NellyBonjour à tous ! Salut à toutes et à tous et bienvenue dans Vers l'Essentiel, le podcast qui explore les chemins d'une communication plus juste, plus durable, plus vivante. Aujourd'hui, on va parler d'un mot qui revient beaucoup en ce moment, mais qu'on ne prend pas toujours le temps de comprendre pleinement. La notion d'un selon, que ce soit dans le marketing ou la communication. Dans nos métiers, le marketing et la communication, mais pas que, on a l'impression que la seule voie possible, c'est celle de la vitesse et de l'hyper-productivité pour légitimer notre raison d'être. Mais à force de courir, on s'épuise, on perd le sens de ce que l'on fait, on oublie pour qui, pourquoi et surtout comment on communique. Et si on arrêtait de confondre activité et productivité ? Et si ralentir était au contraire une stratégie pour durer ? Le slow marketing et la slow communication, ce sont des approches qui ne s'opposent pas à la dynamique, mais qui en reprennent la maîtrise avec plus d'attention, plus de sens, plus de respect, pour soi, pour ses équipes et pour ses clients. Dans notre société où la rapidité est devenue un impératif, il est important de faire une pause pour réfléchir à ce que signifie vraiment ralentir. Le slow marketing, c'est d'abord une démarche en profondeur sur le fond. Il s'agit de questionner son offre, son produit, son service. Est-ce que ce que je propose est vraiment utile et pertinent ? Est-ce qu'il est conçu pour durer, pour être réparé, réutilisé, partagé ? Est-ce que j'ai intégré les limites écologiques et humaines dans sa fabrication et sa diffusion ? est-ce la capacité réelle en termes de ressources et savoir-faire pour porter cette offre sans m'épuiser ? C'est une invitation à revenir à l'essentiel, à dire non à la surproduction, à la course effrénée, aux nouveautés jetables. C'est préférer la qualité à la quantité, le sens à la simple accumulation. Mais il ne faut pas oublier l'autre versant, complémentaire et indispensable, la slow communication. Car même la meilleure offre du monde reste invisible si on ne sait pas la transmettre avec justesse. La slow communication, c'est choisir les bons moments, les bons messages, les bons canaux pour toucher son audience, sans sur-sollicitation, sans artifice, sans précipitation. C'est accepter le silence, la pause, le temps de la respiration entre deux campagnes. C'est produire moins, mais mieux, pour créer un lien authentique et durable avec ses publics. On confond d'ailleurs souvent marketing et communication, mais ils ont chacun leur rôle dans ce processus de ralentissement. Le slow marketing repense ce que l'on propose. la slow communication, choisir comment le dire pour que ça résonne vraiment. Alors oui, ralentir fait peur. On a intégré l'idée que ralentir c'est perdre, perdre de la visibilité, des clients, des opportunités. Mais ces peurs sont souvent irrationnelles, nourries par des croyances collectives. Ralentir peut être moins visible à court terme, mais c'est surtout créer plus de confiance, plus de fidélité, plus de légitimité à moyen et long terme. Les chiffres le montrent. Selon une étude de Meaningful Brands, 75% des marques pourraient disparaître sans que cela ne dérange les consommateurs, parce qu'elles n'apportent rien de réellement utile ou mémorable. A l'inverse, les marques qui prennent le temps de créer du lien et d'engager sincèrement leur public génèrent jusqu'à 9 fois plus de fidélité. Par ailleurs, les newsletters envoyés moins fréquemment, mais avec un contenu riche, obtiennent souvent deux fois plus de taux d'ouverture et de clics que des envois hebdomadaires impersonnels. Ce n'est donc pas une... perte, mais un repositionnement, un choix stratégique. Maintenant, certains pourraient objecter, oui, mais on va quand même pas payer les gens à ne rien faire, à ralentir. Surtout quand on entend aujourd'hui notre Premier ministre dire qu'il faut qu'on travaille encore plus. C'est là toute la nuance du slow. Rien à voir avec une inaction ou la paresse. Ralentir, ce