène tous les jours, mais en silence, dans les petits moments du quotidien. Quand je m'entends dire « c'est rien » , je me reprends. Quand je sens l'impatience monter, en fait, je choisis plutôt de respirer au lieu de réagir frontalement, en fait. Et quand je réussis à rester là, même quand je ne comprends pas, c'est ça la destruction en fait. Ce n'est pas juste les grands discours, ce n'est pas une révélation soudaine, ça prend du temps, des années. C'est juste une série de petits choix. Donc tous ces réflexes qu'on m'a appris, et ce que je veux dire par là, c'est que toi aussi peut-être tu portes ces schémas-là. On vous a peut-être dit que la sensibilité, c'est du caprice, que quand tu pleures, tu manipules, en fait que tes émotions, elles se contrôlent. Ça se cache, ça ne se montre pas. Maintenant que tu es l'un d'enfants qui fonctionne à l'exact opposé de tout ça, je peux te dire que tu te retrouves complètement tiraillé. Ce que tu penses ou ce que tu sais être vrai, est-ce que tu as appris à le sentir comme vrai ? Tu vois, l'astéraillement, il n'est pas... Ce n'est pas une preuve que tu es une mauvaise mère. C'est une preuve que tu es en train de grandir. Et que tu te déconstruis, justement. Que tu choisis consciemment de ne pas reproduire ce qu'on t'a transmis. Et ça, bravo, chapeau. Ce n'est pas tout le monde qui peut prendre ce recul-là. Ça, en fait, je trouve que c'est vraiment des actes d'amour. Les plus profonds qu'une maman puisse faire pour son enfant. Au moment d'aller plus loin, j'ai fait des recherches, je me suis renseignée depuis toutes ces années. Et je voulais prendre un moment pour qu'on comprenne vraiment de quoi on parle. Parce que le mot hypersensibilité, il est utilisé partout et souvent mal. Ce que c'est vraiment l'hypersensibilité, c'est pas une maladie, c'est pas un trouble, c'est pas quelque chose à corriger en fait. C'est une façon de traiter les informations du monde. On est tous différents. Il y a une chercheuse américaine qui a travaillé sur ce qu'on appelle justement le « highly sensitive person » et elle estime que la population est d'environ 15 à 20 personnes d'hypersensibles. Et ces personnes, ces enfants, ils ont un système nerveux qui traite les stimuli plus profondément que la moyenne. Plus profondément, pas plus fort, mais juste plus profondément. Ça veut dire qu'en fait, tu vois, quand un bruit que tu entends à peine, lui, il l'entend pleinement. C'est imagé, mais c'est comme ça. Une tension dans une pièce, toi, tu perçois les 10%, lui, il en capte 80%. Les intonations de voix, lui, il les analyse, il les dissèque, il en tire des conclusions. Cette chercheuse américaine, elle a en fait différencié quatre grandes caractéristiques. de l'enfant hypersensible qu'elle a regroupé en acronyme. D-O-E-S. Donc le D en anglais, Death of Processing, profondeur du traitement. Ce qui veut dire qu'un enfant hypersensible, il traite les informations en profondeur. Il ne s'arrête pas à la surface. Il creuse, il analyse, il lit les choses entre elles. En fait, c'est pour ça que le choix est si compliqué pour Ethan et pour ses enfants. Ils ne choisissent pas juste eux, ou comme des personnes lambda, entre A et B. Lui, il va explorer plus loin les conséquences, l'impact sur les gens, l'impact sur lui, et bien plus encore. Ensuite, il y a le O, de overstimulation, donc surstimulation. Parce qu'en fait, lui, il va traiter tout profondément. il va tout de suite se saturer beaucoup plus vite. Une journée à l'école, par exemple, ce n'est pas juste pour eux des heures de cours, c'est des centaines de micro-interactions, le bruit, les tensions, les regards. Et en fin de