Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Je suis le docteur Cyril Fischhoff qui est repracteur spécialiste en échographie musculo-squelettique exerçant à l'île Maurice. Je vous invite à écouter un nouvel épisode du podcast Vertébranco chaque premier et troisième lundi du mois. Ce podcast est consacré à l'univers de la médecine musculo-squelettique et s'adresse à tout public. Il se veut être un outil de vulgarisation au service de chacun. Nous y abordons les mécanismes en jeu, le diagnostic, les traitements, les méthodes de prévention des différentes pathologies musculo-squelettiques au travers de petites histoires cliniques, des dernières recherches scientifiques et d'interviews de spécialistes. Bonjour à tous, alors aujourd'hui on reçoit à nouveau le docteur Gauthier. Tibéri, chiropracteur, et on va parler d'un sujet un petit peu inhabituel de notre podcast, qui est l'impact du sport, de l'activité physique sur la santé mentale. Alors la chance qu'on a, c'est que docteur Tibéri est également un sportif aguerri, et donc il va pouvoir nous donner beaucoup d'explications intéressantes. Docteur Tibéri, bonjour.
Bonjour docteur Chichoff.
Alors on sait, tout le monde sait que l'exercice est recommandé par tous les professionnels de santé, et absolument essentiel pour le système cardiovasculaire. Mais l'impact sur le système nerveux, et notamment sur la cognition, est beaucoup moins connu. Et donc on va voir avec vous ce qu'en dit réellement la science, et comment l'activité physique peut agir comme une véritable thérapie pour le mental. Alors d'abord, une toute première question, est-ce qu'on a, parce qu'on sait que ça existe encore une fois dans la sphère cardiovasculaire, Est-ce qu'il existe des recommandations officielles, par exemple de l'OMS ou autres, des sociétés savantes sur la quantité d'activité physique à avoir ?
Alors oui, il existe des recommandations. Justement, l'Organisation Mondiale de la Santé, l'OMS, recommande pour les adultes de faire entre 150 et 300 minutes d'activité physique, d'intensité modérée, par semaine. Donc c'est ce qui équivaut, grosso modo, au minimum à 2h, 2h30 de sport par semaine. avec idéalement des exercices de renforcement musculaire ciblant les grands groupes musculaires au moins deux jours dans une semaine. Il y a aussi des données scientifiques publiées sur PubMed qui confirment que le volume d'activité ne protège pas seulement contre les maladies métaboliques mais fait du bien aussi au mental. Il joue un rôle crucial dans la régulation de l'humeur, la baisse de l'anxiété et la prévention de la dépression. Mais je ne parle pas du traitement de la dépression, je parle juste d'un facteur qui peut aider les personnes dépressives. Si jamais il y a des problèmes d'ailleurs par rapport à ça, allez voir un psychologue, une personne qui est recommandée, un thérapeute qui est recommandé pour cette branche. Ensuite, nous avons aussi pas mal d'études en fait sur PubMed qui sont dans ce sens, notamment une publiée en septembre 2020 sur les effets positifs de la course à pied sur la santé mentale par exemple. Et cette étude a démontré que la course à pied peut constituer un outil thérapeutique précieux pour diverses affections psychologiques négatives telles que la dépression, l'anxiété, la tension. les troubles de l'humeur et le manque de confiance en soi. Donc ça met vraiment en lien l'impact du sport avec les affections psychologiques. Une autre étude, une revue systématique publiée en juin 2023, qui a permis de regarder l'impact de la pratique sportive sur la santé mentale et les résultats sociaux chez les adultes, ce qu'elle a mis en évidence, c'est que la pratique sportive est globalement bénéfique pour la santé mentale et le bien-être social des adultes. En résumé, quand vous pratiquez une activité physique individuelle ou même en équipe, Le sport est d'améliorer votre estime de soi, votre satisfaction de soi par rapport aux challenges que vous donnez, tout en réduisant le stress, l'anxiété et la dépression.
Très bien, merci. Mais la question qu'on se pose, c'est comment l'activité physique, comme le fait de jouer au football régulièrement, peut matériellement avoir un impact sur le psychique ? Qu'est-ce qu'il y a de physique derrière tout ça ?
Alors il faut bien comprendre deux choses avant cette explication là, c'est qu'il y a deux choses évidentes, ce sont les neurotransmetteurs et puis les hormones. Il faut bien comprendre la distinction entre les deux, c'est qu'un neurotransmetteur c'est lié directement au système nerveux, les neurones, qui communiquent entre eux par des synapses. C'est un petit espace microscopique entre les deux permettant la sécrétion d'éléments pour pouvoir faire passer un message. Dans un premier temps nous avons vu du coup les neurotransmetteurs et dans un second temps nous avons les hormones qui elles viennent du système... endocriniens, donc elles sont produites par des glandes et émises dans le sang, donc c'est vraiment au niveau de la circulation sanguine, et donc elles se diffusent partout dans le corps. Donc par rapport au neurotransmetteur, la vitesse d'action est ultra rapide, c'est quelques millisecondes au niveau de la synapse, tandis qu'au niveau des hormones, c'est beaucoup plus lent, c'est quelques secondes, minutes, voire heures, parce que ça diffuse dans tout le... Tout le corps. La durée de l'effet, pareil, pour le neurotransmetteur, est très courte, ponctuelle, alors que pour l'hormone, elle est plutôt prolongée, durable dans le temps. Et on a quelques exemples de neurotransmetteurs qui sont les dopamines, la sérotonine, ou par rapport aux hormones, on a aussi l'insuline, l'adrénaline, le cortisol, les hormones un peu plus connues.
Merci pour ces précisions et ces concepts d'hormones et de neurotransmetteurs. Et alors cet effet-là, est-ce qu'il commence pendant l'activité physique ? après un certain temps d'activité physique ou après l'activité physique.
Donc cet effet-là commence avant, non pas pendant ou après, mais vraiment avant l'activité physique. On a un pic de dopamine parce que lorsqu'on va conditionner le cerveau à faire une activité physique, le cerveau lui-même anticipe la réconference et l'exercice et donc il libère déjà de la dopamine. Donc ça c'est un neurotransmetteur qui ne procure pas seulement du plaisir, il génère surtout une motivation. l'élan et puis l'énergie nécessaire pour pouvoir repasser la salle de la porte, par exemple, de la salle de sport. Donc nous avons également l'adrénaline qui est sécrétée par la médulo surrénale, qui sont des petites glandes situées au-dessus des reins. On a aussi la noradrénaline sécrétée par le cerveau. Et donc au résultat, notre rythme cardiaque s'élève légèrement, les bronches se dilatent, le glycogène stocké dans les muscles est mobilisé pour être transformé en glucose. Bref, le corps est prêt à faire du sport et à être en alerte positive.
Donc ça, c'est ce qui se passe. Avant l'effort et finalement pendant l'effort, qu'est-ce qui se passe ?
On va voir dans cette partie les bêta-endorphines qui permettent la modulation de la douleur. Elles sont produites par l'hypophyse, l'hypothalamus et elles agissent comme des antalgiques naturelles. Elles nous permettent aussi d'avoir une sensation d'euphorie légère, le fameux second souffle. Pour ceux qui sont sportifs, ils peuvent connaître cette sensation-là.
Quand vous parlez d'antalgiques, c'est-à-dire que ce sont des antidouleurs, c'est bien ça ?
