Speaker #0Je suis le docteur Cyril Fischhoff qui est repracteur spécialiste en échographie musculo-squelettique exerçant à l'île Maurice. Je vous invite à écouter un nouvel épisode du podcast Vertébranco chaque premier et troisième lundi du mois. Ce podcast est consacré à l'univers de la médecine musculo-squelettique et s'adresse à tout public. Il se veut être un outil de vulgarisation au service de chacun. Nous y abordons les mécanismes en jeu, le diagnostic, les traitements, les méthodes de prévention des différentes pathologies musculo-squelettiques au travers de petites histoires cliniques, des dernières recherches scientifiques et d'interviews de spécialistes. Bonjour à tous, alors nous allons aborder aujourd'hui une articulation qui est essentielle à la biocanique humaine, le genou. Et plus particulièrement, nous allons nous pencher sur sa dégénérescence, son usure, ce qu'on appelle la gonarthrose, plus communément appelée arthrose du genou. Si vous ressentez des douleurs lors de la mise en charge, en descendant des escaliers, ou si vous éprouvez une raideur articulaire matinale, cet épisode s'adresse à vous. Le diagnostic de l'arthrose est souvent posé de manière générique, mais saviez-vous... qu'elle se classifie de manière très précise du grade 0 au grade 4 selon l'échelle radiographique de Kellgren-Lawrence. Identifier avec exactitude le stade évolutif de la dégénérescence est absolument fondamental car cela dicte l'intégralité de la stratégie thérapeutique. L'approche clinique d'un stade 1 diffère radicalement de celle d'un stade 4. Alors décryptons ensemble cette progression pathologique et les solutions thérapeutiques fondées sur les preuves pour chaque niveau. Avant de détailler la classification clinique, redéfinissons brièvement le processus arthrosique. Contrairement à une vision purement mécanique qui comparerait le cartilage à une plaquette de frein qui s'use, la gonarthrose est une pathologie complexe qui affecte l'ensemble de l'organe articulaire. C'est un processus qui est dynamique où le cartilage s'amincit, l'os sucondral, c'est-à-dire l'os qui est situé juste en dessous, réagit aux contraintes en se densifiant et des ostéophytes, ces fameuses petites proliférations osseuses, anarchiques, qu'on appelle de temps en temps bec de perroquet, font leur apparition pour tenter de stabiliser l'articulation. Parallèlement, la membrane synoviale développe une inflammation chronique. L'avantage d'une pathologie dynamique, c'est que nous avons des leviers cliniques pour modifier son évolution. Alors passons à l'évaluation des stades. Le grade 0 correspond à un genou dont les structures sont radiologiquement saines. L'interline articulaire est parfaitement conservée lorsqu'on fait une radiographie. Et l'objectif thérapeutique exclusif est ici prophylactique, il n'y a rien à traiter. Maintien de la capacité de charge tissulaire, contrôle pondéral et activité physique régulière. Puis le grade 1, qui représente le stade infraclinique ou douteux. A l'imagerie, on suspecte une diminution infime de l'interligne articulaire associée à une ostéophytose naissante. En symptomatologie, le patient est souvent asymptomatique ou ne rapporte qu'une gêne transhistoire. Suite à une surcharge mécanique inhabituelle. Pour ce qui est de la prise en charge du grade 1, c'est justement la fenêtre d'opportunité optimale pour corriger la biomécanique globale. La prise en charge s'oriente vers un traitement fonctionnel de l'ensemble de la chaîne cinétique du mort inférieur. Les soins chiropractiques, la physiothérapie pour la rééducation neuromusculaire et la correction des asymétries posturales sont primordiaux. L'objectif est de restaurer la fonction biomécanique pour prévenir l'accumulation de contraintes focalisées sur le comportement articulaire. vulnérable. Nous abordons ensuite le grade 2 qui est caractérisé par une dégénérescence légère mais objectivable. Radiologiquement, la formation d'ostéophytes est avérée et le pincement de l'espace fémurotibial est mesurable. Au niveau symptomatologie, la douleur d'origine mécanique s'installe. Elle est déclenchée par la charge, la locomotion et elle cède au repos. Des épanchements intra-articulaires mineurs peuvent survenir. On dit vulgairement avoir de l'eau dans le genou. L'objectif clinique est de freiner la progression dégénérative et de moduler la