journée, ces gosses-là, ils sont complètement vidés. Il y a le E de émotionnel, réactivité et empathie. Donc réactivité émotionnelle et empathie. En fait, ces émotions-là... sont vraiment intenses, rapides, puissantes. Et il ressent aussi les émotions des autres comme si c'était les siennes, vraiment. Et ça explique de pourquoi il anticipe ce que ressent les autres avant même lui ce qu'il va ressentir. Et la dernière caractéristique, c'est le S. Sensibility to subtilities. Désolée de mon anglais, bien entendu. Sensibilité aux subtilités. Lui, il va remarquer les petits détails que tout le monde rate. Si tu changes de voix, que des gens, d'autres personnes ne vont même pas calculer ça. Lui, il va tout de suite te calculer. Ou ton changement de visage. Les micro-signales un peu, tu vois. Le micro-signale. Les micro-signales. Les signaux. Vous avez compris ? La façon, même, juste la façon dont tu vas rentrer dans la maison, comment tu poses, je ne sais pas moi, un verre sur la table, il lit vraiment les gens, en fait, comme d'autres lisent des textes, tout simplement. Mais vraiment, ce qu'il faut retenir, c'est que l'hypersensibilité, ce n'est pas de la fragilité, en fait. Ce n'est pas être trop sensible, trop émotif, trop compliqué. C'est juste que c'est fonctionné différemment. Le vrai problème, c'est qu'on vit dans une société, dans un monde qui valorise l'efficacité, la rapidité, la résistance, l'indépendance surtout. Et un enfant hyper sensible, dans ce monde-là, il va souvent recevoir des messages qui lui disent qu'il en fait trop. Alors qu'en réalité, il ressent juste plus. Je vais vous faire une confidence, mais... Je le dis souvent à mes amis, je m'inquiète tellement pour lui. J'ai peur constamment de ce qui peut lui arriver. Quel adulte il va être pour affronter ce monde en fait ? Je ne sais pas si les parents d'enfants hypersensibles ressentent cette peur constante. Qu'il va lui arriver quelque chose, que des gens vont profiter de lui. Parce qu'inconsciemment, on le voit comme cette toute petite chose fragile. Ce n'est pas le cas. Ce n'est pas le cas du tout. Ils ont tellement de ressources que même nous, nous n'en avons pas. C'est une petite aparté, une confidence en fait. Donc, c'est un petit signe concret pour que tu aies à mettre des mots sur ce que tu observes, peut-être chez ton enfant. Le soir, l'endormissement est difficile. Son cerveau continue de tourner, traiter la journée. Il va détester les transitions. Passer d'une activité à une autre, c'est difficile pour lui. Il est un peu perturbé par les surprises ou le changement de programme imprévu. Il ressent profondément l'injustice. Pour lui, pour les autres, ça va le mettre dans une colère, dans des états. vraiment à un level supérieur au nôtre en fait. Il remarque les détails que personne d'autre peut voir. Il est très affecté par la violence, même fictive, dans les livres, dans les jeux, dans les films. Il a du mal aussi à gérer la frustration. Il peut tout de suite exploser au fond direct de façon en larmes inattendues. Il se pose des questions très profondes, mais très très tôt, sur la mort, sur le sens des choses, sur les relations. Et ça, Ethan, depuis tout petit, il me parle de choses que, pour moi, normalement, un enfant de 3-4 ans ne devait pas se poser comme question. Et il les posait. Et souvent, il est souvent décrit comme quelqu'un de trop sensible, trop intense et trop dramatique. Si tu reconnais ton enfant dans plusieurs de ses points, t'es peut-être en train de vivre avec un petit être qui ressent le monde d'une manière différente et intense. Et ça, ça mérite d'être reconnu, pas d'être corrigé en