Effectivement, ce sont des antidouleurs, oui. Le deuxième, ça va être l'anandamide. qui est l'une des stars de la course de fond, l'effort prolongé. Et en fait, c'est vraiment elle qui est responsable de l'euphorie du coureur. Elle travaille sur le système limbique, donc elle permet de réduire l'anxiété, diminuer la perception subjetive de l'effort et engendre un sentiment de béatitude ainsi qu'une hausse de la clarté mentale. Et on a aussi, dès les premières secondes, les catécholamines, donc l'adrénaline et la noradrénaline, qui augmentent le débit cardiaque et l'éveil pour préparer l'effort. Et dans un second temps... On a l'axe corticotrope qui lui libère du cortisol pour stimuler la néoglucogénèse et la lipolyse. Bref, ça permettra de créer de l'énergie pour l'activité physique. Chez le sportif régulier, l'exercice répété réétalonne cet axe. Donc en fait, on va avoir moins de cortisol basal sécrété pour un même stress qu'une personne qui, elle, ne fait pas trop de sport. Par rapport à ce mécanisme-là, le nerf vague, à force d'être surutilisé ou d'être stimulé, devient plus fort au repos et donc ça permet de créer une... une baisse de ce cortisol basal dans le sang.
Donc en fait, ça engendre une espèce de tempérance qui peut perdurer après le sport.
Exactement. Effectivement, le mécanisme d'action chez le sportif, étant donné que le cœur est un muscle, étant donné qu'il va le stimuler, il va muscler le cœur, le cœur va pouvoir éjecter plus de sang en un battement, être beaucoup plus efficace. Et c'est pour cela qu'un sportif, le battement par minute d'un sportif au repos est souvent plus bas par rapport à une personne qui ne fait pas du tout de sport. Cette boucle-là, en fait, ça stimule le nerf vague, qui lui fait partie du système nerveux parasympathique, donc plus le système nerveux pour le repos, la digestion, donc le retour au calme post-effort. Donc ce nerf vague est obligé d'être stimulé pour pouvoir diminuer ce battement cardiaque par minute du sportif, pour pouvoir maintenir une pression basse, étant donné que son cœur est plus fort.
Merci pour ces explications. J'en reviens sur le cortisol. On sait que le cortisol, c'est l'hormone du stress par excellence, avec tous les effets qui sont associés, c'est-à-dire les troubles du sommeil, la prise de poids, etc. Pourquoi l'activité sportive, physique régulière, permet-elle de faire baisser ce taux de cortisol ?
Tout à l'heure, je vous ai parlé de l'axe corticotrope. Donc, on a le système nerveux sympathique qui, lui... sécrète le cortisol, donc c'est bon pendant le sport, mais chez les personnes qui ne font pas de sport, cet axe-là est surstimulé. Et donc, avec la boucle réflexe par rapport au parasympathique, qui lui régule, module le sapin-sic pour éviter qu'il soit trop fort, et donc ça nous permet en fait de moduler la sécrétion de cortisol.
Alors, on entend de plus en plus parler de nos jours, en tout cas dans la recherche en la matière, d'une molécule qui s'appelle le BDN. et qui est en lien justement avec l'activité physique. Est-ce que vous pourriez nous en dire un petit peu plus ?
Effectivement, lors de l'activité physique, la contraction musculaire déclenche les sécrétions de myokines, comme l'irisine et la production de lactate, qui franchissent la barrière hémato-encéphalique, donc passent du sang au cerveau et stimulent massivement les... L'expression de ce facteur-là, le BDNF dans l'hippocampe, c'est une protéine qui est neurotrophique et qui agit comme un engrais moléculaire. Elle permet de stimuler la neurogénèse, elle permet de protéger les neurones déjà existants, elle renforce aussi la plasticité synapse et elle est aussi essentielle pour la mémoire et l'apprentissage.
Et alors, est-ce qu'il y a un type d'exercice, un type de sport particulier qui est plus intéressant qu'un autre ?
Oui, effectivement, on a en fait l'entraînement combiné, l'entraînement aérobie plus la musculation. Les dernières revues systématiques de la littérature montrent que combiner le cardio, donc par exemple la course, le vélo et la musculation, est plus efficace pour élever le taux de BDNF qu'une seule pratique de sport simple comme le cardio.
Donc comme en toute matière, il faut essayer de varier le type d'activité qu'on va avoir. Bon ben merci beaucoup. Et donc là, on a parlé de ce qui peut se passer avant l'effort, pendant l'effort et après l'effort. Que se passe-t-il ?
Comme on expliquait dans ce podcast, Après l'effort, on a la transition de la phase sympathique vers la phase parasympathique. Donc parasympathique, c'est le mode repos, le mode de la digestion. C'est à ce moment précis que s'installe la sensation de flottaison, de bien-être profond. Et on a notamment un pic de sérotonine, une cascade au niveau des neurotransmetteurs. Notamment un pic de sérotonine, parce que la baisse graduelle de l'effort, combinée à l'utilisation d'un tryptophan, donc un acide aminé par le cerveau, entraîne naturellement une hausse de la sérotonine. C'est ce qui permet de réguler l'humeur, l'impulsivité, l'anxiété. Un boteau de sérotonine prévient la dépression et procure un sentiment de paix. Ensuite, on a aussi un autre neurotransmetteur, le GABA, qui est le principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central. Il agit comme un frein chimique et calme l'hyperactivité cérébrale. C'est pour ça qu'après l'effort, tout ce qui est rumination mentale s'arrête, parce que le cerveau est littéralement calmé chimiquement. Ensuite, on peut aussi avoir l'action de l'ocytocine ou de la prolactine, qui sont des hormones ce coup-ci et qui sont sécrétées surtout pour les activités menées en groupe ou en équipe. Parce qu'on a l'hormone du lien social en fait, vu qu'on va partager une activité, on va partager un match de foot par exemple ou un match de paddle. Donc ça renforce le sentiment de sécurité affective, d'appartenance et de plénitude collective. Et on a aussi la chute de l'adrénaline et de la noradrénaline. post-sport qui laisse place à une vasodilatation périphérique. Tous les muscles se relâchent profondément en voyant au cerveau un signal somatique de sécurité.
Je vous remercie beaucoup pour avoir eu toutes ces explications et de l'impact du physique sur le psychique avant, pendant et après l'effort. Docteur Tibéry, est-ce que vous aurez une conclusion à nous proposer ?
Si il y a une conclusion à proposer, ce serait la suivante. Pratiquer une activité physique ne se résulte pas à brûler des calories. C'est un formidable catalyseur d'épanouissement personnel, que ce soit par rapport au challenge, à l'auto-efficacité, donc se fixer des objectifs, l'atteindre, renforcer l'estime de soi. Le sentiment d'accomplissement libère aussi la dopamine, consolidant la confiance en ses capacités. On a aussi en deuxième le lien social, le sentiment d'appartenance. Si vous faites du sport avec des amis, la famille, des proches, c'est toujours plus fun de partager un effort, s'encourager mutuellement, faire partie d'une structure active, ce sentiment d'appartenance, si cher à notre équilibre psychologique. Et voilà, pour résumer, commencez à votre rythme progressivement, puis visez les seuils recommandés de l'Organisation Mondiale de la Santé. Et surtout, faites une activité qui vous fait plaisir.
Eh bien, Dr Tiberi, je vous remercie pour toutes ces explications. J'espère que ça va motiver nos patients et non-patients à faire de l'activité physique.
Avec grand plaisir, merci pour l'invitation.
