- Speaker #0
Bienvenue dans Vers l'Essentiel, le podcast qui met en lumière les acteurs normands engagés dans une transition durable. Un épisode par mois, des échanges concrets et inspirants pour découvrir celles et ceux qui transforment l'impact en action. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Vers l'Essentiel. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Maxime Levecq, responsable marketing chez Place Eco, une entreprise de l'agglomération cannaise, pionnière dans la fabrication de mobilier urbain en plastique recyclé. Pour commencer, peux-tu te présenter et nous raconter ton parcours ?
- Speaker #1
Salut Nelly, donc Maxime Levecq, je suis responsable marketing chez Placeco depuis 2019. Je suis accompagné d'une équipe de deux autres personnes, donc une personne qui est chargée du graphisme plutôt chez nous et puis une personne plutôt chef de projet pour tous les contacts extérieurs avec les prestataires et la gestion de nos campagnes marketing et communication. En 2023, j'ai aussi une petite casquette supplémentaire chez Placeco, c'est d'être référent RSE. Voilà, donc RSE, c'est responsabilité sociétale des entreprises. Donc, on va en parler un petit peu plus tard après. Mais en deux mots, c'est en fait travailler sur les enjeux de l'entreprise, sur tout ce qui concerne les trois pôles du développement durable, l'économie, le social et aussi le sociétal. Et puis, donc, tous les aspects environnement. Voilà, et donc, dans ce cadre-là, avec cette casquette de référent RSE, j'accompagne aussi une alternante en RSE qui... Suisse et cours à l'IAE de Caen.
- Speaker #0
Ça fait maintenant pas mal d'années que tu es chez Place Eco. Est-ce que tu peux nous expliquer ce que fabrique ton entreprise, qui sont vos clients et ce qui fait votre différence ?
- Speaker #1
Alors l'entreprise fabrique du mobilier urbain en plastique recyclé. Alors les objets vraiment de mobilier urbain, donc il y a le banc, les tables de pique-nique qui est aujourd'hui notre best-seller. les jardinières et les corbeilles, donc tout le domaine de la propreté qui est un gros enjeu sur cette année 2025. Nos clients, ce sont les collectivités locales principalement. Tout ce qui est collectivité de manière générale, ça peut être des ministères, ça peut être des hôpitaux. On a une petite part de notre chiffre d'affaires qui est réalisé chez les entreprises privées qui ont besoin d'équiper leurs extérieurs pour les salariés qui veulent… manger à l'extérieur sur les heures de midi, pour avoir des abris aussi pour les fumeurs, pour enjoliver les extérieurs avec des équipements de fleurissement. Et puis alors par rapport à la question de savoir qu'est-ce qui se différencie un petit peu de nos concurrents, il y a déjà une chose qui est particulière, c'est qu'on est sur le marché du mobilier urbain et nous on a cette petite particule qui est en plastique recyclé. Donc déjà, on a cette particularité-là qui n'est pas très commune aux acteurs du mobilier urbain. C'est d'avoir cette matière qui, aujourd'hui, fait beaucoup sens, qui ne faisait peut-être pas autant sens en 1996 au moment de la création de l'entreprise. C'était une matière qui avait, à l'époque, un gros bénéfice. C'était d'avoir peu d'entretien pour les personnes qui s'équipaient de mobilier urbain. Et aujourd'hui, il y a forcément les critères environnementaux.
- Speaker #0
Et concrètement, comment recyclez-vous ces plastiques ? Est-ce que tout est recyclable ? Que devient ce plastique après usage ?
- Speaker #1
Alors, il faut déjà savoir qu'au niveau de notre entreprise, nous sommes plutôt menuisiers plastiques. On fabrique du mobilier urbain, nous, dans notre entreprise, si tu as versant, uniquement à partir de planches déjà transformées par nos prestataires et par nos fournisseurs. Donc, toute la partie collecte des déchets, transformation et tri des plastiques, ça, ça se fait en amont au niveau de la chaîne de l'économie circulaire. Et donc nous, on intervient une fois que les profilés, alors qu'est-ce que c'est que les profilés ? Ce sont des longues planches qu'on va façonner, qu'on va découper, qu'on va usiner pour ensuite fabriquer du mobilier urbain. Donc toute cette partie-là, toute la recette du Coca-Cola qui est faite en amont, ça, on a des informations là-dessus, mais ça concerne un petit peu moins notre entreprise. Nous, on est des fabricants et des assembleurs.
- Speaker #0
Ce n'est pas vous qui rédigez le cahier des charges sur la matière brute que vous souhaitez utiliser ?
