- Speaker #0
Cathy et David, ils se sont parfaitement trouvés parce que Cathy, tu la mets quelque part, elle prend le numéro de téléphone de tout le monde. Leur force, c'est d'être un binôme, un couple, mais un binôme en termes business super équilibré. Tous les deux, ils ont participé à un phénomène d'extension, ils ont généralisé la fête.
- Speaker #1
C'est une première. Pour l'épisode sur l'autobiographie de Cathy Guetta, j'ai décidé de passer un coup de fil à Sofian Fanen, journaliste musique au jour, un média indépendant pour lequel j'ai travaillé et qui a écrit récemment une grosse enquête sur David Guetta dans laquelle Cathy Guetta a bien sûr toute sa place. Pardon pour la qualité de cet enregistrement, j'ai eu l'idée de cette interview... Assez tardivement, il faut le dire. Et donc, je n'ai pas eu l'occasion de voir Sofian, ce qui aurait été beaucoup mieux pour la qualité sonore. Il n'empêche, la conversation qu'on a est hyper intéressante. On parle des guettas, bien sûr, de la teuf, de la dépolitisation de la teuf, des magouilles de la teuf. All tough, everything. J'espère que ça va vous plaire. N'hésitez pas à me faire un petit retour. Sauf sur la qualité, puisque je sais qu'elle est nulle. Bref, bisous ! Ouais, donc du coup, moi, j'ai lu son autobiographie qui s'appelle Les Bains de Nuit. Et forcément, il y a une grosse partie sur son couple avec David Guetta. Et j'ai lu ta série sur les jours qui est sur David, mais qui a quand même un gros morceau sur Cathy, puisqu'ils ont quand même bien fonctionné à deux. Et je voulais savoir, parce que je sais que tu as écrit ça, qu'ils avaient réussi à imposer une marque à la nuit parisienne. Et j'aurais aimé que tu en parles un peu. Quelle était cette marque ? Qu'est-ce qui a changé dans leur idée de la fête, dans l'idée de la fête parisienne ? Qu'est-ce qui marche ?
- Speaker #0
En fait, David et Cathy Guetta, ils font partie de la génération qui a transformé les bars dansants en boîtes de nuit, en clubs. Ils n'ont pas été tout seuls, mais c'est toute une époque où il y a une nouvelle musique qui arrive, déjà. Dans les années 80, on... On dansait encore un peu disco, encore un peu new wave, tout se mélangeait un petit peu, mais il n'y avait pas un son un peu majeur. Alors qu'à partir de la fin des années 80, tout début des années 90, c'est vraiment la house qui arrive et qui change le tempo en fin de compte de la nuit parce que c'est des musiques de temps long, c'est des morceaux avec une instrumentation très forte qui peuvent se mixer. Et plutôt que d'avoir... des DJ qui passent de la musique, qui passent des morceaux, qui enchaînent. On se retrouve avec vraiment le début de la figure du DJ que tu viens voir parce qu'il va assembler un paysage sonore sur un temps long qui va durer parfois plusieurs heures. Du coup, il y a des nouveaux clubs qui naissent ou qui se transforment à Paris. Le Palace était déjà là, mais il va se transformer. Les Bains-Douches, il y a toute une histoire aussi qui vont se transformer à ce moment-là. Il y a le Queen qui va naître sur les Champs-Élysées à la place d'une ancienne boîte qui s'appelait, je crois, le Central. Je ne suis pas sûr. qui rouvre au milieu des années 90 avec David Guetta comme directeur artistique, directeur de la musique. Et en fait, David et Cathy Guetta, leur force, c'est d'être un binôme, un couple, mais un binôme en termes business super équilibré. C'est-à-dire qu'ils ont la musique avec David, c'est vraiment son tropisme, et le côté relation personnelle, relation avec le public, avec les clients. avec la nuit, avec Cathy, c'était vraiment son truc. Et entre les deux, il y a une culture du business qu'il ne faut pas faire porter sur la seule Cathy Guetta, dans le sens où, clairement, c'est elle qui a probablement un talent naturel pour ce truc-là. Mais David Guetta, en fait, dès le début, avant même de la rencontrer, il a un vrai sens du business et un vrai sens de la communication. Tu vois, par exemple, quand il arrive dans l'une de ses premières... Une de ses premières boîtes, un bar qui était le Brod, qui était un bar gay à vraiment fin des années 