Je vous donne rendez-vous très bientôt dans un nouvel épisode du podcast Vertèbre & Co. En attendant, portez-vous bien, restez actifs et si vous avez des questions ou des idées de thèmes, que vous souhaitez que nous abordions, n'hésitez pas à me contacter sur la page du podcast
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Je suis le docteur Cyril Fischhoff qui est repracteur spécialiste en échographie musculo-squelettique exerçant à l'île Maurice. Je vous invite à écouter un nouvel épisode du podcast Vertébranco chaque premier et troisième lundi du mois. Ce podcast est consacré à l'univers de la médecine musculo-squelettique et s'adresse à tout public. Il se veut être un outil de vulgarisation au service de chacun. Nous y abordons les mécanismes en jeu, le diagnostic, les traitements, les méthodes de prévention des différentes pathologies musculo-squelettiques au travers de petites histoires cliniques, des dernières recherches scientifiques et d'interviews de spécialistes. Bonjour à tous, alors aujourd'hui on reçoit à nouveau le docteur Gauthier. Tibéri, chiropracteur, et on va parler d'un sujet un petit peu inhabituel de notre podcast, qui est l'impact du sport, de l'activité physique sur la santé mentale. Alors la chance qu'on a, c'est que docteur Tibéri est également un sportif aguerri, et donc il va pouvoir nous donner beaucoup d'explications intéressantes. Docteur Tibéri, bonjour.
Bonjour docteur Chichoff.
Alors on sait, tout le monde sait que l'exercice est recommandé par tous les professionnels de santé, et absolument essentiel pour le système cardiovasculaire. Mais l'impact sur le système nerveux, et notamment sur la cognition, est beaucoup moins connu. Et donc on va voir avec vous ce qu'en dit réellement la science, et comment l'activité physique peut agir comme une véritable thérapie pour le mental. Alors d'abord, une toute première question, est-ce qu'on a, parce qu'on sait que ça existe encore une fois dans la sphère cardiovasculaire, Est-ce qu'il existe des recommandations officielles, par exemple de l'OMS ou autres, des sociétés savantes sur la quantité d'activité physique à avoir ?
Alors oui, il existe des recommandations. Justement, l'Organisation Mondiale de la Santé, l'OMS, recommande pour les adultes de faire entre 150 et 300 minutes d'activité physique, d'intensité modérée, par semaine. Donc c'est ce qui équivaut, grosso modo, au minimum à 2h, 2h30 de sport par semaine. avec idéalement des exercices de renforcement musculaire ciblant les grands groupes musculaires au moins deux jours dans une semaine. Il y a aussi des données scientifiques publiées sur PubMed qui confirment que le volume d'activité ne protège pas seulement contre les maladies métaboliques mais fait du bien aussi au mental. Il joue un rôle crucial dans la régulation de l'humeur, la baisse de l'anxiété et la prévention de la dépression. Mais je ne parle pas du traitement de la dépression, je parle juste d'un facteur qui peut aider les personnes dépressives. Si jamais il y a des problèmes d'ailleurs par rapport à ça, allez voir un psychologue, une personne qui est recommandée, un thérapeute qui est recommandé pour cette branche. Ensuite, nous avons aussi pas mal d'études en fait sur PubMed qui sont dans ce sens, notamment une publiée en septembre 2020 sur les effets positifs de la course à pied sur la santé mentale par exemple. Et cette étude a démontré que la course à pied peut constituer un outil thérapeutique précieux pour diverses affections psychologiques négatives telles que la dépression, l'anxiété, la tension. les troubles de l'humeur et le manque de confiance en soi. Donc ça met vraiment en lien l'impact du sport avec les affections psychologiques. Une autre étude, une revue systématique publiée en juin 2023, qui a permis de regarder l'impact de la pratique sportive sur la santé mentale et les résultats sociaux chez les adultes, ce qu'elle a mis en évidence, c'est que la pratique sportive est globalement bénéfique pour la santé mentale et le bien-être social des adultes. En résumé, quand vous pratiquez une activité physique individuelle ou même en équipe, Le sport est d'améliorer votre estime de soi, votre satisfaction de soi par rapport aux challenges que vous donnez, tout en réduisant le stress, l'anxiété et la dépression.
Très bien, merci. Mais la question qu'on se pose, c'est comment l'activité physique, comme le fait de jouer au football régulièrement, peut matériellement avoir un impact sur le psychique ? Qu'est-ce qu'il y a de physique derrière tout ça ?
Alors il faut bien comprendre deux choses avant cette explication là, c'est qu'il y a deux choses évidentes, ce sont les neurotransmetteurs et puis les hormones. Il faut bien comprendre la distinction entre les deux, c'est qu'un neurotransmetteur c'est lié directement au système nerveux, les neurones, qui communiquent entre eux par des synapses. C'est un petit espace microscopique entre les deux permettant la sécrétion d'éléments pour pouvoir faire passer un message. Dans un premier temps nous avons vu du coup les neurotransmetteurs et dans un second temps nous avons les hormones qui elles viennent du système... endocriniens, donc elles sont produites par des glandes et émises dans le sang, donc c'est vraiment au niveau de la circulation sanguine, et donc elles se diffusent partout dans le corps. Donc par rapport au neurotransmetteur, la vitesse d'action est ultra rapide, c'est quelques millisecondes au niveau de la synapse, tandis qu'au niveau des hormones, c'est beaucoup plus lent, c'est quelques secondes, minutes, voire heures, parce que ça diffuse dans tout le... Tout le corps. La durée de l'effet, pareil, pour le neurotransmetteur, est très courte, ponctuelle, alors que pour l'hormone, elle est plutôt prolongée, durable dans le temps. Et on a quelques exemples de neurotransmetteurs qui sont les dopamines, la sérotonine, ou par rapport aux hormones, on a aussi l'insuline, l'adrénaline, le cortisol, les hormones un peu plus connues.
Merci pour ces précisions et ces concepts d'hormones et de neurotransmetteurs. Et alors cet effet-là, est-ce qu'il commence pendant l'activité physique ? après un certain temps d'activité physique ou après l'activité physique.
Donc cet effet-là commence avant, non pas pendant ou après, mais vraiment avant l'activité physique. On a un pic de dopamine parce que lorsqu'on va conditionner le cerveau à faire une activité physique, le cerveau lui-même anticipe la réconference et l'exercice et donc il libère déjà de la dopamine. Donc ça c'est un neurotransmetteur qui ne procure pas seulement du plaisir, il génère surtout une motivation. l'élan et puis l'énergie nécessaire pour pouvoir repasser la salle de la porte, par exemple, de la salle de sport. Donc nous avons également l'adrénaline qui est sécrétée par la médulo surrénale, qui sont des petites glandes situées au-dessus des reins. On a aussi la noradrénaline sécrétée par le cerveau. Et donc au résultat, notre rythme cardiaque s'élève légèrement, les bronches se dilatent, le glycogène stocké dans les muscles est mobilisé pour être transformé en glucose. Bref, le corps est prêt à faire du sport et à être en alerte positive.
Donc ça, c'est ce qui se passe. Avant l'effort et finalement pendant l'effort, qu'est-ce qui se passe ?
On va voir dans cette partie les bêta-endorphines qui permettent la modulation de la douleur. Elles sont produites par l'hypophyse, l'hypothalamus et elles agissent comme des antalgiques naturelles. Elles nous permettent aussi d'avoir une sensation d'euphorie légère, le fameux second souffle. Pour ceux qui sont sportifs, ils peuvent connaître cette sensation-là.
Quand vous parlez d'antalgiques, c'est-à-dire que ce sont des antidouleurs, c'est bien ça ?