n'est pas s'arrêter ou ne rien produire. C'est produire mieux, avec plus d'impact et sur le long terme. C'est consacrer du temps à réfléchir, à comprendre son audience, à... ajuster son message plutôt que de foncer tête baissée dans une course effrénée qui épuise les équipes et dilue les résultats. En réalité, ralentir peut même augmenter la productivité réelle. En arrêtant de multiplier les actions superficielles, on évite la surcharge et le burn-out. On gagne en efficacité et en pertinence. Et surtout, on crée un lien fort et plus durable avec ses clients, ce qui est la vraie richesse à long terme. Ce n'est pas payer les gens à ne rien faire, c'est leur permettre de faire mieux. Prenons l'exemple de la marque… française Unbottled, lancée en 2020. Elle a choisi de développer des produits cosmétiques solides sans plastique, fabriqués en France, distribués en grande distribution, sans souffrir du volume habituel des gammes. Elle privilégie une ligne resserrée bien pensée, à partir d'ingrédients locaux et éthiques, en limitant les références aux strictes nécessaires. Résultat, une croissance à deux chiffres, plus de 10 millions de ventes en 2023, une communauté fidèle prête à les recommander, car la démarche est jugée sincère et cohérente. Ralentir, c'est donc aussi repenser ses offres pour qu'elle soit réellement utile, bien calibrée, et donc plus durable, économiquement comme écologiquement. Et là tu me diras peut-être, ok ralentir ça a l'air bien, mais comment je fais passer le message à ma direction ? Je te comprends, cela semble toujours plus facile à dire qu'à faire. Parce qu'on vit dans un monde où ralentir est encore trop souvent perçu comme non rentable. Comme si prendre du recul, c'était prendre du retard. Comme si réfléchir, c'était perdre du temps. D'abord, rappelons qu'on ne parle pas pas de produire moins pour le plaisir de produire moins. On parle de produire mieux avec plus de sens, plus d'impact. Un contenu pertinent, bien ciblé, bien diffusé, peut générer beaucoup plus de résultats qu'une avalanche de com mal calibrée. En d'autres mots, ralentir, c'est arrêter de gaspiller son énergie, son temps et son budget. Et puis, il y a le coût caché de la vitesse. La précipitation, ça fait faire des erreurs. Ça use les équipes, ça brouille les messages. Est-ce qu'on peut vraiment continuer à s'épuiser dans une course sans fin ? pour gratter quelques vues ou quelques clics de plus. Ensuite, montre que ça marche. Donne des exemples de marques qui ont choisi de ralentir sans disparaître. Et même en gagnant en puissance. Loom, Patagonia, Faguo, elles ne postent pas tous les jours. Mais quand elles prennent la parole, c'est fort, c'est cohérent, c'est écouté. Et ça fonctionne. Enfin, propose d'y aller pas à pas. Il ne s'agit pas de tout révolutionner en une nuit. On peut tester une campagne de slow content sur un mois, voir les résultats, ajuster. Et puis entre nous. Depuis combien de temps n'avez-vous pas pris le temps d'analyser ce que vous faites ? Je veux dire vraiment. Oui, on nous bombarde de KPI, on mesure tout, impressions, clics, likes, taux d'engagement. Mais avons-nous réussi à faire des corrélations ? Est-ce qu'on sait vraiment ce qui fonctionne et surtout pourquoi ? Et en dehors du digital, qu'en est-il du offline ? Qu'en est-il des actions de terrain, des événements, du print, des partenariats ? Est-ce qu'on a pris le temps de les évaluer avec la même exigence ? Qui sont nos cibles ? Qui sont celles et ceux qui interagissent vraiment avec notre marque ? Pourquoi ? Avons-nous mené des enquêtes, écouté les signaux faibles, mis en lumière les vrais besoins au-delà de nos convictions personnelles ? Et dans nos groupes de travail, dans nos réunions stratégiques, avons-nous réellement pris le temps d'approfondir les enjeux, de croiser les données, de réfléchir à plusieurs pour faire émerger des réponses collectives, vivantes, utiles ? Ou sommes-nous juste passés d'un PowerPoint à l'autre en cochant des cases ? Alors concrètement, comment