- Speaker #1
Pas du tout. Pas du tout. C'est vrai qu'aujourd'hui, avec tous les enjeux environnementaux, les clients sont de plus en plus en demande d'avoir des informations sur la composition du plastique utilisé dans nos mobiliers. Mais en tout cas, on prend la matière qui nous est proposée par nos fournisseurs avec des éléments quand même assez contraignants quant à la durabilité. Donc, je vais quand même expliquer ce terme durabilité, c'est-à-dire la durée dans le temps. de ce plastique-là par rapport aux enjeux météorologiques.
- Speaker #0
Donc vous utilisez des matériaux recyclés, fournis par un de vos prestataires, et la question que je me posais c'était, est-ce que tout est recyclable ? Et si ça ne l'est pas, que devient ce plastique après usage ?
- Speaker #1
Alors est-ce que tout est recyclable ? Le plastique en tant que tel peut être recyclable. Alors ce qu'il faut savoir c'est par exemple nous, dans notre cycle de fabrication, nos chutes, où les copeaux qui sont générés par rapport à la fabrication sont renvoyés à notre fournisseur pour retourner dans le cycle de fabrication des planches plastiques. Par contre, aujourd'hui, et c'est là où on a du mal, et là je parle vraiment de tout le secteur du mobilier urbain, on a du mal à boucler la boucle. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, des bancs fabriqués en métal, des tables de pique-nique fabriquées en bois, des jardinières fabriquées en plastique recyclé, Il y a cette question du cycle de vie, surtout la fin de vie du mobilier qui reste encore un petit peu problématique parce qu'il n'existe pas de filière pour récupérer ces mobiliers lourds et volumineux dans un cycle de recyclage.
- Speaker #0
Et donc aujourd'hui, par exemple, si un de tes clients veut renouveler son parc de mobilier, Comment ils procèdent ? Ils font encore appel à vous pour récupérer ou pas du tout ?
- Speaker #1
Alors aujourd'hui, nous, si jamais les bancs sont défectueux, on propose des kits de rénovation. Imaginons, il y a un banc qui est en bois, qui a fait sa vie, c'est-à-dire au bout de 5-10 ans, il commence à être pourri de l'intérieur, il commence à présenter des échardes. Nous, on est capable de proposer des kits de rénovation. À partir des piétements qui restent vraiment sur place, on peut enlever les planches de bois et mettre des planches en plastique. On peut aussi faire ça sur nos propres bancs. Un banc qui a connu des dégradations humaines, je ne sais pas, de la chauffe, du vandalisme, voilà, je cherchais le terme. Donc un banc qui a par exemple connu du vandalisme sur un banc en plastique recyclé, on est capable de changer les lames. Donc on peut donner une seconde vie à ce banc-là. Par contre, si vraiment il y a tout le banc à changer pour des questions, imaginons, esthétiques, par choix de la collectivité. La meilleure des solutions, en tout cas pour le client, c'est de mettre ce banc-là à la déchetterie comme n'importe quel autre déchet volumineux. Et puis nous, on vient remplacer avec un nouveau banc de A à Z. Il n'y a pas encore de cycle.
- Speaker #0
Vous y travaillez ?
- Speaker #1
On y travaille. Nous, c'est un gros enjeu. Et là, ça fait partie des critères de réflexion côté syndicat professionnel du mobilier romain. Il y a cette... Il y a cette obligation-là qui va arriver. Le syndicat professionnel du mobilier urbain va mettre en place la responsabilité élargie du producteur, donc la REP, qui va normalement nous permettre d'avancer sur le sujet de la fin de vie du mobilier.
- Speaker #0
Et du coup, il y a une différence notable entre l'impact d'un mobilier issu du plastique neuf et du mobilier recyclé ?
- Speaker #1
Alors ça, c'est une bonne question. C'est vrai qu'étonnamment, le plastique, on va dire neuf, et très très peu utilisés dans le mobilier urbain. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a des plastiques qui ne sont pas forcément ultra résistants dans le temps. Les plastiques tels qu'on les connaît assez habituellement ne vont pas forcément avoir des bonnes propriétés dans le temps, la résistance aux UV, la résistance esthétique, le poids, etc. Et là, en fait, nous, notre plastique recyclé, il est usé de plusieurs types de plastiques. Il y a le PP, le polypropylène. Le PEHD, c'est le polyéthylène haute densité, et le PEBD, le polyéthylène basse densité. Et en fait, c'est comme un gâteau. C'est-à-dire qu'en fait, vous avez plusieurs ingrédients. Je vais prendre l'exemple d'un 4 quarts. Les œufs, au goûter, bof. La farine seule, au goûter, bof. Le sucre, tout seul, au goûter, bof. Par contre, une fois que vous avez rassemblé tous ces éléments-là, ça vous fait le 4 quarts. Et là, au goûter, le 4 quarts, pourquoi pas ? Ben nous sommes... petit peu pareil, en mélangeant plusieurs typologies de plastique issus des déchets, ça va donner un bon gâteau, ça va donner des belles planches, et là, qui ont un vrai usage au niveau du mobilier urbain. Aujourd'hui, il y a très peu d'acteurs qui font du mobilier avec du plastique neuf, c'est quasiment que du mobilier à partir de mélanges de plastique. Et donc, c'est un gâteau un peu particulier, mais qui a des très bonnes propriétés mécaniques pour l'usage extérieur.