Effectivement, ce sont des antidouleurs, oui. Le deuxième, ça va être l'anandamide. qui est l'une des stars de la course de fond, l'effort prolongé. Et en fait, c'est vraiment elle qui est responsable de l'euphorie du coureur. Elle travaille sur le système limbique, donc elle permet de réduire l'anxiété, diminuer la perception subjetive de l'effort et engendre un sentiment de béatitude ainsi qu'une hausse de la clarté mentale. Et on a aussi, dès les premières secondes, les catécholamines, donc l'adrénaline et la noradrénaline, qui augmentent le débit cardiaque et l'éveil pour préparer l'effort. Et dans un second temps... On a l'axe corticotrope qui lui libère du cortisol pour stimuler la néoglucogénèse et la lipolyse. Bref, ça permettra de créer de l'énergie pour l'activité physique. Chez le sportif régulier, l'exercice répété réétalonne cet axe. Donc en fait, on va avoir moins de cortisol basal sécrété pour un même stress qu'une personne qui, elle, ne fait pas trop de sport. Par rapport à ce mécanisme-là, le nerf vague, à force d'être surutilisé ou d'être stimulé, devient plus fort au repos et donc ça permet de créer une... une baisse de ce cortisol basal dans le sang.
Donc en fait, ça engendre une espèce de tempérance qui peut perdurer après le sport.
Exactement. Effectivement, le mécanisme d'action chez le sportif, étant donné que le cœur est un muscle, étant donné qu'il va le stimuler, il va muscler le cœur, le cœur va pouvoir éjecter plus de sang en un battement, être beaucoup plus efficace. Et c'est pour cela qu'un sportif, le battement par minute d'un sportif au repos est souvent plus bas par rapport à une personne qui ne fait pas du tout de sport. Cette boucle-là, en fait, ça stimule le nerf vague, qui lui fait partie du système nerveux parasympathique, donc plus le système nerveux pour le repos, la digestion, donc le retour au calme post-effort. Donc ce nerf vague est obligé d'être stimulé pour pouvoir diminuer ce battement cardiaque par minute du sportif, pour pouvoir maintenir une pression basse, étant donné que son cœur est plus fort.
Merci pour ces explications. J'en reviens sur le cortisol. On sait que le cortisol, c'est l'hormone du stress par excellence, avec tous les effets qui sont associés, c'est-à-dire les troubles du sommeil, la prise de poids, etc. Pourquoi l'activité sportive, physique régulière, permet-elle de faire baisser ce taux de cortisol ?
Tout à l'heure, je vous ai parlé de l'axe corticotrope. Donc, on a le système nerveux sympathique qui, lui... sécrète le cortisol, donc c'est bon pendant le sport, mais chez les personnes qui ne font pas de sport, cet axe-là est surstimulé. Et donc, avec la boucle réflexe par rapport au parasympathique, qui lui régule, module le sapin-sic pour éviter qu'il soit trop fort, et donc ça nous permet en fait de moduler la sécrétion de cortisol.
Alors, on entend de plus en plus parler de nos jours, en tout cas dans la recherche en la matière, d'une molécule qui s'appelle le BDN. et qui est en lien justement avec l'activité physique. Est-ce que vous pourriez nous en dire un petit peu plus ?
Effectivement, lors de l'activité physique, la contraction musculaire déclenche les sécrétions de myokines, comme l'irisine et la production de lactate, qui franchissent la barrière hémato-encéphalique, donc passent du sang au cerveau et stimulent massivement les... L'expression de ce facteur-là, le BDNF dans l'hippocampe, c'est une protéine qui est neurotrophique et qui agit comme un engrais moléculaire. Elle permet de stimuler la neurogénèse, elle permet de protéger les neurones déjà existants, elle renforce aussi la plasticité synapse et elle est aussi essentielle pour la mémoire et l'apprentissage.
Et alors, est-ce qu'il y a un type d'exercice, un type de sport particulier qui est plus intéressant qu'un autre ?
Oui, effectivement, on a en fait l'entraînement combiné, l'entraînement aérobie plus la musculation. Les dernières revues systématiques de la littérature montrent que combiner le cardio, donc par exemple la course, le vélo et la musculation, est plus efficace pour élever le taux de BDNF qu'une seule pratique de sport simple comme le cardio.
Donc comme en toute matière, il faut essayer de varier le type d'activité qu'on va avoir. Bon ben merci beaucoup. Et donc là, on a parlé de ce qui peut se passer avant l'effort, pendant l'effort et après l'effort. Que se passe-t-il ?
Comme on expliquait dans ce podcast, Après l'effort, on a la transition de la phase sympathique vers la phase parasympathique. Donc parasympathique, c'est le mode repos, le mode de la digestion. C'est à ce moment précis que s'installe la sensation de flottaison, de bien-être profond. Et on a notamment un pic de sérotonine, une cascade au niveau des neurotransmetteurs. Notamment un pic de sérotonine, parce que la baisse graduelle de l'effort, combinée à l'utilisation d'un tryptophan, donc un acide aminé par le cerveau, entraîne naturellement une hausse de la sérotonine. C'est ce qui permet de réguler l'humeur, l'impulsivité, l'anxiété. Un boteau de sérotonine prévient la dépression et procure un sentiment de paix. Ensuite, on a aussi un autre neurotransmetteur, le GABA, qui est le principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central. Il agit comme un frein chimique et calme l'hyperactivité cérébrale. C'est pour ça qu'après l'effort, tout ce qui est rumination mentale s'arrête, parce que le cerveau est littéralement calmé chimiquement. Ensuite, on peut aussi avoir l'action de l'ocytocine ou de la prolactine, qui sont des hormones ce coup-ci et qui sont sécrétées surtout pour les activités menées en groupe ou en équipe. Parce qu'on a l'hormone du lien social en fait, vu qu'on va partager une activité, on va partager un match de foot par exemple ou un match de paddle. Donc ça renforce le sentiment de sécurité affective, d'appartenance et de plénitude collective. Et on a aussi la chute de l'adrénaline et de la noradrénaline. post-sport qui laisse place à une vasodilatation périphérique. Tous les muscles se relâchent profondément en voyant au cerveau un signal somatique de sécurité.
Je vous remercie beaucoup pour avoir eu toutes ces explications et de l'impact du physique sur le psychique avant, pendant et après l'effort. Docteur Tibéry, est-ce que vous aurez une conclusion à nous proposer ?
Si il y a une conclusion à proposer, ce serait la suivante. Pratiquer une activité physique ne se résulte pas à brûler des calories. C'est un formidable catalyseur d'épanouissement personnel, que ce soit par rapport au challenge, à l'auto-efficacité, donc se fixer des objectifs, l'atteindre, renforcer l'estime de soi. Le sentiment d'accomplissement libère aussi la dopamine, consolidant la confiance en ses capacités. On a aussi en deuxième le lien social, le sentiment d'appartenance. Si vous faites du sport avec des amis, la famille, des proches, c'est toujours plus fun de partager un effort, s'encourager mutuellement, faire partie d'une structure active, ce sentiment d'appartenance, si cher à notre équilibre psychologique. Et voilà, pour résumer, commencez à votre rythme progressivement, puis visez les seuils recommandés de l'Organisation Mondiale de la Santé. Et surtout, faites une activité qui vous fait plaisir.
Eh bien, Dr Tiberi, je vous remercie pour toutes ces explications. J'espère que ça va motiver nos patients et non-patients à faire de l'activité physique.
Avec grand plaisir, merci pour l'invitation.