80, c'est au début de tout ça. Il dit au patron, file-moi le soir le plus pourri qui était le lundi. Je ne prends pas de cachet. Et on met tout sur la communication. Et donc, ça permet d'imprimer des flyers, d'aller faire parler de la soirée, etc. Et en fait, il va faire le coup plusieurs fois comme ça. Quand ils arrivent à Ibiza plus tard, en fait, ils refont pareil. Ils ne prennent pas de cachet. Ils ne prennent pas de cachets, ils ne prennent pas de sous, ou le minimum, tu vois, genre un hôtel, de quoi manger et tout, mais ils mettent tout sur la com. Et c'est ce qui leur permet d'avoir des budgets de communication, d'aller faire des flyers. faire des goodies, faire plein de choses, et c'est assez clé dans la façon de se faire connaître et de faire connaître leur soirée.
- Speaker #1
Oui, c'est ça, j'avais vu qu'il y avait beaucoup de moments où elle, elle va sur les plages à Ibiza, moi j'ai beaucoup plus vu après, tu vois, dans les années 90-2000, elle va sur les plages distribuer des goodies, elle a ses panneaux où elle décrit Pacha ce soir, Pacha tonight, etc. Et lui, il est plutôt en train de gérer la musique, mais en fait, cette répartition-là... Dans leur organisation, elle est un peu caricaturale parce que, effectivement, lui, il avait aussi cette vision de mettre le DJ au centre, chose qui n'existait pas ou peu auparavant. Moi, je ne connais pas trop la nuit parisienne. Enfin, tu vois, je me suis rendu compte en lisant le livre que, en fait, je n'y connaissais rien à cette industrie de la nuit parisienne, mais de la nuit en général, et que ça restait assez flou. Ce côté, bon, elle, elle organise quelque chose, lui, il est DJ, mais comment est-ce que tout ça prend, finalement ? J'ai du mal à savoir, tu vois.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en fin de compte, tout ça est assez organique. On imagine la nuit parisienne ou même la nuit à Ibiza, mais en vrai, c'est des tout petits mondes. C'est des tout, tout petits mondes. Tout le monde s'est connu. C'est plein de petites mains. mais c'est beaucoup d'énergie, beaucoup d'envie, beaucoup de musique et beaucoup de drogue. C'est comme ça que ça se passe. Et donc, en fait, quand ils arrivent, David, Cathy, Guetta, ils se rencontrent au tout début des années 90 à Saint-Trope, où Cathy travaille et David Guetta est descendu faire le DJ au tout début de sa carrière. Et ils remontent tous les deux à Paris et ils essayent de faire leur trou. Et au début, ça marche. Pas du tout, d'ailleurs. Ils y vont vraiment petits. D'ailleurs, elle, pour commencer, elle est serveuse. Après, elle va s'occuper du vestiaire, puis du carré VIP. Ils font vraiment ce chemin-là. Ils font leur trou, au fur et à mesure. Le gros truc de Cathy Guetta... Moi, j'ai lu son bouquin l'année dernière. C'est pas complètement clair dans ma tête encore, mais le grand truc de Cathy Guetta, c'est qu'elle a un sens relationnel naturel. Il y a... Un DJ qui s'appelle Swayam, un DJ qui était un peu en vue à la fin des années 80, avec qui David Guetta a bossé au tout début de sa carrière, avec qui il descend à Saint-Tropez d'ailleurs, que j'ai interviewé pour cette enquête dans les jours. Et il me dit, en fait, Cathy et David se sont parfaitement trouvés parce que Cathy, tu la mets quelque part, elle prend le numéro de téléphone de tout le monde. Et elle connaît tout le monde à la fin de la soirée. Alors que David, il ne connaît personne parce qu'il est en train de passer des disques. Et du coup, quand il a fini de bosser, tout le monde est parti. Et du coup, il y a vraiment ce... Enfin, je trouve ça vachement intéressant parce que c'est une question de temporalité de la soirée. C'est-à-dire que tu peux pas, en étant derrière les platines, tu peux pas avoir du relationnel, en fait. Tu peux pas faire ce truc-là, tu peux pas rencontrer des gens, aller boire des coups, t'intéresser aux gens, etc. T'es concentré sur ta musique, c'est assez solitaire comme exercice. Et du coup, quand t'as fini, la soirée, elle est finie aussi. Merci. C'est vachement intéressant comme citation parce que ça résume complètement leur fonctionnement à deux.