- Speaker #0
Donc j'imagine qu'au-delà d'avoir un mobilier issu du plastique recyclé, il y a une dimension peut-être d'éco-conception dans la création de vos mobiliers ?
- Speaker #1
J'aimerais juste donner une toute petite définition sur l'éco-conception. C'est-à-dire que beaucoup de personnes peuvent imaginer que l'éco-conception, juste sur le fait qu'on fait un petit peu d'économie circulaire, de base on fait de l'éco-conception. Non, en fait ça ne s'arrête pas là. Il faut prendre en compte tout le cycle de vie d'un produit, de la création du produit au moment de sa fabrication, le moment du conditionnement, et puis aussi ce qu'on évoquait tout à l'heure, la fin de vie. Il y a énormément de choses à prendre en compte pour dire qu'on fait de l'éco-conception. Ça, c'est la première chose. Deuxième chose, le terme éco-conçu ne devrait pas exister. Un mobilier éco-conçu, c'est faux parce que l'éco-conception, c'est une démarche, c'est un peu comme l'amélioration continue. On ne peut pas dire qu'un banc a été amélioré de façon continue. Ça ne veut rien dire. Donc l'éco-conception, c'est quelque chose qui est mis en place. de façon continue dans une entreprise, c'est une démarche intellectuelle avec des process à respecter. Et donc, nous, on sensibilise de plus en plus nos équipes en interne à chaque strata de l'entreprise pour diffuser ces principes d'éco-conception.
- Speaker #0
Je rebondis sur la notion d'éco-conçu, puisque moi, j'utilise ce terme pour le design graphique. Et c'est vrai que derrière ça, moi aussi, j'ai en tête le fait qu'on n'est pas sur un produit fini éco-consu, mais plutôt sur une démarche continue. Et on se rejoint là-dessus et je trouve ça hyper intéressant que tu aies mis en lumière cette dimension-là. Du coup, je vais rebondir sur le produit fini. Est-ce qu'on peut considérer qu'il soit dans des matériaux recyclés, peut-être perçu comme plus cher, comme un homologue non recyclé ?
- Speaker #1
Tout à fait. Là, il faut savoir qu'en fait, la multiplication des acteurs qui vont intervenir dans ce qu'on va appeler l'économie circulaire fait qu'à un moment donné, chacun va prendre sa part. Et donc... le prix du profilé va être supérieur à ce qu'on pourrait imaginer par rapport à la fabrication d'un profilé avec du plastique vierge. Là, c'est vrai que chacun prend sa part. Et du coup, le prix de vente a des conséquences plutôt à la hausse. Et c'est vrai que même par rapport à certains autres matériaux, je parle même plus du plastique, mais en effet le bois, on est légèrement supérieur. et c'est là où Notre entreprise est composée de 30 personnes au total dans notre entreprise. Il y a 10 personnes à l'atelier, il y a 10 personnes en service support, RH, marketing, bureau d'études, etc. Et il y a 10 autres personnes, c'est des commerciaux qui sont sur le terrain. Et c'est vrai que ça fait sens pour nous d'avoir des commerciaux en lien direct avec la clientèle pour pouvoir, entre guillemets, évangéliser le plastique recyclé. Parce qu'en effet, si le client ne regarde que la différence de nous, le coût qu'il peut y avoir au moment de l'achat, le produit ne va pas se vendre de lui-même, alors que la présence de commerciaux sur le terrain va pouvoir expliquer déjà pourquoi il y a une hausse de prix entre du bois et du plastique recyclé, mais aussi dire que derrière, c'est un investissement. Et ça, il faut pouvoir avoir le temps de le dire, avoir le temps de l'écrire aussi sur les supports marketing, dire qu'en fait, ce n'est pas qu'un achat.
- Speaker #0
C'est quoi la grande différence entre un mobilier en plastique recyclé et un mobilier en bois ? Est-ce qu'ils ont vraiment des qualités qui sont très différentes et peu comparables ? Ou est-ce qu'il y a un avantage à passer sur le plastique recyclé plutôt que le bois ?