Je vous donne rendez-vous très bientôt dans un nouvel épisode du podcast Vertèbre & Co. En attendant, portez-vous bien, restez actifs et si vous avez des questions ou des idées de thèmes, que vous souhaitez que nous abordions, n'hésitez pas à me contacter sur la page du podcast
Share
Embed
You may also like
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Je suis le docteur Cyril Fischhoff qui est repracteur spécialiste en échographie musculo-squelettique exerçant à l'île Maurice. Je vous invite à écouter un nouvel épisode du podcast Vertébranco chaque premier et troisième lundi du mois. Ce podcast est consacré à l'univers de la médecine musculo-squelettique et s'adresse à tout public. Il se veut être un outil de vulgarisation au service de chacun. Nous y abordons les mécanismes en jeu, le diagnostic, les traitements, les méthodes de prévention des différentes pathologies musculo-squelettiques au travers de petites histoires cliniques, des dernières recherches scientifiques et d'interviews de spécialistes. Bonjour à tous, alors aujourd'hui on reçoit à nouveau le docteur Gauthier. Tibéri, chiropracteur, et on va parler d'un sujet un petit peu inhabituel de notre podcast, qui est l'impact du sport, de l'activité physique sur la santé mentale. Alors la chance qu'on a, c'est que docteur Tibéri est également un sportif aguerri, et donc il va pouvoir nous donner beaucoup d'explications intéressantes. Docteur Tibéri, bonjour.
Bonjour docteur Chichoff.
Alors on sait, tout le monde sait que l'exercice est recommandé par tous les professionnels de santé, et absolument essentiel pour le système cardiovasculaire. Mais l'impact sur le système nerveux, et notamment sur la cognition, est beaucoup moins connu. Et donc on va voir avec vous ce qu'en dit réellement la science, et comment l'activité physique peut agir comme une véritable thérapie pour le mental. Alors d'abord, une toute première question, est-ce qu'on a, parce qu'on sait que ça existe encore une fois dans la sphère cardiovasculaire, Est-ce qu'il existe des recommandations officielles, par exemple de l'OMS ou autres, des sociétés savantes sur la quantité d'activité physique à avoir ?
Alors oui, il existe des recommandations. Justement, l'Organisation Mondiale de la Santé, l'OMS, recommande pour les adultes de faire entre 150 et 300 minutes d'activité physique, d'intensité modérée, par semaine. Donc c'est ce qui équivaut, grosso modo, au minimum à 2h, 2h30 de sport par semaine. avec idéalement des exercices de renforcement musculaire ciblant les grands groupes musculaires au moins deux jours dans une semaine. Il y a aussi des données scientifiques publiées sur PubMed qui confirment que le volume d'activité ne protège pas seulement contre les maladies métaboliques mais fait du bien aussi au mental. Il joue un rôle crucial dans la régulation de l'humeur, la baisse de l'anxiété et la prévention de la dépression. Mais je ne parle pas du traitement de la dépression, je parle juste d'un facteur qui peut aider les personnes dépressives. Si jamais il y a des problèmes d'ailleurs par rapport à ça, allez voir un psychologue, une personne qui est recommandée, un thérapeute qui est recommandé pour cette branche. Ensuite, nous avons aussi pas mal d'études en fait sur PubMed qui sont dans ce sens, notamment une publiée en septembre 2020 sur les effets positifs de la course à pied sur la santé mentale par exemple. Et cette étude a démontré que la course à pied peut constituer un outil thérapeutique précieux pour diverses affections psychologiques négatives telles que la dépression, l'anxiété, la tension. les troubles de l'humeur et le manque de confiance en soi. Donc ça met vraiment en lien l'impact du sport avec les affections psychologiques. Une autre étude, une revue systématique publiée en juin 2023, qui a permis de regarder l'impact de la pratique sportive sur la santé mentale et les résultats sociaux chez les adultes, ce qu'elle a mis en évidence, c'est que la pratique sportive est globalement bénéfique pour la santé mentale et le bien-être social des adultes. En résumé, quand vous pratiquez une activité physique individuelle ou même en équipe, Le sport est d'améliorer votre estime de soi, votre satisfaction de soi par rapport aux challenges que vous donnez, tout en réduisant le stress, l'anxiété et la dépression.
Très bien, merci. Mais la question qu'on se pose, c'est comment l'activité physique, comme le fait de jouer au football régulièrement, peut matériellement avoir un impact sur le psychique ? Qu'est-ce qu'il y a de physique derrière tout ça ?
Alors il faut bien comprendre deux choses avant cette explication là, c'est qu'il y a deux choses évidentes, ce sont les neurotransmetteurs et puis les hormones. Il faut bien comprendre la distinction entre les deux, c'est qu'un neurotransmetteur c'est lié directement au système nerveux, les neurones, qui communiquent entre eux par des synapses. C'est un petit espace microscopique entre les deux permettant la sécrétion d'éléments pour pouvoir faire passer un message. Dans un premier temps nous avons vu du coup les neurotransmetteurs et dans un second temps nous avons les hormones qui elles viennent du système... endocriniens, donc elles sont produites par des glandes et émises dans le sang, donc c'est vraiment au niveau de la circulation sanguine, et donc elles se diffusent partout dans le corps. Donc par rapport au neurotransmetteur, la vitesse d'action est ultra rapide, c'est quelques millisecondes au niveau de la synapse, tandis qu'au niveau des hormones, c'est beaucoup plus lent, c'est quelques secondes, minutes, voire heures, parce que ça diffuse dans tout le... Tout le corps. La durée de l'effet, pareil, pour le neurotransmetteur, est très courte, ponctuelle, alors que pour l'hormone, elle est plutôt prolongée, durable dans le temps. Et on a quelques exemples de neurotransmetteurs qui sont les dopamines, la sérotonine, ou par rapport aux hormones, on a aussi l'insuline, l'adrénaline, le cortisol, les hormones un peu plus connues.
Merci pour ces précisions et ces concepts d'hormones et de neurotransmetteurs. Et alors cet effet-là, est-ce qu'il commence pendant l'activité physique ? après un certain temps d'activité physique ou après l'activité physique.
Donc cet effet-là commence avant, non pas pendant ou après, mais vraiment avant l'activité physique. On a un pic de dopamine parce que lorsqu'on va conditionner le cerveau à faire une activité physique, le cerveau lui-même anticipe la réconference et l'exercice et donc il libère déjà de la dopamine. Donc ça c'est un neurotransmetteur qui ne procure pas seulement du plaisir, il génère surtout une motivation. l'élan et puis l'énergie nécessaire pour pouvoir repasser la salle de la porte, par exemple, de la salle de sport. Donc nous avons également l'adrénaline qui est sécrétée par la médulo surrénale, qui sont des petites glandes situées au-dessus des reins. On a aussi la noradrénaline sécrétée par le cerveau. Et donc au résultat, notre rythme cardiaque s'élève légèrement, les bronches se dilatent, le glycogène stocké dans les muscles est mobilisé pour être transformé en glucose. Bref, le corps est prêt à faire du sport et à être en alerte positive.
Donc ça, c'est ce qui se passe. Avant l'effort et finalement pendant l'effort, qu'est-ce qui se passe ?
On va voir dans cette partie les bêta-endorphines qui permettent la modulation de la douleur. Elles sont produites par l'hypophyse, l'hypothalamus et elles agissent comme des antalgiques naturelles. Elles nous permettent aussi d'avoir une sensation d'euphorie légère, le fameux second souffle. Pour ceux qui sont sportifs, ils peuvent connaître cette sensation-là.
Quand vous parlez d'antalgiques, c'est-à-dire que ce sont des antidouleurs, c'est bien ça ?