- Speaker #1
Mais c'est ouf parce que du coup, ils ont quand même trouvé cet équilibre-là. Tu vois, on pourrait se dire qu'il y en a un qui a envie de devenir une star et puis l'autre qui a la flemme de faire les petits papiers, d'aller un peu connaître tout le monde. En même temps, j'imagine qu'elle avait une forme de rétribution à connaître, avoir un carnet d'adresses aussi dingue. Mais c'est vrai qu'il y a un truc, tu l'as cité, tu as parlé des drogues. Et ça, c'est quelque chose qu'ils occultent complètement, les deux. Alors qu'ils disent qu'ils en prennent pas, ils disent qu'ils boivent pas. Donc moi, je les crois, il n'y a pas de problème là-dessus. Mais c'est vrai qu'ils parlent jamais du côté négatif de la teuf. Alors que c'est quand même un endroit où des agressions arrivent. Enfin, tu vois, où il y a de la drogue et tout. Et ils en parlent jamais comme si c'était le monde merveilleux de la fête. Enfin, je trouve ça assez étonnant aussi d'avoir ce rapport presque naïf. Alors qu'ils y sont depuis des années. Et tu vois, il y a un truc qui est spécial, je trouve, là-dedans.
- Speaker #0
Oui, ça c'est un classique du monde de la nuit, c'est-à-dire qu'on vend le message principal, on vend le mythe, et on ferme les yeux, on se cache bien les yeux sur ce qu'il y a derrière. Et c'est ce que je raconte tout au long de cette enquête, c'est que plusieurs fois, mais vraiment presque à chaque fois, quand David et Cathy Guetta commencent à vraiment programmer des grosses soirées, voire à diriger carrément, Les lieux, tu vois, les bains-douches, le palace, etc. Systématiquement, les lieux sont fermés ou partent en lambeaux pour des histoires de drogue ou des histoires de trafic. À un moment, il y a une histoire de trafic d'alcool où le patron de la boîte, je ne sais plus laquelle c'est exactement, le patron de la boîte, en fait, achetait via un client qui bossait au ministère des Armées, achetait de l'alcool à prix ministère des Armées, donc sans la TVA, sans... Tout ça et tout a pris copain et revendé ça a pris boîte de nuit à Paris dans sa boîte. Et ça a marché pendant des années et le mec a fini par se faire toper. Du coup, il y a la police qui débarque, le mec part en prison. Plusieurs fois, il y a des boîtes qui sont fermées à cause de trafic de drogue, de trafic d'alcool, qu'on finit par oublier parce qu'à chaque fois, effectivement, c'est toujours, oui, les fêtes, les paillettes, etc. Mais en fait, non, c'est un monde qui est... Comment dire ? Assez facilement infesté par le blanchiment de l'argent, par du banditisme. Surtout à l'époque, il y avait énormément d'argent liquide qui circulait. Donc il n'y avait aucun propriétaire de boîte de nuit qui était clair. D'ailleurs, il y en a plein qui ont terminé en prison. Ce qui est impressionnant, c'est comment eux... David Katigeta passe entre les gouttes. Et ça, moi, c'est une des frustrations de ne pas avoir pu avoir une interview avec David Katigeta. Mais en même temps, jamais il ne m'aurait répondu à cette question, évidemment. Mais comment vous avez fait pour passer entre les gouttes ? Oui, en même temps,
- Speaker #1