fait. Je vais te dire quelque chose d'important. L'hypersensibilité, en elle-même, ce n'est pas un diagnostic médical. Après, ça peut coexister avec d'autres choses. HPI, TDAH, anxiété, etc. Et parfois, il y a vraiment besoin d'un vrai regard professionnel pour démêler tout ça. Moi, je ne suis pas là pour te donner un diagnostic, je ne suis pas là pour te donner les clés de lecture de ton enfant, ce n'est pas ça. Mais si toi, tu doutes sur ton enfant, parle-en à un professionnel un psy, un neuropédiatre je sais pas mais t'as le droit vraiment de chercher les réponses pour comprendre pour accompagner au mieux ton enfant maintenant on va parler de la culpabilité en tant que parent parce qu'après ces moments-là ces moments de friction, d'agacement il y a toujours un truc qui arrive derrière, vous le savez tous la culpabilité Merci. Et je trouve que quand t'es maman solo, il y a un peu cette double culpabilité là. Et ce que je veux dire vraiment, c'est que quand t'es seule avec tes enfants, la culpabilité, elle a une saveur un peu particulière, tu vois. Parce qu'il y a souvent une pensée qui revient. Une pensée que peut-être toi aussi tu connais. S'il y avait eu ce père présent. Est-ce que ça aurait été différent ? Est-ce que c'est de ma faute s'il est comme ça ? Est-ce qu'il absorbe mon vrai stress ou ma fatigue, ma solitude ? Et je vais te le dire en fait, ces questions-là, elles sont normales. Elles ne font pas de toi une mauvaise mère, ça c'est non. Je trouve que c'est plutôt, à le fond, de toi, une maman qui réfléchit, qui se remet en question et justement qui s'implique. L'hypersensibilité, ce n'est pas ta faute. C'est inné, c'est câblé en eux, en fait. Ça n'a pas été créé par une situation familiale. Ça n'a pas été créé par la séparation. Ça n'a pas été créé par le fait que vous êtes seul. Par contre, l'environnement, bien sûr, peut amplifier ou l'apaiser. Et ça, on reviendra plus tard dans les tips, justement. Et il y a aussi un autre plan sur la culpabilité. Vous savez, celle qui arrive quand t'es énervé, quand t'as haussé le ton, quand t'as manqué de patience. Et la douleur que t'as vue dans ses yeux, que pour lui, c'était pas rien. Cette culpabilité-là, elle est lourde. Parce que t'es épuisée, parce que t'as pas dormi, parce que t'as géré les finances, le logement, le travail. Et là en plus, tu dois déconstruire vraiment en temps réel des schémas qui sont là depuis ton enfance. Parce que c'est la réalité. T'as pas juste à gérer la fatigue de maman solo, t'as aussi à te battre contre ta petite voix intérieure qui te dit encore Arrête de pleurer. Sois forte, c'est rien. Une voix que t'as pas choisie finalement, mais qu'on t'a donnée. Et que tu essaies, en fait, chaque jour de pas transmettre à ton tour. Et ça, c'est un niveau d'effort invisible. Ça, c'est personne ne voit, personne ne mesure. Mais moi, je le vois. Et je veux que tu saches que c'est énorme. Moi, j'ai mis un peu de temps à comprendre quelque chose, justement, sur la culpabilité. Dans une certaine mesure, bien sûr, c'est utile. Un peu comme un signal qui nous dit que quelque chose ne va pas. En fait, on agit contre nos valeurs et elle nous invite à réparer ça. Mais quand la culpabilité devient chronique, quand elle s'installe vraiment au fond de toi, elle ne nous aide plus, en fait, elle nous paralyse. Et ça, une mère qui est paralysée par cette culpabilité-là, je trouve qu'elle ne peut pas être présente comme elle le souhaite vraiment. Donc la première chose que j'ai appris à faire, c'est de faire la différence entre la culpabilité, le signal, et la culpabilité, punition. Qu'est-ce que c'est la culpabilité signale ? En