Effectivement, ce sont des antidouleurs, oui. Le deuxième, ça va être l'anandamide. qui est l'une des stars de la course de fond, l'effort prolongé. Et en fait, c'est vraiment elle qui est responsable de l'euphorie du coureur. Elle travaille sur le système limbique, donc elle permet de réduire l'anxiété, diminuer la perception subjetive de l'effort et engendre un sentiment de béatitude ainsi qu'une hausse de la clarté mentale. Et on a aussi, dès les premières secondes, les catécholamines, donc l'adrénaline et la noradrénaline, qui augmentent le débit cardiaque et l'éveil pour préparer l'effort. Et dans un second temps... On a l'axe corticotrope qui lui libère du cortisol pour stimuler la néoglucogénèse et la lipolyse. Bref, ça permettra de créer de l'énergie pour l'activité physique. Chez le sportif régulier, l'exercice répété réétalonne cet axe. Donc en fait, on va avoir moins de cortisol basal sécrété pour un même stress qu'une personne qui, elle, ne fait pas trop de sport. Par rapport à ce mécanisme-là, le nerf vague, à force d'être surutilisé ou d'être stimulé, devient plus fort au repos et donc ça permet de créer une... une baisse de ce cortisol basal dans le sang.
Donc en fait, ça engendre une espèce de tempérance qui peut perdurer après le sport.
Exactement. Effectivement, le mécanisme d'action chez le sportif, étant donné que le cœur est un muscle, étant donné qu'il va le stimuler, il va muscler le cœur, le cœur va pouvoir éjecter plus de sang en un battement, être beaucoup plus efficace. Et c'est pour cela qu'un sportif, le battement par minute d'un sportif au repos est souvent plus bas par rapport à une personne qui ne fait pas du tout de sport. Cette boucle-là, en fait, ça stimule le nerf vague, qui lui fait partie du système nerveux parasympathique, donc plus le système nerveux pour le repos, la digestion, donc le retour au calme post-effort. Donc ce nerf vague est obligé d'être stimulé pour pouvoir diminuer ce battement cardiaque par minute du sportif, pour pouvoir maintenir une pression basse, étant donné que son cœur est plus fort.
Merci pour ces explications. J'en reviens sur le cortisol. On sait que le cortisol, c'est l'hormone du stress par excellence, avec tous les effets qui sont associés, c'est-à-dire les troubles du sommeil, la prise de poids, etc. Pourquoi l'activité sportive, physique régulière, permet-elle de faire baisser ce taux de cortisol ?
Tout à l'heure, je vous ai parlé de l'axe corticotrope. Donc, on a le système nerveux sympathique qui, lui... sécrète le cortisol, donc c'est bon pendant le sport, mais chez les personnes qui ne font pas de sport, cet axe-là est surstimulé. Et donc, avec la boucle réflexe par rapport au parasympathique, qui lui régule, module le sapin-sic pour éviter qu'il soit trop fort, et donc ça nous permet en fait de moduler la sécrétion de cortisol.
Alors, on entend de plus en plus parler de nos jours, en tout cas dans la recherche en la matière, d'une molécule qui s'appelle le BDN. et qui est en lien justement avec l'activité physique. Est-ce que vous pourriez nous en dire un petit peu plus ?
Effectivement, lors de l'activité physique, la contraction musculaire déclenche les sécrétions de myokines, comme l'irisine et la production de lactate, qui franchissent la barrière hémato-encéphalique, donc passent du sang au cerveau et stimulent massivement les... L'expression de ce facteur-là, le BDNF dans l'hippocampe, c'est une protéine qui est neurotrophique et qui agit comme un engrais moléculaire. Elle permet de stimuler la neurogénèse, elle permet de protéger les neurones déjà existants, elle renforce aussi la plasticité synapse et elle est aussi essentielle pour la mémoire et l'apprentissage.
Et alors, est-ce qu'il y a un type d'exercice, un type de sport particulier qui est plus intéressant qu'un autre ?
Oui, effectivement, on a en fait l'entraînement combiné, l'entraînement aérobie plus la musculation. Les dernières revues systématiques de la littérature montrent que combiner le cardio, donc par exemple la course, le vélo et la musculation, est plus efficace pour élever le taux de BDNF qu'une seule pratique de sport simple comme le cardio.
Donc comme en toute matière, il faut essayer de varier le type d'activité qu'on va avoir. Bon ben merci beaucoup. Et donc là, on a parlé de ce qui peut se passer avant l'effort, pendant l'effort et après l'effort. Que se passe-t-il ?
Comme on expliquait dans ce podcast, Après l'effort, on a la transition de la phase sympathique vers la phase parasympathique. Donc parasympathique, c'est le mode repos, le mode de la digestion. C'est à ce moment précis que s'installe la sensation de flottaison, de bien-être profond. Et on a notamment un pic de sérotonine, une cascade au niveau des neurotransmetteurs. Notamment un pic de sérotonine, parce que la baisse graduelle de l'effort, combinée à l'utilisation d'un tryptophan, donc un acide aminé par le cerveau, entraîne naturellement une hausse de la sérotonine. C'est ce qui permet de réguler l'humeur, l'impulsivité, l'anxiété. Un boteau de sérotonine prévient la dépression et procure un sentiment de paix. Ensuite, on a aussi un autre neurotransmetteur, le GABA, qui est le principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central. Il agit comme un frein chimique et calme l'hyperactivité cérébrale. C'est pour ça qu'après l'effort, tout ce qui est rumination mentale s'arrête, parce que le cerveau est littéralement calmé chimiquement. Ensuite, on peut aussi avoir l'action de l'ocytocine ou de la prolactine, qui sont des hormones ce coup-ci et qui sont sécrétées surtout pour les activités menées en groupe ou en équipe. Parce qu'on a l'hormone du lien social en fait, vu qu'on va partager une activité, on va partager un match de foot par exemple ou un match de paddle. Donc ça renforce le sentiment de sécurité affective, d'appartenance et de plénitude collective. Et on a aussi la chute de l'adrénaline et de la noradrénaline. post-sport qui laisse place à une vasodilatation périphérique. Tous les muscles se relâchent profondément en voyant au cerveau un signal somatique de sécurité.
Je vous remercie beaucoup pour avoir eu toutes ces explications et de l'impact du physique sur le psychique avant, pendant et après l'effort. Docteur Tibéry, est-ce que vous aurez une conclusion à nous proposer ?
Si il y a une conclusion à proposer, ce serait la suivante. Pratiquer une activité physique ne se résulte pas à brûler des calories. C'est un formidable catalyseur d'épanouissement personnel, que ce soit par rapport au challenge, à l'auto-efficacité, donc se fixer des objectifs, l'atteindre, renforcer l'estime de soi. Le sentiment d'accomplissement libère aussi la dopamine, consolidant la confiance en ses capacités. On a aussi en deuxième le lien social, le sentiment d'appartenance. Si vous faites du sport avec des amis, la famille, des proches, c'est toujours plus fun de partager un effort, s'encourager mutuellement, faire partie d'une structure active, ce sentiment d'appartenance, si cher à notre équilibre psychologique. Et voilà, pour résumer, commencez à votre rythme progressivement, puis visez les seuils recommandés de l'Organisation Mondiale de la Santé. Et surtout, faites une activité qui vous fait plaisir.
Eh bien, Dr Tiberi, je vous remercie pour toutes ces explications. J'espère que ça va motiver nos patients et non-patients à faire de l'activité physique.
Avec grand plaisir, merci pour l'invitation.