ça aurait été hyper intéressant d'avoir effectivement leur avis là-dessus. Et puis, en fait, moi, je me demande si ce n'est pas à la fois, du coup, comme tu dis, présenter le mythe de la fête libératrice qui casse les frontières et les codes sociaux et tout ça. Et du coup, c'est comme ça que... En tant que David et Cathy Guetta, tu peux faire une fête géniale et où tout le monde se sent bien, mais aussi c'est un truc un peu aseptisé où tu ne parles pas des problèmes que sont la drogue, le blanchiment d'argent, etc. et où tu dépolitises un peu tout ça parce que c'est plus vendeur. Quelque part, de le présenter de façon propre et un peu aseptisé. Bien sûr,
- Speaker #0
et d'ailleurs, l'histoire de la fête de la nuit n'est qu'une... dépolitisation et une normalisation et une industrialisation. Je suis en train de lire un bouquin qui raconte la naissance des boîtes du Studio 54, toutes les grandes boîtes de New York dans les années 70-80, principalement autour de la communauté gay et noire ou latino et qu'en fin de compte, ces boîtes-là étaient pour les pionnières éminemment politiques et c'était super revendiqué. C'est-à-dire qu'elles étaient des lieux de liberté pour ces communautés et aussi des lieux où La drogue était revendiquée comme un moyen d'expression, un moyen de s'évader de la société. Et puis en plus, quand on était noir, gay, latino, etc., ça valait le coup de s'évader quand même du quotidien. Et il y avait vraiment une revendication. C'était un espace en dehors du système, en dehors de la société, dans une autre temporalité. Et avec... Les poètes des années 90, qui évidemment jusqu'au Ibiza d'aujourd'hui, Ibiza étant vraiment la matrice de toutes les transformations, on a une fête qui a oublié d'être revendicatrice de quoi que ce soit, si ce n'est d'un idéal libérateur, mais qui est très très artificiel aujourd'hui. Et la fête, en tout cas cette forme de fête-là, c'est complètement, totalement dépolitisé. Et David Katigeta sont les... les symptômes et les acteurs, actrices de cette dépolitisation. C'est vraiment leur façon de faire. Ils ont effacé tout ce qui pouvait être revendicateur de leur soirée. Même si, à leur début, il y a des aspects qui sont des revendications.
- Speaker #1
Ils ont un peu ce truc de « on veut ouvrir la fête à tout le monde » . Je crois que c'était le Palace qui reprenne, qui était devenu très élitiste. Nous, on veut cueillir Merci. du prolo, du VIP tout et n'importe quoi et en fait n'importe qui plutôt et en fait ça c'est à la fois c'est vrai, à la fois il y a quand même une barrière à l'entrée, ça reste un club où tu choisis qui rentre donc ça reste artificiel pareil quand
- Speaker #0
David Guetta et l'équipe qui organise ces soirées au Choya à Ibiza ou au Universe, le nouveau club Oui. Ils disent beaucoup, nous on accueille tout le monde, c'est pas sélect à l'entrée, mais c'est 80 balles l'entrée pour donner du guetta au Shoya.
- Speaker #1
Donc c'est sélect ?
- Speaker #0
Je suis désolé, il y a une sélection, c'est 80 euros l'entrée et dans mon souvenir, la bière est à 20 euros.
- Speaker #1
Oui, et puis il faut venir à Ibiza, il faut se loger.
- Speaker #0
C'est 15 euros la bouteille d'eau et il faut venir à Ibiza. Et Ibiza c'est très cher au niveau du logement, donc c'est pas un voyage, c'est pas pour tout le monde. Donc, on est quand même dans quelque chose, enfin, en termes de questions politiques, d'accessibilité de la fête, moyen, moyen. C'est l'industrialisation, c'est le titre d'un très bon bouquin d'Yves Michaud sur Ibiza qui s'appelle « L'industrialisation du plaisir » , c'est exactement ça.