fait, j'ai haussé le ton, ça l'a blessé, je vais m'expliquer avec lui et je vais lui dire que je suis désolée. La culpabilité punition, en fait, c'est je suis une mauvaise mère, il aurait mérité mieux, je suis responsable de tous ces maux. La première, c'est quelque chose de sain, elle est saine en fait. La deuxième, elle va te détruire et elle ne va pas servir à ton enfant. Ce qui a vraiment changé la relation avec mon fils, c'est vraiment ce... Cet outil de réparation. Pas juste s'excuser pour faire partir la culpabilité, mais vraiment réparer. Je vais vers lui, je vais aller lui parler, le regarder. Tout à l'heure, j'ai haussé le ton, c'était pas bien de ma part, etc. T'as pas fait de mal, c'est moi qui étais fatiguée, je te demande pardon. Et de laisser la place pour ce qu'il ressent. Parce qu'en plus, c'est un enfant. qui ne dira pas les choses, il faut lui tirer les verres du nez. Et moi, à contrario, ça va m'énerver ça. Parce que je vais dire, allez, dis-moi, qu'est-ce qu'il y a ? Je ne lui laissais pas ce temps, en fait. En fait, je ne lui laissais pas de place. De lui laisser la place, de parler, de lui amener mes excuses, mes explications. Tu sais ce que ça lui fait d'entendre ça à lui ? Ça lui dit que ses émotions, elles sont là, elles sont réelles. ce qu'il ressent, c'est vrai. Et que toi, en tant que parent, tu le vois. Et ça, franchement, c'est... Désolée, ça m'émue un peu. C'est vraiment le discours le plus puissant que tu peux avoir pour ton enfant. C'est quand même pas facile tous les jours. Il n'y a pas de catalogue de comment être un bon parent. Et en plus, chaque enfant que tu as sera complètement différent. Je vais te donner un peu de concret maintenant sur des choses que j'ai testées, que j'ai apprises, qui ont changé un peu les choses. Ce n'est pas une liste imparfaite, bien sûr. Pas un mode d'emploi ou autre chose. C'est ce qui fonctionne pour nous, pour notre famille. Peut-être que ça peut fonctionner pour toi aussi, de toute façon. Tu peux toujours essayer. Qui ne tente rien n'a rien. Quand on veut avancer, on essaie. Le premier tips en fait, ça serait vraiment de nommer les émotions avant de les gérer. Ça paraît simple en apparence comme ça, mais nommer ce que ton enfant ressent avant tout. Pas le « arrête de pleurer, c'est rien » , mais plutôt lui dire « je vois que là, C'est trop, t'es submergé, t'as l'air vraiment pas bien, c'est ça. T'attends un petit peu. Ça peut paraître anodin, mais pour un enfant hypersensible, être nommé, en fait, c'est le voir. Et être vu, c'est la base de la sécurité affective. Quand son émotion, comme ça, elle est vue, entendue, nommée, il va commencer à se réguler. Elle n'est pas minimisée, tu vois. Donc elle ne va pas s'amplifier. Donc même si toi, tu ne comprends pas pourquoi il pleure, tu peux quand même lui dire, je vois que tu es touché par quelque chose, je suis là en fait. Je serai toujours là pour toi. Mais juste ça, c'est suffisant et pour eux c'est énorme de ne pas être jugé. ou de ne pas se faire disputer en fait. Deuxième tips, ça serait plutôt de préparer les transitions. Parce que ils détestent les changements brusques. Pas parce qu'ils sont capricieux, c'est juste parce que leur cerveau, il a plus besoin de temps en fait pour se préparer, pour anticiper, pour traiter tout ce qui va venir. Donc une règle simple que moi j'ai adoptée, je le préviens toujours à l'avance, ce qu'il aime bien en fait, ça le rassure. Pas « allez tiens, on y va d'un coup » , ça c'est mort. Il va être anxieux. Mais plus dans 10 minutes, on va partir, dans 5 minutes, on va commencer à ranger, etc. Et ce n'est pas être surprotecteur. C'est