Je vous donne rendez-vous très bientôt dans un nouvel épisode du podcast Vertèbre & Co. En attendant, portez-vous bien, restez actifs et si vous avez des questions ou des idées de thèmes, que vous souhaitez que nous abordions, n'hésitez pas à me contacter sur la page du podcast
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Je suis le docteur Cyril Fischhoff qui est repracteur spécialiste en échographie musculo-squelettique exerçant à l'île Maurice. Je vous invite à écouter un nouvel épisode du podcast Vertébranco chaque premier et troisième lundi du mois. Ce podcast est consacré à l'univers de la médecine musculo-squelettique et s'adresse à tout public. Il se veut être un outil de vulgarisation au service de chacun. Nous y abordons les mécanismes en jeu, le diagnostic, les traitements, les méthodes de prévention des différentes pathologies musculo-squelettiques au travers de petites histoires cliniques, des dernières recherches scientifiques et d'interviews de spécialistes. Bonjour à tous, alors aujourd'hui on reçoit à nouveau le docteur Gauthier. Tibéri, chiropracteur, et on va parler d'un sujet un petit peu inhabituel de notre podcast, qui est l'impact du sport, de l'activité physique sur la santé mentale. Alors la chance qu'on a, c'est que docteur Tibéri est également un sportif aguerri, et donc il va pouvoir nous donner beaucoup d'explications intéressantes. Docteur Tibéri, bonjour.
Bonjour docteur Chichoff.
Alors on sait, tout le monde sait que l'exercice est recommandé par tous les professionnels de santé, et absolument essentiel pour le système cardiovasculaire. Mais l'impact sur le système nerveux, et notamment sur la cognition, est beaucoup moins connu. Et donc on va voir avec vous ce qu'en dit réellement la science, et comment l'activité physique peut agir comme une véritable thérapie pour le mental. Alors d'abord, une toute première question, est-ce qu'on a, parce qu'on sait que ça existe encore une fois dans la sphère cardiovasculaire, Est-ce qu'il existe des recommandations officielles, par exemple de l'OMS ou autres, des sociétés savantes sur la quantité d'activité physique à avoir ?
Alors oui, il existe des recommandations. Justement, l'Organisation Mondiale de la Santé, l'OMS, recommande pour les adultes de faire entre 150 et 300 minutes d'activité physique, d'intensité modérée, par semaine. Donc c'est ce qui équivaut, grosso modo, au minimum à 2h, 2h30 de sport par semaine. avec idéalement des exercices de renforcement musculaire ciblant les grands groupes musculaires au moins deux jours dans une semaine. Il y a aussi des données scientifiques publiées sur PubMed qui confirment que le volume d'activité ne protège pas seulement contre les maladies métaboliques mais fait du bien aussi au mental. Il joue un rôle crucial dans la régulation de l'humeur, la baisse de l'anxiété et la prévention de la dépression. Mais je ne parle pas du traitement de la dépression, je parle juste d'un facteur qui peut aider les personnes dépressives. Si jamais il y a des problèmes d'ailleurs par rapport à ça, allez voir un psychologue, une personne qui est recommandée, un thérapeute qui est recommandé pour cette branche. Ensuite, nous avons aussi pas mal d'études en fait sur PubMed qui sont dans ce sens, notamment une publiée en septembre 2020 sur les effets positifs de la course à pied sur la santé mentale par exemple. Et cette étude a démontré que la course à pied peut constituer un outil thérapeutique précieux pour diverses affections psychologiques négatives telles que la dépression, l'anxiété, la tension. les troubles de l'humeur et le manque de confiance en soi. Donc ça met vraiment en lien l'impact du sport avec les affections psychologiques. Une autre étude, une revue systématique publiée en juin 2023, qui a permis de regarder l'impact de la pratique sportive sur la santé mentale et les résultats sociaux chez les adultes, ce qu'elle a mis en évidence, c'est que la pratique sportive est globalement bénéfique pour la santé mentale et le bien-être social des adultes. En résumé, quand vous pratiquez une activité physique individuelle ou même en équipe, Le sport est d'améliorer votre estime de soi, votre satisfaction de soi par rapport aux challenges que vous donnez, tout en réduisant le stress, l'anxiété et la dépression.
Très bien, merci. Mais la question qu'on se pose, c'est comment l'activité physique, comme le fait de jouer au football régulièrement, peut matériellement avoir un impact sur le psychique ? Qu'est-ce qu'il y a de physique derrière tout ça ?
Alors il faut bien comprendre deux choses avant cette explication là, c'est qu'il y a deux choses évidentes, ce sont les neurotransmetteurs et puis les hormones. Il faut bien comprendre la distinction entre les deux, c'est qu'un neurotransmetteur c'est lié directement au système nerveux, les neurones, qui communiquent entre eux par des synapses. C'est un petit espace microscopique entre les deux permettant la sécrétion d'éléments pour pouvoir faire passer un message. Dans un premier temps nous avons vu du coup les neurotransmetteurs et dans un second temps nous avons les hormones qui elles viennent du système... endocriniens, donc elles sont produites par des glandes et émises dans le sang, donc c'est vraiment au niveau de la circulation sanguine, et donc elles se diffusent partout dans le corps. Donc par rapport au neurotransmetteur, la vitesse d'action est ultra rapide, c'est quelques millisecondes au niveau de la synapse, tandis qu'au niveau des hormones, c'est beaucoup plus lent, c'est quelques secondes, minutes, voire heures, parce que ça diffuse dans tout le... Tout le corps. La durée de l'effet, pareil, pour le neurotransmetteur, est très courte, ponctuelle, alors que pour l'hormone, elle est plutôt prolongée, durable dans le temps. Et on a quelques exemples de neurotransmetteurs qui sont les dopamines, la sérotonine, ou par rapport aux hormones, on a aussi l'insuline, l'adrénaline, le cortisol, les hormones un peu plus connues.
Merci pour ces précisions et ces concepts d'hormones et de neurotransmetteurs. Et alors cet effet-là, est-ce qu'il commence pendant l'activité physique ? après un certain temps d'activité physique ou après l'activité physique.
Donc cet effet-là commence avant, non pas pendant ou après, mais vraiment avant l'activité physique. On a un pic de dopamine parce que lorsqu'on va conditionner le cerveau à faire une activité physique, le cerveau lui-même anticipe la réconference et l'exercice et donc il libère déjà de la dopamine. Donc ça c'est un neurotransmetteur qui ne procure pas seulement du plaisir, il génère surtout une motivation. l'élan et puis l'énergie nécessaire pour pouvoir repasser la salle de la porte, par exemple, de la salle de sport. Donc nous avons également l'adrénaline qui est sécrétée par la médulo surrénale, qui sont des petites glandes situées au-dessus des reins. On a aussi la noradrénaline sécrétée par le cerveau. Et donc au résultat, notre rythme cardiaque s'élève légèrement, les bronches se dilatent, le glycogène stocké dans les muscles est mobilisé pour être transformé en glucose. Bref, le corps est prêt à faire du sport et à être en alerte positive.
Donc ça, c'est ce qui se passe. Avant l'effort et finalement pendant l'effort, qu'est-ce qui se passe ?
On va voir dans cette partie les bêta-endorphines qui permettent la modulation de la douleur. Elles sont produites par l'hypophyse, l'hypothalamus et elles agissent comme des antalgiques naturelles. Elles nous permettent aussi d'avoir une sensation d'euphorie légère, le fameux second souffle. Pour ceux qui sont sportifs, ils peuvent connaître cette sensation-là.
Quand vous parlez d'antalgiques, c'est-à-dire que ce sont des antidouleurs, c'est bien ça ?