- Speaker #1
Oui, et ça, ils ont été effectivement à la fois moteurs, acteurs, enfin, je ne sais pas, mais c'est ouf de se dire que dans les années 90 jusqu'à 2000, jusqu'à ce qu'en fait ils arrêtent leurs affaires et que ce soit plutôt la carrière de David Guetta qui florise, où ils arrêtent vraiment d'être propriétaires d'établissements, qu'en fait ils ont quand même forgé, modelé un peu cette vision-là de la teuf. Aujourd'hui c'est plus du tout attractif et en même temps c'est ce que c'est. Oui,
- Speaker #0
oui, de l'autre côté ça a recréé, réamplifié la fête de novembre. il y a plein de fêtes à Paris ou à Ibiza aussi il y a des fêtes hors marché et bien heureusement par contre ce qui est intéressant et c'est ce que Gaeta symbolise aujourd'hui même s'il n'est plus avec Cathy c'est qu'en fait ils ont non seulement participé à l'industrialisation par contre ils ont généralisé la fête ils ont tous les deux puis David tout seul mais Cathy de son côté aussi parce qu'ils ne travaillaient plus spécifiquement ensemble même si qui... Cathy Guetta, après leur divorce, elle a continué à organiser des soirées, elle a fait plein de trucs au Stade de France, machin. C'est quelqu'un qui est toujours reconnu, elle n'a pas du tout disparu. Tous les deux, ils ont participé à un phénomène d'extension de la fête, c'est-à-dire que jusqu'au début des années 2000, début des années 2010, la fête... la fête pour danser toute la nuit, etc., sur des musiques électroniques, répétitives, la house, la techno, tout ça. C'était une affaire nocturne, tardive, et je mets des guillemets, en marge. C'était quand même une grande marge, mais c'était en marge. C'est-à-dire que tout le monde n'allait pas danser à 2h du matin, etc. Et par tout un tas de biais, ils ont participé à la bascule vers une fête qui a happé le public. qui est plutôt le grand public de la pop-musique, de la chanson, c'est-à-dire un public qui est couché à 2h du matin. Et du coup, ils ont ramené la fête dans la journée, en fin de journée, avec des formes qui tiennent beaucoup plus du concert. Si tu vas voir David Guetta au Shoya le lundi pendant la saison d'été à Ibiza, en fait c'est un concert, c'est pas une soirée électronique où tu viens danser, ça dure des heures et des heures. vivre ta vie. Tu sais, quand tu vas en club, en fait, tu vas vivre une partie de ta vie pendant une soirée, mais tu ne te dédies pas entièrement à un DJ, à un machin. Enfin, tu sais, tu rencontres des gens, tu discutes, après tu vas danser, tu repars, etc. Là, Guetta, en fait, c'est un concert, c'est très frontal, il y a une scène, il y a des explosions de lance-flammes et de trucs, lui, il a les bras en l'air. Ça a l'air incroyable. Toi, tout le monde a les yeux... Tout le monde a les yeux rivés sur la scène, devant, on est vraiment dans un dispositif de concert, pas du tout dans un dispositif de club où ça circule, où ça bouge, où ça vit, etc. C'est pas du tout le même truc. Donc David Guetta, il est passé de la fête underground à la fête hyper grand public qui est devenue un concert Instagram. C'est tout ce processus-là.
- Speaker #1
Oui, mais c'est ouf quand même ce parcours, je trouve. qui est intéressant et notamment à deux, d'avoir été à deux dans ce truc, je pense que ça a dû aider, mais ça m'a quand même un peu intéressée finalement ce bouquin.
- Speaker #0
C'est un parcours de vie et le parcours familial aussi, et un peu dingo. Ils ont deux enfants et en même temps ils se couchent à 7h du mat.