plus lui donner des outils justement pour anticiper. Et je te promets vraiment que les petits-petits, les matins chaotiques, ils peuvent vraiment s'améliorer rien qu'avec ça. Maintenant qu'il est adolescent, s'il est sur d'autres choses, toujours être à l'écoute de ses besoins. Pour le troisième tips, ça serait plutôt de créer des espaces de décompression. Un enfant hypersensible, il a besoin de vider, de se recharger, de souffler, loin des stimuli. En fait, nous, ce qu'on a instauré à la maison, c'est le temps calme. Ça, je le fais déjà aussi avec le petit, parce que le dernier, c'est un petit hyperactif, donc pour d'autres choses. Après l'école, avant tout le reste, il adore se lever. Une heure, une heure et demie avant d'aller en cours rien que pour lui. Parce qu'il peut s'allonger tranquille, il peut prendre son temps. Et ça, c'est super important dans son équilibre. Nathan, il a besoin, lui, d'un monde intérieur. Il a quand même cette petite bulle un peu de protection. Et des fois, le faire sortir de là, c'est un peu compliqué. Quand tu lui laisses ce moment à lui dans sa bulle, après il est beaucoup plus disponible, beaucoup plus capable de communiquer parce que c'est quelqu'un qui parle pas beaucoup. Il a pu se poser, il a pu poser tout ce qu'il avait vécu dans la journée. Pour le type 4, je te dirais plus de surveiller la surcharge sensorielle de ton enfant. Les bruits, la lumière, la foule, les odeurs. Ces enfants-là, ils saturent beaucoup plus vite. Et ce qu'on perçoit, nous, comme une crise pour rien, c'est souvent justement une surcharge sensorielle pour eux qui déborde trop. Ça, j'ai vraiment appris à faire attention à l'environnement. Les sorties un peu trop longues, trop chargées, ça les puise. Une fois, on a été à Londres, dans les transports, il y a eu une foule de monde. Et là, un exemple, il a baissé la tête, il a regardé le sol. Et dès qu'il m'a regardée, ses yeux étaient remplis de larmes. Et ça, ces moments-là, tu vois, même à gérer en tant que parent, c'est super difficile de les rassurer, de leur prendre la main, les calmer, les apaiser. Bien sûr que quand tu élèves des enfants toute seule, c'est pas évident. Parce que des fois, t'as vraiment pas le choix, tu dois y aller. Mais je trouve que tu peux quand même compenser un peu, soit avant, soit après. Tu peux lui parler, le réparer, toujours lui laisser ce temps calme. Un autre tips aussi, c'est souvent, on parle de moi. Et celui-là, il est peut-être le plus inattendu. J'ai commencé à parler de moi à Ethan, en fait, de mes émotions, de ce que je ressentais simplement. Je vais lui dire, là Ethan, je suis fatiguée, pas parce que tu as fait quelque chose, en fait, je suis juste fatiguée. C'est pas contre toi. J'ai juste besoin de 10 minutes de silence. Et ça, de ma réalité à moi, ça l'a libéré. Parce que comme il capte toutes mes émotions, quand je vais pas bien, et si je lui dis pas, lui, ça va le remplir d'un vide. Il va faire ses propres interprétations. Et il va souvent se sentir responsable après ça. Et j'ai remarqué que juste en mettant des mots simples sur mes états, lui, je l'ai libéré de cette obligation de les deviner ou de se les approprier, en fait. Le dernier tips pour moi, qui me paraît le plus important à mes yeux pour lui, c'est valoriser sa sensibilité, pas juste la tolérer, en fait. Pour moi, apprendre, il va prendre beaucoup d'états, en fait. Ethan, c'est un atout dans ma vie. Et pas juste quelque chose à gérer. Parce que vraiment, son empathie, c'est une force. Sa profondeur, c'est une force. Sa capacité à ressentir les ambiances, c'est une force. Et pour l'instant, il ne s'en rend encore pas