- Speaker #1
Le grand intérêt pour une collectivité à positionner par exemple un banc en plastique recyclé, c'est surtout qu'il ne va pas avoir d'entretien à faire dessus. Alors c'est quoi l'entretien ? C'est par exemple vernir le bois. qui va avoir perdu son vernis avec quelques années ou l'azuré, ou de la peinture. Le plastique recyclé, on n'intervient pas dessus. Donc ça, c'est assez intéressant. Après, il y a cette histoire de pourriture, c'est-à-dire que le bois, si l'eau s'infiltre dans certaines parties, forcément, il va avoir une durée de vie assez limitée. Là où le plastique recyclé est non poreux, et du coup, va résister à l'infiltration d'eau, le gel ne va pas avoir d'effet. Donc, on parle de quelque chose... Une fois installé, on ne va pas se préoccuper du mobilier. Ça, c'est important. Et puis, il n'y a pas de détérioration de couleur aussi. C'est vrai que le plastique qu'on intègre chez nous, il est teinté plein de masse. Donc, on a des coloris qui varient très peu avec les décennies.
- Speaker #0
Justement, c'est quoi la durée moyenne de vie d'un mobilier en plastique recyclé ?
- Speaker #1
C'est très compliqué. Nous, on a très peu de retours là-dessus. Le seul retour qu'on peut donner aujourd'hui et qu'on a l'habitude de donner à nos clients, c'est que Place Eco existe depuis 30 ans. On a un recul de 30 ans sur notre mobilier. Et il existe du mobilier qui est encore sur place, qui tient la route. Je parle de coloris, du mobilier qui a gardé ses coloris, qui garde toutes ses fonctionnalités et qu'on peut voir sur la bordure de plages ou autres. Ça résiste vraiment à l'air salin et avec les anciens logos de Place Eco.
- Speaker #0
Quels sont les aspects de vos produits qui apprécient le plus vos clients ? Alors le client collectivité, mais aussi le client usagé, si vous avez une vision là-dessus.
- Speaker #1
Alors là, il y a eu deux périodes. Il y a eu la période où les enjeux environnementaux n'étaient pas ultra importants pour l'acheteur. Donc c'était le fait qu'il n'y ait pas d'entretien. Ça, c'était vraiment ultra important. Et la durabilité des coloris. La durabilité des produits sur place, la résistance, c'est comme je l'évoquais tout de suite à l'air salin. Par exemple, les mobiliers métals qui vont rouiller près des plages, là, avec le plastique recyclé, on répond à cette contrainte-là météorologique. Les clients, enfin les usagers, pardon, on n'a pas forcément de retour direct par rapport aux avantages de nos produits, parce qu'on fait en sorte de fabriquer des produits qui répondent déjà à des produits déjà existants, fabriqués en métal ou en bois. Avec nos designs qui sont propres, Placeco a des designs déposés à l'INPI, mais on reste quand même sur des besoins standards du marché.
- Speaker #0
Maintenant que nous comprenons mieux l'activité de Placeco et leur engagement dans l'éco-conception, intéressons-nous à un sujet crucial, comment communiquer sur ces engagements de manière responsable sans tomber dans le piège du greenwashing. Mais avant d'aller plus loin, faisons le point sur la notion de greenwashing. Le greenwashing, c'est une pratique marketing où une entreprise donne une image trompeuse ou exagérément positive de ses actions environnementales. En gros, c'est quand on verdit un produit ou une communication pour paraître plus écologique que le monde ne l'est vraiment. Ça peut être par exemple mettre en avant un petit geste écolo alors que l'impact global reste très polluant, ou utiliser des mots ou des images vertes dans ses communications pour faire oublier des pratiques peu responsables. Ce type de communication crée donc de la confusion. trompe les consommateurs et finit par nuire à la crédibilité des entreprises engagées sincèrement. Comment Placeco s'assure-t-elle que sa communication reste transparente et authentique ? Quels sont les principes que vous appliquez pour communiquer de façon vraiment responsable sans tomber dans ce travers du crime machine ?
