Speaker #1Ce podcast est pour toi. À chaque épisode d'une dizaine de minutes, on honore notre différence et on crée ensemble un quotidien neuro-aligné. Tu trouveras de l'information pour mieux comprendre ton TDAH, mais aussi des trucs pratiques à tester dans ton quotidien. Si tu es un TDAH curieux et que tu veux devenir la meilleure version de toi-même, abonne-toi pour ne rien manquer. Besoin d'un kit de survie pour faire face à tes défis quotidiens ? Visite le tdahencavale.com pour ton kit gratuit. Parce qu'avoir un cerveau qui fonctionne autrement ne devrait plus jamais vouloir dire se sentir seul avec sa différence. Bonjour mes belles bébites, je suis Isabelle et bienvenue dans Vie de TDAH. Je vous donne ce petit mot affectueux car je considère, nous, les TDAH et les neurodivergents comme des personnes souvent jugées par la société, mais surtout des êtres fascinants. Aujourd'hui, on va parler des problèmes d'organisation qui nous pèsent au quotidien. Des problèmes à s'organiser, à structurer nos tâches. Nous sommes dans une série de cinq épisodes sur les bouffeurs d'énergie et je vais vous parler du bouffeur d'énergie que je considère comme étant le numéro 2, le trouble du filtrage de l'information du TDAH. C'est quoi ça, le trouble du filtrage de l'information ? C'est un terme qui provient des neurosciences. Le nom complet est le trouble cognitif du filtrage de l'information. C'est un terme qui a été associé aux recherches de Russell Barklay qui est un neuropsychologue et un expert mondialement reconnu des troubles du TDAH. Pour résumer, ses recherches et bien d'autres disent que nous, les TDAH, on a beaucoup de difficultés à s'organiser, à planifier, à structurer et à prioriser l'info. Autant l'info qui est à l'intérieur de nous que l'info qui provient de l'environnement externe. Par exemple, actuellement, dans mon cerveau, le contenu que j'ai mémorisé pour mon épisode est tout aussi important qu'une mouche qui vole. Ce qui veut dire que je peux perdre mon attention en tout temps, sans avertissement. Souvent, je dois vous dire que je recommence mes épisodes parce qu'il y a un petit bruit qui est venu me déranger ou quelque chose qui a bougé dans mon environnement qui est venu capter mon attention. On a aussi des difficultés à prioriser ce qui est important et à organiser nos tâches. Moi, mon cerveau aime beaucoup butiner de tâche en tâche. C'est un peu de butiner d'idée en idée aussi, ou de projet en projet. Et mes amis, parfois, se grattent la tête en me voyant aller. Et je dois vous dire que mon chum capote un peu. Parce que le TDAH, ça peut être dangereux. Je peux partir l'eau pour me faire couler un bain. et aller faire du ménage dans le cabanon. D'ailleurs, les pompiers sont déjà venus chez moi. J'avais oublié un rond de poêle allumé avec un chaudron dessus et j'étais partie travailler. Donc, toute la caserne est entrée dans leur camion de pompiers et ils sont venus chez moi pour venir éteindre un feu. Finalement, ils ont juste sorti notre chaudron de la cuisine et ils ont fermé notre rond de poêle, bien entendu. Ou je fais souvent des gaffes. J'ai les baguettes en l'air. Les baguettes, c'est en parlant de mes mains. Vous ne me voyez pas, mais c'est sûr qu'en disant mon épisode, j'ai tout le temps les baguettes dans les airs. J'accroche des choses. J'accroche tout. Je peux briser des choses. Je peux me blesser. Donc, tout ça, ça vient du même endroit. Ça vient de comment ça se passe dans le cortex préfrontal. Le cortex préfrontal, c'est le centre de planification, d'organisation, de priorisation. et de filtrage de l'information. En gros, c'est le centre de contrôle qui capte et traite toute l'information. Et chez le TDAH, on a besoin de stratégies créatives pour faire fonctionner notre cortex préfrontal car il ne fonctionne pas comme les autres. Et on n'a pas eu non plus le mode d'emploi. C'est un peu aussi à cause de ça qu'un TDAH peut avoir des troubles d'apprentissage ou un trouble de la parole, manquer des lettres, perdre le fil de nos idées. ou parfois la strappe, elle peut glisser. Quand on parle, on peut avoir des mots qui ne se disent pas super bien. Et moi, comme je suis originaire de l'Abitibi, je suis née en Abitibi, ça peut faire parfois un drôle de slang. Et aussi, il y a la mémoire qui passe aussi par ces endroits-là. On peut chercher nos mots. Comme je disais tantôt, on peut perdre nos mots en pleine phrase. ou si on peut vouloir dire un mot et on est incapable de le trouver. Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé. Par exemple, vous vous rendez dans une pièce et vous oubliez ce que vous allez chercher. Je pense que ça nous arrive souvent, les TDAH. C'est un peu à cause du cortex préfrontal qui est un peu comme un paquet de fils poigné en tas. Aussi, apprendre de nouvelles choses, ce n'est pas toujours facile. Du moins selon les méthodes conventionnelles. C'est pas étonnant qu'un TDAH n'arrive pas à s'organiser. C'est pas de la paresse, c'est pas parce qu'on est paresseux, c'est pas parce qu'on a un manque de volonté, c'est pas parce qu'on n'est pas intelligent. C'est parce que notre cortex préfrontal fonctionne différemment. Et tout ça, ça prend bien de l'énergie dans ta vie de TDAH. Parce que notre cerveau, c'est comme un cerveau bionique. Il capte tout, il traite tout, il enregistre tout. Tout ce qui se passe autour de toi et à l'intérieur de toi aussi. C'est pas étonnant qu'on puisse être brûlé à la fin d'une journée ou encore qu'on tombe en mode par défaut pendant plusieurs heures puis même plusieurs jours. Il arrive ce qu'on appelle un meltdown chez les neurodivergents ou en français c'est un effondrement. Ça c'est une réaction involontaire et intense qui arrive quand on vit une surcharge sensorielle, émotionnelle ou cognitive. C'est pas étonnant non plus qu'on vive des épisodes dépressifs ou de burn-out. Selon la CADDAC, qui est le centre de sensibilisation au TDAH du Canada, jusqu'à 70% des TDAH connaîtront un épisode de dépression au cours de leur vie. Donc imagine, on vit avec cette réalité visible dans notre cerveau, dans notre cortex préfrontal, et en plus, on tente de compenser pour pas que ça paraisse et pour être comme la normalité. Donc, comme promis, je te laisse avec un truc à appliquer à ton quotidien. Découper tes tâches en sous-tâches et les écrire sur papier. Tu vas découper tes tâches en processus pour y arriver, arriver à finir ta tâche. Ensuite, chaque fois que tu finis une sous-tâche, tu vas la cocher comme étant terminée. Qu'est-ce que ça va faire dans ton cerveau et dans ta vie ? Ça va faire en sorte que tu vas planifier manuellement ce que ton cortex préfrontal n'arrive pas à faire. Donc, tu vas planifier manuellement tes tâches. Tu vas structurer tout ça. Et à chaque fois que tu vas finir une sous-tâche, puis que tu vas cocher comme étant terminée, tu vas envoyer une dose de dopamine dans ton cerveau. Et le cerveau, TDAH. adore la dopamine. Il va être heureux d'avoir finalisé la sous-tâche, parce que si, mettons, on voit juste la grosse tâche, c'est là qu'on voit ça comme une montagne qu'on peut procrastiner. La procrastination qui est l'activité préférée du cerveau TDAH, l'art de remettre à plus tard, plus tard étant un temps qui n'existe pas dans la dimension TDAH. Donc, au lieu de te décourager, tu vas pouvoir réaliser des micro-réussites. Et c'est sûr que des fois, notre cerveau TDAH, en tout cas, moi, mon cerveau TDAH, il aime ça butiner de tâche en tâche, de sous-tâche en sous-tâche. Ça fait que ça se peut des fois que je varie mes sous-tâches pour si jamais j'ai quelque chose qui ne me tente vraiment pas de faire. À chaque sous-tâche désagréable, je vais changer la sous-tâche pour une autre tâche que j'ai à faire qui est plus agréable. Donc, ça facilite la réalisation de tâches plus difficiles. Et si jamais tu as besoin d'un coup de pouce, tu peux te procurer la mini-formation Organise ton TDAH sur tdahencavale.com. Dans le prochain épisode, ne manque pas l'épisode sur le troisième bouffeur d'énergie, l'alimentation. En attendant, je t'invite à liker cet épisode si tu as aimé et à suivre TDAH en cavale sur Facebook ou Instagram.