fait-on ? Voici quelques pistes. Proposez moins de produits, mais mieux pensés, mieux conçus, mieux documentés. Alignez la création de produits sur les besoins réels, les capacités de production et les limites écologiques. Adoptez des temps de recul, instaurez des temps d'analyse, de réflexion, de bilan. Ralentissez le rythme des campagnes, au lieu de communiquer tout le temps, privilégiez des temps forts. S'assurez que chaque prise de parole a du sens. Impliquez vos équipes, faire de la place à la réflexion collective. Créer des rituels pour penser ensemble. Travailler la valeur perçue au lieu de pousser des promos ou des urgences. Faire comprendre pourquoi le produit ou le service est pertinent. Donner du fond. Et enfin, accepter le silence. On a le droit de ne pas être tout le temps visible. D'ailleurs, ça me fait penser à une anecdote récente où je me faisais la réflexion que je ne voyais plus passer dans mon fil certaines marques que j'affectionne. Je ne les vois plus et pourtant, je ne les oublie pas. Car elles ont réussi à créer le lien avec moi au point que je ressente leur absence. Je suis donc allée spontanément regarder ce qu'elles avaient récemment communiqué. Ça ne m'a pas empêchée de regarder, liker, partager et d'apprécier ces contenus que j'avais loupés. Satan algorithme. Et là, je t'entends au loin me dire « Oui, mais la régularité et la répétition, c'est le B.A.B. de la publicité. » Oui, mais la répétition n'a d'impact que si le message est juste. Répéter un message flou, mal ciblé ou vide de sens, c'est juste amplifier le bruit. Ce qu'on propose ici, ce n'est pas de publier moins, c'est de publier mieux, avec du fond, avec de la clarté, avec du sens. Tu peux commencer petit, un poste en moins, une newsletter mieux écrite, une pause entre deux campagnes. Tu verras, en te donnant le droit de ralentir, tu redonnes aussi de la valeur à ce que tu proposes. Et souvent, tu redonnes du souffle à ton activité. Mais peut-être qu'au fond, ce qui change vraiment la donne, c'est notre rapport au temps lui-même. Ralentir, ce n'est pas juste une technique. C'est un état d'esprit. C'est se décaler des injonctions, c'est retrouver du plaisir à créer, à communiquer, refuser l'infobésité, c'est faire de la place à ce qui compte vraiment, changer notre rapport au temps, c'est aussi réapprendre à dire non, réinvestir notre rythme propre, se reconnecter à la saisonnalité, au cycle naturel. Et au fond, c'est ça le vrai luxe aujourd'hui, le temps choisi. Ralentir est un acte de conscience, un acte politique même. Face à un modèle de société qui confond vitesse et progrès, performance et précipitation, ralentir c'est résister. On veut toujours faire plus, toujours plus vite. Pourquoi croyez-vous que l'IA fascine autant aujourd'hui ? Mais cette course effrénée épuise. Elle épuise les hommes, elle épuise le vivant. Elle nous déconnecte de nous-mêmes, des autres, de l'essentiel. On a peur de l'ennui, de ne pas être utile. On ne sait plus savourer le silence, l'attente, l'observation. Et si c'était justement dans ces espaces-là que naissaient les idées les plus justes ? C'est refuser la fuite en avant, pour choisir une voie plus alignée, plus sensible, plus durable. Le slow, ce n'est pas une tendance, c'est une posture. Celle qui nous pousse à questionner nos automatismes, à créer autrement, à écouter vraiment, à prendre soin de notre audience, de nos équipes et de nous-mêmes. Ce n'est pas plus facile, ni forcément plus confortable, mais c'est durable. Et aujourd'hui, c'est probablement ce dont on a le plus besoin. Alors je te laisse avec une question. Si tu avais 30% de temps en plus chaque semaine, tu ferais quoi de vraiment important ? Merci d'avoir pris ce temps avec moi. Si cet épisode t'a fait réfléchir, questionner, peut-être même un peu bousculer, et bien tant mieux, c'est tout l'enjeu du ralentissement. Créer de l'espace pour penser autrement. Je te retrouve bientôt dans un nouvel épisode de Verre l'Essentiel. En attendant, prends soin de toi.