compte. Mais j'ai commencé à lui dire tout ça. Ce que tu ressens, c'est une qualité, ce n'est pas un défaut. Tu es quelqu'un d'extraordinaire. Les choses, elles ont commencé à changer petit à petit pour lui. Parce qu'il a commencé à arrêter d'avoir honte de ses émotions. Il a commencé à les nommer lui-même. Il a commencé à me dire, là ça va pas, j'ai besoin d'un moment. Un enfant qui connaît ses besoins et qui peut les exprimer, ça, c'est un enfant qui se construit en fait, qui est sécure, dans un endroit safe. Et je le vois là, parce qu'il va avoir 15 ans. Donc, à cet âge-là, c'est pas facile. Beaucoup de monde me dit, « Waouh, il s'est affirmé, il est en train de changer. » Tout simplement parce qu'il est en train d'apprendre à se connaître. Parce que, on lui laisse à la maison cette place de se connaître au sein de sa fratrie. C'est important. Et toi, en tant que maman, dans tout ça, parce que... On parle beaucoup de lui, on parle beaucoup de ces enfants hypersensibles. Mais maintenant, j'ai envie de parler de toi. Parce que toi aussi, en fait, tu as des besoins dans cette histoire. Être la maman d'un enfant hypersensible, quand toi-même, tu as quelqu'un de frontal, d'efficace, de direct, franchement, c'est une forme d'apprentissage constant. Et cet apprentissage-là, il te demande beaucoup d'énergie. C'est une énergie que tu n'as pas tout le temps. Surtout quand tu es seul. Donc tu as le droit de ne pas tout avoir. Tu as le droit de ne pas avoir les bonnes réponses à chaque fois. Tu as le droit d'être fatigué. Tu as le droit de ne pas comprendre. Tu as le droit de te planter. Mais surtout, tu as le droit de te dire que le fait que tu te poses ces questions-là, justement, que tu cherches à comprendre ton enfant, que tu... prenne le temps justement de l'écouter et d'écouter ce podcast, c'est déjà un acte d'amour. Faut que tu prennes soin de toi aussi. Parce que tu peux pas être, comment on va dire, le régulateur émotionnel de ton enfant, de ta famille, si toi-même en fait t'as personne pour te réguler. Que ce soit une amie, un psy, un groupe de maman solo, trouve quelqu'un, quelque chose qui te recharge. Faut que tu comprennes vraiment. que ce n'est pas un luxe, c'est par nécessité, pour toi et pour lui, donc prends soin de toi. On arrive à la fin de cet épisode, et je ne veux pas te laisser avec juste de l'émotion, je veux te laisser avec quelque chose de concret, vraiment. Donc n'oublie pas que l'hypersensibilité est neurologique, c'est inné, ce n'est pas ta faute. Le décalage que tu ressens avec ton enfant, il est réel et normal. Quand t'es agacé, c'est pas un signe que tu ne l'aimes pas, c'est un signal d'incompréhension. La culpabilité saine, elle invite à réparer. Et la culpabilité toxique, elle te paralyse. Nommez vos émotions, préparez les transitions, franchement, créez du calme. Ça, ces trois fondations-là, elles vont faciliter la vie au quotidien. Valorisez la sensibilité de ton enfant. Ça va l'aider à se valoriser lui-même. Et toi aussi, n'oublie pas que tu as besoin de soutien. Et vraiment, ce que la vie m'a appris à travers Ethan, et je vais être honnête jusqu'au bout, pendant longtemps, j'ai vécu cette différence entre nous comme quelque chose à surmonter, vraiment. Quelquefois, encore maintenant, c'est comme un obstacle. Je le vivais comme une source de tension permanente. Et puis à un moment, J'ai voulu changer ce regard. C'est pas un combat. Je veux vraiment insister là-dessus, parce que mon combat, il implique un adversaire. Et Ethan, c'est pas mon adversaire. C'est mon fils. Sa sensibilité, c'est pas mon adversaire. C'est une expérience de vie. Une expérience que