- Speaker #1
En fait, nous on s'est rendu compte que Placeco, dans le passé, comme on avait cet aspect d'économie circulaire, on n'était pas forcément obligé d'être vigilant par rapport... à tout ce qui concernait l'écologie. Et on s'est rendu compte qu'avec le temps, il y a eu des déclics, 2015, et puis le Covid et tout ce qui s'ensuit, les accords de Paris aussi par rapport au climat, on se rend compte que les acheteurs, les consommateurs, tout le monde est beaucoup plus averti par rapport aux enjeux climatiques, aussi techniquement, sur les fabrications de tous les objets du quotidien, mais aussi des objets où il y a de l'investissement. et donc En fait, nos acheteurs deviennent de plus en plus pointus par rapport aux questions techniques. Et il s'avère que nos commerciaux se sont retrouvés des fois face à des questions pertinentes, mais aussi bloquantes pour nous. Donc, il a fallu qu'on se professionnalise à ce niveau-là et qu'on ne trouve pas des réponses bateau, parce qu'il en était de la crédibilité des commerciaux, de notre entreprise. Et comme on parle quand même de produits durables, il faut aussi marquer durablement et positivement nos clients. et quand les portes se ferment, elles peuvent aussi se fermer durablement sur le mobilier urbain. Donc en fait, ça fait plusieurs années qu'on se rend compte qu'il fallait développer le bon vocabulaire, aller chercher les informations aussi de la part de nos fournisseurs, aussi même s'interroger entre nous pour donner les bonnes réponses à nos commerciaux pour répondre aux questions pointues de nos clients. Donc il est vrai que depuis deux ans, on développe aussi des lexiques internes. des mots à utiliser, des mots à ne plus utiliser. Par exemple, l'écologie, on essaie de le bannir de nos supports de communication. Donc s'il y en a encore qui traînent chez Place Eco, il va falloir qu'on les corrige vite. Le terme éco-conception aussi, même chez nous, on l'employait à tort et à travers. Donc on essaie de se former entre nous pour ne pas tromper le client. parce qu'encore une fois, il y a des clients aussi qui peuvent nous dire « halt » . Je vais revenir aussi sur le sujet qu'on a évoqué un petit peu plus tôt. Sur la fin de vie de notre mobilier, on fait attention à utiliser le terme « recyclable » pour les bonnes choses. Notre matière est recyclable, notre mobilier urbain en entier, aujourd'hui, la filière n'existe pas. Donc, il faut vraiment être précis. Pour finir, il y a du coup un terme sur lequel on peut vraiment l'exploiter à fond, c'est le terme « économie circulaire » . Là, pour le coup, on est complètement dedans.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous réexpliquer ce qu'est l'économie circulaire ?
- Speaker #1
L'économie circulaire, c'est le fait de pouvoir intégrer de la matière dans une boucle, déjà de premier cycle, c'est-à-dire passer d'un déchet vers quelque chose, une nouvelle matière recyclée. Et donc c'est complètement ce que fait Placeco. Et le recyclage est aussi, à ne pas confondre avec le réemploi et la réutilisation, le recyclage on parle surtout de la matière et non pas d'un produit fini ou d'un élément d'un produit fini.
- Speaker #0
Aujourd'hui on ne peut plus penser le marketing et la communication comme avant, surtout dans les PME. Le monde change vite, les attentes des consommateurs aussi, et les entreprises doivent s'adapter. Mais cette adaptation ne concerne pas seulement les outils. ou les supports, elles touchent en profondeur les rôles et responsabilités des professionnels du marketing et de la communication. Dans les PME, souvent plus proches des réalités du terrain, cette mutation est à la fois un défi et une opportunité. Le marketing n'est plus juste là pour vendre à tout prix, la communication ne se limite plus à transmettre des messages. Il s'agit d'aligner ces fonctions avec les valeurs, les engagements environnementaux et sociaux pour construire des relations authentiques et durables avec leur public. Mais cette transformation peut sembler complexe. Les ressources sont souvent limitées, les compétences à développer nombreuses et la tentation de revenir à des méthodes plus anciennes, parfois fortes. Pourtant, ceux qui réussissent à faire évoluer leur pratique découvrent une nouvelle dimension de leur métier, celle de véritables acteurs du changement, capables de faire rayonner leurs entreprises de façon responsable et engagée. Maxime, toi qui vis cette réalité au quotidien, comment ressens-tu cette mutation dans les métiers du marketing et de la communication au sein de Place Eco ? et quels sont selon toi les principaux défis, mais aussi les belles opportunités que cela offre pour les PME ?
- Speaker #1
Premier aspect, moi je distingue un petit peu le marketing de la communication. Le marketing va vraiment être un sujet lié à la stratégie de vente des produits avec une réponse aux besoins et notamment dans le développement des produits où là on s'intéresse réellement aux consommateurs. Et puis il y a l'autre aspect qui est l'aspect communication. Et là, moi je dirais qu'aujourd'hui, par rapport à hier, on est plutôt sur de l'information, c'est-à-dire surtout pour une PME comme la nôtre, c'est de pouvoir atteindre le consommateur ou l'acheteur de ce que nous faisons. Juste l'informer que nous existons et en quoi nos produits répondent à leurs besoins. Donc, première chose, c'est l'information. Nous, on a aussi ce côté d'éducation, c'est-à-dire bien expliquer à nos acheteurs ce qu'est le plastique recyclé, quels avantages ça peut avoir dans nos rues, dans nos espaces extérieurs, donc en expliquant vraiment tous les avantages que ça peut procurer. Ensuite, il y a la vulgarisation, c'est-à-dire qu'il y a des aspects très techniques que certains acheteurs vont avoir en tête et puis d'autres ne vont pas les avoir et pour autant, il faut leur expliquer des choses de façon très très simple. Certains vont plutôt avoir... Des critères d'achat très liés à la loi AGEC, par exemple, qui est une loi qui contraint nos acheteurs à utiliser du mobilier issu du recyclage, de la réutilisation ou du réemploi. Et puis d'autres vont être plutôt sensibles sur le coût que ça peut représenter, les investissements que ça peut représenter sur leur municipalité ou pour leurs entreprises. Et là, c'est un peu le but, cette vulgarisation. Et nous, en marketing et communication, nos défis avec le commerce, C'est l'évangélisation, c'est faire en sorte, je suis désolé d'avoir un côté un peu biblique, mais de diffuser la bonne parole auprès de nos clients sur l'usage du plastique.