- Speaker #1
Et elle, enceinte de 8 mois, quand tu vois les trucs, et qu'elle continue et qu'elle se couche à 7h du mat', c'est ouf. C'est à la fois des passionnés, des bourreaux de travail, je pense, et en même temps, une vision de... J'imagine.
- Speaker #0
Tu te rends compte qu'elle va emmener la petite à la crèche avant d'aller se coucher. C'est ouf. C'est incroyable. C'est quand même une vie. Et en même temps, ils parlent de ça. Ils ont visiblement fait très attention à garder une sorte de vie normale pour les enfants. et à être très présents au final c'est assez marquant c'est aussi quelque chose de marquant en ce qui les concerne, c'est-à-dire que le monde de la nuit c'est quand même un monde qui détruit beaucoup le nombre d'acteurs, actrices de la nuit de la musique ou de la nuit tout court qui ont sombré dans l'alcool, les drogues à une déconnexion parce qu'en ne vivant que la nuit dans une bulle, etc. avec l'accès libre à de l'alcool, à de la drogue, etc. Il y a plein de gens qui soit ne vivent pas vieux, soit disparaissent, etc. Et eux, en fait, ils ont maintenu une sorte d'éthique un peu de moine pour réussir à avoir une vie de famille, à avoir fait deux enfants. Être encore, enfin, Delguita, il va avoir 60 ans, je crois, l'année prochaine. Il est plus en forme que moi, quoi.
- Speaker #1
Je n'en sais rien, Sophie. Tu viens en vélo. Tous les jours au bureau, t'es vraiment en grande forme.
- Speaker #0
Il a l'air d'avoir moins mal au dos qu'on. Ouais,
- Speaker #1
mais en fait, ils disent que c'est grâce à cette hygiène de vie qu'ils ont réussi à rester aussi en bonne santé. Parce que sans ça, comme tu dis, je ne suis pas sûre que tu dures très longtemps dans ce milieu.
- Speaker #0
C'est ce que dit tout le monde dans le monde de la musique. Quand tu parles de ça à Laurent Garnier, Bob Sinclair aussi, il ne boit pas. Les gens qui durent, en fait, ils prennent pas ou très peu de drogue, ou ils fument des joints pour la détente, et ils boivent pas. Parce que sinon, t'es mort.
- Speaker #1
Sinon, tu peux pas enchaîner. Quand je voyais ces emplois du temps à Cathy Guetta, genre elle se couche à 8h, elle reprend à 14h, tu te dis, même moi, sobre, je peux pas le faire, mais alors si en plus t'as bu un coup la veille, c'est pas possible. C'est ça.
- Speaker #0
Même si tu bois deux bières dans la soirée
- Speaker #1
C'est clair, c'est pas possible En plus c'est tous les soirs, c'est ta journée de boulot C'est des travailleurs C'est des travailleurs de la nuit C'est vraiment du travailleur de la nuit Ils ont pris ça comme ça
- Speaker #0
Et ils ont vraiment symbolisé Une certaine professionnalisation d'ailleurs De la nuit C'est quelque chose qu'ils ont symbolisé aussi C'est une réalité
- Speaker #1
C'est ce que j'ai cru comprendre aussi dans les gens qui ont bossé avec eux et tout. Mais écoute, merci beaucoup, Sophie. Je ne sais pas si tu veux rajouter quelque chose, mais moi, je pense que j'ai plein de choses. C'est très bien. Ouais, franchement. Mais en fait, il y a tellement de trucs à raconter, je trouve, et sur leur couple, et sur la nuit, et sur... Enfin, tu vois, donc... Donc voilà.
- Speaker #0
Tu pourrais faire un spin-off de la série.
- Speaker #1
Mais grave. Franchement, tu sais qu'elle a une vie de ouf. Sur les guettas, en tant que telle. Oui, oui, clairement. Ah bah, je serais très intéressée de lire ça, clairement. Peut-être. Bref, du coup merci beaucoup Sofyan, je vais pas te prendre plus de temps parce que voilà, trop contente. Je te l'enverrai quand il sera... Bah bien sûr, je te l'enverrai. A bientôt, j'espère.