douleur sans recourir à une surmédication systématique. L'intervention repose sur la thérapie manuelle, la physiothérapie active et l'exposition graduelle à la charge mécanique. C'est également à ce stade que les thérapies physiques ciblées démontrent une excellente efficacité, comme la photobiostimulation, la thérapie par laser pour son effet anti-inflammatoire, ou encore la thérapie par ondes de choc extra-corporelles, qu'elles soient radiales ou focales. pour traiter par exemple la partie ligamentaire ou les tendinopathies réactives périphériques. Nous pouvons maintenant parler du grade 3 qui marque un tournant clinique significatif, l'espace inter-articulaire est sévèrement compromis. L'imagerie révèle une sclérose secondrale marquée, c'est-à-dire une densification. de l'os qui est situé sous le cartilage. Au niveau symptomatologie, la douleur devient quotidienne, elle interfère avec les activités physiques de base, l'articulation présente des crépitations, une raideur matinale prolongée et la fréquence des poussées congestives augmente. Ça, les poussées inflammatoires. Pour ce qui est de la prise en charge du grade 3, une approche thérapeutique multimodale est requise. Le renforcement de la musculature périarticulaire reste incontournable, mais il est souvent freiné par le phénomène d'inhibition motrice liée à la douleur. la douleur empêchent le muscle de travailler correctement. Et c'est ici que certains traitements dits régénératifs ont leur place. Par exemple, le PRP qui est assez connu, ou le GFC, les facteurs de croissance, qui permettent de moduler le micro-environnement cytokinique, c'est-à-dire inflammatoire, et de stimuler la réparation tissulaire. En parallèle, pour adresser les douleurs neuropathiques périphériques, des techniques comme l'hydrodissection périnorale sous échographie, qui visent à libérer les petits rémaux sensitifs piégés, ou des techniques comme la neuromodulation par stimulation électrique offrent d'excellents résultats pour désensibiliser les voies nerveuses et restaurer la tolérance à l'exercice. Si cette arthrose continue d'évoluer, on atteint donc le grade 4, qui signe un épuisement du capital cartilagineux, le pincement de l'interligne est complet, on observe un contact hausse-contre-hausse sur la radiographie, On observe également des deviations axiales sévères, comme un genou varome, les jambes archées, ou valgome, les jambes en X. Et tout cela va compliquer le tableau. La clinique, la douleur devient chronique et souvent nocturne. La restriction de l'amplitude articulaire et la claudication altèrent massivement la qualité de vie. A ce stade, l'efficacité des traitements conservateurs plafonne. L'indication chirurgicale de l'arthroplastie, c'est-à-dire la prothèse totale ou partielle du genou, doit être sérieusement évaluée avec un chirurgien orthopédique. Toutefois, pour les patients qui présentent des contre-indications chirurgicales ou qui souhaitent différer l'intervention, une prise en charge palliative neuromusculosquelettique s'organise. Gestion des spasmes myofasciaux par exemple par le dry kneeling ou l'électrolyse percutanée, des soins chez le chiropracteur ou le physiothérapiste sur le complexe lombo-pelvi-fémoral pour limiter les compensations biomécaniques délétères sur le reste du corps. Alors en conclusion, le diagnostic de gonarthrose n'est en aucun cas une fatalité qui vous condamne à l'attente passive d'une prothèse. De la prophylaxie neuromusculaire, c'est-à-dire la prévention du grade 0 jusqu'au traitement de type régénératif et l'accompagnement chirurgical au grade 4, la sonale thérapeutique est vaste. N'oubliez pas, la charge mécanique adaptée est le nutriment principal de votre cartilage. Donc il est nécessaire de rester actif et notamment de faire de la marche si l'on peut. Si vos genoux vous limitent, n'attendez pas l'aggravation structurelle, consultez un professionnel de santé neuromusculosquelettique, bénéficiez d'un diagnostic d'imagerie précis tel qu'un bilan radiologique ou échographique et instaurez un protocole thérapeutique calibré à votre grade. Je vous donne rendez-vous très bientôt dans un nouvel épisode du podcast Vertèbre & Co. En attendant, portez-vous bien, restez actifs et si vous avez des questions ou des idées de thèmes que vous souhaitez que nous abordions, n'hésitez pas à me contacter sur la page du podcast