- Speaker #0
Et plus globalement pour les PME, qu'est-ce que tu en penses sur cette notion des métiers du marketing et de la communication qui viennent soutenir des enjeux éco-responsables ?
- Speaker #1
En fait, ce qui est assez intéressant, c'est qu'il y a toute cette nouvelle génération de communicants qui arrivent. qui a baigné justement dans ces grandes problématiques écologiques et environnementales. Et ils ont en tout cas pour beaucoup d'entre eux déjà cette sensibilité-là et souhaitent les diffuser dans les entreprises dans lesquelles ils travaillent. Donc ça, c'est quelque part inné et c'est peut-être les PME et les entreprises qui vont devoir s'adapter à ces nouveaux profils qui vont composer ces PME.
- Speaker #0
Et qui ont de plus en plus d'exigences à ce niveau-là.
- Speaker #1
Tout à fait. Et puis, là, on va partir plutôt du bas de l'entreprise, mais il y a aussi des contraintes européennes, et puis aussi françaises, mais ça vient surtout de l'Europe, où il y a la CSRD qui arrive, c'est-à-dire des grandes contraintes. Donc, aujourd'hui, ça concerne surtout les groupes. C'est de diffuser des rapports RSE, de diffuser des datas assez liées au bilan carbone. à la consommation électrique, consommation d'eau et j'en passe. Et ça forcément, ça découle après sur les prestataires et tout l'environnement des grands groupes. Donc les PME vont être obligés d'aller dans ce sens, d'aller trouver des données sur les bilans carbone, consommation électrique, consommation d'eau, etc. Donc quelque part, il y a ces obligations-là qui sont des contraintes tout de suite, mais qui peuvent être aussi des belles opportunités pour faire concurrence et c'est un petit peu ça le rôle de l'Europe. quand ils nous imposent ça, c'est de faire un petit barrage à l'entrée. au niveau des entreprises étrangères qui ne jouent pas le jeu au niveau environnemental.
- Speaker #0
Justement, quel conseil tu donnerais à une PME ou à un communicant qui souhaite entamer une démarche de transformation durable et qui ne sait pas vraiment par où commencer ?
- Speaker #1
Ce qui est intéressant aujourd'hui, c'est que dans les écoles de communicants, en règle générale, il y a de plus en plus de places données au développement durable et à cette notion de responsabilité sociétale des entreprises. Je suis assez heureux de savoir qu'en sortie d'école et avec un nouveau diplôme, les jeunes actifs peuvent bénéficier d'un certain savoir que des fois la PME n'a pas. Moi, ce que je conseille vraiment, c'est de se lancer dans la formation RSE pour vraiment être sensibilisé à ça. Il y a quelque chose de moi que j'ai vécu au début de ma formation RSE, c'est cette fresque du climat qui, à un moment donné, est une belle prise de conscience de... de nos enjeux à petite échelle, mais qui ont des conséquences à grande échelle. Nos petites actions du quotidien ont aussi des conséquences sur le long terme. Donc moi, je comprends la difficulté des entreprises à se dire, bon, aujourd'hui, il faut absolument qu'on réponde à des besoins du jour. Et c'est très difficile pour une entreprise de se projeter à très long terme. Mais d'un autre côté, il y a aussi des contraintes qui vont arriver et il va falloir faire avec. Et donc, il vaut mieux les accepter, les anticiper plutôt que les subir.
- Speaker #0
On est d'accord.
- Speaker #1
Et puis, deuxième chose par rapport au conseil, c'est toujours lié à la formation RSE, c'est de se tourner aussi vers les parties prenantes. Les parties prenantes, c'est qui ? C'est tout l'environnement d'une entreprise ou d'une collectivité. Ce sont les fournisseurs, des prestataires externes, les personnes qui vont composer vraiment le territoire local, les mairies, les syndicats professionnels, les clients. Se tourner vers toutes ces personnes-là qui peuvent avoir des influences. sur l'activité de l'entreprise, sur les décisions stratégiques d'une entreprise, etc. Donc voilà, si les jeunes communicants, déjà dès qu'ils prennent leur poste, s'ouvrent aux parties prenantes, je pense que c'est déjà une grande étape de gagnée.