Effectivement, ce sont des antidouleurs, oui. Le deuxième, ça va être l'anandamide. qui est l'une des stars de la course de fond, l'effort prolongé. Et en fait, c'est vraiment elle qui est responsable de l'euphorie du coureur. Elle travaille sur le système limbique, donc elle permet de réduire l'anxiété, diminuer la perception subjetive de l'effort et engendre un sentiment de béatitude ainsi qu'une hausse de la clarté mentale. Et on a aussi, dès les premières secondes, les catécholamines, donc l'adrénaline et la noradrénaline, qui augmentent le débit cardiaque et l'éveil pour préparer l'effort. Et dans un second temps... On a l'axe corticotrope qui lui libère du cortisol pour stimuler la néoglucogénèse et la lipolyse. Bref, ça permettra de créer de l'énergie pour l'activité physique. Chez le sportif régulier, l'exercice répété réétalonne cet axe. Donc en fait, on va avoir moins de cortisol basal sécrété pour un même stress qu'une personne qui, elle, ne fait pas trop de sport. Par rapport à ce mécanisme-là, le nerf vague, à force d'être surutilisé ou d'être stimulé, devient plus fort au repos et donc ça permet de créer une... une baisse de ce cortisol basal dans le sang.
Donc en fait, ça engendre une espèce de tempérance qui peut perdurer après le sport.
Exactement. Effectivement, le mécanisme d'action chez le sportif, étant donné que le cœur est un muscle, étant donné qu'il va le stimuler, il va muscler le cœur, le cœur va pouvoir éjecter plus de sang en un battement, être beaucoup plus efficace. Et c'est pour cela qu'un sportif, le battement par minute d'un sportif au repos est souvent plus bas par rapport à une personne qui ne fait pas du tout de sport. Cette boucle-là, en fait, ça stimule le nerf vague, qui lui fait partie du système nerveux parasympathique, donc plus le système nerveux pour le repos, la digestion, donc le retour au calme post-effort. Donc ce nerf vague est obligé d'être stimulé pour pouvoir diminuer ce battement cardiaque par minute du sportif, pour pouvoir maintenir une pression basse, étant donné que son cœur est plus fort.
Merci pour ces explications. J'en reviens sur le cortisol. On sait que le cortisol, c'est l'hormone du stress par excellence, avec tous les effets qui sont associés, c'est-à-dire les troubles du sommeil, la prise de poids, etc. Pourquoi l'activité sportive, physique régulière, permet-elle de faire baisser ce taux de cortisol ?
Tout à l'heure, je vous ai parlé de l'axe corticotrope. Donc, on a le système nerveux sympathique qui, lui... sécrète le cortisol, donc c'est bon pendant le sport, mais chez les personnes qui ne font pas de sport, cet axe-là est surstimulé. Et donc, avec la boucle réflexe par rapport au parasympathique, qui lui régule, module le sapin-sic pour éviter qu'il soit trop fort, et donc ça nous permet en fait de moduler la sécrétion de cortisol.
Alors, on entend de plus en plus parler de nos jours, en tout cas dans la recherche en la matière, d'une molécule qui s'appelle le BDN. et qui est en lien justement avec l'activité physique. Est-ce que vous pourriez nous en dire un petit peu plus ?
Effectivement, lors de l'activité physique, la contraction musculaire déclenche les sécrétions de myokines, comme l'irisine et la production de lactate, qui franchissent la barrière hémato-encéphalique, donc passent du sang au cerveau et stimulent massivement les... L'expression de ce facteur-là, le BDNF dans l'hippocampe, c'est une protéine qui est neurotrophique et qui agit comme un engrais moléculaire. Elle permet de stimuler la neurogénèse, elle permet de protéger les neurones déjà existants, elle renforce aussi la plasticité synapse et elle est aussi essentielle pour la mémoire et l'apprentissage.
Et alors, est-ce qu'il y a un type d'exercice, un type de sport particulier qui est plus intéressant qu'un autre ?
Oui, effectivement, on a en fait l'entraînement combiné, l'entraînement aérobie plus la musculation. Les dernières revues systématiques de la littérature montrent que combiner le cardio, donc par exemple la course, le vélo et la musculation, est plus efficace pour élever le taux de BDNF qu'une seule pratique de sport simple comme le cardio.
Donc comme en toute matière, il faut essayer de varier le type d'activité qu'on va avoir. Bon ben merci beaucoup. Et donc là, on a parlé de ce qui peut se passer avant l'effort, pendant l'effort et après l'effort. Que se passe-t-il ?
Comme on expliquait dans ce podcast, Après l'effort, on a la transition de la phase sympathique vers la phase parasympathique. Donc parasympathique, c'est le mode repos, le mode de la digestion. C'est à ce moment précis que s'installe la sensation de flottaison, de bien-être profond. Et on a notamment un pic de sérotonine, une cascade au niveau des neurotransmetteurs. Notamment un pic de sérotonine, parce que la baisse graduelle de l'effort, combinée à l'utilisation d'un tryptophan, donc un acide aminé par le cerveau, entraîne naturellement une hausse de la sérotonine. C'est ce qui permet de réguler l'humeur, l'impulsivité, l'anxiété. Un boteau de sérotonine prévient la dépression et procure un sentiment de paix. Ensuite, on a aussi un autre neurotransmetteur, le GABA, qui est le principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central. Il agit comme un frein chimique et calme l'hyperactivité cérébrale. C'est pour ça qu'après l'effort, tout ce qui est rumination mentale s'arrête, parce que le cerveau est littéralement calmé chimiquement. Ensuite, on peut aussi avoir l'action de l'ocytocine ou de la prolactine, qui sont des hormones ce coup-ci et qui sont sécrétées surtout pour les activités menées en groupe ou en équipe. Parce qu'on a l'hormone du lien social en fait, vu qu'on va partager une activité, on va partager un match de foot par exemple ou un match de paddle. Donc ça renforce le sentiment de sécurité affective, d'appartenance et de plénitude collective. Et on a aussi la chute de l'adrénaline et de la noradrénaline. post-sport qui laisse place à une vasodilatation périphérique. Tous les muscles se relâchent profondément en voyant au cerveau un signal somatique de sécurité.
Je vous remercie beaucoup pour avoir eu toutes ces explications et de l'impact du physique sur le psychique avant, pendant et après l'effort. Docteur Tibéry, est-ce que vous aurez une conclusion à nous proposer ?
Si il y a une conclusion à proposer, ce serait la suivante. Pratiquer une activité physique ne se résulte pas à brûler des calories. C'est un formidable catalyseur d'épanouissement personnel, que ce soit par rapport au challenge, à l'auto-efficacité, donc se fixer des objectifs, l'atteindre, renforcer l'estime de soi. Le sentiment d'accomplissement libère aussi la dopamine, consolidant la confiance en ses capacités. On a aussi en deuxième le lien social, le sentiment d'appartenance. Si vous faites du sport avec des amis, la famille, des proches, c'est toujours plus fun de partager un effort, s'encourager mutuellement, faire partie d'une structure active, ce sentiment d'appartenance, si cher à notre équilibre psychologique. Et voilà, pour résumer, commencez à votre rythme progressivement, puis visez les seuils recommandés de l'Organisation Mondiale de la Santé. Et surtout, faites une activité qui vous fait plaisir.
Eh bien, Dr Tiberi, je vous remercie pour toutes ces explications. J'espère que ça va motiver nos patients et non-patients à faire de l'activité physique.
Avec grand plaisir, merci pour l'invitation.
Je vous donne rendez-vous très bientôt dans un nouvel épisode du podcast Vertèbre & Co. En attendant, portez-vous bien, restez actifs et si vous avez des questions ou des idées de thèmes, que vous souhaitez que nous abordions, n'hésitez pas à me contacter sur la page du podcast
Share
Embed
You may also like