la vie, elle m'a donnée, et pas par hasard. Parce que quelque part, cet enfant-là, ce fils-là... Il m'a obligée à grandir d'une façon que moi-même je n'aurais pas choisie seule. Il m'a appris la lenteur. Lui qui me voit toujours aller vite. Il m'a appris l'écoute. Parce que lui, il entend tout ce que je ne dis pas. Il m'a appris que l'amour, ça ne suffisait pas toujours. Attends mon toutou. et que l'amour parfois ça s'apprend et ça c'est un cadeau, un cadeau difficile ok, un cadeau exigeant, un cadeau qui peut parfois faire très mal mais c'est un cadeau quand même. La vie elle m'a pas donné un enfant facile, je dirais que dans les trois. C'est un vrai challenge. Et Anne, c'est le vrai challenge de ma vie. Elle m'a donné un enfant qui m'a rendu meilleure. Et je pense que c'est ça aussi le vrai cadeau caché de cette expérience. Quand tu essaies de comprendre comment ton enfant, il fonctionne, en fait, je trouve que tu finis par mieux comprendre comment toi, tu fonctionnes. Parce que le décalage, là... moi il m'a forcé à me regarder en face à voir mes propres mécanismes ma façon de gérer les choses mes émotions ou quoi les gérer du tout d'ailleurs ma propre impatience et Je sais que parfois je suis très dure, je suis très rigide. Et ça, c'est super inconfortable, mais c'est vraiment transformateur. Moi, ce que cette aventure avec Ethan m'a appris, c'est que comprendre quelqu'un, c'est pas forcément lui ressembler en fait. C'est plutôt accepter que son monde intérieur est différent du mien et que j'ai choisi de m'approcher de ce monde-là avec curiosité. Plutôt qu'avec impatience et jugement. Est-ce que j'y arrive tout le temps ? Vous savez déjà la réponse, non. Clairement non. Je me plante encore souvent, je me suis encore plantée là, à la remise des bulletins, la semaine dernière, de hausser le ton, et de... Il m'arrive encore de ne pas avoir le vase plein avant qu'il déborde. Mais maintenant, je sais, en fait, ce qui se passe, et je me répare, je le répare systématiquement. Et ça, ça change tout. Et avant de te laisser, je voulais te parler de quelque chose qui me tient vraiment à cœur. J'ai écrit un guide. Il s'appelle « Être maman solo, se reconstruire et s'épanouir » . Je l'ai écrit exactement pour des femmes comme toi. Des femmes qui portent, qui gèrent, qui avancent. Et qui parfois ont besoin de se sentir qu'elles ne sont pas seules. Dans ce guide, on parle de plusieurs choses. De la reconstruction après la rupture. La culpabilité, la fatigue, la fierté. Comment on retrouve sa place un peu en tant que femme, pas juste mère. Je parle des voyages. En fait, je parle de tout ce qu'on parle ici, dans ce podcast, mais en format livre, avec des exercices, mes témoignages, des outils concrets. J'ai voulu créer vraiment quelque chose qu'on peut avoir avec soi. Quelque chose que tu peux lire le soir quand même tes enfants dorment. Quelque chose qui va te parler directement, qui ne te juge pas mais qui t'accompagne. Mon guide est disponible sur Amazon. Tu le trouveras en tapant « Être maman solo, se reconstruire et s'épanouir » . Et si tu lis, dis-le-moi. Envoie-moi un message, laisse-moi un commentaire. Ça compte énormément pour moi, en fait. Parce que je me dis que chaque lectrice, c'est une maman du moins seule, en fait, ce soir. C'est pour ça que je l'écris. Et si tu veux aller plus loin sur ces sujets, tu peux me retrouver sur Instagram et TikTok. Parenthèse, solo. Et si tu veux qu'on travaille ensemble sur ta parentalité solo, je suis là. Prends soin de toi, prends soin de ton enfant hypersensible, parce que vous méritez tous les deux. A très bientôt, prenez soin de vous, bisous bisous.