- Speaker #0
Donc tu mets l'accent sur l'importance des actions concrètes et la nécessité d'être accompagné par des partenaires qui partagent les mêmes valeurs, ou en tout cas des parties prenantes. Ça montre que la responsabilité ne se limite pas à de beaux discours, mais se vit au quotidien dans chaque décision. Du coup, comment cela se traduit-il chez Place Eco ? Peux-tu nous parler de votre démarche RSE ? Est-ce que vous êtes d'ailleurs une entreprise à mission avec ces engagements inscrits au cœur de son activité ?
- Speaker #1
Nous, depuis deux ans, on a cette volonté d'avancer sur la partie RSE. On avait comme objectif de se diriger vers l'obtention d'un label. Donc, on est très heureux d'avoir ce label-là, un label engagé RSE qui nous a été décerné par la FNOR cette année en 2025. qui a une validité de 3 ans. On va avoir en 2026 un deuxième point d'étape pour revoir si nos objectifs sont atteints. Donc on a un niveau 2 par rapport à ce label-là. Donc c'est super bien sur une première approche en tout cas au niveau de ce label. Donc on est en progression. On a justement aussi eu cette démarche de définir une raison d'être au niveau de l'entreprise. Donc la raison d'être, c'est au-delà d'un slogan Merci. Pour un marketeur ou un communicant, c'est un petit peu ce que chacun, partie prenante comme employé ou salarié de Place Eco, c'est une façon de se dire, OK, l'entreprise sert à ça d'un point de vue un petit peu plus global. Donc nous, notre raison d'être, c'est concevoir et fabriquer mobilier urbain en intégrant l'économie circulaire pour aménager durablement des lieux où se retrouver. Voilà, et donc on a voulu mettre énormément de choses dans cette raison d'être-là. On a voulu parler de notre savoir-faire, de nos produits, évoquer d'où vient notre matière première, évoquer aussi la durabilité et la qualité de nos produits, et puis mettre une phase de bien-être presque à titre méditatif sur le côté des lieux où se retrouver, seul ou à plusieurs. Donc après, sur la partie entreprise à mission, donc ça, ça demande énormément d'efforts. En fait, là, c'est plus qu'un virage. pour une entreprise. Peut-être que ce sera un objectif à moyen ou long terme. En tout cas, aujourd'hui, on a déjà franchi cette première marche-là d'aller vers un label engagé RSE.
- Speaker #0
En fait, il y a eu plusieurs volontés. Il y a eu la volonté de la direction de pouvoir communiquer sur des nouvelles choses, mais ce n'est pas venu par hasard. C'est venu aussi parce qu'il y avait des personnes en interne assez sensibles à ces enjeux-là, qui voulaient apporter de l'amélioration dans les process, trouver aussi un sens à leur activité professionnelle. Et puis surtout, il faut le dire, ça vient aussi de nos clients. En fait, aujourd'hui, dans les appels d'offres ou dans les demandes, il y a aussi cette notion de, est-ce que nous sommes labellisés ? Est-ce que nos produits répondent à certaines normes, à certaines contraintes ? Donc voilà, on a eu le croisement de plusieurs volontés qui, à un moment donné, ont dit, bon, OK, on y va, on se lance vraiment dans la RSE. Et voilà, ce qu'il faut savoir, c'est qu'au-delà de l'aspect environnemental, la RSE, c'est aussi un aspect stratégique. de l'entreprise, c'est-à-dire qu'on commence à mettre des filtres très sociétaux, environnementaux, RH, économiques forcément, on met des priorités sur ces quatre enjeux-là et après, chacune de nos décisions doit rentrer dans ce filtre-là. Donc c'est vraiment une stratégie. Je vais prendre un exemple tout bête, on a à nous, de notre côté, un enjeu qui est autour de l'éco-conception justement, qui a une importance assez grande parmi tous les objectifs qu'on a développés. Et demain, si on doit concevoir un nouveau produit, il faut que ça passe ce filtre de l'enjeu éco-conception. Alors, je ne vais pas rentrer dans le détail des sous-catégories de cet enjeu-là, mais il faut absolument que le nouveau produit réponde à beaucoup de critères qu'on s'est imposés nous-mêmes, qui forcément répond soit à des enjeux des clients, soit à des enjeux d'autres parties prenantes.
- Speaker #1
Justement, je vais rebondir un peu sur, tu as parlé du sens, du lien entre l'investissement personnel et... professionnels, ce qui m'amène à la question suivante et notamment par rapport à l'engagement professionnel, il y a toujours un parcours personnel et une sensibilité au monde qui nous entoure et donc j'aimerais bien connaître un peu ton propre rapport à ces enjeux un peu écologiques et connaître un petit peu ce qui t'a poussé un petit peu à travailler dans ce domaine parce que tu n'es peut-être pas arrivé là par hasard. Peut-être une opportunité, certes, d'emploi, mais est-ce que ça ne faisait pas déjà écho, sans faire de mauvais jeu de mots, ça faisait écho à quelque chose qui était plus profond que ça, par rapport à tes convictions ?
- Speaker #0
Tout à fait, oui. Il y a plusieurs aspects. Il y a le côté un peu humaniste du côté RSE qui m'intéresse énormément depuis longtemps. Et donc ça, dès les études, même en management, et peut-être même avant. Il faudrait que je fasse une introspection pour mieux répondre. Et sur l'aspect plutôt environnemental et écologique, en effet, j'ai été sensibilisé plutôt de manière familiale à des enjeux de sobriété et de tri des déchets, d'abord à la maison, et puis en fait, on se rend compte qu'à plus grande échelle, il y a tout intérêt à aller dans ce sens-là. Après, il suffit d'allumer la télé, d'écouter des podcasts assez intéressants sur la communication RSE pour se rendre compte en fait Il y a beaucoup de personnes qui partagent des problématiques et qui partagent aussi beaucoup de solutions. Tout à fait, oui.
- Speaker #1
Et à ton niveau, est-ce que d'un point de vue individuel, il y a des choses que tu as changées dans ta vie ?
- Speaker #0
Il y a deux aspects. Un aspect, avant d'avoir des enfants, j'avais moins le contraint de transporter mes enfants. Donc, c'était le côté mobilité où je me déplaçais en vélo avec vraiment plaisir. Et puis surtout... Je voyais que ça a rebaissé mon bilan carbone personnel. J'ai refait le test hier soir, je dois être à 8 tonnes et des brouettes, là où il faudrait être à 2 tonnes par personne. Et donc parmi les gros enjeux, il y a en effet cette mobilité et puis la consommation de viande. Je pense qu'on a encore pas mal d'efforts à faire tous individuellement. Et puis depuis que je suis devenu parent, c'est plutôt en effet tout ce qui concerne l'alimentation. ou se fournir chez des producteurs locaux et des producteurs qui n'utilisent pas des produits qui peuvent avoir la toxicité.
- Speaker #1
Ce qui fait bien écho à l'actualité du moment. On arrive à la fin de cet entretien et je m'interrogeais sur si tu avais des suggestions à me faire sur quel acteur caner je pourrais interroger dans le cadre d'un prochain épisode.
- Speaker #0
Je pensais à deux, trois personnes vagues, donc peut-être une personnalité politique. Tous bords confondus, je pense que ça pourrait être intéressant d'avoir le point de vue sur la partie communication, sur les enjeux de développement durable sur ces sujets-là. Parce qu'en tout cas pour nous, chez Place Eco, c'est vrai que les acteurs publics sont assez importants. C'est les décideurs de demain au niveau de l'espace public. C'est un impact. Après, un entrepreneur normand, quel qu'il soit, il y a toujours du plus à entendre quelqu'un d'engagé ou en transition vers des engagements et d'amélioration continue. Et pour donner un nom un petit peu plus précis, on a un voisin dans la zone d'activité ici à Versant qui s'appelle Execo. qui est organisateur d'événements sportifs. Du coup, je pense que ça peut être intéressant d'entendre leur participation, eux, dans cette grande mouvance. Et notamment, je sais qu'ils travaillent sur l'événement quand ça bouge, justement sur la mobilité des canets. Et ça peut être intéressant aussi qu'ils nous en parlent un peu.
- Speaker #1
Eh bien, je prends note de tes suggestions. Je te remercie. Enfin, pour conclure, ce qui ressort clairement, c'est que chez Place Eco, la démarche durable ne se limite pas à un simple discours. Elle s'incarne dans des actions concr��tes. une éco-conception réfléchie, une communication honnête qui évite les écueils du greenwashing. Maxime nous a rappelé que transformer son entreprise, c'est un chemin qui demande du temps, de la rigueur et une vraie cohérence entre les actes et les mots. Et c'est justement ce qui fait la force et la crédibilité d'une entreprise engagée. Je vous invite à garder en tête que la communication responsable est un levier puissant pour valoriser ses engagements, à condition qu'elle soit portée par une réalité tangible et transparente. Merci Maxime et à Place Eco pour ce partage inspirant. Et merci à vous, auditeurs normands, de continuer à soutenir les entreprises locales qui choisissent de produire autrement avec respect du vivant et responsabilité. On se retrouve très vite pour un nouvel épisode de Berlesensi. Merci Maxime.
- Speaker #0
Merci.